Savinski eut une journée difficile. Au matin, Séméonof lui téléphona sur un ton qui lui déplut… Il semblait qu’il y eût une complicité entre eux et cette idée, surtout à ce moment-là, était odieuse à Savinski. Séméonof avait annoncé sa visite à la Banque du Nord le lendemain pour midi, de telle façon qu’il avait été impossible de refuser le rendez-vous. Puis, comme Savinski allait se mettre à table, un officier arriva de Moscou en tenue de simple soldat. Il venait de la part de Spasski. Spasski était plein d’espoir et croyait au succès du mouvement dans le sud. « Nous allons refaire un noyau vraiment russe sur les terres cosaques et c’est là qu’est le salut du pays. » Mais, aux questions posées à l’émissaire, Savinski comprit qu’une fois de plus les rivalités de personnes jouaient un grand rôle dans le Don, que l’accord était difficile entre les généraux, que Spasski lui-même, à cause de son passé révolutionnaire, n’était pas accepté sans peine, et qu’enfin dans les villes les bolchéviques avaient des partisans. Il eut le sentiment très net de la vanité de l’œuvre entreprise par son ami. Mais que faire ? Il fallait jouer les cartes que l’on avait et, toute l’après-midi, Savinski courut à la recherche de quelques personnages financiers et politiques avec lesquels il avait à se concerter avant de répondre à Spasski. Et, pendant qu’il parlait interminablement politique et affaires, il pensait au plaisir qu’il aurait à retrouver Lydia à cinq heures.
Il arriva en retard au rendez-vous, de mauvaise humeur, et son mécontentement s’accrut lorsqu’il vit auprès de Lydia son amie Hélène.
Lydia l’accueillit de la façon la plus amicale. Elle était gaie et riante. Dans le petit salon où elle le reçut, la température était douce. Les deux jeunes filles parlaient de leurs amies, des jeunes gens qu’elles avaient vus ou dont elles avaient des nouvelles. Des événements récents, de politique, pas un mot. On était à cent lieues de la révolution. L’humeur de Savinski se dissipa dans cette atmosphère enchantée ; il se mêla à la conversation. Il regardait le visage animé de Lydia ; elle était redevenue enfant et il la retrouva telle qu’il l’avait connue avant la mort de son cousin. Il hésitait à lui demander ce qu’elle avait à lui apprendre. Mais Lydia y vint d’elle-même. Elle avait pris le thé la veille chez lord Douglas qui avait conservé un petit appartement près de l’ambassade d’Angleterre. Il n’y passait que les après-midi, car il logeait maintenant, comme Savinski le savait, chez les Choupof-Karamine. C’était une partie carrée ; il avait invité son amie et un collègue de l’ambassade. Hélène et elle échangèrent leurs impressions sur cette réception intime et confrontèrent leurs souvenirs récents.
Savinski eut soudainement l’impression d’être hors de la conversation, d’appartenir à une autre espèce de gens, de n’avoir plus aucun lien avec Lydia. Son bref voyage de Finlande avait-il suffi pour créer entre eux un abîme si profond ? Voilà que Lydia avait dans le Pétrograd même où ils vivaient des intérêts et des souvenirs en dehors de lui. Il se perdait ainsi dans de moroses pensées, tandis que les jeunes filles continuaient à bavarder avec animation. Par moment, il regardait Lydia. Jamais elle ne lui avait paru plus jolie. Elle semblait faite d’une essence plus rare que les autres femmes. Auprès d’elle son amie Hélène, pourtant agréable, semblait destinée par la nature à être sa servante. Lydia avait une façon à elle d’ouvrir ses grands yeux et de les fixer sur vous de telle manière que vous aviez l’impression de lire jusqu’au fond de son âme. Pouvait-on imaginer en un corps aussi parfait une pureté plus complète ?
Savinski attendait le départ d’Hélène pour avoir enfin Lydia seule à lui. Mais, comme Hélène se levait pour partir, Lydia la retint, lui proposant de dîner avec elle. Et, sur une objection de la jeune fille qui craignait de regagner seule la rue Mokhovaia dans la nuit, Lydia ajouta qu’elle pourrait coucher à l’hôtel Volynski, comme elle l’avait fait souvent déjà.
N’en pouvant plus, Savinski prit congé des deux amies. Lydia l’accompagna jusque dans l’antichambre. Elle ne paraissait pas s’apercevoir de l’humeur sombre dans laquelle était plongé son ami. Comme il allait la quitter, elle lui dit :
— Vous savez la véritable nouvelle, Nicolas Vladimirovitch. Lord Douglas m’a demandé de l’épouser. Il prétend que cela arrangera tout, qu’auprès de lui je serai enfin en sécurité et qu’il m’emmènera en Angleterre dès janvier avec l’ambassadeur qui va regagner Londres. C’est sur ce ton-là qu’il a pris les choses. N’est-ce pas très anglais ?
Savinski se sentit pâlir. Il fit un effort pour rester maître de lui. Il regarda bien en face Lydia. Elle souriait, mais il crut voir que sa lèvre inférieure un peu gonflée était légèrement contractée. Il y eut un instant de silence.
Puis, d’une voix très naturelle, il dit :
— Ce serait, en effet, une solution, Lydia Serguêvna. Adieu.
Et il sortit.
A la lumière de cette scène, Savinski vit tout à coup clair en lui. « Je me suis trompé, dit-il, sur mes sentiments pour Lydia. Je croyais avoir pour elle une amitié profonde, je croyais voir en elle une enfant. Erreur, illusion ! Ce n’est pas de l’amitié que j’ai pour elle, c’est de l’amour. Ce n’est pas une enfant que je vois en elle, mais une jeune fille qui peut devenir demain une femme. » Quatre vers d’une chanson populaire lui traversèrent la mémoire :
L’herbe a été foulée,Pas par toi.J’ai été faite femme,Pas par toi.
L’herbe a été foulée,
Pas par toi.
J’ai été faite femme,
Pas par toi.
« C’est l’évidence même. Pourquoi suis-je resté à Pétrograd que tout me commandait de fuir ? A cause d’elle. Pourquoi ne vais-je presque plus en Finlande ? Pourquoi cette angoisse qui m’a étreint l’autre jour au milieu des miens ? Parce que je m’en suis senti séparé, à cause d’elle. Je lui suis attaché, c’est ici le mot propre. Elle m’est plus chère que tout. Voilà. Elle remplit ma vie, c’est magnifique, c’est inimaginable. Me serais-je cru capable d’un sentiment si profond ? J’étais devenu une espèce de bon ours familial ; j’allais finir mes jours ainsi dans une douce somnolence. Et puis je la rencontre ! Et puis ces temps troublés où l’on ne sait plus comment on vit !… Et tout est remis en question ! Je ne suis pas mort, grâce à Dieu ! Comme j’ai envie de vivre ! »
Tout à l’enthousiasme de cette découverte, Savinski arpentait son cabinet de travail. Il n’avait pas dîné seul et son esprit avait été diverti des pensées qui lui étaient chères par une longue et ennuyeuse conversation d’affaires avec ses deux hôtes. Mais son cerveau avait travaillé obscurément et, maintenant qu’il retrouvait la solitude, il arriva du coup à une vue claire de ses sentiments. La découverte qu’il en fit l’étonna et le ravit si fort qu’il ne songea pour l’instant à rien de plus. Lui, Nicolas Vladimirovitch Savinski, qui depuis quinze ans et plus s’était caché dans le cercle étroit de sa famille, y avait trouvé tous ses plaisirs et tout ce que le bonheur représentait sur la terre, voilà, il était, à quarante-cinq ans, amoureux d’une jeune fille qui en avait dix-huit. Il se regarda dans la glace. L’âge, il est vrai, n’avait pas trop marqué sur lui. Quelques rides plus creusées, quelques cheveux blancs, mais le visage restait net et fort, le regard vif. Au demeurant, une espèce de colosse dont les deux pieds s’appuyaient fortement sur la terre. C’est alors seulement qu’il se dit : « J’aime Lydia, mais elle, elle ne m’aime pas. Elle a pour moi de l’amitié, beaucoup d’amitié, un grand attachement, — cela et rien de plus. C’est l’évidence même. »
Chose curieuse, cette pensée ne lui fit à ce moment aucune peine. C’était un fait qui se plaçait au-dessus de toute discussion. Ce qui restait magnifique et surprenant était le sentiment né en lui, Savinski… Oui, mais le lord Douglas ? Allait-il lui enlever Lydia ? Cette idée, tout de suite, lui parut insupportable. Il voulait bien aimer Lydia, sans espoir de retour, mais il ne pouvait admettre ni qu’elle en aimât un autre, ni qu’elle quittât Pétrograd. Il avait besoin de sa présence continue auprès de lui. Sans elle maintenant, il n’était rien ; sans elle, la vie était vide ; un ennui insupportable l’accablerait.
La figure du jeune lord passa devant ses yeux. Il était beau comme un dieu ; aucune femme ne pouvait lui résister. Mais Lydia ? Elle n’était pas pareille aux autres. Elle avait une âme russe ; elle ne s’éprendrait pas de l’Antinoüs britannique… Et puis quitter son père ? Impossible… Et si le prince Volynski mourait ? L’instinct de sécurité ne serait-il pas alors plus puissant ? N’accepterait-elle pas de vivre d’une existence large et sûre en Angleterre ?…
Savinski passa une soirée agitée à tourner et retourner ces idées contraires en son esprit.
Mais, tout au fond de lui-même, rien ne prévalait contre la joie de la découverte qu’il avait faite : il aimait Lydia Serguêvna. C’était un don du ciel. Sa vie en était illuminée.
L’entrevue qu’il eut avec Séméonof, le lendemain à midi à la Banque du Nord, se ressentit du trouble de ses nerfs. Elle fut tumultueuse. Le sang-froid caustique du jeune chef bolchévique l’exaspéra. Il se laissa aller à lui répondre sur un ton plus vif qu’il ne voulait. Séméonof affectait de placer la révolution au-dessus de toute discussion. « C’est un fait, disait-il. Un esprit raisonnable n’a qu’à s’incliner devant un fait et à prendre ses mesures en conséquence. Il ne dépend pas de vous que nous soyons ou que nous ne soyons pas en pleine révolution. Cela étant admis, que ferez-vous ?
— Mais votre fait, répondit Savinski, quelle durée aura-t-il ? Vous avez été au pouvoir deux mois. Combien y resterez-vous ? Les événements vont vite chez nous. Kerenski, qui a été l’homme le plus populaire de Russie, n’a pas tenu six mois dans la tempête. Qui me dit que, dans quelques semaines peut-être, Lénine et Trotski ne seront pas en fuite… ou pendus.
A peine eut-il lancé ce dernier mot qu’il eût voulu le rattraper.
Séméonof sourit de ses lèvres sèches, ouvrit les deux mains d’un geste qui lui était familier et, fixant son interlocuteur, dit avec dureté :
— Vous avez raison sur un point. Nicolas Vladimirovitch, la vie d’un homme ne vaut pas cher aujourd’hui en Russie. Qu’on ne l’oublie pas.
Et, ayant lancé cette pensée ailée, il s’arrêta pour lui donner le temps d’atteindre son but.
Il revint à un ton de conversation plus plaisant.
— Si vous connaissez notre pays, dit-il, vous devez comprendre qu’il est avec nous et qu’il y sera longtemps, car nous apportons à cet homme étonnant qu’est le Russe, et qui reste complètement incompréhensible aux étrangers, les deux choses qu’il aime le plus au monde. Le Russe a le goût de l’absolu ; je m’exprime mal : il en a la passion… Et il adore le changement ; encore ici suis-je au-dessous de la vérité ; c’est le bouleversement qu’il aime, le renversement de toutes les valeurs. Nous lui offrons ces deux idoles. Rien de la société ancienne ne subsistera et nous lui présenterons un système nouveau, un absolu qui n’a jamais servi, dont il sera le premier à jouir : le communisme. Quelle fierté pour un grand peuple que de penser qu’il impose une vérité neuve au monde ! Avec cela vous ferez aller loin notre Russe. Pour cela, vous lui ferez supporter mille privations… Et Dieu sait si nous mettrons sa patience à l’épreuve, ajouta-t-il avec un sourire glacé. Le Russe étonnera l’univers en montrant qu’il peut vivre de rien, mais pour une idée. Nous sommes un peuple religieux, Nicolas Vladimirovitch. Mais les formes anciennes de la religion sont vidées de tout contenu. Elles s’écroulent et retournent à la poussière. Avec nous, c’est un Évangile nouveau qui s’impose à l’humanité.
Il continua à discourir ainsi. Savinski l’écoutait avec impatience. Il avait le goût qu’ont tous les Russes pour les discussions idéologiques. Mais le discours de Séméonof l’avait irrité et lui avait paru hors de propos. Se perdre dans une métaphysique politique et sociale est occupation agréable pour gens oisifs après dîner ; mais, dans ce cabinet de travail d’une banque d’où il avait dirigé de vastes affaires, il était habitué à un langage plus proche de la réalité. Par un brusque détour, Séméonof revint à des questions pratiques. Il s’agissait d’organiser la Banque du Peuple qui absorberait toutes les banques privées dont l’État avait pris possession et il voulait avoir les conseils d’un financier aussi éminent que Savinski.
Celui-ci ne put s’empêcher de hausser les épaules.
— Que me racontez-vous là ? dit-il. Savez-vous de quoi vivent les banques ? Vous croyez qu’elles vivent d’argent… Pas du tout, elles vivent de crédit. Sans crédit, pas une banque au monde ne peut garder ses guichets ouverts une journée. Or, quel est le crédit du gouvernement dont vous faites partie ? Nul. Vous avez saisi les dépôts. Après cela, qui vous apportera de l’argent ? Personne. Vous aurez beau multiplier les appels et donner les assurances les plus formelles, pas un client — et vous-même, mon cher Léon Borissovitch — ne vous confiera ses fonds. Vous tirez à toute allure deux cents millions de roubles par jour. Eh bien, vous ne reverrez jamais un seul des billets que vous mettez en circulation. Vous êtes condamnés à la banqueroute… Vous avez voulu mon avis, le voilà clair et net. Vous ne trouverez pas un homme connaissant les affaires qui vous parle un autre langage. Si vous tenez à ce que nous travaillions avec vous, abandonnez le communisme dont personne au monde ne peut établir les finances.
Séméonof réfléchit un instant.
— Vous appartenez aux écoles anciennes, Nicolas Vladimirovitch. Vous êtes prisonnier des formules dans lesquelles vous avez été élevé. Est-il possible que vous ne puissiez pas vous adapter aux formes nouvelles de la société ? Ce serait désirable, croyez-moi… Cela sera nécessaire. Je ne renonce pas à l’espoir de vous voir travailler avec nous.
Savinski avait horreur des banalités de Séméonof. Il les eût tolérées chez d’autres ; elles étaient inadmissibles dans la bouche d’un homme de ce caractère et de cette intelligence. Enfin, dans chaque entretien qu’il avait avec le commissaire bolchévique, ce dernier s’arrangeait pour lui faire sentir avec plus ou moins de discrétion qu’ils étaient les maîtres, qu’ils ne reculeraient devant rien et que, finalement, si l’on voulait sauver sa peau, il serait sage d’être en bons termes avec eux.
Si voilées que fussent ces allusions à leur tyrannique pouvoir, elles étaient, à la lettre, insupportables. C’était une des épreuves des temps troublés, et non la moindre, d’être obligé de plier sous la menace d’un dictateur terroriste. Jamais Savinski ne désirait plus ardemment le succès de Spasski que lorsqu’il se trouvait en face de Séméonof.
Celui-ci se leva, fit claquer ses doigts sur le dos de sa main, arpenta le cabinet, regarda par la fenêtre sur Nevski et, tout en marchant, dit comme négligemment :
— Nous allons arrêter l’ambassadeur d’Angleterre.
Savinski sursauta.
— Vous êtes fous ! lança-t-il, sans prendre le temps de réfléchir.
Séméonof eut un regard froid et répondit de la façon la plus formelle :
— Le gouvernement des Soviets ne peut admettre d’être insulté par le gouvernement britannique qui garde sous les verrous des hommes comme Tchitcherine et Petrof.
Cette fois-ci Savinski en avait assez, et, à son tour, de la façon la plus sèchement polie, il dit :
— Si nous n’avons pas ici des rapports d’homme à homme, je ne vois pas le but de nos entrevues.
Il y eut encore quelques phrases insignifiantes, puis Séméonof prit congé.
— Nous nous reverrons, dit-il énigmatiquement. Si vous avez besoin de moi, n’hésitez pas à me téléphoner.
Une fois Séméonof sorti, la colère de Savinski tomba. Il réfléchit un instant sur la communication du sous-commissaire aux Affaires étrangères. Soudain sa figure s’éclaira et il sourit :
« C’est un chantage, se dit-il. Si Trotski avait décidé d’arrêter l’ambassadeur d’Angleterre, il ne chargerait pas Séméonof de me l’apprendre. Mais comme ce sont de rusés compères, ils ont trouvé ce moyen ingénieux d’agir sur l’ambassadeur de Sa Majesté britannique, car ils sont persuadés que je m’empresserai de lui raconter notre conversation. » Il s’arrêta un peu, puis il continua :
« Et, ma foi, il est bien évident qu’il faut aller le lui dire et qu’ils ont calculé assez juste. Mais le chantage n’en est pas moins évident et ils ne songent pas une minute à arrêter mon honorable ami. »
Il fit demander à l’ambassadeur d’être reçu vers cinq heures, de façon à avoir son après-midi libre. Il arriva très en retard chez lui pour déjeuner. Il trouva un mot de Lydia lui disant que son père était plus malade et qu’elle ne pouvait sortir. Elle avait téléphoné plusieurs fois en vain. Il se rendit à cinq heures à l’ambassade où il rencontra le lord Douglas. Il s’entretint amicalement avec lui pendant quelques minutes. « Est-ce qu’il aime Lydia ? se demanda-t-il, tout en causant avec l’admirable jeune homme. Mais non, il ne l’aime pas. Elle est belle, elle est jeune, il lui plaît ; il veut prendre son plaisir avec elle, mais c’est tout. Il ne l’aime pas, il ne l’aimera jamais. Peut-il même imaginer ce que c’est que d’aimer Lydia ? » Il souriait de joie, tant cette certitude l’emplissait. Elle resta en lui pendant la demi-heure qu’il passa avec l’ambassadeur.
Au soir, il téléphona à son amie. Le prince Volynski avait passé une mauvaise journée ; il était agité et demandait à le voir le plus tôt possible. Est-ce que le lendemain quatre heures lui convenait ?
Il accepta le rendez-vous et s’informa auprès de Lydia s’il pourrait causer avec elle un peu en sortant de chez son père.
— Certainement, dit Lydia. J’ai beaucoup de soucis et je serai contente de vous voir.