Il giorno 31 del mese, alle ore cinque precise, come di consueto apparve il cronometrico Monsieur Bollot. Soffiava un poco dʼasma senile quando, su la mensola dellʼanticamera, depose la venusta cartella di cuoio sbiadito. Quella sua bella faccia da notaro della Reggenza, con i baffi ed il pizzo da vecchio moschettiere, una capigliatura dʼargento che si gonfiava sotto lʼantiquata solennità del cappello a mezza tuba, la sua faccia piena di grinze, ma dove ancora brillavano i colori della gioventù, sorrise familiarmente alla bionda leggiadria di Linette, cameriera dalle calze di voilé, che si affaccendava per liberarlo dal soprabito.—Bonjour, ma petite! Un vent dʼAvril qui aigrit mes rhumatismes! A la bonne heure, Linette!... si je nʼétais pas si vieux, jʼaimerais encore bien vous conter fleurette..—Mais vous nʼêtes pas si vieux, Monsieur Bollot! Au contraire, vous avez une mine superbe aujourdʼhui.—Des compliments! toujours des compliments! Ça fait plaisir quand même. Enfin!... comment va Madame?—Madame est en ville. Mais je suis sûre quʼelle rentrera bientôt. Elle est sortie après le déjeûner, en me disant:—Aujourdʼhui, à 5 h., Monsieur Bollot viendra. Si par hasard je tarde, il faudra le prier de mʼattendre.—Cʼest ça; nos attendrons. Pour abréger lʼattente nous allons faire un bout de causette, à nous deux, dans le salon.—Avec plaisir, Monsieur Bollot. Jʼai même bien envie de vous dire quelque chose.—Oui? Dépêchons–nous alors...Prese la cartella, i guanti, e camminò a piccoli passi, con quella particolare oscillazione dʼequilibrio che hanno i vecchi ed i bambini.Un sole dʼoro fiammeggiava sui mobili della sala di Bluette.—Dʼabord, voici: ce sont vos gages,—disse il vecchio amministratore, frugando nelle tasche della sua rigonfia cartella.—Vous y trouverez aussi vos étrennes pour Pâques: cʼest un petit cadeau que je vous fais personellement, et cela nʼa rien à voir avec les étrennes que vous recevrez de Madame.—Je vous remercie infiniment, Monsieur Bollot.—Il nʼy a pas à me remercier. Cʼest pris sur les économies de lʼadministration, et, puisque vous êtes si fidèle, cʼest bien juste.—Vous me faites rougir, Monsieur Bollot!—esclamò lʼincipriata Linette, nascondendo il denaro nella tasca del suo fino grembiule di pizzo.—A présent nʼoubliez pas que jʼaime boire un petit verre de Kümmel en arrivant, un autre en mʼen allant. Versez–le moi, Linette, et causons.Con le sue dita color dei gelsomini, Linette gli pose accanto il lieve calice del suo liquore preferito. Mentre girava intorno a quella sorridente canizie, lei coʼ suoi capelli biondi, lui con il suo pizzo da bianco moschettiere, apparivano entrambi così gentili, così onesti, che il vederli faceva ripensare a quelle buone vecchie stampe di cento anni fa, che illustrano con tanto garbo le indiscrete pagine dei galanti novellieri francesi.—Ce que jʼai à vous dire, Monsieur Bollot, est trèscourt. Vous savez que jʼaime Madame plus que moi–même...—Oui, je le sais, Linette.—Eh bien, Monsieur Bollot, vous êtes le seul homme quʼelle respecte et que parfois elle écoute. Je vous en prie, faites quelque chose pour lui ouvrir les yeux, pour lui rendre sa raison... car je vous assure que Madame est devenue folle!Il vecchio amministratore impiegò qualche tempo prima di rispondere; poi depose il bicchierino di néttare, asciugandosi con accuratezza le labbra inumidite.—Nous le savons, Linette. Et tu penses bien que nous lui avons déjà dit notre avis. Quoique, pour être juste, cet homme nʼentame pas sa fortune. Cet homme,—Cʼest beaucoup, en tout cas, Linette. Car cela est indéniable.—Peut–être, bien, Monsieur Bollot. Mais lʼéconomie nʼest pas tout en ce monde.—Cʼest beaucoup, en tout cas, Linette. Car cela montre quʼon a de lʼordre dans lʼâme. Mais pourquoi tʼaffliges–tu tellement? Que ce soit lui ou un autre, est–ce que ce nʼest pas la même chose?—Du tout, du tout, Monsieur Bollot! Et je vous affirme quʼun de ces jours il va se passer quelque chose de très grave. Jʼen suis certaine. Voyez vous, Monsieur Bollot: les autres étaient presque toujours des gens très comme il faut; il étaient, parfois ses caprices, parfois ses habitudes ou ses devoirs: jamais rien de sérieux en tout cas; ce que chaque femme comme elle doit avoir... des amants, en somme! Elle ne les aimait pas du tout, cʼétaient eux qui lʼaimaient. Tandis quʼelle est folle de celui–ci. Je vous dis, Monsieur Bollot, quʼelle en est folle! Et pas du tout heureuse par dessus le marché!Il bicchierino di Kümmel tremava leggermente fra le dita bianche di Monsieur Bollot.—Est–il peut–être méchant avec elle?—Que sais–je? Depuis que Madame fréquente ce Monsieur, je puis vous dire quʼelle nʼest plus la même femme. Arrachez–la de cet homme, Monsieur Bollot! Faites–lui violence, vous qui le pouvez, mais emportez–la très loin, très loin, car un de ces jours il va se passer, jʼen suis certaine, quelque chose de très grave...—Quoi, par exemple?—Que sais–je? Un malheur sans doute. Cet homme, je ne lʼai vu que de loin, et en cachette, puisque vous savez peut–être que jamais il ne vient ici. Sa figure ne me dit rien de bon. Cʼest une de ces têtes, Monsieur Bollot, qui ont quelque chose de beau et de redoutable. Moi, voyez–vous, ça ne mʼétonnerait guère si un matin je voyais paraître cette tête–là dans les journaux, à la place où lʼon fait le récit des crimes...—Oh, oh, comme tu y vas, Linette!—Cʼest mon avis. En tout cas je nʼexagère pas en vous disant que Madame y perd sa santé et sa carrière. Quant à lʼargent, Monsieur Bollot, il peut se faire quʼil file aussi, comme tout le reste.—Nous lui parlerons... nous lui parlerons... calme–toi, Linette!—Tenez, Monsieur Bollot: depuis que cet étranger à pris place dans notre vie, la maison nʼexiste plus. Toujours vide, toujours morne. Madame passe avec lui toutes ses journées; elle ne rentre que pour se changer de robe, et sʼen va de nouveau jusquʼau matin. Elle a maigri terriblement, Monsieur Bollot, et quand je luifais son bain, ce nʼest plus elle. Madame Catherine aussi prépare ses malles tous les trois jours, puis elle les défait. Pauvre femme! Elle non plus nʼa pas le cœur tranquille. Personne à présent nʼose mettre les pieds chez nous. Le seul qui vient encore de temps à autre, et qui lʼattend de longues heures, cʼest ce pauvre Jack... vous savez bien, son danseur dʼautrefois. Nous causons, nous causons, lui et moi, dans la garde–robe ou dans la véranda, parce que lui il fume dans sa pipe un tabac qui sent très fort. Ce pauvre Monsieur Jack!... Si vous saviez comme il est gentil. Des fois nous en avons tous les deux les larmes aux yeux...Il vecchio Monsieur Bollot, preso lui pure dalla commozione, guardava con fissità le ultime gocce del liquore nel lieve calice di fino cristallo. Poi si raschiò la gola, e disse unʼaltra volta:—Nous lui parlerons, Linette, sois tranquille.Questo «nous», chʼegli adoperava con pompa nella sua dolce umiltà, era una specie di abitudine professionale, che sembrava ravvolgere il suo cuore di padre nella toga del giurisperito.—Il ne suffit pas de lui parler, Monsieur Bollot. Car elle vous ferait, avec plus de politesse, la même réponse quʼà moi: «Fiche–moi la paix, Linette!» Alors cʼest de lʼénergie quʼil faut avec elle, ou bien de la ruse... oui, Monsieur Bollot, de la ruse! Vous, qui êtes si instruit et si bon, faites–lui comprendre sa folie, trouvez un moyen quelconque pour la remettre dans le droit chemin.—Par exemple?—Eh bien, dʼabord, vous pourriez essayer de la raisonner, comme vous le faites parfois, dʼun ton paternel.Je lʼai vue souvent devenir un peu pâle et se mordre la lèvre quand vous lui donniez des conseils. Vous, elle vous écoute. Parfois elle se rebiffe, parfois elle se met à crier: «Mon Dieu! mon Dieu! que vous avez des idées arriérées, père Bollot!...» Mais, vous parti, le soir même, ou le jour après, pendant que je lʼhabille, voilà que tout à coup Madame se prend à me dire: «Il avait tout de même raison, ce brave Monsieur Bollot. Il a des idées anciennes, mais elles sont justes. Je ferai comme il a dit.»—En effet, en effet, chère Linette, jʼai de lʼexpérience et je ne parle que pour son bien.—Oui, et alors vous devriez lui donner un ordre, voyez–vous, Monsieur Bollot: un ordre! Par exemple: «Tel jour, vous, moi et Linette,—vous, moi, Linette et Monsieur Jack—nous partons tous pour tel endroit». Pour nʼimporte où, pourvu que ce soit très loin.—Parfait, Linette. Seulement cʼest beaucoup plus facile à dire quʼà obtenir.—Lʼidée, je vous lʼavoue, nʼest pas de moi. Elle est de Monsieur Jack. Il a lʼabitude, lui, dʼaller et venir dʼAmérique; il trouve très commode quʼon ait à se trimbaler dʼun point à lʼautre de la terre. Quant à moi, mon idée serait bien différente.—Et quelle est ton idée, voyons?—Moi, si jʼétais vous, jʼirais tout droit chez ce Monsieur; je lui dirais: «Monsieur Castillo,..»—cʼest son nom,—«Monsieur Castillo...» enfin je ne sais pas au juste ce que je lui dirais, mais sûrement des choses qui toucheraient son cœur, sʼil est un honnête homme.—Et sʼil ne lʼest pas?—Je lui en dirais dʼautres, mieux faites pour lʼeffrayer. Car nous sommes trois, après tout,—vous, Monsieur Jack et moi—qui sommes prêts à défendre Madame de toutes nos forces. Mais, voulez–vous que je vous dise, Monsieur Bollot?... Cʼest drôle, cʼest absolument drôle, et pourtant je suis persuadée que lui aussi, malgré tout, il lʼaime...—Veux–tu que je te dise, Linette? Je suis presque du même avis...—Et alors?—Alors, ma fille, tâche de comprendre que tout serait en vain. Ecoute ce que te dit un vieillard, dont la vie toute entière fut lente et monotone comme le tic–tac dʼune pendule. Sache, mon enfant, quʼentre toutes les illusions de la terre une seule est vraie, une seule parvient à griser merveilleusement notre âme: cʼest quand deux créatures sʼaiment, et que tout le reste devient pâle comme si le soleil ne le touchait plus...—Oh, que vous dites de belles choses, Monsieur Bollot!...—Ces sont mes cheveux blancs qui les disent... Allons! verse–moi un autre petit verre de cet excellent Kümmel, et, puisque Madame tarde outre mesure, je vais commencer par payer leurs gages aux gens de la maison. Pour toi, dʼabord, cʼest réglé. Va donc dire aux autres que Monsieur Bollot les attend.E mentre se nʼandava, rapida e seria, coʼ suoi piedini ben calzati, che luccicavano sul tappeto, il vecchio notaro, alzandosi con un poʼ di stento, incominciò a toglier fuori dalla voluminosa cartella i fogli amministrativi,cosparsi dʼuna grave scrittura simmetrica, poi, ad una ad una, le buste gialle in cui suonavano i marenghi, gli scudi e il rame degli stipendi mensili.Mentre aspettava, si mise a fare unʼultima verifica, brontolando:—Maurice... Maurice, maître–dʼhôtel—125—cent vingt–cinq... Voilà du gaspillage, nom dʼune pipe! Je ne comprendrai jamais pourquoi on doit jeter six louis et cent sous par mois, pour se payer le luxe dʼun maître dʼhôtel, qui ne fiche rien du matin au soir, et qui nʼest même pas là lorsquʼil sʼagit de mʼouvrir la porte...Un giorno sparì.Senza dirle una parola dʼaddio, senza guardarla nel colore degli occhi, dʼimprovviso, con lʼanima forse in delirio, un mattino di gran luce sparì.Prima che lʼafferrassero, prima che lʼoscura tragedia della sua vita giungesse ad un epilogo apparente, in silenzio, a cuore perduto, sopraffece il suo delirio e partì.Era venuto dal lontano mondo: ripartiva per il lontanomondo, per la strada morta ove camminano gli uomini che portano in sè, come tenebra, un dolore definitivo.Era giunto sino a lei ravvolto in una storia buia; lʼaveva imprigionata nella sua ombra, si era lasciato per lʼultima volta ubbriacare dal profumo della sua bocca, dal profumo deʼ suoi fiordalisi... poi, senza nemmeno guardarla nel colore degli occhi, silenzioso e folle come i nomadi, ripartiva per la strada infinita.Era un mattino di Maggio, quandʼegli uscì per lʼultima volta dalla sua casa deserta.Quella casa era nascosta in una piccola strada, calma, vecchia,—di quelle che gli edili ragionevoli vanno cancellando a poco a poco.Si vedeva, lontana, la Colonna di Luglio sorgere dalla piazza della Bastiglia.Barcollò.Tutte le finestre di Parigi brillavano, come se avessero nelle raggiere dei vetri una felicità di fuoco.Lʼamava, lʼamava!...Sì, ma era troppo tardi... troppo tardi!...Bisognava partire, partire.La terribile Città Stupenda lanciava in alto, nel mattino di primavera, la potenza dellʼinfernale suo paradiso.Tutte quelle case, quelle finestre, quei lembi di cielo, per lui sembravano sereni come gli occhi di Mimi Bluette. Mimi Bluette!... Questo nome cantava nel rumore di Parigi, era la bellezza di tutte le cose che i suoi occhi vedevano, la sorridente anima della vita.Sì, addio!... addio per sempre, inesorabilmente, conterribilità, con disperazione, addio...Barcollò. Fece due passi... tre passi... la strada camminava. La distanza era una fuga. Mimi Bluette... Mimi Bluette!... I rumori vertiginosi della Città Babelica pareva lanciassero in alto, per lʼaria bionda, questo nome felice. Le strade sollevate sʼimpennavano contro il cielo; turbini di folla giravano con fragore nella bianca immensità.Era stata il suo bicchiere ultimo di Sciampagna, lʼultimo suo canestro di rose... che follìa!...Parigi la Magnifica, tempio e sepolcro dellʼideale, Parigi fiore della terra, in quel mattino del mese di Maggio era bella come una donna giovine, che innamorata si guarda nello specchio, appena levata. Le sue piazze gremite, piene di tumulto, ridevano come se fosse un giorno di festa. I più rugginosi tetti, carichi di gloria, cercavano di riaccendere nello sfarzo del sole di Maggio lʼantica loro novità.Ed egli si sentiva il cuore pesante come una macina da mulino.Mimi Bluette!... Mimi Bluette!... Era stata bionda come il grano, quandʼesso lampeggia maturo nella fulgida estate. Aveva unʼanima limpida e profumata, comʼerano i suoi dolci capelli, quando con impeto li scioglieva per coricarvi la sua perfetta nudità.Camminare, camminare, per strade che non tornano più...Parigi cantava; Parigi la Grande aveva un fiore a tutte le finestre. Il fiume più maraviglioso della terra, con acque gialle di fango baciava la Basilica di Francia.Udì suonare a stormo le campane invisibili di Notre–Dame. Le cento basiliche della Senna risposero, nelmattino di primavera. Le campane a stormo cantavano: Mimi Bluette!... Mimi Bluette!...Sì, era stata lʼultimo paradiso...Camminare, camminare, per strade che non tornano più.Ella trovò la porta chiusa, e, prima di suonare il campanello, battè allʼuscio col manico dellʼombrellino. Battè ripetute volte, poi guardò il fragile parasole con il timore di averlo spezzato. Allora suonò il campanello. Intese distintamente correre per le stanze interne la velocissima biscia elettrica della scampanellata. E attese.Attese.Allora suonò tre volte, quattro volte ancora. Ma non udiva il suo passo rapido giungere dallʼinterno, sul tappeto.—«Il est sorti. Pourquoi est–il sorti?»Nulla di molto singolare in questo fatto; nondimeno era la prima volta che ciò accadeva.Per scrupolo di coscienza diede unʼultima scampanellata. Guardò in alto, per le scale vuote; guardò inbasso, verso il primo pianerottolo deserto, e, con il cuore inquieto, ridiscese in cerca della portinaia.La portinaia di quella casa era una persona pressochè introvabile. Dio sa quali faccende avesse, o lì o nel vicinato, ma dentro la sua loggia mal rischiarata non vʼera mai altri che un lucido gattone immobile, seduto alla maniera dei cani e che somigliava singolarmente ad una bestia impagliata.Bluette guardò se ci fossero le chiavi dellʼappartamento.Non vʼerano.Il gatto si mise a fissarla con una immobilità sinistra, che le fece paura.Suonarono le tre. I rintocchi del bronzo si allargavano come ondate di sole nel brillante spazio. Lʼora pomeridiana mandava ronzìo. La casa, la strada, le ultime porte, il lontano quartiere, lavoravano in sordina.Dʼun tratto le pervase lʼanima un grande presentimento di sciagura. Le parve chʼegli, non solo fosse distante, ma non ci fosse più. Volle sedersi e attendere; ma ebbe una sottile, inspiegabile paura. Uscì, chiuse lʼuscio a vetri della portineria, ed irresoluta non seppe che fare.Il gatto lucido la fissava coʼ suoi magnetici occhi rotondi, colore di solfo.Allora si mise a camminare per la corte. Finalmente incontrò la portinaia, che aveva in mano un ferro da stirare. La interpellò:—Madame Greuze! Dites–moi, Madame Greuze, où sont les clés?—Les clés de lʼentresol? Je nʼen sais rien. Avez–vous regardé dans la loge?—Elles nʼy sont pas.—Alors cʼest que Monsieur Castillo les aura gardées dans sa poche.—A quelle heure est–il sorti?—Ma foi, je ne saurais vous dire., Il y avait pour lui des lettres ce matin; je les ai casées moi–même. A 9 h. elles nʼy étaient plus.—Des lettres? Mais il nʼen reçoit jamais!—Il y en avait bien deux ce matin, jʼen suis sûre. Excusez–moi, Madame, sans ça mon fer se refroidit.Ella rimase ferma nella corte, a guardare la propria ombra che si disegnava nel sole.Poi sollevò gli occhi verso lʼammezzato, quasi per interrogare quelle tre finestre che davano su la corte. Ma erano deserte, piene di silenzio, piene dʼimmobilità, e si riscaldavano al sole.Tornò indietro, con una grande angoscia, verso la loggia della portinaia, che stirava.—Ces lettres. Madame, dʼoù venaient elles? Vous lʼavez remarqué peut–être.—Parfaitement. Elles venaient de Paris. Lʼune dʼelles au moins, était une de ces grandes enveloppes à entête quʼemploient les Bureaux de la Mairie ou des Ministères.—Quel entête?—Je nʼai pas lu, Madame... Je regrette. Jʼai énormément à faire, vous pensez bien!—Merci.—A votre service, Madame.Bluette uscì nella strada e cominciò a camminare. Faceva dieci passi da una parte, dieci dallʼaltra, ossia percorreva rasente il muro tutta la lunghezza della casa.Di fronte, su lʼaltro marciapiede, il sole batteva conveemenza nella piccola vetrina dʼun orologiaio. La strada calma cullava i suoi radi passanti.E camminò per mezzʼora, per unʼora, in su, in giù, lungo il muro, con gli occhi fissi or ad un capo or allʼaltro della contrada. Il suo tremante cuore dʼinnamorata non le batteva nemmeno più; non sentiva in sè che un principio di vertigine, anzi una piccola, intima, profonda ferita.Poi, macchinalmente, risalì per le scale fino al pianerottolo dellʼammezzato, e benchè sapesse chʼera inutile, tuttavia si provò a suonare unʼultima volta.Lo stesso rumore deserto ripercorse con velocità le stanze mute.Scese, faticosamente. Uscì. Un timore illogico e tuttavia profondo assaliva il suo timido cuore.Pensò: «Adesso torna.» E riprese a camminare lungo il marciapiede. Ma una stanchezza pesante imprigionava le sue caviglie da ballerina, come se, in tutte le giunture, avesse dʼimprovviso perduto il suo naturale miracolo dʼequilibrio e dʼagilità.Quellʼassenza non poteva essere fortuita. Egli era uscito verso le nove del mattino, portando con sè le chiavi; adesso cadeva il tramonto; si vedevano i commessi arruffati, le sottili dattilografe dagli occhi stanchi rincasare con un senso di libertà lungo i marciapiedi che brillavano.Ma dovʼera mai? Quale strada lo portava? Come ritrovare uno scomparso nel turbine di quella immensa Città, che aveva strade burrascose come fiumi, piazze babeliche ove la folla si avventava come lʼondata nellʼestuario, e che, dal cerchio dellʼinfinita sua forza, dappertutto sollevava un pesante fragore dʼoceano?Ella, in fondo, non conosceva nessun particolare della sua vita impenetrabile.Senza bene comprendere perchè avesse questa certezza, pure una voce profonda nel suo spirito le diceva che non sarebbe ritornato mai più.Ad ogni fragore di ruote che venisse dal capo della strada, sentiva il cuore darle un battito così forte, chʼella, per un lungo istante, ne perdeva il respiro. Ma ogni volta erano viandanti ben dissimili da lui; non la sua fronte alta e buia, non la sua ruvida gentilezza di persona, i suoi luminosi occhi di nomade, che lʼavevano tanto innamorata.Povera Mimi Bluette!... povera, piccola, bionda Mimi Bluette!...Si faceva quasi tardi; la fatica del crepuscolo pesava su la Città scintillante. Non vʼera più sole nella piccola vetrina dellʼorologiaio, ed ora si potevan leggere a distanza i nitidi cartelli appesi contro lʼinvetriata:«Montre Oméga—Or garanti, 18 CaratsChronomètres—Réparations»E guardando e camminando pensava:—«Ai–je été assez aveugle? Pendant ces derniers jours il y avait bien dans ses yeux quelque chose de très sombre... Hier soir il mʼa dit: «Je tʼaime, Bluette...» Jʼai baissé la tête, et nous avons pleuré. Avant hier jʼai vu quʼil fouillait dans ses malles. Ses malles autrefois étaient pleines; les derniers jours elles étaient presque vides. Mais je nʼosais pas être curieuse, parce quʼavec lui jʼai toujours été si timide...»La strada ora si popolava di gente più veloce; un operaio,passando, le bisbigliò quasi allʼorecchio:—«La belle fille!»Pensava:—«Est–ce possible quʼil nʼait pas laissé un mot pour moi? Comme je suis bête! Sans doute, sans doute il mʼa envoyé une lettre chez moi!»E si mise a camminar così rapida, che quasi correva. Dʼun tratto era piena di speranza; la gioia della vita rifluiva in lei.Prese una vettura, ma questa camminava con un passo infinitamente troppo lento per la sua concitazione. Non appena scorse unʼautomobile, si mise ad agitar lʼombrellino; il guidatore si fermò. Balzatavi dentro, si affacciò al finestrino, quasi per accelerare con la sua folle impazienza i battiti del motore. Nessuna distanza di Parigi le parve mai così lunga.—Vite! vite! vite!...—diceva continuamente al meccanico, battendo con gli anelli contro il vetro.E la videro entrare nella sua portineria come se fosse inseguita. Non prese lʼascensore, volò su per le scale.—Linette! Linette, dis–moi!... où est la lettre, Linette?...—Quelle lettre, Madame? Mon Dieu, que vous êtes pâle! Quʼy a–t–il, Madame?—La lettre, je te dis! Il nʼy a pas une lettre, un billet pour moi?—Non, Madame.—Et personne nʼa rien téléphoné?—Personne.Cadde sovra una seggiola, piegò la faccia; tacque.—Madame,—disse Linette, prendendole un polso,—quʼest–ce qui est arrivé? Quʼest–ce qui se passe?Ma non rispondeva.Dopo qualche tempo le sollevò nel viso gli occhi folli e disse opacamente:—Il est parti.—Comment parti? Sans rien vous dire?Ella si appoggiò le mani sul cuore, scosse indietro il peso dei capelli, rispose unʼaltra volta:—Parti.Ma, dopo qualche attimo, sorse in piedi con unʼenergia convulsa:—Non, ce nʼest pas possible!—disse duramente.—Ce nʼest pas possible. Vite, vite, Linette! Envoie chercher un serrurier, et que mon auto soit prêt de suite.—Pourquoi faire un serrurier?—Pour ouvrir une porte. Vas–y toi–même, avec lʼauto, sans tʼhabiller... vite! vite!—Mais, Madame...—Ne demande rien, je tʼen prie! Tu vois bien que je meurs dʼangoisse...Un quarto dʼora dopo il fabbro giungeva sotto lʼatrio. Lo fece salire nellʼautomobile, a fianco del meccanico.—Viens avec moi, Linette; ne me laisse pas seule...—Je vais donc mettre mon chapeau, ma jaquette...—Oui, mais dépêche–toi!In quel momento la bionda Caterina rientrava dalla sua passeggiata crepuscolare, fresca e giovanile quanto è lecito essere ad una donna della sua età. Siccome nel medesimo tempo Linette scendeva già dallo scalone, sua figlia non le permise nemmeno di avvicinarsi allo sportello:—Dopo, dopo, ti spiegherò, mammina... ora ho fretta!E la lasciaron lì nel sottoportico, mentre i due pettegolibambini del portinaio la tiravano per la bella sottana e le chiedevano sfacciatamente:—Est–ce que ce soir il nʼy a pas de chocolats pour nous, madame Catherine?Non ne aveva. Ma restò per circa una mezzʼora, lì, sotto il portico, a far congetture su lʼaccaduto con quel personaggio gallonato e protocollare, che possedeva il senno proverbiale di tutti portieri.Laggiù frattanto, nella strada calma e lontana, le poche botteghe si erano accese di una pallida elettricità. Qualche gente vi discorreva su lʼorlo dei marciapiedi; qualche altra, stanca della giornata, passava senza volgere il capo, lungo i muri.Dietro la porta vetrata il lucido gattone di Madame Greuze guardava con immobilità bollire una pentola sul fuoco.Salirono.Prima ella suonò ancora il campanello; poi, rapidamente, il fabbro fece saltare la serratura.Bluette osservava con occhi fermi le mani callose dellʼoperaio. Gli disse:—Partez avec mon auto. Faites tout de suite une nouvelle clé; donnez–la au chauffeur. Je lʼattends.Ed ascoltò il suo passo pesante scendere per le scale scuotendo il mazzo dei grimaldelli.Non osava entrare.Linette le stava così presso che i loro gomiti si toccavano.—Je nʼai plus de courage, Linette... Il sʼest tué peut–être... je vais voir son cadavre...—Appelons quelquʼun, Madame... moi aussi jʼai trèspeur...—Non, tais–toi. Ce nʼest pas possibile... il est parti... parti...Entrarono, chiusero lʼuscio. Nellʼanticamera faceva buio. Ma un raggio batteva nel vetro dʼun piccolo quadro. La casa deserta sembrava infinitamente profonda.Bluette cercò, lungo la cornice dello stipite, lʼinterruttore della luce elettrica, ma in quel grande smarrimento la sua mano incerta non lo ritrovava.Infine Linette riuscì ad accendere. Videro che lʼattaccapanni era vuoto.Tre stampe di cacce inglesi pendevano dalla parete; vʼeran su la tavola un bacile di rame, un vaso di cristallo, con qualche fiore appassito che aveva portato Bluette.Dʼun tratto, come una pazza, ella si mise a correre per la casa... Guardò, frugò... Nulla, nulla, nulla...Sì, era partito per sempre, partito come un vero nomade, partito senza dirle addio.In quel momento venne su la portinaia.—Je ne sais pas si cʼest bien juste ce que vous avez fait, Madame. Cʼest vrai que vous êtes presque la patronne ici... Pourtant, sʼil a fermé, cʼest quʼil ne voulait pas quʼon fasse sauter la serrure.—Oui, oui, Madame Greuze... Oui, oui, Madame Greuze...—Il faudra lui écrire que vous lʼavez fait sans notre permission. Car cʼest nous, cʼest–à–dire mon mari et moi, qui sommes chargés de lʼappartement.—Lui écrire? Mais où?—Vous le saurez peut–être. Moi, pour sûr, je nʼen sais rien. Dʼailleurs il ne faut pas vous étonner: cʼest presque toujours ainsi quʼil sʼen va.—Reviendra–t–il, Madame Greuze?—Que sais–je? Il reste souvent plusieurs mois sans revenir; une fois son absence dura plus de deux ans. Nous recevions toujours son loyer, avec nos gages, très exactement. Cette fois–ci, ni gages, ni terme; rien. Il nʼa rien payé. Et puis ses malles sont là. Venez voir, Madame. Trois malles, qui ont fait le tour de la terre... Voyez combien dʼétiquettes! Cʼest vrai que parfois on vient les prendre même huit jours après son départ.—Et qui est–ce qui vient les prendre?—Un monsieur âge, qui sʼappelle Dmitrieff.—Où est–ce quʼil habite?—Je nʼen sais rien. Monsieur Castillo mʼa dit une fois: «Vous ouvrirez toujours à ce Monsieur Dmitrieff,»—qui était avec lui. Un étranger sans doute.—Sʼil vient cette fois–ci, il ne faudra pas le laisser partir avant de mʼavoir donné un coup de téléphone. Voici pour vous, Madame Greuze.—Deux louis? Mais cʼest trop, Madame!—Je vous en donnerai bien dʼautres, si seulement vous mʼapporterez un renseignement quelconque. Aussi dites–mois tout ce que vous savez, tout, les moindres détails. Je me souviens par exemple quʼil avait aussi deux grands sacs; il nʼy sont plus. Quand les a–t–il emportés?—Pendant la nuit peut–être, car je suis bien sûre de ne pas lʼavoir vu passer.—Jʼai été ici moi–même jusquʼà deux heures du matin; puis il mʼa reconduit. Oh, je vous en prie, essayez dʼen savoir quelque chose, Madame Greuze!...—Bien sûr, bien sûr; jʼintérrogerai tout le monde.Seulement, ne pleurez pas, Madame... Il va revenir, soyez–en certaine... vous êtes si belle!Ma ella era bianca e ferma, e le lacrime cadevano daʼ suoi occhi, senza un tremore delle ciglia; cadevano come se perdesse tutta lʼanima, a poco a poco, in ogni gocciola di pianto.—Je nʼai quʼune chose à vous dire; mais vous la savez sans doute,—concluse M.meGreuze.—Il y a un mois environ, des agents de police en civil sont venus et mʼont posé beaucoup de questions sur lui, sur sa vie, sur ses mœurs... Jʼen ai dʼailleurs prévenu M. Castillo, qui sʼest mis à rire et a haussé les épaules. Il vous lʼaura dit, je suppose.—Non, Madame Greuze.—Ah?... Ils sont venus deux fois. Et hier, dans lʼaprès–midi il a reçu la visite dʼun gros monsieur à longues moustaches et pardessus beige, qui a prétendu monter malgré la consigne. Un monsieur très désagréable et très arrogant. Un Parisien celui–là, cʼest sûr.—Donnez–moi des détails, Madame Greuze. Il faut que je le retrouve.—Des détails? Je nʼen ai pas. Sʼil revient par hasard, je téléphonerai chez vous. Pour mon compte, dʼaprès son allure, jʼai fait une réflexion, quoiquʼun peu risquée...—Laquelle?—Je me suis dit: «Voilà un créancier de Monsieur Castillo.» Car il marchait comme les gens qui viennent pour réclamer de lʼargent.E Linette era seduta su lʼorlo dʼuna seggiola, tutta bianca, tenendosi con una mano lʼaltra mano, che non sapeva dove stare.Così passarono tre giorni. La barbara Città Splendente le aveva rubato il suo amore. Quel dono che le fece in una sera di musica, le ritoglieva in un giorno di sole. Per vendicarsi dʼaverla resa bella ed innamorata, ora, dʼun tratto—senza nemmeno dirle: «Preparati!» le uccideva nel cuore la felicità. Mandava un repentino soffio di tragedia ad investire i suoi capelli biondi, sciupava, sfogliava con adirata violenza i semplici fiori del campo, i fiordalisi di Mimi Bluette.Ella si accorse che Parigi la Grande cantava brillava roteava intorno al suo fermo spavento come il carrosello di una terribile fiera.Si chiamava Mimi Bluette, ed era più disperata che le ragazze vagabonde, le camminatrici delle vie notturne, quando lʼospizio le rifiuta e dormono sotto i ponti.Si chiamava Mimi Bluette, e non aveva più nellʼanima neanche un fiore.Fece tutto quello che potè per ricercare lo scomparso, ma inutilmente. La distanza era implacabile; dal lontano silenzio non veniva neanche una parola.Ed ella visse in quellʼappartamento, per lunghi giorni, da mattino a sera; cercò, frugò, mise ogni mobile sossopra, nella speranza di trovare un indizio che potesse ricondurla fino a lui.Nulla. Tutto quanto vʼera, non faceva che accrescere lʼombra. Solo di un fatto si accorse: chʼegli era estremamente povero, poichè aveva tutto venduto.Allora pensò con desolazione alla propria ricchezza, che gli avrebbe offerta come si offre, a chiunque lo domandi, un bicchiere dʼacqua pura; la sua ricchezza vuota e pesante, che ormai non servirebbe a nessuno.Capì che forse la miseria, forse la vergogna dʼuna fierissima povertà, lo aveva costretto a riprendere il cammino dellʼesilio.Chissà? Forse non era nemmeno questa la ragione. Nel vasto mondo egli era un disperso, un camminante, uno di quegli uomini senza storia dei quali non è possibile incatenare la fuggente vita.Ma un soffocante pensiero la strinse. Ritrovarlo!... dirgli:—«Prendi! questo oro è tuo; questa ricchezza che mi pesa è tua». Perchè mai non ho saputo indovinare la tua povertà io stessa? Perchè non me lʼhai confessato, Laire? Hai avuto forse paura di piegare quella tua fronte così alta? Ebbene, dovevi dirmi:—«Sii povera tu pure. Lascia ogni cosa, vieni con me; lavoreremo.»Una soffocante gioia dʼun attimo... e più tardi pensò:—«Bisogna, bisogna chʼio lo ritrovi!»Era Mimi Bluette, aveva la bellezza e la ricchezza, la libertà ed il fascino: questa sua leggiadra potenza doveva pur bastarle per ritrovare un uomo.—Madame désire?—le domandò con arrogante urbanità lʼimbronciato Monsieur Pétimel.—Veuillez faire passer ma carte à M.rle Ministre.—Oh!... je vous préviens, chère Madame, que vous nʼaurez pas moins dʼune heure dʼantichambre à faire... Il y a douze personnes avant vous.—Vous avez lʼair de ne pas me reconnaître, M.rPétimel!—Excusez–moi, Madame, je nʼai quʼune paire de lunettes et il fait assez sombre. Attendez un peu, attendez un peu...Così dicendo sʼinforcò sul naso, già carico degli occhiali a stanghetta, un paio di grosse lenti convesse, dallʼorlo di tartaruga, e si mise a guardarla da vicino, mentre la sua vasta faccia naufragata nella pinguedine sembrava che venisse a galla per illuminarsi di stupore.—Oh, mais cʼest bien vous que je revois? Nʼy a–t–il pas dʼerreur? Est–ce vous? madame Bluette?—Jʼen suis presque sûre... Toutefois regardez mieux,M.rPétimel!—Enfin!... après si longtemps! Quelle bonne surprise! Je me figure bien la tête que va faire M.rle Ministre!—Voulez–vous lui passer ma carte à présent?—Mais certainement, Madame Bluette! Et, puisque cʼest vous, je peux bien vous dire que les douze personnes se réduisent à un Délégué de province, fort négligeable et fort assommant, dont M.rle Ministre va se débarrasser en quelques secondes, aussitôt quʼil aura lu votre carte. Jʼy cours. Vous êtes toujours la plus jolie femme de Paris, M.meBluette!... quoique un peu maigrie... Jʼy cours!—Eh bien courez, M.rPétimel, car je suis très pressée.—Oh, ce que nous vous avons regrettée dans ces bureaux, M.meBluette! Il y a eu de bien mauvais jours au moment de votre retraite! Et puis, un Ministère tombé, un Ministère refait... hélas!... la politique!—Mais courez donc, M.rPétimel!—Parfaitement; jʼy cours.Finse di allungare il passo quanto poteva, ma, prima di battere allʼuscio del Ministro, volle compiere il giro di tutti gli uffici per diffondere la straordinaria notizia.—Crise de cabinet!... Crise de cabinet!—sussurrava presso tutte le scrivanie, soffocando un gorgolio di riso nella sua grassa pappagorgia.Infine si presentò nello studio del Ministro, e vedendolo accalorato a ragionare di riforme agrarie con il Delegato provinciale, questo adorabile M.rPétimel si chinò allʼorecchio di Sua Eccellenza, ma disse con voce che avrebbe udita pure un sordo:—Monsieur le Ministre! Il y a M.meMimi Bluette, revenue comme par miracle, qui vous prie de la recevoir tout de suite, pour affaire urgente.—Poi soggiunse con una voce da filodrammatico:—On voit à ses yeux quʼelle doit avoir pleuré...Sua Eccellenza diventò bianco, rosso, purpureo; si dimenò, guardò in faccia il Delegato, il segretario, e per ultimo, non sapendo che dire, si carezzò la rotonda calvizie.Per fortuna il Delegato era un uomo di spirito, e visto lʼimbarazzo nel quale si trovava il Ministro, cercò di abbreviarglielo per quanto stava in suo potere.Cinque minuti dopo il nervoso campanello di Sua Eccellenza invitava M.rPétimel ad introdurre nel suo gabinetto lʼimpaziente supplicatrice.Sua Eccellenza lʼattendeva in piedi, contro la scrivania, ritto e fermo, con una certa magnanimità. Era turbato, si mordicchiava un labbro con lʼorlo dei denti.—Fermez la porte, M.rPétimel. Je nʼy suis pour personne. Allez.Mimi Bluette gli venne incontro con le due mani tese, chʼegli non toccò.—Asseyez–vous, Madame,—disse il Ministro, con un gesto à la Marquis de Priola.—Ne mʼen veuillez pas, je vous en prie...—intercesse Bluette.—Je suis désormais si malheureuse, si malheureuse...Egli la guardò senza dir nulla, mentre Bluette sedeva nella poltrona con una specie di abbandonata e stanca umiltà.Forse quellʼuomo le aveva sinceramente voluto bene;forse, quellʼambizioso giocoliere, quel tenace politicante ormai quasi vecchio, aveva perduto con lei, non solamente la più bella danzatrice di Parigi, ma una bionda creatura giovine che gli mandava nellʼanima qualche soffio di primavera.—Ne mʼen veuillez pas...—ripetè Bluette con pianissima voce.—Cela nʼa aucune importance!—egli rispose con un tono sarcastico.—Vous est–il–arrivé quelque malheur?—Oui: jʼai été amoureuse comme une folle dʼun homme qui a disparu.E gli occhi di Bluette lo guardavan nel viso, fermi, disperati, con una grande luce.Egli rimase qualche attimo sopra pensiero, indi fece una smorfia e si ristrinse nelle spalle.—Cela peut bien être, puisque vous le dites. Mais je ne découvre dans cette éclipse rien qui me concerne. Je ne suis point responsable des gens qui disparaissent.—Si! vous lʼêtes! vous lʼêtes! Ne jouons pas sur les mots, je vous en prie. Je ne suis quʼune pauvre femme après tout... Ayez un peu de pitié!—Que signifient ces paroles? Ma foi, il mʼest impossible de vous suivre sur ce terrain. Est–ce que vous croiriez peut–être...—Je ne sais pas si je dois le croire, mais il est indéniable quʼon me lʼa dit.Egli ebbe un sussulto rapido, visibile, contenuto. Le rispose:—Jamais je nʼai été un lâche, Bluette!—Poi soggiunse:—Même pas lorsque jʼai eu la tentation de lʼêtre.Ella guardò i suoi occhi, poi tacque.—Je vous donne ma parole dʼhonneur, Bluette; ce nʼest pas moi qui lʼai fait partir.—Merci...—Vous ne devez pas me remercier, parce que, en effet, jʼai été dʼabord sur le point de le faire. Il y a presque longtemps de cela. Et pourtant, vous avez été bien rude, bien cruelle avec moi, Bluette! Mais, au moment où il fallait dire oui, où je nʼavais quʼà faire un signe... eh bien, jʼai senti que je pouvais me battre sans merci avec un adversaire de ma taille, mais quʼil était bien lâche de sévir contre vous. Et je ne lʼai pas fait. Non, je ne lʼai pas fait, Bluette! Vous en aurez des preuves, si vous ne me croyez pas.—Merci, merci. Je suis bien sûre de vous à présent. Jʼen étais sûre dʼavance, puisque jʼai osé frapper à votre porte. Il me semble que, malgré tout, vous êtes encore pour moi un véritable ami.—Non, Bluette, cela non. Pour vous je ne suis désormais quʼun étranger. Jʼaimerais mieux sans doute vous voir heureuse que triste, mais je suis un homme comme tous les autres et il y a des blessures dont les cicatrices sont toujours très sensibles...—Soyez bon, nʼajoutez pas à ma peine. Si vous saviez ce qui se passe en moi, si vous saviez ce que je souffre!... Voilà une semaine que je cours comme une folle à travers Paris, faisant mille démarches, questionnant à droite et à gauche, prodiguant lʼor à pleines mains.... Jʼai lancé un peu partout des meutes de détectives; jʼai couru les Bureaux de Police, les gares, lesagences de voyage... Voulez–vous me croire? jʼai été à la Morgue voir les noyés et le suicidés... Mais rien! Rien nulle part. Cet homme a disparu sans laisser de trace. Et voilà, je suis à bout de forces, jʼen perds la tête; il faut à tout prix, à tout prix, que quelquʼun mʼaide... Et je suis venue chez vous, sans réfléchir, mais aveuglément sûre que mon désarroi vous ferait de la peine.—Je vous affirme, Bluette, que lʼon pourrait voir de lʼironie dans le choix de ma personne en pareille circonstance!—Dʼautres peut–être; mais pas vous ni moi.—Passons! Que dois–je faire pour vous, Bluette?—Mʼaider.—Vous aider? Moi? Et comment?—Vous êtes un homme tout–puissant, je le sais bien. Si vous aviez intérêt à savoir où cet homme est parti, vous le sauriez au plus vite; vous le sauriez demain peut–être, et il ne vous en coûterait quʼun ordre donné par téléphone à ceux qui doivent vous obéir.—Nʼen croyez rien. Je ne suis pas un bureau de renseignements, chère amie! Je vous dis cela, en passant sur le reste.—Comme cʼest triste! Vous mettez de lʼamour propre où il y va de ma vie.—Mais non, mais non... Et dʼabord ne dites pas des phrases si tragiques!—Elles ne sont pas tragiques du tout. Je suis blessée a mort dans mon orgueil, oui, surtout dans mon orgueil, et je vous demande une petite grâce, pour vous bien indifferente. Mais vous refusez... Tant pis! Je vous dis au revoir «Excellence!...»—Cʼest très gentil comme vous le dites ce: «Au revoir, Excellence!...» Mais enfin, puisque vous y tenez si fort, et puisque je vous aime toujours un peu, ma pauvre Bluette, je vais être ridicule autant quʼil vous plaira, et nous allons téléphoner ensemble au Chef de la Sûreté, pour quʼil déchaîne ses plus fins limiers sur les traces de votre fugitif, qui sʼappelle... comment sʼappelle–t–il au juste?—Hilaire Castillo, Monsieur le Ministre.—Cʼest un faux nom, évidemment.—Croyez–vous, Monsieur le Ministre? En tout cas je ne lui en ai jamais connu dʼautre.Ed il Ministro dʼAgricoltura sperò sinceramente che il bisbetico Prefetto di Polizia riuscisse a pescargli quel cadavere dai vortici della Senna.
Il giorno 31 del mese, alle ore cinque precise, come di consueto apparve il cronometrico Monsieur Bollot. Soffiava un poco dʼasma senile quando, su la mensola dellʼanticamera, depose la venusta cartella di cuoio sbiadito. Quella sua bella faccia da notaro della Reggenza, con i baffi ed il pizzo da vecchio moschettiere, una capigliatura dʼargento che si gonfiava sotto lʼantiquata solennità del cappello a mezza tuba, la sua faccia piena di grinze, ma dove ancora brillavano i colori della gioventù, sorrise familiarmente alla bionda leggiadria di Linette, cameriera dalle calze di voilé, che si affaccendava per liberarlo dal soprabito.
—Bonjour, ma petite! Un vent dʼAvril qui aigrit mes rhumatismes! A la bonne heure, Linette!... si je nʼétais pas si vieux, jʼaimerais encore bien vous conter fleurette..
—Mais vous nʼêtes pas si vieux, Monsieur Bollot! Au contraire, vous avez une mine superbe aujourdʼhui.
—Des compliments! toujours des compliments! Ça fait plaisir quand même. Enfin!... comment va Madame?
—Madame est en ville. Mais je suis sûre quʼelle rentrera bientôt. Elle est sortie après le déjeûner, en me disant:—Aujourdʼhui, à 5 h., Monsieur Bollot viendra. Si par hasard je tarde, il faudra le prier de mʼattendre.
—Cʼest ça; nos attendrons. Pour abréger lʼattente nous allons faire un bout de causette, à nous deux, dans le salon.
—Avec plaisir, Monsieur Bollot. Jʼai même bien envie de vous dire quelque chose.
—Oui? Dépêchons–nous alors...
Prese la cartella, i guanti, e camminò a piccoli passi, con quella particolare oscillazione dʼequilibrio che hanno i vecchi ed i bambini.
Un sole dʼoro fiammeggiava sui mobili della sala di Bluette.
—Dʼabord, voici: ce sont vos gages,—disse il vecchio amministratore, frugando nelle tasche della sua rigonfia cartella.—Vous y trouverez aussi vos étrennes pour Pâques: cʼest un petit cadeau que je vous fais personellement, et cela nʼa rien à voir avec les étrennes que vous recevrez de Madame.
—Je vous remercie infiniment, Monsieur Bollot.
—Il nʼy a pas à me remercier. Cʼest pris sur les économies de lʼadministration, et, puisque vous êtes si fidèle, cʼest bien juste.
—Vous me faites rougir, Monsieur Bollot!—esclamò lʼincipriata Linette, nascondendo il denaro nella tasca del suo fino grembiule di pizzo.
—A présent nʼoubliez pas que jʼaime boire un petit verre de Kümmel en arrivant, un autre en mʼen allant. Versez–le moi, Linette, et causons.
Con le sue dita color dei gelsomini, Linette gli pose accanto il lieve calice del suo liquore preferito. Mentre girava intorno a quella sorridente canizie, lei coʼ suoi capelli biondi, lui con il suo pizzo da bianco moschettiere, apparivano entrambi così gentili, così onesti, che il vederli faceva ripensare a quelle buone vecchie stampe di cento anni fa, che illustrano con tanto garbo le indiscrete pagine dei galanti novellieri francesi.
—Ce que jʼai à vous dire, Monsieur Bollot, est trèscourt. Vous savez que jʼaime Madame plus que moi–même...
—Oui, je le sais, Linette.
—Eh bien, Monsieur Bollot, vous êtes le seul homme quʼelle respecte et que parfois elle écoute. Je vous en prie, faites quelque chose pour lui ouvrir les yeux, pour lui rendre sa raison... car je vous assure que Madame est devenue folle!
Il vecchio amministratore impiegò qualche tempo prima di rispondere; poi depose il bicchierino di néttare, asciugandosi con accuratezza le labbra inumidite.
—Nous le savons, Linette. Et tu penses bien que nous lui avons déjà dit notre avis. Quoique, pour être juste, cet homme nʼentame pas sa fortune. Cet homme,
—Cʼest beaucoup, en tout cas, Linette. Car cela est indéniable.
—Peut–être, bien, Monsieur Bollot. Mais lʼéconomie nʼest pas tout en ce monde.
—Cʼest beaucoup, en tout cas, Linette. Car cela montre quʼon a de lʼordre dans lʼâme. Mais pourquoi tʼaffliges–tu tellement? Que ce soit lui ou un autre, est–ce que ce nʼest pas la même chose?
—Du tout, du tout, Monsieur Bollot! Et je vous affirme quʼun de ces jours il va se passer quelque chose de très grave. Jʼen suis certaine. Voyez vous, Monsieur Bollot: les autres étaient presque toujours des gens très comme il faut; il étaient, parfois ses caprices, parfois ses habitudes ou ses devoirs: jamais rien de sérieux en tout cas; ce que chaque femme comme elle doit avoir... des amants, en somme! Elle ne les aimait pas du tout, cʼétaient eux qui lʼaimaient. Tandis quʼelle est folle de celui–ci. Je vous dis, Monsieur Bollot, quʼelle en est folle! Et pas du tout heureuse par dessus le marché!
Il bicchierino di Kümmel tremava leggermente fra le dita bianche di Monsieur Bollot.
—Est–il peut–être méchant avec elle?
—Que sais–je? Depuis que Madame fréquente ce Monsieur, je puis vous dire quʼelle nʼest plus la même femme. Arrachez–la de cet homme, Monsieur Bollot! Faites–lui violence, vous qui le pouvez, mais emportez–la très loin, très loin, car un de ces jours il va se passer, jʼen suis certaine, quelque chose de très grave...
—Quoi, par exemple?
—Que sais–je? Un malheur sans doute. Cet homme, je ne lʼai vu que de loin, et en cachette, puisque vous savez peut–être que jamais il ne vient ici. Sa figure ne me dit rien de bon. Cʼest une de ces têtes, Monsieur Bollot, qui ont quelque chose de beau et de redoutable. Moi, voyez–vous, ça ne mʼétonnerait guère si un matin je voyais paraître cette tête–là dans les journaux, à la place où lʼon fait le récit des crimes...
—Oh, oh, comme tu y vas, Linette!
—Cʼest mon avis. En tout cas je nʼexagère pas en vous disant que Madame y perd sa santé et sa carrière. Quant à lʼargent, Monsieur Bollot, il peut se faire quʼil file aussi, comme tout le reste.
—Nous lui parlerons... nous lui parlerons... calme–toi, Linette!
—Tenez, Monsieur Bollot: depuis que cet étranger à pris place dans notre vie, la maison nʼexiste plus. Toujours vide, toujours morne. Madame passe avec lui toutes ses journées; elle ne rentre que pour se changer de robe, et sʼen va de nouveau jusquʼau matin. Elle a maigri terriblement, Monsieur Bollot, et quand je luifais son bain, ce nʼest plus elle. Madame Catherine aussi prépare ses malles tous les trois jours, puis elle les défait. Pauvre femme! Elle non plus nʼa pas le cœur tranquille. Personne à présent nʼose mettre les pieds chez nous. Le seul qui vient encore de temps à autre, et qui lʼattend de longues heures, cʼest ce pauvre Jack... vous savez bien, son danseur dʼautrefois. Nous causons, nous causons, lui et moi, dans la garde–robe ou dans la véranda, parce que lui il fume dans sa pipe un tabac qui sent très fort. Ce pauvre Monsieur Jack!... Si vous saviez comme il est gentil. Des fois nous en avons tous les deux les larmes aux yeux...
Il vecchio Monsieur Bollot, preso lui pure dalla commozione, guardava con fissità le ultime gocce del liquore nel lieve calice di fino cristallo. Poi si raschiò la gola, e disse unʼaltra volta:
—Nous lui parlerons, Linette, sois tranquille.
Questo «nous», chʼegli adoperava con pompa nella sua dolce umiltà, era una specie di abitudine professionale, che sembrava ravvolgere il suo cuore di padre nella toga del giurisperito.
—Il ne suffit pas de lui parler, Monsieur Bollot. Car elle vous ferait, avec plus de politesse, la même réponse quʼà moi: «Fiche–moi la paix, Linette!» Alors cʼest de lʼénergie quʼil faut avec elle, ou bien de la ruse... oui, Monsieur Bollot, de la ruse! Vous, qui êtes si instruit et si bon, faites–lui comprendre sa folie, trouvez un moyen quelconque pour la remettre dans le droit chemin.
—Par exemple?
—Eh bien, dʼabord, vous pourriez essayer de la raisonner, comme vous le faites parfois, dʼun ton paternel.Je lʼai vue souvent devenir un peu pâle et se mordre la lèvre quand vous lui donniez des conseils. Vous, elle vous écoute. Parfois elle se rebiffe, parfois elle se met à crier: «Mon Dieu! mon Dieu! que vous avez des idées arriérées, père Bollot!...» Mais, vous parti, le soir même, ou le jour après, pendant que je lʼhabille, voilà que tout à coup Madame se prend à me dire: «Il avait tout de même raison, ce brave Monsieur Bollot. Il a des idées anciennes, mais elles sont justes. Je ferai comme il a dit.»
—En effet, en effet, chère Linette, jʼai de lʼexpérience et je ne parle que pour son bien.
—Oui, et alors vous devriez lui donner un ordre, voyez–vous, Monsieur Bollot: un ordre! Par exemple: «Tel jour, vous, moi et Linette,—vous, moi, Linette et Monsieur Jack—nous partons tous pour tel endroit». Pour nʼimporte où, pourvu que ce soit très loin.
—Parfait, Linette. Seulement cʼest beaucoup plus facile à dire quʼà obtenir.
—Lʼidée, je vous lʼavoue, nʼest pas de moi. Elle est de Monsieur Jack. Il a lʼabitude, lui, dʼaller et venir dʼAmérique; il trouve très commode quʼon ait à se trimbaler dʼun point à lʼautre de la terre. Quant à moi, mon idée serait bien différente.
—Et quelle est ton idée, voyons?
—Moi, si jʼétais vous, jʼirais tout droit chez ce Monsieur; je lui dirais: «Monsieur Castillo,..»—cʼest son nom,—«Monsieur Castillo...» enfin je ne sais pas au juste ce que je lui dirais, mais sûrement des choses qui toucheraient son cœur, sʼil est un honnête homme.
—Et sʼil ne lʼest pas?
—Je lui en dirais dʼautres, mieux faites pour lʼeffrayer. Car nous sommes trois, après tout,—vous, Monsieur Jack et moi—qui sommes prêts à défendre Madame de toutes nos forces. Mais, voulez–vous que je vous dise, Monsieur Bollot?... Cʼest drôle, cʼest absolument drôle, et pourtant je suis persuadée que lui aussi, malgré tout, il lʼaime...
—Veux–tu que je te dise, Linette? Je suis presque du même avis...
—Et alors?
—Alors, ma fille, tâche de comprendre que tout serait en vain. Ecoute ce que te dit un vieillard, dont la vie toute entière fut lente et monotone comme le tic–tac dʼune pendule. Sache, mon enfant, quʼentre toutes les illusions de la terre une seule est vraie, une seule parvient à griser merveilleusement notre âme: cʼest quand deux créatures sʼaiment, et que tout le reste devient pâle comme si le soleil ne le touchait plus...
—Oh, que vous dites de belles choses, Monsieur Bollot!...
—Ces sont mes cheveux blancs qui les disent... Allons! verse–moi un autre petit verre de cet excellent Kümmel, et, puisque Madame tarde outre mesure, je vais commencer par payer leurs gages aux gens de la maison. Pour toi, dʼabord, cʼest réglé. Va donc dire aux autres que Monsieur Bollot les attend.
E mentre se nʼandava, rapida e seria, coʼ suoi piedini ben calzati, che luccicavano sul tappeto, il vecchio notaro, alzandosi con un poʼ di stento, incominciò a toglier fuori dalla voluminosa cartella i fogli amministrativi,cosparsi dʼuna grave scrittura simmetrica, poi, ad una ad una, le buste gialle in cui suonavano i marenghi, gli scudi e il rame degli stipendi mensili.
Mentre aspettava, si mise a fare unʼultima verifica, brontolando:
—Maurice... Maurice, maître–dʼhôtel—125—cent vingt–cinq... Voilà du gaspillage, nom dʼune pipe! Je ne comprendrai jamais pourquoi on doit jeter six louis et cent sous par mois, pour se payer le luxe dʼun maître dʼhôtel, qui ne fiche rien du matin au soir, et qui nʼest même pas là lorsquʼil sʼagit de mʼouvrir la porte...
Un giorno sparì.
Senza dirle una parola dʼaddio, senza guardarla nel colore degli occhi, dʼimprovviso, con lʼanima forse in delirio, un mattino di gran luce sparì.
Prima che lʼafferrassero, prima che lʼoscura tragedia della sua vita giungesse ad un epilogo apparente, in silenzio, a cuore perduto, sopraffece il suo delirio e partì.
Era venuto dal lontano mondo: ripartiva per il lontanomondo, per la strada morta ove camminano gli uomini che portano in sè, come tenebra, un dolore definitivo.
Era giunto sino a lei ravvolto in una storia buia; lʼaveva imprigionata nella sua ombra, si era lasciato per lʼultima volta ubbriacare dal profumo della sua bocca, dal profumo deʼ suoi fiordalisi... poi, senza nemmeno guardarla nel colore degli occhi, silenzioso e folle come i nomadi, ripartiva per la strada infinita.
Era un mattino di Maggio, quandʼegli uscì per lʼultima volta dalla sua casa deserta.
Quella casa era nascosta in una piccola strada, calma, vecchia,—di quelle che gli edili ragionevoli vanno cancellando a poco a poco.
Si vedeva, lontana, la Colonna di Luglio sorgere dalla piazza della Bastiglia.
Barcollò.
Tutte le finestre di Parigi brillavano, come se avessero nelle raggiere dei vetri una felicità di fuoco.
Lʼamava, lʼamava!...
Sì, ma era troppo tardi... troppo tardi!...
Bisognava partire, partire.
La terribile Città Stupenda lanciava in alto, nel mattino di primavera, la potenza dellʼinfernale suo paradiso.
Tutte quelle case, quelle finestre, quei lembi di cielo, per lui sembravano sereni come gli occhi di Mimi Bluette. Mimi Bluette!... Questo nome cantava nel rumore di Parigi, era la bellezza di tutte le cose che i suoi occhi vedevano, la sorridente anima della vita.
Sì, addio!... addio per sempre, inesorabilmente, conterribilità, con disperazione, addio...
Barcollò. Fece due passi... tre passi... la strada camminava. La distanza era una fuga. Mimi Bluette... Mimi Bluette!... I rumori vertiginosi della Città Babelica pareva lanciassero in alto, per lʼaria bionda, questo nome felice. Le strade sollevate sʼimpennavano contro il cielo; turbini di folla giravano con fragore nella bianca immensità.
Era stata il suo bicchiere ultimo di Sciampagna, lʼultimo suo canestro di rose... che follìa!...
Parigi la Magnifica, tempio e sepolcro dellʼideale, Parigi fiore della terra, in quel mattino del mese di Maggio era bella come una donna giovine, che innamorata si guarda nello specchio, appena levata. Le sue piazze gremite, piene di tumulto, ridevano come se fosse un giorno di festa. I più rugginosi tetti, carichi di gloria, cercavano di riaccendere nello sfarzo del sole di Maggio lʼantica loro novità.
Ed egli si sentiva il cuore pesante come una macina da mulino.
Mimi Bluette!... Mimi Bluette!... Era stata bionda come il grano, quandʼesso lampeggia maturo nella fulgida estate. Aveva unʼanima limpida e profumata, comʼerano i suoi dolci capelli, quando con impeto li scioglieva per coricarvi la sua perfetta nudità.
Camminare, camminare, per strade che non tornano più...
Parigi cantava; Parigi la Grande aveva un fiore a tutte le finestre. Il fiume più maraviglioso della terra, con acque gialle di fango baciava la Basilica di Francia.
Udì suonare a stormo le campane invisibili di Notre–Dame. Le cento basiliche della Senna risposero, nelmattino di primavera. Le campane a stormo cantavano: Mimi Bluette!... Mimi Bluette!...
Sì, era stata lʼultimo paradiso...
Camminare, camminare, per strade che non tornano più.
Ella trovò la porta chiusa, e, prima di suonare il campanello, battè allʼuscio col manico dellʼombrellino. Battè ripetute volte, poi guardò il fragile parasole con il timore di averlo spezzato. Allora suonò il campanello. Intese distintamente correre per le stanze interne la velocissima biscia elettrica della scampanellata. E attese.
Attese.
Allora suonò tre volte, quattro volte ancora. Ma non udiva il suo passo rapido giungere dallʼinterno, sul tappeto.
—«Il est sorti. Pourquoi est–il sorti?»
Nulla di molto singolare in questo fatto; nondimeno era la prima volta che ciò accadeva.
Per scrupolo di coscienza diede unʼultima scampanellata. Guardò in alto, per le scale vuote; guardò inbasso, verso il primo pianerottolo deserto, e, con il cuore inquieto, ridiscese in cerca della portinaia.
La portinaia di quella casa era una persona pressochè introvabile. Dio sa quali faccende avesse, o lì o nel vicinato, ma dentro la sua loggia mal rischiarata non vʼera mai altri che un lucido gattone immobile, seduto alla maniera dei cani e che somigliava singolarmente ad una bestia impagliata.
Bluette guardò se ci fossero le chiavi dellʼappartamento.
Non vʼerano.
Il gatto si mise a fissarla con una immobilità sinistra, che le fece paura.
Suonarono le tre. I rintocchi del bronzo si allargavano come ondate di sole nel brillante spazio. Lʼora pomeridiana mandava ronzìo. La casa, la strada, le ultime porte, il lontano quartiere, lavoravano in sordina.
Dʼun tratto le pervase lʼanima un grande presentimento di sciagura. Le parve chʼegli, non solo fosse distante, ma non ci fosse più. Volle sedersi e attendere; ma ebbe una sottile, inspiegabile paura. Uscì, chiuse lʼuscio a vetri della portineria, ed irresoluta non seppe che fare.
Il gatto lucido la fissava coʼ suoi magnetici occhi rotondi, colore di solfo.
Allora si mise a camminare per la corte. Finalmente incontrò la portinaia, che aveva in mano un ferro da stirare. La interpellò:
—Madame Greuze! Dites–moi, Madame Greuze, où sont les clés?
—Les clés de lʼentresol? Je nʼen sais rien. Avez–vous regardé dans la loge?
—Elles nʼy sont pas.
—Alors cʼest que Monsieur Castillo les aura gardées dans sa poche.
—A quelle heure est–il sorti?
—Ma foi, je ne saurais vous dire., Il y avait pour lui des lettres ce matin; je les ai casées moi–même. A 9 h. elles nʼy étaient plus.
—Des lettres? Mais il nʼen reçoit jamais!
—Il y en avait bien deux ce matin, jʼen suis sûre. Excusez–moi, Madame, sans ça mon fer se refroidit.
Ella rimase ferma nella corte, a guardare la propria ombra che si disegnava nel sole.
Poi sollevò gli occhi verso lʼammezzato, quasi per interrogare quelle tre finestre che davano su la corte. Ma erano deserte, piene di silenzio, piene dʼimmobilità, e si riscaldavano al sole.
Tornò indietro, con una grande angoscia, verso la loggia della portinaia, che stirava.
—Ces lettres. Madame, dʼoù venaient elles? Vous lʼavez remarqué peut–être.
—Parfaitement. Elles venaient de Paris. Lʼune dʼelles au moins, était une de ces grandes enveloppes à entête quʼemploient les Bureaux de la Mairie ou des Ministères.
—Quel entête?
—Je nʼai pas lu, Madame... Je regrette. Jʼai énormément à faire, vous pensez bien!
—Merci.
—A votre service, Madame.
Bluette uscì nella strada e cominciò a camminare. Faceva dieci passi da una parte, dieci dallʼaltra, ossia percorreva rasente il muro tutta la lunghezza della casa.
Di fronte, su lʼaltro marciapiede, il sole batteva conveemenza nella piccola vetrina dʼun orologiaio. La strada calma cullava i suoi radi passanti.
E camminò per mezzʼora, per unʼora, in su, in giù, lungo il muro, con gli occhi fissi or ad un capo or allʼaltro della contrada. Il suo tremante cuore dʼinnamorata non le batteva nemmeno più; non sentiva in sè che un principio di vertigine, anzi una piccola, intima, profonda ferita.
Poi, macchinalmente, risalì per le scale fino al pianerottolo dellʼammezzato, e benchè sapesse chʼera inutile, tuttavia si provò a suonare unʼultima volta.
Lo stesso rumore deserto ripercorse con velocità le stanze mute.
Scese, faticosamente. Uscì. Un timore illogico e tuttavia profondo assaliva il suo timido cuore.
Pensò: «Adesso torna.» E riprese a camminare lungo il marciapiede. Ma una stanchezza pesante imprigionava le sue caviglie da ballerina, come se, in tutte le giunture, avesse dʼimprovviso perduto il suo naturale miracolo dʼequilibrio e dʼagilità.
Quellʼassenza non poteva essere fortuita. Egli era uscito verso le nove del mattino, portando con sè le chiavi; adesso cadeva il tramonto; si vedevano i commessi arruffati, le sottili dattilografe dagli occhi stanchi rincasare con un senso di libertà lungo i marciapiedi che brillavano.
Ma dovʼera mai? Quale strada lo portava? Come ritrovare uno scomparso nel turbine di quella immensa Città, che aveva strade burrascose come fiumi, piazze babeliche ove la folla si avventava come lʼondata nellʼestuario, e che, dal cerchio dellʼinfinita sua forza, dappertutto sollevava un pesante fragore dʼoceano?
Ella, in fondo, non conosceva nessun particolare della sua vita impenetrabile.
Senza bene comprendere perchè avesse questa certezza, pure una voce profonda nel suo spirito le diceva che non sarebbe ritornato mai più.
Ad ogni fragore di ruote che venisse dal capo della strada, sentiva il cuore darle un battito così forte, chʼella, per un lungo istante, ne perdeva il respiro. Ma ogni volta erano viandanti ben dissimili da lui; non la sua fronte alta e buia, non la sua ruvida gentilezza di persona, i suoi luminosi occhi di nomade, che lʼavevano tanto innamorata.
Povera Mimi Bluette!... povera, piccola, bionda Mimi Bluette!...
Si faceva quasi tardi; la fatica del crepuscolo pesava su la Città scintillante. Non vʼera più sole nella piccola vetrina dellʼorologiaio, ed ora si potevan leggere a distanza i nitidi cartelli appesi contro lʼinvetriata:
«Montre Oméga—Or garanti, 18 CaratsChronomètres—Réparations»
E guardando e camminando pensava:—«Ai–je été assez aveugle? Pendant ces derniers jours il y avait bien dans ses yeux quelque chose de très sombre... Hier soir il mʼa dit: «Je tʼaime, Bluette...» Jʼai baissé la tête, et nous avons pleuré. Avant hier jʼai vu quʼil fouillait dans ses malles. Ses malles autrefois étaient pleines; les derniers jours elles étaient presque vides. Mais je nʼosais pas être curieuse, parce quʼavec lui jʼai toujours été si timide...»
La strada ora si popolava di gente più veloce; un operaio,passando, le bisbigliò quasi allʼorecchio:—«La belle fille!»
Pensava:—«Est–ce possible quʼil nʼait pas laissé un mot pour moi? Comme je suis bête! Sans doute, sans doute il mʼa envoyé une lettre chez moi!»
E si mise a camminar così rapida, che quasi correva. Dʼun tratto era piena di speranza; la gioia della vita rifluiva in lei.
Prese una vettura, ma questa camminava con un passo infinitamente troppo lento per la sua concitazione. Non appena scorse unʼautomobile, si mise ad agitar lʼombrellino; il guidatore si fermò. Balzatavi dentro, si affacciò al finestrino, quasi per accelerare con la sua folle impazienza i battiti del motore. Nessuna distanza di Parigi le parve mai così lunga.
—Vite! vite! vite!...—diceva continuamente al meccanico, battendo con gli anelli contro il vetro.
E la videro entrare nella sua portineria come se fosse inseguita. Non prese lʼascensore, volò su per le scale.
—Linette! Linette, dis–moi!... où est la lettre, Linette?...
—Quelle lettre, Madame? Mon Dieu, que vous êtes pâle! Quʼy a–t–il, Madame?
—La lettre, je te dis! Il nʼy a pas une lettre, un billet pour moi?
—Non, Madame.
—Et personne nʼa rien téléphoné?
—Personne.
Cadde sovra una seggiola, piegò la faccia; tacque.
—Madame,—disse Linette, prendendole un polso,—quʼest–ce qui est arrivé? Quʼest–ce qui se passe?
Ma non rispondeva.
Dopo qualche tempo le sollevò nel viso gli occhi folli e disse opacamente:
—Il est parti.
—Comment parti? Sans rien vous dire?
Ella si appoggiò le mani sul cuore, scosse indietro il peso dei capelli, rispose unʼaltra volta:
—Parti.
Ma, dopo qualche attimo, sorse in piedi con unʼenergia convulsa:
—Non, ce nʼest pas possible!—disse duramente.—Ce nʼest pas possible. Vite, vite, Linette! Envoie chercher un serrurier, et que mon auto soit prêt de suite.
—Pourquoi faire un serrurier?
—Pour ouvrir une porte. Vas–y toi–même, avec lʼauto, sans tʼhabiller... vite! vite!
—Mais, Madame...
—Ne demande rien, je tʼen prie! Tu vois bien que je meurs dʼangoisse...
Un quarto dʼora dopo il fabbro giungeva sotto lʼatrio. Lo fece salire nellʼautomobile, a fianco del meccanico.
—Viens avec moi, Linette; ne me laisse pas seule...
—Je vais donc mettre mon chapeau, ma jaquette...
—Oui, mais dépêche–toi!
In quel momento la bionda Caterina rientrava dalla sua passeggiata crepuscolare, fresca e giovanile quanto è lecito essere ad una donna della sua età. Siccome nel medesimo tempo Linette scendeva già dallo scalone, sua figlia non le permise nemmeno di avvicinarsi allo sportello:
—Dopo, dopo, ti spiegherò, mammina... ora ho fretta!
E la lasciaron lì nel sottoportico, mentre i due pettegolibambini del portinaio la tiravano per la bella sottana e le chiedevano sfacciatamente:
—Est–ce que ce soir il nʼy a pas de chocolats pour nous, madame Catherine?
Non ne aveva. Ma restò per circa una mezzʼora, lì, sotto il portico, a far congetture su lʼaccaduto con quel personaggio gallonato e protocollare, che possedeva il senno proverbiale di tutti portieri.
Laggiù frattanto, nella strada calma e lontana, le poche botteghe si erano accese di una pallida elettricità. Qualche gente vi discorreva su lʼorlo dei marciapiedi; qualche altra, stanca della giornata, passava senza volgere il capo, lungo i muri.
Dietro la porta vetrata il lucido gattone di Madame Greuze guardava con immobilità bollire una pentola sul fuoco.
Salirono.
Prima ella suonò ancora il campanello; poi, rapidamente, il fabbro fece saltare la serratura.
Bluette osservava con occhi fermi le mani callose dellʼoperaio. Gli disse:
—Partez avec mon auto. Faites tout de suite une nouvelle clé; donnez–la au chauffeur. Je lʼattends.
Ed ascoltò il suo passo pesante scendere per le scale scuotendo il mazzo dei grimaldelli.
Non osava entrare.
Linette le stava così presso che i loro gomiti si toccavano.
—Je nʼai plus de courage, Linette... Il sʼest tué peut–être... je vais voir son cadavre...
—Appelons quelquʼun, Madame... moi aussi jʼai trèspeur...
—Non, tais–toi. Ce nʼest pas possibile... il est parti... parti...
Entrarono, chiusero lʼuscio. Nellʼanticamera faceva buio. Ma un raggio batteva nel vetro dʼun piccolo quadro. La casa deserta sembrava infinitamente profonda.
Bluette cercò, lungo la cornice dello stipite, lʼinterruttore della luce elettrica, ma in quel grande smarrimento la sua mano incerta non lo ritrovava.
Infine Linette riuscì ad accendere. Videro che lʼattaccapanni era vuoto.
Tre stampe di cacce inglesi pendevano dalla parete; vʼeran su la tavola un bacile di rame, un vaso di cristallo, con qualche fiore appassito che aveva portato Bluette.
Dʼun tratto, come una pazza, ella si mise a correre per la casa... Guardò, frugò... Nulla, nulla, nulla...
Sì, era partito per sempre, partito come un vero nomade, partito senza dirle addio.
In quel momento venne su la portinaia.
—Je ne sais pas si cʼest bien juste ce que vous avez fait, Madame. Cʼest vrai que vous êtes presque la patronne ici... Pourtant, sʼil a fermé, cʼest quʼil ne voulait pas quʼon fasse sauter la serrure.
—Oui, oui, Madame Greuze... Oui, oui, Madame Greuze...
—Il faudra lui écrire que vous lʼavez fait sans notre permission. Car cʼest nous, cʼest–à–dire mon mari et moi, qui sommes chargés de lʼappartement.
—Lui écrire? Mais où?
—Vous le saurez peut–être. Moi, pour sûr, je nʼen sais rien. Dʼailleurs il ne faut pas vous étonner: cʼest presque toujours ainsi quʼil sʼen va.
—Reviendra–t–il, Madame Greuze?
—Que sais–je? Il reste souvent plusieurs mois sans revenir; une fois son absence dura plus de deux ans. Nous recevions toujours son loyer, avec nos gages, très exactement. Cette fois–ci, ni gages, ni terme; rien. Il nʼa rien payé. Et puis ses malles sont là. Venez voir, Madame. Trois malles, qui ont fait le tour de la terre... Voyez combien dʼétiquettes! Cʼest vrai que parfois on vient les prendre même huit jours après son départ.
—Et qui est–ce qui vient les prendre?
—Un monsieur âge, qui sʼappelle Dmitrieff.
—Où est–ce quʼil habite?
—Je nʼen sais rien. Monsieur Castillo mʼa dit une fois: «Vous ouvrirez toujours à ce Monsieur Dmitrieff,»—qui était avec lui. Un étranger sans doute.
—Sʼil vient cette fois–ci, il ne faudra pas le laisser partir avant de mʼavoir donné un coup de téléphone. Voici pour vous, Madame Greuze.
—Deux louis? Mais cʼest trop, Madame!
—Je vous en donnerai bien dʼautres, si seulement vous mʼapporterez un renseignement quelconque. Aussi dites–mois tout ce que vous savez, tout, les moindres détails. Je me souviens par exemple quʼil avait aussi deux grands sacs; il nʼy sont plus. Quand les a–t–il emportés?
—Pendant la nuit peut–être, car je suis bien sûre de ne pas lʼavoir vu passer.
—Jʼai été ici moi–même jusquʼà deux heures du matin; puis il mʼa reconduit. Oh, je vous en prie, essayez dʼen savoir quelque chose, Madame Greuze!...
—Bien sûr, bien sûr; jʼintérrogerai tout le monde.
Seulement, ne pleurez pas, Madame... Il va revenir, soyez–en certaine... vous êtes si belle!
Ma ella era bianca e ferma, e le lacrime cadevano daʼ suoi occhi, senza un tremore delle ciglia; cadevano come se perdesse tutta lʼanima, a poco a poco, in ogni gocciola di pianto.
—Je nʼai quʼune chose à vous dire; mais vous la savez sans doute,—concluse M.meGreuze.—Il y a un mois environ, des agents de police en civil sont venus et mʼont posé beaucoup de questions sur lui, sur sa vie, sur ses mœurs... Jʼen ai dʼailleurs prévenu M. Castillo, qui sʼest mis à rire et a haussé les épaules. Il vous lʼaura dit, je suppose.
—Non, Madame Greuze.
—Ah?... Ils sont venus deux fois. Et hier, dans lʼaprès–midi il a reçu la visite dʼun gros monsieur à longues moustaches et pardessus beige, qui a prétendu monter malgré la consigne. Un monsieur très désagréable et très arrogant. Un Parisien celui–là, cʼest sûr.
—Donnez–moi des détails, Madame Greuze. Il faut que je le retrouve.
—Des détails? Je nʼen ai pas. Sʼil revient par hasard, je téléphonerai chez vous. Pour mon compte, dʼaprès son allure, jʼai fait une réflexion, quoiquʼun peu risquée...
—Laquelle?
—Je me suis dit: «Voilà un créancier de Monsieur Castillo.» Car il marchait comme les gens qui viennent pour réclamer de lʼargent.
E Linette era seduta su lʼorlo dʼuna seggiola, tutta bianca, tenendosi con una mano lʼaltra mano, che non sapeva dove stare.
Così passarono tre giorni. La barbara Città Splendente le aveva rubato il suo amore. Quel dono che le fece in una sera di musica, le ritoglieva in un giorno di sole. Per vendicarsi dʼaverla resa bella ed innamorata, ora, dʼun tratto—senza nemmeno dirle: «Preparati!» le uccideva nel cuore la felicità. Mandava un repentino soffio di tragedia ad investire i suoi capelli biondi, sciupava, sfogliava con adirata violenza i semplici fiori del campo, i fiordalisi di Mimi Bluette.
Ella si accorse che Parigi la Grande cantava brillava roteava intorno al suo fermo spavento come il carrosello di una terribile fiera.
Si chiamava Mimi Bluette, ed era più disperata che le ragazze vagabonde, le camminatrici delle vie notturne, quando lʼospizio le rifiuta e dormono sotto i ponti.
Si chiamava Mimi Bluette, e non aveva più nellʼanima neanche un fiore.
Fece tutto quello che potè per ricercare lo scomparso, ma inutilmente. La distanza era implacabile; dal lontano silenzio non veniva neanche una parola.
Ed ella visse in quellʼappartamento, per lunghi giorni, da mattino a sera; cercò, frugò, mise ogni mobile sossopra, nella speranza di trovare un indizio che potesse ricondurla fino a lui.
Nulla. Tutto quanto vʼera, non faceva che accrescere lʼombra. Solo di un fatto si accorse: chʼegli era estremamente povero, poichè aveva tutto venduto.
Allora pensò con desolazione alla propria ricchezza, che gli avrebbe offerta come si offre, a chiunque lo domandi, un bicchiere dʼacqua pura; la sua ricchezza vuota e pesante, che ormai non servirebbe a nessuno.
Capì che forse la miseria, forse la vergogna dʼuna fierissima povertà, lo aveva costretto a riprendere il cammino dellʼesilio.
Chissà? Forse non era nemmeno questa la ragione. Nel vasto mondo egli era un disperso, un camminante, uno di quegli uomini senza storia dei quali non è possibile incatenare la fuggente vita.
Ma un soffocante pensiero la strinse. Ritrovarlo!... dirgli:—«Prendi! questo oro è tuo; questa ricchezza che mi pesa è tua». Perchè mai non ho saputo indovinare la tua povertà io stessa? Perchè non me lʼhai confessato, Laire? Hai avuto forse paura di piegare quella tua fronte così alta? Ebbene, dovevi dirmi:—«Sii povera tu pure. Lascia ogni cosa, vieni con me; lavoreremo.»
Una soffocante gioia dʼun attimo... e più tardi pensò:—«Bisogna, bisogna chʼio lo ritrovi!»
Era Mimi Bluette, aveva la bellezza e la ricchezza, la libertà ed il fascino: questa sua leggiadra potenza doveva pur bastarle per ritrovare un uomo.
—Madame désire?—le domandò con arrogante urbanità lʼimbronciato Monsieur Pétimel.
—Veuillez faire passer ma carte à M.rle Ministre.
—Oh!... je vous préviens, chère Madame, que vous nʼaurez pas moins dʼune heure dʼantichambre à faire... Il y a douze personnes avant vous.
—Vous avez lʼair de ne pas me reconnaître, M.rPétimel!
—Excusez–moi, Madame, je nʼai quʼune paire de lunettes et il fait assez sombre. Attendez un peu, attendez un peu...
Così dicendo sʼinforcò sul naso, già carico degli occhiali a stanghetta, un paio di grosse lenti convesse, dallʼorlo di tartaruga, e si mise a guardarla da vicino, mentre la sua vasta faccia naufragata nella pinguedine sembrava che venisse a galla per illuminarsi di stupore.
—Oh, mais cʼest bien vous que je revois? Nʼy a–t–il pas dʼerreur? Est–ce vous? madame Bluette?
—Jʼen suis presque sûre... Toutefois regardez mieux,M.rPétimel!
—Enfin!... après si longtemps! Quelle bonne surprise! Je me figure bien la tête que va faire M.rle Ministre!
—Voulez–vous lui passer ma carte à présent?
—Mais certainement, Madame Bluette! Et, puisque cʼest vous, je peux bien vous dire que les douze personnes se réduisent à un Délégué de province, fort négligeable et fort assommant, dont M.rle Ministre va se débarrasser en quelques secondes, aussitôt quʼil aura lu votre carte. Jʼy cours. Vous êtes toujours la plus jolie femme de Paris, M.meBluette!... quoique un peu maigrie... Jʼy cours!
—Eh bien courez, M.rPétimel, car je suis très pressée.
—Oh, ce que nous vous avons regrettée dans ces bureaux, M.meBluette! Il y a eu de bien mauvais jours au moment de votre retraite! Et puis, un Ministère tombé, un Ministère refait... hélas!... la politique!
—Mais courez donc, M.rPétimel!
—Parfaitement; jʼy cours.
Finse di allungare il passo quanto poteva, ma, prima di battere allʼuscio del Ministro, volle compiere il giro di tutti gli uffici per diffondere la straordinaria notizia.
—Crise de cabinet!... Crise de cabinet!—sussurrava presso tutte le scrivanie, soffocando un gorgolio di riso nella sua grassa pappagorgia.
Infine si presentò nello studio del Ministro, e vedendolo accalorato a ragionare di riforme agrarie con il Delegato provinciale, questo adorabile M.rPétimel si chinò allʼorecchio di Sua Eccellenza, ma disse con voce che avrebbe udita pure un sordo:
—Monsieur le Ministre! Il y a M.meMimi Bluette, revenue comme par miracle, qui vous prie de la recevoir tout de suite, pour affaire urgente.—Poi soggiunse con una voce da filodrammatico:—On voit à ses yeux quʼelle doit avoir pleuré...
Sua Eccellenza diventò bianco, rosso, purpureo; si dimenò, guardò in faccia il Delegato, il segretario, e per ultimo, non sapendo che dire, si carezzò la rotonda calvizie.
Per fortuna il Delegato era un uomo di spirito, e visto lʼimbarazzo nel quale si trovava il Ministro, cercò di abbreviarglielo per quanto stava in suo potere.
Cinque minuti dopo il nervoso campanello di Sua Eccellenza invitava M.rPétimel ad introdurre nel suo gabinetto lʼimpaziente supplicatrice.
Sua Eccellenza lʼattendeva in piedi, contro la scrivania, ritto e fermo, con una certa magnanimità. Era turbato, si mordicchiava un labbro con lʼorlo dei denti.
—Fermez la porte, M.rPétimel. Je nʼy suis pour personne. Allez.
Mimi Bluette gli venne incontro con le due mani tese, chʼegli non toccò.
—Asseyez–vous, Madame,—disse il Ministro, con un gesto à la Marquis de Priola.
—Ne mʼen veuillez pas, je vous en prie...—intercesse Bluette.—Je suis désormais si malheureuse, si malheureuse...
Egli la guardò senza dir nulla, mentre Bluette sedeva nella poltrona con una specie di abbandonata e stanca umiltà.
Forse quellʼuomo le aveva sinceramente voluto bene;forse, quellʼambizioso giocoliere, quel tenace politicante ormai quasi vecchio, aveva perduto con lei, non solamente la più bella danzatrice di Parigi, ma una bionda creatura giovine che gli mandava nellʼanima qualche soffio di primavera.
—Ne mʼen veuillez pas...—ripetè Bluette con pianissima voce.
—Cela nʼa aucune importance!—egli rispose con un tono sarcastico.—Vous est–il–arrivé quelque malheur?
—Oui: jʼai été amoureuse comme une folle dʼun homme qui a disparu.
E gli occhi di Bluette lo guardavan nel viso, fermi, disperati, con una grande luce.
Egli rimase qualche attimo sopra pensiero, indi fece una smorfia e si ristrinse nelle spalle.
—Cela peut bien être, puisque vous le dites. Mais je ne découvre dans cette éclipse rien qui me concerne. Je ne suis point responsable des gens qui disparaissent.
—Si! vous lʼêtes! vous lʼêtes! Ne jouons pas sur les mots, je vous en prie. Je ne suis quʼune pauvre femme après tout... Ayez un peu de pitié!
—Que signifient ces paroles? Ma foi, il mʼest impossible de vous suivre sur ce terrain. Est–ce que vous croiriez peut–être...
—Je ne sais pas si je dois le croire, mais il est indéniable quʼon me lʼa dit.
Egli ebbe un sussulto rapido, visibile, contenuto. Le rispose:
—Jamais je nʼai été un lâche, Bluette!—Poi soggiunse:—Même pas lorsque jʼai eu la tentation de lʼêtre.
Ella guardò i suoi occhi, poi tacque.
—Je vous donne ma parole dʼhonneur, Bluette; ce nʼest pas moi qui lʼai fait partir.
—Merci...
—Vous ne devez pas me remercier, parce que, en effet, jʼai été dʼabord sur le point de le faire. Il y a presque longtemps de cela. Et pourtant, vous avez été bien rude, bien cruelle avec moi, Bluette! Mais, au moment où il fallait dire oui, où je nʼavais quʼà faire un signe... eh bien, jʼai senti que je pouvais me battre sans merci avec un adversaire de ma taille, mais quʼil était bien lâche de sévir contre vous. Et je ne lʼai pas fait. Non, je ne lʼai pas fait, Bluette! Vous en aurez des preuves, si vous ne me croyez pas.
—Merci, merci. Je suis bien sûre de vous à présent. Jʼen étais sûre dʼavance, puisque jʼai osé frapper à votre porte. Il me semble que, malgré tout, vous êtes encore pour moi un véritable ami.
—Non, Bluette, cela non. Pour vous je ne suis désormais quʼun étranger. Jʼaimerais mieux sans doute vous voir heureuse que triste, mais je suis un homme comme tous les autres et il y a des blessures dont les cicatrices sont toujours très sensibles...
—Soyez bon, nʼajoutez pas à ma peine. Si vous saviez ce qui se passe en moi, si vous saviez ce que je souffre!... Voilà une semaine que je cours comme une folle à travers Paris, faisant mille démarches, questionnant à droite et à gauche, prodiguant lʼor à pleines mains.... Jʼai lancé un peu partout des meutes de détectives; jʼai couru les Bureaux de Police, les gares, lesagences de voyage... Voulez–vous me croire? jʼai été à la Morgue voir les noyés et le suicidés... Mais rien! Rien nulle part. Cet homme a disparu sans laisser de trace. Et voilà, je suis à bout de forces, jʼen perds la tête; il faut à tout prix, à tout prix, que quelquʼun mʼaide... Et je suis venue chez vous, sans réfléchir, mais aveuglément sûre que mon désarroi vous ferait de la peine.
—Je vous affirme, Bluette, que lʼon pourrait voir de lʼironie dans le choix de ma personne en pareille circonstance!
—Dʼautres peut–être; mais pas vous ni moi.
—Passons! Que dois–je faire pour vous, Bluette?
—Mʼaider.
—Vous aider? Moi? Et comment?
—Vous êtes un homme tout–puissant, je le sais bien. Si vous aviez intérêt à savoir où cet homme est parti, vous le sauriez au plus vite; vous le sauriez demain peut–être, et il ne vous en coûterait quʼun ordre donné par téléphone à ceux qui doivent vous obéir.
—Nʼen croyez rien. Je ne suis pas un bureau de renseignements, chère amie! Je vous dis cela, en passant sur le reste.
—Comme cʼest triste! Vous mettez de lʼamour propre où il y va de ma vie.
—Mais non, mais non... Et dʼabord ne dites pas des phrases si tragiques!
—Elles ne sont pas tragiques du tout. Je suis blessée a mort dans mon orgueil, oui, surtout dans mon orgueil, et je vous demande une petite grâce, pour vous bien indifferente. Mais vous refusez... Tant pis! Je vous dis au revoir «Excellence!...»
—Cʼest très gentil comme vous le dites ce: «Au revoir, Excellence!...» Mais enfin, puisque vous y tenez si fort, et puisque je vous aime toujours un peu, ma pauvre Bluette, je vais être ridicule autant quʼil vous plaira, et nous allons téléphoner ensemble au Chef de la Sûreté, pour quʼil déchaîne ses plus fins limiers sur les traces de votre fugitif, qui sʼappelle... comment sʼappelle–t–il au juste?
—Hilaire Castillo, Monsieur le Ministre.
—Cʼest un faux nom, évidemment.
—Croyez–vous, Monsieur le Ministre? En tout cas je ne lui en ai jamais connu dʼautre.
Ed il Ministro dʼAgricoltura sperò sinceramente che il bisbetico Prefetto di Polizia riuscisse a pescargli quel cadavere dai vortici della Senna.