Ah! te voilà, Carisot; eh bien! as-tu été au feu, cette nuit?—Au feu? Est-ce qu'on a crié à l'eau cette nuit? Je ne me suis aperçu de rien, moi, j'ai dormi comme un plot jusqu'à ce matin à huit heures.—Ah! Dieu me damne! il faut être sourd comme un toupin, pour ne s'être aparçu de rien avec un pareil brouhar qui z'y a eu toute la nuit. Moi qui ai le sommeil léger comme une rate, je me lève aux premiers cris d'à l'eau, tout en pantet; j'ouvre la fenêtre et je demande: Où est-ce? où est-ce?—En n'haut la Tour de Boë! qu'on me répond.
Ah! mon Dieu! que je me dis, si c'était chez Goncet le remueur, ou bien chez la Jossau, la vendeuse de biscômes, qui demeure à côté; ces pauvres diables n'auraient pas besoin de ça, y sont assez minables tous les deusse!
Je ne me donne pas le temps de m'habiller. J'enfile un crouye broustou avec ma roupe par-dessus, et je cours en grolles avec ma seille à la main.
Ce n'était pas en n'haut la Tour de Boë, c'était en n'haut de Bêmont, à un certain sacré endroit étroit qui va tout de guingoine comme l'allée du Cul du Chien. Y n'y avait pas une seringue d'arrivée. Quand je vis qu'y sentait le brûle à crever et qu'on voyait la fumée qui sortait par les vantaux d'un certain carcagnou de chambre à plain-pied, je dis: Ah! monDieu! voilà un feu qui a gonvé toute la nuit: y aura bien du mal!
Y avait par-là trois ou quatre piournes de femmes tout époulaillées qui faisaient des brâillées de mâlevie, et une troupelée de fichus charoupes qui restaient là plantés comme des idoines tout ébalourdis à regarder la fumée. Je leur dis: Sacribleu! y ne s'agit pas de rester là à patenocher en attendant les seringues; puisqu'on a loqueté à la porte, et qu'on ne répond pas, y faut la mettre en bringue.
Moi qui ai une bonne pougne, je vous chigougne le péclet vigoureusement et fiche la porte en dedans. Quand j'eus avancé quelques pas, la fumée et la flamme étaient si fortes qu'y fallut me rentourner en darnier, avec le col de mon habit et mes cheveux tout suclés.
Heureusement que ces fichus patenoches de pompiers arrivèrent avec la seringue de Chantepoulet. On fit la chaîne avec les siaux et les seilles jusqu'au bourneau du bas de la Cité; et après quelques bonnes jiclées, on fut maître du feu.
M'sieu, quand on entre dans ce croton de chambre, on trouve une femme étendue par terre d'à bouchon, toute brûlée et la moitié du corps en greubons. C'était la chose la plus z'hideuse, la plus z'hideuse qu'on puisse voir. On croyait d'abord que c'était une certaine gourgandine de Lyon qui était venue demeurer dans le quartier; mais on vit ensuite que c'était cette vieille redasse de Pignolet, qui tenait là un bouzin depuis quelque temps. Y paraît qu'on y avait fait la tamponne le soir, et qu'ayant trop fioulé au lieu de se coucher, elle s'était endormie sur son covet en faisant le cafornet, et puis que le feu avait pris à ses z'hardes et à son lit.
J'ai eu là une fière tarente, je t'en réponds; mais enfin, à part une gonfle à la main et un peu de rouche pour avoir gardé mes habits tout trempes, je m'en suis tiré saink-et-sauf.
Pourtant, quand je suis rentré à la maison, y faut bien ydire, j'avais le cœur diablement savaté d'avoir vu ce cadavre tout en greubons. Ma femme me disait: Y faut te faire une saigne, y faut te mettre les sangsuies..... Hé! voui! c'est bien moi qui vais me potringuer pour une peur. Je me suis flâné un verre de riquiqui sur la conscience, et puis n.. i ni, c'est fini, ni vu ni connu. Adieu, Carisot; adieu, mon ami; Je m'en vais au sarcle faire l'heure sèche avec Mottu, qui paye les séchots. Adieu, à revoire.
(La scène se passe dans une auberge.)
Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,Fait retentir ici ma cloison frémissante?Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?Un créancier, suivi de la noire cohorte,Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:Le rat de cave actif, son registre à la main,Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;Ou peut-être céans le gendarme inhumainArrache-t-il des bras de sa tremblante mèreUn conscrit malheureux, soutien de son vieux père.Le bruit redouble. Allons, secouons ces pavotsQui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?Et pourquoi, si matin, un pareil tintamarre?—Monsieur, dans la maison on a lesremueurs.»(Elle dit et s'en va.....)Lesremueurs, grands dieux! quel est ce nom bizarreHélas! serait-ce point quelque troupe barbare,D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,Et calmer, s'il se peut, leurs bruyantes fureurs.Lesremueurs! Ce nom, dans mon âme frappée,Je l'avoue, excitait les plus vives frayeurs.Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,Un noir pressentiment venait me tourmenter:La maison est pillée, il n'en faut pas douter.Puis, passant du salon à la pièce voisine,Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?Le croirez-vous, Messieurs?... la dame du logis,La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.Une coiffe de nuit couvre sa blonde tresse,Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,D'un mollet arrondi brille le fin coton.Du plus vif incarnat sa joue est allumée.Dans sa gauche elle tient, elle agite un torchon;Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,Semblable à cet acier qui commande une armée,Elle ordonne, elle suit les vastes mouvementsQui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,Ébaragnezici, jetez là duraisson,Avec cettepannosseessuyez cepochon;Prenez ce pot degreubeet trempez-y ces pattes;Ôtez sur cetablâtcespetolesderates.»À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tantpatenocher,Rangez-moi cepécletque je voisbrelancher.Reclouez celiteauqui va tout debisingue;Ébriquez cetoupin, samanilleest enbringue.Et vous, Jeannette, allons, pour vousémoustiller,Là-haut, sur ceplacardmontez vousaguiller,Et d'un coup d'époussoirôtez cesrauferies.Près de cebenaîtonque vois-jebambiller?C'est unguindreentouré d'un tas detruieries.Vite redescendez.Avantezcecoissin;Cettecăsseest gâtée, il faut chez lemagninLa porter cetantôt..... Ah! le vilain négoce!Tout devrait être fait depuis que jebregausse:Mais avec cespatetsj'en ai jusqu'à demain.»Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,Dans cet appartement tout est mis encupesse,Tout estécalabré, mais j'ai lesremueurs.»À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,Et contant à Fanny ma risible épouvante,Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,Achever à loisir mon somme interrompu.Gaudy.
Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,Fait retentir ici ma cloison frémissante?Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?Un créancier, suivi de la noire cohorte,Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:Le rat de cave actif, son registre à la main,Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;Ou peut-être céans le gendarme inhumainArrache-t-il des bras de sa tremblante mèreUn conscrit malheureux, soutien de son vieux père.Le bruit redouble. Allons, secouons ces pavotsQui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?Et pourquoi, si matin, un pareil tintamarre?—Monsieur, dans la maison on a lesremueurs.»(Elle dit et s'en va.....)Lesremueurs, grands dieux! quel est ce nom bizarreHélas! serait-ce point quelque troupe barbare,D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,Et calmer, s'il se peut, leurs bruyantes fureurs.Lesremueurs! Ce nom, dans mon âme frappée,Je l'avoue, excitait les plus vives frayeurs.Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,Un noir pressentiment venait me tourmenter:La maison est pillée, il n'en faut pas douter.Puis, passant du salon à la pièce voisine,Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?Le croirez-vous, Messieurs?... la dame du logis,La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.Une coiffe de nuit couvre sa blonde tresse,Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,D'un mollet arrondi brille le fin coton.Du plus vif incarnat sa joue est allumée.Dans sa gauche elle tient, elle agite un torchon;Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,Semblable à cet acier qui commande une armée,Elle ordonne, elle suit les vastes mouvementsQui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,Ébaragnezici, jetez là duraisson,Avec cettepannosseessuyez cepochon;Prenez ce pot degreubeet trempez-y ces pattes;Ôtez sur cetablâtcespetolesderates.»À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tantpatenocher,Rangez-moi cepécletque je voisbrelancher.Reclouez celiteauqui va tout debisingue;Ébriquez cetoupin, samanilleest enbringue.Et vous, Jeannette, allons, pour vousémoustiller,Là-haut, sur ceplacardmontez vousaguiller,Et d'un coup d'époussoirôtez cesrauferies.Près de cebenaîtonque vois-jebambiller?C'est unguindreentouré d'un tas detruieries.Vite redescendez.Avantezcecoissin;Cettecăsseest gâtée, il faut chez lemagninLa porter cetantôt..... Ah! le vilain négoce!Tout devrait être fait depuis que jebregausse:Mais avec cespatetsj'en ai jusqu'à demain.»Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,Dans cet appartement tout est mis encupesse,Tout estécalabré, mais j'ai lesremueurs.»À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,Et contant à Fanny ma risible épouvante,Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,Achever à loisir mon somme interrompu.Gaudy.
Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,Fait retentir ici ma cloison frémissante?Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?Un créancier, suivi de la noire cohorte,Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:Le rat de cave actif, son registre à la main,Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;Ou peut-être céans le gendarme inhumainArrache-t-il des bras de sa tremblante mèreUn conscrit malheureux, soutien de son vieux père.Le bruit redouble. Allons, secouons ces pavotsQui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?Et pourquoi, si matin, un pareil tintamarre?—Monsieur, dans la maison on a lesremueurs.»
Quel est donc ce fracas, qui, dès l'aube naissante,
Fait retentir ici ma cloison frémissante?
Pourquoi cette poussière et ces ais ébranlés?
D'où partent ces clameurs et ces coups redoublés?
Un créancier, suivi de la noire cohorte,
Peut-être du voisin assiége-t-il la porte:
Le rat de cave actif, son registre à la main,
Soupçonnant dans ces lieux un trafic illicite,
Peut-être exerce-t-il sa fâcheuse visite;
Ou peut-être céans le gendarme inhumain
Arrache-t-il des bras de sa tremblante mère
Un conscrit malheureux, soutien de son vieux père.
Le bruit redouble. Allons, secouons ces pavots
Qui viennent, malgré moi, refermer ma paupière,
Et sachons quels lutins ont troublé mon repos.
À l'instant, d'un bras ferme, empoignant la sonnette,
J'appelle à mon chevet la servante Jeannette.
«Quel est donc, s'il vous plaît, cet infernal fracas?
D'où partent tous ces coups frappés à tour de bras?
Et pourquoi, si matin, un pareil tintamarre?
—Monsieur, dans la maison on a lesremueurs.»
(Elle dit et s'en va.....)
(Elle dit et s'en va.....)
Lesremueurs, grands dieux! quel est ce nom bizarreHélas! serait-ce point quelque troupe barbare,D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,Et calmer, s'il se peut, leurs bruyantes fureurs.
Lesremueurs, grands dieux! quel est ce nom bizarre
Hélas! serait-ce point quelque troupe barbare,
D'avides maltôtiers, de cruels exacteurs,
De recors, de sergents... ou de voleurs peut-être!
Allons, habillons-nous: près d'eux il faut paraître,
Et calmer, s'il se peut, leurs bruyantes fureurs.
Lesremueurs! Ce nom, dans mon âme frappée,Je l'avoue, excitait les plus vives frayeurs.Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,Un noir pressentiment venait me tourmenter:La maison est pillée, il n'en faut pas douter.Puis, passant du salon à la pièce voisine,Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?Le croirez-vous, Messieurs?... la dame du logis,La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.Une coiffe de nuit couvre sa blonde tresse,Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,D'un mollet arrondi brille le fin coton.Du plus vif incarnat sa joue est allumée.Dans sa gauche elle tient, elle agite un torchon;Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,Semblable à cet acier qui commande une armée,Elle ordonne, elle suit les vastes mouvementsQui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.
Lesremueurs! Ce nom, dans mon âme frappée,
Je l'avoue, excitait les plus vives frayeurs.
Enfin, à tout hasard, muni de mon épée,
Je me rends au salon. Glaces, écrans, flambeaux,
Fauteuils et canapés, commodes et bureaux,
Tout était culbuté. Bon Dieu! dis-je en moi-même,
Ce n'était point en vain que, dans ma crainte extrême,
Un noir pressentiment venait me tourmenter:
La maison est pillée, il n'en faut pas douter.
Puis, passant du salon à la pièce voisine,
Par le bruit attiré, j'arrive à la cuisine.....
Qui vient s'offrir alors à mes yeux ébahis?
Le croirez-vous, Messieurs?... la dame du logis,
La piquante Fanny, ma jeune et vive hôtesse.
Une coiffe de nuit couvre sa blonde tresse,
Sa robe est retroussée, et, sous un court jupon,
D'un mollet arrondi brille le fin coton.
Du plus vif incarnat sa joue est allumée.
Dans sa gauche elle tient, elle agite un torchon;
Et d'un balai poudreux, dont sa droite est armée,
Semblable à cet acier qui commande une armée,
Elle ordonne, elle suit les vastes mouvements
Qui font gémir ces murs jusqu'en leurs fondements.
«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,Ébaragnezici, jetez là duraisson,Avec cettepannosseessuyez cepochon;Prenez ce pot degreubeet trempez-y ces pattes;Ôtez sur cetablâtcespetolesderates.»
«Allons, dit-elle à l'un, d'une voix animée,
Ébaragnezici, jetez là duraisson,
Avec cettepannosseessuyez cepochon;
Prenez ce pot degreubeet trempez-y ces pattes;
Ôtez sur cetablâtcespetolesderates.»
À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tantpatenocher,Rangez-moi cepécletque je voisbrelancher.Reclouez celiteauqui va tout debisingue;Ébriquez cetoupin, samanilleest enbringue.Et vous, Jeannette, allons, pour vousémoustiller,Là-haut, sur ceplacardmontez vousaguiller,Et d'un coup d'époussoirôtez cesrauferies.Près de cebenaîtonque vois-jebambiller?C'est unguindreentouré d'un tas detruieries.Vite redescendez.Avantezcecoissin;Cettecăsseest gâtée, il faut chez lemagninLa porter cetantôt..... Ah! le vilain négoce!Tout devrait être fait depuis que jebregausse:Mais avec cespatetsj'en ai jusqu'à demain.»
À l'autre: «Eh bien, voyons, sans tantpatenocher,
Rangez-moi cepécletque je voisbrelancher.
Reclouez celiteauqui va tout debisingue;
Ébriquez cetoupin, samanilleest enbringue.
Et vous, Jeannette, allons, pour vousémoustiller,
Là-haut, sur ceplacardmontez vousaguiller,
Et d'un coup d'époussoirôtez cesrauferies.
Près de cebenaîtonque vois-jebambiller?
C'est unguindreentouré d'un tas detruieries.
Vite redescendez.Avantezcecoissin;
Cettecăsseest gâtée, il faut chez lemagnin
La porter cetantôt..... Ah! le vilain négoce!
Tout devrait être fait depuis que jebregausse:
Mais avec cespatetsj'en ai jusqu'à demain.»
Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,Dans cet appartement tout est mis encupesse,Tout estécalabré, mais j'ai lesremueurs.»
Puis, comme j'approchais, ma pétulante hôtesse:
«Ah! Monsieur, pardonnez, si, dès le grand matin,
Dans cet appartement tout est mis encupesse,
Tout estécalabré, mais j'ai lesremueurs.»
À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,Et contant à Fanny ma risible épouvante,Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,Achever à loisir mon somme interrompu.
À ce mot, la gaîté fait place à mes frayeurs,
Et contant à Fanny ma risible épouvante,
Je dérobe un baiser sur sa bouche avenante,
Et je cours tout joyeux, rengaînant mon fer nu,
Achever à loisir mon somme interrompu.
Gaudy.
Gaudy.
Lamboteau.Ah! te voilà, Deladernier, y a longtemps que je t'ai pas vu. Qu'est-ce que tu as? Tu as l'air tout moindre.
Delesdernier.Je ne sais pas; depuis tout ce gandin de cet hivaire, je vais tout crevotant, j'ai une peine de mâlevie à me rapicoler..... Ah! si les mâzilles allaient encore, ce ne serait rien, mais ces sacrés kaiserliques n'ont pas laissé sistance à la maison.
Lamboteau.Voui! Plains-toi, un pauvre gratte-loton, comme moi, qui en ai eu une tapassée le premier soire, et à qui on en flâne deusse ensuite tous les quinze jours. Dieu me damne! quelle avaloire! Ma femme leur fesait à dîner une puissante galimaufrée de polmons et de froissures et un jaire de veau, avec une bonne platelée de tufèles bien diotues; c'était plus vite en bas la gargataine qu'on y avait vu, et puis des tinquets de fromage et de tomme, la pare et tout, et puis lasoupe le matin, et puis le riquiqui..... Non, on ne fait pas une idée de la vicaille qui s'est galiaufrée chez nous depuis trois mois.
Delesdernier.Moi, les miennes ne bouffaient pas autrement, mais c'étaient bien les plus fiares gouillards!.... Tu sais bien ce lard que nous avions tué par ensemble avec Bosson et Livache; j'avais encore un couple de longeôles avecque deux jambettes à la cheminée, superbes, y n'y en reste ni riffle ni raffle!.... Mais ce que je regrette le plus encore, c'est une demi-douzaine de bouteilles de sarvagnin de la comète, que j'avais mises à coin pour me rabaubiner un peu l'estomaque, que ces sacrés bouchards m'ont fioulées; et puis à présent qu'on a besoin de se refaire de quèque chose, y faut qu'on boive de la tatouille du cabaret. Mais c'est qu'y sont gouillards et cochons tout à la fois..... Allons! mouche avec les doigts comme des capucins; et puis des clâmauds par terre qu'y vous acrasent avec le pied..... Dieu me damne! s'y n'y avait pas des fois de quoi dégobiller!... et puis une odeur de gonvé sur eusse. Quant ils ont eu déboulé, j'ai vite ébaragné et écalabré par leur chambre; eh bien! quoique ça, y a pué encore le bocan pendant huit jours dans toute la maison. Mais enfin, Dieu marci! nous voilà, une bonne fois pour toutes, débarrassés de ces sacrées sangsuies.
Lamboteau.Voui, c'est des sangsuies, c'est vrai, mais y faut bien y dire aussi, quante l'on n'a une maladie, y faut une purge ou une saigne, et je crois que c'était une maladie qui comptait que ces gabelous et ces rats de cave.
Delesdernier.Et la conscription!... Non, tiens, quante je pense qu'y aurait fallu que mon Jaquet tire cette année! un enfant châcholé et flaironné par sa mère comme cetui-là!... y n'y aurait pas fallu trois semaines de sarvice pour le flanquer à plat de lit, au ranco dans une hopitale. Non pas à présent que toute cette sacrée parade est finie, comme il est assezdégruffé, je m'en vais vous le pousser farme dans la chiffre, pour sarcher ensuite à le placer dans quèque bon commarce d'espiceries ou de crincaillerie.
Lamboteau.Dis voir, et tous ces nants de braille, comme y vont être figeau de tout ça?
Delesdernier.Et toute cette cassibraille de gratte-papier qui vont être d'obligés de vanner.
Lamboteau.Et cette damnable pardition de loto qui ne pompera plus nos ag-nettes.
Delesdernier.Et le câfé qu'on va avoir bientôt aussi bon marché que les faviolons..... Ma sacré gouillarde de femme ne viendra plus me triôler, et me tirer de sous les ongles la moitié du çan mienne pour pouvoir se flâner ses deux écuelles dessus la conscience tous les jours que le bon Dieu a criés.
Lamboteau.Et dis voir, as-tu entendu sonner cette retraite hier à soire? Dieu me damne! si au premier coup de cloche je ne me suis pas tout sentu remuer la farâ.
Delesdernier.Et moi, quante j'ai revu en n'haut des affiches la clef de la cave avec notre moitié de poulet, si je n'étais pas pour faire des cupesses au beau milieu de la rue.
Lamboteau.Crois-tu, toi, qu'on mangera les greffions des pronmontions avec plaisir cette année, quante l'on reverra Monsieur le Premier redonner les prix à tous nos ourious comme du temps du bon glu.
Delesdernier.As-tu vu nos brecaillons avec leur nouvel uniforme comme ça vous a le fion! Je les ai rencontrés sur les ponts de Neuve comme y se renvenaient de l'exarcice. Y sont encore mieux retapés, au moins, que nos anciens volontaires avec leur queue à ras le cochon et leurs petits chapeaux de biscôme. Et ce sacré crottu de Favre, ce n'est pas le plus crouye de tousse au moins, quante y a son habit bien aboutonné, avecque sa gravate noire et poudré à blanc. C'est qu'y n'est ni jartou ni gambion cetui-là, quante même c'est un ancienGenevois, et j'en ai bien vu quèque z'eunes qui le reluchaient et joliment, en passant sous la Corraterie.
Lamboteau.C'est bien à présent qu'on peut dire avec le père Ch....:Lustucru, mon cher compère?ou bien:No le veyains revegni ce temps pleysans tant allégre.
Delesdernier.Ah! je t'en réponds. Y en a bien encore quèque z'uns de ces fichus avenaires qui ont toujours à gongonner et à raufer sur tout, quoi qu'on fasse, qui regrettent encore qu'on ait déguillé Bonaparte, et qui vous disent encore comme ça: Voui, vous êtes frais avec votre ritournelle. A présent que vos gros sont remontés sur leur bête, vous allez les voir fiars comme des boques, qui vont sarcher à acraser la bourgeoisie plus que jamais. Moi je dis que non. Les gros et les petits ont eu leur pide chacun, on est las de se marmanger et de ronger le fêlin. Y n'y a plus ni nâtifs, ni grimauds, ni habitants, ni corniauds, ni englués, ni emmardés; y n'y a plus que des bons Genevois (saufre pourtant ceusse qui ont mis la main au copon, au moins), et je parie, moi, qu'à la première tampoune qu'on fera pour la paix, nous verrons encore Des Arts ou Gourgasse danser avecque les péclotiers autour du bourneau de Saint-Jarvais.
À çà! Adieu, Lamboteau, adieu, m' n'ami, je m'en vais au sarcle faire un conchon avec Mottu et Jaquin qui m'attendent. Adieu, à revoire.
M......, docteur.
NOTES:[1]Les mots imprimés en caractèresitaliquesne figurent pas dans le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les trouvera dans Boiste, Gattel, leComplémentdu dictionnaire de l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.[2]Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. Ier, p. 19.[3]Mauvaise expression, accueillie par Boiste et par MrBescherelle; répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais, et par le plus récent des lexicographes, MrPoitevin.[4]Mauvaise expression recueillie par MrBescherelle.
[1]Les mots imprimés en caractèresitaliquesne figurent pas dans le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les trouvera dans Boiste, Gattel, leComplémentdu dictionnaire de l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.[2]Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. Ier, p. 19.[3]Mauvaise expression, accueillie par Boiste et par MrBescherelle; répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais, et par le plus récent des lexicographes, MrPoitevin.[4]Mauvaise expression recueillie par MrBescherelle.
[1]Les mots imprimés en caractèresitaliquesne figurent pas dans le dictionnaire de l'Académie française (édition de 1835): on les trouvera dans Boiste, Gattel, leComplémentdu dictionnaire de l'Académie, N. Landais, ou Bescherelle, etc.
[2]Ce terme figure à tort dans ce Glossaire, t. Ier, p. 19.
[3]Mauvaise expression, accueillie par Boiste et par MrBescherelle; répudiée par l'Académie, par Lavaux, par Gattel, par N. Landais, et par le plus récent des lexicographes, MrPoitevin.
[4]Mauvaise expression recueillie par MrBescherelle.