Histoire.— L’Aïr est beaucoup plus peuplé que l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as ; sa population est aussi moins homogène, et l’organisation politique y est très compliquée. Quelques renseignements historiques (?) sont nécessaires pour l’éclaircir un peu.Quelques tribus nomades, Kel Fédé, Kel Gress, Kel Ferouan, Kel R’arous, Hoggar, etc., sont blanches et appartiennent aux races méditerranéennes ; mais la plupart des Touaregs de l’Aïr sont des noirs ou des mûlatres, apparentés de près aux Haoussas qui auraient été les premiers habitants du pays.La langue haoussa est très répandue dans tout l’Aïr ; elle est comprise généralement de tous et paraît employée dans les villages de préférence au tamachek. On la retrouve dans les noms propres où « dan », fils, en haoussa, tient la place du « ben » des Arabes ou du « ag » des Berbères : Yato dan Kasseri est le nom d’un des principaux chefs du pays, l’anastafidet.Agadez et In Gall ont été des colonies de Gao au temps de sa splendeur et la langue sonr’ai y est encore parlée ou tout au moins comprise (LtJean). Quant aux conquêtes bornouannes, dont la légende a conservé le souvenir, elles paraissent avoir été sans influence sur le pays.Avant notre installation, toute récente[51], dans l’Aïr, le sultan d’Agadez, le serki n’Asbin des Haoussas, commandait, théoriquement au moins, aux Kel Gress et aux Kel Oui ainsi qu’à une fraction des Oulimminden.Le lieutenant Jean a recueilli, avec grand soin, les traditions historiques des Asbinaoua ; les Kel Gress et les Kel Oui auraient quitté, vers leVIIIesiècle, le Fezzan devenu trop peuplé (?) ; ils se seraient installés dans l’Aïr, les premiers à l’ouest, les seconds à l’est de la route d’Iférouane à Agadez. Les Kel Gress restèrent peu de temps au contact des Kel Oui ; ils continuèrent leur migration vers le sud et s’étendirent jusqu’au Sokoto, où ils seraient arrivés à la fin duXVIIIesiècle.Quant au sultan, il serait d’origine étrangère : naguère, las des luttes incessantes qui déchiraient les tribus, les plus sages des Touaregs décidèrent d’aller demander à Constantinople un chef qui pût les mettre d’accord. La députation qui partit comprenait surtout des Itessehen, appartenant au groupe des Kel Gress et actuellement fixésdans le Sokoto ; pour cette raison, jusqu’à notre établissement dans le pays, les chefs des Itessehen sont restés les grands électeurs du sultan.Le Commandeur des Croyants leur donna un de ses fils, Ihounés, né d’une femme captive, qui partit accompagné de quelques esclaves, ancêtres de tous les ministres actuels. Dès le début, l’intervention de six sœurs, sultanes imenanes, provenant d’une tribu de l’Ahaggar, amena la séparation des Kel Oui en deux fractions principales : trois d’entre elles, les plus jeunes, restèrent à Agadez et furent les mères des tribus qui dépendent directement du sultan ; les trois aînées retournèrent à Iférouane et eurent pour descendants les Kel Oui proprement dits, qui dépendent de l’anastafidet, le véritable chef de l’Aïr et son intermédiaire auprès du sultan. Tout ceci est évidemment en partie légendaire, mais il est intéressant de retrouver les Imenan, qui sont des Cheurfa, descendants probables des premiers missionnaires musulmans qui vinrent en pays touareg, jouer un rôle en Aïr ; chez les Touaregs du nord, ils ont été longtemps les chefs de toute la confédération et ont eu une très grande importance ; ils ont provoqué récemment les guerres qui ont mis aux prises les Ahaggar d’Aïtar’el et les Azdjer d’Ikhenoukhen, l’ami de Duveyrier, guerres qui auraient amené, à la demande d’Ikhenoukhen, l’installation d’une garnison turque à R’at (1877 ?) [Benhazera,Six mois chez les Touaregs, p. 101-122].De l’ambassade à Constantinople et de la démarche des six sultanes, est résulté un protocole extrêmement précis et très compliqué qui se manifeste à l’élection de chaque sultan et, tous les ans, à la réunion des chefs, à la « sansanié », où, sous la présidence du serki, la justice est rendue. On trouvera le détail de ces cérémonies dans Gadel et dans Jean : l’étiquette y est très ridicule, très stricte et aurait certainement satisfait la Palatine, juge difficile et sévère.Il est peu aisé de fixer une date à l’établissement de la dynastie d’Agadez ; on connaît le nom d’une centaine de sultans et, d’après les marabouts instruits d’Aïr, le premier serait arrivé à Agadez vers 1420, la prise de Constantinople par les Turcs est de 1453[52]; il y a donc contradiction flagrante entre la date indiquée et la légende d’Ihounés qui paraît cependant reposer sur des faits positifs.Les habitants.— Les habitants de l’Aïr se partagent en un certain nombre de castes, analogues à celles que l’on trouve chez les Touaregs du nord.Il y a d’abord des tribus nobles, les Imajeran, puis les Ifor’as, récemment venus en Aïr, et dont la noblesse n’est pas certaine ; les Imr’ad, qui sont analogues à ceux de l’Ahaggar, comme eux libres, mais vassaux des Imajeran.Les Irraouellan sont des affranchis ou des descendants d’anciens captifs ; les enfants d’un Touareg libre et d’une esclave sont de droit Irraouellan, en même temps que la mère est affranchie. Ces affranchis (bouzou, plurielbougajiéen haoussa) sont extrêmement nombreux ; quelques-uns sont établis dans le Haoussa où ils se livrent à la culture et à l’élevage ; jusqu’à notre arrivée, ils payaient un léger tribut à leurs anciens maîtres. D’autres sont restés en Aïr et vivent surtout du commerce et des caravanes ; ils seraient 4 ou5000.Enfin les captifs (bellahen haoussa,iklanen tamachek), dont quelques-uns vivent auprès de leurs maîtres, tandis que le plus grand nombre gardent au loin les troupeaux et sont en fait à peu près libres, forment la dernière caste.Beaucoup de ces esclaves sont très attachés à leurs patrons et ne veulent pas être libérés ; captifs, ils n’ont pas à se préoccuper de leur nourriture ; la sécurité et le repos d’esprit qui en résultent pour eux compensent largement l’absence de liberté : un usage très humain de l’Asbin autorise les marabouts à s’opposer à l’affranchissement d’un esclave lorsqu’il est infirme ou âgé, ou bien, pour une cause quelconque, hors d’état de gagner sa vie. Ce manque d’enthousiasme pour une vaine liberté s’observe dans les États noirs aussi bien qu’en Aïr.Les données de Jean permettent d’établir les statistiques suivantes :Tribus dépendant directement du Sultan.NOMBRE DE TRIBUSTOUAREGSPOPULATION TOTALECHAMEAUXCHEVAUXBŒUFSÂNESCHÈVRES ET MOUTONSImmakitane79546040019201002000Kel Tadek3100470300530201800Amazegzel330125050030500Kel Ferouan1468543203000120110090011000Tribus non groupées1352028304500904506009000401430820582002841600165024300Les Kel Ferouan seraient arrivés en Asbin avec le sultan Ihounés, qui, à la demande d’une jeune fille noble de la tribu (Ibouzahil ouIzoubahil, Isabelle ?), aurait consenti à installer les Kel Ferouan autour d’Agadez et à faire de leurs guerriers sa garde particulière, garde d’une indépendance souvent dangereuse. Les Kel Ferouan ont toujours conservé une grande liberté ; leur chef entretient à Agadez, auprès du sultan, une sorte d’ambassadeur, le Rastamala (Pl XXXI,phot. 59).Tribus Kel Oui dépendant de l’anastafidet.NOMBRE DE TRIBUSTOUAREGSPOPULATION TOTALECHAMEAUXCHEVAUXBŒUFSÂNESCHÈVRES ET MOUTONSKel Oui1331217951800301702504000Kel Tafidet830525551350403001606000Azanières616010801800301001402000Ikaskazan[53]15480317070001603206406000421257860011950260890119018000Il y aurait d’après cela, en Aïr, environ 20000 habitants dont3000 guerriers. Leur fortune en troupeau serait, en chiffre rond, de 20000 chameaux, 600 chevaux,3000 ânes,2600 bœufs et 45000 chèvres ou moutons.Un rapport manuscrit du capitaine Posth permet de préciser ou de rectifier quelques points ; il confirme le chiffre de 20000 habitants, mais augmente sensiblement le nombre des tribus ; chez les nobles surtout, la pulvérisation est poussée à l’extrême et certaines fractions ne comptent que trois ou quatre tentes ; l’une d’entre elles même, celle des Kel Taguei, du groupe des Ikaskazan, n’a plus qu’un seul représentant (en 1907).Les 20000 habitants comprendraient 8 à 10000 Touaregs (Imajeran, Ifor’as et Imr’ad) ; 4 à5000 Iraouellen ;2500 à3000 sédentaires (Agadez et région des Teguidda) et 2 à3000 captifs.J’avais noté, à Agadez, que les guerriers comprenaient2149 hommes libres et 827 bellah.Tous ces renseignements sont assez concordants, de sorte que le chiffre de la population peut être considéré comme exact.Quant au bétail, Posth l’estime beaucoup plus nombreux que les statistiques de Jean ; 400000 chèvres et moutons, et 60000 chameaux.Les Kel Gress qui nomadisent surtout entre In Gall, Sokoto et Kano ne sont pas compris dans les statistiques précédentes. Ilstendent de plus en plus à s’installer avec leurs nombreux troupeaux dans le Tessaoua et le Gober ; ils ne paraissent plus à Agadez que pour les fêtes officielles ; ils y passent aussi pour aller chercher du sel et des dattes à Bilma.Ils compteraient 46 tribus ; leur nombre serait d’environ 20000.Quant aux Oulimminden de l’est, ce ne serait que depuis leXIVeou leXVesiècle qu’ils auraient eu des rapports avec l’Aïr, rapports très lâches d’ailleurs et très intermittents. 7 à8000 individus, partagés entre une dizaine de tribus qui nomadisent dans la région de Tahoua, payaient seuls l’impôt à Agadez ; l’autre fraction des Oulimminden forme une confédération indépendante qui habite surtout l’est de Gao et fréquente la région des mares de Menaka et de l’Azaouak, sous la direction de l’amenokal Fihroun ; Pasquier, dans un rapport resté inédit, donne la statistique suivante pour les Touaregs qui dépendant de Fihroun : Imochar (nobles), 350 tentes ; Imrad, 600 ; bellah, 900. Soit à peine2000 hommes ; les Oulimminden, dépendant d’Agadez, formeraient à peu près la moitié du groupe.Par sa position géographique et la pointe qu’il fait vers le nord au milieu des tanezrouft, l’Aïr a toujours eu une grande importance : les routes qui vont des États haoussas à la Méditerranée sont obligées d’y passer. Relativement au bassin du Niger, l’Adr’ar’ a une fonction analogue. L’originalité humaine de l’Aïr tient à une autre cause : les Touaregs qui l’habitent ne sont pas tous de vrais Touaregs ; la plupart des Kel Oui ne sont pas des Méditerranéens, mais des Haoussas. L’Aïr est probablement la région la plus septentrionale d’Afrique où vive actuellement, en liberté, à l’état spontané, un rameau des races noires.Ces Touaregs blancs et ces Touaregs noirs sont d’ailleurs extrêmement mélangés ; toutefois les blancs se trouvent surtout dans les tribus qui dépendent du Sultan et qui vivent presque constamment dans l’Aïr, les noirs dominent dans les tribus de l’anastafidet qui sont en relations très suivies avec les États haoussas.Cette dualité de races explique sans doute les guerres incessantes dont l’Aïr a été le théâtre ; elle explique aussi les demandes d’intervention qui se sont manifestées à maintes reprises à Zinder : c’est à la demande formelle des tribus noires et du sultan qu’Agadez a été occupé.Les Touaregs blancs, les véritables nomades de l’Asbin, sont des éleveurs qui, vivant surtout de laitage, peuvent se passer de relations régulières et suivies avec les pays producteurs de mil. Leurs qualités guerrières leur permettaient d’ailleurs, en cas de disette, detrouver, par la force, dans le sud, le complément nécessaire.Les Kel Oui, au contraire, sont peu guerriers ; on prétend dans l’Ahaggar que, pour aller chez eux, il suffit d’être armé d’un bâton : le guide qui nous avait amenés à Iférouane, en 1905, a profité de son passage dans ce village pour s’approvisionner de beaucoup de choses utiles ; la terreur que le nom de sa tribu inspirait à tous, lui a fait donner tout ce dont il avait besoin ; et, par crainte de représailles venant de lui ou de ses contribules, ce n’est que plusieurs jours après son départ, que j’ai été avisé de ses manœuvres. Les Kel Oui vivent surtout de commerce ; ils assurent le passage des caravanes jusqu’à Zinder et à Kano ; ils leur vendent des céréales et entreposent leurs marchandises. Pour eux, les bonnes relations avec le sud et la sécurité des routes sont des conditions nécessaires : on comprend qu’ils soient venus rapidement à nous ; la soumission des vrais Touaregs, qui ne gagnaient rien d’immédiat, a été plus difficile à obtenir.[2]Haug,C. R. Ac. Sciences, 7 août 1905.[3]Haug, in Foureau,Documents scientifiques, 1905, p. 753 ; Flamand,C. R. Ac. Sc., 3 avril 1905.[4]Ce terme d’Archéen ne serait tout à fait correct que s’il était établi que les noyaux granitiques sont antérieurs au Silurien. Quelques faits rendent cette antériorité probable, mais, jusqu’à présent, les preuves positives font défaut.[5]Voinot,Bull. Comité Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct., 1908, p. 218.[6]Rens. col. Comité Afr. fr., juin 1907, p. 142-155.[7]Revue coloniale, 1907, p. 361-386.[8]La Géographie, XVI, 1907, p. 225.[9]Études sur la Géographie physique et la Géologie de Fouta Djalon.— Thèse, 1905.[10]La Géographie, XVII, 1908, p. 201.[11]Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey, thèse, 1908.[12]In Chevalier,L’Afrique centrale française, 1908, p. 646.[13]Gentil et Lemoine,Bull. du Comité de l’Afr. française, Rens. col., avril 1908, p. 98-100.[14]Bruel,Renseignements coloniaux du Comité de l’Afrique française, avril 1908, p. 98, — Lœffler,ibid., sept. 1907, p. 224. — Lancrenon,Bull. du Comité de l’Afr. française, janvier 1908, p. 18 ;Rens. col.,Id., p. 38.[15]La Géographie, XVIII, 1908, p. 219.[16]Notice géologique sur la région de Dori,Rev. des troupes coloniales, 1904, p. 228.[17]Quelques-uns des détails donnés par Hubert sur les quartzites de l’Atacora, semblent indiquer des surfaces de charriage et des plis couchés. L’analogie avec le Jura paraît bien contestable.[18]Motylinski et Basset,Grammaire, Dialogues et Dictionnaire Touaregs, Alger, 1908.[19]L’alphabet tifinar’ a deux z ; j’indique ici, d’après Motylinski, l’orthographe exacte de Tanez’rouft, quitte à la négliger dans le reste de l’ouvrage.[20]Tous les après-midis, le thermomètre a dépassé 45° ; ces hautes températures n’interrompaient pas la marche.[21]Mussel,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1907, p. 57.[22]Rens. col. Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 90. — Nieger,La Géographie, XVI, déc. 1907.[23]Cortier,De Tombouctou à Taoudenni,La Géographie, XIX, 1906, p. 317. — Cauvin,Société de Géographie commerciale de Paris, XXX, août-sept. 1908.[24]R. Arnaud,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., XVII, mai 1907, p. 123.[25]La Géographie, XII, octobre 1905, p. 218.[26]Barth,Reisen, I, p. 333. Les noms sont bien reconnaissables : Tarhadjit : Tar’azi ; Ne-ssua : In Azaoua ; Tagerèra : Tagrira ; El Arh-ssul : El R’essour ; vallée d’Erararem ; OdIgharghar ; Serser : Zazir ; Temârhasset : Tamanr’asset ; Utul : Outoul. Les distances indiquées sont bonnes : de l’oued Outoul à In Salah, il y a quelques confusions.[27]Le lieutenant Halphen a récemment reconnu le point d’eau d’Ilifek, au S.W. d’In Azaoua. Les renseignements détaillés font encore défaut.[28]Six mois chez les Touaregs du Ahaggar, Alger, 1908, p. 205-208.[29]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1908, p. 80. — Cortier,D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908, p. 129.[30]Laperrine, Nieger,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., février 1905. — Villate,La Géographie, XII, octobre 1905.[31]Voinot,Bull. du Com. de l’Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct. 1908.[32]Sur la carte hypsométrique (Pl. I), l’Oudan a été marqué par inadvertance à l’est de l’Igharghar.[33]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., 1908, p. 76-85. — Arnaud et Cortier,Nos confins Sahariens, Paris, 1908.[34]Ce nom d’Igharghar se trouve ainsi deux fois, au nord et au sud de la Coudia. Il est sans doute une simple variante du nom commun ir’azar, synonyme berbère de oued.[35]Esquisse du Sahara Algérien, à 1/2500000 (Gouvernement général. Alger, 1907).[36]Les bœufs sont certainement un peu plus nombreux que ne l’indique ce tableau : Motylinski en a compté 37 dans un seul troupeau. Il y a une douzaine de chevaux dans l’Ahaggar. Les ânes sont très nombreux.[37]Les Touaregs du nord prononcent et écrivent Ad’ar’ (Benhazera,l. c., p. 191). Mais, les habitants du pays et les Touaregs du sud en général, écrivent Adr’ar’ (Cortier,l. c., p. 253). Motylinski admet cette dernière orthographe.[38]E.-F. Gautier,La Géographie, XV, 1, 1907, p. 1-28.[39]Cortier,La Géographie, XVII, 1908, p. 265-280. —D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908. — Dinaux,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique française, mars 1908. — Combemorel,id., janvier 1909.[40]La valeur de l’argent dans ces pays sera à peu près fixée par les salaires ; à l’Ahaggar, la journée de travail d’un jardinier lui est payée au plus 0 fr. 625.[41]Gautier,l. c.p. 26. — R. Arnaud,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 93-94. — Cortier,D’une rive à l’autre..., p. 203-210 et 378-381.[42]D’après Jean. Posth indique plus d’un siècle pour leur arrivée en Asbin.[43]Jean,Les Touaregs du Sud-Est. L’Aïr.Paris, 1908.[44]Fouqué,Santorin et ses éruptions, 1879, p. 41. — Lacroix,La Montagne Pelée et ses éruptions, 1904.[45]Du verbekoré, conduire. Le motgoulbis’applique aux grandes vallées ou aux grandes masses d’eau, il est l’équivalent de l’arabebeh’ar.Ir’azarouar’azar(dialecte d’Aïr) est le synonyme Tamachek de oued ; il devientIr’ahardans l’Ahaggar, etIr’achardans l’Adr’ar’.[46]Pasquier, in R. Arnaud,Rens. col. du Comité Afr. fr., mai 1907, p. 123.[47]Talak veut dire argile en Tamachek.[48]Gadel, Notes sur l’Aïr,Bull. de la Soc. de Géogr. de l’A. O. F., t. I, Dakar, 1907.[49]150 cases en tout. — Il y aurait des citronniers dans ces villages. Jean,l. c., p. 132, 133.[50]Près de Takaredei, à 25 km. N.W. d’Agadez, un cimetière important serait la dernière trace d’une ville occupée jadis par les Icherifan et les Iberkoran. A la suite d’un combat malheureux contre les Kel Gress, les Iberkoran se seraient réfugiés chez les Oulimminden, les Icherifan à In Gall. D’après les renseignements que j’avais recueillis, ces faits remonteraient à l’époque des premiers sultans d’Agadez, à une date beaucoup plus ancienne que celle qui est indiquée par Posth, qui donne les Icherifan comme de nouveaux venus en Aïr.[51]Ce n’est que depuis 1906, qu’une garnison est installée définitivement à Agadez. Les années précédentes, depuis 1904, les tirailleurs n’y avaient fait que des séjours de quelques semaines ou de quelques mois (Jean,l. c.— Cauvin.Bull. de la Soc. de Géogr. commerciale, 1908).[52]D’après Barth, Agadez aurait été fondé en 1460.[53]Une tribu des Ikaskazan, les Taraouaza, a pour chef une femme nommée Tekeloui.CHAPITRE IILES HAUTES PLAINES DU SOUDANI.Structure géologique.— Crétacé inférieur. — Crétacé supérieur. — Éocène. — Miocène. — Extension géographique.II.Les Pays.— Nomades. — Adr’ar’ de Tahoua (Djerma). — Tessaoua. — Demagherim. — Damergou. — Mounio. — Koutous. — Alakhos. — Manga. — Kaouar. — Fachi. — Les îles du Tchad.I. —STRUCTURE GÉOLOGIQUEIntercalée entre les deux pénéplaines cristallines étudiées dans le chapitre précédent, se trouve une haute plaine qui se développe, sans interruptions notables, depuis Koulikoro jusqu’au voisinage de l’Ouadaï.Il est commode de la subdiviser de la façon suivante :1oEntre l’Aïr et Zinder, le Tegama forme une région bien nette à laquelle il convient de rattacher, au moins provisoirement, les pays encore mal connus qui s’étendent vers Bilma et le Tchad. Les terrains crétacés y jouent le principal rôle.Le Damergou, le Mounio, etc., ne sont que des enclaves de cette grande région.2oEntre la coupure du Niger à Tosaye et le sultanat de Tessaoua, la région des Dallols et le bassin d’Ansongo forment un groupe dont le caractère commun est d’être recouvert d’un manteau d’argiles, de grès ou de calcaires éocènes.3oEnfin à l’est de Tosaye, le bassin de Tombouctou semble caractérisé par des formations quaternaires marines.Toutes ces régions ont un trait géologique commun : au nord comme au sud, dominent des formations anciennes, le plus souvent en strates redressées, dont la fréquence en Afrique a fait croire longtemps que, depuis les temps primaires, la mer avait définitivementabandonné le continent noir. Des découvertes récentes ont montré qu’il n’en était rien. A la fin des temps secondaires et correspondant peut-être à la zone de rebroussement des plis calédoniens qui, vers le 15° de longitude nord, quittent leur direction subméridienne pour se diriger de l’ouest à l’est, un affaissement s’est produit, permettant à la mer d’envahir l’Afrique centrale et d’y laisser des traces incontestables du Crétacé supérieur et du Tertiaire inférieur, tout au moins. Ces assises plus jeunes, restées horizontales, caractérisent les hautes plaines du Soudan.Crétacé inférieur.— La région qui s’étend entre l’Aïr et Zinder est constituée par des grès et des argiles en couches horizontales. Ces assises débutent à 6 kilomètres au nord d’Agadez, auprès du village d’Alar’sess, par un poudingue que j’ai pu suivre assez longtemps vers l’ouest. Dans la région où je l’ai vu, ce poudingue repose sur les couches siluriennes verticales, à affleurements subméridiens ; le littoral était de type atlantique. Posth a retrouvé les mêmes poudingues auprès de Tin Taboirak, au contact des terrains anciens des Taraouadji.Jusqu’à une soixantaine de kilomètres au sud d’Agadez, on voit assez mal le sol qui est souvent masqué par des dunes, ou bien, comme dans la région des mares de Teguidda n’Adrar et de Teguidda n’Taguei, par une formation récente, reste probable d’un lac tertiaire. Ces dépôts lacustres contiennent quelques traces de fossiles indéterminables ; on y trouve des grès à ciment calcaire, riches en débris volcaniques prouvant qu’ils sont postérieurs aux volcans d’Aïr ; ces grès abondent près du puits d’Assaouas notamment ; mais les roches dominantes sont siliceuses : des jaspes et une meulière violette ou brun chocolat y sont le type le plus commun. L’examen microscopique montre que cette roche, qui est presque une quartzite, résulte de la transformation de bancs calcaires (Cayeux). Elle est un très bel exemple de l’enrichissement en silice des roches superficielles sous l’influence d’un climat désertique. Ces meulières sont, par places, couvertes de dunes dont la couleur brune ou violette indique que les éléments qui les constituent ont été pris sur place (fig. 25).Malgré cette couverture, éolienne ou lacustre, on peut s’assurer cependant que le terrain dominant est formé surtout de grès, qui sont bien visibles en nombre de points et qui se montrent sur une dizaine de mètres à la falaise d’érosion sur laquelle est bâtie Agadez, et d’argiles violettes qui, dans les vallées des affluents du Teloua, occupent de grandes surfaces ; ces affluents ont une pente très faible ;leurs berges sont à peines indiquées ; les parties argileuses de leurs bassins forment, à la saison des pluies, de véritables fondrières dont la traversée est difficile ; les chameaux y laissent des empreintes de pas, profondes souvent d’une vingtaine de centimètres, qui confirment pleinement les renseignements des guides. Les puits d’Agadez, profonds de 20 mètres (Pl. IX,phot. 17), sont entièrement creusés dans ces argiles et ces grès.L’architecture du sol se voit mieux à la falaise de Tigueddi. Cette falaise, haute d’une soixantaine de mètres, constitue un des traits les plus remarquables de la structure des hautes plaines soudanaises ; elle débute auprès d’In Gall et décrit, vers l’est, un arc de cercle long de près de 200 kilomètres. Je ne sais comment elle se termine ; les renseignements très précis que je dois au capitaine Posth, permettent toutefois de compléter ou de rectifier les indications de la carte au1250000eque j’ai données dansLa Géographie[XV, 1907, Pl. 2]. A une vingtaine de kilomètres à l’est d’Agadez, au puits de Tin Taboirak, commencent à se montrer des roches cristallines qui prolongent vers le sud le massif ancien de l’Aïr (Pl. VI,phot. 11). Un peu plus loin, à 60 kilomètres d’Agadez, le massif de schistes et de granite de Taraouaji est le dernier refuge, en cas de surprise, des Touaregs de la région. Ces roches anciennes affleurent d’une manière continue, à part quelques interruptions dues à des laves récentes, jusqu’à Bidei et Aoudéras. Au delà de ce massif de Taraouadji, la falaise de Tigueddi semble se continuer ; du moins Barth indique-t-il quelque chose d’analogue sur son itinéraire (fig. 22).Fig. 25. — Bassin lacustre des Teguidda.1, Grès blancs à patine noire (Infracrétacé ?) ; 2, Jaspes et meulières violettes ; A, B, C, D, Diaclases. Les sources de Teguidda n’Taguei sont sur la diaclase D. Les dunes (en pointillé) sont violettes.Quant au massif de Toureyet, il n’a encore été vu par aucun Européen ; on sait seulement qu’au sud des Taraouadji se trouve une région déprimée, où viennent se réunir de nombreux koris en unerivière unique (K. d’Abrik ?) qui présente sur son parcours quelques mares d’hivernage.Les Toureyet formeraient, au sud de cette dépression, un petit massif élevé, simple témoin gréseux détaché du Tegama, ou dernier contrefort des terrains cristallins d’Aïr. A coup sûr, le puits de Toureyet est important ; il est situé sur une des grandes routes qui, de Zinder, vont en Asbin et qui est fréquentée par les Ikaskazan ; les alentours renferment des pâturages permanents et il y a toujours des campements au voisinage.L’origine de cette longue falaise est encore obscure ; elle est peut-être une falaise d’érosion ; mais son importance, son allure curviligne rendent plus probable une faille, en relation avec les éruptions récentes de l’Aïr : de pareils effondrements circulaires abondent, en effet, dans les régions volcaniques.Quoi qu’il en soit de cette question, j’ai pu relever la coupe suivante, prise au cap que forme la falaise, à l’est des puits de Marandet (fig. 26) :6. Grès jaunâtres à stratification oblique. Ce sont des grès grossiers contenant des grains dont le diamètre varie de 1 millimètre à 1 centimètre. Leur puissance est d’environ 3 mètres, mais il n’en reste ici que des lambeaux ; cette assise augmente rapidement d’importance vers le sud.5. Grès blancs de même type que les précédents, 5 mètres.4. Argiles violettes (0 m. 25). Les bois silicifiés abondent dans cette assise. J’ai trouvé, éboulés dans les ravins, des troncs de près de 1 mètre de diamètre. Ces arbres sont certainement des conifères, mais leur très médiocre état de conservation n’a pas permis à M. Fliche de les déterminer avec certitude. On peut hésiter entre trois genres,Araucaryoxylonet surtoutCedroxylonouCupressoxylon; ces deux derniers genres ne sont pas connus avant l’Infracrétacé.3. Bancs alternant d’argiles violettes et vertes, 10 mètres. Ces argiles contiennent de nombreux débris deDinosauriens. Le peu de temps que j’ai pu consacrer à l’étude de ce gisement, ne m’a pas permis de trouver de pièces déterminables. Celles que j’ai rapportées, suffisent, en tout cas, à prouver l’âge secondaire des argiles et des grès.2. Marnes blanches (0 m. 25).1. Marnes violettes et vertes visibles sur 10 mètres. La base est masquée par les éboulis.A quelque distance au nord, on retrouve dans la plaine (A.fig. 26) des argiles et des grès analogues à ceux qui constituent la falaise deTigueddi. Malheureusement des dépôts quaternaires et des dunes masquent pendant quelques kilomètres, les relations entre la falaise et la plaine.
Histoire.— L’Aïr est beaucoup plus peuplé que l’Ahaggar et l’Adr’ar’ des Ifor’as ; sa population est aussi moins homogène, et l’organisation politique y est très compliquée. Quelques renseignements historiques (?) sont nécessaires pour l’éclaircir un peu.
Quelques tribus nomades, Kel Fédé, Kel Gress, Kel Ferouan, Kel R’arous, Hoggar, etc., sont blanches et appartiennent aux races méditerranéennes ; mais la plupart des Touaregs de l’Aïr sont des noirs ou des mûlatres, apparentés de près aux Haoussas qui auraient été les premiers habitants du pays.
La langue haoussa est très répandue dans tout l’Aïr ; elle est comprise généralement de tous et paraît employée dans les villages de préférence au tamachek. On la retrouve dans les noms propres où « dan », fils, en haoussa, tient la place du « ben » des Arabes ou du « ag » des Berbères : Yato dan Kasseri est le nom d’un des principaux chefs du pays, l’anastafidet.
Agadez et In Gall ont été des colonies de Gao au temps de sa splendeur et la langue sonr’ai y est encore parlée ou tout au moins comprise (LtJean). Quant aux conquêtes bornouannes, dont la légende a conservé le souvenir, elles paraissent avoir été sans influence sur le pays.
Avant notre installation, toute récente[51], dans l’Aïr, le sultan d’Agadez, le serki n’Asbin des Haoussas, commandait, théoriquement au moins, aux Kel Gress et aux Kel Oui ainsi qu’à une fraction des Oulimminden.
Le lieutenant Jean a recueilli, avec grand soin, les traditions historiques des Asbinaoua ; les Kel Gress et les Kel Oui auraient quitté, vers leVIIIesiècle, le Fezzan devenu trop peuplé (?) ; ils se seraient installés dans l’Aïr, les premiers à l’ouest, les seconds à l’est de la route d’Iférouane à Agadez. Les Kel Gress restèrent peu de temps au contact des Kel Oui ; ils continuèrent leur migration vers le sud et s’étendirent jusqu’au Sokoto, où ils seraient arrivés à la fin duXVIIIesiècle.
Quant au sultan, il serait d’origine étrangère : naguère, las des luttes incessantes qui déchiraient les tribus, les plus sages des Touaregs décidèrent d’aller demander à Constantinople un chef qui pût les mettre d’accord. La députation qui partit comprenait surtout des Itessehen, appartenant au groupe des Kel Gress et actuellement fixésdans le Sokoto ; pour cette raison, jusqu’à notre établissement dans le pays, les chefs des Itessehen sont restés les grands électeurs du sultan.
Le Commandeur des Croyants leur donna un de ses fils, Ihounés, né d’une femme captive, qui partit accompagné de quelques esclaves, ancêtres de tous les ministres actuels. Dès le début, l’intervention de six sœurs, sultanes imenanes, provenant d’une tribu de l’Ahaggar, amena la séparation des Kel Oui en deux fractions principales : trois d’entre elles, les plus jeunes, restèrent à Agadez et furent les mères des tribus qui dépendent directement du sultan ; les trois aînées retournèrent à Iférouane et eurent pour descendants les Kel Oui proprement dits, qui dépendent de l’anastafidet, le véritable chef de l’Aïr et son intermédiaire auprès du sultan. Tout ceci est évidemment en partie légendaire, mais il est intéressant de retrouver les Imenan, qui sont des Cheurfa, descendants probables des premiers missionnaires musulmans qui vinrent en pays touareg, jouer un rôle en Aïr ; chez les Touaregs du nord, ils ont été longtemps les chefs de toute la confédération et ont eu une très grande importance ; ils ont provoqué récemment les guerres qui ont mis aux prises les Ahaggar d’Aïtar’el et les Azdjer d’Ikhenoukhen, l’ami de Duveyrier, guerres qui auraient amené, à la demande d’Ikhenoukhen, l’installation d’une garnison turque à R’at (1877 ?) [Benhazera,Six mois chez les Touaregs, p. 101-122].
De l’ambassade à Constantinople et de la démarche des six sultanes, est résulté un protocole extrêmement précis et très compliqué qui se manifeste à l’élection de chaque sultan et, tous les ans, à la réunion des chefs, à la « sansanié », où, sous la présidence du serki, la justice est rendue. On trouvera le détail de ces cérémonies dans Gadel et dans Jean : l’étiquette y est très ridicule, très stricte et aurait certainement satisfait la Palatine, juge difficile et sévère.
Il est peu aisé de fixer une date à l’établissement de la dynastie d’Agadez ; on connaît le nom d’une centaine de sultans et, d’après les marabouts instruits d’Aïr, le premier serait arrivé à Agadez vers 1420, la prise de Constantinople par les Turcs est de 1453[52]; il y a donc contradiction flagrante entre la date indiquée et la légende d’Ihounés qui paraît cependant reposer sur des faits positifs.
Les habitants.— Les habitants de l’Aïr se partagent en un certain nombre de castes, analogues à celles que l’on trouve chez les Touaregs du nord.
Il y a d’abord des tribus nobles, les Imajeran, puis les Ifor’as, récemment venus en Aïr, et dont la noblesse n’est pas certaine ; les Imr’ad, qui sont analogues à ceux de l’Ahaggar, comme eux libres, mais vassaux des Imajeran.
Les Irraouellan sont des affranchis ou des descendants d’anciens captifs ; les enfants d’un Touareg libre et d’une esclave sont de droit Irraouellan, en même temps que la mère est affranchie. Ces affranchis (bouzou, plurielbougajiéen haoussa) sont extrêmement nombreux ; quelques-uns sont établis dans le Haoussa où ils se livrent à la culture et à l’élevage ; jusqu’à notre arrivée, ils payaient un léger tribut à leurs anciens maîtres. D’autres sont restés en Aïr et vivent surtout du commerce et des caravanes ; ils seraient 4 ou5000.
Enfin les captifs (bellahen haoussa,iklanen tamachek), dont quelques-uns vivent auprès de leurs maîtres, tandis que le plus grand nombre gardent au loin les troupeaux et sont en fait à peu près libres, forment la dernière caste.
Beaucoup de ces esclaves sont très attachés à leurs patrons et ne veulent pas être libérés ; captifs, ils n’ont pas à se préoccuper de leur nourriture ; la sécurité et le repos d’esprit qui en résultent pour eux compensent largement l’absence de liberté : un usage très humain de l’Asbin autorise les marabouts à s’opposer à l’affranchissement d’un esclave lorsqu’il est infirme ou âgé, ou bien, pour une cause quelconque, hors d’état de gagner sa vie. Ce manque d’enthousiasme pour une vaine liberté s’observe dans les États noirs aussi bien qu’en Aïr.
Les données de Jean permettent d’établir les statistiques suivantes :
Tribus dépendant directement du Sultan.
Les Kel Ferouan seraient arrivés en Asbin avec le sultan Ihounés, qui, à la demande d’une jeune fille noble de la tribu (Ibouzahil ouIzoubahil, Isabelle ?), aurait consenti à installer les Kel Ferouan autour d’Agadez et à faire de leurs guerriers sa garde particulière, garde d’une indépendance souvent dangereuse. Les Kel Ferouan ont toujours conservé une grande liberté ; leur chef entretient à Agadez, auprès du sultan, une sorte d’ambassadeur, le Rastamala (Pl XXXI,phot. 59).
Tribus Kel Oui dépendant de l’anastafidet.
Il y aurait d’après cela, en Aïr, environ 20000 habitants dont3000 guerriers. Leur fortune en troupeau serait, en chiffre rond, de 20000 chameaux, 600 chevaux,3000 ânes,2600 bœufs et 45000 chèvres ou moutons.
Un rapport manuscrit du capitaine Posth permet de préciser ou de rectifier quelques points ; il confirme le chiffre de 20000 habitants, mais augmente sensiblement le nombre des tribus ; chez les nobles surtout, la pulvérisation est poussée à l’extrême et certaines fractions ne comptent que trois ou quatre tentes ; l’une d’entre elles même, celle des Kel Taguei, du groupe des Ikaskazan, n’a plus qu’un seul représentant (en 1907).
Les 20000 habitants comprendraient 8 à 10000 Touaregs (Imajeran, Ifor’as et Imr’ad) ; 4 à5000 Iraouellen ;2500 à3000 sédentaires (Agadez et région des Teguidda) et 2 à3000 captifs.
J’avais noté, à Agadez, que les guerriers comprenaient2149 hommes libres et 827 bellah.
Tous ces renseignements sont assez concordants, de sorte que le chiffre de la population peut être considéré comme exact.
Quant au bétail, Posth l’estime beaucoup plus nombreux que les statistiques de Jean ; 400000 chèvres et moutons, et 60000 chameaux.
Les Kel Gress qui nomadisent surtout entre In Gall, Sokoto et Kano ne sont pas compris dans les statistiques précédentes. Ilstendent de plus en plus à s’installer avec leurs nombreux troupeaux dans le Tessaoua et le Gober ; ils ne paraissent plus à Agadez que pour les fêtes officielles ; ils y passent aussi pour aller chercher du sel et des dattes à Bilma.
Ils compteraient 46 tribus ; leur nombre serait d’environ 20000.
Quant aux Oulimminden de l’est, ce ne serait que depuis leXIVeou leXVesiècle qu’ils auraient eu des rapports avec l’Aïr, rapports très lâches d’ailleurs et très intermittents. 7 à8000 individus, partagés entre une dizaine de tribus qui nomadisent dans la région de Tahoua, payaient seuls l’impôt à Agadez ; l’autre fraction des Oulimminden forme une confédération indépendante qui habite surtout l’est de Gao et fréquente la région des mares de Menaka et de l’Azaouak, sous la direction de l’amenokal Fihroun ; Pasquier, dans un rapport resté inédit, donne la statistique suivante pour les Touaregs qui dépendant de Fihroun : Imochar (nobles), 350 tentes ; Imrad, 600 ; bellah, 900. Soit à peine2000 hommes ; les Oulimminden, dépendant d’Agadez, formeraient à peu près la moitié du groupe.
Par sa position géographique et la pointe qu’il fait vers le nord au milieu des tanezrouft, l’Aïr a toujours eu une grande importance : les routes qui vont des États haoussas à la Méditerranée sont obligées d’y passer. Relativement au bassin du Niger, l’Adr’ar’ a une fonction analogue. L’originalité humaine de l’Aïr tient à une autre cause : les Touaregs qui l’habitent ne sont pas tous de vrais Touaregs ; la plupart des Kel Oui ne sont pas des Méditerranéens, mais des Haoussas. L’Aïr est probablement la région la plus septentrionale d’Afrique où vive actuellement, en liberté, à l’état spontané, un rameau des races noires.
Ces Touaregs blancs et ces Touaregs noirs sont d’ailleurs extrêmement mélangés ; toutefois les blancs se trouvent surtout dans les tribus qui dépendent du Sultan et qui vivent presque constamment dans l’Aïr, les noirs dominent dans les tribus de l’anastafidet qui sont en relations très suivies avec les États haoussas.
Cette dualité de races explique sans doute les guerres incessantes dont l’Aïr a été le théâtre ; elle explique aussi les demandes d’intervention qui se sont manifestées à maintes reprises à Zinder : c’est à la demande formelle des tribus noires et du sultan qu’Agadez a été occupé.
Les Touaregs blancs, les véritables nomades de l’Asbin, sont des éleveurs qui, vivant surtout de laitage, peuvent se passer de relations régulières et suivies avec les pays producteurs de mil. Leurs qualités guerrières leur permettaient d’ailleurs, en cas de disette, detrouver, par la force, dans le sud, le complément nécessaire.
Les Kel Oui, au contraire, sont peu guerriers ; on prétend dans l’Ahaggar que, pour aller chez eux, il suffit d’être armé d’un bâton : le guide qui nous avait amenés à Iférouane, en 1905, a profité de son passage dans ce village pour s’approvisionner de beaucoup de choses utiles ; la terreur que le nom de sa tribu inspirait à tous, lui a fait donner tout ce dont il avait besoin ; et, par crainte de représailles venant de lui ou de ses contribules, ce n’est que plusieurs jours après son départ, que j’ai été avisé de ses manœuvres. Les Kel Oui vivent surtout de commerce ; ils assurent le passage des caravanes jusqu’à Zinder et à Kano ; ils leur vendent des céréales et entreposent leurs marchandises. Pour eux, les bonnes relations avec le sud et la sécurité des routes sont des conditions nécessaires : on comprend qu’ils soient venus rapidement à nous ; la soumission des vrais Touaregs, qui ne gagnaient rien d’immédiat, a été plus difficile à obtenir.
[2]Haug,C. R. Ac. Sciences, 7 août 1905.[3]Haug, in Foureau,Documents scientifiques, 1905, p. 753 ; Flamand,C. R. Ac. Sc., 3 avril 1905.[4]Ce terme d’Archéen ne serait tout à fait correct que s’il était établi que les noyaux granitiques sont antérieurs au Silurien. Quelques faits rendent cette antériorité probable, mais, jusqu’à présent, les preuves positives font défaut.[5]Voinot,Bull. Comité Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct., 1908, p. 218.[6]Rens. col. Comité Afr. fr., juin 1907, p. 142-155.[7]Revue coloniale, 1907, p. 361-386.[8]La Géographie, XVI, 1907, p. 225.[9]Études sur la Géographie physique et la Géologie de Fouta Djalon.— Thèse, 1905.[10]La Géographie, XVII, 1908, p. 201.[11]Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey, thèse, 1908.[12]In Chevalier,L’Afrique centrale française, 1908, p. 646.[13]Gentil et Lemoine,Bull. du Comité de l’Afr. française, Rens. col., avril 1908, p. 98-100.[14]Bruel,Renseignements coloniaux du Comité de l’Afrique française, avril 1908, p. 98, — Lœffler,ibid., sept. 1907, p. 224. — Lancrenon,Bull. du Comité de l’Afr. française, janvier 1908, p. 18 ;Rens. col.,Id., p. 38.[15]La Géographie, XVIII, 1908, p. 219.[16]Notice géologique sur la région de Dori,Rev. des troupes coloniales, 1904, p. 228.[17]Quelques-uns des détails donnés par Hubert sur les quartzites de l’Atacora, semblent indiquer des surfaces de charriage et des plis couchés. L’analogie avec le Jura paraît bien contestable.[18]Motylinski et Basset,Grammaire, Dialogues et Dictionnaire Touaregs, Alger, 1908.[19]L’alphabet tifinar’ a deux z ; j’indique ici, d’après Motylinski, l’orthographe exacte de Tanez’rouft, quitte à la négliger dans le reste de l’ouvrage.[20]Tous les après-midis, le thermomètre a dépassé 45° ; ces hautes températures n’interrompaient pas la marche.[21]Mussel,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1907, p. 57.[22]Rens. col. Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 90. — Nieger,La Géographie, XVI, déc. 1907.[23]Cortier,De Tombouctou à Taoudenni,La Géographie, XIX, 1906, p. 317. — Cauvin,Société de Géographie commerciale de Paris, XXX, août-sept. 1908.[24]R. Arnaud,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., XVII, mai 1907, p. 123.[25]La Géographie, XII, octobre 1905, p. 218.[26]Barth,Reisen, I, p. 333. Les noms sont bien reconnaissables : Tarhadjit : Tar’azi ; Ne-ssua : In Azaoua ; Tagerèra : Tagrira ; El Arh-ssul : El R’essour ; vallée d’Erararem ; OdIgharghar ; Serser : Zazir ; Temârhasset : Tamanr’asset ; Utul : Outoul. Les distances indiquées sont bonnes : de l’oued Outoul à In Salah, il y a quelques confusions.[27]Le lieutenant Halphen a récemment reconnu le point d’eau d’Ilifek, au S.W. d’In Azaoua. Les renseignements détaillés font encore défaut.[28]Six mois chez les Touaregs du Ahaggar, Alger, 1908, p. 205-208.[29]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1908, p. 80. — Cortier,D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908, p. 129.[30]Laperrine, Nieger,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., février 1905. — Villate,La Géographie, XII, octobre 1905.[31]Voinot,Bull. du Com. de l’Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct. 1908.[32]Sur la carte hypsométrique (Pl. I), l’Oudan a été marqué par inadvertance à l’est de l’Igharghar.[33]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., 1908, p. 76-85. — Arnaud et Cortier,Nos confins Sahariens, Paris, 1908.[34]Ce nom d’Igharghar se trouve ainsi deux fois, au nord et au sud de la Coudia. Il est sans doute une simple variante du nom commun ir’azar, synonyme berbère de oued.[35]Esquisse du Sahara Algérien, à 1/2500000 (Gouvernement général. Alger, 1907).[36]Les bœufs sont certainement un peu plus nombreux que ne l’indique ce tableau : Motylinski en a compté 37 dans un seul troupeau. Il y a une douzaine de chevaux dans l’Ahaggar. Les ânes sont très nombreux.[37]Les Touaregs du nord prononcent et écrivent Ad’ar’ (Benhazera,l. c., p. 191). Mais, les habitants du pays et les Touaregs du sud en général, écrivent Adr’ar’ (Cortier,l. c., p. 253). Motylinski admet cette dernière orthographe.[38]E.-F. Gautier,La Géographie, XV, 1, 1907, p. 1-28.[39]Cortier,La Géographie, XVII, 1908, p. 265-280. —D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908. — Dinaux,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique française, mars 1908. — Combemorel,id., janvier 1909.[40]La valeur de l’argent dans ces pays sera à peu près fixée par les salaires ; à l’Ahaggar, la journée de travail d’un jardinier lui est payée au plus 0 fr. 625.[41]Gautier,l. c.p. 26. — R. Arnaud,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 93-94. — Cortier,D’une rive à l’autre..., p. 203-210 et 378-381.[42]D’après Jean. Posth indique plus d’un siècle pour leur arrivée en Asbin.[43]Jean,Les Touaregs du Sud-Est. L’Aïr.Paris, 1908.[44]Fouqué,Santorin et ses éruptions, 1879, p. 41. — Lacroix,La Montagne Pelée et ses éruptions, 1904.[45]Du verbekoré, conduire. Le motgoulbis’applique aux grandes vallées ou aux grandes masses d’eau, il est l’équivalent de l’arabebeh’ar.Ir’azarouar’azar(dialecte d’Aïr) est le synonyme Tamachek de oued ; il devientIr’ahardans l’Ahaggar, etIr’achardans l’Adr’ar’.[46]Pasquier, in R. Arnaud,Rens. col. du Comité Afr. fr., mai 1907, p. 123.[47]Talak veut dire argile en Tamachek.[48]Gadel, Notes sur l’Aïr,Bull. de la Soc. de Géogr. de l’A. O. F., t. I, Dakar, 1907.[49]150 cases en tout. — Il y aurait des citronniers dans ces villages. Jean,l. c., p. 132, 133.[50]Près de Takaredei, à 25 km. N.W. d’Agadez, un cimetière important serait la dernière trace d’une ville occupée jadis par les Icherifan et les Iberkoran. A la suite d’un combat malheureux contre les Kel Gress, les Iberkoran se seraient réfugiés chez les Oulimminden, les Icherifan à In Gall. D’après les renseignements que j’avais recueillis, ces faits remonteraient à l’époque des premiers sultans d’Agadez, à une date beaucoup plus ancienne que celle qui est indiquée par Posth, qui donne les Icherifan comme de nouveaux venus en Aïr.[51]Ce n’est que depuis 1906, qu’une garnison est installée définitivement à Agadez. Les années précédentes, depuis 1904, les tirailleurs n’y avaient fait que des séjours de quelques semaines ou de quelques mois (Jean,l. c.— Cauvin.Bull. de la Soc. de Géogr. commerciale, 1908).[52]D’après Barth, Agadez aurait été fondé en 1460.[53]Une tribu des Ikaskazan, les Taraouaza, a pour chef une femme nommée Tekeloui.
[2]Haug,C. R. Ac. Sciences, 7 août 1905.
[2]Haug,C. R. Ac. Sciences, 7 août 1905.
[3]Haug, in Foureau,Documents scientifiques, 1905, p. 753 ; Flamand,C. R. Ac. Sc., 3 avril 1905.
[3]Haug, in Foureau,Documents scientifiques, 1905, p. 753 ; Flamand,C. R. Ac. Sc., 3 avril 1905.
[4]Ce terme d’Archéen ne serait tout à fait correct que s’il était établi que les noyaux granitiques sont antérieurs au Silurien. Quelques faits rendent cette antériorité probable, mais, jusqu’à présent, les preuves positives font défaut.
[4]Ce terme d’Archéen ne serait tout à fait correct que s’il était établi que les noyaux granitiques sont antérieurs au Silurien. Quelques faits rendent cette antériorité probable, mais, jusqu’à présent, les preuves positives font défaut.
[5]Voinot,Bull. Comité Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct., 1908, p. 218.
[5]Voinot,Bull. Comité Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct., 1908, p. 218.
[6]Rens. col. Comité Afr. fr., juin 1907, p. 142-155.
[6]Rens. col. Comité Afr. fr., juin 1907, p. 142-155.
[7]Revue coloniale, 1907, p. 361-386.
[7]Revue coloniale, 1907, p. 361-386.
[8]La Géographie, XVI, 1907, p. 225.
[8]La Géographie, XVI, 1907, p. 225.
[9]Études sur la Géographie physique et la Géologie de Fouta Djalon.— Thèse, 1905.
[9]Études sur la Géographie physique et la Géologie de Fouta Djalon.— Thèse, 1905.
[10]La Géographie, XVII, 1908, p. 201.
[10]La Géographie, XVII, 1908, p. 201.
[11]Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey, thèse, 1908.
[11]Contribution à l’étude de la Géographie physique du Dahomey, thèse, 1908.
[12]In Chevalier,L’Afrique centrale française, 1908, p. 646.
[12]In Chevalier,L’Afrique centrale française, 1908, p. 646.
[13]Gentil et Lemoine,Bull. du Comité de l’Afr. française, Rens. col., avril 1908, p. 98-100.
[13]Gentil et Lemoine,Bull. du Comité de l’Afr. française, Rens. col., avril 1908, p. 98-100.
[14]Bruel,Renseignements coloniaux du Comité de l’Afrique française, avril 1908, p. 98, — Lœffler,ibid., sept. 1907, p. 224. — Lancrenon,Bull. du Comité de l’Afr. française, janvier 1908, p. 18 ;Rens. col.,Id., p. 38.
[14]Bruel,Renseignements coloniaux du Comité de l’Afrique française, avril 1908, p. 98, — Lœffler,ibid., sept. 1907, p. 224. — Lancrenon,Bull. du Comité de l’Afr. française, janvier 1908, p. 18 ;Rens. col.,Id., p. 38.
[15]La Géographie, XVIII, 1908, p. 219.
[15]La Géographie, XVIII, 1908, p. 219.
[16]Notice géologique sur la région de Dori,Rev. des troupes coloniales, 1904, p. 228.
[16]Notice géologique sur la région de Dori,Rev. des troupes coloniales, 1904, p. 228.
[17]Quelques-uns des détails donnés par Hubert sur les quartzites de l’Atacora, semblent indiquer des surfaces de charriage et des plis couchés. L’analogie avec le Jura paraît bien contestable.
[17]Quelques-uns des détails donnés par Hubert sur les quartzites de l’Atacora, semblent indiquer des surfaces de charriage et des plis couchés. L’analogie avec le Jura paraît bien contestable.
[18]Motylinski et Basset,Grammaire, Dialogues et Dictionnaire Touaregs, Alger, 1908.
[18]Motylinski et Basset,Grammaire, Dialogues et Dictionnaire Touaregs, Alger, 1908.
[19]L’alphabet tifinar’ a deux z ; j’indique ici, d’après Motylinski, l’orthographe exacte de Tanez’rouft, quitte à la négliger dans le reste de l’ouvrage.
[19]L’alphabet tifinar’ a deux z ; j’indique ici, d’après Motylinski, l’orthographe exacte de Tanez’rouft, quitte à la négliger dans le reste de l’ouvrage.
[20]Tous les après-midis, le thermomètre a dépassé 45° ; ces hautes températures n’interrompaient pas la marche.
[20]Tous les après-midis, le thermomètre a dépassé 45° ; ces hautes températures n’interrompaient pas la marche.
[21]Mussel,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1907, p. 57.
[21]Mussel,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1907, p. 57.
[22]Rens. col. Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 90. — Nieger,La Géographie, XVI, déc. 1907.
[22]Rens. col. Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 90. — Nieger,La Géographie, XVI, déc. 1907.
[23]Cortier,De Tombouctou à Taoudenni,La Géographie, XIX, 1906, p. 317. — Cauvin,Société de Géographie commerciale de Paris, XXX, août-sept. 1908.
[23]Cortier,De Tombouctou à Taoudenni,La Géographie, XIX, 1906, p. 317. — Cauvin,Société de Géographie commerciale de Paris, XXX, août-sept. 1908.
[24]R. Arnaud,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., XVII, mai 1907, p. 123.
[24]R. Arnaud,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., XVII, mai 1907, p. 123.
[25]La Géographie, XII, octobre 1905, p. 218.
[25]La Géographie, XII, octobre 1905, p. 218.
[26]Barth,Reisen, I, p. 333. Les noms sont bien reconnaissables : Tarhadjit : Tar’azi ; Ne-ssua : In Azaoua ; Tagerèra : Tagrira ; El Arh-ssul : El R’essour ; vallée d’Erararem ; OdIgharghar ; Serser : Zazir ; Temârhasset : Tamanr’asset ; Utul : Outoul. Les distances indiquées sont bonnes : de l’oued Outoul à In Salah, il y a quelques confusions.
[26]Barth,Reisen, I, p. 333. Les noms sont bien reconnaissables : Tarhadjit : Tar’azi ; Ne-ssua : In Azaoua ; Tagerèra : Tagrira ; El Arh-ssul : El R’essour ; vallée d’Erararem ; OdIgharghar ; Serser : Zazir ; Temârhasset : Tamanr’asset ; Utul : Outoul. Les distances indiquées sont bonnes : de l’oued Outoul à In Salah, il y a quelques confusions.
[27]Le lieutenant Halphen a récemment reconnu le point d’eau d’Ilifek, au S.W. d’In Azaoua. Les renseignements détaillés font encore défaut.
[27]Le lieutenant Halphen a récemment reconnu le point d’eau d’Ilifek, au S.W. d’In Azaoua. Les renseignements détaillés font encore défaut.
[28]Six mois chez les Touaregs du Ahaggar, Alger, 1908, p. 205-208.
[28]Six mois chez les Touaregs du Ahaggar, Alger, 1908, p. 205-208.
[29]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1908, p. 80. — Cortier,D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908, p. 129.
[29]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., mars 1908, p. 80. — Cortier,D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908, p. 129.
[30]Laperrine, Nieger,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., février 1905. — Villate,La Géographie, XII, octobre 1905.
[30]Laperrine, Nieger,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., février 1905. — Villate,La Géographie, XII, octobre 1905.
[31]Voinot,Bull. du Com. de l’Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct. 1908.
[31]Voinot,Bull. du Com. de l’Afr. fr., mars, avril, août, sept., oct. 1908.
[32]Sur la carte hypsométrique (Pl. I), l’Oudan a été marqué par inadvertance à l’est de l’Igharghar.
[32]Sur la carte hypsométrique (Pl. I), l’Oudan a été marqué par inadvertance à l’est de l’Igharghar.
[33]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., 1908, p. 76-85. — Arnaud et Cortier,Nos confins Sahariens, Paris, 1908.
[33]Dinaux,Rens. col. Comité de l’Afr. fr., 1908, p. 76-85. — Arnaud et Cortier,Nos confins Sahariens, Paris, 1908.
[34]Ce nom d’Igharghar se trouve ainsi deux fois, au nord et au sud de la Coudia. Il est sans doute une simple variante du nom commun ir’azar, synonyme berbère de oued.
[34]Ce nom d’Igharghar se trouve ainsi deux fois, au nord et au sud de la Coudia. Il est sans doute une simple variante du nom commun ir’azar, synonyme berbère de oued.
[35]Esquisse du Sahara Algérien, à 1/2500000 (Gouvernement général. Alger, 1907).
[35]Esquisse du Sahara Algérien, à 1/2500000 (Gouvernement général. Alger, 1907).
[36]Les bœufs sont certainement un peu plus nombreux que ne l’indique ce tableau : Motylinski en a compté 37 dans un seul troupeau. Il y a une douzaine de chevaux dans l’Ahaggar. Les ânes sont très nombreux.
[36]Les bœufs sont certainement un peu plus nombreux que ne l’indique ce tableau : Motylinski en a compté 37 dans un seul troupeau. Il y a une douzaine de chevaux dans l’Ahaggar. Les ânes sont très nombreux.
[37]Les Touaregs du nord prononcent et écrivent Ad’ar’ (Benhazera,l. c., p. 191). Mais, les habitants du pays et les Touaregs du sud en général, écrivent Adr’ar’ (Cortier,l. c., p. 253). Motylinski admet cette dernière orthographe.
[37]Les Touaregs du nord prononcent et écrivent Ad’ar’ (Benhazera,l. c., p. 191). Mais, les habitants du pays et les Touaregs du sud en général, écrivent Adr’ar’ (Cortier,l. c., p. 253). Motylinski admet cette dernière orthographe.
[38]E.-F. Gautier,La Géographie, XV, 1, 1907, p. 1-28.
[38]E.-F. Gautier,La Géographie, XV, 1, 1907, p. 1-28.
[39]Cortier,La Géographie, XVII, 1908, p. 265-280. —D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908. — Dinaux,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique française, mars 1908. — Combemorel,id., janvier 1909.
[39]Cortier,La Géographie, XVII, 1908, p. 265-280. —D’une rive à l’autre du Sahara, Paris, 1908. — Dinaux,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afrique française, mars 1908. — Combemorel,id., janvier 1909.
[40]La valeur de l’argent dans ces pays sera à peu près fixée par les salaires ; à l’Ahaggar, la journée de travail d’un jardinier lui est payée au plus 0 fr. 625.
[40]La valeur de l’argent dans ces pays sera à peu près fixée par les salaires ; à l’Ahaggar, la journée de travail d’un jardinier lui est payée au plus 0 fr. 625.
[41]Gautier,l. c.p. 26. — R. Arnaud,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 93-94. — Cortier,D’une rive à l’autre..., p. 203-210 et 378-381.
[41]Gautier,l. c.p. 26. — R. Arnaud,Renseignements coloniaux publiés par le Comité de l’Afr. fr., avril 1907, p. 93-94. — Cortier,D’une rive à l’autre..., p. 203-210 et 378-381.
[42]D’après Jean. Posth indique plus d’un siècle pour leur arrivée en Asbin.
[42]D’après Jean. Posth indique plus d’un siècle pour leur arrivée en Asbin.
[43]Jean,Les Touaregs du Sud-Est. L’Aïr.Paris, 1908.
[43]Jean,Les Touaregs du Sud-Est. L’Aïr.Paris, 1908.
[44]Fouqué,Santorin et ses éruptions, 1879, p. 41. — Lacroix,La Montagne Pelée et ses éruptions, 1904.
[44]Fouqué,Santorin et ses éruptions, 1879, p. 41. — Lacroix,La Montagne Pelée et ses éruptions, 1904.
[45]Du verbekoré, conduire. Le motgoulbis’applique aux grandes vallées ou aux grandes masses d’eau, il est l’équivalent de l’arabebeh’ar.Ir’azarouar’azar(dialecte d’Aïr) est le synonyme Tamachek de oued ; il devientIr’ahardans l’Ahaggar, etIr’achardans l’Adr’ar’.
[45]Du verbekoré, conduire. Le motgoulbis’applique aux grandes vallées ou aux grandes masses d’eau, il est l’équivalent de l’arabebeh’ar.Ir’azarouar’azar(dialecte d’Aïr) est le synonyme Tamachek de oued ; il devientIr’ahardans l’Ahaggar, etIr’achardans l’Adr’ar’.
[46]Pasquier, in R. Arnaud,Rens. col. du Comité Afr. fr., mai 1907, p. 123.
[46]Pasquier, in R. Arnaud,Rens. col. du Comité Afr. fr., mai 1907, p. 123.
[47]Talak veut dire argile en Tamachek.
[47]Talak veut dire argile en Tamachek.
[48]Gadel, Notes sur l’Aïr,Bull. de la Soc. de Géogr. de l’A. O. F., t. I, Dakar, 1907.
[48]Gadel, Notes sur l’Aïr,Bull. de la Soc. de Géogr. de l’A. O. F., t. I, Dakar, 1907.
[49]150 cases en tout. — Il y aurait des citronniers dans ces villages. Jean,l. c., p. 132, 133.
[49]150 cases en tout. — Il y aurait des citronniers dans ces villages. Jean,l. c., p. 132, 133.
[50]Près de Takaredei, à 25 km. N.W. d’Agadez, un cimetière important serait la dernière trace d’une ville occupée jadis par les Icherifan et les Iberkoran. A la suite d’un combat malheureux contre les Kel Gress, les Iberkoran se seraient réfugiés chez les Oulimminden, les Icherifan à In Gall. D’après les renseignements que j’avais recueillis, ces faits remonteraient à l’époque des premiers sultans d’Agadez, à une date beaucoup plus ancienne que celle qui est indiquée par Posth, qui donne les Icherifan comme de nouveaux venus en Aïr.
[50]Près de Takaredei, à 25 km. N.W. d’Agadez, un cimetière important serait la dernière trace d’une ville occupée jadis par les Icherifan et les Iberkoran. A la suite d’un combat malheureux contre les Kel Gress, les Iberkoran se seraient réfugiés chez les Oulimminden, les Icherifan à In Gall. D’après les renseignements que j’avais recueillis, ces faits remonteraient à l’époque des premiers sultans d’Agadez, à une date beaucoup plus ancienne que celle qui est indiquée par Posth, qui donne les Icherifan comme de nouveaux venus en Aïr.
[51]Ce n’est que depuis 1906, qu’une garnison est installée définitivement à Agadez. Les années précédentes, depuis 1904, les tirailleurs n’y avaient fait que des séjours de quelques semaines ou de quelques mois (Jean,l. c.— Cauvin.Bull. de la Soc. de Géogr. commerciale, 1908).
[51]Ce n’est que depuis 1906, qu’une garnison est installée définitivement à Agadez. Les années précédentes, depuis 1904, les tirailleurs n’y avaient fait que des séjours de quelques semaines ou de quelques mois (Jean,l. c.— Cauvin.Bull. de la Soc. de Géogr. commerciale, 1908).
[52]D’après Barth, Agadez aurait été fondé en 1460.
[52]D’après Barth, Agadez aurait été fondé en 1460.
[53]Une tribu des Ikaskazan, les Taraouaza, a pour chef une femme nommée Tekeloui.
[53]Une tribu des Ikaskazan, les Taraouaza, a pour chef une femme nommée Tekeloui.
LES HAUTES PLAINES DU SOUDAN
I.Structure géologique.— Crétacé inférieur. — Crétacé supérieur. — Éocène. — Miocène. — Extension géographique.
II.Les Pays.— Nomades. — Adr’ar’ de Tahoua (Djerma). — Tessaoua. — Demagherim. — Damergou. — Mounio. — Koutous. — Alakhos. — Manga. — Kaouar. — Fachi. — Les îles du Tchad.
Intercalée entre les deux pénéplaines cristallines étudiées dans le chapitre précédent, se trouve une haute plaine qui se développe, sans interruptions notables, depuis Koulikoro jusqu’au voisinage de l’Ouadaï.
Il est commode de la subdiviser de la façon suivante :
1oEntre l’Aïr et Zinder, le Tegama forme une région bien nette à laquelle il convient de rattacher, au moins provisoirement, les pays encore mal connus qui s’étendent vers Bilma et le Tchad. Les terrains crétacés y jouent le principal rôle.
Le Damergou, le Mounio, etc., ne sont que des enclaves de cette grande région.
2oEntre la coupure du Niger à Tosaye et le sultanat de Tessaoua, la région des Dallols et le bassin d’Ansongo forment un groupe dont le caractère commun est d’être recouvert d’un manteau d’argiles, de grès ou de calcaires éocènes.
3oEnfin à l’est de Tosaye, le bassin de Tombouctou semble caractérisé par des formations quaternaires marines.
Toutes ces régions ont un trait géologique commun : au nord comme au sud, dominent des formations anciennes, le plus souvent en strates redressées, dont la fréquence en Afrique a fait croire longtemps que, depuis les temps primaires, la mer avait définitivementabandonné le continent noir. Des découvertes récentes ont montré qu’il n’en était rien. A la fin des temps secondaires et correspondant peut-être à la zone de rebroussement des plis calédoniens qui, vers le 15° de longitude nord, quittent leur direction subméridienne pour se diriger de l’ouest à l’est, un affaissement s’est produit, permettant à la mer d’envahir l’Afrique centrale et d’y laisser des traces incontestables du Crétacé supérieur et du Tertiaire inférieur, tout au moins. Ces assises plus jeunes, restées horizontales, caractérisent les hautes plaines du Soudan.
Crétacé inférieur.— La région qui s’étend entre l’Aïr et Zinder est constituée par des grès et des argiles en couches horizontales. Ces assises débutent à 6 kilomètres au nord d’Agadez, auprès du village d’Alar’sess, par un poudingue que j’ai pu suivre assez longtemps vers l’ouest. Dans la région où je l’ai vu, ce poudingue repose sur les couches siluriennes verticales, à affleurements subméridiens ; le littoral était de type atlantique. Posth a retrouvé les mêmes poudingues auprès de Tin Taboirak, au contact des terrains anciens des Taraouadji.
Jusqu’à une soixantaine de kilomètres au sud d’Agadez, on voit assez mal le sol qui est souvent masqué par des dunes, ou bien, comme dans la région des mares de Teguidda n’Adrar et de Teguidda n’Taguei, par une formation récente, reste probable d’un lac tertiaire. Ces dépôts lacustres contiennent quelques traces de fossiles indéterminables ; on y trouve des grès à ciment calcaire, riches en débris volcaniques prouvant qu’ils sont postérieurs aux volcans d’Aïr ; ces grès abondent près du puits d’Assaouas notamment ; mais les roches dominantes sont siliceuses : des jaspes et une meulière violette ou brun chocolat y sont le type le plus commun. L’examen microscopique montre que cette roche, qui est presque une quartzite, résulte de la transformation de bancs calcaires (Cayeux). Elle est un très bel exemple de l’enrichissement en silice des roches superficielles sous l’influence d’un climat désertique. Ces meulières sont, par places, couvertes de dunes dont la couleur brune ou violette indique que les éléments qui les constituent ont été pris sur place (fig. 25).
Malgré cette couverture, éolienne ou lacustre, on peut s’assurer cependant que le terrain dominant est formé surtout de grès, qui sont bien visibles en nombre de points et qui se montrent sur une dizaine de mètres à la falaise d’érosion sur laquelle est bâtie Agadez, et d’argiles violettes qui, dans les vallées des affluents du Teloua, occupent de grandes surfaces ; ces affluents ont une pente très faible ;leurs berges sont à peines indiquées ; les parties argileuses de leurs bassins forment, à la saison des pluies, de véritables fondrières dont la traversée est difficile ; les chameaux y laissent des empreintes de pas, profondes souvent d’une vingtaine de centimètres, qui confirment pleinement les renseignements des guides. Les puits d’Agadez, profonds de 20 mètres (Pl. IX,phot. 17), sont entièrement creusés dans ces argiles et ces grès.
L’architecture du sol se voit mieux à la falaise de Tigueddi. Cette falaise, haute d’une soixantaine de mètres, constitue un des traits les plus remarquables de la structure des hautes plaines soudanaises ; elle débute auprès d’In Gall et décrit, vers l’est, un arc de cercle long de près de 200 kilomètres. Je ne sais comment elle se termine ; les renseignements très précis que je dois au capitaine Posth, permettent toutefois de compléter ou de rectifier les indications de la carte au1250000eque j’ai données dansLa Géographie[XV, 1907, Pl. 2]. A une vingtaine de kilomètres à l’est d’Agadez, au puits de Tin Taboirak, commencent à se montrer des roches cristallines qui prolongent vers le sud le massif ancien de l’Aïr (Pl. VI,phot. 11). Un peu plus loin, à 60 kilomètres d’Agadez, le massif de schistes et de granite de Taraouaji est le dernier refuge, en cas de surprise, des Touaregs de la région. Ces roches anciennes affleurent d’une manière continue, à part quelques interruptions dues à des laves récentes, jusqu’à Bidei et Aoudéras. Au delà de ce massif de Taraouadji, la falaise de Tigueddi semble se continuer ; du moins Barth indique-t-il quelque chose d’analogue sur son itinéraire (fig. 22).
Fig. 25. — Bassin lacustre des Teguidda.1, Grès blancs à patine noire (Infracrétacé ?) ; 2, Jaspes et meulières violettes ; A, B, C, D, Diaclases. Les sources de Teguidda n’Taguei sont sur la diaclase D. Les dunes (en pointillé) sont violettes.
Fig. 25. — Bassin lacustre des Teguidda.1, Grès blancs à patine noire (Infracrétacé ?) ; 2, Jaspes et meulières violettes ; A, B, C, D, Diaclases. Les sources de Teguidda n’Taguei sont sur la diaclase D. Les dunes (en pointillé) sont violettes.
Fig. 25. — Bassin lacustre des Teguidda.
1, Grès blancs à patine noire (Infracrétacé ?) ; 2, Jaspes et meulières violettes ; A, B, C, D, Diaclases. Les sources de Teguidda n’Taguei sont sur la diaclase D. Les dunes (en pointillé) sont violettes.
Quant au massif de Toureyet, il n’a encore été vu par aucun Européen ; on sait seulement qu’au sud des Taraouadji se trouve une région déprimée, où viennent se réunir de nombreux koris en unerivière unique (K. d’Abrik ?) qui présente sur son parcours quelques mares d’hivernage.
Les Toureyet formeraient, au sud de cette dépression, un petit massif élevé, simple témoin gréseux détaché du Tegama, ou dernier contrefort des terrains cristallins d’Aïr. A coup sûr, le puits de Toureyet est important ; il est situé sur une des grandes routes qui, de Zinder, vont en Asbin et qui est fréquentée par les Ikaskazan ; les alentours renferment des pâturages permanents et il y a toujours des campements au voisinage.
L’origine de cette longue falaise est encore obscure ; elle est peut-être une falaise d’érosion ; mais son importance, son allure curviligne rendent plus probable une faille, en relation avec les éruptions récentes de l’Aïr : de pareils effondrements circulaires abondent, en effet, dans les régions volcaniques.
Quoi qu’il en soit de cette question, j’ai pu relever la coupe suivante, prise au cap que forme la falaise, à l’est des puits de Marandet (fig. 26) :
6. Grès jaunâtres à stratification oblique. Ce sont des grès grossiers contenant des grains dont le diamètre varie de 1 millimètre à 1 centimètre. Leur puissance est d’environ 3 mètres, mais il n’en reste ici que des lambeaux ; cette assise augmente rapidement d’importance vers le sud.
5. Grès blancs de même type que les précédents, 5 mètres.
4. Argiles violettes (0 m. 25). Les bois silicifiés abondent dans cette assise. J’ai trouvé, éboulés dans les ravins, des troncs de près de 1 mètre de diamètre. Ces arbres sont certainement des conifères, mais leur très médiocre état de conservation n’a pas permis à M. Fliche de les déterminer avec certitude. On peut hésiter entre trois genres,Araucaryoxylonet surtoutCedroxylonouCupressoxylon; ces deux derniers genres ne sont pas connus avant l’Infracrétacé.
3. Bancs alternant d’argiles violettes et vertes, 10 mètres. Ces argiles contiennent de nombreux débris deDinosauriens. Le peu de temps que j’ai pu consacrer à l’étude de ce gisement, ne m’a pas permis de trouver de pièces déterminables. Celles que j’ai rapportées, suffisent, en tout cas, à prouver l’âge secondaire des argiles et des grès.
2. Marnes blanches (0 m. 25).
1. Marnes violettes et vertes visibles sur 10 mètres. La base est masquée par les éboulis.
A quelque distance au nord, on retrouve dans la plaine (A.fig. 26) des argiles et des grès analogues à ceux qui constituent la falaise deTigueddi. Malheureusement des dépôts quaternaires et des dunes masquent pendant quelques kilomètres, les relations entre la falaise et la plaine.