Chapter 2

Nos lecteurs savent que M. le Ministre de l'instruction publique a porté au budget soumis en ce moment à l'examen de la Chambre, une somme de 3,000 francs destinée à acquitter les frais auxquels donnera lieu le système d'échange de livres commencé par l'entremise de M. Vattemare entre la France et les pays étrangers.La lettre suivante, adressée par M. Alexandre Vattemare à M. le Ministre, est une histoire abrégée mais complète du système d'échange de livres, d'objets d'art et d'histoire naturelle entre les nations jusqu'au 7 août 1845. Nous livrons les faits qu'elle révèle à l'appréciation de nos lecteurs. Nous devons ajouter seulement que, depuis cette époque, les États de New-York, de la Virginie, de l'Indiana, de l'Illinois, de Rhode-Island, le gouvernement du Canada ont fait à M. Vattemare des envois qui ont été répartis entre les diverses administrations et les établissements scientifiques de Paris; en sorte qu'il faut aujourd'hui porter le mouvement des échanges à plus de 7,000 volumes.Nous savons de plus qu'un savant américain, M. Jewett, récemment arrivé d'Allemagne, a affirmé à M. Vattemare qu'il a vu tout préparé pour les échanges à Dresde, à Munich, à Berlin et à Vienne; que les bibliothécaires de ces villes lui ont parlé des promesses du système dont ils attendent impatiemment la réalisation.A Son Excellence M. le comte de Salvandy, Ministre de l'instruction publique.En 1694, on échangea les livres doubles de la Bibliothèque royale contre les livres nouveaux qui s'imprimaient dans les pays étrangers. Cette sorte de commerce autorisé par les ordres exprès du roi, et qui dura quelques années, ne laissa pas que de fournir une assez grande quantité de bons livres, surtout d'Angleterre et d'Allemagne.En 1697, le P. Bouvet apporta 149 livres chinois en échange desquels le roi donna le recueil de toutes ses estampes.(Essai historique sur la Biblioth. du Roi, p. 67.)Colbert fit faire des copies de manuscrits pour les échanges. C'est aussi par les ordres de Colbert qu'on fit un état des livres doubles susceptibles d'être échangés contre d'autres qu'on ne possédait pas.(Paulin, Paris,les Manuscrits franç. de la Bibl. du Roi, p. 1.)Monsieur le Ministre,Autorisé par les exemples que je viens de citer, dans mes démarches pour établir entre la France et les nations civilisées des deux mondes des relations régulières et permanentes d'échange de livres, d'objets d'arts et d'histoire naturelle, je n'entreprendrai pas de développer ce que j'appellerai la théorie de mon système. Je parlerai seulement des faits. Vous n'avez pas besoin d'un commentaire des actes de Colbert et de Louis XIV, et je n'ai pas besoin auprès de vous d'apologie. Ce que j'aurais l'honneur de vous dire, vous le savez déjà; vous l'avez vu dans les textes desManuscrits françaiset de l'Essai historique. Je veux être ménager d'un temps que vous employez si utilement pour l'éducation de la jeunesse et pour l'avancement des lettres.Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous donner d'abord un aperçu des doubles qui existent dans quelques bibliothèques de l'étranger et de la France. C'est un essai de statistique qui fera comprendre, mieux que tous les raisonnements, les profits que l'on doit attendre des échanges. La bibliothèque de Munich a 200,000 doubles; celle d'Iéna, 12,000; celle de Saint-Pétersbourg, 54,000; à Vienne, plus de 30,000 doubles, parmi lesquels un grand nombre d'incunables, sont enfouis dans des magasins. A Vienne encore, 25,000 doubles encombrent la section d'entomologie du musée brésilien. Breslau possède l'un des plus précieux manuscrits de Froissart. On trouve à Munich le cinquième volume du roman desQuatre Fils Aymondont les quatre premiers sont à la bibliothèque de l'Arsenal; et à Bruxelles, dans la bibliothèque deBourgogne, des doubles de manuscrits précieux pour notre histoire. En France, la bibliothèque de Metz contient plus de 500 doubles; celle de Douai, 250; celle de Colmar, 100; des matériaux importants pour l'histoire de diverses villes sont réunis dans la bibliothèque d'Aix, assez indigente sur sa propre histoire: et ainsi Lyon, Arles, Nantes sont privés de documents précieux pour leurs anciennes annales. Les archives de la préfecture de Dijon renferment des titres et des chartes du duché de Savoie, en échange desquels le roi de Sardaigne nous donnerait tout ce que nous voudrions.J'avais reconnu cet état de choses pour l'Allemagne, pendant les divers voyages que j'ai faits dans ce pays. J'en avais entretenu des savants, des hommes d'État, les rois eux-mêmes. Voici ce que m'écrivait à cette occasion M. P. Lichtenthaler, directeur de la bibliothèque de Munich, le 22 janvier 1833.«Vous vous souviendrez que dans nos entretiens je vous ai aussi parlé de nos doubles dont nous gardons une immense quantité. Ne vous serait-il pas possible, par vos relations à Paris, d'engager l'administrateur des beaux-arts à entrer en échange avec notre bibliothèque?»Le 6 décembre de la même année, M. le comte Maurice de Dietrichstein, directeur général du musée à Vienne, m'adressait une lettre dont j'extrais le passage suivant:«Soyez sûr que je ne négligerai ni le catalogue des doubles ni celui des ouvrages dépareillés de la grande bibliothèque impériale.»«Le plan que vous m'avez communiqué de créer un système d'échange de doubles, entre les différents cabinets de l'Europe mérite la plus grande attention,» m'écrivait le 20 janvier 1834 M. le comte de Brühl, intendant général des musées du royaume de Prusse, «Soyez assuré de l'empressement que je mettrai à entrer dans vos vues à cet égard aussitôt que l'établissement des médailles du musée sera assez avancé pour permettre de reconnaître l'effectif des doubles existant dans les différentes parties de l'Institut.»D'autres lettres d'adhésions et d'encouragements m'ont été écrites, le 1eraoût 1834, par M. le comte de Benkendorff, au nom de l'empereur de Russie; en 1834 encore, par M. de Hauh, au nom du roi de Danemark; le 13 janvier 1837, par M. le comte d'Appony, ambassadeur d'Autriche; les 16 et 19 mai 1838, par MM. Spring Rice et Poulett Thompson, ministres d'Angleterre; le 9 mars 1839, par M. le comte de Lowenhielm, ambassadeur de Suède.Il résulte de cette correspondance, dont je serais heureux de mettre les originaux sous les yeux de Votre Excellence, Monsieur le Ministre, que partout mes ouvertures ont été accueillies avec empressement; qu'en Bavière et en Autriche il a été donné à mon plan un commencement d'exécution, c'est-à-dire qu'on s'estpréparé à entrer en échange aussitôt qu'il conviendra à la France de consentir à ces relations de mutuelle bienveillance.Je ne vous ai parlé que des assurances officielles de concours qui m'ont été adressées. J'aurais pu y ajouter les nombreux témoignages de sympathie que j'ai reçus de la part des écrivains, des savants, des artistes les plus illustres; mais j'aurais été trop long. Je suis prêt à vous soumettre à cet égard toutes les justifications que vous pourrez désirer.Dès 1835, j'étais revenu en France une première fois, et je m'étais empressé d'écrire à M. le duc de Broglie, alors ministre des affaires étrangères, au nom duquel il me fut répondu le 12 juin:«L'utilité des travaux entrepris par M. Vattemare pour faciliter les échanges ne paraît point contestable; et le ministre des affaires étrangères saisira la plus prochaine occasion pour entretenir son collègue le Ministre de l'instruction publique du plan formé par M. Vattemare.»M. Pelet de la Lozère, ministre de l'instruction publique en 1836, m'écrivait:«En ce qui concerne ce projet, il est impossible que le gouvernement n'en approuve entièrement la conception et qu'il ne fasse en même temps tout ce qui dépendra de lui pour en favoriser l'exécution. L'intérêt avec lequel les deux chambres et l'administration se sont empressés de l'accueillir et de s'en occuper ne saurait vous laisser de doute à cet égard. Il est un sûr garant de l'importance que le gouvernement lui attribue et des résultats qu'il en attend.»L'intérêt des deux chambres, dont il est parlé dans cette lettre de M. Pelet de la Lozère, s'était manifesté par une double décision prise le 6 mars par la chambre des députés, par la chambre des pairs, le 26. J'avais, au mois de novembre 1836, adressé aux chambres une pétition dont les rapporteurs furent, à la chambre des députés, M. de Guizard, au Luxembourg, M. le duc de Fezensac. M. de Guizard avait dit dans son rapport que «la commission ne pouvait méconnaître les résultats importants qu'on devait raisonnablement se promettre de l'application du système proposé; qu'elle y voyait l'avantage immense pour nos bibliothèques, si pauvres en ouvrages étrangers, de se compléter sous ce rapport au moyen de leurs doubles; et que, se bornât-on à faire l'application de ces idées aux établissements nationaux, il y aurait encore la promesse certaine d'une vie nouvelle pour nos bibliothèques.» Le rapport de M. le duc de Fezensac n'avait pas été moins favorable. «On peut compter, avait dit le noble rapporteur, sur le concours loyal et éclairé des gouvernements étrangers. M. Vattemare en a reçu plus d'une assurance; et déjà des offres particulières d'échanges sont arrivées à la Bibliothèque du roi. Le moment paraît favorable pour s'occuper sérieusement de ce travail. On doit en espérer d'heureux résultats auxquels M. Vattemare aura eu la gloire d'attacher son nom.»Et les deux chambres avaient, à l'unanimité de leurs membres présents, renvoyé ma pétition à M. le Ministre de l'instruction publique.Cependant les affaires de l'État, les événements de la politique détournèrent de la question des échanges l'attention du gouvernement. Après trois ans de nouveaux travaux et de nouvelles sollicitations, je me décidai à provoquer encore une fois le concours des chambres législatives. Je présentai une seconde pétition qui, comme la première, fut renvoyée au Ministre de l'instruction publique avec l'assentiment du parlement tout entier. Je ne citerai ici, pour abréger, aucun extrait ni des rapports faits au nom de la commission des deux chambres, ni de la lettre de M. Villemain en date du 31 août 1839, ni de celle de M. Duchâtel en date du 14 août de la même année. Qu'il me suffise de dire à Votre Excellence que c'étaient les mêmes félicitations, les mêmes encouragements, les mêmes promesses.C'est alors qu'un honorable député, que j'avais eu l'honneur d'entretenir quelquefois de mes idées, de mes travaux, de mes espérances, me conseilla d'aller aux États-Unis pour y préparer le terrain, comme je l'avais fait en Allemagne, en Angleterre, en Russie. La tâche était laborieuse, difficile; je ne me le dissimulai pas; mais les résultats devaient être féconds. Si l'Amérique a peu de livres à nous donner, elle peut nous fournir un très-grand nombre d'admirables échantillons pour nos collections de minéralogie, d'entomologie, de botanique, etc. Elle s'est d'ailleurs occupée avec succès de l'application des sciences et des arts à l'industrie. C'est, en un mot, une nature et une civilisation différentes des nôtres. Je partis.Embarqué au Havre le 20 octobre 1839, j'arrivai à New-York le 29 novembre. En Europe j'avais recueilli le suffrage des savants, des publicistes, des hommes d'État, un à un, dans la solitude et la paix du cabinet. Je m'adressais à des esprits éclairés, à des intelligences exercées à méditer sur les avantages de l'étude et sur les voies de la civilisation. En Amérique j'ai eu affaire à des corps législatifs, à des assemblées populaires. J'ai développé mon système dans l'agitation contenue des meetings.Je ne veux vous exposer, Monsieur le Ministre, que les résultats dont j'ai entre les mains les preuves authentiques, officielles. Je n'essaierai donc pas de vous montrer la jeunesse de New-York, de Boston, de Baltimore, du Canada, s'associant puissamment à mes efforts par des résolutions délibérées en assemblée publique; pourtant vous seriez touché, j'en suis certain, de la voir à Montréal voter une messe solennelle avecTe Deumd'actions de grâces. Je ne vous dirai pas davantage que toutes les opinions, tous les cultes se sont réunis pour m'entendre, pour me seconder, pour me soutenir; que des associations ont été formées dans l'unique but d'appliquer mes idées; que des établissements scientifiques ont été créés. Plus tard vous voudrez peut-être vous fairerendre compte des faits que j'ai négligés pour être plus bref. Je serai toujours à vos ordres, Monsieur le Ministre.C'est l'État de la Louisiane qui, le premier, a consacré mon système par une mesure législative. Le 26 mars 1840, le sénat décidait «qu'une somme de 3,000 piastres serait mise à la disposition du gouverneur, du secrétaire d'État et de trois personnes nommées annuellement par le gouverneur et le sénat, afin d'être employée par eux ou par une majorité d'entre eux à procurer les curiosités que renferme la Louisiane, tant en objets d'art que de science ou autres, pour établir avec les musées et les bibliothèques de l'Europe les premières communications et les premières opérations d'échange.»Quelques mois après, à l'autre extrémité de l'Union, l'État du Maine suivait l'exemple donné par la Louisiane. La législature votait cinquante exemplaires de chaque volume des lois, résolutions et documents publics, et 1,000 dollars (5,000 fr.) qui devaient être employés à recueillir des spécimens d'histoire naturelle et des productions des arts utiles pour les échanger, sous la direction du gouverneur.Le bill du congrès américain a été rendu les 10 et 17 juillet 1840. Le voici textuellement: 1oLe bibliothécaire, avec l'autorisation du comité de la bibliothèque, pourra échanger tous les doubles qui se trouvent dans la bibliothèque; 2oil est autorisé également à échanger les documents; 3oà compter de ce jour, cinquante exemplaires de chaque volume des documents, publiés par ordre des deux chambres, seront imprimés et reliés pour être échangés avec les puissances étrangères.Au Canada, par une loi du conseil spécial, approuvée par le gouverneur général, le 6 février 1841, 50,000 livres sterling (1,250,000 fr.) ont été votées pour subvenir aux frais de construction d'un édifice dans lequel se trouveraient réunis un musée, une bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, une grande salle pour les réunions publiques, et dans laquelle se tiendraient les séances des Sociétés scientifiques, formant ainsi un Institut, d'après les plans suggérés par M. Alexandre Vattemare.Avec ces bills et ces résolutions, dont des copies authentiques m'ont été remises officiellement, j'ai rapporté en France plus de 1,200 volumes, des cartes géographiques, des herbiers, et un morceau de fer oxydulé des montagnes du Missouri, que j'ai distribués entre les divers ministères, les bibliothèques des deux chambres, de la ville de Paris, de l'Académie des sciences, etc. M. Dufrénoy m'a fait l'honneur de m'écrire au sujet du morceau de fer que j'avais offert à l'École des mines: «Je vous remercie au nom de l'École de ce magnifique échantillon. Malgré ses dimensions presque gigantesques, plus de 0,66 de diamètre, il est pur dans toutes ses parties...... Outre son intérêt sous le rapport minéralogique, l'envoi de M. le sénateur Lynn est précieux pour nous parce qu'il commence le système d'échange que vous avez cherchéà établir entre toutes les nations de l'ancien et du nouveau continent, et qui peut seul permettre aux collections d'histoire naturelle de se compléter.»De ce moment, en effet, Monsieur le Ministre, le système d'échange était établi. L'Amérique était venue au-devant de la France; et la France l'avait accueillie avec empressement. Quoique abandonné à mes propres forces, j'ai entretenu avec quelques succès les relations que j'avais eu le bonheur de nouer entre les deux nations. De l'époque de mon retour à Paris jusqu'à présent, il y a eu un mouvement d'échange qui peut se calculer de la manière suivante:6,000volumes,316cartes géographiques,240gravures,150médailles,2plans en relief,5caisses de minéraux,Des herbiers.Une personne, que sa position m'autorise à croire bien informée, m'a affirmé que le commerce de la librairie avait ressenti utilement l'influence de ces échanges, qu'il s'en était accru d'une manière notable. Je n'en sais rien; mais il m'a semblé que je devais vous soumettre cette observation dont je n'ai pas eu le temps de chercher la preuve, et qu'ainsi je ne puis garantir. Toutefois, j'ajouterai qu'elle a pour moi un grand caractère de probabilité, et que je l'avais depuis longtemps pressentie.Les ministères et les administrations publiques sont entrés pour la plus grande part dans ce mouvement; mais il est de mon devoir de dire que ni écrivain, ni publiciste, ni artiste ne m'ont refusé leur concours; et parmi ceux qui m'ont encouragé par leurs présents, je compte les membres les plus illustres des deux chambres législatives.Dans la séance du 21 mai 1842, la chambre des députés, sur la proposition de son bibliothécaire, a ajouté à son budget une somme de 3,000 fr. pour les échanges; et le 14 novembre de la même année, M. Carrey, bibliothécaire de la chambre des pairs, m'a annoncé que M. le grand référendaire lui avait ordonné de tenir à ma disposition 120 volumes de documents émanés de la pairie pour le sénat des États-Unis. Par plusieurs délibérations, dont la première est du 21 décembre 1842, le conseil municipal de la ville de Paris est entré en relation d'échanges avec les principales villes de l'Union américaine, New-York, Boston, Baltimore, Washington, etc.De leur côté les États du Maine et du Massachusetts ont, par des bills en date du 22 mars 1844 et 7 février 1845, voté chacun une somme de 300 dollars (1,500 fr.) pour les frais des échanges; et un acte de la législature du Michigan (12 mars 1844) ordonne que l'ingénieur en chef de l'État recherche les doubles qui existentdans les collections d'histoire naturelle de l'Université, qui sont sous sa direction, et qu'il en fasse un rapport dans la plus prochaine session de la législature.Ce ne sont là, Monsieur le Ministre, que les faits les plus saillants qui se sont produits dans ces dernières années et depuis mon retour d'Amérique. Je pourrais en soumettre beaucoup d'autres à l'appréciation de Votre Excellence; mais j'en ai dit assez pour justifier votre bienveillant intérêt si vous daignez me l'accorder, et je craindrais d'abuser du temps que vous voulez bien me donner si j'insistais davantage.Vous voyez, Monsieur le Ministre, que l'impulsion est donnée; que le mouvement des échanges est accepté, encouragé par le zèle des particuliers et par le concours de la puissance publique; que le système d'échange tend à devenir ce qu'il doit être, un lien intellectuel entre les nations, un instrument de civilisation et de progrès. C'est aujourd'hui plus qu'une idée, une théorie; c'est un fait. On peut en mesurer dès à présent la portée pour l'instruction des peuples, pour l'avancement des sciences, pour le bien de l'humanité. Croyez, Monsieur le Ministre, que si tant de personnages éminents, tant de pouvoirs publics se sont montrés accessibles à mes sollicitations, c'est qu'il y a une sorte de conscience universelle qui s'attache à l'accomplissement de mon œuvre comme à une espérance de grandeur et de gloire pour les nations.J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,Monsieur le Ministre,De Votre Excellence,Le très-humble et très-obéissant serviteur,Alexandre Vattemare.Pièces jointes à la pétition de M. Vattemare.Traduction du Document officiel qui accompagnait les 64 volumes présentés le 19 février à S. E. M. le Ministre de l'instruction publique au nom de l'État de l'Indiana.Résolution adoptée par les deux chambres législatives de l'État d'Indiana, relative aux échanges internationaux.Attendu qu'un système d'échange scientifique et littéraire entre les nations a été conçu par Alexandre Vattemare, citoyen distingué en France, et réalisé avec succès par des échanges de précieuxouvrages, cartes, objets d'histoire naturelle, etc., faits entre la France et les États-Unis;Attendu qu'un tel système de bon vouloir et de courtoisie entre les nations ne peut que servir les intérêts de la religion, de la morale, de la littérature et des arts, et qu'il tend à faire de toutes les nations civilisées un corps de travailleurs attentifs à leur avancement mutuel; pour ces causes:Il est résolu par l'assemblée générale de l'État d'Indiana que le secrétaire d'État est par les présentes autorisé et invité à faire rechercher dans les archives publiques et relier d'une manière convenable et durable, huit collections de toutes les lois publiques et particulières, résolutions et documents législatifs, publiés par ordre de l'État, ainsi que des exemplaires des rapports de Blackfort, du rapport de l'ingénieur des mines de l'État et de l'histoire d'Indiana et de les transmettre audit sieur Alexandre Vattemare pour être distribués par lui ainsi qu'il suit: 1oaux chambres législatives de France; 2oau ministère de l'instruction publique; 3oau ministère de la justice; 4oau ministère de l'intérieur; 5oau ministère de la marine; 6oau ministère de l'agriculture et du commerce; 7oau conseil municipal de la ville de Paris; 8oà l'Académie des sciences morales et politiques. Chacune desquelles collections devra être accompagnée d'une copie, dûment certifiée, de cette résolution.Le secrétaire d'État est, en outre, invité par les présentes à transmettre annuellement, ainsi qu'il a été ordonné ci-dessus, toutes les lois publiques et particulières, documents, etc., jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement par la législature; et les frais nécessaires pour la réalisation des échanges seront pris sur le contingent et ordonnancés par l'autorité légale.A.-L. Robinson,Président de la chambre des représentants.ApprouvéJesse D. Bright,15 janvier 1844Président du sénat.James White.Je soussigné, John H. Thompson, secrétaire d'État, certifie que cette copie de la résolution ci-dessus est en tout conforme à l'original inscrit sur le registre conservé dans ce bureau. En foi de quoi je l'ai signé et y ai fait apposer le sceau de l'État.Fait à Indianopolis, le premier jour d'août de l'an de Notre Seigneur 1844, la trentième année de l'État et de l'indépendance des États-Unis la soixante-dixième.John H. Thompson,Secrétaire d'État.Lettre de lord Sydenham (Poulett Thomson), ministre du commerce d'Angleterre et gouverneur général du Canada.Maison du gouvernement, 13 décembre 1840.Monsieur,Ayant déjà eu l'occasion, en Europe, de vous témoigner l'admiration que j'éprouvais, tant pour votre système d'échange que pour le zèle que vous mettez à son perfectionnement, il est presque superflu de vous le répéter; mais je ne puis me refuser le plaisir de vous en renouveler l'assurance depuis que j'ai vu l'extension que vous lui avez donnée en Amérique, et surtout au Canada.Je ne voyais autrefois dans vos travaux qu'un moyen puissant d'augmenter les richesses littéraires des divers pays, par l'échange de leur superflu; mais je reconnais maintenant un but encore plus noble et plus utile: vous servir du terrain neutre des sciences et des arts pour faire taire les haines de race ou de parti, et unir, par un lien commun, les hommes estimables que des différences politiques ou personnelles ont trop longtemps séparés.Veuillez croire, Monsieur, que mes vœux les plus sincères accompagnent vos efforts, et que je serais flatté de pouvoir leur prêter mon faible appui. Votre triomphe sera celui de l'humanité.Agréez l'assurance de mon sincère dévouement,Sydenham.Traduction d'une lettre de M. T. W. Murdoch, secrétaire en chef du gouvernement du Canada à M. Vattemare.Montréal, 19 décembre 1840.Monsieur,Je reçois l'ordre du gouverneur général de vous informer que, dans le but de favoriser le projet pour l'accomplissement duquel vous êtes venu dans ce pays, c'est-à-dire l'échange, parmi toutes les nations, des publications d'un intérêt général, Son Excellence a ordonné au greffier du conseil spécial de mettre à votre disposition un exemplaire complet des journaux du conseil législatif et de la chambre d'assemblée de cette province, de même que tout autre document public dont il aurait le double. Ces documents, destinés par son Excellence à être présentés à la chambre des députés et des pairs de France, vous seront adressés où vous le désirerez, et au moment que vous jugerez le plus convenable; etSon Excellence espère qu'en échange vous pourrez obtenir pour ce pays un exemplaire des documents publiés par le gouvernement français.La commune origine des lois de ce pays et du Bas-Canada, ainsi que la similitude de langage existant entre les Français et une grande partie des habitants de cette province, rendront un tel échange intéressant et avantageux.Traduction d'une lettre de M. A. T. Holmes, président de la Société d'histoire naturelle de Montréal.22 janvier 1841.Monsieur,Officiellement constitué comme Président de la Société d'histoire naturelle, l'organe de la partie scientifique de notre population, je ne puis vous laisser partir pour les pays où votre présence se fait désirer, sans vous exprimer notre reconnaissance pour les bienfaits immenses dont vous sont redevables cette ville et ce pays. Vous êtes venu parmi nous étranger, dont le nom était connu, il est vrai, lié qu'il était à cette grande idée d'échanges internationaux, système de peu d'intérêt pour nous, qui étions trop insignifiants pour y participer. La surprise et l'incrédulité, quant au succès, furent donc les premières émotions soulevées par votre proposition de rendre le Canada partie intégrante de cette grande union nationale que vous avez en partie établie dans l'ancien monde, et dans laquelle vous vous efforcez, avec un zèle philanthropique et désintéressé, de faire entrer le nouveau. Ces sentiments ont fait place à l'admiration, lorsque, après avoir fait connaître vos plans, vous avez commencé avec énergie et persévérance à engager la coopération des corps publics et des individus, et à combattre les obstacles que les circonstances malheureuses dans lesquelles se trouve ce pays ont semés sur votre route. Vous avez enfin réussi, et, en nous quittant, vous emportez la preuve de l'utilité de votre visite et de votre résidence prolongée. Vos ardents désirs pour notre bien vont être satisfaits, et nous espérons voir bientôt s'élever dans notre ville un monument qui, sans porter le nom de Vattemare, sera désigné comme son œuvre aux générations futures. Vous aurez ainsi créé les moyens d'unir le Canada avec les autres nations dans le magnifique et bienveillant système d'échanges internationaux, plan qui ne doit pas seulement être considéré sous le point de vue commercial, mais comme un grand levier moral qui resserrera les liens qui unissent les différentes nations de la terre en une seule famille.Le Canadane manque, sous aucun rapport, des richesses nécessaires pour venir au-devant des offres de nos frères transatlantiques; car,quoiqu'il ne possède aucun des trésors fruits d'une longue civilisation, comme des antiquités, des ouvrages de littérature et d'arts,les productions naturelles de nos pays, estimées comme elles le sont en Europe, et qui ne demandent que de l'industrie pour être rassemblées, seraient cependant tout à fait dignes d'être échangées contre les livres, modèles et spécimens qui ne manqueraient pas de nous être envoyés des plus anciennes contrées. Je suis, etc.Lettre de monseigneur l'évêque de Montréal, Bas-Canada.Montréal, 23 novembre.Monsieur,J'ai toujours considéré le genre humain comme ne formant qu'un même corps, qui a pour membres toutes les nations du globe, et pour âme la divine Providence qui préside à tous les événements d'ici-bas. Un des grands bienfaits du christianisme est d'unir intimement tous ces membres dispersés par toute la terre; et si les passions humaines ne venaient pas rompre ces liens sacrés que la religion tend sans cesse à former, tous les peuples ne formeraient plus qu'un même peuple, ne seraient plus qu'une seule et même famille dont Dieu serait le père.Toute institution qui tendra à cimenter une union aussi parfaite sera donc à mes yeux une œuvre éminemment utile; voilà pourquoi je ne puis m'empêcher de donner toute mon admiration à ce plan par lequel vous travaillez à unir toutes les nations dans une immense association de science, de lumière et d'industrie.Par vos efforts, toutes ces richesses deviendront un trésor commun où les plus pauvres pourront puiser avec abondance. Aussi, nul doute que vous ne rencontriez de toutes parts la sympathie et le concours le plus empressé; ce sont, du moins, les sentiments qui animent à votre égard l'évêque de Montréal et son clergé.Je prie Dieu, qui vous a déjà donné tant de succès, de vouloir bien couronner par vous cette œuvre excellente, dont toute la gloire sera à lui et le profit au genre humain. Ce sera sans doute pour vous une récompense telle que vous ne pouvez en espérer une plus grande ici bas.J'ai l'honneur d'être, etc.Ig., év. de Montréal.In 1844, I addressed a memorial to the several members of the French cabinet, requesting their support; this memorial, somewhat similar to the above, to His Excellency count Salvandy, minister of public instruction, was supported by the following postscripts, from peers and deputies belonging to the several political parties.PEERS.Le zèle désintéressé de M. Vattemare, l'idée généreuse et grande qu'il a conçue d'établir, entre les différents États de l'Europe et de l'Amérique, un échange de livres et d'objets d'art, ont mérité et obtenu à plusieurs reprises l'intérêt de la Chambre des pairs, qui, dans sa dernière session, avait émis le vœu qu'une Commission permanente fût instituée dans le but de régulariser et de faciliter ces échanges.Ces témoignages de haute sympathie ont été jusqu'à présent stériles. Persuadés qu'il est digne de la France d'établir ainsi la première un lien intellectuel entre les peuples des deux continents, les soussignés recommandent avec la plus vive instance la pétition de M. Vattemare.Paris, le 25 février 1844.MM.Le comteDaru,Le comtede Grammont,C. de Vandeul,M. Bérenger(de la Drôme),H. Passy,Le baronde Mareuil,C. Perrier,F. Faure,V. Cousin,Le lieutenant général baronDariule,Le lieutenant général baronGourgaud,Le ducde Fezensac,Persil,Le vicomteSégur-Lamoignon,Le baronde Saint-Didier,Keratry,Le généralBaudran,Le comteBeugnot,Le comteTascher,Le lieutenant généralde Cubières,Le Brun,Le comtede Portalis,Le baronde Bussière,Le baronde Barante,Le marquisBarthElemy,Le marquisd'Audiffret,Le général comtede Montesquiou,Le baronde Vandeuvre,A. prince deWagram,Le comteDurosnel,Le lieutenant général baronPelet,J.-E. Gautier,Le duc dePlaisance.DEPUTIES.Les soussignés, bien pénétrés de l'avantage de consolider et d'étendre, au point de vue de la science, de la littérature, des arts, et aussi au profit de la civilisation, le système d'échanges établi par M. Alexandre Vattemare entre la France et les États-Unis, avec une intelligence, une persévérance et un désintéressement dignes des plus grands éloges, prennent la confiance de recommander de la manière la plus vive et la plus instante la requête ci-jointe.Les soussignés, en prêtant leur appui à cette demande, s'associent, autant qu'il est en eux, à une grande pensée, à une belle et noble tâche dans laquelle M. Vattemare a besoin d'être encouragé et soutenu pour qu'il puisse la continuer et entreprendre, avec les divers États de l'Europe, ce qu'il a si heureusement tenté avec l'Amérique du nord.Paris, le 28 février 1844.MM.Bignon,Le comted'Angeville,Armez,Le généralBellonet,Le lieutenant général baronde Berthois,Le baronBoissy-d'Anglas,De Carné,Crémieux,Dallos,A. Denis,Dugabé,Duvergier de Hauranne,De l'Espée,De Lafarelle,G. Lafayette,Le Prévost,J. de Lasteyrie,Ledru-Rollin,Chapuys de Montlaville,F. Barrot,G. de Beaumont,Billault,Ad. Chasles,C. Clément,De Cormenin,Vivien,Estancelin,Le comted'Etchegoyen,Etienne,Fulchiron,Le comtede Gasparin,E. de Girardin,De Golbéry,A. Gouin,V. Grandin,Le comted'Hauterive,Le général comted'Houdetot,Lacrosse,Le baronLadoucette,Le vicomteDaru,Le vicomteN. de Montesquiou,Odilon Barrot,C. de Rémusat,Le comteRoger,Saint-Marc-Girardin,De Saint-Priest,L. Talabot,A. de Tocqueville,De Tracy,Tueux,J. Vatout,Vitet,Saint-Albin.Extract from the report on the Budget for 1847, presented april 15th 1846 to the chamber of deputies, by M. Bignon, chairman of the committee of the budget. Read and passed May 26.CHAMBRE DES DEPUTES (Session 1846.)CHAPITRE XIX.Service des bibliothèques publiques, 170,223 francs.Une dépense nouvelle de 3,000 fr. est introduite dans ce chapitre; elle couvre, sous un faible chiffre, une question importante, celle des échanges de publications littéraires, scientifiques et artistiques avec l'étranger. Quel que soit le bénéfice que nous attendions du développement de cette pensée, nous ne vous exprimerions pas la nôtre si elle devait engager l'État dans des dépenses de quelque importance; mais, heureusement, votre commission n'éprouve aucun embarras à cet égard, car il ne peut être question que de quelques frais d'emballage et de transport. Nous ne pouvons que féliciter M. le ministre de l'instruction publique d'avoir compris tout l'avantage que pouvait recueillir le pays d'un vaste système d'échange et de chercher à en réaliser le bienfait en plaçant cette opération sous son patronage. Que d'ouvrages restent enfouis dans les dépôts publics, dans les divers ministères, aux archives des chambres législatives, qui proviennent des publications et des souscriptions, qui n'ont aucune valeur pour la France, parce que toutes les bibliothèques les possèdent, et que les collections étrangères accepteraient avec empressement et recueilleraient avec soin et réciproquement. Si nous devons en juger par quelques essais tentés avec les États-Unis, ces propositions d'échanges, étendues à tous les États civilisés, se trouvent bien accueillies, car, presque partout l'Union américaine a témoigné, par son empressement à répondre à cet appel et par sa libéralité, et nous dirons presque par sa magnificence, de l'intérêt qu'elle portait à ces communications de la pensée, qui ne peuvent que fortifier les bons rapports qui existent entre eux et nous.Nous vous proposons d'accorder le crédit de 3,000 fr. qui vous est demandé, et d'inviter M. le ministre à donner à sa pensée tout le développement qu'elle comporte.From the minister of public works.27 juin 1844.Monsieur,J'ai reçu votre lettre, en date du mois dernier, par laquelle vousdemandez, pour l'Institut national, et pour les États du Maine et du Massachusetts, en retour de divers dons faits à l'École des mines, trois exemplaires de la carte géologique de la France.Je me fais un plaisir de vous annoncer que je viens d'inviter M. l'ingénieur en chef des mines Dufrénoy à faire préparer et à vous adresser, pour la destination indiquée dans votre lettre, trois exemplaires de la carte et du premier volume de texte, le seul qui ait paru jusqu'ici.Recevez, etc.,Le ministre secrétaire d'État des travaux publics,S. Dumon.From the same.18 décembre 1844.Monsieur,En réponse à votre lettre du 3 de ce mois, je vous adresse, pour l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire de la médaille frappée en commémoration de la loi du 11 juin 1842, qui a classé les grandes lignes des chemins de fer du royaume.Recevez, etc.Le ministre des travaux publics,S. Dumon.From the minister of agriculture and commerce.25 décembre 1844.Monsieur,J'ai reçu, par votre intermédiaire, les lettres de MM. les secrétaires d'État de la Pensylvanie et du Massachusetts, m'accusant réception des collections de la Statistique générale de France, que je leur ai adressées à votre demande.Je m'empresse de leur envoyer deux nouveaux volumes de ce grand ouvrage; et je vous prie de prendre les précautions nécessaires pour qu'ils leur parviennent; car le petit nombre d'exemplaires de cette continuation du travail général en fait des livres rares qu'on ne pourrait remplacer.Je suis bien aise d'apprendre, Monsieur, que les États-Unisapprécient, ainsi qu'on le fait ici, les soins nombreux et persévérants, que vous prenez pour l'échange, entre les deux pays, des travaux qui peuvent étendre le domaine des connaissances utiles à l'amélioration de la société.Recevez, etc.Le ministre de l'agriculture et du commerce.Pour le ministre:Le conseiller d'État secrétaire général,Camille Paganel.From H. E. the keeper of the seals, minister of justice and religious worship.Paris, janvier 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous adresser, suivant la demande que vous m'en avez faite, cinq exemplaires de chacun des comptes généraux de l'administration de la justice criminelle et de la justice civile et commerciale en France pendant l'année 1843.Ces exemplaires sont destinés l'un au congrès des États-Unis, les autres aux États de New-York, de Pensylvanie, de la Louisiane et du Missouri.Je vous serai infiniment obligé de vouloir bien, en transmettant ces comptes, interposer vos bons offices pour me procurer les documents de même nature qui seraient recueillis et publiés dans les États de l'Union.Recevez, etc.,Le garde des sceaux ministre de la justice et des cultes.Par autorisation:Le maître des requêtes directeur,Meilheurat.From the honorable count de Rambuteau, prefect of the Seine.Paris, le 20 février 1845.Monsieur,J'ai reçu avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 17 janvier dernier, les ouvrages dont la ville de Baltimore a bien voulu faire hommage à la ville de Paris.Suivant votre désir, j'ai mis sous les yeux du conseil municipal le présent qui lui est offert ainsi que la lettre de M. le maire de Baltimore. Les sentiments qui y sont exprimés ont été dignement appréciés et je me fais un plaisir de vous rappeler tout l'intérêt que j'attache aux témoignages de sympathie que reçoit la ville de Paris.Recevez, etc.From H. E. the minister of marine and the colonies.Paris, le 22 février 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous donner avis que, pour vous procurer des facilités dans les échanges de livres, entre les États-Unis et la France, et conformément à la demande que vous m'en avez faite, j'ai prévenu M. le commissaire général, chef de la marine au Havre, que je vous autorisais à lui adresser les ballots de livres que vous auriez à faire passer de France aux États-Unis.M. le commissaire général m'a répondu qu'il a donné des ordres pour que ces ballots soient reçus et emmagasinés au Havre; et il s'entendra avec vous pour les expédier vers leur destination, à mesure que les occasions viendront à se présenter.Recevez, etc.Le vice-amiral, pair de France, secrétaire d'État de la marine et des colonies,Baronde Mackau.From the professors, administrators of the Museum of natural history.Paris, le 28 février 1845.Monsieur,L'administration du muséum vous remercie des soins que vous avez bien voulu donner à la réception de deux caisses de géologie et minéralogie et d'un exemplaire de la géologie de Jackson offert au muséum par l'État du Maine.Vous savez que trois exemplaires des archives du muséum, que M. le ministre de l'instruction publique avait bien voulu, sur notre demande, accorder à plusieurs états de l'union américaine, ontété adressés par lui immédiatement, et, à ce qu'il paraît, à d'autres établissements que ceux que nous avions indiqués. Déjà nous avons signalé cette erreur à M. le ministre et nous avons demandé qu'elle fût rectifiée, s'il était encore possible, d'après l'état des exemplaires en disponibilité au ministère. Nous n'avons pas encore reçu de réponse et nous comptons faire de nouvelles démarches à ce sujet.On achève en ce moment l'impression des nouvelles instructions pour la récolte et la préparation des objets d'histoire naturelle. Dès qu'elle sera achevée, nous vous en adresserons quelques exemplaires pour les transmettre à vos correspondants d'Amérique.Recevez, etc.Les professeurs administrateurs du muséum.Le directeur,Le secrétaire,E. Chevreul.B. Geoffroy Saint-Hilaire.Le trésorier,De Jussieu.From the department of war.4 avril 1845.Monsieur,Je me suis empressé de donner des ordres pour que la carte des limites du Canada fût jointe à celle que le dépôt général de la guerre a déjà reçue. Veuillez agréer mes remercîments de la remise de cette carte qui m'a doublement intéressé en raison de son origine et des localités qu'elle représente.Vous trouverez ci-joint une collection complète de toutes les cartes publiées à la fin de 1844 sur le nord de l'Afrique, qui comprend la régence de Tunis, l'Algérie et l'empire du Maroc. Je vous adresse également une de nos plus belles cartes autographiées, celle du département de la Seine-Inférieure. Vous voudrez bien envoyer ces cartes aux États-Unis d'Amérique, en les répartissant comme vous le jugerez convenable.Recevez, etc.Le pair de France, lieutenant général, directeur,Pelet.From M. Dufrénoy, chief engineer, inspector of the royal school of mines.10 août 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous remercier des trois caisses de roches que vous avez adressées à l'École des mines de la part de l'État du Maine. Je vous prierai, en accusant réception de cet envoi, qui fait connaître la constitution géologique de cet État, de demander que les échantillons soient emballés avec plus de soin; car une partie d'entre eux s'étaient frottés les uns contre les autres et avaient perdu cette fraîcheur qui est utile pour l'examen de leur caractère extérieur; dans la circonstance présente, le dommage n'est pas considérable, attendu que ce ne sont que des roches que l'on peut retailler; mais pour des minéraux, le mal serait irréparable.Je vous remercie aussi du rapport de M. Jackson; cet ouvrage, accompagné de son atlas, a été déposé dans la Bibliothèque de l'École des mines.Je profiterai de cette lettre pour vous demander si vous pourriez nous procurer quelques échantillons des minéraux décrits récemment par M. Schepard, notamment le Warwickle et l'Edwarszte; dans le cas où vous pourriez le faire, je vous demanderai la permission de vous en adresser une liste.L'École des mines est fort reconnaissante des ouvrages que vous lui avez déjà procurés; elle regarde que, grâce à votre persévérance, le système d'échange qui peut enrichir les établissements publics sans de grandes dépenses, prendra une grande extension; et vous pourrez alors vous féliciter d'avoir rendu un service important aux pays qui l'auront adopté.Recevez, etc.L'inspecteur de l'École,Dufrénoy.From the secretary of state from the department of the interior.27 octobre 1845.Monsieur,J'ai reçu avec votre lettre du 7 de ce mois, celle qui m'a été adressée par M. le secrétaire d'État du Massachusetts pour m'accuser réception de médailles et documents émanés de mon ministère, que je vous avais remis pour cet État; j'ai reçu en même temps les publications suivantes:1oTrois volumes contenant les rapports officiels et les lois votées par la législature du Massachusetts pendant la session de 1845.2oRapports scientifiques sur la géologie et l'histoire naturellede cet État, 4 volumes in-8oet 1 volume in-4oavec cartes et planches.3oUne carte générale du même État.J'ai l'honneur de vous remercier de l'envoi de ces documents, ainsi que de l'avis que vous me donnez de la décision prise par l'État de Massachusetts de me faire adresser régulièrement chaque année tous ceux qui pourraient intéresser mon département. Je continuerai, de mon côté, à disposer en faveur de ce gouvernement des documents publiés par mon ministère qui seront de nature à présenter un intérêt général d'administration.Pour le ministre de l'intérieur,Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.From the minister of the navy and colonies.Paris, 3 février 1846.Monsieur,Vous m'avez prié de mettre à votre disposition quelques exemplaires des documents publiés par la direction des colonies, afin de les distribuer entre plusieurs États de l'Union américaine que vous me désignez comme étant entrés dans la voie du système général d'échange de livres que vous vous efforcez d'introduire et de faire prévaloir parmi les nations civilisées.Dans le désir de ne laisser échapper aucune occasion d'augmenter les bonnes relations qui existent entre la France et les États-Unis et de concourir au progrès des sciences et des lumières, j'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai accueilli votre demande.Je donne en conséquence l'ordre de vous envoyer six exemplaires de chacune des publications suivantes: (Suit la liste.)Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Pour le vice-amiral, pair de France, ministre secrétaire d'État de la marine et des colonies,Le sous-secrétaire d'État,Jubelin.From the minister of the interior.Paris, le 11 février 1846.Monsieur,J'ai reçu la collection des documents publiés par la législature de l'Indiana (États-Unis d'Amérique), en 64 volumes reliés, quevous m'avez adressés pour la bibliothèque de mon département, en même temps que votre lettre du 28 janvier dernier.Je vous remercie de l'envoi de ces publications intéressantes dans lesquelles mon administration pourra trouver des renseignements utiles. J'ai fait placer ces volumes conformément à vos intentions, dans la bibliothèque administrative de mon ministère.Je vous prie de transmettre mes remercîments à M. le Secrétaire d'État du gouvernement de l'Indiana, et de lui faire connaître que je saisirai toutes les occasions qui me permettront de mettre à la disposition de la législature de cet État les publications administratives émanées de mon ministère et qui seront de nature à l'intéresser.J'ai pris en considération la demande que vous m'adressez dans le but d'obtenir, pour les autres États de l'Amérique du nord, quelques-uns des ouvrages auxquels mon département souscrit; et je me ferai un véritable plaisir d'y donner suite.En accueillant cette demande avec la faveur qu'elle mérite, je serai heureux de pouvoir coopérer à l'échange international des productions de l'esprit humain dans les deux hémisphères, et de contribuer ainsi au progrès général de la civilisation.Recevez, etc.,Le ministre de l'intérieur.Pour le ministre:Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.From His. Ex. the minister of public works.Paris, 26 février 1846.Monsieur,J'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 février, divers documents relatifs aux travaux publics.Je vous remercie de l'envoi de ces documents, que je viens de faire déposer au bureau central de statistique du ministère des travaux publics.Il m'est agréable, Monsieur, de pouvoir vous adresser, pour contribuer à la réalisation de votre projet d'échanges internationaux, un certain nombre d'ouvrages, documents, cartes et médailles; vous en trouverez le bordereau ci-joint.Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Le ministre des travaux publics,S. Dumon.From the prefect of the Seine.Paris, le 26 mars 1846.Monsieur,J'ai reçu avec une vive satisfaction les divers ouvrages qui, par votre intermédiaire, ont été adressés à la ville de Paris par les États du Maine, du Massachusetts, de l'Indiana et des villes de New-York et de Baltimore, ainsi que du Canada.J'ai mis ces ouvrages sous les yeux du conseil municipal, qui s'est montré extrêmement sensible à cet hommage, ainsi qu'aux témoignages de sympathie exprimés par les résolutions dont vous avez bien voulu me transmettre une copie.Je lui ai soumis en même temps des propositions pour l'envoi par la ville de Paris de nouveaux documents administratifs, en échange de ceux qui lui étaient si gracieusement offerts.Le conseil n'a pu encore délibérer sur ces propositions; mais j'espère qu'il lui sera possible de s'en occuper incessamment.Les États et villes d'Amérique qui entretiennent ces relations amicales avec la ville de Paris peuvent être assurés de tout l'intérêt que j'attache à cet échange de sentiments mutuels d'estime et de sympathie.Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.Le pair de France, préfet,Comtede Rambuteau.From His Ex. the minister of the interior.Paris, le 22 avril 1846.Monsieur,J'ai l'honneur de vous annoncer que, par ordonnance du 5 avril, le roi a bien voulu, sur ma proposition, accorder à l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire, papier fin, du grand ouvrage sur l'Expédition d'ÉgypteM. Jomard, conservateur de la Bibliothèque royale, tient dès ce moment cet exemplaire à votre disposition.Je me félicite, Monsieur, d'avoir pu faire en cette circonstance une chose qui soit agréable à l'Institut national des États-Unis.Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Le ministre secrétaire d'État de l'intérieur,Duchatel.A M. Vattemare.LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS,A tous présents et à venir, salut:Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur;Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:

Nos lecteurs savent que M. le Ministre de l'instruction publique a porté au budget soumis en ce moment à l'examen de la Chambre, une somme de 3,000 francs destinée à acquitter les frais auxquels donnera lieu le système d'échange de livres commencé par l'entremise de M. Vattemare entre la France et les pays étrangers.

La lettre suivante, adressée par M. Alexandre Vattemare à M. le Ministre, est une histoire abrégée mais complète du système d'échange de livres, d'objets d'art et d'histoire naturelle entre les nations jusqu'au 7 août 1845. Nous livrons les faits qu'elle révèle à l'appréciation de nos lecteurs. Nous devons ajouter seulement que, depuis cette époque, les États de New-York, de la Virginie, de l'Indiana, de l'Illinois, de Rhode-Island, le gouvernement du Canada ont fait à M. Vattemare des envois qui ont été répartis entre les diverses administrations et les établissements scientifiques de Paris; en sorte qu'il faut aujourd'hui porter le mouvement des échanges à plus de 7,000 volumes.

Nous savons de plus qu'un savant américain, M. Jewett, récemment arrivé d'Allemagne, a affirmé à M. Vattemare qu'il a vu tout préparé pour les échanges à Dresde, à Munich, à Berlin et à Vienne; que les bibliothécaires de ces villes lui ont parlé des promesses du système dont ils attendent impatiemment la réalisation.

A Son Excellence M. le comte de Salvandy, Ministre de l'instruction publique.

En 1694, on échangea les livres doubles de la Bibliothèque royale contre les livres nouveaux qui s'imprimaient dans les pays étrangers. Cette sorte de commerce autorisé par les ordres exprès du roi, et qui dura quelques années, ne laissa pas que de fournir une assez grande quantité de bons livres, surtout d'Angleterre et d'Allemagne.

En 1697, le P. Bouvet apporta 149 livres chinois en échange desquels le roi donna le recueil de toutes ses estampes.

(Essai historique sur la Biblioth. du Roi, p. 67.)

Colbert fit faire des copies de manuscrits pour les échanges. C'est aussi par les ordres de Colbert qu'on fit un état des livres doubles susceptibles d'être échangés contre d'autres qu'on ne possédait pas.

(Paulin, Paris,les Manuscrits franç. de la Bibl. du Roi, p. 1.)

Monsieur le Ministre,

Autorisé par les exemples que je viens de citer, dans mes démarches pour établir entre la France et les nations civilisées des deux mondes des relations régulières et permanentes d'échange de livres, d'objets d'arts et d'histoire naturelle, je n'entreprendrai pas de développer ce que j'appellerai la théorie de mon système. Je parlerai seulement des faits. Vous n'avez pas besoin d'un commentaire des actes de Colbert et de Louis XIV, et je n'ai pas besoin auprès de vous d'apologie. Ce que j'aurais l'honneur de vous dire, vous le savez déjà; vous l'avez vu dans les textes desManuscrits françaiset de l'Essai historique. Je veux être ménager d'un temps que vous employez si utilement pour l'éducation de la jeunesse et pour l'avancement des lettres.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de vous donner d'abord un aperçu des doubles qui existent dans quelques bibliothèques de l'étranger et de la France. C'est un essai de statistique qui fera comprendre, mieux que tous les raisonnements, les profits que l'on doit attendre des échanges. La bibliothèque de Munich a 200,000 doubles; celle d'Iéna, 12,000; celle de Saint-Pétersbourg, 54,000; à Vienne, plus de 30,000 doubles, parmi lesquels un grand nombre d'incunables, sont enfouis dans des magasins. A Vienne encore, 25,000 doubles encombrent la section d'entomologie du musée brésilien. Breslau possède l'un des plus précieux manuscrits de Froissart. On trouve à Munich le cinquième volume du roman desQuatre Fils Aymondont les quatre premiers sont à la bibliothèque de l'Arsenal; et à Bruxelles, dans la bibliothèque deBourgogne, des doubles de manuscrits précieux pour notre histoire. En France, la bibliothèque de Metz contient plus de 500 doubles; celle de Douai, 250; celle de Colmar, 100; des matériaux importants pour l'histoire de diverses villes sont réunis dans la bibliothèque d'Aix, assez indigente sur sa propre histoire: et ainsi Lyon, Arles, Nantes sont privés de documents précieux pour leurs anciennes annales. Les archives de la préfecture de Dijon renferment des titres et des chartes du duché de Savoie, en échange desquels le roi de Sardaigne nous donnerait tout ce que nous voudrions.

J'avais reconnu cet état de choses pour l'Allemagne, pendant les divers voyages que j'ai faits dans ce pays. J'en avais entretenu des savants, des hommes d'État, les rois eux-mêmes. Voici ce que m'écrivait à cette occasion M. P. Lichtenthaler, directeur de la bibliothèque de Munich, le 22 janvier 1833.

«Vous vous souviendrez que dans nos entretiens je vous ai aussi parlé de nos doubles dont nous gardons une immense quantité. Ne vous serait-il pas possible, par vos relations à Paris, d'engager l'administrateur des beaux-arts à entrer en échange avec notre bibliothèque?»

Le 6 décembre de la même année, M. le comte Maurice de Dietrichstein, directeur général du musée à Vienne, m'adressait une lettre dont j'extrais le passage suivant:

«Soyez sûr que je ne négligerai ni le catalogue des doubles ni celui des ouvrages dépareillés de la grande bibliothèque impériale.»

«Le plan que vous m'avez communiqué de créer un système d'échange de doubles, entre les différents cabinets de l'Europe mérite la plus grande attention,» m'écrivait le 20 janvier 1834 M. le comte de Brühl, intendant général des musées du royaume de Prusse, «Soyez assuré de l'empressement que je mettrai à entrer dans vos vues à cet égard aussitôt que l'établissement des médailles du musée sera assez avancé pour permettre de reconnaître l'effectif des doubles existant dans les différentes parties de l'Institut.»

D'autres lettres d'adhésions et d'encouragements m'ont été écrites, le 1eraoût 1834, par M. le comte de Benkendorff, au nom de l'empereur de Russie; en 1834 encore, par M. de Hauh, au nom du roi de Danemark; le 13 janvier 1837, par M. le comte d'Appony, ambassadeur d'Autriche; les 16 et 19 mai 1838, par MM. Spring Rice et Poulett Thompson, ministres d'Angleterre; le 9 mars 1839, par M. le comte de Lowenhielm, ambassadeur de Suède.

Il résulte de cette correspondance, dont je serais heureux de mettre les originaux sous les yeux de Votre Excellence, Monsieur le Ministre, que partout mes ouvertures ont été accueillies avec empressement; qu'en Bavière et en Autriche il a été donné à mon plan un commencement d'exécution, c'est-à-dire qu'on s'estpréparé à entrer en échange aussitôt qu'il conviendra à la France de consentir à ces relations de mutuelle bienveillance.

Je ne vous ai parlé que des assurances officielles de concours qui m'ont été adressées. J'aurais pu y ajouter les nombreux témoignages de sympathie que j'ai reçus de la part des écrivains, des savants, des artistes les plus illustres; mais j'aurais été trop long. Je suis prêt à vous soumettre à cet égard toutes les justifications que vous pourrez désirer.

Dès 1835, j'étais revenu en France une première fois, et je m'étais empressé d'écrire à M. le duc de Broglie, alors ministre des affaires étrangères, au nom duquel il me fut répondu le 12 juin:

«L'utilité des travaux entrepris par M. Vattemare pour faciliter les échanges ne paraît point contestable; et le ministre des affaires étrangères saisira la plus prochaine occasion pour entretenir son collègue le Ministre de l'instruction publique du plan formé par M. Vattemare.»

M. Pelet de la Lozère, ministre de l'instruction publique en 1836, m'écrivait:

«En ce qui concerne ce projet, il est impossible que le gouvernement n'en approuve entièrement la conception et qu'il ne fasse en même temps tout ce qui dépendra de lui pour en favoriser l'exécution. L'intérêt avec lequel les deux chambres et l'administration se sont empressés de l'accueillir et de s'en occuper ne saurait vous laisser de doute à cet égard. Il est un sûr garant de l'importance que le gouvernement lui attribue et des résultats qu'il en attend.»

L'intérêt des deux chambres, dont il est parlé dans cette lettre de M. Pelet de la Lozère, s'était manifesté par une double décision prise le 6 mars par la chambre des députés, par la chambre des pairs, le 26. J'avais, au mois de novembre 1836, adressé aux chambres une pétition dont les rapporteurs furent, à la chambre des députés, M. de Guizard, au Luxembourg, M. le duc de Fezensac. M. de Guizard avait dit dans son rapport que «la commission ne pouvait méconnaître les résultats importants qu'on devait raisonnablement se promettre de l'application du système proposé; qu'elle y voyait l'avantage immense pour nos bibliothèques, si pauvres en ouvrages étrangers, de se compléter sous ce rapport au moyen de leurs doubles; et que, se bornât-on à faire l'application de ces idées aux établissements nationaux, il y aurait encore la promesse certaine d'une vie nouvelle pour nos bibliothèques.» Le rapport de M. le duc de Fezensac n'avait pas été moins favorable. «On peut compter, avait dit le noble rapporteur, sur le concours loyal et éclairé des gouvernements étrangers. M. Vattemare en a reçu plus d'une assurance; et déjà des offres particulières d'échanges sont arrivées à la Bibliothèque du roi. Le moment paraît favorable pour s'occuper sérieusement de ce travail. On doit en espérer d'heureux résultats auxquels M. Vattemare aura eu la gloire d'attacher son nom.»

Et les deux chambres avaient, à l'unanimité de leurs membres présents, renvoyé ma pétition à M. le Ministre de l'instruction publique.

Cependant les affaires de l'État, les événements de la politique détournèrent de la question des échanges l'attention du gouvernement. Après trois ans de nouveaux travaux et de nouvelles sollicitations, je me décidai à provoquer encore une fois le concours des chambres législatives. Je présentai une seconde pétition qui, comme la première, fut renvoyée au Ministre de l'instruction publique avec l'assentiment du parlement tout entier. Je ne citerai ici, pour abréger, aucun extrait ni des rapports faits au nom de la commission des deux chambres, ni de la lettre de M. Villemain en date du 31 août 1839, ni de celle de M. Duchâtel en date du 14 août de la même année. Qu'il me suffise de dire à Votre Excellence que c'étaient les mêmes félicitations, les mêmes encouragements, les mêmes promesses.

C'est alors qu'un honorable député, que j'avais eu l'honneur d'entretenir quelquefois de mes idées, de mes travaux, de mes espérances, me conseilla d'aller aux États-Unis pour y préparer le terrain, comme je l'avais fait en Allemagne, en Angleterre, en Russie. La tâche était laborieuse, difficile; je ne me le dissimulai pas; mais les résultats devaient être féconds. Si l'Amérique a peu de livres à nous donner, elle peut nous fournir un très-grand nombre d'admirables échantillons pour nos collections de minéralogie, d'entomologie, de botanique, etc. Elle s'est d'ailleurs occupée avec succès de l'application des sciences et des arts à l'industrie. C'est, en un mot, une nature et une civilisation différentes des nôtres. Je partis.

Embarqué au Havre le 20 octobre 1839, j'arrivai à New-York le 29 novembre. En Europe j'avais recueilli le suffrage des savants, des publicistes, des hommes d'État, un à un, dans la solitude et la paix du cabinet. Je m'adressais à des esprits éclairés, à des intelligences exercées à méditer sur les avantages de l'étude et sur les voies de la civilisation. En Amérique j'ai eu affaire à des corps législatifs, à des assemblées populaires. J'ai développé mon système dans l'agitation contenue des meetings.

Je ne veux vous exposer, Monsieur le Ministre, que les résultats dont j'ai entre les mains les preuves authentiques, officielles. Je n'essaierai donc pas de vous montrer la jeunesse de New-York, de Boston, de Baltimore, du Canada, s'associant puissamment à mes efforts par des résolutions délibérées en assemblée publique; pourtant vous seriez touché, j'en suis certain, de la voir à Montréal voter une messe solennelle avecTe Deumd'actions de grâces. Je ne vous dirai pas davantage que toutes les opinions, tous les cultes se sont réunis pour m'entendre, pour me seconder, pour me soutenir; que des associations ont été formées dans l'unique but d'appliquer mes idées; que des établissements scientifiques ont été créés. Plus tard vous voudrez peut-être vous fairerendre compte des faits que j'ai négligés pour être plus bref. Je serai toujours à vos ordres, Monsieur le Ministre.

C'est l'État de la Louisiane qui, le premier, a consacré mon système par une mesure législative. Le 26 mars 1840, le sénat décidait «qu'une somme de 3,000 piastres serait mise à la disposition du gouverneur, du secrétaire d'État et de trois personnes nommées annuellement par le gouverneur et le sénat, afin d'être employée par eux ou par une majorité d'entre eux à procurer les curiosités que renferme la Louisiane, tant en objets d'art que de science ou autres, pour établir avec les musées et les bibliothèques de l'Europe les premières communications et les premières opérations d'échange.»

Quelques mois après, à l'autre extrémité de l'Union, l'État du Maine suivait l'exemple donné par la Louisiane. La législature votait cinquante exemplaires de chaque volume des lois, résolutions et documents publics, et 1,000 dollars (5,000 fr.) qui devaient être employés à recueillir des spécimens d'histoire naturelle et des productions des arts utiles pour les échanger, sous la direction du gouverneur.

Le bill du congrès américain a été rendu les 10 et 17 juillet 1840. Le voici textuellement: 1oLe bibliothécaire, avec l'autorisation du comité de la bibliothèque, pourra échanger tous les doubles qui se trouvent dans la bibliothèque; 2oil est autorisé également à échanger les documents; 3oà compter de ce jour, cinquante exemplaires de chaque volume des documents, publiés par ordre des deux chambres, seront imprimés et reliés pour être échangés avec les puissances étrangères.

Au Canada, par une loi du conseil spécial, approuvée par le gouverneur général, le 6 février 1841, 50,000 livres sterling (1,250,000 fr.) ont été votées pour subvenir aux frais de construction d'un édifice dans lequel se trouveraient réunis un musée, une bibliothèque, un cabinet d'histoire naturelle, une grande salle pour les réunions publiques, et dans laquelle se tiendraient les séances des Sociétés scientifiques, formant ainsi un Institut, d'après les plans suggérés par M. Alexandre Vattemare.

Avec ces bills et ces résolutions, dont des copies authentiques m'ont été remises officiellement, j'ai rapporté en France plus de 1,200 volumes, des cartes géographiques, des herbiers, et un morceau de fer oxydulé des montagnes du Missouri, que j'ai distribués entre les divers ministères, les bibliothèques des deux chambres, de la ville de Paris, de l'Académie des sciences, etc. M. Dufrénoy m'a fait l'honneur de m'écrire au sujet du morceau de fer que j'avais offert à l'École des mines: «Je vous remercie au nom de l'École de ce magnifique échantillon. Malgré ses dimensions presque gigantesques, plus de 0,66 de diamètre, il est pur dans toutes ses parties...... Outre son intérêt sous le rapport minéralogique, l'envoi de M. le sénateur Lynn est précieux pour nous parce qu'il commence le système d'échange que vous avez cherchéà établir entre toutes les nations de l'ancien et du nouveau continent, et qui peut seul permettre aux collections d'histoire naturelle de se compléter.»

De ce moment, en effet, Monsieur le Ministre, le système d'échange était établi. L'Amérique était venue au-devant de la France; et la France l'avait accueillie avec empressement. Quoique abandonné à mes propres forces, j'ai entretenu avec quelques succès les relations que j'avais eu le bonheur de nouer entre les deux nations. De l'époque de mon retour à Paris jusqu'à présent, il y a eu un mouvement d'échange qui peut se calculer de la manière suivante:

6,000volumes,316cartes géographiques,240gravures,150médailles,2plans en relief,5caisses de minéraux,Des herbiers.Une personne, que sa position m'autorise à croire bien informée, m'a affirmé que le commerce de la librairie avait ressenti utilement l'influence de ces échanges, qu'il s'en était accru d'une manière notable. Je n'en sais rien; mais il m'a semblé que je devais vous soumettre cette observation dont je n'ai pas eu le temps de chercher la preuve, et qu'ainsi je ne puis garantir. Toutefois, j'ajouterai qu'elle a pour moi un grand caractère de probabilité, et que je l'avais depuis longtemps pressentie.Les ministères et les administrations publiques sont entrés pour la plus grande part dans ce mouvement; mais il est de mon devoir de dire que ni écrivain, ni publiciste, ni artiste ne m'ont refusé leur concours; et parmi ceux qui m'ont encouragé par leurs présents, je compte les membres les plus illustres des deux chambres législatives.Dans la séance du 21 mai 1842, la chambre des députés, sur la proposition de son bibliothécaire, a ajouté à son budget une somme de 3,000 fr. pour les échanges; et le 14 novembre de la même année, M. Carrey, bibliothécaire de la chambre des pairs, m'a annoncé que M. le grand référendaire lui avait ordonné de tenir à ma disposition 120 volumes de documents émanés de la pairie pour le sénat des États-Unis. Par plusieurs délibérations, dont la première est du 21 décembre 1842, le conseil municipal de la ville de Paris est entré en relation d'échanges avec les principales villes de l'Union américaine, New-York, Boston, Baltimore, Washington, etc.De leur côté les États du Maine et du Massachusetts ont, par des bills en date du 22 mars 1844 et 7 février 1845, voté chacun une somme de 300 dollars (1,500 fr.) pour les frais des échanges; et un acte de la législature du Michigan (12 mars 1844) ordonne que l'ingénieur en chef de l'État recherche les doubles qui existentdans les collections d'histoire naturelle de l'Université, qui sont sous sa direction, et qu'il en fasse un rapport dans la plus prochaine session de la législature.Ce ne sont là, Monsieur le Ministre, que les faits les plus saillants qui se sont produits dans ces dernières années et depuis mon retour d'Amérique. Je pourrais en soumettre beaucoup d'autres à l'appréciation de Votre Excellence; mais j'en ai dit assez pour justifier votre bienveillant intérêt si vous daignez me l'accorder, et je craindrais d'abuser du temps que vous voulez bien me donner si j'insistais davantage.Vous voyez, Monsieur le Ministre, que l'impulsion est donnée; que le mouvement des échanges est accepté, encouragé par le zèle des particuliers et par le concours de la puissance publique; que le système d'échange tend à devenir ce qu'il doit être, un lien intellectuel entre les nations, un instrument de civilisation et de progrès. C'est aujourd'hui plus qu'une idée, une théorie; c'est un fait. On peut en mesurer dès à présent la portée pour l'instruction des peuples, pour l'avancement des sciences, pour le bien de l'humanité. Croyez, Monsieur le Ministre, que si tant de personnages éminents, tant de pouvoirs publics se sont montrés accessibles à mes sollicitations, c'est qu'il y a une sorte de conscience universelle qui s'attache à l'accomplissement de mon œuvre comme à une espérance de grandeur et de gloire pour les nations.J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,Monsieur le Ministre,De Votre Excellence,Le très-humble et très-obéissant serviteur,Alexandre Vattemare.Pièces jointes à la pétition de M. Vattemare.Traduction du Document officiel qui accompagnait les 64 volumes présentés le 19 février à S. E. M. le Ministre de l'instruction publique au nom de l'État de l'Indiana.Résolution adoptée par les deux chambres législatives de l'État d'Indiana, relative aux échanges internationaux.Attendu qu'un système d'échange scientifique et littéraire entre les nations a été conçu par Alexandre Vattemare, citoyen distingué en France, et réalisé avec succès par des échanges de précieuxouvrages, cartes, objets d'histoire naturelle, etc., faits entre la France et les États-Unis;Attendu qu'un tel système de bon vouloir et de courtoisie entre les nations ne peut que servir les intérêts de la religion, de la morale, de la littérature et des arts, et qu'il tend à faire de toutes les nations civilisées un corps de travailleurs attentifs à leur avancement mutuel; pour ces causes:Il est résolu par l'assemblée générale de l'État d'Indiana que le secrétaire d'État est par les présentes autorisé et invité à faire rechercher dans les archives publiques et relier d'une manière convenable et durable, huit collections de toutes les lois publiques et particulières, résolutions et documents législatifs, publiés par ordre de l'État, ainsi que des exemplaires des rapports de Blackfort, du rapport de l'ingénieur des mines de l'État et de l'histoire d'Indiana et de les transmettre audit sieur Alexandre Vattemare pour être distribués par lui ainsi qu'il suit: 1oaux chambres législatives de France; 2oau ministère de l'instruction publique; 3oau ministère de la justice; 4oau ministère de l'intérieur; 5oau ministère de la marine; 6oau ministère de l'agriculture et du commerce; 7oau conseil municipal de la ville de Paris; 8oà l'Académie des sciences morales et politiques. Chacune desquelles collections devra être accompagnée d'une copie, dûment certifiée, de cette résolution.Le secrétaire d'État est, en outre, invité par les présentes à transmettre annuellement, ainsi qu'il a été ordonné ci-dessus, toutes les lois publiques et particulières, documents, etc., jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement par la législature; et les frais nécessaires pour la réalisation des échanges seront pris sur le contingent et ordonnancés par l'autorité légale.A.-L. Robinson,Président de la chambre des représentants.ApprouvéJesse D. Bright,15 janvier 1844Président du sénat.James White.Je soussigné, John H. Thompson, secrétaire d'État, certifie que cette copie de la résolution ci-dessus est en tout conforme à l'original inscrit sur le registre conservé dans ce bureau. En foi de quoi je l'ai signé et y ai fait apposer le sceau de l'État.Fait à Indianopolis, le premier jour d'août de l'an de Notre Seigneur 1844, la trentième année de l'État et de l'indépendance des États-Unis la soixante-dixième.John H. Thompson,Secrétaire d'État.Lettre de lord Sydenham (Poulett Thomson), ministre du commerce d'Angleterre et gouverneur général du Canada.Maison du gouvernement, 13 décembre 1840.Monsieur,Ayant déjà eu l'occasion, en Europe, de vous témoigner l'admiration que j'éprouvais, tant pour votre système d'échange que pour le zèle que vous mettez à son perfectionnement, il est presque superflu de vous le répéter; mais je ne puis me refuser le plaisir de vous en renouveler l'assurance depuis que j'ai vu l'extension que vous lui avez donnée en Amérique, et surtout au Canada.Je ne voyais autrefois dans vos travaux qu'un moyen puissant d'augmenter les richesses littéraires des divers pays, par l'échange de leur superflu; mais je reconnais maintenant un but encore plus noble et plus utile: vous servir du terrain neutre des sciences et des arts pour faire taire les haines de race ou de parti, et unir, par un lien commun, les hommes estimables que des différences politiques ou personnelles ont trop longtemps séparés.Veuillez croire, Monsieur, que mes vœux les plus sincères accompagnent vos efforts, et que je serais flatté de pouvoir leur prêter mon faible appui. Votre triomphe sera celui de l'humanité.Agréez l'assurance de mon sincère dévouement,Sydenham.Traduction d'une lettre de M. T. W. Murdoch, secrétaire en chef du gouvernement du Canada à M. Vattemare.Montréal, 19 décembre 1840.Monsieur,Je reçois l'ordre du gouverneur général de vous informer que, dans le but de favoriser le projet pour l'accomplissement duquel vous êtes venu dans ce pays, c'est-à-dire l'échange, parmi toutes les nations, des publications d'un intérêt général, Son Excellence a ordonné au greffier du conseil spécial de mettre à votre disposition un exemplaire complet des journaux du conseil législatif et de la chambre d'assemblée de cette province, de même que tout autre document public dont il aurait le double. Ces documents, destinés par son Excellence à être présentés à la chambre des députés et des pairs de France, vous seront adressés où vous le désirerez, et au moment que vous jugerez le plus convenable; etSon Excellence espère qu'en échange vous pourrez obtenir pour ce pays un exemplaire des documents publiés par le gouvernement français.La commune origine des lois de ce pays et du Bas-Canada, ainsi que la similitude de langage existant entre les Français et une grande partie des habitants de cette province, rendront un tel échange intéressant et avantageux.Traduction d'une lettre de M. A. T. Holmes, président de la Société d'histoire naturelle de Montréal.22 janvier 1841.Monsieur,Officiellement constitué comme Président de la Société d'histoire naturelle, l'organe de la partie scientifique de notre population, je ne puis vous laisser partir pour les pays où votre présence se fait désirer, sans vous exprimer notre reconnaissance pour les bienfaits immenses dont vous sont redevables cette ville et ce pays. Vous êtes venu parmi nous étranger, dont le nom était connu, il est vrai, lié qu'il était à cette grande idée d'échanges internationaux, système de peu d'intérêt pour nous, qui étions trop insignifiants pour y participer. La surprise et l'incrédulité, quant au succès, furent donc les premières émotions soulevées par votre proposition de rendre le Canada partie intégrante de cette grande union nationale que vous avez en partie établie dans l'ancien monde, et dans laquelle vous vous efforcez, avec un zèle philanthropique et désintéressé, de faire entrer le nouveau. Ces sentiments ont fait place à l'admiration, lorsque, après avoir fait connaître vos plans, vous avez commencé avec énergie et persévérance à engager la coopération des corps publics et des individus, et à combattre les obstacles que les circonstances malheureuses dans lesquelles se trouve ce pays ont semés sur votre route. Vous avez enfin réussi, et, en nous quittant, vous emportez la preuve de l'utilité de votre visite et de votre résidence prolongée. Vos ardents désirs pour notre bien vont être satisfaits, et nous espérons voir bientôt s'élever dans notre ville un monument qui, sans porter le nom de Vattemare, sera désigné comme son œuvre aux générations futures. Vous aurez ainsi créé les moyens d'unir le Canada avec les autres nations dans le magnifique et bienveillant système d'échanges internationaux, plan qui ne doit pas seulement être considéré sous le point de vue commercial, mais comme un grand levier moral qui resserrera les liens qui unissent les différentes nations de la terre en une seule famille.Le Canadane manque, sous aucun rapport, des richesses nécessaires pour venir au-devant des offres de nos frères transatlantiques; car,quoiqu'il ne possède aucun des trésors fruits d'une longue civilisation, comme des antiquités, des ouvrages de littérature et d'arts,les productions naturelles de nos pays, estimées comme elles le sont en Europe, et qui ne demandent que de l'industrie pour être rassemblées, seraient cependant tout à fait dignes d'être échangées contre les livres, modèles et spécimens qui ne manqueraient pas de nous être envoyés des plus anciennes contrées. Je suis, etc.Lettre de monseigneur l'évêque de Montréal, Bas-Canada.Montréal, 23 novembre.Monsieur,J'ai toujours considéré le genre humain comme ne formant qu'un même corps, qui a pour membres toutes les nations du globe, et pour âme la divine Providence qui préside à tous les événements d'ici-bas. Un des grands bienfaits du christianisme est d'unir intimement tous ces membres dispersés par toute la terre; et si les passions humaines ne venaient pas rompre ces liens sacrés que la religion tend sans cesse à former, tous les peuples ne formeraient plus qu'un même peuple, ne seraient plus qu'une seule et même famille dont Dieu serait le père.Toute institution qui tendra à cimenter une union aussi parfaite sera donc à mes yeux une œuvre éminemment utile; voilà pourquoi je ne puis m'empêcher de donner toute mon admiration à ce plan par lequel vous travaillez à unir toutes les nations dans une immense association de science, de lumière et d'industrie.Par vos efforts, toutes ces richesses deviendront un trésor commun où les plus pauvres pourront puiser avec abondance. Aussi, nul doute que vous ne rencontriez de toutes parts la sympathie et le concours le plus empressé; ce sont, du moins, les sentiments qui animent à votre égard l'évêque de Montréal et son clergé.Je prie Dieu, qui vous a déjà donné tant de succès, de vouloir bien couronner par vous cette œuvre excellente, dont toute la gloire sera à lui et le profit au genre humain. Ce sera sans doute pour vous une récompense telle que vous ne pouvez en espérer une plus grande ici bas.J'ai l'honneur d'être, etc.Ig., év. de Montréal.

Une personne, que sa position m'autorise à croire bien informée, m'a affirmé que le commerce de la librairie avait ressenti utilement l'influence de ces échanges, qu'il s'en était accru d'une manière notable. Je n'en sais rien; mais il m'a semblé que je devais vous soumettre cette observation dont je n'ai pas eu le temps de chercher la preuve, et qu'ainsi je ne puis garantir. Toutefois, j'ajouterai qu'elle a pour moi un grand caractère de probabilité, et que je l'avais depuis longtemps pressentie.

Les ministères et les administrations publiques sont entrés pour la plus grande part dans ce mouvement; mais il est de mon devoir de dire que ni écrivain, ni publiciste, ni artiste ne m'ont refusé leur concours; et parmi ceux qui m'ont encouragé par leurs présents, je compte les membres les plus illustres des deux chambres législatives.

Dans la séance du 21 mai 1842, la chambre des députés, sur la proposition de son bibliothécaire, a ajouté à son budget une somme de 3,000 fr. pour les échanges; et le 14 novembre de la même année, M. Carrey, bibliothécaire de la chambre des pairs, m'a annoncé que M. le grand référendaire lui avait ordonné de tenir à ma disposition 120 volumes de documents émanés de la pairie pour le sénat des États-Unis. Par plusieurs délibérations, dont la première est du 21 décembre 1842, le conseil municipal de la ville de Paris est entré en relation d'échanges avec les principales villes de l'Union américaine, New-York, Boston, Baltimore, Washington, etc.

De leur côté les États du Maine et du Massachusetts ont, par des bills en date du 22 mars 1844 et 7 février 1845, voté chacun une somme de 300 dollars (1,500 fr.) pour les frais des échanges; et un acte de la législature du Michigan (12 mars 1844) ordonne que l'ingénieur en chef de l'État recherche les doubles qui existentdans les collections d'histoire naturelle de l'Université, qui sont sous sa direction, et qu'il en fasse un rapport dans la plus prochaine session de la législature.

Ce ne sont là, Monsieur le Ministre, que les faits les plus saillants qui se sont produits dans ces dernières années et depuis mon retour d'Amérique. Je pourrais en soumettre beaucoup d'autres à l'appréciation de Votre Excellence; mais j'en ai dit assez pour justifier votre bienveillant intérêt si vous daignez me l'accorder, et je craindrais d'abuser du temps que vous voulez bien me donner si j'insistais davantage.

Vous voyez, Monsieur le Ministre, que l'impulsion est donnée; que le mouvement des échanges est accepté, encouragé par le zèle des particuliers et par le concours de la puissance publique; que le système d'échange tend à devenir ce qu'il doit être, un lien intellectuel entre les nations, un instrument de civilisation et de progrès. C'est aujourd'hui plus qu'une idée, une théorie; c'est un fait. On peut en mesurer dès à présent la portée pour l'instruction des peuples, pour l'avancement des sciences, pour le bien de l'humanité. Croyez, Monsieur le Ministre, que si tant de personnages éminents, tant de pouvoirs publics se sont montrés accessibles à mes sollicitations, c'est qu'il y a une sorte de conscience universelle qui s'attache à l'accomplissement de mon œuvre comme à une espérance de grandeur et de gloire pour les nations.

J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect,Monsieur le Ministre,De Votre Excellence,Le très-humble et très-obéissant serviteur,

Alexandre Vattemare.

Pièces jointes à la pétition de M. Vattemare.

Traduction du Document officiel qui accompagnait les 64 volumes présentés le 19 février à S. E. M. le Ministre de l'instruction publique au nom de l'État de l'Indiana.

Résolution adoptée par les deux chambres législatives de l'État d'Indiana, relative aux échanges internationaux.

Attendu qu'un système d'échange scientifique et littéraire entre les nations a été conçu par Alexandre Vattemare, citoyen distingué en France, et réalisé avec succès par des échanges de précieuxouvrages, cartes, objets d'histoire naturelle, etc., faits entre la France et les États-Unis;

Attendu qu'un tel système de bon vouloir et de courtoisie entre les nations ne peut que servir les intérêts de la religion, de la morale, de la littérature et des arts, et qu'il tend à faire de toutes les nations civilisées un corps de travailleurs attentifs à leur avancement mutuel; pour ces causes:

Il est résolu par l'assemblée générale de l'État d'Indiana que le secrétaire d'État est par les présentes autorisé et invité à faire rechercher dans les archives publiques et relier d'une manière convenable et durable, huit collections de toutes les lois publiques et particulières, résolutions et documents législatifs, publiés par ordre de l'État, ainsi que des exemplaires des rapports de Blackfort, du rapport de l'ingénieur des mines de l'État et de l'histoire d'Indiana et de les transmettre audit sieur Alexandre Vattemare pour être distribués par lui ainsi qu'il suit: 1oaux chambres législatives de France; 2oau ministère de l'instruction publique; 3oau ministère de la justice; 4oau ministère de l'intérieur; 5oau ministère de la marine; 6oau ministère de l'agriculture et du commerce; 7oau conseil municipal de la ville de Paris; 8oà l'Académie des sciences morales et politiques. Chacune desquelles collections devra être accompagnée d'une copie, dûment certifiée, de cette résolution.

Le secrétaire d'État est, en outre, invité par les présentes à transmettre annuellement, ainsi qu'il a été ordonné ci-dessus, toutes les lois publiques et particulières, documents, etc., jusqu'à ce qu'il en soit ordonné autrement par la législature; et les frais nécessaires pour la réalisation des échanges seront pris sur le contingent et ordonnancés par l'autorité légale.

A.-L. Robinson,Président de la chambre des représentants.

Je soussigné, John H. Thompson, secrétaire d'État, certifie que cette copie de la résolution ci-dessus est en tout conforme à l'original inscrit sur le registre conservé dans ce bureau. En foi de quoi je l'ai signé et y ai fait apposer le sceau de l'État.

Fait à Indianopolis, le premier jour d'août de l'an de Notre Seigneur 1844, la trentième année de l'État et de l'indépendance des États-Unis la soixante-dixième.

John H. Thompson,Secrétaire d'État.

Lettre de lord Sydenham (Poulett Thomson), ministre du commerce d'Angleterre et gouverneur général du Canada.

Maison du gouvernement, 13 décembre 1840.

Monsieur,

Ayant déjà eu l'occasion, en Europe, de vous témoigner l'admiration que j'éprouvais, tant pour votre système d'échange que pour le zèle que vous mettez à son perfectionnement, il est presque superflu de vous le répéter; mais je ne puis me refuser le plaisir de vous en renouveler l'assurance depuis que j'ai vu l'extension que vous lui avez donnée en Amérique, et surtout au Canada.

Je ne voyais autrefois dans vos travaux qu'un moyen puissant d'augmenter les richesses littéraires des divers pays, par l'échange de leur superflu; mais je reconnais maintenant un but encore plus noble et plus utile: vous servir du terrain neutre des sciences et des arts pour faire taire les haines de race ou de parti, et unir, par un lien commun, les hommes estimables que des différences politiques ou personnelles ont trop longtemps séparés.

Veuillez croire, Monsieur, que mes vœux les plus sincères accompagnent vos efforts, et que je serais flatté de pouvoir leur prêter mon faible appui. Votre triomphe sera celui de l'humanité.

Agréez l'assurance de mon sincère dévouement,

Sydenham.

Traduction d'une lettre de M. T. W. Murdoch, secrétaire en chef du gouvernement du Canada à M. Vattemare.

Montréal, 19 décembre 1840.

Monsieur,

Je reçois l'ordre du gouverneur général de vous informer que, dans le but de favoriser le projet pour l'accomplissement duquel vous êtes venu dans ce pays, c'est-à-dire l'échange, parmi toutes les nations, des publications d'un intérêt général, Son Excellence a ordonné au greffier du conseil spécial de mettre à votre disposition un exemplaire complet des journaux du conseil législatif et de la chambre d'assemblée de cette province, de même que tout autre document public dont il aurait le double. Ces documents, destinés par son Excellence à être présentés à la chambre des députés et des pairs de France, vous seront adressés où vous le désirerez, et au moment que vous jugerez le plus convenable; etSon Excellence espère qu'en échange vous pourrez obtenir pour ce pays un exemplaire des documents publiés par le gouvernement français.La commune origine des lois de ce pays et du Bas-Canada, ainsi que la similitude de langage existant entre les Français et une grande partie des habitants de cette province, rendront un tel échange intéressant et avantageux.

Traduction d'une lettre de M. A. T. Holmes, président de la Société d'histoire naturelle de Montréal.

22 janvier 1841.

Monsieur,

Officiellement constitué comme Président de la Société d'histoire naturelle, l'organe de la partie scientifique de notre population, je ne puis vous laisser partir pour les pays où votre présence se fait désirer, sans vous exprimer notre reconnaissance pour les bienfaits immenses dont vous sont redevables cette ville et ce pays. Vous êtes venu parmi nous étranger, dont le nom était connu, il est vrai, lié qu'il était à cette grande idée d'échanges internationaux, système de peu d'intérêt pour nous, qui étions trop insignifiants pour y participer. La surprise et l'incrédulité, quant au succès, furent donc les premières émotions soulevées par votre proposition de rendre le Canada partie intégrante de cette grande union nationale que vous avez en partie établie dans l'ancien monde, et dans laquelle vous vous efforcez, avec un zèle philanthropique et désintéressé, de faire entrer le nouveau. Ces sentiments ont fait place à l'admiration, lorsque, après avoir fait connaître vos plans, vous avez commencé avec énergie et persévérance à engager la coopération des corps publics et des individus, et à combattre les obstacles que les circonstances malheureuses dans lesquelles se trouve ce pays ont semés sur votre route. Vous avez enfin réussi, et, en nous quittant, vous emportez la preuve de l'utilité de votre visite et de votre résidence prolongée. Vos ardents désirs pour notre bien vont être satisfaits, et nous espérons voir bientôt s'élever dans notre ville un monument qui, sans porter le nom de Vattemare, sera désigné comme son œuvre aux générations futures. Vous aurez ainsi créé les moyens d'unir le Canada avec les autres nations dans le magnifique et bienveillant système d'échanges internationaux, plan qui ne doit pas seulement être considéré sous le point de vue commercial, mais comme un grand levier moral qui resserrera les liens qui unissent les différentes nations de la terre en une seule famille.Le Canadane manque, sous aucun rapport, des richesses nécessaires pour venir au-devant des offres de nos frères transatlantiques; car,quoiqu'il ne possède aucun des trésors fruits d'une longue civilisation, comme des antiquités, des ouvrages de littérature et d'arts,les productions naturelles de nos pays, estimées comme elles le sont en Europe, et qui ne demandent que de l'industrie pour être rassemblées, seraient cependant tout à fait dignes d'être échangées contre les livres, modèles et spécimens qui ne manqueraient pas de nous être envoyés des plus anciennes contrées. Je suis, etc.

Lettre de monseigneur l'évêque de Montréal, Bas-Canada.

Montréal, 23 novembre.

Monsieur,

J'ai toujours considéré le genre humain comme ne formant qu'un même corps, qui a pour membres toutes les nations du globe, et pour âme la divine Providence qui préside à tous les événements d'ici-bas. Un des grands bienfaits du christianisme est d'unir intimement tous ces membres dispersés par toute la terre; et si les passions humaines ne venaient pas rompre ces liens sacrés que la religion tend sans cesse à former, tous les peuples ne formeraient plus qu'un même peuple, ne seraient plus qu'une seule et même famille dont Dieu serait le père.

Toute institution qui tendra à cimenter une union aussi parfaite sera donc à mes yeux une œuvre éminemment utile; voilà pourquoi je ne puis m'empêcher de donner toute mon admiration à ce plan par lequel vous travaillez à unir toutes les nations dans une immense association de science, de lumière et d'industrie.

Par vos efforts, toutes ces richesses deviendront un trésor commun où les plus pauvres pourront puiser avec abondance. Aussi, nul doute que vous ne rencontriez de toutes parts la sympathie et le concours le plus empressé; ce sont, du moins, les sentiments qui animent à votre égard l'évêque de Montréal et son clergé.

Je prie Dieu, qui vous a déjà donné tant de succès, de vouloir bien couronner par vous cette œuvre excellente, dont toute la gloire sera à lui et le profit au genre humain. Ce sera sans doute pour vous une récompense telle que vous ne pouvez en espérer une plus grande ici bas.

J'ai l'honneur d'être, etc.

Ig., év. de Montréal.

In 1844, I addressed a memorial to the several members of the French cabinet, requesting their support; this memorial, somewhat similar to the above, to His Excellency count Salvandy, minister of public instruction, was supported by the following postscripts, from peers and deputies belonging to the several political parties.

PEERS.

Le zèle désintéressé de M. Vattemare, l'idée généreuse et grande qu'il a conçue d'établir, entre les différents États de l'Europe et de l'Amérique, un échange de livres et d'objets d'art, ont mérité et obtenu à plusieurs reprises l'intérêt de la Chambre des pairs, qui, dans sa dernière session, avait émis le vœu qu'une Commission permanente fût instituée dans le but de régulariser et de faciliter ces échanges.Ces témoignages de haute sympathie ont été jusqu'à présent stériles. Persuadés qu'il est digne de la France d'établir ainsi la première un lien intellectuel entre les peuples des deux continents, les soussignés recommandent avec la plus vive instance la pétition de M. Vattemare.Paris, le 25 février 1844.MM.Le comteDaru,Le comtede Grammont,C. de Vandeul,M. Bérenger(de la Drôme),H. Passy,Le baronde Mareuil,C. Perrier,F. Faure,V. Cousin,Le lieutenant général baronDariule,Le lieutenant général baronGourgaud,Le ducde Fezensac,Persil,Le vicomteSégur-Lamoignon,Le baronde Saint-Didier,Keratry,Le généralBaudran,Le comteBeugnot,Le comteTascher,Le lieutenant généralde Cubières,Le Brun,Le comtede Portalis,Le baronde Bussière,Le baronde Barante,Le marquisBarthElemy,Le marquisd'Audiffret,Le général comtede Montesquiou,Le baronde Vandeuvre,A. prince deWagram,Le comteDurosnel,Le lieutenant général baronPelet,J.-E. Gautier,Le duc dePlaisance.DEPUTIES.Les soussignés, bien pénétrés de l'avantage de consolider et d'étendre, au point de vue de la science, de la littérature, des arts, et aussi au profit de la civilisation, le système d'échanges établi par M. Alexandre Vattemare entre la France et les États-Unis, avec une intelligence, une persévérance et un désintéressement dignes des plus grands éloges, prennent la confiance de recommander de la manière la plus vive et la plus instante la requête ci-jointe.Les soussignés, en prêtant leur appui à cette demande, s'associent, autant qu'il est en eux, à une grande pensée, à une belle et noble tâche dans laquelle M. Vattemare a besoin d'être encouragé et soutenu pour qu'il puisse la continuer et entreprendre, avec les divers États de l'Europe, ce qu'il a si heureusement tenté avec l'Amérique du nord.Paris, le 28 février 1844.MM.Bignon,Le comted'Angeville,Armez,Le généralBellonet,Le lieutenant général baronde Berthois,Le baronBoissy-d'Anglas,De Carné,Crémieux,Dallos,A. Denis,Dugabé,Duvergier de Hauranne,De l'Espée,De Lafarelle,G. Lafayette,Le Prévost,J. de Lasteyrie,Ledru-Rollin,Chapuys de Montlaville,F. Barrot,G. de Beaumont,Billault,Ad. Chasles,C. Clément,De Cormenin,Vivien,Estancelin,Le comted'Etchegoyen,Etienne,Fulchiron,Le comtede Gasparin,E. de Girardin,De Golbéry,A. Gouin,V. Grandin,Le comted'Hauterive,Le général comted'Houdetot,Lacrosse,Le baronLadoucette,Le vicomteDaru,Le vicomteN. de Montesquiou,Odilon Barrot,C. de Rémusat,Le comteRoger,Saint-Marc-Girardin,De Saint-Priest,L. Talabot,A. de Tocqueville,De Tracy,Tueux,J. Vatout,Vitet,Saint-Albin.Extract from the report on the Budget for 1847, presented april 15th 1846 to the chamber of deputies, by M. Bignon, chairman of the committee of the budget. Read and passed May 26.

Le zèle désintéressé de M. Vattemare, l'idée généreuse et grande qu'il a conçue d'établir, entre les différents États de l'Europe et de l'Amérique, un échange de livres et d'objets d'art, ont mérité et obtenu à plusieurs reprises l'intérêt de la Chambre des pairs, qui, dans sa dernière session, avait émis le vœu qu'une Commission permanente fût instituée dans le but de régulariser et de faciliter ces échanges.

Ces témoignages de haute sympathie ont été jusqu'à présent stériles. Persuadés qu'il est digne de la France d'établir ainsi la première un lien intellectuel entre les peuples des deux continents, les soussignés recommandent avec la plus vive instance la pétition de M. Vattemare.

Paris, le 25 février 1844.

MM.Le comteDaru,Le comtede Grammont,C. de Vandeul,M. Bérenger(de la Drôme),H. Passy,Le baronde Mareuil,C. Perrier,F. Faure,V. Cousin,Le lieutenant général baronDariule,Le lieutenant général baronGourgaud,Le ducde Fezensac,Persil,Le vicomteSégur-Lamoignon,Le baronde Saint-Didier,Keratry,Le généralBaudran,Le comteBeugnot,Le comteTascher,Le lieutenant généralde Cubières,Le Brun,Le comtede Portalis,Le baronde Bussière,Le baronde Barante,Le marquisBarthElemy,Le marquisd'Audiffret,Le général comtede Montesquiou,Le baronde Vandeuvre,A. prince deWagram,Le comteDurosnel,Le lieutenant général baronPelet,J.-E. Gautier,Le duc dePlaisance.

DEPUTIES.

Les soussignés, bien pénétrés de l'avantage de consolider et d'étendre, au point de vue de la science, de la littérature, des arts, et aussi au profit de la civilisation, le système d'échanges établi par M. Alexandre Vattemare entre la France et les États-Unis, avec une intelligence, une persévérance et un désintéressement dignes des plus grands éloges, prennent la confiance de recommander de la manière la plus vive et la plus instante la requête ci-jointe.

Les soussignés, en prêtant leur appui à cette demande, s'associent, autant qu'il est en eux, à une grande pensée, à une belle et noble tâche dans laquelle M. Vattemare a besoin d'être encouragé et soutenu pour qu'il puisse la continuer et entreprendre, avec les divers États de l'Europe, ce qu'il a si heureusement tenté avec l'Amérique du nord.

Paris, le 28 février 1844.

MM.Bignon,Le comted'Angeville,Armez,Le généralBellonet,Le lieutenant général baronde Berthois,Le baronBoissy-d'Anglas,De Carné,Crémieux,Dallos,A. Denis,Dugabé,Duvergier de Hauranne,De l'Espée,De Lafarelle,G. Lafayette,Le Prévost,J. de Lasteyrie,Ledru-Rollin,Chapuys de Montlaville,F. Barrot,G. de Beaumont,Billault,Ad. Chasles,C. Clément,De Cormenin,Vivien,Estancelin,Le comted'Etchegoyen,Etienne,Fulchiron,Le comtede Gasparin,E. de Girardin,De Golbéry,A. Gouin,V. Grandin,Le comted'Hauterive,Le général comted'Houdetot,Lacrosse,Le baronLadoucette,Le vicomteDaru,Le vicomteN. de Montesquiou,Odilon Barrot,C. de Rémusat,Le comteRoger,Saint-Marc-Girardin,De Saint-Priest,L. Talabot,A. de Tocqueville,De Tracy,Tueux,J. Vatout,Vitet,Saint-Albin.

Extract from the report on the Budget for 1847, presented april 15th 1846 to the chamber of deputies, by M. Bignon, chairman of the committee of the budget. Read and passed May 26.

CHAPITRE XIX.Service des bibliothèques publiques, 170,223 francs.Une dépense nouvelle de 3,000 fr. est introduite dans ce chapitre; elle couvre, sous un faible chiffre, une question importante, celle des échanges de publications littéraires, scientifiques et artistiques avec l'étranger. Quel que soit le bénéfice que nous attendions du développement de cette pensée, nous ne vous exprimerions pas la nôtre si elle devait engager l'État dans des dépenses de quelque importance; mais, heureusement, votre commission n'éprouve aucun embarras à cet égard, car il ne peut être question que de quelques frais d'emballage et de transport. Nous ne pouvons que féliciter M. le ministre de l'instruction publique d'avoir compris tout l'avantage que pouvait recueillir le pays d'un vaste système d'échange et de chercher à en réaliser le bienfait en plaçant cette opération sous son patronage. Que d'ouvrages restent enfouis dans les dépôts publics, dans les divers ministères, aux archives des chambres législatives, qui proviennent des publications et des souscriptions, qui n'ont aucune valeur pour la France, parce que toutes les bibliothèques les possèdent, et que les collections étrangères accepteraient avec empressement et recueilleraient avec soin et réciproquement. Si nous devons en juger par quelques essais tentés avec les États-Unis, ces propositions d'échanges, étendues à tous les États civilisés, se trouvent bien accueillies, car, presque partout l'Union américaine a témoigné, par son empressement à répondre à cet appel et par sa libéralité, et nous dirons presque par sa magnificence, de l'intérêt qu'elle portait à ces communications de la pensée, qui ne peuvent que fortifier les bons rapports qui existent entre eux et nous.Nous vous proposons d'accorder le crédit de 3,000 fr. qui vous est demandé, et d'inviter M. le ministre à donner à sa pensée tout le développement qu'elle comporte.From the minister of public works.27 juin 1844.Monsieur,J'ai reçu votre lettre, en date du mois dernier, par laquelle vousdemandez, pour l'Institut national, et pour les États du Maine et du Massachusetts, en retour de divers dons faits à l'École des mines, trois exemplaires de la carte géologique de la France.Je me fais un plaisir de vous annoncer que je viens d'inviter M. l'ingénieur en chef des mines Dufrénoy à faire préparer et à vous adresser, pour la destination indiquée dans votre lettre, trois exemplaires de la carte et du premier volume de texte, le seul qui ait paru jusqu'ici.Recevez, etc.,Le ministre secrétaire d'État des travaux publics,S. Dumon.From the same.18 décembre 1844.Monsieur,En réponse à votre lettre du 3 de ce mois, je vous adresse, pour l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire de la médaille frappée en commémoration de la loi du 11 juin 1842, qui a classé les grandes lignes des chemins de fer du royaume.Recevez, etc.Le ministre des travaux publics,S. Dumon.From the minister of agriculture and commerce.25 décembre 1844.Monsieur,J'ai reçu, par votre intermédiaire, les lettres de MM. les secrétaires d'État de la Pensylvanie et du Massachusetts, m'accusant réception des collections de la Statistique générale de France, que je leur ai adressées à votre demande.Je m'empresse de leur envoyer deux nouveaux volumes de ce grand ouvrage; et je vous prie de prendre les précautions nécessaires pour qu'ils leur parviennent; car le petit nombre d'exemplaires de cette continuation du travail général en fait des livres rares qu'on ne pourrait remplacer.Je suis bien aise d'apprendre, Monsieur, que les États-Unisapprécient, ainsi qu'on le fait ici, les soins nombreux et persévérants, que vous prenez pour l'échange, entre les deux pays, des travaux qui peuvent étendre le domaine des connaissances utiles à l'amélioration de la société.Recevez, etc.Le ministre de l'agriculture et du commerce.Pour le ministre:Le conseiller d'État secrétaire général,Camille Paganel.From H. E. the keeper of the seals, minister of justice and religious worship.Paris, janvier 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous adresser, suivant la demande que vous m'en avez faite, cinq exemplaires de chacun des comptes généraux de l'administration de la justice criminelle et de la justice civile et commerciale en France pendant l'année 1843.Ces exemplaires sont destinés l'un au congrès des États-Unis, les autres aux États de New-York, de Pensylvanie, de la Louisiane et du Missouri.Je vous serai infiniment obligé de vouloir bien, en transmettant ces comptes, interposer vos bons offices pour me procurer les documents de même nature qui seraient recueillis et publiés dans les États de l'Union.Recevez, etc.,Le garde des sceaux ministre de la justice et des cultes.Par autorisation:Le maître des requêtes directeur,Meilheurat.From the honorable count de Rambuteau, prefect of the Seine.Paris, le 20 février 1845.Monsieur,J'ai reçu avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 17 janvier dernier, les ouvrages dont la ville de Baltimore a bien voulu faire hommage à la ville de Paris.Suivant votre désir, j'ai mis sous les yeux du conseil municipal le présent qui lui est offert ainsi que la lettre de M. le maire de Baltimore. Les sentiments qui y sont exprimés ont été dignement appréciés et je me fais un plaisir de vous rappeler tout l'intérêt que j'attache aux témoignages de sympathie que reçoit la ville de Paris.Recevez, etc.From H. E. the minister of marine and the colonies.Paris, le 22 février 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous donner avis que, pour vous procurer des facilités dans les échanges de livres, entre les États-Unis et la France, et conformément à la demande que vous m'en avez faite, j'ai prévenu M. le commissaire général, chef de la marine au Havre, que je vous autorisais à lui adresser les ballots de livres que vous auriez à faire passer de France aux États-Unis.M. le commissaire général m'a répondu qu'il a donné des ordres pour que ces ballots soient reçus et emmagasinés au Havre; et il s'entendra avec vous pour les expédier vers leur destination, à mesure que les occasions viendront à se présenter.Recevez, etc.Le vice-amiral, pair de France, secrétaire d'État de la marine et des colonies,Baronde Mackau.From the professors, administrators of the Museum of natural history.Paris, le 28 février 1845.Monsieur,L'administration du muséum vous remercie des soins que vous avez bien voulu donner à la réception de deux caisses de géologie et minéralogie et d'un exemplaire de la géologie de Jackson offert au muséum par l'État du Maine.Vous savez que trois exemplaires des archives du muséum, que M. le ministre de l'instruction publique avait bien voulu, sur notre demande, accorder à plusieurs états de l'union américaine, ontété adressés par lui immédiatement, et, à ce qu'il paraît, à d'autres établissements que ceux que nous avions indiqués. Déjà nous avons signalé cette erreur à M. le ministre et nous avons demandé qu'elle fût rectifiée, s'il était encore possible, d'après l'état des exemplaires en disponibilité au ministère. Nous n'avons pas encore reçu de réponse et nous comptons faire de nouvelles démarches à ce sujet.On achève en ce moment l'impression des nouvelles instructions pour la récolte et la préparation des objets d'histoire naturelle. Dès qu'elle sera achevée, nous vous en adresserons quelques exemplaires pour les transmettre à vos correspondants d'Amérique.Recevez, etc.Les professeurs administrateurs du muséum.Le directeur,Le secrétaire,E. Chevreul.B. Geoffroy Saint-Hilaire.Le trésorier,De Jussieu.From the department of war.4 avril 1845.Monsieur,Je me suis empressé de donner des ordres pour que la carte des limites du Canada fût jointe à celle que le dépôt général de la guerre a déjà reçue. Veuillez agréer mes remercîments de la remise de cette carte qui m'a doublement intéressé en raison de son origine et des localités qu'elle représente.Vous trouverez ci-joint une collection complète de toutes les cartes publiées à la fin de 1844 sur le nord de l'Afrique, qui comprend la régence de Tunis, l'Algérie et l'empire du Maroc. Je vous adresse également une de nos plus belles cartes autographiées, celle du département de la Seine-Inférieure. Vous voudrez bien envoyer ces cartes aux États-Unis d'Amérique, en les répartissant comme vous le jugerez convenable.Recevez, etc.Le pair de France, lieutenant général, directeur,Pelet.From M. Dufrénoy, chief engineer, inspector of the royal school of mines.10 août 1845.Monsieur,J'ai l'honneur de vous remercier des trois caisses de roches que vous avez adressées à l'École des mines de la part de l'État du Maine. Je vous prierai, en accusant réception de cet envoi, qui fait connaître la constitution géologique de cet État, de demander que les échantillons soient emballés avec plus de soin; car une partie d'entre eux s'étaient frottés les uns contre les autres et avaient perdu cette fraîcheur qui est utile pour l'examen de leur caractère extérieur; dans la circonstance présente, le dommage n'est pas considérable, attendu que ce ne sont que des roches que l'on peut retailler; mais pour des minéraux, le mal serait irréparable.Je vous remercie aussi du rapport de M. Jackson; cet ouvrage, accompagné de son atlas, a été déposé dans la Bibliothèque de l'École des mines.Je profiterai de cette lettre pour vous demander si vous pourriez nous procurer quelques échantillons des minéraux décrits récemment par M. Schepard, notamment le Warwickle et l'Edwarszte; dans le cas où vous pourriez le faire, je vous demanderai la permission de vous en adresser une liste.L'École des mines est fort reconnaissante des ouvrages que vous lui avez déjà procurés; elle regarde que, grâce à votre persévérance, le système d'échange qui peut enrichir les établissements publics sans de grandes dépenses, prendra une grande extension; et vous pourrez alors vous féliciter d'avoir rendu un service important aux pays qui l'auront adopté.Recevez, etc.L'inspecteur de l'École,Dufrénoy.From the secretary of state from the department of the interior.27 octobre 1845.Monsieur,J'ai reçu avec votre lettre du 7 de ce mois, celle qui m'a été adressée par M. le secrétaire d'État du Massachusetts pour m'accuser réception de médailles et documents émanés de mon ministère, que je vous avais remis pour cet État; j'ai reçu en même temps les publications suivantes:1oTrois volumes contenant les rapports officiels et les lois votées par la législature du Massachusetts pendant la session de 1845.2oRapports scientifiques sur la géologie et l'histoire naturellede cet État, 4 volumes in-8oet 1 volume in-4oavec cartes et planches.3oUne carte générale du même État.J'ai l'honneur de vous remercier de l'envoi de ces documents, ainsi que de l'avis que vous me donnez de la décision prise par l'État de Massachusetts de me faire adresser régulièrement chaque année tous ceux qui pourraient intéresser mon département. Je continuerai, de mon côté, à disposer en faveur de ce gouvernement des documents publiés par mon ministère qui seront de nature à présenter un intérêt général d'administration.Pour le ministre de l'intérieur,Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.From the minister of the navy and colonies.Paris, 3 février 1846.Monsieur,Vous m'avez prié de mettre à votre disposition quelques exemplaires des documents publiés par la direction des colonies, afin de les distribuer entre plusieurs États de l'Union américaine que vous me désignez comme étant entrés dans la voie du système général d'échange de livres que vous vous efforcez d'introduire et de faire prévaloir parmi les nations civilisées.Dans le désir de ne laisser échapper aucune occasion d'augmenter les bonnes relations qui existent entre la France et les États-Unis et de concourir au progrès des sciences et des lumières, j'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai accueilli votre demande.Je donne en conséquence l'ordre de vous envoyer six exemplaires de chacune des publications suivantes: (Suit la liste.)Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Pour le vice-amiral, pair de France, ministre secrétaire d'État de la marine et des colonies,Le sous-secrétaire d'État,Jubelin.From the minister of the interior.Paris, le 11 février 1846.Monsieur,J'ai reçu la collection des documents publiés par la législature de l'Indiana (États-Unis d'Amérique), en 64 volumes reliés, quevous m'avez adressés pour la bibliothèque de mon département, en même temps que votre lettre du 28 janvier dernier.Je vous remercie de l'envoi de ces publications intéressantes dans lesquelles mon administration pourra trouver des renseignements utiles. J'ai fait placer ces volumes conformément à vos intentions, dans la bibliothèque administrative de mon ministère.Je vous prie de transmettre mes remercîments à M. le Secrétaire d'État du gouvernement de l'Indiana, et de lui faire connaître que je saisirai toutes les occasions qui me permettront de mettre à la disposition de la législature de cet État les publications administratives émanées de mon ministère et qui seront de nature à l'intéresser.J'ai pris en considération la demande que vous m'adressez dans le but d'obtenir, pour les autres États de l'Amérique du nord, quelques-uns des ouvrages auxquels mon département souscrit; et je me ferai un véritable plaisir d'y donner suite.En accueillant cette demande avec la faveur qu'elle mérite, je serai heureux de pouvoir coopérer à l'échange international des productions de l'esprit humain dans les deux hémisphères, et de contribuer ainsi au progrès général de la civilisation.Recevez, etc.,Le ministre de l'intérieur.Pour le ministre:Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.From His. Ex. the minister of public works.Paris, 26 février 1846.Monsieur,J'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 février, divers documents relatifs aux travaux publics.Je vous remercie de l'envoi de ces documents, que je viens de faire déposer au bureau central de statistique du ministère des travaux publics.Il m'est agréable, Monsieur, de pouvoir vous adresser, pour contribuer à la réalisation de votre projet d'échanges internationaux, un certain nombre d'ouvrages, documents, cartes et médailles; vous en trouverez le bordereau ci-joint.Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Le ministre des travaux publics,S. Dumon.From the prefect of the Seine.Paris, le 26 mars 1846.Monsieur,J'ai reçu avec une vive satisfaction les divers ouvrages qui, par votre intermédiaire, ont été adressés à la ville de Paris par les États du Maine, du Massachusetts, de l'Indiana et des villes de New-York et de Baltimore, ainsi que du Canada.J'ai mis ces ouvrages sous les yeux du conseil municipal, qui s'est montré extrêmement sensible à cet hommage, ainsi qu'aux témoignages de sympathie exprimés par les résolutions dont vous avez bien voulu me transmettre une copie.Je lui ai soumis en même temps des propositions pour l'envoi par la ville de Paris de nouveaux documents administratifs, en échange de ceux qui lui étaient si gracieusement offerts.Le conseil n'a pu encore délibérer sur ces propositions; mais j'espère qu'il lui sera possible de s'en occuper incessamment.Les États et villes d'Amérique qui entretiennent ces relations amicales avec la ville de Paris peuvent être assurés de tout l'intérêt que j'attache à cet échange de sentiments mutuels d'estime et de sympathie.Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.Le pair de France, préfet,Comtede Rambuteau.From His Ex. the minister of the interior.Paris, le 22 avril 1846.Monsieur,J'ai l'honneur de vous annoncer que, par ordonnance du 5 avril, le roi a bien voulu, sur ma proposition, accorder à l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire, papier fin, du grand ouvrage sur l'Expédition d'ÉgypteM. Jomard, conservateur de la Bibliothèque royale, tient dès ce moment cet exemplaire à votre disposition.Je me félicite, Monsieur, d'avoir pu faire en cette circonstance une chose qui soit agréable à l'Institut national des États-Unis.Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.Le ministre secrétaire d'État de l'intérieur,Duchatel.A M. Vattemare.LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS,A tous présents et à venir, salut:Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur;

Service des bibliothèques publiques, 170,223 francs.

Une dépense nouvelle de 3,000 fr. est introduite dans ce chapitre; elle couvre, sous un faible chiffre, une question importante, celle des échanges de publications littéraires, scientifiques et artistiques avec l'étranger. Quel que soit le bénéfice que nous attendions du développement de cette pensée, nous ne vous exprimerions pas la nôtre si elle devait engager l'État dans des dépenses de quelque importance; mais, heureusement, votre commission n'éprouve aucun embarras à cet égard, car il ne peut être question que de quelques frais d'emballage et de transport. Nous ne pouvons que féliciter M. le ministre de l'instruction publique d'avoir compris tout l'avantage que pouvait recueillir le pays d'un vaste système d'échange et de chercher à en réaliser le bienfait en plaçant cette opération sous son patronage. Que d'ouvrages restent enfouis dans les dépôts publics, dans les divers ministères, aux archives des chambres législatives, qui proviennent des publications et des souscriptions, qui n'ont aucune valeur pour la France, parce que toutes les bibliothèques les possèdent, et que les collections étrangères accepteraient avec empressement et recueilleraient avec soin et réciproquement. Si nous devons en juger par quelques essais tentés avec les États-Unis, ces propositions d'échanges, étendues à tous les États civilisés, se trouvent bien accueillies, car, presque partout l'Union américaine a témoigné, par son empressement à répondre à cet appel et par sa libéralité, et nous dirons presque par sa magnificence, de l'intérêt qu'elle portait à ces communications de la pensée, qui ne peuvent que fortifier les bons rapports qui existent entre eux et nous.

Nous vous proposons d'accorder le crédit de 3,000 fr. qui vous est demandé, et d'inviter M. le ministre à donner à sa pensée tout le développement qu'elle comporte.

From the minister of public works.

27 juin 1844.

Monsieur,

J'ai reçu votre lettre, en date du mois dernier, par laquelle vousdemandez, pour l'Institut national, et pour les États du Maine et du Massachusetts, en retour de divers dons faits à l'École des mines, trois exemplaires de la carte géologique de la France.

Je me fais un plaisir de vous annoncer que je viens d'inviter M. l'ingénieur en chef des mines Dufrénoy à faire préparer et à vous adresser, pour la destination indiquée dans votre lettre, trois exemplaires de la carte et du premier volume de texte, le seul qui ait paru jusqu'ici.

Recevez, etc.,

Le ministre secrétaire d'État des travaux publics,S. Dumon.

From the same.

18 décembre 1844.

Monsieur,

En réponse à votre lettre du 3 de ce mois, je vous adresse, pour l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire de la médaille frappée en commémoration de la loi du 11 juin 1842, qui a classé les grandes lignes des chemins de fer du royaume.

Recevez, etc.

Le ministre des travaux publics,S. Dumon.

From the minister of agriculture and commerce.

25 décembre 1844.

Monsieur,

J'ai reçu, par votre intermédiaire, les lettres de MM. les secrétaires d'État de la Pensylvanie et du Massachusetts, m'accusant réception des collections de la Statistique générale de France, que je leur ai adressées à votre demande.

Je m'empresse de leur envoyer deux nouveaux volumes de ce grand ouvrage; et je vous prie de prendre les précautions nécessaires pour qu'ils leur parviennent; car le petit nombre d'exemplaires de cette continuation du travail général en fait des livres rares qu'on ne pourrait remplacer.

Je suis bien aise d'apprendre, Monsieur, que les États-Unisapprécient, ainsi qu'on le fait ici, les soins nombreux et persévérants, que vous prenez pour l'échange, entre les deux pays, des travaux qui peuvent étendre le domaine des connaissances utiles à l'amélioration de la société.

Recevez, etc.

Le ministre de l'agriculture et du commerce.Pour le ministre:Le conseiller d'État secrétaire général,Camille Paganel.

From H. E. the keeper of the seals, minister of justice and religious worship.

Paris, janvier 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser, suivant la demande que vous m'en avez faite, cinq exemplaires de chacun des comptes généraux de l'administration de la justice criminelle et de la justice civile et commerciale en France pendant l'année 1843.

Ces exemplaires sont destinés l'un au congrès des États-Unis, les autres aux États de New-York, de Pensylvanie, de la Louisiane et du Missouri.

Je vous serai infiniment obligé de vouloir bien, en transmettant ces comptes, interposer vos bons offices pour me procurer les documents de même nature qui seraient recueillis et publiés dans les États de l'Union.

Recevez, etc.,

Le garde des sceaux ministre de la justice et des cultes.Par autorisation:Le maître des requêtes directeur,Meilheurat.

From the honorable count de Rambuteau, prefect of the Seine.

Paris, le 20 février 1845.

Monsieur,

J'ai reçu avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser le 17 janvier dernier, les ouvrages dont la ville de Baltimore a bien voulu faire hommage à la ville de Paris.

Suivant votre désir, j'ai mis sous les yeux du conseil municipal le présent qui lui est offert ainsi que la lettre de M. le maire de Baltimore. Les sentiments qui y sont exprimés ont été dignement appréciés et je me fais un plaisir de vous rappeler tout l'intérêt que j'attache aux témoignages de sympathie que reçoit la ville de Paris.

Recevez, etc.

From H. E. the minister of marine and the colonies.

Paris, le 22 février 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous donner avis que, pour vous procurer des facilités dans les échanges de livres, entre les États-Unis et la France, et conformément à la demande que vous m'en avez faite, j'ai prévenu M. le commissaire général, chef de la marine au Havre, que je vous autorisais à lui adresser les ballots de livres que vous auriez à faire passer de France aux États-Unis.

M. le commissaire général m'a répondu qu'il a donné des ordres pour que ces ballots soient reçus et emmagasinés au Havre; et il s'entendra avec vous pour les expédier vers leur destination, à mesure que les occasions viendront à se présenter.

Recevez, etc.

Le vice-amiral, pair de France, secrétaire d'État de la marine et des colonies,Baronde Mackau.

From the professors, administrators of the Museum of natural history.

Paris, le 28 février 1845.

Monsieur,

L'administration du muséum vous remercie des soins que vous avez bien voulu donner à la réception de deux caisses de géologie et minéralogie et d'un exemplaire de la géologie de Jackson offert au muséum par l'État du Maine.

Vous savez que trois exemplaires des archives du muséum, que M. le ministre de l'instruction publique avait bien voulu, sur notre demande, accorder à plusieurs états de l'union américaine, ontété adressés par lui immédiatement, et, à ce qu'il paraît, à d'autres établissements que ceux que nous avions indiqués. Déjà nous avons signalé cette erreur à M. le ministre et nous avons demandé qu'elle fût rectifiée, s'il était encore possible, d'après l'état des exemplaires en disponibilité au ministère. Nous n'avons pas encore reçu de réponse et nous comptons faire de nouvelles démarches à ce sujet.

On achève en ce moment l'impression des nouvelles instructions pour la récolte et la préparation des objets d'histoire naturelle. Dès qu'elle sera achevée, nous vous en adresserons quelques exemplaires pour les transmettre à vos correspondants d'Amérique.

Recevez, etc.

Les professeurs administrateurs du muséum.

From the department of war.

4 avril 1845.

Monsieur,

Je me suis empressé de donner des ordres pour que la carte des limites du Canada fût jointe à celle que le dépôt général de la guerre a déjà reçue. Veuillez agréer mes remercîments de la remise de cette carte qui m'a doublement intéressé en raison de son origine et des localités qu'elle représente.

Vous trouverez ci-joint une collection complète de toutes les cartes publiées à la fin de 1844 sur le nord de l'Afrique, qui comprend la régence de Tunis, l'Algérie et l'empire du Maroc. Je vous adresse également une de nos plus belles cartes autographiées, celle du département de la Seine-Inférieure. Vous voudrez bien envoyer ces cartes aux États-Unis d'Amérique, en les répartissant comme vous le jugerez convenable.

Recevez, etc.

Le pair de France, lieutenant général, directeur,Pelet.

From M. Dufrénoy, chief engineer, inspector of the royal school of mines.

10 août 1845.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous remercier des trois caisses de roches que vous avez adressées à l'École des mines de la part de l'État du Maine. Je vous prierai, en accusant réception de cet envoi, qui fait connaître la constitution géologique de cet État, de demander que les échantillons soient emballés avec plus de soin; car une partie d'entre eux s'étaient frottés les uns contre les autres et avaient perdu cette fraîcheur qui est utile pour l'examen de leur caractère extérieur; dans la circonstance présente, le dommage n'est pas considérable, attendu que ce ne sont que des roches que l'on peut retailler; mais pour des minéraux, le mal serait irréparable.

Je vous remercie aussi du rapport de M. Jackson; cet ouvrage, accompagné de son atlas, a été déposé dans la Bibliothèque de l'École des mines.

Je profiterai de cette lettre pour vous demander si vous pourriez nous procurer quelques échantillons des minéraux décrits récemment par M. Schepard, notamment le Warwickle et l'Edwarszte; dans le cas où vous pourriez le faire, je vous demanderai la permission de vous en adresser une liste.

L'École des mines est fort reconnaissante des ouvrages que vous lui avez déjà procurés; elle regarde que, grâce à votre persévérance, le système d'échange qui peut enrichir les établissements publics sans de grandes dépenses, prendra une grande extension; et vous pourrez alors vous féliciter d'avoir rendu un service important aux pays qui l'auront adopté.

Recevez, etc.

L'inspecteur de l'École,Dufrénoy.

From the secretary of state from the department of the interior.

27 octobre 1845.

Monsieur,

J'ai reçu avec votre lettre du 7 de ce mois, celle qui m'a été adressée par M. le secrétaire d'État du Massachusetts pour m'accuser réception de médailles et documents émanés de mon ministère, que je vous avais remis pour cet État; j'ai reçu en même temps les publications suivantes:

1oTrois volumes contenant les rapports officiels et les lois votées par la législature du Massachusetts pendant la session de 1845.

2oRapports scientifiques sur la géologie et l'histoire naturellede cet État, 4 volumes in-8oet 1 volume in-4oavec cartes et planches.

3oUne carte générale du même État.

J'ai l'honneur de vous remercier de l'envoi de ces documents, ainsi que de l'avis que vous me donnez de la décision prise par l'État de Massachusetts de me faire adresser régulièrement chaque année tous ceux qui pourraient intéresser mon département. Je continuerai, de mon côté, à disposer en faveur de ce gouvernement des documents publiés par mon ministère qui seront de nature à présenter un intérêt général d'administration.

Pour le ministre de l'intérieur,Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.

From the minister of the navy and colonies.

Paris, 3 février 1846.

Monsieur,

Vous m'avez prié de mettre à votre disposition quelques exemplaires des documents publiés par la direction des colonies, afin de les distribuer entre plusieurs États de l'Union américaine que vous me désignez comme étant entrés dans la voie du système général d'échange de livres que vous vous efforcez d'introduire et de faire prévaloir parmi les nations civilisées.

Dans le désir de ne laisser échapper aucune occasion d'augmenter les bonnes relations qui existent entre la France et les États-Unis et de concourir au progrès des sciences et des lumières, j'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai accueilli votre demande.

Je donne en conséquence l'ordre de vous envoyer six exemplaires de chacune des publications suivantes: (Suit la liste.)

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Pour le vice-amiral, pair de France, ministre secrétaire d'État de la marine et des colonies,

Le sous-secrétaire d'État,Jubelin.

From the minister of the interior.

Paris, le 11 février 1846.

Monsieur,

J'ai reçu la collection des documents publiés par la législature de l'Indiana (États-Unis d'Amérique), en 64 volumes reliés, quevous m'avez adressés pour la bibliothèque de mon département, en même temps que votre lettre du 28 janvier dernier.

Je vous remercie de l'envoi de ces publications intéressantes dans lesquelles mon administration pourra trouver des renseignements utiles. J'ai fait placer ces volumes conformément à vos intentions, dans la bibliothèque administrative de mon ministère.

Je vous prie de transmettre mes remercîments à M. le Secrétaire d'État du gouvernement de l'Indiana, et de lui faire connaître que je saisirai toutes les occasions qui me permettront de mettre à la disposition de la législature de cet État les publications administratives émanées de mon ministère et qui seront de nature à l'intéresser.

J'ai pris en considération la demande que vous m'adressez dans le but d'obtenir, pour les autres États de l'Amérique du nord, quelques-uns des ouvrages auxquels mon département souscrit; et je me ferai un véritable plaisir d'y donner suite.

En accueillant cette demande avec la faveur qu'elle mérite, je serai heureux de pouvoir coopérer à l'échange international des productions de l'esprit humain dans les deux hémisphères, et de contribuer ainsi au progrès général de la civilisation.

Recevez, etc.,

Le ministre de l'intérieur.Pour le ministre:Le sous-secrétaire d'État,A. Passy.

From His. Ex. the minister of public works.

Paris, 26 février 1846.

Monsieur,

J'ai reçu, avec la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 10 février, divers documents relatifs aux travaux publics.

Je vous remercie de l'envoi de ces documents, que je viens de faire déposer au bureau central de statistique du ministère des travaux publics.

Il m'est agréable, Monsieur, de pouvoir vous adresser, pour contribuer à la réalisation de votre projet d'échanges internationaux, un certain nombre d'ouvrages, documents, cartes et médailles; vous en trouverez le bordereau ci-joint.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Le ministre des travaux publics,S. Dumon.

From the prefect of the Seine.

Paris, le 26 mars 1846.

Monsieur,

J'ai reçu avec une vive satisfaction les divers ouvrages qui, par votre intermédiaire, ont été adressés à la ville de Paris par les États du Maine, du Massachusetts, de l'Indiana et des villes de New-York et de Baltimore, ainsi que du Canada.

J'ai mis ces ouvrages sous les yeux du conseil municipal, qui s'est montré extrêmement sensible à cet hommage, ainsi qu'aux témoignages de sympathie exprimés par les résolutions dont vous avez bien voulu me transmettre une copie.

Je lui ai soumis en même temps des propositions pour l'envoi par la ville de Paris de nouveaux documents administratifs, en échange de ceux qui lui étaient si gracieusement offerts.

Le conseil n'a pu encore délibérer sur ces propositions; mais j'espère qu'il lui sera possible de s'en occuper incessamment.

Les États et villes d'Amérique qui entretiennent ces relations amicales avec la ville de Paris peuvent être assurés de tout l'intérêt que j'attache à cet échange de sentiments mutuels d'estime et de sympathie.

Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.

Le pair de France, préfet,Comtede Rambuteau.

From His Ex. the minister of the interior.

Paris, le 22 avril 1846.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous annoncer que, par ordonnance du 5 avril, le roi a bien voulu, sur ma proposition, accorder à l'Institut national des États-Unis d'Amérique, un exemplaire, papier fin, du grand ouvrage sur l'Expédition d'Égypte

M. Jomard, conservateur de la Bibliothèque royale, tient dès ce moment cet exemplaire à votre disposition.

Je me félicite, Monsieur, d'avoir pu faire en cette circonstance une chose qui soit agréable à l'Institut national des États-Unis.

Recevez, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Le ministre secrétaire d'État de l'intérieur,Duchatel.

A M. Vattemare.

LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS,

A tous présents et à venir, salut:

Sur le rapport de notre ministre secrétaire d'État au département de l'intérieur;

Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:


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