The Project Gutenberg eBook ofPoint de lendemainThis ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.Title: Point de lendemainAuthor: Vivant DenonRelease date: October 24, 2008 [eBook #27018]Most recently updated: January 4, 2021Language: FrenchCredits: Produced by Laurent Vogel (This book was produced from scannedimages of public domain material from the Google Print project.)*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK POINT DE LENDEMAIN ***
This ebook is for the use of anyone anywhere in the United States and most other parts of the world at no cost and with almost no restrictions whatsoever. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this ebook or online atwww.gutenberg.org. If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook.
Title: Point de lendemainAuthor: Vivant DenonRelease date: October 24, 2008 [eBook #27018]Most recently updated: January 4, 2021Language: FrenchCredits: Produced by Laurent Vogel (This book was produced from scannedimages of public domain material from the Google Print project.)
Title: Point de lendemain
Author: Vivant Denon
Author: Vivant Denon
Release date: October 24, 2008 [eBook #27018]Most recently updated: January 4, 2021
Language: French
Credits: Produced by Laurent Vogel (This book was produced from scannedimages of public domain material from the Google Print project.)
*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK POINT DE LENDEMAIN ***
Conte
«La lettre tue et l'esprit vivifie.»(H. D. S. P.)
STRASBOURG
M. D. CCC. LXI
Réimpression de l'édition de 1812,tirée à très-petit nombre.
Strasbourg, Imprimerie de Veuve Berger-Levrault.
«Une femme d'esprit est un diable en intrigue;Et, dès que son caprice a prononcé tout basL'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas.»[1]
«Une femme d'esprit est un diable en intrigue;Et, dès que son caprice a prononcé tout basL'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas.»[1]
«Une femme d'esprit est un diable en intrigue;
Et, dès que son caprice a prononcé tout bas
L'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas.»[1]
Cette pensée est justifiée par le petit contePoint de Lendemain, une des intrigues les plus piquantes qur le spirituelCauseur du Lundiait signalées à la curiosité de ses nombreux lecteurs dans un article sur Charles Nodier.[2]
«Le dernier chapitre de mon roman[3]écrivait M. Sainte-Beuve en 1840, est une réminiscence très-égayée d'une génération légère, qui avait eu, comme Nodier l'a très-bien dit,FaublaspourTélémaque. J'aime peu à tous égards cedernier chapitre, si spirituel qu'il soit, il rappelle trop son modèle par des côtés non-seulement scabreux, mais un peu vulgaires. Je ne sais en ce genre de vraiment délicat que le petit contePoint de Lendemainde Denon, qu'on peut citer sans danger, puisqu'on ne trouvera nulle part à le lire.»
Si M. Sainte-Beuve ne s'était occupé que dudernier chapitre de mon roman, il n'aurait pas, d'abord excité la curiosité en citant un livre dont la lecture paraît à son avis offrir des dangers, puis commis une erreur, car, tout le monde peut trouver à lire ce conte, et enfin, ce qui est plus sérieux, fait naître dans l'esprit de ses lecteurs l'idée, que lui-même a lu d'une manière bien superficielle certains ouvrages auxquels il a cependant consacré des articles de critique.
Il y a même lieu de s'étonner que M. Sainte-Beuve n'ait pas remarqué dans laPhysiologie du mariage, dont il avait cependant déjà parlé en 1834, ce petit conte «vraiment délicat» intercalé presqu'en entier par Balzac dans «cette macédoine de saveur mordante et graveleuse qui annonce un compatriote bien appris de Rabelais, ou du moins de Béroalde de Verville.»[4]
On pourrait encore ne pas être de l'avis de M. Sainte-Beuve au sujet dePoint de Lendemain, car un conte n'est «vraiment délicat» qu'autant que le cœur y joue un rôle, et dans celui-ci le cœur est remplacé par l'esprit. Mais n'ergotons pas à ce sujet, et remercions plutôt M. Sainte-Beuve qui est une autorité en matière de critique, d'avoir appelé l'attention de maint bibliomane sur la petite édition de Denon aujourd'hui une rareté bibliographique.
Le bibliophile Jacob[5]va maintenant nous faire connaître comment Balzac a été amené à commettreune intercalation.
«En 1830[6]un exemplaire de ce conte fut communiqué à Balzac, par le baron Dubois, chirurgien de l'empereur, et Balzac enchanté de la conquête de cet opuscule, qu'on lui donnait comme entièrement inconnu, ne se fit pas scrupule de l'admettre dans le second volume de laPhysiologie du mariageen y faisant quelques retouches et sans dire la source de son heureux larcin.»
On trouve dans laPhysiologie du mariage[7]les circonstances qui ont amené la publication de cet opuscule par Denon.
«Un jour, à la fin d'un repas donné à quelques intimes par le prince Lebrun, les convives, échauffés par le champagne, en étaient sur le chapitre intarissable des ruses féminines. La récente aventure arrivée à Mmela comtesse R. S. D. J. D. A.[8]à propos d'un collier, avait été le principe de cette conversation. Un artiste aimable, un savant aimé de l'empereur, soutenait vigoureusement l'opinion peu virile, suivant laquelle il serait interdit à l'homme de résister avec succès aux trames ourdies par la femme. J'ai heureusement éprouvé, disait-il, que rien n'est sacré pour elles……
«Les dames se récrièrent.—Mais je puis citer un fait.—C'est une exception!—
«Écoutons l'histoire!… dit une jeune dame.
«Oh, racontez-nous-la! s'écrièrent tous les convives.
«Le prudent vieillard jeta les yeux autour de lui, et après avoir vérifié l'âge des dames, il sourit en disant: Puisque nous avons tous expérimenté la vie, je consens à vous narrer l'aventure. Il se fit un grand silence, et le conteur commença.
«Plus d'une fois les dames, privées de leurs éventails, rougirent des aveux un peu trop sincères faits par l'aimable vieillard, dont l'élocution prestigieuse obtint grâce pour certains détails de ses amours éphémères, détails que nous avons supprimés comme trop érotiques pour l'époque actuelle. Cependant, il est à croire que chaque dame le complimenta particulièrement; car quelques temps après il leur offrit à toutes, ainsi qu'aux convives masculins, un exemplaire de son récit imprimé à vingt-cinq exemplaires par Pierre Didot. C'est sur le no24[9]que nous avons pris les éléments de cette narration.»
Le bruit courut alors qu'une princesse impériale avait fourni les principaux traits du tableau, et que Denon était un peintre indiscret. On n'ignore pas que Denon connut beaucoup par sa liaison avec Dorat, cette femme, aussi gracieuse qu'aimable,[10]dont le poëte Lebrun a dit:
Chloé belle et poëte a deux petits traversElle fait son visage et ne fait pas ses vers.
Chloé belle et poëte a deux petits traversElle fait son visage et ne fait pas ses vers.
Chloé belle et poëte a deux petits travers
Elle fait son visage et ne fait pas ses vers.
A la suite de ces bruits, plusieurs exemplaires de ce conte auraient été détruits.
Dans les premières éditions de laPhysiologie du mariage, Balzac n'indique aucun nom d'auteur; ce n'est que dans une des dernières de cet ouvrage qu'il fit connaître quePoint de lendemainne lui appartenait qu'en qualité d'éditeur, puis mieux renseigné à l'égard du conte et du conteur, il remplaça le nom de Denon par celui de Dorat dans l'édition de laComédie humaine.
La plupart des bibliographes ne mentionnent que la petite édition que le baron Vivant-Denon, alors directeur général des musées de l'empereur, fit imprimer, en 1812, chez Pierre Didot sans nom d'auteur. Ils ignoraient sans doute l'existence dePoint de lendemaindans les œuvres de Dorat. Cependant M. Brunet, dans sa dernière édition duManuel de l'amateur de livres[11], tome II, 1repartie, indique que le conte parut pour la première fois dans les œuvres de Dorat. M. Paul Chéron, de la bibliothèque impériale, dans sonCatalogue général de la librairie française au XIXesiècle[12], signale également ce conte, et l'attribue à Dorat. Il dit qu'il a été tiré à 300 exemplaires, c'est évidemment une erreur, car cette petite plaquette n'a été tout au plus tirée qu'à 30; elle est très-rare aujourd'hui et ne se trouve que dans quelques bibliothèques d'amateurs.[13]
Il nous reste maintenant à examiner si Denon n'a pas été plagiaire.
Denon écrivait élégamment; il contait surtout fort bien, et sa conversation spirituelle et toujours fertile en anecdotes amusait beaucoup Louis XV et Madame de Pompadour.
Il n'est donc pas probable qu'il se soit attribué un conte qui avait été imprimé[14]déjà en 1780; aussi avons-nous la certitude morale que Dorat est l'auteur dePoint de lendemain, car les changements apportés à l'édition publiée par Denon trente ans plus tard sont presque insignifiants et ne consistent guère qu'en quelques corrections de style.
Si le champ des suppositions est ouvert, et il doit l'être quand il s'agit de disculper un auteur accusé de plagiat, on pourrait être porté à croire, en voyant tout l'intérêt de Denon pour ce petit conte, qu'il en a été le héros et que Dorat n'a fait que mettre enlumièreles confidences de l'artiste.
Mmela comtesse Isabella Albrizzi, dans sesRitrati[15], parle avec enthousiasme des succès galants de Denon et l'on sait qu'amoureux de toutes les actrices et afin d'avoir le privilége de les voir plus fréquemment, il donnaaux Françaisune comédie,Le bon Père, qui eut un succès médiocre.
On peut donc lui attribuer l'aventure, et il serait assez piquant que lemarquis minautorisé tout en minautorisant, fut Dorat lui-même avec qui Denon était très lié.
Il existe encore un petit volume intitulé:La Nuit Merveilleuse ou le nec plus ultra du plaisir[16], c'est le contePoint de lendemainamplifié par des détails trop licencieux. Ce livre de la fin du siècle dernier, imprimé bien certainement dans un moment où la discorde avait substitué la licence à la liberté de la presse, n'était pas inconnu à Denon. Bien que pour nous il n'en soit pas l'auteur, ce volume lui a au moins servi quand il a publié sa petite édition.
Nous trouvons, en effet, pour appuyer notre assertion, le passage suivant dans le conte de Dorat page 235:
«Il en est des baisers comme des confidences, ils s'attirent. En effet, etc.» Dansla Nuit Merveilleuseil y a: «Il en est des baisers comme des confidences, ils s'attirent, ils s'accélèrent et s'échauffent les uns par les autres.»
Cette dernière phrase est identique dans l'édition de Denon.
Depuis, maint auteur dramatique[17]a pillé le sujet du contePoint de lendemainqui est sans contredit une des plus charmantes productions du genre galant; on y admire un esprit vif, des détails aussi ingénieux que gracieux et une peinture assez vraie des travers aimables qui caractérisaient si bien la nation française au dix-huitième siècle. C'est une fourberie des plus séduisantes ourdie par la femme pour satisfaire un caprice. Quant à sa morale…, Balzac l'a définie; «cette anecdote», dit-il, «a le mérite de présenter à la fois de hautes instructions aux maris, et aux célibataires la peinture des mœurs du siècle dernier.»
* *