IRE,Vostre Majesté peut avoir assez de cognoissance des descouvertures, faites pour son service de la nouvelle France (dicte Canada) par les escripts que certains Capitaines & Pilotes en ont fait, des voyages & descouvertures, qui y ont esté faites, depuis quatre vingts ans, mais ils n'ont rien rendu de si recommandable en vostre Royaume, ny si profitable pour le service de vostre Majesté & de ses subjects; comme peuvent estre les cartes des costes, havres, rivieres, & de la situation des lieux lesquelles seront representées par ce petit traicté, que je prens la hardiesse d'adresser à vostre Majesté, intitulé Journalier des voyages & descouvertures que j'ay faites avec le sieur de Mons, vostre Lieutenant, en la nouvelle France: & me voyant poussé d'une juste recognoissance de l'honneur que j'ay reçeu depuis dix ans, des commandements, tant de vostre Majesté, Sire, que du feu Roy, Henry le Grand, d'heureuse mémoire, qui me commanda de faire les recherches & descouvertures les plus exactes qu'il me seroit possible: Ce que j'ay fait avec les augmentations, representées par les cartes, contenues en ce petit livre, auquel il se trouvera uneiv/136remarque particulière des perils, qu'on pourrait encourir s'ils n'estoyent evitez: ce que les subjects de vostre Majesté, qu'il luy plaira employer cy aprés, pour la conservation desdictes descouvertures pourront eviter selon la cognoissance que leur en donneront les cartes contenues en ce traicté, qui servira d'exemplaire en vostre Royaume, pour servir à vostre Majesté, à l'augmentation de sa gloire, au bien de ses subjects, & à l'honneur du service tres-humble que doit à l'heureux accroissement de vos jours.
SIRE.
Vostre tres-humble, tres-obeissant& tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
v/137
ADAME,Entre tous les arts les plus utiles & excellens, celuy de naviguer m'a tousjours semblé tenir le premier lieu: Car d'autant plus qu'il est hazardeux & accompagné de mille périls & naufrages, d'autant plus aussi est-il estimé & relevé par dessus tous, n'estant aucunement convenable à ceux qui manquent de courage & asseurance. Par cet art nous avons la cognoissance de diverses terres, régions, & Royaumes. Par iceluy nous attirons & apportons en nos terres toutes sortes de richesses, par iceluy l'idolâtrie du Paganisme est renversé, & le Christianisme annoncé par tous les endroits de la terre. C'est cet art qui m'a dés mon bas aage attiré à l'aimer, & qui m'a provoqué à m'exposer presque toute ma vie aux ondes impetueuses de l'Océan, & qui m'a fait naviger & costoyer une partie des terres de l'Amérique & principalement de la Nouvelle France, où j'ay tousjours en desir d'y faire fleurir le Lys avec l'unique Religion Catholique, Apostolique & Romaine. Ce que je croy à present faire avec l'aide de Dieu, estant assisté de la faveur de vostre Majesté, laquelle je supplie tres-humblement de continuer à nous maintenir, afin que tout reussisse à l'honneurvi/138de Dieu, au bien de la France & splendeur de vostre Regne, pour la grandeur & prosperité duquel, je prierai Dieu, de vous assister tousjours de mille benedictions & demeureray.
MADAME,
Vostre tres-humble, tres-obeissant& tres-fidele serviteur & subject.
CHAMPLAIN.
vii/139
La France estant un jour à bon droit irritéeDe voir des estrangers l'audace tant vantée,Voulans comme ranger la mer à leur merci,Et rendre injustement Neptune tributaireEstant commun à tous; ardente de cholereAppella ses enfans, & les tançoit ainsi.
La France estant un jour à bon droit irritéeDe voir des estrangers l'audace tant vantée,Voulans comme ranger la mer à leur merci,Et rendre injustement Neptune tributaireEstant commun à tous; ardente de cholereAppella ses enfans, & les tançoit ainsi.
La France estant un jour à bon droit irritée
De voir des estrangers l'audace tant vantée,
Voulans comme ranger la mer à leur merci,
Et rendre injustement Neptune tributaire
Estant commun à tous; ardente de cholere
Appella ses enfans, & les tançoit ainsi.
Enfans, mon cher soucy, le doux soin de mon ame,Quoy? l'honneur qui espoint d'une si douce flamme,Ne touche point vos coeurs? Si l'honneur de mon nomRend le vostre pareil d'éternelle memoire,Si le bruit de mon los redonde à vostre gloire,Chers enfans, pouvés vous trahir vostre renom?
Enfans, mon cher soucy, le doux soin de mon ame,Quoy? l'honneur qui espoint d'une si douce flamme,Ne touche point vos coeurs? Si l'honneur de mon nomRend le vostre pareil d'éternelle memoire,Si le bruit de mon los redonde à vostre gloire,Chers enfans, pouvés vous trahir vostre renom?
Enfans, mon cher soucy, le doux soin de mon ame,
Quoy? l'honneur qui espoint d'une si douce flamme,
Ne touche point vos coeurs? Si l'honneur de mon nom
Rend le vostre pareil d'éternelle memoire,
Si le bruit de mon los redonde à vostre gloire,
Chers enfans, pouvés vous trahir vostre renom?
Je voy de l'estranger l'insolente arrogance,Entreprenant par trop, prendre la jouissanceDe ce grand Océan, qui languit aprés vous,Et pourquoy le desir d'une belle entrepriseVos coeurs comme autresfois n'espoinçonne & n'attise?Tousjours un brave coeur de l'honneur est jaloux.
Je voy de l'estranger l'insolente arrogance,Entreprenant par trop, prendre la jouissanceDe ce grand Océan, qui languit aprés vous,Et pourquoy le desir d'une belle entrepriseVos coeurs comme autresfois n'espoinçonne & n'attise?Tousjours un brave coeur de l'honneur est jaloux.
Je voy de l'estranger l'insolente arrogance,
Entreprenant par trop, prendre la jouissance
De ce grand Océan, qui languit aprés vous,
Et pourquoy le desir d'une belle entreprise
Vos coeurs comme autresfois n'espoinçonne & n'attise?
Tousjours un brave coeur de l'honneur est jaloux.
Apprenés qu'on a veu les Françoises arméesDe leur nombre couvrir les pleines Idumées,L'Afrique quelquefois a veu vos devanciers,L'Europe en a tremblé, & la fertile AsieEn a esté souvent d'effroy toute saisie,Ces peuples sont tesmoins de leurs actes guerriers.
Apprenés qu'on a veu les Françoises arméesDe leur nombre couvrir les pleines Idumées,L'Afrique quelquefois a veu vos devanciers,L'Europe en a tremblé, & la fertile AsieEn a esté souvent d'effroy toute saisie,Ces peuples sont tesmoins de leurs actes guerriers.
Apprenés qu'on a veu les Françoises armées
De leur nombre couvrir les pleines Idumées,
L'Afrique quelquefois a veu vos devanciers,
L'Europe en a tremblé, & la fertile Asie
En a esté souvent d'effroy toute saisie,
Ces peuples sont tesmoins de leurs actes guerriers.
viii/140
Ainsi moy vostre mere en armes si fécondeJ'ay fait trembler soubs moy les trois parts de ce monde.La quarte seulement mes armes n'a gousté.C'est ce monde nouveau dont l'Espagne rostie.Jalouse de mon los, seule se glorifie,Mon nom plus que le sien y doit estre planté.
Ainsi moy vostre mere en armes si fécondeJ'ay fait trembler soubs moy les trois parts de ce monde.La quarte seulement mes armes n'a gousté.C'est ce monde nouveau dont l'Espagne rostie.Jalouse de mon los, seule se glorifie,Mon nom plus que le sien y doit estre planté.
Ainsi moy vostre mere en armes si féconde
J'ay fait trembler soubs moy les trois parts de ce monde.
La quarte seulement mes armes n'a gousté.
C'est ce monde nouveau dont l'Espagne rostie.
Jalouse de mon los, seule se glorifie,
Mon nom plus que le sien y doit estre planté.
Peut estre direz vous que mon ventre vous donneCe que pour estre bien, Nature vous ordonne,Que vous avez le Ciel clément & gracieux,Que de chercher ailleurs se rendre à la fortune,Et plus se confier à une traistre Neptune,Ce seroit s'hazarder sans espoir d'avoir mieux.
Peut estre direz vous que mon ventre vous donneCe que pour estre bien, Nature vous ordonne,Que vous avez le Ciel clément & gracieux,Que de chercher ailleurs se rendre à la fortune,Et plus se confier à une traistre Neptune,Ce seroit s'hazarder sans espoir d'avoir mieux.
Peut estre direz vous que mon ventre vous donne
Ce que pour estre bien, Nature vous ordonne,
Que vous avez le Ciel clément & gracieux,
Que de chercher ailleurs se rendre à la fortune,
Et plus se confier à une traistre Neptune,
Ce seroit s'hazarder sans espoir d'avoir mieux.
Si les autres avoyent leurs terres cultivées,De fleuves & ruisseaux plaisamment abbreuvéesEt que l'air y fut doux: sans doute ils n'auroyent pasDans ce pays lointain porté leur renomméeQue foible on la verroit dans leurs murs enferméeMais pour vaincre la faim, on ne craint le trespas.
Si les autres avoyent leurs terres cultivées,De fleuves & ruisseaux plaisamment abbreuvéesEt que l'air y fut doux: sans doute ils n'auroyent pasDans ce pays lointain porté leur renomméeQue foible on la verroit dans leurs murs enferméeMais pour vaincre la faim, on ne craint le trespas.
Si les autres avoyent leurs terres cultivées,
De fleuves & ruisseaux plaisamment abbreuvées
Et que l'air y fut doux: sans doute ils n'auroyent pas
Dans ce pays lointain porté leur renommée
Que foible on la verroit dans leurs murs enfermée
Mais pour vaincre la faim, on ne craint le trespas.
Il est vray chers enfans, mais ne faites vous compteDe l'honneur, qui le temps & sa force surmonte?Qui seul peut faire vivre en immortalité?Ha! je sçay que luy seul vous plaist pour recompense,Allés donc courageux, ne souffrez, ceste offense,De souffrir tels affrons, ce ferait lascheté.
Il est vray chers enfans, mais ne faites vous compteDe l'honneur, qui le temps & sa force surmonte?Qui seul peut faire vivre en immortalité?Ha! je sçay que luy seul vous plaist pour recompense,Allés donc courageux, ne souffrez, ceste offense,De souffrir tels affrons, ce ferait lascheté.
Il est vray chers enfans, mais ne faites vous compte
De l'honneur, qui le temps & sa force surmonte?
Qui seul peut faire vivre en immortalité?
Ha! je sçay que luy seul vous plaist pour recompense,
Allés donc courageux, ne souffrez, ceste offense,
De souffrir tels affrons, ce ferait lascheté.
Je n'en sentirois pas la passion si forte,Si nature n'ouvroit à ce dessein la porte,Car puis qu'elle a voulu me bagner les costésDe deux si larges mers: c'est pour vous faire entendreQue guerriers il vous faut mes limites estendreEt rendre des deux parts les peuples surmontés.
Je n'en sentirois pas la passion si forte,Si nature n'ouvroit à ce dessein la porte,Car puis qu'elle a voulu me bagner les costésDe deux si larges mers: c'est pour vous faire entendreQue guerriers il vous faut mes limites estendreEt rendre des deux parts les peuples surmontés.
Je n'en sentirois pas la passion si forte,
Si nature n'ouvroit à ce dessein la porte,
Car puis qu'elle a voulu me bagner les costés
De deux si larges mers: c'est pour vous faire entendre
Que guerriers il vous faut mes limites estendre
Et rendre des deux parts les peuples surmontés.
ix/141
C'est trop, c'est trop long temps se priver de l'usage,D'un bien que par le Ciel vous eustes en partage,Allés donc courageux, faites bruire mon los,Que mes armes par vous en ce lieu soyent portéesRendés par la vertu les peines surmontéesL'honneur est tant plus grand que moindre est le repos.
C'est trop, c'est trop long temps se priver de l'usage,D'un bien que par le Ciel vous eustes en partage,Allés donc courageux, faites bruire mon los,Que mes armes par vous en ce lieu soyent portéesRendés par la vertu les peines surmontéesL'honneur est tant plus grand que moindre est le repos.
C'est trop, c'est trop long temps se priver de l'usage,
D'un bien que par le Ciel vous eustes en partage,
Allés donc courageux, faites bruire mon los,
Que mes armes par vous en ce lieu soyent portées
Rendés par la vertu les peines surmontées
L'honneur est tant plus grand que moindre est le repos.
Ainsi parla la France: & les uns approuverentSon discours, par les cris qu'au Ciel ils eslevèrent,D'autres faisoient semblant de louer son dessein,Mais nul ne s'efforçait de la rendre contente,Quand Champlain luy donna le fruit de son attente.Un coeur fort généreux ne peut rien faire en vain.
Ainsi parla la France: & les uns approuverentSon discours, par les cris qu'au Ciel ils eslevèrent,D'autres faisoient semblant de louer son dessein,Mais nul ne s'efforçait de la rendre contente,Quand Champlain luy donna le fruit de son attente.Un coeur fort généreux ne peut rien faire en vain.
Ainsi parla la France: & les uns approuverent
Son discours, par les cris qu'au Ciel ils eslevèrent,
D'autres faisoient semblant de louer son dessein,
Mais nul ne s'efforçait de la rendre contente,
Quand Champlain luy donna le fruit de son attente.
Un coeur fort généreux ne peut rien faire en vain.
Ce dessein qui portait tant de peines diverses,De dangers, de travaux, d'espines de traversés,Luy servit pour monstrer qu'une entière vertuPeut rompre tous efforts par sa perseveranceEmporter, vaincre tout: un coeur plein de vaillanceSe monstre tant plus grande plus il est combattu.
Ce dessein qui portait tant de peines diverses,De dangers, de travaux, d'espines de traversés,Luy servit pour monstrer qu'une entière vertuPeut rompre tous efforts par sa perseveranceEmporter, vaincre tout: un coeur plein de vaillanceSe monstre tant plus grande plus il est combattu.
Ce dessein qui portait tant de peines diverses,
De dangers, de travaux, d'espines de traversés,
Luy servit pour monstrer qu'une entière vertu
Peut rompre tous efforts par sa perseverance
Emporter, vaincre tout: un coeur plein de vaillance
Se monstre tant plus grande plus il est combattu.
François, chers compagnons, qu'un beau desir de gloireEspoinçonnant vos coeurs, rende vostre mémoireIllustrée à jamais; venez braves guerriers,Non non ce ne sont point des esperances vaines.Champlain a surmonté les dangers & les peines:Venés pour recueillir mille & mille lauriers.
François, chers compagnons, qu'un beau desir de gloireEspoinçonnant vos coeurs, rende vostre mémoireIllustrée à jamais; venez braves guerriers,Non non ce ne sont point des esperances vaines.Champlain a surmonté les dangers & les peines:Venés pour recueillir mille & mille lauriers.
François, chers compagnons, qu'un beau desir de gloire
Espoinçonnant vos coeurs, rende vostre mémoire
Illustrée à jamais; venez braves guerriers,
Non non ce ne sont point des esperances vaines.
Champlain a surmonté les dangers & les peines:
Venés pour recueillir mille & mille lauriers.
HENRY mon grand Henry à qui la destinéeImpiteuse a trop tost la carrière bornée,Si le Ciel t'eust laissé plus long temps icy bas,Tu nous eusses assemblé la France avec la Chine:Tu ne méritais moins que la ronde machine,Et l'eussions veu courber sous l'effort de ton bras.
HENRY mon grand Henry à qui la destinéeImpiteuse a trop tost la carrière bornée,Si le Ciel t'eust laissé plus long temps icy bas,Tu nous eusses assemblé la France avec la Chine:Tu ne méritais moins que la ronde machine,Et l'eussions veu courber sous l'effort de ton bras.
HENRY mon grand Henry à qui la destinée
Impiteuse a trop tost la carrière bornée,
Si le Ciel t'eust laissé plus long temps icy bas,
Tu nous eusses assemblé la France avec la Chine:
Tu ne méritais moins que la ronde machine,
Et l'eussions veu courber sous l'effort de ton bras.
x/142
Et toy sacré fleuron, digne fils d'un tel Prince,Qui luit comme un soleil aux yeux de ta Province,Le Ciel qui te reserve à un si haut dessein,Face un jour qu'arrivant l'effect de mon envie,Je verse en t'y servant & le sang, & la vie,Je ne quiers autre honneur si tel est mon destin.
Et toy sacré fleuron, digne fils d'un tel Prince,Qui luit comme un soleil aux yeux de ta Province,Le Ciel qui te reserve à un si haut dessein,Face un jour qu'arrivant l'effect de mon envie,Je verse en t'y servant & le sang, & la vie,Je ne quiers autre honneur si tel est mon destin.
Et toy sacré fleuron, digne fils d'un tel Prince,
Qui luit comme un soleil aux yeux de ta Province,
Le Ciel qui te reserve à un si haut dessein,
Face un jour qu'arrivant l'effect de mon envie,
Je verse en t'y servant & le sang, & la vie,
Je ne quiers autre honneur si tel est mon destin.
Tes armes ô mon Roy, ô mon grand Alexandre!Iront de tes vertus un bon odeur espandreAu couchant & levant. Champlain tout glorieuxD'un desir si hautain ayant l'ame eschaufféeAux fins de l'Océan plantera ton trophée,La grandeur d'un tel Roy doit voler jusqu'aux Cieux.L'ANGE Paris.
Tes armes ô mon Roy, ô mon grand Alexandre!Iront de tes vertus un bon odeur espandreAu couchant & levant. Champlain tout glorieuxD'un desir si hautain ayant l'ame eschaufféeAux fins de l'Océan plantera ton trophée,La grandeur d'un tel Roy doit voler jusqu'aux Cieux.L'ANGE Paris.
Tes armes ô mon Roy, ô mon grand Alexandre!
Iront de tes vertus un bon odeur espandre
Au couchant & levant. Champlain tout glorieux
D'un desir si hautain ayant l'ame eschauffée
Aux fins de l'Océan plantera ton trophée,
La grandeur d'un tel Roy doit voler jusqu'aux Cieux.
L'ANGE Paris.
xi/143
ODE.
Que desire tu voir encoreCurieuse témérité:Tu cognois l'un & l'autre More,En ton cours est-il limité?En quelle coste reculéeN'es-tu pas sans frayeur allée?Et ne sers tu pas de raison?Que l'ame est un feu qui nous pousse,Qui nous agite et se courouceD'estre en ce corps comme en prison?
Que desire tu voir encoreCurieuse témérité:Tu cognois l'un & l'autre More,En ton cours est-il limité?En quelle coste reculéeN'es-tu pas sans frayeur allée?Et ne sers tu pas de raison?Que l'ame est un feu qui nous pousse,Qui nous agite et se courouceD'estre en ce corps comme en prison?
Que desire tu voir encore
Curieuse témérité:
Tu cognois l'un & l'autre More,
En ton cours est-il limité?
En quelle coste reculée
N'es-tu pas sans frayeur allée?
Et ne sers tu pas de raison?
Que l'ame est un feu qui nous pousse,
Qui nous agite et se courouce
D'estre en ce corps comme en prison?
Tu ne trouves rien d'impossible,Et mesme le chemin des CieuxÀ peine reste inaccessibleA ton courage ambitieux.Encore un fugitif Dédale,Esbranlant son aisle inégaleEut l'audace d'en approcher,Et ce guerrier qui de la nueVid la jeune Andromede nuePreste à mourir sur le rocher.
Tu ne trouves rien d'impossible,Et mesme le chemin des CieuxÀ peine reste inaccessibleA ton courage ambitieux.Encore un fugitif Dédale,Esbranlant son aisle inégaleEut l'audace d'en approcher,Et ce guerrier qui de la nueVid la jeune Andromede nuePreste à mourir sur le rocher.
Tu ne trouves rien d'impossible,
Et mesme le chemin des Cieux
À peine reste inaccessible
A ton courage ambitieux.
Encore un fugitif Dédale,
Esbranlant son aisle inégale
Eut l'audace d'en approcher,
Et ce guerrier qui de la nue
Vid la jeune Andromede nue
Preste à mourir sur le rocher.
Que n'ay je leur aisle asseurée,Ou celle du vent plus léger,Ou celles des fils de BoréeOu l'Hippogriphe de Roger.Que ne puis-je par characteresParfums & magiques mysteresCourir l'un & l'autre Element.Et quand je voudrais l'entreprendreAussi-tost qu'un daimon me rendreAu bout du monde en un moment.
Que n'ay je leur aisle asseurée,Ou celle du vent plus léger,Ou celles des fils de BoréeOu l'Hippogriphe de Roger.Que ne puis-je par characteresParfums & magiques mysteresCourir l'un & l'autre Element.Et quand je voudrais l'entreprendreAussi-tost qu'un daimon me rendreAu bout du monde en un moment.
Que n'ay je leur aisle asseurée,
Ou celle du vent plus léger,
Ou celles des fils de Borée
Ou l'Hippogriphe de Roger.
Que ne puis-je par characteres
Parfums & magiques mysteres
Courir l'un & l'autre Element.
Et quand je voudrais l'entreprendre
Aussi-tost qu'un daimon me rendre
Au bout du monde en un moment.
xii/144
Non point qu'alors je me prometteD'aller au sejour eslevéQu'avec une longue lunetteOn a dans la lune trouvé;Ny d'apprendre si les lumièresD'esclairer au ciel coustumieres,Et qui sont nos biens & nos maux,D'humides vapeurs sont nourries,Comme icy bas dans les prairiesD'herbe on nourit les animaux.
Non point qu'alors je me prometteD'aller au sejour eslevéQu'avec une longue lunetteOn a dans la lune trouvé;Ny d'apprendre si les lumièresD'esclairer au ciel coustumieres,Et qui sont nos biens & nos maux,D'humides vapeurs sont nourries,Comme icy bas dans les prairiesD'herbe on nourit les animaux.
Non point qu'alors je me promette
D'aller au sejour eslevé
Qu'avec une longue lunette
On a dans la lune trouvé;
Ny d'apprendre si les lumières
D'esclairer au ciel coustumieres,
Et qui sont nos biens & nos maux,
D'humides vapeurs sont nourries,
Comme icy bas dans les prairies
D'herbe on nourit les animaux.
Mais pour aller en asseuranceVisiter ces peuples tous nudsQue la bien heureuse ignoranceEn long repos a maintenus.Telle estoit la gent fortunéeAu monde la première née,Quand le miel en ruisseaux fondoitAu sein de la terre fleurieEt telle se voit l'HetrurieLors que Saturne y commandoit.
Mais pour aller en asseuranceVisiter ces peuples tous nudsQue la bien heureuse ignoranceEn long repos a maintenus.Telle estoit la gent fortunéeAu monde la première née,Quand le miel en ruisseaux fondoitAu sein de la terre fleurieEt telle se voit l'HetrurieLors que Saturne y commandoit.
Mais pour aller en asseurance
Visiter ces peuples tous nuds
Que la bien heureuse ignorance
En long repos a maintenus.
Telle estoit la gent fortunée
Au monde la première née,
Quand le miel en ruisseaux fondoit
Au sein de la terre fleurie
Et telle se voit l'Hetrurie
Lors que Saturne y commandoit.
Quels honneurs & quelles louangesChamplain ne doit point esperer,Qui de ces grands pays estrangesNous a sçeu le plan figurerAyant neuf fois tenu la sondeEt porté dans ce nouveau mondeSon courage aveugle aux dangers,Sans craindre des vents les haleinesNy les monstrueuses BaleinesLe butin des Basques légers.
Quels honneurs & quelles louangesChamplain ne doit point esperer,Qui de ces grands pays estrangesNous a sçeu le plan figurerAyant neuf fois tenu la sondeEt porté dans ce nouveau mondeSon courage aveugle aux dangers,Sans craindre des vents les haleinesNy les monstrueuses BaleinesLe butin des Basques légers.
Quels honneurs & quelles louanges
Champlain ne doit point esperer,
Qui de ces grands pays estranges
Nous a sçeu le plan figurer
Ayant neuf fois tenu la sonde
Et porté dans ce nouveau monde
Son courage aveugle aux dangers,
Sans craindre des vents les haleines
Ny les monstrueuses Baleines
Le butin des Basques légers.
Esprit plus grand que la fortunePatient & laborieux.Tousjours soit propice NeptuneA tes voyages glorieux.Puisses tu d'aage en aage vivre,Par l'heureux effort de ton livre:Et que la mesme éternitéDonne tes chartes renomméesD'huile de cèdre perfuméesEn garde à l'immortalité.Motin.
Esprit plus grand que la fortunePatient & laborieux.Tousjours soit propice NeptuneA tes voyages glorieux.Puisses tu d'aage en aage vivre,Par l'heureux effort de ton livre:Et que la mesme éternitéDonne tes chartes renomméesD'huile de cèdre perfuméesEn garde à l'immortalité.Motin.
Esprit plus grand que la fortune
Patient & laborieux.
Tousjours soit propice Neptune
A tes voyages glorieux.
Puisses tu d'aage en aage vivre,
Par l'heureux effort de ton livre:
Et que la mesme éternité
Donne tes chartes renommées
D'huile de cèdre perfumées
En garde à l'immortalité.
Motin.
xiii/145
LIVRE PREMIER
Auquel sont descrites les descouvertures de la coste d'Acadie & de la Floride.
L'utilité du commerce a induit plusieurs Princes à recercher un chemin plus facile pour trafiquer avec les Orientaux. Plusieurs voyages qui n'ont point réussi. Resolution des François à cet effect. Entreprise du sieur de Mons. Sa commission, & revocation d'icelle. Nouvelle commission au mesme sieur de Mons.Chap. I.
Description de l'isle de Sable: Du Cap Breton, de la Heve: Du port au Mouton: Du port du cap Negre: Du cap & Baye de Sable: De l'isle aux Cormorans: Du cap Fourchu: De l'isle longue: De la baye saincte Marie: Du port saincte Marguerite, & de toutes les choses remarquables qui sont le long de ceste coste.Chap. II.
Description du port Royal & des particularitez d'iceluy. De l'isle haute. Du port aux Misnes. De la grande baye Françoise. De la riviere sainct Jean, & ce que nous avons remarqué depuis le port aux Misnes jusques à icelle. De l'isle appellée par les Sauvages Methane. De la riviere des Etechemins & de plusieurs belles isles qui y sont. De l'isle de saincte Croix, & autres choses remarquables d'icelle coste.Chap. III.
Le sieur de Mons ne trouvant point de lieu plus propre pour faire une demeure arrestée, que l'isle de saincte Croix, la fortifie & y fait des logemens. Retour des vaisseaux en France, & de Ralleau Secrétaire d'iceluy sieur de Mons, pour mettre ordre à quelques affaires.Chap. IV.
De la coste, peuples & rivieres de Norembeque, & de tout ce qui s'est passé durant les descouvertures d'icelle.Chap. V.
Du mal de terre, fort cruelle maladie. A quoy les hommes & femmes Sauvages passent le temps durant l'hyver: & tout ce qui se passe en l'habitation durant l'hyvernement.Chap. VI.
Descouvertures de la coste des Almouchiquois, jusques au 42e degré de latitude: & des particularités de ce voyage.Chap. VII.
Continuation des descouvertures de la coste des Almouchiquois, & de ce que nous y avons remarqué de particulier.Chap. VIII.
Retour des descouvertures de la coste des Almouchiquois.Chap. IX.
L'habitation qui estoit en l'isle de saincte Croix transportée au port Royal, & pourquoy.Chap. X.
Ce qui se passa depuis le partement du sieur de Mons, jusques à ce que voyant qu'on n'avoit point nouvelles de ce qu'il avoit promis, on partit du port Royal pour retourner en France.Chap. XI.
Partement du Port Royal, pour retourner en France. Rencontre de Ralleau au cap de Sable, qui fit rebrousser chemin.Chap. XII.
Le sieur de Poitrincourt part du port Royal, pour faire des descouvertures. Tout ce que l'on y vit, & ce qui y arriva jusques à Malebarre.Chap. XIII.
Continuation des susdites descouvertures, & ce qui y fut remarqué de singulier.Chap. XIV.
L'incommodité du temps, ne permettant pour lors, de faire d'avantage de descouvertures, nous fit resoudre de retourner en l'habitation: & ce qui nous arriva jusques à icelle.Chap. XV.
xiv/146Retour des susdites descouvertures & ce qui se passa durant l'hyvernement.Chap. XVI.
Habitation abandonnée. Retour en France du sieur de Poitrincourt & de tous tes gens.Chap. XVII.
LIVRE SECOND
Auquel sont descrits les voyages faits au grand fleuve sainct Laurens, far le sieur de Champlain.
Resolution du sieur de Mons, pour faire les descouvertures par dedans les terres: sa commission & enfrainte d'icelle, par des Basques, qui desarmerent le vaisseau de Pont-gravé; & l'accord qu'ils firent après entre eux.Chap. I.
De la riviere de Saguenay, & des Sauvages, qui nous y vindrent abborder. De l'isle d'Orléans, & de tout ce que nous y avons remarqué de singulier.Chap. II.
Arrivée à Québec, où nous fismes nos logemens. Sa situation. Conspiration contre le service du Roy, & ma vie, par aucuns de nos gens. La punition qui en fut faite, & tout ce qui se passa en cet affaire.Chap. III.
Retour du Pont-gravé en France. Description de nostre logement, & du lieu où sejourna Jaques Quartier en l'an 1535.Chap. IV.
Semences & vignes plantées à Québec. Commencement de l'yver & des glaces. Extresme necessité de certains sauvages.Chap. V.
Maladie de la terre à Québec. Le suject de l'hyvernement. Description dudit lieu. Arrivée du sieur de Marais, gendre de Pont-gravé, audit QuébecChap. VI.
Partement de Québec jusques à l'isle saincte Esloy, & de la rencontre que j'y fis des sauvages Algoumequins, & Ochatequins.Chap. VII.
Retour à Québec: & depuis continuation avec les sauvages jusques au saut de la riviere des Yroquois.Chap. VIII.
Partement du saut de la riviere des Yroquois. Description d'un grand lac. De la rencontre des ennemis que nous fismes audit lac, & de la façon & conduite qu'ils usent en allant attaquer les Yroquois.Chap. IX.
Retour de la Bataille & ce qui se passa par le chemin.Chap. X.
Retour en France & ce qui se passa jusques au rembarquement.Chap. XI.
SECOND VOYAGE DU SIEUR de Champlain.
Partement de France pour retourner en la nouvelle France: & ce qui se passa jusques à nostre arrivée en l'habitation.Chap. I.
Partement de Québec pour aller assister nos sauvages alliez à la guerre contre les Yroquois leurs ennemis & tout ce qui se passa jusques à nostre retour en l'habitation.Chap. II.
Retour en France. Rencontre d'une Baleine & de la façon qu'on les prentChap. III.
xv/147
LE TROISIESME VOYAGE DU sieur de Champlain en l'année 1611.
Partement de France pour retourner en la Nouvelle France. Les dangers & autres choses qui arriverent jusques en l'habitation.Chap. I.
Descente à Quebec pour faire raccommoder la barque. Partement dudit Quebecq pour aller au saut trouver les sauvages & recognoistre un lieu propre pour une habitation.Chap. II.
Deux cens sauvages rameinent le François qu'on leur avoit baillé, & remmenèrent leur sauvage qui estoit retourné de France. Plusieurs discours de part & d'autre.Chap. III.
Arrivée à la Rochelle. Association rompue entre le sieur de Mons & ses associés les sieurs Colier & le gendre de Rouen. Envie des François touchant les nouvelles descouvertures de la nouvelle France.Chap. IV.
Intelligence des deux cartes Geografiques de la nouvelle France.
xvi/148Plus est adjouté le voyage à la petite carte du destroit qu'ont trouvé les Anglois au dessus de Labrador depuis le 53e degré de latitude, jusques au 63e qu'ils ont descouvert en ceste presente année 1612. pour trouver un passage d'aller à la Chine par le Nort, s'il leur est possible: & ont hyverné au lieu où est ceste marque, Q. Ce ne fut pas sans avoir beaucoup enduré de froidures, & furent contraincts de retourner en Angleterre: ayans laissé leur chef dans les terres du Nort, & depuis six mois, trois autres vaisseaux sont partis pour pénétrer plus avant, s'ils peuvent, & par mesmes moyens voir s'ils trouveront les hommes qui ont esté delaissez audict pays.
ar lettres patentes du Roy données à Paris, le 9 de janvier, 1613. & de nostre règne le 3, par le Roy en son conseil PERREAU: & scellées en cire jaune sur simple queue, il est permis à JEAN BERJON, Imprimeur & Libraire en ceste ville de Paris, imprimer ou faire imprimer par qui bon luy semblera un livre intitulé.Les Voyages de Samuel de Champlain Xainctongeois, Capitaine ordinaire pour le Roy en la Marine, etc.pour le temps & terme de six ans entiers & consecutifs à commencer du jour que ledit livre aura esté achevé d'imprimer, jusques audit temps de six ans. Estant semblablement fait deffenses par les mesmes lettres, à tous Imprimeurs, marchans Libraires, & autres quelconques, d'imprimer, ou faire imprimer, vendre ou distribuer ledit livre durant ledit temps, sans l'exprès contentement dudit BERJON, ou de celuy à qui il en aura donné permission, sur peine de confiscation desdicts livres la part qu'ils seront trouvez, & d'amende arbitraire, comme plus à plein est déclaré esdictes lettres.
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OU JOURNAL TRES-FIDELE DES OBSERVATIONS faites és descouvertures de la nouvelle France: tant en la description des terres, costes, rivieres, ports, havres, leurs hauteurs, & plusieurs declinaisons de la guide-aymant; qu'en la créance des peuples, leurs superstitions, façon de vivre & de guerroyer: enrichi de quantité de figures.
Ensemble deux cartes géographiques: la première servant à la navigation, dressée selon les compas qui nordestent, sur lesquels les mariniers navigent: l'autre en son vray Méridien, avec ses longitudes & latitudes: à laquelle est adjousté le voyage du destroict qu'ont trouvé les Anglois, au dessus de Labrador, depuis le 53e. degré de latitude, jusques au 63e en l'an 1612. cerchans un chemin par le Nord, pour aller à la Chine.
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L'utilité du commerce a induit plusieurs Princes à rechercher un chemin plus facile pour trafiquer avec les Orientaux. Plusieurs voyages qui n'ont pas reussy. Resolution des François à cet effect. Entreprise du sieur de Mons: sa commission, revocation d'icelle. Nouvelle commission au mesme sieur de Mons pour continuer son entreprise.
elon la diversité des humeurs les inclinations sont différentes: & chacun en sa vacation a une fin particuliere. Les uns tirent au proffit, les autres à la gloire, & aucuns au bien public. Le plus grand est au commerce, & principalement celuy qui se faict sur la mer. De là vient le grand soulagement du peuple, l'opulence & l'ornement des republiques. C'est ce qui a eslevé l'ancienne Rome à la Seigneurie & domination de tout le monde. Les Vénitiens à une grandeur esgale à celle des puissans Roys. De tout temps il a fait foisonner en richesses les villes maritimes, dont Alexandrie & Tyr sont si célèbres: & une infinité d'autres, lesquelles remplissent le profond des terres aprés que les nations estrangeres leur ont envoyé ce qu'elles ont de beau & de singulier. C'est pourquoy plusieurs Princes se sont efforcez de trouver par le Nort, le chemin de la Chine, afin de faciliter le commerce avec les Orientaux, esperans que ceste route seroit plus brieve & moins perilleuse.
En l'an 1496, le Roy d'Angleterre commit à ceste recherche Jean Chabot1& Sebastien son fils. Environ le mesme temps Dom Emanuel Roy de Portugal y envoya Gaspar Cortereal, qui retourna sans avoir trouvé ce qu'il pretendoit: & l'année d'après reprenant les mesmes erres, ils mourut en l'entreprise, comme fit Michel son frère qui la continuoit obstinément. Es années 1534. & 1535, Jacques Quartier2eut pareille commission du3/151Roy François I, mais il fut arresté en sa course. Six ans après le sieur de Roberval l'ayant renouvelée, envoya Jean Alfonce Xaintongeois plus au Nort le long de la coste de Labrador, qui en revint aussi sçavant que les autres. Es années 1576, 1577 & 1578 Messire Martin Forbicher3Anglois fit trois voyages suivant les costes du Nort. Sept ans après Hunfrey Gilbert4aussi Anglois partit avec cinq navires, & s'en alla perdre sur l'isle de Sable, où demeurèrent trois de ses vaisseaux. En la mesme année5, & és deux suivantes Jean Davis Anglois fit trois voyages pour mesme subject, & pénétra soubs les 72 degrez, & ne passa pas un destroit qui est appelé aujourdhui de son nom. Et depuis luy le Capitaine Georges en fit aussi un en l'an 1590, qui fut contraint à cause des glaces, de retourner sans avoir rien descouvert. Quant aux Holandois ils n'en ont pas eu plus certaine cognoissance à la nouvelle Zemble.
Note 1:(retour)La commission fut donnée nommément à Jean Cabot et à ses fils Louis, Sébastien et Sanche, et à leurs héritiers et ayans cause: «Dilectis nobis Ioanni Caboto, civi Venetiarum, Ludovico, Sebastiano & Sancio filiis dicti Ioannis, & eorum ac cujuslibet eorum haeredibus ac deputatis...» (Mémoires des Commissaires, t. II, p. 409). Cette commission est datée du 5 mars de la onzième année du règne de Henri VII. Or Henri fut couronné le 30 octobre 1485. La commission est donc du 5 mars 1496, suivant le style nouveau, et 1495 suivant l'ancien style, Pâques tombant cette année le 1er avril.
Note 1:(retour)
La commission fut donnée nommément à Jean Cabot et à ses fils Louis, Sébastien et Sanche, et à leurs héritiers et ayans cause: «Dilectis nobis Ioanni Caboto, civi Venetiarum, Ludovico, Sebastiano & Sancio filiis dicti Ioannis, & eorum ac cujuslibet eorum haeredibus ac deputatis...» (Mémoires des Commissaires, t. II, p. 409). Cette commission est datée du 5 mars de la onzième année du règne de Henri VII. Or Henri fut couronné le 30 octobre 1485. La commission est donc du 5 mars 1496, suivant le style nouveau, et 1495 suivant l'ancien style, Pâques tombant cette année le 1er avril.
Note 2:(retour)L'auteur, dans la relation de son voyage de 1603, écrit Jacques Cartier. Il semble que, dans celle-ci, il ait adopté l'orthographe de Lescarbot; cependant le capitaine malouin signait Cartier, comme en font foi les registres de Saint-Malo.
Note 2:(retour)
L'auteur, dans la relation de son voyage de 1603, écrit Jacques Cartier. Il semble que, dans celle-ci, il ait adopté l'orthographe de Lescarbot; cependant le capitaine malouin signait Cartier, comme en font foi les registres de Saint-Malo.
Note 3:(retour)Sir Martin Frobisher, natif de Doncaster, dans le comté d'York. On peut voir la relation de ses voyages dans Hakluyt, tome III, et la traduction française dans lesVoyages au Nord.
Note 3:(retour)
Sir Martin Frobisher, natif de Doncaster, dans le comté d'York. On peut voir la relation de ses voyages dans Hakluyt, tome III, et la traduction française dans lesVoyages au Nord.
Note 4:(retour)Sir Humphrey Gilbert obtint une commission de la reine d'Angleterre, dès l'année 1578. Mais le premier voyage qu'il entreprit cette année manqua complètement, tant par la désertion d'un grand nombre de ses associés, que par suite d'une violente tempête, qui le força de retourner en Angleterre. En vertu de la même commission, il réalisa enfin, cinq ans plus tard (1583), un voyage aux côtes de l'Amérique, où il périt lui et tous ses compagnons.
Note 4:(retour)
Sir Humphrey Gilbert obtint une commission de la reine d'Angleterre, dès l'année 1578. Mais le premier voyage qu'il entreprit cette année manqua complètement, tant par la désertion d'un grand nombre de ses associés, que par suite d'une violente tempête, qui le força de retourner en Angleterre. En vertu de la même commission, il réalisa enfin, cinq ans plus tard (1583), un voyage aux côtes de l'Amérique, où il périt lui et tous ses compagnons.
Note 5:(retour)Le premier voyage de Davis eut lieu en 1585.
Note 5:(retour)
Le premier voyage de Davis eut lieu en 1585.
Tant de navigations & descouvertures vainement entreprises avec beaucoup de travaux & despences, ont fait resoudre noz François en ces dernières années, à essayer de faire une demeure arrestée és terres que nous disons la Nouvelle France, esperans parvenir plus facilement à la perfection de ceste entreprise,4/152la Navigation commençeant en la terre d'outre l'Océan, le long de laquelle se fait la recherche du passage desiré: Ce qui avoit meu le Marquis de la Roche en l'an 1598,6de prendre commission du Roy pour habiter ladite terre. A cet effect il deschargea des hommes & munitions en l'Isle de Sable: mais les conditions qui luy avoient esté accordées par sa Majesté lui ayant esté déniées, il fut contraint de quitter son entreprise, & laisser là ses gens. Un an aprez le Capitaine Chauvin en prit une autre pour y conduire d'autres hommes: & peu aprez estant aussi revocquée7, il ne poursuit pas davantage.
Aprez ceux cy8, nonobstant toutes ces variations & incertitudes, le sieur de Mons voulut tenter une chose desesperée: & en demanda commission à sa Majesté: recognoissant que ce qui avoit ruiné les entreprinses précédentes, estait faute d'avoir assisté les entrepreneurs, qui, en un an, ny5/153deux, n'ont peu recognoistre les terres & les peuples qui y sont: ny trouver des ports propres à une habitation. Il proposa à sa Majesté un moyen pour supporter ces frais sans rien tirer des deniers Royaux, asçavoir, de lui octroyer privativement à tous autres la traitte de peleterie d'icelle terre. Ce que luy ayant esté accordé, il se mit en grande & excessive despence: & mena avec luy bon nombre d'hommes de diverses conditions: & y fit bastir des logemens necessaires pour ses gens: laquelle despence il continua trois années consecutives, aprez lesquelles, par l'envie & importunité de certains marchans Basques & Bretons, ce qui luy avoit esté octroyé, fut revocqué par le Conseil, au grand prejudice d'iceluy sieur de Mons: lequel par telle revocation fut contraint d'abbandonner tout, avec perte de ses travaux & de tous les utensilles dont il avoit garny son habitation.
Note 6:(retour)«Lescarbot et Champlain,» dit M. Ferland, en parlant de l'entreprise du marquis de la Roche (Cours d'Histoire du Canada, I, p. 60), «tenaient leurs renseignements du sieur de Poutrincourt. Nous préférons suivre Bergeron, qui écrivait vers le même temps, parce que la vérité de son récit est confirmée par une notice sur le marquis de La Roche, insérée dans la Biographie Générale des Hommes Illustres de la Bretagne.» Voici ce que dit Bergeron à ce sujet: «Le Marquis de la Roche donc étant allé, suivant sa première commission» (1578), «dés le temps de Henri III, en l'ile de Sable, & voulant découvrir davantage, il fut rejeté par la violence du vent en moins de douze jours jusqu'en Bretagne, où il fut retenu prisonnier cinq ans» (ou plus de sept, suivant M. Pol de Courcy) «par le duc de Mercoeur. Cependant les gens qu'il avoit laissé en l'île de Sable, ne vécurent tout ce temps-là que de pèche, & de quelques vaches & autres bêtes provenant de celles que dés l'an 1518 le baron de Lery y avoit laissées. Enfin le marquis étant délivré de prison, comme il eut conté au Roy son adventure, le piloteChef-d'hoteleut commandement allant aux terres neuves, de recueillir ces pauvres gens; ce qu'il fit, & n'en trouva que douze de reste, qu'il ramena en France. Mais le Marquis aiant obtenu sa seconde commission» (1598) «ne peut continuer ces voyages, prévenu de mort bientôt après.» (Traité de la Navigation, ch. XX.)
Note 6:(retour)
«Lescarbot et Champlain,» dit M. Ferland, en parlant de l'entreprise du marquis de la Roche (Cours d'Histoire du Canada, I, p. 60), «tenaient leurs renseignements du sieur de Poutrincourt. Nous préférons suivre Bergeron, qui écrivait vers le même temps, parce que la vérité de son récit est confirmée par une notice sur le marquis de La Roche, insérée dans la Biographie Générale des Hommes Illustres de la Bretagne.» Voici ce que dit Bergeron à ce sujet: «Le Marquis de la Roche donc étant allé, suivant sa première commission» (1578), «dés le temps de Henri III, en l'ile de Sable, & voulant découvrir davantage, il fut rejeté par la violence du vent en moins de douze jours jusqu'en Bretagne, où il fut retenu prisonnier cinq ans» (ou plus de sept, suivant M. Pol de Courcy) «par le duc de Mercoeur. Cependant les gens qu'il avoit laissé en l'île de Sable, ne vécurent tout ce temps-là que de pèche, & de quelques vaches & autres bêtes provenant de celles que dés l'an 1518 le baron de Lery y avoit laissées. Enfin le marquis étant délivré de prison, comme il eut conté au Roy son adventure, le piloteChef-d'hoteleut commandement allant aux terres neuves, de recueillir ces pauvres gens; ce qu'il fit, & n'en trouva que douze de reste, qu'il ramena en France. Mais le Marquis aiant obtenu sa seconde commission» (1598) «ne peut continuer ces voyages, prévenu de mort bientôt après.» (Traité de la Navigation, ch. XX.)
Note 7:(retour)Suivant l'édition de 1632, le sieur Chauvin fit de suite un second voyage, «qui fut aussi fructueux que le premier. Il en veut faire un troisiesme mieux ordonné; mais il n'y demeure longtemps sans estre saisi de maladie, qui l'envoya en l'autre monde.» (Première partie, ch, VI.)
Note 7:(retour)
Suivant l'édition de 1632, le sieur Chauvin fit de suite un second voyage, «qui fut aussi fructueux que le premier. Il en veut faire un troisiesme mieux ordonné; mais il n'y demeure longtemps sans estre saisi de maladie, qui l'envoya en l'autre monde.» (Première partie, ch, VI.)
Note 8:(retour)En 1603, après la mort du commandeur de Chastes.
Note 8:(retour)
En 1603, après la mort du commandeur de Chastes.
Mais comme il eut fait raport au Roy de la fertilité de la terre; & moy du moyen de trouver le passage de la Chine9, sans les incommoditez des glaces du Nort, ny les ardeurs de la Zone torride, soubs laquelle nos mariniers passent deux fois en allant & deux fois en retournant, avec des travaux & périls incroyables, sa Majesté commanda10au sieur de Mons de faire nouvel équipage & renvoyer des hommes pour continuer ce qu'il avoit commencé. Il le fit. Et pour l'incertitude de sa commission il changea de lieu, afin d'oster aux envieux6/154l'ombrage qu'il leur avoit apporté; meu aussi de l'esperance d'avoir plus d'utilité au dedans des terres où les peuples sont civilisez, & est plus facile de planter la foy Chrestienne & establir un ordre comme il est necessaire pour la conservation d'un païs, que le long des rives de la mer, où habitent ordinairement les sauvages: & ainsi faire que le Roy en puisse tirer un proffit inestimable: Car il est aisé à croire que les peuples de l'Europe rechercheront plustost cette facilité que non pas les humeurs envieuses & farouches qui suivent les costes & les barbares.
Note 9:(retour)L'auteur, à cette époque, n'avait encore «sur la fin de la grande riviere de Canada» que les renseignements qu'il avait pu obtenir de quelques sauvages.
Note 9:(retour)
L'auteur, à cette époque, n'avait encore «sur la fin de la grande riviere de Canada» que les renseignements qu'il avait pu obtenir de quelques sauvages.
Note 10:(retour)Il s'agit ici de la commission de 1608.
Note 10:(retour)
Il s'agit ici de la commission de 1608.
Description de l'isle de Sable: Du Cap Breton; De la Héve; Du port au Mouton; Du port du Cap Negre: Du cap & baye de Sable: De l'isle aux Cormorans: Du cap Fourchu: De l'isle Longue: De la baye saincte Marie: Du port de saincte Marguerite: & de toutes les choses remarcables qui sont le long de cette coste.
Le sieur de Mons, en vertu de sa commission11, ayant par tous les ports & havres de ce Royaume fait publier les defences de la traitte de pelleterie à luy accordée par sa Majesté,7/155amassa environ 120 artisans, qu'il fit embarquer12en deux vaisseaux: l'un du port de 120 tonneaux, dans lequel commandoit le sieur de Pont-gravé: & l'autre de 150, où il se mit avec plusieurs gentilshommes.
Note 11:(retour)Cette première commission de M. de Mons est du 8 novembre 1603. Elle est citée par Lescarbot, liv. IV, ch. I.
Note 11:(retour)
Cette première commission de M. de Mons est du 8 novembre 1603. Elle est citée par Lescarbot, liv. IV, ch. I.
Note 12:(retour)Lescarbot donne, sur cet embarquement, quelques détails de plus: «Le sieur de Monts,» dit-il, liv. IV, ch. II, «fit équipper deux navires, l'un souz la conduite du Capitaine Timothée du Havre de Grâce, l'autre du Capitaine Morel de Honfleur. Dans le premier il se mit avec bon nombre de gens de qualité tant gentils-hommes qu'autres... Et le sieur de Poutrincourt s'embarqua avec ledit sieur de Monts, & quant & lui fit porter quantité d'armes & munitions de guerre.»
Note 12:(retour)
Lescarbot donne, sur cet embarquement, quelques détails de plus: «Le sieur de Monts,» dit-il, liv. IV, ch. II, «fit équipper deux navires, l'un souz la conduite du Capitaine Timothée du Havre de Grâce, l'autre du Capitaine Morel de Honfleur. Dans le premier il se mit avec bon nombre de gens de qualité tant gentils-hommes qu'autres... Et le sieur de Poutrincourt s'embarqua avec ledit sieur de Monts, & quant & lui fit porter quantité d'armes & munitions de guerre.»
Le septiesme d'Avril mil six cens quatre, nous partismes du Havre de grace, & Pont-gravé le 10, qui avoit le rendes-vous à Canceau1320 lieues du cap Breton14. Mais comme nous fusmes en pleine mer le sieur de Mons changea d'advis & prit sa route vers le port au Mouton, à cause qu'il est plus au midy, & aussi plus commode pour aborder, que non pas Canceau.
Note 13:(retour)Ce mot, que les Anglois écriventCanso, est d'origine sauvage, suivant Lescarbot.
Note 13:(retour)
Ce mot, que les Anglois écriventCanso, est d'origine sauvage, suivant Lescarbot.
Note 14:(retour)Il s'agit ici du cap qui a donné son nom à l'île du Cap-Breton, «En cette terre,» dit Thévet (Grand Insulaire), «il y a une province nommée Campestre de Berge, qui tire au Sud-Est: en ceste province gist à l'est le cap ou promontoire de Lorraine, ainsi par nous nommé; & autres lui ont donné le nom deCap des Bretons, à cause que c'est là que les Bretons, Biscains & Normands vont & costoyent allans en terre-neuve pour pescher des moluës.»
Note 14:(retour)
Il s'agit ici du cap qui a donné son nom à l'île du Cap-Breton, «En cette terre,» dit Thévet (Grand Insulaire), «il y a une province nommée Campestre de Berge, qui tire au Sud-Est: en ceste province gist à l'est le cap ou promontoire de Lorraine, ainsi par nous nommé; & autres lui ont donné le nom deCap des Bretons, à cause que c'est là que les Bretons, Biscains & Normands vont & costoyent allans en terre-neuve pour pescher des moluës.»
Le premier de May nous eusmes cognoissance de l'isle de Sable, où nous courusmes risque d'estre perduz par la faute de nos pilotes qui s'estoient trompez en l'estime qu'ils firent plus de l'avant que nous n'estions de 40 lieues.
Ceste isle est esloignée de la terre du cap Breton de 30 lieues, nort & su, & contient environ 15 lieues. Il y a un petit lac. L'isle est fort sablonneuse & ny a point de bois de haute futaie, se ne sont que taillis & herbages que pasturent des boeufz & des vaches que les Portugais y portèrent il y a plus de 60 ans, qui servirent beaucoup aux gens du Marquis de la Roche: qui en plusieurs années qu'ils y sejournerent prirent grande quantité de fort beaux renards noirs, dont ils conserverent bien soigneusesment les peaux. Il y a force loups8/156marins de la peau desquels ils s'abillerent ayans tout discipé leurs vestemens. Par ordonnance de la Cour de Parlement de Rouan il y fut envoié un vaisseau pour les requérir: les conducteurs firent la pèche de mollues en lieu proche de ceste isle qui est toute batturiere és environs.
Le 8 du mesme mois nous eusmes cognoissance du Cap de la Héve, à l'est duquel il y a une Baye15où sont plusieurs Isles couvertes de sapins; & à la grande terre de chesnes, ormeaux & bouleaux. Il est joignant la coste d'Accadie par les 44 degrez & cinq minutes de latitude, & 16 degrez 15 minutes de declinaison de la guide-aimant, distant à l'est nordest du Cap Breton 85 lieues, dont nous parlerons cy aprez.
Note 15:(retour)Cette baie est formée par l'embouchure de la rivière de La Hève.
Note 15:(retour)
Cette baie est formée par l'embouchure de la rivière de La Hève.
Le 12 de May nous entrasmes dans un autre port, à 5 lieues du cap de la Héve, où nous primes un vaisseau qui faisoit traitte de peleterie contre les defences du Roy. Le chef s'appeloit Rossignol,16dont le nom en demeura au port, qui est par les 44 degrez & un quart de latitude.
Note 16:(retour)Le port Rossignol porte aujourd'hui le nom de Liverpool.
Note 16:(retour)
Le port Rossignol porte aujourd'hui le nom de Liverpool.
Le 13 de May nous arrivasmes à un très-beau port, où il y a deux petites rivieres, appelé le port au Mouton17, qui est à sept lieues de celuy du Rossignol. Le terroir est fort pierreux, rempli de taillis & bruyères. Il y a grand nombre de lappins, & quantité de gibier à cause des estangs qui y sont. Aussi tost que nous fusmes desembarquez, chacun commença à9/157faire des cabannes selon sa fantaisie, sur une pointe à l'entrée du port auprès de deux estangs d'eau douce. Le sieur de Mons en mesme temps depescha une chalouppe, dans laquelle il envoya avec des lettres un des nostres, guidé d'aucuns sauvages, le long de la coste d'Accadie, chercher Pont-gravé, qui avoit une partie des commoditez necessaires pour nostre hyvernement. Il le trouva à la Baye de Toutes-isles fort en peine de nous (car il ne sçavoit point qu'on eut changé d'advis) & luy presenta ses lettres. Incontinent qu'il les eut leuës, il s'en retourna vers son navire à Canceau, où il saisit quelques vaisseaux Basques qui faisoyent traitte de pelleterie, nonobstant les defences de sa Majesté; & en envoya les chefs au sieur de Mons: Lequel ce pendant me donna la charge d'aller recognoistre la coste, & les ports propres pour la seureté de nostre vaisseau.
Note 17:(retour)Lequel ils appelèrent ainsi, dit Lescarbot, «à l'occasion d'un mouton qui s'étant noyé revint à bord, & fut mangé de bonne guerre.» Il n'est qu'à trois petites lieues du port du Rossignol.
Note 17:(retour)
Lequel ils appelèrent ainsi, dit Lescarbot, «à l'occasion d'un mouton qui s'étant noyé revint à bord, & fut mangé de bonne guerre.» Il n'est qu'à trois petites lieues du port du Rossignol.
156b
Port de la Haie