GUILLAUME III ET MARIE II(1689-1702)

GUILLAUME III ET MARIE II(1689-1702)

Très peu de chose il reste à direDe ces deux tourtereaux charmants.Ni l'oun ni l'autre ne fut pireQue rois et reines précédents.Guillaume il eut beaucoup à faire,En commençant, pour conserverLa trône qu'à son cher beau-pèreOn l'a vu tantôt enlever.Cet-ci dans la pays de FranceAvec ses gens s'étant rendu,Y cherchait encore oune chanceDe ravoir sa trône perdu.Mais cet espoir il était vaine.Guillaume avait beaucoup d'amisDont pour Jacques le grande haineJamais depouis ne s'est remis;Et lorsque Louis, Roi-Lumière,Signa la traité de Ryswick[42],De pauvre Jacques le prièreIl fut oublié...pretty quick.Enfin, du pouvoir souveraineGuillaume jouit avec douceur;Mais bientôt il perdit son reine[43],Et ce lui fut oun grand douleur.Lui-même, si brave et si forte,Oun jour il tomba de cheval;Puisque de cet coup il est morte,C'est qu'il s'était fait oun grand mal.N'importe! il fut pouissant monarque,Très tendre et beaucoup complaisant;Et sous son œil l'anglaise barqueIl fit oun grand saut en avant.

Très peu de chose il reste à direDe ces deux tourtereaux charmants.Ni l'oun ni l'autre ne fut pireQue rois et reines précédents.Guillaume il eut beaucoup à faire,En commençant, pour conserverLa trône qu'à son cher beau-pèreOn l'a vu tantôt enlever.Cet-ci dans la pays de FranceAvec ses gens s'étant rendu,Y cherchait encore oune chanceDe ravoir sa trône perdu.Mais cet espoir il était vaine.Guillaume avait beaucoup d'amisDont pour Jacques le grande haineJamais depouis ne s'est remis;Et lorsque Louis, Roi-Lumière,Signa la traité de Ryswick[42],De pauvre Jacques le prièreIl fut oublié...pretty quick.Enfin, du pouvoir souveraineGuillaume jouit avec douceur;Mais bientôt il perdit son reine[43],Et ce lui fut oun grand douleur.Lui-même, si brave et si forte,Oun jour il tomba de cheval;Puisque de cet coup il est morte,C'est qu'il s'était fait oun grand mal.N'importe! il fut pouissant monarque,Très tendre et beaucoup complaisant;Et sous son œil l'anglaise barqueIl fit oun grand saut en avant.

Très peu de chose il reste à dire

De ces deux tourtereaux charmants.

Ni l'oun ni l'autre ne fut pire

Que rois et reines précédents.

Guillaume il eut beaucoup à faire,

En commençant, pour conserver

La trône qu'à son cher beau-père

On l'a vu tantôt enlever.

Cet-ci dans la pays de France

Avec ses gens s'étant rendu,

Y cherchait encore oune chance

De ravoir sa trône perdu.

Mais cet espoir il était vaine.

Guillaume avait beaucoup d'amis

Dont pour Jacques le grande haine

Jamais depouis ne s'est remis;

Et lorsque Louis, Roi-Lumière,

Signa la traité de Ryswick[42],

De pauvre Jacques le prière

Il fut oublié...pretty quick.

Enfin, du pouvoir souveraine

Guillaume jouit avec douceur;

Mais bientôt il perdit son reine[43],

Et ce lui fut oun grand douleur.

Lui-même, si brave et si forte,

Oun jour il tomba de cheval;

Puisque de cet coup il est morte,

C'est qu'il s'était fait oun grand mal.

N'importe! il fut pouissant monarque,

Très tendre et beaucoup complaisant;

Et sous son œil l'anglaise barque

Il fit oun grand saut en avant.

[42] Voir note à l'appendice.

[43] Voir note à l'appendice.

Anne elle était sœur de Marie,Et sur la trône fut douze ans.Elle était douce et bien jolie,Mais fanatique en même temps.Pour rendre son gloire immortelleElle fit tout en sa pouvoir;Mais sa lustre la plus réelleVint, je crois, comme l'on va voir.En effet, c'été sous ce reineQue vivé la fameux guerrierMossieu Malbrouck, grand capitaine,D'oun appétit si carnassier.Malbrouck il fit le guerre en FranceDont les soldats il écrasa;Et, pour vaincre, son diligenceBien rarement on surpassa[44].Bien! ce n'est pas tant sa couraigeQui lui valut sa grand renom,Mais de son gloire l'apanaigeIl lui vint d'oun fameux chanson:«Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...»«Paige, quel nouvelle apportez?...»«Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...»«Par quatre biaux sous-officiers...»Et puis: «Madame à son tour monte«Bien plus haut qu'il peut pas monter...»Chanson que les Français, sans honte,Toujours ils ne font que chanter.Si tant que du grand capitaineIl ne reste plus aujourd'huiQue cet scandalouse refraineQu'on a fait pour rire de lui.Well! well!quant au reine lui-même,S'il ne fut pas de les plus grands,Il eut l'avantaige suprêmeDe se faire aimer tout la temps,Dirigeant toute son pouissanceA rendre heureux tous ses soujets.Si tant qu'après la long distanceDe deux siècles, la peuple anglaisNe parle pas de «good queen Anne»Sans beaucoup grand le bouche ouvrirPour aussitôt oun vrai boucaneDe compliments laisser sortir.Well, then!Anne fut oun monarqueDont on ne peut médire en rien;Car sous son œil l'anglaise barqueIl marcha tioujours... oh!... très bien.

Anne elle était sœur de Marie,Et sur la trône fut douze ans.Elle était douce et bien jolie,Mais fanatique en même temps.Pour rendre son gloire immortelleElle fit tout en sa pouvoir;Mais sa lustre la plus réelleVint, je crois, comme l'on va voir.En effet, c'été sous ce reineQue vivé la fameux guerrierMossieu Malbrouck, grand capitaine,D'oun appétit si carnassier.Malbrouck il fit le guerre en FranceDont les soldats il écrasa;Et, pour vaincre, son diligenceBien rarement on surpassa[44].Bien! ce n'est pas tant sa couraigeQui lui valut sa grand renom,Mais de son gloire l'apanaigeIl lui vint d'oun fameux chanson:«Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...»«Paige, quel nouvelle apportez?...»«Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...»«Par quatre biaux sous-officiers...»Et puis: «Madame à son tour monte«Bien plus haut qu'il peut pas monter...»Chanson que les Français, sans honte,Toujours ils ne font que chanter.Si tant que du grand capitaineIl ne reste plus aujourd'huiQue cet scandalouse refraineQu'on a fait pour rire de lui.Well! well!quant au reine lui-même,S'il ne fut pas de les plus grands,Il eut l'avantaige suprêmeDe se faire aimer tout la temps,Dirigeant toute son pouissanceA rendre heureux tous ses soujets.Si tant qu'après la long distanceDe deux siècles, la peuple anglaisNe parle pas de «good queen Anne»Sans beaucoup grand le bouche ouvrirPour aussitôt oun vrai boucaneDe compliments laisser sortir.Well, then!Anne fut oun monarqueDont on ne peut médire en rien;Car sous son œil l'anglaise barqueIl marcha tioujours... oh!... très bien.

Anne elle était sœur de Marie,

Et sur la trône fut douze ans.

Elle était douce et bien jolie,

Mais fanatique en même temps.

Pour rendre son gloire immortelle

Elle fit tout en sa pouvoir;

Mais sa lustre la plus réelle

Vint, je crois, comme l'on va voir.

En effet, c'été sous ce reine

Que vivé la fameux guerrier

Mossieu Malbrouck, grand capitaine,

D'oun appétit si carnassier.

Malbrouck il fit le guerre en France

Dont les soldats il écrasa;

Et, pour vaincre, son diligence

Bien rarement on surpassa[44].

Bien! ce n'est pas tant sa couraige

Qui lui valut sa grand renom,

Mais de son gloire l'apanaige

Il lui vint d'oun fameux chanson:

«Mossieu Malbrouck s'en va-t-en guerre...»

«Paige, quel nouvelle apportez?...»

«Oh! mais... je l'ai vu mettre en terre...»

«Par quatre biaux sous-officiers...»

Et puis: «Madame à son tour monte

«Bien plus haut qu'il peut pas monter...»

Chanson que les Français, sans honte,

Toujours ils ne font que chanter.

Si tant que du grand capitaine

Il ne reste plus aujourd'hui

Que cet scandalouse refraine

Qu'on a fait pour rire de lui.

Well! well!quant au reine lui-même,

S'il ne fut pas de les plus grands,

Il eut l'avantaige suprême

De se faire aimer tout la temps,

Dirigeant toute son pouissance

A rendre heureux tous ses soujets.

Si tant qu'après la long distance

De deux siècles, la peuple anglais

Ne parle pas de «good queen Anne»

Sans beaucoup grand le bouche ouvrir

Pour aussitôt oun vrai boucane

De compliments laisser sortir.

Well, then!Anne fut oun monarque

Dont on ne peut médire en rien;

Car sous son œil l'anglaise barque

Il marcha tioujours... oh!... très bien.

[44] Voir note à l'appendice.

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