TABELLE, s. f. Registre, agenda, tableau des devoirs, occupations, charges,incombancesd'une société, d'un corps, d'une corporation.Rédiger la tabelle. Consulter la tabelle. Inscrire sur la tabelle. Afficher la tabelle.Terme vaudois.TABLÂR ou TABLÂT, s. m. Tablette, rayon, planche posée pour mettre quelque chose dessus.Ajuster des tablâts. Écurer des tablâts. S'aguiller sur un tablât.Terme suisse et savoisien.TABLE, s. f. Nous disons:La soupe est sur la table, pour signifier que le dîner est servi. On doit dire sans article: La soupe est sur table, ou chercher une meilleure expression.TABLE, adj. Dans une votation, lorsque les voix sont mi-parties (c'est-à-dire également partagées), cela s'appelle:Être table. Les juges étaient tables, et le président fut appelé àdétabler.Terme neuchâtelois. [VoyezGuillebert,Glossaire neuchâtelois, 2eédition, p. 243.]TABLÉE, s. f. Réunion nombreuse de convives (autour d'une table.)Une belle tablée; une joyeuse tablée.Terme suisse et vieux français.TABLETTE À LA BISE, s. f. Pastille de menthe.TABOUSSE, s. f. Babillarde.TABOUSSER, v. n. Babiller. Terme vaudois.TACHE, s. f. Petit clou de fer à tête ronde que l'on met sous les souliers et les sabots. Terme suisse et méridional. Dans le patois limousin, on appelletatsotoute espèce de clou qui a un pouce et demi de longueur, et au delà.† TÂCHE, s. m.As-tu fait ton tâche, Bastien? Quand ton tâche sera fini, tu t'amuseras.Ce mot est féminin.TÂCHER, v. n. Terme des jeunes écolières. Rivaliser de diligence; disputer à qui aura le plus vite fait, dans un temps donné, un certain ouvrage.Mesdemoiselles, voulons-nous tâcher? Tâchons toutes ensemble.TÂCHER À. Viser à, tâcher d'atteindre une personne ou une chose avec un projectile quelconque.Tu me tâchais, Henri, avec ta paume de neige?—À toi? Pas plus; je tâchais à cette bourguignôte qui passe.TÂCHER MOYEN. Faire en sorte, tâcher, s'efforcer.Tâche moyen que l'on se promène ensemble dimanche. À çà, Jérôme, tu tâcheras moyen de me rembourser un peu promptement.Terme vaudois et méridional.TÂCHER QUE.Il faut tâcher que votre maître soit content.Le verbetâcherne se construit pas avecque. Dites: Il faut tâcher de contenter votre maître.TACONNET ou TACOUNET, s. m. Pas d'âne, plante médicinale qui croît principalement dans les terrains improductifs.Terre de tacounet, laisse à qui elle est.Terme vaudois, etc.TAILLARDER, v. a. Taillader, entailler, couper.TAILLER À LA RUINE, ou EN RUINE. Terme d'agriculture. Se dit ordinairement d'une vigne dont on surcharge la taille de manière à lui faire produire beaucoup de fruit, sans s'inquiéter si on l'épuise. Ce procédé est mis en pratique l'année ou les années qui précèdent l'arrachement. Au figuré,tailler à la ruine, se dit de ceux qui sacrifient l'avenir pour faire face au présent.TAILLERIN, s. m. Petit morceau de pâte pour la soupe, vermicelle plat. Terme vieux français.TAILLEUSE, s. f. Couturière. [VoyezPautex,Recueil de mots, ch.XXII.]TAILLON, s. m. Grosse tranche, morceau, gros morceau coupé.Un taillon de lard; un taillon de fromage. Ne coupe donc pas ce pain par taillons.Terme méridional et vieux français.TALAR, s. m. Pelisse, robe fourrée.TALMOUSSE, s. f. Sorte de pâtisserie, nouvellement introduite chez nous, et qui nous vient de Paris. Le véritable terme est «Talmouse,» avec un seuls.TAMAGE, s. m. VoyezTAMER.TAMBOUR, s. m. Sorte de poêle portatif en fer-blanc, à couvercle et de forme ronde.Un tambour et sa bassine. Vous sécherez ces linges dans le tambour.TAMBOUR D'ONZE HEURES, s. m. (fig.) Rabâchage, répétition ennuyeuse, litanie.TAMBOURNER, v. n. Tambouriner.Venez tous: on ira tambourner au bastion.Se dit surtout des enfants lorsqu'ils battent de petits tambours qui leur servent de jouet. Terme suisse, jurassien, etc.† TAMBOURNIER, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse. Terme savoisien, jurassien et languedocien.TAMER, v. a. Étamer.Voilà le magnin qui passe; donnez-lui les deux pochons à tamer.Terme vaudois.TAMPONNE ou TAMPOUNE, s. f. Débauche de table, tapage, grande ribotte avec chants, cris et claquements de mains.Faire la tamponne.Français populaire.TAMPONNER, v. n. Faire latamponne, faire une débauche bachique, se livrer bruyamment à tous les plaisirs de la table. Terme méridional.TANNÉE, s. f. Rossée, frottée, volée de coups.Donner une tannée; appliquer une tannée; recevoir une tannée.TANNER, v. a. (Prononcezâlong.) Battre, rosser, abîmer de coups.Hier au soir ils se sont tannés et giflés à outrance.Terme suisse. Le verbetanner, pris dans cette acception, ne se trouve dans aucun dictionnaire ni dans aucun glossaire français.TANT, adv. Si, tellement.Ne lisez pas ce roman, il est tant plat. Ces poires sont tant bonnes. La Fanchette est tant bête.Cette faute nous vient du vieux français.TANT, adv. Aussi.Va vite! cours! cours tant fort que tu pourras.«Je déployai toutes les voiles et laissai le bateau allertant vitequ'il voulut.» [Bonivard à Chillon, p. 60.]TANT, adv. est superflu dans les exemples suivants:Tant plus on sera, tant plus on s'amusera. Tant plus on a d'égards pour Isaac, tant plus il grogne et rechigne.Cette expression appartient au vieux français.TANT, s. m.On lui a promis le tant pour cent. Vous lui payerez un tant pour mille. Ils auront un tant sur les bénéfices.Tantn'est jamais substantif. Il faut dire, en retranchant l'article: On lui a promis tant pour cent. Vous lui payerez tant pour mille, etc.TANT MOINS QUE. Le moins que.Il est si apathique qu'il travaille tant moins qu'il peut. Ne fréquente pas les cafés,Eugène, vas-y au contraire tant moins que tu pourras.TANT PLUS QUE est aussi un barbarisme.Combien faut-il scier de ces rondins?—Sciez-en tant plus que vous pourrez.Dites: Le plus que vous pourrez.TANTÔT, s. m. Après-midi. Letantôt, l'après-midi.Adieu, Des Thiollaz, on se verra ce tantôt. Vas-tu souvent à ton cercle, Colombier?—Pardine, j'y vais chaque tantôt. Depuis plusieurs jours il pleut tous les tantôts.Cette expression, qui nous vient du vieux français, n'est point particulière à notre dialecte. Le mot «tantôt» est un adverbe. Voyez les dictionnaires.† TANT PIRE, loc. adv. Tant pis.S'il n'est pas content de ce que je lui offre, tant pire pour lui. Nous aurons de la pluie, Benjamin.—Eh bien! tant pire; partons la même chose.Parisien populaire, etc.TANT QU'À MOI. Quant à moi.Tant qu'à nous, quant à nous.Tant qu'à eux, quant à eux.Je ne t'ai jamais vu ivre, Chapalay.—Tant qu'à çà, Monsieur, je ne bois jamais plus de demi-pot.Parisien populaire.TANT QU'À. Jusqu'à.Tant qu'à Genève, tant qu'à Bonneville, etc., signifient: Jusqu'à Genève, jusqu'à Bonneville.Sans nous apercevoir de la fatigue, nous allâmes tant qu'à Rumilly.Les gens de la campagne ne s'expriment pas autrement.TAPAGE, s. m. Grande quantité.Un tapage de monde; un tapage de vieux bouquins. Dans sa colère, il nous lâcha un tapage de sottises.Français populaire.TAPAGER, v. n. Faire du tapage.Finissez, mes enfants: c'est bien assez tapagé.Terme marseillais, etc.TAPASSÉE, s. f. Pluie, averse forte, mais de courte durée.Une tapassée de pluie. Recevoir une tapassée. Cette tapassée nous inonda.Terme suisse et savoisien. La significationprimitive du mottapasséeest: Grande abondance d'une chose, grande quantité.Une tapassée d'individus; une tapassée de pommes. D'un seul coup de pierre il déguilla une tapassée de noix.TAPÉE, s. f. Grande quantité, grande abondance, multitude.Une tapée de monde. Une tapée de marchandises. Une tapée de soupe.Terme français populaire.TAPÉE, s. f. Coups, gifle.Recevoir une tapée. Nos gamins se donnèrent une bonne tapée.Terme dauphinois, etc.TAPER DE L'ŒIL. Dormir. Français populaire.TAPER (SE), v. pron. Se heurter.Elle se tapa contre la cheminée et tomba.Taper et se taper sont français, mais dans une acception un peu différente.TAPET, s. m. Traquet, oiseau du genre des becfigues.TAPET, s. m. Langue.Faire cheminer son tapet, signifie: Babiller, bavarder.TAPETTE, s. f. Battoir de lessive, palette à manche pour battre le linge mouillé. Au sens figuré,tapettese dit de la langue d'une personne babillarde.Mener sa tapette. Tenir sa tapette au chaud.Il se dit aussi de la personne elle-même:Cette jeune fille est une tapette.TAPIN, s. m. Tape, taloche, coup de la main.Recevoir un tapin; appliquer un tapin.Terme français populaire.TAPIN, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse.Un petit tapin. Voilà les tapins qui s'exercent.TAPISSEUR, s. m. Tapissier.TAPISSIER, s. m. Colleur, ouvrier qui colle du papier peint sur les murs d'un appartement. En français: Un tapissier est Celui qui travaille en toutes sortes de meubles de tapisserie et d'étoffe.TAQUINEUR, EUSE, s. et adj. Taquin, taquine.TARABUSQUER, v. a. Tarabuster, inquiéter, importuner,contrarier.Voilà une nouvelle qui me tarabusque.Terme connu à Reims et sans doute ailleurs.TARAMARA, s. m. Vacarme, brouhaha, bruit confus.TARANTE ou TARENTE, s. f. Terreur panique.Tu as eu là, Gaspard, une fameuse tarente.En jouant sur ce mot, nous disons quelquefois d'un poltron:C'est le duc de Tarente. Voici notre duc de Tarente.TARARA.Faire tararasignifie: Faire grande envie, faire venir l'eau à la bouche.En voyant ce salmis, ça me faisait tarara.TARD (À), adv.Venir à tard, arriver à tard, sont des expressions vicieuses. Il faut dire: Venir tard, arriver tard, ou: Venir sur le tard, arriver sur le tard.TARRE POUR BARRE. Nous disons familièrement de quelqu'un qui s'embrouille dans un discours, ou qui, par inadvertance et par distraction, dit une chose pour une autre:Il dit tarre pour barre; il répond tarre pour barre; il entend tarre pour barre.Expression très-usitée.TARTIFLE ou TARTUFLE, s. f. Termes par lesquels, aux frontières de notre canton, dans le Faucigny, on désigne les pommes de terre.Planter les tartifles, buter les tartifles.Terme usité aussi en Languedoc. [Voyez leDictionnaire gascondeVilla, t. II.] En français,tartifleest le nom vulgaire du topinambour.TARTRE (LA).La tartre des dents.Ce mot est masculin.TASSON, s. m. Taisson, blaireau. Proverbialement:Suer comme un tasson.Terme suisse-roman, etc.TATA, s. f. Dans le langage des enfants signifie: Tante.Dis adieu à la tata; touche la main à la bonne tata.Terme usité en Bretagne et sans doute ailleurs.TATA, s. m. Nous disons d'une personne que nous voyons, contre son ordinaire, bien vêtue et pimpante:Elle s'est mise sur son tata. Le voilà aujourd'hui sur son tata.Expression connue dans la Suisse romane.TÂTE, s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un fromage pour le goûter. Terme jurassien et méridional.TÂTENITOUCHE, subst. des 2 genres. Sournois, bon apôtre, sainte nitouche.TÂTE-POLAILLE, TÂTE-À-POLAILLE, ou TÂTE-À-C.. DE POLAILLE, s. m. Se dit d'un homme qui s'occupe minutieusement des détails du ménage, et qui demeure au coin du feu pour veiller le pot. Dans le dialecte picard,tâte mes glaines(tâte mes poules) a le même sens.TATOUILLE, s. f. Piquette, mauvais vin, ripopée.Boire de la tatouille.Terme français populaire.TATTE ou TETTE, s. f. Terrain en friche, terre vacante, plaine inculte, lande, steppe.Les tattes de Saint-Georges. Les tattes d'Aire-la-ville.TAUCHES, s. m. pl. VoyezTÔCHES.TAULÉE ou TÔLÉE, s. f. Quantité, grand nombre.Une tôlée de chiens; une tôlée de cochons de lait.TAUPIER, s. m. Se dit familièrement et dérisoirement d'un soldat du corps des mineurs.TAUQUÉE ou TÔQUÉE, s. f. Gifle, danse.TAUQUER ou TÔQUER, v. a. Battre, frapper, donner une danse.Jean est rentré soûl chez lui et s'est mis à tôquer sa femme et ses enfants.TAVAN, s. m. Taon, insecte malfaisant très-connu.La piqûre du tavan. Le dard du tavan.Terme vaudois, savoisien, dauphinois et vieux français. Dans le Languedoc et dans le canton de Neuchâtel on dit:Taban. En latin,tabanus.TAVELER, v. a. Terme des campagnards. Signifie: Donner au beurre une forme et le marquer d'une empreinte.Taveler le beurre.L'instrument qu'on emploie à cet usage s'appelle:Tavé.TAVILLON, s. m. Bardeau, petite planchette de bois dont on recouvre certaines habitations. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura, dans la Franche-Comté et le Chablais on dit:Tavillonettavaillon.TAVILLONNER, v. a. Garnir le toit de bardeaux, detavillons.TAVILLONNEUR, s. m. Celui qui fabrique lestavillonset qui en garnit les toits. A Carouge (canton de Genève), on lit sur une enseigne de la rue Caroline:B***, couvreur-tavillonneur.TEICHE ou TÈCHE, s. f. Tas de foin, meule de foin.Construire une teiche; élever une teiche.Terme suisse. Se dit aussi d'un grand tas ou amas.As-tu fait ta provision de fascines?—Oui, j'en ai une fameuse teiche. Quelle teiche de bois!En espagnol:Techo, toit d'où l'eau dégoutte. En Languedoc,técherveut dire: Dégoutter, couler goutte à goutte.TEL, TELLE, adj. Expression dont on se sert quand on ne veut pas nommer les personnes.Mrtel a demandé de tes nouvelles.Dites: Mrun tel.Tu inviteras Mmetelle.Dites: Mmeune telle. Que m'importe ce que Mrun tel pense de moi! Au pluriel on doit dire: MM. tels, Mmestelles et telles.TEL ET QUEL, adj. composé. Intact, sans changement, dans le même état.Je vous rends votre sac d'argent, je vous renvoie votre groupe tel et quel. Voici vos livres tels et quels.Supprimez la conjonctionet, et dites: Voici votre argent tel quel. Voici vos livres tels quels.† TEMPLE (LA).Il se heurta à la temple.Terme vieux français. Dites: La tempe.TEMPS, s. m.Une heure de temps, deux heures de temps, etc., sont des expressions très-correctes, mais qui appartiennent au langage familier. Quand vous les trouvez censuréespar les grammairiens, soyez certains que ces grammairiens-là n'ont pas lu bien attentivement les auteurs classiques; Voltaire, par exemple, s'en est servi fréquemment.TEMPS, s. m.Qui gagne du temps, gagne tout.Proverbe remarquable et plein de sens, qui manque dans les dictionnaires.TEMPS, s. m. Dans le langage des campagnards,avoir du temps, signifie: Avoir un mauvais temps, avoir de la pluie ou de l'orage.Les hirondelles volent bas: nous aurons du temps.Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit en ce même sens:Il fera du temps.TEMPS, s. m. Disposition de l'air.Le temps s'essuie, signifie: La pluie va cesser; la pluie semble vouloir cesser.TEMPS, s. m. Conjoncture favorable, commodité, facilité.Prenez ce sentier, Mesdames, vous aurez meilleur temps, c'est-à-dire: Votre route en sera plus courte et plus facile. Expression suisse.TEMPS (LE). Nous disons d'une personne extrêmement fière, qu'elle est haute comme le temps. Mais que signifie le mot detempsdans cette phrase? Peut-être s'agit-il des régions supérieures de l'atmosphère.TENDRE, v. a. (fig.) Faire passer, donner.Tendez-moi la bouteille; tendez-nous le sel; tendez-lui les tenailles.TENDS-TU? Abréviation de «Entends-tu?»Tu viens demain pêcher avec nous, Robert, et de bonne heure, tends-tu? Tu as promis de venir nous réveiller: n'y manque pas, tends-tu?TENIR, v. a. (fig.) Avoir.Quel quantième du mois tenons-nous?—Nous tenons le vingt.Dites: Quel quantième du mois avons-nous?—Nous avons le vingt.TENIR, v. a. Terme de négoce. Dans notre langage,tenir une marchandise, signifie: L'avoir à la disposition des chalands, l'avoir à vendre, la vendre.Tenez-vous des brignoles,Monsieur Philippe? Tenez-vous du simolat et des fidés?Terme méridional.TENIR DE.Il tient de bise, veut dire: La bise souffle.Il tient de vent, signifie: Le vent souffle.TENIR PIED. Terme du jeu de boule, du jeu de quilles, etc. Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour cela. Expression suisse et savoisienne.TENTATIF, IVE, adj. Tentant, tentante, qui tente.Votre proposition est tentative, et je l'accepte. Vous avez là des raisins fort tentatifs.Terme français populaire. Pour être correct, il faut dire: Une proposition tentante; des raisins tentants, etc.; ou, si l'on trouve trop dur à l'oreille ce mottentant, on peut facilement prendre un autre tour.TENTE, s. f. Banne, grosse toile que les marchands mettent aux auvents de leurs magasins pour se garantir du soleil.Un coup de vent emporta la tente.Terme méridional.TENUE, s. f. Direction, conduite.La tenue d'une école; la tenue d'une classe. La tenue de classe a été d'un mois pour chaque concurrent.Nous disons dans ce même sens:Tenir la classe; tenir l'école. Mon collègue, MrN**, tiendra la classe à ma place pendant deux jours.Ces termes utiles et consacrés chez nous n'ont pas encore trouvé place dans les dictionnaires.TENUE DE LIVRES, s. f.La tenue de livres est une étude plus importante que difficile.Pour parler correctement, il faut dire: La tenue des livres.TEPPE, s. f. Plaine inculte, terrain en friche.Défricher une teppe.Terme bressan, etc.† TÉR'BENTINE, s. f.Tér'bentine commune; tér'bentine falsifiée.Écrivez et prononcez «Térébenthine.»TERGETTE, s. f.Pousser la tergette; fermer une porte à la tergette.Terme français populaire. Écrivez et prononcez «Targette.»TERRAILLE, s. f. Poterie de terre.Une marchande de terraille. Une fabrique de terraille.Terme suisse, savoisien, méridional et vieux français. Une de nos rues s'appellele Terraillet.Terraillervoulait dire: Potier de terre. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane, t. II, p. 616.]TERRASSIERS, s. m. Potier de terre. Le chemindes Terrassiers, dans la commune de Plainpalais, tire son nom des potiers de terre qui y étaient établis autrefois, et qui s'y sont maintenus jusque vers l'année 1827. Terme savoisien et méridional. En Bourgogne, dans le Berry et chez nos campagnards,terrasseoutarassesignifie: Terrine, plat de terre, vase de terre,greulette. Voyez ce mot.TERRASSIÈRE, s. f. Poterie, fabrique de pots de terre.TERREAU, s. m. Dans la langue des campagnards ce mot signifie: Fossé. En vieux français on disait:Terrail.TERRE JAUNE. L'expressionterre jaune, employée non-seulement par les campagnards, mais aussi par les gens de la ville, vient de ce que dans les plans de délimitation qui ont été faits après le traité de Turin, on a teint de jaune la bande limitrophe sur laquelle nos voisins ne doivent pas établir de lignes de douanes.TERTASSE, s. f. C'est le nom que beaucoup de personnes donnent, depuis quelques années, à l'une de nos rues montantes. Son vrai nom estTartasse. On le trouve tel dans la chanson de l'Escalade et dans les registres latins du seizième siècle (TartassiaouTartasia).TESTICOTER, v. a. et n. Asticoter, contester, tracasser quelqu'un sur de petites choses.Si ma marchandise vous convient, prenez-là, Mamzelle, sinon, pourquoi testicotez-vous?Terme neuchâtelois, lyonnais, limousin, rouchi, etc. A Paris:Tassicoter; en vieux français,tastigoter.TESTICOTEUR, s. m. Chipotier, taquin, vétilleur.TÊTARD, ARDE, s. et adj. Têtu, opiniâtre.TÊTE, s. f. Le proverbe suivant s'adresse aux personnes oublieuses, étourdies:Quand on n'a pas bonne tête, il faut avoir bonne jambe; proverbe facile à comprendre, et qui est parmi nous d'un usage universel.TÊTE-À-MAILLOCHE, s. f. Têtard, grenouille non développée.TÊTE CARRÉE. Se dit ordinairement d'une personne opiniâtre, obstinée, têtue, inébranlable dans ses volontés. Selon l'Académie, «Tête carrée» se dit d'un homme qui a beaucoup de justesse et de solidité dans le jugement.TÉTERASSE, s. f. Sorte de bouteille en verre, qui est d'un emploi utile dans le nourrissage.TÊTIÈRE, s. f. Chevet.La têtière du lit.Terme parisien populaire.THÉRIACLE, s. m. Sorte d'opiat.Une prise de thériacle. Du thériacle de Venise.Terme français populaire et vieux français. On doit dire: De la thériaque; une prise de thériaque.† THÉTIÈRE, s. f.Une thétière de porcelaine; une thétière d'argent.Terme français populaire et vieux français. On dit aujourd'hui: Théière.TIENS-TOI BIEN, s. m. Sorte de jeu, où plusieurs enfants sautent l'un après l'autre sur un d'entre eux, lequel se tient courbé en forme de cheval.Jouer à tiens-toi bien.On dit à Paris: Jouer au cheval fondu.TIAFFE, s. f. VoyezTIOFFE.TIETTE, s. f.Tiette! tiette!est le cri par lequel nous appelons les poules.Tietteest pourtiotte; ettiotteest un abrégé depetiote(petite). En Languedoc on dit:Tite! tite!pour: Petite! petite! Dans nos villages on dit:Tîhităoutîtă.TIGNACHE, s. f. Tignasse, mauvaise perruque.TIGNON, s. m. Quignon, gros morceau.Un tignon de fromage.TILLOL, s. m. Arbre. Écrivez et prononcez «Tilleul.» Les campagnards disent:Tillot(obref). Terme jurassien, berrichon, vieux français, etc.TINQUET, s. m. Gros morceau de quelque chose qui peut se manger à la main.Un tinquet de pain; un tinquet de châchaud; un tinquet de saucisse.A Neuchâtel on dit:Un tanquin.TIOFFE ou TIAFFE, s. f. Nigaude, niaise, bécasse.Cette grosse tioffe ne vient-elle pas me marcher dessus!TIOFFU, UE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie: Lourd, lourdaud, épais.TIOLE, s. f. Nous disons de quelqu'un qui est ivre:Il a sa tiole; expression qui nous vient des campagnards.Tioleoutieule, en patois, signifie: Tuile. En vieux français:Tieule.TIOQUAND, ANDE, subst. Nom propre des habitants du pays de Gex, puis dénomination injurieuse pour dire: Un gros paysan, un homme grossier dans ses manières.C'est un tioquand.TIOQUE, s. f. Se dit d'une personne sotte et maladroite.Que tu es tioque, ma pauvre Thérèse! Tu as le talent de casser tout ce qui te passe par les mains.TIOQUER (SE), v. pron. Se choquer, se heurter; donner ou frapper contre.L'enfant se tioqua la tête contre un mur. Ces deux personnes se sont tioquées dans l'obscurité.VoyezTÔQUER.TIOULÉE, s. f. Larmes abondantes.TIOULER, v. n. Fondre en larmes.TIOU-TIOU, s. m. Chevalier aboyeur, sorte de bécassine.TIPE-TAPE (À), locut. adv. Beaucoup, abondamment, à foison; en veux-tu, en voilà.TIPONNER, v. a. Tirailler, chiffonner, manier une chose comme ferait celui qui pétrit la pâte,pitonner.TIRAGE, s. m. Tir, place où l'on s'exerce à tirer des armes à feu.Un tirage spacieux.Terme suisse.TIRAILLE, s. f. Latirailleest un jeu d'écoliers, dans lequel, rangés en deux camps plus ou moins nombreux, ils se tiraillent violemment à l'envi, tâchant d'amener à eux, et de retenir prisonniers, leurs adversaires.Faire à la tiraille.TIRANT, s. m. Courant d'air.La fenêtre entr'ouverte formait un tirant. C'est le tirant de la porte qui fait ce bruit.Terme vaudois.TIRANT, s. m. Tiroir.Le tirant de la table.Terme vaudois.TIRANTE, s. f. Se dit d'une femme qui est dure à la desserre, quitiretout à elle, qui accapare et ne fait que des marchés à son avantage.Vous êtes bien tirante, ma bonne dame: si tout le monde marchandait comme vous, où en serait-on?TIRE, s. f. File, rangée, suite, longue suite.Une tire de hutains. Voilà une bonne pluie, Monsieur Colas.—C'est vrai, Monsieur: mais il nous en faudrait deux jours de tire, c'est-à-dire: Deux jours de suite.TIRE, s. f.Écrire à tire de plume, c'est écrire aussi vite que la plume peut aller.Pourrais-tu écrire à tire de plume le discours entier du prédicateur?On dirait en français: Pourrais-tu écrire à trait de plume?TIRÉE, s. f. Tire, traite, certaine quantité de chemin que l'on fait sans se reposer.Nos petits voyageurs firent cinq lieues tout d'une tirée. De Genève à Douvaine il y a une forte tirée.TIRÉE D'OREILLES, s. f.Il a eu sa tirée d'oreilles, sa bonne tirée d'oreilles, c'est-à-dire: On lui a tiré vigoureusement les oreilles.TIRE-GOUINE, s. f. Mauvaise viande. On dit aussi:Treguigne.TIRE-LÂCHE.Faire à tire-lâche, tirer et lâcher tour à tour. Sorte de jeu ou d'exercice gymnastique entre jeunes garçons.TIRE-LIGNU, s. m. Sobriquet des cordonniers. VoyezLIGNU.TIRE-POILS, s. m. Gribouillette, sorte de divertissement d'enfants.Faire à tire-poils, c'est jeter desbonbons, des dragées, de l'argent, au milieu d'une troupe d'enfants, qui cherchent à s'en saisir, et qui ont le droit de prendre aux cheveux ceux qui en sont détenteurs. Terme savoisien et méridional.TIRER, v. a.Tirer son chapeau(se découvrir), est une expression vicieuse, quoique très-usitée en Suisse, en Savoie et même en France.Sois poli, Janot, et tire ton chapeau à ces messieurs. Je lui tirai poliment mon chapeau, mais il ne daigna pas me rendre le salut.Pour être correct, il faut dire: Ôter son chapeau. Je lui ôtai mon chapeau. Nous faisons une faute semblable quand nous disons:Tirer son habit, tirer sa veste. Il faut dire: Ôter son habit, ôter sa veste.TIRER, v. a. Aller, poursuivre.Filez, petits drôles, et tirez bien vite votre chemin.TIRER À L'ARC. Cette expression n'est pas française. On doit dire: Tirer de l'arc, tirer de l'arbalète.TIRER AU PISTOLET. Les dictionnaires disent: Tirer le pistolet. Les expressionstirer au fusil, tirer à la carabine, tirer au canon, ne se trouvent non plus dans aucun dictionnaire français.TIRER LES YEUX. Se dit d'un grand éclat de lumière, et signifie: Éblouir, blesser, offenser les yeux.La réverbération nous tirait les yeux. Finis avec cette rataco, tu me tires les yeux.Se tirer les yeux, signifie: Se faire mal aux yeux en travaillant sans clarté suffisante.Il fait presque nuit, ne lis pas davantage, tu vas te tirer les yeux.TIRER (SE), v. pron. S'ôter, se retirer.Tire-toi de là, Michel. Jeunes gens, tirez-vous d'ici.Terme méridional, etc.TIREVOUGNER ou TRIVOUGNER, v. a. Secouer, tirailler. Dans le dialecte fribourgeois,A tire vougne, adverbe, signifie: Avec difficulté, péniblement.TIRE-ZYEUX, s. m. C'est le nom que les campagnards donnent à l'insecte que nous appelons en français: Demoiselle.TOBIE (UN). Un niais, un nigaud, unidoine, un hébêté.Tobie que tu es! Oh! le tobie! Oh! le gros tobie!Terme berrichon, etc.TOCANTE, s. f. Montre, petite horloge de poche.TÔCHE ou TAUCHE, s. f. plur. Terme d'écolier. But qu'il faut atteindre, dans certains jeux courants, pour être à l'abri de poursuite.Marquer les tôches; rester aux tôches; arriver aux tôches. Ne frouille pas; j'étais aux tôches quand tu m'as pris.TÔCHER, v. n. Terme d'écolier. Arriver au but, atteindre lestôches, être auxtôches, toucher.Tôché! tôché! On a tous tôché!TÔFET, s. m. Sorte de petite pâtisserie.Un plat de magdelaines et de tôfets.Terme jurassien, etc. R.tôt fait, vite fait. Dans le dialecte rouchi,toto fetest le nom d'une sorte de friture.TOIL, s. m. Toit.Monter sur le toil; réparer le toil.Ce terme appartient au langage le plus négligé.TOILE, s. f. (fig.)Avoir la toile sur les yeux, signifie: Être agonisant, être à l'article de la mort. Expression bordelaise, etc.TOISÉ, ÉE, adj. (fig.) Mort, fini, fait.L'oncle Pierre vit-il encore?—Ah! il y a longtemps qu'il est toisé. Après une telle faillite, c'est un homme toisé. Quant à sa fortune, n'en parlons pas, elle est toisée(mangée, dévorée).Eh bien! c'est entendu, c'est une affaire toisée.TOJOTTE ou TEUJOTTE, s. f. Mauvaise taverne, cabaret borgne, cabaret mal approvisionné. Terme vaudois.TÔLÉE, s. f. VoyezTAULÉE.TOMBÉE, s. f. Surcroît de convives, affluence de convives qui n'étaient pas attendus.Eh bien! femme, que dis-tu de cette tombée d'hier? Heureusement qu'on avait des œufs et du jambon.Tombéese dit aussi des acheteurs qui arrivent en grand nombre à une foire ou à un marché. Terme méridional.TOMBÉE (UNE). La plus petite quantité possible d'une chose liquide, un soupçon, un rien.Vous offrirai-je du vin, Caroline?—J'en prendrai une tombée, une apparence. Une tombée de vinaigre ne va pas mal dans les pommes de terre au lait.TOMBER, v. n. (fig.)Sitôt qu'il l'eut aperçue, il en tomba amoureux, c'est-à-dire: Il en devint amoureux.TOMBER, v. n. Arriver, parlant des personnes.De la rue Verdaine on tombe dans celle de Rive.Cette expression n'est pas correcte. Tomber ne se dit que de la rue elle-même ou du chemin. Ainsi l'on dira: La rue du Terraillet tombe dans les Rues-basses. Le chemin Vert tombe dans la route de Malagnou, etc.† TOMBURE, s. f. Chute.Une mauvaise tombure. Qu'as-tu au front, Gautier?—Ce n'est rien, c'est la marque d'une ancienne tombure.En provençal on dit:Toumbaduro.TOMME, s. f. Petit fromage blanc fait avec du lait de chèvre.Nous déjeûnâmes tout uniment de pain et de tomme. La tomme est moins pesante à l'estomac que le fromage. Un poulet d'horloger, c'est une tomme.Terme suisse, savoisien et jurassien, dauphinois, limousin, provençal et languedocien.Faire la tomme, se dit des enfants à la mamelle, lorsqu'ils vomissent leur lait.TON, s. m. Nous disons proverbialement:C'est le ton qui fait la chanson.Les dictionnaires français disent: C'est le ton qui fait la musique.TON, s. m. (fig.) Vanité, manières hautaines, goûts de dépense et de faste.Avoir du ton. Prendre du ton. La jeune Octavie est fort simple; sa mère au contraire a beaucoup de ton. Dès que cette famille a été dans une sorte d'aisance, elle a pris du ton.«Prendre un ton» est français, et signifie: Prendre des airs de supériorité.TONNERRE, s. m. Nous disons:Il fait du tonnerre; il a fait un gros tonnerre; nous aurons des tonnerres.On le dit ainsi en Suisse, en Savoie, dans le Midi et sans doute ailleurs. Mais les dictionnaires se taisent sur ces locutions qu'ils remplacent par les suivantes: Le tonnerre gronde; il a fait un coup de tonnerre; il tonnera.TOPER, v. n. Taper, donner un coup.Allons, c'est conclu! tope là!TÔPER DANS ou DEDANS. Donner dans.Es-tu bête, Jean-Pierre! Il t'a poussé une bourde et tu as tôpé dedans.TÔPER (SE), v. pron. Se heurter.Se tôper, v. récip. Se battre.Ils se rencontrèrent à la nuit tombante et se tôpèrent.TOPETTE, s. f. Petite fiole, petite bouteille en verre blanc.Une topette de sirop. Une topette de ratafia.Terme français populaire.TOQUE, s. f. Terme du jeu demâpis. Petite butte, petite élévation.Jouer à la toque. Une bonne toque.TÔQUÉE, s. f. Rossée, distribution de coups.Recevoir une tôquée. Donner une tôquée.VoyezTAUQUÉE.TÔQUER, v. a. Frapper. Se dit des personnes et de certains animaux, des bœufs, par exemple, des vaches, des béliers et des moutons.Retirez-vous, mes enfants, cette vache tôque; elle pourrait vous tôquer. Voyez ces moutons, commeils se tôquent. La nuit était sombre, je me tôquai contre le mur.Nos campagnards de la rive droite disent:Tiôquer. En vieux français,toquersignifie: Heurter, frapper. Terme normand. VoyezTAUQUER.TORCHE, s. f. Coussinet, bourrelet, tortillon, linge tortillé en rond, que les femmes se mettent sur la tête quand elles portent un vase, une corbeille, une seille, etc. Terme suisse, savoisien et franc-comtois.TORCHE, s. f. Terme culinaire. Hachis auquel on donne la forme d'unetorche. Voyez ce mot. Nous appelons aussitorcheune sorte de pain rond.TORCHÉE, s. f. Rossée, gifle, volée de coups. Terme vaudois.Torcherest français, dans le sens de «Battre.»TORCHE-MIRAUD. VoyezGIRAUD, t. I, p. 231.TORCHER, v. a. Pour exprimer qu'un homme n'aura pas ce qu'il désire, nous disons figurément et proverbialement:Il peut bien en torcher son couteau. Les dictionnaires disent: «Il n'a qu'à s'en torcher le bec.»TORCHETTE, s. f. Petit torchon. Nous disons d'une assiette bienamassée, ou d'un plat où l'on n'a rien laissé, qu'il est net comme torchette, comme si latorchettey avait passé. Puis adverbialement,net comme torchette, veut dire: Sans faute, sans hésiter, rondement.Tu crois qu'il badine? Détrompe-toi, il le fera net comme torchette.TORCHON DE PAILLE, s. m. Le terme français est: Bouchon de paille.TORCHONNER, v. a. Frotter avec un torchon. Terme vaudois et neuchâtelois.TORCHONNER, v. a. Chiffonner, faire maladroitement ou par accident des plis à sa robe.Ne torchonne pas cette cravate. Voyez la petite sotte, comme elle s'est torchonnée.TORDRE L'OREILLE, (fig.)Tordre l'oreille à un enfant, signifie: «Sevrer un enfant.»C'est aujourd'hui qu'on tordl'oreille à notre petite Lili.Cette expression, qui appartient au langage le plus familier, fait peut-être allusion au déplaisir, au chagrin extrême qu'éprouve le petit enfant lorsqu'on le sépare de sa nourrice.TORNIOLE, s. f. Taloche, étrillée.Flanquer une torniole. Il ne se vante pas de la torniole qu'il a reçue.Terme berrichon, etc.TORTILLER (SE). Se dit quelquefois des personnes et signifie: Marcher avec un mouvement, avec un balancement trop marqué des hanches, affecter une démarche vive, dégagée et gracieuse.Cette jeune ouvrière se donne des airs, elle se tortille en marchant.TORTOLION, s. m. Craquelin, sorte de pâtisserie en forme de collier. Dans le Dauphiné on dit:Tourtillon. En français, «Tortillon» signifie: Linge tortillé.TÔTU-BÔTU (UN). Un bloc.Faisons de toutes ces marchandises un tôtu-bôtu.VoyezAUTU-BÔTU, t. I, p. 29.TOUILLER, v. n. Être rassasié, ne pouvoir plus avaler. Ne s'emploie qu'à l'infinitif.TOUILLON, s. m. Femme malpropre, femme repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements.Un vieux touillon.Terme vieux français. Dans le Jura on dit:Tolion. Dans le patois picard,touillonsignifie: Torchon. A Reims,touiller, v. a., salir.TOUNIAUD (UN). Nous disons d'une personne qui est habituellement salement vêtue:C'est un touniaud. Votre écureuse est un vrai touniaud.Dans le canton de Vaud,touniveut dire: Idiot, hébété, bélître. En Normandie,tounieuxoutouonioussignifient: Fainéant, vagabond. [Voyez leDictionnaire normanddeMM. Duméril, p. 207.]TOUPIN, s. m. Cruche, jarre, pot de terre. Ce mot n'est plus guère employé, à Genève, que dans cette expression figurée:Être sourd comme un toupin, c'est-à-dire: Être sourdcomme un pot, être excessivement sourd. Terme suisse et méridional. Dans le Jura on dit:Tepin; en Savoie,topin; dans l'Anjou,tupin. Chez nos campagnards,toupinoutepinest le nom de la cloche des vaches.TOUPINAMBOU, s. m. Sorte de plante. Écrivez et prononcez «Topinambour.»TOUPINE, s. f. Cruche, jarre, grande terrine avec ou sans anse.Une toupine de beurre cuit; une toupine de graisse molle. La toupine glissa de dessus la table et fut ébriquée.Terme suisse et savoisien. En Languedoc,toupinese dit d'un pot à faire nicher les moineaux. Nous disons figurément et très-populairement d'une personne morte depuis un certain temps, qu'elle fait des toupines, c'est-à-dire: Que sa cendre, confondue avec la terre, est redevenue argile. En Languedoc,faire terresignifie: Mourir. [VoyezVilla,Nouveaux Gasconismes corrigés, t. II, p. 379.]TOUPINER, v. n. Thésauriser, entasser des écus dans unetoupine.TOUR, s. m. Nous disons:Celle nouvelle m'a donné le tour, pour: Cette nouvelle m'a troublé, m'a bouleversé, m'a tourné le sang.La vue de ce cadavre livide m'a donné le tour.TOUR, s. m. Nous disons:Donner le tour, pour: Faire le tour.Par où dois-je passer pour arriver facilement à ton logis?—Il te faut donner le tour par la cathédrale.TOUR, s. m.Faire le tour, donner le tour, signifient: Suffire à la dépense de l'année, joindre les deux bouts.Eh bien, Jacques, les affaires vont-elles mieux?—Oui, un peu mieux; avec beaucoup d'économie j'ai pu faire le tour.TOUR, s. m.S'en donner deux tours, ous'en donner deux tours et la revirée, signifie: S'en donner à outrance, se divertir à fond, se livrer à ce qu'on fait complétement et sans arrière-pensée. VoyezREVIRÉE.TOURMENTE, s. f. (fig.) Le dernier degré de l'ivresse.TOURMENTE-CHRÉTIEN, s. m. Celui qui obsède, importune, tourmente quelqu'un.Laisse-moi tranquille, tu n'es qu'un tourmente-chrétien.On retrouve la même forme dans:Un tourmente-enfants, un gâte-enfants.TOURNE (LA). La retourne. Terme du jeu de cartes.Quelle est la tourne?—Il tourne pique.Français populaire.TOURNELLE, s. f. Petite tour, tourelle.Un château à quatre tournelles.Terme franc-comtois, berrichon, etc.TOURNEMENT DE TÊTE, s. m. Tournoiement de tête, vertige.Être sujet aux tournements de tête.«C'est ainsi que l'on peut s'accoutumer à voir sans crainte et sanstournement de tête, les abîmes les plus profonds.» [De Saussure,Voyages dans les Alpes, t. Ier, p. 366.] Terme suisse, savoisien et méridional.J.-J. Rousseaua dit correctement: «Les lieux escarpés me font tourner la tête, et j'aime beaucoup ce tournoiement.» [Confessions, livre IV.]TOURNER, v. a. Terme de certains jeux de cartes.Que tourne-t-il?Dites: De quoi tourne-t-il?—Il tourne cœur, il tourne carreau.TOURNER, v. a.Tourner les moutons, tourner les vaches, etc. Les ramener du lieu où ils ne doivent pas paître à celui qui leur est destiné et d'où ils s'étaient écartés. On dit en patois:V'ri; et dans le patois limousin,vira(virer, tourner).TOURNER, v. n. Au lieu de:La langue lui a tourné, on dit en français: La langue lui a fourché, la langue lui a manqué, c'est-à-dire: Il a prononcé par méprise un mot pour un autre.TOURNER UN HABIT. Est une expression gasconne et incorrecte. Ne dites donc pas:Habit tourné, pantalon tourné, redingotte tournée. Dites: Habit retourné, pantalon retourné, etc.TOURNER (SE), v. pron. S'altérer, changer en mal, se cailler, tourner.Notre lait s'est tourné. Ce vin se tournera si l'on n'y prend garde.Nous disons aussi, par exagération, d'une personne qui a éprouvé une forte émotion, un saisissement violent et pénible:Son sang s'est tourné. Il faut dire: Le sang lui a tourné, c'est-à-dire: Il s'est fait dans son corps une révolution subite.TOURNER (SE), v. pron. Nous disons figurément de quelqu'un qui est perplexe, embarrassé dans une affaire et qui ne sait quel parti prendre:Il ne sait de quel côté se tourner. On doit dire: Il ne sait de quel côté tourner.† TOURNER (S'EN), v. pron. S'en retourner.Tourne-t'en, Gaspard: on serait en peine chez toi. Voici la nuit, tournons-nous-en.Expression languedocienne.TOURNICOTER ou TOURNILLER, v. n. Tournailler, tourner fréquemment, rôder, virer, faire cent tours et détours.As-tu assez tournillé, assez viré, et t'asseyeras-tu enfin?Le dictionnaire deBescherelleet leComplémentde l'Académie disent quetournillerest peu usité en France. A Genève il est fort connu.TOURPIN-TOURPINANT, loc. adv. Clopin-clopant.Aller tourpin-tourpinant, signifie: Manquer d'aplomb dans sa démarche, chanceler.
TABELLE, s. f. Registre, agenda, tableau des devoirs, occupations, charges,incombancesd'une société, d'un corps, d'une corporation.Rédiger la tabelle. Consulter la tabelle. Inscrire sur la tabelle. Afficher la tabelle.Terme vaudois.
TABLÂR ou TABLÂT, s. m. Tablette, rayon, planche posée pour mettre quelque chose dessus.Ajuster des tablâts. Écurer des tablâts. S'aguiller sur un tablât.Terme suisse et savoisien.
TABLE, s. f. Nous disons:La soupe est sur la table, pour signifier que le dîner est servi. On doit dire sans article: La soupe est sur table, ou chercher une meilleure expression.
TABLE, adj. Dans une votation, lorsque les voix sont mi-parties (c'est-à-dire également partagées), cela s'appelle:Être table. Les juges étaient tables, et le président fut appelé àdétabler.Terme neuchâtelois. [VoyezGuillebert,Glossaire neuchâtelois, 2eédition, p. 243.]
TABLÉE, s. f. Réunion nombreuse de convives (autour d'une table.)Une belle tablée; une joyeuse tablée.Terme suisse et vieux français.
TABLETTE À LA BISE, s. f. Pastille de menthe.
TABOUSSE, s. f. Babillarde.
TABOUSSER, v. n. Babiller. Terme vaudois.
TACHE, s. f. Petit clou de fer à tête ronde que l'on met sous les souliers et les sabots. Terme suisse et méridional. Dans le patois limousin, on appelletatsotoute espèce de clou qui a un pouce et demi de longueur, et au delà.
† TÂCHE, s. m.As-tu fait ton tâche, Bastien? Quand ton tâche sera fini, tu t'amuseras.Ce mot est féminin.
TÂCHER, v. n. Terme des jeunes écolières. Rivaliser de diligence; disputer à qui aura le plus vite fait, dans un temps donné, un certain ouvrage.Mesdemoiselles, voulons-nous tâcher? Tâchons toutes ensemble.
TÂCHER À. Viser à, tâcher d'atteindre une personne ou une chose avec un projectile quelconque.Tu me tâchais, Henri, avec ta paume de neige?—À toi? Pas plus; je tâchais à cette bourguignôte qui passe.
TÂCHER MOYEN. Faire en sorte, tâcher, s'efforcer.Tâche moyen que l'on se promène ensemble dimanche. À çà, Jérôme, tu tâcheras moyen de me rembourser un peu promptement.Terme vaudois et méridional.
TÂCHER QUE.Il faut tâcher que votre maître soit content.Le verbetâcherne se construit pas avecque. Dites: Il faut tâcher de contenter votre maître.
TACONNET ou TACOUNET, s. m. Pas d'âne, plante médicinale qui croît principalement dans les terrains improductifs.Terre de tacounet, laisse à qui elle est.Terme vaudois, etc.
TAILLARDER, v. a. Taillader, entailler, couper.
TAILLER À LA RUINE, ou EN RUINE. Terme d'agriculture. Se dit ordinairement d'une vigne dont on surcharge la taille de manière à lui faire produire beaucoup de fruit, sans s'inquiéter si on l'épuise. Ce procédé est mis en pratique l'année ou les années qui précèdent l'arrachement. Au figuré,tailler à la ruine, se dit de ceux qui sacrifient l'avenir pour faire face au présent.
TAILLERIN, s. m. Petit morceau de pâte pour la soupe, vermicelle plat. Terme vieux français.
TAILLEUSE, s. f. Couturière. [VoyezPautex,Recueil de mots, ch.XXII.]
TAILLON, s. m. Grosse tranche, morceau, gros morceau coupé.Un taillon de lard; un taillon de fromage. Ne coupe donc pas ce pain par taillons.Terme méridional et vieux français.
TALAR, s. m. Pelisse, robe fourrée.
TALMOUSSE, s. f. Sorte de pâtisserie, nouvellement introduite chez nous, et qui nous vient de Paris. Le véritable terme est «Talmouse,» avec un seuls.
TAMAGE, s. m. VoyezTAMER.
TAMBOUR, s. m. Sorte de poêle portatif en fer-blanc, à couvercle et de forme ronde.Un tambour et sa bassine. Vous sécherez ces linges dans le tambour.
TAMBOUR D'ONZE HEURES, s. m. (fig.) Rabâchage, répétition ennuyeuse, litanie.
TAMBOURNER, v. n. Tambouriner.Venez tous: on ira tambourner au bastion.Se dit surtout des enfants lorsqu'ils battent de petits tambours qui leur servent de jouet. Terme suisse, jurassien, etc.
† TAMBOURNIER, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse. Terme savoisien, jurassien et languedocien.
TAMER, v. a. Étamer.Voilà le magnin qui passe; donnez-lui les deux pochons à tamer.Terme vaudois.
TAMPONNE ou TAMPOUNE, s. f. Débauche de table, tapage, grande ribotte avec chants, cris et claquements de mains.Faire la tamponne.Français populaire.
TAMPONNER, v. n. Faire latamponne, faire une débauche bachique, se livrer bruyamment à tous les plaisirs de la table. Terme méridional.
TANNÉE, s. f. Rossée, frottée, volée de coups.Donner une tannée; appliquer une tannée; recevoir une tannée.
TANNER, v. a. (Prononcezâlong.) Battre, rosser, abîmer de coups.Hier au soir ils se sont tannés et giflés à outrance.Terme suisse. Le verbetanner, pris dans cette acception, ne se trouve dans aucun dictionnaire ni dans aucun glossaire français.
TANT, adv. Si, tellement.Ne lisez pas ce roman, il est tant plat. Ces poires sont tant bonnes. La Fanchette est tant bête.Cette faute nous vient du vieux français.
TANT, adv. Aussi.Va vite! cours! cours tant fort que tu pourras.«Je déployai toutes les voiles et laissai le bateau allertant vitequ'il voulut.» [Bonivard à Chillon, p. 60.]
TANT, adv. est superflu dans les exemples suivants:Tant plus on sera, tant plus on s'amusera. Tant plus on a d'égards pour Isaac, tant plus il grogne et rechigne.Cette expression appartient au vieux français.
TANT, s. m.On lui a promis le tant pour cent. Vous lui payerez un tant pour mille. Ils auront un tant sur les bénéfices.Tantn'est jamais substantif. Il faut dire, en retranchant l'article: On lui a promis tant pour cent. Vous lui payerez tant pour mille, etc.
TANT MOINS QUE. Le moins que.Il est si apathique qu'il travaille tant moins qu'il peut. Ne fréquente pas les cafés,Eugène, vas-y au contraire tant moins que tu pourras.TANT PLUS QUE est aussi un barbarisme.Combien faut-il scier de ces rondins?—Sciez-en tant plus que vous pourrez.Dites: Le plus que vous pourrez.
TANTÔT, s. m. Après-midi. Letantôt, l'après-midi.Adieu, Des Thiollaz, on se verra ce tantôt. Vas-tu souvent à ton cercle, Colombier?—Pardine, j'y vais chaque tantôt. Depuis plusieurs jours il pleut tous les tantôts.Cette expression, qui nous vient du vieux français, n'est point particulière à notre dialecte. Le mot «tantôt» est un adverbe. Voyez les dictionnaires.
† TANT PIRE, loc. adv. Tant pis.S'il n'est pas content de ce que je lui offre, tant pire pour lui. Nous aurons de la pluie, Benjamin.—Eh bien! tant pire; partons la même chose.Parisien populaire, etc.
TANT QU'À MOI. Quant à moi.Tant qu'à nous, quant à nous.Tant qu'à eux, quant à eux.Je ne t'ai jamais vu ivre, Chapalay.—Tant qu'à çà, Monsieur, je ne bois jamais plus de demi-pot.Parisien populaire.
TANT QU'À. Jusqu'à.Tant qu'à Genève, tant qu'à Bonneville, etc., signifient: Jusqu'à Genève, jusqu'à Bonneville.Sans nous apercevoir de la fatigue, nous allâmes tant qu'à Rumilly.Les gens de la campagne ne s'expriment pas autrement.
TAPAGE, s. m. Grande quantité.Un tapage de monde; un tapage de vieux bouquins. Dans sa colère, il nous lâcha un tapage de sottises.Français populaire.
TAPAGER, v. n. Faire du tapage.Finissez, mes enfants: c'est bien assez tapagé.Terme marseillais, etc.
TAPASSÉE, s. f. Pluie, averse forte, mais de courte durée.Une tapassée de pluie. Recevoir une tapassée. Cette tapassée nous inonda.Terme suisse et savoisien. La significationprimitive du mottapasséeest: Grande abondance d'une chose, grande quantité.Une tapassée d'individus; une tapassée de pommes. D'un seul coup de pierre il déguilla une tapassée de noix.
TAPÉE, s. f. Grande quantité, grande abondance, multitude.Une tapée de monde. Une tapée de marchandises. Une tapée de soupe.Terme français populaire.
TAPÉE, s. f. Coups, gifle.Recevoir une tapée. Nos gamins se donnèrent une bonne tapée.Terme dauphinois, etc.
TAPER DE L'ŒIL. Dormir. Français populaire.
TAPER (SE), v. pron. Se heurter.Elle se tapa contre la cheminée et tomba.Taper et se taper sont français, mais dans une acception un peu différente.
TAPET, s. m. Traquet, oiseau du genre des becfigues.
TAPET, s. m. Langue.Faire cheminer son tapet, signifie: Babiller, bavarder.
TAPETTE, s. f. Battoir de lessive, palette à manche pour battre le linge mouillé. Au sens figuré,tapettese dit de la langue d'une personne babillarde.Mener sa tapette. Tenir sa tapette au chaud.Il se dit aussi de la personne elle-même:Cette jeune fille est une tapette.
TAPIN, s. m. Tape, taloche, coup de la main.Recevoir un tapin; appliquer un tapin.Terme français populaire.
TAPIN, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse.Un petit tapin. Voilà les tapins qui s'exercent.
TAPISSEUR, s. m. Tapissier.
TAPISSIER, s. m. Colleur, ouvrier qui colle du papier peint sur les murs d'un appartement. En français: Un tapissier est Celui qui travaille en toutes sortes de meubles de tapisserie et d'étoffe.
TAQUINEUR, EUSE, s. et adj. Taquin, taquine.
TARABUSQUER, v. a. Tarabuster, inquiéter, importuner,contrarier.Voilà une nouvelle qui me tarabusque.Terme connu à Reims et sans doute ailleurs.
TARAMARA, s. m. Vacarme, brouhaha, bruit confus.
TARANTE ou TARENTE, s. f. Terreur panique.Tu as eu là, Gaspard, une fameuse tarente.En jouant sur ce mot, nous disons quelquefois d'un poltron:C'est le duc de Tarente. Voici notre duc de Tarente.
TARARA.Faire tararasignifie: Faire grande envie, faire venir l'eau à la bouche.En voyant ce salmis, ça me faisait tarara.
TARD (À), adv.Venir à tard, arriver à tard, sont des expressions vicieuses. Il faut dire: Venir tard, arriver tard, ou: Venir sur le tard, arriver sur le tard.
TARRE POUR BARRE. Nous disons familièrement de quelqu'un qui s'embrouille dans un discours, ou qui, par inadvertance et par distraction, dit une chose pour une autre:Il dit tarre pour barre; il répond tarre pour barre; il entend tarre pour barre.Expression très-usitée.
TARTIFLE ou TARTUFLE, s. f. Termes par lesquels, aux frontières de notre canton, dans le Faucigny, on désigne les pommes de terre.Planter les tartifles, buter les tartifles.Terme usité aussi en Languedoc. [Voyez leDictionnaire gascondeVilla, t. II.] En français,tartifleest le nom vulgaire du topinambour.
TARTRE (LA).La tartre des dents.Ce mot est masculin.
TASSON, s. m. Taisson, blaireau. Proverbialement:Suer comme un tasson.Terme suisse-roman, etc.
TATA, s. f. Dans le langage des enfants signifie: Tante.Dis adieu à la tata; touche la main à la bonne tata.Terme usité en Bretagne et sans doute ailleurs.
TATA, s. m. Nous disons d'une personne que nous voyons, contre son ordinaire, bien vêtue et pimpante:Elle s'est mise sur son tata. Le voilà aujourd'hui sur son tata.Expression connue dans la Suisse romane.
TÂTE, s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un fromage pour le goûter. Terme jurassien et méridional.
TÂTENITOUCHE, subst. des 2 genres. Sournois, bon apôtre, sainte nitouche.
TÂTE-POLAILLE, TÂTE-À-POLAILLE, ou TÂTE-À-C.. DE POLAILLE, s. m. Se dit d'un homme qui s'occupe minutieusement des détails du ménage, et qui demeure au coin du feu pour veiller le pot. Dans le dialecte picard,tâte mes glaines(tâte mes poules) a le même sens.
TATOUILLE, s. f. Piquette, mauvais vin, ripopée.Boire de la tatouille.Terme français populaire.
TATTE ou TETTE, s. f. Terrain en friche, terre vacante, plaine inculte, lande, steppe.Les tattes de Saint-Georges. Les tattes d'Aire-la-ville.
TAUCHES, s. m. pl. VoyezTÔCHES.
TAULÉE ou TÔLÉE, s. f. Quantité, grand nombre.Une tôlée de chiens; une tôlée de cochons de lait.
TAUPIER, s. m. Se dit familièrement et dérisoirement d'un soldat du corps des mineurs.
TAUQUÉE ou TÔQUÉE, s. f. Gifle, danse.
TAUQUER ou TÔQUER, v. a. Battre, frapper, donner une danse.Jean est rentré soûl chez lui et s'est mis à tôquer sa femme et ses enfants.
TAVAN, s. m. Taon, insecte malfaisant très-connu.La piqûre du tavan. Le dard du tavan.Terme vaudois, savoisien, dauphinois et vieux français. Dans le Languedoc et dans le canton de Neuchâtel on dit:Taban. En latin,tabanus.
TAVELER, v. a. Terme des campagnards. Signifie: Donner au beurre une forme et le marquer d'une empreinte.Taveler le beurre.L'instrument qu'on emploie à cet usage s'appelle:Tavé.
TAVILLON, s. m. Bardeau, petite planchette de bois dont on recouvre certaines habitations. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura, dans la Franche-Comté et le Chablais on dit:Tavillonettavaillon.
TAVILLONNER, v. a. Garnir le toit de bardeaux, detavillons.
TAVILLONNEUR, s. m. Celui qui fabrique lestavillonset qui en garnit les toits. A Carouge (canton de Genève), on lit sur une enseigne de la rue Caroline:B***, couvreur-tavillonneur.
TEICHE ou TÈCHE, s. f. Tas de foin, meule de foin.Construire une teiche; élever une teiche.Terme suisse. Se dit aussi d'un grand tas ou amas.As-tu fait ta provision de fascines?—Oui, j'en ai une fameuse teiche. Quelle teiche de bois!En espagnol:Techo, toit d'où l'eau dégoutte. En Languedoc,técherveut dire: Dégoutter, couler goutte à goutte.
TEL, TELLE, adj. Expression dont on se sert quand on ne veut pas nommer les personnes.Mrtel a demandé de tes nouvelles.Dites: Mrun tel.Tu inviteras Mmetelle.Dites: Mmeune telle. Que m'importe ce que Mrun tel pense de moi! Au pluriel on doit dire: MM. tels, Mmestelles et telles.
TEL ET QUEL, adj. composé. Intact, sans changement, dans le même état.Je vous rends votre sac d'argent, je vous renvoie votre groupe tel et quel. Voici vos livres tels et quels.Supprimez la conjonctionet, et dites: Voici votre argent tel quel. Voici vos livres tels quels.
† TEMPLE (LA).Il se heurta à la temple.Terme vieux français. Dites: La tempe.
TEMPS, s. m.Une heure de temps, deux heures de temps, etc., sont des expressions très-correctes, mais qui appartiennent au langage familier. Quand vous les trouvez censuréespar les grammairiens, soyez certains que ces grammairiens-là n'ont pas lu bien attentivement les auteurs classiques; Voltaire, par exemple, s'en est servi fréquemment.
TEMPS, s. m.Qui gagne du temps, gagne tout.Proverbe remarquable et plein de sens, qui manque dans les dictionnaires.
TEMPS, s. m. Dans le langage des campagnards,avoir du temps, signifie: Avoir un mauvais temps, avoir de la pluie ou de l'orage.Les hirondelles volent bas: nous aurons du temps.Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit en ce même sens:Il fera du temps.
TEMPS, s. m. Disposition de l'air.Le temps s'essuie, signifie: La pluie va cesser; la pluie semble vouloir cesser.
TEMPS, s. m. Conjoncture favorable, commodité, facilité.Prenez ce sentier, Mesdames, vous aurez meilleur temps, c'est-à-dire: Votre route en sera plus courte et plus facile. Expression suisse.
TEMPS (LE). Nous disons d'une personne extrêmement fière, qu'elle est haute comme le temps. Mais que signifie le mot detempsdans cette phrase? Peut-être s'agit-il des régions supérieures de l'atmosphère.
TENDRE, v. a. (fig.) Faire passer, donner.Tendez-moi la bouteille; tendez-nous le sel; tendez-lui les tenailles.
TENDS-TU? Abréviation de «Entends-tu?»Tu viens demain pêcher avec nous, Robert, et de bonne heure, tends-tu? Tu as promis de venir nous réveiller: n'y manque pas, tends-tu?
TENIR, v. a. (fig.) Avoir.Quel quantième du mois tenons-nous?—Nous tenons le vingt.Dites: Quel quantième du mois avons-nous?—Nous avons le vingt.
TENIR, v. a. Terme de négoce. Dans notre langage,tenir une marchandise, signifie: L'avoir à la disposition des chalands, l'avoir à vendre, la vendre.Tenez-vous des brignoles,Monsieur Philippe? Tenez-vous du simolat et des fidés?Terme méridional.
TENIR DE.Il tient de bise, veut dire: La bise souffle.Il tient de vent, signifie: Le vent souffle.
TENIR PIED. Terme du jeu de boule, du jeu de quilles, etc. Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour cela. Expression suisse et savoisienne.
TENTATIF, IVE, adj. Tentant, tentante, qui tente.Votre proposition est tentative, et je l'accepte. Vous avez là des raisins fort tentatifs.Terme français populaire. Pour être correct, il faut dire: Une proposition tentante; des raisins tentants, etc.; ou, si l'on trouve trop dur à l'oreille ce mottentant, on peut facilement prendre un autre tour.
TENTE, s. f. Banne, grosse toile que les marchands mettent aux auvents de leurs magasins pour se garantir du soleil.Un coup de vent emporta la tente.Terme méridional.
TENUE, s. f. Direction, conduite.La tenue d'une école; la tenue d'une classe. La tenue de classe a été d'un mois pour chaque concurrent.Nous disons dans ce même sens:Tenir la classe; tenir l'école. Mon collègue, MrN**, tiendra la classe à ma place pendant deux jours.Ces termes utiles et consacrés chez nous n'ont pas encore trouvé place dans les dictionnaires.
TENUE DE LIVRES, s. f.La tenue de livres est une étude plus importante que difficile.Pour parler correctement, il faut dire: La tenue des livres.
TEPPE, s. f. Plaine inculte, terrain en friche.Défricher une teppe.Terme bressan, etc.
† TÉR'BENTINE, s. f.Tér'bentine commune; tér'bentine falsifiée.Écrivez et prononcez «Térébenthine.»
TERGETTE, s. f.Pousser la tergette; fermer une porte à la tergette.Terme français populaire. Écrivez et prononcez «Targette.»
TERRAILLE, s. f. Poterie de terre.Une marchande de terraille. Une fabrique de terraille.Terme suisse, savoisien, méridional et vieux français. Une de nos rues s'appellele Terraillet.Terraillervoulait dire: Potier de terre. [VoyezRoquefort,Glossaire de la langue romane, t. II, p. 616.]
TERRASSIERS, s. m. Potier de terre. Le chemindes Terrassiers, dans la commune de Plainpalais, tire son nom des potiers de terre qui y étaient établis autrefois, et qui s'y sont maintenus jusque vers l'année 1827. Terme savoisien et méridional. En Bourgogne, dans le Berry et chez nos campagnards,terrasseoutarassesignifie: Terrine, plat de terre, vase de terre,greulette. Voyez ce mot.
TERRASSIÈRE, s. f. Poterie, fabrique de pots de terre.
TERREAU, s. m. Dans la langue des campagnards ce mot signifie: Fossé. En vieux français on disait:Terrail.
TERRE JAUNE. L'expressionterre jaune, employée non-seulement par les campagnards, mais aussi par les gens de la ville, vient de ce que dans les plans de délimitation qui ont été faits après le traité de Turin, on a teint de jaune la bande limitrophe sur laquelle nos voisins ne doivent pas établir de lignes de douanes.
TERTASSE, s. f. C'est le nom que beaucoup de personnes donnent, depuis quelques années, à l'une de nos rues montantes. Son vrai nom estTartasse. On le trouve tel dans la chanson de l'Escalade et dans les registres latins du seizième siècle (TartassiaouTartasia).
TESTICOTER, v. a. et n. Asticoter, contester, tracasser quelqu'un sur de petites choses.Si ma marchandise vous convient, prenez-là, Mamzelle, sinon, pourquoi testicotez-vous?Terme neuchâtelois, lyonnais, limousin, rouchi, etc. A Paris:Tassicoter; en vieux français,tastigoter.
TESTICOTEUR, s. m. Chipotier, taquin, vétilleur.
TÊTARD, ARDE, s. et adj. Têtu, opiniâtre.
TÊTE, s. f. Le proverbe suivant s'adresse aux personnes oublieuses, étourdies:Quand on n'a pas bonne tête, il faut avoir bonne jambe; proverbe facile à comprendre, et qui est parmi nous d'un usage universel.
TÊTE-À-MAILLOCHE, s. f. Têtard, grenouille non développée.
TÊTE CARRÉE. Se dit ordinairement d'une personne opiniâtre, obstinée, têtue, inébranlable dans ses volontés. Selon l'Académie, «Tête carrée» se dit d'un homme qui a beaucoup de justesse et de solidité dans le jugement.
TÉTERASSE, s. f. Sorte de bouteille en verre, qui est d'un emploi utile dans le nourrissage.
TÊTIÈRE, s. f. Chevet.La têtière du lit.Terme parisien populaire.
THÉRIACLE, s. m. Sorte d'opiat.Une prise de thériacle. Du thériacle de Venise.Terme français populaire et vieux français. On doit dire: De la thériaque; une prise de thériaque.
† THÉTIÈRE, s. f.Une thétière de porcelaine; une thétière d'argent.Terme français populaire et vieux français. On dit aujourd'hui: Théière.
TIENS-TOI BIEN, s. m. Sorte de jeu, où plusieurs enfants sautent l'un après l'autre sur un d'entre eux, lequel se tient courbé en forme de cheval.Jouer à tiens-toi bien.On dit à Paris: Jouer au cheval fondu.
TIAFFE, s. f. VoyezTIOFFE.
TIETTE, s. f.Tiette! tiette!est le cri par lequel nous appelons les poules.Tietteest pourtiotte; ettiotteest un abrégé depetiote(petite). En Languedoc on dit:Tite! tite!pour: Petite! petite! Dans nos villages on dit:Tîhităoutîtă.
TIGNACHE, s. f. Tignasse, mauvaise perruque.
TIGNON, s. m. Quignon, gros morceau.Un tignon de fromage.
TILLOL, s. m. Arbre. Écrivez et prononcez «Tilleul.» Les campagnards disent:Tillot(obref). Terme jurassien, berrichon, vieux français, etc.
TINQUET, s. m. Gros morceau de quelque chose qui peut se manger à la main.Un tinquet de pain; un tinquet de châchaud; un tinquet de saucisse.A Neuchâtel on dit:Un tanquin.
TIOFFE ou TIAFFE, s. f. Nigaude, niaise, bécasse.Cette grosse tioffe ne vient-elle pas me marcher dessus!
TIOFFU, UE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie: Lourd, lourdaud, épais.
TIOLE, s. f. Nous disons de quelqu'un qui est ivre:Il a sa tiole; expression qui nous vient des campagnards.Tioleoutieule, en patois, signifie: Tuile. En vieux français:Tieule.
TIOQUAND, ANDE, subst. Nom propre des habitants du pays de Gex, puis dénomination injurieuse pour dire: Un gros paysan, un homme grossier dans ses manières.C'est un tioquand.
TIOQUE, s. f. Se dit d'une personne sotte et maladroite.Que tu es tioque, ma pauvre Thérèse! Tu as le talent de casser tout ce qui te passe par les mains.
TIOQUER (SE), v. pron. Se choquer, se heurter; donner ou frapper contre.L'enfant se tioqua la tête contre un mur. Ces deux personnes se sont tioquées dans l'obscurité.VoyezTÔQUER.
TIOULÉE, s. f. Larmes abondantes.
TIOULER, v. n. Fondre en larmes.
TIOU-TIOU, s. m. Chevalier aboyeur, sorte de bécassine.
TIPE-TAPE (À), locut. adv. Beaucoup, abondamment, à foison; en veux-tu, en voilà.
TIPONNER, v. a. Tirailler, chiffonner, manier une chose comme ferait celui qui pétrit la pâte,pitonner.
TIRAGE, s. m. Tir, place où l'on s'exerce à tirer des armes à feu.Un tirage spacieux.Terme suisse.
TIRAILLE, s. f. Latirailleest un jeu d'écoliers, dans lequel, rangés en deux camps plus ou moins nombreux, ils se tiraillent violemment à l'envi, tâchant d'amener à eux, et de retenir prisonniers, leurs adversaires.Faire à la tiraille.
TIRANT, s. m. Courant d'air.La fenêtre entr'ouverte formait un tirant. C'est le tirant de la porte qui fait ce bruit.Terme vaudois.
TIRANT, s. m. Tiroir.Le tirant de la table.Terme vaudois.
TIRANTE, s. f. Se dit d'une femme qui est dure à la desserre, quitiretout à elle, qui accapare et ne fait que des marchés à son avantage.Vous êtes bien tirante, ma bonne dame: si tout le monde marchandait comme vous, où en serait-on?
TIRE, s. f. File, rangée, suite, longue suite.Une tire de hutains. Voilà une bonne pluie, Monsieur Colas.—C'est vrai, Monsieur: mais il nous en faudrait deux jours de tire, c'est-à-dire: Deux jours de suite.
TIRE, s. f.Écrire à tire de plume, c'est écrire aussi vite que la plume peut aller.Pourrais-tu écrire à tire de plume le discours entier du prédicateur?On dirait en français: Pourrais-tu écrire à trait de plume?
TIRÉE, s. f. Tire, traite, certaine quantité de chemin que l'on fait sans se reposer.Nos petits voyageurs firent cinq lieues tout d'une tirée. De Genève à Douvaine il y a une forte tirée.
TIRÉE D'OREILLES, s. f.Il a eu sa tirée d'oreilles, sa bonne tirée d'oreilles, c'est-à-dire: On lui a tiré vigoureusement les oreilles.
TIRE-GOUINE, s. f. Mauvaise viande. On dit aussi:Treguigne.
TIRE-LÂCHE.Faire à tire-lâche, tirer et lâcher tour à tour. Sorte de jeu ou d'exercice gymnastique entre jeunes garçons.
TIRE-LIGNU, s. m. Sobriquet des cordonniers. VoyezLIGNU.
TIRE-POILS, s. m. Gribouillette, sorte de divertissement d'enfants.Faire à tire-poils, c'est jeter desbonbons, des dragées, de l'argent, au milieu d'une troupe d'enfants, qui cherchent à s'en saisir, et qui ont le droit de prendre aux cheveux ceux qui en sont détenteurs. Terme savoisien et méridional.
TIRER, v. a.Tirer son chapeau(se découvrir), est une expression vicieuse, quoique très-usitée en Suisse, en Savoie et même en France.Sois poli, Janot, et tire ton chapeau à ces messieurs. Je lui tirai poliment mon chapeau, mais il ne daigna pas me rendre le salut.Pour être correct, il faut dire: Ôter son chapeau. Je lui ôtai mon chapeau. Nous faisons une faute semblable quand nous disons:Tirer son habit, tirer sa veste. Il faut dire: Ôter son habit, ôter sa veste.
TIRER, v. a. Aller, poursuivre.Filez, petits drôles, et tirez bien vite votre chemin.
TIRER À L'ARC. Cette expression n'est pas française. On doit dire: Tirer de l'arc, tirer de l'arbalète.
TIRER AU PISTOLET. Les dictionnaires disent: Tirer le pistolet. Les expressionstirer au fusil, tirer à la carabine, tirer au canon, ne se trouvent non plus dans aucun dictionnaire français.
TIRER LES YEUX. Se dit d'un grand éclat de lumière, et signifie: Éblouir, blesser, offenser les yeux.La réverbération nous tirait les yeux. Finis avec cette rataco, tu me tires les yeux.Se tirer les yeux, signifie: Se faire mal aux yeux en travaillant sans clarté suffisante.Il fait presque nuit, ne lis pas davantage, tu vas te tirer les yeux.
TIRER (SE), v. pron. S'ôter, se retirer.Tire-toi de là, Michel. Jeunes gens, tirez-vous d'ici.Terme méridional, etc.
TIREVOUGNER ou TRIVOUGNER, v. a. Secouer, tirailler. Dans le dialecte fribourgeois,A tire vougne, adverbe, signifie: Avec difficulté, péniblement.
TIRE-ZYEUX, s. m. C'est le nom que les campagnards donnent à l'insecte que nous appelons en français: Demoiselle.
TOBIE (UN). Un niais, un nigaud, unidoine, un hébêté.Tobie que tu es! Oh! le tobie! Oh! le gros tobie!Terme berrichon, etc.
TOCANTE, s. f. Montre, petite horloge de poche.
TÔCHE ou TAUCHE, s. f. plur. Terme d'écolier. But qu'il faut atteindre, dans certains jeux courants, pour être à l'abri de poursuite.Marquer les tôches; rester aux tôches; arriver aux tôches. Ne frouille pas; j'étais aux tôches quand tu m'as pris.
TÔCHER, v. n. Terme d'écolier. Arriver au but, atteindre lestôches, être auxtôches, toucher.Tôché! tôché! On a tous tôché!
TÔFET, s. m. Sorte de petite pâtisserie.Un plat de magdelaines et de tôfets.Terme jurassien, etc. R.tôt fait, vite fait. Dans le dialecte rouchi,toto fetest le nom d'une sorte de friture.
TOIL, s. m. Toit.Monter sur le toil; réparer le toil.Ce terme appartient au langage le plus négligé.
TOILE, s. f. (fig.)Avoir la toile sur les yeux, signifie: Être agonisant, être à l'article de la mort. Expression bordelaise, etc.
TOISÉ, ÉE, adj. (fig.) Mort, fini, fait.L'oncle Pierre vit-il encore?—Ah! il y a longtemps qu'il est toisé. Après une telle faillite, c'est un homme toisé. Quant à sa fortune, n'en parlons pas, elle est toisée(mangée, dévorée).Eh bien! c'est entendu, c'est une affaire toisée.
TOJOTTE ou TEUJOTTE, s. f. Mauvaise taverne, cabaret borgne, cabaret mal approvisionné. Terme vaudois.
TÔLÉE, s. f. VoyezTAULÉE.
TOMBÉE, s. f. Surcroît de convives, affluence de convives qui n'étaient pas attendus.Eh bien! femme, que dis-tu de cette tombée d'hier? Heureusement qu'on avait des œufs et du jambon.Tombéese dit aussi des acheteurs qui arrivent en grand nombre à une foire ou à un marché. Terme méridional.
TOMBÉE (UNE). La plus petite quantité possible d'une chose liquide, un soupçon, un rien.Vous offrirai-je du vin, Caroline?—J'en prendrai une tombée, une apparence. Une tombée de vinaigre ne va pas mal dans les pommes de terre au lait.
TOMBER, v. n. (fig.)Sitôt qu'il l'eut aperçue, il en tomba amoureux, c'est-à-dire: Il en devint amoureux.
TOMBER, v. n. Arriver, parlant des personnes.De la rue Verdaine on tombe dans celle de Rive.Cette expression n'est pas correcte. Tomber ne se dit que de la rue elle-même ou du chemin. Ainsi l'on dira: La rue du Terraillet tombe dans les Rues-basses. Le chemin Vert tombe dans la route de Malagnou, etc.
† TOMBURE, s. f. Chute.Une mauvaise tombure. Qu'as-tu au front, Gautier?—Ce n'est rien, c'est la marque d'une ancienne tombure.En provençal on dit:Toumbaduro.
TOMME, s. f. Petit fromage blanc fait avec du lait de chèvre.Nous déjeûnâmes tout uniment de pain et de tomme. La tomme est moins pesante à l'estomac que le fromage. Un poulet d'horloger, c'est une tomme.Terme suisse, savoisien et jurassien, dauphinois, limousin, provençal et languedocien.Faire la tomme, se dit des enfants à la mamelle, lorsqu'ils vomissent leur lait.
TON, s. m. Nous disons proverbialement:C'est le ton qui fait la chanson.Les dictionnaires français disent: C'est le ton qui fait la musique.
TON, s. m. (fig.) Vanité, manières hautaines, goûts de dépense et de faste.Avoir du ton. Prendre du ton. La jeune Octavie est fort simple; sa mère au contraire a beaucoup de ton. Dès que cette famille a été dans une sorte d'aisance, elle a pris du ton.«Prendre un ton» est français, et signifie: Prendre des airs de supériorité.
TONNERRE, s. m. Nous disons:Il fait du tonnerre; il a fait un gros tonnerre; nous aurons des tonnerres.On le dit ainsi en Suisse, en Savoie, dans le Midi et sans doute ailleurs. Mais les dictionnaires se taisent sur ces locutions qu'ils remplacent par les suivantes: Le tonnerre gronde; il a fait un coup de tonnerre; il tonnera.
TOPER, v. n. Taper, donner un coup.Allons, c'est conclu! tope là!
TÔPER DANS ou DEDANS. Donner dans.Es-tu bête, Jean-Pierre! Il t'a poussé une bourde et tu as tôpé dedans.
TÔPER (SE), v. pron. Se heurter.Se tôper, v. récip. Se battre.Ils se rencontrèrent à la nuit tombante et se tôpèrent.
TOPETTE, s. f. Petite fiole, petite bouteille en verre blanc.Une topette de sirop. Une topette de ratafia.Terme français populaire.
TOQUE, s. f. Terme du jeu demâpis. Petite butte, petite élévation.Jouer à la toque. Une bonne toque.
TÔQUÉE, s. f. Rossée, distribution de coups.Recevoir une tôquée. Donner une tôquée.VoyezTAUQUÉE.
TÔQUER, v. a. Frapper. Se dit des personnes et de certains animaux, des bœufs, par exemple, des vaches, des béliers et des moutons.Retirez-vous, mes enfants, cette vache tôque; elle pourrait vous tôquer. Voyez ces moutons, commeils se tôquent. La nuit était sombre, je me tôquai contre le mur.Nos campagnards de la rive droite disent:Tiôquer. En vieux français,toquersignifie: Heurter, frapper. Terme normand. VoyezTAUQUER.
TORCHE, s. f. Coussinet, bourrelet, tortillon, linge tortillé en rond, que les femmes se mettent sur la tête quand elles portent un vase, une corbeille, une seille, etc. Terme suisse, savoisien et franc-comtois.
TORCHE, s. f. Terme culinaire. Hachis auquel on donne la forme d'unetorche. Voyez ce mot. Nous appelons aussitorcheune sorte de pain rond.
TORCHÉE, s. f. Rossée, gifle, volée de coups. Terme vaudois.Torcherest français, dans le sens de «Battre.»
TORCHE-MIRAUD. VoyezGIRAUD, t. I, p. 231.
TORCHER, v. a. Pour exprimer qu'un homme n'aura pas ce qu'il désire, nous disons figurément et proverbialement:Il peut bien en torcher son couteau. Les dictionnaires disent: «Il n'a qu'à s'en torcher le bec.»
TORCHETTE, s. f. Petit torchon. Nous disons d'une assiette bienamassée, ou d'un plat où l'on n'a rien laissé, qu'il est net comme torchette, comme si latorchettey avait passé. Puis adverbialement,net comme torchette, veut dire: Sans faute, sans hésiter, rondement.Tu crois qu'il badine? Détrompe-toi, il le fera net comme torchette.
TORCHON DE PAILLE, s. m. Le terme français est: Bouchon de paille.
TORCHONNER, v. a. Frotter avec un torchon. Terme vaudois et neuchâtelois.
TORCHONNER, v. a. Chiffonner, faire maladroitement ou par accident des plis à sa robe.Ne torchonne pas cette cravate. Voyez la petite sotte, comme elle s'est torchonnée.
TORDRE L'OREILLE, (fig.)Tordre l'oreille à un enfant, signifie: «Sevrer un enfant.»C'est aujourd'hui qu'on tordl'oreille à notre petite Lili.Cette expression, qui appartient au langage le plus familier, fait peut-être allusion au déplaisir, au chagrin extrême qu'éprouve le petit enfant lorsqu'on le sépare de sa nourrice.
TORNIOLE, s. f. Taloche, étrillée.Flanquer une torniole. Il ne se vante pas de la torniole qu'il a reçue.Terme berrichon, etc.
TORTILLER (SE). Se dit quelquefois des personnes et signifie: Marcher avec un mouvement, avec un balancement trop marqué des hanches, affecter une démarche vive, dégagée et gracieuse.Cette jeune ouvrière se donne des airs, elle se tortille en marchant.
TORTOLION, s. m. Craquelin, sorte de pâtisserie en forme de collier. Dans le Dauphiné on dit:Tourtillon. En français, «Tortillon» signifie: Linge tortillé.
TÔTU-BÔTU (UN). Un bloc.Faisons de toutes ces marchandises un tôtu-bôtu.VoyezAUTU-BÔTU, t. I, p. 29.
TOUILLER, v. n. Être rassasié, ne pouvoir plus avaler. Ne s'emploie qu'à l'infinitif.
TOUILLON, s. m. Femme malpropre, femme repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements.Un vieux touillon.Terme vieux français. Dans le Jura on dit:Tolion. Dans le patois picard,touillonsignifie: Torchon. A Reims,touiller, v. a., salir.
TOUNIAUD (UN). Nous disons d'une personne qui est habituellement salement vêtue:C'est un touniaud. Votre écureuse est un vrai touniaud.Dans le canton de Vaud,touniveut dire: Idiot, hébété, bélître. En Normandie,tounieuxoutouonioussignifient: Fainéant, vagabond. [Voyez leDictionnaire normanddeMM. Duméril, p. 207.]
TOUPIN, s. m. Cruche, jarre, pot de terre. Ce mot n'est plus guère employé, à Genève, que dans cette expression figurée:Être sourd comme un toupin, c'est-à-dire: Être sourdcomme un pot, être excessivement sourd. Terme suisse et méridional. Dans le Jura on dit:Tepin; en Savoie,topin; dans l'Anjou,tupin. Chez nos campagnards,toupinoutepinest le nom de la cloche des vaches.
TOUPINAMBOU, s. m. Sorte de plante. Écrivez et prononcez «Topinambour.»
TOUPINE, s. f. Cruche, jarre, grande terrine avec ou sans anse.Une toupine de beurre cuit; une toupine de graisse molle. La toupine glissa de dessus la table et fut ébriquée.Terme suisse et savoisien. En Languedoc,toupinese dit d'un pot à faire nicher les moineaux. Nous disons figurément et très-populairement d'une personne morte depuis un certain temps, qu'elle fait des toupines, c'est-à-dire: Que sa cendre, confondue avec la terre, est redevenue argile. En Languedoc,faire terresignifie: Mourir. [VoyezVilla,Nouveaux Gasconismes corrigés, t. II, p. 379.]
TOUPINER, v. n. Thésauriser, entasser des écus dans unetoupine.
TOUR, s. m. Nous disons:Celle nouvelle m'a donné le tour, pour: Cette nouvelle m'a troublé, m'a bouleversé, m'a tourné le sang.La vue de ce cadavre livide m'a donné le tour.
TOUR, s. m. Nous disons:Donner le tour, pour: Faire le tour.Par où dois-je passer pour arriver facilement à ton logis?—Il te faut donner le tour par la cathédrale.
TOUR, s. m.Faire le tour, donner le tour, signifient: Suffire à la dépense de l'année, joindre les deux bouts.Eh bien, Jacques, les affaires vont-elles mieux?—Oui, un peu mieux; avec beaucoup d'économie j'ai pu faire le tour.
TOUR, s. m.S'en donner deux tours, ous'en donner deux tours et la revirée, signifie: S'en donner à outrance, se divertir à fond, se livrer à ce qu'on fait complétement et sans arrière-pensée. VoyezREVIRÉE.
TOURMENTE, s. f. (fig.) Le dernier degré de l'ivresse.
TOURMENTE-CHRÉTIEN, s. m. Celui qui obsède, importune, tourmente quelqu'un.Laisse-moi tranquille, tu n'es qu'un tourmente-chrétien.On retrouve la même forme dans:Un tourmente-enfants, un gâte-enfants.
TOURNE (LA). La retourne. Terme du jeu de cartes.Quelle est la tourne?—Il tourne pique.Français populaire.
TOURNELLE, s. f. Petite tour, tourelle.Un château à quatre tournelles.Terme franc-comtois, berrichon, etc.
TOURNEMENT DE TÊTE, s. m. Tournoiement de tête, vertige.Être sujet aux tournements de tête.«C'est ainsi que l'on peut s'accoutumer à voir sans crainte et sanstournement de tête, les abîmes les plus profonds.» [De Saussure,Voyages dans les Alpes, t. Ier, p. 366.] Terme suisse, savoisien et méridional.J.-J. Rousseaua dit correctement: «Les lieux escarpés me font tourner la tête, et j'aime beaucoup ce tournoiement.» [Confessions, livre IV.]
TOURNER, v. a. Terme de certains jeux de cartes.Que tourne-t-il?Dites: De quoi tourne-t-il?—Il tourne cœur, il tourne carreau.
TOURNER, v. a.Tourner les moutons, tourner les vaches, etc. Les ramener du lieu où ils ne doivent pas paître à celui qui leur est destiné et d'où ils s'étaient écartés. On dit en patois:V'ri; et dans le patois limousin,vira(virer, tourner).
TOURNER, v. n. Au lieu de:La langue lui a tourné, on dit en français: La langue lui a fourché, la langue lui a manqué, c'est-à-dire: Il a prononcé par méprise un mot pour un autre.
TOURNER UN HABIT. Est une expression gasconne et incorrecte. Ne dites donc pas:Habit tourné, pantalon tourné, redingotte tournée. Dites: Habit retourné, pantalon retourné, etc.
TOURNER (SE), v. pron. S'altérer, changer en mal, se cailler, tourner.Notre lait s'est tourné. Ce vin se tournera si l'on n'y prend garde.Nous disons aussi, par exagération, d'une personne qui a éprouvé une forte émotion, un saisissement violent et pénible:Son sang s'est tourné. Il faut dire: Le sang lui a tourné, c'est-à-dire: Il s'est fait dans son corps une révolution subite.
TOURNER (SE), v. pron. Nous disons figurément de quelqu'un qui est perplexe, embarrassé dans une affaire et qui ne sait quel parti prendre:Il ne sait de quel côté se tourner. On doit dire: Il ne sait de quel côté tourner.
† TOURNER (S'EN), v. pron. S'en retourner.Tourne-t'en, Gaspard: on serait en peine chez toi. Voici la nuit, tournons-nous-en.Expression languedocienne.
TOURNICOTER ou TOURNILLER, v. n. Tournailler, tourner fréquemment, rôder, virer, faire cent tours et détours.As-tu assez tournillé, assez viré, et t'asseyeras-tu enfin?Le dictionnaire deBescherelleet leComplémentde l'Académie disent quetournillerest peu usité en France. A Genève il est fort connu.
TOURPIN-TOURPINANT, loc. adv. Clopin-clopant.Aller tourpin-tourpinant, signifie: Manquer d'aplomb dans sa démarche, chanceler.
On voyait des trous à ses bas,Ses souliers acculés. . . .Mais le plus ridiculeC'est qu'à chaque talon il avait unemuleQui le faisait aller touttourpin-tourpinant,Ce qui lui donnait l'air d'unétieurneen marchant.[Ch.]
On voyait des trous à ses bas,Ses souliers acculés. . . .Mais le plus ridiculeC'est qu'à chaque talon il avait unemuleQui le faisait aller touttourpin-tourpinant,Ce qui lui donnait l'air d'unétieurneen marchant.[Ch.]
On voyait des trous à ses bas,Ses souliers acculés. . . .Mais le plus ridiculeC'est qu'à chaque talon il avait unemuleQui le faisait aller touttourpin-tourpinant,Ce qui lui donnait l'air d'unétieurneen marchant.
On voyait des trous à ses bas,
Ses souliers acculés. . . .Mais le plus ridicule
C'est qu'à chaque talon il avait unemule
Qui le faisait aller touttourpin-tourpinant,
Ce qui lui donnait l'air d'unétieurneen marchant.
[Ch.]
[Ch.]
Dans le patois vaudois,touerpinoutouarpeun, s. m., se dit d'une personne qui a le pied bot ou tordu, ou dont la démarche est gênée.
TOUSSILLER ou TOUSSOTER, v. n. Diminutif de «Tousser.» Tousser légèrement, avoir un peu de toux.† TOUSSIR, v. n.Mon pauvre Joson a toussi depuis hier à soir jusqu'à ce matin.Terme français populaire et vieux français. Dans notre patois on dit:T'ci, et dans le patois de l'Isère,tussi.TOUT, adj. Ne dites pas:Une fois pour tout; dites: Une fois pour toutes, c'est-à-dire: Une fois pour toutes les fois subséquentes.Fais bien attention, Albin: je te le dis une fois pour tout, et je ne le répéterai plus.Français populaire.TOUT, adj. masc.Dans le tout commencement de son mariage, Alexis avait eu quelques égards pour sa femme. As-tu dansé hier à ce bal?—Un peu au commencement, au tout commencement.Cette expression, si fréquente chez nous, n'a point d'équivalent en français.TOUT DE MÊME, loc. adv. Oui, d'accord, à la bonne heure, volontiers.Eh bien, Messieurs, faisons-nous la partie de billard?—Tout de même.TOUT DE MÊME, loc. adv. Nonobstant cela, d'ailleurs.Je ne vous conseille pas d'aller au théâtre ce soir: tout de même il est déjà tard. Renoncez à ce grand voyage: tout de même la mauvaise saison n'est pas loin.Français populaire.TOUT PREMIER (LE).Mes enfants, vous êtes des indiscrets, et toi, Mathurin, le tout premier. À quelle place es-tu dans ton école, Philippine?—Je suis la toute première.Dites: Et toi, Mathurin, tout le premier: Je suis la première. [Voyez le dictionnaire de l'Académie, au motPREMIER.]TOUT NOUVEAU, etc. Pour exprimer que les esprits légers et inconstants s'enthousiasment d'abord de tout ce qui est nouveau, mais s'en dégoûtent non moins vite, nous disonsproverbialement:Tout nouveau, tout beau, outout est beau. En français on dit: Au nouveau, tout est beau.TRAFI, s. m. Prononciation vicieuse du mottrafic, dont lecdoit se faire entendre.TRAGAL, s. m. Sorte de filet, appelé aussimonte.TRAGIVERSER ou TRÉGIVERSER, v. n. Tergiverser.TRÂGUE, s. m. Aide-maçon, porte-mortier.TRÂGUER, v. a. Porter, traîner, trôler.Se trâguer d'une promenade à une autre. Qu'as-tu fait hier, Lamboteau, qu'on ne t'a pas vu au sarcle?—Ma fiste, hier c'était Pâques, et j'ai fait comme les autres: j'ai trâgué ma cauque et mes ourious.Terme suisse. En allemand on dit:Tragen.TRAÎNARD, ARDE, adj.Accent traînard, voix traînarde.Dites: Accent traînant, voix traînante.TRAÎNASSER, v. a. Augmentatif de traîner; transporter sans soin et malproprement.Tu as une belle poupée toute neuve, et tu la traînasses partout.Se traînassersignifie: 1oSe salir en se traînant par terre; 2oSe trimbaler, flâner. En français, Traînasser, v. n., veut dire: Traîner en longueur. Ce mariage a bien traînassé.TRAÎNE, s. f. État de santé languissant, indisposition qui se prolonge, maladie lente, abattement de force après un gros rhume.Notre Thérèse n'a pas ce qui s'appelle une maladie: elle a une traîne. Depuis cette mauvaise traîne, je n'ai jamais pu me rétablir comme il faut.Terme vaudois.TRAÎNE-GAÎNE, s. f. Tout ce qui embarrasse la marche et qu'il faut traîner après soi.Ce qui m'ennuie à la promenade, c'est cette traîne-gaîne d'enfants.Dans le Jura,traîner la gaînesignifie: Porter les livrées de la misère. Dans le français populaire,traîne-gaîner, v. n., battre le pavé avec l'épée au côté.TRAIN-TRAIN, s. m.Le train-train des affaires, c'est: Le cours ordinaire des affaires, la manière la plus ordinaire de les conduire. On dit de même:Le train-train de la maison; le train-train du bureau; le train-train du commerce. A Gap on dit:Le trintran. L'expression française est: Le trantran. Le trantran des affaires, etc.TRAIT, s. m. Traite, étendue de chemin que l'on fait d'un lieu à un autre sans s'arrêter.Nous allâmes tout d'un trait de Genève à Bonneville.Terme méridional.TRAITER POUR.Les médecins le traitaient pour un engorgement au foie: c'était un anévrisme du cœur.Dites: Les médecins le traitaientD'UNengorgement au foie, c'était, etc.TRAÎTRISE, s. f. L'action de trahir, trahison. Terme franc-comtois, méridional, etc.TRALAISON, s. f. Travée, travaison, rang de solives. Terme vaudois.TRÂLÉE, s. f. Ribambelle, séquelle, quantité.Une trâlée de gamins. Une trâlée de mendiants. Une trâlée d'injures. Il nous lâcha une trâlée de sottises.Terme vaudois et fribourgeois.TRANCANAGE, s. m. Changement de vase inutile et fâcheux.Quel trancanage me fais-tu? As-tu bientôt fini tous ces trancanages?TRANCANER, v. a. Transvaser inutilement un liquide, et par là le perdre ou le gâter.Laisse-moi ce vin dans cette bouteille et ne le trancane pas tant. Que trancanes-tu là?Se trancaner, v. pron. Se trimbaler, aller sans but et par flânerie d'un lieu à un autre.TRANCHER, v. n. Tourner, se cailler.Cette crême est tranchée. La sauce a tranché. Les tonnerres font trancher le lait.Terme suisse, savoisien, berrichon, etc.TRANCIZION, s. f. Orthographe et prononciation vicieusedu mot «Transition,» lequel se prononcetran-zi-cion.TRANSPERCER, v. a. Mouiller d'outre en outre, mouiller jusqu'aux os, percer entièrement.Cette pluie battante nous a transpercés.Dans le nord de la France on dit:Trapercer.TRANSVASAGE, s. m. Soutirage, remuage.Le transvasage du vin blanc se fait chez nous au mois de mars.Terme suisse, lorrain, etc. Transvaser est français.TRANZI, ZIE, part. Prononciation vicieuse du mot «Transi» (transi de froid), que l'on prononcetran-cy, commeNancy.TRAPE, adj. Trapu, court et gros, courtaud. En Dauphiné et en Languedoc on dit:Trapet; à Lyon,trapot.TRAS ou TRÀ, s. m. Terme des campagnards. Solive, poutre, grosse pièce de bois.Placer un tras; changer un tras; remuer un tras.Terme vaudois, fribourgeois, savoisien et lyonnais. Dans le patois de l'Isère:Trau; dans le patois lorrain,trais; en vieux français,trabe. R. lat.trabs.TRAVAILLER QUELQU'UN. Se prend en mauvaise part et signifie: Solliciter quelqu'un, chercher à le gagner, à le capter, à le retourner.Travailler un juge. Le sieur N**, proche parent du président de la Cour, l'avait longtemps travaillé.Expression énergique, inconnue aux dictionnaires, mais usitée en Dauphiné, en Lorraine et sans doute ailleurs.TRAVAILLER DE.Il travaille d'horlogerie. Elle travaille de couturière. Notre cousine travaille de lingère. MrMathieu travaille de gypier, etc. Dites: Il travaille en horlogerie; elle travaille en couture; notre cousine travaille en linge, en broderie, etc.TRAVAILLER SUR.Travailler sur l'or; travailler sur le diamant, etc. Dites: Travailler en or, travailler en diamant, etc.TRAVERS (LE). Se dit des étoffes et signifie: L'envers.Letravers de ce drap est aussi beau que le droit. Voilà le droit, voilà le travers.Dites: Voilà l'endroit, voilà l'envers.TRAVERSE, s. f., ou VENT DE TRAVERSE, s. m. Le vent d'ouest.TRAVERSER UN PONT. Dites: Passer un pont.Le cheval s'abattit en traversant le pont de Carouge(en passant le pont de Carouge).TREDAINE ou TRIDAINE, s. f. Tiretaine, drap grossier.Un habit de tredaine.Terme vaudois, jurassien, etc.TREDON ou TREDAN, s. m. Bruit de désordre, tapage, tumulte.Entendez-vous ce tredon? C'est un tredon à essourdeler.Terme suisse. SelonCh. Nodier,trudonsignifie: Tambour. [Dictionnaire des onomatopées, 2eédition, p. 278.]TREGUIGNE ou TIRE-GOUINE, s. f. Viande dure et filandreuse, viande de très-mauvaise qualité. Au sens figuré,treguigneest l'équivalent des mots canaille, crapule, objet de rebut, chose de néant. On dit aussi:Tregougne.† TREMBLE, s. m. Tremblement, frisson.Quand je pense à cet horrible espectacle, le tremble me prend. Sa maladie commença par un grand tremble.TREMBLER, v. a. Secouer, hocher.Trembler un arbre, c'est: Le secouer pour en faire tomber les fruits.On leur abandonna deux pommiers qu'ils tremblèrent à outrance.TREMPE, adj. Trempé, extrêmement mouillé.Elle arriva toute trempe de sueur.Français populaire.TREMPE, s. f. Volée de coups, rossée.Donner une trempe. Recevoir une trempe.TREMPÉE, s. f. Terme des campagnards. Pluie abondante, pluie de durée qui trempe la terre.Il a fait une bonne trempée.Terme lorrain, etc.TREMPOTTE, s. f. Mouillette, pain trempé dans du vin pur.Faire la trempotte.Terme jurassien. Dans diverses provincesde France on dit:Faire la trempette; ailleurs,faire la trempinette, faire la trempusse.TRENTE-SIX.Vous en avez trente-six, veut dire: Vous en avez menti.Il en a trente-six, il en a menti.TRÉPER, v. a. Terme des campagnards. Marcher sur.Tu me trèpes(tu marches sur ma robe). Dans le patois limousin:Trepa lo terro, piétiner la terre, etc. En Lorraine,triplersignifie: Fouler aux pieds. En vieux français on disait:Triperettrepper. R. lat.tripudio.TRÈS, adv. C'est mal parler que de dire:J'ai très-faim; j'ai très-soif; j'ai très-sommeil; j'ai eu très-peur; tu as très-raison; elle a très-mal au pied. Ce pauvre Nicolin aurait très-besoin d'un chapeau. Je te prête mon joli parapluie, mais tu en auras très-soin. Vos petites friandises ont fait très-plaisir. Tu as très-tort de désobéir, Ferdinand. C'est très-dommage de chapler ce morceau d'étoffe, etc. L'adverbetrèsne doit pas modifier un substantif. Les phrases suivantes sont donc aussi incorrectes:Ce jeune homme fait très-l'aimable; il fait très-le gentil et sa sœur fait très-la savante.TRESSAUT, s. m. Tressaillement.À ce coup de canon, je fis un tressaut.«Je redoublai de sommeil, après avoir été secoué par un énorme tressaut.» [Töpffer,Le Presbytère, p. 36.] En vieux français,tressaultsignifie: Action de sauter, action d'enjamber. Tressauter est dans quelques dictionnaires.TRIAILLE, s. f. Triage.Faire une triaille. Ce n'est que de la triaille(ce n'est que du rebut). Terme méridional.TRICOTER, v. a. Bâtonner, rosser. Terme vieux français. «Tricot,» gros bâton, est français.TRIÉGE, s. m. Toile ouvrée.Triége uni, triége façonné.Terme suisse, savoisien et franc-comtois.TRIÉGÉ, GÉE, adj. Ouvré, ouvrée.Serviette triégée.TRIFOUILLER, v. a. Farfouiller.TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans le français populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et avec fatigue.TRINCANAGE, s. m. VoyezTRANCANAGE.TRINCANER, v. n. VoyezTRANCANER.TRINGUE, s. f. Tringle.Tringue de rideau. Pourrais-tu m'avanter cette tringue?Terme lyonnais et vieux français.TRINGUETTE, s. f. Pour boire, petite gratification.La tringuette du cocher.A Neuchâtel on dit.:Le tringuelt; en allemand,Trinkgeld.TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui signifie: Traîner, mener, porter partout. Terme français populaire. Dans le canton de Vaud on dit:Tringuemaller.TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux, ritournelle fatigante.Ne continue pas cette triôle. Dis-donc, quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle.Terme suisse. Au figuré, nous appelonstriôle, une personne ennuyeuse, et qui rabâche toujours les mêmes choses.TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner par des demandes réitérées.Va-t'en, Alexis, tu me triôles. Que triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?Dans le canton de Vaud on dit:Triouler. R.triolet, petite poésie de huit vers dont le premier se répète deux fois.TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas en français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde, cancan.Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous pas dégoûté de leurs tripots?Bescherelle, qui seul fait mention de ce mot, pris dans ce sens, le donne comme peu usité. Il est fort connu chez nous.TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou celle qui se mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.TRIURES, s. f. pl. Épluchures.TRIVOUGNER, v. a. Tirailler quelqu'un ou quelque chose;secouer, ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on dit:Trevougnioutservougni.TROC.De troc ou de broc.En français: De bric et de broc. [Bescherelle.]Il mène ma vache en champ, et elle se nourrit de troc et de broc.TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner trop de tiges.Les blés ont troché.Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura on dit:Trucher.TROIS-QUARTS, s. m. Ancienne petite monnaie genevoise, valant trois centimes ou à peu près.Les trois-quarts ont cessé d'être frappés l'an 1610.TROIS-VINGTS. Nom de nombre. Soixante.Quand j'avais mes trois-vingts, disait un vieillard de Veirier,je labourais encore à la pelle, et je conduisais la charrue. Terme vaudois et vieux français.TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette.Les petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs.TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël.Faire caquer la tronche, signifie: Frapper sur la bûche pour en faire tomber les dragées ou autres friandises que les parents y ont introduites dans le but d'amuser leurs enfants. Le mot detroncheest connu en Suisse, en Franche-Comté et sans doute ailleurs. R. lat.truncus.TRONC DE CHOU, s. m. Trognon de chou, trou de chou, tige du chou dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit:Trôt de chou.TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et non pas:Trop de bonne heure.TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à un autre.Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept lieues.TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie. Terme gascon.TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et signifie: Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a perdu toute sa fraîcheur.Des raisins trouillés.En Normandie et dans le Berry,trouiller, v. a., signifie: Salir. En vieux français, ce verbe signifiait: Chiffonner en pressant. Dans le patois limousin,troulia, chiffonner. Notre mot patoistrolli(llmouillés), veut dire: Pressurer.TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on dit:Trouye, et dans le français populaire,trouille.TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle.Une troupe de sottises, une troupe d'injures. Tu nous débites là une troupe de bêtises.Français populaire. C'est aussi une faute de dire:Une troupe de monde; il faut dire: Une troupe de gens.TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée.Une troupelée de badauds. Une troupelée d'enfants.Dans le patois limousin,troupel, et en vieux français,troupelet, signifient: Troupeau, petit troupeau.TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent, agréable et gentil. Dans le français populaire,trousse-pettese dit par mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie,troussepinse dit d'un enfant espiègle.TROUVE, s. f. Trouvaille.Faire une trouve. Quelle fameuse trouve tu as fait là!Terme français populaire.TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre, femme dégoûtante et repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements. Augmentatif du mot «Truie.»TRUIE, s. f. Nous disons proverbialement d'une chose qui se détériore considérablement:Elle s'en va en chair de truie. Si la pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en ira en chair de truie.Allusion à la viande des truies portières, laquelle fait beaucoup de déchet.TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité.Dire destruieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès la lésine, c'est une truierie.Terme vaudois.TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout des béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.TUBÔTU, s. m. et adv.Acheter du bois, acheter du foin au tubôtu. Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu.Terme fribourgeois, etc. VoyezAUTU-BÔTU.TUFELLE, s. f. Terme des campagnards. Pomme de terre.Planter les tufelles; arracher les tufelles.En Languedoc on dit:Tufèreoutufène, terme formé du mottrufeoutrufle, par lequel on désigna d'abord les pommes de terre dans tout le midi de la France.TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile en gouttière.TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile.La tuilière d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard, près de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table.Faire une tune.Terme vaudois.TURBENTINE, s. f. Térébenthine.Huile de turbentine.Terme vieux français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs disent:Tourmentine.TURLUBERLU ou TURLUBRELU, s. m. Hurluberlu, étourdi, évaporé, écervelé.Quel tapageur que votre neveu! quel étourneau! quel turlubrelu!Terme vaudois, neuchâtelois, lyonnais, bordelais, etc. VoyezHURLUBRELU.TUTAYEMENT, s. m. Tutoiement, action de diretuettoien s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.TUTAYER, v. a. User des motstu,teettoien parlant àquelqu'un.Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent pas.Dans le dix-septième siècle et dans la première moitié du dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçaittutayer. [Voyez le dictionnaire de l'Académie française, Ireédit., 1694.] Aujourd'hui on écrit et on prononce «tutoyer,» je tutoie, elle tutoyait.
TOUSSILLER ou TOUSSOTER, v. n. Diminutif de «Tousser.» Tousser légèrement, avoir un peu de toux.
† TOUSSIR, v. n.Mon pauvre Joson a toussi depuis hier à soir jusqu'à ce matin.Terme français populaire et vieux français. Dans notre patois on dit:T'ci, et dans le patois de l'Isère,tussi.
TOUT, adj. Ne dites pas:Une fois pour tout; dites: Une fois pour toutes, c'est-à-dire: Une fois pour toutes les fois subséquentes.Fais bien attention, Albin: je te le dis une fois pour tout, et je ne le répéterai plus.Français populaire.
TOUT, adj. masc.Dans le tout commencement de son mariage, Alexis avait eu quelques égards pour sa femme. As-tu dansé hier à ce bal?—Un peu au commencement, au tout commencement.Cette expression, si fréquente chez nous, n'a point d'équivalent en français.
TOUT DE MÊME, loc. adv. Oui, d'accord, à la bonne heure, volontiers.Eh bien, Messieurs, faisons-nous la partie de billard?—Tout de même.
TOUT DE MÊME, loc. adv. Nonobstant cela, d'ailleurs.Je ne vous conseille pas d'aller au théâtre ce soir: tout de même il est déjà tard. Renoncez à ce grand voyage: tout de même la mauvaise saison n'est pas loin.Français populaire.
TOUT PREMIER (LE).Mes enfants, vous êtes des indiscrets, et toi, Mathurin, le tout premier. À quelle place es-tu dans ton école, Philippine?—Je suis la toute première.Dites: Et toi, Mathurin, tout le premier: Je suis la première. [Voyez le dictionnaire de l'Académie, au motPREMIER.]
TOUT NOUVEAU, etc. Pour exprimer que les esprits légers et inconstants s'enthousiasment d'abord de tout ce qui est nouveau, mais s'en dégoûtent non moins vite, nous disonsproverbialement:Tout nouveau, tout beau, outout est beau. En français on dit: Au nouveau, tout est beau.
TRAFI, s. m. Prononciation vicieuse du mottrafic, dont lecdoit se faire entendre.
TRAGAL, s. m. Sorte de filet, appelé aussimonte.
TRAGIVERSER ou TRÉGIVERSER, v. n. Tergiverser.
TRÂGUE, s. m. Aide-maçon, porte-mortier.
TRÂGUER, v. a. Porter, traîner, trôler.Se trâguer d'une promenade à une autre. Qu'as-tu fait hier, Lamboteau, qu'on ne t'a pas vu au sarcle?—Ma fiste, hier c'était Pâques, et j'ai fait comme les autres: j'ai trâgué ma cauque et mes ourious.Terme suisse. En allemand on dit:Tragen.
TRAÎNARD, ARDE, adj.Accent traînard, voix traînarde.Dites: Accent traînant, voix traînante.
TRAÎNASSER, v. a. Augmentatif de traîner; transporter sans soin et malproprement.Tu as une belle poupée toute neuve, et tu la traînasses partout.Se traînassersignifie: 1oSe salir en se traînant par terre; 2oSe trimbaler, flâner. En français, Traînasser, v. n., veut dire: Traîner en longueur. Ce mariage a bien traînassé.
TRAÎNE, s. f. État de santé languissant, indisposition qui se prolonge, maladie lente, abattement de force après un gros rhume.Notre Thérèse n'a pas ce qui s'appelle une maladie: elle a une traîne. Depuis cette mauvaise traîne, je n'ai jamais pu me rétablir comme il faut.Terme vaudois.
TRAÎNE-GAÎNE, s. f. Tout ce qui embarrasse la marche et qu'il faut traîner après soi.Ce qui m'ennuie à la promenade, c'est cette traîne-gaîne d'enfants.Dans le Jura,traîner la gaînesignifie: Porter les livrées de la misère. Dans le français populaire,traîne-gaîner, v. n., battre le pavé avec l'épée au côté.
TRAIN-TRAIN, s. m.Le train-train des affaires, c'est: Le cours ordinaire des affaires, la manière la plus ordinaire de les conduire. On dit de même:Le train-train de la maison; le train-train du bureau; le train-train du commerce. A Gap on dit:Le trintran. L'expression française est: Le trantran. Le trantran des affaires, etc.
TRAIT, s. m. Traite, étendue de chemin que l'on fait d'un lieu à un autre sans s'arrêter.Nous allâmes tout d'un trait de Genève à Bonneville.Terme méridional.
TRAITER POUR.Les médecins le traitaient pour un engorgement au foie: c'était un anévrisme du cœur.Dites: Les médecins le traitaientD'UNengorgement au foie, c'était, etc.
TRAÎTRISE, s. f. L'action de trahir, trahison. Terme franc-comtois, méridional, etc.
TRALAISON, s. f. Travée, travaison, rang de solives. Terme vaudois.
TRÂLÉE, s. f. Ribambelle, séquelle, quantité.Une trâlée de gamins. Une trâlée de mendiants. Une trâlée d'injures. Il nous lâcha une trâlée de sottises.Terme vaudois et fribourgeois.
TRANCANAGE, s. m. Changement de vase inutile et fâcheux.Quel trancanage me fais-tu? As-tu bientôt fini tous ces trancanages?
TRANCANER, v. a. Transvaser inutilement un liquide, et par là le perdre ou le gâter.Laisse-moi ce vin dans cette bouteille et ne le trancane pas tant. Que trancanes-tu là?Se trancaner, v. pron. Se trimbaler, aller sans but et par flânerie d'un lieu à un autre.
TRANCHER, v. n. Tourner, se cailler.Cette crême est tranchée. La sauce a tranché. Les tonnerres font trancher le lait.Terme suisse, savoisien, berrichon, etc.
TRANCIZION, s. f. Orthographe et prononciation vicieusedu mot «Transition,» lequel se prononcetran-zi-cion.
TRANSPERCER, v. a. Mouiller d'outre en outre, mouiller jusqu'aux os, percer entièrement.Cette pluie battante nous a transpercés.Dans le nord de la France on dit:Trapercer.
TRANSVASAGE, s. m. Soutirage, remuage.Le transvasage du vin blanc se fait chez nous au mois de mars.Terme suisse, lorrain, etc. Transvaser est français.
TRANZI, ZIE, part. Prononciation vicieuse du mot «Transi» (transi de froid), que l'on prononcetran-cy, commeNancy.
TRAPE, adj. Trapu, court et gros, courtaud. En Dauphiné et en Languedoc on dit:Trapet; à Lyon,trapot.
TRAS ou TRÀ, s. m. Terme des campagnards. Solive, poutre, grosse pièce de bois.Placer un tras; changer un tras; remuer un tras.Terme vaudois, fribourgeois, savoisien et lyonnais. Dans le patois de l'Isère:Trau; dans le patois lorrain,trais; en vieux français,trabe. R. lat.trabs.
TRAVAILLER QUELQU'UN. Se prend en mauvaise part et signifie: Solliciter quelqu'un, chercher à le gagner, à le capter, à le retourner.Travailler un juge. Le sieur N**, proche parent du président de la Cour, l'avait longtemps travaillé.Expression énergique, inconnue aux dictionnaires, mais usitée en Dauphiné, en Lorraine et sans doute ailleurs.
TRAVAILLER DE.Il travaille d'horlogerie. Elle travaille de couturière. Notre cousine travaille de lingère. MrMathieu travaille de gypier, etc. Dites: Il travaille en horlogerie; elle travaille en couture; notre cousine travaille en linge, en broderie, etc.
TRAVAILLER SUR.Travailler sur l'or; travailler sur le diamant, etc. Dites: Travailler en or, travailler en diamant, etc.
TRAVERS (LE). Se dit des étoffes et signifie: L'envers.Letravers de ce drap est aussi beau que le droit. Voilà le droit, voilà le travers.Dites: Voilà l'endroit, voilà l'envers.
TRAVERSE, s. f., ou VENT DE TRAVERSE, s. m. Le vent d'ouest.
TRAVERSER UN PONT. Dites: Passer un pont.Le cheval s'abattit en traversant le pont de Carouge(en passant le pont de Carouge).
TREDAINE ou TRIDAINE, s. f. Tiretaine, drap grossier.Un habit de tredaine.Terme vaudois, jurassien, etc.
TREDON ou TREDAN, s. m. Bruit de désordre, tapage, tumulte.Entendez-vous ce tredon? C'est un tredon à essourdeler.Terme suisse. SelonCh. Nodier,trudonsignifie: Tambour. [Dictionnaire des onomatopées, 2eédition, p. 278.]
TREGUIGNE ou TIRE-GOUINE, s. f. Viande dure et filandreuse, viande de très-mauvaise qualité. Au sens figuré,treguigneest l'équivalent des mots canaille, crapule, objet de rebut, chose de néant. On dit aussi:Tregougne.
† TREMBLE, s. m. Tremblement, frisson.Quand je pense à cet horrible espectacle, le tremble me prend. Sa maladie commença par un grand tremble.
TREMBLER, v. a. Secouer, hocher.Trembler un arbre, c'est: Le secouer pour en faire tomber les fruits.On leur abandonna deux pommiers qu'ils tremblèrent à outrance.
TREMPE, adj. Trempé, extrêmement mouillé.Elle arriva toute trempe de sueur.Français populaire.
TREMPE, s. f. Volée de coups, rossée.Donner une trempe. Recevoir une trempe.
TREMPÉE, s. f. Terme des campagnards. Pluie abondante, pluie de durée qui trempe la terre.Il a fait une bonne trempée.Terme lorrain, etc.
TREMPOTTE, s. f. Mouillette, pain trempé dans du vin pur.Faire la trempotte.Terme jurassien. Dans diverses provincesde France on dit:Faire la trempette; ailleurs,faire la trempinette, faire la trempusse.
TRENTE-SIX.Vous en avez trente-six, veut dire: Vous en avez menti.Il en a trente-six, il en a menti.
TRÉPER, v. a. Terme des campagnards. Marcher sur.Tu me trèpes(tu marches sur ma robe). Dans le patois limousin:Trepa lo terro, piétiner la terre, etc. En Lorraine,triplersignifie: Fouler aux pieds. En vieux français on disait:Triperettrepper. R. lat.tripudio.
TRÈS, adv. C'est mal parler que de dire:J'ai très-faim; j'ai très-soif; j'ai très-sommeil; j'ai eu très-peur; tu as très-raison; elle a très-mal au pied. Ce pauvre Nicolin aurait très-besoin d'un chapeau. Je te prête mon joli parapluie, mais tu en auras très-soin. Vos petites friandises ont fait très-plaisir. Tu as très-tort de désobéir, Ferdinand. C'est très-dommage de chapler ce morceau d'étoffe, etc. L'adverbetrèsne doit pas modifier un substantif. Les phrases suivantes sont donc aussi incorrectes:Ce jeune homme fait très-l'aimable; il fait très-le gentil et sa sœur fait très-la savante.
TRESSAUT, s. m. Tressaillement.À ce coup de canon, je fis un tressaut.«Je redoublai de sommeil, après avoir été secoué par un énorme tressaut.» [Töpffer,Le Presbytère, p. 36.] En vieux français,tressaultsignifie: Action de sauter, action d'enjamber. Tressauter est dans quelques dictionnaires.
TRIAILLE, s. f. Triage.Faire une triaille. Ce n'est que de la triaille(ce n'est que du rebut). Terme méridional.
TRICOTER, v. a. Bâtonner, rosser. Terme vieux français. «Tricot,» gros bâton, est français.
TRIÉGE, s. m. Toile ouvrée.Triége uni, triége façonné.Terme suisse, savoisien et franc-comtois.
TRIÉGÉ, GÉE, adj. Ouvré, ouvrée.Serviette triégée.
TRIFOUILLER, v. a. Farfouiller.
TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans le français populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et avec fatigue.
TRINCANAGE, s. m. VoyezTRANCANAGE.
TRINCANER, v. n. VoyezTRANCANER.
TRINGUE, s. f. Tringle.Tringue de rideau. Pourrais-tu m'avanter cette tringue?Terme lyonnais et vieux français.
TRINGUETTE, s. f. Pour boire, petite gratification.La tringuette du cocher.A Neuchâtel on dit.:Le tringuelt; en allemand,Trinkgeld.
TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui signifie: Traîner, mener, porter partout. Terme français populaire. Dans le canton de Vaud on dit:Tringuemaller.
TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux, ritournelle fatigante.Ne continue pas cette triôle. Dis-donc, quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle.Terme suisse. Au figuré, nous appelonstriôle, une personne ennuyeuse, et qui rabâche toujours les mêmes choses.
TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner par des demandes réitérées.Va-t'en, Alexis, tu me triôles. Que triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?Dans le canton de Vaud on dit:Triouler. R.triolet, petite poésie de huit vers dont le premier se répète deux fois.
TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas en français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde, cancan.Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous pas dégoûté de leurs tripots?Bescherelle, qui seul fait mention de ce mot, pris dans ce sens, le donne comme peu usité. Il est fort connu chez nous.
TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou celle qui se mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.
TRIURES, s. f. pl. Épluchures.
TRIVOUGNER, v. a. Tirailler quelqu'un ou quelque chose;secouer, ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on dit:Trevougnioutservougni.
TROC.De troc ou de broc.En français: De bric et de broc. [Bescherelle.]Il mène ma vache en champ, et elle se nourrit de troc et de broc.
TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner trop de tiges.Les blés ont troché.Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura on dit:Trucher.
TROIS-QUARTS, s. m. Ancienne petite monnaie genevoise, valant trois centimes ou à peu près.Les trois-quarts ont cessé d'être frappés l'an 1610.
TROIS-VINGTS. Nom de nombre. Soixante.Quand j'avais mes trois-vingts, disait un vieillard de Veirier,je labourais encore à la pelle, et je conduisais la charrue. Terme vaudois et vieux français.
TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette.Les petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs.
TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël.Faire caquer la tronche, signifie: Frapper sur la bûche pour en faire tomber les dragées ou autres friandises que les parents y ont introduites dans le but d'amuser leurs enfants. Le mot detroncheest connu en Suisse, en Franche-Comté et sans doute ailleurs. R. lat.truncus.
TRONC DE CHOU, s. m. Trognon de chou, trou de chou, tige du chou dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit:Trôt de chou.
TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et non pas:Trop de bonne heure.
TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à un autre.Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept lieues.
TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie. Terme gascon.
TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et signifie: Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a perdu toute sa fraîcheur.Des raisins trouillés.En Normandie et dans le Berry,trouiller, v. a., signifie: Salir. En vieux français, ce verbe signifiait: Chiffonner en pressant. Dans le patois limousin,troulia, chiffonner. Notre mot patoistrolli(llmouillés), veut dire: Pressurer.
TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on dit:Trouye, et dans le français populaire,trouille.
TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle.Une troupe de sottises, une troupe d'injures. Tu nous débites là une troupe de bêtises.Français populaire. C'est aussi une faute de dire:Une troupe de monde; il faut dire: Une troupe de gens.
TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée.Une troupelée de badauds. Une troupelée d'enfants.Dans le patois limousin,troupel, et en vieux français,troupelet, signifient: Troupeau, petit troupeau.
TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent, agréable et gentil. Dans le français populaire,trousse-pettese dit par mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie,troussepinse dit d'un enfant espiègle.
TROUVE, s. f. Trouvaille.Faire une trouve. Quelle fameuse trouve tu as fait là!Terme français populaire.
TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre, femme dégoûtante et repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements. Augmentatif du mot «Truie.»
TRUIE, s. f. Nous disons proverbialement d'une chose qui se détériore considérablement:Elle s'en va en chair de truie. Si la pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en ira en chair de truie.Allusion à la viande des truies portières, laquelle fait beaucoup de déchet.
TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité.Dire destruieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès la lésine, c'est une truierie.Terme vaudois.
TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout des béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.
TUBÔTU, s. m. et adv.Acheter du bois, acheter du foin au tubôtu. Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu.Terme fribourgeois, etc. VoyezAUTU-BÔTU.
TUFELLE, s. f. Terme des campagnards. Pomme de terre.Planter les tufelles; arracher les tufelles.En Languedoc on dit:Tufèreoutufène, terme formé du mottrufeoutrufle, par lequel on désigna d'abord les pommes de terre dans tout le midi de la France.
TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile en gouttière.
TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile.La tuilière d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard, près de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.
TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.
TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table.Faire une tune.Terme vaudois.
TURBENTINE, s. f. Térébenthine.Huile de turbentine.Terme vieux français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs disent:Tourmentine.
TURLUBERLU ou TURLUBRELU, s. m. Hurluberlu, étourdi, évaporé, écervelé.Quel tapageur que votre neveu! quel étourneau! quel turlubrelu!Terme vaudois, neuchâtelois, lyonnais, bordelais, etc. VoyezHURLUBRELU.
TUTAYEMENT, s. m. Tutoiement, action de diretuettoien s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.
TUTAYER, v. a. User des motstu,teettoien parlant àquelqu'un.Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent pas.Dans le dix-septième siècle et dans la première moitié du dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçaittutayer. [Voyez le dictionnaire de l'Académie française, Ireédit., 1694.] Aujourd'hui on écrit et on prononce «tutoyer,» je tutoie, elle tutoyait.