[191]C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche, commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux, leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et descuzcas, qui sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains endroits, auxkuet oratoires qui se voient encore dans les bras de mer (estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers leRio de Lagartos. (Hist. de Yucatan, lib.IV. cap. 4.)[192]Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.[193]Voir au §IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique; il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans leCodex Chimalpopoca; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au ciel, où elle se transforma en étoile.[194]La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte primitif des Mayas.[195]Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce calendrier.[196]Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.[197]L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.[198]Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il donne plus loin le dessin.[199]Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord, d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la France.[200]Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial, qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du secondléqui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une inadvertance du copiste de Landa.[201]Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à la suite du signehaest-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le manuscrit ditMexicain, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le texte de Landa le laisse comprendre, le motha, eau, est écrit d’abord avec les deux lettresh(aspirée gutturale) eta, et le caractère suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour plus d’intelligence.[202]Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ que je retrouve entre les caractèresoetpp. La ressemblance avec celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet duquel je doute encore, m’avait fait croire à unoaspiré (figure 18) et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.[203]Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’unuou d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement. Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des différentsc,ca,cu,ka,xetx, sur lesquels il y a encore quelques doutes.[204]Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de la lettrean. 1, et de la lettreh, dans les explications données plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères spéciaux des jours.[205]Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria, vingt-deux lettres, dont les suivantes:Ɔ(crenversé),chbarré du haut, que je remplace par unçhcédille, uniquement pour le distinguer de l’autre,k,pp,th(écrit ailleurstt),tz; sont propres à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère acquérir que dans le pays. Lechnon barré a le son detch;hest aspiré gutturalement,ua le son deouremplaçant fréquemment lew, etxle son dechfrançais oushanglais.[206]Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, ch. 24).[207]Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appeléMonjas, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 14, pag. 313.)[208]Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.[209]Nº 1.—Chapelle (capilla).Nº 2.—Escalier (escalera).Nº 3.—Palier ou plate-forme (descanso o plaça).Nº 4.—Plate-forme grande et belle (plaça muy grande y hermosa).Nº 5.—Escalier très-raide à monter (escalones muy agros de subir).[210]Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.[211]Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo,Hist. de Yucatan, liv.IV, cap. 7.—Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 24.)[212]Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.[213]Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûteen encorbellementqui est la voûte commune de l’Amérique centrale.[214]C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.[215]Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande,el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autreomulqui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieuAhchun-Caan, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (Hist. de Yucatan, liv.XVIII, cap. 8).[216]«La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont lesplusbeaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida,Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrerode 1548, Archivo de Simancas.)[217]C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv.V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (LibIV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libroIVde laHist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman,Rambles in Yucatan, etc., chap.II.)[218]La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le §V, dont il est une amplification.[219]Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, deViracocha, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.[220]Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «cuyen uincob.»[221]Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay,Cités et Ruines américaines, pag. 48 et 340.[222]La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.[223]Voir encore Stephens,ibid., et Charnay,loc. cit.; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume,Tlachcoen langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.[224]Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (Ibid.,ut sup., chap. 26.)[225]Probablement des principauxdieuxdu pays.
[191]C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche, commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux, leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et descuzcas, qui sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains endroits, auxkuet oratoires qui se voient encore dans les bras de mer (estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers leRio de Lagartos. (Hist. de Yucatan, lib.IV. cap. 4.)
[191]C’étaient là sans doute les dieux de la pêche, à propos desquels Cogolludo dit les paroles suivantes: «On dit aussi que bien après la conquête, les Indiens de la province de Titzimin, quand ils allaient pêcher le long de la côte de Choáca, avant de se mettre à la pêche, commençaient par des sacrifices et des oblations à leurs faux dieux, leur offrant des chandelles, des réaux d’argent et descuzcas, qui sont leurs émeraudes, et d’autres pierres précieuses, en certains endroits, auxkuet oratoires qui se voient encore dans les bras de mer (estuaires) et les lagunes salées qu’il y a sur cette côte vers leRio de Lagartos. (Hist. de Yucatan, lib.IV. cap. 4.)
[192]Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.
[192]Le miel passé à l’état d’hydromel, qui était leur vin ordinaire.
[193]Voir au §IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique; il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans leCodex Chimalpopoca; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au ciel, où elle se transforma en étoile.
[193]Voir au §IV, où il est question du départ de Kukulcan, mais nullement de son ascension au ciel: il est certain, cependant, qu’une tradition de ce genre existait dans plusieurs provinces du Mexique; il en est question en plus d’un ouvrage, entre autres dans leCodex Chimalpopoca; il y est raconté que Quetzalcohuatl se jeta dans les flammes, au pied de l’Orizaba, et qu’on vit ensuite son âme monter au ciel, où elle se transforma en étoile.
[194]La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte primitif des Mayas.
[194]La province de Mani avait été colonisée par les Tutul-Xius, dont l’origine était toltèque ou nahuatl; les fêtes de Kukulcan se bornant à cette province après la destruction de Mayapan, ne laissent point de doute sur l’origine de ce personnage, et donnent lieu de penser que le reste du Yucatan, tout en vénérant jusqu’à un certain point ce mythe ou ce prophète, avait gardé au fond la religion qui avait précédé celle des Toltèques. Ce serait un point d’histoire d’une grande importance au point de vue philosophique. Nous trouverons plus loin d’autres indices du culte primitif des Mayas.
[195]Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce calendrier.
[195]Ici commencent la fête et les sacrifices de la formation des dieux dont la suite se trouve placée par l’auteur au commencement de ce calendrier.
[196]Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.
[196]Ce chapitre ou le paragraphe en question a été omis par le copiste.
[197]L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.
[197]L’auteur paraît confondre ici le calendrier civil avec le calendrier astrologique du rituel, ainsi qu’on le verra plus loin.
[198]Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il donne plus loin le dessin.
[198]Il est à regretter que l’auteur n’ait pas jugé la matière assez importante pour nous conserver ces signes avec les caractères dont il donne plus loin le dessin.
[199]Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord, d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la France.
[199]Aujourd’hui on comprend mieux que jamais toute l’affliction qu’une telle destruction dut causer à la noblesse, au sacerdoce et aux lettres mayas: le monde savant, le monde civilisé, pardonnera difficilement aux premiers religieux espagnols cette ignorance déplorable, si peu d’accord, d’un autre côté, avec les sentiments que Landa lui-même exprime, en racontant avec naïveté tant de choses intéressantes. Après tout, est-il permis de leur faire un si grand reproche, quand on vient à songer a l’incendie des archives de l’empire chinois, allumé au palais impérial de Pékin par les soldats des armées anglaises, en présence de celles de la France.
[200]Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial, qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du secondléqui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une inadvertance du copiste de Landa.
[200]Ce style est si obscur et si diffus, si familièrement provincial, qu’il est souvent intraduisible; malheureusement là où il faudrait le plus de clarté comme ici, c’est le cas contraire, et dans le mot présenté en exemple, il semblerait qu’il y a une répétition inutile par celle du secondléqui paraît de trop ici; il est vrai que ce peut être une inadvertance du copiste de Landa.
[201]Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à la suite du signehaest-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le manuscrit ditMexicain, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le texte de Landa le laisse comprendre, le motha, eau, est écrit d’abord avec les deux lettresh(aspirée gutturale) eta, et le caractère suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour plus d’intelligence.
[201]Voir à la page 318. Le signe Ʌ qui se trouve dans l’original à la suite du signehaest-il un signe d’aspiration ou bien est-ce une simple marque de l’auteur? il est difficile de la préciser. Dans le manuscrit ditMexicain, nº 2, de la Bibliothèque impériale, on voit plusieurs fois un signe analogue, écrit en fer à cheval, serait-ce le même et par conséquent le signe de l’aspiration? Du reste, autant que le texte de Landa le laisse comprendre, le motha, eau, est écrit d’abord avec les deux lettresh(aspirée gutturale) eta, et le caractère suivant serait tout simplement le signe symbolique de l’eau; ce qui nous amènerait à conclure que les Mayas, ainsi que les Égyptiens, donnaient d’abord la lettre et ensuite le signe figuratif de la chose écrite, pour plus d’intelligence.
[202]Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ que je retrouve entre les caractèresoetpp. La ressemblance avec celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet duquel je doute encore, m’avait fait croire à unoaspiré (figure 18) et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.
[202]Dans le feuillet original du manuscrit de Landa le signe de la lettre P est hors de sa place, et placé en marge, accompagné du signet Ʌ que je retrouve entre les caractèresoetpp. La ressemblance avec celui que j’avais pris plus haut pour un signe d’aspiration, et au sujet duquel je doute encore, m’avait fait croire à unoaspiré (figure 18) et à l’aspiration du caractère nº 25. Je pense cependant qu’il n’en est ainsi ni dans l’un ni dans l’autre cas.
[203]Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’unuou d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement. Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des différentsc,ca,cu,ka,xetx, sur lesquels il y a encore quelques doutes.
[203]Il m’a été impossible de reconnaître s’i s’agit ici d’unuou d’une autre lettre, le manuscrit ne permettant pas de la lire clairement. Des recherches subséquentes dans des documents écrits à l’aide de ces caractères en feront retrouver le son, aussi bien que celui des différentsc,ca,cu,ka,xetx, sur lesquels il y a encore quelques doutes.
[204]Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de la lettrean. 1, et de la lettreh, dans les explications données plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères spéciaux des jours.
[204]Le lecteur trouvera à la page suivante plusieurs signes additionnels monosyllabiques, qui existent, ainsi que les variantes de la lettrean. 1, et de la lettreh, dans les explications données plus haut, je dois ajouter qu’ils se retrouvent aussi dans plusieurs des caractères des jours, et que ceux-ci paraissent devoir offrir une série de signes syllabiques ou figuratifs, employés également dans l’ensemble de l’écriture maya, à part de leur signification comme caractères spéciaux des jours.
[205]Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria, vingt-deux lettres, dont les suivantes:Ɔ(crenversé),chbarré du haut, que je remplace par unçhcédille, uniquement pour le distinguer de l’autre,k,pp,th(écrit ailleurstt),tz; sont propres à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère acquérir que dans le pays. Lechnon barré a le son detch;hest aspiré gutturalement,ua le son deouremplaçant fréquemment lew, etxle son dechfrançais oushanglais.
[205]Ajoutons ici, en attendant, que l’alphabet maya comprend aujourd’hui, d’après la grammaire de Pedro Beltran de Santa Maria, vingt-deux lettres, dont les suivantes:Ɔ(crenversé),chbarré du haut, que je remplace par unçhcédille, uniquement pour le distinguer de l’autre,k,pp,th(écrit ailleurstt),tz; sont propres à la langue et d’une prononciation difficile qu’on ne saurait guère acquérir que dans le pays. Lechnon barré a le son detch;hest aspiré gutturalement,ua le son deouremplaçant fréquemment lew, etxle son dechfrançais oushanglais.
[206]Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, ch. 24).
[206]Ces lignes, d’une ignorance si naïve, suffisent pour donner une idée de l’innombrable quantité de cités et de temples ruinés qui couvrent le sol yucatèque. Quel champ plus vaste aux explorations de l’archéologue! Stephens, qui visita le Yucatan trois cents ans après que Landa eut écrit ces lignes, est entièrement d’accord avec lui sur le nombre des villes ruinées et sur l’identité de leurs fondateurs (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, ch. 24).
[207]Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appeléMonjas, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 14, pag. 313.)
[207]Stephens parle d’ornements analogues, existant encore sur une des façades de l’édifice appeléMonjas, à Uxmal; on y voit précisément le corps d’un homme, vêtu comme le dit Landa, et quant aux décorations en ciment si dur ou en stuc, on sait que les édifices de Palenqué en présentaient encore beaucoup, il y a peu d’années. (Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 14, pag. 313.)
[208]Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.
[208]Ce ne serait pas là une bien forte preuve en faveur de l’assertion de Landa; heureusement il y en a beaucoup d’autres. Quant à l’urne dont il est question ici, nous en avons vu du même genre au Musée national de Mexico, et d’une grande beauté.
[209]Nº 1.—Chapelle (capilla).Nº 2.—Escalier (escalera).Nº 3.—Palier ou plate-forme (descanso o plaça).Nº 4.—Plate-forme grande et belle (plaça muy grande y hermosa).Nº 5.—Escalier très-raide à monter (escalones muy agros de subir).
[209]
Nº 1.—Chapelle (capilla).
Nº 2.—Escalier (escalera).
Nº 3.—Palier ou plate-forme (descanso o plaça).
Nº 4.—Plate-forme grande et belle (plaça muy grande y hermosa).
Nº 5.—Escalier très-raide à monter (escalones muy agros de subir).
[210]Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.
[210]Voir à la suite de ce chapitre la description des temples d’Izamal, tirée de Lizana.
[211]Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo,Hist. de Yucatan, liv.IV, cap. 7.—Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 24.)
[211]Cogolludo parlant des routes qui allaient à Cozumel et à Izamal, les compare pour la solidité et la perfection aux plus belles chaussées royales d’Espagne: divers témoignages contemporains corroborent cette opinion. (Cogolludo,Hist. de Yucatan, liv.IV, cap. 7.—Stephens,Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 24.)
[212]Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.
[212]Cette mesure équivaut, dit-on, à l’élan que fournit un cheval sans reprendre haleine évalué en quelques endroits de l’Amérique espagnole à 400 vares (environ 400 mètres) pour le moins, dans d’autres à 1,200, ce qui donnerait à la base de ce monument une étendue de plus de 3,000 pieds.
[213]Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûteen encorbellementqui est la voûte commune de l’Amérique centrale.
[213]Dans le petit plan de la page 332, le lecteur ne doit voir qu’une idée de l’ensemble, les cellules ayant dû être en beaucoup plus grand nombre que celles qui se montrent ici; mais en rectifiant l’esquisse de Landa pour pouvoir la graver, nous n’avons pas voulu en faire un plan d’architecture. Ce qu’il y a à remarquer ici surtout, c’est ce qu’il appelle les passages en arc de pont, dont l’un est figuré rond ou à plein cintre dans son plan, et l’autre à voûteen encorbellementqui est la voûte commune de l’Amérique centrale.
[214]C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.
[214]C’est le stuc antique du pays dont j’ai vu moi-même des restes considérables dans un grand nombre de ruines, et que les Indiens employaient soit à modeler des ornements, soit à couvrir des murs et quelquefois le sol.
[215]Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande,el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autreomulqui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieuAhchun-Caan, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (Hist. de Yucatan, liv.XVIII, cap. 8).
[215]Il est question en plusieurs endroits de l’ouvrage de Cogolludo, d’une de ces pyramides désignée par lui comme la plus grande,el grande de los Kues, adoratorio que era de los idolos, dont les débris embarrassèrent pendant de longues années une des rues de Mérida. Je ne saurais dire si c’est la même dont parle ici Landa. Cogolludo cite également un autreomulqui était à l’est du monastère des franciscains, dédié au dieuAhchun-Caan, et sur la cime duquel ceux-ci édifièrent, à la place de l’édicule de ce dieu, une chapelle à saint Antoine de Padoue, mais qui ne tarda pas tomber en ruines. (Hist. de Yucatan, liv.XVIII, cap. 8).
[216]«La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont lesplusbeaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida,Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrerode 1548, Archivo de Simancas.)
[216]«La ville de Mérida a reçu son nom des édifices somptueux bâtis en pierre qu’on y voit. On ignore qui les a construits; mais ce sont lesplusbeaux qu’on ait vus dans toutes les Indes. Ils doivent avoir été bâtis avant Jésus-Christ; car, sur leurs ruines, les broussailles sont aussi épaisses et les arbres aussi élevés que dans le reste de la forêt. Les bâtiments ont cinq toises de haut, etc.» (Bienvenida,Carta fecha de Yucatan, á 10 de Hebrerode 1548, Archivo de Simancas.)
[217]C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv.V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (LibIV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libroIVde laHist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman,Rambles in Yucatan, etc., chap.II.)
[217]C’était encore, suivant Cogolludo, la plus belle des pyramides de Tihóo, et Montejo, avant de la donner aux franciscains, avait eu l’intention d’y bâtir une citadelle. (Hist. de Yucatan, liv.V, cap. 5.) Ce monastère fut fondé en 1547. «Il est situé, dit-il ailleurs, sur une petite colline, de celles qu’il y avait en grand nombre et faite de main d’homme dans ce pays, et il s’y trouvait plusieurs édifices antiques, dont les vestiges existent encore aujourd’hui sous le dortoir principal. (LibIV, cap. 12.)» En 1669, le besoin d’avoir une forteresse à Mérida, pour soutenir, en cas de révolte des Indiens, une attaque imprévue de leurpart, s’étant fait sentir de nouveau, le gouverneur don Rodrigo Florez Aldana exhaussa les murs qui entouraient le couvent des franciscains, et en prit une partie pour y loger des soldats, malgré les réclamations des religieux. Voici comme en parle un écrivain yucatèque moderne: «Le site marqué d’abord pour y ériger un château, fut donné aux franciscains qui y bâtirent un labyrinthe de fabriques unies les unes aux autres au moyen de galeries, de passages étroits et même de souterrains, œuvre d’années diverses et de différents provinciaux. Dans cet entassement confus de demeures, il ne règne aucun goût, et dans ces constructions faites partiellement, on ne consulta jamais aucune des règles architectoniques. Aujourd’hui, cependant, que tout cela n’est plus qu’un triste amas de ruines abandonnées au cœur même de Mérida, l’aspect qu’il présente n’en est pas moins imposant et majestueux. (Apendice al libroIVde laHist. de Yucatan, Campeche, 1842.) Norman et Stephens parlent longuement dans leurs ouvrages des ruines de ce monastère, d’où les religieux, au nombre de trois cents, furent chassés en 1820. C’est en contemplant leur étendue et leur immensité qu’on peut se faire une idée des édifices qui les couvraient avant la venue des Espagnols, dont l’œuvre n’a pas duré trois cents ans. Sans le savoir, Stephens rappelle dans un paragraphe les vestiges des édifices antiques qui y existaient encore au temps de Cogolludo: «Dans un des cloîtres inférieurs, dit-il, sortant du côté du nord, et sous le dortoir principal, il y a trois corridors parallèles. Le corridor extérieur fait face à la cour principale, et on y trouve précisément de ces voûtes particulières dont j’ai si souvent parlé dans mes volumes précédents, deux côtés s’élevant de manière à se rencontrer, et couvertes, à peu de distance l’une de l’autre, d’une rangée de pierres plates qui en sont la clef. Il ne peut y avoir aucune erreur sur le caractère de cette voûte; car on ne peut supposer un seul instant que les Espagnols aient rien construit de si différent des règles ordinaires de l’architecture, et il n’y a pas le moindre doute que c’était là un de ces mystérieux édifices qui ont fait naître tant de spéculations.» (Incidents of travel in Yucatan, vol.I, chap. 5.) N’est-ce pas le cas de répéter ici avec Norman: «Les caciques et le peuple furent chassés de leurs demeures; ils périrent sous les coups impitoyables de l’envahisseur, avec qui l’Église vint prendre sa part des dépouilles. Où sont-ils maintenant? vainqueurs et vaincus sont ensevelis dans la même poussière! Et nous contemplons aujourd’hui les pierres éparses qui rappellent indistinctement la grandeur de l’un et la ruine de l’autre.» (Norman,Rambles in Yucatan, etc., chap.II.)
[218]La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le §V, dont il est une amplification.
[218]La confusion qui règne dans le manuscrit que nous avons copié semblerait, ainsi que ces paroles, foire croire que certaines parties y ont été omises; mais il se pourrait que ce chapitre qui traite des principaux édifices du Yucatan eût du entrer dans le §V, dont il est une amplification.
[219]Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, deViracocha, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.
[219]Où se retira ce saint personnage? C’est ce qu’il est impossible de déterminer; mais sa religion se rattachait probablement à celle dont l’Ara était le symbole, antérieure à celle des Nahuas ou Toltèques, dont les Tutul-Xius étaient une fraction. Aussi serait-il intéressant de rechercher les traces de ces prophètes qui, sous le nom commun à plusieurs autres, deViracocha, parcoururent le Pérou et la Bolivie, et dont l’un ou l’autre laissa des indices analogues dans les légendes traditionnelles du royaume de Quito et dans les sculptures de Tiahuanaco.
[220]Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «cuyen uincob.»
[220]Ces deux princes auraient plutôt été les victimes d’une réaction religieuse ou d’une religion nouvelle. On sait, en effet, par le manuscrit maya que nous publions plus loin, que Chichen-Itza fut conquis par les Tutul-Xius vers l’an 394 de notre ère, et que les Itzaes, qui lui donnèrent leur nom, se réfugièrent à Champoton, d’où ils furent chassés plus tard par leurs ennemis. Kukulcan était-il un des leurs, c’est ce qu’on ne saurait déterminer encore? Ce que je crois entrevoir, c’est que leur religion était celle des Cocom, ennemis acharnés des Tutul-Xius; car le document qui nous donne les renseignements ci-dessus les appelle des hommes saints «cuyen uincob.»
[221]Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay,Cités et Ruines américaines, pag. 48 et 340.
[221]Cet édifice est le même dont Stephens donne une description si complète, avec la gravure représentant un de ces escaliers aux têtes de serpents. (Incidents of travel in Yucatan, vol.II, chap. 27.) C’est celui dont parle M. Viollet Leduc et M. Charnay,Cités et Ruines américaines, pag. 48 et 340.
[222]La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.
[222]La phrase de l’auteur est intraduisible; je crois cependant en avoir saisi le sens.
[223]Voir encore Stephens,ibid., et Charnay,loc. cit.; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume,Tlachcoen langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.
[223]Voir encore Stephens,ibid., et Charnay,loc. cit.; l’un et l’autre parlent de ces deux théâtres, sans toutefois les identifier absolument, ainsi que la salle du jeu de paume,Tlachcoen langue nahuatl, où se trouvent enclavés dans le mur les anneaux dont le titre de ce livre présente une image.
[224]Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (Ibid.,ut sup., chap. 26.)
[224]Stephens donne au puits de Chichen-Itza une profondeur de soixante à soixante-dix pieds et un diamètre d’environ trois cent cinquante. (Ibid.,ut sup., chap. 26.)
[225]Probablement des principauxdieuxdu pays.
[225]Probablement des principauxdieuxdu pays.