[158]Manuscrit de la Bibliothèque impériale, no9241, fol. 41, verso. Carta de la Reyna al cardinale Infante para embiar al Conde Duque, 28 may 1637: «Por ser cosa che importa mucho al servicio del Rey el conservar en el al Duque de Lorena, he procurado con mi amiga (Mmede Chevreuse) que hallasse una comodidad segura conque poder escrivir a l'amigo (le duc de Lorraine), ha me dicho que la tiene, etc.» Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[159]Les diverses déclarations de la reine, avec les interrogatoires de la supérieure du Val-de-Grâce et ceux de La Porte, avaient été conservées dans la cassette de Richelieu, et elles étaient passées dans les archives du maréchal de ce nom, qui les avait communiquées au P. Griffet, comme il avait fait les papiers de Châteauneuf. Depuis, ces précieux documents avaient été dispersés: la Bibliothèque impériale les a acquis dernièrement.Supplément françois, no4068, avec ce titre:Pièces relatives à l'affaire du Val-de-Grâce, 1637. Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[160]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 201, et, dans l'Appendice, laRelationde la main du cardinal.[161]Le nom de Craft se rencontre en effet plusieurs fois dans les lettres de MmeDu Fargis. Voyez l'Appendice.[162]Mémoires,ibid., p. 224, etc.[163]M. le duc de Luynes nous communique une lettre de Mmede Chevreuse à Richelieu, tout à fait de ce temps, où elle décline l'offre spontanée du cardinal, en lui exprimant toute sa reconnaissance et en l'assurant qu'elle ne s'adressera pas à un autre si elle est forcée de recourir à un emprunt. «Monsieur, je me trouve avec autant de ressentiments de vos bontés que d'impuissance à les exprimer; mais puisque vous me croyez digne de tant de bienfaits, j'ose m'assurer que vous ne douterez pas de ma reconnaissance, encore que je ne vous la puisse représenter par mes paroles ni témoigner par mes services... J'ai prié le porteur de vous dire sur le sujet de l'offre qu'il m'a faite de votre part, que je n'ai pas oublié cette même preuve de votre générosité que vous me donnâtes la dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir, ni les termes où je demeurai d'accepter ces grâces de vous, si la fortune me contraignoit à les recevoir jamais d'aucun. L'état où je suis n'est pas jusqu'ici assez malheureux pour que je puisse prendre cette liberté; mais je n'en suis pas moins sensible à cette bonté dont l'intention présentement tient lieu de l'effet dans mon âme...»[164]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 354.[165]Extrait de l'information faite par le président Vignier, de la sortie faite par Mmede Chevreuse hors de France, avec diverses pièces à l'appui, Bibliothèque impériale,collection Dupuy, nos499, 500, 501, réunis en un seul volume. Voyez l'Appendice,notes sur le chapitre III.[166]La Rochefoucauld, p. 356.—Tallemant, t. I, p. 250, se complaît à raconter les choses les plus singulières, mais nous ne rapportons que les faits certains et authentiques.Extrait de l'information, etc.: «Une bourgeoise de ce bourg-là passa fortuitement et la vit couchée sur ce foin et s'écria: Voilà le plus beau garçon que je vis jamais! Monsieur, dit-elle, venez-vous-en reposer chez moi; vous me faites pitié, etc.»[167]Tallemant,ibid.[168]Extrait de l'information: «Malbasty (le guide que lui avait donné La Rochefoucauld) lui dit qu'elle se perdroit, qu'elle rencontreroit mille voleurs, qu'elle n'avoit qu'un seul homme avec elle, qu'il craignoit qu'on lui fît du déplaisir... Elle offrit audit Malbasty un grand rouleau de pistoles, etc.»[169]La Rochefoucauld,Mémoires,ibid.[170]Ce sont ceux que Dupuy a recueillis ou plutôt résumés de mémoire; nous les avons retrouvés nous-même, et nous en avons fait usage pour établir notre récit. C'est en cette occasion que La Rochefoucauld fut interrogé et mis huit jours à la Bastille. Voyez sesMémoires, surtoutla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédition, chapitre IV, p. 296, etc., et l'Appendicedu présent volume,notes sur le chapitre III.[171]Mmede Motteville, t. Ier, p. 93.[172]Bibliothèque impériale,Manuscrits de Colbert, affaires de France, in-fol., t. II, fol. 9.Mémoire de ce que Mmede Chevreuse a donné charge au sieur de Boispille de dire à monseigneur le cardinal: «Elle ne s'est obligée à rien du tout en Espagne et ne se trouvera pas qu'elle ait pris un teston, fors les bonnes chères et traitemens... Elle a parlé comme elle devoit en Espagne, et croit que c'est une des choses qui l'a le plus fait estimer du comte-duc.»Appendice, notes du chapitre IV.[173]Manuscrits de Colbert,ibid.[174]Plus haut, p.136.[175]Manuscrits de Colbert,ibid.[176]Voyez sur cette particularitéla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédit., chapitre IV, p. 237, etc. Il ne faut pas croire d'ailleurs que ces pierreries fussent celles de la pauvre Éléonore Galigai, la maréchale d'Ancre; car dans le partage que fit Louis XIII des richesses du maréchal et de sa femme, c'est à la reine Anne qu'il donna les joyaux et les bijoux. Voyez dans l'Appendicelesnotes du chapitre Ier.[177]Mmede Chevreuse, comme son petit-fils, aimait les arts et les encourageait. Elle a été la protectrice de l'excellent graveur Pierre Daret, qui lui a dédié sa collection desIllustres François et estrangers de l'un et de l'autre sexe, in-4o, 1654. Cette dédicace nous apprend des choses qui ne se trouvent dans aucune des biographies de cet artiste, pas même dans l'Abécédairede Mariette, et qui font le plus grand honneur à Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[178]La bibliothèque nationale possède deux manuscrits qui la contiennent tout entière: l'un, que le père Griffet a connu et mis à profit, et que déjà plus d'une fois nous avons cité, est le tome II desManuscrits de Colbert, affaires de France; ce ne sont que des copies, souvent assez défectueuses; l'autre,Supplément françois, no4067, renferme, il est vrai, moins de pièces, mais originales, parmi lesquelles il y a plusieurs lettres autographes de Richelieu et de Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[179]Manuscrits de Colbert,ibid.[180]Manuscrits de Colbert, lettre du 24 juillet 1638.[181]Manuscrits de Colbert, folio 18. L'original est auSupplément françois, no4067.[182]Manuscrit de Colbert,ibid.[183]Lettre de l'abbé Du Dorat à Richelieu, Manuscrits de Colbert, fol. 47.[184]Manuscrits de Colbert, fol. 53, etc.[185]Mémoires, t. X, p. 484.[186]Il faut voir cette scène inouïe, non pas seulement dans la relation détaillée et suspecte que publièrent les amis de La Valette, et qui se trouve parmi les pièces imprimées à la suite desMémoiresde Montrésor, mais dans lesMémoiresd'Omer Talon, Collection Petitot, 2esérie, t. LX, p. 186-197.[187]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 498 et 499.[188]Voyez la lettre de Richelieu au comte d'Estrade du 2 décembre 1637; voyez aussi dans l'Appendicediverses lettres de 1639 deBoispilleau cardinal, où il lui donne des nouvelles du peu de progrès de l'armée royaliste en Écosse avec une satisfaction mal dissimulée, qui trahit les sentiments de celui auquel il écrit. Voyez surtout à la Bibliothèque impériale, fond de Harlai, 223/23 un manuscrit in-fol., contenant desLettres du sieur de Montereul, secrétaire de monsieur de Bellièvre, ambassadeur en Angleterre, escrittes au dit sieur de Bellièvre, ès années 1638, 1639, 1640 et 1641, ensemble les duplicata des lettres qu'il escrivoit à la cour. Montereul, chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur, adresse à Bellièvre et au ministre des affaires étrangères de France, le comte de Chavigni, les renseignements les plus précieux sur l'état des partis en Angleterre, les débats des chambres, les fautes de la cour, et les progrès de l'opposition qu'il raconte avec une sorte de triomphe. Ce manuscrit est de la plus grande importance pour l'histoire des premiers commencements de la révolution d'Angleterre. On y voit fort bien que la France se réjouissait des embarras intérieurs qui empêchaient le gouvernement anglais de faire cause commune avec l'Espagne, et se servait du fanatisme protestant qui repoussait toute alliance avec Sa Majesté catholique. Il est curieux d'y trouver Pim, ce grand patriote, s'entendant fort bien avec Montereul, et protestant de son zèle pour les intérêts de la France, comme plus tard le fera Sidnei. Richelieu fit imprimer leManifeste des Écossois, lorsqu'ils s'avancèrent en 1641 vers l'Angleterre, dans laGazettede cette année, no34, p. 161. «On ne peut douter, dit l'exact et savant père Griffet, t. III, p. 158, que Richelieu n'ait été un des premiers auteurs de la révolution qui conduisit dans la suite Charles Iersur l'échafaud et Cromwell sur le trône. M. de Brienne paraît en convenir, mais il a soin de remarquer que leschoses allèrent bien plus loin que le cardinal ne l'avoit prévu et qu'il ne l'eût souhaité.»[189]Aussi lorsque plus tard, en 1643, le pape destina le cardinal Rosetti à le représenter au congrès de Münster, le successeur de Richelieu n'hésita pas à l'exclure, en se fondant particulièrement sur ce que, pendant sa mission en Angleterre, Rosetti s'était fort lié avec Mmede Chevreuse, et qu'elle l'avait entièrement gagné.Bibliothèque impériale, fond Gaignière, vol. 510, in-fol. sous ce titre:Dépesches importantes sur la paix d'Italie des années 1643 et 1644. Lettre de la reine à M. de Fontenai-Mareuil, 25 septembre 1643: «Vous avez fait entendre (aux ministres du pape) les raisons qui me convioient à faire exclusion au cardinal Rosetti de la légation de la paix, non pour avoir eu communication très-étroite avec Fabroni (confident et ministre de la reine mère), mais pour l'avoir affectée avec les ministres d'Espagne pendant son séjour en Angleterre qu'ils veulent excuser sur le but de la religion; mais il faudrait être bien simple pour s'y laisser prendre, et ne pas voir que, sous couleur de traiter d'une affaire, on en embarque une autre. Il n'est pas possible que leur ayant rendu compte de sa mission, il ne leur ait pas mandé qu'il avoit des communications très-secrètes et fréquentes avec la duchesse de Chevreuse, et qu'ils ignorent combien elle a recherché de nuire à l'État, les desseins pernicieux qu'elle a concertés et essayé d'advancer, et qu'enfin agissant avec beaucoup d'esprit offensé, et comme font d'ordinaire les femmes qui pour contenter leurs passions vont toujours aux extrêmes, elle n'a rien omis à promettre ou à embarquer qui pût causer la ruine de la France.»[190]Manuscrit déjà cité de la Bibliothèque impériale,Lettres de Montereul. Dépêche du 15 mars 1640: «Le marquis de Ville vient pour avoir permission du roi de faire passer en Flandre mille Anglois pour joindre aux troupes du duc Charles. A quoi il n'aura pas peu de difficulté, quelque crédit qu'y employe Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 5 avril: «Le marquis de Ville vient aussi avec six beaux chevaux que le duc Charles envoye à Mmede Chevreuse, pour laquelle il y a peu d'apparence que le voyage de M. Du Dorat puisse être utile.»—Dépêche du 12 avril: «Le marquis de Ville arriva vendredi matin, il alla descendre chez Mmede Chevreuse; il s'est toujours servi d'un de ses carrosses, et a mangé chez elle...»[191]Ibid.Dépêche du 12 avril: «M. le marquis de Velada, grand d'Espagne, gouverneur de Dunkerque, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, est arrivé hier... A peine arrivé, il alla visiter Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 19: «Le marquis de Velada eut hier la première audience du roi et de la reine... Mmede Chevreuse lui envoya son beau carrosse... Cela ne l'empêche pas d'assurer qu'elle retourne en France dans quinze jours. La reine dit encore hier qu'il n'étoit pas besoin de lui préparer un logement à Greenwich, parce qu'elle alloit en France avant la fin du mois, et qu'elle n'attendoit que de l'argent pour payer ses dettes avant de partir. Je ne puis me persuader qu'elle exécute ce qu'elle promet: il me semble que le chemin de chez l'ambassadeur d'Espagne à Whitehall n'est pas le plus droit pour aller en France.»[192]Ibid.Dépêche du 2 février 1640: «Le sieur Hallot a été fort mal reçu de la reine quand il lui a rendu ses lettres du prince Thomas; elle lui a dit qu'elle ne pouvoit voir de bon œil une personne qui venoit de la part de celui qui faisoit un si mauvais traitement à sa sœur. Il est bien avec Mmede Chevreuse et avec M. de La Valette, et voit fort souvent les ministres de la reine mère.»—Dépêche du 16 février: «Le sieur Hallot a été visité par M. de La Vieuville, qui y demeura longtemps, et par Fabroni qui fut longtemps enfermé avec lui, avant qu'il eût envoyé ses dépêches en Flandres où il écrit beaucoup; il écrit aussi en France, et dit qu'il vient en cette cour pour faire agréer au roi les actions du P. Thomas, et essayer de tirer d'ici quelques secours pour ce prince.»—Dépêche du 23 février: «Hallot se trouva ces jours passés chez Mmede Chevreuse avec La Colle (?), où Hallot parla fort longtemps des affaires de Savoie à l'avantage du P. Thomas. La Colle lui avoua franchement qu'il seroit fâché si les affaires alloient si bien pour ce prince, et lui dit que pour lui il étoit du côté de Mmede Savoie. Alors Hallot haussa la voix et lui repartit: Est-il possible que vous osiez parler en ces termes, étant des amis de Mmede Chevreuse et vous trouvant dans son logis?»[193]On ne croyait pas que l'idée du voyage du duc de Chevreuse en Angleterre lui fût venue spontanément, et Montereul écrit à M. de Bellièvre, le 3 mai 1640: «On vous croit ici l'auteur du voyage de M. son mari en ces quartiers.»[194]Dépêche de Montereul du 29 mars 1640: «Mmede Chevreuse a été extrêmement surprise par la nouvelle de la résolution qu'avoit prise M. son mari de venir en Angleterre... On n'a jamais vu un tel trouble... Elle parloit de s'enfuir en Flandre si le roi ne l'eût assurée que, s'étant mise sous sa protection, il ne permettroit pas qu'on la pût forcer à retourner en France. Mmede Chevreuse le dit ainsi, mais d'autres m'ont dit que la promesse du roi n'étoit pas si précise, et que la reine lui avoit seulement fait dire qu'elle la prenoit en sa protection. Elle dépêcha dimanche dernier un courrier en France pour détourner M. de Chevreuse de venir ici, en cas qu'il eût ce dessein.»—Dépêche du 12 avril: «Un autre objet du voyage de M. de Ville, est pour assurer Mmede Chevreuse qu'elle sera bien venue en Flandre, au cas qu'elle soit obligée de s'y retirer; ce qui est conforme à ce qu'elle a dit à la reine depuis l'arrivée de ce marquis, qu'elle étoit résolue d'aller en Flandre devant un mois. La reine l'a dit ainsi, et a ajouté qu'elle avoit bien de la peine à le croire.»—Dépêche du 25 avril: «Mmede Chevreuse dépescha en France, vendredi dernier, un de ses valets de chambre. Elle fait croire qu'elle est résolue de passer en Flandre si M. de Chevreuse vient en Angleterre, comme on lui mande et comme l'écrit M. Leicester. On me donne avis que M. de La Valette a dit à table qu'il alloit écrire en France qu'elle partoit demain pour Flandre, ce qui me fait croire qu'elle n'en fera rien que le plus tard qu'il lui sera possible, et qu'elle voudroit bien n'être pas obligée d'y aller du tout. M. de Soubise arriva en cette ville samedi dernier. M. de La Valette et M. Le Coigneux (un des conseillers du duc d'Orléans) la voient fort souvent. On m'a averti de plusieurs endroits qu'ils avoient dessein de brouiller en France. On m'a dit qu'ils avoient quelque entreprise sur Oleron. Il y a peu d'apparence qu'ils soient aidés par le roi d'Angleterre.»[195]Ibid.Dépêche du 3 mai: «Mmela duchesse de Chevreuse, après avoir remis de jour en jour son voyage de Flandre, partit de Londres mardi premier jour de ce mois, à onze heures du matin, accompagnée du marquis de Velada et du résident d'Espagne, qui la quittèrent à huit milles d'ici, de M. le duc de La Valette, du marquis de La Vieuville, père et fils, du marquis de Ville, des sieurs Montaigu et Craft. Le comte de Niewport l'a aussi accompagnée jusqu'aux dunes; on croit que c'est par ordre du roi de la Grande-Bretagne, pour assurer M. le duc de Chevreuse, si elle le rencontre par les chemins, que le roi la tient en sa protection jusques à ce qu'elle soit hors de ses États... Il y a apparence, et par les coffres qu'elle a laissés chez Craft, à ce qu'on m'a dit, et par quelques paroles qui ont échappé à ceux qui ont plus de part à ses secrets, qu'elle fera tous ses efforts pour revenir dans cinq ou six mois, encore que le galland de diamants que lui a donné la reine de la Grande-Bretagne, qui est estimé dix mille escus, semble être un présent pour un dernier adieu... Ceux qui font de plus prudentes réflexions sur les choses qui se passent en cette cour, disent que cette fuite ne devroit pas retarder le voyage de M. de Chevreuse en ces quartiers, puisque, outre qu'il soutiendroit ici l'honneur de la nation, étant d'autre condition que les ambassadeurs d'Espagne, et qu'il aideroit à achever de ruiner en cette cour les mauvais François qui demeurent, et desquels il auroit juste sujet de se plaindre comme étant cause du malheur de Mmesa femme; il pourroit encore tirer parole du roi de la Grande-Bretagne que Mmede Chevreuse ne reviendroit plus en ses États, ce qu'on croit que ce roi promettroit volontiers, particulièrement s'il paroissoit y être forcé.»[196]Dépêche du 10 mai: «Mmede Chevreuse s'embarqua samedi 5 de ce mois, à Rochester, où elle revint en diligence de Cantorberi sur une fausse allarme qu'elle eut que M. le duc, son mari, étoit déjà à Douvres. Bien que son voyage ait été résolu assez promptement, il ne s'est pas exécuté sans peine et sans regret de la part de ceux qu'elle servoit ici. Ils l'ont à peine vue partir, qu'ils ont commencé leurs instances pour la faire revenir; de sorte qu'on croit que la venue de M. de Chevreuse ne seroit pas inutile pour l'empêcher... Comme vous jugez bien, M. Craft a suivi Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 17 mai: «Mmede Chevreuse arriva à Dunkerque il y eut mardi huit jours.»[197]Ibid.Dépêche du 6 novembre 1640: «On me donne avis que M. de La Valette et M. de Soubise ont traité avec le roi d'Espagne par l'entremise de Mmede Chevreuse (alors en Flandre), que le marquis de Malvezzi a été envoyé ici pour ce traité, lequel a été conclu il y a quatre mois, que M. de La Valette promet de faire soulever la Guyenne et les provinces voisines (dont son père, le duc d'Épernon, était gouverneur),... qu'il touche mille écus chaque mois depuis ce traité,... que M. de Soubise reçoit pareille pension d'Espagne,... que M. Marmet, ministre (protestant), reçoit aussi pension d'Espagne...»[198]Voyez dans le premier volume desMémoirestout le détail de cette affaire.—L'auteur de laConjuration de Fiesques'attribue en cette occasion des discours politiques imités de Salluste, comme ses portraits, et où abondent les maximes d'État, selon la mode virile du temps, dont Richelieu est l'auteur et Corneille l'interprète. Les discours ont pu être ajoutés après coup pour donner au lecteur une grande idée du génie précoce de Retz, mais le récit, sauf toujours la charge ordinaire, est exact et s'accorde parfaitement avec les documents les plus certains.[199]Sur le duc de Guise, voyezla Jeunesse deMmede Longueville, chapitre III.—On lit dans laGazettede Renaudot, pour l'année 1641, no61, p. 314: «Le 20 de ce mois de mai, le duc de Guise arriva de Sedan à Bruxelles, où il fut souper chez la duchesse de Chevreuse et coucher chez don Antonio Sarmiento.» Et dans le no64, p. 327, sous la date du 28 mai: «Le secrétaire du duc de Bouillon est parti d'ici (Bruxelles) pour Sedan, où le duc de Guise est aussi retourné.»[200]Recueil d'Alexandre de Campion: lettres: «20 août 1640. M. le Grand est fort satisfait de ce que j'ai joint les compliments de M. Bouillon aux vôtres. Il m'a chargé de lui en faire beaucoup de sa part, et surtout de vous assurer qu'en temps et lieu vous verrez des marques que c'est tout de bon quand il vous a protesté par moi qu'il étoit votre très humble serviteur. Il est assuré du dessein que M. le cardinal a eu de le perdre: vous devez juger par là de ses intentions. Il se ménage fort avec la reine, Monsieur et vous, et en use assez adroitement. Personne ne sait que je le vois, et si la prospérité ne l'aveugle point, il est capable d'entreprendre quelque chose d'importance. En tout cas, si l'on vous poussoit et que vous fussiez nécessité de vous défendre pour ne vous laisser pas opprimer, il est bon d'avoir un protecteur auprès du roi, et un esprit ulcéré qui pour son propre intérêt ne perdra pas l'occasion de détruire celui qui le veut perdre. Je sais bien que ceux qui ne l'aiment pas blâmeront son ingratitude, à cause que M. le cardinal est son bienfaiteur; mais cela ne vous regarde pas...» Transcrivons encore cette lettre à De Thou du 3 mars 1641, un an avant l'affaire qui le conduisit à l'échafaud: «Je vous avoue que les raisons que vous m'alléguâtes il y a dix jours dans les Carmes-Déchaussés, ni celles que vous m'écrivez, ne me persuadent en aucune manière, et que je n'ai rien à ajouter à la réponse que je vous fis. Un voyage comme celui où votre ami et vous me voulez embarquer, qui sera d'abord suspect à *** qui ne m'aime pas, m'expose à sa vengeance et n'aboutit à rien. Je connois les gens, et un dessein de le ruiner par le cabinet est une chimère qui le perdra et peut-être vous aussi.» Il y a encore dans leRecueilune autre lettre à De Thou où Alexandre de Campion lui annonce qu'il lui renvoie un portrait, des lettres et des bijoux que son ami lui avait confiés, qu'ainsi il pourra les rendre «à cette illustre personne pour laquelle on vous accuse de soupirer.» Il doit être ici question de Mmede Guymené.[201]Ibid.Lettre du 24 décembre 1640: «...Je montrerai vos lettres, suivant votre ordre, à madame votre mère, au père de Gondi et à MM. les présidents de Mesme et de Bailleul... Mais je prendrai la liberté de vous dire que j'eusse été bien aise de les voir en particulier, de peur que M. le cardinal ne sache qu'ils sont de vos amis, cela leur pouvant nuire s'il le découvre.»—«Du 21 janvier 1641. Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du père de Gondi et des deux présidents. Je me doutois bien qu'on sauroit qu'ils seroient venus à l'hôtel de Soissons.»[202]Mémoires, t. Ier, p. 26.[203]Mémoires,ibid., p. 362 et 363.[204]Mémoiresde la vie de Fréd.-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon (par son secrétaire Langlade), Paris, 1692, in-12.[205]Cette crainte n'était pas dépourvue de fondement. Richelieu s'efforçait en effet de se faire donner par le roi la tutelle de ses enfants; et il y était presque parvenu, comme nous le voyons dans ce précieux document que nous tirons des archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre de Chavigni à Richelieu, du 28 juillet 1642: «Le roi m'a dit depuis quelques jours qu'il se souvenoit que lors de sa grande maladie au camp de Perpignan, M. le Grand lui tint des discours pour le disposer à lui donner la tutelle de ses enfants après sa mort, sans pourtant lui en parler ouvertement. Sur quoi, prenant occasion d'exagérer l'effronterie et l'horrible ambition de ce scélérat, et de faire connoître à sa Majesté en général qu'il falloit qu'une personne eût toutes les qualités qu'il n'avoit pas pour être capable d'une telle charge, elle me dit: Si Dieu me met en état de penser à ce qui se fera après moi, je ne les puis laisser qu'à monseigneur le cardinal. Sur quoi je ne répondis rien que des protestations, de la part de son Éminence, de passion et de tendresse pour un si bon maître, etc.»[206]Lettres et Mémoires, etc., publiés par le général Grimoard, in-fo, t. Ier, p. 40.[207]Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, par M. l'abbé d'Artigny, t. IV.Pièces originales concernant le procès de MM. de Bouillon, Cinq-Mars et de Thou.Interrogatoire du 6 juillet 1642, et surtout deuxième interrogatoire du 24 juillet: «Interpellé que pour ses sentiments il les a trop fait connoître en l'affaire de Mmede Chevreuse, a dit que pour l'affaire de Mmede Chevreuse, ayant la parole de M. le cardinal il s'en tient assuré, sachant bien qu'il ne fait pas de grâce à demi.»[208]Archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre anonyme du 4 juillet.[209]Archives des affaires étrangères,France, t. CII, mémoire inédit de Richelieu: «Il faut que MM. de Chavigny et de Noyers parlent au roi et lui disent que le cardinal, voulant partir de Narbonne, suivant son conseil, pour changer d'air, et ne sachant quel changement son transport apporteroit à son mal, a voulu témoigner de l'extrême confiance qu'il a en Sa Majesté en lui découvrant ce qui s'apprend de toutes parts. Les lettres du prince d'Orange, la gazette de Bruxelles, celle de Cologne, les préparatifs de la reine mère pour venir, les litières et mulets achetés, ce qui s'écrit par lettres sûres de Mmede Chevreuse, ce qui s'écrit encore de nos côtes de France, les bruits qu'il y a dans toutes les armées, les avis qui viennent de toutes les cours d'Italie, les espérances des Espagnols, soit du côté d'Espagne, soit de Flandres, la résolution que Monsieur a prise de ne point venir contre ce qu'il avoit promis, attendant peut-être l'événement du tonnerre, toutes ces choses ont obligé à en avertir le roi, afin qu'il mette tel ordre qu'il lui plaira à des bruits qui ruinent les affaires.»[210]Voyez lesMémoiresde Montglat, collect. Petitot, t. Ier, p. 375.[211]Les détails de toute cette affaire ne sont nulle part, pas même dans le père Griffet; on ne les trouvera qu'aux Archives des affaires étrangères,France, t. CII. Pendant tous les premiers jours de juin il est bien question autour de Richelieu des troubles intérieurs du roi, des intrigues de Cinq-Mars, resté à Narbonne auprès de lui, et des dangers du cardinal; mais du traité avec l'Espagne et de quoi que ce soit de semblable, pas un seul mot. C'est le 12 juin que tout est éclairci par ce billet de Chavigni et de de Noyers à Richelieu: «Narbonne, ce 12 juin à dix heures du matin.—M. de Chavigny est arrivé ce matin une heure avant que le roi fût éveillé. M. de Noyers et lui, après avoir conféré ensemble, ont été trouver Sa Majesté, à laquelle ils ont rendu compte bien au long de toutes les affaires dont elle a lu elle-même les mémoires. Toutes les résolutions ont été prises conformes aux sentiments de son Éminence, et les dépêches s'en feront ce jour sans faillir. Le roi approuve le voyage de M. Castelan en Piémont.Chavigny, De Noyers.» Ici tout est frappant. Le 11 juin Richelieu a dû recevoir la décisive nouvelle. A l'instant même il a envoyé Chavigny au roi avec les preuves, et aussi avec les mesures par lui proposées. Chavigny a voyagé toute la nuit, et le 12 au matin, avec de Noyers, il a vu le roi, qui a lu les mémoires adressés par Richelieu, entendu les explications des deux ministres, et immédiatement approuvé et adopté les mesures nécessaires, entre autres l'envoi de Castelan à l'armée d'Italie pour arrêter le duc de Bouillon. Le 12, Louis XIII n'avait pas hésité. Mais depuis ses réflexions avaient été très-sombres. Lettre de de Noyers à Chavigni, retourné à Tarascon, du 15 juin: «Je pense que l'on sera contraint de chercher le moyen de faire parler au roi M. de M. (azarin), car il lui revient d'étranges pensées en l'esprit. Il me dit hier qu'il avoit douté si l'on n'auroit pas mis un nom pour l'autre. J'ai dit là -dessus tout ce que vous pouvez imaginer, mais le roi est toujours dans une profonde rêverie. Le roi s'est trouvé mal toute la nuit, et sur les deux heures Sa Majesté a pris médecine, puis elle a dormi deux heures. Je l'ai vue ce matin et lui ai dit des nouvelles de son Éminence, dont elle a été bien aise d'apprendre l'amendement. En même temps je lui ai fait voir l'extrait de la lettre de M. de Courbonne, et par icelle l'accommodement de son Éminence de Savoie et l'avis sur les îles. Sur quoi elle n'a fait aucune réflexion, et elle m'a dit: Quel saut a fait M. le Grand! et cela deux ou trois fois de suite...» Autre lettre du même jour: «J'estime que le plus tôt que M. le cardinal Mazarin pourroit venir ici seroit le mieux, car en vérité je reconnois que Sa Majesté a besoin de consolation et qu'elle a le c[oe]ur fort serré.»—Lettre du 17 juillet; de Noyers à Richelieu sur les dispositions du roi: «Le roi nous a dit à l'oreille que Sedan valoit bien une abolition, mais que pour M. le Grand il ne lui pardonneroit jamais, et qu'il l'abandonnoit aux juges pour en faire selon leur conscience.»—Lettre du 19 juillet: «Le roi a eu la pensée de sauver la vie à M. de Bouillon pour avoir Sedan, mais de ne laisser pas de faire condamner M. le Grand.»—Lettre de Chavigni à Richelieu du 26 août: «...Le roi me parlant il y a deux jours du procès des conjurés, me dit qu'il n'auroit point l'esprit en repos qu'il ne vît M. le Grand châtié, et que c'étoit un monstre d'ingratitude et de méchanceté.»[212]Relation de Fontrailles, collection Petitot, t. LIV, p. 438: «Soudain que je fus seul avec M. de Thou (à Carcassonne après le voyage d'Espagne), il me dit le voyage que je venois de faire, ce qui me surprit fort, car je croyois qu'il lui eût été celé. Quand je lui demandai comme quoi il l'avoit appris, il me déclara en confiance fort franchement qu'il le savoit de la reine, et qu'elle le tenoit de Monsieur. A la vérité, je ne la croyois pas si bien instruite, quoique je n'ignorasse pas que Sa Majesté eût fort souhaité qu'il se pût former une cabale dans la cour, et qu'elle y avoit contribué de tout son pouvoir, pour ce qu'elle n'en pouvoit que profiter.»[213]Archives des affaires étrangères.France, t. CII. Chavigni à Richelieu, 24 octobre: «Le roi fit hier assez mauvaise chère à la reine... Il est toujours fort animé contre elle et en parle à tous moments.»[214]Archives des affaires étrangères,ibid., t. CI, lettre de Le Gras, secrétaire des commandements de la reine, à Chavigni. Saint-Germain, 2 juillet 1642: «Cette extrême ingratitude lui est en telle horreur qu'elle en témoigne ses sentiments au roi par la lettre qu'elle vous prie de lui rendre, ainsi qu'à son éminence celle ci-jointe.»Ibid., Chavigni à Richelieu, du 28 juillet: «J'ai trouvé la reine tellement reconnoissante des obligations qu'elle a à monseigneur, qu'il seroit bien difficile de lui faire changer la résolution qu'elle a prise de ne plus rien faire que par les conseils de son Éminence, et de se jeter entièrement entre ses bras. Elle m'a commandé de lui donner cette assurance de sa part.»Ibid., le même au même, 12 août: «...Je suis persuadé que la tendresse que la reine témoigne pour monseigneur est sans dissimulation, et qu'il n'y a rien au monde plus aisé que l'y entretenir, ne demandant autre grâce dans le monde que d'être auprès de messieurs ses enfants, sans y prétendre aucun pouvoir, ni se mêler de leur éducation dont elle souhaite passionnément que monseigneur soit le maître. Elle m'a commandé d'en assurer son Éminence, et qu'elle est dans une extrême impatience de le voir.»Ibid., t. CII, Le Gras à Chavigni, sans date: «La reine envoyant son écuyer ordinaire au roi pour se réjouir de sa guérison, et savoir de ses nouvelles, écrit aussi à son éminence pour le même sujet. Elle vous prie encore de dire à son éminence que ne désirant point lui donner peine, sachant bien qu'il ne peut encore signer, elle n'attend point de réponse, et ne se tiendra pas moins assurée de son affection pour elle.»[215]Archives des affaires étrangères,ibid.Lettre déjà citée du 28 juillet.[216]Ibid.Lettre déjà citée du 12 août.[217]Dante.[218]Cette déclaration a été imprimée, mais elle est si rare, et elle est si curieuse et si importante, que nous la donnons dans l'Appendice,notes du chapitre IV.[219]Dans son no77, p. 519.[220]Le futur maréchal d'Hocquincourt, homme de guerre et de plaisir, politique incertain, qui, dans la Fronde, erra de Mazarin à Condé, et écrivit à Mmede Montbazon:Péronne est à la belle des belles.[221]Non pas le petit hôtel de Luynes, sur le quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Gît-le-Cœur, demeure du fils du connétable, dont Perelle a donné une charmante petite gravure, et où le chancelier Séguier se réfugia pendant la Fronde, quand la populace l'attaqua sur le pont Neuf allant au Parlement, mais l'hôtel de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, qui, comme nous l'avons déjà dit, devint depuis l'hôtel d'Épernon, et plus tard, en 1663, l'hôtel de Longueville. Mmede Chevreuse fit bâtir alors, par le célèbre architecte Lemuet, le bel hôtel de la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, que Perelle a aussi représenté, et qu'habite encore aujourd'hui M. le duc de Luynes.[222]Tome Ier, p. 186.[223]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 369.[224]La Rochefoucauld,ibid.[225]Voyez sur ces commencements de Mazarin, La Rochefoucauld, Mmede Motteville, La Châtre, l'un et l'autre Brienne.[226]La jeunesse deMmede Longueville, 4eédit., ch.III, p. 223, etc.[227]Voyez l'examen de cette question aussi importante qu'obscure dans Mmede Hautefort, chap. IV; voyez surtout les lettres jusqu'ici inédites d'Anne d'Autriche, citées dans l'Appendicede cet ouvrage.[228]Ce sont les paroles mêmes de Mmede Motteville, t. Ier, p.162. Ce passage est si important qu'il nous faut le donner ici tout entier: «On en fit autant et plus (de visites et de compliments) à Mmede Chevreuse comme à celle qui avoit régné dans le cœur de la reine, et qui dans toutes ses disgrâces avoit toujours conservé des intelligences avec elle et avoit paru posséder entièrement son amitié. On y pouvoit ajouter les obligations de ses souffrances qui l'avoient menée promener par toute l'Europe; et quoique ses voyages eussent servi à sa gloire et à lui donner le moyen de triompher de mille cœurs, ils étoient tous à l'égard de la reine des chaînes qui la devoient lier à elle plus étroitement que par le passé. Mais les choses de ce monde ne peuvent pas toujours demeurer en même état; cette vicissitude naturelle à l'homme fit que la duchesse de Chevreuse, qui étoit appréhendée et mal servie par ceux qui prétendoient au ministère, ne trouva plus en la reine ce qu'elle y avoit laissé, et ce changement fit aussi que la reine de son côté ne trouva plus en elle les mêmes agréments qui l'avoient autrefois charmée. La souveraine étoit devenue plus sérieuse et plus dévote, et la favorite étoit demeurée dans les mêmes sentiments de galanterie et de vanité qui sont de mauvais accompagnements pour un âge avancé. Ses rivaux et ses rivales dans la faveur avoient dit à la reine qu'elle vouloit la gouverner; et la reine étoit tellement prévenue de cette crainte qu'elle eut quelque peine à se résoudre à la faire revenir si vite, vu les défenses que le roi lui en avoit faites, ce qui en effet étoit louable en la reine et lui devoit être d'une grande considération. Mmela Princesse, qui haissoit Mmede Chevreuse et qui étoit d'humeur approchante de celle de la reine, avoit travaillé de tout son pouvoir à la dégoûter d'elle. L'absence en quelque façon avoit servi à détruire l'ancienne favorite dans l'esprit de la reine, et la présence avoit beaucoup contribué à l'amitié ou plutôt à l'habitude qu'elle avoit prise avec Mmela Princesse. Quand cette importante exilée arriva, la reine néantmoins parut avoir beaucoup de joie de la revoir, et la traita assez bien. J'étois revenue à la cour depuis peu de jours. Aussitôt que j'eus l'honneur d'approcher de la reine j'en vis les sentiments sur Mmede Chevreuse, et je connus que le nouveau ministre avoit travaillé autant qu'il lui avoit été possible à lui faire voir ses défauts...»[229]Mémoires,ibid., p. 378.[230]Il avait été pour Mazarin dans les conciliabules qui avaient précédé la régence, et nous trouvons dans les Archives des affaires étrangères,France, CIV, un fragment d'une lettre de Montaigu à la reine, sans date, mais à peu près de ce temps-là , où dans un langage mystique il l'engage à fermer l'oreille aux mécontents et à rester unie à son ministre.[231]Recueil, etc.[232]Voyez plus bas, p.233, les motifs de cette dénomination; voyez aussiLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, p. 224: «On appelait ainsi les chefs des mécontents, à cause des airs d'importance qu'ils se donnaient, blâmant à tort et à travers toutes les mesures du gouvernement, affectant une sorte de profondeur et de subtilité quintessenciée qui les séparait des autres hommes.»[233]Mémoires,ibid., p. 380.[234]Archives des affaires étrangères,France, t. C, p. 135, lettre autographe de Châteauneuf à Chavigny, du 23 mars 1643, encore du vivant de Louis XIII, où il le remercie de l'assistance qu'il a prêtée à sa sœur, Mmede Vaucelas pour tenter de «le sortir de la rude et misérable condition où il est détenu depuis dix ans, dedans un âge fort avancé, et plein de maladies qui le travaillent continuellement.» Il ne fut élargi que dans les premiers jours de la régence.Ibid., p. 404: «Angoulesme, 25 may 1643. Sire, je rends très humbles grâces à Votre Majesté de celle qu'il lui a plu me faire après une si longue détention, en me permettant de me retirer dans une de mes maisons. Ce sera pour y employer si peu qu'il me reste de jours à prier Dieu pour qu'il lui plaise donner à Vostre Majesté de longues et heureuses années. Ce sont les supplications les plus dévotes que lui faict, Sire, de Votre Majesté, le très humble et très obéissant subject et serviteur,Châteauneuf.[235]Voyez dans lesMémoires de M. de Montrésor, Leyde, 1665, 2 vol. in-12, la pièce intituléeRapport du procès, t. Ier, p. 228.[236]Carnets autographes de Mazarin, IIecarnet, p. 10: «Non faccia sua Maestà sopraintendente Chatonof, se non vuol restabilirlo intieramente.»[237]Voyez dans laJeunesse de Mmede Longueville, chap.III, p. 222, la lettre que Mazarin écrit sur ce sujet au duc de Brézé, le 28 mai 1643.[238]Plus haut, chap.II.[239]Mémoires, t. Ier, p. 126.[240]Mémoires, t. Ier, p. 372.[241]Tome Ier, p. 216.[242]Sa mère, Mmede Vendôme, était une personne de la plus haute dévotion et qui en avait le langage.[243]C'est Mazarin lui-même qui nous donne ce renseignement jusqu'ici ignoré, IIecarnet, p. 72 et 73.[244]Mémoires, t. Ier, p. 136.[245]Mémoires, t. Ier, p. 380-384.[246]Charlotte-Marie de Lorraine était née en 1627.[247]La jeunesse deMmede Longueville, chap.Ier, p. 101-106.[248]Iercarnet, p. 112.[249]Mémoires, t. Ier, p. 383.[250]IIIecarnet, p. 39: «Si esamina la mia vita e si conclude che io sia impotente.»[251]Voyez le chapitre IV, p.147.[252]Recueil, etc., lettre du 12 juin 1643: «Je suis à la reine qui me fait l'honneur de me bien traiter. J'ai toutes les entrées libres, et même elle m'a accordé un don dont on me fait espérer que je tirerai près de cent mille écus. Mmede Chevreuse qui est bien avec elle me continue la confiance qu'elle a toujours témoigné avoir en moi.»[253]IIecarnet, p. 22, et parmi lesLettres françaisesde Mazarin conservées à la bibliothèque Mazarine, celle du 13 août 1643 où le cardinal annonce à Châteauneuf que la reine lui rend le gouvernement de Touraine. Une autre lettre du 2 janvier 1644 le qualifie en effet deconseiller du roi en ses conseils, chancelier de ses ordres, et gouverneur de Touraine.[254]Voyez plus haut, p.222.[255]IIecarnet, p. 65, 68, 75; IIIecarnet, p. 11, 19, 25, 29, 44.[256]IIIecarnet, p. 27, 43 et 55.[257]Aux portraits si connus que La Rochefoucauld et Retz nous ont laissés des Importants on peut ajouter les lignes suivantes d'Alexandre de Campion,Recueil: «J'ai des amis qui n'ont pas toute la prudence qui seroit à désirer; ils se font un honneur à leur mode, et donnent des habits si extraordinaires à la vertu qu'elle me semble déguisée, de sorte qu'en cas qu'ils aient toutes les qualités essentielles ils s'en servent si mal que l'applaudissement qu'ils se sont attiré ne servira peut-être qu'à leur destruction.»[258]IIecarnet, p. 70: «...Si predica siempre que es menester perdierse.»[259]Ibid., p. 83: «Saint-Ibar portato dalla dama come un eroe.»[260]Était-ce par pure politique, ou n'y avait-il pas là quelque mélange de galanterie? Ailleurs Mazarin prétend qu'à Bruxelles don Antonio Sarmiento était bien avec la duchesse; mais il ne faut pas oublier qu'il ne dit cela qu'après coup, au milieu de la Fronde, dans le dernier emportement de l'inimitié, et que nulle part nous n'avons rencontré la moindre trace de cette liaison. Voyez lesLettres du cardinal Mazarin, etc., par M. Ravenel, Paris, 1836, p. 15.[261]IIIecarnet, p. 5, 24 et 25: «Que los majores enemigos que yo tenia eran los Vandomos et la dama que li anima todos, diciendo que se no si teneria luogo la resolucion de deshacerce de my, los negotios (no) irian bien, los grandes serian tan sujetos come antes, y yo siempre mas poderia con la reyna, y que era menester darse prima antes que Anghien concluviesse.»[262]Voyez la précieuse collection déjà citée de lettres italiennes et françaises de Mazarin, 5 vol. in-fol. provenant de Colbert, qui sont aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine: Lettres de 1642 à 1645.[263]IIecarnet, p. 21 et 22.[264]Ibid., p. 42.[265]Ibid., p. 65: «Sy S. M. quiere conservar me de manera que puede ser de provechio a su servitio, es menester quitarse la masqhera, y azer obras que declarase la proteccion que quiere tener de mi persona.»[266]Ibid., p. 77: «Es imposible servir con estos sobresaltos, mientras travajo di dia y de noche per complir a mis obligationes.»[267]IIecarnet, p. 76: «Es sierto que continuan juntarse al jardin de Tullieri, que ablan contra el gobierno de la reyna los que se dicen sus majores serbidores, y que son contra my mas que nunca, hasta concluir siempre que sy per cabalas no podrano destruirme, intentaran otros modos.»[268]Ibid., p. 93: «Ricevo mille avvisi di guardarmi.»[269]IIIecarnet, p. 18: «Los Importantes ablan contra la reyna mas que nunca. Estan desperados contra Belingan y Montagu; dicen que el primero es un alcahuete (maquereau), y que all'otro daran mil palos; que es menester perder todos los que fueran de mi parte.»[270]Ibid., p. 24: «Que muchas personas eran de manera animadas contra my que era imposibile que no me succediesse algun gran mal.»[271]IIecarnet, p. 76: «Sy la mar puede sosegarse con echarmi como Jonas en la bocca de la balena!»[272]Iercarnet, p. 108.[273]IIIecarnet, p. 65: «La riputazione della Francia non è in cattivo stato, poiche, oltre li progressi che dà per tutto fanno le armi sue, è arbitra S. M. delle differenze dei principi d'Italia, e di quelle del re d'Inghilterra con il parlamento, non ostante che li Spagnuoli faccino il possibile e combattino per ogni verso questa qualità , sino a minacciare il papa se adherisce alli sentimenti ed alla mediazione di Francia.»[274]Bibliothèque Mazarine,Lettres italiennes de Mazarin, 30 juin 1643, fol. 181.[275]VoyezLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, etc.[276]Sur l'hôtel Montbazon, voyez Sauval, t. II, p. 124.[277]A peu près vers ce temps, ou du moins encore dans l'année 1644, Mazarin trace un portrait sévère de Mmede Longueville où il ne la calomnie pas, mais où il ne lui passe rien, et met le doigt sur tous ses défauts sans relever ses qualités, comme si déjà il pressentait en elle sa plus redoutable ennemie.La jeunesse deMmede Longueville, chap.IV, p. 271 et 272.[278]Ibid., chap.II, p. 199.[279]Alexandre de Campion, dans leRecueilplusieurs fois cité, lettre à Mmede Montbazon: «Si mon avis eût été suivi chez Renard, vous seriez sortie pour obéir à la reine, vous n'habiteriez pas la maison de Rochefort, et nous ne serions pas dans le péril dont nous sommes menacés.»[280]IIIecarnet, p. 100: «Come dovrei governarmi se nascesse querela trà il duca d'Enghien e la casa di Vendomo, senza che vi fosse intrigato il servitio della regina?»[281]Mmede Motteville, t. Ier, p. 83.[282]Mémoires, t. Ier, p. 388.[283]Mémoires, t. Ier.[284]Mémoires, t. Ier, p. 65.[285]Mémoires, édit. de Leyde, ou collect. Petitot, t. LIX.[286]Mémoires, t. Ier, p. 184.[287]Mémoires, collect. Petitot, t. LXIX, p. 419.[288]Mémoires, t. Ier, p. 374.[289]IIIecarnet, p. 28, 34, 70, 82, 84, 85 et 91; IVecarnet, p. 5.[290]IIIecarnet, p. 88.[291]IVecarnet, p. 8.[292]Bibliothèque Mazarine,Lettres de Mazarin; lettres françaises, t. I, fol. 274, recto.[293]Lettres italiennes de Mazarin, t. I, lettre à Ondedei, du 25 mars 1645, fol. 226, verso;ibid., lettre du 8 mai à Vincenzo Martinozzi, fol. 240, verso;ibid., lettre du 26 mai à Paolo Macarani, fol. 246;ibid., lettre du 2 juin au cardinal Grimaldi, fol. 248;ibid., lettre à Ondedei, du même jour;ibid., lettre au cardinal Grimaldi, du 15 juillet, et à Ondedei, du 5 septembre; au cardinal Grimaldi, 2 juin 1645, fol. 248; à Ondedei, 2 juin 1645; au cardinal Grimaldi, 15 juillet 1645; à Ondedei, 5 septembre 1645. Voyez l'Appendice.[294]Carnet IVe, p. 8.[295]Personne, à Paris, ne doutait qu'on ne suivît très-sérieusement l'affaire des deux gentilshommes. Une correspondance privée fort curieuse, conservée aux Archives des affaires étrangères,France, t. CV, contient une lettre d'un nommé Gaudin à Servien, l'habile diplomate, sous la date du 31 octobre 1643, où se trouve le passage suivant, qui reproduit presque dans les mêmes termes celui des carnets: «L'on a fait recherche des hotelleries au fauxbourg Saint-Germain où les deux gentilshommes emprisonnés dans la Bastille ont logé. En voyant qu'on ne pouvait rien découvrir par leurs interrogatoires et ceux de leurs laquais, on a aussi emprisonné les hotes et hotesses desdites hotelleries, à sçavoir, du Sauvage et de quelque autre, pensant les intimider et tirer quelque confession du fait dont ils sont soupçonnés; ce qui n'a non plus servi; et ils ont été relâchés.»[296]IVecarnet, p. 9.[297]Mémoires de Henri de Campion, etc., 1807, à Paris, chez Treuttel et Würtz, in-8o. Petitot en a donné seulement un extrait à la suite desMémoires de La Châtre, t. LI de sa collection.[298]Recueilsouvent cité.[299]Voyez le chapitreIV, p.181-182.[300]Voyez laJeunesse deMmede Longueville, chap.IIet chap.III. C'est vraisemblablement aussi la partie de plaisir que décrit Scarron, t. VII, p. 178,Voyage de la Reine à La Barre.[301]Voyez dans laJeunesse deMmede Longueville, chap.III, la lettre de cachet adressée à Mmede Montbazon.[302]IIIecarnet, p. 10, en espagnol: Sy yo creyera lo que dicen que S. M. se sierve di mi per necessidad, sin tener alguna inclinacion, no pararia aqui tres dias.»[303]IIecarnet, p. 65: «Quitarse la masqhera.»[304]IIIecarnet, p. 45: «...mas contodo esto siendo el temor un compagnero inseparabile dell'affeccion, etc., etc.»[305]IVecarnet, p. 3: «La giallezza cagionata dà soverchio amore.»[306]Mémoires, t. Ier, p. 185.[307]IIIecarnet, p. 93 et dernière: «Ogniuno mi dice che li disegni contra me non cesseranno, finche si vedrà che appresso di S. M. vi è un potente partito contro di me, e capace d'acquistar lo spirito di S. M. quando mi succeda una disgrazia.»[308]Tome Ier, p. 185.
[158]Manuscrit de la Bibliothèque impériale, no9241, fol. 41, verso. Carta de la Reyna al cardinale Infante para embiar al Conde Duque, 28 may 1637: «Por ser cosa che importa mucho al servicio del Rey el conservar en el al Duque de Lorena, he procurado con mi amiga (Mmede Chevreuse) que hallasse una comodidad segura conque poder escrivir a l'amigo (le duc de Lorraine), ha me dicho que la tiene, etc.» Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[159]Les diverses déclarations de la reine, avec les interrogatoires de la supérieure du Val-de-Grâce et ceux de La Porte, avaient été conservées dans la cassette de Richelieu, et elles étaient passées dans les archives du maréchal de ce nom, qui les avait communiquées au P. Griffet, comme il avait fait les papiers de Châteauneuf. Depuis, ces précieux documents avaient été dispersés: la Bibliothèque impériale les a acquis dernièrement.Supplément françois, no4068, avec ce titre:Pièces relatives à l'affaire du Val-de-Grâce, 1637. Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[160]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 201, et, dans l'Appendice, laRelationde la main du cardinal.[161]Le nom de Craft se rencontre en effet plusieurs fois dans les lettres de MmeDu Fargis. Voyez l'Appendice.[162]Mémoires,ibid., p. 224, etc.[163]M. le duc de Luynes nous communique une lettre de Mmede Chevreuse à Richelieu, tout à fait de ce temps, où elle décline l'offre spontanée du cardinal, en lui exprimant toute sa reconnaissance et en l'assurant qu'elle ne s'adressera pas à un autre si elle est forcée de recourir à un emprunt. «Monsieur, je me trouve avec autant de ressentiments de vos bontés que d'impuissance à les exprimer; mais puisque vous me croyez digne de tant de bienfaits, j'ose m'assurer que vous ne douterez pas de ma reconnaissance, encore que je ne vous la puisse représenter par mes paroles ni témoigner par mes services... J'ai prié le porteur de vous dire sur le sujet de l'offre qu'il m'a faite de votre part, que je n'ai pas oublié cette même preuve de votre générosité que vous me donnâtes la dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir, ni les termes où je demeurai d'accepter ces grâces de vous, si la fortune me contraignoit à les recevoir jamais d'aucun. L'état où je suis n'est pas jusqu'ici assez malheureux pour que je puisse prendre cette liberté; mais je n'en suis pas moins sensible à cette bonté dont l'intention présentement tient lieu de l'effet dans mon âme...»[164]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 354.[165]Extrait de l'information faite par le président Vignier, de la sortie faite par Mmede Chevreuse hors de France, avec diverses pièces à l'appui, Bibliothèque impériale,collection Dupuy, nos499, 500, 501, réunis en un seul volume. Voyez l'Appendice,notes sur le chapitre III.[166]La Rochefoucauld, p. 356.—Tallemant, t. I, p. 250, se complaît à raconter les choses les plus singulières, mais nous ne rapportons que les faits certains et authentiques.Extrait de l'information, etc.: «Une bourgeoise de ce bourg-là passa fortuitement et la vit couchée sur ce foin et s'écria: Voilà le plus beau garçon que je vis jamais! Monsieur, dit-elle, venez-vous-en reposer chez moi; vous me faites pitié, etc.»[167]Tallemant,ibid.[168]Extrait de l'information: «Malbasty (le guide que lui avait donné La Rochefoucauld) lui dit qu'elle se perdroit, qu'elle rencontreroit mille voleurs, qu'elle n'avoit qu'un seul homme avec elle, qu'il craignoit qu'on lui fît du déplaisir... Elle offrit audit Malbasty un grand rouleau de pistoles, etc.»[169]La Rochefoucauld,Mémoires,ibid.[170]Ce sont ceux que Dupuy a recueillis ou plutôt résumés de mémoire; nous les avons retrouvés nous-même, et nous en avons fait usage pour établir notre récit. C'est en cette occasion que La Rochefoucauld fut interrogé et mis huit jours à la Bastille. Voyez sesMémoires, surtoutla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédition, chapitre IV, p. 296, etc., et l'Appendicedu présent volume,notes sur le chapitre III.[171]Mmede Motteville, t. Ier, p. 93.[172]Bibliothèque impériale,Manuscrits de Colbert, affaires de France, in-fol., t. II, fol. 9.Mémoire de ce que Mmede Chevreuse a donné charge au sieur de Boispille de dire à monseigneur le cardinal: «Elle ne s'est obligée à rien du tout en Espagne et ne se trouvera pas qu'elle ait pris un teston, fors les bonnes chères et traitemens... Elle a parlé comme elle devoit en Espagne, et croit que c'est une des choses qui l'a le plus fait estimer du comte-duc.»Appendice, notes du chapitre IV.[173]Manuscrits de Colbert,ibid.[174]Plus haut, p.136.[175]Manuscrits de Colbert,ibid.[176]Voyez sur cette particularitéla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédit., chapitre IV, p. 237, etc. Il ne faut pas croire d'ailleurs que ces pierreries fussent celles de la pauvre Éléonore Galigai, la maréchale d'Ancre; car dans le partage que fit Louis XIII des richesses du maréchal et de sa femme, c'est à la reine Anne qu'il donna les joyaux et les bijoux. Voyez dans l'Appendicelesnotes du chapitre Ier.[177]Mmede Chevreuse, comme son petit-fils, aimait les arts et les encourageait. Elle a été la protectrice de l'excellent graveur Pierre Daret, qui lui a dédié sa collection desIllustres François et estrangers de l'un et de l'autre sexe, in-4o, 1654. Cette dédicace nous apprend des choses qui ne se trouvent dans aucune des biographies de cet artiste, pas même dans l'Abécédairede Mariette, et qui font le plus grand honneur à Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[178]La bibliothèque nationale possède deux manuscrits qui la contiennent tout entière: l'un, que le père Griffet a connu et mis à profit, et que déjà plus d'une fois nous avons cité, est le tome II desManuscrits de Colbert, affaires de France; ce ne sont que des copies, souvent assez défectueuses; l'autre,Supplément françois, no4067, renferme, il est vrai, moins de pièces, mais originales, parmi lesquelles il y a plusieurs lettres autographes de Richelieu et de Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[179]Manuscrits de Colbert,ibid.[180]Manuscrits de Colbert, lettre du 24 juillet 1638.[181]Manuscrits de Colbert, folio 18. L'original est auSupplément françois, no4067.[182]Manuscrit de Colbert,ibid.[183]Lettre de l'abbé Du Dorat à Richelieu, Manuscrits de Colbert, fol. 47.[184]Manuscrits de Colbert, fol. 53, etc.[185]Mémoires, t. X, p. 484.[186]Il faut voir cette scène inouïe, non pas seulement dans la relation détaillée et suspecte que publièrent les amis de La Valette, et qui se trouve parmi les pièces imprimées à la suite desMémoiresde Montrésor, mais dans lesMémoiresd'Omer Talon, Collection Petitot, 2esérie, t. LX, p. 186-197.[187]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 498 et 499.[188]Voyez la lettre de Richelieu au comte d'Estrade du 2 décembre 1637; voyez aussi dans l'Appendicediverses lettres de 1639 deBoispilleau cardinal, où il lui donne des nouvelles du peu de progrès de l'armée royaliste en Écosse avec une satisfaction mal dissimulée, qui trahit les sentiments de celui auquel il écrit. Voyez surtout à la Bibliothèque impériale, fond de Harlai, 223/23 un manuscrit in-fol., contenant desLettres du sieur de Montereul, secrétaire de monsieur de Bellièvre, ambassadeur en Angleterre, escrittes au dit sieur de Bellièvre, ès années 1638, 1639, 1640 et 1641, ensemble les duplicata des lettres qu'il escrivoit à la cour. Montereul, chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur, adresse à Bellièvre et au ministre des affaires étrangères de France, le comte de Chavigni, les renseignements les plus précieux sur l'état des partis en Angleterre, les débats des chambres, les fautes de la cour, et les progrès de l'opposition qu'il raconte avec une sorte de triomphe. Ce manuscrit est de la plus grande importance pour l'histoire des premiers commencements de la révolution d'Angleterre. On y voit fort bien que la France se réjouissait des embarras intérieurs qui empêchaient le gouvernement anglais de faire cause commune avec l'Espagne, et se servait du fanatisme protestant qui repoussait toute alliance avec Sa Majesté catholique. Il est curieux d'y trouver Pim, ce grand patriote, s'entendant fort bien avec Montereul, et protestant de son zèle pour les intérêts de la France, comme plus tard le fera Sidnei. Richelieu fit imprimer leManifeste des Écossois, lorsqu'ils s'avancèrent en 1641 vers l'Angleterre, dans laGazettede cette année, no34, p. 161. «On ne peut douter, dit l'exact et savant père Griffet, t. III, p. 158, que Richelieu n'ait été un des premiers auteurs de la révolution qui conduisit dans la suite Charles Iersur l'échafaud et Cromwell sur le trône. M. de Brienne paraît en convenir, mais il a soin de remarquer que leschoses allèrent bien plus loin que le cardinal ne l'avoit prévu et qu'il ne l'eût souhaité.»[189]Aussi lorsque plus tard, en 1643, le pape destina le cardinal Rosetti à le représenter au congrès de Münster, le successeur de Richelieu n'hésita pas à l'exclure, en se fondant particulièrement sur ce que, pendant sa mission en Angleterre, Rosetti s'était fort lié avec Mmede Chevreuse, et qu'elle l'avait entièrement gagné.Bibliothèque impériale, fond Gaignière, vol. 510, in-fol. sous ce titre:Dépesches importantes sur la paix d'Italie des années 1643 et 1644. Lettre de la reine à M. de Fontenai-Mareuil, 25 septembre 1643: «Vous avez fait entendre (aux ministres du pape) les raisons qui me convioient à faire exclusion au cardinal Rosetti de la légation de la paix, non pour avoir eu communication très-étroite avec Fabroni (confident et ministre de la reine mère), mais pour l'avoir affectée avec les ministres d'Espagne pendant son séjour en Angleterre qu'ils veulent excuser sur le but de la religion; mais il faudrait être bien simple pour s'y laisser prendre, et ne pas voir que, sous couleur de traiter d'une affaire, on en embarque une autre. Il n'est pas possible que leur ayant rendu compte de sa mission, il ne leur ait pas mandé qu'il avoit des communications très-secrètes et fréquentes avec la duchesse de Chevreuse, et qu'ils ignorent combien elle a recherché de nuire à l'État, les desseins pernicieux qu'elle a concertés et essayé d'advancer, et qu'enfin agissant avec beaucoup d'esprit offensé, et comme font d'ordinaire les femmes qui pour contenter leurs passions vont toujours aux extrêmes, elle n'a rien omis à promettre ou à embarquer qui pût causer la ruine de la France.»[190]Manuscrit déjà cité de la Bibliothèque impériale,Lettres de Montereul. Dépêche du 15 mars 1640: «Le marquis de Ville vient pour avoir permission du roi de faire passer en Flandre mille Anglois pour joindre aux troupes du duc Charles. A quoi il n'aura pas peu de difficulté, quelque crédit qu'y employe Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 5 avril: «Le marquis de Ville vient aussi avec six beaux chevaux que le duc Charles envoye à Mmede Chevreuse, pour laquelle il y a peu d'apparence que le voyage de M. Du Dorat puisse être utile.»—Dépêche du 12 avril: «Le marquis de Ville arriva vendredi matin, il alla descendre chez Mmede Chevreuse; il s'est toujours servi d'un de ses carrosses, et a mangé chez elle...»[191]Ibid.Dépêche du 12 avril: «M. le marquis de Velada, grand d'Espagne, gouverneur de Dunkerque, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, est arrivé hier... A peine arrivé, il alla visiter Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 19: «Le marquis de Velada eut hier la première audience du roi et de la reine... Mmede Chevreuse lui envoya son beau carrosse... Cela ne l'empêche pas d'assurer qu'elle retourne en France dans quinze jours. La reine dit encore hier qu'il n'étoit pas besoin de lui préparer un logement à Greenwich, parce qu'elle alloit en France avant la fin du mois, et qu'elle n'attendoit que de l'argent pour payer ses dettes avant de partir. Je ne puis me persuader qu'elle exécute ce qu'elle promet: il me semble que le chemin de chez l'ambassadeur d'Espagne à Whitehall n'est pas le plus droit pour aller en France.»[192]Ibid.Dépêche du 2 février 1640: «Le sieur Hallot a été fort mal reçu de la reine quand il lui a rendu ses lettres du prince Thomas; elle lui a dit qu'elle ne pouvoit voir de bon œil une personne qui venoit de la part de celui qui faisoit un si mauvais traitement à sa sœur. Il est bien avec Mmede Chevreuse et avec M. de La Valette, et voit fort souvent les ministres de la reine mère.»—Dépêche du 16 février: «Le sieur Hallot a été visité par M. de La Vieuville, qui y demeura longtemps, et par Fabroni qui fut longtemps enfermé avec lui, avant qu'il eût envoyé ses dépêches en Flandres où il écrit beaucoup; il écrit aussi en France, et dit qu'il vient en cette cour pour faire agréer au roi les actions du P. Thomas, et essayer de tirer d'ici quelques secours pour ce prince.»—Dépêche du 23 février: «Hallot se trouva ces jours passés chez Mmede Chevreuse avec La Colle (?), où Hallot parla fort longtemps des affaires de Savoie à l'avantage du P. Thomas. La Colle lui avoua franchement qu'il seroit fâché si les affaires alloient si bien pour ce prince, et lui dit que pour lui il étoit du côté de Mmede Savoie. Alors Hallot haussa la voix et lui repartit: Est-il possible que vous osiez parler en ces termes, étant des amis de Mmede Chevreuse et vous trouvant dans son logis?»[193]On ne croyait pas que l'idée du voyage du duc de Chevreuse en Angleterre lui fût venue spontanément, et Montereul écrit à M. de Bellièvre, le 3 mai 1640: «On vous croit ici l'auteur du voyage de M. son mari en ces quartiers.»[194]Dépêche de Montereul du 29 mars 1640: «Mmede Chevreuse a été extrêmement surprise par la nouvelle de la résolution qu'avoit prise M. son mari de venir en Angleterre... On n'a jamais vu un tel trouble... Elle parloit de s'enfuir en Flandre si le roi ne l'eût assurée que, s'étant mise sous sa protection, il ne permettroit pas qu'on la pût forcer à retourner en France. Mmede Chevreuse le dit ainsi, mais d'autres m'ont dit que la promesse du roi n'étoit pas si précise, et que la reine lui avoit seulement fait dire qu'elle la prenoit en sa protection. Elle dépêcha dimanche dernier un courrier en France pour détourner M. de Chevreuse de venir ici, en cas qu'il eût ce dessein.»—Dépêche du 12 avril: «Un autre objet du voyage de M. de Ville, est pour assurer Mmede Chevreuse qu'elle sera bien venue en Flandre, au cas qu'elle soit obligée de s'y retirer; ce qui est conforme à ce qu'elle a dit à la reine depuis l'arrivée de ce marquis, qu'elle étoit résolue d'aller en Flandre devant un mois. La reine l'a dit ainsi, et a ajouté qu'elle avoit bien de la peine à le croire.»—Dépêche du 25 avril: «Mmede Chevreuse dépescha en France, vendredi dernier, un de ses valets de chambre. Elle fait croire qu'elle est résolue de passer en Flandre si M. de Chevreuse vient en Angleterre, comme on lui mande et comme l'écrit M. Leicester. On me donne avis que M. de La Valette a dit à table qu'il alloit écrire en France qu'elle partoit demain pour Flandre, ce qui me fait croire qu'elle n'en fera rien que le plus tard qu'il lui sera possible, et qu'elle voudroit bien n'être pas obligée d'y aller du tout. M. de Soubise arriva en cette ville samedi dernier. M. de La Valette et M. Le Coigneux (un des conseillers du duc d'Orléans) la voient fort souvent. On m'a averti de plusieurs endroits qu'ils avoient dessein de brouiller en France. On m'a dit qu'ils avoient quelque entreprise sur Oleron. Il y a peu d'apparence qu'ils soient aidés par le roi d'Angleterre.»[195]Ibid.Dépêche du 3 mai: «Mmela duchesse de Chevreuse, après avoir remis de jour en jour son voyage de Flandre, partit de Londres mardi premier jour de ce mois, à onze heures du matin, accompagnée du marquis de Velada et du résident d'Espagne, qui la quittèrent à huit milles d'ici, de M. le duc de La Valette, du marquis de La Vieuville, père et fils, du marquis de Ville, des sieurs Montaigu et Craft. Le comte de Niewport l'a aussi accompagnée jusqu'aux dunes; on croit que c'est par ordre du roi de la Grande-Bretagne, pour assurer M. le duc de Chevreuse, si elle le rencontre par les chemins, que le roi la tient en sa protection jusques à ce qu'elle soit hors de ses États... Il y a apparence, et par les coffres qu'elle a laissés chez Craft, à ce qu'on m'a dit, et par quelques paroles qui ont échappé à ceux qui ont plus de part à ses secrets, qu'elle fera tous ses efforts pour revenir dans cinq ou six mois, encore que le galland de diamants que lui a donné la reine de la Grande-Bretagne, qui est estimé dix mille escus, semble être un présent pour un dernier adieu... Ceux qui font de plus prudentes réflexions sur les choses qui se passent en cette cour, disent que cette fuite ne devroit pas retarder le voyage de M. de Chevreuse en ces quartiers, puisque, outre qu'il soutiendroit ici l'honneur de la nation, étant d'autre condition que les ambassadeurs d'Espagne, et qu'il aideroit à achever de ruiner en cette cour les mauvais François qui demeurent, et desquels il auroit juste sujet de se plaindre comme étant cause du malheur de Mmesa femme; il pourroit encore tirer parole du roi de la Grande-Bretagne que Mmede Chevreuse ne reviendroit plus en ses États, ce qu'on croit que ce roi promettroit volontiers, particulièrement s'il paroissoit y être forcé.»[196]Dépêche du 10 mai: «Mmede Chevreuse s'embarqua samedi 5 de ce mois, à Rochester, où elle revint en diligence de Cantorberi sur une fausse allarme qu'elle eut que M. le duc, son mari, étoit déjà à Douvres. Bien que son voyage ait été résolu assez promptement, il ne s'est pas exécuté sans peine et sans regret de la part de ceux qu'elle servoit ici. Ils l'ont à peine vue partir, qu'ils ont commencé leurs instances pour la faire revenir; de sorte qu'on croit que la venue de M. de Chevreuse ne seroit pas inutile pour l'empêcher... Comme vous jugez bien, M. Craft a suivi Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 17 mai: «Mmede Chevreuse arriva à Dunkerque il y eut mardi huit jours.»[197]Ibid.Dépêche du 6 novembre 1640: «On me donne avis que M. de La Valette et M. de Soubise ont traité avec le roi d'Espagne par l'entremise de Mmede Chevreuse (alors en Flandre), que le marquis de Malvezzi a été envoyé ici pour ce traité, lequel a été conclu il y a quatre mois, que M. de La Valette promet de faire soulever la Guyenne et les provinces voisines (dont son père, le duc d'Épernon, était gouverneur),... qu'il touche mille écus chaque mois depuis ce traité,... que M. de Soubise reçoit pareille pension d'Espagne,... que M. Marmet, ministre (protestant), reçoit aussi pension d'Espagne...»[198]Voyez dans le premier volume desMémoirestout le détail de cette affaire.—L'auteur de laConjuration de Fiesques'attribue en cette occasion des discours politiques imités de Salluste, comme ses portraits, et où abondent les maximes d'État, selon la mode virile du temps, dont Richelieu est l'auteur et Corneille l'interprète. Les discours ont pu être ajoutés après coup pour donner au lecteur une grande idée du génie précoce de Retz, mais le récit, sauf toujours la charge ordinaire, est exact et s'accorde parfaitement avec les documents les plus certains.[199]Sur le duc de Guise, voyezla Jeunesse deMmede Longueville, chapitre III.—On lit dans laGazettede Renaudot, pour l'année 1641, no61, p. 314: «Le 20 de ce mois de mai, le duc de Guise arriva de Sedan à Bruxelles, où il fut souper chez la duchesse de Chevreuse et coucher chez don Antonio Sarmiento.» Et dans le no64, p. 327, sous la date du 28 mai: «Le secrétaire du duc de Bouillon est parti d'ici (Bruxelles) pour Sedan, où le duc de Guise est aussi retourné.»[200]Recueil d'Alexandre de Campion: lettres: «20 août 1640. M. le Grand est fort satisfait de ce que j'ai joint les compliments de M. Bouillon aux vôtres. Il m'a chargé de lui en faire beaucoup de sa part, et surtout de vous assurer qu'en temps et lieu vous verrez des marques que c'est tout de bon quand il vous a protesté par moi qu'il étoit votre très humble serviteur. Il est assuré du dessein que M. le cardinal a eu de le perdre: vous devez juger par là de ses intentions. Il se ménage fort avec la reine, Monsieur et vous, et en use assez adroitement. Personne ne sait que je le vois, et si la prospérité ne l'aveugle point, il est capable d'entreprendre quelque chose d'importance. En tout cas, si l'on vous poussoit et que vous fussiez nécessité de vous défendre pour ne vous laisser pas opprimer, il est bon d'avoir un protecteur auprès du roi, et un esprit ulcéré qui pour son propre intérêt ne perdra pas l'occasion de détruire celui qui le veut perdre. Je sais bien que ceux qui ne l'aiment pas blâmeront son ingratitude, à cause que M. le cardinal est son bienfaiteur; mais cela ne vous regarde pas...» Transcrivons encore cette lettre à De Thou du 3 mars 1641, un an avant l'affaire qui le conduisit à l'échafaud: «Je vous avoue que les raisons que vous m'alléguâtes il y a dix jours dans les Carmes-Déchaussés, ni celles que vous m'écrivez, ne me persuadent en aucune manière, et que je n'ai rien à ajouter à la réponse que je vous fis. Un voyage comme celui où votre ami et vous me voulez embarquer, qui sera d'abord suspect à *** qui ne m'aime pas, m'expose à sa vengeance et n'aboutit à rien. Je connois les gens, et un dessein de le ruiner par le cabinet est une chimère qui le perdra et peut-être vous aussi.» Il y a encore dans leRecueilune autre lettre à De Thou où Alexandre de Campion lui annonce qu'il lui renvoie un portrait, des lettres et des bijoux que son ami lui avait confiés, qu'ainsi il pourra les rendre «à cette illustre personne pour laquelle on vous accuse de soupirer.» Il doit être ici question de Mmede Guymené.[201]Ibid.Lettre du 24 décembre 1640: «...Je montrerai vos lettres, suivant votre ordre, à madame votre mère, au père de Gondi et à MM. les présidents de Mesme et de Bailleul... Mais je prendrai la liberté de vous dire que j'eusse été bien aise de les voir en particulier, de peur que M. le cardinal ne sache qu'ils sont de vos amis, cela leur pouvant nuire s'il le découvre.»—«Du 21 janvier 1641. Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du père de Gondi et des deux présidents. Je me doutois bien qu'on sauroit qu'ils seroient venus à l'hôtel de Soissons.»[202]Mémoires, t. Ier, p. 26.[203]Mémoires,ibid., p. 362 et 363.[204]Mémoiresde la vie de Fréd.-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon (par son secrétaire Langlade), Paris, 1692, in-12.[205]Cette crainte n'était pas dépourvue de fondement. Richelieu s'efforçait en effet de se faire donner par le roi la tutelle de ses enfants; et il y était presque parvenu, comme nous le voyons dans ce précieux document que nous tirons des archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre de Chavigni à Richelieu, du 28 juillet 1642: «Le roi m'a dit depuis quelques jours qu'il se souvenoit que lors de sa grande maladie au camp de Perpignan, M. le Grand lui tint des discours pour le disposer à lui donner la tutelle de ses enfants après sa mort, sans pourtant lui en parler ouvertement. Sur quoi, prenant occasion d'exagérer l'effronterie et l'horrible ambition de ce scélérat, et de faire connoître à sa Majesté en général qu'il falloit qu'une personne eût toutes les qualités qu'il n'avoit pas pour être capable d'une telle charge, elle me dit: Si Dieu me met en état de penser à ce qui se fera après moi, je ne les puis laisser qu'à monseigneur le cardinal. Sur quoi je ne répondis rien que des protestations, de la part de son Éminence, de passion et de tendresse pour un si bon maître, etc.»[206]Lettres et Mémoires, etc., publiés par le général Grimoard, in-fo, t. Ier, p. 40.[207]Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, par M. l'abbé d'Artigny, t. IV.Pièces originales concernant le procès de MM. de Bouillon, Cinq-Mars et de Thou.Interrogatoire du 6 juillet 1642, et surtout deuxième interrogatoire du 24 juillet: «Interpellé que pour ses sentiments il les a trop fait connoître en l'affaire de Mmede Chevreuse, a dit que pour l'affaire de Mmede Chevreuse, ayant la parole de M. le cardinal il s'en tient assuré, sachant bien qu'il ne fait pas de grâce à demi.»[208]Archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre anonyme du 4 juillet.[209]Archives des affaires étrangères,France, t. CII, mémoire inédit de Richelieu: «Il faut que MM. de Chavigny et de Noyers parlent au roi et lui disent que le cardinal, voulant partir de Narbonne, suivant son conseil, pour changer d'air, et ne sachant quel changement son transport apporteroit à son mal, a voulu témoigner de l'extrême confiance qu'il a en Sa Majesté en lui découvrant ce qui s'apprend de toutes parts. Les lettres du prince d'Orange, la gazette de Bruxelles, celle de Cologne, les préparatifs de la reine mère pour venir, les litières et mulets achetés, ce qui s'écrit par lettres sûres de Mmede Chevreuse, ce qui s'écrit encore de nos côtes de France, les bruits qu'il y a dans toutes les armées, les avis qui viennent de toutes les cours d'Italie, les espérances des Espagnols, soit du côté d'Espagne, soit de Flandres, la résolution que Monsieur a prise de ne point venir contre ce qu'il avoit promis, attendant peut-être l'événement du tonnerre, toutes ces choses ont obligé à en avertir le roi, afin qu'il mette tel ordre qu'il lui plaira à des bruits qui ruinent les affaires.»[210]Voyez lesMémoiresde Montglat, collect. Petitot, t. Ier, p. 375.[211]Les détails de toute cette affaire ne sont nulle part, pas même dans le père Griffet; on ne les trouvera qu'aux Archives des affaires étrangères,France, t. CII. Pendant tous les premiers jours de juin il est bien question autour de Richelieu des troubles intérieurs du roi, des intrigues de Cinq-Mars, resté à Narbonne auprès de lui, et des dangers du cardinal; mais du traité avec l'Espagne et de quoi que ce soit de semblable, pas un seul mot. C'est le 12 juin que tout est éclairci par ce billet de Chavigni et de de Noyers à Richelieu: «Narbonne, ce 12 juin à dix heures du matin.—M. de Chavigny est arrivé ce matin une heure avant que le roi fût éveillé. M. de Noyers et lui, après avoir conféré ensemble, ont été trouver Sa Majesté, à laquelle ils ont rendu compte bien au long de toutes les affaires dont elle a lu elle-même les mémoires. Toutes les résolutions ont été prises conformes aux sentiments de son Éminence, et les dépêches s'en feront ce jour sans faillir. Le roi approuve le voyage de M. Castelan en Piémont.Chavigny, De Noyers.» Ici tout est frappant. Le 11 juin Richelieu a dû recevoir la décisive nouvelle. A l'instant même il a envoyé Chavigny au roi avec les preuves, et aussi avec les mesures par lui proposées. Chavigny a voyagé toute la nuit, et le 12 au matin, avec de Noyers, il a vu le roi, qui a lu les mémoires adressés par Richelieu, entendu les explications des deux ministres, et immédiatement approuvé et adopté les mesures nécessaires, entre autres l'envoi de Castelan à l'armée d'Italie pour arrêter le duc de Bouillon. Le 12, Louis XIII n'avait pas hésité. Mais depuis ses réflexions avaient été très-sombres. Lettre de de Noyers à Chavigni, retourné à Tarascon, du 15 juin: «Je pense que l'on sera contraint de chercher le moyen de faire parler au roi M. de M. (azarin), car il lui revient d'étranges pensées en l'esprit. Il me dit hier qu'il avoit douté si l'on n'auroit pas mis un nom pour l'autre. J'ai dit là -dessus tout ce que vous pouvez imaginer, mais le roi est toujours dans une profonde rêverie. Le roi s'est trouvé mal toute la nuit, et sur les deux heures Sa Majesté a pris médecine, puis elle a dormi deux heures. Je l'ai vue ce matin et lui ai dit des nouvelles de son Éminence, dont elle a été bien aise d'apprendre l'amendement. En même temps je lui ai fait voir l'extrait de la lettre de M. de Courbonne, et par icelle l'accommodement de son Éminence de Savoie et l'avis sur les îles. Sur quoi elle n'a fait aucune réflexion, et elle m'a dit: Quel saut a fait M. le Grand! et cela deux ou trois fois de suite...» Autre lettre du même jour: «J'estime que le plus tôt que M. le cardinal Mazarin pourroit venir ici seroit le mieux, car en vérité je reconnois que Sa Majesté a besoin de consolation et qu'elle a le c[oe]ur fort serré.»—Lettre du 17 juillet; de Noyers à Richelieu sur les dispositions du roi: «Le roi nous a dit à l'oreille que Sedan valoit bien une abolition, mais que pour M. le Grand il ne lui pardonneroit jamais, et qu'il l'abandonnoit aux juges pour en faire selon leur conscience.»—Lettre du 19 juillet: «Le roi a eu la pensée de sauver la vie à M. de Bouillon pour avoir Sedan, mais de ne laisser pas de faire condamner M. le Grand.»—Lettre de Chavigni à Richelieu du 26 août: «...Le roi me parlant il y a deux jours du procès des conjurés, me dit qu'il n'auroit point l'esprit en repos qu'il ne vît M. le Grand châtié, et que c'étoit un monstre d'ingratitude et de méchanceté.»[212]Relation de Fontrailles, collection Petitot, t. LIV, p. 438: «Soudain que je fus seul avec M. de Thou (à Carcassonne après le voyage d'Espagne), il me dit le voyage que je venois de faire, ce qui me surprit fort, car je croyois qu'il lui eût été celé. Quand je lui demandai comme quoi il l'avoit appris, il me déclara en confiance fort franchement qu'il le savoit de la reine, et qu'elle le tenoit de Monsieur. A la vérité, je ne la croyois pas si bien instruite, quoique je n'ignorasse pas que Sa Majesté eût fort souhaité qu'il se pût former une cabale dans la cour, et qu'elle y avoit contribué de tout son pouvoir, pour ce qu'elle n'en pouvoit que profiter.»[213]Archives des affaires étrangères.France, t. CII. Chavigni à Richelieu, 24 octobre: «Le roi fit hier assez mauvaise chère à la reine... Il est toujours fort animé contre elle et en parle à tous moments.»[214]Archives des affaires étrangères,ibid., t. CI, lettre de Le Gras, secrétaire des commandements de la reine, à Chavigni. Saint-Germain, 2 juillet 1642: «Cette extrême ingratitude lui est en telle horreur qu'elle en témoigne ses sentiments au roi par la lettre qu'elle vous prie de lui rendre, ainsi qu'à son éminence celle ci-jointe.»Ibid., Chavigni à Richelieu, du 28 juillet: «J'ai trouvé la reine tellement reconnoissante des obligations qu'elle a à monseigneur, qu'il seroit bien difficile de lui faire changer la résolution qu'elle a prise de ne plus rien faire que par les conseils de son Éminence, et de se jeter entièrement entre ses bras. Elle m'a commandé de lui donner cette assurance de sa part.»Ibid., le même au même, 12 août: «...Je suis persuadé que la tendresse que la reine témoigne pour monseigneur est sans dissimulation, et qu'il n'y a rien au monde plus aisé que l'y entretenir, ne demandant autre grâce dans le monde que d'être auprès de messieurs ses enfants, sans y prétendre aucun pouvoir, ni se mêler de leur éducation dont elle souhaite passionnément que monseigneur soit le maître. Elle m'a commandé d'en assurer son Éminence, et qu'elle est dans une extrême impatience de le voir.»Ibid., t. CII, Le Gras à Chavigni, sans date: «La reine envoyant son écuyer ordinaire au roi pour se réjouir de sa guérison, et savoir de ses nouvelles, écrit aussi à son éminence pour le même sujet. Elle vous prie encore de dire à son éminence que ne désirant point lui donner peine, sachant bien qu'il ne peut encore signer, elle n'attend point de réponse, et ne se tiendra pas moins assurée de son affection pour elle.»[215]Archives des affaires étrangères,ibid.Lettre déjà citée du 28 juillet.[216]Ibid.Lettre déjà citée du 12 août.[217]Dante.[218]Cette déclaration a été imprimée, mais elle est si rare, et elle est si curieuse et si importante, que nous la donnons dans l'Appendice,notes du chapitre IV.[219]Dans son no77, p. 519.[220]Le futur maréchal d'Hocquincourt, homme de guerre et de plaisir, politique incertain, qui, dans la Fronde, erra de Mazarin à Condé, et écrivit à Mmede Montbazon:Péronne est à la belle des belles.[221]Non pas le petit hôtel de Luynes, sur le quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Gît-le-Cœur, demeure du fils du connétable, dont Perelle a donné une charmante petite gravure, et où le chancelier Séguier se réfugia pendant la Fronde, quand la populace l'attaqua sur le pont Neuf allant au Parlement, mais l'hôtel de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, qui, comme nous l'avons déjà dit, devint depuis l'hôtel d'Épernon, et plus tard, en 1663, l'hôtel de Longueville. Mmede Chevreuse fit bâtir alors, par le célèbre architecte Lemuet, le bel hôtel de la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, que Perelle a aussi représenté, et qu'habite encore aujourd'hui M. le duc de Luynes.[222]Tome Ier, p. 186.[223]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 369.[224]La Rochefoucauld,ibid.[225]Voyez sur ces commencements de Mazarin, La Rochefoucauld, Mmede Motteville, La Châtre, l'un et l'autre Brienne.[226]La jeunesse deMmede Longueville, 4eédit., ch.III, p. 223, etc.[227]Voyez l'examen de cette question aussi importante qu'obscure dans Mmede Hautefort, chap. IV; voyez surtout les lettres jusqu'ici inédites d'Anne d'Autriche, citées dans l'Appendicede cet ouvrage.[228]Ce sont les paroles mêmes de Mmede Motteville, t. Ier, p.162. Ce passage est si important qu'il nous faut le donner ici tout entier: «On en fit autant et plus (de visites et de compliments) à Mmede Chevreuse comme à celle qui avoit régné dans le cœur de la reine, et qui dans toutes ses disgrâces avoit toujours conservé des intelligences avec elle et avoit paru posséder entièrement son amitié. On y pouvoit ajouter les obligations de ses souffrances qui l'avoient menée promener par toute l'Europe; et quoique ses voyages eussent servi à sa gloire et à lui donner le moyen de triompher de mille cœurs, ils étoient tous à l'égard de la reine des chaînes qui la devoient lier à elle plus étroitement que par le passé. Mais les choses de ce monde ne peuvent pas toujours demeurer en même état; cette vicissitude naturelle à l'homme fit que la duchesse de Chevreuse, qui étoit appréhendée et mal servie par ceux qui prétendoient au ministère, ne trouva plus en la reine ce qu'elle y avoit laissé, et ce changement fit aussi que la reine de son côté ne trouva plus en elle les mêmes agréments qui l'avoient autrefois charmée. La souveraine étoit devenue plus sérieuse et plus dévote, et la favorite étoit demeurée dans les mêmes sentiments de galanterie et de vanité qui sont de mauvais accompagnements pour un âge avancé. Ses rivaux et ses rivales dans la faveur avoient dit à la reine qu'elle vouloit la gouverner; et la reine étoit tellement prévenue de cette crainte qu'elle eut quelque peine à se résoudre à la faire revenir si vite, vu les défenses que le roi lui en avoit faites, ce qui en effet étoit louable en la reine et lui devoit être d'une grande considération. Mmela Princesse, qui haissoit Mmede Chevreuse et qui étoit d'humeur approchante de celle de la reine, avoit travaillé de tout son pouvoir à la dégoûter d'elle. L'absence en quelque façon avoit servi à détruire l'ancienne favorite dans l'esprit de la reine, et la présence avoit beaucoup contribué à l'amitié ou plutôt à l'habitude qu'elle avoit prise avec Mmela Princesse. Quand cette importante exilée arriva, la reine néantmoins parut avoir beaucoup de joie de la revoir, et la traita assez bien. J'étois revenue à la cour depuis peu de jours. Aussitôt que j'eus l'honneur d'approcher de la reine j'en vis les sentiments sur Mmede Chevreuse, et je connus que le nouveau ministre avoit travaillé autant qu'il lui avoit été possible à lui faire voir ses défauts...»[229]Mémoires,ibid., p. 378.[230]Il avait été pour Mazarin dans les conciliabules qui avaient précédé la régence, et nous trouvons dans les Archives des affaires étrangères,France, CIV, un fragment d'une lettre de Montaigu à la reine, sans date, mais à peu près de ce temps-là , où dans un langage mystique il l'engage à fermer l'oreille aux mécontents et à rester unie à son ministre.[231]Recueil, etc.[232]Voyez plus bas, p.233, les motifs de cette dénomination; voyez aussiLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, p. 224: «On appelait ainsi les chefs des mécontents, à cause des airs d'importance qu'ils se donnaient, blâmant à tort et à travers toutes les mesures du gouvernement, affectant une sorte de profondeur et de subtilité quintessenciée qui les séparait des autres hommes.»[233]Mémoires,ibid., p. 380.[234]Archives des affaires étrangères,France, t. C, p. 135, lettre autographe de Châteauneuf à Chavigny, du 23 mars 1643, encore du vivant de Louis XIII, où il le remercie de l'assistance qu'il a prêtée à sa sœur, Mmede Vaucelas pour tenter de «le sortir de la rude et misérable condition où il est détenu depuis dix ans, dedans un âge fort avancé, et plein de maladies qui le travaillent continuellement.» Il ne fut élargi que dans les premiers jours de la régence.Ibid., p. 404: «Angoulesme, 25 may 1643. Sire, je rends très humbles grâces à Votre Majesté de celle qu'il lui a plu me faire après une si longue détention, en me permettant de me retirer dans une de mes maisons. Ce sera pour y employer si peu qu'il me reste de jours à prier Dieu pour qu'il lui plaise donner à Vostre Majesté de longues et heureuses années. Ce sont les supplications les plus dévotes que lui faict, Sire, de Votre Majesté, le très humble et très obéissant subject et serviteur,Châteauneuf.[235]Voyez dans lesMémoires de M. de Montrésor, Leyde, 1665, 2 vol. in-12, la pièce intituléeRapport du procès, t. Ier, p. 228.[236]Carnets autographes de Mazarin, IIecarnet, p. 10: «Non faccia sua Maestà sopraintendente Chatonof, se non vuol restabilirlo intieramente.»[237]Voyez dans laJeunesse de Mmede Longueville, chap.III, p. 222, la lettre que Mazarin écrit sur ce sujet au duc de Brézé, le 28 mai 1643.[238]Plus haut, chap.II.[239]Mémoires, t. Ier, p. 126.[240]Mémoires, t. Ier, p. 372.[241]Tome Ier, p. 216.[242]Sa mère, Mmede Vendôme, était une personne de la plus haute dévotion et qui en avait le langage.[243]C'est Mazarin lui-même qui nous donne ce renseignement jusqu'ici ignoré, IIecarnet, p. 72 et 73.[244]Mémoires, t. Ier, p. 136.[245]Mémoires, t. Ier, p. 380-384.[246]Charlotte-Marie de Lorraine était née en 1627.[247]La jeunesse deMmede Longueville, chap.Ier, p. 101-106.[248]Iercarnet, p. 112.[249]Mémoires, t. Ier, p. 383.[250]IIIecarnet, p. 39: «Si esamina la mia vita e si conclude che io sia impotente.»[251]Voyez le chapitre IV, p.147.[252]Recueil, etc., lettre du 12 juin 1643: «Je suis à la reine qui me fait l'honneur de me bien traiter. J'ai toutes les entrées libres, et même elle m'a accordé un don dont on me fait espérer que je tirerai près de cent mille écus. Mmede Chevreuse qui est bien avec elle me continue la confiance qu'elle a toujours témoigné avoir en moi.»[253]IIecarnet, p. 22, et parmi lesLettres françaisesde Mazarin conservées à la bibliothèque Mazarine, celle du 13 août 1643 où le cardinal annonce à Châteauneuf que la reine lui rend le gouvernement de Touraine. Une autre lettre du 2 janvier 1644 le qualifie en effet deconseiller du roi en ses conseils, chancelier de ses ordres, et gouverneur de Touraine.[254]Voyez plus haut, p.222.[255]IIecarnet, p. 65, 68, 75; IIIecarnet, p. 11, 19, 25, 29, 44.[256]IIIecarnet, p. 27, 43 et 55.[257]Aux portraits si connus que La Rochefoucauld et Retz nous ont laissés des Importants on peut ajouter les lignes suivantes d'Alexandre de Campion,Recueil: «J'ai des amis qui n'ont pas toute la prudence qui seroit à désirer; ils se font un honneur à leur mode, et donnent des habits si extraordinaires à la vertu qu'elle me semble déguisée, de sorte qu'en cas qu'ils aient toutes les qualités essentielles ils s'en servent si mal que l'applaudissement qu'ils se sont attiré ne servira peut-être qu'à leur destruction.»[258]IIecarnet, p. 70: «...Si predica siempre que es menester perdierse.»[259]Ibid., p. 83: «Saint-Ibar portato dalla dama come un eroe.»[260]Était-ce par pure politique, ou n'y avait-il pas là quelque mélange de galanterie? Ailleurs Mazarin prétend qu'à Bruxelles don Antonio Sarmiento était bien avec la duchesse; mais il ne faut pas oublier qu'il ne dit cela qu'après coup, au milieu de la Fronde, dans le dernier emportement de l'inimitié, et que nulle part nous n'avons rencontré la moindre trace de cette liaison. Voyez lesLettres du cardinal Mazarin, etc., par M. Ravenel, Paris, 1836, p. 15.[261]IIIecarnet, p. 5, 24 et 25: «Que los majores enemigos que yo tenia eran los Vandomos et la dama que li anima todos, diciendo que se no si teneria luogo la resolucion de deshacerce de my, los negotios (no) irian bien, los grandes serian tan sujetos come antes, y yo siempre mas poderia con la reyna, y que era menester darse prima antes que Anghien concluviesse.»[262]Voyez la précieuse collection déjà citée de lettres italiennes et françaises de Mazarin, 5 vol. in-fol. provenant de Colbert, qui sont aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine: Lettres de 1642 à 1645.[263]IIecarnet, p. 21 et 22.[264]Ibid., p. 42.[265]Ibid., p. 65: «Sy S. M. quiere conservar me de manera que puede ser de provechio a su servitio, es menester quitarse la masqhera, y azer obras que declarase la proteccion que quiere tener de mi persona.»[266]Ibid., p. 77: «Es imposible servir con estos sobresaltos, mientras travajo di dia y de noche per complir a mis obligationes.»[267]IIecarnet, p. 76: «Es sierto que continuan juntarse al jardin de Tullieri, que ablan contra el gobierno de la reyna los que se dicen sus majores serbidores, y que son contra my mas que nunca, hasta concluir siempre que sy per cabalas no podrano destruirme, intentaran otros modos.»[268]Ibid., p. 93: «Ricevo mille avvisi di guardarmi.»[269]IIIecarnet, p. 18: «Los Importantes ablan contra la reyna mas que nunca. Estan desperados contra Belingan y Montagu; dicen que el primero es un alcahuete (maquereau), y que all'otro daran mil palos; que es menester perder todos los que fueran de mi parte.»[270]Ibid., p. 24: «Que muchas personas eran de manera animadas contra my que era imposibile que no me succediesse algun gran mal.»[271]IIecarnet, p. 76: «Sy la mar puede sosegarse con echarmi como Jonas en la bocca de la balena!»[272]Iercarnet, p. 108.[273]IIIecarnet, p. 65: «La riputazione della Francia non è in cattivo stato, poiche, oltre li progressi che dà per tutto fanno le armi sue, è arbitra S. M. delle differenze dei principi d'Italia, e di quelle del re d'Inghilterra con il parlamento, non ostante che li Spagnuoli faccino il possibile e combattino per ogni verso questa qualità , sino a minacciare il papa se adherisce alli sentimenti ed alla mediazione di Francia.»[274]Bibliothèque Mazarine,Lettres italiennes de Mazarin, 30 juin 1643, fol. 181.[275]VoyezLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, etc.[276]Sur l'hôtel Montbazon, voyez Sauval, t. II, p. 124.[277]A peu près vers ce temps, ou du moins encore dans l'année 1644, Mazarin trace un portrait sévère de Mmede Longueville où il ne la calomnie pas, mais où il ne lui passe rien, et met le doigt sur tous ses défauts sans relever ses qualités, comme si déjà il pressentait en elle sa plus redoutable ennemie.La jeunesse deMmede Longueville, chap.IV, p. 271 et 272.[278]Ibid., chap.II, p. 199.[279]Alexandre de Campion, dans leRecueilplusieurs fois cité, lettre à Mmede Montbazon: «Si mon avis eût été suivi chez Renard, vous seriez sortie pour obéir à la reine, vous n'habiteriez pas la maison de Rochefort, et nous ne serions pas dans le péril dont nous sommes menacés.»[280]IIIecarnet, p. 100: «Come dovrei governarmi se nascesse querela trà il duca d'Enghien e la casa di Vendomo, senza che vi fosse intrigato il servitio della regina?»[281]Mmede Motteville, t. Ier, p. 83.[282]Mémoires, t. Ier, p. 388.[283]Mémoires, t. Ier.[284]Mémoires, t. Ier, p. 65.[285]Mémoires, édit. de Leyde, ou collect. Petitot, t. LIX.[286]Mémoires, t. Ier, p. 184.[287]Mémoires, collect. Petitot, t. LXIX, p. 419.[288]Mémoires, t. Ier, p. 374.[289]IIIecarnet, p. 28, 34, 70, 82, 84, 85 et 91; IVecarnet, p. 5.[290]IIIecarnet, p. 88.[291]IVecarnet, p. 8.[292]Bibliothèque Mazarine,Lettres de Mazarin; lettres françaises, t. I, fol. 274, recto.[293]Lettres italiennes de Mazarin, t. I, lettre à Ondedei, du 25 mars 1645, fol. 226, verso;ibid., lettre du 8 mai à Vincenzo Martinozzi, fol. 240, verso;ibid., lettre du 26 mai à Paolo Macarani, fol. 246;ibid., lettre du 2 juin au cardinal Grimaldi, fol. 248;ibid., lettre à Ondedei, du même jour;ibid., lettre au cardinal Grimaldi, du 15 juillet, et à Ondedei, du 5 septembre; au cardinal Grimaldi, 2 juin 1645, fol. 248; à Ondedei, 2 juin 1645; au cardinal Grimaldi, 15 juillet 1645; à Ondedei, 5 septembre 1645. Voyez l'Appendice.[294]Carnet IVe, p. 8.[295]Personne, à Paris, ne doutait qu'on ne suivît très-sérieusement l'affaire des deux gentilshommes. Une correspondance privée fort curieuse, conservée aux Archives des affaires étrangères,France, t. CV, contient une lettre d'un nommé Gaudin à Servien, l'habile diplomate, sous la date du 31 octobre 1643, où se trouve le passage suivant, qui reproduit presque dans les mêmes termes celui des carnets: «L'on a fait recherche des hotelleries au fauxbourg Saint-Germain où les deux gentilshommes emprisonnés dans la Bastille ont logé. En voyant qu'on ne pouvait rien découvrir par leurs interrogatoires et ceux de leurs laquais, on a aussi emprisonné les hotes et hotesses desdites hotelleries, à sçavoir, du Sauvage et de quelque autre, pensant les intimider et tirer quelque confession du fait dont ils sont soupçonnés; ce qui n'a non plus servi; et ils ont été relâchés.»[296]IVecarnet, p. 9.[297]Mémoires de Henri de Campion, etc., 1807, à Paris, chez Treuttel et Würtz, in-8o. Petitot en a donné seulement un extrait à la suite desMémoires de La Châtre, t. LI de sa collection.[298]Recueilsouvent cité.[299]Voyez le chapitreIV, p.181-182.[300]Voyez laJeunesse deMmede Longueville, chap.IIet chap.III. C'est vraisemblablement aussi la partie de plaisir que décrit Scarron, t. VII, p. 178,Voyage de la Reine à La Barre.[301]Voyez dans laJeunesse deMmede Longueville, chap.III, la lettre de cachet adressée à Mmede Montbazon.[302]IIIecarnet, p. 10, en espagnol: Sy yo creyera lo que dicen que S. M. se sierve di mi per necessidad, sin tener alguna inclinacion, no pararia aqui tres dias.»[303]IIecarnet, p. 65: «Quitarse la masqhera.»[304]IIIecarnet, p. 45: «...mas contodo esto siendo el temor un compagnero inseparabile dell'affeccion, etc., etc.»[305]IVecarnet, p. 3: «La giallezza cagionata dà soverchio amore.»[306]Mémoires, t. Ier, p. 185.[307]IIIecarnet, p. 93 et dernière: «Ogniuno mi dice che li disegni contra me non cesseranno, finche si vedrà che appresso di S. M. vi è un potente partito contro di me, e capace d'acquistar lo spirito di S. M. quando mi succeda una disgrazia.»[308]Tome Ier, p. 185.
[158]Manuscrit de la Bibliothèque impériale, no9241, fol. 41, verso. Carta de la Reyna al cardinale Infante para embiar al Conde Duque, 28 may 1637: «Por ser cosa che importa mucho al servicio del Rey el conservar en el al Duque de Lorena, he procurado con mi amiga (Mmede Chevreuse) que hallasse una comodidad segura conque poder escrivir a l'amigo (le duc de Lorraine), ha me dicho que la tiene, etc.» Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[159]Les diverses déclarations de la reine, avec les interrogatoires de la supérieure du Val-de-Grâce et ceux de La Porte, avaient été conservées dans la cassette de Richelieu, et elles étaient passées dans les archives du maréchal de ce nom, qui les avait communiquées au P. Griffet, comme il avait fait les papiers de Châteauneuf. Depuis, ces précieux documents avaient été dispersés: la Bibliothèque impériale les a acquis dernièrement.Supplément françois, no4068, avec ce titre:Pièces relatives à l'affaire du Val-de-Grâce, 1637. Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.[160]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 201, et, dans l'Appendice, laRelationde la main du cardinal.[161]Le nom de Craft se rencontre en effet plusieurs fois dans les lettres de MmeDu Fargis. Voyez l'Appendice.[162]Mémoires,ibid., p. 224, etc.[163]M. le duc de Luynes nous communique une lettre de Mmede Chevreuse à Richelieu, tout à fait de ce temps, où elle décline l'offre spontanée du cardinal, en lui exprimant toute sa reconnaissance et en l'assurant qu'elle ne s'adressera pas à un autre si elle est forcée de recourir à un emprunt. «Monsieur, je me trouve avec autant de ressentiments de vos bontés que d'impuissance à les exprimer; mais puisque vous me croyez digne de tant de bienfaits, j'ose m'assurer que vous ne douterez pas de ma reconnaissance, encore que je ne vous la puisse représenter par mes paroles ni témoigner par mes services... J'ai prié le porteur de vous dire sur le sujet de l'offre qu'il m'a faite de votre part, que je n'ai pas oublié cette même preuve de votre générosité que vous me donnâtes la dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir, ni les termes où je demeurai d'accepter ces grâces de vous, si la fortune me contraignoit à les recevoir jamais d'aucun. L'état où je suis n'est pas jusqu'ici assez malheureux pour que je puisse prendre cette liberté; mais je n'en suis pas moins sensible à cette bonté dont l'intention présentement tient lieu de l'effet dans mon âme...»[164]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 354.[165]Extrait de l'information faite par le président Vignier, de la sortie faite par Mmede Chevreuse hors de France, avec diverses pièces à l'appui, Bibliothèque impériale,collection Dupuy, nos499, 500, 501, réunis en un seul volume. Voyez l'Appendice,notes sur le chapitre III.[166]La Rochefoucauld, p. 356.—Tallemant, t. I, p. 250, se complaît à raconter les choses les plus singulières, mais nous ne rapportons que les faits certains et authentiques.Extrait de l'information, etc.: «Une bourgeoise de ce bourg-là passa fortuitement et la vit couchée sur ce foin et s'écria: Voilà le plus beau garçon que je vis jamais! Monsieur, dit-elle, venez-vous-en reposer chez moi; vous me faites pitié, etc.»[167]Tallemant,ibid.[168]Extrait de l'information: «Malbasty (le guide que lui avait donné La Rochefoucauld) lui dit qu'elle se perdroit, qu'elle rencontreroit mille voleurs, qu'elle n'avoit qu'un seul homme avec elle, qu'il craignoit qu'on lui fît du déplaisir... Elle offrit audit Malbasty un grand rouleau de pistoles, etc.»[169]La Rochefoucauld,Mémoires,ibid.[170]Ce sont ceux que Dupuy a recueillis ou plutôt résumés de mémoire; nous les avons retrouvés nous-même, et nous en avons fait usage pour établir notre récit. C'est en cette occasion que La Rochefoucauld fut interrogé et mis huit jours à la Bastille. Voyez sesMémoires, surtoutla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédition, chapitre IV, p. 296, etc., et l'Appendicedu présent volume,notes sur le chapitre III.[171]Mmede Motteville, t. Ier, p. 93.[172]Bibliothèque impériale,Manuscrits de Colbert, affaires de France, in-fol., t. II, fol. 9.Mémoire de ce que Mmede Chevreuse a donné charge au sieur de Boispille de dire à monseigneur le cardinal: «Elle ne s'est obligée à rien du tout en Espagne et ne se trouvera pas qu'elle ait pris un teston, fors les bonnes chères et traitemens... Elle a parlé comme elle devoit en Espagne, et croit que c'est une des choses qui l'a le plus fait estimer du comte-duc.»Appendice, notes du chapitre IV.[173]Manuscrits de Colbert,ibid.[174]Plus haut, p.136.[175]Manuscrits de Colbert,ibid.[176]Voyez sur cette particularitéla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédit., chapitre IV, p. 237, etc. Il ne faut pas croire d'ailleurs que ces pierreries fussent celles de la pauvre Éléonore Galigai, la maréchale d'Ancre; car dans le partage que fit Louis XIII des richesses du maréchal et de sa femme, c'est à la reine Anne qu'il donna les joyaux et les bijoux. Voyez dans l'Appendicelesnotes du chapitre Ier.[177]Mmede Chevreuse, comme son petit-fils, aimait les arts et les encourageait. Elle a été la protectrice de l'excellent graveur Pierre Daret, qui lui a dédié sa collection desIllustres François et estrangers de l'un et de l'autre sexe, in-4o, 1654. Cette dédicace nous apprend des choses qui ne se trouvent dans aucune des biographies de cet artiste, pas même dans l'Abécédairede Mariette, et qui font le plus grand honneur à Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[178]La bibliothèque nationale possède deux manuscrits qui la contiennent tout entière: l'un, que le père Griffet a connu et mis à profit, et que déjà plus d'une fois nous avons cité, est le tome II desManuscrits de Colbert, affaires de France; ce ne sont que des copies, souvent assez défectueuses; l'autre,Supplément françois, no4067, renferme, il est vrai, moins de pièces, mais originales, parmi lesquelles il y a plusieurs lettres autographes de Richelieu et de Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.[179]Manuscrits de Colbert,ibid.[180]Manuscrits de Colbert, lettre du 24 juillet 1638.[181]Manuscrits de Colbert, folio 18. L'original est auSupplément françois, no4067.[182]Manuscrit de Colbert,ibid.[183]Lettre de l'abbé Du Dorat à Richelieu, Manuscrits de Colbert, fol. 47.[184]Manuscrits de Colbert, fol. 53, etc.[185]Mémoires, t. X, p. 484.[186]Il faut voir cette scène inouïe, non pas seulement dans la relation détaillée et suspecte que publièrent les amis de La Valette, et qui se trouve parmi les pièces imprimées à la suite desMémoiresde Montrésor, mais dans lesMémoiresd'Omer Talon, Collection Petitot, 2esérie, t. LX, p. 186-197.[187]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 498 et 499.[188]Voyez la lettre de Richelieu au comte d'Estrade du 2 décembre 1637; voyez aussi dans l'Appendicediverses lettres de 1639 deBoispilleau cardinal, où il lui donne des nouvelles du peu de progrès de l'armée royaliste en Écosse avec une satisfaction mal dissimulée, qui trahit les sentiments de celui auquel il écrit. Voyez surtout à la Bibliothèque impériale, fond de Harlai, 223/23 un manuscrit in-fol., contenant desLettres du sieur de Montereul, secrétaire de monsieur de Bellièvre, ambassadeur en Angleterre, escrittes au dit sieur de Bellièvre, ès années 1638, 1639, 1640 et 1641, ensemble les duplicata des lettres qu'il escrivoit à la cour. Montereul, chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur, adresse à Bellièvre et au ministre des affaires étrangères de France, le comte de Chavigni, les renseignements les plus précieux sur l'état des partis en Angleterre, les débats des chambres, les fautes de la cour, et les progrès de l'opposition qu'il raconte avec une sorte de triomphe. Ce manuscrit est de la plus grande importance pour l'histoire des premiers commencements de la révolution d'Angleterre. On y voit fort bien que la France se réjouissait des embarras intérieurs qui empêchaient le gouvernement anglais de faire cause commune avec l'Espagne, et se servait du fanatisme protestant qui repoussait toute alliance avec Sa Majesté catholique. Il est curieux d'y trouver Pim, ce grand patriote, s'entendant fort bien avec Montereul, et protestant de son zèle pour les intérêts de la France, comme plus tard le fera Sidnei. Richelieu fit imprimer leManifeste des Écossois, lorsqu'ils s'avancèrent en 1641 vers l'Angleterre, dans laGazettede cette année, no34, p. 161. «On ne peut douter, dit l'exact et savant père Griffet, t. III, p. 158, que Richelieu n'ait été un des premiers auteurs de la révolution qui conduisit dans la suite Charles Iersur l'échafaud et Cromwell sur le trône. M. de Brienne paraît en convenir, mais il a soin de remarquer que leschoses allèrent bien plus loin que le cardinal ne l'avoit prévu et qu'il ne l'eût souhaité.»[189]Aussi lorsque plus tard, en 1643, le pape destina le cardinal Rosetti à le représenter au congrès de Münster, le successeur de Richelieu n'hésita pas à l'exclure, en se fondant particulièrement sur ce que, pendant sa mission en Angleterre, Rosetti s'était fort lié avec Mmede Chevreuse, et qu'elle l'avait entièrement gagné.Bibliothèque impériale, fond Gaignière, vol. 510, in-fol. sous ce titre:Dépesches importantes sur la paix d'Italie des années 1643 et 1644. Lettre de la reine à M. de Fontenai-Mareuil, 25 septembre 1643: «Vous avez fait entendre (aux ministres du pape) les raisons qui me convioient à faire exclusion au cardinal Rosetti de la légation de la paix, non pour avoir eu communication très-étroite avec Fabroni (confident et ministre de la reine mère), mais pour l'avoir affectée avec les ministres d'Espagne pendant son séjour en Angleterre qu'ils veulent excuser sur le but de la religion; mais il faudrait être bien simple pour s'y laisser prendre, et ne pas voir que, sous couleur de traiter d'une affaire, on en embarque une autre. Il n'est pas possible que leur ayant rendu compte de sa mission, il ne leur ait pas mandé qu'il avoit des communications très-secrètes et fréquentes avec la duchesse de Chevreuse, et qu'ils ignorent combien elle a recherché de nuire à l'État, les desseins pernicieux qu'elle a concertés et essayé d'advancer, et qu'enfin agissant avec beaucoup d'esprit offensé, et comme font d'ordinaire les femmes qui pour contenter leurs passions vont toujours aux extrêmes, elle n'a rien omis à promettre ou à embarquer qui pût causer la ruine de la France.»[190]Manuscrit déjà cité de la Bibliothèque impériale,Lettres de Montereul. Dépêche du 15 mars 1640: «Le marquis de Ville vient pour avoir permission du roi de faire passer en Flandre mille Anglois pour joindre aux troupes du duc Charles. A quoi il n'aura pas peu de difficulté, quelque crédit qu'y employe Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 5 avril: «Le marquis de Ville vient aussi avec six beaux chevaux que le duc Charles envoye à Mmede Chevreuse, pour laquelle il y a peu d'apparence que le voyage de M. Du Dorat puisse être utile.»—Dépêche du 12 avril: «Le marquis de Ville arriva vendredi matin, il alla descendre chez Mmede Chevreuse; il s'est toujours servi d'un de ses carrosses, et a mangé chez elle...»[191]Ibid.Dépêche du 12 avril: «M. le marquis de Velada, grand d'Espagne, gouverneur de Dunkerque, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, est arrivé hier... A peine arrivé, il alla visiter Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 19: «Le marquis de Velada eut hier la première audience du roi et de la reine... Mmede Chevreuse lui envoya son beau carrosse... Cela ne l'empêche pas d'assurer qu'elle retourne en France dans quinze jours. La reine dit encore hier qu'il n'étoit pas besoin de lui préparer un logement à Greenwich, parce qu'elle alloit en France avant la fin du mois, et qu'elle n'attendoit que de l'argent pour payer ses dettes avant de partir. Je ne puis me persuader qu'elle exécute ce qu'elle promet: il me semble que le chemin de chez l'ambassadeur d'Espagne à Whitehall n'est pas le plus droit pour aller en France.»[192]Ibid.Dépêche du 2 février 1640: «Le sieur Hallot a été fort mal reçu de la reine quand il lui a rendu ses lettres du prince Thomas; elle lui a dit qu'elle ne pouvoit voir de bon œil une personne qui venoit de la part de celui qui faisoit un si mauvais traitement à sa sœur. Il est bien avec Mmede Chevreuse et avec M. de La Valette, et voit fort souvent les ministres de la reine mère.»—Dépêche du 16 février: «Le sieur Hallot a été visité par M. de La Vieuville, qui y demeura longtemps, et par Fabroni qui fut longtemps enfermé avec lui, avant qu'il eût envoyé ses dépêches en Flandres où il écrit beaucoup; il écrit aussi en France, et dit qu'il vient en cette cour pour faire agréer au roi les actions du P. Thomas, et essayer de tirer d'ici quelques secours pour ce prince.»—Dépêche du 23 février: «Hallot se trouva ces jours passés chez Mmede Chevreuse avec La Colle (?), où Hallot parla fort longtemps des affaires de Savoie à l'avantage du P. Thomas. La Colle lui avoua franchement qu'il seroit fâché si les affaires alloient si bien pour ce prince, et lui dit que pour lui il étoit du côté de Mmede Savoie. Alors Hallot haussa la voix et lui repartit: Est-il possible que vous osiez parler en ces termes, étant des amis de Mmede Chevreuse et vous trouvant dans son logis?»[193]On ne croyait pas que l'idée du voyage du duc de Chevreuse en Angleterre lui fût venue spontanément, et Montereul écrit à M. de Bellièvre, le 3 mai 1640: «On vous croit ici l'auteur du voyage de M. son mari en ces quartiers.»[194]Dépêche de Montereul du 29 mars 1640: «Mmede Chevreuse a été extrêmement surprise par la nouvelle de la résolution qu'avoit prise M. son mari de venir en Angleterre... On n'a jamais vu un tel trouble... Elle parloit de s'enfuir en Flandre si le roi ne l'eût assurée que, s'étant mise sous sa protection, il ne permettroit pas qu'on la pût forcer à retourner en France. Mmede Chevreuse le dit ainsi, mais d'autres m'ont dit que la promesse du roi n'étoit pas si précise, et que la reine lui avoit seulement fait dire qu'elle la prenoit en sa protection. Elle dépêcha dimanche dernier un courrier en France pour détourner M. de Chevreuse de venir ici, en cas qu'il eût ce dessein.»—Dépêche du 12 avril: «Un autre objet du voyage de M. de Ville, est pour assurer Mmede Chevreuse qu'elle sera bien venue en Flandre, au cas qu'elle soit obligée de s'y retirer; ce qui est conforme à ce qu'elle a dit à la reine depuis l'arrivée de ce marquis, qu'elle étoit résolue d'aller en Flandre devant un mois. La reine l'a dit ainsi, et a ajouté qu'elle avoit bien de la peine à le croire.»—Dépêche du 25 avril: «Mmede Chevreuse dépescha en France, vendredi dernier, un de ses valets de chambre. Elle fait croire qu'elle est résolue de passer en Flandre si M. de Chevreuse vient en Angleterre, comme on lui mande et comme l'écrit M. Leicester. On me donne avis que M. de La Valette a dit à table qu'il alloit écrire en France qu'elle partoit demain pour Flandre, ce qui me fait croire qu'elle n'en fera rien que le plus tard qu'il lui sera possible, et qu'elle voudroit bien n'être pas obligée d'y aller du tout. M. de Soubise arriva en cette ville samedi dernier. M. de La Valette et M. Le Coigneux (un des conseillers du duc d'Orléans) la voient fort souvent. On m'a averti de plusieurs endroits qu'ils avoient dessein de brouiller en France. On m'a dit qu'ils avoient quelque entreprise sur Oleron. Il y a peu d'apparence qu'ils soient aidés par le roi d'Angleterre.»[195]Ibid.Dépêche du 3 mai: «Mmela duchesse de Chevreuse, après avoir remis de jour en jour son voyage de Flandre, partit de Londres mardi premier jour de ce mois, à onze heures du matin, accompagnée du marquis de Velada et du résident d'Espagne, qui la quittèrent à huit milles d'ici, de M. le duc de La Valette, du marquis de La Vieuville, père et fils, du marquis de Ville, des sieurs Montaigu et Craft. Le comte de Niewport l'a aussi accompagnée jusqu'aux dunes; on croit que c'est par ordre du roi de la Grande-Bretagne, pour assurer M. le duc de Chevreuse, si elle le rencontre par les chemins, que le roi la tient en sa protection jusques à ce qu'elle soit hors de ses États... Il y a apparence, et par les coffres qu'elle a laissés chez Craft, à ce qu'on m'a dit, et par quelques paroles qui ont échappé à ceux qui ont plus de part à ses secrets, qu'elle fera tous ses efforts pour revenir dans cinq ou six mois, encore que le galland de diamants que lui a donné la reine de la Grande-Bretagne, qui est estimé dix mille escus, semble être un présent pour un dernier adieu... Ceux qui font de plus prudentes réflexions sur les choses qui se passent en cette cour, disent que cette fuite ne devroit pas retarder le voyage de M. de Chevreuse en ces quartiers, puisque, outre qu'il soutiendroit ici l'honneur de la nation, étant d'autre condition que les ambassadeurs d'Espagne, et qu'il aideroit à achever de ruiner en cette cour les mauvais François qui demeurent, et desquels il auroit juste sujet de se plaindre comme étant cause du malheur de Mmesa femme; il pourroit encore tirer parole du roi de la Grande-Bretagne que Mmede Chevreuse ne reviendroit plus en ses États, ce qu'on croit que ce roi promettroit volontiers, particulièrement s'il paroissoit y être forcé.»[196]Dépêche du 10 mai: «Mmede Chevreuse s'embarqua samedi 5 de ce mois, à Rochester, où elle revint en diligence de Cantorberi sur une fausse allarme qu'elle eut que M. le duc, son mari, étoit déjà à Douvres. Bien que son voyage ait été résolu assez promptement, il ne s'est pas exécuté sans peine et sans regret de la part de ceux qu'elle servoit ici. Ils l'ont à peine vue partir, qu'ils ont commencé leurs instances pour la faire revenir; de sorte qu'on croit que la venue de M. de Chevreuse ne seroit pas inutile pour l'empêcher... Comme vous jugez bien, M. Craft a suivi Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 17 mai: «Mmede Chevreuse arriva à Dunkerque il y eut mardi huit jours.»[197]Ibid.Dépêche du 6 novembre 1640: «On me donne avis que M. de La Valette et M. de Soubise ont traité avec le roi d'Espagne par l'entremise de Mmede Chevreuse (alors en Flandre), que le marquis de Malvezzi a été envoyé ici pour ce traité, lequel a été conclu il y a quatre mois, que M. de La Valette promet de faire soulever la Guyenne et les provinces voisines (dont son père, le duc d'Épernon, était gouverneur),... qu'il touche mille écus chaque mois depuis ce traité,... que M. de Soubise reçoit pareille pension d'Espagne,... que M. Marmet, ministre (protestant), reçoit aussi pension d'Espagne...»[198]Voyez dans le premier volume desMémoirestout le détail de cette affaire.—L'auteur de laConjuration de Fiesques'attribue en cette occasion des discours politiques imités de Salluste, comme ses portraits, et où abondent les maximes d'État, selon la mode virile du temps, dont Richelieu est l'auteur et Corneille l'interprète. Les discours ont pu être ajoutés après coup pour donner au lecteur une grande idée du génie précoce de Retz, mais le récit, sauf toujours la charge ordinaire, est exact et s'accorde parfaitement avec les documents les plus certains.[199]Sur le duc de Guise, voyezla Jeunesse deMmede Longueville, chapitre III.—On lit dans laGazettede Renaudot, pour l'année 1641, no61, p. 314: «Le 20 de ce mois de mai, le duc de Guise arriva de Sedan à Bruxelles, où il fut souper chez la duchesse de Chevreuse et coucher chez don Antonio Sarmiento.» Et dans le no64, p. 327, sous la date du 28 mai: «Le secrétaire du duc de Bouillon est parti d'ici (Bruxelles) pour Sedan, où le duc de Guise est aussi retourné.»[200]Recueil d'Alexandre de Campion: lettres: «20 août 1640. M. le Grand est fort satisfait de ce que j'ai joint les compliments de M. Bouillon aux vôtres. Il m'a chargé de lui en faire beaucoup de sa part, et surtout de vous assurer qu'en temps et lieu vous verrez des marques que c'est tout de bon quand il vous a protesté par moi qu'il étoit votre très humble serviteur. Il est assuré du dessein que M. le cardinal a eu de le perdre: vous devez juger par là de ses intentions. Il se ménage fort avec la reine, Monsieur et vous, et en use assez adroitement. Personne ne sait que je le vois, et si la prospérité ne l'aveugle point, il est capable d'entreprendre quelque chose d'importance. En tout cas, si l'on vous poussoit et que vous fussiez nécessité de vous défendre pour ne vous laisser pas opprimer, il est bon d'avoir un protecteur auprès du roi, et un esprit ulcéré qui pour son propre intérêt ne perdra pas l'occasion de détruire celui qui le veut perdre. Je sais bien que ceux qui ne l'aiment pas blâmeront son ingratitude, à cause que M. le cardinal est son bienfaiteur; mais cela ne vous regarde pas...» Transcrivons encore cette lettre à De Thou du 3 mars 1641, un an avant l'affaire qui le conduisit à l'échafaud: «Je vous avoue que les raisons que vous m'alléguâtes il y a dix jours dans les Carmes-Déchaussés, ni celles que vous m'écrivez, ne me persuadent en aucune manière, et que je n'ai rien à ajouter à la réponse que je vous fis. Un voyage comme celui où votre ami et vous me voulez embarquer, qui sera d'abord suspect à *** qui ne m'aime pas, m'expose à sa vengeance et n'aboutit à rien. Je connois les gens, et un dessein de le ruiner par le cabinet est une chimère qui le perdra et peut-être vous aussi.» Il y a encore dans leRecueilune autre lettre à De Thou où Alexandre de Campion lui annonce qu'il lui renvoie un portrait, des lettres et des bijoux que son ami lui avait confiés, qu'ainsi il pourra les rendre «à cette illustre personne pour laquelle on vous accuse de soupirer.» Il doit être ici question de Mmede Guymené.[201]Ibid.Lettre du 24 décembre 1640: «...Je montrerai vos lettres, suivant votre ordre, à madame votre mère, au père de Gondi et à MM. les présidents de Mesme et de Bailleul... Mais je prendrai la liberté de vous dire que j'eusse été bien aise de les voir en particulier, de peur que M. le cardinal ne sache qu'ils sont de vos amis, cela leur pouvant nuire s'il le découvre.»—«Du 21 janvier 1641. Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du père de Gondi et des deux présidents. Je me doutois bien qu'on sauroit qu'ils seroient venus à l'hôtel de Soissons.»[202]Mémoires, t. Ier, p. 26.[203]Mémoires,ibid., p. 362 et 363.[204]Mémoiresde la vie de Fréd.-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon (par son secrétaire Langlade), Paris, 1692, in-12.[205]Cette crainte n'était pas dépourvue de fondement. Richelieu s'efforçait en effet de se faire donner par le roi la tutelle de ses enfants; et il y était presque parvenu, comme nous le voyons dans ce précieux document que nous tirons des archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre de Chavigni à Richelieu, du 28 juillet 1642: «Le roi m'a dit depuis quelques jours qu'il se souvenoit que lors de sa grande maladie au camp de Perpignan, M. le Grand lui tint des discours pour le disposer à lui donner la tutelle de ses enfants après sa mort, sans pourtant lui en parler ouvertement. Sur quoi, prenant occasion d'exagérer l'effronterie et l'horrible ambition de ce scélérat, et de faire connoître à sa Majesté en général qu'il falloit qu'une personne eût toutes les qualités qu'il n'avoit pas pour être capable d'une telle charge, elle me dit: Si Dieu me met en état de penser à ce qui se fera après moi, je ne les puis laisser qu'à monseigneur le cardinal. Sur quoi je ne répondis rien que des protestations, de la part de son Éminence, de passion et de tendresse pour un si bon maître, etc.»[206]Lettres et Mémoires, etc., publiés par le général Grimoard, in-fo, t. Ier, p. 40.[207]Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, par M. l'abbé d'Artigny, t. IV.Pièces originales concernant le procès de MM. de Bouillon, Cinq-Mars et de Thou.Interrogatoire du 6 juillet 1642, et surtout deuxième interrogatoire du 24 juillet: «Interpellé que pour ses sentiments il les a trop fait connoître en l'affaire de Mmede Chevreuse, a dit que pour l'affaire de Mmede Chevreuse, ayant la parole de M. le cardinal il s'en tient assuré, sachant bien qu'il ne fait pas de grâce à demi.»[208]Archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre anonyme du 4 juillet.[209]Archives des affaires étrangères,France, t. CII, mémoire inédit de Richelieu: «Il faut que MM. de Chavigny et de Noyers parlent au roi et lui disent que le cardinal, voulant partir de Narbonne, suivant son conseil, pour changer d'air, et ne sachant quel changement son transport apporteroit à son mal, a voulu témoigner de l'extrême confiance qu'il a en Sa Majesté en lui découvrant ce qui s'apprend de toutes parts. Les lettres du prince d'Orange, la gazette de Bruxelles, celle de Cologne, les préparatifs de la reine mère pour venir, les litières et mulets achetés, ce qui s'écrit par lettres sûres de Mmede Chevreuse, ce qui s'écrit encore de nos côtes de France, les bruits qu'il y a dans toutes les armées, les avis qui viennent de toutes les cours d'Italie, les espérances des Espagnols, soit du côté d'Espagne, soit de Flandres, la résolution que Monsieur a prise de ne point venir contre ce qu'il avoit promis, attendant peut-être l'événement du tonnerre, toutes ces choses ont obligé à en avertir le roi, afin qu'il mette tel ordre qu'il lui plaira à des bruits qui ruinent les affaires.»[210]Voyez lesMémoiresde Montglat, collect. Petitot, t. Ier, p. 375.[211]Les détails de toute cette affaire ne sont nulle part, pas même dans le père Griffet; on ne les trouvera qu'aux Archives des affaires étrangères,France, t. CII. Pendant tous les premiers jours de juin il est bien question autour de Richelieu des troubles intérieurs du roi, des intrigues de Cinq-Mars, resté à Narbonne auprès de lui, et des dangers du cardinal; mais du traité avec l'Espagne et de quoi que ce soit de semblable, pas un seul mot. C'est le 12 juin que tout est éclairci par ce billet de Chavigni et de de Noyers à Richelieu: «Narbonne, ce 12 juin à dix heures du matin.—M. de Chavigny est arrivé ce matin une heure avant que le roi fût éveillé. M. de Noyers et lui, après avoir conféré ensemble, ont été trouver Sa Majesté, à laquelle ils ont rendu compte bien au long de toutes les affaires dont elle a lu elle-même les mémoires. Toutes les résolutions ont été prises conformes aux sentiments de son Éminence, et les dépêches s'en feront ce jour sans faillir. Le roi approuve le voyage de M. Castelan en Piémont.Chavigny, De Noyers.» Ici tout est frappant. Le 11 juin Richelieu a dû recevoir la décisive nouvelle. A l'instant même il a envoyé Chavigny au roi avec les preuves, et aussi avec les mesures par lui proposées. Chavigny a voyagé toute la nuit, et le 12 au matin, avec de Noyers, il a vu le roi, qui a lu les mémoires adressés par Richelieu, entendu les explications des deux ministres, et immédiatement approuvé et adopté les mesures nécessaires, entre autres l'envoi de Castelan à l'armée d'Italie pour arrêter le duc de Bouillon. Le 12, Louis XIII n'avait pas hésité. Mais depuis ses réflexions avaient été très-sombres. Lettre de de Noyers à Chavigni, retourné à Tarascon, du 15 juin: «Je pense que l'on sera contraint de chercher le moyen de faire parler au roi M. de M. (azarin), car il lui revient d'étranges pensées en l'esprit. Il me dit hier qu'il avoit douté si l'on n'auroit pas mis un nom pour l'autre. J'ai dit là -dessus tout ce que vous pouvez imaginer, mais le roi est toujours dans une profonde rêverie. Le roi s'est trouvé mal toute la nuit, et sur les deux heures Sa Majesté a pris médecine, puis elle a dormi deux heures. Je l'ai vue ce matin et lui ai dit des nouvelles de son Éminence, dont elle a été bien aise d'apprendre l'amendement. En même temps je lui ai fait voir l'extrait de la lettre de M. de Courbonne, et par icelle l'accommodement de son Éminence de Savoie et l'avis sur les îles. Sur quoi elle n'a fait aucune réflexion, et elle m'a dit: Quel saut a fait M. le Grand! et cela deux ou trois fois de suite...» Autre lettre du même jour: «J'estime que le plus tôt que M. le cardinal Mazarin pourroit venir ici seroit le mieux, car en vérité je reconnois que Sa Majesté a besoin de consolation et qu'elle a le c[oe]ur fort serré.»—Lettre du 17 juillet; de Noyers à Richelieu sur les dispositions du roi: «Le roi nous a dit à l'oreille que Sedan valoit bien une abolition, mais que pour M. le Grand il ne lui pardonneroit jamais, et qu'il l'abandonnoit aux juges pour en faire selon leur conscience.»—Lettre du 19 juillet: «Le roi a eu la pensée de sauver la vie à M. de Bouillon pour avoir Sedan, mais de ne laisser pas de faire condamner M. le Grand.»—Lettre de Chavigni à Richelieu du 26 août: «...Le roi me parlant il y a deux jours du procès des conjurés, me dit qu'il n'auroit point l'esprit en repos qu'il ne vît M. le Grand châtié, et que c'étoit un monstre d'ingratitude et de méchanceté.»[212]Relation de Fontrailles, collection Petitot, t. LIV, p. 438: «Soudain que je fus seul avec M. de Thou (à Carcassonne après le voyage d'Espagne), il me dit le voyage que je venois de faire, ce qui me surprit fort, car je croyois qu'il lui eût été celé. Quand je lui demandai comme quoi il l'avoit appris, il me déclara en confiance fort franchement qu'il le savoit de la reine, et qu'elle le tenoit de Monsieur. A la vérité, je ne la croyois pas si bien instruite, quoique je n'ignorasse pas que Sa Majesté eût fort souhaité qu'il se pût former une cabale dans la cour, et qu'elle y avoit contribué de tout son pouvoir, pour ce qu'elle n'en pouvoit que profiter.»[213]Archives des affaires étrangères.France, t. CII. Chavigni à Richelieu, 24 octobre: «Le roi fit hier assez mauvaise chère à la reine... Il est toujours fort animé contre elle et en parle à tous moments.»[214]Archives des affaires étrangères,ibid., t. CI, lettre de Le Gras, secrétaire des commandements de la reine, à Chavigni. Saint-Germain, 2 juillet 1642: «Cette extrême ingratitude lui est en telle horreur qu'elle en témoigne ses sentiments au roi par la lettre qu'elle vous prie de lui rendre, ainsi qu'à son éminence celle ci-jointe.»Ibid., Chavigni à Richelieu, du 28 juillet: «J'ai trouvé la reine tellement reconnoissante des obligations qu'elle a à monseigneur, qu'il seroit bien difficile de lui faire changer la résolution qu'elle a prise de ne plus rien faire que par les conseils de son Éminence, et de se jeter entièrement entre ses bras. Elle m'a commandé de lui donner cette assurance de sa part.»Ibid., le même au même, 12 août: «...Je suis persuadé que la tendresse que la reine témoigne pour monseigneur est sans dissimulation, et qu'il n'y a rien au monde plus aisé que l'y entretenir, ne demandant autre grâce dans le monde que d'être auprès de messieurs ses enfants, sans y prétendre aucun pouvoir, ni se mêler de leur éducation dont elle souhaite passionnément que monseigneur soit le maître. Elle m'a commandé d'en assurer son Éminence, et qu'elle est dans une extrême impatience de le voir.»Ibid., t. CII, Le Gras à Chavigni, sans date: «La reine envoyant son écuyer ordinaire au roi pour se réjouir de sa guérison, et savoir de ses nouvelles, écrit aussi à son éminence pour le même sujet. Elle vous prie encore de dire à son éminence que ne désirant point lui donner peine, sachant bien qu'il ne peut encore signer, elle n'attend point de réponse, et ne se tiendra pas moins assurée de son affection pour elle.»[215]Archives des affaires étrangères,ibid.Lettre déjà citée du 28 juillet.[216]Ibid.Lettre déjà citée du 12 août.[217]Dante.[218]Cette déclaration a été imprimée, mais elle est si rare, et elle est si curieuse et si importante, que nous la donnons dans l'Appendice,notes du chapitre IV.[219]Dans son no77, p. 519.[220]Le futur maréchal d'Hocquincourt, homme de guerre et de plaisir, politique incertain, qui, dans la Fronde, erra de Mazarin à Condé, et écrivit à Mmede Montbazon:Péronne est à la belle des belles.[221]Non pas le petit hôtel de Luynes, sur le quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Gît-le-Cœur, demeure du fils du connétable, dont Perelle a donné une charmante petite gravure, et où le chancelier Séguier se réfugia pendant la Fronde, quand la populace l'attaqua sur le pont Neuf allant au Parlement, mais l'hôtel de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, qui, comme nous l'avons déjà dit, devint depuis l'hôtel d'Épernon, et plus tard, en 1663, l'hôtel de Longueville. Mmede Chevreuse fit bâtir alors, par le célèbre architecte Lemuet, le bel hôtel de la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, que Perelle a aussi représenté, et qu'habite encore aujourd'hui M. le duc de Luynes.[222]Tome Ier, p. 186.[223]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 369.[224]La Rochefoucauld,ibid.[225]Voyez sur ces commencements de Mazarin, La Rochefoucauld, Mmede Motteville, La Châtre, l'un et l'autre Brienne.[226]La jeunesse deMmede Longueville, 4eédit., ch.III, p. 223, etc.[227]Voyez l'examen de cette question aussi importante qu'obscure dans Mmede Hautefort, chap. IV; voyez surtout les lettres jusqu'ici inédites d'Anne d'Autriche, citées dans l'Appendicede cet ouvrage.[228]Ce sont les paroles mêmes de Mmede Motteville, t. Ier, p.162. Ce passage est si important qu'il nous faut le donner ici tout entier: «On en fit autant et plus (de visites et de compliments) à Mmede Chevreuse comme à celle qui avoit régné dans le cœur de la reine, et qui dans toutes ses disgrâces avoit toujours conservé des intelligences avec elle et avoit paru posséder entièrement son amitié. On y pouvoit ajouter les obligations de ses souffrances qui l'avoient menée promener par toute l'Europe; et quoique ses voyages eussent servi à sa gloire et à lui donner le moyen de triompher de mille cœurs, ils étoient tous à l'égard de la reine des chaînes qui la devoient lier à elle plus étroitement que par le passé. Mais les choses de ce monde ne peuvent pas toujours demeurer en même état; cette vicissitude naturelle à l'homme fit que la duchesse de Chevreuse, qui étoit appréhendée et mal servie par ceux qui prétendoient au ministère, ne trouva plus en la reine ce qu'elle y avoit laissé, et ce changement fit aussi que la reine de son côté ne trouva plus en elle les mêmes agréments qui l'avoient autrefois charmée. La souveraine étoit devenue plus sérieuse et plus dévote, et la favorite étoit demeurée dans les mêmes sentiments de galanterie et de vanité qui sont de mauvais accompagnements pour un âge avancé. Ses rivaux et ses rivales dans la faveur avoient dit à la reine qu'elle vouloit la gouverner; et la reine étoit tellement prévenue de cette crainte qu'elle eut quelque peine à se résoudre à la faire revenir si vite, vu les défenses que le roi lui en avoit faites, ce qui en effet étoit louable en la reine et lui devoit être d'une grande considération. Mmela Princesse, qui haissoit Mmede Chevreuse et qui étoit d'humeur approchante de celle de la reine, avoit travaillé de tout son pouvoir à la dégoûter d'elle. L'absence en quelque façon avoit servi à détruire l'ancienne favorite dans l'esprit de la reine, et la présence avoit beaucoup contribué à l'amitié ou plutôt à l'habitude qu'elle avoit prise avec Mmela Princesse. Quand cette importante exilée arriva, la reine néantmoins parut avoir beaucoup de joie de la revoir, et la traita assez bien. J'étois revenue à la cour depuis peu de jours. Aussitôt que j'eus l'honneur d'approcher de la reine j'en vis les sentiments sur Mmede Chevreuse, et je connus que le nouveau ministre avoit travaillé autant qu'il lui avoit été possible à lui faire voir ses défauts...»[229]Mémoires,ibid., p. 378.[230]Il avait été pour Mazarin dans les conciliabules qui avaient précédé la régence, et nous trouvons dans les Archives des affaires étrangères,France, CIV, un fragment d'une lettre de Montaigu à la reine, sans date, mais à peu près de ce temps-là , où dans un langage mystique il l'engage à fermer l'oreille aux mécontents et à rester unie à son ministre.[231]Recueil, etc.[232]Voyez plus bas, p.233, les motifs de cette dénomination; voyez aussiLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, p. 224: «On appelait ainsi les chefs des mécontents, à cause des airs d'importance qu'ils se donnaient, blâmant à tort et à travers toutes les mesures du gouvernement, affectant une sorte de profondeur et de subtilité quintessenciée qui les séparait des autres hommes.»[233]Mémoires,ibid., p. 380.[234]Archives des affaires étrangères,France, t. C, p. 135, lettre autographe de Châteauneuf à Chavigny, du 23 mars 1643, encore du vivant de Louis XIII, où il le remercie de l'assistance qu'il a prêtée à sa sœur, Mmede Vaucelas pour tenter de «le sortir de la rude et misérable condition où il est détenu depuis dix ans, dedans un âge fort avancé, et plein de maladies qui le travaillent continuellement.» Il ne fut élargi que dans les premiers jours de la régence.Ibid., p. 404: «Angoulesme, 25 may 1643. Sire, je rends très humbles grâces à Votre Majesté de celle qu'il lui a plu me faire après une si longue détention, en me permettant de me retirer dans une de mes maisons. Ce sera pour y employer si peu qu'il me reste de jours à prier Dieu pour qu'il lui plaise donner à Vostre Majesté de longues et heureuses années. Ce sont les supplications les plus dévotes que lui faict, Sire, de Votre Majesté, le très humble et très obéissant subject et serviteur,Châteauneuf.[235]Voyez dans lesMémoires de M. de Montrésor, Leyde, 1665, 2 vol. in-12, la pièce intituléeRapport du procès, t. Ier, p. 228.[236]Carnets autographes de Mazarin, IIecarnet, p. 10: «Non faccia sua Maestà sopraintendente Chatonof, se non vuol restabilirlo intieramente.»[237]Voyez dans laJeunesse de Mmede Longueville, chap.III, p. 222, la lettre que Mazarin écrit sur ce sujet au duc de Brézé, le 28 mai 1643.[238]Plus haut, chap.II.[239]Mémoires, t. Ier, p. 126.[240]Mémoires, t. Ier, p. 372.[241]Tome Ier, p. 216.[242]Sa mère, Mmede Vendôme, était une personne de la plus haute dévotion et qui en avait le langage.[243]C'est Mazarin lui-même qui nous donne ce renseignement jusqu'ici ignoré, IIecarnet, p. 72 et 73.[244]Mémoires, t. Ier, p. 136.[245]Mémoires, t. Ier, p. 380-384.[246]Charlotte-Marie de Lorraine était née en 1627.[247]La jeunesse deMmede Longueville, chap.Ier, p. 101-106.[248]Iercarnet, p. 112.[249]Mémoires, t. Ier, p. 383.[250]IIIecarnet, p. 39: «Si esamina la mia vita e si conclude che io sia impotente.»[251]Voyez le chapitre IV, p.147.[252]Recueil, etc., lettre du 12 juin 1643: «Je suis à la reine qui me fait l'honneur de me bien traiter. J'ai toutes les entrées libres, et même elle m'a accordé un don dont on me fait espérer que je tirerai près de cent mille écus. Mmede Chevreuse qui est bien avec elle me continue la confiance qu'elle a toujours témoigné avoir en moi.»[253]IIecarnet, p. 22, et parmi lesLettres françaisesde Mazarin conservées à la bibliothèque Mazarine, celle du 13 août 1643 où le cardinal annonce à Châteauneuf que la reine lui rend le gouvernement de Touraine. Une autre lettre du 2 janvier 1644 le qualifie en effet deconseiller du roi en ses conseils, chancelier de ses ordres, et gouverneur de Touraine.[254]Voyez plus haut, p.222.[255]IIecarnet, p. 65, 68, 75; IIIecarnet, p. 11, 19, 25, 29, 44.[256]IIIecarnet, p. 27, 43 et 55.[257]Aux portraits si connus que La Rochefoucauld et Retz nous ont laissés des Importants on peut ajouter les lignes suivantes d'Alexandre de Campion,Recueil: «J'ai des amis qui n'ont pas toute la prudence qui seroit à désirer; ils se font un honneur à leur mode, et donnent des habits si extraordinaires à la vertu qu'elle me semble déguisée, de sorte qu'en cas qu'ils aient toutes les qualités essentielles ils s'en servent si mal que l'applaudissement qu'ils se sont attiré ne servira peut-être qu'à leur destruction.»[258]IIecarnet, p. 70: «...Si predica siempre que es menester perdierse.»[259]Ibid., p. 83: «Saint-Ibar portato dalla dama come un eroe.»[260]Était-ce par pure politique, ou n'y avait-il pas là quelque mélange de galanterie? Ailleurs Mazarin prétend qu'à Bruxelles don Antonio Sarmiento était bien avec la duchesse; mais il ne faut pas oublier qu'il ne dit cela qu'après coup, au milieu de la Fronde, dans le dernier emportement de l'inimitié, et que nulle part nous n'avons rencontré la moindre trace de cette liaison. Voyez lesLettres du cardinal Mazarin, etc., par M. Ravenel, Paris, 1836, p. 15.[261]IIIecarnet, p. 5, 24 et 25: «Que los majores enemigos que yo tenia eran los Vandomos et la dama que li anima todos, diciendo que se no si teneria luogo la resolucion de deshacerce de my, los negotios (no) irian bien, los grandes serian tan sujetos come antes, y yo siempre mas poderia con la reyna, y que era menester darse prima antes que Anghien concluviesse.»[262]Voyez la précieuse collection déjà citée de lettres italiennes et françaises de Mazarin, 5 vol. in-fol. provenant de Colbert, qui sont aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine: Lettres de 1642 à 1645.[263]IIecarnet, p. 21 et 22.[264]Ibid., p. 42.[265]Ibid., p. 65: «Sy S. M. quiere conservar me de manera que puede ser de provechio a su servitio, es menester quitarse la masqhera, y azer obras que declarase la proteccion que quiere tener de mi persona.»[266]Ibid., p. 77: «Es imposible servir con estos sobresaltos, mientras travajo di dia y de noche per complir a mis obligationes.»[267]IIecarnet, p. 76: «Es sierto que continuan juntarse al jardin de Tullieri, que ablan contra el gobierno de la reyna los que se dicen sus majores serbidores, y que son contra my mas que nunca, hasta concluir siempre que sy per cabalas no podrano destruirme, intentaran otros modos.»[268]Ibid., p. 93: «Ricevo mille avvisi di guardarmi.»[269]IIIecarnet, p. 18: «Los Importantes ablan contra la reyna mas que nunca. Estan desperados contra Belingan y Montagu; dicen que el primero es un alcahuete (maquereau), y que all'otro daran mil palos; que es menester perder todos los que fueran de mi parte.»[270]Ibid., p. 24: «Que muchas personas eran de manera animadas contra my que era imposibile que no me succediesse algun gran mal.»[271]IIecarnet, p. 76: «Sy la mar puede sosegarse con echarmi como Jonas en la bocca de la balena!»[272]Iercarnet, p. 108.[273]IIIecarnet, p. 65: «La riputazione della Francia non è in cattivo stato, poiche, oltre li progressi che dà per tutto fanno le armi sue, è arbitra S. M. delle differenze dei principi d'Italia, e di quelle del re d'Inghilterra con il parlamento, non ostante che li Spagnuoli faccino il possibile e combattino per ogni verso questa qualità , sino a minacciare il papa se adherisce alli sentimenti ed alla mediazione di Francia.»[274]Bibliothèque Mazarine,Lettres italiennes de Mazarin, 30 juin 1643, fol. 181.[275]VoyezLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, etc.[276]Sur l'hôtel Montbazon, voyez Sauval, t. II, p. 124.[277]A peu près vers ce temps, ou du moins encore dans l'année 1644, Mazarin trace un portrait sévère de Mmede Longueville où il ne la calomnie pas, mais où il ne lui passe rien, et met le doigt sur tous ses défauts sans relever ses qualités, comme si déjà il pressentait en elle sa plus redoutable ennemie.La jeunesse deMmede Longueville, chap.IV, p. 271 et 272.[278]Ibid., chap.II, p. 199.[279]Alexandre de Campion, dans leRecueilplusieurs fois cité, lettre à Mmede Montbazon: «Si mon avis eût été suivi chez Renard, vous seriez sortie pour obéir à la reine, vous n'habiteriez pas la maison de Rochefort, et nous ne serions pas dans le péril dont nous sommes menacés.»[280]IIIecarnet, p. 100: «Come dovrei governarmi se nascesse querela trà il duca d'Enghien e la casa di Vendomo, senza che vi fosse intrigato il servitio della regina?»[281]Mmede Motteville, t. Ier, p. 83.[282]Mémoires, t. Ier, p. 388.[283]Mémoires, t. Ier.[284]Mémoires, t. Ier, p. 65.[285]Mémoires, édit. de Leyde, ou collect. Petitot, t. LIX.[286]Mémoires, t. Ier, p. 184.[287]Mémoires, collect. Petitot, t. LXIX, p. 419.[288]Mémoires, t. Ier, p. 374.[289]IIIecarnet, p. 28, 34, 70, 82, 84, 85 et 91; IVecarnet, p. 5.[290]IIIecarnet, p. 88.[291]IVecarnet, p. 8.[292]Bibliothèque Mazarine,Lettres de Mazarin; lettres françaises, t. I, fol. 274, recto.[293]Lettres italiennes de Mazarin, t. I, lettre à Ondedei, du 25 mars 1645, fol. 226, verso;ibid., lettre du 8 mai à Vincenzo Martinozzi, fol. 240, verso;ibid., lettre du 26 mai à Paolo Macarani, fol. 246;ibid., lettre du 2 juin au cardinal Grimaldi, fol. 248;ibid., lettre à Ondedei, du même jour;ibid., lettre au cardinal Grimaldi, du 15 juillet, et à Ondedei, du 5 septembre; au cardinal Grimaldi, 2 juin 1645, fol. 248; à Ondedei, 2 juin 1645; au cardinal Grimaldi, 15 juillet 1645; à Ondedei, 5 septembre 1645. Voyez l'Appendice.[294]Carnet IVe, p. 8.[295]Personne, à Paris, ne doutait qu'on ne suivît très-sérieusement l'affaire des deux gentilshommes. Une correspondance privée fort curieuse, conservée aux Archives des affaires étrangères,France, t. CV, contient une lettre d'un nommé Gaudin à Servien, l'habile diplomate, sous la date du 31 octobre 1643, où se trouve le passage suivant, qui reproduit presque dans les mêmes termes celui des carnets: «L'on a fait recherche des hotelleries au fauxbourg Saint-Germain où les deux gentilshommes emprisonnés dans la Bastille ont logé. En voyant qu'on ne pouvait rien découvrir par leurs interrogatoires et ceux de leurs laquais, on a aussi emprisonné les hotes et hotesses desdites hotelleries, à sçavoir, du Sauvage et de quelque autre, pensant les intimider et tirer quelque confession du fait dont ils sont soupçonnés; ce qui n'a non plus servi; et ils ont été relâchés.»[296]IVecarnet, p. 9.[297]Mémoires de Henri de Campion, etc., 1807, à Paris, chez Treuttel et Würtz, in-8o. Petitot en a donné seulement un extrait à la suite desMémoires de La Châtre, t. LI de sa collection.[298]Recueilsouvent cité.[299]Voyez le chapitreIV, p.181-182.[300]Voyez laJeunesse deMmede Longueville, chap.IIet chap.III. C'est vraisemblablement aussi la partie de plaisir que décrit Scarron, t. VII, p. 178,Voyage de la Reine à La Barre.[301]Voyez dans laJeunesse deMmede Longueville, chap.III, la lettre de cachet adressée à Mmede Montbazon.[302]IIIecarnet, p. 10, en espagnol: Sy yo creyera lo que dicen que S. M. se sierve di mi per necessidad, sin tener alguna inclinacion, no pararia aqui tres dias.»[303]IIecarnet, p. 65: «Quitarse la masqhera.»[304]IIIecarnet, p. 45: «...mas contodo esto siendo el temor un compagnero inseparabile dell'affeccion, etc., etc.»[305]IVecarnet, p. 3: «La giallezza cagionata dà soverchio amore.»[306]Mémoires, t. Ier, p. 185.[307]IIIecarnet, p. 93 et dernière: «Ogniuno mi dice che li disegni contra me non cesseranno, finche si vedrà che appresso di S. M. vi è un potente partito contro di me, e capace d'acquistar lo spirito di S. M. quando mi succeda una disgrazia.»[308]Tome Ier, p. 185.
[158]Manuscrit de la Bibliothèque impériale, no9241, fol. 41, verso. Carta de la Reyna al cardinale Infante para embiar al Conde Duque, 28 may 1637: «Por ser cosa che importa mucho al servicio del Rey el conservar en el al Duque de Lorena, he procurado con mi amiga (Mmede Chevreuse) que hallasse una comodidad segura conque poder escrivir a l'amigo (le duc de Lorraine), ha me dicho que la tiene, etc.» Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.
[159]Les diverses déclarations de la reine, avec les interrogatoires de la supérieure du Val-de-Grâce et ceux de La Porte, avaient été conservées dans la cassette de Richelieu, et elles étaient passées dans les archives du maréchal de ce nom, qui les avait communiquées au P. Griffet, comme il avait fait les papiers de Châteauneuf. Depuis, ces précieux documents avaient été dispersés: la Bibliothèque impériale les a acquis dernièrement.Supplément françois, no4068, avec ce titre:Pièces relatives à l'affaire du Val-de-Grâce, 1637. Voyez l'Appendice,notes du chapitre III.
[160]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 201, et, dans l'Appendice, laRelationde la main du cardinal.
[161]Le nom de Craft se rencontre en effet plusieurs fois dans les lettres de MmeDu Fargis. Voyez l'Appendice.
[162]Mémoires,ibid., p. 224, etc.
[163]M. le duc de Luynes nous communique une lettre de Mmede Chevreuse à Richelieu, tout à fait de ce temps, où elle décline l'offre spontanée du cardinal, en lui exprimant toute sa reconnaissance et en l'assurant qu'elle ne s'adressera pas à un autre si elle est forcée de recourir à un emprunt. «Monsieur, je me trouve avec autant de ressentiments de vos bontés que d'impuissance à les exprimer; mais puisque vous me croyez digne de tant de bienfaits, j'ose m'assurer que vous ne douterez pas de ma reconnaissance, encore que je ne vous la puisse représenter par mes paroles ni témoigner par mes services... J'ai prié le porteur de vous dire sur le sujet de l'offre qu'il m'a faite de votre part, que je n'ai pas oublié cette même preuve de votre générosité que vous me donnâtes la dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir, ni les termes où je demeurai d'accepter ces grâces de vous, si la fortune me contraignoit à les recevoir jamais d'aucun. L'état où je suis n'est pas jusqu'ici assez malheureux pour que je puisse prendre cette liberté; mais je n'en suis pas moins sensible à cette bonté dont l'intention présentement tient lieu de l'effet dans mon âme...»
[164]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 354.
[165]Extrait de l'information faite par le président Vignier, de la sortie faite par Mmede Chevreuse hors de France, avec diverses pièces à l'appui, Bibliothèque impériale,collection Dupuy, nos499, 500, 501, réunis en un seul volume. Voyez l'Appendice,notes sur le chapitre III.
[166]La Rochefoucauld, p. 356.—Tallemant, t. I, p. 250, se complaît à raconter les choses les plus singulières, mais nous ne rapportons que les faits certains et authentiques.Extrait de l'information, etc.: «Une bourgeoise de ce bourg-là passa fortuitement et la vit couchée sur ce foin et s'écria: Voilà le plus beau garçon que je vis jamais! Monsieur, dit-elle, venez-vous-en reposer chez moi; vous me faites pitié, etc.»
[167]Tallemant,ibid.
[168]Extrait de l'information: «Malbasty (le guide que lui avait donné La Rochefoucauld) lui dit qu'elle se perdroit, qu'elle rencontreroit mille voleurs, qu'elle n'avoit qu'un seul homme avec elle, qu'il craignoit qu'on lui fît du déplaisir... Elle offrit audit Malbasty un grand rouleau de pistoles, etc.»
[169]La Rochefoucauld,Mémoires,ibid.
[170]Ce sont ceux que Dupuy a recueillis ou plutôt résumés de mémoire; nous les avons retrouvés nous-même, et nous en avons fait usage pour établir notre récit. C'est en cette occasion que La Rochefoucauld fut interrogé et mis huit jours à la Bastille. Voyez sesMémoires, surtoutla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédition, chapitre IV, p. 296, etc., et l'Appendicedu présent volume,notes sur le chapitre III.
[171]Mmede Motteville, t. Ier, p. 93.
[172]Bibliothèque impériale,Manuscrits de Colbert, affaires de France, in-fol., t. II, fol. 9.Mémoire de ce que Mmede Chevreuse a donné charge au sieur de Boispille de dire à monseigneur le cardinal: «Elle ne s'est obligée à rien du tout en Espagne et ne se trouvera pas qu'elle ait pris un teston, fors les bonnes chères et traitemens... Elle a parlé comme elle devoit en Espagne, et croit que c'est une des choses qui l'a le plus fait estimer du comte-duc.»Appendice, notes du chapitre IV.
[173]Manuscrits de Colbert,ibid.
[174]Plus haut, p.136.
[175]Manuscrits de Colbert,ibid.
[176]Voyez sur cette particularitéla Jeunesse de Mmede Longueville, 4eédit., chapitre IV, p. 237, etc. Il ne faut pas croire d'ailleurs que ces pierreries fussent celles de la pauvre Éléonore Galigai, la maréchale d'Ancre; car dans le partage que fit Louis XIII des richesses du maréchal et de sa femme, c'est à la reine Anne qu'il donna les joyaux et les bijoux. Voyez dans l'Appendicelesnotes du chapitre Ier.
[177]Mmede Chevreuse, comme son petit-fils, aimait les arts et les encourageait. Elle a été la protectrice de l'excellent graveur Pierre Daret, qui lui a dédié sa collection desIllustres François et estrangers de l'un et de l'autre sexe, in-4o, 1654. Cette dédicace nous apprend des choses qui ne se trouvent dans aucune des biographies de cet artiste, pas même dans l'Abécédairede Mariette, et qui font le plus grand honneur à Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.
[178]La bibliothèque nationale possède deux manuscrits qui la contiennent tout entière: l'un, que le père Griffet a connu et mis à profit, et que déjà plus d'une fois nous avons cité, est le tome II desManuscrits de Colbert, affaires de France; ce ne sont que des copies, souvent assez défectueuses; l'autre,Supplément françois, no4067, renferme, il est vrai, moins de pièces, mais originales, parmi lesquelles il y a plusieurs lettres autographes de Richelieu et de Mmede Chevreuse. Voyez l'Appendice,notes du chapitre IV.
[179]Manuscrits de Colbert,ibid.
[180]Manuscrits de Colbert, lettre du 24 juillet 1638.
[181]Manuscrits de Colbert, folio 18. L'original est auSupplément françois, no4067.
[182]Manuscrit de Colbert,ibid.
[183]Lettre de l'abbé Du Dorat à Richelieu, Manuscrits de Colbert, fol. 47.
[184]Manuscrits de Colbert, fol. 53, etc.
[185]Mémoires, t. X, p. 484.
[186]Il faut voir cette scène inouïe, non pas seulement dans la relation détaillée et suspecte que publièrent les amis de La Valette, et qui se trouve parmi les pièces imprimées à la suite desMémoiresde Montrésor, mais dans lesMémoiresd'Omer Talon, Collection Petitot, 2esérie, t. LX, p. 186-197.
[187]Mémoiresde Richelieu, t. X, p. 498 et 499.
[188]Voyez la lettre de Richelieu au comte d'Estrade du 2 décembre 1637; voyez aussi dans l'Appendicediverses lettres de 1639 deBoispilleau cardinal, où il lui donne des nouvelles du peu de progrès de l'armée royaliste en Écosse avec une satisfaction mal dissimulée, qui trahit les sentiments de celui auquel il écrit. Voyez surtout à la Bibliothèque impériale, fond de Harlai, 223/23 un manuscrit in-fol., contenant desLettres du sieur de Montereul, secrétaire de monsieur de Bellièvre, ambassadeur en Angleterre, escrittes au dit sieur de Bellièvre, ès années 1638, 1639, 1640 et 1641, ensemble les duplicata des lettres qu'il escrivoit à la cour. Montereul, chargé d'affaires en l'absence de l'ambassadeur, adresse à Bellièvre et au ministre des affaires étrangères de France, le comte de Chavigni, les renseignements les plus précieux sur l'état des partis en Angleterre, les débats des chambres, les fautes de la cour, et les progrès de l'opposition qu'il raconte avec une sorte de triomphe. Ce manuscrit est de la plus grande importance pour l'histoire des premiers commencements de la révolution d'Angleterre. On y voit fort bien que la France se réjouissait des embarras intérieurs qui empêchaient le gouvernement anglais de faire cause commune avec l'Espagne, et se servait du fanatisme protestant qui repoussait toute alliance avec Sa Majesté catholique. Il est curieux d'y trouver Pim, ce grand patriote, s'entendant fort bien avec Montereul, et protestant de son zèle pour les intérêts de la France, comme plus tard le fera Sidnei. Richelieu fit imprimer leManifeste des Écossois, lorsqu'ils s'avancèrent en 1641 vers l'Angleterre, dans laGazettede cette année, no34, p. 161. «On ne peut douter, dit l'exact et savant père Griffet, t. III, p. 158, que Richelieu n'ait été un des premiers auteurs de la révolution qui conduisit dans la suite Charles Iersur l'échafaud et Cromwell sur le trône. M. de Brienne paraît en convenir, mais il a soin de remarquer que leschoses allèrent bien plus loin que le cardinal ne l'avoit prévu et qu'il ne l'eût souhaité.»
[189]Aussi lorsque plus tard, en 1643, le pape destina le cardinal Rosetti à le représenter au congrès de Münster, le successeur de Richelieu n'hésita pas à l'exclure, en se fondant particulièrement sur ce que, pendant sa mission en Angleterre, Rosetti s'était fort lié avec Mmede Chevreuse, et qu'elle l'avait entièrement gagné.Bibliothèque impériale, fond Gaignière, vol. 510, in-fol. sous ce titre:Dépesches importantes sur la paix d'Italie des années 1643 et 1644. Lettre de la reine à M. de Fontenai-Mareuil, 25 septembre 1643: «Vous avez fait entendre (aux ministres du pape) les raisons qui me convioient à faire exclusion au cardinal Rosetti de la légation de la paix, non pour avoir eu communication très-étroite avec Fabroni (confident et ministre de la reine mère), mais pour l'avoir affectée avec les ministres d'Espagne pendant son séjour en Angleterre qu'ils veulent excuser sur le but de la religion; mais il faudrait être bien simple pour s'y laisser prendre, et ne pas voir que, sous couleur de traiter d'une affaire, on en embarque une autre. Il n'est pas possible que leur ayant rendu compte de sa mission, il ne leur ait pas mandé qu'il avoit des communications très-secrètes et fréquentes avec la duchesse de Chevreuse, et qu'ils ignorent combien elle a recherché de nuire à l'État, les desseins pernicieux qu'elle a concertés et essayé d'advancer, et qu'enfin agissant avec beaucoup d'esprit offensé, et comme font d'ordinaire les femmes qui pour contenter leurs passions vont toujours aux extrêmes, elle n'a rien omis à promettre ou à embarquer qui pût causer la ruine de la France.»
[190]Manuscrit déjà cité de la Bibliothèque impériale,Lettres de Montereul. Dépêche du 15 mars 1640: «Le marquis de Ville vient pour avoir permission du roi de faire passer en Flandre mille Anglois pour joindre aux troupes du duc Charles. A quoi il n'aura pas peu de difficulté, quelque crédit qu'y employe Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 5 avril: «Le marquis de Ville vient aussi avec six beaux chevaux que le duc Charles envoye à Mmede Chevreuse, pour laquelle il y a peu d'apparence que le voyage de M. Du Dorat puisse être utile.»—Dépêche du 12 avril: «Le marquis de Ville arriva vendredi matin, il alla descendre chez Mmede Chevreuse; il s'est toujours servi d'un de ses carrosses, et a mangé chez elle...»
[191]Ibid.Dépêche du 12 avril: «M. le marquis de Velada, grand d'Espagne, gouverneur de Dunkerque, ambassadeur extraordinaire en Angleterre, est arrivé hier... A peine arrivé, il alla visiter Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 19: «Le marquis de Velada eut hier la première audience du roi et de la reine... Mmede Chevreuse lui envoya son beau carrosse... Cela ne l'empêche pas d'assurer qu'elle retourne en France dans quinze jours. La reine dit encore hier qu'il n'étoit pas besoin de lui préparer un logement à Greenwich, parce qu'elle alloit en France avant la fin du mois, et qu'elle n'attendoit que de l'argent pour payer ses dettes avant de partir. Je ne puis me persuader qu'elle exécute ce qu'elle promet: il me semble que le chemin de chez l'ambassadeur d'Espagne à Whitehall n'est pas le plus droit pour aller en France.»
[192]Ibid.Dépêche du 2 février 1640: «Le sieur Hallot a été fort mal reçu de la reine quand il lui a rendu ses lettres du prince Thomas; elle lui a dit qu'elle ne pouvoit voir de bon œil une personne qui venoit de la part de celui qui faisoit un si mauvais traitement à sa sœur. Il est bien avec Mmede Chevreuse et avec M. de La Valette, et voit fort souvent les ministres de la reine mère.»—Dépêche du 16 février: «Le sieur Hallot a été visité par M. de La Vieuville, qui y demeura longtemps, et par Fabroni qui fut longtemps enfermé avec lui, avant qu'il eût envoyé ses dépêches en Flandres où il écrit beaucoup; il écrit aussi en France, et dit qu'il vient en cette cour pour faire agréer au roi les actions du P. Thomas, et essayer de tirer d'ici quelques secours pour ce prince.»—Dépêche du 23 février: «Hallot se trouva ces jours passés chez Mmede Chevreuse avec La Colle (?), où Hallot parla fort longtemps des affaires de Savoie à l'avantage du P. Thomas. La Colle lui avoua franchement qu'il seroit fâché si les affaires alloient si bien pour ce prince, et lui dit que pour lui il étoit du côté de Mmede Savoie. Alors Hallot haussa la voix et lui repartit: Est-il possible que vous osiez parler en ces termes, étant des amis de Mmede Chevreuse et vous trouvant dans son logis?»
[193]On ne croyait pas que l'idée du voyage du duc de Chevreuse en Angleterre lui fût venue spontanément, et Montereul écrit à M. de Bellièvre, le 3 mai 1640: «On vous croit ici l'auteur du voyage de M. son mari en ces quartiers.»
[194]Dépêche de Montereul du 29 mars 1640: «Mmede Chevreuse a été extrêmement surprise par la nouvelle de la résolution qu'avoit prise M. son mari de venir en Angleterre... On n'a jamais vu un tel trouble... Elle parloit de s'enfuir en Flandre si le roi ne l'eût assurée que, s'étant mise sous sa protection, il ne permettroit pas qu'on la pût forcer à retourner en France. Mmede Chevreuse le dit ainsi, mais d'autres m'ont dit que la promesse du roi n'étoit pas si précise, et que la reine lui avoit seulement fait dire qu'elle la prenoit en sa protection. Elle dépêcha dimanche dernier un courrier en France pour détourner M. de Chevreuse de venir ici, en cas qu'il eût ce dessein.»—Dépêche du 12 avril: «Un autre objet du voyage de M. de Ville, est pour assurer Mmede Chevreuse qu'elle sera bien venue en Flandre, au cas qu'elle soit obligée de s'y retirer; ce qui est conforme à ce qu'elle a dit à la reine depuis l'arrivée de ce marquis, qu'elle étoit résolue d'aller en Flandre devant un mois. La reine l'a dit ainsi, et a ajouté qu'elle avoit bien de la peine à le croire.»—Dépêche du 25 avril: «Mmede Chevreuse dépescha en France, vendredi dernier, un de ses valets de chambre. Elle fait croire qu'elle est résolue de passer en Flandre si M. de Chevreuse vient en Angleterre, comme on lui mande et comme l'écrit M. Leicester. On me donne avis que M. de La Valette a dit à table qu'il alloit écrire en France qu'elle partoit demain pour Flandre, ce qui me fait croire qu'elle n'en fera rien que le plus tard qu'il lui sera possible, et qu'elle voudroit bien n'être pas obligée d'y aller du tout. M. de Soubise arriva en cette ville samedi dernier. M. de La Valette et M. Le Coigneux (un des conseillers du duc d'Orléans) la voient fort souvent. On m'a averti de plusieurs endroits qu'ils avoient dessein de brouiller en France. On m'a dit qu'ils avoient quelque entreprise sur Oleron. Il y a peu d'apparence qu'ils soient aidés par le roi d'Angleterre.»
[195]Ibid.Dépêche du 3 mai: «Mmela duchesse de Chevreuse, après avoir remis de jour en jour son voyage de Flandre, partit de Londres mardi premier jour de ce mois, à onze heures du matin, accompagnée du marquis de Velada et du résident d'Espagne, qui la quittèrent à huit milles d'ici, de M. le duc de La Valette, du marquis de La Vieuville, père et fils, du marquis de Ville, des sieurs Montaigu et Craft. Le comte de Niewport l'a aussi accompagnée jusqu'aux dunes; on croit que c'est par ordre du roi de la Grande-Bretagne, pour assurer M. le duc de Chevreuse, si elle le rencontre par les chemins, que le roi la tient en sa protection jusques à ce qu'elle soit hors de ses États... Il y a apparence, et par les coffres qu'elle a laissés chez Craft, à ce qu'on m'a dit, et par quelques paroles qui ont échappé à ceux qui ont plus de part à ses secrets, qu'elle fera tous ses efforts pour revenir dans cinq ou six mois, encore que le galland de diamants que lui a donné la reine de la Grande-Bretagne, qui est estimé dix mille escus, semble être un présent pour un dernier adieu... Ceux qui font de plus prudentes réflexions sur les choses qui se passent en cette cour, disent que cette fuite ne devroit pas retarder le voyage de M. de Chevreuse en ces quartiers, puisque, outre qu'il soutiendroit ici l'honneur de la nation, étant d'autre condition que les ambassadeurs d'Espagne, et qu'il aideroit à achever de ruiner en cette cour les mauvais François qui demeurent, et desquels il auroit juste sujet de se plaindre comme étant cause du malheur de Mmesa femme; il pourroit encore tirer parole du roi de la Grande-Bretagne que Mmede Chevreuse ne reviendroit plus en ses États, ce qu'on croit que ce roi promettroit volontiers, particulièrement s'il paroissoit y être forcé.»
[196]Dépêche du 10 mai: «Mmede Chevreuse s'embarqua samedi 5 de ce mois, à Rochester, où elle revint en diligence de Cantorberi sur une fausse allarme qu'elle eut que M. le duc, son mari, étoit déjà à Douvres. Bien que son voyage ait été résolu assez promptement, il ne s'est pas exécuté sans peine et sans regret de la part de ceux qu'elle servoit ici. Ils l'ont à peine vue partir, qu'ils ont commencé leurs instances pour la faire revenir; de sorte qu'on croit que la venue de M. de Chevreuse ne seroit pas inutile pour l'empêcher... Comme vous jugez bien, M. Craft a suivi Mmede Chevreuse.»—Dépêche du 17 mai: «Mmede Chevreuse arriva à Dunkerque il y eut mardi huit jours.»
[197]Ibid.Dépêche du 6 novembre 1640: «On me donne avis que M. de La Valette et M. de Soubise ont traité avec le roi d'Espagne par l'entremise de Mmede Chevreuse (alors en Flandre), que le marquis de Malvezzi a été envoyé ici pour ce traité, lequel a été conclu il y a quatre mois, que M. de La Valette promet de faire soulever la Guyenne et les provinces voisines (dont son père, le duc d'Épernon, était gouverneur),... qu'il touche mille écus chaque mois depuis ce traité,... que M. de Soubise reçoit pareille pension d'Espagne,... que M. Marmet, ministre (protestant), reçoit aussi pension d'Espagne...»
[198]Voyez dans le premier volume desMémoirestout le détail de cette affaire.—L'auteur de laConjuration de Fiesques'attribue en cette occasion des discours politiques imités de Salluste, comme ses portraits, et où abondent les maximes d'État, selon la mode virile du temps, dont Richelieu est l'auteur et Corneille l'interprète. Les discours ont pu être ajoutés après coup pour donner au lecteur une grande idée du génie précoce de Retz, mais le récit, sauf toujours la charge ordinaire, est exact et s'accorde parfaitement avec les documents les plus certains.
[199]Sur le duc de Guise, voyezla Jeunesse deMmede Longueville, chapitre III.—On lit dans laGazettede Renaudot, pour l'année 1641, no61, p. 314: «Le 20 de ce mois de mai, le duc de Guise arriva de Sedan à Bruxelles, où il fut souper chez la duchesse de Chevreuse et coucher chez don Antonio Sarmiento.» Et dans le no64, p. 327, sous la date du 28 mai: «Le secrétaire du duc de Bouillon est parti d'ici (Bruxelles) pour Sedan, où le duc de Guise est aussi retourné.»
[200]Recueil d'Alexandre de Campion: lettres: «20 août 1640. M. le Grand est fort satisfait de ce que j'ai joint les compliments de M. Bouillon aux vôtres. Il m'a chargé de lui en faire beaucoup de sa part, et surtout de vous assurer qu'en temps et lieu vous verrez des marques que c'est tout de bon quand il vous a protesté par moi qu'il étoit votre très humble serviteur. Il est assuré du dessein que M. le cardinal a eu de le perdre: vous devez juger par là de ses intentions. Il se ménage fort avec la reine, Monsieur et vous, et en use assez adroitement. Personne ne sait que je le vois, et si la prospérité ne l'aveugle point, il est capable d'entreprendre quelque chose d'importance. En tout cas, si l'on vous poussoit et que vous fussiez nécessité de vous défendre pour ne vous laisser pas opprimer, il est bon d'avoir un protecteur auprès du roi, et un esprit ulcéré qui pour son propre intérêt ne perdra pas l'occasion de détruire celui qui le veut perdre. Je sais bien que ceux qui ne l'aiment pas blâmeront son ingratitude, à cause que M. le cardinal est son bienfaiteur; mais cela ne vous regarde pas...» Transcrivons encore cette lettre à De Thou du 3 mars 1641, un an avant l'affaire qui le conduisit à l'échafaud: «Je vous avoue que les raisons que vous m'alléguâtes il y a dix jours dans les Carmes-Déchaussés, ni celles que vous m'écrivez, ne me persuadent en aucune manière, et que je n'ai rien à ajouter à la réponse que je vous fis. Un voyage comme celui où votre ami et vous me voulez embarquer, qui sera d'abord suspect à *** qui ne m'aime pas, m'expose à sa vengeance et n'aboutit à rien. Je connois les gens, et un dessein de le ruiner par le cabinet est une chimère qui le perdra et peut-être vous aussi.» Il y a encore dans leRecueilune autre lettre à De Thou où Alexandre de Campion lui annonce qu'il lui renvoie un portrait, des lettres et des bijoux que son ami lui avait confiés, qu'ainsi il pourra les rendre «à cette illustre personne pour laquelle on vous accuse de soupirer.» Il doit être ici question de Mmede Guymené.
[201]Ibid.Lettre du 24 décembre 1640: «...Je montrerai vos lettres, suivant votre ordre, à madame votre mère, au père de Gondi et à MM. les présidents de Mesme et de Bailleul... Mais je prendrai la liberté de vous dire que j'eusse été bien aise de les voir en particulier, de peur que M. le cardinal ne sache qu'ils sont de vos amis, cela leur pouvant nuire s'il le découvre.»—«Du 21 janvier 1641. Je ne doute point du déplaisir que vous avez eu de l'éloignement du père de Gondi et des deux présidents. Je me doutois bien qu'on sauroit qu'ils seroient venus à l'hôtel de Soissons.»
[202]Mémoires, t. Ier, p. 26.
[203]Mémoires,ibid., p. 362 et 363.
[204]Mémoiresde la vie de Fréd.-Maurice de la Tour d'Auvergne, duc de Bouillon (par son secrétaire Langlade), Paris, 1692, in-12.
[205]Cette crainte n'était pas dépourvue de fondement. Richelieu s'efforçait en effet de se faire donner par le roi la tutelle de ses enfants; et il y était presque parvenu, comme nous le voyons dans ce précieux document que nous tirons des archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre de Chavigni à Richelieu, du 28 juillet 1642: «Le roi m'a dit depuis quelques jours qu'il se souvenoit que lors de sa grande maladie au camp de Perpignan, M. le Grand lui tint des discours pour le disposer à lui donner la tutelle de ses enfants après sa mort, sans pourtant lui en parler ouvertement. Sur quoi, prenant occasion d'exagérer l'effronterie et l'horrible ambition de ce scélérat, et de faire connoître à sa Majesté en général qu'il falloit qu'une personne eût toutes les qualités qu'il n'avoit pas pour être capable d'une telle charge, elle me dit: Si Dieu me met en état de penser à ce qui se fera après moi, je ne les puis laisser qu'à monseigneur le cardinal. Sur quoi je ne répondis rien que des protestations, de la part de son Éminence, de passion et de tendresse pour un si bon maître, etc.»
[206]Lettres et Mémoires, etc., publiés par le général Grimoard, in-fo, t. Ier, p. 40.
[207]Nouveaux Mémoires d'histoire, de critique et de littérature, par M. l'abbé d'Artigny, t. IV.Pièces originales concernant le procès de MM. de Bouillon, Cinq-Mars et de Thou.Interrogatoire du 6 juillet 1642, et surtout deuxième interrogatoire du 24 juillet: «Interpellé que pour ses sentiments il les a trop fait connoître en l'affaire de Mmede Chevreuse, a dit que pour l'affaire de Mmede Chevreuse, ayant la parole de M. le cardinal il s'en tient assuré, sachant bien qu'il ne fait pas de grâce à demi.»
[208]Archives des affaires étrangères,France, t. CI, lettre anonyme du 4 juillet.
[209]Archives des affaires étrangères,France, t. CII, mémoire inédit de Richelieu: «Il faut que MM. de Chavigny et de Noyers parlent au roi et lui disent que le cardinal, voulant partir de Narbonne, suivant son conseil, pour changer d'air, et ne sachant quel changement son transport apporteroit à son mal, a voulu témoigner de l'extrême confiance qu'il a en Sa Majesté en lui découvrant ce qui s'apprend de toutes parts. Les lettres du prince d'Orange, la gazette de Bruxelles, celle de Cologne, les préparatifs de la reine mère pour venir, les litières et mulets achetés, ce qui s'écrit par lettres sûres de Mmede Chevreuse, ce qui s'écrit encore de nos côtes de France, les bruits qu'il y a dans toutes les armées, les avis qui viennent de toutes les cours d'Italie, les espérances des Espagnols, soit du côté d'Espagne, soit de Flandres, la résolution que Monsieur a prise de ne point venir contre ce qu'il avoit promis, attendant peut-être l'événement du tonnerre, toutes ces choses ont obligé à en avertir le roi, afin qu'il mette tel ordre qu'il lui plaira à des bruits qui ruinent les affaires.»
[210]Voyez lesMémoiresde Montglat, collect. Petitot, t. Ier, p. 375.
[211]Les détails de toute cette affaire ne sont nulle part, pas même dans le père Griffet; on ne les trouvera qu'aux Archives des affaires étrangères,France, t. CII. Pendant tous les premiers jours de juin il est bien question autour de Richelieu des troubles intérieurs du roi, des intrigues de Cinq-Mars, resté à Narbonne auprès de lui, et des dangers du cardinal; mais du traité avec l'Espagne et de quoi que ce soit de semblable, pas un seul mot. C'est le 12 juin que tout est éclairci par ce billet de Chavigni et de de Noyers à Richelieu: «Narbonne, ce 12 juin à dix heures du matin.—M. de Chavigny est arrivé ce matin une heure avant que le roi fût éveillé. M. de Noyers et lui, après avoir conféré ensemble, ont été trouver Sa Majesté, à laquelle ils ont rendu compte bien au long de toutes les affaires dont elle a lu elle-même les mémoires. Toutes les résolutions ont été prises conformes aux sentiments de son Éminence, et les dépêches s'en feront ce jour sans faillir. Le roi approuve le voyage de M. Castelan en Piémont.Chavigny, De Noyers.» Ici tout est frappant. Le 11 juin Richelieu a dû recevoir la décisive nouvelle. A l'instant même il a envoyé Chavigny au roi avec les preuves, et aussi avec les mesures par lui proposées. Chavigny a voyagé toute la nuit, et le 12 au matin, avec de Noyers, il a vu le roi, qui a lu les mémoires adressés par Richelieu, entendu les explications des deux ministres, et immédiatement approuvé et adopté les mesures nécessaires, entre autres l'envoi de Castelan à l'armée d'Italie pour arrêter le duc de Bouillon. Le 12, Louis XIII n'avait pas hésité. Mais depuis ses réflexions avaient été très-sombres. Lettre de de Noyers à Chavigni, retourné à Tarascon, du 15 juin: «Je pense que l'on sera contraint de chercher le moyen de faire parler au roi M. de M. (azarin), car il lui revient d'étranges pensées en l'esprit. Il me dit hier qu'il avoit douté si l'on n'auroit pas mis un nom pour l'autre. J'ai dit là -dessus tout ce que vous pouvez imaginer, mais le roi est toujours dans une profonde rêverie. Le roi s'est trouvé mal toute la nuit, et sur les deux heures Sa Majesté a pris médecine, puis elle a dormi deux heures. Je l'ai vue ce matin et lui ai dit des nouvelles de son Éminence, dont elle a été bien aise d'apprendre l'amendement. En même temps je lui ai fait voir l'extrait de la lettre de M. de Courbonne, et par icelle l'accommodement de son Éminence de Savoie et l'avis sur les îles. Sur quoi elle n'a fait aucune réflexion, et elle m'a dit: Quel saut a fait M. le Grand! et cela deux ou trois fois de suite...» Autre lettre du même jour: «J'estime que le plus tôt que M. le cardinal Mazarin pourroit venir ici seroit le mieux, car en vérité je reconnois que Sa Majesté a besoin de consolation et qu'elle a le c[oe]ur fort serré.»—Lettre du 17 juillet; de Noyers à Richelieu sur les dispositions du roi: «Le roi nous a dit à l'oreille que Sedan valoit bien une abolition, mais que pour M. le Grand il ne lui pardonneroit jamais, et qu'il l'abandonnoit aux juges pour en faire selon leur conscience.»—Lettre du 19 juillet: «Le roi a eu la pensée de sauver la vie à M. de Bouillon pour avoir Sedan, mais de ne laisser pas de faire condamner M. le Grand.»—Lettre de Chavigni à Richelieu du 26 août: «...Le roi me parlant il y a deux jours du procès des conjurés, me dit qu'il n'auroit point l'esprit en repos qu'il ne vît M. le Grand châtié, et que c'étoit un monstre d'ingratitude et de méchanceté.»
[212]Relation de Fontrailles, collection Petitot, t. LIV, p. 438: «Soudain que je fus seul avec M. de Thou (à Carcassonne après le voyage d'Espagne), il me dit le voyage que je venois de faire, ce qui me surprit fort, car je croyois qu'il lui eût été celé. Quand je lui demandai comme quoi il l'avoit appris, il me déclara en confiance fort franchement qu'il le savoit de la reine, et qu'elle le tenoit de Monsieur. A la vérité, je ne la croyois pas si bien instruite, quoique je n'ignorasse pas que Sa Majesté eût fort souhaité qu'il se pût former une cabale dans la cour, et qu'elle y avoit contribué de tout son pouvoir, pour ce qu'elle n'en pouvoit que profiter.»
[213]Archives des affaires étrangères.France, t. CII. Chavigni à Richelieu, 24 octobre: «Le roi fit hier assez mauvaise chère à la reine... Il est toujours fort animé contre elle et en parle à tous moments.»
[214]Archives des affaires étrangères,ibid., t. CI, lettre de Le Gras, secrétaire des commandements de la reine, à Chavigni. Saint-Germain, 2 juillet 1642: «Cette extrême ingratitude lui est en telle horreur qu'elle en témoigne ses sentiments au roi par la lettre qu'elle vous prie de lui rendre, ainsi qu'à son éminence celle ci-jointe.»Ibid., Chavigni à Richelieu, du 28 juillet: «J'ai trouvé la reine tellement reconnoissante des obligations qu'elle a à monseigneur, qu'il seroit bien difficile de lui faire changer la résolution qu'elle a prise de ne plus rien faire que par les conseils de son Éminence, et de se jeter entièrement entre ses bras. Elle m'a commandé de lui donner cette assurance de sa part.»Ibid., le même au même, 12 août: «...Je suis persuadé que la tendresse que la reine témoigne pour monseigneur est sans dissimulation, et qu'il n'y a rien au monde plus aisé que l'y entretenir, ne demandant autre grâce dans le monde que d'être auprès de messieurs ses enfants, sans y prétendre aucun pouvoir, ni se mêler de leur éducation dont elle souhaite passionnément que monseigneur soit le maître. Elle m'a commandé d'en assurer son Éminence, et qu'elle est dans une extrême impatience de le voir.»Ibid., t. CII, Le Gras à Chavigni, sans date: «La reine envoyant son écuyer ordinaire au roi pour se réjouir de sa guérison, et savoir de ses nouvelles, écrit aussi à son éminence pour le même sujet. Elle vous prie encore de dire à son éminence que ne désirant point lui donner peine, sachant bien qu'il ne peut encore signer, elle n'attend point de réponse, et ne se tiendra pas moins assurée de son affection pour elle.»
[215]Archives des affaires étrangères,ibid.Lettre déjà citée du 28 juillet.
[216]Ibid.Lettre déjà citée du 12 août.
[217]Dante.
[218]Cette déclaration a été imprimée, mais elle est si rare, et elle est si curieuse et si importante, que nous la donnons dans l'Appendice,notes du chapitre IV.
[219]Dans son no77, p. 519.
[220]Le futur maréchal d'Hocquincourt, homme de guerre et de plaisir, politique incertain, qui, dans la Fronde, erra de Mazarin à Condé, et écrivit à Mmede Montbazon:Péronne est à la belle des belles.
[221]Non pas le petit hôtel de Luynes, sur le quai des Grands-Augustins, au coin de la rue Gît-le-Cœur, demeure du fils du connétable, dont Perelle a donné une charmante petite gravure, et où le chancelier Séguier se réfugia pendant la Fronde, quand la populace l'attaqua sur le pont Neuf allant au Parlement, mais l'hôtel de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, qui, comme nous l'avons déjà dit, devint depuis l'hôtel d'Épernon, et plus tard, en 1663, l'hôtel de Longueville. Mmede Chevreuse fit bâtir alors, par le célèbre architecte Lemuet, le bel hôtel de la rue Saint-Dominique-Saint-Germain, que Perelle a aussi représenté, et qu'habite encore aujourd'hui M. le duc de Luynes.
[222]Tome Ier, p. 186.
[223]La Rochefoucauld,Mémoires, p. 369.
[224]La Rochefoucauld,ibid.
[225]Voyez sur ces commencements de Mazarin, La Rochefoucauld, Mmede Motteville, La Châtre, l'un et l'autre Brienne.
[226]La jeunesse deMmede Longueville, 4eédit., ch.III, p. 223, etc.
[227]Voyez l'examen de cette question aussi importante qu'obscure dans Mmede Hautefort, chap. IV; voyez surtout les lettres jusqu'ici inédites d'Anne d'Autriche, citées dans l'Appendicede cet ouvrage.
[228]Ce sont les paroles mêmes de Mmede Motteville, t. Ier, p.162. Ce passage est si important qu'il nous faut le donner ici tout entier: «On en fit autant et plus (de visites et de compliments) à Mmede Chevreuse comme à celle qui avoit régné dans le cœur de la reine, et qui dans toutes ses disgrâces avoit toujours conservé des intelligences avec elle et avoit paru posséder entièrement son amitié. On y pouvoit ajouter les obligations de ses souffrances qui l'avoient menée promener par toute l'Europe; et quoique ses voyages eussent servi à sa gloire et à lui donner le moyen de triompher de mille cœurs, ils étoient tous à l'égard de la reine des chaînes qui la devoient lier à elle plus étroitement que par le passé. Mais les choses de ce monde ne peuvent pas toujours demeurer en même état; cette vicissitude naturelle à l'homme fit que la duchesse de Chevreuse, qui étoit appréhendée et mal servie par ceux qui prétendoient au ministère, ne trouva plus en la reine ce qu'elle y avoit laissé, et ce changement fit aussi que la reine de son côté ne trouva plus en elle les mêmes agréments qui l'avoient autrefois charmée. La souveraine étoit devenue plus sérieuse et plus dévote, et la favorite étoit demeurée dans les mêmes sentiments de galanterie et de vanité qui sont de mauvais accompagnements pour un âge avancé. Ses rivaux et ses rivales dans la faveur avoient dit à la reine qu'elle vouloit la gouverner; et la reine étoit tellement prévenue de cette crainte qu'elle eut quelque peine à se résoudre à la faire revenir si vite, vu les défenses que le roi lui en avoit faites, ce qui en effet étoit louable en la reine et lui devoit être d'une grande considération. Mmela Princesse, qui haissoit Mmede Chevreuse et qui étoit d'humeur approchante de celle de la reine, avoit travaillé de tout son pouvoir à la dégoûter d'elle. L'absence en quelque façon avoit servi à détruire l'ancienne favorite dans l'esprit de la reine, et la présence avoit beaucoup contribué à l'amitié ou plutôt à l'habitude qu'elle avoit prise avec Mmela Princesse. Quand cette importante exilée arriva, la reine néantmoins parut avoir beaucoup de joie de la revoir, et la traita assez bien. J'étois revenue à la cour depuis peu de jours. Aussitôt que j'eus l'honneur d'approcher de la reine j'en vis les sentiments sur Mmede Chevreuse, et je connus que le nouveau ministre avoit travaillé autant qu'il lui avoit été possible à lui faire voir ses défauts...»
[229]Mémoires,ibid., p. 378.
[230]Il avait été pour Mazarin dans les conciliabules qui avaient précédé la régence, et nous trouvons dans les Archives des affaires étrangères,France, CIV, un fragment d'une lettre de Montaigu à la reine, sans date, mais à peu près de ce temps-là , où dans un langage mystique il l'engage à fermer l'oreille aux mécontents et à rester unie à son ministre.
[231]Recueil, etc.
[232]Voyez plus bas, p.233, les motifs de cette dénomination; voyez aussiLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, p. 224: «On appelait ainsi les chefs des mécontents, à cause des airs d'importance qu'ils se donnaient, blâmant à tort et à travers toutes les mesures du gouvernement, affectant une sorte de profondeur et de subtilité quintessenciée qui les séparait des autres hommes.»
[233]Mémoires,ibid., p. 380.
[234]Archives des affaires étrangères,France, t. C, p. 135, lettre autographe de Châteauneuf à Chavigny, du 23 mars 1643, encore du vivant de Louis XIII, où il le remercie de l'assistance qu'il a prêtée à sa sœur, Mmede Vaucelas pour tenter de «le sortir de la rude et misérable condition où il est détenu depuis dix ans, dedans un âge fort avancé, et plein de maladies qui le travaillent continuellement.» Il ne fut élargi que dans les premiers jours de la régence.Ibid., p. 404: «Angoulesme, 25 may 1643. Sire, je rends très humbles grâces à Votre Majesté de celle qu'il lui a plu me faire après une si longue détention, en me permettant de me retirer dans une de mes maisons. Ce sera pour y employer si peu qu'il me reste de jours à prier Dieu pour qu'il lui plaise donner à Vostre Majesté de longues et heureuses années. Ce sont les supplications les plus dévotes que lui faict, Sire, de Votre Majesté, le très humble et très obéissant subject et serviteur,Châteauneuf.
[235]Voyez dans lesMémoires de M. de Montrésor, Leyde, 1665, 2 vol. in-12, la pièce intituléeRapport du procès, t. Ier, p. 228.
[236]Carnets autographes de Mazarin, IIecarnet, p. 10: «Non faccia sua Maestà sopraintendente Chatonof, se non vuol restabilirlo intieramente.»
[237]Voyez dans laJeunesse de Mmede Longueville, chap.III, p. 222, la lettre que Mazarin écrit sur ce sujet au duc de Brézé, le 28 mai 1643.
[238]Plus haut, chap.II.
[239]Mémoires, t. Ier, p. 126.
[240]Mémoires, t. Ier, p. 372.
[241]Tome Ier, p. 216.
[242]Sa mère, Mmede Vendôme, était une personne de la plus haute dévotion et qui en avait le langage.
[243]C'est Mazarin lui-même qui nous donne ce renseignement jusqu'ici ignoré, IIecarnet, p. 72 et 73.
[244]Mémoires, t. Ier, p. 136.
[245]Mémoires, t. Ier, p. 380-384.
[246]Charlotte-Marie de Lorraine était née en 1627.
[247]La jeunesse deMmede Longueville, chap.Ier, p. 101-106.
[248]Iercarnet, p. 112.
[249]Mémoires, t. Ier, p. 383.
[250]IIIecarnet, p. 39: «Si esamina la mia vita e si conclude che io sia impotente.»
[251]Voyez le chapitre IV, p.147.
[252]Recueil, etc., lettre du 12 juin 1643: «Je suis à la reine qui me fait l'honneur de me bien traiter. J'ai toutes les entrées libres, et même elle m'a accordé un don dont on me fait espérer que je tirerai près de cent mille écus. Mmede Chevreuse qui est bien avec elle me continue la confiance qu'elle a toujours témoigné avoir en moi.»
[253]IIecarnet, p. 22, et parmi lesLettres françaisesde Mazarin conservées à la bibliothèque Mazarine, celle du 13 août 1643 où le cardinal annonce à Châteauneuf que la reine lui rend le gouvernement de Touraine. Une autre lettre du 2 janvier 1644 le qualifie en effet deconseiller du roi en ses conseils, chancelier de ses ordres, et gouverneur de Touraine.
[254]Voyez plus haut, p.222.
[255]IIecarnet, p. 65, 68, 75; IIIecarnet, p. 11, 19, 25, 29, 44.
[256]IIIecarnet, p. 27, 43 et 55.
[257]Aux portraits si connus que La Rochefoucauld et Retz nous ont laissés des Importants on peut ajouter les lignes suivantes d'Alexandre de Campion,Recueil: «J'ai des amis qui n'ont pas toute la prudence qui seroit à désirer; ils se font un honneur à leur mode, et donnent des habits si extraordinaires à la vertu qu'elle me semble déguisée, de sorte qu'en cas qu'ils aient toutes les qualités essentielles ils s'en servent si mal que l'applaudissement qu'ils se sont attiré ne servira peut-être qu'à leur destruction.»
[258]IIecarnet, p. 70: «...Si predica siempre que es menester perdierse.»
[259]Ibid., p. 83: «Saint-Ibar portato dalla dama come un eroe.»
[260]Était-ce par pure politique, ou n'y avait-il pas là quelque mélange de galanterie? Ailleurs Mazarin prétend qu'à Bruxelles don Antonio Sarmiento était bien avec la duchesse; mais il ne faut pas oublier qu'il ne dit cela qu'après coup, au milieu de la Fronde, dans le dernier emportement de l'inimitié, et que nulle part nous n'avons rencontré la moindre trace de cette liaison. Voyez lesLettres du cardinal Mazarin, etc., par M. Ravenel, Paris, 1836, p. 15.
[261]IIIecarnet, p. 5, 24 et 25: «Que los majores enemigos que yo tenia eran los Vandomos et la dama que li anima todos, diciendo que se no si teneria luogo la resolucion de deshacerce de my, los negotios (no) irian bien, los grandes serian tan sujetos come antes, y yo siempre mas poderia con la reyna, y que era menester darse prima antes que Anghien concluviesse.»
[262]Voyez la précieuse collection déjà citée de lettres italiennes et françaises de Mazarin, 5 vol. in-fol. provenant de Colbert, qui sont aujourd'hui à la bibliothèque Mazarine: Lettres de 1642 à 1645.
[263]IIecarnet, p. 21 et 22.
[264]Ibid., p. 42.
[265]Ibid., p. 65: «Sy S. M. quiere conservar me de manera que puede ser de provechio a su servitio, es menester quitarse la masqhera, y azer obras que declarase la proteccion que quiere tener de mi persona.»
[266]Ibid., p. 77: «Es imposible servir con estos sobresaltos, mientras travajo di dia y de noche per complir a mis obligationes.»
[267]IIecarnet, p. 76: «Es sierto que continuan juntarse al jardin de Tullieri, que ablan contra el gobierno de la reyna los que se dicen sus majores serbidores, y que son contra my mas que nunca, hasta concluir siempre que sy per cabalas no podrano destruirme, intentaran otros modos.»
[268]Ibid., p. 93: «Ricevo mille avvisi di guardarmi.»
[269]IIIecarnet, p. 18: «Los Importantes ablan contra la reyna mas que nunca. Estan desperados contra Belingan y Montagu; dicen que el primero es un alcahuete (maquereau), y que all'otro daran mil palos; que es menester perder todos los que fueran de mi parte.»
[270]Ibid., p. 24: «Que muchas personas eran de manera animadas contra my que era imposibile que no me succediesse algun gran mal.»
[271]IIecarnet, p. 76: «Sy la mar puede sosegarse con echarmi como Jonas en la bocca de la balena!»
[272]Iercarnet, p. 108.
[273]IIIecarnet, p. 65: «La riputazione della Francia non è in cattivo stato, poiche, oltre li progressi che dà per tutto fanno le armi sue, è arbitra S. M. delle differenze dei principi d'Italia, e di quelle del re d'Inghilterra con il parlamento, non ostante che li Spagnuoli faccino il possibile e combattino per ogni verso questa qualità , sino a minacciare il papa se adherisce alli sentimenti ed alla mediazione di Francia.»
[274]Bibliothèque Mazarine,Lettres italiennes de Mazarin, 30 juin 1643, fol. 181.
[275]VoyezLa jeunesse deMmede Longueville, chap.III, etc.
[276]Sur l'hôtel Montbazon, voyez Sauval, t. II, p. 124.
[277]A peu près vers ce temps, ou du moins encore dans l'année 1644, Mazarin trace un portrait sévère de Mmede Longueville où il ne la calomnie pas, mais où il ne lui passe rien, et met le doigt sur tous ses défauts sans relever ses qualités, comme si déjà il pressentait en elle sa plus redoutable ennemie.La jeunesse deMmede Longueville, chap.IV, p. 271 et 272.
[278]Ibid., chap.II, p. 199.
[279]Alexandre de Campion, dans leRecueilplusieurs fois cité, lettre à Mmede Montbazon: «Si mon avis eût été suivi chez Renard, vous seriez sortie pour obéir à la reine, vous n'habiteriez pas la maison de Rochefort, et nous ne serions pas dans le péril dont nous sommes menacés.»
[280]IIIecarnet, p. 100: «Come dovrei governarmi se nascesse querela trà il duca d'Enghien e la casa di Vendomo, senza che vi fosse intrigato il servitio della regina?»
[281]Mmede Motteville, t. Ier, p. 83.
[282]Mémoires, t. Ier, p. 388.
[283]Mémoires, t. Ier.
[284]Mémoires, t. Ier, p. 65.
[285]Mémoires, édit. de Leyde, ou collect. Petitot, t. LIX.
[286]Mémoires, t. Ier, p. 184.
[287]Mémoires, collect. Petitot, t. LXIX, p. 419.
[288]Mémoires, t. Ier, p. 374.
[289]IIIecarnet, p. 28, 34, 70, 82, 84, 85 et 91; IVecarnet, p. 5.
[290]IIIecarnet, p. 88.
[291]IVecarnet, p. 8.
[292]Bibliothèque Mazarine,Lettres de Mazarin; lettres françaises, t. I, fol. 274, recto.
[293]Lettres italiennes de Mazarin, t. I, lettre à Ondedei, du 25 mars 1645, fol. 226, verso;ibid., lettre du 8 mai à Vincenzo Martinozzi, fol. 240, verso;ibid., lettre du 26 mai à Paolo Macarani, fol. 246;ibid., lettre du 2 juin au cardinal Grimaldi, fol. 248;ibid., lettre à Ondedei, du même jour;ibid., lettre au cardinal Grimaldi, du 15 juillet, et à Ondedei, du 5 septembre; au cardinal Grimaldi, 2 juin 1645, fol. 248; à Ondedei, 2 juin 1645; au cardinal Grimaldi, 15 juillet 1645; à Ondedei, 5 septembre 1645. Voyez l'Appendice.
[294]Carnet IVe, p. 8.
[295]Personne, à Paris, ne doutait qu'on ne suivît très-sérieusement l'affaire des deux gentilshommes. Une correspondance privée fort curieuse, conservée aux Archives des affaires étrangères,France, t. CV, contient une lettre d'un nommé Gaudin à Servien, l'habile diplomate, sous la date du 31 octobre 1643, où se trouve le passage suivant, qui reproduit presque dans les mêmes termes celui des carnets: «L'on a fait recherche des hotelleries au fauxbourg Saint-Germain où les deux gentilshommes emprisonnés dans la Bastille ont logé. En voyant qu'on ne pouvait rien découvrir par leurs interrogatoires et ceux de leurs laquais, on a aussi emprisonné les hotes et hotesses desdites hotelleries, à sçavoir, du Sauvage et de quelque autre, pensant les intimider et tirer quelque confession du fait dont ils sont soupçonnés; ce qui n'a non plus servi; et ils ont été relâchés.»
[296]IVecarnet, p. 9.
[297]Mémoires de Henri de Campion, etc., 1807, à Paris, chez Treuttel et Würtz, in-8o. Petitot en a donné seulement un extrait à la suite desMémoires de La Châtre, t. LI de sa collection.
[298]Recueilsouvent cité.
[299]Voyez le chapitreIV, p.181-182.
[300]Voyez laJeunesse deMmede Longueville, chap.IIet chap.III. C'est vraisemblablement aussi la partie de plaisir que décrit Scarron, t. VII, p. 178,Voyage de la Reine à La Barre.
[301]Voyez dans laJeunesse deMmede Longueville, chap.III, la lettre de cachet adressée à Mmede Montbazon.
[302]IIIecarnet, p. 10, en espagnol: Sy yo creyera lo que dicen que S. M. se sierve di mi per necessidad, sin tener alguna inclinacion, no pararia aqui tres dias.»
[303]IIecarnet, p. 65: «Quitarse la masqhera.»
[304]IIIecarnet, p. 45: «...mas contodo esto siendo el temor un compagnero inseparabile dell'affeccion, etc., etc.»
[305]IVecarnet, p. 3: «La giallezza cagionata dà soverchio amore.»
[306]Mémoires, t. Ier, p. 185.
[307]IIIecarnet, p. 93 et dernière: «Ogniuno mi dice che li disegni contra me non cesseranno, finche si vedrà che appresso di S. M. vi è un potente partito contro di me, e capace d'acquistar lo spirito di S. M. quando mi succeda una disgrazia.»
[308]Tome Ier, p. 185.