La figure ronde et rose, les cheveux en brosse arrondie et noirs comme les courts favoris, les yeux bleus sous des lunettes d’or, le nez et la bouche petits et bien faits, un peu trapu, il charge son fusil non loin de l’habitation de planches que surmontent les plumeaux des cocotiers. Il tue un ramier qu’il met dans sa carnassière. Et le souffle de la mer lui apporte l’odeur de la cuisine des noirs.
Il y a une tempête. Le voici maintenant sur une chaloupe. Il va au secours d’un navire en danger et le sauve.
Il y a un tremblement de terre, beaucoup de maisons s’effondrent sur les habitants de la Pointe-à-Pitre à midi quand les fourneaux sont allumés. Il ampute des bras et des jambes.
Il se dévoue lors d’une épidémie de choléra.
Il a la croix d’honneur.
Mais que lui importent la chasse, la saveur épicée des mets et ses actes de courage récompensés ? Sa compagne charmante est morte en rentrant à la Guadeloupe, malgré tous les soins qu’il lui a fait donner à Paris, malgré l’habileté des chirurgiens. Il est seul, ses enfants sont en France au collège. Son cœur est malade et il pense avoir trouvé, pour en accélérer ou ralentir les battements, le jus de la verveine.