Chapter 11

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Les feuillets griffonnés par Arlette s’arrêtaient sur ce cri de juvénile allégresse. Elle les laissa retomber devant elle et demeura songeuse, le menton appuyé sur ses petites mains jointes, emportée toute par le rêve enchanteur que faisait sa jeunesse… L’ombre s’épaississait autour d’elle, la chambre n’était plus éclairée que par les flammes du foyer. Elle n’y prenait pas garde… Et elle tressaillit, ramenée en pleine réalité, quand, la porte s’ouvrant, Madeleine apparut sur le seuil.

— Dieu ! qu’il fait sombre ici ! Arlette, est-ce que tu es endormie ? Nous t’avons trop longtemps laissée seule, ma pauvre petite !

Trop longtemps !… Y avait-il donc si longtemps que Mme Chausey et Madeleine étaient sorties ?

Et, regardant la pendule, Arlette vit alors que l’après-midi entier s’était écoulé pour elle dans cette résurrection charmeuse…


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