[118]On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.[119]Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.VBASSIN DE L’OUAD ZIZ.1o. — OUAD ZIZ.L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas, dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars, tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse, en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau, mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg, où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives, devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb, de Tizimi et du Tafilelt.Nous allons examiner une partie de ces districts.Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.I. — District des Aït Hediddou.C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve : ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza, sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :RIVE DROITE :Aït Bou Ouzellif (2 qçars).50fusils.Sountat.100Toulgdit.20Aït Ouazerf.100Aqdim.100Imtras.300Aït Ạmer.30Taberracht.60Aït Ạli ou Iqqo.50Tarribant.20Aït Ạmer.50Igli.200RIVE GAUCHE :Imelouan50fusils.Aït Ạmer150Aït Ạli ou Iqqo30Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg, s’appelle Asif Melloul.Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.Langue tamaziṛt.Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.Pas de Juifs.Distances :de Mezizelt à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.d’Aït Bou Ouzellif à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.de Tarribant à Aït Ạli ou Iqqo comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.Aït Ạli ou Iqqo (de la rive gauche) est en face de Taberracht.Imelouan est en face de Toulgdit.Il y a un espace désert entre Tarribant et Aït Ạli ou Iqqo ; les autres qçars sont les uns près des autres, unis par leurs cultures.II. — Ziz.Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :RIVE DROITE :Mezizelt.20fusils.Zaouïa Sidi Bou Qil (2 qçars)500Tabia⎱⎰Tabia300El ḤaraAït Sạïd.Aït Zebbour.20Aït Ḥammou el Ḥadj.15Tirezdet.80Aït Mousa ou Ạli.70Irezd (cherifs ; 3 qçars).150Aït el Ḥadj Sạïd.10Aït Kharroub.4Ibzazen⎫⎬⎭Aït Iaḥia ou Khalifa.150Aït Bou el KhialIzouṛarRich.20RIVE GAUCHE :Tamagourt.100fusils.Gafaï.100Tasiset.18Tabarkaït.25Ou Allal.60Izebban.15Izebban.80Tagersift.100Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont indépendants.Langue tamaziṛt.Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.Pas de Juifs.Distances :de Tiṛilasin à Rich comme de Souq Tiallalin à Mellaḥ Tiallalin.de Rich à Mezizelt comme de Tamerrakecht à Mellaḥ Tiallalin.de Tamagourt à Igli (Aït Ḥediddou) comme d’Aït Ọtman à Mellaḥ Tiallalin.Désert entre Tamagourt et Igli.Pas de désert entre Rich et Mezizelt, sur les rives de l’ouad.Tamagourt est en face de Mezizelt.Tagersift est en face d’Aït Iaḥia ou Khalifa.III. — Gers.Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :RIVE DROITE :Tiṛilasin Qedîm⎱⎰Tiṛilasin15fusils.Aït Tikkert40Kherzouza.40Qcîra Aït Ạouda.25Amalou.60El Ḥaïn.150Aït El Feqih.50Qcîra Alibou (Alibou est le chikh el ạam de toute la fraction des Aït Izdeg, cette année).20Cedouqa.30De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar, grand qçar détruit.Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].Langue tamaziṛt.Point de marché.Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.Distances :Cedouqa est en face d’Aït Khozman, sur la rive opposée de l’ouad.de Cedouqa à Aït Tikkert comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.IV. — Tiallalin.Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :RIVE DROITE :Kerrando.50fusils.Qcîra el Ihoud (appelée aussi Mellaḥ Tiallalin).Iserdan.30Bousam.20Tadaout.20Qcîra Aït Aḥa.10Aït ou Alil.50Aït Ḥaḥou.15Aït Ạmer.4Aït Çaleḥ.30RIVE GAUCHE :Aït Khozman.40fusils.Aït Ḥeqqou.20Aït ou Isaden.20Aït ou Innou.20Aït Zaïa.15Bou Idiren.60Qcîr Cherif.15Qcîr Sidi Ọmar.50Izabouben.10Aït Iaḥia ou Khalifa.10Aït Brahim.10Aït Attou.30El Qçar el Kebir.20Tamdafelt.12Taouaḥit.80Imazan.60Tamazount.15Izerraḥen.15Isaffen.6Aït Iaḥia.50Timṛirt.12Imri.30Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires, chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci, on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti, en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils, que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.Langue tamaziṛt.Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.Un mellaḥ.Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.V. — El Kheneg.On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :RIVE DROITE :Asbarou.20fusils.Aït Ọtman.200Qcîra el Mehenni.30Oul Itgir.60Serṛin.40Cheba.20RIVE GAUCHE :Tamerrakecht (3 petits qçars).40fusilsIfri (3 petits qçars).40Aït Isfa ou Daoud.30Amzou.300Ingbi.30Tingbit.40Beni Iffous.50Aït Moulei Moḥammed.100Timzourin (2 qçars).40El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.Langue tamaziṛt.Pas de marché.Pas de Juifs.VI. — Qçar es Souq.Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve.RIVE DROITE :Tazouqa.200fusils.Tagnit.40Qçar es Souq (composée de 5 qçars : Mouskellal, Qcîba Aït Moḥa ou Ạli, El Ḥaraṭîn, Agaouz, Azrou ; ils forment un cercle au milieu duquel sont le marché et le mellaḥ).300Tisgedlt.100Taṛzout (2 qçars).100Azemmour.150Targa (2 qçars).150RIVE GAUCHE :Tiṛiourin.150fusils.Beni Ouaṛaïn (3 qçars).100Er Raḥba.60Qçar Djedid Aït Ḥammou (3 qçars).60Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas de guerre.Langue tamaziṛt.Un marché, à Qçar es Souq.Un mellaḥ.Distances :de Mellaḥ Qçar es Souq à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.Qçar Djedid Aït Ḥammou est en face de Taṛzout.Tiṛiourin est en face de Tazouqa.VII. — Metrara.Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :RIVE DROITE :Tisgedlt.40fusils.Beni Meḥelli.100Asrir.200Mediouna.20El Ḥibous.400Qaçba Qedîma.400RIVE GAUCHE :Oulad el Ḥadj.300fusils.Qçar Dekhlani.150El Ṛrouch.40Qçar Djedid.100Zaouïa Moulei Ạbd Allah.20Qçar Berrani.100Taourirt.100Sidi Bou Ạbd Allah.300Ṭitaf.200Qaçba Djedida.200Beni Mousi.300Geri Ourgaz.4Gaouz.100Tazenagt.400Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala : les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit à d’autres qu’en cas de guerre.On ne parle que l’arabe.Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.Pas de Juifs.Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent : chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux ans, il lui a expédié 40 qanṭars (leqanṭarvaut ici1250 francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber, Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion, il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.Distances :point de désert entre le Qçar es Souq et le Metṛara.d’Oulad el Ḥadj à Tazenagt comme de Mellaḥ Tiallalin à Tamerrakecht.de Qçar Djedid Aït Ḥammou à Oulad el Ḥadj comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.de Tisgedlt à Targa comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.Beni Mousi est en face de Qaçba Qedîma.VIII. — Districts inférieurs.Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun, comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés sur les deux rives du fleuve.Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs, marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.IX. — Affluents de l’Ouad Ziz.L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre eux :1oL’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli (Aït Ḥediddou).2oL’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à Tagersift (district du Ziz).3oL’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.1oOuad Ait Iahia. — Il prend sa source dans le Grand Atlas et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours, en le descendant :RIVE GAUCHE :Tazarin.90fusils.Izloufa.20Tabouạrbit.50Anfergal.150El Bordj.10Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les 5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.Langue tamaziṛt.Ni marché, ni Juifs.Distances :d’El Bordj à Igli comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.d’El Bordj à Tazarin comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.Point de désert entre ces deux derniers points.2oOuad Sidi Hamza. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :RIVE DROITE :Tazrouft (marabouts).200fusilsZaouïa Sidi Ḥamza (marabouts).300Aït ou Allou (2 qçars) (Aït Izdeg).100Aït Iạqob (Aït Ḥediddou).600Tanṛerift (Ait Ḥediddou).50Toullist (4 qçars) (Aït Izdeg).200Langue tamaziṛt.Pas de marché.Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.Distances :de Tagersift à Tanṛerift comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.Défilé désert assez long entre ces deux points, appelé Kheneg Tarq.de Tanṛerift à Aït Iạqob comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.Désert entre ces deux points.d’Aït Iạqob à Aït ou Allou comme de Mellaḥ Tiallalin à Qçar es Souq.Désert entre ces deux points.d’Aït ou Allou à Zaouïa Sidi Ḥamza comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.Désert entre ces deux points.de Zaouïa Sidi Ḥamza à Tazrouft comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.Désert entre ces deux points.de Toullist à Tagersift comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala, se jetant sur sa rive gauche à Toullist.Ouad Nezala.— Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :Ibabaḥenrive droite,6fusils.Ạbbaririve gauche,40Qcîra ou Ba El Ḥasenrive gauche,20Bou Seroualrive droite,20Nezalarive droite,20Tiffitrarive droite,8Semlalrive gauche,10Tazalaṛtrive gauche,30Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.Langue tamaziṛt.Ni marché, ni Juifs.Distances :de Toullist à Tazalaṛt comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.Désert entre ces deux points.de Tazalaṛt à Semlal comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Çaleḥ.Désert entre ces deux points.de Semlal à Tiffitra comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.Désert entre ces deux points.de Tiffitra à Nezala comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït Ọtman.Désert Taqqat Nezala entre ces deux points.de Nezala à Ibabaḥen comme de Mellaḥ Tiallalin à Aït ou Alil.3oOuad Todra. — L’Ouad Todṛa, d’une grande importance, et par lui-même, et par son affluent l’Ouad Ṛeris, fera l’objet d’un article spécial.2o. — OUAD TODRA.I. Ouad Todra.L’Ouad Todṛa prend sa source à peu de distance de l’oasis du Todṛa, dans les hauts massifs qu’on en aperçoit vers le nord-ouest. Le mont d’où il sort s’appelle Aqqa Tizgi ; c’est une muraille rocheuse du pied de laquelle jaillissent des sources abondantes qui forment l’Ouad Todṛa. De là il va arroser la longue bande du Todṛa, où il a toujours de l’eau, été et hiver. Au sortir de cette oasis, le lit s’en dessèche et les bords en deviennent déserts jusqu’au Ferkla. Il arrose le Ferkla, puis rentre dans le désert : du point où il sort du Ferkla à celui où il se jette dans le Ziz, on ne trouve plus sur ses rives aucune grande oasis, mais seulement de loin en loin quelque qçar isolé entouré de dattiers, simple tache dans la plaine. Dans la portion inférieure de son cours, il porte souvent le nom d’Ouad Ferkla.Nous allons étudier successivement le Todṛa, le Ferkla et les qçars au-dessous de Ferkla.1oTODRA. — L’oasis du Todra se compose de deux parties : d’abord le Todṛa proprement dit, formé des qçars appartenant à la tribu chleuḥa des Todṛa, en second lieu une série de qçars appartenant aux Berâber. Tous sont sur le cours même de l’Ouad Todṛa, ceux-ci au-dessous des premiers. Une longuebande de palmiers, courant sans interruption sur les bords de la rivière, enveloppe les uns et les autres ; aucune frontière apparente n’existe entre ceux des Todṛa et ceux des Berâber.Todra proprement dit. — Voici les noms des qçars qui le composent, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’Ouad Todṛa :Aït Baḥa⎫⎬⎭Tizgirive gauche,20fusils.Aït Ousal (Zaouïa Sidi Ạbd el Ạli)rive droite,120Tabiarive gauche,30Aït Ạchcharive droite,25Aït Sidi ou Brahimrive gauche,100Aït Zakri⎫⎪⎪⎬⎪⎪⎭Aït Senanrive gauche,⎫⎪⎪⎬⎪⎪⎭300Aït Segmounnirive gauche,Aït Ismenrive gauche,Aït Çaïb ou Ọtmanrive gauche,Iḥedzamenrive gauche,Zaouïa Iḥedzamenrive gauche,Aït Ạriṭanrive droite,100Aït Ijjourive droite,15Aït Barrarive droite,40Aït Ouzanarive droite,100Asfalourive gauche,50Aït Zilalrive gauche,30Tagounsarive gauche,35Aït Bou Oujjanrive gauche,120Ismarinrive droite,40Tikoutarrive gauche,100Tiidrinrive gauche,80Taourirtrive droite,150Aït Ourjedalrive droite,40Afanourrive gauche,200Tiṛremtrive droite,50Tinṛirrive droite,200Imousasrive gauche,30Ilougan (Zaouïa Oulad Sidi Ḥamed Ben Ạbd eç Çadoq)rive gauche,30Ḥelloulrive gauche,70Tamasintrive gauche,50Aït b Oulmanrive droite,25Azrourive droite,25Tagoummastsur les deux rives,200Ifririve gauche,20Aït El Ḥasen ou Ạlirive droite,30Aït El Qaṭirive droite,20Iạdouanrive droite,60Aït Iaḥiarive droite,10Aït Moḥammedrive gauche,150Aït Iạlarive droite,50Ikhba⎫⎬⎭Amzaourourive gauche,200Aït Bou IaḥiaAït ḤammiḤara Imziouan⎱⎰El Ḥararive droite,600Ḥara Mrabṭin (Zaouïa Sidi el Ḥadj Ạmer)Les qçars que nous venons d’énumérer composent toute la tribu des Todṛa. Les Todṛa sont Chellaḥa ; ils se subdivisent en deux fractions, Aït Çaleḥ et Aït Genad : tel qçar appartient à telle fraction ; dans certains, les deux fractions sont mélangées. Chaque qçar a son gouvernement à part et vit isolé des autres, ne s’en rapprochant qu’en cas de guerre ; leur organisation à tous est identique : ils se nomment chacun un chikh el ạam tous les premiers de l’an. En temps ordinaire, aucun lien entre les différentsqçars : on ne se concerte, on ne se réunit que s’il y a guerre. Les Todṛa sont indépendants. Ils n’ont de debiḥa sur personne, pas même sur leurs puissants voisins les Berâber. Leur nombre et surtout leur caractère belliqueux ont sauvé leur indépendance.Les Todṛa ont un qaḍi, Sidi Ḥamed d Aït Sidi Ạïssa, habitant Tinṛir.Langue tamaziṛt.Deux marchés, tenîn et khemîs de Tinṛir.Quatre mellaḥs.Distances :de Tinṛir à El Ḥara comme de Tinṛir à Tizgi, ou quelques centaines de mètres de plus.de Taourirt à Asfalou 2 fois 1/2 comme de Taourirt à Tinṛir.d’Asfalou à Tizgi 4 fois comme de Taourirt à Tinṛir.De Tizgi à El Ḥara, tout l’ouad n’est que cultures et dattiers (bou feggouç et bou souaïr) ; pas de désert.Qçars des Beraber faisant partie de l’oasis. — Voici leur énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad ; ils font suite immédiatement aux précédents :Taria Ilemsanrive droite,40fusilsTiṛremt Aït b ou Iknifenrive droite,20Ignaouenrive droite,50Tiṛremt Aït Iạzzarive gauche,50Aït el Miskin (zaouïa)rive gauche,30Tiṛrematin Aït Aïssa ou Brahim (2 qçars : Tiṛremt Fouqania, Tiṛremt Taḥtania)rive gauche,100Tachbacht Aït Isfoulrive gauche,50Ces qçars, bien que se touchant, sont indépendants les uns des autres ; ils appartiennent, l’un à telle fraction des Berâber, l’autre à telle autre, et suivent le sort de leurs propriétaires.Distances :de El Ḥara à Taria Ilemsan comme de Taourirt à Asfalou.de Taria à Tiṛremt Aït b ou Iknifen comme de Taourirt à Asfalou.de Tiṛremt Aït b ou Iknifen à Ignaouen comme de Taourirt à Asfalou.de Tiṛremt Aït Iạzza à T. Aït Aïssa ou Brahim comme de Taourirt à Tinṛir.de T. Aït Aïssa ou Brahim à Tachbacht Aït Isfoul comme de Taourirt à Asfalou.Ignaouen et Tiṛremt Aït Iạzza se font face.2oFERKLA. — L’oasis du Ferkla se compose d’un certain nombre de qçars, échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Todṛa, au milieu d’une bande de palmiers qui les enveloppe tous. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad :RIVE DROITE :El Khorbat (Aït Melṛad).400fusils.Chạt (2 qçars) (Aït Melṛad).200Aït Ben Nacer (marabouts).30Aït Ạsem (Aït Melṛad).200Tirdouin (Ahel Ferkla).120Gardmit (Aït Melṛad).200RIVE GAUCHE :Asrir (Ahel Ferkla).600fusils.Cheurfa Taïrza (cherifs).50Talalt (Ahel Ferkla).50Tiṛfert (Ḥaraṭîn).200Aït Sidi El Houari (marabouts).400Oulad Mạmmer (Ahel Ferkla).150La population du Ferkla est composée partie d’Aït Melṛad, partie d’Ahel Ferkla, partie de Ḥaraṭîn, partie de marabouts. Les uns et les autres sont indépendants. Les Ahel Ferkla sont des Chellaḥa ; les qçars que nous venons de mentionner comme leur appartenant, forment toute leur tribu ; ils sont libreset n’ont de debiḥa sur personne : les Aït Melṛad mêmes, leurs puissants voisins, ne sont pas plus indépendants qu’eux. Les Ḥaraṭîn et les marabouts ont su également conserver leur liberté.Les divers qçars du Ferkla vivent isolés les uns des autres, chacun avec son gouvernement particulier ; ce gouvernement est le même dans tous : celui d’un chikh el ạam. Aucun lien commun n’unit les qçars entre eux.Les dattes du Ferkla sont des bou feggouç et des bou souaïr.Langue tamaziṛt.Deux marchés, ḥad et khemîs d’Asrir.Un mellaḥ.Distances :d’El Khorbat à Oulad Mạmmer comme de Tinṛir (Todṛa) à Aït Moḥammed.Gardmit est en face d’Oulad Mạmmer.3oQÇARS AU-DESSOUS DU FERKLA. — Il existe un chemin direct du Todṛa au Tafilelt, par le cours de l’Ouad Todṛa. Le voici :On quitte le Ferkla et l’on s’engage dans le désert en descendant la rive droite de l’Ouad Todṛa. On arrive d’abord à :Izelf Aït Melrad, qçar de 50 fusils, entouré de dattiers ; il est à quelque distance de l’Ouad Todṛa et n’est alimenté que par des sources.Distance : du Ferkla à Izelf comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.De là on gagne :Igli Aït Khelifa, grand qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, habité par une population de marabouts (Oulad Sidi El Houari), de Ḥaraṭîn et d’Aït Khelifa (Aït Atta). Il est aussi à quelque distance de la rivière, sur sa rive droite ; il est arrosé par des sources.Distance : d’Izelf à Igli comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou.Puis on passe à :Mellạb Aït Iạzza, qçar de 100 fusils, entouré de dattiers. Mellạb se trouve sur la rive gauche de l’Ouad Todṛa. Chemin faisant, on a traversé la rivière à mi-route entre Igli et Mellạb.Distance : d’Igli à Mellạb comme deux fois de Taourirt à Asfalou.On continue à descendre la rive gauche du cours d’eau et on arrive à :Oul Touroug, qçar de 150 fusils, entouré de dattiers, appartenant aux Aït Iạzza et aux Aït Khelifa. Il est situé sur le bord même de l’ouad (rive gauche).Distance : de Mellạb à Oul Touroug comme de Taourirt (Todṛa) à Foum el Qous n Tazoult.De là on continue à descendre l’Ouad Todṛa, qui, peu au-dessous d’Oul Touroug, reçoit sur sa rive gauche l’Ouad Ṛeris. Puis on parvient à :Tilouin, grand qçar, entouré de dattiers, situé sur le bord de la rivière (rive gauche). C’est auprès de Tilouin qu’eut lieu, en 1883, une grande bataille entre les Aït Atta et les Aït Melṛad. Le qçar appartient actuellement aux Aït Melṛad.Distance : d’Oul Touroug à Tilouin comme de Mellạb à Oul Touroug.De Tilouin, en descendant toujours l’Ouad Todṛa, on arrive à :Fezna, qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, s’élevant au bord du cours d’eau (rive gauche). Il appartient aux Aït Iafelman.Distance : de Tilouin à Fezna comme de Taourirt (Todṛa) à Imiṭeṛ.Peu au-dessous de Fezna, l’Ouad Todṛa se jette, dit-on, dans l’Ouad Ziz : ce confluent se trouverait non loin d’El Djerf sur le Ziz.II. — Ouad Imiter.L’Ouad Todṛa reçoit deux affluents importants : l’Ouad Imiṭeṛ, se jetant sur sa rive droite dans laportion inférieure de l’oasis du Todṛa, au-dessous du qçar d’Aït Iaḥia, en face de celui d’Aït Moḥammed ; l’Ouad Ṛeris, se jetant sur sa rive gauche à quelque distance au-dessous d’Oul Touroug.Nous allons les étudier l’un après l’autre.L’Ouad Imiṭeṛ prend sa source dans les massifs qui s’élèvent au nord de la plaine d’Anbed. Il arrose successivement sur son cours :Imiṭeṛ (groupe de quatre qçars contigus : Aït Brahim, Iṛir, Taouaḥmant, Aït Moḥammed, appartenant tous aux Aït b ou Iknifen).150fusils.Timaṭṛeouin Ignaouen.50Qcîba Aït Moulei Ḥamedrive gauche⎫⎬⎭50Qcîba Moulei Brahimrive droiteQcîba Imougarrive gaucheLes jardins de ces trois derniers qçars se touchent ; ceux-ci ne forment qu’un seul groupe ; deux d’entre eux appartiennent à des cherifs, le dernier à des Aït Atta (les Imougar sont une subdivision des Aït Isfoul).De là, l’Ouad Imiṭeṛ passe àTilouin Aït Isfoulrive droite, 20 fusils.Puis il va se jeter dans l’Ouad Todṛa, en face d’Aït Moḥammed.Des trois qcîbas à Tilouin, comme de Tilouin à Aït Moḥammed, il n’y a que le désert.Distances :de Qcîba Imougar à Tilouin comme de Timaṭṛeouin à Foum el Qous.de Tilouin à Aït Moḥammed comme de Timaṭṛeouin à Foum el Qous.III. — Ouad Reris.L’Ouad Ṛeris prend sa source sur le versant méridional du Grand Atlas. Le premier endroit habité qu’il arrose est le district d’Amtrous. Après l’avoir traversé, il rentre dans le désert ; puis on trouve successivement sur son cours, en le descendant : une réunion de 5 qçars appartenant aux Aït Melṛad, un désert, le district de Semgat, un désert, un groupe de 4 qçars des Aït Melṛad, un désert, l’oasis de Taderoucht, un désert, le Ṛeris. Au sortir du Ṛeris, il rentre dans le désert et y demeure jusqu’à son confluent avec l’Ouad Todṛa, à peu de distance d’Oul Touroug.AMTROUS. — Le district d’Amtrous se compose d’un certain nombre de qçars, situés sur l’Ouad Ṛeris ; en voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :Toumlilinrive droite,30fusilsAït Daoud ou Ạzzirive gauche,70Taadadatsrive gauche,50Timoularive gauche,50Igedmanrive droite,40Aït Hanirive gauche,50Tizeggarinrive gauche,30Asingrive gauche,100Tiidrinrive gauche,100Le district d’Amtrous est habité partie d’Aït Melṛad, partie d’Aït Ḥediddou. Ces deux fractions se partagent les différents qçars.Ni marché, ni Juifs.Distance : d’Aroraï à Tiidrin comme de Taourirt à El Ḥara (Todṛa).AIT MELRAD. — Au-dessous de ce district, se trouvent, séparés de lui par un désert assez court, 5 qçars unis en un seul groupe, appartenant aux Aït Melṛad ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :Aroraï.100fusils.Achoul Sidi Bou Iạqob.100Aït Sidi Moḥammed ou Iousef.20Aït er Riban.30Amougger.100Ni marché, ni Juifs.Distance :d’Imiṭeṛ à Amougger comme de Tinṛir à El Ḥara.Les cinq qçars se touchent.SEMGAT. — Au-dessous de ces cinq qçars, sur le cours de l’Ouad Ṛeris, se trouve, séparé d’eux par un court désert, le district de Semgat. Il se compose des qçars suivants, échelonnés sur les bords de la rivière ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en la descendant :Imiṭeṛ (2 qçars : Aït Brahim, El Qçar el Kebir)rive gauche,100fusils.Aït Ouahirive gauche,30Aït Selîmanrive gauche,50Aït Ioubrive gauche,80Aït Bou Izzemrive droite,30Imelouanrive gauche,50Amellagourive gauche,40Le district de Semgat appartient aux Aït Melṛad et n’est peuplé que d’eux.Ni marché, ni Juifs.Distances :de Taḥamdount au Semgat comme de Tizgi à El Ḥara (Todṛa).d’Amellagou à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Tinṛir.AIT MELRAD. — Au-dessous du Semgat, séparé de lui par un désert assez court, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, un groupe de 4 qçars appartenant aux Aït Melṛad. Ce sont, dans l’ordre où on les voit en descendant la rivière :Taḥamdountrive droite,30fusils.Qçar Kebir Aït Brahimrive droite,30Qçar Aït Brahimrive gauche,30Timzgit (2 qçars)sur les deux rives,50Ces localités sont toutes entourées de dattiers ; ce sont les premières de l’Ouad Ṛeris qui en possèdent ; plus haut, cet arbre ne croît pas : au-dessus de Taḥamdount, les oliviers, les grenadiers, les figuiers sont les seules essences qui poussent sur les bords de la rivière : au-dessous de ce qçar, pas un lieu habité où il n’y ait des palmiers.Ni Juifs, ni marché.Distances :de Timzgit au Taderoucht comme d’Asfalou à Aït Moḥammed.de Timzgit à Aït Brahim comme de Taourirt à Tinṛir.Qçar Kebir Aït Brahim fait face à Qçar Aït Brahim.De Qçar Kebir Aït Brahim à Taḥamdount, 400 mètres.TADEROUCHT. — Au-dessous de ces 4 qçars, séparée d’eux par un court désert, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, l’oasis de Taderoucht ; elle se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives du cours d’eau, au milieu d’une bande continue de palmiers. Voici les noms de ces localités, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :Moui (Qebala)rive droite,200fusils.Aourir (marabouts)rive gauche,50Iṛerm n Cherif (Qebala)rive gauche,20El Ḥara (marabouts et Qebala)rive gauche,60Qcîrat Sidi Ạbd Allah ou Ạli (marabouts)rive gauche,10Taziat (Berâber)rive gauche,80Zenba (marabouts)rive gauche,30El Bordj (marabouts)rive gauche,50Aucun lien n’existe en temps habituel entre les divers qçars du Taderoucht. Chacun vit isolément, administré par son chikh el ạam.Langue tamaziṛt.Pas de marché.Un mellaḥ.Distances :du Ṛeris au Taderoucht comme de Tinṛir à El Ḥara (Todṛa).d’El Bordj à Moui comme de Taourirt à Tinṛir.RERIS. — Au-dessous du Taderoucht, séparée de lui par un court désert, se trouve, sur le cours de la même rivière, la grande oasis du Ṛeris. C’est une longue ligne de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ṛeris, au milieu d’un ruban d’épaisses plantations de dattiers. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les trouve en descendant le cours d’eau ; ils sont tous sur la rive droite :Maggaman (Berâber).30fusils.Aït Iaḥia ou Ọtman (Berâber).400Gelmima (Berâber).250Kherraza (Berâber).50Aït Mouch (Chellaḥa indépendants).50Takatirt (Berâber).40Bou Tnefit (Chellaḥa indépendants).150Sidi Moḥammed ou El Ḥasen (marabouts).30Gaouz Aït Sidi Ạmer (marabouts).25Aït Sidi Ạmer (marabouts).50Cheurfa Aqqa (cherifs).50Ifsaḥen (Chellaḥa indépendants).100Aït Iạqob (Chellaḥa indépendants).40Aït Sidi Ạli (marabouts).30Aït Sidi Ạmer (marabouts).30Amtoz (Chellaḥa indépendants).40Aït Mouḥ ou Iaḥia (Chellaḥa indépendants).80Khelil (Chellaḥa indépendants).50Tourza (marabouts).Tous ces qçars sont au bord même de l’ouad, arrosés par la conduite dite sagia taḥtia, « canal inférieur ». Il y a encore 5 localités, situées à quelques centaines de mètres du cours d’eau, sur la même rive, alimentées par un autre canal, sagia fouqania, « canal supérieur ». Elles sont unies en un seul groupe et fort rapprochées les unes des autres ; elles se trouvent vis-à-vis d’Aït Iaḥia ou Ọtman et de Gelmima. En voici les noms :Ireṛrer (Chellaḥa indépendants).50fusils.Tiouanin (Chellaḥa indépendants).40Zerrara (Chellaḥa indépendants).40Aït Ketto (Chellaḥa indépendants).100Aït Ḥarṭ (Chellaḥa indépendants).Les habitants du Ṛeris sont indépendants ; chaque qçar appartient à ceux qui l’habitent. Tous s’administrent isolément, comme dans le Ferkla. L’organisation en est uniforme : ils ont chacun leur chikh el ạam. Aucun lien ne les unit entre eux ; ils ne se joignent qu’en cas de guerre.Les dattiers du Ṛeris produisent des bou feggouç et des bou souaïr.Langue tamaziṛt.Deux marchés : tenîn et khemîs à Aït Iaḥia ou Ọtman.Deux mellaḥs.Distance : de Maggaman à Tourza comme d’Asfalou à Iạdouan (Todṛa).IV. — Localités entre les ouads Todra et Reris.Entre les ouads Todṛa et Ṛeris, se trouvent trois petites localités ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en allant du Todṛa à Oul Touroug :Taddart n Oumira. — Petit qçar situé entre le Todṛa et le Ṛeris, à quelque distance au sud du talus de roche rose qui borde le nord de la plaine entre ces deux oasis. Population mélangée d’Aït Atta et d’Aït Melṛad. 40 fusils. Point de cours d’eau ; les jardins sont arrosés par des sources. On laisse ce qçar à main gauche en allant du Ferkla au Ṛeris et on ne l’aperçoit pas du chemin.Distances :de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme d’El Khorbat à Oulad Mạmmer.de Ṭaddart n Oumira au Ferkla comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou (Todṛa).de Ṭaddart n Oumira au Todṛa comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Aït Iidir (Dâdes).de Ṭaddart n Oumira au Ṛeris comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Timaṭṛeouin.El Mkhater. — Petit qçar entouré de palmiers situé, entre le Ferkla et le Ṛeris, près de Ṭaddart n Oumira.Zaouïa Sidi El Houari. — Petite zaouïa située au milieu de la plaine, entourée de jardins sans palmiers ; l’eau qui l’alimente provient des sources de Ṭaddart n Oumira et est amenée par des canaux. On passe auprès d’elle en allant du Ferkla au Ṛeris.V. — Qçars du Sarro.Toute la région s’étendant au nord du Todṛa, de cette oasis à l’Oussikis, est inhabitée. C’est une contrée montagneuse et déserte.Au sud du Todṛa, au contraire, dans le Petit Atlas qui porte encore le nom de Saṛro, il existe plusieurs localités.Le Saṛro, qui s’étend du Mezgîṭa au Dâdes et qui se prolonge jusque auprès du Ferkla, ne va pas plus loin vers l’est. Au delà du Ferkla, ou, comme je le crois, le Petit Atlas expire, ou du moins il cesse de porter le nom de Saṛro. Il existe plusieurs qçars dans les flancs de cette chaîne : on les appelle les qçars du Saṛro ; en voici les noms :Tagdielt Aït Bou Daoud. — Ce sont trois tiṛremts qui ne sont point habitées d’une manière continue, et où les Aït Bou Daoud emmagasinent leurs biens tandis qu’eux-mêmes vivent sous la tente. Tagdielt est arrosée par des sources ; elle se trouve à la lisière sud de la vaste plaine d’Anbed, dans un repli de la montagne.Distances :de Tagdielt à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.de Tagdielt à Tiilit comme de Taourirt à Timaṭṛeouin.Aït Merset. — Une seule qaçba appartenant aux Aït Merset, fraction des Aït Ouniṛ. Elle est arrosée par des sources. Elle est située dans un fond, sur les premières pentes du Saṛro.Distances :d’Aït Merset à Tagdielt comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.d’Aït Merset à Imiṭeṛ comme d’Imiṭeṛ à Foum el Qous.d’Aït Merset à Tiilit comme d’Imiṭeṛ à Taourirt.Qçîbat Ilemsan. — Elles se composent de 4 tiṛremts. Des sources les alimentent ; un cours d’eau se trouve auprès, mais il n’a d’eau que lorsqu’il pleut.Distances :de Qcîbat Ilemsan à Aït Merset comme de Taourirt à Foum el Qous.de Qcîbat Ilemsan à Imiṭeṛ comme de Taourirt à Foum el Qous.de Qcîbat Ilemsan à Taourirt comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.de Qcîbat Ilemsan à Tiilit comme 2 fois de Taourirt à Timaṭṛeouin.Ti n Iourkan. — Elle est formée d’un grand qçar et de 4 tiṛremts. Elle appartient à des Aït Atta de diverses fractions, Ignaouen, Aït b ou Iknifen, Aït Iạzza. Des sources l’alimentent. De là part un chemin qui se rend au Dra, par le Tazarin : deux jours de marche de Ti n Iourkan au Tazarin, deux autres de Tazarin au Qtaoua.Distances :de Ti n Iourkan à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.de Ti n Iourkan à Tiilit comme de Taourirt à Aït Iidir (Dâdes).de Ti n Iourkan à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.Irerman Azdar. — Elle est formée de 4 tiṛremts et habitée, comme Ti n Iourkan, par des Aït Atta de diverses fractions. Des sources l’alimentent.Distances :d’Iṛerman Azdaṛ à Ti n Iourkan comme 2 fois de Taourirt à Asfalou.d’Iṛerman Azdaṛ à Taourirt comme de Taourirt à Imiṭeṛ.d’Iṛerman Azdaṛ à Qcîbat Ilemsan comme de Taourirt à Foum el Qous.Point de dattiers dans le Saṛro ; à tous les qçars que nous venons de citer, il y a pour toute verdure quelques cultures de céréales et de maigres jardins, comme à Imiṭeṛ.Pas de marché, ni de Juifs.3o. — BERABER.Les Berâber, dont le nom est si célèbre, sont une grande tribu, la plus puissante du Maroc. Elle couvre de ses tentes le vaste quadrilatère compris entre l’Ouad Ziz, l’Ouad Dâdes et l’Ouad Dra, possède une foule de qçars sur ces trois cours d’eau et, dépassant ces limites, s’étend au nord sur des portions du versant septentrional du Grand Atlas. Au sud, aucune tribu ne la borne : ses campements s’avancent jusqu’au seuil du Grand Désert, ses ṛezous, terreur du Sahara, le parcourent jusqu’au Soudan. Comme les Ida ou Blal, les Berâber font métier d’escorter et de piller les caravanes sur la route de Timbouktou. A l’est et à l’ouest, ils débordent en quelques points au delà des fleuves qui leur servent de frontières naturelles, et s’étendent au nord-est sur le haut cours du Gir, au sud-ouest jusqu’aux Ida ou Blal.Les Berâber sont Imaziṛen et ne parlent que le tamaziṛt. Un certain nombre sont sédentaires ; la plupart, de beaucoup, sont nomades. Ils se divisent en deux grandes branches, les Aït Atta et les Aït Iafelman ; chacune d’elles se subdivise elle-même en de nombreuses fractions. En temps ordinaire, ces fractions se gouvernent isolément, tout petit groupe, tout qçar ayant son chikh el ạam, magistrat élu, se renouvelant chaque année, possesseur d’une autorité fort limitée. En cas d’affaire grave, on se concerte, soit dans les différentes parties d’une fraction, soit plusieurs fractions ensemble, soit tout un groupe, soit la totalité des Berâber : alors on s’assemble partout, on nomme des députés qui se réunissent en djemaạa générale, délibèrent et décident. En 1882, l’assemblée générale des Berâber s’est, dit-on, réunie ; elle était composée de délégués de toutes les fractions et formait un total de près de1000 personnes. Ce fait a lieu rarement, car presque toujours la discorde règne parmi les Berâber : lors de mon passage, Aït Atta et Aït Iafelman étaient en hostilités, et les Aït Atta étaient divisés entre eux. En cas de guerre générale, les Berâber élisent un chikh unique dont l’autorité est illimitée ; dans les guerres particulières, chaque parti agit de même.Voici la décomposition des Berâber :Aït b ou Iknifen (Dra, Oussikis, Tazarin, désert)1500fusils.Aït ZemrouiIlemsan (Ternata, Dâdes, désert)300Ignaouen (Qtaoua, Dâdes, désert)500Aït Ạïssa ou Brahim (auxquels appartiennent les Izknasen) (Fezouata, Dâdes, désert)500Aït Ouniṛ (Dra, Dâdes, désert)800Aït Isfoul (Fezouata, Dâdes, désert)1000Aït AttaAït Bou Daoud (Qtaoua, Dâdes, Tazarin, désert)500Aït Khelifa (Igli, Oul Touroug, au-dessous du Ferkla)150Ouchchan (aux environs du Tafilelt)200Aït ḤachchouAït El Fersi (au-dessous du Todṛa)30Aït Ounbegi (ils portent aussi le nom d’Aït Khebbach (ou Khebbas) (Dra, Reṭeb, désert)2000Aït Iạzza (qçar au sud du Todṛa, désert)1500Aït ou Allal (desquels font partie les Aït Ạlouan, les Aït b Oulman, les Imsouffa)2000Izligen (Qtaoua)80BerâberAït BrahimLes Aït Ḥediddou n’ont pas d’autres qçars que ceux qui ont été mentionnés plus haut ; très grand nombre de tentes ; 3000 fantassins et 600 chevaux.Aït ḤediddouAït ẠmerAït IạzzaAït Iaḥia (ils ne possèdent comme qçars que ceux qui ont été mentionnés plus haut, mais ont un très grand nombre de tentes. Ils s’étendent jusqu’aux Aït Seri et jusque près des Ichqern, sur les pentes nord de l’Atlas. Leur territoire est tout entier en montagne. 4000 fantassins et 40 chevaux).Aït MḥammedLes Aït Melṛad habitent le haut cours de l’Ouad Dâdes, tout l’Ouad Ṛeris, les déserts montagneux avoisinant cette rivière et le Ferkla ; leur limite sud est presque partout le talus de roche rose qu’on voit d’Imiṭeṛ au Todṛa et de là au Ṛeris. Les Aït Melṛad sont très nombreux.Aït MelṛadAït Ạmer ou MançourAït IafelmanAït IoubAït MesriIrbibenAït Ạli ou Brahim (campant vers Tounfid).Aït Izdeg (ils possèdent en qçars ceux qui ont été mentionnés et ceux qui le seront plus bas dans les bassins du Gir et de la Mlouïa ; de plus, ils ont un très grand nombre de tentes. 3000 fantassins et 500 chevaux).Aït Ạïssa bou Ḥamar (résidant sur l’Ouad Gir et dans ses environs ; qçars et tentes ; 2000 fantassins et 200 chevaux).Aït Kratikhsen (habitant vers le Ferkla et vers Asif Melloul).Aït Ạïach (ils ont des qçars sur l’Ouad Aït Ạïach et des tentes auprès de cette rivière, de l’Ouad Ouṭat Aït Izdeg et de la Mlouïa. Ils sont limitrophes des Beni Mgild. 800 fantassins et 40 chevaux).4o. — ITINÉRAIRES.
[118]On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.[119]Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.
[118]On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.
[118]On n’a pu me dire le nom de la douzième fraction.
[119]Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.
[119]Une légende qui a cours dans le pays veut que les Haha soient Arabes d’origine et que ce soit par leur long séjour au milieu d’Imaziren qu’ils aient pris les mœurs et la langue de ces derniers.
BASSIN DE L’OUAD ZIZ.
L’Ouad Ziz prend sa source aux crêtes supérieures du Grand Atlas, dans la grande fraction des Aït Ḥediddou. Il coule pendant quelque temps sur leur territoire ; cette partie de son cours prend le nom de district des Aït Ḥediddou ; des qçars nombreux sont sur ses bords ; sa vallée est dominée par de hautes montagnes. En sortant des Aït Ḥediddou, il reste désert un certain temps ; puis il entre dans le district du Ziz. Le Ziz se compose de 25 à 30 qçars, tous sur les rives du fleuve ; il appartient aux Aït Izdeg. Après avoir arrosé le Ziz, l’ouad traverse un court passage désert et entre dans le Gers. C’est un nouveau district ; il le traverse, en baigne tous les qçars, et de là passe immédiatement dans le Tiallalin. En sortant du Tiallalin, le fleuve se trouve de nouveau, mais pour la dernière fois, dans le désert ; après y avoir coulé pendant quelque temps, il s’engage dans le district d’El Kheneg, où commencent les palmiers : à partir de là, il ne cesse d’en avoir son cours ombragé, et il se déroule jusqu’au Tafilelt entre deux rubans continus de dattiers et de qçars ; ses rives, devenues un des endroits les plus riches du Maroc, s’appellent alors successivement districts de Qçar es Souq, du Metṛara, de Reṭeb, de Tizimi et du Tafilelt.
Nous allons examiner une partie de ces districts.
Nous nous occuperons ensuite des affluents de l’Ouad Ziz.
C’est le premier qu’on rencontre sur le haut cours de l’Ouad Ziz. Il se compose d’un certain nombre de qçars appartenant aux Aït Ḥediddou et échelonnés sur les deux rives du fleuve : ces qçars, avec quelques autres situés sur l’Ouad Sidi Ḥamza, sont les seuls que possèdent les Aït Ḥediddou, fraction très nombreuse des Aït Iafelman, mais composée surtout de nomades. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :
Igli, Aït Ạmer, Tarribant forment un groupe distinct, séparé du reste du district par un long kheneg. La réunion de ces trois qçars se nomme Aït Sạïd ou Ḥeddou. Les autres portent le nom collectif de Qçour Asif Melloul : l’Ouad Ziz, au nord du kheneg, s’appelle Asif Melloul.
Plus de qçar sur l’Asif Melloul au-dessus de ceux que nous venons de nommer. Ce sont les plus hauts de l’Ouad Ziz.
Les Aït Ḥediddou, maîtres de ce pays, en sont les seuls habitants. Ils sont indépendants. Point de relations avec le makhzen.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aqdim.
Pas de Juifs.
Le district du Ziz se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
Le pays de Ziz appartient aux Aït Izdeg et n’est habité que par eux. Les Aït Izdeg sont une fraction des Aït Iafelman. Ils sont indépendants.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Zaouïa Sidi Bou Qil.
Pas de Juifs.
Le district du Gers se compose d’un certain nombre de qçars situés sur les bords de l’Ouad Ziz et tous sur sa rive droite : en face d’eux, la rive gauche est déserte. Voici les noms des qçars du Gers, dans l’ordre où on les trouve en descendant l’Ouad Ziz :
De plus, entre Amalou et El Ḥaïn, on voit les ruines de Douar, grand qçar détruit.
Le district du Gers appartient aux Aït Izdeg. La population y est un mélange d’Aït Izdeg et de Qebala[120].
Langue tamaziṛt.
Point de marché.
Pas de Juifs. Mellaḥ ruiné à Douar.
Le Tiallalin se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve :
Le Tiallalin appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux. Chez les Aït Izdeg, chaque district, pour les sédentaires, chaque campement, pour les nomades, se gouverne à sa fantaisie, sans chikh, ni à l’année, ni autre : quelquefois on en nomme, mais pour quelques mois, pour la durée d’une guerre par exemple. Ces jours-ci, on en a élu ; voici pourquoi : le sultan a prié les Aït Izdeg de lui envoyer leurs chikhs : après délibération, ils y ont consenti, en ont nommé et les lui ont envoyés. Mais ils ne dépendent point de Moulei El Ḥasen ; ils ne lui paient rien et n’ont, disent-ils, que de la poudre à lui donner. S’ils n’ont pas de chikhs permanents dans leurs diverses subdivisions, ils en ont toujours un pour l’ensemble des Aït Izdeg : c’est un chikh el ạam, qui est nommé chaque année par l’assemblée des diverses djemaạas.
Langue tamaziṛt.
Trois marchés à Aït ou Alil, le ḥad, le tlâta, le khemîs.
Un mellaḥ.
Distances : Qcîr Sidi Ọmar est juste en face de Qcîra el Ihoud.
On appelle de ce nom le district formé par les qçars échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Ziz dans le long défilé qu’il traverse entre Foum Jabel et Foum Ṛiour. Voici les noms de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le fleuve :
El Kheneg appartient aux Aït Izdeg et n’est peuplé que d’eux.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Pas de Juifs.
Le district du Qçar es Souq se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les rives de l’Ouad Ziz ; en voici l’énumération, dans l’ordre où on les trouve en descendant le fleuve.
Le Qçar es Souq est peuplé d’Aït Izdeg et de cherifs. Ceux-ci sont indépendants des premiers. Point de djemaạa ni de chikh pour l’ensemble du district. Chaque qçar a sa djemaạa et son gouvernement à part ; ils ne s’unissent entre eux qu’en cas de guerre.
Langue tamaziṛt.
Un marché, à Qçar es Souq.
Un mellaḥ.
Le district se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ziz. En voici l’énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant le cours du fleuve :
Le Metṛara n’est habité que par des cherifs et des Qebala : les premiers sont les plus nombreux et ont la prépondérance. Ils sont seuls maîtres du pays. Ils sont libres, n’obéissent pas au sultan et ne sont sous la dépendance d’aucune tribu : ni Berâber ni autres n’ont droit de parler dans le Metṛara. Cherifs et Qebala sont mélangés dans les divers qçars. Point de chikh ni de djemaạa administrant l’ensemble du district. Chaque qçar a son existence isolée, se gouverne au moyen de sa djemaạa et ne s’unit à d’autres qu’en cas de guerre.
On ne parle que l’arabe.
Quatre marchés : tenîn et khemîs à Qaçba Qedîma ; tenîn et khemîs à Sidi Bou Ạbd Allah.
Pas de Juifs.
Un homme est tout-puissant dans le Metṛara et a en sa main tout le district, c’est Chikh Moḥammed El Ạrabi el Derkaoui. Ce chef religieux, qui réside à Gaouz, est extrêmement influent : chaque année, le sultan lui envoie sa part de dîme ; il y a deux ans, il lui a expédié 40 qanṭars (leqanṭarvaut ici1250 francs). Sidi Moḥammed El Ạrabi avait, à la fin de 1881, appelé les Berâber à la guerre sainte contre les Français ; mais peu après il les contremanda. Son pouvoir est énorme sur tous les Berâber, Aït Atta comme Aït Iafelman. D’un mot, il peut les armer. Par le nombre et la valeur guerrière de ces tribus, tout à sa dévotion, il est un des cinq chefs religieux les plus puissants du Maroc. Il compte au même rang que Moulei Ạbd es Selam el Ouazzâni, Sidi Ben Daoud, Sidi Moḥammed ou Bou Bekr et Sidi El Ḥoseïn.
Les trois districts les plus bas de l’Ouad Ziz se composent chacun, comme les précédents, d’une double ligne de qçars échelonnés sur les deux rives du fleuve.
Le Reṭeb comprend 30 ou 40 qçars : population mélangée, cherifs, marabouts, Qebala. Langue arabe. Un mellaḥ.
Le Tizimi se compose de 30 à 40 qçars. Deux mellaḥs.
Le Tafilelt, d’environ 360 qçars. Cinq mellaḥs.
L’Ouad Ziz reçoit divers affluents ; voici quelques-uns d’entre eux :
1oL’Ouad Aït Iaḥia, se jetant sur sa rive gauche à Igli (Aït Ḥediddou).
2oL’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza, se jetant sur sa rive gauche à Tagersift (district du Ziz).
3oL’Ouad Todṛa, se jetant sur sa rive droite au-dessous du Reṭeb, dans un des districts de son cours inférieur.
1oOuad Ait Iahia. — Il prend sa source dans le Grand Atlas et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Igli (Aït Ḥediddou). Voici les qçars que l’on rencontre sur son cours, en le descendant :
Ces qçars appartiennent aux Aït Iaḥia, fraction des Aït Iafelman. Les Aït Iahia sont très nombreux, mais presque tous nomades ; ils ne possèdent pas d’autres qçars que les 5 précédents. Ils sont indépendants et passent pour grands pillards. Leurs quelques qçars n’ont point de chikh spécial.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
2oOuad Sidi Hamza. — Il prend sa source au Djebel El Ạïachi et se jette sur la rive gauche de l’Ouad Ziz à Tagersift (Ziz). Voici les qçars qu’il arrose, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Deux Juifs à Zaouïa Sidi Ḥamza.
L’Ouad Zaouïa Sidi Ḥamza reçoit un affluent, l’Ouad Nezala, se jetant sur sa rive gauche à Toullist.
Ouad Nezala.— Il prend sa source au Djebel El Ạbbari ; voici les qçars qui se trouvent sur son cours, dans l’ordre où on les trouve en le descendant :
Tous ces qçars appartiennent aux Aït Izdeg.
Langue tamaziṛt.
Ni marché, ni Juifs.
3oOuad Todra. — L’Ouad Todṛa, d’une grande importance, et par lui-même, et par son affluent l’Ouad Ṛeris, fera l’objet d’un article spécial.
L’Ouad Todṛa prend sa source à peu de distance de l’oasis du Todṛa, dans les hauts massifs qu’on en aperçoit vers le nord-ouest. Le mont d’où il sort s’appelle Aqqa Tizgi ; c’est une muraille rocheuse du pied de laquelle jaillissent des sources abondantes qui forment l’Ouad Todṛa. De là il va arroser la longue bande du Todṛa, où il a toujours de l’eau, été et hiver. Au sortir de cette oasis, le lit s’en dessèche et les bords en deviennent déserts jusqu’au Ferkla. Il arrose le Ferkla, puis rentre dans le désert : du point où il sort du Ferkla à celui où il se jette dans le Ziz, on ne trouve plus sur ses rives aucune grande oasis, mais seulement de loin en loin quelque qçar isolé entouré de dattiers, simple tache dans la plaine. Dans la portion inférieure de son cours, il porte souvent le nom d’Ouad Ferkla.
Nous allons étudier successivement le Todṛa, le Ferkla et les qçars au-dessous de Ferkla.
1oTODRA. — L’oasis du Todra se compose de deux parties : d’abord le Todṛa proprement dit, formé des qçars appartenant à la tribu chleuḥa des Todṛa, en second lieu une série de qçars appartenant aux Berâber. Tous sont sur le cours même de l’Ouad Todṛa, ceux-ci au-dessous des premiers. Une longuebande de palmiers, courant sans interruption sur les bords de la rivière, enveloppe les uns et les autres ; aucune frontière apparente n’existe entre ceux des Todṛa et ceux des Berâber.
Todra proprement dit. — Voici les noms des qçars qui le composent, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’Ouad Todṛa :
Les qçars que nous venons d’énumérer composent toute la tribu des Todṛa. Les Todṛa sont Chellaḥa ; ils se subdivisent en deux fractions, Aït Çaleḥ et Aït Genad : tel qçar appartient à telle fraction ; dans certains, les deux fractions sont mélangées. Chaque qçar a son gouvernement à part et vit isolé des autres, ne s’en rapprochant qu’en cas de guerre ; leur organisation à tous est identique : ils se nomment chacun un chikh el ạam tous les premiers de l’an. En temps ordinaire, aucun lien entre les différentsqçars : on ne se concerte, on ne se réunit que s’il y a guerre. Les Todṛa sont indépendants. Ils n’ont de debiḥa sur personne, pas même sur leurs puissants voisins les Berâber. Leur nombre et surtout leur caractère belliqueux ont sauvé leur indépendance.
Les Todṛa ont un qaḍi, Sidi Ḥamed d Aït Sidi Ạïssa, habitant Tinṛir.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés, tenîn et khemîs de Tinṛir.
Quatre mellaḥs.
De Tizgi à El Ḥara, tout l’ouad n’est que cultures et dattiers (bou feggouç et bou souaïr) ; pas de désert.
Qçars des Beraber faisant partie de l’oasis. — Voici leur énumération, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad ; ils font suite immédiatement aux précédents :
Ces qçars, bien que se touchant, sont indépendants les uns des autres ; ils appartiennent, l’un à telle fraction des Berâber, l’autre à telle autre, et suivent le sort de leurs propriétaires.
2oFERKLA. — L’oasis du Ferkla se compose d’un certain nombre de qçars, échelonnés sur les deux rives de l’Ouad Todṛa, au milieu d’une bande de palmiers qui les enveloppe tous. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les rencontre en descendant l’ouad :
La population du Ferkla est composée partie d’Aït Melṛad, partie d’Ahel Ferkla, partie de Ḥaraṭîn, partie de marabouts. Les uns et les autres sont indépendants. Les Ahel Ferkla sont des Chellaḥa ; les qçars que nous venons de mentionner comme leur appartenant, forment toute leur tribu ; ils sont libreset n’ont de debiḥa sur personne : les Aït Melṛad mêmes, leurs puissants voisins, ne sont pas plus indépendants qu’eux. Les Ḥaraṭîn et les marabouts ont su également conserver leur liberté.
Les divers qçars du Ferkla vivent isolés les uns des autres, chacun avec son gouvernement particulier ; ce gouvernement est le même dans tous : celui d’un chikh el ạam. Aucun lien commun n’unit les qçars entre eux.
Les dattes du Ferkla sont des bou feggouç et des bou souaïr.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés, ḥad et khemîs d’Asrir.
Un mellaḥ.
3oQÇARS AU-DESSOUS DU FERKLA. — Il existe un chemin direct du Todṛa au Tafilelt, par le cours de l’Ouad Todṛa. Le voici :
On quitte le Ferkla et l’on s’engage dans le désert en descendant la rive droite de l’Ouad Todṛa. On arrive d’abord à :
Izelf Aït Melrad, qçar de 50 fusils, entouré de dattiers ; il est à quelque distance de l’Ouad Todṛa et n’est alimenté que par des sources.
Distance : du Ferkla à Izelf comme d’Imiṭeṛ à Timaṭṛeouin.
De là on gagne :
Igli Aït Khelifa, grand qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, habité par une population de marabouts (Oulad Sidi El Houari), de Ḥaraṭîn et d’Aït Khelifa (Aït Atta). Il est aussi à quelque distance de la rivière, sur sa rive droite ; il est arrosé par des sources.
Distance : d’Izelf à Igli comme 2 fois de Taourirt (Todṛa) à Asfalou.
Puis on passe à :
Mellạb Aït Iạzza, qçar de 100 fusils, entouré de dattiers. Mellạb se trouve sur la rive gauche de l’Ouad Todṛa. Chemin faisant, on a traversé la rivière à mi-route entre Igli et Mellạb.
Distance : d’Igli à Mellạb comme deux fois de Taourirt à Asfalou.
On continue à descendre la rive gauche du cours d’eau et on arrive à :
Oul Touroug, qçar de 150 fusils, entouré de dattiers, appartenant aux Aït Iạzza et aux Aït Khelifa. Il est situé sur le bord même de l’ouad (rive gauche).
Distance : de Mellạb à Oul Touroug comme de Taourirt (Todṛa) à Foum el Qous n Tazoult.
De là on continue à descendre l’Ouad Todṛa, qui, peu au-dessous d’Oul Touroug, reçoit sur sa rive gauche l’Ouad Ṛeris. Puis on parvient à :
Tilouin, grand qçar, entouré de dattiers, situé sur le bord de la rivière (rive gauche). C’est auprès de Tilouin qu’eut lieu, en 1883, une grande bataille entre les Aït Atta et les Aït Melṛad. Le qçar appartient actuellement aux Aït Melṛad.
Distance : d’Oul Touroug à Tilouin comme de Mellạb à Oul Touroug.
De Tilouin, en descendant toujours l’Ouad Todṛa, on arrive à :
Fezna, qçar de 300 fusils, entouré de dattiers, s’élevant au bord du cours d’eau (rive gauche). Il appartient aux Aït Iafelman.
Distance : de Tilouin à Fezna comme de Taourirt (Todṛa) à Imiṭeṛ.
Peu au-dessous de Fezna, l’Ouad Todṛa se jette, dit-on, dans l’Ouad Ziz : ce confluent se trouverait non loin d’El Djerf sur le Ziz.
L’Ouad Todṛa reçoit deux affluents importants : l’Ouad Imiṭeṛ, se jetant sur sa rive droite dans laportion inférieure de l’oasis du Todṛa, au-dessous du qçar d’Aït Iaḥia, en face de celui d’Aït Moḥammed ; l’Ouad Ṛeris, se jetant sur sa rive gauche à quelque distance au-dessous d’Oul Touroug.
Nous allons les étudier l’un après l’autre.
L’Ouad Imiṭeṛ prend sa source dans les massifs qui s’élèvent au nord de la plaine d’Anbed. Il arrose successivement sur son cours :
Les jardins de ces trois derniers qçars se touchent ; ceux-ci ne forment qu’un seul groupe ; deux d’entre eux appartiennent à des cherifs, le dernier à des Aït Atta (les Imougar sont une subdivision des Aït Isfoul).
De là, l’Ouad Imiṭeṛ passe à
Puis il va se jeter dans l’Ouad Todṛa, en face d’Aït Moḥammed.
Des trois qcîbas à Tilouin, comme de Tilouin à Aït Moḥammed, il n’y a que le désert.
L’Ouad Ṛeris prend sa source sur le versant méridional du Grand Atlas. Le premier endroit habité qu’il arrose est le district d’Amtrous. Après l’avoir traversé, il rentre dans le désert ; puis on trouve successivement sur son cours, en le descendant : une réunion de 5 qçars appartenant aux Aït Melṛad, un désert, le district de Semgat, un désert, un groupe de 4 qçars des Aït Melṛad, un désert, l’oasis de Taderoucht, un désert, le Ṛeris. Au sortir du Ṛeris, il rentre dans le désert et y demeure jusqu’à son confluent avec l’Ouad Todṛa, à peu de distance d’Oul Touroug.
AMTROUS. — Le district d’Amtrous se compose d’un certain nombre de qçars, situés sur l’Ouad Ṛeris ; en voici les noms, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Le district d’Amtrous est habité partie d’Aït Melṛad, partie d’Aït Ḥediddou. Ces deux fractions se partagent les différents qçars.
Ni marché, ni Juifs.
Distance : d’Aroraï à Tiidrin comme de Taourirt à El Ḥara (Todṛa).
AIT MELRAD. — Au-dessous de ce district, se trouvent, séparés de lui par un désert assez court, 5 qçars unis en un seul groupe, appartenant aux Aït Melṛad ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Ni marché, ni Juifs.
SEMGAT. — Au-dessous de ces cinq qçars, sur le cours de l’Ouad Ṛeris, se trouve, séparé d’eux par un court désert, le district de Semgat. Il se compose des qçars suivants, échelonnés sur les bords de la rivière ; les voici, dans l’ordre où on les rencontre en la descendant :
Le district de Semgat appartient aux Aït Melṛad et n’est peuplé que d’eux.
Ni marché, ni Juifs.
AIT MELRAD. — Au-dessous du Semgat, séparé de lui par un désert assez court, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, un groupe de 4 qçars appartenant aux Aït Melṛad. Ce sont, dans l’ordre où on les voit en descendant la rivière :
Ces localités sont toutes entourées de dattiers ; ce sont les premières de l’Ouad Ṛeris qui en possèdent ; plus haut, cet arbre ne croît pas : au-dessus de Taḥamdount, les oliviers, les grenadiers, les figuiers sont les seules essences qui poussent sur les bords de la rivière : au-dessous de ce qçar, pas un lieu habité où il n’y ait des palmiers.
Ni Juifs, ni marché.
TADEROUCHT. — Au-dessous de ces 4 qçars, séparée d’eux par un court désert, se trouve, sur l’Ouad Ṛeris, l’oasis de Taderoucht ; elle se compose d’un certain nombre de qçars échelonnés sur les deux rives du cours d’eau, au milieu d’une bande continue de palmiers. Voici les noms de ces localités, dans l’ordre où on les trouve en descendant la rivière :
Aucun lien n’existe en temps habituel entre les divers qçars du Taderoucht. Chacun vit isolément, administré par son chikh el ạam.
Langue tamaziṛt.
Pas de marché.
Un mellaḥ.
RERIS. — Au-dessous du Taderoucht, séparée de lui par un court désert, se trouve, sur le cours de la même rivière, la grande oasis du Ṛeris. C’est une longue ligne de qçars échelonnés sur les bords de l’Ouad Ṛeris, au milieu d’un ruban d’épaisses plantations de dattiers. Voici l’énumération de ces qçars, dans l’ordre où on les trouve en descendant le cours d’eau ; ils sont tous sur la rive droite :
Tous ces qçars sont au bord même de l’ouad, arrosés par la conduite dite sagia taḥtia, « canal inférieur ». Il y a encore 5 localités, situées à quelques centaines de mètres du cours d’eau, sur la même rive, alimentées par un autre canal, sagia fouqania, « canal supérieur ». Elles sont unies en un seul groupe et fort rapprochées les unes des autres ; elles se trouvent vis-à-vis d’Aït Iaḥia ou Ọtman et de Gelmima. En voici les noms :
Les habitants du Ṛeris sont indépendants ; chaque qçar appartient à ceux qui l’habitent. Tous s’administrent isolément, comme dans le Ferkla. L’organisation en est uniforme : ils ont chacun leur chikh el ạam. Aucun lien ne les unit entre eux ; ils ne se joignent qu’en cas de guerre.
Les dattiers du Ṛeris produisent des bou feggouç et des bou souaïr.
Langue tamaziṛt.
Deux marchés : tenîn et khemîs à Aït Iaḥia ou Ọtman.
Deux mellaḥs.
Distance : de Maggaman à Tourza comme d’Asfalou à Iạdouan (Todṛa).
Entre les ouads Todṛa et Ṛeris, se trouvent trois petites localités ; ce sont, dans l’ordre où on les trouve en allant du Todṛa à Oul Touroug :
Taddart n Oumira. — Petit qçar situé entre le Todṛa et le Ṛeris, à quelque distance au sud du talus de roche rose qui borde le nord de la plaine entre ces deux oasis. Population mélangée d’Aït Atta et d’Aït Melṛad. 40 fusils. Point de cours d’eau ; les jardins sont arrosés par des sources. On laisse ce qçar à main gauche en allant du Ferkla au Ṛeris et on ne l’aperçoit pas du chemin.
El Mkhater. — Petit qçar entouré de palmiers situé, entre le Ferkla et le Ṛeris, près de Ṭaddart n Oumira.
Zaouïa Sidi El Houari. — Petite zaouïa située au milieu de la plaine, entourée de jardins sans palmiers ; l’eau qui l’alimente provient des sources de Ṭaddart n Oumira et est amenée par des canaux. On passe auprès d’elle en allant du Ferkla au Ṛeris.
Toute la région s’étendant au nord du Todṛa, de cette oasis à l’Oussikis, est inhabitée. C’est une contrée montagneuse et déserte.
Au sud du Todṛa, au contraire, dans le Petit Atlas qui porte encore le nom de Saṛro, il existe plusieurs localités.
Le Saṛro, qui s’étend du Mezgîṭa au Dâdes et qui se prolonge jusque auprès du Ferkla, ne va pas plus loin vers l’est. Au delà du Ferkla, ou, comme je le crois, le Petit Atlas expire, ou du moins il cesse de porter le nom de Saṛro. Il existe plusieurs qçars dans les flancs de cette chaîne : on les appelle les qçars du Saṛro ; en voici les noms :
Tagdielt Aït Bou Daoud. — Ce sont trois tiṛremts qui ne sont point habitées d’une manière continue, et où les Aït Bou Daoud emmagasinent leurs biens tandis qu’eux-mêmes vivent sous la tente. Tagdielt est arrosée par des sources ; elle se trouve à la lisière sud de la vaste plaine d’Anbed, dans un repli de la montagne.
Aït Merset. — Une seule qaçba appartenant aux Aït Merset, fraction des Aït Ouniṛ. Elle est arrosée par des sources. Elle est située dans un fond, sur les premières pentes du Saṛro.
Qçîbat Ilemsan. — Elles se composent de 4 tiṛremts. Des sources les alimentent ; un cours d’eau se trouve auprès, mais il n’a d’eau que lorsqu’il pleut.
Ti n Iourkan. — Elle est formée d’un grand qçar et de 4 tiṛremts. Elle appartient à des Aït Atta de diverses fractions, Ignaouen, Aït b ou Iknifen, Aït Iạzza. Des sources l’alimentent. De là part un chemin qui se rend au Dra, par le Tazarin : deux jours de marche de Ti n Iourkan au Tazarin, deux autres de Tazarin au Qtaoua.
Irerman Azdar. — Elle est formée de 4 tiṛremts et habitée, comme Ti n Iourkan, par des Aït Atta de diverses fractions. Des sources l’alimentent.
Point de dattiers dans le Saṛro ; à tous les qçars que nous venons de citer, il y a pour toute verdure quelques cultures de céréales et de maigres jardins, comme à Imiṭeṛ.
Pas de marché, ni de Juifs.
Les Berâber, dont le nom est si célèbre, sont une grande tribu, la plus puissante du Maroc. Elle couvre de ses tentes le vaste quadrilatère compris entre l’Ouad Ziz, l’Ouad Dâdes et l’Ouad Dra, possède une foule de qçars sur ces trois cours d’eau et, dépassant ces limites, s’étend au nord sur des portions du versant septentrional du Grand Atlas. Au sud, aucune tribu ne la borne : ses campements s’avancent jusqu’au seuil du Grand Désert, ses ṛezous, terreur du Sahara, le parcourent jusqu’au Soudan. Comme les Ida ou Blal, les Berâber font métier d’escorter et de piller les caravanes sur la route de Timbouktou. A l’est et à l’ouest, ils débordent en quelques points au delà des fleuves qui leur servent de frontières naturelles, et s’étendent au nord-est sur le haut cours du Gir, au sud-ouest jusqu’aux Ida ou Blal.
Les Berâber sont Imaziṛen et ne parlent que le tamaziṛt. Un certain nombre sont sédentaires ; la plupart, de beaucoup, sont nomades. Ils se divisent en deux grandes branches, les Aït Atta et les Aït Iafelman ; chacune d’elles se subdivise elle-même en de nombreuses fractions. En temps ordinaire, ces fractions se gouvernent isolément, tout petit groupe, tout qçar ayant son chikh el ạam, magistrat élu, se renouvelant chaque année, possesseur d’une autorité fort limitée. En cas d’affaire grave, on se concerte, soit dans les différentes parties d’une fraction, soit plusieurs fractions ensemble, soit tout un groupe, soit la totalité des Berâber : alors on s’assemble partout, on nomme des députés qui se réunissent en djemaạa générale, délibèrent et décident. En 1882, l’assemblée générale des Berâber s’est, dit-on, réunie ; elle était composée de délégués de toutes les fractions et formait un total de près de1000 personnes. Ce fait a lieu rarement, car presque toujours la discorde règne parmi les Berâber : lors de mon passage, Aït Atta et Aït Iafelman étaient en hostilités, et les Aït Atta étaient divisés entre eux. En cas de guerre générale, les Berâber élisent un chikh unique dont l’autorité est illimitée ; dans les guerres particulières, chaque parti agit de même.
Voici la décomposition des Berâber :