Chapter 37

C’est fini : plus d’illusions nouvelles, ni de mystères charmeurs, ni de bonheur dans l’avenir… Il n’y a que la paix des doutes justifiés et réalisés, la brume du désespoir dans mon cœur meurtri. Combien peu j’ai vécu et combien j’ai souffert ! L’espérance lumineuse, la jeunesse, le bonheur, tout est fini… j’en ai fait mon deuil… tout est enterré et ne ressuscitera plus !

J’ai cru à la fraternité des hommes, mais au jour noir de l’infortune, je n’ai pu distinguer mes frères de mes ennemis. Je désirais pour les hommes la vérité et la liberté… mais le monde est resté le même monde d’esclaves imbéciles. Par la flamme et la vérité de mes discours accusateurs je rêvais de lutter sans trêve contre le mal… Mais dans le temple de la vérité, dans le temple sacré de la pensée, je ne trouve que l’orgie des hypocrites.

L’amour pour un instant, l’amour jeu et distraction dans l’ennui, l’amour, ivresse du sang et nom de l’âme, l’amour — cauchemar de malade, non, je ne regrette pas cet amour-là !

Ce n’est pas lui que je rêvais en mes nuits d’insomnie… Non, c’était l’amour pur et vrai dont l’image sublime me hantait !

Pauvre comme une mendiante, menteuse comme une esclave, vêtue de loques éclatantes, la vie n’est belle que de loin et n’attire que vue de loin.

Mais, dès que tu y prêtes attention, dès que tu la rencontres face à face, tu en comprends le mensonge… Tu vois que sa majesté n’est qu’illusion sous ses fausses dorures et que sa beauté est artificielle comme celle d’une prostituée fardée…


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