NOTES:[1]Voyezle Zend-avesta publié en 1769, tome II, p. 62.[2]Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXXVII.[3]ÉvêquesetcurésdesParsisouGuèbres, qui sont dans l’Asie ce que les Juifs sont en Europe, les débris épars d’un ancien peuple détruit.[4]Boundehesch, p. 420.[5]VoyezHistoire universelle, tomeIV, in-4°, p. 1 et suivantes.[6]Indicateur et Moniteur de Masoudi, extrait par M. de Sacy.—Manuscrits orientaux, tomeVII, pag. 161.[7]Zend-avesta, tomeII, pag. 6 et suivantes.[8]Plin., lib. VII, chap. 16.[9]De Antro Nympharum.[10]Zend-avesta, tomeII, p. 54.[11]Zend-avesta, tom.II, p. 55.[12]Eutychius a écrit vers 930, et Aboulfarage vers 1260.[13]VoyezHyde, pag. 317 et suivantes.[14]Ammien Marcellin, lib. XXIII. Il à écrit vers 388 à 390.[15]Le texte porte:ab eo(Hystaspe...) Anquetil a traduit:et c’est de ces mages qu’est venue, etc. Mém. Académ. des Inscript., tomeXXXVII, pag. 718.[16]Plato,de Legibus, pag. 441, édition de 1602.[17]Témoin RabbiMosès, Maimonides.[18]Apulée, lib. II. Iamblique, qui a compilé la vie de Pythagore, d’après une foule d’auteurs, vers l’an 320, répète la même tradition.[19]VoyezChronologie de Larcher, année 608.[20]Clemens Alexandrinus, p. 131. Il écrivait vers l’an 215.[21]Vers le temps où l’on place cette prophétie, les prêtres chaldéens montraient celle de Nabukodonosor, qui annonçait la ruine de son empire (voyezMégasthènes): les prêtres juifs présentaient à Kyrus une prophétie d’Isaïe, annonçant son élévation avec sonpropre nom; malheureusement nous n’avons pas le manuscrit d’Isaïe: encouragé par ces exemples, le grand-prêtre Iaddus montra aussi au conquérant Alexandre sa venue prédite; enfin le livre de Daniel prédisait aussi (après Antiochus) les quatre monarchies, dont celle des Romains fut une. Ces siècles furent ceux desprophéties: les époques des révolutions sont des paroxysmes de superstition. D’ailleurs l’exposé de Masoudi, ou plutôt desParsis, ses auteurs, est plein de contradictions...Il y a, dit-il,entre Zerdust et Alexandre environ 300 ans, parce que Zerdust a paru du temps de Kai-Bistasp(Darius Hystasp); mais entre Darius, élu roi l’an 520, et Alexandre, roi d’Asie en 327, il n’y a que 193 ans, et unenvironde 107 ans ne peut se permettre... D’Alexandre, mort en 324 avant J.-C., jusqu’à Ardéchir, roi en 226 après J.-C., il y a 550 ans, et Masoudi en compteenviron500; autre erreur trop forte. Son calcul de la prophétie est d’ailleurs inintelligible...L’empire périra au bout de 300 ans; la religion avec l’empire, au bout de 1000... Est-ce 1300 en tout, ou bien seulement 1000? Il prend ce dernier parti. Mais, si au temps d’Ardéchir il y avait 800 ans écoulés, les 100 qu’il voulut ajouter aux 200 restants faisaient 1100, et cependant, en retranchant 300 ans (moins 10), comme il fit, il augmenta de près de 500 ans. Or ces 500, ajoutés aux 800 que l’on disait écoulés, font 1300. La prophétie n’était donc pas de 1000 ans en total, comme le dit Masoudi, mais de 1000 plus 300... En outre, si Zerdust parut, comme il le dit encore, 300 ans avant Alexandre, ce fut donc en 630, au temps de Kyaxar, roi des Mèdes, et de Jérémie, chez les Hébreux. Ici Masoudi, en contradiction avec lui-même, se place au nombre de ses compatriotes qui font Zerdust disciple de Jérémie, trompés peut-être par l’équivoque du nom de ce prophète, avec celui d’Urmih, ville natale de Zoroastre. Ce calcul favoriserait l’hypothèse d’un académicien (l’abbé Foucher), qui, dans un savant Mémoire (tomeXXVIIdes Inscript.), a voulu prouver que Zoroastre, législateur, parut au temps de Kyaxarès; mais nous allons voir que ce système est plein d’incohérences. Cette anecdote d’Ardéchir, en nous donnant la mesure de l’ignorance et de l’audace desgouvernants asiatiques, ne pourrait-elle pas nous donner la clef d’une autre énigme du même genre? savoir pourquoi le texte grec compte depuis la création du monde jusqu’à notre ère............ 5508 ans, tandis que le texte hébreu n’en compte que..... 3760—— Différence................. 1748.Si, comme il est vrai, c’était une opinion générale dans la basse Asie, 100 ans avant et après notre ère,que le monde allait finir; si, comme il est vrai, cette opinion prenait sa source dans la théologie de Zoroastre, qui dit que le monde, gouverné parOrmuzd, après avoir duré 6000ans, est supplanté et détruit par Ahriman, qui règnesixautresmille(total, 12000, c’est-à-dire les douze mois du grandcerclede l’année, appelémundus, lemandasanscrit); ne pourrait-on pas croire que les Juifs, imprégnés des opinions perses, ont pu et dû s’effrayer de voir s’approcher la fin du sixième mille, compté sur la Genèse; qu’alors la prudence de leur synagogue aurait jugé nécessaire de faire une suppression qui, comme celle d’Ardéchir, reculât l’époque du destin; et que cette opération n’ayant eu lieu qu’après la traduction et la divulgation du texte grec, elle n’aurait agi que sur l’hébreu pur, et qu’elle aurait été effectuée spécialement à une époque où elle aurait pu embarrasser la secte naissante des chrétiens, qui n’usait que du texte grec? Tout cela est tellement asiatique et juif, qu’on peut le regarder comme vrai. Ajoutons que cescinqetsixmille de Zoroastre, qui n’étaient que des mois, que des signes du Zodiaque chaldaïquement divisés enmille parties, pris ensuite par méprise pour des années, doivent être le vrai texte sur lequel Hermippe et Eudoxe ont bâti leurcinqetsix mille ans? Qu’est-ce que l’histoire ancienne![22]Clément d’Alexandrie nous en fournit encore une preuve. «Platon, dit-il, fait mention d’un certainÉr(ou Hèr), fils d’Armenius, Pamphilien d’origine, qui estZoroastre; car il a écrit ces paroles... Voici ce qu’écrit Zoroastre, fils d’Armenius, Pamphilien d’origine: Ayant été tué à la guerre, je suis descendu aux enfers (ou cieux inférieurs), et les dieux m’ont dit ce que je vais raconter.»Il est évident que ceHèra reçu ou pris le nom deZoroastre, et qu’il a été un de ces charlatans dont l’Asie abonda au temps deDariuset d’Ostanès. Sa vision, racontée par Platon, livre X de sa République, est d’ailleurs curieuse, en ce qu’elle nous montre des idées zoroastriennes sur l’autre monde, qui se trouvent presque littéralement chez les musulmans et chez les chrétiens.[23]Hérodote, lib. I, §CXL.[24]Lib. I, p. 88, §CVII.[25]Lib. I, p. 99, §CXX.[26]En relisant Hérodote, nous trouvons deux autres traits non moins concluants. Liv. III, §LXV, Cambyse mourant conjure les Perses de ne point souffrir que le mageSmerdiss’empare du trône, et que par son imposture l’empire retourne auxMèdes..... Etibid., §LXXIII, le Perse Gobrya, haranguant les conjurés, leur dit: «Quelle honte pour desPersesd’obéir à unMède, à unmage!»[27]§CXXXI.[28]In Proæmio.[29]Valesii excerpta, pages 460 et suivantes.[30]Xanthus, au début de son article, observe que Kyrus s’était faitinstruire de la doctrine des mages: donc il n’y était pas né; il les caressait pour se faire un parti chez les Mèdes.[31]Lib. I, cap.I.[32]Ce qu’Augustin,De civitate Dei, lib. XXI, cap. 14; ce qu’Orose, lib. I, cap. 4, dans le Vesiècle; et ce qu’Arnobe, lib. I, dans le IIIesiècle, disent de Zoroastre et de Ninus, ne sont que la répétition de ce passage.[33]Syncelle, p. 167.[34]Chap. 13, p. 40.[35]Érostratebrûla aussi le temple d’Éphèse pour qu’onparlâtde lui: d’Érostrate à Ninus, quelle est la différence?[36]Chap. 14.[37]Ibid.pag. 37.[38]La preuve que Mosès n’a pas fait un roman, est qu’ayant présenté sa description à M. Amédée Jaubert, aujourd’hui auditeur au conseil-d’état, qui a voyagé dans le pays, il nous a assuré, dès la seconde page, qu’il reconnaissait parfaitement les environs du lac deVanck, et particulièrement le local appeléArnès, lieu redouté à cause des voleurs qui s’y cachent dans les trous d’une ruine dont la forme retrace une vieille digue.[39]La traduction latine porte Zoroastre à la manière des Grecs; mais le texte porteZerdustà la manière des Parsis. Les traducteurs ne devraient jamais se permettre ces changements de noms propres: il en résulte quelquefois de graves contre-sens; par exemple, cette même traduction rend à la page 97, le pays deKlesoiparCœlésyrie, pendant que c’est l’Akilis-ènede Strabon. Avec ces interprétations, on a introduit une foule d’erreurs et de difficultés dans l’histoire ancienne.[40]Les Arméniens, comme les Arabes, nomment d’un même mot tout grand espace d’eau: cette mer est le lac deVank. En Égypte, le fleuve s’appelleBahr, comme l’Océan même. Tout ce récit de Mosès a cela de remarquable, qu’en le confrontant à celui de Ktésias, l’on trouve que le Grec nous a donné le commencement de l’histoire de Sémiramis, et l’Arménien, le dénouement; tous les deux sont parfaitement d’accord sur le caractère. Et Mosès paraît n’avoir connu Ktésias que par Diodore.[41]Hérodote, lib. I, §CI, nomme lesBusi, lePareta keni, lesStruchates, lesArizanti, lesBoudiniet lesMagoi(mages).[42]Prononcé Irâne ou Èrane:anest la désinence, commeusen latin etosen grec. Aïr-an. L’Arménien Mosès fait observer que Arioï signifie (fortes) lesbraves, mot analogue àvirtus(firtus) et àvir, qui dans le sanscrit ont le même sens qu’en latin.[43]TouretTaurs’écrivent par les mêmes lettres arabes, et dans les radicaux du phénicien et du chaldéen,TouretTsoursont le nom général des montagnes.[44]VoyezOrigène contre Celse, lib. VI; Vie de Zoroastre, pag. 28; Zend-avesta, tom.II.[45]L’original de l’Oupnekhat, si bizarrement traduit ou plutôt défiguré par Anquetil, est bien reconnu pour être l’un des livres les plus authentiques après les Vedas: il date au moins du 1200 ans avant J.-C.[46]Voyez Diog. Laërce, in Proœmio. Mais lorsqu’il ajoute que les mages sont antérieurs aux Égyptiens, il est en erreur et il copie Hermippe et Eudoxe.[47]Le passage suivant de son Traité surIsisetOsirisest surtout remarquable:«Il est des hommes qui croient qu’il existe deux dieux, dont le caractère opposé se plaît à faire l’un le bien, l’autre le mal. Zoroastre les a nommésOromazeetAhrimane. Il a dit que la lumière est ce qui représente le mieux l’un, comme les ténèbres et l’ignorance représentent le mieux l’autre. Les Perses disent qu’Oromazefut formé de la lumière la plus pure;Ahrimane, au contraire, desténèbresles plus épaisses: Oromaze fit six dieux bons comme lui, et Ahrimane en opposa six méchants. Oromaze en fit encore vingt-quatre autres, qu’il plaça dans unœuf; mais Ahrimane en créa autant, qui percèrent l’œuf, ce qui a produit dans lemondele mélange des biens et des maux.»Théopompe ajoute, d’après les livres des mages, «que tour à tour l’un de ces dieuxdomine(estsupérieur) troismilleans, pendant que l’autre estinférieur; qu’ensuite ils combattent avec égalité pendant trois autresmilleans... mais enfin le mauvais génie doit succomber, etc.»En réduisant ces allégories à leur sens naturel et simple, il en résulte que Zoroastre, d’après ses méditations physico-astronomiques, considérait le monde ou l’univers, comme régi par deux principes ou pouvoirs, l’un deproduction, l’autre dedestruction; que le premier gouvernait pendant les sixmille, c’est-à-dire pendant les sixmoisd’été, depuis l’équinoxe du Belier jusqu’à celui de la Balance; et le second pendant les sixmilleou sixmoisd’hiver, depuis la Balance jusqu’au Belier. Cette division de chaque signe du Zodiaque en 1000 parties, se retrouve chez lesChaldéens; et Anquetil, qui a si bien saisi l’allégorie, parle en plus d’un endroit des douzemillede Zoroastre, comme des douzemoisde l’année.L’œufest, comme l’on sait, l’emblème du monde chez les Égyptiens; les vingt-quatre dieuxbonssont les douze mois divisés parquinzainesde lune croissante et de lune décroissante, dont l’usage se retrouve chez les Indiens comme chez les Romains; ainsi du reste: c’est-à-dire que tout le système zoroastrien ne fut que de l’astronomie et de l’astrologie, comme tous les systèmes anciens; et qu’ensuite, défiguré par ses sectaires, qui ne l’entendirent pas, il reçut un sens mystique moral et des applications politiques qui ont eu, en plusieurs occasions, et spécialement chez les Juifs, des conséquences singulières, puisqu’un nouveau système en naquit.[48]Page 199, édit. de Rouen, 1653.[49]VoyezDupuis, Origine de tous les cultes, pl. n° 17.[50]Voyezle fragment de Ktésias en Diodore, lib. II, p. 118.[51]VoyezDiodore de Sicile, lib. I;Stephanus,de Urbibus, etStrabo.[52]Ce n’est pas le grammairien, puisqu’il vécut après Diodore.[53]Mémoires de l’Acad. des Inscript., tom.XVI, p. 245.[54]Il faut qu’il y ait erreur dans les 599 cités par Fréret.[55]Son petit-filsEl-Aqrânl’avait réparée, en marchant, pour venger son père, contre le pays deSinn, dont il prit la capitale, et où il établit une colonie de 30,000 Arabes. La postérité de ces colons subsistait encore en 1168, selon Ebn Hamdoun, dans leThibet, qui est leSinndes auteurs arabes.[56]Que les Perses de Kyrus et de Darius, possesseurs deBabylone, aient cru que les rois de cette ville avaient toujours été leurs lieutenants et vassaux, cela se conçoit, parce que, relativement aux Mèdes, prédécesseurs des Perses, il y a un fond de vérité. Mais que les auteurs persans du XIesiècle viennent nous dire que Kyrus et Xercès n’étaient que des vassaux et des lieutenants d’unchâhimaginaire, cela ne prouve que leur ignorance profonde de l’antiquité, et ne mérite aucune discussion. On ne peut voir sans regrets que M.Mouradja d’Ohsonait adopté et préconisé chez nous ces rêves asiatiques, dans sonTableau historique de l’Orient; mais l’on conçoit que néArménien, élevé àStambouldans le respect et l’admiration d’un grand pouvoir, M. Mouradja, en devenantdrogmanetcomtesuédois, n’ait pu changer d’esprit comme de vêtement: son livre, que nous venons de citer, écrit sans ordre, sans indication d’aucune autorité, n’est propre qu’à donner des idées fausses et vagues, et ne doit, en aucun cas, être regardé comme unehistoirede l’ancien Orient.[57]La racinelahabmanque dans l’arabe (VoyezGolius), mais elle subsiste dans l’hébreu, qui, en plusieurs cas, explique très-bien le vieil arabe.[58]Il est évident que ce nom d’Aâdfut, chez les anciens Arabes, le nom de beaucoup d’individus, en même temps qu’il était celui d’une tribu. Ainsi, chez les Hébreux,Manassé,Siméon,Éphraïm, noms de tribus, sont aussi des noms d’individus. Parmi lesmerveilles du monde, les Arabes citent le puits deMoattalachez lesMadianites, issus d’Aâd, tribu expulsée de l’Iémen. LesMadianitessont cités avant Moïse: donc l’expulsion des Aâdites date de bien plus loin.Dans leurs récits mêlés de fables, les auteurs arabes citent, relativement àCheddâd, plusieurs faits d’une exactitude vraiment historique et très-instructifs. Par exemple,Chehab-el-din, dans son livreEl-Djoman(les Perles), rapporte que{*},{*}VoyezNotice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 139. Extrait par M. de Sacy.«Aâd eut un grand nombre d’enfants dont trois régnèrent après lui (savoir):Mondâr,Cheddâd, etLoqman.Cheddâdayant succédé àMondâr, fit de grandes conquêtes dans l’Afrique jusqu’à l’Océan. Après 200ansd’absence, revenu en Iémen, il ne voulut point résider au château de Mâreb, et il acheva le château appeléEl Mocheyâd, commencé par son frère Mondâr. Il y employa avec profusion l’or, l’argent et les pierres précieuses (qu’il avait rapportées de ses conquêtes). Les murs étaient ornés intérieurement des pierres les plus rares, et le pavé était de marbre de diverses couleurs (c’était une mosaïque).Cheddâdavait reçu de la nature uneforcede corps prodigieuse (son nom en dérive:chedidsignifiefort); il pliait le fer avec les doigts, et l’éclat de sa voix eûtpu tuer un lion... Il vécut très-âgé, et vit sa postérité se multiplier à l’infini...LejardinnomméAram-Zât-el-èmâd(Aram aux colonnes), est encore un ouvrage de ce prince. Ayant lu dans (certains)livres révélésla description du paradis, dont les «colonnes sont d’or et d’argent, la poussière de musc et d’ambre, les gazons de safran et d’iris, les cailloux d’hyacinthe et d’émeraude, etc., il voulut imiter cette magnificence... Il choisit une plaine délicieuse, coupée de 1000 ruisseaux, et il y bâtit un palais enchanté, etc.«Dans son livre desmerveilles de Dieu{*}, Iaqouti s’exprime plus historiquement sur cet ouvrage:Aram aux colonnes, dit-il, est une ville située entreSanaàetHadramaut: elle a été bâtie parCheddâd, fils d’Aâd, ancien roi des Arabes; elle avait de longueur 12 parasanges, et autant de largeur (c’est presque la dimension de Moscou); elle renfermait un nombre infini d’édifices merveilleux, etc.»{*} Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 393.Il faut laisser à l’écart toutes les fables que les écrivains ont brodées sur ce riche canevas: les 200 ans deCheddâdne doivent pas être de leur invention: leur analogie avec les âges prodigieux des antiquités juives, prouve seulement qu’alors les années n’étaient pas composées de 12 mois, comme nous l’avons vu dans laChronologiedes Hébreux. En ne prenant que l’essence des faits rapportés dans l’article ci-dessus, nous y trouvons une indication claire... que dès avant le temps deHaretet deNinus, et en remontant jusqu’à celui deSésostris, les Arabes d’Iémen avaient déja fait en Afrique ces grandes expéditions qu’ils répétèrent au temps de Salomon: ils avaient pu déja, bien antérieurement, établir cette colonied’Éthiopiens-Abissins, dont l’origine, suivant le savant Ludolf, se perd dans la haute antiquité, et qui, différant totalement de la racenègrepar leurs cheveux longs, leur figure ovale et leur idiome tout-à-fait arabique, attestent une invasion étrangère qui expulsa les naturels du riche pays qu’arrosent les affluents du Haut-Nil. On conçoit comment un prince doué de moyens éminents commeCheddâd, put faire des expéditions dont ses prédécesseurs lui avaient ouvert les voies, et ensuite déployer un luxe dont le royaume de Thèbes lui offrait les modèles: il est à remarquer que le motAram, qui dans les langues arabiques ne signifie rien, dans le sanscrit signifiejardin; et que leparadisdécrit parcertains livres révélés, est le paradisindou, tel que le décrivent lesPouranas: en sorte que nous avons ici l’indication évidente de la diffusion dubrahmismedès ce temps reculé; et ce nom d’Aram,jardin, donné au riche pays de la Mésopotamie, prouve, avec bien d’autres noms géographiques, que le système indien s’étendit jadis, comme l’a très-bien vu Wilford, dans tout le continent de l’Asie. Pour des yeux libres, l’horizon de l’antiquité s’éloigne et s’étend à mesure que l’observateur avance; mais pour qui porte leslunettes juives, dès quelques pas au-delà d’Abraham, l’horizon est obstrué par lemont Araratet par les ténèbres chaldéennes, où l’imagination fascinée n’aperçoit que des figuresgigantesqueset des êtres fantastiques dans des nuages bizarrement dessinés.[59]La qualité de parent de Djemchid se trouve même en harmonie avec la tradition citée parMaseoudi, que l’une des 4 tribus arabes primitives possédèrent la Perse, et furent une portion alliée de ses habitants; l’une de ces tribus portait le nom d’Aâd, qui a dû faire équivoque avec le père deCheddâd.[60]On trouve dans l’ancienne Arménie le montCapotes, qui est un mot pur sanscrit, signifiant leLingam(Phallus); l’Araxès perce une montagne à un lieu appeléOrdovar, et le Gange en fait autant au lieu appeléHéridvâr, etc.[61]Si l’on observe qu’en parlant de la défaite d’Astyag par Tigrane et Kyrus,Mosèsfait mention de sa maison (militaire) de 10,000ames, l’on pensera qu’il a voulu désigner le corps des 10,000cavaliersdevenu partie constituante de l’état militaire des Assyriens, puis des Mèdes, puis des Perses, où nous le trouvons sous le nom des 10,000immortels. Déïôkes et Kyrus ne firent que copier Ninus: par suite d’imitation, les Tartares ont copié les Perses dans leurToumande 10,000 cavaliers.[62]Ktésias dans Photuis, p. 110.[63]Voyezd’Herbelot, Biblioth. orient., au motSâm ben Souri. En général le lecteur trouvera les traditions que nous citons, soit dans la Bibliothèque orientale, soit dans le livre I de l’Histoire universelle, tom.IV, in-4°, dans lequel est inséré un extrait de Mirkond.[64]Ktésias en Photius, pag. 107.[65]Athénée, lib. XII, édit. de Schweighauser, tomeIV, page 468.[66]Hérodote est d’accord; seulement il donne à ce second le nom deSmerdis.[67]Hérodote dit la même chose deSmerdis.[68]Voyezl’Histoire universelle, in-4°, tomeIV, page 5 et suivante.[69]VoyeztomeIV, page 414, et ci-devant, pag. 77.[70]Quint. Curt., lib. V, cap.I.[71]Lib. XXIII, pag. 351.De bello persico.[72]Par exemple, le fort de Rhacotis où les rois d’Égypte entretenaient une garnison sur le lieu où fut bâtie Alexandrie.VoyezStrabon, lib. XVII, p. 792.[73]330 ans avant notre ère, 8 siècles et demi après la fondation.[74]Voyezle récit de Ktésias en Diodore, dont le lecteur trouvera une traduction littérale dans la Chronologie d’Hérodote, pag. 97. Comparez aussi Strabon, lib. XVI, au début.[75]Diod. Sicul., lib. II, p. 120, édit. de Wesseling.[76]Nous examinerons dans un article séparé la valeur de ces mesures.[77]Il y a ici une absurdité évidente.Le plus petit mur intérieurpluslongquel’extérieur qui l’enveloppe! Sûrement il faut lire:surpassa en largeur et hauteur.[78]La circonstance des 2,000,000 d’ouvriers levés par corvée, suggère une observation: ce fut un spectacle étrange que cette réunion d’hommes, divers de couleur de peau, de formes de vêtement, d’habitudes d’actions, de culte, et surtout de langage. Plus de 80 dialectes ont dû se parler dans le vaste empire de Sémiramis. L’Asie retentit des récits de ce fait romanesque, brodé par l’imagination arabe: peut-être a-t-il engendré le conte de la confusion des langues survenue aux constructeurs de la tour de Babel, ainsi que nous l’avons dit, partie Ire, page 147. Nous ajoutons qu’il est probablement aussi la source de l’origine vicieuse que les Juifs donnent au motBabylon. Selon euxBabylsignifieconfusion: cela ne se trouve dans aucun dictionnaire hébreu, arabe, etc. Mais comme en hébreu le motconfusio(turba mixta hominum) s’exprime par le motarab, et que les indigènes de Babel étaient desArabes, il est probable que le sens d’un mot a passé à l’autre, surtout quand la loi défendait aux Juifs de prononcer le nom des dieux étrangers, dont Babel était un composé:Ba-bel, palais de Bel. La ville phénicienne appelée par les GrecsBybl-os, plus ancienne que Sémiramis, s’appelle en langage oriental,Babel: dira-t-on qu’il s’y est fait aussi uneconfusionde langues?[79]Nous retrouvons ce roi dans les listes sanscrites des modernes indiens, sous le nom deTchandra-Goupta, successeur deNanda.[80]Bahren arabe, qui signifie à la foismeretgrand fleuve, toutegrande étendue d’eau.[81]Ce récit a une analogie frappante avec le début de la Genèse.[82]On dispute sur l’époque de Bérose, et cependant la question nous semble simple aux yeux d’une critique raisonnable. Tatien, l’un des plus savants chrétiens du second siècle de notre ère, parlant de Bérose, lui rend ce témoignage: «Bérose est le plus savant des écrivains (sur l’Asie); et pour preuve, je citerai la préférence que le roi Juba, lorsqu’il traite des Assyriens, déclare donner à l’histoire de cet écrivain, qui avait composé 2 livres sur les faits et gestes des Assyriens». (Oratio contra Græcos, p. 293{*}.){*} Le témoignage de l’historien Josèphe n’est pas moins avantageux à Bérose, et ces autorités sont d’un autre poids que l’opinion de l’auteur superficiel de l’articleBérosedans le Dictionnaire des grands hommes.Quant à son âge, Tatien dit: «Bérose, prêtre baylonien, naquit à Babylone sous Alexandre; il dédia à Antiochus, troisième depuis ce prince, son histoire divisée en 3 livres, dans laquelle, parlant des actions des rois de Babylone, il en cite un entre autres appeléNabukodonosor, etc.»Maintenant raisonnons: Si Bérose naquit sous Alexandre, il faut entendre Alexandre, roi à Babylone, par conséquent vers l’an 330. Mais le traducteur latin de Tatien s’est permis d’altérer le texte grec en disant:Bérose fut contemporain d’Alexandre(Alexandro æqualis, quoique le greckata Alexandron gegonôssignifie littéralementné au temps d’Alexandre). Le Syncelle, selon son usage, avait déjà altéré cette phrase en disant, pag. 28;Bérose, dans son premier livre des Babyloniques, se fait honneur d’avoir vécu sa jeunesse sous Alexandre(genestaï tèn-êlikian), et le traducteur du Syncelle (Goar) l’a encore altéré en disant:parem se Alexandro jactat. Enfin ce même Syncelle, toujours incorrect, dévie encore plus du sens dans un autre passage, lorsqu’il dit, p. 14:Bérose, dans ses Antiquités chaldaïques, rapporte qu’il a fleuri sous Alexandre.Faute d’avoir fait ces corrections, plusieurs ont cru que Bérose avait réellement été un homme de 25 à 30 ans sous Alexandre, et alors il leur a été impossible de concilier un passage de Pline qui dit, lib. VII, chap. II: «Épigènes assure que les Babyloniens ont des observations de 720 ans de date, écrites sur des briques cuites; maisBéroseet Critodème réduisent cette durée à 480 ans (selon quelques manuscrits, et 490 selon d’autres)».Sur ce passage l’on raisonne et l’on dit: «Puisque Nabonasar (selon Bérose) détruisit tous les monuments historiques antérieurs à son règne, les observations qui le précédèrent ont dû être détruites: celles dont il s’agit ne doivent donc dater que de l’an 1 de Nabonasar, qui est l’an 747 avant notre ère: de 747 ôtez 480 de Bérose, vous ayez 268. Cette année fut la 15ed’Antiochus-Soter, qui succéda à Séleucus-Nicator en 282. Mais siAntiochus-Théos, qui fut successeur deSoteret 3edepuis Alexandre, ne régna qu’en 262, comment Bérose lui a-t-il dédié son livre?» Nous répondons qu’étant né sous Alexandre vers 330, Bérose avait eu, l’an 268, environ 63 ou 64 ans; ce qui est un âge convenable, tandis que la chose serait presque impossible dans l’autre hypothèse, où il aurait 85 à 90 ans. Si l’on préfère la leçon de 490 au lieu de 480, la dédicace tombera en l’an 258, et Bérose aurait 74 ans, ce qui est encore possible, mais moins probable; et néanmoins il a pu dédier son livre à Antiochus-Théos,prince royal, en l’an 268, tout aussi-bien qu’à Antiochus-Théos,roien l’an 258: ainsi la balance des probabilités est plus favorable à la leçon 480. Nous ne disons rien des 720 ans d’Épigènes, parce que l’époque de cet auteur n’est pas connue. Quant à la correction systématique qui veut ajoutermille, et lire 480mille ans, elle n’est appuyée ni par les manuscrits, ni par le texte de Pline, qui, en concluant que l’usage des lettres est éternel, a eu en vue leur invention sousPhoronéeet sous les plus anciens rois de la Grèce, sans compter que cet écrivain n’est pas toujours conséquent.[83]Phrase très-remarquable.[84]Ces mêmes paroles se retrouvent, à vingt mots près, dans le Syncelle, page 220, et probablement il les a copiées de Josèphe.[85]Mégasthènes appelle ce canal de dérivation,arma kalé; Pline l’appelleamalchar, et dit que ce mot signifiefleuve royalen langue chaldéenne: nous disons qu’en cette languefleuve royalse ditnahr-maleka, qui ne ressemble en rien àam-al-char, mais assez bien àar-makalé, que les copistes ont altéré en oubliant l’ndansnar, et en invertissant μακαλε pour μαλακε nahr-malake: l’am-al-char de Pline est un mot arabe signifiantmère de l’abondance, dela richesse, om-el-chair. Quant à nahr-malake, il signifie aussifleuve de la reine, et se rapporte fort bien à Sémiramis.
[1]Voyezle Zend-avesta publié en 1769, tome II, p. 62.
[1]Voyezle Zend-avesta publié en 1769, tome II, p. 62.
[2]Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXXVII.
[2]Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXXVII.
[3]ÉvêquesetcurésdesParsisouGuèbres, qui sont dans l’Asie ce que les Juifs sont en Europe, les débris épars d’un ancien peuple détruit.
[3]ÉvêquesetcurésdesParsisouGuèbres, qui sont dans l’Asie ce que les Juifs sont en Europe, les débris épars d’un ancien peuple détruit.
[4]Boundehesch, p. 420.
[4]Boundehesch, p. 420.
[5]VoyezHistoire universelle, tomeIV, in-4°, p. 1 et suivantes.
[5]VoyezHistoire universelle, tomeIV, in-4°, p. 1 et suivantes.
[6]Indicateur et Moniteur de Masoudi, extrait par M. de Sacy.—Manuscrits orientaux, tomeVII, pag. 161.
[6]Indicateur et Moniteur de Masoudi, extrait par M. de Sacy.—Manuscrits orientaux, tomeVII, pag. 161.
[7]Zend-avesta, tomeII, pag. 6 et suivantes.
[7]Zend-avesta, tomeII, pag. 6 et suivantes.
[8]Plin., lib. VII, chap. 16.
[8]Plin., lib. VII, chap. 16.
[9]De Antro Nympharum.
[9]De Antro Nympharum.
[10]Zend-avesta, tomeII, p. 54.
[10]Zend-avesta, tomeII, p. 54.
[11]Zend-avesta, tom.II, p. 55.
[11]Zend-avesta, tom.II, p. 55.
[12]Eutychius a écrit vers 930, et Aboulfarage vers 1260.
[12]Eutychius a écrit vers 930, et Aboulfarage vers 1260.
[13]VoyezHyde, pag. 317 et suivantes.
[13]VoyezHyde, pag. 317 et suivantes.
[14]Ammien Marcellin, lib. XXIII. Il à écrit vers 388 à 390.
[14]Ammien Marcellin, lib. XXIII. Il à écrit vers 388 à 390.
[15]Le texte porte:ab eo(Hystaspe...) Anquetil a traduit:et c’est de ces mages qu’est venue, etc. Mém. Académ. des Inscript., tomeXXXVII, pag. 718.
[15]Le texte porte:ab eo(Hystaspe...) Anquetil a traduit:et c’est de ces mages qu’est venue, etc. Mém. Académ. des Inscript., tomeXXXVII, pag. 718.
[16]Plato,de Legibus, pag. 441, édition de 1602.
[16]Plato,de Legibus, pag. 441, édition de 1602.
[17]Témoin RabbiMosès, Maimonides.
[17]Témoin RabbiMosès, Maimonides.
[18]Apulée, lib. II. Iamblique, qui a compilé la vie de Pythagore, d’après une foule d’auteurs, vers l’an 320, répète la même tradition.
[18]Apulée, lib. II. Iamblique, qui a compilé la vie de Pythagore, d’après une foule d’auteurs, vers l’an 320, répète la même tradition.
[19]VoyezChronologie de Larcher, année 608.
[19]VoyezChronologie de Larcher, année 608.
[20]Clemens Alexandrinus, p. 131. Il écrivait vers l’an 215.
[20]Clemens Alexandrinus, p. 131. Il écrivait vers l’an 215.
[21]Vers le temps où l’on place cette prophétie, les prêtres chaldéens montraient celle de Nabukodonosor, qui annonçait la ruine de son empire (voyezMégasthènes): les prêtres juifs présentaient à Kyrus une prophétie d’Isaïe, annonçant son élévation avec sonpropre nom; malheureusement nous n’avons pas le manuscrit d’Isaïe: encouragé par ces exemples, le grand-prêtre Iaddus montra aussi au conquérant Alexandre sa venue prédite; enfin le livre de Daniel prédisait aussi (après Antiochus) les quatre monarchies, dont celle des Romains fut une. Ces siècles furent ceux desprophéties: les époques des révolutions sont des paroxysmes de superstition. D’ailleurs l’exposé de Masoudi, ou plutôt desParsis, ses auteurs, est plein de contradictions...Il y a, dit-il,entre Zerdust et Alexandre environ 300 ans, parce que Zerdust a paru du temps de Kai-Bistasp(Darius Hystasp); mais entre Darius, élu roi l’an 520, et Alexandre, roi d’Asie en 327, il n’y a que 193 ans, et unenvironde 107 ans ne peut se permettre... D’Alexandre, mort en 324 avant J.-C., jusqu’à Ardéchir, roi en 226 après J.-C., il y a 550 ans, et Masoudi en compteenviron500; autre erreur trop forte. Son calcul de la prophétie est d’ailleurs inintelligible...L’empire périra au bout de 300 ans; la religion avec l’empire, au bout de 1000... Est-ce 1300 en tout, ou bien seulement 1000? Il prend ce dernier parti. Mais, si au temps d’Ardéchir il y avait 800 ans écoulés, les 100 qu’il voulut ajouter aux 200 restants faisaient 1100, et cependant, en retranchant 300 ans (moins 10), comme il fit, il augmenta de près de 500 ans. Or ces 500, ajoutés aux 800 que l’on disait écoulés, font 1300. La prophétie n’était donc pas de 1000 ans en total, comme le dit Masoudi, mais de 1000 plus 300... En outre, si Zerdust parut, comme il le dit encore, 300 ans avant Alexandre, ce fut donc en 630, au temps de Kyaxar, roi des Mèdes, et de Jérémie, chez les Hébreux. Ici Masoudi, en contradiction avec lui-même, se place au nombre de ses compatriotes qui font Zerdust disciple de Jérémie, trompés peut-être par l’équivoque du nom de ce prophète, avec celui d’Urmih, ville natale de Zoroastre. Ce calcul favoriserait l’hypothèse d’un académicien (l’abbé Foucher), qui, dans un savant Mémoire (tomeXXVIIdes Inscript.), a voulu prouver que Zoroastre, législateur, parut au temps de Kyaxarès; mais nous allons voir que ce système est plein d’incohérences. Cette anecdote d’Ardéchir, en nous donnant la mesure de l’ignorance et de l’audace desgouvernants asiatiques, ne pourrait-elle pas nous donner la clef d’une autre énigme du même genre? savoir pourquoi le texte grec compte depuis la création du monde jusqu’à notre ère............ 5508 ans, tandis que le texte hébreu n’en compte que..... 3760—— Différence................. 1748.Si, comme il est vrai, c’était une opinion générale dans la basse Asie, 100 ans avant et après notre ère,que le monde allait finir; si, comme il est vrai, cette opinion prenait sa source dans la théologie de Zoroastre, qui dit que le monde, gouverné parOrmuzd, après avoir duré 6000ans, est supplanté et détruit par Ahriman, qui règnesixautresmille(total, 12000, c’est-à-dire les douze mois du grandcerclede l’année, appelémundus, lemandasanscrit); ne pourrait-on pas croire que les Juifs, imprégnés des opinions perses, ont pu et dû s’effrayer de voir s’approcher la fin du sixième mille, compté sur la Genèse; qu’alors la prudence de leur synagogue aurait jugé nécessaire de faire une suppression qui, comme celle d’Ardéchir, reculât l’époque du destin; et que cette opération n’ayant eu lieu qu’après la traduction et la divulgation du texte grec, elle n’aurait agi que sur l’hébreu pur, et qu’elle aurait été effectuée spécialement à une époque où elle aurait pu embarrasser la secte naissante des chrétiens, qui n’usait que du texte grec? Tout cela est tellement asiatique et juif, qu’on peut le regarder comme vrai. Ajoutons que cescinqetsixmille de Zoroastre, qui n’étaient que des mois, que des signes du Zodiaque chaldaïquement divisés enmille parties, pris ensuite par méprise pour des années, doivent être le vrai texte sur lequel Hermippe et Eudoxe ont bâti leurcinqetsix mille ans? Qu’est-ce que l’histoire ancienne!
[21]Vers le temps où l’on place cette prophétie, les prêtres chaldéens montraient celle de Nabukodonosor, qui annonçait la ruine de son empire (voyezMégasthènes): les prêtres juifs présentaient à Kyrus une prophétie d’Isaïe, annonçant son élévation avec sonpropre nom; malheureusement nous n’avons pas le manuscrit d’Isaïe: encouragé par ces exemples, le grand-prêtre Iaddus montra aussi au conquérant Alexandre sa venue prédite; enfin le livre de Daniel prédisait aussi (après Antiochus) les quatre monarchies, dont celle des Romains fut une. Ces siècles furent ceux desprophéties: les époques des révolutions sont des paroxysmes de superstition. D’ailleurs l’exposé de Masoudi, ou plutôt desParsis, ses auteurs, est plein de contradictions...Il y a, dit-il,entre Zerdust et Alexandre environ 300 ans, parce que Zerdust a paru du temps de Kai-Bistasp(Darius Hystasp); mais entre Darius, élu roi l’an 520, et Alexandre, roi d’Asie en 327, il n’y a que 193 ans, et unenvironde 107 ans ne peut se permettre... D’Alexandre, mort en 324 avant J.-C., jusqu’à Ardéchir, roi en 226 après J.-C., il y a 550 ans, et Masoudi en compteenviron500; autre erreur trop forte. Son calcul de la prophétie est d’ailleurs inintelligible...L’empire périra au bout de 300 ans; la religion avec l’empire, au bout de 1000... Est-ce 1300 en tout, ou bien seulement 1000? Il prend ce dernier parti. Mais, si au temps d’Ardéchir il y avait 800 ans écoulés, les 100 qu’il voulut ajouter aux 200 restants faisaient 1100, et cependant, en retranchant 300 ans (moins 10), comme il fit, il augmenta de près de 500 ans. Or ces 500, ajoutés aux 800 que l’on disait écoulés, font 1300. La prophétie n’était donc pas de 1000 ans en total, comme le dit Masoudi, mais de 1000 plus 300... En outre, si Zerdust parut, comme il le dit encore, 300 ans avant Alexandre, ce fut donc en 630, au temps de Kyaxar, roi des Mèdes, et de Jérémie, chez les Hébreux. Ici Masoudi, en contradiction avec lui-même, se place au nombre de ses compatriotes qui font Zerdust disciple de Jérémie, trompés peut-être par l’équivoque du nom de ce prophète, avec celui d’Urmih, ville natale de Zoroastre. Ce calcul favoriserait l’hypothèse d’un académicien (l’abbé Foucher), qui, dans un savant Mémoire (tomeXXVIIdes Inscript.), a voulu prouver que Zoroastre, législateur, parut au temps de Kyaxarès; mais nous allons voir que ce système est plein d’incohérences. Cette anecdote d’Ardéchir, en nous donnant la mesure de l’ignorance et de l’audace desgouvernants asiatiques, ne pourrait-elle pas nous donner la clef d’une autre énigme du même genre? savoir pourquoi le texte grec compte depuis la création du monde jusqu’à notre ère............ 5508 ans, tandis que le texte hébreu n’en compte que..... 3760—— Différence................. 1748.
Si, comme il est vrai, c’était une opinion générale dans la basse Asie, 100 ans avant et après notre ère,que le monde allait finir; si, comme il est vrai, cette opinion prenait sa source dans la théologie de Zoroastre, qui dit que le monde, gouverné parOrmuzd, après avoir duré 6000ans, est supplanté et détruit par Ahriman, qui règnesixautresmille(total, 12000, c’est-à-dire les douze mois du grandcerclede l’année, appelémundus, lemandasanscrit); ne pourrait-on pas croire que les Juifs, imprégnés des opinions perses, ont pu et dû s’effrayer de voir s’approcher la fin du sixième mille, compté sur la Genèse; qu’alors la prudence de leur synagogue aurait jugé nécessaire de faire une suppression qui, comme celle d’Ardéchir, reculât l’époque du destin; et que cette opération n’ayant eu lieu qu’après la traduction et la divulgation du texte grec, elle n’aurait agi que sur l’hébreu pur, et qu’elle aurait été effectuée spécialement à une époque où elle aurait pu embarrasser la secte naissante des chrétiens, qui n’usait que du texte grec? Tout cela est tellement asiatique et juif, qu’on peut le regarder comme vrai. Ajoutons que cescinqetsixmille de Zoroastre, qui n’étaient que des mois, que des signes du Zodiaque chaldaïquement divisés enmille parties, pris ensuite par méprise pour des années, doivent être le vrai texte sur lequel Hermippe et Eudoxe ont bâti leurcinqetsix mille ans? Qu’est-ce que l’histoire ancienne!
[22]Clément d’Alexandrie nous en fournit encore une preuve. «Platon, dit-il, fait mention d’un certainÉr(ou Hèr), fils d’Armenius, Pamphilien d’origine, qui estZoroastre; car il a écrit ces paroles... Voici ce qu’écrit Zoroastre, fils d’Armenius, Pamphilien d’origine: Ayant été tué à la guerre, je suis descendu aux enfers (ou cieux inférieurs), et les dieux m’ont dit ce que je vais raconter.»Il est évident que ceHèra reçu ou pris le nom deZoroastre, et qu’il a été un de ces charlatans dont l’Asie abonda au temps deDariuset d’Ostanès. Sa vision, racontée par Platon, livre X de sa République, est d’ailleurs curieuse, en ce qu’elle nous montre des idées zoroastriennes sur l’autre monde, qui se trouvent presque littéralement chez les musulmans et chez les chrétiens.
[22]Clément d’Alexandrie nous en fournit encore une preuve. «Platon, dit-il, fait mention d’un certainÉr(ou Hèr), fils d’Armenius, Pamphilien d’origine, qui estZoroastre; car il a écrit ces paroles... Voici ce qu’écrit Zoroastre, fils d’Armenius, Pamphilien d’origine: Ayant été tué à la guerre, je suis descendu aux enfers (ou cieux inférieurs), et les dieux m’ont dit ce que je vais raconter.»
Il est évident que ceHèra reçu ou pris le nom deZoroastre, et qu’il a été un de ces charlatans dont l’Asie abonda au temps deDariuset d’Ostanès. Sa vision, racontée par Platon, livre X de sa République, est d’ailleurs curieuse, en ce qu’elle nous montre des idées zoroastriennes sur l’autre monde, qui se trouvent presque littéralement chez les musulmans et chez les chrétiens.
[23]Hérodote, lib. I, §CXL.
[23]Hérodote, lib. I, §CXL.
[24]Lib. I, p. 88, §CVII.
[24]Lib. I, p. 88, §CVII.
[25]Lib. I, p. 99, §CXX.
[25]Lib. I, p. 99, §CXX.
[26]En relisant Hérodote, nous trouvons deux autres traits non moins concluants. Liv. III, §LXV, Cambyse mourant conjure les Perses de ne point souffrir que le mageSmerdiss’empare du trône, et que par son imposture l’empire retourne auxMèdes..... Etibid., §LXXIII, le Perse Gobrya, haranguant les conjurés, leur dit: «Quelle honte pour desPersesd’obéir à unMède, à unmage!»
[26]En relisant Hérodote, nous trouvons deux autres traits non moins concluants. Liv. III, §LXV, Cambyse mourant conjure les Perses de ne point souffrir que le mageSmerdiss’empare du trône, et que par son imposture l’empire retourne auxMèdes..... Etibid., §LXXIII, le Perse Gobrya, haranguant les conjurés, leur dit: «Quelle honte pour desPersesd’obéir à unMède, à unmage!»
[27]§CXXXI.
[27]§CXXXI.
[28]In Proæmio.
[28]In Proæmio.
[29]Valesii excerpta, pages 460 et suivantes.
[29]Valesii excerpta, pages 460 et suivantes.
[30]Xanthus, au début de son article, observe que Kyrus s’était faitinstruire de la doctrine des mages: donc il n’y était pas né; il les caressait pour se faire un parti chez les Mèdes.
[30]Xanthus, au début de son article, observe que Kyrus s’était faitinstruire de la doctrine des mages: donc il n’y était pas né; il les caressait pour se faire un parti chez les Mèdes.
[31]Lib. I, cap.I.
[31]Lib. I, cap.I.
[32]Ce qu’Augustin,De civitate Dei, lib. XXI, cap. 14; ce qu’Orose, lib. I, cap. 4, dans le Vesiècle; et ce qu’Arnobe, lib. I, dans le IIIesiècle, disent de Zoroastre et de Ninus, ne sont que la répétition de ce passage.
[32]Ce qu’Augustin,De civitate Dei, lib. XXI, cap. 14; ce qu’Orose, lib. I, cap. 4, dans le Vesiècle; et ce qu’Arnobe, lib. I, dans le IIIesiècle, disent de Zoroastre et de Ninus, ne sont que la répétition de ce passage.
[33]Syncelle, p. 167.
[33]Syncelle, p. 167.
[34]Chap. 13, p. 40.
[34]Chap. 13, p. 40.
[35]Érostratebrûla aussi le temple d’Éphèse pour qu’onparlâtde lui: d’Érostrate à Ninus, quelle est la différence?
[35]Érostratebrûla aussi le temple d’Éphèse pour qu’onparlâtde lui: d’Érostrate à Ninus, quelle est la différence?
[36]Chap. 14.
[36]Chap. 14.
[37]Ibid.pag. 37.
[37]Ibid.pag. 37.
[38]La preuve que Mosès n’a pas fait un roman, est qu’ayant présenté sa description à M. Amédée Jaubert, aujourd’hui auditeur au conseil-d’état, qui a voyagé dans le pays, il nous a assuré, dès la seconde page, qu’il reconnaissait parfaitement les environs du lac deVanck, et particulièrement le local appeléArnès, lieu redouté à cause des voleurs qui s’y cachent dans les trous d’une ruine dont la forme retrace une vieille digue.
[38]La preuve que Mosès n’a pas fait un roman, est qu’ayant présenté sa description à M. Amédée Jaubert, aujourd’hui auditeur au conseil-d’état, qui a voyagé dans le pays, il nous a assuré, dès la seconde page, qu’il reconnaissait parfaitement les environs du lac deVanck, et particulièrement le local appeléArnès, lieu redouté à cause des voleurs qui s’y cachent dans les trous d’une ruine dont la forme retrace une vieille digue.
[39]La traduction latine porte Zoroastre à la manière des Grecs; mais le texte porteZerdustà la manière des Parsis. Les traducteurs ne devraient jamais se permettre ces changements de noms propres: il en résulte quelquefois de graves contre-sens; par exemple, cette même traduction rend à la page 97, le pays deKlesoiparCœlésyrie, pendant que c’est l’Akilis-ènede Strabon. Avec ces interprétations, on a introduit une foule d’erreurs et de difficultés dans l’histoire ancienne.
[39]La traduction latine porte Zoroastre à la manière des Grecs; mais le texte porteZerdustà la manière des Parsis. Les traducteurs ne devraient jamais se permettre ces changements de noms propres: il en résulte quelquefois de graves contre-sens; par exemple, cette même traduction rend à la page 97, le pays deKlesoiparCœlésyrie, pendant que c’est l’Akilis-ènede Strabon. Avec ces interprétations, on a introduit une foule d’erreurs et de difficultés dans l’histoire ancienne.
[40]Les Arméniens, comme les Arabes, nomment d’un même mot tout grand espace d’eau: cette mer est le lac deVank. En Égypte, le fleuve s’appelleBahr, comme l’Océan même. Tout ce récit de Mosès a cela de remarquable, qu’en le confrontant à celui de Ktésias, l’on trouve que le Grec nous a donné le commencement de l’histoire de Sémiramis, et l’Arménien, le dénouement; tous les deux sont parfaitement d’accord sur le caractère. Et Mosès paraît n’avoir connu Ktésias que par Diodore.
[40]Les Arméniens, comme les Arabes, nomment d’un même mot tout grand espace d’eau: cette mer est le lac deVank. En Égypte, le fleuve s’appelleBahr, comme l’Océan même. Tout ce récit de Mosès a cela de remarquable, qu’en le confrontant à celui de Ktésias, l’on trouve que le Grec nous a donné le commencement de l’histoire de Sémiramis, et l’Arménien, le dénouement; tous les deux sont parfaitement d’accord sur le caractère. Et Mosès paraît n’avoir connu Ktésias que par Diodore.
[41]Hérodote, lib. I, §CI, nomme lesBusi, lePareta keni, lesStruchates, lesArizanti, lesBoudiniet lesMagoi(mages).
[41]Hérodote, lib. I, §CI, nomme lesBusi, lePareta keni, lesStruchates, lesArizanti, lesBoudiniet lesMagoi(mages).
[42]Prononcé Irâne ou Èrane:anest la désinence, commeusen latin etosen grec. Aïr-an. L’Arménien Mosès fait observer que Arioï signifie (fortes) lesbraves, mot analogue àvirtus(firtus) et àvir, qui dans le sanscrit ont le même sens qu’en latin.
[42]Prononcé Irâne ou Èrane:anest la désinence, commeusen latin etosen grec. Aïr-an. L’Arménien Mosès fait observer que Arioï signifie (fortes) lesbraves, mot analogue àvirtus(firtus) et àvir, qui dans le sanscrit ont le même sens qu’en latin.
[43]TouretTaurs’écrivent par les mêmes lettres arabes, et dans les radicaux du phénicien et du chaldéen,TouretTsoursont le nom général des montagnes.
[43]TouretTaurs’écrivent par les mêmes lettres arabes, et dans les radicaux du phénicien et du chaldéen,TouretTsoursont le nom général des montagnes.
[44]VoyezOrigène contre Celse, lib. VI; Vie de Zoroastre, pag. 28; Zend-avesta, tom.II.
[44]VoyezOrigène contre Celse, lib. VI; Vie de Zoroastre, pag. 28; Zend-avesta, tom.II.
[45]L’original de l’Oupnekhat, si bizarrement traduit ou plutôt défiguré par Anquetil, est bien reconnu pour être l’un des livres les plus authentiques après les Vedas: il date au moins du 1200 ans avant J.-C.
[45]L’original de l’Oupnekhat, si bizarrement traduit ou plutôt défiguré par Anquetil, est bien reconnu pour être l’un des livres les plus authentiques après les Vedas: il date au moins du 1200 ans avant J.-C.
[46]Voyez Diog. Laërce, in Proœmio. Mais lorsqu’il ajoute que les mages sont antérieurs aux Égyptiens, il est en erreur et il copie Hermippe et Eudoxe.
[46]Voyez Diog. Laërce, in Proœmio. Mais lorsqu’il ajoute que les mages sont antérieurs aux Égyptiens, il est en erreur et il copie Hermippe et Eudoxe.
[47]Le passage suivant de son Traité surIsisetOsirisest surtout remarquable:«Il est des hommes qui croient qu’il existe deux dieux, dont le caractère opposé se plaît à faire l’un le bien, l’autre le mal. Zoroastre les a nommésOromazeetAhrimane. Il a dit que la lumière est ce qui représente le mieux l’un, comme les ténèbres et l’ignorance représentent le mieux l’autre. Les Perses disent qu’Oromazefut formé de la lumière la plus pure;Ahrimane, au contraire, desténèbresles plus épaisses: Oromaze fit six dieux bons comme lui, et Ahrimane en opposa six méchants. Oromaze en fit encore vingt-quatre autres, qu’il plaça dans unœuf; mais Ahrimane en créa autant, qui percèrent l’œuf, ce qui a produit dans lemondele mélange des biens et des maux.»Théopompe ajoute, d’après les livres des mages, «que tour à tour l’un de ces dieuxdomine(estsupérieur) troismilleans, pendant que l’autre estinférieur; qu’ensuite ils combattent avec égalité pendant trois autresmilleans... mais enfin le mauvais génie doit succomber, etc.»En réduisant ces allégories à leur sens naturel et simple, il en résulte que Zoroastre, d’après ses méditations physico-astronomiques, considérait le monde ou l’univers, comme régi par deux principes ou pouvoirs, l’un deproduction, l’autre dedestruction; que le premier gouvernait pendant les sixmille, c’est-à-dire pendant les sixmoisd’été, depuis l’équinoxe du Belier jusqu’à celui de la Balance; et le second pendant les sixmilleou sixmoisd’hiver, depuis la Balance jusqu’au Belier. Cette division de chaque signe du Zodiaque en 1000 parties, se retrouve chez lesChaldéens; et Anquetil, qui a si bien saisi l’allégorie, parle en plus d’un endroit des douzemillede Zoroastre, comme des douzemoisde l’année.L’œufest, comme l’on sait, l’emblème du monde chez les Égyptiens; les vingt-quatre dieuxbonssont les douze mois divisés parquinzainesde lune croissante et de lune décroissante, dont l’usage se retrouve chez les Indiens comme chez les Romains; ainsi du reste: c’est-à-dire que tout le système zoroastrien ne fut que de l’astronomie et de l’astrologie, comme tous les systèmes anciens; et qu’ensuite, défiguré par ses sectaires, qui ne l’entendirent pas, il reçut un sens mystique moral et des applications politiques qui ont eu, en plusieurs occasions, et spécialement chez les Juifs, des conséquences singulières, puisqu’un nouveau système en naquit.
[47]Le passage suivant de son Traité surIsisetOsirisest surtout remarquable:
«Il est des hommes qui croient qu’il existe deux dieux, dont le caractère opposé se plaît à faire l’un le bien, l’autre le mal. Zoroastre les a nommésOromazeetAhrimane. Il a dit que la lumière est ce qui représente le mieux l’un, comme les ténèbres et l’ignorance représentent le mieux l’autre. Les Perses disent qu’Oromazefut formé de la lumière la plus pure;Ahrimane, au contraire, desténèbresles plus épaisses: Oromaze fit six dieux bons comme lui, et Ahrimane en opposa six méchants. Oromaze en fit encore vingt-quatre autres, qu’il plaça dans unœuf; mais Ahrimane en créa autant, qui percèrent l’œuf, ce qui a produit dans lemondele mélange des biens et des maux.»
Théopompe ajoute, d’après les livres des mages, «que tour à tour l’un de ces dieuxdomine(estsupérieur) troismilleans, pendant que l’autre estinférieur; qu’ensuite ils combattent avec égalité pendant trois autresmilleans... mais enfin le mauvais génie doit succomber, etc.»
En réduisant ces allégories à leur sens naturel et simple, il en résulte que Zoroastre, d’après ses méditations physico-astronomiques, considérait le monde ou l’univers, comme régi par deux principes ou pouvoirs, l’un deproduction, l’autre dedestruction; que le premier gouvernait pendant les sixmille, c’est-à-dire pendant les sixmoisd’été, depuis l’équinoxe du Belier jusqu’à celui de la Balance; et le second pendant les sixmilleou sixmoisd’hiver, depuis la Balance jusqu’au Belier. Cette division de chaque signe du Zodiaque en 1000 parties, se retrouve chez lesChaldéens; et Anquetil, qui a si bien saisi l’allégorie, parle en plus d’un endroit des douzemillede Zoroastre, comme des douzemoisde l’année.
L’œufest, comme l’on sait, l’emblème du monde chez les Égyptiens; les vingt-quatre dieuxbonssont les douze mois divisés parquinzainesde lune croissante et de lune décroissante, dont l’usage se retrouve chez les Indiens comme chez les Romains; ainsi du reste: c’est-à-dire que tout le système zoroastrien ne fut que de l’astronomie et de l’astrologie, comme tous les systèmes anciens; et qu’ensuite, défiguré par ses sectaires, qui ne l’entendirent pas, il reçut un sens mystique moral et des applications politiques qui ont eu, en plusieurs occasions, et spécialement chez les Juifs, des conséquences singulières, puisqu’un nouveau système en naquit.
[48]Page 199, édit. de Rouen, 1653.
[48]Page 199, édit. de Rouen, 1653.
[49]VoyezDupuis, Origine de tous les cultes, pl. n° 17.
[49]VoyezDupuis, Origine de tous les cultes, pl. n° 17.
[50]Voyezle fragment de Ktésias en Diodore, lib. II, p. 118.
[50]Voyezle fragment de Ktésias en Diodore, lib. II, p. 118.
[51]VoyezDiodore de Sicile, lib. I;Stephanus,de Urbibus, etStrabo.
[51]VoyezDiodore de Sicile, lib. I;Stephanus,de Urbibus, etStrabo.
[52]Ce n’est pas le grammairien, puisqu’il vécut après Diodore.
[52]Ce n’est pas le grammairien, puisqu’il vécut après Diodore.
[53]Mémoires de l’Acad. des Inscript., tom.XVI, p. 245.
[53]Mémoires de l’Acad. des Inscript., tom.XVI, p. 245.
[54]Il faut qu’il y ait erreur dans les 599 cités par Fréret.
[54]Il faut qu’il y ait erreur dans les 599 cités par Fréret.
[55]Son petit-filsEl-Aqrânl’avait réparée, en marchant, pour venger son père, contre le pays deSinn, dont il prit la capitale, et où il établit une colonie de 30,000 Arabes. La postérité de ces colons subsistait encore en 1168, selon Ebn Hamdoun, dans leThibet, qui est leSinndes auteurs arabes.
[55]Son petit-filsEl-Aqrânl’avait réparée, en marchant, pour venger son père, contre le pays deSinn, dont il prit la capitale, et où il établit une colonie de 30,000 Arabes. La postérité de ces colons subsistait encore en 1168, selon Ebn Hamdoun, dans leThibet, qui est leSinndes auteurs arabes.
[56]Que les Perses de Kyrus et de Darius, possesseurs deBabylone, aient cru que les rois de cette ville avaient toujours été leurs lieutenants et vassaux, cela se conçoit, parce que, relativement aux Mèdes, prédécesseurs des Perses, il y a un fond de vérité. Mais que les auteurs persans du XIesiècle viennent nous dire que Kyrus et Xercès n’étaient que des vassaux et des lieutenants d’unchâhimaginaire, cela ne prouve que leur ignorance profonde de l’antiquité, et ne mérite aucune discussion. On ne peut voir sans regrets que M.Mouradja d’Ohsonait adopté et préconisé chez nous ces rêves asiatiques, dans sonTableau historique de l’Orient; mais l’on conçoit que néArménien, élevé àStambouldans le respect et l’admiration d’un grand pouvoir, M. Mouradja, en devenantdrogmanetcomtesuédois, n’ait pu changer d’esprit comme de vêtement: son livre, que nous venons de citer, écrit sans ordre, sans indication d’aucune autorité, n’est propre qu’à donner des idées fausses et vagues, et ne doit, en aucun cas, être regardé comme unehistoirede l’ancien Orient.
[56]Que les Perses de Kyrus et de Darius, possesseurs deBabylone, aient cru que les rois de cette ville avaient toujours été leurs lieutenants et vassaux, cela se conçoit, parce que, relativement aux Mèdes, prédécesseurs des Perses, il y a un fond de vérité. Mais que les auteurs persans du XIesiècle viennent nous dire que Kyrus et Xercès n’étaient que des vassaux et des lieutenants d’unchâhimaginaire, cela ne prouve que leur ignorance profonde de l’antiquité, et ne mérite aucune discussion. On ne peut voir sans regrets que M.Mouradja d’Ohsonait adopté et préconisé chez nous ces rêves asiatiques, dans sonTableau historique de l’Orient; mais l’on conçoit que néArménien, élevé àStambouldans le respect et l’admiration d’un grand pouvoir, M. Mouradja, en devenantdrogmanetcomtesuédois, n’ait pu changer d’esprit comme de vêtement: son livre, que nous venons de citer, écrit sans ordre, sans indication d’aucune autorité, n’est propre qu’à donner des idées fausses et vagues, et ne doit, en aucun cas, être regardé comme unehistoirede l’ancien Orient.
[57]La racinelahabmanque dans l’arabe (VoyezGolius), mais elle subsiste dans l’hébreu, qui, en plusieurs cas, explique très-bien le vieil arabe.
[57]La racinelahabmanque dans l’arabe (VoyezGolius), mais elle subsiste dans l’hébreu, qui, en plusieurs cas, explique très-bien le vieil arabe.
[58]Il est évident que ce nom d’Aâdfut, chez les anciens Arabes, le nom de beaucoup d’individus, en même temps qu’il était celui d’une tribu. Ainsi, chez les Hébreux,Manassé,Siméon,Éphraïm, noms de tribus, sont aussi des noms d’individus. Parmi lesmerveilles du monde, les Arabes citent le puits deMoattalachez lesMadianites, issus d’Aâd, tribu expulsée de l’Iémen. LesMadianitessont cités avant Moïse: donc l’expulsion des Aâdites date de bien plus loin.Dans leurs récits mêlés de fables, les auteurs arabes citent, relativement àCheddâd, plusieurs faits d’une exactitude vraiment historique et très-instructifs. Par exemple,Chehab-el-din, dans son livreEl-Djoman(les Perles), rapporte que{*},{*}VoyezNotice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 139. Extrait par M. de Sacy.«Aâd eut un grand nombre d’enfants dont trois régnèrent après lui (savoir):Mondâr,Cheddâd, etLoqman.Cheddâdayant succédé àMondâr, fit de grandes conquêtes dans l’Afrique jusqu’à l’Océan. Après 200ansd’absence, revenu en Iémen, il ne voulut point résider au château de Mâreb, et il acheva le château appeléEl Mocheyâd, commencé par son frère Mondâr. Il y employa avec profusion l’or, l’argent et les pierres précieuses (qu’il avait rapportées de ses conquêtes). Les murs étaient ornés intérieurement des pierres les plus rares, et le pavé était de marbre de diverses couleurs (c’était une mosaïque).Cheddâdavait reçu de la nature uneforcede corps prodigieuse (son nom en dérive:chedidsignifiefort); il pliait le fer avec les doigts, et l’éclat de sa voix eûtpu tuer un lion... Il vécut très-âgé, et vit sa postérité se multiplier à l’infini...LejardinnomméAram-Zât-el-èmâd(Aram aux colonnes), est encore un ouvrage de ce prince. Ayant lu dans (certains)livres révélésla description du paradis, dont les «colonnes sont d’or et d’argent, la poussière de musc et d’ambre, les gazons de safran et d’iris, les cailloux d’hyacinthe et d’émeraude, etc., il voulut imiter cette magnificence... Il choisit une plaine délicieuse, coupée de 1000 ruisseaux, et il y bâtit un palais enchanté, etc.«Dans son livre desmerveilles de Dieu{*}, Iaqouti s’exprime plus historiquement sur cet ouvrage:Aram aux colonnes, dit-il, est une ville située entreSanaàetHadramaut: elle a été bâtie parCheddâd, fils d’Aâd, ancien roi des Arabes; elle avait de longueur 12 parasanges, et autant de largeur (c’est presque la dimension de Moscou); elle renfermait un nombre infini d’édifices merveilleux, etc.»{*} Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 393.Il faut laisser à l’écart toutes les fables que les écrivains ont brodées sur ce riche canevas: les 200 ans deCheddâdne doivent pas être de leur invention: leur analogie avec les âges prodigieux des antiquités juives, prouve seulement qu’alors les années n’étaient pas composées de 12 mois, comme nous l’avons vu dans laChronologiedes Hébreux. En ne prenant que l’essence des faits rapportés dans l’article ci-dessus, nous y trouvons une indication claire... que dès avant le temps deHaretet deNinus, et en remontant jusqu’à celui deSésostris, les Arabes d’Iémen avaient déja fait en Afrique ces grandes expéditions qu’ils répétèrent au temps de Salomon: ils avaient pu déja, bien antérieurement, établir cette colonied’Éthiopiens-Abissins, dont l’origine, suivant le savant Ludolf, se perd dans la haute antiquité, et qui, différant totalement de la racenègrepar leurs cheveux longs, leur figure ovale et leur idiome tout-à-fait arabique, attestent une invasion étrangère qui expulsa les naturels du riche pays qu’arrosent les affluents du Haut-Nil. On conçoit comment un prince doué de moyens éminents commeCheddâd, put faire des expéditions dont ses prédécesseurs lui avaient ouvert les voies, et ensuite déployer un luxe dont le royaume de Thèbes lui offrait les modèles: il est à remarquer que le motAram, qui dans les langues arabiques ne signifie rien, dans le sanscrit signifiejardin; et que leparadisdécrit parcertains livres révélés, est le paradisindou, tel que le décrivent lesPouranas: en sorte que nous avons ici l’indication évidente de la diffusion dubrahmismedès ce temps reculé; et ce nom d’Aram,jardin, donné au riche pays de la Mésopotamie, prouve, avec bien d’autres noms géographiques, que le système indien s’étendit jadis, comme l’a très-bien vu Wilford, dans tout le continent de l’Asie. Pour des yeux libres, l’horizon de l’antiquité s’éloigne et s’étend à mesure que l’observateur avance; mais pour qui porte leslunettes juives, dès quelques pas au-delà d’Abraham, l’horizon est obstrué par lemont Araratet par les ténèbres chaldéennes, où l’imagination fascinée n’aperçoit que des figuresgigantesqueset des êtres fantastiques dans des nuages bizarrement dessinés.
[58]Il est évident que ce nom d’Aâdfut, chez les anciens Arabes, le nom de beaucoup d’individus, en même temps qu’il était celui d’une tribu. Ainsi, chez les Hébreux,Manassé,Siméon,Éphraïm, noms de tribus, sont aussi des noms d’individus. Parmi lesmerveilles du monde, les Arabes citent le puits deMoattalachez lesMadianites, issus d’Aâd, tribu expulsée de l’Iémen. LesMadianitessont cités avant Moïse: donc l’expulsion des Aâdites date de bien plus loin.
Dans leurs récits mêlés de fables, les auteurs arabes citent, relativement àCheddâd, plusieurs faits d’une exactitude vraiment historique et très-instructifs. Par exemple,Chehab-el-din, dans son livreEl-Djoman(les Perles), rapporte que{*},
{*}VoyezNotice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 139. Extrait par M. de Sacy.
«Aâd eut un grand nombre d’enfants dont trois régnèrent après lui (savoir):Mondâr,Cheddâd, etLoqman.Cheddâdayant succédé àMondâr, fit de grandes conquêtes dans l’Afrique jusqu’à l’Océan. Après 200ansd’absence, revenu en Iémen, il ne voulut point résider au château de Mâreb, et il acheva le château appeléEl Mocheyâd, commencé par son frère Mondâr. Il y employa avec profusion l’or, l’argent et les pierres précieuses (qu’il avait rapportées de ses conquêtes). Les murs étaient ornés intérieurement des pierres les plus rares, et le pavé était de marbre de diverses couleurs (c’était une mosaïque).Cheddâdavait reçu de la nature uneforcede corps prodigieuse (son nom en dérive:chedidsignifiefort); il pliait le fer avec les doigts, et l’éclat de sa voix eûtpu tuer un lion... Il vécut très-âgé, et vit sa postérité se multiplier à l’infini...
LejardinnomméAram-Zât-el-èmâd(Aram aux colonnes), est encore un ouvrage de ce prince. Ayant lu dans (certains)livres révélésla description du paradis, dont les «colonnes sont d’or et d’argent, la poussière de musc et d’ambre, les gazons de safran et d’iris, les cailloux d’hyacinthe et d’émeraude, etc., il voulut imiter cette magnificence... Il choisit une plaine délicieuse, coupée de 1000 ruisseaux, et il y bâtit un palais enchanté, etc.
«Dans son livre desmerveilles de Dieu{*}, Iaqouti s’exprime plus historiquement sur cet ouvrage:Aram aux colonnes, dit-il, est une ville située entreSanaàetHadramaut: elle a été bâtie parCheddâd, fils d’Aâd, ancien roi des Arabes; elle avait de longueur 12 parasanges, et autant de largeur (c’est presque la dimension de Moscou); elle renfermait un nombre infini d’édifices merveilleux, etc.»
{*} Notice des manuscrits orientaux, tome II, pag. 393.
Il faut laisser à l’écart toutes les fables que les écrivains ont brodées sur ce riche canevas: les 200 ans deCheddâdne doivent pas être de leur invention: leur analogie avec les âges prodigieux des antiquités juives, prouve seulement qu’alors les années n’étaient pas composées de 12 mois, comme nous l’avons vu dans laChronologiedes Hébreux. En ne prenant que l’essence des faits rapportés dans l’article ci-dessus, nous y trouvons une indication claire... que dès avant le temps deHaretet deNinus, et en remontant jusqu’à celui deSésostris, les Arabes d’Iémen avaient déja fait en Afrique ces grandes expéditions qu’ils répétèrent au temps de Salomon: ils avaient pu déja, bien antérieurement, établir cette colonied’Éthiopiens-Abissins, dont l’origine, suivant le savant Ludolf, se perd dans la haute antiquité, et qui, différant totalement de la racenègrepar leurs cheveux longs, leur figure ovale et leur idiome tout-à-fait arabique, attestent une invasion étrangère qui expulsa les naturels du riche pays qu’arrosent les affluents du Haut-Nil. On conçoit comment un prince doué de moyens éminents commeCheddâd, put faire des expéditions dont ses prédécesseurs lui avaient ouvert les voies, et ensuite déployer un luxe dont le royaume de Thèbes lui offrait les modèles: il est à remarquer que le motAram, qui dans les langues arabiques ne signifie rien, dans le sanscrit signifiejardin; et que leparadisdécrit parcertains livres révélés, est le paradisindou, tel que le décrivent lesPouranas: en sorte que nous avons ici l’indication évidente de la diffusion dubrahmismedès ce temps reculé; et ce nom d’Aram,jardin, donné au riche pays de la Mésopotamie, prouve, avec bien d’autres noms géographiques, que le système indien s’étendit jadis, comme l’a très-bien vu Wilford, dans tout le continent de l’Asie. Pour des yeux libres, l’horizon de l’antiquité s’éloigne et s’étend à mesure que l’observateur avance; mais pour qui porte leslunettes juives, dès quelques pas au-delà d’Abraham, l’horizon est obstrué par lemont Araratet par les ténèbres chaldéennes, où l’imagination fascinée n’aperçoit que des figuresgigantesqueset des êtres fantastiques dans des nuages bizarrement dessinés.
[59]La qualité de parent de Djemchid se trouve même en harmonie avec la tradition citée parMaseoudi, que l’une des 4 tribus arabes primitives possédèrent la Perse, et furent une portion alliée de ses habitants; l’une de ces tribus portait le nom d’Aâd, qui a dû faire équivoque avec le père deCheddâd.
[59]La qualité de parent de Djemchid se trouve même en harmonie avec la tradition citée parMaseoudi, que l’une des 4 tribus arabes primitives possédèrent la Perse, et furent une portion alliée de ses habitants; l’une de ces tribus portait le nom d’Aâd, qui a dû faire équivoque avec le père deCheddâd.
[60]On trouve dans l’ancienne Arménie le montCapotes, qui est un mot pur sanscrit, signifiant leLingam(Phallus); l’Araxès perce une montagne à un lieu appeléOrdovar, et le Gange en fait autant au lieu appeléHéridvâr, etc.
[60]On trouve dans l’ancienne Arménie le montCapotes, qui est un mot pur sanscrit, signifiant leLingam(Phallus); l’Araxès perce une montagne à un lieu appeléOrdovar, et le Gange en fait autant au lieu appeléHéridvâr, etc.
[61]Si l’on observe qu’en parlant de la défaite d’Astyag par Tigrane et Kyrus,Mosèsfait mention de sa maison (militaire) de 10,000ames, l’on pensera qu’il a voulu désigner le corps des 10,000cavaliersdevenu partie constituante de l’état militaire des Assyriens, puis des Mèdes, puis des Perses, où nous le trouvons sous le nom des 10,000immortels. Déïôkes et Kyrus ne firent que copier Ninus: par suite d’imitation, les Tartares ont copié les Perses dans leurToumande 10,000 cavaliers.
[61]Si l’on observe qu’en parlant de la défaite d’Astyag par Tigrane et Kyrus,Mosèsfait mention de sa maison (militaire) de 10,000ames, l’on pensera qu’il a voulu désigner le corps des 10,000cavaliersdevenu partie constituante de l’état militaire des Assyriens, puis des Mèdes, puis des Perses, où nous le trouvons sous le nom des 10,000immortels. Déïôkes et Kyrus ne firent que copier Ninus: par suite d’imitation, les Tartares ont copié les Perses dans leurToumande 10,000 cavaliers.
[62]Ktésias dans Photuis, p. 110.
[62]Ktésias dans Photuis, p. 110.
[63]Voyezd’Herbelot, Biblioth. orient., au motSâm ben Souri. En général le lecteur trouvera les traditions que nous citons, soit dans la Bibliothèque orientale, soit dans le livre I de l’Histoire universelle, tom.IV, in-4°, dans lequel est inséré un extrait de Mirkond.
[63]Voyezd’Herbelot, Biblioth. orient., au motSâm ben Souri. En général le lecteur trouvera les traditions que nous citons, soit dans la Bibliothèque orientale, soit dans le livre I de l’Histoire universelle, tom.IV, in-4°, dans lequel est inséré un extrait de Mirkond.
[64]Ktésias en Photius, pag. 107.
[64]Ktésias en Photius, pag. 107.
[65]Athénée, lib. XII, édit. de Schweighauser, tomeIV, page 468.
[65]Athénée, lib. XII, édit. de Schweighauser, tomeIV, page 468.
[66]Hérodote est d’accord; seulement il donne à ce second le nom deSmerdis.
[66]Hérodote est d’accord; seulement il donne à ce second le nom deSmerdis.
[67]Hérodote dit la même chose deSmerdis.
[67]Hérodote dit la même chose deSmerdis.
[68]Voyezl’Histoire universelle, in-4°, tomeIV, page 5 et suivante.
[68]Voyezl’Histoire universelle, in-4°, tomeIV, page 5 et suivante.
[69]VoyeztomeIV, page 414, et ci-devant, pag. 77.
[69]VoyeztomeIV, page 414, et ci-devant, pag. 77.
[70]Quint. Curt., lib. V, cap.I.
[70]Quint. Curt., lib. V, cap.I.
[71]Lib. XXIII, pag. 351.De bello persico.
[71]Lib. XXIII, pag. 351.De bello persico.
[72]Par exemple, le fort de Rhacotis où les rois d’Égypte entretenaient une garnison sur le lieu où fut bâtie Alexandrie.VoyezStrabon, lib. XVII, p. 792.
[72]Par exemple, le fort de Rhacotis où les rois d’Égypte entretenaient une garnison sur le lieu où fut bâtie Alexandrie.VoyezStrabon, lib. XVII, p. 792.
[73]330 ans avant notre ère, 8 siècles et demi après la fondation.
[73]330 ans avant notre ère, 8 siècles et demi après la fondation.
[74]Voyezle récit de Ktésias en Diodore, dont le lecteur trouvera une traduction littérale dans la Chronologie d’Hérodote, pag. 97. Comparez aussi Strabon, lib. XVI, au début.
[74]Voyezle récit de Ktésias en Diodore, dont le lecteur trouvera une traduction littérale dans la Chronologie d’Hérodote, pag. 97. Comparez aussi Strabon, lib. XVI, au début.
[75]Diod. Sicul., lib. II, p. 120, édit. de Wesseling.
[75]Diod. Sicul., lib. II, p. 120, édit. de Wesseling.
[76]Nous examinerons dans un article séparé la valeur de ces mesures.
[76]Nous examinerons dans un article séparé la valeur de ces mesures.
[77]Il y a ici une absurdité évidente.Le plus petit mur intérieurpluslongquel’extérieur qui l’enveloppe! Sûrement il faut lire:surpassa en largeur et hauteur.
[77]Il y a ici une absurdité évidente.Le plus petit mur intérieurpluslongquel’extérieur qui l’enveloppe! Sûrement il faut lire:surpassa en largeur et hauteur.
[78]La circonstance des 2,000,000 d’ouvriers levés par corvée, suggère une observation: ce fut un spectacle étrange que cette réunion d’hommes, divers de couleur de peau, de formes de vêtement, d’habitudes d’actions, de culte, et surtout de langage. Plus de 80 dialectes ont dû se parler dans le vaste empire de Sémiramis. L’Asie retentit des récits de ce fait romanesque, brodé par l’imagination arabe: peut-être a-t-il engendré le conte de la confusion des langues survenue aux constructeurs de la tour de Babel, ainsi que nous l’avons dit, partie Ire, page 147. Nous ajoutons qu’il est probablement aussi la source de l’origine vicieuse que les Juifs donnent au motBabylon. Selon euxBabylsignifieconfusion: cela ne se trouve dans aucun dictionnaire hébreu, arabe, etc. Mais comme en hébreu le motconfusio(turba mixta hominum) s’exprime par le motarab, et que les indigènes de Babel étaient desArabes, il est probable que le sens d’un mot a passé à l’autre, surtout quand la loi défendait aux Juifs de prononcer le nom des dieux étrangers, dont Babel était un composé:Ba-bel, palais de Bel. La ville phénicienne appelée par les GrecsBybl-os, plus ancienne que Sémiramis, s’appelle en langage oriental,Babel: dira-t-on qu’il s’y est fait aussi uneconfusionde langues?
[78]La circonstance des 2,000,000 d’ouvriers levés par corvée, suggère une observation: ce fut un spectacle étrange que cette réunion d’hommes, divers de couleur de peau, de formes de vêtement, d’habitudes d’actions, de culte, et surtout de langage. Plus de 80 dialectes ont dû se parler dans le vaste empire de Sémiramis. L’Asie retentit des récits de ce fait romanesque, brodé par l’imagination arabe: peut-être a-t-il engendré le conte de la confusion des langues survenue aux constructeurs de la tour de Babel, ainsi que nous l’avons dit, partie Ire, page 147. Nous ajoutons qu’il est probablement aussi la source de l’origine vicieuse que les Juifs donnent au motBabylon. Selon euxBabylsignifieconfusion: cela ne se trouve dans aucun dictionnaire hébreu, arabe, etc. Mais comme en hébreu le motconfusio(turba mixta hominum) s’exprime par le motarab, et que les indigènes de Babel étaient desArabes, il est probable que le sens d’un mot a passé à l’autre, surtout quand la loi défendait aux Juifs de prononcer le nom des dieux étrangers, dont Babel était un composé:Ba-bel, palais de Bel. La ville phénicienne appelée par les GrecsBybl-os, plus ancienne que Sémiramis, s’appelle en langage oriental,Babel: dira-t-on qu’il s’y est fait aussi uneconfusionde langues?
[79]Nous retrouvons ce roi dans les listes sanscrites des modernes indiens, sous le nom deTchandra-Goupta, successeur deNanda.
[79]Nous retrouvons ce roi dans les listes sanscrites des modernes indiens, sous le nom deTchandra-Goupta, successeur deNanda.
[80]Bahren arabe, qui signifie à la foismeretgrand fleuve, toutegrande étendue d’eau.
[80]Bahren arabe, qui signifie à la foismeretgrand fleuve, toutegrande étendue d’eau.
[81]Ce récit a une analogie frappante avec le début de la Genèse.
[81]Ce récit a une analogie frappante avec le début de la Genèse.
[82]On dispute sur l’époque de Bérose, et cependant la question nous semble simple aux yeux d’une critique raisonnable. Tatien, l’un des plus savants chrétiens du second siècle de notre ère, parlant de Bérose, lui rend ce témoignage: «Bérose est le plus savant des écrivains (sur l’Asie); et pour preuve, je citerai la préférence que le roi Juba, lorsqu’il traite des Assyriens, déclare donner à l’histoire de cet écrivain, qui avait composé 2 livres sur les faits et gestes des Assyriens». (Oratio contra Græcos, p. 293{*}.){*} Le témoignage de l’historien Josèphe n’est pas moins avantageux à Bérose, et ces autorités sont d’un autre poids que l’opinion de l’auteur superficiel de l’articleBérosedans le Dictionnaire des grands hommes.Quant à son âge, Tatien dit: «Bérose, prêtre baylonien, naquit à Babylone sous Alexandre; il dédia à Antiochus, troisième depuis ce prince, son histoire divisée en 3 livres, dans laquelle, parlant des actions des rois de Babylone, il en cite un entre autres appeléNabukodonosor, etc.»Maintenant raisonnons: Si Bérose naquit sous Alexandre, il faut entendre Alexandre, roi à Babylone, par conséquent vers l’an 330. Mais le traducteur latin de Tatien s’est permis d’altérer le texte grec en disant:Bérose fut contemporain d’Alexandre(Alexandro æqualis, quoique le greckata Alexandron gegonôssignifie littéralementné au temps d’Alexandre). Le Syncelle, selon son usage, avait déjà altéré cette phrase en disant, pag. 28;Bérose, dans son premier livre des Babyloniques, se fait honneur d’avoir vécu sa jeunesse sous Alexandre(genestaï tèn-êlikian), et le traducteur du Syncelle (Goar) l’a encore altéré en disant:parem se Alexandro jactat. Enfin ce même Syncelle, toujours incorrect, dévie encore plus du sens dans un autre passage, lorsqu’il dit, p. 14:Bérose, dans ses Antiquités chaldaïques, rapporte qu’il a fleuri sous Alexandre.Faute d’avoir fait ces corrections, plusieurs ont cru que Bérose avait réellement été un homme de 25 à 30 ans sous Alexandre, et alors il leur a été impossible de concilier un passage de Pline qui dit, lib. VII, chap. II: «Épigènes assure que les Babyloniens ont des observations de 720 ans de date, écrites sur des briques cuites; maisBéroseet Critodème réduisent cette durée à 480 ans (selon quelques manuscrits, et 490 selon d’autres)».Sur ce passage l’on raisonne et l’on dit: «Puisque Nabonasar (selon Bérose) détruisit tous les monuments historiques antérieurs à son règne, les observations qui le précédèrent ont dû être détruites: celles dont il s’agit ne doivent donc dater que de l’an 1 de Nabonasar, qui est l’an 747 avant notre ère: de 747 ôtez 480 de Bérose, vous ayez 268. Cette année fut la 15ed’Antiochus-Soter, qui succéda à Séleucus-Nicator en 282. Mais siAntiochus-Théos, qui fut successeur deSoteret 3edepuis Alexandre, ne régna qu’en 262, comment Bérose lui a-t-il dédié son livre?» Nous répondons qu’étant né sous Alexandre vers 330, Bérose avait eu, l’an 268, environ 63 ou 64 ans; ce qui est un âge convenable, tandis que la chose serait presque impossible dans l’autre hypothèse, où il aurait 85 à 90 ans. Si l’on préfère la leçon de 490 au lieu de 480, la dédicace tombera en l’an 258, et Bérose aurait 74 ans, ce qui est encore possible, mais moins probable; et néanmoins il a pu dédier son livre à Antiochus-Théos,prince royal, en l’an 268, tout aussi-bien qu’à Antiochus-Théos,roien l’an 258: ainsi la balance des probabilités est plus favorable à la leçon 480. Nous ne disons rien des 720 ans d’Épigènes, parce que l’époque de cet auteur n’est pas connue. Quant à la correction systématique qui veut ajoutermille, et lire 480mille ans, elle n’est appuyée ni par les manuscrits, ni par le texte de Pline, qui, en concluant que l’usage des lettres est éternel, a eu en vue leur invention sousPhoronéeet sous les plus anciens rois de la Grèce, sans compter que cet écrivain n’est pas toujours conséquent.
[82]On dispute sur l’époque de Bérose, et cependant la question nous semble simple aux yeux d’une critique raisonnable. Tatien, l’un des plus savants chrétiens du second siècle de notre ère, parlant de Bérose, lui rend ce témoignage: «Bérose est le plus savant des écrivains (sur l’Asie); et pour preuve, je citerai la préférence que le roi Juba, lorsqu’il traite des Assyriens, déclare donner à l’histoire de cet écrivain, qui avait composé 2 livres sur les faits et gestes des Assyriens». (Oratio contra Græcos, p. 293{*}.)
{*} Le témoignage de l’historien Josèphe n’est pas moins avantageux à Bérose, et ces autorités sont d’un autre poids que l’opinion de l’auteur superficiel de l’articleBérosedans le Dictionnaire des grands hommes.
Quant à son âge, Tatien dit: «Bérose, prêtre baylonien, naquit à Babylone sous Alexandre; il dédia à Antiochus, troisième depuis ce prince, son histoire divisée en 3 livres, dans laquelle, parlant des actions des rois de Babylone, il en cite un entre autres appeléNabukodonosor, etc.»
Maintenant raisonnons: Si Bérose naquit sous Alexandre, il faut entendre Alexandre, roi à Babylone, par conséquent vers l’an 330. Mais le traducteur latin de Tatien s’est permis d’altérer le texte grec en disant:Bérose fut contemporain d’Alexandre(Alexandro æqualis, quoique le greckata Alexandron gegonôssignifie littéralementné au temps d’Alexandre). Le Syncelle, selon son usage, avait déjà altéré cette phrase en disant, pag. 28;Bérose, dans son premier livre des Babyloniques, se fait honneur d’avoir vécu sa jeunesse sous Alexandre(genestaï tèn-êlikian), et le traducteur du Syncelle (Goar) l’a encore altéré en disant:parem se Alexandro jactat. Enfin ce même Syncelle, toujours incorrect, dévie encore plus du sens dans un autre passage, lorsqu’il dit, p. 14:Bérose, dans ses Antiquités chaldaïques, rapporte qu’il a fleuri sous Alexandre.
Faute d’avoir fait ces corrections, plusieurs ont cru que Bérose avait réellement été un homme de 25 à 30 ans sous Alexandre, et alors il leur a été impossible de concilier un passage de Pline qui dit, lib. VII, chap. II: «Épigènes assure que les Babyloniens ont des observations de 720 ans de date, écrites sur des briques cuites; maisBéroseet Critodème réduisent cette durée à 480 ans (selon quelques manuscrits, et 490 selon d’autres)».
Sur ce passage l’on raisonne et l’on dit: «Puisque Nabonasar (selon Bérose) détruisit tous les monuments historiques antérieurs à son règne, les observations qui le précédèrent ont dû être détruites: celles dont il s’agit ne doivent donc dater que de l’an 1 de Nabonasar, qui est l’an 747 avant notre ère: de 747 ôtez 480 de Bérose, vous ayez 268. Cette année fut la 15ed’Antiochus-Soter, qui succéda à Séleucus-Nicator en 282. Mais siAntiochus-Théos, qui fut successeur deSoteret 3edepuis Alexandre, ne régna qu’en 262, comment Bérose lui a-t-il dédié son livre?» Nous répondons qu’étant né sous Alexandre vers 330, Bérose avait eu, l’an 268, environ 63 ou 64 ans; ce qui est un âge convenable, tandis que la chose serait presque impossible dans l’autre hypothèse, où il aurait 85 à 90 ans. Si l’on préfère la leçon de 490 au lieu de 480, la dédicace tombera en l’an 258, et Bérose aurait 74 ans, ce qui est encore possible, mais moins probable; et néanmoins il a pu dédier son livre à Antiochus-Théos,prince royal, en l’an 268, tout aussi-bien qu’à Antiochus-Théos,roien l’an 258: ainsi la balance des probabilités est plus favorable à la leçon 480. Nous ne disons rien des 720 ans d’Épigènes, parce que l’époque de cet auteur n’est pas connue. Quant à la correction systématique qui veut ajoutermille, et lire 480mille ans, elle n’est appuyée ni par les manuscrits, ni par le texte de Pline, qui, en concluant que l’usage des lettres est éternel, a eu en vue leur invention sousPhoronéeet sous les plus anciens rois de la Grèce, sans compter que cet écrivain n’est pas toujours conséquent.
[83]Phrase très-remarquable.
[83]Phrase très-remarquable.
[84]Ces mêmes paroles se retrouvent, à vingt mots près, dans le Syncelle, page 220, et probablement il les a copiées de Josèphe.
[84]Ces mêmes paroles se retrouvent, à vingt mots près, dans le Syncelle, page 220, et probablement il les a copiées de Josèphe.
[85]Mégasthènes appelle ce canal de dérivation,arma kalé; Pline l’appelleamalchar, et dit que ce mot signifiefleuve royalen langue chaldéenne: nous disons qu’en cette languefleuve royalse ditnahr-maleka, qui ne ressemble en rien àam-al-char, mais assez bien àar-makalé, que les copistes ont altéré en oubliant l’ndansnar, et en invertissant μακαλε pour μαλακε nahr-malake: l’am-al-char de Pline est un mot arabe signifiantmère de l’abondance, dela richesse, om-el-chair. Quant à nahr-malake, il signifie aussifleuve de la reine, et se rapporte fort bien à Sémiramis.
[85]Mégasthènes appelle ce canal de dérivation,arma kalé; Pline l’appelleamalchar, et dit que ce mot signifiefleuve royalen langue chaldéenne: nous disons qu’en cette languefleuve royalse ditnahr-maleka, qui ne ressemble en rien àam-al-char, mais assez bien àar-makalé, que les copistes ont altéré en oubliant l’ndansnar, et en invertissant μακαλε pour μαλακε nahr-malake: l’am-al-char de Pline est un mot arabe signifiantmère de l’abondance, dela richesse, om-el-chair. Quant à nahr-malake, il signifie aussifleuve de la reine, et se rapporte fort bien à Sémiramis.