TRAIT HISTORIQUE

… J’approchai de la mouche et c’était un corbeau…Et cette mouche était un vautour.Et cette mouche…

… J’approchai de la mouche et c’était un corbeau…Et cette mouche était un vautour.Et cette mouche…

… J’approchai de la mouche et c’était un corbeau…Et cette mouche était un vautour.Et cette mouche…

… J’approchai de la mouche et c’était un corbeau…

Et cette mouche était un vautour.

Et cette mouche…

Ils étaient là trois maréchaux de Napoléon :

Ney, Kellermann et Pérignon. Kellermann, vieux paysan mal accoutumé à sa splendeur récente et aux délicatesses de la civilisation, avait complètement oublié, juste au moment où l’empereur allait passer sa revue, qu’il avait chaussé un caleçon pour la circonstance ; de sorte qu’il l’avait ignominieusement arrosé. Et l’autre Alsacien, Ney, prince de la Moskova, inspectant sa tenue, venait de le traiter, Dieu sait comme ! et en présence de tout l’État-major. Le pauvre vieux en pleurait. Se voir ainsi humilié, publiquement, et par « un pays » ! En vain Pérignon, le troisième maréchal, s’évertuait-il à le consoler : ce qui surtout lui crevait le cœur était d’entendre, dans la salle voisine, Chicot, oui, Chicot, l’illustre bouffon de Henri III[7]s’esclaffer avec frère Gorenflot, ivre comme lui, et braillant tous deux :

Mais rien de si débâtéQue n’est moine à pleine treille,Mais rien n’est si débâtéQue le moine en liberté…

Mais rien de si débâtéQue n’est moine à pleine treille,Mais rien n’est si débâtéQue le moine en liberté…

Mais rien de si débâté

Que n’est moine à pleine treille,

Mais rien n’est si débâté

Que le moine en liberté…

[7]Vous lûtes tous, est-ce pas,La Dame de Monsoreau,La Reine Margot, etc. ?

[7]Vous lûtes tous, est-ce pas,La Dame de Monsoreau,La Reine Margot, etc. ?

— Si ce n’est un maréchal de ce gredin de Napoléon !

Et tout cela se passait à Bruxelles, rue Montagne-aux-Herbes-potagères, dans l’estaminet de MmeVansteenbrugghe, où si souvent je fréquentai jadis avec feu mon père et son ami M. Klercx, le peaussier. C’était quand nous habitions au 40 de la rue de l’Hôpital… en 1879. Le rêve date d’octobre 1913.


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