Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare.1.Ambulareprésente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part àstareetcubare, d’autre part àcurrereetsalire;spatiaridonne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.2.Deambulare, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué ;inambulare, se promener dans un espace limité ;obambulare, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus.1. L’amentiaa un caractère négatif et passif ; ladementia, une influence positive et violente. L’amensmanque de raison : ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot,ἄφρων; ledemens, tout en croyant bienfaire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé,παράφρων. On ditamens metu,terrore, hébété par la peur, par l’épouvante ; maisdemens scelere,discordia, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.2.Insanusa un sens privatif ;vesanus, un sens dépravatif. L’insanusn’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Levesanus, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.3.Excors, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition àcordatus;vecors, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.4.Furor, surexcitation de l’esprit, extase, transport,μανιϰός;delirium, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance ;rabies, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral,λύσσα. Lefuribundusoublie les lois de la matière ; ledelirusradote ; lerabidusveut mordre et nuire à toute force.5.Cerritusetlymphatusreprésentent l’emportement comme un état de possession :cerritusouceritus, possédé de Cérès ;lymphatus, possédé des nymphes.Amictus,amiculum, v.Vestis.Amicus. Amans. Amator.Amicussuppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami,φίλος;amansetamator, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent :amans, un amour de passage ;amator, une passion durable, commeἐραστής.Cic.“Alba tunc antiquissimus non solumamicus, verum etiamamator.”“Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour.”Tusc. IV, 12.“Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem.”“Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.”Amicus, v.Socius.Amittere. Perdere. Jactura.1.Amittere, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, commeἀποϐαλεῖν, par opposition àretinere;perdere, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, commeδιολέσαι, par opposition àservare.Tac.Ann. II, 25.“Perditaclasse,amissisarmis.”“Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.”2.Amissio, perte involontaire ;jactura, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par-dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie.Plin.Ep. 1, 12.“Jacturamgravissimam feci, sijacturadicenda est tanti viriamissio.”“Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme.”(Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)Amittere, v.Mittere.Amnis, v.Fluvius.Amor, v.DiligereetStudium, n° 2.Amplecti. Complecti.Amplectise dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible ;complecti, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré :amplecti, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner ;complecti, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.Amplus, v.Magnus.Anceps, v.Dubius.Ancilla, v.Servus.Angor, v.Cura.Anguis, v.Repere.Angustus. Arctus. Densus. Spissus.1.Angustusetarctusont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent ;densusetspissus, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.2. L’angustuma pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposélatus, commeστενός; l’arctumest clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition àlaxus, commeστενωπός. On ne peut jamais appelerarctusleclavus angustus.Mela. III, 2, 8.“Rhenus ad dextram primoangustuset sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterumarctior, iterumque fluvius emittitur.”“A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau”: selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.3.Densusprésente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition àrarus, commeδασὺςetθαμειός;spissusles représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition àsolutus, commeπυϰνὸςetσυχνός. L’idée qui domine dansdensusest celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace ; dansspissus, c’est l’absence de vides : les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime.Animaetaer, l’air pris comme élément,ἀήρ:anima, par opposition aux trois autres éléments, àterra,mare,ignis; maisaer, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, àæther;auraetspiritus, l’air en mouvement :aura, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente,αὖρα;spiritus, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration,πνεῦμα; enfinsublime, l’air suspendu au-dessus de nous : ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition àhumus, commeμετάρσιον,μετέωρον.Anima. Animus. Mens.1.Anima, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration,ψυχή;animus, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté,θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellentanimæ, ce sont des ombres ; au sens métaphysiqueanimi, ce sont des esprits. L’animaest un des éléments de l’existence du corps ; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’animus.Sen.Ep. 4.“Difficile estanimumperducere ad contemptionemanimæ.”“Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive.”Juven.XV, 148.“Principio indulsit communis conditor illis tantumanimas, nobisanimumquoque.”“Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.”2.Animus, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles ; il est alors,avecmens, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties.Cic.Rep. II, 40.“Ea quæ latet inanimishominum quæque parsanimimensvocatur.”“L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme.”Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté,animusdevient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience,mens.Tac.H. I, 84.“Quem nobisanimum, quasmentesimprecentur ?”“Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils ?”Ter.Andr. I, 1, 137.“Malamens, malusanimus.”“Mauvaise tête, mauvais cœur.”Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquementmensse trouvera avecanimusdans le rapport d’un tout à sa partie.Cic.Tusc. III, 5.“Mens cui regnum totiusanimianaturatributum est.”“La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.”Animadvertere. Notare.Animadverterese dit de l’esprit qui remarque et observe ;notare, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera.1.Animaletanimans, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris :animalcaractérise la nature de l’être ; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés ; l’opposé estinanimus, l’équivalent grecζῶον.Animansprécise l’état dans lequel se trouve l’être : il vit, il respire ; l’opposé estexanimus. On ditanimaliumcadavera;animantiumcadaveraferait un non-sens.Bellua,bestiaetpecusont trait à l’intelligence ; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avechomo;bestiaetferaexpriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.2.Belluadésigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins ;pecus, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté : c’est le bétail ;bestia, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, commeθηρίον;fera, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages,θήρ.Curt.IX, 10, 10.“Indi maritimiferarumpellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoquebelluarum, quas fluctus ejecit, carne vescuntur.”“Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.”Annales. Historiæ.Annales, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite ;historiæ, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur desannalesse propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables ; celui deshistoriætraite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus.1.Antiquumetpriscum, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition ànovum, commeπαλαιός;vetusetvetustum, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition àrecens, commeγέρων,γεραιὸς,γερούσιος">.Antiquus homo, homme du bon vieux temps ;vetus, vieillard. Les classiques s’appellentantiqui scriptores, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé ;veteres, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans.Cic.Verr. II, 21.“Vereor ne hæc nimisantiquaet jamobsoletavideantur.”“J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage.”Comparez avecOrat. I, 37.“Ut illivetusatque usitata exceptio daretur.”“Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.”2.Vetusse rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage ;vetustusa trait aux priviléges de l’âge : ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés ; il a pour opposénovicius. Enfinveternusfait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontreveternusque sous la forme de substantif,veternum, dans le sens de somnolence,vetusle supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge.Tac.Ann. XI, 14et15.“VeterrimisGræcorum.”Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et“vetustissimaItaliæ disciplina.”La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.3.Antiquusse dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent ;priscusest un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, commeἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.4.Antiquusetpriscusse disent d’une époque écouléedepuis très-longtemps ;pristinus, d’un temps passé quelconque, commeπρότερος, antérieur.Antrum, v.Specus.Anus. Vetula.Anus, servant de féminin àsenex, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage ;vetula, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam.1.Aperire, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à-dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible ;patefacere, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.2.Returare, donner accès par une ouverture qui était bouchée ;recludere, par une ouverture fermée à clef ;reserare, paг une ouverture fermée au verrou.3.Aperte, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition àocculte, commeφανερῶς;palam, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, commeἀναφανδόν;manifesto, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, commeδῆλον.4.Palammarque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie ;propalam, par dessein prémédité.Cic.Orat. I, 35.“Neque proposito argento neque tabulis et signispropalamcollocatis”, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avecPis. 36.“Mensispalampropositis”, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.Apparet. Eminet.Apparetse dit de ce qui est visible à l’observation ;eminet, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux.Sen.Ir. I, 1.“Apparentalii affectus, hic (scil. iræ)eminet.”“Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.”Apparet, v.Constat.Appellare, v.AlloquietNominare.Aptus, v.Idoneus.Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum.1.Aqua, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition àterra;unda, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition àsolum;lympha, simple synonyme poétique d’aqua, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectiflimpidus, qui n’a point la même racine.2.Undaest un intermédiaire entreaquaetfluctus, commeauraentreaeretventus. Carundadésigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, maisfluctusetfluenta, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête :fluctus, en général, c’est la mer avec ses flots ;fluentum, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls desfluctus, mais toute eau qui n’est pas stagnante a desundas. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dansCic.Mil. 2, 5.“Tempestates et procellas in illis duntaxatfluctibusconcionum semper putavi Miloni esse subeundas”, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple ; etPlanc.6, 15.“Si campus atque illæundæcomitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu”, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir.Sen.N. Q. III, 10.“Quid si ullamundamsuperesse mireris totfluctibusfractis ?”“Étonnez-vousplutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés.”EtIV, 2.“Nec mergit cadensunda, sed planis aquis tradit.”“Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.”Aquosus, v.Udus.Arbitrari, v.Censere.Arcana. Secreta. Mysteria.Arcanaetmysteria, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect ;arcanaest d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets ;mysteria, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis ; enfin,secreta, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte.Tac.I, 6.“Sallustius Crispus particepssecretorum... monuit Liviam nearcanadomus vulgarentur.”“Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.”Arcere. Prohibere.Arcere, repousser et empêcher d’entrer, par opposition àadmittere;prohibere, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition àadhibere. L’arcensse tient sur la défensive, comme leresistens, et agit par sollicitude pour la personne menacée ; leprohibensprend l’offensive, comme lepropulsans, et agit par inimitié contre l’agresseur.Arcessere. Accire. Evocare. Accersere.1.Arcessereetaccersere, termes généraux, signifient simplement faire venir ;accire, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal ;evocare, mander, à un inférieur. L’arcessenspousse à se présenter, l’acciensengage, l’evocansordonne.Cic.Att. V, 1.“Tu invita mulieres, egoacciveropueros.”“Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens.”Comparez avecDej. 5.“Venit vel rogatus ut amicus, velarcessitusut socius, velevocatusut qui senatui parere didicisset.”“Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir.”Liv.X, 19.“Collegæauxilium quodacciendumultro fuerit.”“Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon.”Comparez avecXLIV, 31.“Evocatilitteris imperatoris.”“Mandés par un ordre écrit du général.”EtXXXIX, 11.“Æbutiaaccitaad Sulpiciam venit.”“Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée.”Mais12.“Ut Hispalam libertinamarcesseretad sese.”“Afin de faire venir l’affranchie Hispala.”2.Arcesseresignifiait primitivement pousser à venir ;accersere, à accourir en toute hâte ; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.Arctus, v.Angustus.Ardere. Flagrare.Ardere, brûler comme un brasier,αίθειν;flagrare, être en flammes, commeφλέγεσθαι. Au figuré,arderemarque une passion qui couve ;flagrare, une passion qui éclate.Cic.Or. III, 2, 8.“Non vidit Crassusflagrantembello Italiam, nonardenteminvidia senatum.”“Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.”Arduus. Difficilis.Arduus, difficile à atteindre, par opposition àpronus;difficilis, à exécuter, par opposition àfacilis.Arduusest d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité.Plin.Ep. VI, 17.“Est enim res difficilis,ardua.”“La chose est pleine de difficultés et d’obstacles.”Tac.H. II, 76.“Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsisgloriosum autpromptum effectu, aut certe nonarduumsit.”“Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles.”Cic.Verr. I, 51.“Cum sibi omnes ad illum allegationesdifficiles, omnes aditusarduosac pæneinterclusosviderent.”“Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.”Arduus, v.Altus.Arena, v.Sabulo.Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. Accusare.Arguere, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer ;incusareet le terme rare deculparene marquent qu’une accusation extrajudiciaire ;criminari, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant ;insimulare, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect ;deferre, dénoncer au juge ;accusare, accuser au criminel.Cic.Lig. IV, 10.“Arguisfatentem. Non est satis.Accusaseum.”“Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.”Aridus. Torridus. Siccus.Aridusettorridusmarquent une privation de sucs : lesaridaont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur ; l’équivalent grec estαὖος, l’opposéhumidus; lestorrida, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans ; ils ont pour opposéuvidus, commeσϰληρός;siccusne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition àmadidus, commeξηρός.Plin.H. N. XII, 12.“Ne sint fragilia etaridapotius quamsiccafolia.”“De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches.”EtXV, 29:“Cato docuit vinum fieri ex nigra myrtasiccatausque inariditatemin umbra.”“Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.”Arista, v.Culmus.Armentum, v.Pecus.Armus. Humerus. Ala. Axilla.Armus, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence descapula, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette,ὦμος;humerus, la surface plane qui existe chez l’homme au-dessus du bras, l’épaule,ἐπωμίς;alaetaxilla, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle,μασχάλη.Ovid.Met. XII, 396.“Exhumerismedios coma dependebat inarmos.”“Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes.”(Il s’agit du centaure Cyllarus.)Arrogantia, v.Superbia.Artes, v.Litteræ.Artifex, v.Faber.Artus, v.Membrum.Arundo, v.Culmus.Arvum, v.Villa.Ascia. Securis.Ascia, la hache du charpentier pour débiter le bois ;securis, le couperet du boucher pour dépecer la viande.Asper, v.Horridus.Aspernari, v.Spernere.Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari.1.Assentiri, donner son assentiment par conviction ; l’opposé estdissentire;assentari, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé estadversari.2.Assentaridésigne la flatterie qui a horreur de contredire, commeθωπεύειν;blandiri, celle qui fait dire deschoses agréables, commeἀρεσϰεύειν;adulari, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, commeϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’assentansrecherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante ; leblandiens, par des complaisances et des marques visibles d’affection ; l’adulans, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’assentatio, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise ; lesblanditiæou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme ; l’adulatioou la flatterie, la flagornerie,ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens.Sen.Ir. III, 8.“Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque inadulationem, nam iracundos nimiaassentatiooffendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum eratblandiriquam maledicere.”“Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer.”EtII, 28.“Sæpeadulatiodumblandituroffendit.”“L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.”Asseverare, v.Dicere.Assiduitas, v.Opera.Astrum, v.Stella.Astutus. Callidus. Vafer. Versutus.Astutus, en vieux latinastus, etcalliduss’entendent de la finesse au sens intellectuel ; c’est une variété de la prudence :astutusse dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes ; il est synonyme desolers, rusé ;callidusse dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommeset de l’expérience du monde ; il est synonyme dererum perituset signifie, par corruption, délié, commeϰερδαλέος.Vaferetversutusdésignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité :vafercaractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré,πανοῦργος;versutus, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, commeστροφαῖος; il a pour opposé simplex.Plin.Ep. VII, 6.“Juvenis ingeniosus sed parumcallidus.”“Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé.”Cic.Brut. 48.“Calliduset in capiendo adversarioversutus.”“Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.”Ater. Niger. Pullus.1.Ater, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition àalbus;niger, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition àcandidus. L’atrumne cause qu’une impression triste et sombre ; lenigrumproduit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dansHor.Carm. I, 32, 11.“Lycumnigrisoculisnigroque crine decorum.”“Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs.”Tac.G. 43.“Nigrascuta, tincta corpora,atrasad prælia noctes legunt.”“Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.”2.Ateretniger, le noir parfait, foncé,pullus, le brun qui tire sur le noir ; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.Atque, v.Et.Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus.1.Atrox,truxettruculentusse disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur lesyeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable :atroxmarque une qualité des choses ;truxettruculentus, des qualités personnelles.Dirusetsævusse disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux :dirus, par essence, par une propriété des choses, effroyable,δεινὸς, maissævus, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel,αἰνός.Plin.Pan. 53.“Atrocissimaeffigiessævissimidomini.”“L’image effroyable du plus cruel des maîtres.”Mela.II, 7.“Ionium pelagus...atrox,sævum”, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.2.Truxdésigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel ;truculentus, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute esttruculentus, Achille courroucé esttrux. Maistruculentior,truculentissimusservent de comparatif et de superlatif àtrux.3.Truxettruculentusvultusregard courroucé qui inspire la crainte, commeτραχύς;torvus(regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, commeτορὸνouταυρηδὸν ϐλέπων.Plin.H. N. XI, 54.“Contuitu quoque multiformes,truces,torvi, flagrantes.”“Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux ; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants”, etc.
Ambulare. Spatiari. Deambulare. Inambulare. Obambulare.1.Ambulareprésente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part àstareetcubare, d’autre part àcurrereetsalire;spatiaridonne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.2.Deambulare, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué ;inambulare, se promener dans un espace limité ;obambulare, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.
1.Ambulareprésente la promenade comme un exercice fait à loisir, c’est un mouvement de va-et-vient par opposition d’une part àstareetcubare, d’autre part àcurrereetsalire;spatiaridonne l’idée d’un exercice au grand air, par opposition à l’espace restreint d’une chambre ou d’un lieu fermé.
2.Deambulare, aller et venir jusqu’à ce qu’on soit fatigué ;inambulare, se promener dans un espace limité ;obambulare, se promener le long d’un mur, d’une allée, ou à côté d’un compagnon de promenade.
Amens. Demens. Insanus. Vesanus. Excors. Vecors. Furor. Delirium. Rabies. Cerritus. Lymphatus.1. L’amentiaa un caractère négatif et passif ; ladementia, une influence positive et violente. L’amensmanque de raison : ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot,ἄφρων; ledemens, tout en croyant bienfaire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé,παράφρων. On ditamens metu,terrore, hébété par la peur, par l’épouvante ; maisdemens scelere,discordia, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.2.Insanusa un sens privatif ;vesanus, un sens dépravatif. L’insanusn’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Levesanus, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.3.Excors, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition àcordatus;vecors, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.4.Furor, surexcitation de l’esprit, extase, transport,μανιϰός;delirium, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance ;rabies, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral,λύσσα. Lefuribundusoublie les lois de la matière ; ledelirusradote ; lerabidusveut mordre et nuire à toute force.5.Cerritusetlymphatusreprésentent l’emportement comme un état de possession :cerritusouceritus, possédé de Cérès ;lymphatus, possédé des nymphes.
1. L’amentiaa un caractère négatif et passif ; ladementia, une influence positive et violente. L’amensmanque de raison : ou bien il n’agit pas du tout, ou il agit sans raison, comme un idiot,ἄφρων; ledemens, tout en croyant bienfaire, rompt en visière à la raison, comme l’insensé,παράφρων. On ditamens metu,terrore, hébété par la peur, par l’épouvante ; maisdemens scelere,discordia, devenu fou à la suite d’un crime, d’une querelle.
2.Insanusa un sens privatif ;vesanus, un sens dépravatif. L’insanusn’a plus d’empire sur les sens, la raison le fuit, il dépasse dans un accès de passion la mesure et le but et nous paraît coupable. C’est un homme en démence. Levesanus, aveuglé par des illusions, sort de la bonne voie, poursuit un but trompeur et nous paraît malheureux. C’est un visionnaire.
3.Excors, stupide, tout à fait incapable de réflexion et d’examen, par opposition àcordatus;vecors, extravagant, incapable de réfléchir avec calme, parce que l’âme est possédée par une idée fixe.
4.Furor, surexcitation de l’esprit, extase, transport,μανιϰός;delirium, affaissement des facultés de l’esprit par des causes physiques, comme chez une personne qui tombe en enfance ;rabies, accès de fureur méchante qui étouffe le sens moral,λύσσα. Lefuribundusoublie les lois de la matière ; ledelirusradote ; lerabidusveut mordre et nuire à toute force.
5.Cerritusetlymphatusreprésentent l’emportement comme un état de possession :cerritusouceritus, possédé de Cérès ;lymphatus, possédé des nymphes.
Amicus. Amans. Amator.Amicussuppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami,φίλος;amansetamator, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent :amans, un amour de passage ;amator, une passion durable, commeἐραστής.Cic.“Alba tunc antiquissimus non solumamicus, verum etiamamator.”“Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour.”Tusc. IV, 12.“Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem.”“Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.”
Amicussuppose une affection mutuelle, cordiale et paisible, ami,φίλος;amansetamator, un amour qui peut fort bien ne pas être partagé et qui n’en est que plus ardent :amans, un amour de passage ;amator, une passion durable, commeἐραστής.Cic.“Alba tunc antiquissimus non solumamicus, verum etiamamator.”“Alba dont l’amitié parfaite s’élevait alors jusqu’à la constance de l’amour.”Tusc. IV, 12.“Inter ebriositatem et ebrietatem interest, aliudque est amatorem esse, aliud amantem.”“Je fais une différence entre l’ivrognerie et l’ivresse, je distingue l’amant de l’amoureux.”
Amittere. Perdere. Jactura.1.Amittere, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, commeἀποϐαλεῖν, par opposition àretinere;perdere, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, commeδιολέσαι, par opposition àservare.Tac.Ann. II, 25.“Perditaclasse,amissisarmis.”“Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.”2.Amissio, perte involontaire ;jactura, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par-dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie.Plin.Ep. 1, 12.“Jacturamgravissimam feci, sijacturadicenda est tanti viriamissio.”“Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme.”(Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)
1.Amittere, perdre en ce sens que l’objet perdu cesse d’être en notre pouvoir, commeἀποϐαλεῖν, par opposition àretinere;perdere, en ce sens que l’objet est détruit et ne peut plus servir à personne, commeδιολέσαι, par opposition àservare.Tac.Ann. II, 25.“Perditaclasse,amissisarmis.”“Malgré la ruine de leur flotte et la perte de leurs armes.”
2.Amissio, perte involontaire ;jactura, perte volontaire à laquelle on se soumet, sacrifice qu’on fait pour éviter une plus grande perte, à l’exemple du marin qui jette la cargaison par-dessus bord pour sauver son vaisseau et sa vie.Plin.Ep. 1, 12.“Jacturamgravissimam feci, sijacturadicenda est tanti viriamissio.”“Je suis accablé par un malheur auquel ma volonté devrait souscrire, si je puis parler ainsi de la perte qui me prive d’un si grand homme.”(Il s’agit de Corellius Rufus qui a cherché dans le suicide la fin de ses souffrances.)
Amplecti. Complecti.Amplectise dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible ;complecti, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré :amplecti, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner ;complecti, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.
Amplectise dit d’un geste auquel on n’emploie souvent qu’un seul bras, et qui témoigne d’une inclination et d’une sympathie paisible ;complecti, c’est entourer, serrer avec les deux bras en signe d’amour et de passion ou d’abandon familier. De même au figuré :amplecti, c’est prendre quelque chose en main par opposition à négliger et à dédaigner ;complecti, c’est s’emparer tout à fait d’une chose par opposition à posséder à demi, à peu près.
Angustus. Arctus. Densus. Spissus.1.Angustusetarctusont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent ;densusetspissus, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.2. L’angustuma pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposélatus, commeστενός; l’arctumest clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition àlaxus, commeστενωπός. On ne peut jamais appelerarctusleclavus angustus.Mela. III, 2, 8.“Rhenus ad dextram primoangustuset sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterumarctior, iterumque fluvius emittitur.”“A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau”: selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.3.Densusprésente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition àrarus, commeδασὺςetθαμειός;spissusles représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition àsolutus, commeπυϰνὸςetσυχνός. L’idée qui domine dansdensusest celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace ; dansspissus, c’est l’absence de vides : les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.
1.Angustusetarctusont trait à l’espace même et à la proximité des limites qui le restreignent ;densusetspissus, aux objets que l’espace contient et à leur voisinage entre eux.
2. L’angustuma pour limites de simples lignes, et offre la plupart du temps une figure oblongue, étroite, il a pour opposélatus, commeστενός; l’arctumest clos par des barrières, des murailles, des montagnes, et offre une surface carrée ou circulaire, resserrée, par opposition àlaxus, commeστενωπός. On ne peut jamais appelerarctusleclavus angustus.Mela. III, 2, 8.“Rhenus ad dextram primoangustuset sui similis, post ingens lacus Flevo dicitur... fitque iterumarctior, iterumque fluvius emittitur.”“A droite le Rhin est d’abord étroit et conserve quelque temps ce caractère, puis il se transforme en un lac considérable appelé le Flévon, après quoi il rentre dans une gorge d’où il ressort sous la forme d’un simple cours d’eau”: selon que l’on se représente les bords du Rhin comme de simples lignes ou comme des murailles.
3.Densusprésente simplement les objets comme très-rapprochés les uns des autres, sans lacune apparente, par opposition àrarus, commeδασὺςetθαμειός;spissusles représente comme entassés les uns sur les autres sans aucun intervalle, par opposition àsolutus, commeπυϰνὸςetσυχνός. L’idée qui domine dansdensusest celle d’une surabondance d’objets qu’il n’est pas nécessaire d’écarter les uns des autres pour couvrir un vaste espace ; dansspissus, c’est l’absence de vides : les objets sont tellement pressés qu’ils remplissent tous les intervalles.
Anima. Aer. Aura. Spiritus. Sublime.Animaetaer, l’air pris comme élément,ἀήρ:anima, par opposition aux trois autres éléments, àterra,mare,ignis; maisaer, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, àæther;auraetspiritus, l’air en mouvement :aura, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente,αὖρα;spiritus, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration,πνεῦμα; enfinsublime, l’air suspendu au-dessus de nous : ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition àhumus, commeμετάρσιον,μετέωρον.
Animaetaer, l’air pris comme élément,ἀήρ:anima, par opposition aux trois autres éléments, àterra,mare,ignis; maisaer, terme étranger et savant, par opposition à l’air épuré des célestes demeures, àæther;auraetspiritus, l’air en mouvement :aura, l’air doucement agité, le souffle léger qui évente,αὖρα;spiritus, l’air qui se précipite, qui entraîne, tout courant d’air analogue à une inspiration ou à une expiration,πνεῦμα; enfinsublime, l’air suspendu au-dessus de nous : ce dernier marque un simple rapport de lieu par opposition àhumus, commeμετάρσιον,μετέωρον.
Anima. Animus. Mens.1.Anima, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration,ψυχή;animus, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté,θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellentanimæ, ce sont des ombres ; au sens métaphysiqueanimi, ce sont des esprits. L’animaest un des éléments de l’existence du corps ; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’animus.Sen.Ep. 4.“Difficile estanimumperducere ad contemptionemanimæ.”“Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive.”Juven.XV, 148.“Principio indulsit communis conditor illis tantumanimas, nobisanimumquoque.”“Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.”2.Animus, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles ; il est alors,avecmens, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties.Cic.Rep. II, 40.“Ea quæ latet inanimishominum quæque parsanimimensvocatur.”“L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme.”Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté,animusdevient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience,mens.Tac.H. I, 84.“Quem nobisanimum, quasmentesimprecentur ?”“Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils ?”Ter.Andr. I, 1, 137.“Malamens, malusanimus.”“Mauvaise tête, mauvais cœur.”Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquementmensse trouvera avecanimusdans le rapport d’un tout à sa partie.Cic.Tusc. III, 5.“Mens cui regnum totiusanimianaturatributum est.”“La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.”
1.Anima, l’âme de la physiologie, le principe de la vie animale chez les hommes et les bêtes, vie qui cesse avec la respiration,ψυχή;animus, l’âme de la psychologie et de la morale, le principe de la personnalité qui cesse avec la volonté,θυμός. Au sens mythologique les âmes des morts s’appellentanimæ, ce sont des ombres ; au sens métaphysiqueanimi, ce sont des esprits. L’animaest un des éléments de l’existence du corps ; le même corps n’a pas d’opposé plus tranché qu’animus.Sen.Ep. 4.“Difficile estanimumperducere ad contemptionemanimæ.”“Il est difficile d’amener l’âme raisonnable jusqu’au mépris de l’âme sensitive.”Juven.XV, 148.“Principio indulsit communis conditor illis tantumanimas, nobisanimumquoque.”“Au commencement le créateur commun n’accorda aux animaux que des âmes sensitives, il nous accorda en outre une âme raisonnable.”
2.Animus, l’âme humaine prise comme le réceptacle commun de toutes les facultés spirituelles ; il est alors,avecmens, la faculté pensante, dans le rapport du tout à une de ses parties.Cic.Rep. II, 40.“Ea quæ latet inanimishominum quæque parsanimimensvocatur.”“L’intelligence enfouie dans nos âmes et qu’on peut appeler une partie de l’âme.”Mais comme dans la vie l’âme vaut surtout par la volonté,animusdevient à son tour une faculté de l’âme, celle du sentiment et de la volonté qui prend place à côté de l’intelligence, de la conscience,mens.Tac.H. I, 84.“Quem nobisanimum, quasmentesimprecentur ?”“Quels sentiments, quelles dispositions d’esprit nous souhaiteraient-ils ?”Ter.Andr. I, 1, 137.“Malamens, malusanimus.”“Mauvaise tête, mauvais cœur.”Et enfin, comme la pensée précède la volonté, que la volonté sert d’intermédiaire entre la pensée et l’action, qu’elle peut être considérée comme la servante de la pensée, tout comme le corps est le serviteur de la volonté, réciproquementmensse trouvera avecanimusdans le rapport d’un tout à sa partie.Cic.Tusc. III, 5.“Mens cui regnum totiusanimianaturatributum est.”“La raison qui exerce une autorité naturelle sur tous les sentiments.”
Animadvertere. Notare.Animadverterese dit de l’esprit qui remarque et observe ;notare, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.
Animadverterese dit de l’esprit qui remarque et observe ;notare, d’une marque à laquelle on a recours pour attirer l’attention.
Animal. Animans. Bellua. Bestia. Pecus. Fera.1.Animaletanimans, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris :animalcaractérise la nature de l’être ; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés ; l’opposé estinanimus, l’équivalent grecζῶον.Animansprécise l’état dans lequel se trouve l’être : il vit, il respire ; l’opposé estexanimus. On ditanimaliumcadavera;animantiumcadaveraferait un non-sens.Bellua,bestiaetpecusont trait à l’intelligence ; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avechomo;bestiaetferaexpriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.2.Belluadésigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins ;pecus, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté : c’est le bétail ;bestia, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, commeθηρίον;fera, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages,θήρ.Curt.IX, 10, 10.“Indi maritimiferarumpellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoquebelluarum, quas fluctus ejecit, carne vescuntur.”“Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.”
1.Animaletanimans, les animaux considérés comme des êtres doués de vie, l’homme compris :animalcaractérise la nature de l’être ; quel que soit son aspect, il appartient à la classe des êtres animés ; l’opposé estinanimus, l’équivalent grecζῶον.Animansprécise l’état dans lequel se trouve l’être : il vit, il respire ; l’opposé estexanimus. On ditanimaliumcadavera;animantiumcadaveraferait un non-sens.Bellua,bestiaetpecusont trait à l’intelligence ; c’est l’animal déraisonnable par contraste direct avechomo;bestiaetferaexpriment une sorte de rapport moral, c’est la brute hostile à l’homme.
2.Belluadésigne particulièrement un animal grand et lourd, par exemple un éléphant, une baleine, par préférence les monstres marins ;pecus, un animal domestique, par préférence des moins intelligents, par exemple un taureau, un mouton, par opposition à l’animal en liberté : c’est le bétail ;bestia, bête nuisible, surtout dévorante, par exemple un tigre, un loup, par opposition aux oiseaux, commeθηρίον;fera, bête farouche, hôte des forêts, par exemple un cerf, un loup, un tigre, par opposition aux animaux domestiques, comme le gibier et les bêtes sauvages,θήρ.Curt.IX, 10, 10.“Indi maritimiferarumpellibus tecti piscibus sole duratis et majorum quoquebelluarum, quas fluctus ejecit, carne vescuntur.”“Les Indiens des provinces maritimes, couverts de la dépouille des bêtes sauvages, se nourrissent de poisson séché au soleil et même de la chair des monstres marins que les flots ont rejetés.”
Annales. Historiæ.Annales, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite ;historiæ, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur desannalesse propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables ; celui deshistoriætraite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.
Annales, traité général d’histoire et en particulier histoire du passé composée sur les sources, Tite-Live et Tacite ;historiæ, étude d’histoire contemporaine, d’événements auxquels l’auteur a assisté, Salluste et Tacite. L’auteur desannalesse propose de faire, année par année, une énumération aussi variée que complète de toutes les particularités mémorables ; celui deshistoriætraite un point d’histoire et laisse de côté les événements les plus remarquables quand ils ne s’y rattachent pas.
Antiquus. Priscus. Vetus. Vetustus. Veternus. Pristinus.1.Antiquumetpriscum, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition ànovum, commeπαλαιός;vetusetvetustum, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition àrecens, commeγέρων,γεραιὸς,γερούσιος">.Antiquus homo, homme du bon vieux temps ;vetus, vieillard. Les classiques s’appellentantiqui scriptores, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé ;veteres, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans.Cic.Verr. II, 21.“Vereor ne hæc nimisantiquaet jamobsoletavideantur.”“J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage.”Comparez avecOrat. I, 37.“Ut illivetusatque usitata exceptio daretur.”“Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.”2.Vetusse rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage ;vetustusa trait aux priviléges de l’âge : ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés ; il a pour opposénovicius. Enfinveternusfait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontreveternusque sous la forme de substantif,veternum, dans le sens de somnolence,vetusle supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge.Tac.Ann. XI, 14et15.“VeterrimisGræcorum.”Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et“vetustissimaItaliæ disciplina.”La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.3.Antiquusse dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent ;priscusest un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, commeἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.4.Antiquusetpriscusse disent d’une époque écouléedepuis très-longtemps ;pristinus, d’un temps passé quelconque, commeπρότερος, antérieur.
1.Antiquumetpriscum, ce qui a existé autrefois et qui n’est plus, par opposition ànovum, commeπαλαιός;vetusetvetustum, ce qui existe depuis longtemps et n’a plus de part ni aux inconvénients ni aux priviléges de la jeunesse, par opposition àrecens, commeγέρων,γεραιὸς,γερούσιος">.Antiquus homo, homme du bon vieux temps ;vetus, vieillard. Les classiques s’appellentantiqui scriptores, en ce sens que leur siècle est depuis longtemps passé ;veteres, en ce sens qu’ils subsistent et servent de modèles depuis deux mille ans.Cic.Verr. II, 21.“Vereor ne hæc nimisantiquaet jamobsoletavideantur.”“J’ai peur que ces exemples de modération n’aient vieilli et ne paraissent hors d’usage.”Comparez avecOrat. I, 37.“Ut illivetusatque usitata exceptio daretur.”“Pour lui donner le bénéfice de ce privilége ancien et souvent appliqué.”
2.Vetusse rapporte exclusivement à la durée et présente l’âge soit comme un avantage, soit comme un désavantage ;vetustusa trait aux priviléges de l’âge : ce qui subsiste de vieille date est plus solide, plus respectable, plus à l’épreuve que les nouveautés ; il a pour opposénovicius. Enfinveternusfait allusion aux infirmités du grand âge usé par les années, affaibli, épuisé pour avoir duré trop longtemps. Mais comme dans le beau siècle de la langue on ne rencontreveternusque sous la forme de substantif,veternum, dans le sens de somnolence,vetusle supplée régulièrement et désigne plus souvent la décadence que la vigueur de l’âge.Tac.Ann. XI, 14et15.“VeterrimisGræcorum.”Les caractères de l’alphabet latin sont empruntés aux plus vieilles formes des lettres grecques. Et“vetustissimaItaliæ disciplina.”La science des aruspices, la plus auguste par son antiquité de toutes les sciences que l’Italie cultive.
3.Antiquusse dit simplement des choses du vieux temps, du temps passé, par opposition au présent ;priscusest un terme pompeux qui ajoute à l’idée principale d’antiquité une idée accessoire de respect et de sainteté, commeἀρχαῖος, par opposition à la mode du jour.
4.Antiquusetpriscusse disent d’une époque écouléedepuis très-longtemps ;pristinus, d’un temps passé quelconque, commeπρότερος, antérieur.
Anus. Vetula.Anus, servant de féminin àsenex, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage ;vetula, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.
Anus, servant de féminin àsenex, femme âgée, avec une idée de respect, ou encore vieille femme, avec une idée de défaveur, par allusion à sa faiblesse, à sa crédulité, à son bavardage ;vetula, vieille laide et qui n’a rien d’aimable.
Aperire. Patefacere. Aperte. Palam. Manifesto. Propalam.1.Aperire, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à-dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible ;patefacere, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.2.Returare, donner accès par une ouverture qui était bouchée ;recludere, par une ouverture fermée à clef ;reserare, paг une ouverture fermée au verrou.3.Aperte, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition àocculte, commeφανερῶς;palam, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, commeἀναφανδόν;manifesto, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, commeδῆλον.4.Palammarque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie ;propalam, par dessein prémédité.Cic.Orat. I, 35.“Neque proposito argento neque tabulis et signispropalamcollocatis”, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avecPis. 36.“Mensispalampropositis”, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.
1.Aperire, découvrir un espace fermé par le haut, c’est-à-dire horizontalement, par exemple une fosse, une source, et par cette opération rendre visible ;patefacere, ouvrir un espace fermé par le côté, c’est-à-dire verticalement, par des portes, des barrières, des clôtures, et par cette opération rendre accessible.
2.Returare, donner accès par une ouverture qui était bouchée ;recludere, par une ouverture fermée à clef ;reserare, paг une ouverture fermée au verrou.
3.Aperte, ouvertement et sans se cacher, en sorte que tout le monde puisse apprendre et savoir les choses, par opposition àocculte, commeφανερῶς;palam, publiquement et sans secret, en sorte que tout le monde puisse voir et entendre, commeἀναφανδόν;manifesto, manifestement, de manière à rendre superflues les recherches, les conjectures, le secours et l’effort des sens et de l’esprit, commeδῆλον.
4.Palammarque qu’on expose les choses à la vue du public par effronterie ;propalam, par dessein prémédité.Cic.Orat. I, 35.“Neque proposito argento neque tabulis et signispropalamcollocatis”, c’est-à-dire à l’admiration de tout le monde. Comparez avecPis. 36.“Mensispalampropositis”, c’est-à-dire effrontément et sans gêne.
Apparet. Eminet.Apparetse dit de ce qui est visible à l’observation ;eminet, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux.Sen.Ir. I, 1.“Apparentalii affectus, hic (scil. iræ)eminet.”“Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.”
Apparetse dit de ce qui est visible à l’observation ;eminet, de ce qui se fait remarquer de soi-même et saute aux yeux.Sen.Ir. I, 1.“Apparentalii affectus, hic (scil. iræ)eminet.”“Les signes des autres passions sont visibles, ceux de la colère sont frappants.”
Aqua. Unda. Fluctus. Fluentum.1.Aqua, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition àterra;unda, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition àsolum;lympha, simple synonyme poétique d’aqua, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectiflimpidus, qui n’a point la même racine.2.Undaest un intermédiaire entreaquaetfluctus, commeauraentreaeretventus. Carundadésigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, maisfluctusetfluenta, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête :fluctus, en général, c’est la mer avec ses flots ;fluentum, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls desfluctus, mais toute eau qui n’est pas stagnante a desundas. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dansCic.Mil. 2, 5.“Tempestates et procellas in illis duntaxatfluctibusconcionum semper putavi Miloni esse subeundas”, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple ; etPlanc.6, 15.“Si campus atque illæundæcomitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu”, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir.Sen.N. Q. III, 10.“Quid si ullamundamsuperesse mireris totfluctibusfractis ?”“Étonnez-vousplutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés.”EtIV, 2.“Nec mergit cadensunda, sed planis aquis tradit.”“Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.”
1.Aqua, l’eau prise comme matière élémentaire, par opposition àterra;unda, l’élément liquide toujours en mouvement, par opposition àsolum;lympha, simple synonyme poétique d’aqua, avec l’idée accessoire d’une belle eau claire, sens fondé sur une ressemblance fortuite de son avec la première syllabe de l’adjectiflimpidus, qui n’a point la même racine.
2.Undaest un intermédiaire entreaquaetfluctus, commeauraentreaeretventus. Carundadésigne comme onde l’eau qui semble se mouvoir d’elle-même, maisfluctusetfluenta, le flot, l’eau agitée par quelque cause extérieure, comme une tempête :fluctus, en général, c’est la mer avec ses flots ;fluentum, la vague isolée. La mer orageuse, le torrent impétueux, roulent seuls desfluctus, mais toute eau qui n’est pas stagnante a desundas. Aussi y a-t-il une grande différence entre ces deux images dansCic.Mil. 2, 5.“Tempestates et procellas in illis duntaxatfluctibusconcionum semper putavi Miloni esse subeundas”, c’est-à-dire dans les assemblées orageuses et agitées du peuple ; etPlanc.6, 15.“Si campus atque illæundæcomitiorum, ut mare profundum et immensum, sic effervescunt quodam quasi æstu”, c’est-à-dire les réunions populaires faciles à émouvoir.Sen.N. Q. III, 10.“Quid si ullamundamsuperesse mireris totfluctibusfractis ?”“Étonnez-vousplutôt qu’il reste des ondes à la mer pour venir remplacer au rivage tant de flots qui s’y sont brisés.”EtIV, 2.“Nec mergit cadensunda, sed planis aquis tradit.”“Et l’onde ne les submerge pas dans sa chute, elle les lance sur des eaux immobiles.”
Arcana. Secreta. Mysteria.Arcanaetmysteria, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect ;arcanaest d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets ;mysteria, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis ; enfin,secreta, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte.Tac.I, 6.“Sallustius Crispus particepssecretorum... monuit Liviam nearcanadomus vulgarentur.”“Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.”
Arcanaetmysteria, les secrets envisagés par leur côté honorable, ceux qui tirent d’eux-mêmes leur raison d’être, qui tiennent à la nature des choses et qui méritent à ce titre d’inspirer un saint respect ;arcanaest d’ailleurs un terme populaire pour toute sorte de secrets ;mysteria, un terme savant pour les secrets religieux comparables aux mystères d’Éleusis ; enfin,secreta, les secrets, au sens le plus vulgaire, ceux qui ont une origine purement humaine, en parlant des choses qu’on tient cachées par crainte.Tac.I, 6.“Sallustius Crispus particepssecretorum... monuit Liviam nearcanadomus vulgarentur.”“Sallustius Crispus, pour qui Tibère et Livie n’avaient rien de caché, engagea Livie à ne plus livrer au public les augustes secrets de la famille impériale.”
Arcere. Prohibere.Arcere, repousser et empêcher d’entrer, par opposition àadmittere;prohibere, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition àadhibere. L’arcensse tient sur la défensive, comme leresistens, et agit par sollicitude pour la personne menacée ; leprohibensprend l’offensive, comme lepropulsans, et agit par inimitié contre l’agresseur.
Arcere, repousser et empêcher d’entrer, par opposition àadmittere;prohibere, tenir éloigné et empêcher d’approcher, par opposition àadhibere. L’arcensse tient sur la défensive, comme leresistens, et agit par sollicitude pour la personne menacée ; leprohibensprend l’offensive, comme lepropulsans, et agit par inimitié contre l’agresseur.
Arcessere. Accire. Evocare. Accersere.1.Arcessereetaccersere, termes généraux, signifient simplement faire venir ;accire, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal ;evocare, mander, à un inférieur. L’arcessenspousse à se présenter, l’acciensengage, l’evocansordonne.Cic.Att. V, 1.“Tu invita mulieres, egoacciveropueros.”“Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens.”Comparez avecDej. 5.“Venit vel rogatus ut amicus, velarcessitusut socius, velevocatusut qui senatui parere didicisset.”“Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir.”Liv.X, 19.“Collegæauxilium quodacciendumultro fuerit.”“Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon.”Comparez avecXLIV, 31.“Evocatilitteris imperatoris.”“Mandés par un ordre écrit du général.”EtXXXIX, 11.“Æbutiaaccitaad Sulpiciam venit.”“Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée.”Mais12.“Ut Hispalam libertinamarcesseretad sese.”“Afin de faire venir l’affranchie Hispala.”2.Arcesseresignifiait primitivement pousser à venir ;accersere, à accourir en toute hâte ; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.
1.Arcessereetaccersere, termes généraux, signifient simplement faire venir ;accire, inviter, suppose qu’on s’adresse à un égal ;evocare, mander, à un inférieur. L’arcessenspousse à se présenter, l’acciensengage, l’evocansordonne.Cic.Att. V, 1.“Tu invita mulieres, egoacciveropueros.”“Chargeons-nous, toi de prier les femmes, moi d’inviter les jeunes gens.”Comparez avecDej. 5.“Venit vel rogatus ut amicus, velarcessitusut socius, velevocatusut qui senatui parere didicisset.”“Il s’est présenté ou en ami dont on souhaitait l’arrivée, ou en allié qu’on faisait venir, ou en sujet mandé par le sénat et dressé à lui obéir.”Liv.X, 19.“Collegæauxilium quodacciendumultro fuerit.”“Le secours de son collègue qu’il aurait dû demander sans façon.”Comparez avecXLIV, 31.“Evocatilitteris imperatoris.”“Mandés par un ordre écrit du général.”EtXXXIX, 11.“Æbutiaaccitaad Sulpiciam venit.”“Ebutia vint trouver Sulpicie comme elle l’en avait priée.”Mais12.“Ut Hispalam libertinamarcesseretad sese.”“Afin de faire venir l’affranchie Hispala.”
2.Arcesseresignifiait primitivement pousser à venir ;accersere, à accourir en toute hâte ; mais la ressemblance de son a fait confondre les deux mots.
Ardere. Flagrare.Ardere, brûler comme un brasier,αίθειν;flagrare, être en flammes, commeφλέγεσθαι. Au figuré,arderemarque une passion qui couve ;flagrare, une passion qui éclate.Cic.Or. III, 2, 8.“Non vidit Crassusflagrantembello Italiam, nonardenteminvidia senatum.”“Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.”
Ardere, brûler comme un brasier,αίθειν;flagrare, être en flammes, commeφλέγεσθαι. Au figuré,arderemarque une passion qui couve ;flagrare, une passion qui éclate.Cic.Or. III, 2, 8.“Non vidit Crassusflagrantembello Italiam, nonardenteminvidia senatum.”“Crassus n’a vu ni l’Italie dévorée par les flammes de la guerre, ni le sénat consumé par le feu de la jalousie.”
Arduus. Difficilis.Arduus, difficile à atteindre, par opposition àpronus;difficilis, à exécuter, par opposition àfacilis.Arduusest d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité.Plin.Ep. VI, 17.“Est enim res difficilis,ardua.”“La chose est pleine de difficultés et d’obstacles.”Tac.H. II, 76.“Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsisgloriosum autpromptum effectu, aut certe nonarduumsit.”“Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles.”Cic.Verr. I, 51.“Cum sibi omnes ad illum allegationesdifficiles, omnes aditusarduosac pæneinterclusosviderent.”“Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.”
Arduus, difficile à atteindre, par opposition àpronus;difficilis, à exécuter, par opposition àfacilis.Arduusest d’ailleurs le terme le plus fort et marque une difficulté voisine de l’impossibilité.Plin.Ep. VI, 17.“Est enim res difficilis,ardua.”“La chose est pleine de difficultés et d’obstacles.”Tac.H. II, 76.“Æstimare debent an quod inchoatur, reipublicæ utile, ipsisgloriosum autpromptum effectu, aut certe nonarduumsit.”“Tous ceux qui osent former de grands desseins sont tenus d’examiner si leur entreprise est utile à la république, si elle paraît d’une exécution facile, ou du moins si elle ne présente pas trop d’obstacles.”Cic.Verr. I, 51.“Cum sibi omnes ad illum allegationesdifficiles, omnes aditusarduosac pæneinterclusosviderent.”“Voyant les difficultés qu’il y avait pour eux à faire parvenir une députation jusqu’à lui, toutes les voies hérissées d’obstacles et pour ainsi dire barrées.”
Arguere. Incusare. Culpare. Criminari. Insimulare. Deferre. Accusare.Arguere, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer ;incusareet le terme rare deculparene marquent qu’une accusation extrajudiciaire ;criminari, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant ;insimulare, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect ;deferre, dénoncer au juge ;accusare, accuser au criminel.Cic.Lig. IV, 10.“Arguisfatentem. Non est satis.Accusaseum.”“Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.”
Arguere, terme général pour toutes les manières de mettre au jour une faute supposée ou réelle par devant la justice ou ailleurs, incriminer ;incusareet le terme rare deculparene marquent qu’une accusation extrajudiciaire ;criminari, accuser avec des sentiments d’hostilité ou de méchanceté, en noircissant ;insimulare, accuser faussement, sans reculer devant la calomnie, rendre suspect ;deferre, dénoncer au juge ;accusare, accuser au criminel.Cic.Lig. IV, 10.“Arguisfatentem. Non est satis.Accusaseum.”“Il avoue, et tu l’incrimines. Tu ne t’en tiens pas là. Tu le poursuis devant les juges criminels.”
Aridus. Torridus. Siccus.Aridusettorridusmarquent une privation de sucs : lesaridaont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur ; l’équivalent grec estαὖος, l’opposéhumidus; lestorrida, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans ; ils ont pour opposéuvidus, commeσϰληρός;siccusne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition àmadidus, commeξηρός.Plin.H. N. XII, 12.“Ne sint fragilia etaridapotius quamsiccafolia.”“De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches.”EtXV, 29:“Cato docuit vinum fieri ex nigra myrtasiccatausque inariditatemin umbra.”“Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.”
Aridusettorridusmarquent une privation de sucs : lesaridaont perdu leur humidité naturelle par l’effet d’un feu qui agit à l’intérieur ; l’équivalent grec estαὖος, l’opposéhumidus; lestorrida, par l’effet d’une chaleur qui agit du dehors au dedans ; ils ont pour opposéuvidus, commeσϰληρός;siccusne marque qu’une sécheresse extérieure, limitée à la surface, par opposition àmadidus, commeξηρός.Plin.H. N. XII, 12.“Ne sint fragilia etaridapotius quamsiccafolia.”“De peur que les feuilles ne soient cassantes et tout à fait desséchées, au lieu d’être simplement sèches.”EtXV, 29:“Cato docuit vinum fieri ex nigra myrtasiccatausque inariditatemin umbra.”“Caton a enseigné qu’on peut fabriquer du vin avec les baies de myrte noir qu’on fait sécher à l’ombre jusqu’à ce que la dessiccation soit parfaite.”
Armus. Humerus. Ala. Axilla.Armus, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence descapula, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette,ὦμος;humerus, la surface plane qui existe chez l’homme au-dessus du bras, l’épaule,ἐπωμίς;alaetaxilla, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle,μασχάλη.Ovid.Met. XII, 396.“Exhumerismedios coma dependebat inarmos.”“Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes.”(Il s’agit du centaure Cyllarus.)
Armus, le sommet du bras chez l’homme, de la jambe de devant chez les animaux, mais partie du corps entier à la différence descapula, l’omoplate, qui n’est qu’une partie du squelette,ὦμος;humerus, la surface plane qui existe chez l’homme au-dessus du bras, l’épaule,ἐπωμίς;alaetaxilla, le creux qui se forme sous le bras, l’aisselle,μασχάλη.Ovid.Met. XII, 396.“Exhumerismedios coma dependebat inarmos.”“Des épaules, sa chevelure descendait jusqu’au-dessous de la naissance des jambes.”(Il s’agit du centaure Cyllarus.)
Ascia. Securis.Ascia, la hache du charpentier pour débiter le bois ;securis, le couperet du boucher pour dépecer la viande.
Ascia, la hache du charpentier pour débiter le bois ;securis, le couperet du boucher pour dépecer la viande.
Assentiri. Assentari. Blandiri. Adulari.1.Assentiri, donner son assentiment par conviction ; l’opposé estdissentire;assentari, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé estadversari.2.Assentaridésigne la flatterie qui a horreur de contredire, commeθωπεύειν;blandiri, celle qui fait dire deschoses agréables, commeἀρεσϰεύειν;adulari, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, commeϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’assentansrecherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante ; leblandiens, par des complaisances et des marques visibles d’affection ; l’adulans, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’assentatio, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise ; lesblanditiæou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme ; l’adulatioou la flatterie, la flagornerie,ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens.Sen.Ir. III, 8.“Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque inadulationem, nam iracundos nimiaassentatiooffendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum eratblandiriquam maledicere.”“Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer.”EtII, 28.“Sæpeadulatiodumblandituroffendit.”“L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.”
1.Assentiri, donner son assentiment par conviction ; l’opposé estdissentire;assentari, exprimer son assentiment, que ce soit par conviction ou par hypocrisie, l’opposé estadversari.
2.Assentaridésigne la flatterie qui a horreur de contredire, commeθωπεύειν;blandiri, celle qui fait dire deschoses agréables, commeἀρεσϰεύειν;adulari, celle qui cherche à plaire en s’abaissant, commeϰολαϰεύειν. Entre flatteurs, l’assentansrecherche la faveur d’autrui en résignant son droit à toute opinion indépendante ; leblandiens, par des complaisances et des marques visibles d’affection ; l’adulans, en s’abaissant et en donnant des marques d’un indigne respect. L’assentatio, ou l’art de celui qui dit toujours oui, procède de lâcheté ou de sottise ; lesblanditiæou cajoleries procèdent avant tout de l’envie de paraître aimable, et au pis aller de l’égoïsme ; l’adulatioou la flatterie, la flagornerie,ϰολαϰεία, de sentiments bas, bons pour des esclaves ou des chiens.Sen.Ir. III, 8.“Magis adhuc proderunt submissi et humani et dulces, non tamen usque inadulationem, nam iracundos nimiaassentatiooffendit. Erat certe amicus... cui non magis tutum eratblandiriquam maledicere.”“Un commerce plus profitable pour vous, tant que vous en serez là, c’est celui des personnes respectueuses, polies, douces, sans descendre jusqu’à l’adulation, car une complaisance excessive choque les tempéraments colériques. Je possédais en ce genre un ami qu’il n’y avait pas plus de sûreté à choyer qu’à rudoyer.”EtII, 28.“Sæpeadulatiodumblandituroffendit.”“L’adulation, en voulant complaire, s’expose à choquer.”
Astutus. Callidus. Vafer. Versutus.Astutus, en vieux latinastus, etcalliduss’entendent de la finesse au sens intellectuel ; c’est une variété de la prudence :astutusse dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes ; il est synonyme desolers, rusé ;callidusse dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommeset de l’expérience du monde ; il est synonyme dererum perituset signifie, par corruption, délié, commeϰερδαλέος.Vaferetversutusdésignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité :vafercaractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré,πανοῦργος;versutus, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, commeστροφαῖος; il a pour opposé simplex.Plin.Ep. VII, 6.“Juvenis ingeniosus sed parumcallidus.”“Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé.”Cic.Brut. 48.“Calliduset in capiendo adversarioversutus.”“Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.”
Astutus, en vieux latinastus, etcalliduss’entendent de la finesse au sens intellectuel ; c’est une variété de la prudence :astutusse dit de la sagacité qui invente et dirige des menées secrètes ; il est synonyme desolers, rusé ;callidusse dit de la pénétration qui débrouille les affaires embarrassées, de la prudence pratique qui provient de la connaissance des hommeset de l’expérience du monde ; il est synonyme dererum perituset signifie, par corruption, délié, commeϰερδαλέος.Vaferetversutusdésignent la finesse par son côté immoral, comme un effet de l’improbité :vafercaractérise l’adresse à créer des difficultés, surtout en justice, en fait de chicanes d’avocat, comme madré,πανοῦργος;versutus, la prestesse dans l’art de se déguiser, de se tirer d’embarras par tous les moyens, retors, commeστροφαῖος; il a pour opposé simplex.Plin.Ep. VII, 6.“Juvenis ingeniosus sed parumcallidus.”“Jeune homme qui a de l’esprit naturel, mais qui n’est guère avisé.”Cic.Brut. 48.“Calliduset in capiendo adversarioversutus.”“Avisé et même retors quand il s’agit d’embarrasser un adversaire.”
Ater. Niger. Pullus.1.Ater, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition àalbus;niger, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition àcandidus. L’atrumne cause qu’une impression triste et sombre ; lenigrumproduit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dansHor.Carm. I, 32, 11.“Lycumnigrisoculisnigroque crine decorum.”“Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs.”Tac.G. 43.“Nigrascuta, tincta corpora,atrasad prælia noctes legunt.”“Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.”2.Ateretniger, le noir parfait, foncé,pullus, le brun qui tire sur le noir ; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.
1.Ater, le noir considéré comme une négation de la couleur, par opposition àalbus;niger, le noir comme étant une couleur par lui-même et la plus foncée de toutes, par opposition àcandidus. L’atrumne cause qu’une impression triste et sombre ; lenigrumproduit une impression sévère et imposante qui se concilie avec la beauté, comme dansHor.Carm. I, 32, 11.“Lycumnigrisoculisnigroque crine decorum.”“Lycus paré de ses yeux noirs et de ses cheveux noirs.”Tac.G. 43.“Nigrascuta, tincta corpora,atrasad prælia noctes legunt.”“Ils ont des boucliers noirs, ils se peignent le corps, ils choisissent pour leurs attaques des nuits sombres.”
2.Ateretniger, le noir parfait, foncé,pullus, le brun qui tire sur le noir ; ce dernier rappelle la parenté qui existe entre une couleur sombre et la malpropreté.
Atrox. Trux. Truculentus. Dirus. Sævus. Torvus.1.Atrox,truxettruculentusse disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur lesyeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable :atroxmarque une qualité des choses ;truxettruculentus, des qualités personnelles.Dirusetsævusse disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux :dirus, par essence, par une propriété des choses, effroyable,δεινὸς, maissævus, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel,αἰνός.Plin.Pan. 53.“Atrocissimaeffigiessævissimidomini.”“L’image effroyable du plus cruel des maîtres.”Mela.II, 7.“Ionium pelagus...atrox,sævum”, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.2.Truxdésigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel ;truculentus, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute esttruculentus, Achille courroucé esttrux. Maistruculentior,truculentissimusservent de comparatif et de superlatif àtrux.3.Truxettruculentusvultusregard courroucé qui inspire la crainte, commeτραχύς;torvus(regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, commeτορὸνouταυρηδὸν ϐλέπων.Plin.H. N. XI, 54.“Contuitu quoque multiformes,truces,torvi, flagrantes.”“Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux ; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants”, etc.
1.Atrox,truxettruculentusse disent de ce qui a un extérieur effrayant, de ce qui fait sur l’imagination, sur lesyeux et les oreilles une impression terrible, comme épouvantable :atroxmarque une qualité des choses ;truxettruculentus, des qualités personnelles.Dirusetsævusse disent de ce qui est vraiment terrible et dangereux :dirus, par essence, par une propriété des choses, effroyable,δεινὸς, maissævus, par caractère, par une qualité propre à des êtres animés, sanguinaire, cruel,αἰνός.Plin.Pan. 53.“Atrocissimaeffigiessævissimidomini.”“L’image effroyable du plus cruel des maîtres.”Mela.II, 7.“Ionium pelagus...atrox,sævum”, c’est-à-dire qui a un aspect menaçant et ne cause d’ailleurs que trop de malheurs.
2.Truxdésigne uu regard, une voix épouvantable par leur côté héroïque ou tragique, comme autant de signes d’un courage barbare ou de quelque sentiment cruel ;truculentus, par leur côté trivial ou comique, comme des signes de mauvaise humeur ou d’une passion basse. L’esclave de la comédie de Plaute esttruculentus, Achille courroucé esttrux. Maistruculentior,truculentissimusservent de comparatif et de superlatif àtrux.
3.Truxettruculentusvultusregard courroucé qui inspire la crainte, commeτραχύς;torvus(regard pénétrant, etc.) regard pénétrant, perçant, toujours farouche, commeτορὸνouταυρηδὸν ϐλέπων.Plin.H. N. XI, 54.“Contuitu quoque multiformes,truces,torvi, flagrantes.”“Le regard varie à l’infini l’aspect que prennent les yeux ; ils paraissent courroucés et effrayants, perçants et farouches, étincelants”, etc.