Chapter 4

— Planche 39—Sous les sapins—Été, automneGomphide visqueux—Gomphidius viscidusComestible peu délicat

— Planche 39—

Sous les sapins—Été, automne

Gomphide visqueux—Gomphidius viscidus

Comestible peu délicat

Strophaire érugineux.—Stropharia œruginosa.Spores brunes noirâtres.

Strophaire érugineux.—Stropharia œruginosa.

Spores brunes noirâtres.

Les Strophaires sont des champignons à couleurs assez vives et de formes plutôt gracieuses, mais ils ont une bien mauvaise habitude, ils ont une préférence pour les matières excrémentielles, et l’un d’eux porte le nom mal odorant demerdaria.

Celui dont nous nous occupons tire son nom de sa couleur verte. Il se compose d’un chapeau pouvant mesurer 4 à 6 centimètres de diamètre, assez charnu, arrondi, puis plan convexe ou plan, et toujours muni d’un mamelon apparent; il est jaune verdâtre ou bleuâtre et couvert d’une épaisse couche visqueuse. Sous l’influence de la lumière, il blanchit sensiblement, et parfois on le trouve couvert de squames peu adhérentes blanches, lesquelles se voient surtout au bord du chapeau. L’épiderme s’enlève facilement.

Les feuillets sont assez nombreux, étroits aux extrémités, larges au milieu, gris, verdâtres, puis brunâtres.

Le pied est plus long que le diamètre du chapeau, droit ou courbe, cylindrique ou un peu plus gros à la base, creux à l’intérieur, verdâtre ou un peu azuré comme le chapeau, visqueux et couvert de squames blanches, plus abondantes au haut du pied où elles forment un collier fugace.

Chair molle, blanche ou blanchâtre de saveur désagréable.

On trouve ce champignon dans les bois, sous les feuilles, l’humus ou les matières décomposées. On le regarde comme suspect.

—Planche 40—Humus, décombres—Été, automneStrophaire érugineux—Stropharia œruginosaNon comestible

—Planche 40—

Humus, décombres—Été, automne

Strophaire érugineux—Stropharia œruginosa

Non comestible

Bolet à chair jaune.—Boletus chrysenteron.

Bolet à chair jaune.—Boletus chrysenteron.

C’est un Bolet qui est généralement de taille moyenne; son chapeau est convexe, aplati sur le tard et souvent plus ou moins irrégulier, il mesure de 4 à 6 centimètres et est de couleur terne, fauve ou brun pâle, quelquefois un peu rougeâtre, légèrement tomenteux, fendillé ou divisé en petits compartiments isolés comme le montre la figure de droite; on aperçoit alors la chair qui se colore en rouge.

Les bords du chapeau sont obtus.

Les tubes sont jaunes, peu ou pas déprimés autour du pied, terminés par des pores assez grands, inégaux, anguleux et verdissant par le frottement.

Pied robuste, long de 4 à 5 centimètres, égal ou un peu renflé à la base, souvent courbé ou flexueux, jauni, mais couvert de nombreuses stries rouges, sauf au sommet ou à la base.

Chair molle, jaune, rouge sous l’épiderme, sans odeur ni saveur appréciable.

Ce champignon pousse un peu partout isolément, dans les bois mêlés; on le regarde comme suspect, probablement à tort.

Une espèce voisine, leBoletus subtomentosus, se distingue duChrysenteron, par sa chair qui est jaune sous l’épiderme du chapeau, tandis qu’elle est rouge dans leChrysenteron.

—Planche 41—Bois mêlés—Été, automneBolet à chair jaune—Boletus chrysenteronSuspect

—Planche 41—

Bois mêlés—Été, automne

Bolet à chair jaune—Boletus chrysenteron

Suspect

Bolet parasite.—Boletus parasiticus.

Bolet parasite.—Boletus parasiticus.

Au numéro60de notre nouvel Atlas, nous avons décrit le Scléroderme vulgaire, que l’on trouve si communément dans les terrains maigres, au bord des chemins: eh bien, ce Scléroderme a le singulier privilège d’héberger un Bolet, qui, de ce fait, a reçu le nom de Bolet parasite. C’est bien aux dépens du Scléroderme que vit ce champignon: il suffit, pour s’en convaincre, d’examiner avec un peu d’attention les relations qui existent entre les deux plantes.

Vers la base du Scléroderme, partent deux ou plusieurs mamelons qui grandissent peu à peu; ils portent à leur sommet un chapeau plus ou moins arrondi, puis sensiblement plat et mesurant 3 à 5 centimètres.

Assez régulièrement hémisphérique, le chapeau du Bolet parasite ne tarde pas à modifier sa forme, soit parce que les chapeaux se touchent ou qu’ils se trouvent en contact avec le Scléroderme lui-même. L’épiderme du chapeau est lisse, uni, fauve ou roussâtre, parfois grisâtre et fendillé. Les pores sont d’un jaune sale, assez grands, d’abord arrondis, puis anguleux; ils adhèrent au pédicule, mais par suite du développement du chapeau, ils paraissent un peu décurrents. Le pied est cylindrique, un peu atténué et toujours courbé à la base, qui est en contact intime avec la chair du Scléroderme. Chair jaune.

Le Bolet parasite se développe sur lesScleroderma vulgareetverrucosum. Il n’est pas donné comme comestible.

—Planche 42—Sur les Sclérodermes—Été, automneBolet parasite—Boletus parasiticusNon comestible

—Planche 42—

Sur les Sclérodermes—Été, automne

Bolet parasite—Boletus parasiticus

Non comestible

Bolet pomme de pin.—Boletus strobilaceus.

Bolet pomme de pin.—Boletus strobilaceus.

Quiconque a vu une seule fois ce Bolet ne l’oubliera pas.

Figurez-vous un chapeau arrondi, brunâtre ou noirâtre, tout couvert d’écailles ou de squames floconneuses régulièrement disposées, épaisses et dépassant les bords du chapeau, lequel mesure de 4 à 8 centimètres.

Les tubes sont assez longs, anguleux, blanchâtres, puis gris rougeâtres ou bistrés avec des pores amples de même couleur.

Pied plus long que le diamètre du chapeau, égal ou un peu renflé à la base, fibreux, charnu, blanchâtre ou grisâtre et couvert de nombreuses mèches soyeuses.

Chair blanche, puis rosée et devenant brune.

Ce champignon est comestible, mais peu délicat; on le trouve assez rarement dans les bois ombragés.

Bolet des bouviers.—Boletus bovinus.

Comme plusieurs de ses congénères, le Bolet des bouviers affectionne les arbres verts.

Son chapeau est d’abord arrondi, puis plan, glabre et visqueux en temps humide, fauve ou roux ferrugineux, et d’un diamètre de 5 à 8 centimètres.

Les tubes sont décurrents sur le pied, assez courts, jaunâtres, verdâtres ou ferrugineux, avec des pores amples et composés.

Le pied est cylindrique, égal ou un peu renflé à la base, de la couleur du chapeau ou teinté de rougeâtre et long de 3 à 4 centimètres.

Chair blanche, devenant un peu verdâtre et de saveur agréable.

On trouve ce champignon en automne, dans les bois d’arbres verts; il est comestible.

—Planche 43—Dans les bois—Été, automneBolet pomme-de-pinBolet des bouviersBoletus strobilaceusBoletus bovinusComestibles

—Planche 43—

Dans les bois—Été, automne

Bolet varié.—Boletus variegatus.

Bolet varié.—Boletus variegatus.

Le Bolet varié se plaît, lui aussi, au voisinage des conifères; on le reconnaîtra à son chapeau d’abord arrondi, puis plan, roussâtre ou jaune olivâtre, couvert sur une partie de sa surface d’une multitude de petites écailles plus foncées; son diamètre est de 6 à 8 centimètres.

Tubes verdâtres touchant le pied, terminés par des pores assez grands, anguleux, olivâtres ou bistrés, ferrugineux.

Pied cylindrique ou un peu renflé à la base, ferme, jaune ou de la couleur du chapeau, avec parfois des stries plus foncées.

Chair assez épaisse, jaune ou prenant une légère teinte bleuâtre; celle du pied est plus jaune et souvent un peu rougeâtre à la base.

On trouve ce champignon dans les bois de pins, où il est souvent très abondant.

Il est comestible.

—Planche 44—Sous les conifères—Été, automneBolet varié—Boletus variegatusComestible

—Planche 44—

Sous les conifères—Été, automne

Bolet varié—Boletus variegatus

Comestible

Polypore du bouleau.—Polyporus betulinus.

Polypore du bouleau.—Polyporus betulinus.

Ce champignon est bien reconnaissable à sa forme régulière, sa couleur fauve et sa surface absolument unie; de plus, il ne pousse que sur les bouleaux.

Si l’on veut bien prendre la peine d’examiner un bouleau mort, qu’il soit sur pied ou couché à terre, on y trouvera presque à coup sûr un ou plusieurs Polypores du bouleau.

Il se montre d’abord sous la forme d’une petite masse ronde excavée en dessous, et si jeune qu’il soit, on reconnaît à peu près la forme de l’adulte.

Finalement, il mesure 12 à 15 centimètres de diamètre, son chapeau est circulaire, se terminant à l’arrière par un pied court un peu courbé; il est d’un brun roussâtre uniforme, uni, non zoné, à marge épaisse un peu repliée en dessous.

Il porte à sa partie inférieure des tubes courts munis de pores très petits, blancs.

La chair est blanche, fine, coriace ou même subéreuse. On pourrait, paraît-il, en faire des cuirs à rasoir.

Non comestible à cause de la résistance de sa chair.

On pourra remarquer que toujours le chapeau du Polypore du bouleau est orienté parallèlement au sol, c’est-à-dire qu’il est horizontal: mais si, par aventure ou par accident, l’arbre, de perpendiculaire qu’il était vient à se coucher sur le sol, le chapeau modifie sa position première de façon à devenir de nouveau horizontal. Le même phénomène se produit chez les autres polypores ligneux.

—Planche 45—Sur les bouleaux—Toute l’annéePolypore du bouleau—Polyporus betulinusNon comestible

—Planche 45—

Sur les bouleaux—Toute l’année

Polypore du bouleau—Polyporus betulinus

Non comestible

Polypore gigantesque.Polyporus (Merisma) giganteus.

Polypore gigantesque.Polyporus (Merisma) giganteus.

LePolyporus giganteus, appelé aussiMerisma giganteus, se distingue des Polypores vrais, en ce qu’il offre des chapeaux multiples provenant de la même souche, tandis que dans les premiers il n’y a qu’un ou deux chapeaux, rarement davantage. On l’a aussi appelé Polypore acanthoïde, parce que par ses nombreux chapeaux découpés, il a quelque ressemblance avec les feuilles de l’acanthe. Il est surtout remarquable par les dimensions considérables et le poids qu’il peut atteindre (10 et 15 kilos).

Il est formé de nombreux chapeaux dimidiés, dilatés, aplatis, irrégulièrement lobés et diversement contournés. Ces chapeaux sont très peu charnus, veloutés ou finement granuleux, ou encore sillonnés, ridés, jaunâtres, brunâtres ou grisâtres, ou même un peu ferrugineux et plus foncés vers la base. Ils sont imbriqués et garnis à leur partie inférieure de tubes courts blancs ou pâles terminés par des pores également blancs, petits, difformes ou lacérés, se prolongeant sur des pédicules peu distincts, le tout formant une grosse souche tuberculeuse, qui s’insère le plus souvent sur le tronc d’un arbre coupé, où il s’étale de manière à couvrir une grande surface.

On ne trouve ce champignon que dans les grands bois où existent de très vieux arbres, aussi est-il assez rare. Il est comestible.

—Planche 46—Sur les souches—Été, automnePolypore gigantesque—Polyporus giganteusComestible

—Planche 46—

Sur les souches—Été, automne

Polypore gigantesque—Polyporus giganteus

Comestible

Polypore squameux.—Polyporus squamosus.

Polypore squameux.—Polyporus squamosus.

Le Polypore squameux, appelé souvent Polypore du noyer, ressemble assez bien à un éventail. Il est formé d’un large chapeau plus ou moins arrondi, aplati, un peu déprimé à l’arrière, mince et un peu recourbé sur les bords. Il est jaunâtre et couvert de nombreuses écailles plus foncées et appliquées, il mesure jusqu’à 20 centimètres et plus. Les pores sont blanchâtres ou un peu jaunâtres, petits, puis amples, anguleux et lacérés, descendant longuement sur le pied.

Pied court, excentrique ou latéral, épais, blanchâtre et brun noirâtre à la base.

Chair blanche, ferme, même un peu coriace, d’odeur forte de champignon.

On trouve communément ce champignon sur les arbres malades, sur les souches de différents arbres, mais du noyer surtout; il pousse souvent plusieurs sujets en même temps.

L’Oreille de noyer ou d’orme est évidemment comestible, mais il faut la prendre très jeune, sans quoi elle est trop coriace.

—Planche 47—Sur les troncs d’arbres—Été, automnePolypore squameux—Polyporus squamosusComestible(jeune)

—Planche 47—

Sur les troncs d’arbres—Été, automne

Polypore squameux—Polyporus squamosus

Comestible(jeune)

Polypore soufré.—Polyporus sulfureus.

Polypore soufré.—Polyporus sulfureus.

Notre grand mycologue Bulliard appelait ce champignon, Bolet sulfurin; mais nous savons que les Bolets ont un chapeau et un pied distincts et que ce pied est central. Ici, pas de pied proprement dit, et en tout cas, pas de pied central.

Pour certains mycologues, le Polypore soufré fait partie du genreMerisma, qui est caractérisé par ce fait que plusieurs chapeaux partent du même point.

En effet, il forme toujours une touffe comprenant plusieurs chapeaux plus ou moins superposés et ayant plus ou moins l’aspect d’une lame circulaire épaisse de 1 à 3 centimètres, sur une largeur de 10 à 12 centimètres. Ces chapeaux sont sessiles ou un peu rétrécis à la base, aplatis ou convexes, ondulés, festonnés sur les bords. Ils sont d’abord pubescents, puis glabres, jaune rougeâtre ou couleur saumon.

Tubes courts, terminés par des pores petits, entiers, puis lacérés, de couleur jaune de soufre.

Chair blanche, molle, laissant écouler des gouttelettes d’eau jaune, puis sèche, grenue, cassante et de saveur acide. Ce champignon acquiert parfois des dimensions considérables.

On pourrait, paraît-il, manger ce champignon, mais alors il faut le prendre très jeune.

On trouve le Polypore soufré sur les arbres languissants ou morts, et aussi sur les bois d’industrie.

—Planche 48—Arbres malades, bois ouvrés—Toute l’annéePolypore soufré—Polyporus sulfureusNon comestible

—Planche 48—

Arbres malades, bois ouvrés—Toute l’année

Polypore soufré—Polyporus sulfureus

Non comestible

Polypore amadouvier.—Polyporus fomentarius.

Polypore amadouvier.—Polyporus fomentarius.

Ce champignon, que l’on nomme Bolet à amadou, Agaric de chêne, Agaric femelle ou encore Agaric des chirurgiens (bien qu’il n’ait aucune ressemblance avec les Agarics), fait élection de domicile sur les vieux arbres, principalement sur le chêne et sur le hêtre.

Il commence par donner un mamelon qui fait saillie à la surface de l’arbre envahi, puis ce mamelon s’accroît, s’organise et se différencie en une partie inférieure qui montre des pores et une partie supérieure qui forme le chapeau proprement dit.

Ce chapeau peut acquérir de grandes dimensions et mesurer de 30 à 50 centimètres de largeur, sur une épaisseur de 10 à 20 centimètres.

Il adhère à l’arbre nourricier par une large surface et prolonge ses filaments mycéliens très loin dans le tissu du support. Assez souvent, il a la forme d’un sabot de cheval ou d’une console semi-orbiculaire, avec les pores toujours tournés en bas, petits, fauves ou ferrugineux, et disposés en plusieurs couches visibles sur la section du champignon. Cette disposition est caractéristique des Fomes, aussi nomme-t-on ce champignonFomes fomentarius.

La cuticule forme des bourrelets concentriques plus ou moins nombreux, grisâtres, fuligineux ou noirâtres.

Sous la cuticule, on trouve une chair molle, brune ou ferrugineuse, qui peut servir à préparer l’amadou.

—Planche 49—Sous les vieux arbres—Toute l’annéePolypore amadouvierPolyporus fomentariusNon comestible

—Planche 49—

Sous les vieux arbres—Toute l’année

Polypore amadouvier

Polyporus fomentarius

Non comestible

Polypore luisant.—Polyporus lucidus.

Polypore luisant.—Polyporus lucidus.

Ce Polypore, que Bulliard appelait Bolet oblique, est bien bizarre, avec son chapeau disposé sur le côté et son revêtement luisant: on dirait un champignon laqué.

Quand il débute, c’est un simple pied noirâtre qui sort de terre et qui se termine par une sommité pointue, puis survient un tout petit chapeau blanchâtre, dont le développement continue à se faire seulement sur un côté, en sorte qu’il devient excentrique, et de blanchâtre qu’il était, il prend une teinte rouge acajou vive et brillante, comme vernie. La surface du chapeau est plus ou moins zonée et de teinte plus claire sur le bord.

Sous le chapeau se trouvent des tubes assez longs blancs ou blanchâtres à orifices petits.

Le pied est beaucoup plus long que le diamètre du chapeau, irrégulièrement arrondi et bosselé, brun noirâtre brillant ou encore rouge brun, mais plus foncé que le chapeau.

Chair coriace, blanchâtre, un peu acide.

Pousse dans les endroits humides, sur les souches de divers arbres.

—Planche 50—Sur les souches—Toute l’annéePolypore luisantPolyporus lucidusNon comestible

—Planche 50—

Sur les souches—Toute l’année

Polypore luisant

Polyporus lucidus

Non comestible

Polypore blanc-noirâtre.—Polyporus leucomelas.

Polypore blanc-noirâtre.—Polyporus leucomelas.

Ce Polypore, appelé aussi Pied de mouton noir, est un champignon trapu, à chapeau charnu, fragile, arrondi, entier ou lobé, irrégulier, assez épais, mince sur les bords qui sont enroulés. Il est brun noirâtre ou bistré noir, à surface douce, unie, puis rugueuse et fendillée. Il mesure de 6 à 10 centimètres. Il porte sous le chapeau des tubes très courts à orifices blancs ou blanchâtres se prolongeant sur le pied.

Pied robuste difforme, plus court que le chapeau et de teinte analogue ou fuligineuse.

Chair blanche, puis rosée, fragile, agréable, sauf celle du pied, qui serait un peu amère.

Ce champignon est comestible; on le trouve en été-automne, dans les sapinières.

Polypore pérennant.—Polyporus perennis.

C’est un champignon fort élégant avec son chapeau mince, circulaire, déprimé et agréablement zoné de jaune et de fauve; mais il est coriace, ligneux, et par conséquent non comestible.

Sous le chapeau, on remarque des pores très petits arrondis puis lacérés, d’abord blancs et ensuite de couleur cannelle.

Pied droit, ferme, résistant, velouté, mince ou assez fortement épaissi, et de la couleur du chapeau.

Ces champignons poussent dans les endroits siliceux, ils se soudent fréquemment les uns aux autres; parfois, les bords du chapeau sont fortement laciniés.

—Planche 51—Sur la terre—AutomneSur les charbonnièresPolypore blanc-noirâtrePolypore pérennantPolyporus leucomelasPolyporus perennisComestibleNon comestible

—Planche 51—

Dédalée du chêne.—Dædaleaquercina.

Dédalée du chêne.—Dædaleaquercina.

Les Dédalées sont des champignons ligneux, caractérisés par la disposition sinueuse des pores, qui forment un vrai labyrinthe, d’où le nom qui leur a été imposé. Ils ont aussi un autre caractère commun avec les Tramètes, qui les distingue nettement des Polypores. C’est que, dans les polypores ligneux, la chair et les tubes sont séparés par une ligne de démarcation bien nette, tandis que dans les Dédalées et les Tramètes, la trame des pores et de la chair se confondent et font corps intime.

L’espèce qui nous occupe et que l’on trouve souvent sur les arbres malades, surtout sur les chênes et jusque dans nos maisons, peut atteindre un volume assez considérable.

La forme en est très variable, tantôt elle est plate comme une lame, d’autres fois prend la forme d’un coussinet large à sa surface et diminuant progressivement vers sa partie inférieure; sa surface est plate ou irrégulièrement bosselée ou tuberculeuse et marquée de zones plus ou moins visibles.

Les tubes représentent plutôt des lames épaisses anastomosées de la même couleur que le chapeau, qui finissent par former de grands pores labyrinthiformes. Tout le champignon a une consistance qui tient le milieu entre celle du bois et du liège.

—Planche 52—Sur les bois de charpente—En tout tempsDédalée du chêne—Dædalea quercinaLigneux

—Planche 52—

Sur les bois de charpente—En tout temps

Dédalée du chêne—Dædalea quercina

Ligneux

Mérule pleureur.—Merulius lacrymans.

Mérule pleureur.—Merulius lacrymans.

LesMeruliusse distinguent des autres Polyporées en ce qu’ils ont plutôt des plis anastomosés que de véritables pores.

Le Mérule pleureur, appelé aussiMerulius destruens(destructeur) se trouve dans les endroits humides, les caves principalement, derrière les boiseries et surtout sous les parquets.

Lorsqu’il n’est pas fructifié, il se montre à nous sous la forme de filaments blancs et ténus qui vont souvent fort loin pour trouver des bois à détruire, puis quand les conditions sont favorables, il se condense en une membrane assez consistante, grisâtre ou blanche sur les bords, jaune ou jaunâtre au centre, où s’organise l’hyménium; c’est alors qu’apparaissent les alvéoles ou pores, qui tout d’abord ressemblent un peu à de la fraise de veau; puis les spores se forment, mûrissent et donnent à la membrane une teinte jaune brunâtre.

Les dimensions de la plaque hyméniale sont très variables, elles peuvent aller, de quelques centimètres, à 10 et 20 centimètres, être circulaires ou allongées.

Sous l’influence des courants et aussi par leur puissance de projection, ces spores peuvent se déposer très loin sous forme d’une poussière rougeâtre.

C’est un champignon redoutable, surtout pour les bois tendres et principalement les sapins, qui sont dévorés en peu de temps. Le meilleur moyen de s’en préserver est tout d’abord de brûler tout ce qu’il atteint, et de badigeonner avec une solution bouillante de sulfate de cuivre à 10% tout ce qui est atteint, sans en excepter les bois neufs que l’on emploie: il faut en outre ménager des courants d’air.

—Planche 53—Sur les bois, dans les endroits humides—Toute l’annéeMérule pleureur—Merulius lacrymansNuisible aux bois d’industrie

—Planche 53—

Sur les bois, dans les endroits humides—Toute l’année

Mérule pleureur—Merulius lacrymans

Nuisible aux bois d’industrie

Hydne hérisson.—Hydnum erinaceum.

Hydne hérisson.—Hydnum erinaceum.

Nous savons que lesHydnumsont tous garnis sur leur surface hyméniale de pointes plus ou moins longues auxquelles on a donné le nom d’aiguillons. Les spores se trouvent à la surface de ces aiguillons.

Nous parlerons aujourd’hui de l’un des plus anciens et des plus beaux parmi les champignons de ce genre.

L’Hydne hérisson se développe toujours dans les cavités qui se trouvent sur les arbres, mais de préférence sur les chênes et les hêtres. Lorsque le mycélium est suffisamment organisé, il projette au dehors de l’orifice ou de la cavité une masse charnue, blanche, semblable à un moignon, lequel, une fois dehors, s’élargit plus ou moins, de façon à représenter un coussinet ou une épaulette, puis il se développe tout autour des quantités de prolongements filiformes très allongés sur le devant et bien plus courts ailleurs. Ces prolongements, blancs ou blancs jaunâtres, prennent tous la direction verticale et sont parallèles les uns aux autres, en sorte que quand le champignon s’est complètement développé, on croirait avoir devant soi une épaulette d’une nature particulière.

L’Hydne hérisson est comestible, mais sa chair est de consistance un peu ferme; comme saveur, il rappelle assez celle du champignon de couche.

C’est un champignon assez rare qui toujours excite l’admiration des mycologues qui ont la chance de le rencontrer.

—Planche 54—Sur les vieux arbres blessés—Été, automneHydne hérisson—Hydnum erinaceumComestible

—Planche 54—

Sur les vieux arbres blessés—Été, automne

Hydne hérisson—Hydnum erinaceum

Comestible

Hydne imbriqué.—Hydnum imbricatum.

Hydne imbriqué.—Hydnum imbricatum.

L’Hydne imbriqué, appelé aussi barbe de bouc, comporte un chapeau et un pied. Le chapeau est épais, charnu, un peu arrondi, puis plat ou un peu déprimé, souvent difforme et irrégulier sur les bords qui sont minces, ondulés, lobés; il est en outre le plus souvent parsemé de grosses écailles tuberculeuses assez régulièrement disposées. Ces écailles sont plus foncées (quelquefois presque noires) que le reste du chapeau, qui est brunâtre ou terre d’ombre. A la partie inférieure du chapeau se trouvent des aiguillons fragiles d’un blanc sale ou cendrés, qui se prolongent sur le pied.

Pied plutôt court, épais, gris, brun ou rougeâtre.

Chair ferme, cassante, sèche, d’un blanc pâle ou grisâtre, un peu amère.

On trouve ce champignon en automne, dans les bois de conifères; il est comestible.

Hydne gélatineux.

Hydnum (Tremellodon) gelatinosum.

L’Hydnum gelatinosum, que l’on nomme aussiTremellodon gelatinosum, a un chapeau de consistance gélatineuse, translucide, grisâtre ou brunâtre, lisse, irrégulier, souvent dimidié ou terminé par un pied latéral de même consistance. A la partie inférieure du chapeau existent des aiguillons moins transparents; chair à saveur agréable.

On trouve toujours ce champignon près de terre, sur les souches d’arbres verts, où il se groupe plus ou moins. Il est comestible.

—Planche 55—Sur la terreSouches de conifèresHydne imbriquéHydne gélatineuxHydnumimbricatumHydnum (tremellodon)gelatinosumComestibles

—Planche 55—

Clavaire fusiforme.—Clavaria fusiformis.

Clavaire fusiforme.—Clavaria fusiformis.

Comme l’indique son nom, cette Clavaire a la forme d’un fuseau, c’est-à-dire qu’elle s’effile à ses extrémités.

Elle mesure de 5 à 8 centimètres et est de couleur jaune vif un peu mat. Elle est, à l’intérieur, compacte, puis creuse, d’abord jaune, puis blanchissante.

La Clavaire fusiforme est simple, mais elle pousse toujours en touffes formées de nombreux rameaux.

On la trouve à l’automne, dans les bois, les gazons, les bruyères; elle est comestible.

On trouve dans les mêmes endroits d’autres Clavaires jaunes, de couleurs moins vives et aussi comestibles.

Clavaire en pilon.—Clavaria pistillaris.

Cette Clavaire, qui ressemble au pilon des pharmaciens, se compose essentiellement d’une partie renflée, généralement oblongue et s’atténuant peu à peu jusqu’à la base: elle peut atteindre de 10 à 15 centimètres, sur une épaisseur de 2 à 4 centimètres. La tête ou clavule est rougeâtre ou d’un jaune fauve, lisse, ridée ou sillonnée par places.

Chair blanche, compacte, filandreuse, se continuant jusqu’à la base.

La partie inférieure est moins colorée et presque blanche.

Quoique peu agréable, elle est comestible; on la trouve à l’automne et même pendant l’été, dans les bois ombragés.

—Planche 56—Dans les bois—Été, automneClavaire fusiformeClavaire en pilonClavaria fusiformis (gauche)Clavaria pistillarisComestibles

—Planche 56—

Dans les bois—Été, automne

Gyrocéphale helvelloïde.Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides.

Gyrocéphale helvelloïde.Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides.

LesGyrocephalus(ouGuepinia) sont des champignons gélatineux assez fermes, stipités, ayant un peu la forme d’une spatule ou d’une cuiller, ou encore d’un lobe d’oreille.

Ils se distinguent desTremellapar leurs basides linéaires et leurs spores courbées.

LeGyrocephalus helvelloides, ainsi appelé parce qu’il ressemble un peu à certaines Helvelles, se compose d’un pédicule blanchâtre ou rougeâtre plus ou moins grand, et se prolongeant en une sorte de chapeau irrégulier, spatulé, lobé ou festonné, quelquefois même il est creusé en entonnoir et presque toujours plus développé d’un côté que de l’autre. Il peut atteindre une hauteur de 5 à 10 centimètres; il est un peu translucide, rouge ou rose orangé, et de consistance molle gélatineuse.

L’hyménium se trouve à la partie inférieure du chapeau, il est vaguement plissé.

En raison de sa couleur, certains mycologues le nommentGyrocephalus rufus(Gyrocéphale rouge).

On trouve ce champignon à terre, surtout dans les montagnes et sous les conifères.

Il peut être consommé en salade.

—Planche 57—A terre, sous les conifères—Été, automneGyrocéphale helvelloïde—Gyrocephalus (Guepinia) helvelloidesComestible

—Planche 57—

A terre, sous les conifères—Été, automne

Gyrocéphale helvelloïde—Gyrocephalus (Guepinia) helvelloides

Comestible

Calocère visqueuse.—Calocera viscosa.

Calocère visqueuse.—Calocera viscosa.

LesCalocerasont voisins desClavaria, dont ils diffèrent par leur consistance gélatineuse, visqueuse, cornée étant secs.

Ce sont des champignons aux couleurs vives, à réceptacle simple ou rameux, isolés ou cespiteux et poussant sur les arbres ou les bois décomposés.

LeCalocera viscosa, ouCalocera flammea, comme on le nomme aussi, est formé de rameaux plus ou moins nombreux, dressés, cylindriques ou un peu aplatis, un peu bifurqués au sommet. Toute la plante est jaune rougeâtre, plus foncée à la dessiccation.

Inférieurement, le champignon se prolonge en une racine tenace radicante. Nous le croyons comestible, mais il ne vaut pas les Clavaires, c’est en tous cas une petite espèce.

Auriculaire mésentérique.Auricularia mesenterica.

LesAuriculariafont partie des Trémellinées ou Auriculariées, du mot latinAuricula, oreille. Dans ces champignons, l’hyménium est quelque peu plissé, ridé, et les spores sont oblongues, courbées et assez grosses.

L’Auriculaire mésentérique, nommée aussi Auriculaire trémelloïde, vient sur les souches décomposées, qu’elle garnit de nombreux chapeaux d’abord adhérents, puis réfléchis, entiers, arrondis, gris brunâtre, zonés.

L’hyménium, qui se trouve à la partie inférieure, est d’un brun violacé, plissé, ridé.

—Planche 58—Sur les troncs—Été, automneCalocère visqueuseAuriculaire mésentériqueCalocera viscosa(bas)Auricularia mesenterica(haut)Non comestibles

—Planche 58—

Sur les troncs—Été, automne

Phallus puant.—Phallus impudicus.

Phallus puant.—Phallus impudicus.

Ce champignon, que les anciens naturalistes avaient nommé Morille puante, œuf du diable, se rencontre assez fréquemment dans les bois sablonneux.

Il se présente à l’origine comme une sorte d’œuf blanchâtre ou grisâtre. Ces œufs se montrent à moitié émergés du sol, ou même ils reposent tout à fait sur les débris ou le mycélium s’est implanté. A un moment donné, cet œuf se rompt irrégulièrement pour donner issue au champignon proprement dit, qui, dans l’espace de quelques heures, atteint tout son développement.

Il se présente alors sous la forme d’un pédicule long de 10 à 20 centimètres, cylindro-conique aux extrémités, fistuleux et complètement percé de nombreuses perforations qui lui donnent une très grande légèreté. Sa partie supérieure est garnie d’une sorte de coiffe munie d’alvéoles renfermant à leur intérieur une mucosité verdâtre et malodorante où se trouvent les spores. C’est cette matière que les insectes transportent inconsciemment dans d’autres endroits, qui contribue à propager l’espèce.

Bien qu’un tel champignon n’invite guère à le consommer, on assure qu’à l’état d’œuf, il a été mis en vente sur le marché d’Épernay.

On trouve dans les mêmes endroits lePhallus imperialis, sensiblement plus rare que le précédent; il a la volve rose, puis lePhallus caninus(Phallus de chien), beaucoup plus grêle dans toutes ses parties, avec la tête rose.

—Planche 59—Sur la terre des bois sablonneux—Été, automnePhallus puant—Phallus impudicusNon comestible

—Planche 59—

Sur la terre des bois sablonneux—Été, automne

Phallus puant—Phallus impudicus

Non comestible


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