[136]Actes de Bologne.
[136]Actes de Bologne.
Quand il eut ainsi façonné ses disciples, Dominique les envoya dans toutes les directions. Guala fonda le couvent de Bergame ; la tradition dominicaine rapportée, vers 1300, par Bernard Gui, attribuait à ce monastère le second rang, par ordre d’ancienneté, dans la province de Lombardie, le plaçant immédiatement après celui de Bologne[137].
[137]Quétif et Échard,op. cit., t. I, p. 20.
[137]Quétif et Échard,op. cit., t. I, p. 20.
Peu de temps après, fut fondé le couvent de Milan. Lorsque, revenant d’outre-monts, saint Dominique s’était arrêté dans cette ville, il avait été prié d’y envoyer plusieurs Frères. Elle était infestée d’hérétiques vaudois et patarins et semblait avoir un besoin tout spécial du zèle des Prêcheurs. Cela suffit à décider saint Dominique : à peine de retour à Bologne, il choisissait deux religieux d’élite, Jacques d’Aribaldi et Roboald de Monza, et les envoyait à Milan. Ils y arrivèrent dans les premiers jours de 1220 et ils reçurent l’hospitalité chez le Chapitre de Saint-Nazaire, qui avait accueilli leur maître à chacun de ses voyages.
L’occasion semblait favorable pour l’établissement, dans cette ville, d’un couvent dominicain. L’ami et le protecteur de l’Ordre, le cardinal évêque d’Ostie, Hugolin, avait été envoyé à Milan par le pape Honorius III, pour négocier la paix entre cette puissante cité et la commune voisine de Crémone. D’autre part, Hugues de Setara, cimiliarque et vicaire de l’archevêque, et la majeure partie du chapitre furent tout à fait gagnés aux nouveaux venus dès qu’ils furent témoins de leurs prédications et des merveilleux résultats de leur zèle apostolique. Le cardinal d’Ostie mit tout en œuvre pour fixer les Dominicains à Milan et leur y procurer un asile définitif. Il choisit pour cela l’église de Saint-Eustorge. Les prêtres qui la desservaient, résignèrent leurs dignités et emportant leurs vases sacrés, leurs ornements et leurs revenus, ils se retirèrent dans l’église Saint-Laurent. Hugolin les remplaça par les Frères Prêcheurs, qui trouvèrent Saint-Eustorge dans le plus grand dénuement. Les soixante livres de revenus qui lui étaient restées, suffisaient à peine aux réparations les plus urgentes ; la pauvreté présidait une fois de plus à l’établissement des Prêcheurs. Ce fut le 15 mars 1220 que l’Ordre reçut des représentants du Pape et de l’archevêque de Milan, l’église de Saint-Eustorge[138].
[138]Quétif et Échard.
[138]Quétif et Échard.
La ville de Viterbe reçut, en même temps, les disciples de saint Dominique. Elle tendait à devenir l’une des principales résidences du Saint-Siège. Plusieurs Papes du douzième siècle y avaient séjourné ; Innocent III y avait passé une partie des années 1207 et 1209 ; enfin, Honorius III venait de s’y établir en octobre 1219, quand saint Dominique partit de Bologne pour la Curie. Ce fut ce qui le décida à fonder dans cette cité un couvent de son Ordre ; il en confia le soin à cinq religieux qu’il emmena de Bologne avec lui, en novembre 1219, Bonvisi, Paul de Venise, Guillaume de Montferrat, Frugère et Tancrède.
Le nouveau couvent trouva la meilleure des protections dans la personne de l’illustre Rainerio Capocci, cardinal de Sainte-Marie-in-Cosmedin. Animé d’une dévotion toute spéciale pour la Vierge, Capocci vit en songe une noble dame, d’une beauté incomparable, qui tenait un cierge allumé ; elle prit le cardinal par la main et le mena dans une forêt voisine qu’elle incendia avec son cierge, sur une vaste étendue. Éveillé en sursaut, Capocci voulut savoir le sens de cette étrange vision et il alla consulter un saint vieillard, nommé Albus, qui vivait dans la solitude non loin de Viterbe et dont il avait déjà suivi plusieurs fois les sages conseils. Or, la même nuit, Albus avait vu, de son côté, la Mère de Dieu sur son trône royal et elle lui avait manifesté ses desseins sur le cardinal Capocci ; elle voulait qu’il lui construisît une église dans la forêt où elle l’avait conduit en songe. Instruit par Albus, Capocci obéit aux ordres de la Vierge et non loin de Monte-San-Martino, au milieu des bois, il entreprit la construction d’une église magnifique. Il l’avait à peine commencée, qu’il se lia d’amitié avec saint Dominique, il la lui offrit pour ses religieux, avec le couvent qu’il avait fait élever. Telle fut l’origine merveilleuse de ce monastère de Sainte-Marie a Gradi, qui ne tarda pas à devenir célèbre, grâce à sa riche bibliothèque qu’il tint de la libéralité de Capocci, et aux richesses artistiques de son église (1220)[139].
[139]Nous empruntons ce récit à Ciaconius,Historia pontificum Romanorum et S. R. E. cardinalium, t. II, p. 34.
[139]Nous empruntons ce récit à Ciaconius,Historia pontificum Romanorum et S. R. E. cardinalium, t. II, p. 34.
Comme s’il voulait marquer une préférence pour l’Espagne, sa patrie, saint Dominique apporta un soin tout particulier à la diffusion de l’Ordre dans les royaumes d’Aragon, de Castille et de Portugal. Après l’assemblée de Prouille, d’août 1217, il avait envoyé au delà des Pyrénées, d’un côté, Suéro Gomez et Pierre de Madrid, de l’autre, Michel de Uzéro et Dominique de Ségovie. Les deux premiers prêchèrent en Portugal avec succès, les deux autres réussirent moins bien, et « parce qu’ils ne purent pas fructifier, comme ils l’avaient désiré, au bout de quelques mois d’un labeur pénible et inutile, ils rejoignirent leur Bienheureux Père en Italie. » Saint Dominique sentit la nécessité de fortifier lui-même l’œuvre encore incertaine de ses religieux. Emmenant avec lui Dominique de Ségovie, il partit pour l’Espagne dans les derniers jours de 1218 ; il traversa les Pyrénées au col de Roncevaux, passa par Pampelune et vint sans doute à Burgos, présenter au roi de Castille les bulles pontificales qui mettaient l’Ordre sous la protection apostolique. Prêchant à chacune de ces stations, il se rendit ensuite à Ségovie, où il fonda le premier couvent espagnol de l’Ordre (février 1219). Après avoir placé à la tête de ce monastère naissant Frère Corbolan, il continua sa route vers le sud, et vint rejoindre, à Madrid, Pierre de Medina. Ce dernier exerçait depuis plus d’un an son apostolat dans cette ville, groupant autour de lui de nouveaux Frères et inspirant à des femmes pieuses le désir d’embrasser la vie religieuse. Dominique acheva ce qui avait été commencé, et il institua à Madrid un couvent sur le modèle de celui de Prouille, où des religieuses cloîtrées étaient confiées à la garde et aux soins des Frères Prêcheurs[140].
[140]Échard,op cit., t. I, p. 18.
[140]Échard,op cit., t. I, p. 18.
Il leur témoigna la même sollicitude qu’à leurs sœurs de Prouille. Il prit soin lui-même de leur tracer leur règle de vie dans une lettre que nous a conservée le cardinal d’Aragon[141]. « Nous nous réjouissons, leur disait-il, et nous remercions Dieu de ce qu’il vous a favorisées de cette sainte vocation et vous a délivrées de la corruption du monde. Combattez, mes filles, l’antique ennemi du genre humain, en vous appliquant au jeûne ; car sachez que nul ne sera couronné s’il n’a pas combattu. Je veux que dans les lieux claustraux, c’est-à-dire au réfectoire, au dortoir, à l’oratoire, vous gardiez le silence, et qu’en toute chose vous observiez la règle. Que personne ne sorte de son couvent, que personne n’y entre, si ce n’est l’évêque et les supérieurs qui y viendraient pour prêcher ou faire la visite canonique. Ne soyez avares ni de veilles ni de disciplines ; obéissez à la prieure ; ne perdez pas votre temps en bavardages. Comme nous ne pouvons pas vous envoyer des secours temporels, nous nous garderons de vous imposer la charge de recevoir des frères ou d’autres personnes… Notre frère très cher, Fr. Mannès, qui n’a pas mesuré sa peine pour vous conduire à ce saint état, prendra toutes les dispositions qui lui paraîtront convenir à votre vie sainte et religieuse. Nous lui donnons pouvoir de visiter et de corriger le couvent, et même, s’il le fallait, de changer la prieure, avec le consentement de la majorité d’entre vous. »
[141]Arch. de l’Ordre, ms. Ll.
[141]Arch. de l’Ordre, ms. Ll.
Comme en France et en Italie, les Dominicains avaient besoin en Espagne d’une maison d’études. Ce fut la raison d’être du couvent qui fut fondé, en 1219, auprès de l’Université de Palencia. Rien ne prouve formellement que saint Dominique ait présidé à cette création ; mais si l’on se rappelle qu’il avait fait lui-même ses études dans les écoles de cette ville, et si l’on rapproche cette fondation de celles des couvents de Bologne et de Paris, il est impossible d’y méconnaître l’action du bienheureux. « Si saint Dominique, dit avec raison le R. P. Balme, n’a pas été le fondateur immédiat de ce couvent, il est permis de présumer que, lors de son voyage dans sa patrie, quelques mois auparavant, il a été l’inspirateur et le conseiller de ce projet, pour l’heure où le Seigneur en rendrait l’exécution possible. »
De retour à Rome, saint Dominique continua à travailler à la propagation de l’Ordre en Espagne ; il y fut aidé par un illustre canoniste de l’Université de Bologne, le Catalan Raymond de Pennafort, qui devait plus tard revêtir l’habit des Prêcheurs, gouverner l’Ordre comme Maître général et en être l’un des premiers saints. A Bologne, Raymond avait été témoin des merveilles qu’opérait Réginald ; comme les professeurs de droit, ses collègues, il avait subi son ascendant, et sa sympathie était acquise aux Dominicains. Lorsque en 1219, l’évêque de Barcelone, Bérenger de Palou, passa par Bologne pour se rendre à la cour pontificale, Raymond lui vanta les mérites de l’Ordre nouveau, et lui inspira le désir de l’établir dans sa ville épiscopale. Arrivé à Viterbe, Bérenger obtint de saint Dominique qu’il lui cédât quelques frères de Bologne pour la fondation qu’il méditait, et, les emmenant avec lui et avec Raymond de Pennafort, il les installa à Barcelone, en décembre 1219. Un des principaux citoyens de la ville, Pierre de Gruny, les reçut chez lui et les garda trois ans, jusqu’à la fondation définitive du couvent, en 1222.
Tandis que saint Dominique était ainsi occupé à l’extension de l’Ordre en France, en Italie, en Espagne, son attention était attirée jusque sur les régions les plus lointaines et les moins connues de l’Europe. Il avait toujours désiré se consacrer à l’évangélisation des païens et des barbares, et la Providence semblait lui fournir les moyens de consacrer à cette œuvre une part de l’activité de ses fils spirituels. Transféré par le Saint-Siège à l’archevêché de Gnesen, l’évêque de Cracovie, Yves Odrowantz, vint à la cour pontificale, dans les premiers jours de 1220, pour les affaires de sa promotion. Il était accompagné de ses deux neveux, Hyacinthe et Ceslas, chanoines de Cracovie, et de deux gentilshommes, Hermann le Teutonique et Henri de Moravie. Après avoir pris congé du Pape à Viterbe, il se rendit à Rome pour accomplir, avec les siens, son pèlerinage au tombeau des Apôtres. C’est alors qu’il fit la connaissance de saint Dominique et de son Ordre, pendant que s’opérait la réforme des religieuses romaines et que se fondaient les couvents de Saint-Sixte et de Sainte-Sabine.
Or, mieux que personne, Yves Odrowantz pouvait comprendre l’utilité des Prêcheurs. La Pologne, dont l’évêque de Cracovie devenait le métropolitain, était déjà le boulevard du catholicisme contre les païens et les schismatiques ; les vastes plaines de Russie se trouvaient sans cesse menacées par les Tartares idolâtres, et les Finnois, encore à peu près barbares, peuplaient les rives de la Baltique. Les chevaliers Teutoniques et les Porte-glaives guerroyaient contre eux, mais il était chaque jour plus nécessaire de leur envoyer des missionnaires catholiques. Yves avait déjà fait appel au zèle des Prémontrés ; témoin à Rome de la sainteté de saint Dominique et de ses compagnons, il voulut s’assurer aussi le concours des Prêcheurs. Il va trouver le Bienheureux et lui demande des Frères pour son pays de Pologne. Mais les fondations de couvents qui s’étaient succédé à de si rares intervalles depuis deux ans, avaient appauvri les grands centres de l’Ordre ; quoique nombreux, les religieux suffisaient à peine aux maisons déjà établies ; saint Dominique dut l’avouer à l’évêque polonais ! « Toutefois, ajouta-t-il, si vous avez quelques hommes de bonne volonté, agréables à Dieu et aptes à être admis dans l’Ordre, je les y recevrai. » Yves lui en offrit trois qui faisaient partie de sa maison, Hyacinthe, Ceslas et Hermann le Teutonique[142]. Dominique les admit, leur donna l’habit de l’Ordre, et lorsqu’ils furent formés à l’humilité, à la charité et aux saintes observances, il les reçut à la profession. Hyacinthe et ses compagnons quittèrent Rome, vers le mois d’avril 1220, et retournant en Pologne, ils prêchèrent, pendant plusieurs mois, en Carinthie où leur parole suscita de nouvelles vocations. Ils fondèrent à Friesach un couvent qui fut placé sous la direction d’Hermann ; Hyacinthe traversa l’Autriche, la Moravie et la Silésie, et rentra à Cracovie à la fin de 1220.
[142]Stanislas de Cracovie, chroniqueur du quatorzième siècle, auquel nous empruntons ce récit, oublie Henri de Cracovie, qui entra dans l’Ordre avec les trois autres.Cf. sur Stanislas de Cracovie (mort en 1350), Quétif et Échard,op. cit., t. I., p. 632.
[142]Stanislas de Cracovie, chroniqueur du quatorzième siècle, auquel nous empruntons ce récit, oublie Henri de Cracovie, qui entra dans l’Ordre avec les trois autres.
Cf. sur Stanislas de Cracovie (mort en 1350), Quétif et Échard,op. cit., t. I., p. 632.
Ses sermons y obtinrent un tel succès que, bientôt, les chanoines et les magistrats de la ville s’entendirent avec le nouvel évêque pour donner aux Prêcheurs l’église de la Trinité et les moyens de construire à côté d’elle un grand monastère. Dès lors, le couvent de Cracovie devint le centre des missions dominicaines dans les pays slaves. Du vivant même de saint Dominique, Ceslas le quitta, pour aller établir un couvent à Prague, et d’autres colonies monastiques furent envoyées de la Trinité à Sandomir, dans la petite Pologne, à Plocko, sur la Vistule, et même en Danemark et en Russie. « Hyacinthe, avant de mourir, planta jusque dans Kiew les tentes dominicaines, sous les yeux des schismatiques grecs, et au bruit des invasions tartares[143]. »
[143]Lacordaire,op. cit., p. 197.
[143]Lacordaire,op. cit., p. 197.
Enfin, dans le second chapitre général qu’il tint, quelques mois avant sa mort, le 30 mai 1221, saint Dominique envoya plusieurs de ses Frères en Hongrie et en Grande-Bretagne. C’est dans les steppes du Danube et du Dniéper, que vivaient ces Cumans païens, qu’il avait désiré convertir, quand il accompagnait à Rome son évêque, Didace. A Bologne, il trouva l’homme que sa naissance désignait pour une pareille œuvre. Il y avait, parmi les maîtres de l’Université, un Hongrois nommé Paul. Sa réputation était déjà solidement établie, lorsque, touché par les prédications de saint Dominique, il quitta le monde et demanda l’habit de Prêcheur. Il fut envoyé aussitôt en Hongrie avec le Frère Sadoc et trois autres religieux. Ses prédications portèrent beaucoup de fruits, et bientôt il put élever deux monastères, l’un à Vesprim pour des religieuses, qui suivirent la règle de Prouille et de Saint-Sixte ; l’autre à Albe Royale pour des Frères. En peu de temps, le nombre des professions fut tel que le couvent d’Albe devint un centre de missions, et qu’il remplit pour les peuples païens ou schismatiques du sud-est de l’Europe, le même rôle que celui de Cracovie pour ceux du nord-est. De là, partirent, dès 1222, des missionnaires qui allèrent prêcher l’Évangile en Transylvanie, Serbie, Valachie, et jusque chez les Cumans qui vivaient, à l’état nomade, sur les rives du Dniéper.
Nous avons moins de détails sur l’établissement de l’Ordre en Angleterre. Au second chapitre de Bologne, saint Dominique décida d’envoyer à Cantorbéry douze de ses religieux, sous la conduite de Gilbert de Frassinet. L’archevêque de cette ville les reçut avec bienveillance ; sur ses conseils, ils s’établirent à Oxford, auprès de l’Université, et y fondèrent leurs écoles de saint Édouard. La légende a voulu aller plus loin que l’histoire ; d’après elle, Frère Laurent d’Angleterre, l’un des premiers compagnons de saint Dominique, aurait, en 1220, emmené en Grande-Bretagne, plusieurs Frères de Saint-Jacques de Paris ; mais nous savons d’autre part d’une manière certaine que Laurent passa cette année-là à Rome. Une autre tradition raconte que, pendant son séjour à Paris, en 1219, saint Dominique se rencontra avec le roi d’Écosse, Alexandre II, et que celui-ci lui demanda des religieux pour son royaume ; malheureusement, elle n’est rapportée par aucun écrivain contemporain, tandis qu’une chronique ancienne, ne mentionne, au contraire, qu’en 1230, l’établissement de l’Ordre en Écosse.
« Par ces deux missions d’Angleterre et de Hongrie, dit Lacordaire, Dominique avait achevé de prendre possession de l’Europe. » Il pouvait contempler son œuvre avec complaisance et croire qu’elle était bénie de Dieu. Née péniblement, semblant tout d’abord près d’échouer, la sainte Prédication s’était brusquement développée. Les quarante religieux dispersés à travers le monde après l’assemblée de Prouille avaient fondé, en moins de quatre ans, plus de soixante couvents. Chef d’un petit troupeau, en 1217, Dominique était, en 1221, le Maître général d’un Ordre qui comptait plus de cinq cents religieux, une centaine au moins de religieuses, et qui exerçait son action des plateaux de l’Espagne aux steppes de Russie, sous les brumes de la Grande-Bretagne comme sous le ciel radieux de l’Orient. C’était vraiment un grain de sénevé qui avait germé dans le Toulousain : il avait donné naissance à un arbre, dont les ramifications couvraient déjà l’Église catholique tout entière !