II

La mère regarda les soldats d'une manière si formidable qu'ils avaient plus envie de reculer que d'avancer.

«Allons donc, reprit le prévôt. Henriet Cousin, toi!»

Personne ne fit un pas.

Le prévôt jura: «Tête-Christ! mes gens de guerre! peur d'une femme!

—Monseigneur, dit Henriet, vous appelez cela une femme?

—Elle a une crinière de lion! dit un autre.

—Allons! repartit le prévôt, la baie est assez large. Entrez-y trois de front, comme à la brèche de Pontoise. Finissons, mort-Mahom! Le premier qui recule, j'en fais deux morceaux!»

Placés entre le prévôt et la mère, tous deux menaçants, les soldats hésitèrent un moment, puis, prenant leur parti, s'avancèrent vers le Trou aux Rats.

Quand la recluse vit cela, elle se dressa brusquement sur les genoux, écarta ses cheveux de son visage, puis laissa retomber ses mains maigres et écorchées sur ses cuisses. Alors de grosses larmes sortirent une à une de ses yeux, elles descendaient par une ride le long de ses joues comme un torrent par le lit qu'il s'est creusé. En même temps elle se mit à parler, mais d'une voix si suppliante, si douce, si soumise et si poignante, qu'à l'entour de Tristan plus d'un vieil argousin qui aurait mangé de la chair humaine s'essuyait les yeux.

«Messeigneurs! messieurs les sergents, un mot! C'est une chose qu'il faut que je vous dise. C'est ma fille, voyez-vous? ma chère petite fille que j'avais perdue! Écoutez. C'est une histoire. Figurez-vous que je connais très bien messieurs les sergents. Ils ont toujours été bons pour moi dans le temps que les petits garçons me jetaient des pierres parce que je faisais la vie d'amour. Voyez-vous? vous me laisserez mon enfant, quand vous saurez! je suis une pauvre fille de joie. Ce sont les bohémiennes qui me l'ont volée. Même que j'ai gardé son soulier quinze ans. Tenez, le voilà. Elle avait ce pied-là. À Reims! La Chantefleurie! rue Folle-Peine! Vous avez connu cela peut-être. C'était moi. Dans votre jeunesse, alors, c'était un beau temps. On passait de bons quarts d'heure. Vous aurez pitié de moi, n'est-ce pas, messeigneurs? Les égyptiennes me l'ont volée, elles me l'ont cachée quinze ans. Je la croyais morte. Figurez-vous, mes bons amis, que je la croyais morte, j'ai passé quinze ans ici, dans cette cave, sans feu l'hiver. C'est dur, cela. Le pauvre cher petit soulier! j'ai tant crié que le bon Dieu m'a entendue. Cette nuit, il m'a rendu ma fille. C'est un miracle du bon Dieu. Elle n'était pas morte. Vous ne me la prendrez pas, j'en suis sûre. Encore si c'était moi, je ne dirais pas, mais elle, une enfant de seize ans! laissez-lui le temps de voir le soleil!—Qu'est-ce qu'elle vous a fait? rien du tout. Moi non plus. Si vous saviez que je n'ai qu'elle, que je suis vieille, que c'est une bénédiction que la sainte Vierge m'envoie. Et puis, vous êtes si bons tous! Vous ne saviez pas que c'était ma fille, à présent vous le savez. Oh! je l'aime! Monsieur le grand prévôt, j'aimerais mieux un trou à mes entrailles qu'une égratignure à son doigt! C'est vous qui avez l'air d'un bon seigneur! Ce que je vous dis là vous explique la chose, n'est-il pas vrai? Oh! si vous avez eu une mère, monseigneur! vous êtes le capitaine, laissez-moi mon enfant! Considérez que je vous prie à genoux, comme on prie un Jésus-Christ! Je ne demande rien à personne, je suis de Reims, messeigneurs, j'ai un petit champ de mon oncle Mahiet Pradon. Je ne suis pas une mendiante. Je ne veux rien, mais je veux mon enfant! Oh! je veux garder mon enfant! Le bon Dieu, qui est le maître, ne me l'a pas rendue pour rien! Le roi! vous dites le roi! Cela ne lui fera déjà pas beaucoup de plaisir qu'on tue ma petite fille! Et puis le roi est bon! C'est ma fille! c'est ma fille, à moi! elle n'est pas au roi! elle n'est pas à vous! je veux m'en aller! nous voulons nous en aller! Enfin, deux femmes qui passent, dont l'une est la mère et l'autre la fille, on les laisse passer! Laissez-nous passer! nous sommes de Reims. Oh! vous êtes bien bons, messieurs les sergents, je vous aime tous. Vous ne me prendrez pas ma chère petite, c'est impossible! N'est-ce pas que c'est tout à fait impossible? Mon enfant! mon enfant!»

Nous n'essaierons pas de donner une idée de son geste, de son accent, des larmes qu'elle buvait en parlant, des mains qu'elle joignait et puis tordait, des sourires navrants, des regards noyés, des gémissements, des soupirs, des cris misérables et saisissants qu'elle mêlait à ses paroles désordonnées, folles et décousues. Quand elle se tut, Tristan l'Hermite fronça le sourcil, mais c'était pour cacher une larme qui roulait dans son œil de tigre. Il surmonta pourtant cette faiblesse, et dit d'un ton bref: «Le roi le veut.»

Puis, il se pencha à l'oreille d'Henriet Cousin, et lui dit tout bas: «Finis vite!» Le redoutable prévôt sentait peut-être le cœur lui manquer, à lui aussi.

Le bourreau et les sergents entrèrent dans la logette. La mère ne fit aucune résistance, seulement elle se traîna vers sa fille et se jeta à corps perdu sur elle.

L'égyptienne vit les soldats s'approcher. L'horreur de la mort la ranima.

«Ma mère! cria-t-elle avec un inexprimable accent de détresse, ma mère! ils viennent! défendez-moi!

—Oui, mon amour, je te défends!» répondit la mère d'une voix éteinte, et, la serrant étroitement dans ses bras, elle la couvrit de baisers. Toutes deux ainsi à terre, la mère sur la fille, faisaient un spectacle digne de pitié.

Henriet Cousin prit la jeune fille par le milieu du corps sous ses belles épaules. Quand elle sentit cette main, elle fit: «Heuh!» et s'évanouit. Le bourreau, qui laissait tomber goutte à goutte de grosses larmes sur elle, voulut l'enlever dans ses bras. Il essaya de détacher la mère, qui avait pour ainsi dire noué ses deux mains autour de la ceinture de sa fille, mais elle était si puissamment cramponnée à son enfant qu'il fut impossible de l'en séparer. Henriet Cousin alors traîna la jeune fille hors de la loge, et la mère après elle. La mère aussi tenait ses yeux fermés.

Le soleil se levait en ce moment, et il y avait déjà sur la place un assez bon amas de peuple qui regardait à distance ce qu'on traînait ainsi sur le pavé vers le gibet. Car c'était la mode du prévôt Tristan aux exécutions. Il avait la manie d'empêcher les curieux d'approcher.

Il n'y avait personne aux fenêtres. On voyait seulement de loin, au sommet de celle des tours de Notre-Dame qui domine la Grève, deux hommes détachés en noir sur le ciel clair du matin, qui semblaient regarder.

Henriet Cousin s'arrêta avec ce qu'il traînait au pied de la fatale échelle, et, respirant à peine, tant la chose l'apitoyait, il passa la corde autour du cou adorable de la jeune fille. La malheureuse enfant sentit l'horrible attouchement du chanvre. Elle souleva ses paupières, et vit le bras décharné du gibet de pierre, étendu au-dessus de sa tête. Alors elle se secoua, et cria d'une voix haute et déchirante: «Non! non! je ne veux pas!» La mère, dont la tête était enfouie et perdue sous les vêtements de sa fille, ne dit pas une parole; seulement on vit frémir tout son corps et on l'entendit redoubler ses baisers sur son enfant. Le bourreau profita de ce moment pour dénouer vivement les bras dont elle étreignait la condamnée. Soit épuisement, soit désespoir, elle le laissa faire. Alors il prit la jeune fille sur son épaule, d'où la charmante créature retombait gracieusement pliée en deux sur sa large tête. Puis il mit le pied sur l'échelle pour monter.

En ce moment la mère, accroupie sur le pavé, ouvrit tout à fait les yeux. Sans jeter un cri, elle se redressa avec une expression terrible, puis, comme une bête sur sa proie, elle se jeta sur la main du bourreau et le mordit. Ce fut un éclair. Le bourreau hurla de douleur. On accourut. On retira avec peine sa main sanglante d'entre les dents de la mère. Elle gardait un profond silence. On la repoussa assez brutalement, et l'on remarqua que sa tête retombait lourdement sur le pavé. On la releva. Elle se laissa de nouveau retomber. C'est qu'elle était morte.

Le bourreau, qui n'avait pas lâché la jeune fille, se remit à monter l'échelle.

Quand Quasimodo vit que la cellule était vide, que l'égyptienne n'y était plus, que pendant qu'il la défendait on l'avait enlevée, il prit ses cheveux à deux mains et trépigna de surprise et de douleur. Puis il se mit à courir par toute l'église, cherchant sa bohémienne, hurlant des cris étranges à tous les coins de mur, semant ses cheveux rouges sur le pavé. C'était précisément le moment où les archers du roi entraient victorieux dans Notre-Dame, cherchant aussi l'égyptienne. Quasimodo les y aida, sans se douter, le pauvre sourd, de leurs fatales intentions; il croyait que les ennemis de l'égyptienne, c'étaient les truands. Il mena lui-même Tristan l'Hermite à toutes les cachettes possibles, lui ouvrit les portes secrètes, les doubles fonds d'autel, les arrière-sacristies. Si la malheureuse y eût été encore, c'est lui qui l'eût livrée.

Quand la lassitude de ne rien trouver eut rebuté Tristan qui ne se rebutait pas aisément, Quasimodo continua de chercher tout seul. Il fit vingt fois, cent fois le tour de l'église, de long en large, du haut en bas, montant, descendant, courant, appelant, criant, flairant, furetant, fouillant, fourrant sa tête dans tous les trous, poussant une torche sous toutes les voûtes, désespéré, fou. Un mâle qui a perdu sa femelle n'est pas plus rugissant ni plus hagard. Enfin quand il fut sûr, bien sûr qu'elle n'y était plus, que c'en était fait, qu'on la lui avait dérobée, il remonta lentement l'escalier des tours, cet escalier qu'il avait escaladé avec tant d'emportement et de triomphe le jour où il l'avait sauvée. Il repassa par les mêmes lieux, la tête basse, sans voix, sans larmes, presque sans souffle. L'église était déserte de nouveau et retombée dans son silence. Les archers l'avaient quittée pour traquer la sorcière dans la Cité. Quasimodo, resté seul dans cette vaste Notre-Dame, si assiégée et si tumultueuse le moment d'auparavant, reprit le chemin de la cellule où l'égyptienne avait dormi tant de semaines sous sa garde.

En s'en approchant, il se figurait qu'il allait peut-être l'y retrouver. Quand, au détour de la galerie qui donne sur le toit des bas côtés, il aperçut l'étroite logette avec sa petite fenêtre et sa petite porte, tapie sous un grand arc-boutant comme un nid d'oiseau sous une branche, le cœur lui manqua, au pauvre homme, et il s'appuya contre un pilier pour ne pas tomber. Il s'imagina qu'elle y était peut-être rentrée, qu'un bon génie l'y avait sans doute ramenée, que cette logette était trop tranquille, trop sûre et trop charmante pour qu'elle n'y fût point, et il n'osait faire un pas de plus, de peur de briser son illusion. «Oui, se disait-il en lui-même, elle dort peut-être, ou elle prie. Ne la troublons pas.»

Enfin il rassembla son courage, il avança sur la pointe des pieds, il regarda, il entra. Vide! la cellule était toujours vide. Le malheureux sourd en fit le tour à pas lents, souleva le lit et regarda dessous, comme si elle pouvait être cachée entre la dalle et le matelas, puis il secoua la tête et demeura stupide. Tout à coup il écrasa furieusement sa torche du pied, et, sans dire une parole, sans pousser un soupir, il se précipita de toute sa course la tête contre le mur et tomba évanoui sur le pavé.

Quand il revint à lui, il se jeta sur le lit, il s'y roula, il baisa avec frénésie la place tiède encore où la jeune fille avait dormi, il y resta quelques minutes immobile comme s'il allait y expirer, puis il se releva, ruisselant de sueur, haletant, insensé, et se mit à cogner les murailles de sa tête avec l'effrayante régularité du battant de ses cloches, et la résolution d'un homme qui veut l'y briser. Enfin il tomba une seconde fois, épuisé; il se traîna sur les genoux hors de la cellule et s'accroupit en face de la porte, dans une attitude d'étonnement.

Il resta ainsi plus d'une heure sans faire un mouvement, l'œil fixé sur la cellule déserte, plus sombre et plus pensif qu'une mère assise entre un berceau vide et un cercueil plein. Il ne prononçait pas un mot; seulement, à de longs intervalles, un sanglot remuait violemment tout son corps, mais un sanglot sans larmes, comme ces éclairs d'été qui ne font pas de bruit.

Il paraît que ce fut alors que, cherchant au fond de sa rêverie désolée quel pouvait être le ravisseur inattendu de l'égyptienne, il songea à l'archidiacre. Il se souvint que dom Claude avait seul une clef de l'escalier qui menait à la cellule, il se rappela ses tentatives nocturnes sur la jeune fille, la première à laquelle lui Quasimodo avait aidé, la seconde qu'il avait empêchée. Il se rappela mille détails, et ne douta bientôt plus que l'archidiacre ne lui eût pris l'égyptienne. Cependant tel était son respect du prêtre, la reconnaissance, le dévouement, l'amour pour cet homme avaient de si profondes racines dans son cœur qu'elles résistaient, même en ce moment, aux ongles de la jalousie et du désespoir.

Il songeait que l'archidiacre avait fait cela, et la colère de sang et de mort qu'il en eût ressentie contre tout autre, du moment où il s'agissait de Claude Frollo, se tournait chez le pauvre sourd en accroissement de douleur.

Au moment où sa pensée se fixait ainsi sur le prêtre, comme l'aube blanchissait les arcs-boutants, il vit à l'étage supérieur de Notre-Dame, au coude que fait la balustrade extérieure qui tourne autour de l'abside, une figure qui marchait. Cette figure venait de son côté. Il la reconnut. C'était l'archidiacre.

Claude allait d'un pas grave et lent. Il ne regardait pas devant lui en marchant, il se dirigeait vers la tour septentrionale, mais son visage était tourné de côté, vers la rive droite de la Seine, et il tenait la tête haute, comme s'il eût tâché de voir quelque chose par-dessus les toits. Le hibou a souvent cette attitude oblique. Il vole vers un point et en regarde un autre.—Le prêtre passa ainsi au-dessus de Quasimodo sans le voir.

Le sourd, que cette brusque apparition avait pétrifié, le vit s'enfoncer sous la porte de l'escalier de la tour septentrionale. Le lecteur sait que cette tour est celle d'où l'on voit l'Hôtel de Ville. Quasimodo se leva et suivit l'archidiacre.

Quasimodo monta l'escalier de la tour pour le monter, pour savoir pourquoi le prêtre le montait. Du reste, le pauvre sonneur ne savait ce qu'il ferait, lui Quasimodo, ce qu'il dirait, ce qu'il voulait. Il était plein de fureur et plein de crainte. L'archidiacre et l'égyptienne se heurtaient dans son cœur.

Quand il fut parvenu au sommet de la tour, avant de sortir de l'ombre de l'escalier et d'entrer sur la plate-forme, il examina avec précaution où était le prêtre. Le prêtre lui tournait le dos. Il y a une balustrade percée à jour qui entoure la plate-forme du clocher. Le prêtre, dont les yeux plongeaient sur la ville, avait la poitrine appuyée à celui des quatre côtés de la balustrade qui regarde le pont Notre-Dame.

Quasimodo, s'avançant à pas de loup derrière lui, alla voir ce qu'il regardait ainsi.

L'attention du prêtre était tellement absorbée ailleurs qu'il n'entendit point le sourd marcher près de lui.

C'est un magnifique et charmant spectacle que Paris, et le Paris d'alors surtout, vu du haut des tours Notre-Dame aux fraîches lueurs d'une aube d'été. On pouvait être, ce jour-là, en juillet. Le ciel était parfaitement serein. Quelques étoiles attardées s'y éteignaient sur divers points, et il y en avait une très brillante au levant dans le plus clair du ciel. Le soleil était au moment de paraître. Paris commençait à remuer. Une lumière très blanche et très pure faisait saillir vivement à l'œil tous les plans que ses mille maisons présentent à l'orient. L'ombre géante des clochers allait de toit en toit d'un bout de la grande ville à l'autre. Il y avait déjà des quartiers qui parlaient et qui faisaient du bruit. Ici un coup de cloche, là un coup de marteau, là-bas le cliquetis compliqué d'une charrette en marche. Déjà quelques fumées se dégorgeaient çà et là sur toute cette surface de toits comme par les fissures d'une immense solfatare. La rivière, qui fronce son eau aux arches de tant de ponts, à la pointe de tant d'îles, était toute moirée de plis d'argent. Autour de la ville, au dehors des remparts, la vue se perdait dans un grand cercle de vapeurs floconneuses à travers lesquelles on distinguait confusément la ligne indéfinie des plaines et le gracieux renflement des coteaux. Toutes sortes de rumeurs flottantes se dispersaient sur cette cité à demi réveillée. Vers l'orient le vent du matin chassait à travers le ciel quelques blanches ouates arrachées à la toison de brume des collines.

Dans le Parvis, quelques bonnes femmes qui avaient en main leur pot au lait se montraient avec étonnement le délabrement singulier de la grande porte de Notre-Dame et deux ruisseaux de plomb figés entre les fentes des grès. C'était tout ce qui restait du tumulte de la nuit. Le bûcher allumé par Quasimodo entre les tours s'était éteint. Tristan avait déjà déblayé la place et fait jeter les morts à la Seine. Les rois comme Louis XI ont soin de laver vite le pavé après un massacre.

En dehors de la balustrade de la tour, précisément au-dessous du point où s'était arrêté le prêtre, il y avait une de ces gouttières de pierre fantastiquement taillées qui hérissent les édifices gothiques, et dans une crevasse de cette gouttière deux jolies giroflées en fleur, secouées et rendues comme vivantes par le souffle de l'air, se faisaient des salutations folâtres. Au-dessus des tours, en haut, bien loin au fond du ciel, on entendait de petits cris d'oiseaux.

Mais le prêtre n'écoutait, ne regardait rien de tout cela. Il était de ces hommes pour lesquels il n'y a pas de matins, pas d'oiseaux, pas de fleurs. Dans cet immense horizon qui prenait tant d'aspects autour de lui, sa contemplation était concentrée sur un point unique.

Quasimodo brûlait de lui demander ce qu'il avait fait de l'égyptienne. Mais l'archidiacre semblait en ce moment être hors du monde. Il était visiblement dans une de ces minutes violentes de la vie où l'on ne sentirait pas la terre crouler. Les yeux invariablement fixés sur un certain lieu, il demeurait immobile et silencieux; et ce silence et cette immobilité avaient quelque chose de si redoutable que le sauvage sonneur frémissait devant et n'osait s'y heurter. Seulement, et c'était encore une manière d'interroger l'archidiacre, il suivit la direction de son rayon visuel, et de cette façon le regard du malheureux sourd tomba sur la place de Grève.

Il vit ainsi ce que le prêtre regardait. L'échelle était dressée près du gibet permanent. Il y avait quelque peuple dans la place et beaucoup de soldats. Un homme traînait sur le pavé une chose blanche à laquelle une chose noire était accrochée. Cet homme s'arrêta au pied du gibet.

Ici il se passa quelque chose que Quasimodo ne vit pas bien. Ce n'est pas que son œil unique n'eût conservé sa longue portée, mais il y avait un gros de soldats qui empêchait de distinguer tout. D'ailleurs en cet instant le soleil parut, et un tel flot de lumière déborda par-dessus l'horizon qu'on eût dit que toutes les pointes de Paris, flèches, cheminées, pignons, prenaient feu à la fois.

Cependant l'homme se mit à monter l'échelle. Alors Quasimodo le revit distinctement. Il portait une femme sur son épaule, une jeune fille vêtue de blanc, cette jeune fille avait un nœud au cou. Quasimodo la reconnut.

C'était elle.

L'homme parvint ainsi au haut de l'échelle. Là il arrangea le nœud. Ici le prêtre, pour mieux voir, se mit à genoux sur la balustrade.

Tout à coup l'homme repoussa brusquement l'échelle du talon, et Quasimodo qui ne respirait plus depuis quelques instants vit se balancer au bout de la corde, à deux toises au-dessus du pavé, la malheureuse enfant avec l'homme accroupi les pieds sur ses épaules. La corde fit plusieurs tours sur elle-même, et Quasimodo vit courir d'horribles convulsions le long du corps de l'égyptienne. Le prêtre de son côté, le cou tendu, l'œil hors de la tête, contemplait ce groupe épouvantable de l'homme et de la jeune fille, de l'araignée et de la mouche.

Au moment où c'était le plus effroyable, un rire de démon, un rire qu'on ne peut avoir que lorsqu'on n'est plus homme, éclata sur le visage livide du prêtre. Quasimodo n'entendit pas ce rire, mais il le vit. Le sonneur recula de quelques pas derrière l'archidiacre, et tout à coup, se ruant sur lui avec fureur, de ses deux grosses mains il le poussa par le dos dans l'abîme sur lequel dom Claude était penché.

Le prêtre cria: «Damnation!» et tomba.

La gouttière au-dessus de laquelle il se trouvait l'arrêta dans sa chute. Il s'y accrocha avec des mains désespérées, et, au moment où il ouvrit la bouche pour jeter un second cri, il vit passer au rebord de la balustrade, au-dessus de sa tête, la figure formidable et vengeresse de Quasimodo.

Alors il se tut.

L'abîme était au-dessous de lui. Une chute de plus de deux cents pieds, et le pavé.

Dans cette situation terrible, l'archidiacre ne dit pas une parole, ne poussa pas un gémissement. Seulement il se tordit sur la gouttière avec des efforts inouïs pour remonter. Mais ses mains n'avaient pas de prise sur le granit, ses pieds rayaient la muraille noircie, sans y mordre. Les personnes qui ont monté sur les tours de Notre-Dame savent qu'il y a un renflement de la pierre immédiatement au-dessous de la balustrade. C'est sur cet angle rentrant que s'épuisait le misérable archidiacre. Il n'avait pas affaire à un mur à pic, mais à un mur qui fuyait sous lui.

Quasimodo n'eût eu pour le tirer du gouffre qu'à lui tendre la main, mais il ne le regardait seulement pas. Il regardait la Grève. Il regardait le gibet. Il regardait l'égyptienne.

Le sourd s'était accoudé sur la balustrade à la place où était l'archidiacre le moment d'auparavant, et là, ne détachant pas son regard du seul objet qu'il y eût pour lui au monde en ce moment, il était immobile et muet comme un homme foudroyé, et un long ruisseau de pleurs coulait en silence de cet œil qui jusqu'alors n'avait encore versé qu'une seule larme.

Cependant l'archidiacre haletait. Son front chauve ruisselait de sueur, ses ongles saignaient sur la pierre, ses genoux s'écorchaient au mur.

Il entendait sa soutane accrochée à la gouttière craquer et se découdre à chaque secousse qu'il lui donnait. Pour comble de malheur, cette gouttière était terminée par un tuyau de plomb qui fléchissait sous le poids de son corps. L'archidiacre sentait ce tuyau ployer lentement. Il se disait, le misérable, que quand ses mains seraient brisées de fatigue, quand sa soutane serait déchirée, quand ce plomb serait ployé, il faudrait tomber, et l'épouvante le prenait aux entrailles. Quelquefois, il regardait avec égarement une espèce d'étroit plateau formé à quelque dix pieds plus bas par des accidents de sculpture, et il demandait au ciel dans le fond de son âme en détresse de pouvoir finir sa vie sur cet espace de deux pieds carrés, dût-elle durer cent années. Une fois, il regarda au-dessous de lui dans la place, dans l'abîme; la tête qu'il releva fermait les yeux et avait les cheveux tout droits.

C'était quelque chose d'effrayant que le silence de ces deux hommes. Tandis que l'archidiacre à quelques pieds de lui agonisait de cette horrible façon, Quasimodo pleurait et regardait la Grève.

L'archidiacre, voyant que tous ses soubresauts ne servaient qu'à ébranler le fragile point d'appui qui lui restait, avait pris le parti de ne plus remuer. Il était là, embrassant la gouttière, respirant à peine, ne bougeant plus, n'ayant plus d'autres mouvements que cette convulsion machinale du ventre qu'on éprouve dans les rêves quand on croit se sentir tomber. Ses yeux fixes étaient ouverts d'une manière maladive et étonnée. Peu à peu cependant, il perdait du terrain, ses doigts glissaient sur la gouttière, il sentait de plus en plus la faiblesse de ses bras et la pesanteur de son corps, la courbure du plomb qui le soutenait s'inclinait à tout moment d'un cran vers l'abîme.

Il voyait au-dessous de lui, chose affreuse, le toit de Saint-Jean-le-Rond petit comme une carte ployée en deux. Il regardait l'une après l'autre les impassibles sculptures de la tour, comme lui suspendues sur le précipice, mais sans terreur pour elles ni pitié pour lui. Tout était de pierre autour de lui, devant ses yeux, les monstres béants, au-dessous, tout au fond, dans la place, le pavé, au-dessus de sa tête, Quasimodo qui pleurait.

Il y avait dans le Parvis quelques groupes de braves curieux qui cherchaient tranquillement à deviner quel pouvait être le fou qui s'amusait d'une si étrange manière. Le prêtre leur entendait dire, car leur voix arrivait jusqu'à lui, claire et grêle: «Mais il va se rompre le cou!»

Quasimodo pleurait.

Enfin l'archidiacre, écumant de rage et d'épouvante, comprit que tout était inutile. Il rassembla pourtant tout ce qui lui restait de force pour un dernier effort. Il se roidit sur la gouttière, repoussa le mur de ses deux genoux, s'accrocha des mains à une fente des pierres, et parvint à regrimper d'un pied peut-être; mais cette commotion fit ployer brusquement le bec de plomb sur lequel il s'appuyait. Du même coup la soutane s'éventra. Alors sentant tout manquer sous lui, n'ayant plus que ses mains roidies et défaillantes qui tinssent à quelque chose, l'infortuné ferma les yeux et lâcha la gouttière. Il tomba.

Quasimodo le regarda tomber.

Une chute de si haut est rarement perpendiculaire. L'archidiacre lancé dans l'espace tomba d'abord la tête en bas et les deux mains étendues, puis il fit plusieurs tours sur lui-même. Le vent le poussa sur le toit d'une maison où le malheureux commença à se briser. Cependant il n'était pas mort quand il y arriva. Le sonneur le vit essayer encore de se retenir au pignon avec les ongles. Mais le plan était trop incliné, et il n'avait plus de force. Il glissa rapidement sur le toit comme une tuile qui se détache, et alla rebondir sur le pavé. Là, il ne remua plus.

Quasimodo alors releva son œil sur l'égyptienne dont il voyait le corps, suspendu au gibet, frémir au loin sous sa robe blanche des derniers tressaillements de l'agonie, puis il le rabaissa sur l'archidiacre étendu au bas de la tour et n'ayant plus forme humaine, et il dit avec un sanglot qui souleva sa profonde poitrine: «Oh! tout ce que j'ai aimé!»

Vers le soir de cette Journée, quand les officiers judiciaires de l'évêque vinrent relever sur le pavé du Parvis le cadavre disloqué de l'archidiacre, Quasimodo avait disparu de Notre-Dame.

Il courut beaucoup de bruits sur cette aventure. On ne douta pas que le jour ne fût venu où, d'après leur pacte, Quasimodo, c'est-à-dire le diable, devait emporter Claude Frollo, c'est-à-dire le sorcier. On présuma qu'il avait brisé le corps en prenant l'âme, comme les singes qui cassent la coquille pour manger la noix.

C'est pourquoi l'archidiacre ne fut pas inhumé en terre sainte.

Louis XI mourut l'année d'après, au mois d'août 1483.

Quant à Pierre Gringoire, il parvint à sauver la chèvre, et il obtint des succès en tragédie. Il paraît qu'après avoir goûté de l'astrologie, de la philosophie, de l'architecture, de l'hermétique, de toutes les folies, il revint à la tragédie, qui est la plus folle de toutes. C'est ce qu'il appelaitavoir fait une fin tragique. Voici, au sujet de ses triomphes dramatiques, ce qu'on lit dès 1483 dans les comptes de l'ordinaire: «À Jehan Marchand et Pierre Gringoire, charpentier et compositeur, qui ont fait et composé le mystère fait au Châtelet de Paris à l'entrée de monsieur le légat, ordonné des personnages, iceux revêtus et habillés ainsi que audit mystère était requis, et pareillement, d'avoir fait les échafauds qui étaient à ce nécessaires; et pour ce faire, cent livres.»

Phoebus de Châteaupers aussi fit une fin tragique, il se maria.

Nous venons de dire que Quasimodo avait disparu de Notre-Dame le jour de la mort de l'égyptienne et de l'archidiacre. On ne le revit plus en effet, on ne sut ce qu'il était devenu.

Dans la nuit qui suivit le supplice de la Esmeralda, les gens des basses œuvres avaient détaché son corps du gibet et l'avaient porté, selon l'usage, dans la cave de Montfaucon.

Montfaucon était, comme dit Sauval, «le plus ancien et le plus superbe gibet du royaume». Entre les faubourgs du Temple et de Saint-Martin, à environ cent soixante toises des murailles de Paris, à quelques portées d'arbalète de la Courtille, on voyait au sommet d'une éminence douce, insensible, assez élevée pour être aperçue de quelques lieues à la ronde, un édifice de forme étrange, qui ressemblait assez à un cromlech celtique, et où il se faisait aussi des sacrifices humains.

Qu'on se figure, au couronnement d'une butte de plâtre, un gros parallélépipède de maçonnerie, haut de quinze pieds, large de trente, long de quarante, avec une porte, une rampe extérieure et une plate-forme; sur cette plate-forme seize énormes piliers de pierre brute, debout, hauts de trente pieds, disposés en colonnade autour de trois des quatre côtés du massif qui les supporte, liés entre eux à leur sommet par de fortes poutres où pendent des chaînes d'intervalle en intervalle; à toutes ces chaînes, des squelettes; aux alentours dans la plaine, une croix de pierre et deux gibets de second ordre qui semblent pousser de bouture autour de la fourche centrale; au-dessus de tout cela, dans le ciel, un vol perpétuel de corbeaux. Voilà Montfaucon.

À la fin du quinzième siècle, le formidable gibet, qui datait de 1328, était déjà fort décrépit. Les poutres étaient vermoulues, les chaînes rouillées, les piliers verts de moisissure. Les assises de pierre de taille étaient toutes refendues à leur jointure, et l'herbe poussait sur cette plate-forme où les pieds ne touchaient pas. C'était un horrible profil sur le ciel que celui de ce monument; la nuit surtout, quand il y avait un peu de lune sur ces crânes blancs, ou quand la bise du soir froissait chaînes et squelettes et remuait tout cela dans l'ombre. Il suffisait de ce gibet présent là pour faire de tous les environs des lieux sinistres.

Le massif de pierre qui servait de base à l'odieux édifice était creux. On y avait pratiqué une vaste cave, fermée d'une vieille grille de fer détraquée, où l'on jetait non seulement les débris humains qui se détachaient des chaînes de Montfaucon, mais les corps de tous les malheureux exécutés aux autres gibets permanents de Paris. Dans ce profond charnier où tant de poussières humaines et tant de crimes ont pourri ensemble, bien des grands du monde, bien des innocents sont venus successivement apporter leurs os, depuis Enguerrand de Marigni, qui étrenna Montfaucon et qui était un juste, jusqu'à l'amiral de Coligni, qui en fit la clôture et qui était un juste.

Quant à la mystérieuse disparition de Quasimodo, voici tout ce que nous avons pu découvrir.

Deux ans environ ou dix-huit mois après les événements qui terminent cette histoire, quand on vint rechercher dans la cave de Montfaucon le cadavre d'Olivier le Daim, qui avait été pendu deux jours auparavant, et à qui Charles VIII accordait la grâce d'être enterré à Saint-Laurent en meilleure compagnie, on trouva parmi toutes ces carcasses hideuses deux squelettes dont l'un tenait l'autre singulièrement embrassé. L'un de ces deux squelettes, qui était celui d'une femme, avait encore quelques lambeaux de robe d'une étoffe qui avait été blanche, et on voyait autour de son cou un collier de grains d'adrézarach avec un petit sachet de soie, orné de verroterie verte, qui était ouvert et vide. Ces objets avaient si peu de valeur que le bourreau sans doute n'en avait pas voulu. L'autre, qui tenait celui-ci étroitement embrassé, était un squelette d'homme. On remarqua qu'il avait la colonne vertébrale déviée, la tête dans les omoplates, et une jambe plus courte que l'autre. Il n'avait d'ailleurs aucune rupture de vertèbre à la nuque, et il était évident qu'il n'avait pas été pendu. L'homme auquel il avait appartenu était donc venu là, et il y était mort. Quand on voulut le détacher du squelette qu'il embrassait, il tomba en poussière.

Sur la page du titre, on lit dans le manuscrit deNotre-Dame de Parisla note suivante:

J'ai écrit les trois ou quatre premières pages deNotre-Dame de Parisle 25 Juillet 1830. La révolution de juillet m'interrompit. Puis ma chère petite Adèle vint au monde (Qu'elle soit bénie!). Je me remis à écrireNotre-Dame de Parisle 1erSeptembre, et l'ouvrage fut terminé le 15 Janvier 1831.

Le chapitre I,la Grand'Salle, commençait ainsi dans le manuscrit:

«Il y a aujourd'hui, vingt-cinq Juillet 1830, trois cent quarante-huit ans six mois et dix-neufs jours, etc.»

Les motsvingt-cinq Juillet 1830ont été biffés.

La date1erseptembre, se trouve avant l'alinéa: «S'il pouvait nous être donné, à nous hommes de 1830, etc.»

Au bas de la dernière page, on lit:15 janvier 1831, 6 heures ½ du soir.

Le manuscrit deNotre-Dame de Parisn'a presque pas de ratures. Il n'y a guère à y signaler de variantes que dans quelques titres de chapitres.

Le chapitreHistoire d'une galette au levain de maïsétait d'abord intitulé: Histoire de l'enfant de la fille de joie.

Le chapitreQu'un prêtre et un philosophe sont deux, Le philosophe marié.

Le chapitreLe petit soulier, La chèvre est sauvée.

FOOTNOTES:[1]Fatalité.[2]Henri Sauval, Histoire et Recherche des Antiquités de la Ville de Paris, Moette et Chardon (3 vol.), Paris, 1724.[3]Le motgothique, dans le sens où on l'emploie généralement, est parfaitement impropre, mais parfaitement consacré. Nous l'acceptons donc, et nous l'adoptons, comme tout le monde, pour caractériser l'architecture de la seconde moitié du moyen âge, celle dont l'ogive est le principe, qui succède à l'architecture de la première période, dont le plein cintre est le générateur. (Note de Victor Hugo.)[4]Thibault, joueur de dés.[5]Thibault aux dés. La rue Thibaut-aux-Dés se trouve près du Louvre.[6]Martial, Épigrammes, VII, 91, 2: «Voici des noix de Saturnales que nous t'envoyons.» Le texte est: «Saturnalicias».[7]«Avec leurs tuniques grises!—Ou fourrées de peaux grises!»[8]«Ou un pet.»[9]Horace, Odes, III, 1, 40: «Derrière le cavalier siège le noir souci.»[10]Horace, Art poétique, 191: «Et qu'un dieu n'intervienne pas.»[11]«Applaudissez, citoyens!» Cet appel concluait toutes les représentations théâtrales à Rome.[12]Le Menteur, II, 6.[13]Du Breul, Théâtre des Antiquités de Paris, Au Lecteur.[14]«Buvons papalement.»[15]«Cape pleine de vin!»[16]Matthieu, VII, 6: «Des perles aux cochons». Le jeu de mot suivant est basé sur le double sens du mot Margarita, perle ou Marguerite: «Des Porcs avant Marguerite».[17]Virgile, Enéide, I, 405: «La déesse s'est révélée à sa démarche».[18]«Des baisers pour des coups.»[19]La Fontaine, Fables, II, 14, Le lièvre et les grenouilles.[20]«Toutes les voies, chemins et passages.»[21]«Salut, étoile de la mer!»[22]«La bonne aumône, seigneur! la bonne aumône!» (Italien.)[23]«Seigneur chevalier, pour acheter un morceau de pain!» (espagnol)[24]«Faites la charité!» (Latin.)[25]«Où vas-tu l'homme!» (Espagnol.)[26]Sauval, I, 512.[27]«Homme, ôte ton chapeau» (Espagnol.)[28]«Toutes choses sont dans la philosophie, et tous les hommes dans le philosophe.»[29]Abel Hugo, Romances historiques, Paris, 1822:«Quand les oiseaux multicolores Sont muets, et que la terre...»[30]«Le Temps dévore et l'homme plus encore.» On trouve l'expression tempus edax à deux reprises dans Ovide, Métamorphoses, XV, 234, et Pontiques, IV, 10, 7.[31]«Dont la masse suscite la terreur de ceux qui la regardent». Le chroniqueur évoqué est Jacques Du Breul (Le Théâtre des Antiquités de Paris, Paris, Chevalier, 1612).[32]Virgile, L'Enéide, IV, 88: «l'œuvre interrompu est en suspens.»[33]C'est la même qui s'appelle aussi, selon les lieux, les climats et les espèces, lombarde, saxonne et byzantine. Ce sont quatre architectures sœurs et parallèles, ayant chacune leur caractère particulier, mais dérivant du même principe, le plein cintre.Facies non omnibus una,Non diversa tamen, qualem,etc.Ovide, Métamorphoses, II, 13: «Apparence non unique chez toutes, pourtant non diverse...»[34]Cette partie de la flèche, qui était en charpente, est précisément celle qui a été consumée par le feu du ciel en 1823.[35]«La fidélité des citoyens envers les rois, quoique bien des fois interrompues par les séditions, leur ménagea de nombreux avantages.»[36]Sauval, I, 94.[37]«Prison de Glaucin.»[38]Voltaire, Siècle de Louis XIV, Introduction: «Paris ne contenait pas quatre cent mille hommes et n'était pas décoré de quatre beaux édifices.»[39]La Gloire du Val-de-Grâce.[40]Nous avons vu avec une douleur mêlée d'indignation qu'on songeait à agrandir, à refondre, à remanier, c'est-à-dire à détruire cet admirable palais. Les architectes de nos jours ont la main trop lourde pour toucher à ces délicates œuvres de la renaissance. Nous espérons toujours qu'ils ne l'oseront pas. D'ailleurs, cette démolition des Tuileries maintenant ne serait pas seulement une voie de fait brutale dont rougirait un Vandale ivre, ce serait un acte de trahison. Les Tuileries ne sont plus simplement un chef-d'œuvre de l'art du seizième siècle, c'est une page de l'histoire du dix-neuvième siècle. Ce palais n'est plus au roi, mais au peuple. Laissons-le tel qu'il est. Notre révolution l'a marqué deux fois au front. Sur l'une de ses deux façades, il a les boulets du 10 août; sur l'autre, les boulets du 29 juillet. Il est saint.Paris, 7 avril 1831. (Note de la cinquième édition.)[41]«Donner des soufflets et arracher les cheveux.»[42]Jean de Roye, Chronique scandaleuse, Coppens, Bruxelles, 1706-1714.[43]«Autel des paresseux.»[44]«Gardien d'un troupeau monstrueux, et plus monstrueux lui-même.» Imité de Virgile, Bucoliques, V, 44: «Formosi pecoris custos formosior ipse.»[45]«L'enfant robuste est méchant.»[46]«Comme poussés par la sonnerie de la trompette.»[47]«Rixe, dont la cause première est qu'on avait bu de très bon vin.»[48]«Où manqua le cercle.» Cf. Ovide, Métamorphoses, V, 463.[49]Ce qui est contraire à la volonté divine.[50]Hugo II de Bisuncio, 1326-1332.[51]«Quelques grandes dames, qu'on ne peut écarter sans scandale.»[52]Régnier, Satires, XII, 49-50. Lire «Telles sortes» et non «Toutes»[53]«Ah! ah! Claudius et le claudicant!»[54]«Abbé du bienheureux Martin.»[55]De la prédestination et du libre arbitre.[56]Médecins.[57]«Je crois en Dieu.—Notre Seigneur.»[58]«Vous vous trompez, ami Claude.»[59]«L'abbé du bienheureux Martin, c'est-à-dire le roi de France, est chanoine selon la coutume et a la petite prébende de Saint-Venant et doit siéger au siège du trésorier.»[60]Exode, XX, 25.[61]«Tortue», formation d'attaque des soldats faisant une voûte au-dessus de leurs têtes avec leurs boucliers joints.[62]Cette comète, contre laquelle le pape Calixte, oncle de Borgia, ordonna des prières publiques, est la même qui reparaîtra en 1835. (Note de Victor Hugo)[63]«Dignité qui est liée à un pouvoir policier non négligeable, ainsi qu'à de nombreux droits et prérogatives.»[64]Comptes du domaine, 1383 (Note de Victor Hugo)[65]«Le texte de la loi est dur.»[66]«Corps du Christ!»[67]«Par Hercule!»[68]«Au préjudice d'une courtisane.»[69]«De sa grande voix à travers l'ombre.» Cf. Virgile, L'Enéide, VI, 619: «...et magna testatur voce per umbras».[70]«Tais-toi et espère.»[71]«Fort écu, salut des chefs.»[72]«C'est à toi.»[73]«Toi, prie.»[74]«D'un pas inégal.» Cf. Virgile, L'Enéide, II, 724.[75]«Le sourd est absurde.»[76]«Nourris-toi toi-même.»[77]Seigneur.[78]«On ne croira pas qu'un homme et une femme seuls disent le Notre Père.»[79]«De même que.»[80]«Mais la vérité c'est que.»[81]. «Vraiment ces rôtisseries sont choses stupéfiante!» (Italien.)[82]«Souffle, espère.»[83]«D'où? de là?»[84]«L'homme est un monstre pour l'homme.»[85]«Astres, camp, nom, divinité.»[86]Callimaque, Fragments, 359: «Grand livre, grand mal.»[87]«Ose savoir.»[88]«Il souffle où il veut.»[89]«Régime forcé» (de nourriture pour les athlètes, cf. Aristote, Politique, 1339a).[90]«Dominum le seigneur du Ciel, domnus celui de la terre.»[91]«Çà et là.»[92]«Fatalité.»[93]«C'est du grec, ça ne se lit pas.»[94]«Qui ne travaille pas, qu'il ne mange pas.»[95]Interjection marquant la douleur: «Hélas! Hélas!»[96]Plaute, Asinaria, 549-50: «Contre aiguillons, lames rouges, croix, fers, liens, chaînes, prisons, numelles, lacs, entraves.»[97]Plaute, Asinaria, 301: «Nu et entravé, tu pèses cent livres quand tu pends par les pieds.» Il faut lire la virgule après es et non avant.[98]«Une stryge ou un masque!»[99]Dialogue sur l'énergie et l'opération des démons.[100]«Nous te louons, Dieu.»[101]«Sous la conservation de la forme spécifique l'âme est sauve.»[102]Montaigne, Essais, III, 13: «Indigne qui habite parmi les mauvaises paroles.»[103]Horace, Satires, I, 8, 1: «Autrefois j'étais un tronc de figuier»[104]Régnier, Satires, XI, 24.[105]«C'est pourquoi, messieurs, en présence d'une stryge avérée, le crime étant patent, l'intention criminelle évidente, au nom de la sainte église Notre-Dame de Paris, qui est en saisine d'avoir haute et basse justice de toute sorte dans cette île sans tache de la Cité, par la teneur des présentes nous déclarons requérir, premièrement, quelque indemnité pécuniaire, deuxièmement amende honorable devant les grandes portes de Notre-Dame, église cathédrale, troisièmement une sentence en vertu de laquelle cette stryge avec sa chèvre, ou bien sur la place vulgairement dite la Grève, ou bien à la sortie de l'île sur le fleuve de Seine, près de la pointe du jardin du roi, soient exécutées!»[106]«Hélas! basse latinité!»[107]«Je le nie.»[108]Dante, Enfer, III, 9: «Laissez toute espérance.» Phrase inscrite sur la porte de l'Enfer.[109]La Fontaine, Fables, I, 18, Le Renard et la Cigogne.[110]Psaumes, III, 7-8: «Je ne crains pas les myriades de gens qui de toutes parts se sont mis contre moi. Lève-toi, Éternel! Sauve-moi, mon Dieu!» (trad. Segond révisée.)Psaumes, LXIX, 2-3: «Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me viennent jusqu'à la gorge. Je suis parvenu au tréfonds des eaux, un courant me submerge.»[111]Jean, V, 24: «Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.»[112]Jonas, II, 3-4: «Du sein du séjour des morts j'ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix, tu m'as jeté dans un bas-fonds au cœur des mers, et les courants d'eau m'ont environné.»[113]«Va, âme double, et que Dieu te soit miséricordieux!»[114]«Ce qui fut pour les moines de Saint-Germain une hydre, les clercs suscitant toujours de nouveaux sujets de dispute.»[115]«Heureux vieillard!» (Cf. Virgile, Bucoliques, I, 46 et 51.)[116]Job, IV, 12 et 15.[117]De la coupe des pierres.[118]«C'est que mets, boissons, sommeil, amour, tout soit modéré.»[119]«Mariage fait avec ceux du dehors.»[120]«La doctrine des docteurs, la discipline des disciples se perdent.»[121]«Populeux emportement du peuple qui s'emporte.»[122]«Quels cantiques! quels instruments! quels chants! quelles mélodies se chantent ici sans fin! les suaves instruments des hymnes résonnent, la douce mélodie des anges, les admirables cantiques des cantiques!»[123]«Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir un nez.»[124]«Luxurieuse chose que le vin et tumultueuse que l'ivresse.»[125]«Le vin fait apostasier même les sages.»[126]Armé de dix éperons.[127]«Sans écuyer tranchant ni bouteillier.»[128]«Pouls rapide, soufflant, crépitant, irrégulier.»[129]«De Turin à la fois assiégeant et assiégé.»[130]«Comme les abeilles la géométrie.»[131]Contre l'avarice.

[1]Fatalité.

[1]Fatalité.

[2]Henri Sauval, Histoire et Recherche des Antiquités de la Ville de Paris, Moette et Chardon (3 vol.), Paris, 1724.

[2]Henri Sauval, Histoire et Recherche des Antiquités de la Ville de Paris, Moette et Chardon (3 vol.), Paris, 1724.

[3]Le motgothique, dans le sens où on l'emploie généralement, est parfaitement impropre, mais parfaitement consacré. Nous l'acceptons donc, et nous l'adoptons, comme tout le monde, pour caractériser l'architecture de la seconde moitié du moyen âge, celle dont l'ogive est le principe, qui succède à l'architecture de la première période, dont le plein cintre est le générateur. (Note de Victor Hugo.)

[3]Le motgothique, dans le sens où on l'emploie généralement, est parfaitement impropre, mais parfaitement consacré. Nous l'acceptons donc, et nous l'adoptons, comme tout le monde, pour caractériser l'architecture de la seconde moitié du moyen âge, celle dont l'ogive est le principe, qui succède à l'architecture de la première période, dont le plein cintre est le générateur. (Note de Victor Hugo.)

[4]Thibault, joueur de dés.

[4]Thibault, joueur de dés.

[5]Thibault aux dés. La rue Thibaut-aux-Dés se trouve près du Louvre.

[5]Thibault aux dés. La rue Thibaut-aux-Dés se trouve près du Louvre.

[6]Martial, Épigrammes, VII, 91, 2: «Voici des noix de Saturnales que nous t'envoyons.» Le texte est: «Saturnalicias».

[6]Martial, Épigrammes, VII, 91, 2: «Voici des noix de Saturnales que nous t'envoyons.» Le texte est: «Saturnalicias».

[7]«Avec leurs tuniques grises!—Ou fourrées de peaux grises!»

[7]«Avec leurs tuniques grises!—Ou fourrées de peaux grises!»

[8]«Ou un pet.»

[8]«Ou un pet.»

[9]Horace, Odes, III, 1, 40: «Derrière le cavalier siège le noir souci.»

[9]Horace, Odes, III, 1, 40: «Derrière le cavalier siège le noir souci.»

[10]Horace, Art poétique, 191: «Et qu'un dieu n'intervienne pas.»

[10]Horace, Art poétique, 191: «Et qu'un dieu n'intervienne pas.»

[11]«Applaudissez, citoyens!» Cet appel concluait toutes les représentations théâtrales à Rome.

[11]«Applaudissez, citoyens!» Cet appel concluait toutes les représentations théâtrales à Rome.

[12]Le Menteur, II, 6.

[12]Le Menteur, II, 6.

[13]Du Breul, Théâtre des Antiquités de Paris, Au Lecteur.

[13]Du Breul, Théâtre des Antiquités de Paris, Au Lecteur.

[14]«Buvons papalement.»

[14]«Buvons papalement.»

[15]«Cape pleine de vin!»

[15]«Cape pleine de vin!»

[16]Matthieu, VII, 6: «Des perles aux cochons». Le jeu de mot suivant est basé sur le double sens du mot Margarita, perle ou Marguerite: «Des Porcs avant Marguerite».

[16]Matthieu, VII, 6: «Des perles aux cochons». Le jeu de mot suivant est basé sur le double sens du mot Margarita, perle ou Marguerite: «Des Porcs avant Marguerite».

[17]Virgile, Enéide, I, 405: «La déesse s'est révélée à sa démarche».

[17]Virgile, Enéide, I, 405: «La déesse s'est révélée à sa démarche».

[18]«Des baisers pour des coups.»

[18]«Des baisers pour des coups.»

[19]La Fontaine, Fables, II, 14, Le lièvre et les grenouilles.

[19]La Fontaine, Fables, II, 14, Le lièvre et les grenouilles.

[20]«Toutes les voies, chemins et passages.»

[20]«Toutes les voies, chemins et passages.»

[21]«Salut, étoile de la mer!»

[21]«Salut, étoile de la mer!»

[22]«La bonne aumône, seigneur! la bonne aumône!» (Italien.)

[22]«La bonne aumône, seigneur! la bonne aumône!» (Italien.)

[23]«Seigneur chevalier, pour acheter un morceau de pain!» (espagnol)

[23]«Seigneur chevalier, pour acheter un morceau de pain!» (espagnol)

[24]«Faites la charité!» (Latin.)

[24]«Faites la charité!» (Latin.)

[25]«Où vas-tu l'homme!» (Espagnol.)

[25]«Où vas-tu l'homme!» (Espagnol.)

[26]Sauval, I, 512.

[26]Sauval, I, 512.

[27]«Homme, ôte ton chapeau» (Espagnol.)

[27]«Homme, ôte ton chapeau» (Espagnol.)

[28]«Toutes choses sont dans la philosophie, et tous les hommes dans le philosophe.»

[28]«Toutes choses sont dans la philosophie, et tous les hommes dans le philosophe.»

[29]Abel Hugo, Romances historiques, Paris, 1822:«Quand les oiseaux multicolores Sont muets, et que la terre...»

[29]Abel Hugo, Romances historiques, Paris, 1822:

«Quand les oiseaux multicolores Sont muets, et que la terre...»

[30]«Le Temps dévore et l'homme plus encore.» On trouve l'expression tempus edax à deux reprises dans Ovide, Métamorphoses, XV, 234, et Pontiques, IV, 10, 7.

[30]«Le Temps dévore et l'homme plus encore.» On trouve l'expression tempus edax à deux reprises dans Ovide, Métamorphoses, XV, 234, et Pontiques, IV, 10, 7.

[31]«Dont la masse suscite la terreur de ceux qui la regardent». Le chroniqueur évoqué est Jacques Du Breul (Le Théâtre des Antiquités de Paris, Paris, Chevalier, 1612).

[31]«Dont la masse suscite la terreur de ceux qui la regardent». Le chroniqueur évoqué est Jacques Du Breul (Le Théâtre des Antiquités de Paris, Paris, Chevalier, 1612).

[32]Virgile, L'Enéide, IV, 88: «l'œuvre interrompu est en suspens.»

[32]Virgile, L'Enéide, IV, 88: «l'œuvre interrompu est en suspens.»

[33]C'est la même qui s'appelle aussi, selon les lieux, les climats et les espèces, lombarde, saxonne et byzantine. Ce sont quatre architectures sœurs et parallèles, ayant chacune leur caractère particulier, mais dérivant du même principe, le plein cintre.Facies non omnibus una,Non diversa tamen, qualem,etc.Ovide, Métamorphoses, II, 13: «Apparence non unique chez toutes, pourtant non diverse...»

[33]C'est la même qui s'appelle aussi, selon les lieux, les climats et les espèces, lombarde, saxonne et byzantine. Ce sont quatre architectures sœurs et parallèles, ayant chacune leur caractère particulier, mais dérivant du même principe, le plein cintre.

Facies non omnibus una,Non diversa tamen, qualem,etc.

Facies non omnibus una,Non diversa tamen, qualem,etc.

Ovide, Métamorphoses, II, 13: «Apparence non unique chez toutes, pourtant non diverse...»

[34]Cette partie de la flèche, qui était en charpente, est précisément celle qui a été consumée par le feu du ciel en 1823.

[34]Cette partie de la flèche, qui était en charpente, est précisément celle qui a été consumée par le feu du ciel en 1823.

[35]«La fidélité des citoyens envers les rois, quoique bien des fois interrompues par les séditions, leur ménagea de nombreux avantages.»

[35]«La fidélité des citoyens envers les rois, quoique bien des fois interrompues par les séditions, leur ménagea de nombreux avantages.»

[36]Sauval, I, 94.

[36]Sauval, I, 94.

[37]«Prison de Glaucin.»

[37]«Prison de Glaucin.»

[38]Voltaire, Siècle de Louis XIV, Introduction: «Paris ne contenait pas quatre cent mille hommes et n'était pas décoré de quatre beaux édifices.»

[38]Voltaire, Siècle de Louis XIV, Introduction: «Paris ne contenait pas quatre cent mille hommes et n'était pas décoré de quatre beaux édifices.»

[39]La Gloire du Val-de-Grâce.

[39]La Gloire du Val-de-Grâce.

[40]Nous avons vu avec une douleur mêlée d'indignation qu'on songeait à agrandir, à refondre, à remanier, c'est-à-dire à détruire cet admirable palais. Les architectes de nos jours ont la main trop lourde pour toucher à ces délicates œuvres de la renaissance. Nous espérons toujours qu'ils ne l'oseront pas. D'ailleurs, cette démolition des Tuileries maintenant ne serait pas seulement une voie de fait brutale dont rougirait un Vandale ivre, ce serait un acte de trahison. Les Tuileries ne sont plus simplement un chef-d'œuvre de l'art du seizième siècle, c'est une page de l'histoire du dix-neuvième siècle. Ce palais n'est plus au roi, mais au peuple. Laissons-le tel qu'il est. Notre révolution l'a marqué deux fois au front. Sur l'une de ses deux façades, il a les boulets du 10 août; sur l'autre, les boulets du 29 juillet. Il est saint.Paris, 7 avril 1831. (Note de la cinquième édition.)

[40]Nous avons vu avec une douleur mêlée d'indignation qu'on songeait à agrandir, à refondre, à remanier, c'est-à-dire à détruire cet admirable palais. Les architectes de nos jours ont la main trop lourde pour toucher à ces délicates œuvres de la renaissance. Nous espérons toujours qu'ils ne l'oseront pas. D'ailleurs, cette démolition des Tuileries maintenant ne serait pas seulement une voie de fait brutale dont rougirait un Vandale ivre, ce serait un acte de trahison. Les Tuileries ne sont plus simplement un chef-d'œuvre de l'art du seizième siècle, c'est une page de l'histoire du dix-neuvième siècle. Ce palais n'est plus au roi, mais au peuple. Laissons-le tel qu'il est. Notre révolution l'a marqué deux fois au front. Sur l'une de ses deux façades, il a les boulets du 10 août; sur l'autre, les boulets du 29 juillet. Il est saint.

Paris, 7 avril 1831. (Note de la cinquième édition.)

[41]«Donner des soufflets et arracher les cheveux.»

[41]«Donner des soufflets et arracher les cheveux.»

[42]Jean de Roye, Chronique scandaleuse, Coppens, Bruxelles, 1706-1714.

[42]Jean de Roye, Chronique scandaleuse, Coppens, Bruxelles, 1706-1714.

[43]«Autel des paresseux.»

[43]«Autel des paresseux.»

[44]«Gardien d'un troupeau monstrueux, et plus monstrueux lui-même.» Imité de Virgile, Bucoliques, V, 44: «Formosi pecoris custos formosior ipse.»

[44]«Gardien d'un troupeau monstrueux, et plus monstrueux lui-même.» Imité de Virgile, Bucoliques, V, 44: «Formosi pecoris custos formosior ipse.»

[45]«L'enfant robuste est méchant.»

[45]«L'enfant robuste est méchant.»

[46]«Comme poussés par la sonnerie de la trompette.»

[46]«Comme poussés par la sonnerie de la trompette.»

[47]«Rixe, dont la cause première est qu'on avait bu de très bon vin.»

[47]«Rixe, dont la cause première est qu'on avait bu de très bon vin.»

[48]«Où manqua le cercle.» Cf. Ovide, Métamorphoses, V, 463.

[48]«Où manqua le cercle.» Cf. Ovide, Métamorphoses, V, 463.

[49]Ce qui est contraire à la volonté divine.

[49]Ce qui est contraire à la volonté divine.

[50]Hugo II de Bisuncio, 1326-1332.

[50]Hugo II de Bisuncio, 1326-1332.

[51]«Quelques grandes dames, qu'on ne peut écarter sans scandale.»

[51]«Quelques grandes dames, qu'on ne peut écarter sans scandale.»

[52]Régnier, Satires, XII, 49-50. Lire «Telles sortes» et non «Toutes»

[52]Régnier, Satires, XII, 49-50. Lire «Telles sortes» et non «Toutes»

[53]«Ah! ah! Claudius et le claudicant!»

[53]«Ah! ah! Claudius et le claudicant!»

[54]«Abbé du bienheureux Martin.»

[54]«Abbé du bienheureux Martin.»

[55]De la prédestination et du libre arbitre.

[55]De la prédestination et du libre arbitre.

[56]Médecins.

[56]Médecins.

[57]«Je crois en Dieu.—Notre Seigneur.»

[57]«Je crois en Dieu.—Notre Seigneur.»

[58]«Vous vous trompez, ami Claude.»

[58]«Vous vous trompez, ami Claude.»

[59]«L'abbé du bienheureux Martin, c'est-à-dire le roi de France, est chanoine selon la coutume et a la petite prébende de Saint-Venant et doit siéger au siège du trésorier.»

[59]«L'abbé du bienheureux Martin, c'est-à-dire le roi de France, est chanoine selon la coutume et a la petite prébende de Saint-Venant et doit siéger au siège du trésorier.»

[60]Exode, XX, 25.

[60]Exode, XX, 25.

[61]«Tortue», formation d'attaque des soldats faisant une voûte au-dessus de leurs têtes avec leurs boucliers joints.

[61]«Tortue», formation d'attaque des soldats faisant une voûte au-dessus de leurs têtes avec leurs boucliers joints.

[62]Cette comète, contre laquelle le pape Calixte, oncle de Borgia, ordonna des prières publiques, est la même qui reparaîtra en 1835. (Note de Victor Hugo)

[62]Cette comète, contre laquelle le pape Calixte, oncle de Borgia, ordonna des prières publiques, est la même qui reparaîtra en 1835. (Note de Victor Hugo)

[63]«Dignité qui est liée à un pouvoir policier non négligeable, ainsi qu'à de nombreux droits et prérogatives.»

[63]«Dignité qui est liée à un pouvoir policier non négligeable, ainsi qu'à de nombreux droits et prérogatives.»

[64]Comptes du domaine, 1383 (Note de Victor Hugo)

[64]Comptes du domaine, 1383 (Note de Victor Hugo)

[65]«Le texte de la loi est dur.»

[65]«Le texte de la loi est dur.»

[66]«Corps du Christ!»

[66]«Corps du Christ!»

[67]«Par Hercule!»

[67]«Par Hercule!»

[68]«Au préjudice d'une courtisane.»

[68]«Au préjudice d'une courtisane.»

[69]«De sa grande voix à travers l'ombre.» Cf. Virgile, L'Enéide, VI, 619: «...et magna testatur voce per umbras».

[69]«De sa grande voix à travers l'ombre.» Cf. Virgile, L'Enéide, VI, 619: «...et magna testatur voce per umbras».

[70]«Tais-toi et espère.»

[70]«Tais-toi et espère.»

[71]«Fort écu, salut des chefs.»

[71]«Fort écu, salut des chefs.»

[72]«C'est à toi.»

[72]«C'est à toi.»

[73]«Toi, prie.»

[73]«Toi, prie.»

[74]«D'un pas inégal.» Cf. Virgile, L'Enéide, II, 724.

[74]«D'un pas inégal.» Cf. Virgile, L'Enéide, II, 724.

[75]«Le sourd est absurde.»

[75]«Le sourd est absurde.»

[76]«Nourris-toi toi-même.»

[76]«Nourris-toi toi-même.»

[77]Seigneur.

[77]Seigneur.

[78]«On ne croira pas qu'un homme et une femme seuls disent le Notre Père.»

[78]«On ne croira pas qu'un homme et une femme seuls disent le Notre Père.»

[79]«De même que.»

[79]«De même que.»

[80]«Mais la vérité c'est que.»

[80]«Mais la vérité c'est que.»

[81]. «Vraiment ces rôtisseries sont choses stupéfiante!» (Italien.)

[81]. «Vraiment ces rôtisseries sont choses stupéfiante!» (Italien.)

[82]«Souffle, espère.»

[82]«Souffle, espère.»

[83]«D'où? de là?»

[83]«D'où? de là?»

[84]«L'homme est un monstre pour l'homme.»

[84]«L'homme est un monstre pour l'homme.»

[85]«Astres, camp, nom, divinité.»

[85]«Astres, camp, nom, divinité.»

[86]Callimaque, Fragments, 359: «Grand livre, grand mal.»

[86]Callimaque, Fragments, 359: «Grand livre, grand mal.»

[87]«Ose savoir.»

[87]«Ose savoir.»

[88]«Il souffle où il veut.»

[88]«Il souffle où il veut.»

[89]«Régime forcé» (de nourriture pour les athlètes, cf. Aristote, Politique, 1339a).

[89]«Régime forcé» (de nourriture pour les athlètes, cf. Aristote, Politique, 1339a).

[90]«Dominum le seigneur du Ciel, domnus celui de la terre.»

[90]«Dominum le seigneur du Ciel, domnus celui de la terre.»

[91]«Çà et là.»

[91]«Çà et là.»

[92]«Fatalité.»

[92]«Fatalité.»

[93]«C'est du grec, ça ne se lit pas.»

[93]«C'est du grec, ça ne se lit pas.»

[94]«Qui ne travaille pas, qu'il ne mange pas.»

[94]«Qui ne travaille pas, qu'il ne mange pas.»

[95]Interjection marquant la douleur: «Hélas! Hélas!»

[95]Interjection marquant la douleur: «Hélas! Hélas!»

[96]Plaute, Asinaria, 549-50: «Contre aiguillons, lames rouges, croix, fers, liens, chaînes, prisons, numelles, lacs, entraves.»

[96]Plaute, Asinaria, 549-50: «Contre aiguillons, lames rouges, croix, fers, liens, chaînes, prisons, numelles, lacs, entraves.»

[97]Plaute, Asinaria, 301: «Nu et entravé, tu pèses cent livres quand tu pends par les pieds.» Il faut lire la virgule après es et non avant.

[97]Plaute, Asinaria, 301: «Nu et entravé, tu pèses cent livres quand tu pends par les pieds.» Il faut lire la virgule après es et non avant.

[98]«Une stryge ou un masque!»

[98]«Une stryge ou un masque!»

[99]Dialogue sur l'énergie et l'opération des démons.

[99]Dialogue sur l'énergie et l'opération des démons.

[100]«Nous te louons, Dieu.»

[100]«Nous te louons, Dieu.»

[101]«Sous la conservation de la forme spécifique l'âme est sauve.»

[101]«Sous la conservation de la forme spécifique l'âme est sauve.»

[102]Montaigne, Essais, III, 13: «Indigne qui habite parmi les mauvaises paroles.»

[102]Montaigne, Essais, III, 13: «Indigne qui habite parmi les mauvaises paroles.»

[103]Horace, Satires, I, 8, 1: «Autrefois j'étais un tronc de figuier»

[103]Horace, Satires, I, 8, 1: «Autrefois j'étais un tronc de figuier»

[104]Régnier, Satires, XI, 24.

[104]Régnier, Satires, XI, 24.

[105]«C'est pourquoi, messieurs, en présence d'une stryge avérée, le crime étant patent, l'intention criminelle évidente, au nom de la sainte église Notre-Dame de Paris, qui est en saisine d'avoir haute et basse justice de toute sorte dans cette île sans tache de la Cité, par la teneur des présentes nous déclarons requérir, premièrement, quelque indemnité pécuniaire, deuxièmement amende honorable devant les grandes portes de Notre-Dame, église cathédrale, troisièmement une sentence en vertu de laquelle cette stryge avec sa chèvre, ou bien sur la place vulgairement dite la Grève, ou bien à la sortie de l'île sur le fleuve de Seine, près de la pointe du jardin du roi, soient exécutées!»

[105]«C'est pourquoi, messieurs, en présence d'une stryge avérée, le crime étant patent, l'intention criminelle évidente, au nom de la sainte église Notre-Dame de Paris, qui est en saisine d'avoir haute et basse justice de toute sorte dans cette île sans tache de la Cité, par la teneur des présentes nous déclarons requérir, premièrement, quelque indemnité pécuniaire, deuxièmement amende honorable devant les grandes portes de Notre-Dame, église cathédrale, troisièmement une sentence en vertu de laquelle cette stryge avec sa chèvre, ou bien sur la place vulgairement dite la Grève, ou bien à la sortie de l'île sur le fleuve de Seine, près de la pointe du jardin du roi, soient exécutées!»

[106]«Hélas! basse latinité!»

[106]«Hélas! basse latinité!»

[107]«Je le nie.»

[107]«Je le nie.»

[108]Dante, Enfer, III, 9: «Laissez toute espérance.» Phrase inscrite sur la porte de l'Enfer.

[108]Dante, Enfer, III, 9: «Laissez toute espérance.» Phrase inscrite sur la porte de l'Enfer.

[109]La Fontaine, Fables, I, 18, Le Renard et la Cigogne.

[109]La Fontaine, Fables, I, 18, Le Renard et la Cigogne.

[110]Psaumes, III, 7-8: «Je ne crains pas les myriades de gens qui de toutes parts se sont mis contre moi. Lève-toi, Éternel! Sauve-moi, mon Dieu!» (trad. Segond révisée.)Psaumes, LXIX, 2-3: «Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me viennent jusqu'à la gorge. Je suis parvenu au tréfonds des eaux, un courant me submerge.»

[110]Psaumes, III, 7-8: «Je ne crains pas les myriades de gens qui de toutes parts se sont mis contre moi. Lève-toi, Éternel! Sauve-moi, mon Dieu!» (trad. Segond révisée.)

Psaumes, LXIX, 2-3: «Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me viennent jusqu'à la gorge. Je suis parvenu au tréfonds des eaux, un courant me submerge.»

[111]Jean, V, 24: «Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.»

[111]Jean, V, 24: «Celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.»

[112]Jonas, II, 3-4: «Du sein du séjour des morts j'ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix, tu m'as jeté dans un bas-fonds au cœur des mers, et les courants d'eau m'ont environné.»

[112]Jonas, II, 3-4: «Du sein du séjour des morts j'ai appelé au secours, et tu as écouté ma voix, tu m'as jeté dans un bas-fonds au cœur des mers, et les courants d'eau m'ont environné.»

[113]«Va, âme double, et que Dieu te soit miséricordieux!»

[113]«Va, âme double, et que Dieu te soit miséricordieux!»

[114]«Ce qui fut pour les moines de Saint-Germain une hydre, les clercs suscitant toujours de nouveaux sujets de dispute.»

[114]«Ce qui fut pour les moines de Saint-Germain une hydre, les clercs suscitant toujours de nouveaux sujets de dispute.»

[115]«Heureux vieillard!» (Cf. Virgile, Bucoliques, I, 46 et 51.)

[115]«Heureux vieillard!» (Cf. Virgile, Bucoliques, I, 46 et 51.)

[116]Job, IV, 12 et 15.

[116]Job, IV, 12 et 15.

[117]De la coupe des pierres.

[117]De la coupe des pierres.

[118]«C'est que mets, boissons, sommeil, amour, tout soit modéré.»

[118]«C'est que mets, boissons, sommeil, amour, tout soit modéré.»

[119]«Mariage fait avec ceux du dehors.»

[119]«Mariage fait avec ceux du dehors.»

[120]«La doctrine des docteurs, la discipline des disciples se perdent.»

[120]«La doctrine des docteurs, la discipline des disciples se perdent.»

[121]«Populeux emportement du peuple qui s'emporte.»

[121]«Populeux emportement du peuple qui s'emporte.»

[122]«Quels cantiques! quels instruments! quels chants! quelles mélodies se chantent ici sans fin! les suaves instruments des hymnes résonnent, la douce mélodie des anges, les admirables cantiques des cantiques!»

[122]«Quels cantiques! quels instruments! quels chants! quelles mélodies se chantent ici sans fin! les suaves instruments des hymnes résonnent, la douce mélodie des anges, les admirables cantiques des cantiques!»

[123]«Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir un nez.»

[123]«Il n'est pas donné à tout le monde d'avoir un nez.»

[124]«Luxurieuse chose que le vin et tumultueuse que l'ivresse.»

[124]«Luxurieuse chose que le vin et tumultueuse que l'ivresse.»

[125]«Le vin fait apostasier même les sages.»

[125]«Le vin fait apostasier même les sages.»

[126]Armé de dix éperons.

[126]Armé de dix éperons.

[127]«Sans écuyer tranchant ni bouteillier.»

[127]«Sans écuyer tranchant ni bouteillier.»

[128]«Pouls rapide, soufflant, crépitant, irrégulier.»

[128]«Pouls rapide, soufflant, crépitant, irrégulier.»

[129]«De Turin à la fois assiégeant et assiégé.»

[129]«De Turin à la fois assiégeant et assiégé.»

[130]«Comme les abeilles la géométrie.»

[130]«Comme les abeilles la géométrie.»

[131]Contre l'avarice.

[131]Contre l'avarice.


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