M. Amédée Tissot écrivait sous la Restauration. C'était un esprit fécond, original et hardi, qui a exercé sur tous les sujets son imagination inépuisable. La peine de mort, le jury, la télégraphie, le journalisme, les chambres, la littérature, la poésie, les arts, la police et la politique, ont tour à tour ou en même temps attiré ses méditations, et il a semé dans toutes les voies des aperçus où, au milieu de bon nombre de témérités et d'extravagances, les idées ingénieuses ne manquent pas. Il a inventé le polydrame, les vers de quatorze syllabes, laSociété des gouvernements légitimes, réglée par des congrès périodiques, leSystème de contre-harmonie universelle, et beaucoup d'autres choses qu'il serait trop long d'exhumer de toutes ses brochures.
On ne s'étonnera plus maintenant qu'Amédée Tissot, ou de Tissot, comme il signe, ait également inventé une nouvelle manière de construire les maisons et les villes. C'est dans son volume deParis et Londres comparés(1830), que nous avons trouvé l'exposé de ce système, applicable surtout à Paris dans la pensée de l'auteur, et où M. Haussmann pourra certainement puiser plus d'une inspiration. On y verra aussi qu'en poussant les conséquences du système actuel à leurs limites extrêmes, mais logiques, dans la seconde partie de ce livre (Paris futur), je n'ai rien exagéré, et que je me trouve dépassé encore, sur plus d'un point, par quelques-uns de ceux qui ont rêvé, avec une bonne foi et une gravité parfaites, la transformation de la grande ville.
«Qu'on se figure des rues plus larges que nos boulevards. La partie centrale, de vingt-quatre à trente pieds de largeur, est creusée à la profondeur de douze à quinze pieds. Cette rue basse est destinée aux voitures, aux chevaux, au transport des fardeaux, etc. De chaque côté de cette rue basse sont les portes inférieures des maisons, les magasins de bois, de charbon, les remises, etc. Quant aux chevaux, on les éloigne des habitations, comme on le fait à Londres, pour s'épargner le bruit et l'odeur désagréable et dangereuse qui résulte du voisinage des écuries.
«De chaque côté de la rue basse est une balustrade à hauteur d'appui, et là, depuis le trottoir découvert, qui a douze à quinze pieds de largeur et qui doit être planté d'arbres, on voit sans danger se croiser les rapides voitures à vapeur[45], les omnibus, les dames blanches et les équipages des princes, des nobles et des parvenus.
«Entre les maisons et ce trottoir, il existe, à son niveau, une galerie vitrée de quinze à vingt pieds de largeur, dans le genre de celle du Palais-Royal, mais mieux ornée. Des tuyaux de chaleur, des poêles placés de distance en distance tempèrent, en hiver, la rigueur du froid.
«Des conduits de fraîcheur amènent, en été, l'air frais des passages souterrains et des jardins dans cette galerie, où des toiles teintes interceptent, quand on le veut, les rayons trop ardents du soleil.
«On se servira de préférence de portes à coulisses, qui ne causent aucun bruit, et tiennent moins de place que les portes battantes.
«Les maisons, qui n'ont pas moins de quatre étages au-dessus du sol, sont couvertes par des terrains ornés d'arbustes, de fleurs et de statues, et offrent en toute saison un abri pour prendre de l'exercice et respirer un air pur.
«On n'emploie que la pierre, les métaux, la brique et des matériaux incombustibles pour la construction de ces maisons[46]. On pourra avoir, pour monter et descendre, des machines mues par la vapeur ou par des moyens mécaniques. Tous les appartements d'une maison, eût-elle soixante locataires, seront chauffés simultanément par des calorifères, à un degré réglé par le thermomètre. Les escaliers et vestibules seront aussi chauffés de cette manière[47].
«Il y aura devant chaque maison un pont pour traverser la rue basse.
«Les galeries couvertes continueront leur cours, après s'être croisées, par-dessus la rue basse, au moyen de ponts en chaînes, en fils de fer ou autres.
«Il conviendra de varier la forme des maisons et d'employer, suivant les quartiers, différents ordres d'architecture[48], et même ceux qui, tels que l'architecture gothique, turque, chinoise, égyptienne, birmane, etc., ne sont point classiques[49].
«Les fontaines, les obélisques, les pyramides, les salles de spectacle, de concert, de bal, les casinos, les temples pour les différentes religions, les musées, seront toujours assez éloignés des autres constructions pour produire le plus bel effet possible.
«Les loyers de la ville centrale seront nécessairement chers, mais il faut considérer quelles économies feront ceux qui l'habiteront.
«On peut estimer que chaque individu, n'ayant pas équipage, économisera par année deux cents francs, qu'il aurait dépensés de plus en habillements, chaussures, voitures, etc., s'il avait vécu dans une ville comme Paris, où les cochers de fiacre semblent avoir fait avec l'ancienne police un pacte pour la conservation de la boue. Ce serait donc environ six cents francs par an d'économie par ménage. C'est au propriétaire de la maison qu'on payerait cet excédant, pour se trouver assuré matériellement contre l'incendie, contre le chaud et le froid, contre les voitures et les chevaux, contre la boue et la poussière, et généralement contre l'insalubrité, les maladies et les cruels accidents qui résultent de l'imperfection des villes actuelles.
«Si l'on observe combien ma nouvelle manière de construire les villes y diminuera la mortalité, il faudra ajouter aux considérations qui précèdent l'avantage de vivre, pour les uns, et celui de vivre plus longtemps et mieux portant, pour les autres.»
Ce plan est assurément fort ingénieux, mais Cyrano de Bergerac en avait exposé un plus ingénieux encore dans sonHistoire comique de la lune. Il raconte que les indigènes de cet astre habitent des villes mobiles ou des villes sédentaires. Dans les premières, les maisons, construites d'un bois fort léger, reposent sur quatre roues, et peuvent se déplacer sans peine à l'aide de voiles qu'on déploie au devant de ces vaisseaux terrestres, ou plutôt lunaires. Dans les secondes, au moyen d'un mécanisme commode, on les fait au besoin rentrer sous le sol pour éviter les intempéries des mauvais jours. Ces maisons qui se replient sur elles-mêmes comme des lorgnettes, qui s'enfoncent en terre comme des escargots dans leur coquille, me semblent particulièrement dignes des méditations de nos architectes, et je les crois appelées à jouer un grand rôle dans les villes de l'avenir.
Puisqu'on refait Paris à neuf, rien ne s'opposerait à ce qu'on appliquât le système d'Amédée Tissot. Mais ce prédécesseur de M. Haussmann sait s'adapter à toutes les situations, et, «en attendant la reconstruction successive de tout le vieux Paris,» il termine son volume par unProjet d'embellissement et d'utilisation pour la place Louis XVI (de la Concorde) et les Champs-Élysées, projet qui pourrait être d'une application immédiate. Il est à remarquer que ces deux points de Paris sont ceux qui ont fourni le thème le plus inépuisable à tous les faiseurs de plans: on l'a déjà vu, et on le verra encore[50]. Voici les points les plus saillants du projet de Tissot:
Une double colonnade, allant de l'entrée des Champs-Élysées à la barrière de l'Étoile, en dessinant çà et là des places circulaires, servirait d'abri aux promeneurs contre le soleil, la pluie et toutes les intempéries des saisons; la partie supérieure formerait une galerie, également destinée à la promenade, et où l'on disposerait des gradins aux jours de fête. De distance en distance s'élèveraient, supportées par des colonnes ou pilastres, des maisons de plaisance, construites dans les architectures les plus variées et suivant tous les genres de fantaisie, surmontées de terrasses avec des vases de fleurs, statues, kiosques et rotondes, entourées de fontaines et de jardins anglais. On pourrait, près de la Seine, construire une montagne artificielle, surmontée d'un belvédère, embellie par une cascade, des grottes, un chalet suisse, et où l'on placerait en outre un observatoire public.
À l'entrée des Champs-Élysées, en face des Tuileries, on élèverait deux édifices, en harmonie avec le Garde-Meuble, décorés de tableaux monumentaux de vingt-cinq à trente pieds de hauteur sur soixante à quatre-vingts de large, soit en pierre de lave, soit en métal peint, soit en relief. Ces deux édifices, dont les salles devraient pouvoir contenir cinq à six mille personnes, seraient le Casino de Paris: on y donnerait concerts, bals, banquets, comédies, et on y ferait l'exposition des produits de l'industrie.
Il serait convenable de compléter la décoration de la salle par deux colonnes monumentales, torses et en partie dorées, d'une hauteur pour le moins égale à celle de la colonne Vendôme, mais d'une forme plus gracieuse, supportant l'une la statue de la Religion, l'autre celle de la Clémence. Dans le voisinage de la grande porte des Tuileries, et de préférence dans le jardin, l'auteur voudrait voir établir deux vastes rotondes vitrées, l'une contenant un magnifique escalier, l'autre une espèce de montagne russe, afin de descendre dans une superbe galerie souterraine, soutenue par une double rangée de colonnes massives, comme les temples que les Indous creusent dans les montagnes. Cette galerie souterraine, ornée de bas-reliefs, revêtue de pierre de lave peinte, traverserait la place comme le tunnel de Londres traverse la Tamise, et conduirait aussi au Casino.
«Il y a longtemps, ajoute Amédée Tissot, que j'ai formé le projet d'un édifice d'un genre neuf, mais très-simple, et destiné aux concerts. Il s'agirait d'une sphère de quatre-vingts à cent pieds de diamètre, dont une moitié serait enfoncée dans la terre et l'autre s'élèverait au-dessus du sol, sans parler des parties accessoires qui conduiraient dans ce vaste globe, pourvu de loges et de gradins. L'orchestre serait placé dans la partie centrale la plus basse. Je crois que ce globe, tout resplendissant de l'éclat des lumières et réunissant une brillante société, offrirait un spectacle unique, et que la musique devrait y faire le plus bel effet. Il est certain que le conseil municipal refuserait d'avancer quatre-vingts à cent millions pour des constructions dans les Champs-Élysées[51]. Mais si la ville accordait de grands avantages et une certaine somme pour couvrir les dépenses de pur embellissement à une société de capitalistes, ce projet serait peut-être réalisable.»
Nous allons de plus fort en plus fort, comme chez Nicolet. Il semble difficile de pouvoir dépasser Amédée Tissot: c'est ce qu'a fait pourtant M. Ch. Duveyrier. Lisez dans le tome VIII duLivre des cent-et-un(1834), l'article intitulé laVille nouvelle, ou le Paris des Saint-Simoniens, et vous aurez assurément lenec-plus-ultradu genre. Rien n'est bouffon comme la gravité prodigieuse avec laquelle M. Duveyrier, qui ne faisait pas encore de vaudevilles, décrit en style d'Apocalypse la configuration qu'il veut donner au nouveau Paris. C'est «la forme humaine mâle,» conformément à celle de la société elle-même:
«Paris! Paris! s'écrie Dieu,—le Dieu des Saint-Simoniens,—par la bouche de son interprète, les rois et les peuples ont obéi à mon éternelle volonté, quoiqu'ils l'ignorassent, lorsqu'ils se sont acheminés avec leurs palais et leurs maisons du sud au nord, vers la mer... Ils ont marché avec la lenteur des siècles, et ils se sont arrêtés en une place magnifique.
«C'est là que reposera latêtede ma ville d'apostolat, que je coucherai ainsi qu'un homme au bord de ton fleuve.
«Les palais de tes rois seront sonfront, et leurs parterres fleuris sonvisage. Je conserverai sabarbede hauts marronniers, et la grille dorée qui l'environne comme uncollier. Du sommet de cette tête je balayerai le vieux temple chrétien[52]usé et troué, et son cloître de maisons en guenilles; et sur cette place nette je dresserai unechevelured'arbres, qui retombera entressesd'allées sur les deuxfacesdes longues galeries, et je chargerai cette verte chevelure d'unbandeausacré de palais blancs, retraite d'honneur et d'éclat, pour les invalides des établis et des chantiers.
«Des terrasses qui saillent sur la grande place, comme lesmusclesd'uncouvigoureux et d'unegorgeforte, je ferai sortir les chants et les harmonies du colosse. Des troupes de musiciens et de chanteurs feront retentir chaque soir la sérénade en une seule voix.
«Je comblerai les fossés de cette place et j'en ferai une largepoitrinequi s'étalera, bombée et découverte... Au dessus de la poitrine de ma ville, au foyer sympathique d'où divergent et où convergent toutes les passions, là où les douleurs et les joies vibrent, je bâtirai mon temple, foyer de vie,plexussolaire du colosse[53]. Les buttes du Roule et de Chaillot seront sesflancs. J'y placerai la Banque et l'Université, les halles et les imprimeries.
«Autour de l'arc de l'Étoile, depuis la plaine de Monceaux jusqu'au parc de la Muette, je sèmerai en demi-cercle les édifices consacrés au plaisir des bals, des spectacles et des concerts, les cafés, les restaurants avec leurs labyrinthes, leurs kiosques et leurs tapis de gazon, aux franges de fleurs[54].
«J'étendrai lebras gauchedu colosse sur la rive de la Seine; il sera plié en arc à l'opposé du coude de Passy. Le corps des ingénieurs et les grands ateliers des découvertes en composeront la partie supérieure, qui s'étendra vers Vaugirard, et je formerai l'avant-brasde la réunion de toutes les écoles spéciales des sciences physiques et de l'application des sciences aux travaux industriels. Dans l'intervalle qui embrassera le Gros-Caillou, le Champ-de-Mars et Grenelle, je grouperai tous les lycées, que ma ville pressera sur samamelle gauche, où gît l'Université. Ce sera comme unecorbeillede fleurs et de fruits, aux formes suaves, aux couleurs tendres; de larges pelouses comme des feuilles les sépareront, et fourmilleront de troupes d'enfants comme de grappes d'abeilles.
«J'étendrai lebras droitdu colosse en signe de force, jusqu'à la gare Saint-Ouen, et je ferai de sa largemainun vaste entrepôt où la rivière versera la nourriture qui désaltérera sa soif et rassasiera sa faim. Je remplirai ce bras des ateliers de menue industrie, des passages, des galeries, des bazars... Je consacrerai la Madeleine à la gloire industrielle, et j'en ferai uneépauletted'honneur sur l'épauledroite de mon colosse. Je formerai lacuisseet lajambe droitede tous les établissements de grosse fabrique; lepied droitposera à Neuilly. La cuisse gauche offrira aux étrangers de longues files d'hôtels. Lajambe gaucheportera jusqu'au milieu du Bois de Boulogne les édifices consacrés aux vieillards et aux infirmes.»
Il faut renoncer à poursuivre l'exposé de cette métaphore hardie, que M. Duveyrier continue longtemps encore, avec un flegme de plus en plus stupéfiant, sans même s'apercevoir que son ingénieuse distribution ramènerait Paris, à force de progrès, jusqu'à cette époque du moyen âge où chaque industrie, chaque branche de commerce était parquée dans le même quartier. Ou ne pense pas à tout, et l'harmoniejouerait là un vilain tour aux habitudes et aux nécessités d'une grande ville. Il serait très-commode sans doute pour les environs de la gare Saint-Ouen d'avoir tous les bazars et les ateliers de menue industrie sous la main, mais cela ne serait nullement commode pour les habitants du quartier latin. Des hauteurs où il plane, M. Ch. Duveyrier rougirait de penser à ces minces détails.
LeNapoléon apocryphede M. Louis Geoffroy (1841), va nous fournir une transition naturelle pour passer du domaine de l'utopie à celui de la raison pratique. On connaît ce curieux ouvrage, où l'auteur, refaisant l'histoire au gré de son audacieuse imagination, a écrit la biographie de Napoléon Ierdepuis 1812 jusqu'en 1832, en le menant, à travers vingt années d'une grandeur incessamment accrue, jusqu'au terme logique de sa destinée, c'est-à-dire jusqu'à la conquête du monde et la monarchie universelle. Dans ce rêve gigantesque, conduit par le rêveur avec une dextérité rare, et qui, par moments, arrive à faire illusion, il n'a pas oublié la question de la transformation de Paris, qui préoccupa toujours au plus haut point l'esprit de l'Empereur, et que son neveu, héritier et continuateur de toutes lesidées napoléoniennes, semble avoir voulu reprendre pour l'achever.
Le Napoléon de M. Geoffroy ouvre donc la magnifique rue Impériale, allant en droite ligne du Louvre à la barrière du Trône, «large partout de quatre-vingts pieds, plantée de quatre rangées d'arbres et bordée dans toute son étendue de palais réguliers et superbes, avec des galeries sous deux lignes d'arcades et de colonnes.... Une rue semblable, de même largeur et de même magnificence, et coupant à peu près à angle droit la rue Impériale, s'étendit depuis Saint-Denis jusqu'à Montrouge; elle divisait ainsi la capitale en deux moitiés. Cette rue fut nommée la rue Militaire, parce qu'elle conduisait en effet aux deux routes militaires du midi et du nord, et surtout parce que la grande plaine de Saint-Denis, qu'elle traversait, devint un immense Champ-de-Mars, s'étendant d'Aubervilliers à Saint-Ouen et de Paris à Saint-Denis. L'empereur fit défendre et entourer ce grand espace par des fossés larges et revêtus de maçonnerie, dans lesquels des canaux amenèrent les eaux de la Seine. Cette plaine étant dominée par Montmartre, il fit aussi construire sur cette élévation une forteresse.... Ce nouveau Champ-de-Mars avait la forme d'un losange, ayant son diamètre le plus long de Paris à Saint-Denis, et les deux autres angles à Saint-Ouen et Aubervilliers; à ces deux derniers points et à Saint-Denis, d'immenses casernes furent construites pouvant contenir chacune vingt mille hommes. C'étaient comme trois villes militaires gardant une capitale...
«La rue de Rivoli et la Bourse furent achevés.
«Presque toutes les places publiques furent restaurées et ornées des statues des maréchaux qui étaient morts.... Les bâtiments du quai d'Orsay furent terminés, et une suite d'hôtels réguliers et semblables à ceux de la rue de Rivoli furent construits depuis la rue du Bac jusqu'au pont Louis XVI, et prolongés au delà du Palais du Corps législatif. Ces palais furent réservés aux ambassadeurs des puissances étrangères.... Le quai, depuis le pont Louis XVI jusqu'au pont d'Iéna, fut terminé plus tard avec un grand luxe. On l'appela le quai des Ambassadeurs....
«Les galeries du Louvre étant terminées dans leur entier, les maisons particulières qui existaient dans l'intérieur furent démolies. L'arc de triomphe du Carrousel disparut aussi: «C'est un jouet d'enfant,» avait dit Napoléon. Ainsi la place du Carrousel s'étendit du Louvre aux Tuileries, et cet espacé immense ne fut plus divisé que par la grille qui ferme la cour d'honneur du château.
«On continua l'arc de triomphe de l'Étoile, qui devait être entièrement revêtu de marbre blanc.... Déjà Canova et Chaudet avaient achevé le modèle des deux statues colossales de la Gloire et de la Paix qui devaient, assises et adossées, couronner de leur repos majestueux le gigantesque édifice.» Mais l'empereur fit remplacer le marbre par le bronze provenant des canons pris dans la dernière guerre, et en 1828 ce bronze fut entièrement doré. Les deux colonnes de la barrière du Trône, dans la grande rue Impériale, furent aussi tapissées du bronze de ces canons, et l'on y grava les noms des victoires et des généraux qui s'y étaient le plus illustrés. Le mont Valérien fut taillé en pyramide funéraire, pour servir de Saint-Denis à la dynastie impériale, et sur la place de la Concorde, on éleva la colonne napoléonienne, monolithe de cent quatre-vingts pieds de haut et de vingt pieds de diamètre, en marbre blanc de Carrare, couvert de bas-reliefs qui déroulaient la vie de l'empereur, couronné d'un chapiteau d'ordre corinthien, et d'une statue de Napoléon, en or massif, haute de vingt-huit pieds.»
À la suite de tous ces projets fantastiques, nous rencontrons enfin l'œuvre très-sérieuse et très-approfondie d'un homme pratique, qui avait évidemment mûri ses vues pendant de longues années, et dont le volume, aujourd'hui encore, pourrait fournir un très-fructueux sujet de méditations à nos édiles. C'estParis au point de vue pittoresque et monumental, ou Éléments d'un plan général d'ensemble de ses travaux d'art et d'utilité publique, par Hippolyte Meynadier (in-8, 1843). L'auteur s'y propose un triple but: l'assainissement, l'embellissement, et les perfectionnements apportés aux voies de communication. Suivant lui, en dehors de quelques rues de second ordre, il suffirait d'ouvrir sur la rive droite quatre grandes artères principales: d'abord la grande rue du Centre, entre les rues Saint-Denis et Saint-Martin, partant de la place du Châtelet pour aboutir au boulevard, mieux encore jusqu'aux murs de clôture de Paris[55], où la perspective serait close par un rond-point au centre duquel s'élèverait une colonne monumentale; puis la grande rue de l'Arsenal, se dirigeant du quai des Célestins à la Bourse, en coupant la grande rue du Centre, où elle formerait deux des rayons d'un carrefour hexagone, décoré d'une grande fontaine monumentale; les deux autres rayons seraient formés par la grande rue du Nord-Est, allant du sud-est de la barrière Ménilmontant à l'angle nord-est de la colonnade du Louvre. Enfin la dernière de ces voies serait la grande me de l'Hôtel-de-Ville, appuyant sa tête au chevet de Saint-Germain-l'Auxerrois et partant de là vers la place de la Bastille. M. Meynadier suit pas à pas le tracé de ces rues, savamment calculé de manière à établir des rapports directs entre des points importants, à rapprocher considérablement les distances, en traversant des rues étroites, obscures, tortueuses, des quartiers populeux et malsains, en dégageant les monuments et en créant de beaux points de vue.
Sur la rive gauche, M. Meynadier indique également d'autres voies de communication de premier et de second ordre, combinées avec le même soin pour déblayer, assainir et animer les divers quartiers. Nous ne suivrons pas le livre dans tous ces développements, non plus que dans les idées qu'il suggère pour la construction d'une grande halle, d'un parc à l'anglaise situé à sept cent cinquante mètres du rond-point des Champs-Élysées, relié à l'Arc de Triomphe et au Bois de Boulogne par de courtes avenues, à la Madeleine par le boulevard Malesherbes (qui était déjà en projet depuis vingt-cinq ans, et sur l'ouverture duquel il insiste beaucoup); pour l'achèvement du Louvre, l'embellissement des Champs-Élysées, du pont Louis XVI, du Champ-de-Mars et de ses alentours, du rampant de Chaillot, où l'empereur avait rêvé d'élever, entre deux vastes parenthèses de colonnes, un rival du Louvre, avec une façade de six cents pieds de large, et que l'auteur voudrait voir couronné d'une flèche triomphale élevant la croix dans les nues, etc., etc.
Dans un des chapitres de son livre, sous le nom deStades vertes, M. Meynadier, devançant encore une des créations de M. Haussmann, indique parmi les améliorations les plus utiles et les moins coûteuses, l'ouverture de petits squares sur différents points des rues de Paris. Dans un autre, il demande l'établissement d'un immense jardin d'hiver, analogue à celui qu'on avait créé, il y a quelques années aux Champs-Élysées. Pour subvenir aux frais de ces constructions et de ces embellissements, dont je n'ai pu donner ici qu'une analyse extrêmement sommaire et écourtée, l'auteur dresse un tableau des terrains et bâtiments inutiles, susceptibles d'être aliénés, de manière à «produire soixante-dix millions sans avoir fait tomber un seul monument,» et à pouvoir «élever avec cette somme vingt somptueux édifices, sans qu'il en coûte un centime au contribuable.» Il établit les chiffres et entre dans les plus menus détails, se préoccupant toujours du point de vue pratique, et s'écartant de toute combinaison qui ferait de son travail «un rêve desMille et une nuits.»
M. Meynadier traite toutes ces questions en administrateur, et il vise toujours à l'économie. On entrevoit déjà par où il diffère de M. Haussmann. Il en diffère encore sur plus d'un autre point: il veut qu'on n'abatte aucun édifice recommandé par ses souvenirs et son architecture, que l'on conserve soigneusement à Paris son cachet pittoresque et sa physionomie générale, qu'on ne touche pas aux arbres, qu'on respecte les jardins et les promenades, en se gardant bien d'y bâtir des maisons ou des casernes, sous peine de montrer qu'on n'est que «des barbares et des carriers.» De tous les ouvrages que nous avons rencontrés jusqu'à présent dans cette revue rétrospective, celui-là est assurément le plus complet et le plus sérieux.
Si l'on se rapproche de notre époque, les projets, comme on le juge bien, ne manquent pas non plus. Les travaux de M. Haussmann ont donné l'essor, au moins dans l'origine, à une foule de plans bizarres ou grandioses, possibles ou impossibles, exposés par le moyen de la plume ou du crayon, et qu'il serait trop long d'énumérer les uns après les autres. C'est par exemple M. Hérard, architecte, qui publie en 1855 un projet de passerelles à construire au point de rencontre des boulevards Saint-Denis et de Sébastopol: ces passerelles, à galeries, figurent un carré continu, dont chaque côté est déterminé par l'angle que forment en se croisant les deux boulevards. C'est M. J. Brame, qui expose en 1856, dans une série de lithographies, son plan de chemins de fer dans les villes et particulièrement dans Paris, avec un système de voûtes supportant les rails, de voies de côté pour les piétons et de ponts volants pour mettre ces voies latérales en communication. C'est, toujours en 1856, un ingénieur en chef retraité, M. Beaudemoulin, qui se fait fort d'amener la suppression totale des ruisseaux, des vidanges et de la boue, par des moyens que je me reconnais impuissant à expliquer nettement. À peu près vers la même date encore, un avocat demande, par uneLettre au ministre du Commerce, l'établissement d'une série de tentes dans toute la longueur des rues, afin de préserver le piéton de la pluie, du soleil, des intempéries et des miasmes de la voie publique, de le dispenser de prendre une voilure ou un parapluie. Un peu plus lard, un architecte, dont j'ai oublié le nom, propose de reconstruire la Cité tout entière en style gothique, pour la mettre en harmonie avec Notre-Dame, et donner au berceau de Paris une physionomie en rapport avec son antiquité[56].
Mais il est temps de clore cet examen, qui s'est prolongé beaucoup plus que je ne le croyais, malgré mes efforts pour l'abréger et tout ce qu'il me resterait à dire encore. Un fait caractéristique d'ailleurs, c'est le silence et l'abstention où restent généralement aujourd'hui les faiseurs de projets. Ce phénomène paraît illogique, et cependant il est facile à comprendre. Au début des travaux actuels, on les avait vus se lever de toutes parts et accourir à l'Hôtel-de-Ville, les mains pleines d'idées; mais ils n'ont pas tardé à comprendre que leurs vues, si grandioses qu'ils les eussent jugées d'abord, étaient bien mesquines en face de la réalité, et qu'ils n'avaient plus qu'à s'effacer humblement devant leur maître à tous, au lieu de s'obstiner, comme des enfants, à venir jeter des verres d'eau à la mer. Ce n'est pas la moindre des victoires de M. Haussmann d'avoir réduit à une stupéfaction muette ces imaginations même dont la fécondité hardie semblait faite pour défier toute concurrence. Si le citoyen Miltié et M. Amédée Tissot revenaient au monde, il ne leur resterait plus d'autre ressource que de répéter avec le poëte:
Mon génie étonné tremble devant le sien.
NOTES:[1]Pour les côtés politiques, administratifs et financiers de la question, qu'on me permette de renvoyer, en toute humilité, et avec le sentiment profond de mon incompétence, aux discussions de la Chambre, aux articles de la plupart des journaux, et notamment aux travaux remarquables où M. Ferdinand de Lasteyrie a creusé bien des faces de ce vaste sujet, que la différence de mon cadre me condamnait à effleurer seulement.[2]Voir, en particulier, plusieurs des innombrablescommuniquésadressés àl'Opinion nationaleet auJournal des Débats. M. le préfet s'entend mieux que pas un à se faire une tribune de celle de ses adversaires.[3]Il est difficile, pour le dire au moins en note, de ne point remarquer l'inaction obstinée qui condamne certains quartiers à unstatu quodangereux, en contraste avec l'activité fiévreuse et sans bornes qui impose à d'autres des transformations radicales dont ils n'avaient nul besoin. Sur la rive gauche, depuis l'origine des travaux actuels, on réclame en vain l'élargissement des étroites rues Saint-André-des-Arts, Sainte-Marguerite, du Four, du Vieux-Colombier, où l'abondance de la circulation rend les accidents presque journaliers. Mais ce ne serait là qu'une opération utile, modeste et sans gloire: on a préféré prolonger jusqu'au Panthéon la fastueuse inutilité du boulevard de Sébastopol. Comparez aussi l'abandon presque absolu dont se plaint la banlieue annexée, sauf sur deux ou trois points de la rive droite, avec tout ce qui se fait au centre de Paris. Ce que la banlieue a gagné jusqu'à présent à l'annexion, c'est l'honneur de payer l'octroi, de voir hausser les loyers et de participer aux charges de Paris sans participer à ce qu'elle prend, de loin, pour ses priviléges. La banlieue ne connaît pas son bonheur.[4]Voir, à défaut des quartiers eux-mêmes, la série d'articles extrêmement curieux publiés par M. de Coëtlogon, dans laGazette de France, en 1864 et 1865.[5]Un journal de province s'est attiré uncommuniquépour avoir évalué à une trentaine de millions les frais d'établissement de cette dernière promenade: ils ne paraissent pas devoir dépasser le quart de cette somme, dit lecommuniqué,—d'où l'on peut conclure hardiment qu'ils en atteindront au moins la moitié.[6]Chaque arbre ainsi transplanté revient, en moyenne, à deux cents francs. (Revue des Deux Mondesdu 1erfévrier 1865, article de M. Clavé.)[7]Depuis que ceci est imprimé, leParadis artificiela disparu, à ce que nous croyons, ou il a émigré. C'est dommage: il était là à sa vraie place.[8]L'administration du bois de Boulogne comprend quatre services, et de véritables armées d'employés, le tout nécessité par sa transformation en parc à l'anglaise. L'entretien de ses plantations figure sur les budgets ordinaire et extraordinaire de 1865 pour une somme de trois millions trois cent quatre-vingt-six mille francs, et l'on sait la distance habituelle qu'il y a du budget projeté au budget définitif. Que dites-vous du prix? Il me semble que c'est cher, mais je me trompe peut-être.[9]Aujourd'hui, la menace est accomplie. Il paraît qu'on avait conçu des craintes sur la solidité de cette galerie; mais ces craintes, venues à point nommé, et qui font honneur au zèle ingénieux de l'édilité actuelle, ont dû se convaincre qu'elles étaient singulièrement prématurées, devant ces fondations d'une solidité prodigieuse qui a opposé une résistance héroïque au vandalisme des pioches et des leviers conjurés contre elles. En restera-t-on là, du moins? M. Berryer a eu l'indiscrétion de le demander en pleine Chambre, dans la séance du 28 mai 1864, et l'organe du gouvernement a bien voulu le rassurer, en affirmant d'une façon solennelle qu'on n'avait pasactuellementl'intention de reconstruire en entier les Tuileries. Cet adverbe a fait frémir tous ceux qui sont au courant du vocabulaire officiel, et il suffit de jeter un coup d'œil sur les derniers travaux pour être fixé sur la valeur de cette réponse. Tout en professant le respect qui sied pour les paroles de l'orateur du gouvernement, on peut prédire, sans crainte de démenti et sans avoir la prétention de se poser en prophète, que le nouveau pavillon de Flore exigera un nouveau pavillon de Marsan, et que la reconstruction de la galerie du bord de l'eau entraînera celle de la galerie qui longe la rue de Rivoli. Nous serons trop heureux si l'on ne va pas plus loin.[10]Depuis que ceci est écrit, j'ai lu dans quelques journaux qu'en effet on venait de s'aboucher avec les propriétaires du Grand-Hôtel pour leur acheter le droit de démolir l'angle du bâtiment qui masque l'Opéra, et qu'on était arrêté par le prix effrayant qu'ils en demandent. Il est à croire que ce temps d'arrêt ne sera pas long.[11]Ce projet n'est pas nouveau. Je ne remonterai pas jusqu'à Henri IV, et l'idée qu'il avait conçue de faire converger vers la place de l'Europe des rues portant les noms des provinces: dans ces limites, rien n'était plus légitime. En son ouvrage intitulé:Paris à la fin du dix-huitième siècle(in-8°, p. 83), Pujoulx expose tout au long un plan qui lui est propre, et qui consiste, en considérant Paris comme le centre d'un vaste État, à présenter dans les dénominations de toutes ses rues, impasses, places et quartiers, un résumé de la carte géographique. Sous la Révolution, le 14 brumaire an II, le citoyen Chamouleau, au nom de la section des Arcis, avait fait sur le même sujet une proposition beaucoup plus originale à la Convention. Voici comme elle était formulée: «Les communes de la France seront divisées en arrondissements particuliers, dont chaque place publique sera le centre; toute place publique portera le nom d'unevertu principale. Les rues affectées à l'arrondissement de cette place seront désignées par les noms desvertusqui auront un rapport direct avec cette vertu principale. Lorsqu'il n'y aura pas assez de vertus, on se servira de ceux de quelques grands hommes; mais on les rangera dans l'arrondissement de leur vertu principale.—À Paris, par exemple, le Palais National s'appelleraTemple ou Centre du républicanisme; l'Hôtel-Dieu,Temple de l'humanité républicaine; la Halle,Place de la frugalité républicaine. Les rues adjacentes, pour la première, seront les rues de la Générosité, de la Sensibilité, etc., et pour la seconde, de la Tempérance, de la Sobriété, etc. Il s'ensuivra que le peuple aura à chaque instant le mot d'une vertu dans la bouche, et bientôt la morale dans le cœur.» Pourquoi cet admirable projet n'a-t-il pas eu de suites? Mais on pourrait le reprendre aujourd'hui: ce serait une telle occasion de mettre les vertus du dix-neuvième siècle en lumière, à moins toutefois qu'on ne craigne, selon le cas prévu par le sagace citoyen Chamouleau, qu'il n'y on ait pas assez.[12]Un bruit court,—et l'expérience nous a appris que, sur le chapitre des travaux de Paris, il faut tenir grand compte des bruits qui courent,—un bruit court qu'on nous prépare un nouveau pont entre celui des Arts et celui des Saints-Pères, pour correspondre à un guichet du Louvre qui n'est pas encore ouvert, et à une rue qu'on se propose de percer. Seulement, quand il aura été bâti, les deux autres seront devenus inutiles, et on trouvera encore vingt excellentes raisons pour les démolir.—M. Haussmann n'est pas heureux avec les ponts, comme l'a fait observer M. F. de Lasteyrie. Après avoir exécuté séparément les deux tronçons du boulevard de Sébastopol sur la rive droite et sur la rive gauche, il s'est aperçu non-seulement qu'ils n'étaient pas dans le même axe, mais encore qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre dans l'axe des deux ponts destinés à les mettre en communication. Il a fallu les abattre tous deux pour les reconstruire à côté: c'était l'affaire de quelques millions seulement, ce qui ne vaut pas la peine d'en parler. Mais, après cette opération, il s'est trouvé que le nouveau pont au Change n'était guère mieux que l'autre en ligne droite avec le boulevard. Voilà qui s'appelle jouer de malheur. Reste la ressource de le démolir une seconde fois.[13]Ici encore ma conjecture s'est trouvée vérifiée. La plupart des journaux ont raconté, vers la fin de décembre dernier, l'histoire instructive de M. B., sujet anglais, domicilié à Paris, au lieu dit, il y a quatre ans, place Pentagonale; il y a deux ans, place Wagram, et connu aujourd'hui sous sa première appellation de place Pentagonale, le nom de Wagram ayant été donné récemment à un autre square placé dans le même quartier. M. B..... envoya, le 22 décembre, de la rue Vivienne, où il a son bureau, une dépêche à sa famille, laquelle dépêche lui fut retournée le lendemain avec cette mention:Destinataire inconnu.—La place Pentagonale n'existe pas.M. B...., qui habite depuis plusieurs années le lieu en question, trouva l'assertion un peu absolue. Français, il se le fût tenu pour dit, et serait resté convaincu que, par une erreur dont il était seul coupable, il avait cru demeurer en un endroit qui n'existait que dans son imagination. Mais M. B.... est Anglais, et, fidèle à la devise de l'Angleterre:Dieu et mon droit, il adressa une réclamation à la direction générale des lignes télégraphiques, qui s'excusa il faut lui rendre cette justice, avec le plus grand empressement.«La dernière édition de la nomenclature des rues de Paris, était-il dit ou à peu près dans cette lettre justificative, bien que dressée par M. Sagansan, géographe de l'administration des postes, ne fait aucune mention de la place Pentagonale. Malgré le zèle apporté par l'administration pour semettre sur la tracedes changements opérés dans la dénomination des voies de communication, elle n'arrive pas toujours à des renseignements exacts, et doit s'en tenir à des documents officiels, malheureusement incomplets.»Si une administration publique se trouve débordée par l'activité de M. Haussmann, ditle Temps, que feront d'humbles Parisiens, qui sont, au dire de M. le préfet de la Seine, gens nomades et tout à fait désordonnés dans leurs allures?[14]M. Cocheris, chez Durand.[15]Dicaearchiae Henrici regis christiannissimi progymnasmata, in-8.[16]Trois parties réunies en un seul volume in-12, imprimé avec une page blanche au verso de chaque feuillet pour recevoir les observations du lecteur.[17]Je trouve aussi dans la bibliographie de la France, de Girault de Saint-Fargeau, l'indication d'unMémoirede Bouteville pourl'embellissement de l'île du palais, dont il ne donne pas la date.[18]Le projet d'amener les eaux de la mer à Paris, en prolongeant jusque-là un port construit à Cherbourg, fut présenté à Louis XVI, et vivement combattu par les architectes, qui le regardaient comme capable d'entraîner la ruine de la capitale par la filtration de l'eau salée à travers le terrain calcaire qui sert de base à Paris. Le comte de Las Cases, dans le tome IV duMémorial de Sainte-Hélène, dit qu'il présenta à Napoléon, en 1812, un plan pour transformer le Champ de Mars en une naumachie qui eût servi d'ornement au Palais du roi de Rome, et qu'on aurait creusée suffisamment pour recevoir de petites corvettes destinées à l'instruction d'une école de marine installée à l'École militaire. Cette idée est revendiquée par Naudy Perronnet, qui, dans un ouvrage publié en 1825, et où il revient longuement là-dessus, prétend l'avoir proposée lui-même en 1812, avec cette seule différence qu'il établissait sa rade ou son bassin dans la plaine de Grenelle.[19]Le fameux Vriès, qui depuis devait acquérir une autre illustration sous le titre deDocteur noir, avait renouvelé dans des proportions grandioses, vers 1855, ce projet duTemple de Dieu, où il voulait opérer la fusion de tous les cultes.[20]C'est fait.[21]Plus loin, le prince de Ligne s'indigne encore contre ceux qui pourraient s'opposer à ses projets en prononçant cevil mot d'argent. On voit qu'il avait les grandes traditions. Napoléon Ierdisait de Corneille: «S'il avait vécu de mon temps, je l'aurais fait prince;» M. Haussmann pourrait dire du prince de Ligne: «Je l'aurais fait membre de ma commission municipale.»[22]Avis à M. le préfet de la Seine: il rougira de n'y avoir pas encore pensé.[23]Paris a marché depuis, sans tenir aucun compte de la volonté du prince de Ligne.[24]Pour le coup, ce n'est pas cette phrase-là qui eût fait entrer le prince de Ligne au conseil municipal.[25]On s'est avisé d'en bâtir quelques-unes: il est vrai que, depuis que l'auteur écrivait ceci, on en avait abattu beaucoup.[26]Chamousset, philanthrope (1717-1773), qui a beaucoup fait pour l'amélioration des hôpitaux, des établissements de bienfaisance, et de l'assistance publique, ce qui est la meilleure manière de réformer Paris.[27]Voilà nos squares, avec leurs plantations et leurs pelouses, qui n'ont rien de «contraire à la dignité,» et où la nature garde un parfaitdécorum.[28]M. Haussmann, hélas! n'a pas été si sage.[29]Rien que cela. Le plan actuel est plus complet: «Il ne s'agit que d'abattre tout Paris, et de le reconstruire.»[30]Ceux de M. Haussmann ne l'étaient pas encore.[31]Le conseil est un peu radical, il faut l'avouer, et il effrayerait des gens timides; mais M. le préfet de la Seine est homme à le comprendre.[32]Il y a là une idée; mais démolir une demi-douzaine de maisons, c'est bien mesquin: le jour où nous nous en mêlerons, nous ferons mieux les choses.[33]Passage recommandé à l'honorable général Husson.[34]On a vu, par la lecture de l'Appendice précédent, à quel point cette dernière partie du vœu de Ch. de Villette a été exaucée.[35]Beaucoup plus simple, en effet, comme il serait plus simple aussi de débaptiser les anciennes rues pour leur donner de beaux noms modernes.[36]Cette raison était concluante: aussi l'église des Théatins devint-elle un magasin de blé, et Ch. de Villette vécut assez pour voir ce beau triomphe de l'utilité publique; puis on en fit une salle de spectacle, puis un café; après quoi il ne resta plus qu'à la renverser.[37]C'est fait.[38]On a fait mieux: on l'a démoli.[39]C'est fait.[40]Voilà encore une fois la rue de Rivoli.[41]Admirable thème pour un nouveau discours de M. Duruy à l'Association polytechnique, ou pour un bas-relief au fronton d'une caserne! Les vieux partis ne s'en relèveraient pas.[42]C'est l'auteur qui a soulignécent mille écus, tant il est épouvanté d'une prodigalité pareille. Il se serait formé, s'il eût vécu jusqu'à nos jours.[43]Voilà l'idée des refuges, dont il est question depuis quelque temps.[44]C'est dans ce concours, où Victorin Fabre, Millevoye et Soumel remportèrent le prix et les accessits, que M. Viennet s'écriait avec un enthousiasme lyrique:À chaque pas m'arrête un prodige nouveau;Tout fléchit sous l'équerre, obéit au cordeau.Et on ne le couronna point![45]Dans les premières pages de son volume, M. Amédée Tissot recommande l'usage des voitures à vapeur, ne fût-ce que pour éviter les miasmes insalubres qui résultent pour les rues des grandes villes de l'emploi des chevaux. Il voudrait aussi qu'il fût défendu de fumer dans les rues, places, jardins et passages. Décidément M. Tissot n'aime point les mauvaises odeurs.[46]Une centaine de pages plus haut, l'auteur avait préconisé l'emploi du fer au lieu de bois dans tous les bâtiments pour les dérober au péril d'incendie.[47]C'est un commencement de phalanstère: nous nous y acheminons.[48]À la bonne heure! Mais ce qui gâte l'idée, c'est que l'auteur veut réglementer la variété elle-même «suivant les quartiers.» Ce bon conseil n'en a que plus de chance d'être suivi aujourd'hui.[49]Nos architectes sont classiques, très-classiques, mais cela ne les empêche pas d'employer l'architecture turque, chinoise et birmane.[50]Cf. aussiMémoire sur l'embellissement des Champs-Élysées, par Eugène Bérès. 1836, in-4°.[51]Le conseil municipal de 1830, oui, peut-être; mais celui de 1865, non, à coup sûr. Il a déjà voté mieux que cela.[52]Saint-Germain-l'Auxerrois.[53]Plus loin, ce temple est décrit, comme la ville, dans le plus grand détail. De même que Paris est unhomme, son temple est unefemme![54]C'est laceinture, comme le lecteur l'a compris sans doute.[55]On voit que c'est tout à fait notre boulevard de Sébastopol, avec sa prolongation du boulevard de Strasbourg.[56]Je ne parle pas deParis moderne, plan d'une ville modèle que l'auteur a appelée Novutopie, par Couturier de Vienne (1860, in-12): c'est une fantaisie satirique, qui ne se rattache que de très-loin et très-indirectement à notre sujet.
[1]Pour les côtés politiques, administratifs et financiers de la question, qu'on me permette de renvoyer, en toute humilité, et avec le sentiment profond de mon incompétence, aux discussions de la Chambre, aux articles de la plupart des journaux, et notamment aux travaux remarquables où M. Ferdinand de Lasteyrie a creusé bien des faces de ce vaste sujet, que la différence de mon cadre me condamnait à effleurer seulement.
[1]Pour les côtés politiques, administratifs et financiers de la question, qu'on me permette de renvoyer, en toute humilité, et avec le sentiment profond de mon incompétence, aux discussions de la Chambre, aux articles de la plupart des journaux, et notamment aux travaux remarquables où M. Ferdinand de Lasteyrie a creusé bien des faces de ce vaste sujet, que la différence de mon cadre me condamnait à effleurer seulement.
[2]Voir, en particulier, plusieurs des innombrablescommuniquésadressés àl'Opinion nationaleet auJournal des Débats. M. le préfet s'entend mieux que pas un à se faire une tribune de celle de ses adversaires.
[2]Voir, en particulier, plusieurs des innombrablescommuniquésadressés àl'Opinion nationaleet auJournal des Débats. M. le préfet s'entend mieux que pas un à se faire une tribune de celle de ses adversaires.
[3]Il est difficile, pour le dire au moins en note, de ne point remarquer l'inaction obstinée qui condamne certains quartiers à unstatu quodangereux, en contraste avec l'activité fiévreuse et sans bornes qui impose à d'autres des transformations radicales dont ils n'avaient nul besoin. Sur la rive gauche, depuis l'origine des travaux actuels, on réclame en vain l'élargissement des étroites rues Saint-André-des-Arts, Sainte-Marguerite, du Four, du Vieux-Colombier, où l'abondance de la circulation rend les accidents presque journaliers. Mais ce ne serait là qu'une opération utile, modeste et sans gloire: on a préféré prolonger jusqu'au Panthéon la fastueuse inutilité du boulevard de Sébastopol. Comparez aussi l'abandon presque absolu dont se plaint la banlieue annexée, sauf sur deux ou trois points de la rive droite, avec tout ce qui se fait au centre de Paris. Ce que la banlieue a gagné jusqu'à présent à l'annexion, c'est l'honneur de payer l'octroi, de voir hausser les loyers et de participer aux charges de Paris sans participer à ce qu'elle prend, de loin, pour ses priviléges. La banlieue ne connaît pas son bonheur.
[3]Il est difficile, pour le dire au moins en note, de ne point remarquer l'inaction obstinée qui condamne certains quartiers à unstatu quodangereux, en contraste avec l'activité fiévreuse et sans bornes qui impose à d'autres des transformations radicales dont ils n'avaient nul besoin. Sur la rive gauche, depuis l'origine des travaux actuels, on réclame en vain l'élargissement des étroites rues Saint-André-des-Arts, Sainte-Marguerite, du Four, du Vieux-Colombier, où l'abondance de la circulation rend les accidents presque journaliers. Mais ce ne serait là qu'une opération utile, modeste et sans gloire: on a préféré prolonger jusqu'au Panthéon la fastueuse inutilité du boulevard de Sébastopol. Comparez aussi l'abandon presque absolu dont se plaint la banlieue annexée, sauf sur deux ou trois points de la rive droite, avec tout ce qui se fait au centre de Paris. Ce que la banlieue a gagné jusqu'à présent à l'annexion, c'est l'honneur de payer l'octroi, de voir hausser les loyers et de participer aux charges de Paris sans participer à ce qu'elle prend, de loin, pour ses priviléges. La banlieue ne connaît pas son bonheur.
[4]Voir, à défaut des quartiers eux-mêmes, la série d'articles extrêmement curieux publiés par M. de Coëtlogon, dans laGazette de France, en 1864 et 1865.
[4]Voir, à défaut des quartiers eux-mêmes, la série d'articles extrêmement curieux publiés par M. de Coëtlogon, dans laGazette de France, en 1864 et 1865.
[5]Un journal de province s'est attiré uncommuniquépour avoir évalué à une trentaine de millions les frais d'établissement de cette dernière promenade: ils ne paraissent pas devoir dépasser le quart de cette somme, dit lecommuniqué,—d'où l'on peut conclure hardiment qu'ils en atteindront au moins la moitié.
[5]Un journal de province s'est attiré uncommuniquépour avoir évalué à une trentaine de millions les frais d'établissement de cette dernière promenade: ils ne paraissent pas devoir dépasser le quart de cette somme, dit lecommuniqué,—d'où l'on peut conclure hardiment qu'ils en atteindront au moins la moitié.
[6]Chaque arbre ainsi transplanté revient, en moyenne, à deux cents francs. (Revue des Deux Mondesdu 1erfévrier 1865, article de M. Clavé.)
[6]Chaque arbre ainsi transplanté revient, en moyenne, à deux cents francs. (Revue des Deux Mondesdu 1erfévrier 1865, article de M. Clavé.)
[7]Depuis que ceci est imprimé, leParadis artificiela disparu, à ce que nous croyons, ou il a émigré. C'est dommage: il était là à sa vraie place.
[7]Depuis que ceci est imprimé, leParadis artificiela disparu, à ce que nous croyons, ou il a émigré. C'est dommage: il était là à sa vraie place.
[8]L'administration du bois de Boulogne comprend quatre services, et de véritables armées d'employés, le tout nécessité par sa transformation en parc à l'anglaise. L'entretien de ses plantations figure sur les budgets ordinaire et extraordinaire de 1865 pour une somme de trois millions trois cent quatre-vingt-six mille francs, et l'on sait la distance habituelle qu'il y a du budget projeté au budget définitif. Que dites-vous du prix? Il me semble que c'est cher, mais je me trompe peut-être.
[8]L'administration du bois de Boulogne comprend quatre services, et de véritables armées d'employés, le tout nécessité par sa transformation en parc à l'anglaise. L'entretien de ses plantations figure sur les budgets ordinaire et extraordinaire de 1865 pour une somme de trois millions trois cent quatre-vingt-six mille francs, et l'on sait la distance habituelle qu'il y a du budget projeté au budget définitif. Que dites-vous du prix? Il me semble que c'est cher, mais je me trompe peut-être.
[9]Aujourd'hui, la menace est accomplie. Il paraît qu'on avait conçu des craintes sur la solidité de cette galerie; mais ces craintes, venues à point nommé, et qui font honneur au zèle ingénieux de l'édilité actuelle, ont dû se convaincre qu'elles étaient singulièrement prématurées, devant ces fondations d'une solidité prodigieuse qui a opposé une résistance héroïque au vandalisme des pioches et des leviers conjurés contre elles. En restera-t-on là, du moins? M. Berryer a eu l'indiscrétion de le demander en pleine Chambre, dans la séance du 28 mai 1864, et l'organe du gouvernement a bien voulu le rassurer, en affirmant d'une façon solennelle qu'on n'avait pasactuellementl'intention de reconstruire en entier les Tuileries. Cet adverbe a fait frémir tous ceux qui sont au courant du vocabulaire officiel, et il suffit de jeter un coup d'œil sur les derniers travaux pour être fixé sur la valeur de cette réponse. Tout en professant le respect qui sied pour les paroles de l'orateur du gouvernement, on peut prédire, sans crainte de démenti et sans avoir la prétention de se poser en prophète, que le nouveau pavillon de Flore exigera un nouveau pavillon de Marsan, et que la reconstruction de la galerie du bord de l'eau entraînera celle de la galerie qui longe la rue de Rivoli. Nous serons trop heureux si l'on ne va pas plus loin.
[9]Aujourd'hui, la menace est accomplie. Il paraît qu'on avait conçu des craintes sur la solidité de cette galerie; mais ces craintes, venues à point nommé, et qui font honneur au zèle ingénieux de l'édilité actuelle, ont dû se convaincre qu'elles étaient singulièrement prématurées, devant ces fondations d'une solidité prodigieuse qui a opposé une résistance héroïque au vandalisme des pioches et des leviers conjurés contre elles. En restera-t-on là, du moins? M. Berryer a eu l'indiscrétion de le demander en pleine Chambre, dans la séance du 28 mai 1864, et l'organe du gouvernement a bien voulu le rassurer, en affirmant d'une façon solennelle qu'on n'avait pasactuellementl'intention de reconstruire en entier les Tuileries. Cet adverbe a fait frémir tous ceux qui sont au courant du vocabulaire officiel, et il suffit de jeter un coup d'œil sur les derniers travaux pour être fixé sur la valeur de cette réponse. Tout en professant le respect qui sied pour les paroles de l'orateur du gouvernement, on peut prédire, sans crainte de démenti et sans avoir la prétention de se poser en prophète, que le nouveau pavillon de Flore exigera un nouveau pavillon de Marsan, et que la reconstruction de la galerie du bord de l'eau entraînera celle de la galerie qui longe la rue de Rivoli. Nous serons trop heureux si l'on ne va pas plus loin.
[10]Depuis que ceci est écrit, j'ai lu dans quelques journaux qu'en effet on venait de s'aboucher avec les propriétaires du Grand-Hôtel pour leur acheter le droit de démolir l'angle du bâtiment qui masque l'Opéra, et qu'on était arrêté par le prix effrayant qu'ils en demandent. Il est à croire que ce temps d'arrêt ne sera pas long.
[10]Depuis que ceci est écrit, j'ai lu dans quelques journaux qu'en effet on venait de s'aboucher avec les propriétaires du Grand-Hôtel pour leur acheter le droit de démolir l'angle du bâtiment qui masque l'Opéra, et qu'on était arrêté par le prix effrayant qu'ils en demandent. Il est à croire que ce temps d'arrêt ne sera pas long.
[11]Ce projet n'est pas nouveau. Je ne remonterai pas jusqu'à Henri IV, et l'idée qu'il avait conçue de faire converger vers la place de l'Europe des rues portant les noms des provinces: dans ces limites, rien n'était plus légitime. En son ouvrage intitulé:Paris à la fin du dix-huitième siècle(in-8°, p. 83), Pujoulx expose tout au long un plan qui lui est propre, et qui consiste, en considérant Paris comme le centre d'un vaste État, à présenter dans les dénominations de toutes ses rues, impasses, places et quartiers, un résumé de la carte géographique. Sous la Révolution, le 14 brumaire an II, le citoyen Chamouleau, au nom de la section des Arcis, avait fait sur le même sujet une proposition beaucoup plus originale à la Convention. Voici comme elle était formulée: «Les communes de la France seront divisées en arrondissements particuliers, dont chaque place publique sera le centre; toute place publique portera le nom d'unevertu principale. Les rues affectées à l'arrondissement de cette place seront désignées par les noms desvertusqui auront un rapport direct avec cette vertu principale. Lorsqu'il n'y aura pas assez de vertus, on se servira de ceux de quelques grands hommes; mais on les rangera dans l'arrondissement de leur vertu principale.—À Paris, par exemple, le Palais National s'appelleraTemple ou Centre du républicanisme; l'Hôtel-Dieu,Temple de l'humanité républicaine; la Halle,Place de la frugalité républicaine. Les rues adjacentes, pour la première, seront les rues de la Générosité, de la Sensibilité, etc., et pour la seconde, de la Tempérance, de la Sobriété, etc. Il s'ensuivra que le peuple aura à chaque instant le mot d'une vertu dans la bouche, et bientôt la morale dans le cœur.» Pourquoi cet admirable projet n'a-t-il pas eu de suites? Mais on pourrait le reprendre aujourd'hui: ce serait une telle occasion de mettre les vertus du dix-neuvième siècle en lumière, à moins toutefois qu'on ne craigne, selon le cas prévu par le sagace citoyen Chamouleau, qu'il n'y on ait pas assez.
[11]Ce projet n'est pas nouveau. Je ne remonterai pas jusqu'à Henri IV, et l'idée qu'il avait conçue de faire converger vers la place de l'Europe des rues portant les noms des provinces: dans ces limites, rien n'était plus légitime. En son ouvrage intitulé:Paris à la fin du dix-huitième siècle(in-8°, p. 83), Pujoulx expose tout au long un plan qui lui est propre, et qui consiste, en considérant Paris comme le centre d'un vaste État, à présenter dans les dénominations de toutes ses rues, impasses, places et quartiers, un résumé de la carte géographique. Sous la Révolution, le 14 brumaire an II, le citoyen Chamouleau, au nom de la section des Arcis, avait fait sur le même sujet une proposition beaucoup plus originale à la Convention. Voici comme elle était formulée: «Les communes de la France seront divisées en arrondissements particuliers, dont chaque place publique sera le centre; toute place publique portera le nom d'unevertu principale. Les rues affectées à l'arrondissement de cette place seront désignées par les noms desvertusqui auront un rapport direct avec cette vertu principale. Lorsqu'il n'y aura pas assez de vertus, on se servira de ceux de quelques grands hommes; mais on les rangera dans l'arrondissement de leur vertu principale.—À Paris, par exemple, le Palais National s'appelleraTemple ou Centre du républicanisme; l'Hôtel-Dieu,Temple de l'humanité républicaine; la Halle,Place de la frugalité républicaine. Les rues adjacentes, pour la première, seront les rues de la Générosité, de la Sensibilité, etc., et pour la seconde, de la Tempérance, de la Sobriété, etc. Il s'ensuivra que le peuple aura à chaque instant le mot d'une vertu dans la bouche, et bientôt la morale dans le cœur.» Pourquoi cet admirable projet n'a-t-il pas eu de suites? Mais on pourrait le reprendre aujourd'hui: ce serait une telle occasion de mettre les vertus du dix-neuvième siècle en lumière, à moins toutefois qu'on ne craigne, selon le cas prévu par le sagace citoyen Chamouleau, qu'il n'y on ait pas assez.
[12]Un bruit court,—et l'expérience nous a appris que, sur le chapitre des travaux de Paris, il faut tenir grand compte des bruits qui courent,—un bruit court qu'on nous prépare un nouveau pont entre celui des Arts et celui des Saints-Pères, pour correspondre à un guichet du Louvre qui n'est pas encore ouvert, et à une rue qu'on se propose de percer. Seulement, quand il aura été bâti, les deux autres seront devenus inutiles, et on trouvera encore vingt excellentes raisons pour les démolir.—M. Haussmann n'est pas heureux avec les ponts, comme l'a fait observer M. F. de Lasteyrie. Après avoir exécuté séparément les deux tronçons du boulevard de Sébastopol sur la rive droite et sur la rive gauche, il s'est aperçu non-seulement qu'ils n'étaient pas dans le même axe, mais encore qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre dans l'axe des deux ponts destinés à les mettre en communication. Il a fallu les abattre tous deux pour les reconstruire à côté: c'était l'affaire de quelques millions seulement, ce qui ne vaut pas la peine d'en parler. Mais, après cette opération, il s'est trouvé que le nouveau pont au Change n'était guère mieux que l'autre en ligne droite avec le boulevard. Voilà qui s'appelle jouer de malheur. Reste la ressource de le démolir une seconde fois.
[12]Un bruit court,—et l'expérience nous a appris que, sur le chapitre des travaux de Paris, il faut tenir grand compte des bruits qui courent,—un bruit court qu'on nous prépare un nouveau pont entre celui des Arts et celui des Saints-Pères, pour correspondre à un guichet du Louvre qui n'est pas encore ouvert, et à une rue qu'on se propose de percer. Seulement, quand il aura été bâti, les deux autres seront devenus inutiles, et on trouvera encore vingt excellentes raisons pour les démolir.—M. Haussmann n'est pas heureux avec les ponts, comme l'a fait observer M. F. de Lasteyrie. Après avoir exécuté séparément les deux tronçons du boulevard de Sébastopol sur la rive droite et sur la rive gauche, il s'est aperçu non-seulement qu'ils n'étaient pas dans le même axe, mais encore qu'ils n'étaient ni l'un ni l'autre dans l'axe des deux ponts destinés à les mettre en communication. Il a fallu les abattre tous deux pour les reconstruire à côté: c'était l'affaire de quelques millions seulement, ce qui ne vaut pas la peine d'en parler. Mais, après cette opération, il s'est trouvé que le nouveau pont au Change n'était guère mieux que l'autre en ligne droite avec le boulevard. Voilà qui s'appelle jouer de malheur. Reste la ressource de le démolir une seconde fois.
[13]Ici encore ma conjecture s'est trouvée vérifiée. La plupart des journaux ont raconté, vers la fin de décembre dernier, l'histoire instructive de M. B., sujet anglais, domicilié à Paris, au lieu dit, il y a quatre ans, place Pentagonale; il y a deux ans, place Wagram, et connu aujourd'hui sous sa première appellation de place Pentagonale, le nom de Wagram ayant été donné récemment à un autre square placé dans le même quartier. M. B..... envoya, le 22 décembre, de la rue Vivienne, où il a son bureau, une dépêche à sa famille, laquelle dépêche lui fut retournée le lendemain avec cette mention:Destinataire inconnu.—La place Pentagonale n'existe pas.M. B...., qui habite depuis plusieurs années le lieu en question, trouva l'assertion un peu absolue. Français, il se le fût tenu pour dit, et serait resté convaincu que, par une erreur dont il était seul coupable, il avait cru demeurer en un endroit qui n'existait que dans son imagination. Mais M. B.... est Anglais, et, fidèle à la devise de l'Angleterre:Dieu et mon droit, il adressa une réclamation à la direction générale des lignes télégraphiques, qui s'excusa il faut lui rendre cette justice, avec le plus grand empressement.«La dernière édition de la nomenclature des rues de Paris, était-il dit ou à peu près dans cette lettre justificative, bien que dressée par M. Sagansan, géographe de l'administration des postes, ne fait aucune mention de la place Pentagonale. Malgré le zèle apporté par l'administration pour semettre sur la tracedes changements opérés dans la dénomination des voies de communication, elle n'arrive pas toujours à des renseignements exacts, et doit s'en tenir à des documents officiels, malheureusement incomplets.»Si une administration publique se trouve débordée par l'activité de M. Haussmann, ditle Temps, que feront d'humbles Parisiens, qui sont, au dire de M. le préfet de la Seine, gens nomades et tout à fait désordonnés dans leurs allures?
[13]Ici encore ma conjecture s'est trouvée vérifiée. La plupart des journaux ont raconté, vers la fin de décembre dernier, l'histoire instructive de M. B., sujet anglais, domicilié à Paris, au lieu dit, il y a quatre ans, place Pentagonale; il y a deux ans, place Wagram, et connu aujourd'hui sous sa première appellation de place Pentagonale, le nom de Wagram ayant été donné récemment à un autre square placé dans le même quartier. M. B..... envoya, le 22 décembre, de la rue Vivienne, où il a son bureau, une dépêche à sa famille, laquelle dépêche lui fut retournée le lendemain avec cette mention:Destinataire inconnu.—La place Pentagonale n'existe pas.M. B...., qui habite depuis plusieurs années le lieu en question, trouva l'assertion un peu absolue. Français, il se le fût tenu pour dit, et serait resté convaincu que, par une erreur dont il était seul coupable, il avait cru demeurer en un endroit qui n'existait que dans son imagination. Mais M. B.... est Anglais, et, fidèle à la devise de l'Angleterre:Dieu et mon droit, il adressa une réclamation à la direction générale des lignes télégraphiques, qui s'excusa il faut lui rendre cette justice, avec le plus grand empressement.
«La dernière édition de la nomenclature des rues de Paris, était-il dit ou à peu près dans cette lettre justificative, bien que dressée par M. Sagansan, géographe de l'administration des postes, ne fait aucune mention de la place Pentagonale. Malgré le zèle apporté par l'administration pour semettre sur la tracedes changements opérés dans la dénomination des voies de communication, elle n'arrive pas toujours à des renseignements exacts, et doit s'en tenir à des documents officiels, malheureusement incomplets.»
Si une administration publique se trouve débordée par l'activité de M. Haussmann, ditle Temps, que feront d'humbles Parisiens, qui sont, au dire de M. le préfet de la Seine, gens nomades et tout à fait désordonnés dans leurs allures?
[14]M. Cocheris, chez Durand.
[14]M. Cocheris, chez Durand.
[15]Dicaearchiae Henrici regis christiannissimi progymnasmata, in-8.
[15]Dicaearchiae Henrici regis christiannissimi progymnasmata, in-8.
[16]Trois parties réunies en un seul volume in-12, imprimé avec une page blanche au verso de chaque feuillet pour recevoir les observations du lecteur.
[16]Trois parties réunies en un seul volume in-12, imprimé avec une page blanche au verso de chaque feuillet pour recevoir les observations du lecteur.
[17]Je trouve aussi dans la bibliographie de la France, de Girault de Saint-Fargeau, l'indication d'unMémoirede Bouteville pourl'embellissement de l'île du palais, dont il ne donne pas la date.
[17]Je trouve aussi dans la bibliographie de la France, de Girault de Saint-Fargeau, l'indication d'unMémoirede Bouteville pourl'embellissement de l'île du palais, dont il ne donne pas la date.
[18]Le projet d'amener les eaux de la mer à Paris, en prolongeant jusque-là un port construit à Cherbourg, fut présenté à Louis XVI, et vivement combattu par les architectes, qui le regardaient comme capable d'entraîner la ruine de la capitale par la filtration de l'eau salée à travers le terrain calcaire qui sert de base à Paris. Le comte de Las Cases, dans le tome IV duMémorial de Sainte-Hélène, dit qu'il présenta à Napoléon, en 1812, un plan pour transformer le Champ de Mars en une naumachie qui eût servi d'ornement au Palais du roi de Rome, et qu'on aurait creusée suffisamment pour recevoir de petites corvettes destinées à l'instruction d'une école de marine installée à l'École militaire. Cette idée est revendiquée par Naudy Perronnet, qui, dans un ouvrage publié en 1825, et où il revient longuement là-dessus, prétend l'avoir proposée lui-même en 1812, avec cette seule différence qu'il établissait sa rade ou son bassin dans la plaine de Grenelle.
[18]Le projet d'amener les eaux de la mer à Paris, en prolongeant jusque-là un port construit à Cherbourg, fut présenté à Louis XVI, et vivement combattu par les architectes, qui le regardaient comme capable d'entraîner la ruine de la capitale par la filtration de l'eau salée à travers le terrain calcaire qui sert de base à Paris. Le comte de Las Cases, dans le tome IV duMémorial de Sainte-Hélène, dit qu'il présenta à Napoléon, en 1812, un plan pour transformer le Champ de Mars en une naumachie qui eût servi d'ornement au Palais du roi de Rome, et qu'on aurait creusée suffisamment pour recevoir de petites corvettes destinées à l'instruction d'une école de marine installée à l'École militaire. Cette idée est revendiquée par Naudy Perronnet, qui, dans un ouvrage publié en 1825, et où il revient longuement là-dessus, prétend l'avoir proposée lui-même en 1812, avec cette seule différence qu'il établissait sa rade ou son bassin dans la plaine de Grenelle.
[19]Le fameux Vriès, qui depuis devait acquérir une autre illustration sous le titre deDocteur noir, avait renouvelé dans des proportions grandioses, vers 1855, ce projet duTemple de Dieu, où il voulait opérer la fusion de tous les cultes.
[19]Le fameux Vriès, qui depuis devait acquérir une autre illustration sous le titre deDocteur noir, avait renouvelé dans des proportions grandioses, vers 1855, ce projet duTemple de Dieu, où il voulait opérer la fusion de tous les cultes.
[20]C'est fait.
[20]C'est fait.
[21]Plus loin, le prince de Ligne s'indigne encore contre ceux qui pourraient s'opposer à ses projets en prononçant cevil mot d'argent. On voit qu'il avait les grandes traditions. Napoléon Ierdisait de Corneille: «S'il avait vécu de mon temps, je l'aurais fait prince;» M. Haussmann pourrait dire du prince de Ligne: «Je l'aurais fait membre de ma commission municipale.»
[21]Plus loin, le prince de Ligne s'indigne encore contre ceux qui pourraient s'opposer à ses projets en prononçant cevil mot d'argent. On voit qu'il avait les grandes traditions. Napoléon Ierdisait de Corneille: «S'il avait vécu de mon temps, je l'aurais fait prince;» M. Haussmann pourrait dire du prince de Ligne: «Je l'aurais fait membre de ma commission municipale.»
[22]Avis à M. le préfet de la Seine: il rougira de n'y avoir pas encore pensé.
[22]Avis à M. le préfet de la Seine: il rougira de n'y avoir pas encore pensé.
[23]Paris a marché depuis, sans tenir aucun compte de la volonté du prince de Ligne.
[23]Paris a marché depuis, sans tenir aucun compte de la volonté du prince de Ligne.
[24]Pour le coup, ce n'est pas cette phrase-là qui eût fait entrer le prince de Ligne au conseil municipal.
[24]Pour le coup, ce n'est pas cette phrase-là qui eût fait entrer le prince de Ligne au conseil municipal.
[25]On s'est avisé d'en bâtir quelques-unes: il est vrai que, depuis que l'auteur écrivait ceci, on en avait abattu beaucoup.
[25]On s'est avisé d'en bâtir quelques-unes: il est vrai que, depuis que l'auteur écrivait ceci, on en avait abattu beaucoup.
[26]Chamousset, philanthrope (1717-1773), qui a beaucoup fait pour l'amélioration des hôpitaux, des établissements de bienfaisance, et de l'assistance publique, ce qui est la meilleure manière de réformer Paris.
[26]Chamousset, philanthrope (1717-1773), qui a beaucoup fait pour l'amélioration des hôpitaux, des établissements de bienfaisance, et de l'assistance publique, ce qui est la meilleure manière de réformer Paris.
[27]Voilà nos squares, avec leurs plantations et leurs pelouses, qui n'ont rien de «contraire à la dignité,» et où la nature garde un parfaitdécorum.
[27]Voilà nos squares, avec leurs plantations et leurs pelouses, qui n'ont rien de «contraire à la dignité,» et où la nature garde un parfaitdécorum.
[28]M. Haussmann, hélas! n'a pas été si sage.
[28]M. Haussmann, hélas! n'a pas été si sage.
[29]Rien que cela. Le plan actuel est plus complet: «Il ne s'agit que d'abattre tout Paris, et de le reconstruire.»
[29]Rien que cela. Le plan actuel est plus complet: «Il ne s'agit que d'abattre tout Paris, et de le reconstruire.»
[30]Ceux de M. Haussmann ne l'étaient pas encore.
[30]Ceux de M. Haussmann ne l'étaient pas encore.
[31]Le conseil est un peu radical, il faut l'avouer, et il effrayerait des gens timides; mais M. le préfet de la Seine est homme à le comprendre.
[31]Le conseil est un peu radical, il faut l'avouer, et il effrayerait des gens timides; mais M. le préfet de la Seine est homme à le comprendre.
[32]Il y a là une idée; mais démolir une demi-douzaine de maisons, c'est bien mesquin: le jour où nous nous en mêlerons, nous ferons mieux les choses.
[32]Il y a là une idée; mais démolir une demi-douzaine de maisons, c'est bien mesquin: le jour où nous nous en mêlerons, nous ferons mieux les choses.
[33]Passage recommandé à l'honorable général Husson.
[33]Passage recommandé à l'honorable général Husson.
[34]On a vu, par la lecture de l'Appendice précédent, à quel point cette dernière partie du vœu de Ch. de Villette a été exaucée.
[34]On a vu, par la lecture de l'Appendice précédent, à quel point cette dernière partie du vœu de Ch. de Villette a été exaucée.
[35]Beaucoup plus simple, en effet, comme il serait plus simple aussi de débaptiser les anciennes rues pour leur donner de beaux noms modernes.
[35]Beaucoup plus simple, en effet, comme il serait plus simple aussi de débaptiser les anciennes rues pour leur donner de beaux noms modernes.
[36]Cette raison était concluante: aussi l'église des Théatins devint-elle un magasin de blé, et Ch. de Villette vécut assez pour voir ce beau triomphe de l'utilité publique; puis on en fit une salle de spectacle, puis un café; après quoi il ne resta plus qu'à la renverser.
[36]Cette raison était concluante: aussi l'église des Théatins devint-elle un magasin de blé, et Ch. de Villette vécut assez pour voir ce beau triomphe de l'utilité publique; puis on en fit une salle de spectacle, puis un café; après quoi il ne resta plus qu'à la renverser.
[37]C'est fait.
[37]C'est fait.
[38]On a fait mieux: on l'a démoli.
[38]On a fait mieux: on l'a démoli.
[39]C'est fait.
[39]C'est fait.
[40]Voilà encore une fois la rue de Rivoli.
[40]Voilà encore une fois la rue de Rivoli.
[41]Admirable thème pour un nouveau discours de M. Duruy à l'Association polytechnique, ou pour un bas-relief au fronton d'une caserne! Les vieux partis ne s'en relèveraient pas.
[41]Admirable thème pour un nouveau discours de M. Duruy à l'Association polytechnique, ou pour un bas-relief au fronton d'une caserne! Les vieux partis ne s'en relèveraient pas.
[42]C'est l'auteur qui a soulignécent mille écus, tant il est épouvanté d'une prodigalité pareille. Il se serait formé, s'il eût vécu jusqu'à nos jours.
[42]C'est l'auteur qui a soulignécent mille écus, tant il est épouvanté d'une prodigalité pareille. Il se serait formé, s'il eût vécu jusqu'à nos jours.
[43]Voilà l'idée des refuges, dont il est question depuis quelque temps.
[43]Voilà l'idée des refuges, dont il est question depuis quelque temps.
[44]C'est dans ce concours, où Victorin Fabre, Millevoye et Soumel remportèrent le prix et les accessits, que M. Viennet s'écriait avec un enthousiasme lyrique:À chaque pas m'arrête un prodige nouveau;Tout fléchit sous l'équerre, obéit au cordeau.Et on ne le couronna point!
[44]C'est dans ce concours, où Victorin Fabre, Millevoye et Soumel remportèrent le prix et les accessits, que M. Viennet s'écriait avec un enthousiasme lyrique:
À chaque pas m'arrête un prodige nouveau;Tout fléchit sous l'équerre, obéit au cordeau.
Et on ne le couronna point!
[45]Dans les premières pages de son volume, M. Amédée Tissot recommande l'usage des voitures à vapeur, ne fût-ce que pour éviter les miasmes insalubres qui résultent pour les rues des grandes villes de l'emploi des chevaux. Il voudrait aussi qu'il fût défendu de fumer dans les rues, places, jardins et passages. Décidément M. Tissot n'aime point les mauvaises odeurs.
[45]Dans les premières pages de son volume, M. Amédée Tissot recommande l'usage des voitures à vapeur, ne fût-ce que pour éviter les miasmes insalubres qui résultent pour les rues des grandes villes de l'emploi des chevaux. Il voudrait aussi qu'il fût défendu de fumer dans les rues, places, jardins et passages. Décidément M. Tissot n'aime point les mauvaises odeurs.
[46]Une centaine de pages plus haut, l'auteur avait préconisé l'emploi du fer au lieu de bois dans tous les bâtiments pour les dérober au péril d'incendie.
[46]Une centaine de pages plus haut, l'auteur avait préconisé l'emploi du fer au lieu de bois dans tous les bâtiments pour les dérober au péril d'incendie.
[47]C'est un commencement de phalanstère: nous nous y acheminons.
[47]C'est un commencement de phalanstère: nous nous y acheminons.
[48]À la bonne heure! Mais ce qui gâte l'idée, c'est que l'auteur veut réglementer la variété elle-même «suivant les quartiers.» Ce bon conseil n'en a que plus de chance d'être suivi aujourd'hui.
[48]À la bonne heure! Mais ce qui gâte l'idée, c'est que l'auteur veut réglementer la variété elle-même «suivant les quartiers.» Ce bon conseil n'en a que plus de chance d'être suivi aujourd'hui.
[49]Nos architectes sont classiques, très-classiques, mais cela ne les empêche pas d'employer l'architecture turque, chinoise et birmane.
[49]Nos architectes sont classiques, très-classiques, mais cela ne les empêche pas d'employer l'architecture turque, chinoise et birmane.
[50]Cf. aussiMémoire sur l'embellissement des Champs-Élysées, par Eugène Bérès. 1836, in-4°.
[50]Cf. aussiMémoire sur l'embellissement des Champs-Élysées, par Eugène Bérès. 1836, in-4°.
[51]Le conseil municipal de 1830, oui, peut-être; mais celui de 1865, non, à coup sûr. Il a déjà voté mieux que cela.
[51]Le conseil municipal de 1830, oui, peut-être; mais celui de 1865, non, à coup sûr. Il a déjà voté mieux que cela.
[52]Saint-Germain-l'Auxerrois.
[52]Saint-Germain-l'Auxerrois.
[53]Plus loin, ce temple est décrit, comme la ville, dans le plus grand détail. De même que Paris est unhomme, son temple est unefemme!
[53]Plus loin, ce temple est décrit, comme la ville, dans le plus grand détail. De même que Paris est unhomme, son temple est unefemme!
[54]C'est laceinture, comme le lecteur l'a compris sans doute.
[54]C'est laceinture, comme le lecteur l'a compris sans doute.
[55]On voit que c'est tout à fait notre boulevard de Sébastopol, avec sa prolongation du boulevard de Strasbourg.
[55]On voit que c'est tout à fait notre boulevard de Sébastopol, avec sa prolongation du boulevard de Strasbourg.
[56]Je ne parle pas deParis moderne, plan d'une ville modèle que l'auteur a appelée Novutopie, par Couturier de Vienne (1860, in-12): c'est une fantaisie satirique, qui ne se rattache que de très-loin et très-indirectement à notre sujet.
[56]Je ne parle pas deParis moderne, plan d'une ville modèle que l'auteur a appelée Novutopie, par Couturier de Vienne (1860, in-12): c'est une fantaisie satirique, qui ne se rattache que de très-loin et très-indirectement à notre sujet.