Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.Il existe dans le sud de l’Aïr, dans le Baghazam, des villages peu importants comme nombre de cases[49](Elnoulli, Akari, Tassassat) où se fait un peu de culture maraîchère. Mais la raison d’être de ces villages est différente ; situés en dehors des routes commerciales, en des points d’accès difficile, ils servent, en cas d’attaque, de dernier refuge : la légende raconte que les Kel Aïr y résistèrent, pendant trois ans, à un puissant sultan du Bornou, qui dut finalement lever le siège, et regagna à grand’peine ses États. Bien à l’abri des rezzou, ils servent surtout d’entrepôts, et l’on y trouve toujours des provisions considérables de mil, de dattes et de sel.Il est probable que le cas du Baghazam et de Tintar’odé n’est pas isolé et qu’à côté des villages de commerce, situés sur les routes caravanières, il existe de nombreuses retraites dans la montagne ; c’est une nécessité que la peur a inspirée aussi bien à l’Aïr qu’à l’Adr’ar’ et à l’Ahaggar.On pourrait allonger cette liste de quelques noms de villages encore habités ; on trouvera dans Jean une nomenclature plus complète. Beaucoup de points sont complètement délaissés, qui ont été importants : d’Agalac, il reste un cimetière et les débris de quelques cases ; Tin Telloust, où Barth a résidé, est abandonné de même que Tafidet. Tin Telloust et Tafidet étaient à la lisière orientale de l’Aïr, sans protection contre les Tebbous ; cette insécurité a causé leur ruine : même les pasteurs hésitent à profiter des beaux pâturages de cette partie de l’Aïr.In Gall.— Bien qu’il soit en dehors de l’Aïr proprement dit, il convient de mentionner ici, parce qu’il dépend du sultan, le petit ksar d’In Gall, situé à l’extrémité occidentale de la falaise de Tigueddi, dans l’Azaouak, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Agadez. In Gall aurait été fondé au commencement duXVIIIesiècle par les Icherifan (Posth)[50].C’est un marché important pour le commerce du sel, qui provient de Teguidda n’Tecum, situé à 80 kilomètres au N. Les Kel Gress et les Oulimminden le fréquentent ; il est sur la route directe de Tahoua à Agadez. L’eau d’In Gall est très bonne, et il y a une assez belle palmeraie (4000 palmiers).On a cru longtemps que les dattes d’In Gall étaient de qualité inférieure, car, par crainte de pillage, les propriétaires les cueillaient dès qu’elles commençaient à mûrir ; depuis que la présence de tirailleurs permet d’attendre la maturité, on a pu s’assurer que les dattes étaient bonnes. En 1907, le grain ayant manqué, la récolte a été assez abondante pour nourrir la population pendant trois mois (Posth).Cette localité, plus petite qu’Agadez, n’est pas délabrée comme elle ; les maisons y ont leurs façades et leurs terrasses ornées de motifs d’architecture d’assez bon goût ; elles voisinent avec de bonnes paillottes, à toit conique surmonté d’œufs d’autruches, du type habituel aux villages noirs.D’après Gadel, il y aurait une centaine de maisons et 300 habitants à In Gall ; 800, d’après Posth. Un poste de tirailleurs y a été installé pendant quelques mois en 1904 ; il a été rétabli en 1907.R.Chudeau. — Sahara Soudanais.Pl.X.Cliché Posth19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS.Soir d’orage.Cliché Posth20. — UN KORI D’AÏR
Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.
Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.
Fig. 24. — L’Adr’ar’ Timgué, vu d’Iférouane.
Il existe dans le sud de l’Aïr, dans le Baghazam, des villages peu importants comme nombre de cases[49](Elnoulli, Akari, Tassassat) où se fait un peu de culture maraîchère. Mais la raison d’être de ces villages est différente ; situés en dehors des routes commerciales, en des points d’accès difficile, ils servent, en cas d’attaque, de dernier refuge : la légende raconte que les Kel Aïr y résistèrent, pendant trois ans, à un puissant sultan du Bornou, qui dut finalement lever le siège, et regagna à grand’peine ses États. Bien à l’abri des rezzou, ils servent surtout d’entrepôts, et l’on y trouve toujours des provisions considérables de mil, de dattes et de sel.
Il est probable que le cas du Baghazam et de Tintar’odé n’est pas isolé et qu’à côté des villages de commerce, situés sur les routes caravanières, il existe de nombreuses retraites dans la montagne ; c’est une nécessité que la peur a inspirée aussi bien à l’Aïr qu’à l’Adr’ar’ et à l’Ahaggar.
On pourrait allonger cette liste de quelques noms de villages encore habités ; on trouvera dans Jean une nomenclature plus complète. Beaucoup de points sont complètement délaissés, qui ont été importants : d’Agalac, il reste un cimetière et les débris de quelques cases ; Tin Telloust, où Barth a résidé, est abandonné de même que Tafidet. Tin Telloust et Tafidet étaient à la lisière orientale de l’Aïr, sans protection contre les Tebbous ; cette insécurité a causé leur ruine : même les pasteurs hésitent à profiter des beaux pâturages de cette partie de l’Aïr.
In Gall.— Bien qu’il soit en dehors de l’Aïr proprement dit, il convient de mentionner ici, parce qu’il dépend du sultan, le petit ksar d’In Gall, situé à l’extrémité occidentale de la falaise de Tigueddi, dans l’Azaouak, à une centaine de kilomètres à l’ouest d’Agadez. In Gall aurait été fondé au commencement duXVIIIesiècle par les Icherifan (Posth)[50].
C’est un marché important pour le commerce du sel, qui provient de Teguidda n’Tecum, situé à 80 kilomètres au N. Les Kel Gress et les Oulimminden le fréquentent ; il est sur la route directe de Tahoua à Agadez. L’eau d’In Gall est très bonne, et il y a une assez belle palmeraie (4000 palmiers).
On a cru longtemps que les dattes d’In Gall étaient de qualité inférieure, car, par crainte de pillage, les propriétaires les cueillaient dès qu’elles commençaient à mûrir ; depuis que la présence de tirailleurs permet d’attendre la maturité, on a pu s’assurer que les dattes étaient bonnes. En 1907, le grain ayant manqué, la récolte a été assez abondante pour nourrir la population pendant trois mois (Posth).
Cette localité, plus petite qu’Agadez, n’est pas délabrée comme elle ; les maisons y ont leurs façades et leurs terrasses ornées de motifs d’architecture d’assez bon goût ; elles voisinent avec de bonnes paillottes, à toit conique surmonté d’œufs d’autruches, du type habituel aux villages noirs.
D’après Gadel, il y aurait une centaine de maisons et 300 habitants à In Gall ; 800, d’après Posth. Un poste de tirailleurs y a été installé pendant quelques mois en 1904 ; il a été rétabli en 1907.
R.Chudeau. — Sahara Soudanais.Pl.X.Cliché Posth19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS.Soir d’orage.Cliché Posth20. — UN KORI D’AÏR
Cliché Posth19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS.Soir d’orage.
Cliché Posth19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS.Soir d’orage.
Cliché Posth
19. — UN PUITS A BASCULE DANS LA PALMERAIE D’AOUDÉRAS.
Soir d’orage.
Cliché Posth20. — UN KORI D’AÏR
Cliché Posth20. — UN KORI D’AÏR
Cliché Posth
20. — UN KORI D’AÏR