Ton ami l’Enfant Jésus a gagné à la sueur de son front, dans l’atelier de son père, un morceau de pain qu’il te garde pour quand tu auras faim.
Et il a dit :
« Mon père, si vous voulez, avec le reste de ce bois faisons un berceau encore ? » Il a tant fabriqué de berceaux, le pauvre Enfant Jésus, qu’il n’est plus resté pour lui que deux poutres où il s’est étendu… Tant de berceaux dans l’échoppe du Charpentier ont été fabriqués ! Et le tien, Bernadette !
Ah ! Les gens qui dans l’étroit atelier de ce père et de ce Fils s’asseyaient parfois pour leur dire bonsoir ne savaient guère que là, chez Joseph, tous les berceaux du monde à venir devaient être faits.
Un jour il semblait que le bois fît défaut, qu’il n’en restât plus que juste ce qu’il fallait pour la Croix de N.-S. Et la Mère au cœur transpercé s’écria : « O mon Fils ! quelle place te restera-t-il pour mourir sur ce bois ? »
Mais l’Enfant Jésus sourit et il prit encore sur sa Croix.
Et, dans notre chambre se dressait ton berceau, ô ma Bernadette !
Que je marque ici, d’une façon particulière, tes premiers Jeudi et Vendredi Saints :
N’avais-je pas écrit au début de ce livre que ton ange gardien te protégerait, qu’il écarterait de toi le cheval emporté ? Or Jeudi, quand vous alliez être écrasés toi et ta petite voiture par un attelage emballé et sans conducteur, les chevaux ont dévié tout à coup d’eux-mêmes en te frôlant.
Et, le lendemain, Notre-Seigneur est mort à ta place.