— M. Osbaldistone, me dit-il tout bas, vous pouvez rester, vous n'avez rien à craindre; mais il faut que je songe à ceux qui ne seraient pas en sûreté ici. Soyez tranquille pour vos amis. Adieu. N'oubliez pas Mac-Gregor.
Il fit entendre un coup de sifflet, toute sa troupe se rassembla à l'instant autour de lui. Il fit placer au centre sir Frédéric et sa fille, et je les vis s'enfoncer dans la forêt. Le cocher et le postillon avaient abandonné leurs chevaux au premier feu; mais ces animaux, arrêtés par les barricades, étaient restés immobiles, fort heureusement pour Jobson qui aurait été écrasé sous les roues de la voiture si elle avait fait le moindre mouvement. Mon premier soin fut de le tirer de cette situation dangereuse, et c'était un service important, car le coquin était tellement anéanti par la frayeur qu'il serait mort plutôt que de se relever sans aide. Je lui recommandai de faire attention que je n'avais eu aucune part à ce qui venait de se passer, que je n'en profitais pas pour m'échapper, et j'ajoutai que je me regardais toujours comme son prisonnier. Je lui conseillai de retourner au château et de faire venir Lancy et quelques-uns de ses gens qui étaient restés avec lui, et qui nous étaient nécessaires pour donner du secours aux blessés. Mais il était paralysé par la terreur, il ne pouvait se soutenir sur ses jambes, et à peine eut-il la force de me conjurer d'y aller moi-même. Je me déterminai à m'y rendre, mais à quelques pas je trébuchai contre un corps que je pris pour un cadavre. Le prétendu mort se leva pourtant sur ses jambes en parfaite santé, et je reconnus André Fairservice, qui avait pris cette posture pour mieux se garantir des coups de claymore et des balles qui, pendant un moment, avaient sifflé de toutes parts. Je fus si charmé de le trouver en ce moment que je ne m'arrêtai pas à lui demander par quel hasard il y était, et je lui ordonnai de me suivre.
Je m'occupai d'abord de Rashleigh. Il poussa, lorsque je m'approchai de lui, une espèce de gémissement qui semblait autant un cri de rage qu'une exclamation de douleur, et il ferma les yeux, comme si, semblable à Iago[147], il était résolu à ne plus dire une parole. Il se laissa porter dans la voiture, et nous rendîmes le même service à deux autres blessés étendus sur le champ de bataille; je fis comprendre à Jobson, non sans peine, qu'il fallait qu'il y montât aussi pour soutenir sir Rashleigh pendant la route. Il m'obéit de l'air d'un homme qui ne conçoit qu'à moitié ce qu'on lui dit. André ouvrit la porte de l'avenue, fit tourner les chevaux, et les conduisit au pas par la bride jusqu'à Osbaldistone-Hall.
Quelques-uns des fuyards y étaient déjà arrivés par différents détours et y avaient répandu l'alarme, en disant que sir Rashleigh, le greffier Jobson et toute l'escorte, excepté eux qui en apportaient la nouvelle, avaient été attaqués et taillés en pièces par un régiment de féroces Highlanders. Aussi, lorsque nous y arrivâmes, entendîmes-nous un bruit semblable au bourdonnement d'une ruche quand elle se prépare au combat. M. Jobson, qui commençait à reprendre ses sens, trouva pourtant assez de force dans ses poumons pour appeler de façon à se faire reconnaître. Il était d'autant plus empressé de sortir de la voiture qu'il était écrasé sous le poids d'un de ses compagnons de voyage qui avait rendu le dernier soupir pendant ce court trajet, et que le voisinage d'un cadavre ajoutait encore à sa terreur.
Sir Rashleigh Osbaldistone vivait encore, mais il avait reçu une blessure si terrible que le fond de la voiture était littéralement rempli de son sang, et qu'on en pouvait suivre la trace depuis le péristyle jusqu'à la salle où on le plaça dans un grand fauteuil, tandis que les uns s'efforçaient d'arrêter l'hémorragie par des bandages, que les autres criaient qu'il fallait faire venir un chirurgien, et que personne ne bougeait pour l'aller chercher.
— Qu'on ne me tourmente point! dit le blessé. Je sens qu'aucun secours ne peut me sauver. Je suis un homme mort.
Il se releva dans le fauteuil, se tourna vers moi, et quoique la pâleur du trépas fût déjà répandue sur son visage, il me dit avec une fermeté qui semblait au-dessus des forces qui devaient lui rester: — Cousin Francis, approchez-vous.
Je m'approchai.
— Je ne veux que vous dire que les approches de la mort ne changent rien à mes sentiments pour vous. Je vous hais maintenant que je meurs devant vous, je vous hais autant que je le ferais si vous étiez à ma place, et que j'eusse le pied sur votre poitrine.
Tandis qu'il parlait ainsi, on voyait encore la rage étinceler dans ses yeux qui bientôt allaient se fermer pour toujours.
— Je ne vous ai jamais donné aucun sujet de me haïr, monsieur, et je désirerais pour vous qu'en un pareil moment…
— Vous ne m'en avez donné que trop de sujets. En amour, en intérêt, en ambition, partout je vous ai trouvé sur mon chemin. J'étais né pour être l'honneur de la maison de mon père. J'en ai été l'opprobre, et vous seul en êtes cause. Mon patrimoine est devenu le vôtre. Jouissez-en. Puisse la malédiction d'un homme mourant s'y attacher!
Un moment après avoir proféré cette terrible imprécation, il retomba dans le fauteuil, ses yeux devinrent ternes et vitreux, ses membres se raidirent, mais la sinistre expression de la haine survécut encore dans ses traits à son dernier soupir[148].
Je ne m'appesantirai pas plus longtemps sur ce tableau hideux. Il me suffira de dire que le mort de Rashleigh me laissa en possession paisible de la succession de mon oncle. Jobson lui-même se vit forcé de convenir que le ridicule mandat décerné contre moi comme coupable de haute trahison n'avait été tracé que pour favoriser Rashleigh dans ses vues et m'écarter d'Osbaldistone- Hall. Le nom du coquin fut effacé du tableau des procureurs, et il mourut réduit à l'indigence et au mépris.
Après avoir mis en ordre mes affaires à Osbaldistone-Hall, où je rétablis le vieux Syddall dans sa place et M. Fairservice dans son jardin, je repartis pour Londres, heureux de quitter un séjour qui ne m'offrait que des souvenirs pénibles. Je désirais vivement avoir des nouvelles de Diana et de son père. Environ deux mois après, un Français, qui était venu en Angleterre pour affaires de commerce, m'apporta une lettre de miss Vernon qui mit fin à mes inquiétudes en m'apprenant qu'ils étaient tous deux en sûreté.
Elle m'expliquait dans cette lettre que ce n'était pas le hasard qui avait fait paraître si à propos Mac-Gregor et sa troupe. La noblesse d'Écosse qui avait pris une part plus ou moins directe à la dernier insurrection désirait vivement favoriser la fuite de sir Frédéric Vernon, parce qu'en sa qualité d'agent confidentiel de la maison de Stuart il pouvait être nanti de pièces capables de compromettre la sûreté de la moitié des grandes familles d'Écosse; et pour favoriser son évasion on avait jeté les yeux sur Rob-Roy, dont on connaissait le courage et l'adresse. Le rendez-vous était fixé à Osbaldistone-Hall. Vous avez vu comme son plan avait failli être déconcerté par le malheureux Rashleigh: il réussit cependant; car, lorsque sir Frédéric et sa fille furent délivrés, ils trouvèrent des chevaux préparés pour eux, et Rob-Roy, à qui tous les chemins du nord de l'Angleterre étaient familiers, les conduisit à la côte occidentale, où ils parvinrent à s'embarquer pour la France.
Le même Français m'apprit que sir Frédéric ne pouvait survivre longtemps à une maladie de langueur, suite des privations et des fatigues multipliées qu'il avait subies dernièrement encore; sa fille était dans un couvent, et c'était toujours l'intention de son père qu'elle prît le voile.
Je me décidai aussitôt à faire connaître franchement à mon père les secrets sentiments de mon coeur. Il parut d'abord un peu effrayé de l'idée de me voir épouser une catholique romaine; mais il désirait me voir établi dans le monde comme il le disait. Il sentait qu'en m'occupant uniquement de ses affaires de commerce, comme je l'avais fait depuis près d'un an, je lui avais sacrifié mes inclinations et mes goûts. Après avoir hésité, après m'avoir fait quelques questions auxquelles mes réponses lui parurent satisfaisantes, il finit par me dire: — Je n'aurais guère pensé que mon fils pût jamais devenir le seigneur du domaine d'Osbaldistone; encore moins qu'il allât chercher une épouse dans un couvent de France: mais celle qui a été fille si soumise doit être bonne épouse. Vous avez _consulté _mes goûts en travaillant au comptoir, Frank; il est juste que vous consultiez le vôtre pour vous marier.
Je n'ai pas besoin de vous dire, Will Tresham, comme j'allai vite en affaire d'amour. Vous savez aussi combien j'ai longtemps vécu heureux avec Diana, vous savez combien je l'ai pleurée; — mais vous ne savez pas, vous ne pouvez pas savoir combien elle était digne des regrets de son époux.
Il ne me reste plus d'aventures romanesques à vous raconter; je n'ai même plus rien à vous apprendre, vous connaissez mieux que personne le peu d'incidents qui ont marqué ma vie: comme celle des autres hommes, elle a été semée de plaisirs et de chagrins, et vous les avez tous partagés avec moi. J'ai fait plusieurs voyages en Écosse; mais je n'ai jamais revu l'intrépide Highlander qui a eu tant d'influence sur les événements de la partie de mes aventures dont je viens de vous tracer le récit. J'ai appris de temps en temps qu'il continuait à se maintenir dans les montagnes voisines du lac Lomond, en dépit de tous ses ennemis; que même le gouvernement avait fini par fermer les yeux sur l'audace avec laquelle il s'était érigé en protecteur du comté de Lennox, et qu'en conséquence il y levait toujours son _black-mail, _avec autant de régularité qu'un propriétaire exige le paiement de ses fermages. On aurait cru impossible qu'il ne terminât pas ses jours d'une manière violente; il mourut pourtant paisiblement vers l'an 1736, mais son souvenir vit encore dans tous les environs de ses montagnes, comme celui de Robin-Hood en Angleterre, surnommé la terreur du riche et l'ami du pauvre. Il est certain qu'il possédait des qualités de coeur et d'esprit qui auraient fait honneur à une profession moins équivoque que celle à laquelle son destin semblait l'avoir condamné.
Le vieux André Fairservice, que vous devez vous rappeler avoir vu comme jardinier à Osbaldistone-Hall, disait souvent qu'il y avait maintes choses extrêmes dans le bien et extrêmes dans le mal, telles que ROB-ROY.
(Ici finit brusquement le manuscrit. J'ai quelque raison de penser que ce qui suivait avait rapport à des affaires particulières.)[149]
[1] Personnage deBeaucoup de bruit pour riende Shakespeare. Un stratagème comique parvient à décider Benedict au mariage. [2] C'en est fait de. - Tr. [3] Celle de 1688. - Éd. [4] Ces divers noms indiquent sans doute des variétés de morue dont le nom français ne nous est pas connu. - Éd. [5] Phrase proverbiale pour remercier les acteurs des _masques _de Noël. Les officiers inférieurs de l'Église venaient aussi demander l'aumône avec des rimes. - Éd. [6] Westminster et Eton sont ce que nous appelons en France des pensions et des collèges; les collèges des universités ne sont fréquentés que par des jeunes gens qui ont fini leurs classes à Eton et à Westminster. - Lilly, auteur d'un rudiment. - Éd. [7] C'est-à-dire au moins cent mille liv. sterling. - Éd. [8] Allusion à l'histoire du lord-maire Whittington. - Éd. [9] Dans cet opéra, comme on sait, Gray a pris pour ses héros desmauvais sujetsde toutes les écoles. - Éd. [10] Un de ces hôtels de Londres surnommésenfers(maisons de jeudécentes). - Éd. [11] Antoine Wood, auteur d'Athenae oxonienses, antiquaire d'Oxford. - Éd. [12]The Beaux's stratagem,comédie de G. Farquhar. - Éd. [13] Stock-Alley ou Exchange-Alley est le quartier de laBourse, et signifie laBourseelle-même. - _Bear _etbull, ours et taureau, sont des termes de l'argot des agioteurs. On appelle l'Ours celui qui, sans rien posséder dans les fonds, s'engage à livrer une quantité de rentes à un taux convenu et à une époque fixée, comme la fin du mois par exemple. Le Taureau est celui qui achète ces mêmes rentes, quoiqu'il n'ait pas d'argent pour les payer. Au terme arrivé, l'un ou l'autre paie la différence, suivant la hausse ou la baisse. On dit de celui qui ne peut payer qu'il devient un canard boiteux, et qu'il sort en canard de la Bourse. Peut-être le mot d'ours fait-il allusion à la fable des chasseurs qui vendaient la peau de l'ours avant de l'avoir tué. - Éd. [14] C'est en Angleterre qu'on reçoit dans les universités le diplôme de docteur en musique. Les Italiens disent simplementil maestro. - Éd. [15] Il y a dans le texteyear old hogs;ce que nous remarquons pour avertir ceux qui lisent l'anglais de sir Walter Scott quehog, dans le dialecte du nord, ne veut pas direpourceau, maisagneau. D'où l'on a remarqué que le berger-poète _Hog _avait un nom qui lui allait à merveille. Nous avons déjà dit dans les notes deWaverleyque lespourceauxavaient longtemps été rares en Écosse. - Éd. [16] Ce passage semble avoir été écrit du temps deWilkes et la liberté!(Cette note de l'auteur nous désigne l'époque de 1761, où le ministère de lord Bute mit en jeu toute l'antipathie des Anglais contre les Écossais. - Éd.) [17] Surnom anglais du renard, dont le nom commun estfox. - Éd. [18]La salle du bruit:sans doute à cause du tumulte et des joyeuses orgies dont nous allons être témoins. - Éd. [19] L'action du vieux poème-ballade deChevy-Chasese passe sur cette partie des frontières anglaises (English border). - Éd. [20] Pièce qu'on joue aujourd'hui sous le titre deDon Juan.(Nous remarquerons qu'en citant le titre de la pièce française, Francis metpierresans capitale, conformément à la vraie étymologie espagnole, le Convié de pierre, ou la Statue conviée (Il conbitado de piedra). - Éd. [21] Hounslow est situé à environ dix milles de Londres. Il y a des traces d'un camp plus ancien que celui de 1686, auquel il est ici fait allusion. Le camp d'Hounslow avait pour objet de rassembler une armée contre le duc de Monmouth. - Éd. [22] Le monument de Stone-Henge est dans la plaine de Salisbury (Wiltshire). Il consiste en quatre pierres énormes, placées les unes dans les autres: les deux extérieures sont circulaires, et les inférieures ovales. On n'a pas encore décidé si c'était un monument druidique. - Éd. [23]Le Spectateurd'Addison. - Éd. [24] C'est un troisième service, qui, avec la salade, précède immédiatement le dessert en Angleterre. - Éd. [25]Scoth bonnet, le béret ou toque bleue, avec bordure ou bandes bariolées. - Éd. [26] Sans doute du françaisjustaucorps. - Éd. [27] LeBélisairevenait en effet de paraître à l'époque supposée. - Éd. [28] Prologue de Gil Blas. - Éd. [29] Qu'il chante. - Tr. [30] Nous avons donné dans les notes de _Guy Mannering _une note détaillée sur les juges de paix duQuorum, c'est-à-dire ceux qu'une ordonnance spéciale investit de certains pouvoirs plus étendus.Custos Rotulorum, garde des archives, est le titre du chef de la commission des juges de paix. - Éd. [31] Jurisconsulte qui a laissé des commentaires estimés. - Éd. [32] C'est-à-dire des partisans écossais des Stuarts, indigents et avides. On appelle vulgairement une bassinoire d'Écosse une femme d'Écosse, parce qu'on prétend que dans les maisons où un hôte avait besoin de faire chauffer son lit, la servante ou même la maîtresse de la maison allait s'y coucher pendant le temps nécessaire pour suppléer au manque de bassinoire, ustensile inconnu en Écosse. - Éd. [33] Sans doute à cause des deux sens que présente cette devise latine:Vernon semper viret,Vernon est toujours vert (ou toujours fort); etVer non semper viret,Le printemps n'est pas toujours vert. On aimait dans le blason les jeux de mots de ce genre. - Éd. [34] Le motfigureseul en anglais signifiechiffre. - Éd. [35] C'est notre jeu dubouchon.On place des pièces de monnaie sur un liège ou une espèce de quille, que l'on vise avec des palets ou des sous, et qu'on renverse. Chacun gagne les pièces qui sont le plus près de son palet ou de son sou. - Éd. [36] Qui est le président de la chambre des lords. - Éd. [37] Personnage de la tragédie d'Othello. - Éd. [38] Les nouveaux navets sont peut-être un trope comme les rats; car on appelle rats au figuré les convertis politiques peu sincères dans leur nouvelle croyance. - Éd. [39] Abréviation de Rasleigh. - Tr. [40] Othello. - Éd. [41] Le narrateur nous a déjà appris que Rasleigh avait été élevé à Saint-Omer chez les Jésuites. - Éd. [42] Le traducteur laisse ici ces mots du texte pour faire sentir la difficulté de traduire ce patois d'Écosse, que le héros du roman est obligé lui-même de se faire expliquer. Francis croit que ces motsclean wudsignifientbois clair, et Fairservice veut dire que les gens de Londres ont perdu la tête. Le reste du dialogue n'est pas moins difficile pour les Anglais eux-mêmes. - Éd. [43] Fairservice aime à exagérer l'importance de son pays. - Éd. [44] Édifice où se tenaient les séances du parlement d'Écosse. - Éd. [45] Il y a dans le texte un calembourg intraduisible surrobbedet _rabbit, _volé et lapin. C'est ici qu'on peut pardonner à la traduction quelques équivalents. - Éd. [46] 1 2400 fr. - Éd. [47] Un de ces livres mystiques sortis du cerveau malade des presbytériens fanatiques. - Éd. [48] L'auteur se sert du vieux motover-crawed. - Éd. [49] Pied léger. - Éd. [50] Les frontières les plus centrales. [51]Le bouillant André. Hostpur, personnage historique de Shakespeare, dont le nom peut se traduire paréperon chaud. - Éd. [52] 1 240 fr. [53] C'est à ce saint que les chroniques attribuent la civilisation des premiers habitants du Strathclyde. Son nom était Kentigern, fils d'Owain, surnomméMungo, c'est-à- dire le Courtois. La cathédrale lui était dédiée avant la réforme. - Éd. [54] C'est notre mot hôtelière. - Éd. [55] On comprend par ce mot, que nous traduisons le plus chastement possible, combien le bon presbytérien en veut à laProstituéede Rome, dont il parle dans le style des prédicateurs du temps. - Éd. [56] Ruisseau qui passe à Glascow. - Éd. [57] André, espèce de Sancho Pança presbytérien, prodigue dans son discours la conjonction copulativeetpour singer les saintes écritures. - Éd. [58] La rue (ruta) est une plante qui dans sa verdeur a une saveur amère et âcre. - Éd. [59] J'ai vainement cherché le nom de cet ecclésiastique. Je ne désespère pas cependant de voir ce point, et quelques autres qui échappent à ma sagacité, éclairés par une des publications périodiques qui ont consacré leurs pages à commenter ces volumes, et dont les recherches et les bonnes intentions méritent ma gratitude particulière, comme ayant découvert plusieurs personnes et plusieurs faits liés à mes récits, et auxquels je n'avais même pas songé*. *L'auteur cherche ici querelle à ceux qui ont voulu donner la clef de ses personnages: nous prendrons notre part du reproche pour nos notes et notre notice. - Éd. [60] Carton qu'on admire encore à Hampton-court. - Éd. [61] Par quelmandat judiciaire, mandat d'arrêt?- Éd. [62] Un huissier. - Éd. [63] C'est une locution toute particulière aux Highlands que cetellequ'emploie Dougal en parlant delui-même. Le mot créature estsous-entendu, comme on dirait en style de syntaxe. - Éd. [64] M.Châtiebien, en estropiant le nom de Dougal. - Éd. [65] Quartier marchand de Londres dans la Cité, comme est notre rue Saint-Denis. - Éd. [66] Le même usage existe en Angleterre en certains cas. - Tr. [67] Un liard. - Tr. [68] Il y a dans tout ce langage entrecoupé des exclamations écossaises intraduisibles.O hon-a-risignifiehélas, mon chef!- Éd. [69]Old Nick, nom familier que les Anglais donnent au diable:le vieux Nick.[70] Il est bon que le lecteur sache que ce titre ajouté si volontiers par le bailli au nom de son père, n'est nullement le titre d'une dignité ecclésiastique. Undiacreà Glascow est un chef de la corporation des métiers. La ville est administrée par unlord-prevôt, troisbaillis-marchands, deuxbaillis des métiers, le _doyen des marchands (dean of the guild), _lediacre convocateur (deacon-convener)avec lesconseillers(municipaux). - Éd. [71] Pillard des Highlands. - Éd. [72] Tolbooth, prison. - Éd. [73] On appelle en Écosse Stentmasters les agents du fisc chargés d'établir la quotité de l'impôt personnel, ou capitation. - Éd. [74] Proverbe écossais pour dire que le sang des proches est un sang précieux. - Éd. [75] La poche du philibeg, dans le costume des Highlanders. - Éd. [76] Le _theft-boot _est le recélage d'un vol; leblachmail, l'impôt des catérans des Highlands; lespreagh, une excursion de maraudeur; legill-ravaging, le vol des bestiaux, etc. - Éd. [77] Highlander armé pour une incursion. - Éd. [78]Kernes, soldats; ancien mot celte. - Éd. [79]Brochan, bouillie de farine d'avoine. - Le bailli désigne ironiquement les soldats de Macbeth (les Highlanders) par leur costume de guerre; - les brogues sont les brodequins des montagnards. - Éd. [80] Dans un sens figuré, le brogue, chaussure des Celtes irlandais et des Highlanders, désigne aussi leur accent national. - Éd. [81] Les bandes roulées autour de la jambe nue dans le costume des Highlanders. - Éd. [82] Nom que les montagnards donnent à leurs villages. - Éd. [83] Nous dirions en français:Voilà ma main pour gage.[84] Les Highlanders étaient-ils ainsi appelés à cause des bandes rouges dont nous parlions dans une des deux notes précédentes, ou simplement à cause de leur nudité? L'étymologie est douteuse: on dit aussi quered-shanksest un mot corrompu de _raugh shanks, _jambes rudes, jambes fortes. Enfin d'autres appliquent l'épithète à leur chaussure faite dans l'origine de peau non tannée. - Éd. [85] Pendu, supplicié. - Éd. [86] Nous dirions jusqu'au dernier liard. - Éd. [87] Une des îles du Loch Lomond où les Mac-Gregors avaient leur sépulture. - Éd. [88] Sur la route de Glascow à Aberfoil. - Éd. [89] Le jardin ou parc de l'université. - Éd. [90] Proverbe écossais dont nous ignorons l'origine. - Éd. [91] _Dourlach, _mot gaélique qui signifie faisceau, fagot; soit qu'ici par dourlach le bailli entende un bâton comme arme, ou un fagot pour mettre le feu. - Éd. [92] Domestiques. - Éd. [93] Nous avons donné dansWaverleyl'étymologie de ce mot, qui signifie l'impôt du déprédateur, etc. - Éd. [94] D'Écossais montagnards. - Éd. [95]En confidence.[96] 1689. Ce fut le dernier combat de Dundee. - Éd. [97] Poche. - Éd. [98]Peat-bogs, fondrières à tourbes. - Éd. [99] La ménagère. - Éd. [100] Le mari. - Éd. [101] À deux sous. - Tr. [102] Hameau entre Drymen et Aberfoil. - Éd. [103] L'auteur s'accuse lui-même dans sa préface d'avoir mis ce pont sur le Forth trente ans trop tôt.Pictoribus atque peetisHanc veniam plerumque damus petimusque vicissim.[104] LeWhiskey, eau-de-vie de grain. - Éd. [105] C'est-à-dire: Je ne sais pas l'anglais. - Éd. [106] Un demi-pennyanglais, ou un sou de notre livre tournois; du françaisbasse-pièceselon les étymologistes. - Éd. [107] Proverbe expliqué par la phrase précédente. - Éd. [108] Gentilhomme. Les notes deWaverleynous dispensent d'expliquer ici plus longuement ce mot et quelques autres de l'idiome des Highlands, avec lesquels le lecteur de Walter Scott doit déjà être familier. - Éd. [109] Dame censure, indulgente aux corbeaux, Vexe à plaisir les pauvres tourtereaux. - Éd. [110] Expression familière qui revient à notre mot de rapière ou flamberge. - Éd. [111]Poker, fer à tisonner. - Éd. [112] Untrot-coseyest une espèce de grand collet de drap de laine; unjosephest une redingote de voyage, et quelquefois uneamazonepour les dames qui montent à cheval. - Éd. [113] Tradition populaire sur un lutin domestique de la famille du joli Trilby de Charles Nodier, mais moins amoureux que malicieux. - Éd. [114] Les enfants de Diarmid ou le clan de Diarmid, fils de Duina, était un titre du clan Campbell, qui faisait remonter son origine à Diarmid, un des héros Fingaliens. - Éd. [115]Limphades:la galère que la famille d'Argyle et les autres familles du clan Campbell portent dans leurs armes. - Tr. [116] Lochow et les cantons adjacents formaient l'ancien patrimoine des Campbells. L'expressionfar cry to Lochowétait proverbiale: c'était une allusion à un combat qui eut lieu entre le clan Gordon et le clan Campbell dans le comté d'Aberdeen, où il était difficile que les Campbells appelassent les leurs au secours. - Éd. [117] On appelle ainsi en écossais (maiden) un instrument qui a une grande ressemblance avec le couteau de notre guillotine. - Éd. [118] Nous avons déjà fait remarquer ce pronom féminin substitué au pronom masculin dans la conversation écossaise. - Éd. [119] Nous avons vu que c'était d'un vieux soc que le bailli s'était armé. - Tr. [120] Ce sont des citations locales dont le sens est fort clair, mais difficiles à commenter. - Éd. [121] Une Tête-Ronde. - Éd. [122] J'ignore comment les choses pouvaient être du temps de M. Osbaldistone; mais je puis assurer au lecteur que la curiosité pourrait amener sur le théâtre de ces aventures romanesques, que le clachan d'Aberfoil offre aujourd'hui une petite auberge très confortable. S'il est antiquaire écossais, il apprendra avec d'autant plus de plaisir qu'il s'y trouvera dans le voisinage du révérend docteur Grahame, ministre de l'Évangile à Aberfoil, dont l'obligeance aimable pour communiquer ses recherches sur les antiquités nationales, n'est guère moins inépuisable que ses trésors en ce genre*.(Note de l'auteur.)* Qu'il soit permis à l'éditeur de joindre sa note à celle-ci, pour payer aussi son tribut au révérend docteur Grahame, auteur d'un excellent commentaire descriptif surla Dame du Lac. C'est sous ses auspices que nous avons herborisé sur les bords élyséens du Loch-Ard. - Éd. [123]Induced to an unsophisticated state; réduit à l'état le plus dénué d'ornement;car l'épithète un peu affectée de cette phrase motive seule la parenthèse. - Éd. [124] De peur que quelques-uns de nos lecteurs soient moins familiers avec la Bible que les lecteurs écossais, nous ajouterons qu'il est ici question du meurtre de Sisara par Jael, qui lui enfonça un clou dans la tête pendant son sommeil. - Éd. [125]Chieftainess, la commandante, la femme-chef. - Éd. [126] Lejaugeur, le rat-de-cave. - Éd. [127]And the unit of that life for which he had pleade so strongly, was for ever withdrawn from the sum of human existence.Le traducteur a compris parfaitement que le goût français se révolterait contre la traduction littérale de cette phrase figurée qui termine un passage si tragique d'ailleurs par son éloquente simplicité. Mais la langue anglaise est plus librement figurée que la nôtre, et le texte n'a point choqué ici les critiques qui ont cité ce chapitre dans lesRevues littéraires. Voici la phrase traduite littéralement: - «L'unitéde cette vie, qu'il avait demandée avec tant d'instances, fut à jamais soustraite de lasommede l'existence humaine. » Cette phrase revient à celle que nos auteurs emploient fréquemment dans le style le plus familier: êtrerayédu livre de vie, - ou dunombredes humains. L'habitude ôte à tous ces tropes leur étrangeté; la langue latine a une foule de ces figuresromantiques, qui passent inaperçues, et que nos classiques traducteurs éludent à merveille en prose comme en vers. - Éd. [128] Ici le trope est entièrement dans le caractère et le langage du bailli, véritable industriel de son époque. - Éd. [129] Le duc, que l'auteur ne nomme pas, était le duc de Montrose. - Éd. [130] Le marquis de Montrose. - Éd. [131] On comprend aisément les allusions jacobites de cette phrase. - Éd. [132] Aux quatre coins. - Éd. [133] C'est à ce personnage de l'Henry Vde Shakespeare que Diana emprunte sa citation. - Éd. [134] The_ historica passio_ of poor Lear. Les mots latins sont empruntés à Shakespeare. - Éd. [135] Personnage de Shakespeare dansla Soirée des rois. - Éd. [136]The Children of the Myst, que nous retrouverons dans la légende de Montrose. - Éd. [137] On appellecairnsces monuments grossiers qui s'offrent souvent aux regards du voyageur dans les montagnes d'Écosse, et qui consistent en pierres amoncelées sous une forme conique. On croit que ce sont des monuments funèbres formées par les passants, qui, en signe de respect pour la mort, ramassaient une pierre et l'ajoutaient aux autres. Un proverbe gaélique dit: - Malheur à qui passe devant un cairn sans y déposer la pierre du dernier salut. - Éd. [138] Barde du clan de Mac-Leod, dont le chant a été imité par sir Walter Scott dans les ballades. - Éd. [139] Cette complainte est venue jusqu'à nous, ce qui doit servir à donner une certaine authenticité à ces mémoires. (Note de l'éditeur écossais*.) * Sir Walter Scott a aussi composé pour l'anthologie écossaise le chant de guerre de Rob-Roy sur un air de tradition dont les paroles étaient perdues. - Éd. [140] Sonnez, cornemuses! - Éd. [141] Le lecteur a déjà remarqué sans doute comme nous qu'en plaçant ses héros dans la même contrée où sir Walter Scott avait déjà placé la _Dame du Lac, _l'auteur de _Rob- Roy _reproduit malgré lui dans sa prose la couleur du style et quelquefois les pensées légèrement modifiées du poète. - Éd. [142] L'auteur mystique duVoyage du pèlerin. - Éd. [143] L'auteur oublie ici par distraction que Francis Osbaldistone est censé ne s'adresser qu'à Tresham. - Éd. [144] Nom donné aux Torys. - Tr. [145] C'est l'idée des deux vers du Dante:Nessum maggior dolore che ricordarsiDel tempo felice nella miseria.INFERNO. - Éd. [146]True-bleue, deux vrais ennemis des jacobites. - Éd. [147]Othello, acte V. - Éd. [148] Le Giaour, parlant de son ennemi mort:Each feature of the sullen corseBetray'd his rage, but no remorse."Chaque trait de ce sombre cadavre exprimait sa rage, mais aucun remords." Il est plusieurs autres passage deRob-Royqui semblent inspirés par l'énergique pensée de lord Byron. Voyez la Notice. - Éd. [149] Rob-Roy Mac-Gregor est un des héros dont le nom est le plus souvent cité par le peuple d'Écosse. La tradition conserve fidèlement les détails de la guerre de partisan qu'il fit si longtemps et avec tant d'audace, au duc de Montrose. Chaque habitant des environs du Loch-Lomond a sa petite anecdote à vous raconter sur les exploits et les ruses de ce redoutable proscrit. Nous nous contenterons d'indiquer au lecteur les pages que le colonel Hewart lui a consacrées dans son ouvrage un peu diffus sur les Highlanders, et principalement sur les régiments réguliers d'Écosse. Le Rob-Roy de Walter Scott est fidèle au portrait qu'en ont laissé tous ceux qui l'avaient connu; mais on admire surtout en Écosse cet ouvrage comme un second point de vue du tableau des Highlands, si admirable dansWaverley. LaLégende de Montroseachève de nous familiariser avec ces contrées, également pittoresques sous le rapport du paysage comme sous celui des moeurs et des coutumes locales. Il y a aussi une opposition très heureuse entre le caractère sauvage, mais poétique, de Rob-Roy, et l'industrialismetout positif, mais singulièrement original, de son prosaïque cousin le bailli Nicol Jarvie. Ce personnage constamment comique, qui est tout d'invention, a reçu une sorte d'existence réalisée par le talent d'un acteur d'Edimbourg, nommé Mackray. On a vu plus d'une fois sir Walter Scott, à couvert sous son incognito, rire aux larmes des lazzis du FILSde mon père le diacre. - Éd.