Chapter 3

BABAN ou BAMBAN, s. m. Nigaud, dadais, niais, batteur de pavé.As-tu vu ce grand baban qui voulait faire le gentil?Terme suisse-roman et savoisien. VoyezBAMBANER.BABET, s. m.Faire babet.Ce terme d'écolier signifie: S'associer dans un jeu, mettre en commun les gains et les pertes.Qui veut faire babet? Faisons babet ensemble.BABO, s. m. Bobo, petit mal physique, douleur légère.Elle a babo au doigt.Terme méridional, etc.BABOLER, v. n. Bredouiller.Parle donc distinctement, Louise, et ne babole pas.En vieux français,babouleursignifiait: Babillard.BABOLI, s. m. Babillard inepte.BABOUINE, s. f. Babine.BÂCHE, s. f. Fourrage de marais, herbe qui croît dans un terrain marécageux.BACHET ou BACHAT, s. m. Auge, abreuvoir, bassin, pierre ou pièce de bois creusée et qui sert à abreuver les animaux domestiques.Le bachet de Pezay.Terme savoisien, lyonnais et vieux français. Dans le Limousin on dit:Bac.BÂCHEUX, EUSE, adj. Nous appelonspré bâcheuxun Pré qui est humide et marécageux.BACHIQUE, adj. Bizarre, grotesque, comique, original, extraordinaire. Se dit des personnes et des choses.C'était véritablement bachique de les voir danser.Français populaire.BACOUNI, s. m. Batelier. R.bac.BACULO, s. m. Bâtonnet, jeu d'écoliers.Jouer à baculo; jouer au baculo; lancer le baculo.R.baculus.BADE (À LA). Locution très-familière aux campagnards, et qui signifie: En liberté.Être à la bade, être libre.Ils mirent les chevaux à la bade dans le pré. Bon! ne voilà-t-il pas que mon étourdi laisse l'eau à la bade; c'est-à-dire: Laisse le robinet ouvert.BADE (DE), loc. adv. En vain, inutilement.Ne me faites pas venir de bade. Le vent ne court jamais de bade; c'est-à-dire: Amène infailliblement la pluie. En provençal,bada, et en vieux français,bader, signifient: Ouvrir la bouche, béer, faire le badaud, badauder.BADINAGE, s. m. Joujou, jouet, amusette.Une boîte de badinages. Je t'apporte des badinages neufs: tu tâcheras d'en avoir soin.BAFFE, s. f. Coup bien assené, forte tape, giffle. Terme vieux français.BÂFRÉE, s. f. Bâfre, godaille. Terme dauphinois, etc.BAGAR (UN). Une bagarre.BAGNOLET, s. m. Baquet peu profond, mais d'une grandesurface, où l'on dépose le lait, pour que la crême se forme plus aisément. Terme suisse-roman et savoisien.BAGUENAUDEUR, s. m. Baguenaudier, celui qui s'amuse à des bagatelles. Terme français populaire.BAGUETTE DE RIDEAU, s. f. Tringle.BAHIU ou BA-IU, s. m. Bahut, grand coffre, malle énorme. Nous disons au figuré, d'un homme gros et lourd, d'un homme replet et stupide:C'est un gros bahiu. Dans le dialecte rouchi,baïouse dit d'un badaud, d'un imbécile, qui ouvre la bouche pour regarder, et qui regarde autant de la bouche que des yeux. A Rumilly (Savoie), on dit: unbavu.BAIDE ou BÈDE, s. f. Terme des campagnards. Interstice, intervalle.La cheminée fumait beaucoup: on fit une baide à la porte; c'est-à-dire: On l'entr'ouvrit un peu.La pluie est bien forte, attendez une baide pour partir; c'est-à-dire: Attendez une éclaircie.BAIGNER, v. n.La lune baigne; c'est-à-dire: La lune est entourée d'un cercle de vapeurs. Cette expression si connue n'est consignée, je crois, dans aucun dictionnaire.BAIGNER, v. n.Allons baigner! Qui vient baigner?Il faut dire, en employant le pronom personnel: Allons nous baigner. Qui vient se baigner?† BAIGNES, s. f. pl. Bains.La saison des baignes.BAÎLLÂ, s. m. Bâillement. A Neuchâtel on dit: unbaîlle.BAILLARJAUD, s. m. Pansu, qui a une panse rebondie.BAÎLLER, v. n.Baîller aux corneilles, signifie: Avoir la bouche ouverte et regarder niaisement. Écrivez Bayer aux corneilles, et prononcezbé-ié aux corneilles.BAIN-MARIN, s. m.Réchauffer une soupe au bain-marin.Dites: Au bain-marie. A Neuchâtel on dit:Au bain mari.BAISER (LE).Le baiser d'un pain.Dites: La baisure, ou le biseau; c'est-à-dire: L'endroit par lequel un pain en a touché un autre dans le four.BAÏU, s. m. VoyezBAHIU.BALAI, s. m.Pêcher au balai.Dites: Pêcher au torchon.BALALÂME ou BALALARME, s. m. Se dit d'un gros meuble antique et massif.Ôtez-moi ce grand balalâme de fauteuil.BALAN, s. m. Balançoire, escarpolette. Au sens figuré ce mot signifie: Incertitude, irrésolution.Être en balan, ouÊtre sur le balan, veut dire: Être incertain, être en balance, flotter entre deux projets.Je suis en balan si je partirai demain.Expression méridionale.BALANCES (DES). Dites: Une balance, quand il ne s'agit que d'un seul instrument à peser. «Ajuster une balance; nettoyer les bassins d'une balance. L'hôtel de la Balance.»BALANDRIER, s. m. Garde-fou, barrière, galerie. On lit dans lesChroniquesde Michel Roset: «Ils composèrent une graisse comme leurs prédécesseurs, et engraissèrent les verrouils des portes et lesbalandriersdes rues et places où on soûlait s'appuyer.»† BALIER, v. a. Balayer.Balier le colidor; balier la montée.Terme français populaire et vieux français.BALIURES, s. f. pl. Balayures.La seille aux baliures.BALME, s. f. Caverne, grotte naturelle dans les rochers.La balme du Démon et la balme de l'Ermitage dans le mont Salève; la grotte de Balme entre Cluses et Sallanches.En Provence et en Languedoc,baumea le même sens.BAMBAN, s. m. Fainéant, flâneur.BAMBANER, v. n. Baguenauder, muser, flâner bêtement, aller à l'aventure à droite et à gauche sans suivre de route certaine.Se bambaner, v. pron., a le même sens.Pourquoi veux-tu que j'aille me bambaner par cette promenade?A Lyon,bambanesignifie: Homme lent, homme indolent et lâche.BAMBILLER, v. n. Pendiller, brandiller.Qu'est-ce que je vois bambiller à cette fenêtre?Terme suisse-roman et savoisien.BAMBILLON, s. m. Chiffon qui pendille. Nos campagnards appellent aussibambillonle fanon de la vache.BAMBINER, v. n. Muser, comme font d'ordinaire lesbambins, s'arrêter dans les rues et sur les chemins.BAMBOCHE, s. f. Ribote, grande bombance.Faire bamboche; faire une bamboche. Quelle fameuse bamboche c'était!Les dictionnaires n'emploient ce mot qu'au pluriel. «Faire des bamboches; il continue à faire ses bamboches.»BAMBOCHE, s. f. Souliers de lisières, souliers fourrés, pantoufles, babouches.Bambocheest un mot connu dans les trois quarts de la France.BANASTRE, s. m. Importun, fâcheux, personnage ennuyeux et assommant.Qui nous délivrera de ce banastre?En vieux français,banastreveut dire: «Panier.»BANC DE BOUCHER, s. m. Étal.BANC DE LAVANDIÈRE, s. m. Batte, selle, petit banc à quatre pieds, qui se place au bord de l'eau et sur lequel les blanchisseuses savonnent et battent le linge avec un battoir.BANC DE MENUISIER, s. m. Établi. Ces trois dernières expressions sont fort usitées dans la Suisse romane, en Savoie et dans le Midi.BANDE, s. f. Maillot.Enfant à la bande.BANDOULIÈRE, s. f. Marmotte, mentonnière, mouchoir passé en bande autour de la tête.Puisque tu souffres des dents, mets-toi une bandoulière.BAN-NER, v. n. Terme culinaire. Languir.Ne laisse pas ta viande ban-ner près du feu.On dit plus souvent:Bon-ner.BANQUE, s. f. Comptoir, table à compter, table à serrer l'argent.S'asseoir à la banque. Les voleurs crochetèrent les tiroirs de la banque.Terme suisse-roman.BARA, s. m. Petite boîte, en forme de baril, destinée à recevoir de l'argent ou des rouages d'horlogerie.BARACAN, s. m. Bouracan, sorte de gros camelot.BARAQUETTES, s. f. pl. Souliers minces pour la danse, escarpins.BARAQUIN, s. m. Petite gamelle que les soldats ajustent et portent derrière leur havre-sac.BARBADIAN, s. f. Salsifis sauvage, plante de rebut appelée aussi Barbe de bouc et Barbouquin. Nous disons d'une chose ou d'une personne dont nous ne faisons aucun cas:C'est de la barbadian; ce n'est que de la barbadian; c'est-à-dire: C'est moins que rien.Barbe-à-Dianest un mot patois qui signifie: «barbe de Jean.»BARBICHON, s. m. Terme dérisoire. Adolescent, jeune homme qui a une barbe naissante. Français populaire.BARBOT, s. m. Les campagnards appellentraves au barbotles raves bouillies. Ce mot est très-ancien chez nous, puisqu'on le trouve déjà dans laChanson de l'Escalade(1602). Voyez le motBARBOTER, no2.BARBOTER, v. a. et n. Marmotter, parler entre les dents.Que nous barbotes-tu là?Terme picard, provençal et vieux français. «Barboter» est français dans une acception différente.BARBOTER, v. n. Se dit d'un liquide qui cuit à gros bouillon. Dans le patois vaudois on dit:Barbotàetborbotà.BARBOUILLON, s. m. Homme sans tenue et sans parole, homme qui a son dit et son dédit; homme, par exemple, qui revient sur un marché conclu verbalement, ou sur une promesse qu'il a faite de bouche.N'ayez rien à faire avec ce Rigollet: c'est un barbouillon.Terme suisse-roman et savoisien.BARBUE, s. f. Terme rural. Provin avec sa racine. En Dauphiné,barbasa le même sens. R.barbe.BARETTE, s. f. Serre-tête, sorte de coiffe.BARFOU et BARFOLET, s. m. Terme de pêche. Sorte de filet à mailles serrées. Une ordonnance de 1797 défendit de pêcher avec ce filet.BARGAGNER, v. n. Barguigner, hésiter.BARGUIGNER, v. n. Nous disons quele temps barguigne, pour signifier que le temps est douteux, et que l'on ne saurait prévoir s'il pleuvra ou s'il fera beau. En français, «Barguigner» ne se dit que des personnes, et signifie: Hésiter, avoir de la peine à se décider, marchander.BARICOLAGE, s. m. Bariolage.BARICOLÉ, adj. Bariolé.Habit baricolé; robe baricolée.Terme savoisien et lyonnais. Dans le canton de Vaud on dit:Baridolé.BARICOLER (SE), v. pron. S'attifer, se parer mignardement.BARJAQUE, s. et adj. fém. Babillarde, bavarde, causeuse éternelle. Terme suisse-roman, savoisien et méridional.BARJAQUER, v. n. Caqueter, bavarder, babiller à outrance et indiscrètement. En provençal on dit:Barjka.BARJAQUERIE, s. f., et BARJACAGE, s. m. Caquet, babil incessant.† BARON-MÊTRE, s. m. Baromètre.Consulter le baron-mêtre.Prononciation de nos campagnards.BAROT, s. m. (obref.) Camion, haquet, charrette basse pour le transport des marchandises. Terme vieux français, usité dans diverses provinces du nord de la France.BAROTTE, s. f. Brouette, tombereau.Mener la barotte; traîner la barotte.BARRE. C'est le nom d'un jeu gymnastique fort connu. On dit en France: «Jouer aux barres,» et en Suisse:Jouer à barre.BARRER, v. a. (fig.) Serrer.Avoir l'estomac barré. Lerécit de cet affreux accident lui avait barré l'estomac.Expression méridionale.BARRICADE, s. f. Fête, collation que les paysans donnent à l'épousée au sortir de l'église.Faire une barricade.BARRIÈRE D'ESCALIER, s. f.Descendez avec précaution, et tenez-vous à la barrière.Le mot français est «Rampe.» «Tenez-vous à la rampe.»BARRIQUE (UN). Dites: Une barrique.BARTAVELLE, s. f. En français, ce mot se dit d'une grosse perdrix rouge. Nous l'employons pour désigner un grand causeur, un babillard.BAS, adv.Se jeter bas du lit; sauter bas d'un cabriolet. Dites: Se jeter à bas du lit; sauter à bas d'un cabriolet.BASANE, s. f. Surnom dérisoire donné aux soldats de l'ancienne garnison.† BASELI ou BASELIC, s. m. Plante de jardin.Un vase de baseli.En Languedoc on dit:Bazéli; à Lyon,baselic. Il faut écrire et prononcer «Basilic.»BASOTER, v. n. Balbutier, hésiter, barguigner.Tu es là à basoter au lieu de répondre. Il n'y a pas à basoter, ni à tortiller.BASOTTEUR, EUSE, s. Celui ou celle qui hésite, qui balbutie, qui barguigne. Se prend toujours en mauvaise part.BASQUE (UN). Un bâtard. Au féminin,une basque. Terme vaudois.BASSEUR, s. f.La basseur des eaux.Expression utile, mais peu usitée.BASSIN, s. m. Homme ennuyeux, homme fatigant, hommesciant.Ce bassin de Z. Z** nous aborda et nous embêta. Personne ne pouvait tenir avec ce bassin.BASSINANT, ANTE, adj. Ennuyeux, fort ennuyeux, fort désagréable. Se dit des personnes et des choses.Individu bassinant; route bassinante; travail bassinant.BASSINE, s. f. Brasier, espèce de bassin de métal où l'on met de la braise pour réchauffer une chambre, un magasin, un cabinet.Bassine à anse. Ébraiser la bassine. La bassine les a entêtés.Le mot de «Bassine» est français, mais dans une acception un peu différente.BASSINER, v. a. Ennuyer, fatiguer, être à charge.Va-t'en, tu me bassines. Tout le monde s'est bassiné à cette soirée. Ça me bassine bien d'avoir à sortir par cette pluie.Expression triviale. En Lorraine,bassiner quelqu'unsignifie: Lui faire charivari.On l'a bassiné trois jours de suite.[VoyezJ.-F. Michel,Dictionnaire des expressions vicieuses usitées en Lorraine, p. 19.]BASSINET, s. m.Cracher au bassinet.Dites: Cracher au bassin; c'est-à-dire: Boursiller à contre-cœur, contribuer forcément. R.bassin, plat où l'on reçoit les offrandes à la messe; plat destiné aux cueillettes.Bassinet, petit plat, petit bassin.BATAILLE, s. f. Batterie, querelle où il y a des coups donnés.Une bataille de cabaret. Une bataille entre gamins.BATAILLE, s. f. Nous appelonsSoupe à la bataillece qu'on appelle à Paris: «Potage à la julienne.»BATAILLER (SE), v. récip. Se quereller.Mes petits amis, ne pourriez-vous pas vous amuser sans vous batailler?«Je dirai, comme je le crois, que la paix vaut mieux que la liberté; qu'il ne reste plus d'asile à la liberté sur la terre que dans le cœur de l'homme juste, et que ce n'est pas la peine dese bataillerpour le reste.» [J.-J. Rousseau,Lettre à M. Moultou, du 7 mars 1768.]Se bataillern'est pas dans les dictionnaires. On dit: «Batailler,» v. n.BÂTARD, s. m. Longue et grosse scie.BÂTE, s. f. Terme de couturière. Troussis.Cette robe est trop longue, on y fera une bâte.BÂTIULE, s. f. Terme des campagnards. Sac plein de semence,qu'un semeur porte en bandoulière lorsqu'il ensemence un champ. A Rumilly (Savoie), on dit d'une personne qui a le bras en écharpe:Elle a le bras en bâtiule.Bâtiuleest un diminutif de «Bât.»BATTE, s. f. Sorte d'étoffe grossière de laine.Une robe de batte; une jupe de batte.Terme suisse-roman.BATTIORER, v. a. Briser les tiges du chanvre ou du lin pour détacher la filasse de la chènevotte. Terme vaudois et savoisien. R.battre.BATTIORET, s. m. Broie, instrument qui sert à briser les tiges du chanvre ou du lin.BATTRE, v. a.Ne pas battre le coupest une expression familière qui signifie: Ne s'occuper à rien, être désœuvré, fainéanter.BATTRE À FROID, (fig.) Battre froid, être froid, témoigner de la froideur ou de l'indifférence.Je rencontrai hier Janeret au café, et je battis froid avec lui.Dites: «Je rencontrai hier Janeret au café, et je lui battis froid.»BATTRE À LA GRANGE. Battre en grange.BATTRE ATOUT. Terme du jeu de cartes. Faire atout, jouer atout.BATTRE BRIQUET. Dites, avec l'article: BattreLEbriquet. «Plusieurs battirent le briquet et allumèrent le cigare.» [Ch. Nodier,Souvenirs et portraits.]BATTRE LA VIANDE. Mortifier la viande.Du bœuf bien battu. En Angleterre on bat la viande bien plus et bien mieux que chez nous.BATTUE, s. f. Babeurre, lait qui reste après qu'on a fait le beurre. Terme vaudois, fribourgeois et savoisien. Dans le Valais on dit: Dubattu.BAUCHE ou BÔCHE, s. f. Terme du jeu de boule. Pierre faisant l'office de boule.Jouer à la bauche.Dans plusieurs villages de notre canton, dans le Jura et dans le midi de laFrance,bauchesignifie: «Boule.»Jouer aux bôches(jouer à la boule).BAUCHER, v. a. Débuter, c'est-à-dire: Ôter, chasser avec sa boule celle de son adversaire.Bauche-moi cette boule; bauche-la en place.Terme vaudois, savoisien, lyonnais et méridional.BAUME. Nom propre, qui n'est usité que dans cette locution adverbiale:Pas plus que de Baume; c'est-à-dire: Pas du tout, point du tout, absolument pas.Tu voudrais que je m'inquiétasse des cancans de nos commères? En vérité, je ne m'en soucie pas plus que de Baume. Penses-tu qu'il pleuve ce soir?—Ce soir? Pas plus que de Baume.Selon leGlossairede Gaudy, cette locution tire son origine du nom deLa Baume, qui fut le dernier évêque de Genève, à l'époque de la Réformation. Mais un fait qui pourrait infirmer cette explication, c'est que d'autres cantons de la Suisse française emploient aussi ce proverbe.BAVARD, s. m. Nous employons fréquemment ce mot dans le sens de: Railleur, moqueur, persifleur.Croyez-vous, Monsieur, que je me prenne à vos compliments? On sait assez que vous n'êtes qu'un bavard.BAVARDAGE, s. m. Moquerie, raillerie.BAVARDER (SE), v. pron. Se moquer, se railler.Ces malicieuses filles se bavardaient des passants.Nous disons, dans le même sens,bavarder, v. n.Vous étiez tous là, comme de grands nigauds, à ricaner et à bavarder.BAVERON, s. m. Bavette, serviette d'enfant qu'on attache sous le menton. Terme français populaire. On disait en vieux français:Baverette.BAYU, s. m. VoyezBaïu.BÉ-À-BA, s. m.Être au bé-à-ba, signifie: N'en pouvoir plus, être à quia, être réduit aux dernières extrémités. On le dit d'une personne fort malade. On le dit surtout d'unhomme à qui le mauvais état de ses affaires ne laisse plus de ressources et qui est aux derniers expédients. Terme suisse-roman et savoisien.BEAUCOUP, adv. Bien, fort, fortement.Je crois beaucoup à un orage pour ce soir. Dans notre cercle on croit beaucoup à la paix.Français populaire.BÉBÉ (UNE). Une nigaude, une niaise qui est toujours bouche béante. Dans le dialecte limousin on dit: Unebêbio, et en Picardie, unebébette.BEC-À-CORBIN, s. m.Canne en bec-à-corbin.Dites: Canne en bec de corbin.Corbin, en vieux français, signifie: «Corbeau.»BECFI, s. m. Bec-figue.Le passage des becfis. Tirer des becfis.Terme savoisien, bressan, lyonnais, etc.BÉCHÉE, s. f.Donner la béchée.Terme français populaire et vieux français. Dites: Donner la becquée.BÉCHET, s. m. Trou fait à la glace dans un lieu propre à patiner.Prendre béchet, se dit d'un patineur qui s'enfonce dans l'eau.Il a pris béchet jusqu'au cou.En vieux français,béchetoubaichetsignifie: «Brochet.» Or comme, à Genève, on patine le plus souvent sur des fossés qui contiennent des brochets, on a dit, en plaisantant:Il prend le béchet, il prend béchet, pour: «Il s'enfonce dans l'eau.»BÉCUIT, s. m. Échauffement provenant d'une écorchure.Avoir le bécuit.Dans le patois vaudois,békouése dit d'un enfant au berceau dont la peau est écorchée.BEGNULE, s. f. (Prononcezbe-niule.) Femme ou fille sotte, maladroite, sans capacité ni énergie.BÉGUER, v. n. Bégayer.Je crois vraiment qu'elle bègue; on dirait qu'elle bègue.Terme lyonnais, picard, normand, etc.BEGUINE ou BÉGUINE, s. f. Bavolet, sorte de coiffe detoile que portent nos paysannes, principalement celles qui sont âgées. Terme suisse-roman et savoisien.BELLES HEURES, s. f. pl.Vous venez, Messieurs, à de belles heures.On dit en français: Vous venez à belle heure.BELOSSE, s. f. Prunelle, prune sauvage, fruit du prunelier. Terme suisse-roman, savoisien et vieux français. A Fribourg on dit:Bolosse; à Lyon et dans le Jura,pelosse; en Normandie,bloche. A Reims, on donne aux prunes le nom générique debalosses.BELUES ou BELURES, s. f. pl. Menus copeaux, qui se forment et tombent sous le rabot.Un sac de belues; allumer le feu avec des belues.Ne pourrait-on pas rapprocher le motbelueoubluedu mot français «Bluette?»BELSAMINE, s. f.Semer des belsamines.Terme français populaire. Dites: Balsamine. R.balsamum, baume.† BEL-Z-ET BIEN, loc. adv. Bel et bien.Tout ça est bel-z-et bien. Tout ça est bel-z-et bon, mais ça ne me va pas.Cette liaison et celles depetit-z-à petitet depeu-z-à peune sont pas rares dans notre dialecte populaire.BENAITON, s. m. Corbillon, sébile, paneton, panier d'osier rond, de forme conique et sans anse, pour porter le pain au four. Dans plusieurs provinces de France, ce panier s'appellebanneton; dans la Bresse, dans le Mâconnais et en Savoie, on dit:Benon.BENET, s. m. Écrivez et prononcez «Benêt.» Ce mot, qui rime avecforêt, s'écrivait anciennementbenais.BÉQUE ou BEKKE, s. f. Bout, pointe de quelque corps, et principalement d'un mouchoir ou d'un châle. Ce terme, qui nous vient des campagnards, n'est pas inconnu à nos citadines. Dans le vieux français,béquuoubécuveulent dire: «Pointu.» [VoyezRobert-Estienne,Dictionnaire français-latin, édition de 1605.]BÉQUETTE, s. f. Pied d'alouette, plante.BÉQUILLES, s. f. pl. C'est le nom que nos jeunes campagnards donnent aux «Échasses.»BERCHE, adj. et subst. Brèche-dent. Se dit d'une personne à laquelle il manque une ou plusieurs dents de devant.Elle est berche; il est berche. Connais-tu Isabeau la berche?Terme suisse-roman et savoisien.BERNE, nom propre de ville. Ce nom entre dans plusieurs de nos locutions proverbiales. Par exemple:Nous sommes de Berne, signifie: Nous sommes sauvés, nous n'avons rien à craindre, nous sommes des bons.La justice de Berneest une justice sévère, une justice sans merci.Votre MrN. N*** est tendre comme la justice de Berne.BESINGUE. VoyezBISINGUE.BESOLET, s. m. Hirondelle de mer.BESTIACERIE, s. f. Stupidité extrême, bêtise consommée.BESULE, s. f., ou BESU, s. m. Ces deux noms se donnent indifféremment aux diverses espèces de mouettes, oiseaux de mer de l'ordre des palmipèdes.BESULE, s. f. Terme d'écolier. Petite bille en marbre ou en grès, petitmâpis.BÉTANDIER, s. m. Terme rural, par lequel on désigne cet endroit du fenil où l'on entasse les gerbes après la moisson.BÊTARD, s. m. Lourdaud, maladroit.Un gros bêtard.Terme suisse-roman et lyonnais. Les dictionnaires disent: «Bêta.»BÊTE (UN).Voilà un bête d'homme. Ce village est un bête d'endroit. Je n'ai pas pu achever de lire ce bête de roman.Expressions très-usitées à Genève, et qui ne sont pas plus extraordinaires que les suivantes: Une diable d'affaire, une diable de femme, nous fûmes reçus dans une diable d'auberge: toutes expressions qui figurent dans les dictionnaires.BÊTE, s. f. Nous disons d'une personne que sa famille ou ses amis négligent, délaissent, abandonnent:On ne lui ditpas seulement: Bête, que fais-tu?Expression languedocienne. Les dictionnaires français disent: On ne lui dit pas seulement: Es-tu chien? Es-tu loup?BÊTE NOIRE, s. f. Porc, cochon.Engraisser des bêtes noires.Expression adoucissante, euphémisme des campagnards.BÊTIOLER, v. n. Faire la bestiole, faire la bête, faire des niaiseries, niveler, s'occuper à des riens.Deviens un peu sérieux, François, et ne sois pas toujours à bêtioler.BÊTION, s. m. Nigaud, niais.Quel bêtion d'homme! Le pauvre bêtion veut nous parler politique, et il confond sans cesse Cavaignac et Changarnier. Excusez-le: c'est une tête faible, c'est un bêtion.La Fontaine a dit:Bestion. A Lausanne on dit:Bâtion.BÊTISE (UNE). Une chose de peu d'importance, une misère, un rien.Combien as-tu payé cette canne?—Une bêtise, quelques sous, quelques centimes.BÉTON ou BETTON, s. m. Lait d'une vache qui vient de vêler. Terme vaudois. Les médecins appellent aussibétonle premier lait d'une femme qui vient d'accoucher.BEUFFER, v. n.Le cœur me beuffe, signifie: J'ai le cœur gêné, serré, oppressé.La sauce semblait de la rafe;En la voyant le cœur me savatait,Et je sentais ma fara quibeuffait.[Ch.]BEUFFERIE, s. f. Terme fort trivial, qui signifie: 1oUne lourde bêtise, une balourdise; 2oUne chose ennuyeuse à l'excès.Mieux vaudrait se taire que de raconter des beufferies pareilles. Conviens, Auguste, que ce vaudeville tant vanté n'était qu'une beufferie.BEUGNET, s. m. Beignet.BEURRÉE ou POIRE BEURRÉE. Dites: Un beurré, ou une poire de beurré. Un beurré blanc, un beurré gris.BEURRES (LES). L'argent monnayé, les écus.Avoir des beurres. Palper des beurres.Expression triviale.BEURRIÈRE, s. f. Baratte, vase où on bat le beurre. Terme suisse-roman, savoisien et dauphinois.BEUVONS, BEUVEZ. Dites: Buvons, buvez. Ces formes du verbe «Boire» appartiennent à l'ancien français, et on les trouve encore dans Spon: «Il mangeait etbeuvaitsans que personne le pût empêcher.» [VoyezHistoire de Genève, tome I, p. 236, édition de 1730.]BEVABLE, adj. Buvable.BEZALLER, v. n. Terme des campagnards. Se dit d'un bœuf ou d'une vache que les mouches tourmentent et qui se sauve en sautant et en levant la queue. Il se dit aussi d'un enfant qui se dépite et se mutine. [P. G.]BI, s. m. Biez, ou Bief, canal qui conduit les eaux pour les faire tomber sur la roue d'un moulin.Passer le bi.Terme vieux français.BIAUDER, v. n. Sauter, jouer.Nos enfants biaudaient ensemble; ils ne faisaient que biauder et folâtrer.BIBI, s. m. Terme enfantin. Joujou.BICLE, adj. et s. Bigle, louche, qui a la vue courte.Comment, Gustave, tu n'aperçois pas ce chalet dans les Voirons? Es-tu donc bicle?Terme vieux français.BICLER, v. n. et a. Bigler, loucher.Il braqua son lorgnon et se mit à nous bicler. Bicler l'œil, veut dire: «Clignoter.»BICLŒIL ou BICLE-L'ŒIL, s. m. Celui qui regarde en biglant, en louchant. Terme trivial.BIDODI, BIDOGNOL ou BIDOT, s. m. Niais, simple, innocent; homme d'un esprit faible et borné, homme qui s'abêtit par les excès.Il est dans les bidodis; c'est un vrai bidodi.Terme nouveau.BIDOLION, s. m. Ce mot, connu surtout des campagnards,signifie: 1oVin âpre, vin dur; 2oCidre; 3oPetit bidon.BIEN, s. m. Pour marquer que tout homme dispose avec plus de libéralité du bien d'autrui que du sien propre, nous disons proverbialement:Du bien d'autrui large courroie.L'expression véritable est celle-ci: Du cuir d'autrui large courroie.BIGNET, s. m.Un plat de bignets.Terme vieux français. Dites: Beignet.BIGOUDI, s. m. Espèce de doigt de gant rembourré, autour duquel on roule les cheveux pour des papillotes. [P. G.]BILER, v. n. Courir vite et sans s'arrêter.BILEUX, BILEUSE, adj. Écrivez «Bilieux, bilieuse,» en faisant sonner les deuxi, et ne dites pas:Fièvre bileuse, tempérament bileux, teint bileux.Faute très-répandue en France, en Suisse et en Savoie.BILLARD, s. m. Terme d'écolier. Toupie.Jouer au billard; lancer un billard; entortiller un billard; son billard dormait et ronflait.Dans les trois quarts de la France, ce jouet s'appellemoine. En Provence on dit:Boduffe.BILLET, s. m.Je t'en donne mon billet, est une formule affirmative qui répond à: Je te l'assure, je t'en donne la promesse positive, je t'en donne ma parole.BIOLE, s. f. Bouleau, arbre.Une verge de biole. Menacer un enfant de la biole; lui donner la biole.En Franche-Comté on dit:Biouleouboule. Dans le canton de Vaud,la bioulée, c'est la fouettée.Oui, continue à crier, et tu recevras la bioulée.BIOLES, s. f. pl.Être dans les bioles, signifie: 1oÊtre un peu fou, être un peu toqué; 2oÊtre un peu gris, être entre deux vins.BIOLET, s. m. Extrémité, fin bout d'une branche. S'emploie surtout au pluriel, et en parlant des arbres à fruits.Si tucueilles nos cerises, Arnold, fais bien attention de ne point casser de biolets.BIRON, s. m. Couvet, sorte de chaufferette.BISCOIN, s. m. Sorte de brioche au safran. Dans nos campagnes, on appellebiscoinun petit pain rond que l'on fait pour les enfants avec les derniers restes de la pâte.BISCÔME, s. m. Pain d'épice.Nous tirâmes trois coups à cette loterie de cinquante centimes, et nous eûmes pour tout lot... un biscôme!Terme suisse-roman.BISCÔMIER, s. m. Fabricant debiscômes.BISE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne très-économe:Elle n'ouvre pas son sac de farine quand il fait la bise.BISÉ (ÊTRE). Être assailli par une forte bise.En passant sur les quais du Rhône, nous fûmes bisés d'importance.BISINGUE (DE), ou DE BESINGUE, ou DE BISINGLE, adv. De travers, de biais, de guingois.Cet habit va tout de bisingue. Que t'est-il donc arrivé, Ferdinand, que tu marches tout de bisingue? Avoir les yeux de bisingle.Terme vaudois et franc-comtois.BISQUE, s. f. Dépit extrême.Quelle bisque, quelle fameuse bisque il a eue! Voilà ce qui s'appelle une bisque pommée!BISTOT ou BISTAUD, s. m. Le dernier apprenti dans un bureau, dans un magasin.BLÂCHE, s. f. Fourrage des marais.BLAGUE (UNE). Un blagueur, un hâbleur, un vantard.Va, Jean-Pierre, va, tu n'es qu'une blague.Terme trivial.BLANC, BLANCHE, adj. (fig.) Inutile, qui n'aboutit à rien, qui est sans résultat.Faire une course blanche.Terme méridional. Dans le canton de Vaud on dit:Faire une course en blanc.BLANC, s. m. Nous disons:Saigner quelqu'un à blanc.Les dictionnaires disent: «Saigner quelqu'un au blanc,» ou «jusqu'au blanc.»BLANCHE (LA). Terme des campagnards.On craint la blanche pour cette nuit.Le mot français est Gelée blanche.BLANCHE GELÉE, s. f. Dites: Gelée blanche.Chaque automne les blés noirs souffrent plus ou moins de la blanche gelée.Terme suisse-roman. On dit à Chambéry:Le blanc gel.BLANCHET, s. m. Robe de dessous, ordinairement de laine, qu'on met aux enfants.BLANCHIMENT, s. m. Nous disons:le blanchiment d'un plafond; le blanchiment d'une cuisine; écrire sur le blanchiment; odeur de blanchiment. «Blanchiment» est français; mais le sens genevois n'est pas dans les dictionnaires.BLESSIR (SE), v. pron. Se blossir, devenir blet.BLESSON, s. m. Tache noire qui se forme à la peau, à la suite d'un coup.BLESSON, s. m. Poire sauvage. Terme vaudois, etc.BLESSONIER, s. m. Poirier sauvage.BLETTIR, v. n., et SE BLETTIR, v. pron. Devenir blet.Les poires commençaient à se blettir.Terme dauphinois, lorrain, etc. En français on dit: «Se blossir.»BLEU, BLEUE, adj. (fig.) Surpris, frappé d'étonnement, stupéfait.Oui, notre jeune cousine s'est laissée enlever par un Polonais, et j'en suis bleue.BLOUSIER, s. m. Ouvrier en blouse. Ce terme si connu n'est dans aucun dictionnaire.BOBÈCHE, adj. et s. f. Fille ou femme sotte, niaise, nigaude et maladroite. Voyez le mot suivant.BOBET, adj. et s. m. Niais, sot, inepte, nigaud.Ce garçon est si bobet qu'on l'a exempté, pour cela seul, du service militaire. Le frère et la sœur se valent bien: l'un est un vrai bobet, l'autre une franche bobèche.BOBICHON, s. m. Diminutif debobet.BOBUE, s. f. Oiseau, la huppe d'Europe.BOC ou BOT, s. m. Sorte de petit crapaud, qui est gris sur le dos, avec le ventre rouge.Éclaffer un boc.Les campagnards disent: unbot.Être fier comme un bot. Botse dit en Savoie, en Dauphiné et en vieux français.BOC, s. m.Mettre de la graisse de bocsur une écorchure, sur un très-léger coup, sur une petite entamure à la peau, c'est: Y mettre sa propre salive. Expression facétieuse et dérisoire.Tu t'es piqué au doigt, mon pauvre Élisée, et tu souffres beaucoup; eh bien! mets-y de la graisse de boc.BOC, s. m. Lejeu de bocest une sorte de jeu de cartes, qui n'exige aucune combinaison et où le hasard seul décide. On l'appelle quelquefoisJeu des petits paquets, ouJeu des petits plots.BOCHOT, s. m. Petit tonneau.BOCON, s. m. Petit morceau, bouchée.Je n'en veux qu'un bocon. Tu nous donnes là un bien crouye bocon. Notre Jeannot ne nous écrit que des bocons de lettre. Où allez-vous? disais-je à un mendiant savoyard.—Pauvre Monsieur, me répondit-il, je vais chercher mon bocon.Nous disons proverbialement:Tenir le bocon haut à quelqu'un, pour signifier: Faire qu'une chose lui soit difficile et qu'il ne l'obtienne qu'avec de grands efforts.Crois-tu que MrN** finisse par accorder sa fille à notre Amédée?—Je l'espère; mais il lui tient le bocon furieusement haut.BOILLE, s. f. Mot d'une orthographe difficile, presque insaisissable: il rime avecDe Broglie, et devrait peut-être s'écrireboglie. On appelle ainsi une sorte de hotte en bois de sapin, dans laquelle nos laitières mettent le lait qu'elles transportent à la ville sur leur petite charrette.Une paire de boilles. Laver les boilles.Terme vaudois et savoisien. A Neuchâtel, en Franche-Comté et en vieux français on dit:Bouille.BOIRE, v. a. Nous disons figurément et énergiquement:Boire le sang à quelqu'un, pour signifier: «Le tourmenter, l'excéder de sollicitations importunes.»Finiras-tu, Henri, avec tes demandes? En vérité, tu me bois le sang.BOIRE SUR. Prendre une infusion.Boire sur la camomille; boire sur le tilleul; boire sur la fleur de bonhomme.BOÎTE À GIFFLES, s. f. Se dit d'un cabaret bruyant où les querelles et les batteries sont quotidiennes.BOÎTE DE TONNEAU, s. f. Cannelle, robinet de cuivre ou de buis qu'on met à un tonneau pour en tirer le vin ou toute autre liqueur.BOÎTIER, s. m. Terme de la fabrique d'horlogerie. Monteur de boîtes.BOITON, s. m. Étable à cochons, toit à porcs, porcherie.Nettoyer le boiton.Terme suisse-roman.BOLANT ou BOULANT, adj. m. Ne s'emploie guère qu'en parlant dupain.Un pain bolantest un pain léger, bien levé, bien boulangé.BOLLIOT, BOLLIOTTE, adj. et s. (llmouillés.) Gros, trapu, ramassé.Un petit bolliot; un gros bolliot.Dans le vieux français,beuilluse disait d'un homme ventru. VoyezBOILLE.BOMBONNE, s. f. Sorte de grosse bouteille ou dame-jeanne à l'usage des droguistes. Ce terme, connu dans quelques parties de la France, n'est dans aucun dictionnaire usuel. En français, «Bombe» se dit d'une bouteille de verre ronde, qui n'a qu'un collet fort court.BON-À-DROIT, s. m. Bonne mesure, bonne ration.J'aime bien à me servir chez cette marchande, parce qu'elle me fait toujours bon-à-droit.Terme jurassien.BOMBONAILLE, s. f. Bonbons, grand assortiment de friandises.Je préfère une tranche de pâté à vos meringues et à votre bombonaille.BON COURANT (LE). L'ordinaire, ce qui n'est en son genre ni très-bien, ni très-mal.Ce roman nouveau est du bon courant. Les plaidoyers de notre jeune avocat sont du bon courant, etc. Expression utile et claire, fort usitée chez nous. Les dictionnaires disent: «Le courant des affaires, le courant du marché, le courant du monde,» et rien de plus.BONFOND, s. m. Signifie: 1oUn réjoui, un Roger-Bontems; 2oUn étourdi, un tapageur, un évaporé.BONHEUR, s. m.Du bonheur que, veut dire: «Heureusement que.»Du bonheur que la sécheresse a fini. Du bonheur que l'incendie a eu lieu de jour.«Par bonheur que» est français.BONNE (DE). Nous disons de quelqu'un qui est gai, qui est en train, qui est sur son beau dire:Il est de bonne. En Languedoc on dit:Il est dans ses bonnes; en vieux français,il est en bonne.BONNE-MAIN (LA). Petite libéralité, petite gratification faite à un domestique, à un cocher, à un porte-faix, etc. On dit en français: «Le pour-boire, la pièce.»BON-NER, v. a. Combuger, c'est-à-dire: Remplir d'eau un tonneau ou un autre vaisseau en bois, et les mettre en état de recevoir du vin ou une liqueur quelconque.Bon-ner un cuvier avant la lessive; bon-ner un jarlot.L'action debon-ners'appellebon-nure.Faire une bonnure.BON-NER, v. n. Se dit d'une soupe, d'un légume, d'une viande qui, placée près du feu, cesse de cuire faute de feu, languit et contracte un mauvais goût.Si Madame tarde encore de dîner, sa soupe bon-nera.Nous appelonsgoût de bon-né, le goût que contracte une soupe qui a cuit trop longtemps.BONNETTE, s. f. Sorte de petit bonnet.Bonnette de nuit.Terme méridional.BON OISEAU (LE). Expression adoucissante, euphémisme, par lequel nos paysans désignent «L'épervier,» et en général toute espèce d'oiseaux de proie.BONTABLE, adj. Qui a de la bonté, qui est bienveillant, affable, complaisant, serviable, débonnaire. Terme savoisien et franc-comtois.BONTABLEMENT, adv. Avec bonté, avec affabilité.† BORGNE D'UN ŒIL. Borgne. Terme méridional.BORNE (UN). Une borne.BORNICANT, BORNICANTE, s. Celui ou celle qui a la vue très-basse; celui ou celle qui a les yeux faibles, malades, et qui les cligne au grand jour. A Neuchâtel on dit:Bornicle; dans le Jura,bourniclard, et en Languedoc,bourniquel.BORNU, BORNUE, adj. Creusé, sillonné de fissures, troué plutôt par le laps du temps et par la nature que par la main de l'homme.Pomme de terre bornue; rave bornue; boule bornue; tronc d'arbre bornu; aqueduc bornu.En patois,bornaoubournasignifie: «Trou.» En provençal,bournaveut dire: Creuser, rendre creux.Aqueou roure est tout bourna(ce chêne est tout creusé, tout plein de cavités).BOSCULER, v. a. Bousculer. VoyezBUSCULER.BOSSE, s. f. Grand tonneau de la contenance d'environ 914 litres. Terme vieux français. Dans quelques provinces de France,bossese dit d'un tonneau à mettre le sel.BOSSETTE, s. f. Grand tonneau dont la capacité varie de 17 à 22 setiers, et qui sert principalement à rentrer la vendange.BOT, s. m. (obref.) Crapaud. VoyezBOC.BOTASSER, v. n. Se dit des plantes et signifie: Végéter, rester rabougri. Terme vaudois.BOTASSON, s. m. Rabougri, qui ne croît pas. Se dit des enfants et des plantes. Terme vaudois.BOTET, s. m.Faire botet.S'associer. Terme d'écolier.BOTOLION ou BOTOLIOT, s. m. Nabot, courtaud, trapu.Botoglle, en patois, signifie: «Bouteille.»BOTON, s. m. Terme dérisoire. Bout d'homme, homme d'une taille très-petite, contrefaite et qui apprête à rire.BOUBE, s. m. Jeune bouvier, jeune pâtre. En patois,boubeveut dire: «Enfant.» En allemand,bube(prononcezboube) signifie: Jeune garçon. VoyezBOUÈBE.BOUCANEUR, s. m. Tapageur. «Boucan et Boucaner» sont dans quelques dictionnaires.BOUCHARD, BOUCHARDE, adj. et s. Qui a le visage malpropre, surtout autour de la bouche.Un enfant bouchard. Regarde-toi au miroir, petite boucharde.Terme méridional et vieux français.BOUCHARDER, v. a. Barbouiller, salir le visage.Caïon que tu es, où t'es-tu ainsi bouchardé?BOUCHE, s. f. Bouchoir, grande plaque de fer qui sert à fermer la bouche d'un four. [P. G.]BOUCHÈRE, s. f. Barbuquet, bouton, élevure au bord des lèvres.Laisse donc ta bouchère et ne la touche pas continuellement.Dans le patois provençal on dit:Bousserio; à Lyon,boucharle; en Lorraine,bouque.BOUCHON (À), adv. VoyezÀ BOUCHON.BOUCLER, v. a. (fig.) Conclure, terminer. Se dit surtout en parlant d'un achat, d'une vente, d'un marché, d'une transaction quelconque, et se joint le plus souvent au motaffaire.L'affaire est bouclée; elle va se boucler. Nous aurons bientôt bouclé cette affaire.Expression heureuse, que je ne trouve dans aucun dictionnaire, ni dans aucun glossaire.BOUDINS, s. m. pl. Nous disons:Manger des boudins; faire griller des boudins, etc.Il faut dire au singulier: Manger du boudin, faire griller du boudin. Dans le langagedes écoliers,Saigner des boudins, saigner les boudins, faire les boudins, signifie: Saigner du nez, saigner par le nez,boudiner.BOUÈBE ou BOËBE, s. des 2 genres. Fils ou fille d'un tel.Où est ton bouèbe, voisine? Voyez donc cette bouèbe, qui va se fourrer dans la pétrissoire!Ce mot nous vient probablement du canton de Vaud, et ce canton l'a reçu des Suisses allemands. Dans le patois de la Lorraine,buôbeveut dire: «un garçon.» En allemand,bube.BOUELLE ou BOÈLE, s. f. Ventre, panse. Dans le vieux français,boëloubouèlesignifient: Boyau, intestins.BOUER, v. a. Crotter, couvrir de boue, embouer.Maladroit que tu es, tu m'as boué. Se bouer, v. pron. Se crotter.BOUFFAILLE, s. f. Grande bombance, repas copieux.Faire une bouffaille.BOUFFAILLER, v. n. Augmentatif de Bouffer.Il n'aime qu'à bouffailler. Il ne pense qu'à bouffailler.BOUFFEUR, s. m. Bâfreur, glouton.BOUFFISURE, s. f. Écrivez et prononcez «Bouffissure.»BOUGER, v. n. Nous disons de quelqu'un qui, par frayeur, demeure immobile:Il n'ose ni bouger, ni griller. Elle voyait le voleur se glisser dans la salle voisine, et, blottie dans l'angle du mur, elle n'osait ni bouger, ni griller.BOUGER, v. a. Remuer, ôter de sa place, changer de sa place.Bouger une table; bouger un canapé: phrases vicieuses, puisque le verbebougern'est pas actif. On ne doit pas dire non plus:Se bouger, pour: Se remuer, se déplacer, changer de place.Bouge-toi de là, paresseux! Te bougeras-tu quand je te parle?Terme gascon et vieux français.BOUGILLER, v. n. Bouger sans cesse.L'ennuyeux enfant, qui ne fait que bougiller! Auras-tu bientôt assez bougillé?Terme savoisien.BOUGILLON, BOUGILLONNE, adj. et s. Mièvre, qui change toujours de place, qui ne peut se tenir en repos, qui est incommode par ses perpétuels déplacements.Faire le bougillon. Tu es bien bougillonne, Alexandrine. Votre jeune écolier est un enfant étourdi et bougillon.M. Bescherelle, qui a recueilli ce mot, ne le donne que comme substantif; nous l'employons fréquemment comme adjectif.BOUGILLONNAGE, s. m. Action debougiller.BOUGILLONNER, v. n. Se dit des personnes, principalement des enfants, et signifie: Être dans un mouvement continuel et fatigant.BOUGNET, ETTE, adj. Se dit des enfants et signifie: Joli, gentil, mignon. Voyez le mot suivant.BOUGNON, adj. et s. des 2 genres. Joli, gentil, mignon.Un bougnon d'enfant. Cette petite est bougnon. Quel bougnon que votre Amélie!BOUÏE, s. f. Petite lessive.Tu fais la lessive, Madelon?—Non, Madame, ce n'est qu'une bouïe.Les motsBouïeetbuiese disent en Suisse, en Savoie, en Bourgogne et dans le Lyonnais;bouayeouboaïese disent dans les Vosges; enfin le vieux mot debuéeest encore d'un fréquent usage dans plusieurs provinces du nord et de l'orient de la France.BOUILLIR, v. n. et a. Ce verbe est estropié dans les phrases suivantes:Quand ma servante me répondait avec ce mauvais ton, je bouillissais(je bouillais).Eh bien, Jacqueline, qu'attendez-vous là, plantée comme une idoine?—Pardine, Madame, j'attends que ce maudit coquemar bouillisse(bouille).—Eh! ne voyez-vous pas qu'il bouillit(qu'il bout),et que moi aussi je bouillis d'impatience(je bous d'impatience)en voyant vos patetages?BOUILLON, s. m. Pluie, grosse pluie, averse.Nous allons avoir du bouillon.A Rennes,mettre les pieds dans le bouillon, signifie: Mettre les pieds dans la crotte.BOUILLON À LA REINE, s. m. Lait de poule.Prendre un bouillon à la reine.Terme languedocien, etc.BOUILLON BLANC. Breuvage empoisonné.Elle fit tout doucettement prendre au cher homme un bouillon blanc,... et ni vu ni connu.On dit en français, dans le même sens: Administrer un bouillon d'onze heures.BOUILLON POINTU, s. Lavement. Français populaire.BOUION, s. m. Petite lessive, petitebouïe.BOULANT, adj. m. VoyezBOLANT.BOULE, s. f. Nous disons figurément:Perdre la boule, pour: Perdre la tête, se troubler dans un discours, perdre le fil de ses idées.Avant l'audience, il parlait crânement et avec un flux de paroles; arrivé devant le juge, il perdit la boule, et balbutia.Expression signalée aussi dans leDictionnaire jurassiendeM. Monnier.BOULE, s. f. Nous disons figurément:Tenir pied en boule, pour signifier: Être assidu, être appliqué. On dit en français: Tenir pied à boule.BOULEVARI, s. m. Grand bruit, grand tapage, grand désordre.Un boulevari assourdissant.Terme français populaire. A Reims on dit:Houlvari. Le dictionnaire de l'Académie dit: «Hourvari.»BOULI, s. m.Du bouli; un bon bouli.Terme français populaire. Écrivez et prononcez «Bouilli,» en mouillant lesll.BOURANFLE ou BOURENFLE, adj. Enflé, bouffi.Un visage bouranfle; des joues bouranfles. Tu es aujourd'hui un peu bouranfle.Terme suisse-roman et savoisien. En provençal,boudenfle; dans le dictionnaire de Cotgrave [édition de 1650], on trouvebourranflé.BOURDIFAILLE, s. f. Sorte de pâtisserie.BOURDIFAILLE, s. f. Femme sans tête, femme étourdie et négligente. Dans l'Album de la Suisse romane, tome I, page 122, MrJ.-Fr. Chaponnière a tracé un spirituel portraitde laBourdifaille. Nous y renvoyons nos lecteurs.Bourdifaiho, en provençal, veut dire: Ravauderies, bagatelles, guenilles, rebuts. A Neuchâtel,bourdifailleest synonyme de «Canaille.»BOURGUIGNÔTE, s. f. Bourguignonne, paysanne du Jura.Votre dame est aussi marchandeuse qu'une bourguignôte.On disait dans le vieux français:À la Bourguignôte, pour signifier: A la façon des Bourguignons.BOURI! BOURI! Cri dont on se sert dans nos basses cours pour appeler les canards. En Normandie et dans le vieux français,bourresignifie: «Canard;» dans le patois lorrain on dit:Bouorre. Dans le patois vaudois,bouritaest le nom de la femelle du canard.† BOURIAUDER, v. a. Tourmenter, faire souffrir.BOURILLON, s. m. Nombril. Dans le patois du Jura on dit:Berelion; dans le patois de la Bresse,beurelion. Dans le dialecte languedocien,bourillonsignifie: «Bourgeon.»BOURNEAU, s. m. Nous appelonsbourneau: 1oLe tuyau de bois, de grès ou de terre cuite, destiné à conduire l'eau à une fontaine; 2oPar extension, la fontaine elle-même.Le bourneau du Molard. La conche d'un bourneau. Tomber dans le bourneau. Changer les bourneaux. Les bourneaux sont arrêtés.Terme suisse-roman et savoisien. Dans le midi de la France et en vieux français,bourneaua le sens de Tuyau de grès ou de terre cuite.BOURRAIN, s. m. Brisures de menu bois, menues parcelles qui se détachent des fagots entassés dans un grenier.Une poignée de bourrain. Ramasser du bourrain.En français,bourréesignifie: «Bois menu et mauvais.» A Rennes, les balayeurs s'appellentdes bourriers.BOURRATIF, IVE, adj. Se dit d'un mets qui bourre et rassasie promptement.Nos matafans et nos châchauds à la drachée sont bourratifs.Terme un peu trivial.BOURREAUDE, s. f. Femme qui se livre à des actes de cruauté.Voyez cette bourreaude qui va noyer elle-même son chat.BOURREAUDER, v. a. Faire souffrir, tourmenter.Bourreauder un chien; bourreauder un lapin. Bourreauder un petit enfant.Terme suisse-roman et savoisien, connu aussi dans le nord de la France.Bourreauder une poupée, c'est: La gâter, l'abîmer. En Franche-Comté,bourreauder un ouvrage, c'est: Le bousiller, le faire avec précipitation et sans soin.BOURREAUDEUR, BOURREAUDEUSE, s. Se disent quelquefois pour: Bourreau,bourreaude.BOURRÉE, s. f. Fougade, travail acharné mais court; effort considérable, mais qui dure peu.Travailler par bourrées.En Languedoc on dit:Bourrade; donner une bourrade. A Rumilly (Savoie),une bourrée de mal de ventre, c'est: Une douleur violente, mais courte, de mal de ventre.BOURRÉE, s. f. Bourrade, rebuffade, réprimande faite avec humeur, avec dureté et avec une sorte d'éclat.Faire une bourrée.«Bourrer» est français dans le sens de Tancer durement et en élevant la voix.BOURRER, v. a. Pousser rudement après soi.Bourrer les portes.BOURRIQUE (UN).Le bourrique se mit à galoper et l'enfant tomba.Bourrique est féminin.BOURROCHE, s. f. Plante potagère.Sirop de bourroche.Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Bourrache.»BOURTILLE, s. f. Sous-bois.BOUSINER, v. a. Tracasser, ennuyer, chiffonner, vexer.Laisse-moi, Gaspard, tu me bousines. Lequel, de vous autres, voudrait s'en retourner avec moi? Je me bousine ici.Terme trivial, qui appartient au français populaire.BOUTE-ROUE, s. m. Borne qu'on établit au coin ou le long des rues et des chemins.Heurter contre un boute-roue.Terme connu dans le Berry et ailleurs. En Dauphiné on dit:Un butte-roue; en Savoie,un chasse-roue.BOUTIFAILLE, s. f. Mangeaille, victuailles, vivres, provisions de bouche. [P. G.]BOVAIRON, s. m. Jeune gardeur de vaches, petit bouvier. On donne quelquefois le nom debovaironneaux gardeuses de vaches.BRAFFE, s. f. Labraffeest une femme qui fait les choses vite et mal; une femme qui cause beaucoup, s'agite et se trémousse pour des résultats insignifiants et chez laquelle on ne trouve d'ordinaire ni économie, ni ordre, ni tenue, ni propreté. Ce mot debraffe, emprunté à nos campagnards, vient du motbrasse(indicatif du verbe «Brasser»), les lettresssousse changeant fréquemment enfdans notre patois. Unebraffeest donc celle qui aime àbrasserbeaucoup d'affaires. A Chambéry on appellebrasse-femmecelle qui est toujours en mouvement. Dans nos Alpes,brassase dit d'une femme qui se mêle sans nécessité des affaires d'autrui.BRAILLÉE, s. f. Cris, paroles prononcées en braillant.Tu m'essourdelles avec tes braillées. Brailléeest quelquefois synonyme de Gronderie.Peu à peu il se fâcha et nous fit une braillée.BRAISES (DES). Ce mot ne s'emploie pas au pluriel. On ne dira donc pas:Le fayard fait des braises excellentes. Notre soupe versa dans les braises. Étouffer des braises.Dans ces exemples, et exemples semblables, mettez le singulier.BRAMÉE, s. f. Cri, hurlement.Faire des bramées. Pousser des bramées.BRAMER, v. n. Crier, hurler, parlant des personnes. Terme vaudois, dauphinois, etc. En français, «Bramer» ne sedit que du cerf. En Languedoc:Bramer, et dans notre patois,bran-ma, se disent du beuglement des vaches et des bœufs.BRAND ou BRANT, s. m. Bande de papier soufré qu'on brûle dans les futailles pour fortifier le vin. En allemand:Brand.Ce vin est bon, mais il a un goût de brand.BRANDE, s. f. Hotte faite de douves, hotte de bois pour porter la vendange, le vin, l'eau ou d'autres liquides.Les bretelles d'une brande.Terme suisse-roman et savoisien. A Fribourg on dit:Brente; en Provence,brindo.BRANDÉE, s. f. Le contenu d'unebrande.BRANDENAILLES, s. f. pl. Terme de pêcheur. Blanchaille, menu fretin, petites perches,perchettes.BRANDER, v. a. Faire brûler dans une futaille un papier soufré. VoyezBRAND.BRANLETTES, s. f. pl. Échalottes, ciboulettes, espèce d'ail.Cueillir des branlettes.Terme suisse-roman.BRANQUER, v. a. Braquer.Branquer un canon; branquer une lunette.Terme suisse-roman.BRAQUE, s. m. Vantard, hâbleur, blagueur. «Braque,» en français, veut dire: «Étourdi, inconsidéré.»BRASAILLE ou BRAISAILLE, s. f. Menu charbon, poussier de charbon de bois. Dans le canton de Vaud on dit:Braisetteoubrasette.BRASSE, s. f. Brassée, nagée, espace que parcourt un nageur par un seul mouvement de ses bras et de ses jambes.Notre fils commence à savoir nager: il fait douze brasses de suite.BRASSE (LA). Les bras, le courage, la force.Couper la brasse; ôter la brasse. Tes histoires de champs de bataille et d'hôpitaux m'ont coupé la brasse.Expression connue dans le canton de Vaud.BRASSE-CORPS (À), loc. adv. À bras-le-corps, c'est-à-dire:«À bras (qui entourent) le corps.»Ils se prirent à brasse-corps.Français populaire.BRASSÉE, s. f.Se battre à la brassée, signifie: Lutter, se prendre corps à corps avec quelqu'un pour le terrasser.BRASSER, v. a.Brasser la boue, signifie: Marcher dans la boue, patauger, barboter. A Neuchâtel on dit:Brasser dans la boue.BRASSER LES CARTES. Mêler les cartes.BRASSEUR DE BIÈRE, s. m. Brasseur.Ils se donnèrent rendez-vous chez le brasseur de bière.Cette faute nous vient de la Suisse allemande.Bierbrauersignifie littéralement: Brasseur de bière.BRASSERIE DE BIÈRE, s. f. Brasserie.BRAVE, adj. Joli, joliet, mignon, grassouillet. En français, «Brave,» appliqué aux enfants, signifie: Bien paré, vêtu avec soin. [Acad.]BRAVET, ETTE, adj. Joli, gentil, mignon.Que notre Élisa était bravette avec son chapeau rose!Terme dauphinois, languedocien, etc.BRECAILLON ou BROCAILLON, s. m. Dénomination dérisoire donnée aux soldats de l'ancienne milice, et, par extension, à tout fantassin qui est mal équipé. Ce terme a vieilli. En français,briquaillonsignifie: Vieux restes d'un pot cassé, objet de rebut.BREDOUILLE, s. f. et adj. Celui ou celle qui fait les choses à l'étourdie, sans exactitude et sans soin. En Dauphiné et en Lorraine,bredouillese dit d'une personne qui ne parle pas distinctement.BREDOUILLON, s. m. Diminutif debredouille.† BREGANTIN, s. m. Brigantin, sorte de barque.BREGAUSSER ou BREGAUCHER, v. n. Tracasser, ranger, nettoyer dans un appartement.BREGOLET, s. m. Roulette d'enfant, machine roulante oùles enfants se tiennent debout lorsqu'ils commencent à faire quelques pas.BREGON, s. m. Se dit d'une domestique active et bruyante, d'une domestique toujours en action, toujours agitée.Justine est un bon bregon.BREGONNER et BREGOUNER, v. n. Faire du bruit en se trémoussant dans les diverses occupations du ménage.Nous l'entendîmes bregonner toute la nuit. Elle bregonnait dans la chambre avoisinante, et nous empêchait de dormir.Ce terme et les trois précédents tirent leur origine du motbrego, qui, dans le patois vaudois signifie: Rouet, machine à roue dont on se sert pour filer, et dont le bruit devient souvent importun.BRELAIRE (UNE). Une tête légère, une personne évaporée, un étourneau.Il oublie tout, il embrouille tout: c'est une brelaire, c'est une tête de brelaire.Dans les cantons de Vaud et de Fribourg,brelairesignifie: Fantaisie, caprice, lubie, idée bizarre.Avoir une brelaire; une brelaire lui a passé par la tête.BRELANCHER, v. n. Vaciller, locher, chanceler, branler, n'être pas bien ferme.Notre Jacques avait trop bu et il commençait à brelancher. Mes enfants, cottez donc votre table, vous voyez bien qu'elle brelanche. Brelancherest probablement un diminutif de «Branler,» v. n.BRELAUDES ou BRELÔDES, s. f. pl. Lambeaux, pièces, loques.Il avait un chapeau gras et percé, et son habit s'en allait tout en brelaudes.Terme connu dans le canton de Vaud. Au sens figuré,avoir la tête en brelôdes, veut dire: Avoir la tête fatiguée et souffrante.BRELAUDÉ, ÉE, adj. Qui est gâté, qui est déchiré, qui s'en va enbrelaudes. Voyez ce mot.BRELINGUE, s. f. Mauvaise voiture. En français, «Berlingot» signifie: Berline.BRELINGUER, v. a. Voiturer.BRELINGUER (SE), v. pron. Se faire voiturer, se promener en voiture.Je m'ennuyais, j'étais seul: je me fis brelinguer deux fois par l'omnibus de Fernex. Brelinguerne se dit qu'en plaisantant, et se prend d'ordinaire en mauvaise part.BRELOQUE, s. f. Se dit d'une personne bavarde, d'une personne sans jugement et sur laquelle on ne peut compter.Ne l'écoutez pas, c'est une breloque; c'est une tête de breloque.«Battre la breloque» est une expression française qui signifie: Divaguer, déraisonner.† BRELUE, s. f.Avoir la brelue. Terme français populaire et vieux français. On dit aujourd'hui: «Berlue.»BRELURIN ou BRELURON, s. m. Étourdi, tapageur.Après le bal, nos brelurins se mirent à boire et à faire mille extravagances.BRENIQUE, adv. Bernique, bernicles, point du tout.Je comptais sur sa visite: mais brenique! il n'a pas paru.BRESOLER ou BRISOLER, v. a. Rissoler, rôtir.Châtaignes bresolées.Terme suisse-roman et savoisien. Au sens figuré,bresolersignifie: Être impatient, pétiller d'impatience.Il bresole d'être marié. Nos deux enfants bresolent d'aller sur un bateau à vapeur; ils en bresolent d'envie.Expression qui appartient au langage le plus familier.L'os qui bresole, est une dénomination plaisante donnée à ce nerf du coude que les médecins appellent «Nerf cubital.» Quand ce nerf reçoit un coup sec, la main et le bras en éprouvent un frétillement, unbresolementtrès-douloureux.BRESOLEUSE, s. f. Femme quibresole, femme qui rôtit des châtaignes et les vend au coin des rues.La mère Colloux, la bresoleuse, vient de mourir.BRETANTAINE, s. f.Courir la bretantaine.Le mot français est «Pretentaine.»BRETIFAILLE, s. f. Le mot français correspondant est«Promiscuité,» c'est-à-dire: Mélange confus et désordonné.Dans plusieurs écoles les enfants sont instruits à la bretifaille; c'est-à-dire: Pêle-mêle, jeunes garçons et jeunes filles à la fois.Les moissonneurs et les moissonneuses sont entassés le soir à la bretifaille.[P. G.] Ce mot n'est qu'une corruption du motBourdifaille, p.58.BRETILLANT, ANTE, adj. Croustillant.Pain bretillant, pâtisserie bretillante, c'est-à-dire: Dont la croûte est bien cuite, ferme et friable.BRETINTAILLE, s. f. Pretintaille, ornements de femme, frivolités, bagatelles, choses de peu de valeur.BRIBANDER, v. a. Se promener sans but, flâner, fainéanter, mener une vie oisive et vagabonde. En vieux français,bribansignifie: Mendiant.BRIFE, s. f. Espèce de petit-lait blanc et épaissi qui se forme sur leséretdans la chaudière d'une laiterie. [P. G.]BRIFFE-TOUT, s. m. Celui qui gâte tout, fripe et détruit tout.Votre Hippolyte est un briffe-tout.BRINNÉE, s. f. Volée de coups, rossée.Flanquer une brinnée.Terme trivial.BRINNER, v. n. Résonner, renvoyer un son léger mais clair. Se dit surtout des objets en métal.J'entendais brinner un grelot. Elle faisait brinner ses petits sous dans sa cachemaille.Dans le patois du Faucigny,brin-nàsignifie: «Tonner.»Y brin-ne(il tonne).BRIONNER, v. a. Émietter, réduire en petits morceaux.Brionner son pain.En provençal,brièsignifie: Miette de pain; etfriounaa le sens de notre motbrionner.BRIQUE, s. f. Signifie: 1oDébris, éclat, partie ou fragment d'une chose cassée; 2oPièce, morceau d'une chose non brisée.Les briques d'un vase; les briques d'une terrine. Voilà ma jolie pipe en briques! Il vendit tout son ménage brique par brique(pièce à pièce).Il avait mis ses vêtementsen gage jusqu'à la dernière brique. Ta lessive est-elle sèche, Marion?—Oui, Madame, à l'exception de deux ou trois briques.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais et franc-comtois.BRIQUET, s. m. Petit cheval.BRISE, s. f. Miette, brin, petit fragment d'une chose brisée.Brises de pain; brises de sucre. Ils achetèrent chez le confiseur pour deux sous de brises.Terme méridional.BRISER EN ARGENT. Convertir en argent la valeur de divers objets mobiliers pour en faire une somme. Terme de pratique.BRISÉS, s. m. pl.Aller sur les brisés de quelqu'un.Chercher à s'emparer de la place qu'il occupe. Le mot français est «Brisées,» s. f. pl.BRISETTE (UNE). Un brin, une petitebrise, tant soit peu. Terme languedocien.BRISOLER, v. a. VoyezBRESOLER.BRISSELET, s. m. Sorte de gaufre plate.Un plat de brisselets. Les brisselets du nouvel an.BROSSETIER, s. m. Brossier, celui qui fait les brosses ou qui les vend.BROSSU, UE, adj. Se dit des personnes et signifie: Hérissé, qui a les cheveux crépus. Terme connu dans le canton de Vaud et dans une partie de la Savoie.BROT, s. m. Terme d'agriculture dont on se sert pour désigner les jeunes sarments de vigne quand ils sont tendres et cassants. Il ne faut pas confondre ce terme avec le mot français «Brout,» qui ne se dit que de la pousse des jeunes taillis au printemps, lesquels sontbroutéspar les bestiaux. [P. G.]BROTTER, v. a. Brocher, écrire vite et mal, gribouiller.Brotter un pensum. En vingt minutes il avait brotté toute sa tâche.BROUHÂR, s. m. Brouhaha.Tout le monde parlait à la fois: c'était un brouhâr à n'y pas tenir.BROUILLARD, s. m. Brouillon.Le brouillard d'une lettre. Écrire sans faire de brouillard.Terme méridional.BROUILLARDS, s. m. pl. Nous disons proverbialement d'une affaire que nous regardons comme fort incertaine et fort chanceuse:Elle est sur les brouillards du Rhône. On dit à Paris, dans le même sens: «Ma créance est hypothéquée sur les brouillards de la Seine.»BROUILLER, v. n. Tromper au jeu, tricher.BROUILLON, BROUILLONNE, s. Tricheur, tricheuse.BROUSTOU et BROSSETOU, s. m. Gilet de flanelle qui se porte sur la peau. Terme formé du mot allemandBrusttuch.BRUCHON, s. m. Brin de paille, brin de bois.Il lui était entré un bruchon dans l'œil.En Bretagne,brochonveut dire: Petit morceau de bois.BRUGNOLE, s. f. Brignole, sorte de prune desséchée qui vient de Brignoles, ville de Provence.BRÛLE (LE). Le brûlé.Odeur de brûle. Ta robe sent le brûle.Terme français populaire. A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Le brûlon.BRÛLE-BOUT, s. m. Brûle-tout, sorte de petit cylindre d'ivoire, de métal, d'albâtre, sur lequel on met un bout de bougie ou de chandelle qu'on veut brûler entièrement.BRÛLEMENT, s. m.Avoir un brûlement dans le gosier, un brûlement dans l'estomac. Je n'ai pu dormir à cause d'un rhume affreux et d'un brûlement continuel dans la poitrine.Ce mot, si connu chez nous, est inusité en France, s'il en faut croire tous les dictionnaires usuels.BUCHANCE ou BUCHÉE, s. f. Terme des collégiens. Batterie, conflit entre écoliers.BÛCHE DE BOIS, s. f. Bûche.Nous avions brûlé, danscette seule journée, douze bûches de bois.Ce pléonasme, si c'en est un, se retrouve dans le canton de Vaud, à Neuchâtel, en Dauphiné, à Lyon, à Limoges, en Languedoc, en Lorraine, et sans doute ailleurs.BÛCHE DE PAILLE, s. f. Brin de paille. En vieux français,bûchesignifiait: «Brin de paille;» ce qui explique fort bien nos expressions:Bûche de boisetcourte-bûche(courte-paille).BÛCHER, v. neutre. Travailler à force, s'occuper vigoureusement, abattre une besogne considérable.Amusons-nous encore aujourd'hui; demain il faudra bûcher.En vieux français,bûcher, v. n., signifie: Abattre du bois, faire des bûches.BÛCHER, v. actif. Rosser, battre très-fort.Bûcher un cheval; bûcher une bourrique.Terme savoisien, normand, etc.BÛCHETTE, s. f.Élever un oiseau à la bûchette.Terme français populaire. Dites: À la brochette.Élever un enfant à la bûchette, c'est l'élever tendrement et délicatement.BÛCHEUR, s. m. Grand travailleur.Alexis n'a pas un esprit bien éminent; mais c'est un bûcheur.BUCHILLES, s. f. pl. Bûchettes, menu bois qu'on ramasse dans les forêts.Une flambée de buchilles; une hottée de buchilles. Mettre le vin sur les buchilles.Terme suisse. Ce que nous appelonsChapeaux de buchilles, s'appelle à Paris «Chapeaux de bois.»BUCHILLONS, s. m. pl. Copeaux, menuesbuchilles.BUFFÉTERIE, s. f. Buffleterie, certaines parties de l'équipement d'un soldat. R.buffle.BUFFLE, s. m. Jeu d'écoliers.Jouer à buffle; faire à buffle.De ce substantif a été formé le verbebuffler.Je t'ai bufflé, tu es bufflé.BUGNE, s. m. Chapeau de feutre.BUGNET, s. m.Pâte de bugnet. Faire des bugnets.Terme français populaire. Dites: Beignet.BUGNON, s. m. Beignet.BUIDON, s. m. Écurie à porcs, porcherie.BUMANT, s. m. Engrais, fumier. En patois,bùveut dire: «Un bœuf.»BUMANTER, v. a. Mettre de l'engrais, mettre dubumant.Bumanter un pré.BUSCULER, v. a. Bousculer.

BABAN ou BAMBAN, s. m. Nigaud, dadais, niais, batteur de pavé.As-tu vu ce grand baban qui voulait faire le gentil?Terme suisse-roman et savoisien. VoyezBAMBANER.

BABET, s. m.Faire babet.Ce terme d'écolier signifie: S'associer dans un jeu, mettre en commun les gains et les pertes.Qui veut faire babet? Faisons babet ensemble.

BABO, s. m. Bobo, petit mal physique, douleur légère.Elle a babo au doigt.Terme méridional, etc.

BABOLER, v. n. Bredouiller.Parle donc distinctement, Louise, et ne babole pas.En vieux français,babouleursignifiait: Babillard.

BABOLI, s. m. Babillard inepte.

BABOUINE, s. f. Babine.

BÂCHE, s. f. Fourrage de marais, herbe qui croît dans un terrain marécageux.

BACHET ou BACHAT, s. m. Auge, abreuvoir, bassin, pierre ou pièce de bois creusée et qui sert à abreuver les animaux domestiques.Le bachet de Pezay.Terme savoisien, lyonnais et vieux français. Dans le Limousin on dit:Bac.

BÂCHEUX, EUSE, adj. Nous appelonspré bâcheuxun Pré qui est humide et marécageux.

BACHIQUE, adj. Bizarre, grotesque, comique, original, extraordinaire. Se dit des personnes et des choses.C'était véritablement bachique de les voir danser.Français populaire.

BACOUNI, s. m. Batelier. R.bac.

BACULO, s. m. Bâtonnet, jeu d'écoliers.Jouer à baculo; jouer au baculo; lancer le baculo.R.baculus.

BADE (À LA). Locution très-familière aux campagnards, et qui signifie: En liberté.Être à la bade, être libre.Ils mirent les chevaux à la bade dans le pré. Bon! ne voilà-t-il pas que mon étourdi laisse l'eau à la bade; c'est-à-dire: Laisse le robinet ouvert.

BADE (DE), loc. adv. En vain, inutilement.Ne me faites pas venir de bade. Le vent ne court jamais de bade; c'est-à-dire: Amène infailliblement la pluie. En provençal,bada, et en vieux français,bader, signifient: Ouvrir la bouche, béer, faire le badaud, badauder.

BADINAGE, s. m. Joujou, jouet, amusette.Une boîte de badinages. Je t'apporte des badinages neufs: tu tâcheras d'en avoir soin.

BAFFE, s. f. Coup bien assené, forte tape, giffle. Terme vieux français.

BÂFRÉE, s. f. Bâfre, godaille. Terme dauphinois, etc.

BAGAR (UN). Une bagarre.

BAGNOLET, s. m. Baquet peu profond, mais d'une grandesurface, où l'on dépose le lait, pour que la crême se forme plus aisément. Terme suisse-roman et savoisien.

BAGUENAUDEUR, s. m. Baguenaudier, celui qui s'amuse à des bagatelles. Terme français populaire.

BAGUETTE DE RIDEAU, s. f. Tringle.

BAHIU ou BA-IU, s. m. Bahut, grand coffre, malle énorme. Nous disons au figuré, d'un homme gros et lourd, d'un homme replet et stupide:C'est un gros bahiu. Dans le dialecte rouchi,baïouse dit d'un badaud, d'un imbécile, qui ouvre la bouche pour regarder, et qui regarde autant de la bouche que des yeux. A Rumilly (Savoie), on dit: unbavu.

BAIDE ou BÈDE, s. f. Terme des campagnards. Interstice, intervalle.La cheminée fumait beaucoup: on fit une baide à la porte; c'est-à-dire: On l'entr'ouvrit un peu.La pluie est bien forte, attendez une baide pour partir; c'est-à-dire: Attendez une éclaircie.

BAIGNER, v. n.La lune baigne; c'est-à-dire: La lune est entourée d'un cercle de vapeurs. Cette expression si connue n'est consignée, je crois, dans aucun dictionnaire.

BAIGNER, v. n.Allons baigner! Qui vient baigner?Il faut dire, en employant le pronom personnel: Allons nous baigner. Qui vient se baigner?

† BAIGNES, s. f. pl. Bains.La saison des baignes.

BAÎLLÂ, s. m. Bâillement. A Neuchâtel on dit: unbaîlle.

BAILLARJAUD, s. m. Pansu, qui a une panse rebondie.

BAÎLLER, v. n.Baîller aux corneilles, signifie: Avoir la bouche ouverte et regarder niaisement. Écrivez Bayer aux corneilles, et prononcezbé-ié aux corneilles.

BAIN-MARIN, s. m.Réchauffer une soupe au bain-marin.Dites: Au bain-marie. A Neuchâtel on dit:Au bain mari.

BAISER (LE).Le baiser d'un pain.Dites: La baisure, ou le biseau; c'est-à-dire: L'endroit par lequel un pain en a touché un autre dans le four.

BAÏU, s. m. VoyezBAHIU.

BALAI, s. m.Pêcher au balai.Dites: Pêcher au torchon.

BALALÂME ou BALALARME, s. m. Se dit d'un gros meuble antique et massif.Ôtez-moi ce grand balalâme de fauteuil.

BALAN, s. m. Balançoire, escarpolette. Au sens figuré ce mot signifie: Incertitude, irrésolution.Être en balan, ouÊtre sur le balan, veut dire: Être incertain, être en balance, flotter entre deux projets.Je suis en balan si je partirai demain.Expression méridionale.

BALANCES (DES). Dites: Une balance, quand il ne s'agit que d'un seul instrument à peser. «Ajuster une balance; nettoyer les bassins d'une balance. L'hôtel de la Balance.»

BALANDRIER, s. m. Garde-fou, barrière, galerie. On lit dans lesChroniquesde Michel Roset: «Ils composèrent une graisse comme leurs prédécesseurs, et engraissèrent les verrouils des portes et lesbalandriersdes rues et places où on soûlait s'appuyer.»

† BALIER, v. a. Balayer.Balier le colidor; balier la montée.Terme français populaire et vieux français.

BALIURES, s. f. pl. Balayures.La seille aux baliures.

BALME, s. f. Caverne, grotte naturelle dans les rochers.La balme du Démon et la balme de l'Ermitage dans le mont Salève; la grotte de Balme entre Cluses et Sallanches.En Provence et en Languedoc,baumea le même sens.

BAMBAN, s. m. Fainéant, flâneur.

BAMBANER, v. n. Baguenauder, muser, flâner bêtement, aller à l'aventure à droite et à gauche sans suivre de route certaine.Se bambaner, v. pron., a le même sens.Pourquoi veux-tu que j'aille me bambaner par cette promenade?A Lyon,bambanesignifie: Homme lent, homme indolent et lâche.

BAMBILLER, v. n. Pendiller, brandiller.Qu'est-ce que je vois bambiller à cette fenêtre?Terme suisse-roman et savoisien.

BAMBILLON, s. m. Chiffon qui pendille. Nos campagnards appellent aussibambillonle fanon de la vache.

BAMBINER, v. n. Muser, comme font d'ordinaire lesbambins, s'arrêter dans les rues et sur les chemins.

BAMBOCHE, s. f. Ribote, grande bombance.Faire bamboche; faire une bamboche. Quelle fameuse bamboche c'était!Les dictionnaires n'emploient ce mot qu'au pluriel. «Faire des bamboches; il continue à faire ses bamboches.»

BAMBOCHE, s. f. Souliers de lisières, souliers fourrés, pantoufles, babouches.Bambocheest un mot connu dans les trois quarts de la France.

BANASTRE, s. m. Importun, fâcheux, personnage ennuyeux et assommant.Qui nous délivrera de ce banastre?En vieux français,banastreveut dire: «Panier.»

BANC DE BOUCHER, s. m. Étal.

BANC DE LAVANDIÈRE, s. m. Batte, selle, petit banc à quatre pieds, qui se place au bord de l'eau et sur lequel les blanchisseuses savonnent et battent le linge avec un battoir.

BANC DE MENUISIER, s. m. Établi. Ces trois dernières expressions sont fort usitées dans la Suisse romane, en Savoie et dans le Midi.

BANDE, s. f. Maillot.Enfant à la bande.

BANDOULIÈRE, s. f. Marmotte, mentonnière, mouchoir passé en bande autour de la tête.Puisque tu souffres des dents, mets-toi une bandoulière.

BAN-NER, v. n. Terme culinaire. Languir.Ne laisse pas ta viande ban-ner près du feu.On dit plus souvent:Bon-ner.

BANQUE, s. f. Comptoir, table à compter, table à serrer l'argent.S'asseoir à la banque. Les voleurs crochetèrent les tiroirs de la banque.Terme suisse-roman.

BARA, s. m. Petite boîte, en forme de baril, destinée à recevoir de l'argent ou des rouages d'horlogerie.

BARACAN, s. m. Bouracan, sorte de gros camelot.

BARAQUETTES, s. f. pl. Souliers minces pour la danse, escarpins.

BARAQUIN, s. m. Petite gamelle que les soldats ajustent et portent derrière leur havre-sac.

BARBADIAN, s. f. Salsifis sauvage, plante de rebut appelée aussi Barbe de bouc et Barbouquin. Nous disons d'une chose ou d'une personne dont nous ne faisons aucun cas:C'est de la barbadian; ce n'est que de la barbadian; c'est-à-dire: C'est moins que rien.Barbe-à-Dianest un mot patois qui signifie: «barbe de Jean.»

BARBICHON, s. m. Terme dérisoire. Adolescent, jeune homme qui a une barbe naissante. Français populaire.

BARBOT, s. m. Les campagnards appellentraves au barbotles raves bouillies. Ce mot est très-ancien chez nous, puisqu'on le trouve déjà dans laChanson de l'Escalade(1602). Voyez le motBARBOTER, no2.

BARBOTER, v. a. et n. Marmotter, parler entre les dents.Que nous barbotes-tu là?Terme picard, provençal et vieux français. «Barboter» est français dans une acception différente.

BARBOTER, v. n. Se dit d'un liquide qui cuit à gros bouillon. Dans le patois vaudois on dit:Barbotàetborbotà.

BARBOUILLON, s. m. Homme sans tenue et sans parole, homme qui a son dit et son dédit; homme, par exemple, qui revient sur un marché conclu verbalement, ou sur une promesse qu'il a faite de bouche.N'ayez rien à faire avec ce Rigollet: c'est un barbouillon.Terme suisse-roman et savoisien.

BARBUE, s. f. Terme rural. Provin avec sa racine. En Dauphiné,barbasa le même sens. R.barbe.

BARETTE, s. f. Serre-tête, sorte de coiffe.

BARFOU et BARFOLET, s. m. Terme de pêche. Sorte de filet à mailles serrées. Une ordonnance de 1797 défendit de pêcher avec ce filet.

BARGAGNER, v. n. Barguigner, hésiter.

BARGUIGNER, v. n. Nous disons quele temps barguigne, pour signifier que le temps est douteux, et que l'on ne saurait prévoir s'il pleuvra ou s'il fera beau. En français, «Barguigner» ne se dit que des personnes, et signifie: Hésiter, avoir de la peine à se décider, marchander.

BARICOLAGE, s. m. Bariolage.

BARICOLÉ, adj. Bariolé.Habit baricolé; robe baricolée.Terme savoisien et lyonnais. Dans le canton de Vaud on dit:Baridolé.

BARICOLER (SE), v. pron. S'attifer, se parer mignardement.

BARJAQUE, s. et adj. fém. Babillarde, bavarde, causeuse éternelle. Terme suisse-roman, savoisien et méridional.

BARJAQUER, v. n. Caqueter, bavarder, babiller à outrance et indiscrètement. En provençal on dit:Barjka.

BARJAQUERIE, s. f., et BARJACAGE, s. m. Caquet, babil incessant.

† BARON-MÊTRE, s. m. Baromètre.Consulter le baron-mêtre.Prononciation de nos campagnards.

BAROT, s. m. (obref.) Camion, haquet, charrette basse pour le transport des marchandises. Terme vieux français, usité dans diverses provinces du nord de la France.

BAROTTE, s. f. Brouette, tombereau.Mener la barotte; traîner la barotte.

BARRE. C'est le nom d'un jeu gymnastique fort connu. On dit en France: «Jouer aux barres,» et en Suisse:Jouer à barre.

BARRER, v. a. (fig.) Serrer.Avoir l'estomac barré. Lerécit de cet affreux accident lui avait barré l'estomac.Expression méridionale.

BARRICADE, s. f. Fête, collation que les paysans donnent à l'épousée au sortir de l'église.Faire une barricade.

BARRIÈRE D'ESCALIER, s. f.Descendez avec précaution, et tenez-vous à la barrière.Le mot français est «Rampe.» «Tenez-vous à la rampe.»

BARRIQUE (UN). Dites: Une barrique.

BARTAVELLE, s. f. En français, ce mot se dit d'une grosse perdrix rouge. Nous l'employons pour désigner un grand causeur, un babillard.

BAS, adv.Se jeter bas du lit; sauter bas d'un cabriolet. Dites: Se jeter à bas du lit; sauter à bas d'un cabriolet.

BASANE, s. f. Surnom dérisoire donné aux soldats de l'ancienne garnison.

† BASELI ou BASELIC, s. m. Plante de jardin.Un vase de baseli.En Languedoc on dit:Bazéli; à Lyon,baselic. Il faut écrire et prononcer «Basilic.»

BASOTER, v. n. Balbutier, hésiter, barguigner.Tu es là à basoter au lieu de répondre. Il n'y a pas à basoter, ni à tortiller.

BASOTTEUR, EUSE, s. Celui ou celle qui hésite, qui balbutie, qui barguigne. Se prend toujours en mauvaise part.

BASQUE (UN). Un bâtard. Au féminin,une basque. Terme vaudois.

BASSEUR, s. f.La basseur des eaux.Expression utile, mais peu usitée.

BASSIN, s. m. Homme ennuyeux, homme fatigant, hommesciant.Ce bassin de Z. Z** nous aborda et nous embêta. Personne ne pouvait tenir avec ce bassin.

BASSINANT, ANTE, adj. Ennuyeux, fort ennuyeux, fort désagréable. Se dit des personnes et des choses.Individu bassinant; route bassinante; travail bassinant.

BASSINE, s. f. Brasier, espèce de bassin de métal où l'on met de la braise pour réchauffer une chambre, un magasin, un cabinet.Bassine à anse. Ébraiser la bassine. La bassine les a entêtés.Le mot de «Bassine» est français, mais dans une acception un peu différente.

BASSINER, v. a. Ennuyer, fatiguer, être à charge.Va-t'en, tu me bassines. Tout le monde s'est bassiné à cette soirée. Ça me bassine bien d'avoir à sortir par cette pluie.Expression triviale. En Lorraine,bassiner quelqu'unsignifie: Lui faire charivari.On l'a bassiné trois jours de suite.[VoyezJ.-F. Michel,Dictionnaire des expressions vicieuses usitées en Lorraine, p. 19.]

BASSINET, s. m.Cracher au bassinet.Dites: Cracher au bassin; c'est-à-dire: Boursiller à contre-cœur, contribuer forcément. R.bassin, plat où l'on reçoit les offrandes à la messe; plat destiné aux cueillettes.Bassinet, petit plat, petit bassin.

BATAILLE, s. f. Batterie, querelle où il y a des coups donnés.Une bataille de cabaret. Une bataille entre gamins.

BATAILLE, s. f. Nous appelonsSoupe à la bataillece qu'on appelle à Paris: «Potage à la julienne.»

BATAILLER (SE), v. récip. Se quereller.Mes petits amis, ne pourriez-vous pas vous amuser sans vous batailler?«Je dirai, comme je le crois, que la paix vaut mieux que la liberté; qu'il ne reste plus d'asile à la liberté sur la terre que dans le cœur de l'homme juste, et que ce n'est pas la peine dese bataillerpour le reste.» [J.-J. Rousseau,Lettre à M. Moultou, du 7 mars 1768.]Se bataillern'est pas dans les dictionnaires. On dit: «Batailler,» v. n.

BÂTARD, s. m. Longue et grosse scie.

BÂTE, s. f. Terme de couturière. Troussis.Cette robe est trop longue, on y fera une bâte.

BÂTIULE, s. f. Terme des campagnards. Sac plein de semence,qu'un semeur porte en bandoulière lorsqu'il ensemence un champ. A Rumilly (Savoie), on dit d'une personne qui a le bras en écharpe:Elle a le bras en bâtiule.Bâtiuleest un diminutif de «Bât.»

BATTE, s. f. Sorte d'étoffe grossière de laine.Une robe de batte; une jupe de batte.Terme suisse-roman.

BATTIORER, v. a. Briser les tiges du chanvre ou du lin pour détacher la filasse de la chènevotte. Terme vaudois et savoisien. R.battre.

BATTIORET, s. m. Broie, instrument qui sert à briser les tiges du chanvre ou du lin.

BATTRE, v. a.Ne pas battre le coupest une expression familière qui signifie: Ne s'occuper à rien, être désœuvré, fainéanter.

BATTRE À FROID, (fig.) Battre froid, être froid, témoigner de la froideur ou de l'indifférence.Je rencontrai hier Janeret au café, et je battis froid avec lui.Dites: «Je rencontrai hier Janeret au café, et je lui battis froid.»

BATTRE À LA GRANGE. Battre en grange.

BATTRE ATOUT. Terme du jeu de cartes. Faire atout, jouer atout.

BATTRE BRIQUET. Dites, avec l'article: BattreLEbriquet. «Plusieurs battirent le briquet et allumèrent le cigare.» [Ch. Nodier,Souvenirs et portraits.]

BATTRE LA VIANDE. Mortifier la viande.Du bœuf bien battu. En Angleterre on bat la viande bien plus et bien mieux que chez nous.

BATTUE, s. f. Babeurre, lait qui reste après qu'on a fait le beurre. Terme vaudois, fribourgeois et savoisien. Dans le Valais on dit: Dubattu.

BAUCHE ou BÔCHE, s. f. Terme du jeu de boule. Pierre faisant l'office de boule.Jouer à la bauche.Dans plusieurs villages de notre canton, dans le Jura et dans le midi de laFrance,bauchesignifie: «Boule.»Jouer aux bôches(jouer à la boule).

BAUCHER, v. a. Débuter, c'est-à-dire: Ôter, chasser avec sa boule celle de son adversaire.Bauche-moi cette boule; bauche-la en place.Terme vaudois, savoisien, lyonnais et méridional.

BAUME. Nom propre, qui n'est usité que dans cette locution adverbiale:Pas plus que de Baume; c'est-à-dire: Pas du tout, point du tout, absolument pas.Tu voudrais que je m'inquiétasse des cancans de nos commères? En vérité, je ne m'en soucie pas plus que de Baume. Penses-tu qu'il pleuve ce soir?—Ce soir? Pas plus que de Baume.Selon leGlossairede Gaudy, cette locution tire son origine du nom deLa Baume, qui fut le dernier évêque de Genève, à l'époque de la Réformation. Mais un fait qui pourrait infirmer cette explication, c'est que d'autres cantons de la Suisse française emploient aussi ce proverbe.

BAVARD, s. m. Nous employons fréquemment ce mot dans le sens de: Railleur, moqueur, persifleur.Croyez-vous, Monsieur, que je me prenne à vos compliments? On sait assez que vous n'êtes qu'un bavard.

BAVARDAGE, s. m. Moquerie, raillerie.

BAVARDER (SE), v. pron. Se moquer, se railler.Ces malicieuses filles se bavardaient des passants.Nous disons, dans le même sens,bavarder, v. n.Vous étiez tous là, comme de grands nigauds, à ricaner et à bavarder.

BAVERON, s. m. Bavette, serviette d'enfant qu'on attache sous le menton. Terme français populaire. On disait en vieux français:Baverette.

BAYU, s. m. VoyezBaïu.

BÉ-À-BA, s. m.Être au bé-à-ba, signifie: N'en pouvoir plus, être à quia, être réduit aux dernières extrémités. On le dit d'une personne fort malade. On le dit surtout d'unhomme à qui le mauvais état de ses affaires ne laisse plus de ressources et qui est aux derniers expédients. Terme suisse-roman et savoisien.

BEAUCOUP, adv. Bien, fort, fortement.Je crois beaucoup à un orage pour ce soir. Dans notre cercle on croit beaucoup à la paix.Français populaire.

BÉBÉ (UNE). Une nigaude, une niaise qui est toujours bouche béante. Dans le dialecte limousin on dit: Unebêbio, et en Picardie, unebébette.

BEC-À-CORBIN, s. m.Canne en bec-à-corbin.Dites: Canne en bec de corbin.Corbin, en vieux français, signifie: «Corbeau.»

BECFI, s. m. Bec-figue.Le passage des becfis. Tirer des becfis.Terme savoisien, bressan, lyonnais, etc.

BÉCHÉE, s. f.Donner la béchée.Terme français populaire et vieux français. Dites: Donner la becquée.

BÉCHET, s. m. Trou fait à la glace dans un lieu propre à patiner.Prendre béchet, se dit d'un patineur qui s'enfonce dans l'eau.Il a pris béchet jusqu'au cou.En vieux français,béchetoubaichetsignifie: «Brochet.» Or comme, à Genève, on patine le plus souvent sur des fossés qui contiennent des brochets, on a dit, en plaisantant:Il prend le béchet, il prend béchet, pour: «Il s'enfonce dans l'eau.»

BÉCUIT, s. m. Échauffement provenant d'une écorchure.Avoir le bécuit.Dans le patois vaudois,békouése dit d'un enfant au berceau dont la peau est écorchée.

BEGNULE, s. f. (Prononcezbe-niule.) Femme ou fille sotte, maladroite, sans capacité ni énergie.

BÉGUER, v. n. Bégayer.Je crois vraiment qu'elle bègue; on dirait qu'elle bègue.Terme lyonnais, picard, normand, etc.

BEGUINE ou BÉGUINE, s. f. Bavolet, sorte de coiffe detoile que portent nos paysannes, principalement celles qui sont âgées. Terme suisse-roman et savoisien.

BELLES HEURES, s. f. pl.Vous venez, Messieurs, à de belles heures.On dit en français: Vous venez à belle heure.

BELOSSE, s. f. Prunelle, prune sauvage, fruit du prunelier. Terme suisse-roman, savoisien et vieux français. A Fribourg on dit:Bolosse; à Lyon et dans le Jura,pelosse; en Normandie,bloche. A Reims, on donne aux prunes le nom générique debalosses.

BELUES ou BELURES, s. f. pl. Menus copeaux, qui se forment et tombent sous le rabot.Un sac de belues; allumer le feu avec des belues.Ne pourrait-on pas rapprocher le motbelueoubluedu mot français «Bluette?»

BELSAMINE, s. f.Semer des belsamines.Terme français populaire. Dites: Balsamine. R.balsamum, baume.

† BEL-Z-ET BIEN, loc. adv. Bel et bien.Tout ça est bel-z-et bien. Tout ça est bel-z-et bon, mais ça ne me va pas.Cette liaison et celles depetit-z-à petitet depeu-z-à peune sont pas rares dans notre dialecte populaire.

BENAITON, s. m. Corbillon, sébile, paneton, panier d'osier rond, de forme conique et sans anse, pour porter le pain au four. Dans plusieurs provinces de France, ce panier s'appellebanneton; dans la Bresse, dans le Mâconnais et en Savoie, on dit:Benon.

BENET, s. m. Écrivez et prononcez «Benêt.» Ce mot, qui rime avecforêt, s'écrivait anciennementbenais.

BÉQUE ou BEKKE, s. f. Bout, pointe de quelque corps, et principalement d'un mouchoir ou d'un châle. Ce terme, qui nous vient des campagnards, n'est pas inconnu à nos citadines. Dans le vieux français,béquuoubécuveulent dire: «Pointu.» [VoyezRobert-Estienne,Dictionnaire français-latin, édition de 1605.]

BÉQUETTE, s. f. Pied d'alouette, plante.

BÉQUILLES, s. f. pl. C'est le nom que nos jeunes campagnards donnent aux «Échasses.»

BERCHE, adj. et subst. Brèche-dent. Se dit d'une personne à laquelle il manque une ou plusieurs dents de devant.Elle est berche; il est berche. Connais-tu Isabeau la berche?Terme suisse-roman et savoisien.

BERNE, nom propre de ville. Ce nom entre dans plusieurs de nos locutions proverbiales. Par exemple:Nous sommes de Berne, signifie: Nous sommes sauvés, nous n'avons rien à craindre, nous sommes des bons.La justice de Berneest une justice sévère, une justice sans merci.Votre MrN. N*** est tendre comme la justice de Berne.

BESINGUE. VoyezBISINGUE.

BESOLET, s. m. Hirondelle de mer.

BESTIACERIE, s. f. Stupidité extrême, bêtise consommée.

BESULE, s. f., ou BESU, s. m. Ces deux noms se donnent indifféremment aux diverses espèces de mouettes, oiseaux de mer de l'ordre des palmipèdes.

BESULE, s. f. Terme d'écolier. Petite bille en marbre ou en grès, petitmâpis.

BÉTANDIER, s. m. Terme rural, par lequel on désigne cet endroit du fenil où l'on entasse les gerbes après la moisson.

BÊTARD, s. m. Lourdaud, maladroit.Un gros bêtard.Terme suisse-roman et lyonnais. Les dictionnaires disent: «Bêta.»

BÊTE (UN).Voilà un bête d'homme. Ce village est un bête d'endroit. Je n'ai pas pu achever de lire ce bête de roman.Expressions très-usitées à Genève, et qui ne sont pas plus extraordinaires que les suivantes: Une diable d'affaire, une diable de femme, nous fûmes reçus dans une diable d'auberge: toutes expressions qui figurent dans les dictionnaires.

BÊTE, s. f. Nous disons d'une personne que sa famille ou ses amis négligent, délaissent, abandonnent:On ne lui ditpas seulement: Bête, que fais-tu?Expression languedocienne. Les dictionnaires français disent: On ne lui dit pas seulement: Es-tu chien? Es-tu loup?

BÊTE NOIRE, s. f. Porc, cochon.Engraisser des bêtes noires.Expression adoucissante, euphémisme des campagnards.

BÊTIOLER, v. n. Faire la bestiole, faire la bête, faire des niaiseries, niveler, s'occuper à des riens.Deviens un peu sérieux, François, et ne sois pas toujours à bêtioler.

BÊTION, s. m. Nigaud, niais.Quel bêtion d'homme! Le pauvre bêtion veut nous parler politique, et il confond sans cesse Cavaignac et Changarnier. Excusez-le: c'est une tête faible, c'est un bêtion.La Fontaine a dit:Bestion. A Lausanne on dit:Bâtion.

BÊTISE (UNE). Une chose de peu d'importance, une misère, un rien.Combien as-tu payé cette canne?—Une bêtise, quelques sous, quelques centimes.

BÉTON ou BETTON, s. m. Lait d'une vache qui vient de vêler. Terme vaudois. Les médecins appellent aussibétonle premier lait d'une femme qui vient d'accoucher.

BEUFFER, v. n.Le cœur me beuffe, signifie: J'ai le cœur gêné, serré, oppressé.

La sauce semblait de la rafe;En la voyant le cœur me savatait,Et je sentais ma fara quibeuffait.[Ch.]

La sauce semblait de la rafe;En la voyant le cœur me savatait,Et je sentais ma fara quibeuffait.[Ch.]

La sauce semblait de la rafe;En la voyant le cœur me savatait,Et je sentais ma fara quibeuffait.

La sauce semblait de la rafe;

En la voyant le cœur me savatait,

Et je sentais ma fara quibeuffait.

[Ch.]

[Ch.]

BEUFFERIE, s. f. Terme fort trivial, qui signifie: 1oUne lourde bêtise, une balourdise; 2oUne chose ennuyeuse à l'excès.Mieux vaudrait se taire que de raconter des beufferies pareilles. Conviens, Auguste, que ce vaudeville tant vanté n'était qu'une beufferie.

BEUGNET, s. m. Beignet.

BEURRÉE ou POIRE BEURRÉE. Dites: Un beurré, ou une poire de beurré. Un beurré blanc, un beurré gris.

BEURRES (LES). L'argent monnayé, les écus.Avoir des beurres. Palper des beurres.Expression triviale.

BEURRIÈRE, s. f. Baratte, vase où on bat le beurre. Terme suisse-roman, savoisien et dauphinois.

BEUVONS, BEUVEZ. Dites: Buvons, buvez. Ces formes du verbe «Boire» appartiennent à l'ancien français, et on les trouve encore dans Spon: «Il mangeait etbeuvaitsans que personne le pût empêcher.» [VoyezHistoire de Genève, tome I, p. 236, édition de 1730.]

BEVABLE, adj. Buvable.

BEZALLER, v. n. Terme des campagnards. Se dit d'un bœuf ou d'une vache que les mouches tourmentent et qui se sauve en sautant et en levant la queue. Il se dit aussi d'un enfant qui se dépite et se mutine. [P. G.]

BI, s. m. Biez, ou Bief, canal qui conduit les eaux pour les faire tomber sur la roue d'un moulin.Passer le bi.Terme vieux français.

BIAUDER, v. n. Sauter, jouer.Nos enfants biaudaient ensemble; ils ne faisaient que biauder et folâtrer.

BIBI, s. m. Terme enfantin. Joujou.

BICLE, adj. et s. Bigle, louche, qui a la vue courte.Comment, Gustave, tu n'aperçois pas ce chalet dans les Voirons? Es-tu donc bicle?Terme vieux français.

BICLER, v. n. et a. Bigler, loucher.Il braqua son lorgnon et se mit à nous bicler. Bicler l'œil, veut dire: «Clignoter.»

BICLŒIL ou BICLE-L'ŒIL, s. m. Celui qui regarde en biglant, en louchant. Terme trivial.

BIDODI, BIDOGNOL ou BIDOT, s. m. Niais, simple, innocent; homme d'un esprit faible et borné, homme qui s'abêtit par les excès.Il est dans les bidodis; c'est un vrai bidodi.Terme nouveau.

BIDOLION, s. m. Ce mot, connu surtout des campagnards,signifie: 1oVin âpre, vin dur; 2oCidre; 3oPetit bidon.

BIEN, s. m. Pour marquer que tout homme dispose avec plus de libéralité du bien d'autrui que du sien propre, nous disons proverbialement:Du bien d'autrui large courroie.L'expression véritable est celle-ci: Du cuir d'autrui large courroie.

BIGNET, s. m.Un plat de bignets.Terme vieux français. Dites: Beignet.

BIGOUDI, s. m. Espèce de doigt de gant rembourré, autour duquel on roule les cheveux pour des papillotes. [P. G.]

BILER, v. n. Courir vite et sans s'arrêter.

BILEUX, BILEUSE, adj. Écrivez «Bilieux, bilieuse,» en faisant sonner les deuxi, et ne dites pas:Fièvre bileuse, tempérament bileux, teint bileux.Faute très-répandue en France, en Suisse et en Savoie.

BILLARD, s. m. Terme d'écolier. Toupie.Jouer au billard; lancer un billard; entortiller un billard; son billard dormait et ronflait.Dans les trois quarts de la France, ce jouet s'appellemoine. En Provence on dit:Boduffe.

BILLET, s. m.Je t'en donne mon billet, est une formule affirmative qui répond à: Je te l'assure, je t'en donne la promesse positive, je t'en donne ma parole.

BIOLE, s. f. Bouleau, arbre.Une verge de biole. Menacer un enfant de la biole; lui donner la biole.En Franche-Comté on dit:Biouleouboule. Dans le canton de Vaud,la bioulée, c'est la fouettée.Oui, continue à crier, et tu recevras la bioulée.

BIOLES, s. f. pl.Être dans les bioles, signifie: 1oÊtre un peu fou, être un peu toqué; 2oÊtre un peu gris, être entre deux vins.

BIOLET, s. m. Extrémité, fin bout d'une branche. S'emploie surtout au pluriel, et en parlant des arbres à fruits.Si tucueilles nos cerises, Arnold, fais bien attention de ne point casser de biolets.

BIRON, s. m. Couvet, sorte de chaufferette.

BISCOIN, s. m. Sorte de brioche au safran. Dans nos campagnes, on appellebiscoinun petit pain rond que l'on fait pour les enfants avec les derniers restes de la pâte.

BISCÔME, s. m. Pain d'épice.Nous tirâmes trois coups à cette loterie de cinquante centimes, et nous eûmes pour tout lot... un biscôme!Terme suisse-roman.

BISCÔMIER, s. m. Fabricant debiscômes.

BISE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne très-économe:Elle n'ouvre pas son sac de farine quand il fait la bise.

BISÉ (ÊTRE). Être assailli par une forte bise.En passant sur les quais du Rhône, nous fûmes bisés d'importance.

BISINGUE (DE), ou DE BESINGUE, ou DE BISINGLE, adv. De travers, de biais, de guingois.Cet habit va tout de bisingue. Que t'est-il donc arrivé, Ferdinand, que tu marches tout de bisingue? Avoir les yeux de bisingle.Terme vaudois et franc-comtois.

BISQUE, s. f. Dépit extrême.Quelle bisque, quelle fameuse bisque il a eue! Voilà ce qui s'appelle une bisque pommée!

BISTOT ou BISTAUD, s. m. Le dernier apprenti dans un bureau, dans un magasin.

BLÂCHE, s. f. Fourrage des marais.

BLAGUE (UNE). Un blagueur, un hâbleur, un vantard.Va, Jean-Pierre, va, tu n'es qu'une blague.Terme trivial.

BLANC, BLANCHE, adj. (fig.) Inutile, qui n'aboutit à rien, qui est sans résultat.Faire une course blanche.Terme méridional. Dans le canton de Vaud on dit:Faire une course en blanc.

BLANC, s. m. Nous disons:Saigner quelqu'un à blanc.Les dictionnaires disent: «Saigner quelqu'un au blanc,» ou «jusqu'au blanc.»

BLANCHE (LA). Terme des campagnards.On craint la blanche pour cette nuit.Le mot français est Gelée blanche.

BLANCHE GELÉE, s. f. Dites: Gelée blanche.Chaque automne les blés noirs souffrent plus ou moins de la blanche gelée.Terme suisse-roman. On dit à Chambéry:Le blanc gel.

BLANCHET, s. m. Robe de dessous, ordinairement de laine, qu'on met aux enfants.

BLANCHIMENT, s. m. Nous disons:le blanchiment d'un plafond; le blanchiment d'une cuisine; écrire sur le blanchiment; odeur de blanchiment. «Blanchiment» est français; mais le sens genevois n'est pas dans les dictionnaires.

BLESSIR (SE), v. pron. Se blossir, devenir blet.

BLESSON, s. m. Tache noire qui se forme à la peau, à la suite d'un coup.

BLESSON, s. m. Poire sauvage. Terme vaudois, etc.

BLESSONIER, s. m. Poirier sauvage.

BLETTIR, v. n., et SE BLETTIR, v. pron. Devenir blet.Les poires commençaient à se blettir.Terme dauphinois, lorrain, etc. En français on dit: «Se blossir.»

BLEU, BLEUE, adj. (fig.) Surpris, frappé d'étonnement, stupéfait.Oui, notre jeune cousine s'est laissée enlever par un Polonais, et j'en suis bleue.

BLOUSIER, s. m. Ouvrier en blouse. Ce terme si connu n'est dans aucun dictionnaire.

BOBÈCHE, adj. et s. f. Fille ou femme sotte, niaise, nigaude et maladroite. Voyez le mot suivant.

BOBET, adj. et s. m. Niais, sot, inepte, nigaud.Ce garçon est si bobet qu'on l'a exempté, pour cela seul, du service militaire. Le frère et la sœur se valent bien: l'un est un vrai bobet, l'autre une franche bobèche.

BOBICHON, s. m. Diminutif debobet.

BOBUE, s. f. Oiseau, la huppe d'Europe.

BOC ou BOT, s. m. Sorte de petit crapaud, qui est gris sur le dos, avec le ventre rouge.Éclaffer un boc.Les campagnards disent: unbot.Être fier comme un bot. Botse dit en Savoie, en Dauphiné et en vieux français.

BOC, s. m.Mettre de la graisse de bocsur une écorchure, sur un très-léger coup, sur une petite entamure à la peau, c'est: Y mettre sa propre salive. Expression facétieuse et dérisoire.Tu t'es piqué au doigt, mon pauvre Élisée, et tu souffres beaucoup; eh bien! mets-y de la graisse de boc.

BOC, s. m. Lejeu de bocest une sorte de jeu de cartes, qui n'exige aucune combinaison et où le hasard seul décide. On l'appelle quelquefoisJeu des petits paquets, ouJeu des petits plots.

BOCHOT, s. m. Petit tonneau.

BOCON, s. m. Petit morceau, bouchée.Je n'en veux qu'un bocon. Tu nous donnes là un bien crouye bocon. Notre Jeannot ne nous écrit que des bocons de lettre. Où allez-vous? disais-je à un mendiant savoyard.—Pauvre Monsieur, me répondit-il, je vais chercher mon bocon.Nous disons proverbialement:Tenir le bocon haut à quelqu'un, pour signifier: Faire qu'une chose lui soit difficile et qu'il ne l'obtienne qu'avec de grands efforts.Crois-tu que MrN** finisse par accorder sa fille à notre Amédée?—Je l'espère; mais il lui tient le bocon furieusement haut.

BOILLE, s. f. Mot d'une orthographe difficile, presque insaisissable: il rime avecDe Broglie, et devrait peut-être s'écrireboglie. On appelle ainsi une sorte de hotte en bois de sapin, dans laquelle nos laitières mettent le lait qu'elles transportent à la ville sur leur petite charrette.Une paire de boilles. Laver les boilles.Terme vaudois et savoisien. A Neuchâtel, en Franche-Comté et en vieux français on dit:Bouille.

BOIRE, v. a. Nous disons figurément et énergiquement:Boire le sang à quelqu'un, pour signifier: «Le tourmenter, l'excéder de sollicitations importunes.»Finiras-tu, Henri, avec tes demandes? En vérité, tu me bois le sang.

BOIRE SUR. Prendre une infusion.Boire sur la camomille; boire sur le tilleul; boire sur la fleur de bonhomme.

BOÎTE À GIFFLES, s. f. Se dit d'un cabaret bruyant où les querelles et les batteries sont quotidiennes.

BOÎTE DE TONNEAU, s. f. Cannelle, robinet de cuivre ou de buis qu'on met à un tonneau pour en tirer le vin ou toute autre liqueur.

BOÎTIER, s. m. Terme de la fabrique d'horlogerie. Monteur de boîtes.

BOITON, s. m. Étable à cochons, toit à porcs, porcherie.Nettoyer le boiton.Terme suisse-roman.

BOLANT ou BOULANT, adj. m. Ne s'emploie guère qu'en parlant dupain.Un pain bolantest un pain léger, bien levé, bien boulangé.

BOLLIOT, BOLLIOTTE, adj. et s. (llmouillés.) Gros, trapu, ramassé.Un petit bolliot; un gros bolliot.Dans le vieux français,beuilluse disait d'un homme ventru. VoyezBOILLE.

BOMBONNE, s. f. Sorte de grosse bouteille ou dame-jeanne à l'usage des droguistes. Ce terme, connu dans quelques parties de la France, n'est dans aucun dictionnaire usuel. En français, «Bombe» se dit d'une bouteille de verre ronde, qui n'a qu'un collet fort court.

BON-À-DROIT, s. m. Bonne mesure, bonne ration.J'aime bien à me servir chez cette marchande, parce qu'elle me fait toujours bon-à-droit.Terme jurassien.

BOMBONAILLE, s. f. Bonbons, grand assortiment de friandises.Je préfère une tranche de pâté à vos meringues et à votre bombonaille.

BON COURANT (LE). L'ordinaire, ce qui n'est en son genre ni très-bien, ni très-mal.Ce roman nouveau est du bon courant. Les plaidoyers de notre jeune avocat sont du bon courant, etc. Expression utile et claire, fort usitée chez nous. Les dictionnaires disent: «Le courant des affaires, le courant du marché, le courant du monde,» et rien de plus.

BONFOND, s. m. Signifie: 1oUn réjoui, un Roger-Bontems; 2oUn étourdi, un tapageur, un évaporé.

BONHEUR, s. m.Du bonheur que, veut dire: «Heureusement que.»Du bonheur que la sécheresse a fini. Du bonheur que l'incendie a eu lieu de jour.«Par bonheur que» est français.

BONNE (DE). Nous disons de quelqu'un qui est gai, qui est en train, qui est sur son beau dire:Il est de bonne. En Languedoc on dit:Il est dans ses bonnes; en vieux français,il est en bonne.

BONNE-MAIN (LA). Petite libéralité, petite gratification faite à un domestique, à un cocher, à un porte-faix, etc. On dit en français: «Le pour-boire, la pièce.»

BON-NER, v. a. Combuger, c'est-à-dire: Remplir d'eau un tonneau ou un autre vaisseau en bois, et les mettre en état de recevoir du vin ou une liqueur quelconque.Bon-ner un cuvier avant la lessive; bon-ner un jarlot.L'action debon-ners'appellebon-nure.Faire une bonnure.

BON-NER, v. n. Se dit d'une soupe, d'un légume, d'une viande qui, placée près du feu, cesse de cuire faute de feu, languit et contracte un mauvais goût.Si Madame tarde encore de dîner, sa soupe bon-nera.Nous appelonsgoût de bon-né, le goût que contracte une soupe qui a cuit trop longtemps.

BONNETTE, s. f. Sorte de petit bonnet.Bonnette de nuit.Terme méridional.

BON OISEAU (LE). Expression adoucissante, euphémisme, par lequel nos paysans désignent «L'épervier,» et en général toute espèce d'oiseaux de proie.

BONTABLE, adj. Qui a de la bonté, qui est bienveillant, affable, complaisant, serviable, débonnaire. Terme savoisien et franc-comtois.

BONTABLEMENT, adv. Avec bonté, avec affabilité.

† BORGNE D'UN ŒIL. Borgne. Terme méridional.

BORNE (UN). Une borne.

BORNICANT, BORNICANTE, s. Celui ou celle qui a la vue très-basse; celui ou celle qui a les yeux faibles, malades, et qui les cligne au grand jour. A Neuchâtel on dit:Bornicle; dans le Jura,bourniclard, et en Languedoc,bourniquel.

BORNU, BORNUE, adj. Creusé, sillonné de fissures, troué plutôt par le laps du temps et par la nature que par la main de l'homme.Pomme de terre bornue; rave bornue; boule bornue; tronc d'arbre bornu; aqueduc bornu.En patois,bornaoubournasignifie: «Trou.» En provençal,bournaveut dire: Creuser, rendre creux.Aqueou roure est tout bourna(ce chêne est tout creusé, tout plein de cavités).

BOSCULER, v. a. Bousculer. VoyezBUSCULER.

BOSSE, s. f. Grand tonneau de la contenance d'environ 914 litres. Terme vieux français. Dans quelques provinces de France,bossese dit d'un tonneau à mettre le sel.

BOSSETTE, s. f. Grand tonneau dont la capacité varie de 17 à 22 setiers, et qui sert principalement à rentrer la vendange.

BOT, s. m. (obref.) Crapaud. VoyezBOC.

BOTASSER, v. n. Se dit des plantes et signifie: Végéter, rester rabougri. Terme vaudois.

BOTASSON, s. m. Rabougri, qui ne croît pas. Se dit des enfants et des plantes. Terme vaudois.

BOTET, s. m.Faire botet.S'associer. Terme d'écolier.

BOTOLION ou BOTOLIOT, s. m. Nabot, courtaud, trapu.Botoglle, en patois, signifie: «Bouteille.»

BOTON, s. m. Terme dérisoire. Bout d'homme, homme d'une taille très-petite, contrefaite et qui apprête à rire.

BOUBE, s. m. Jeune bouvier, jeune pâtre. En patois,boubeveut dire: «Enfant.» En allemand,bube(prononcezboube) signifie: Jeune garçon. VoyezBOUÈBE.

BOUCANEUR, s. m. Tapageur. «Boucan et Boucaner» sont dans quelques dictionnaires.

BOUCHARD, BOUCHARDE, adj. et s. Qui a le visage malpropre, surtout autour de la bouche.Un enfant bouchard. Regarde-toi au miroir, petite boucharde.Terme méridional et vieux français.

BOUCHARDER, v. a. Barbouiller, salir le visage.Caïon que tu es, où t'es-tu ainsi bouchardé?

BOUCHE, s. f. Bouchoir, grande plaque de fer qui sert à fermer la bouche d'un four. [P. G.]

BOUCHÈRE, s. f. Barbuquet, bouton, élevure au bord des lèvres.Laisse donc ta bouchère et ne la touche pas continuellement.Dans le patois provençal on dit:Bousserio; à Lyon,boucharle; en Lorraine,bouque.

BOUCHON (À), adv. VoyezÀ BOUCHON.

BOUCLER, v. a. (fig.) Conclure, terminer. Se dit surtout en parlant d'un achat, d'une vente, d'un marché, d'une transaction quelconque, et se joint le plus souvent au motaffaire.L'affaire est bouclée; elle va se boucler. Nous aurons bientôt bouclé cette affaire.Expression heureuse, que je ne trouve dans aucun dictionnaire, ni dans aucun glossaire.

BOUDINS, s. m. pl. Nous disons:Manger des boudins; faire griller des boudins, etc.Il faut dire au singulier: Manger du boudin, faire griller du boudin. Dans le langagedes écoliers,Saigner des boudins, saigner les boudins, faire les boudins, signifie: Saigner du nez, saigner par le nez,boudiner.

BOUÈBE ou BOËBE, s. des 2 genres. Fils ou fille d'un tel.Où est ton bouèbe, voisine? Voyez donc cette bouèbe, qui va se fourrer dans la pétrissoire!Ce mot nous vient probablement du canton de Vaud, et ce canton l'a reçu des Suisses allemands. Dans le patois de la Lorraine,buôbeveut dire: «un garçon.» En allemand,bube.

BOUELLE ou BOÈLE, s. f. Ventre, panse. Dans le vieux français,boëloubouèlesignifient: Boyau, intestins.

BOUER, v. a. Crotter, couvrir de boue, embouer.Maladroit que tu es, tu m'as boué. Se bouer, v. pron. Se crotter.

BOUFFAILLE, s. f. Grande bombance, repas copieux.Faire une bouffaille.

BOUFFAILLER, v. n. Augmentatif de Bouffer.Il n'aime qu'à bouffailler. Il ne pense qu'à bouffailler.

BOUFFEUR, s. m. Bâfreur, glouton.

BOUFFISURE, s. f. Écrivez et prononcez «Bouffissure.»

BOUGER, v. n. Nous disons de quelqu'un qui, par frayeur, demeure immobile:Il n'ose ni bouger, ni griller. Elle voyait le voleur se glisser dans la salle voisine, et, blottie dans l'angle du mur, elle n'osait ni bouger, ni griller.

BOUGER, v. a. Remuer, ôter de sa place, changer de sa place.Bouger une table; bouger un canapé: phrases vicieuses, puisque le verbebougern'est pas actif. On ne doit pas dire non plus:Se bouger, pour: Se remuer, se déplacer, changer de place.Bouge-toi de là, paresseux! Te bougeras-tu quand je te parle?Terme gascon et vieux français.

BOUGILLER, v. n. Bouger sans cesse.L'ennuyeux enfant, qui ne fait que bougiller! Auras-tu bientôt assez bougillé?Terme savoisien.

BOUGILLON, BOUGILLONNE, adj. et s. Mièvre, qui change toujours de place, qui ne peut se tenir en repos, qui est incommode par ses perpétuels déplacements.Faire le bougillon. Tu es bien bougillonne, Alexandrine. Votre jeune écolier est un enfant étourdi et bougillon.M. Bescherelle, qui a recueilli ce mot, ne le donne que comme substantif; nous l'employons fréquemment comme adjectif.

BOUGILLONNAGE, s. m. Action debougiller.

BOUGILLONNER, v. n. Se dit des personnes, principalement des enfants, et signifie: Être dans un mouvement continuel et fatigant.

BOUGNET, ETTE, adj. Se dit des enfants et signifie: Joli, gentil, mignon. Voyez le mot suivant.

BOUGNON, adj. et s. des 2 genres. Joli, gentil, mignon.Un bougnon d'enfant. Cette petite est bougnon. Quel bougnon que votre Amélie!

BOUÏE, s. f. Petite lessive.Tu fais la lessive, Madelon?—Non, Madame, ce n'est qu'une bouïe.Les motsBouïeetbuiese disent en Suisse, en Savoie, en Bourgogne et dans le Lyonnais;bouayeouboaïese disent dans les Vosges; enfin le vieux mot debuéeest encore d'un fréquent usage dans plusieurs provinces du nord et de l'orient de la France.

BOUILLIR, v. n. et a. Ce verbe est estropié dans les phrases suivantes:Quand ma servante me répondait avec ce mauvais ton, je bouillissais(je bouillais).Eh bien, Jacqueline, qu'attendez-vous là, plantée comme une idoine?—Pardine, Madame, j'attends que ce maudit coquemar bouillisse(bouille).—Eh! ne voyez-vous pas qu'il bouillit(qu'il bout),et que moi aussi je bouillis d'impatience(je bous d'impatience)en voyant vos patetages?

BOUILLON, s. m. Pluie, grosse pluie, averse.Nous allons avoir du bouillon.A Rennes,mettre les pieds dans le bouillon, signifie: Mettre les pieds dans la crotte.

BOUILLON À LA REINE, s. m. Lait de poule.Prendre un bouillon à la reine.Terme languedocien, etc.

BOUILLON BLANC. Breuvage empoisonné.Elle fit tout doucettement prendre au cher homme un bouillon blanc,... et ni vu ni connu.On dit en français, dans le même sens: Administrer un bouillon d'onze heures.

BOUILLON POINTU, s. Lavement. Français populaire.

BOUION, s. m. Petite lessive, petitebouïe.

BOULANT, adj. m. VoyezBOLANT.

BOULE, s. f. Nous disons figurément:Perdre la boule, pour: Perdre la tête, se troubler dans un discours, perdre le fil de ses idées.Avant l'audience, il parlait crânement et avec un flux de paroles; arrivé devant le juge, il perdit la boule, et balbutia.Expression signalée aussi dans leDictionnaire jurassiendeM. Monnier.

BOULE, s. f. Nous disons figurément:Tenir pied en boule, pour signifier: Être assidu, être appliqué. On dit en français: Tenir pied à boule.

BOULEVARI, s. m. Grand bruit, grand tapage, grand désordre.Un boulevari assourdissant.Terme français populaire. A Reims on dit:Houlvari. Le dictionnaire de l'Académie dit: «Hourvari.»

BOULI, s. m.Du bouli; un bon bouli.Terme français populaire. Écrivez et prononcez «Bouilli,» en mouillant lesll.

BOURANFLE ou BOURENFLE, adj. Enflé, bouffi.Un visage bouranfle; des joues bouranfles. Tu es aujourd'hui un peu bouranfle.Terme suisse-roman et savoisien. En provençal,boudenfle; dans le dictionnaire de Cotgrave [édition de 1650], on trouvebourranflé.

BOURDIFAILLE, s. f. Sorte de pâtisserie.

BOURDIFAILLE, s. f. Femme sans tête, femme étourdie et négligente. Dans l'Album de la Suisse romane, tome I, page 122, MrJ.-Fr. Chaponnière a tracé un spirituel portraitde laBourdifaille. Nous y renvoyons nos lecteurs.Bourdifaiho, en provençal, veut dire: Ravauderies, bagatelles, guenilles, rebuts. A Neuchâtel,bourdifailleest synonyme de «Canaille.»

BOURGUIGNÔTE, s. f. Bourguignonne, paysanne du Jura.Votre dame est aussi marchandeuse qu'une bourguignôte.On disait dans le vieux français:À la Bourguignôte, pour signifier: A la façon des Bourguignons.

BOURI! BOURI! Cri dont on se sert dans nos basses cours pour appeler les canards. En Normandie et dans le vieux français,bourresignifie: «Canard;» dans le patois lorrain on dit:Bouorre. Dans le patois vaudois,bouritaest le nom de la femelle du canard.

† BOURIAUDER, v. a. Tourmenter, faire souffrir.

BOURILLON, s. m. Nombril. Dans le patois du Jura on dit:Berelion; dans le patois de la Bresse,beurelion. Dans le dialecte languedocien,bourillonsignifie: «Bourgeon.»

BOURNEAU, s. m. Nous appelonsbourneau: 1oLe tuyau de bois, de grès ou de terre cuite, destiné à conduire l'eau à une fontaine; 2oPar extension, la fontaine elle-même.Le bourneau du Molard. La conche d'un bourneau. Tomber dans le bourneau. Changer les bourneaux. Les bourneaux sont arrêtés.Terme suisse-roman et savoisien. Dans le midi de la France et en vieux français,bourneaua le sens de Tuyau de grès ou de terre cuite.

BOURRAIN, s. m. Brisures de menu bois, menues parcelles qui se détachent des fagots entassés dans un grenier.Une poignée de bourrain. Ramasser du bourrain.En français,bourréesignifie: «Bois menu et mauvais.» A Rennes, les balayeurs s'appellentdes bourriers.

BOURRATIF, IVE, adj. Se dit d'un mets qui bourre et rassasie promptement.Nos matafans et nos châchauds à la drachée sont bourratifs.Terme un peu trivial.

BOURREAUDE, s. f. Femme qui se livre à des actes de cruauté.Voyez cette bourreaude qui va noyer elle-même son chat.

BOURREAUDER, v. a. Faire souffrir, tourmenter.Bourreauder un chien; bourreauder un lapin. Bourreauder un petit enfant.Terme suisse-roman et savoisien, connu aussi dans le nord de la France.Bourreauder une poupée, c'est: La gâter, l'abîmer. En Franche-Comté,bourreauder un ouvrage, c'est: Le bousiller, le faire avec précipitation et sans soin.

BOURREAUDEUR, BOURREAUDEUSE, s. Se disent quelquefois pour: Bourreau,bourreaude.

BOURRÉE, s. f. Fougade, travail acharné mais court; effort considérable, mais qui dure peu.Travailler par bourrées.En Languedoc on dit:Bourrade; donner une bourrade. A Rumilly (Savoie),une bourrée de mal de ventre, c'est: Une douleur violente, mais courte, de mal de ventre.

BOURRÉE, s. f. Bourrade, rebuffade, réprimande faite avec humeur, avec dureté et avec une sorte d'éclat.Faire une bourrée.«Bourrer» est français dans le sens de Tancer durement et en élevant la voix.

BOURRER, v. a. Pousser rudement après soi.Bourrer les portes.

BOURRIQUE (UN).Le bourrique se mit à galoper et l'enfant tomba.Bourrique est féminin.

BOURROCHE, s. f. Plante potagère.Sirop de bourroche.Terme vieux français. On dit aujourd'hui: «Bourrache.»

BOURTILLE, s. f. Sous-bois.

BOUSINER, v. a. Tracasser, ennuyer, chiffonner, vexer.Laisse-moi, Gaspard, tu me bousines. Lequel, de vous autres, voudrait s'en retourner avec moi? Je me bousine ici.Terme trivial, qui appartient au français populaire.

BOUTE-ROUE, s. m. Borne qu'on établit au coin ou le long des rues et des chemins.Heurter contre un boute-roue.Terme connu dans le Berry et ailleurs. En Dauphiné on dit:Un butte-roue; en Savoie,un chasse-roue.

BOUTIFAILLE, s. f. Mangeaille, victuailles, vivres, provisions de bouche. [P. G.]

BOVAIRON, s. m. Jeune gardeur de vaches, petit bouvier. On donne quelquefois le nom debovaironneaux gardeuses de vaches.

BRAFFE, s. f. Labraffeest une femme qui fait les choses vite et mal; une femme qui cause beaucoup, s'agite et se trémousse pour des résultats insignifiants et chez laquelle on ne trouve d'ordinaire ni économie, ni ordre, ni tenue, ni propreté. Ce mot debraffe, emprunté à nos campagnards, vient du motbrasse(indicatif du verbe «Brasser»), les lettresssousse changeant fréquemment enfdans notre patois. Unebraffeest donc celle qui aime àbrasserbeaucoup d'affaires. A Chambéry on appellebrasse-femmecelle qui est toujours en mouvement. Dans nos Alpes,brassase dit d'une femme qui se mêle sans nécessité des affaires d'autrui.

BRAILLÉE, s. f. Cris, paroles prononcées en braillant.Tu m'essourdelles avec tes braillées. Brailléeest quelquefois synonyme de Gronderie.Peu à peu il se fâcha et nous fit une braillée.

BRAISES (DES). Ce mot ne s'emploie pas au pluriel. On ne dira donc pas:Le fayard fait des braises excellentes. Notre soupe versa dans les braises. Étouffer des braises.Dans ces exemples, et exemples semblables, mettez le singulier.

BRAMÉE, s. f. Cri, hurlement.Faire des bramées. Pousser des bramées.

BRAMER, v. n. Crier, hurler, parlant des personnes. Terme vaudois, dauphinois, etc. En français, «Bramer» ne sedit que du cerf. En Languedoc:Bramer, et dans notre patois,bran-ma, se disent du beuglement des vaches et des bœufs.

BRAND ou BRANT, s. m. Bande de papier soufré qu'on brûle dans les futailles pour fortifier le vin. En allemand:Brand.Ce vin est bon, mais il a un goût de brand.

BRANDE, s. f. Hotte faite de douves, hotte de bois pour porter la vendange, le vin, l'eau ou d'autres liquides.Les bretelles d'une brande.Terme suisse-roman et savoisien. A Fribourg on dit:Brente; en Provence,brindo.

BRANDÉE, s. f. Le contenu d'unebrande.

BRANDENAILLES, s. f. pl. Terme de pêcheur. Blanchaille, menu fretin, petites perches,perchettes.

BRANDER, v. a. Faire brûler dans une futaille un papier soufré. VoyezBRAND.

BRANLETTES, s. f. pl. Échalottes, ciboulettes, espèce d'ail.Cueillir des branlettes.Terme suisse-roman.

BRANQUER, v. a. Braquer.Branquer un canon; branquer une lunette.Terme suisse-roman.

BRAQUE, s. m. Vantard, hâbleur, blagueur. «Braque,» en français, veut dire: «Étourdi, inconsidéré.»

BRASAILLE ou BRAISAILLE, s. f. Menu charbon, poussier de charbon de bois. Dans le canton de Vaud on dit:Braisetteoubrasette.

BRASSE, s. f. Brassée, nagée, espace que parcourt un nageur par un seul mouvement de ses bras et de ses jambes.Notre fils commence à savoir nager: il fait douze brasses de suite.

BRASSE (LA). Les bras, le courage, la force.Couper la brasse; ôter la brasse. Tes histoires de champs de bataille et d'hôpitaux m'ont coupé la brasse.Expression connue dans le canton de Vaud.

BRASSE-CORPS (À), loc. adv. À bras-le-corps, c'est-à-dire:«À bras (qui entourent) le corps.»Ils se prirent à brasse-corps.Français populaire.

BRASSÉE, s. f.Se battre à la brassée, signifie: Lutter, se prendre corps à corps avec quelqu'un pour le terrasser.

BRASSER, v. a.Brasser la boue, signifie: Marcher dans la boue, patauger, barboter. A Neuchâtel on dit:Brasser dans la boue.

BRASSER LES CARTES. Mêler les cartes.

BRASSEUR DE BIÈRE, s. m. Brasseur.Ils se donnèrent rendez-vous chez le brasseur de bière.Cette faute nous vient de la Suisse allemande.Bierbrauersignifie littéralement: Brasseur de bière.

BRASSERIE DE BIÈRE, s. f. Brasserie.

BRAVE, adj. Joli, joliet, mignon, grassouillet. En français, «Brave,» appliqué aux enfants, signifie: Bien paré, vêtu avec soin. [Acad.]

BRAVET, ETTE, adj. Joli, gentil, mignon.Que notre Élisa était bravette avec son chapeau rose!Terme dauphinois, languedocien, etc.

BRECAILLON ou BROCAILLON, s. m. Dénomination dérisoire donnée aux soldats de l'ancienne milice, et, par extension, à tout fantassin qui est mal équipé. Ce terme a vieilli. En français,briquaillonsignifie: Vieux restes d'un pot cassé, objet de rebut.

BREDOUILLE, s. f. et adj. Celui ou celle qui fait les choses à l'étourdie, sans exactitude et sans soin. En Dauphiné et en Lorraine,bredouillese dit d'une personne qui ne parle pas distinctement.

BREDOUILLON, s. m. Diminutif debredouille.

† BREGANTIN, s. m. Brigantin, sorte de barque.

BREGAUSSER ou BREGAUCHER, v. n. Tracasser, ranger, nettoyer dans un appartement.

BREGOLET, s. m. Roulette d'enfant, machine roulante oùles enfants se tiennent debout lorsqu'ils commencent à faire quelques pas.

BREGON, s. m. Se dit d'une domestique active et bruyante, d'une domestique toujours en action, toujours agitée.Justine est un bon bregon.

BREGONNER et BREGOUNER, v. n. Faire du bruit en se trémoussant dans les diverses occupations du ménage.Nous l'entendîmes bregonner toute la nuit. Elle bregonnait dans la chambre avoisinante, et nous empêchait de dormir.Ce terme et les trois précédents tirent leur origine du motbrego, qui, dans le patois vaudois signifie: Rouet, machine à roue dont on se sert pour filer, et dont le bruit devient souvent importun.

BRELAIRE (UNE). Une tête légère, une personne évaporée, un étourneau.Il oublie tout, il embrouille tout: c'est une brelaire, c'est une tête de brelaire.Dans les cantons de Vaud et de Fribourg,brelairesignifie: Fantaisie, caprice, lubie, idée bizarre.Avoir une brelaire; une brelaire lui a passé par la tête.

BRELANCHER, v. n. Vaciller, locher, chanceler, branler, n'être pas bien ferme.Notre Jacques avait trop bu et il commençait à brelancher. Mes enfants, cottez donc votre table, vous voyez bien qu'elle brelanche. Brelancherest probablement un diminutif de «Branler,» v. n.

BRELAUDES ou BRELÔDES, s. f. pl. Lambeaux, pièces, loques.Il avait un chapeau gras et percé, et son habit s'en allait tout en brelaudes.Terme connu dans le canton de Vaud. Au sens figuré,avoir la tête en brelôdes, veut dire: Avoir la tête fatiguée et souffrante.

BRELAUDÉ, ÉE, adj. Qui est gâté, qui est déchiré, qui s'en va enbrelaudes. Voyez ce mot.

BRELINGUE, s. f. Mauvaise voiture. En français, «Berlingot» signifie: Berline.

BRELINGUER, v. a. Voiturer.

BRELINGUER (SE), v. pron. Se faire voiturer, se promener en voiture.Je m'ennuyais, j'étais seul: je me fis brelinguer deux fois par l'omnibus de Fernex. Brelinguerne se dit qu'en plaisantant, et se prend d'ordinaire en mauvaise part.

BRELOQUE, s. f. Se dit d'une personne bavarde, d'une personne sans jugement et sur laquelle on ne peut compter.Ne l'écoutez pas, c'est une breloque; c'est une tête de breloque.«Battre la breloque» est une expression française qui signifie: Divaguer, déraisonner.

† BRELUE, s. f.Avoir la brelue. Terme français populaire et vieux français. On dit aujourd'hui: «Berlue.»

BRELURIN ou BRELURON, s. m. Étourdi, tapageur.Après le bal, nos brelurins se mirent à boire et à faire mille extravagances.

BRENIQUE, adv. Bernique, bernicles, point du tout.Je comptais sur sa visite: mais brenique! il n'a pas paru.

BRESOLER ou BRISOLER, v. a. Rissoler, rôtir.Châtaignes bresolées.Terme suisse-roman et savoisien. Au sens figuré,bresolersignifie: Être impatient, pétiller d'impatience.Il bresole d'être marié. Nos deux enfants bresolent d'aller sur un bateau à vapeur; ils en bresolent d'envie.Expression qui appartient au langage le plus familier.L'os qui bresole, est une dénomination plaisante donnée à ce nerf du coude que les médecins appellent «Nerf cubital.» Quand ce nerf reçoit un coup sec, la main et le bras en éprouvent un frétillement, unbresolementtrès-douloureux.

BRESOLEUSE, s. f. Femme quibresole, femme qui rôtit des châtaignes et les vend au coin des rues.La mère Colloux, la bresoleuse, vient de mourir.

BRETANTAINE, s. f.Courir la bretantaine.Le mot français est «Pretentaine.»

BRETIFAILLE, s. f. Le mot français correspondant est«Promiscuité,» c'est-à-dire: Mélange confus et désordonné.Dans plusieurs écoles les enfants sont instruits à la bretifaille; c'est-à-dire: Pêle-mêle, jeunes garçons et jeunes filles à la fois.Les moissonneurs et les moissonneuses sont entassés le soir à la bretifaille.[P. G.] Ce mot n'est qu'une corruption du motBourdifaille, p.58.

BRETILLANT, ANTE, adj. Croustillant.Pain bretillant, pâtisserie bretillante, c'est-à-dire: Dont la croûte est bien cuite, ferme et friable.

BRETINTAILLE, s. f. Pretintaille, ornements de femme, frivolités, bagatelles, choses de peu de valeur.

BRIBANDER, v. a. Se promener sans but, flâner, fainéanter, mener une vie oisive et vagabonde. En vieux français,bribansignifie: Mendiant.

BRIFE, s. f. Espèce de petit-lait blanc et épaissi qui se forme sur leséretdans la chaudière d'une laiterie. [P. G.]

BRIFFE-TOUT, s. m. Celui qui gâte tout, fripe et détruit tout.Votre Hippolyte est un briffe-tout.

BRINNÉE, s. f. Volée de coups, rossée.Flanquer une brinnée.Terme trivial.

BRINNER, v. n. Résonner, renvoyer un son léger mais clair. Se dit surtout des objets en métal.J'entendais brinner un grelot. Elle faisait brinner ses petits sous dans sa cachemaille.Dans le patois du Faucigny,brin-nàsignifie: «Tonner.»Y brin-ne(il tonne).

BRIONNER, v. a. Émietter, réduire en petits morceaux.Brionner son pain.En provençal,brièsignifie: Miette de pain; etfriounaa le sens de notre motbrionner.

BRIQUE, s. f. Signifie: 1oDébris, éclat, partie ou fragment d'une chose cassée; 2oPièce, morceau d'une chose non brisée.Les briques d'un vase; les briques d'une terrine. Voilà ma jolie pipe en briques! Il vendit tout son ménage brique par brique(pièce à pièce).Il avait mis ses vêtementsen gage jusqu'à la dernière brique. Ta lessive est-elle sèche, Marion?—Oui, Madame, à l'exception de deux ou trois briques.Terme suisse-roman, savoisien, lyonnais et franc-comtois.

BRIQUET, s. m. Petit cheval.

BRISE, s. f. Miette, brin, petit fragment d'une chose brisée.Brises de pain; brises de sucre. Ils achetèrent chez le confiseur pour deux sous de brises.Terme méridional.

BRISER EN ARGENT. Convertir en argent la valeur de divers objets mobiliers pour en faire une somme. Terme de pratique.

BRISÉS, s. m. pl.Aller sur les brisés de quelqu'un.Chercher à s'emparer de la place qu'il occupe. Le mot français est «Brisées,» s. f. pl.

BRISETTE (UNE). Un brin, une petitebrise, tant soit peu. Terme languedocien.

BRISOLER, v. a. VoyezBRESOLER.

BRISSELET, s. m. Sorte de gaufre plate.Un plat de brisselets. Les brisselets du nouvel an.

BROSSETIER, s. m. Brossier, celui qui fait les brosses ou qui les vend.

BROSSU, UE, adj. Se dit des personnes et signifie: Hérissé, qui a les cheveux crépus. Terme connu dans le canton de Vaud et dans une partie de la Savoie.

BROT, s. m. Terme d'agriculture dont on se sert pour désigner les jeunes sarments de vigne quand ils sont tendres et cassants. Il ne faut pas confondre ce terme avec le mot français «Brout,» qui ne se dit que de la pousse des jeunes taillis au printemps, lesquels sontbroutéspar les bestiaux. [P. G.]

BROTTER, v. a. Brocher, écrire vite et mal, gribouiller.Brotter un pensum. En vingt minutes il avait brotté toute sa tâche.

BROUHÂR, s. m. Brouhaha.Tout le monde parlait à la fois: c'était un brouhâr à n'y pas tenir.

BROUILLARD, s. m. Brouillon.Le brouillard d'une lettre. Écrire sans faire de brouillard.Terme méridional.

BROUILLARDS, s. m. pl. Nous disons proverbialement d'une affaire que nous regardons comme fort incertaine et fort chanceuse:Elle est sur les brouillards du Rhône. On dit à Paris, dans le même sens: «Ma créance est hypothéquée sur les brouillards de la Seine.»

BROUILLER, v. n. Tromper au jeu, tricher.

BROUILLON, BROUILLONNE, s. Tricheur, tricheuse.

BROUSTOU et BROSSETOU, s. m. Gilet de flanelle qui se porte sur la peau. Terme formé du mot allemandBrusttuch.

BRUCHON, s. m. Brin de paille, brin de bois.Il lui était entré un bruchon dans l'œil.En Bretagne,brochonveut dire: Petit morceau de bois.

BRUGNOLE, s. f. Brignole, sorte de prune desséchée qui vient de Brignoles, ville de Provence.

BRÛLE (LE). Le brûlé.Odeur de brûle. Ta robe sent le brûle.Terme français populaire. A Lausanne et à Neuchâtel on dit:Le brûlon.

BRÛLE-BOUT, s. m. Brûle-tout, sorte de petit cylindre d'ivoire, de métal, d'albâtre, sur lequel on met un bout de bougie ou de chandelle qu'on veut brûler entièrement.

BRÛLEMENT, s. m.Avoir un brûlement dans le gosier, un brûlement dans l'estomac. Je n'ai pu dormir à cause d'un rhume affreux et d'un brûlement continuel dans la poitrine.Ce mot, si connu chez nous, est inusité en France, s'il en faut croire tous les dictionnaires usuels.

BUCHANCE ou BUCHÉE, s. f. Terme des collégiens. Batterie, conflit entre écoliers.

BÛCHE DE BOIS, s. f. Bûche.Nous avions brûlé, danscette seule journée, douze bûches de bois.Ce pléonasme, si c'en est un, se retrouve dans le canton de Vaud, à Neuchâtel, en Dauphiné, à Lyon, à Limoges, en Languedoc, en Lorraine, et sans doute ailleurs.

BÛCHE DE PAILLE, s. f. Brin de paille. En vieux français,bûchesignifiait: «Brin de paille;» ce qui explique fort bien nos expressions:Bûche de boisetcourte-bûche(courte-paille).

BÛCHER, v. neutre. Travailler à force, s'occuper vigoureusement, abattre une besogne considérable.Amusons-nous encore aujourd'hui; demain il faudra bûcher.En vieux français,bûcher, v. n., signifie: Abattre du bois, faire des bûches.

BÛCHER, v. actif. Rosser, battre très-fort.Bûcher un cheval; bûcher une bourrique.Terme savoisien, normand, etc.

BÛCHETTE, s. f.Élever un oiseau à la bûchette.Terme français populaire. Dites: À la brochette.Élever un enfant à la bûchette, c'est l'élever tendrement et délicatement.

BÛCHEUR, s. m. Grand travailleur.Alexis n'a pas un esprit bien éminent; mais c'est un bûcheur.

BUCHILLES, s. f. pl. Bûchettes, menu bois qu'on ramasse dans les forêts.Une flambée de buchilles; une hottée de buchilles. Mettre le vin sur les buchilles.Terme suisse. Ce que nous appelonsChapeaux de buchilles, s'appelle à Paris «Chapeaux de bois.»

BUCHILLONS, s. m. pl. Copeaux, menuesbuchilles.

BUFFÉTERIE, s. f. Buffleterie, certaines parties de l'équipement d'un soldat. R.buffle.

BUFFLE, s. m. Jeu d'écoliers.Jouer à buffle; faire à buffle.De ce substantif a été formé le verbebuffler.Je t'ai bufflé, tu es bufflé.

BUGNE, s. m. Chapeau de feutre.

BUGNET, s. m.Pâte de bugnet. Faire des bugnets.Terme français populaire. Dites: Beignet.

BUGNON, s. m. Beignet.

BUIDON, s. m. Écurie à porcs, porcherie.

BUMANT, s. m. Engrais, fumier. En patois,bùveut dire: «Un bœuf.»

BUMANTER, v. a. Mettre de l'engrais, mettre dubumant.Bumanter un pré.

BUSCULER, v. a. Bousculer.


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