NOTES:

NOTES:[1]Pendant ce séjour à Paris, Gleichen paraît avoir beaucoup vécu dans la société de Grimm, de Diderot et du baron d'Holbach, qu'il avait sans doute déjà connus lors de son premier voyage en France. Dans une des lettres de Diderot à Mlle Voland, à la date du 15 mai 1759, on lit le passage suivant où se trouve une allusion difficile à expliquer:«Nous partîmes hier à huit heures pour Marly; nous y arrivâmes à dix heures et demie; nous ordonnâmes un grand dîner, et nous nous répandîmes dans les jardins.... Je portais tout à travers les objets des pas errants et une âme mélancolique. Les autres nous devançaient à grands pas, et nous les suivions lentement, le baron de Gleichen et moi. Je me trouvais bien à côté de cet homme; c'est que nous éprouvions au dedans de nous un sentiment commun et secret. C'est une chose incroyable comme les âmes sensibles s'entendent presque sans parler. Un mot échappé, une distraction, une réflexion vague et décousue, un regret éloigné, une expression détournée, le son de la voix, la démarche, le regard, l'attention, le silence, tout les décèle l'une à l'autre. Nous nous parlions peu; nous sentions beaucoup; nous souffrions tous deux; mais il était plus à plaindre que moi. Je tournais de temps en temps mes yeux vers la ville; les siens étaient souvent attachés à la terre; il y cherchait un objet qui n'est plus.... Le baron de Gleichen a beaucoup voyagé; ce fut lui qui fit les frais du retour.....»[2]Le président Ogier, alors envoyé de France à Copenhague.[3]Le baron de Bernstorff avait été fait comte par le roi de Danemark le 14 décembre 1767.[4]Denkwurdigkeiten des Barons Carl Heinrich von Gleichen.Leipsig. Druck von J. B. Hirschfeld. 1847. (P. 234, in-8.)][5]Né en 1729, mort le 20 décembre 1765.[6]M. de Vergennes mourut en 1787.[7]Jean-Paul-Timoléon de Cossé-Brissac, né en 1698, devint maréchal de France en 1768 et mourut en 1784.[8]Il avait été attaché à la cour de la margrave de Bayreuth, où j'avais fait sa connaissance.[9]Sa digne veuve, encore vivante, a souvent été en peine de son avenir; mais il la tranquillisa chaque fois, en l'assurant que la Providence ne l'abandonnerait jamais. Cette prédiction a été merveilleusement accomplie; on dirait que la bénédiction de cet excellent mortel repose encore sur sa famille, qui forme un ensemble digne d'amour et de respect. Montaigne, en parlant du dernier jour de la vie, dit: «C'est le maître jour, c'est le jour juge de tous les autres.»—«C'est le jour, dit un ancien, qui doit juger de toutes nos années passées.» Personne n'a mieux que Lavater soutenu l'épreuve de cette pierre de touche. Lavater mourant et exhalant son âme en prières, a prouvé que sa doctrine émanait de son cœur, et a mis par là le cachet, le plus sublime sur la vie la plus pure.[10]Mort évêque de Ratisbonne.[11]On peut rapprocher ceci du procès-verbal de M. de la Condamine, dans laCorrespondance littéraire, philosophique et critiquedu baron Grimm, depuis 1753 jusqu'en 1789. Il paraît qu'il n'a pas jugé à propos de se vanter de ce qui lui est arrivé.[12]Cette anecdote a été contée par le baron de Thugut lui-même, à une personne d'un nom illustre qui vivait encore en 1846, et qui avait eu des rapports intimes avec ce ministre. (Note de l'éditeur allemand.)

[1]Pendant ce séjour à Paris, Gleichen paraît avoir beaucoup vécu dans la société de Grimm, de Diderot et du baron d'Holbach, qu'il avait sans doute déjà connus lors de son premier voyage en France. Dans une des lettres de Diderot à Mlle Voland, à la date du 15 mai 1759, on lit le passage suivant où se trouve une allusion difficile à expliquer:«Nous partîmes hier à huit heures pour Marly; nous y arrivâmes à dix heures et demie; nous ordonnâmes un grand dîner, et nous nous répandîmes dans les jardins.... Je portais tout à travers les objets des pas errants et une âme mélancolique. Les autres nous devançaient à grands pas, et nous les suivions lentement, le baron de Gleichen et moi. Je me trouvais bien à côté de cet homme; c'est que nous éprouvions au dedans de nous un sentiment commun et secret. C'est une chose incroyable comme les âmes sensibles s'entendent presque sans parler. Un mot échappé, une distraction, une réflexion vague et décousue, un regret éloigné, une expression détournée, le son de la voix, la démarche, le regard, l'attention, le silence, tout les décèle l'une à l'autre. Nous nous parlions peu; nous sentions beaucoup; nous souffrions tous deux; mais il était plus à plaindre que moi. Je tournais de temps en temps mes yeux vers la ville; les siens étaient souvent attachés à la terre; il y cherchait un objet qui n'est plus.... Le baron de Gleichen a beaucoup voyagé; ce fut lui qui fit les frais du retour.....»[2]Le président Ogier, alors envoyé de France à Copenhague.[3]Le baron de Bernstorff avait été fait comte par le roi de Danemark le 14 décembre 1767.[4]Denkwurdigkeiten des Barons Carl Heinrich von Gleichen.Leipsig. Druck von J. B. Hirschfeld. 1847. (P. 234, in-8.)][5]Né en 1729, mort le 20 décembre 1765.[6]M. de Vergennes mourut en 1787.[7]Jean-Paul-Timoléon de Cossé-Brissac, né en 1698, devint maréchal de France en 1768 et mourut en 1784.[8]Il avait été attaché à la cour de la margrave de Bayreuth, où j'avais fait sa connaissance.[9]Sa digne veuve, encore vivante, a souvent été en peine de son avenir; mais il la tranquillisa chaque fois, en l'assurant que la Providence ne l'abandonnerait jamais. Cette prédiction a été merveilleusement accomplie; on dirait que la bénédiction de cet excellent mortel repose encore sur sa famille, qui forme un ensemble digne d'amour et de respect. Montaigne, en parlant du dernier jour de la vie, dit: «C'est le maître jour, c'est le jour juge de tous les autres.»—«C'est le jour, dit un ancien, qui doit juger de toutes nos années passées.» Personne n'a mieux que Lavater soutenu l'épreuve de cette pierre de touche. Lavater mourant et exhalant son âme en prières, a prouvé que sa doctrine émanait de son cœur, et a mis par là le cachet, le plus sublime sur la vie la plus pure.[10]Mort évêque de Ratisbonne.[11]On peut rapprocher ceci du procès-verbal de M. de la Condamine, dans laCorrespondance littéraire, philosophique et critiquedu baron Grimm, depuis 1753 jusqu'en 1789. Il paraît qu'il n'a pas jugé à propos de se vanter de ce qui lui est arrivé.[12]Cette anecdote a été contée par le baron de Thugut lui-même, à une personne d'un nom illustre qui vivait encore en 1846, et qui avait eu des rapports intimes avec ce ministre. (Note de l'éditeur allemand.)

[1]Pendant ce séjour à Paris, Gleichen paraît avoir beaucoup vécu dans la société de Grimm, de Diderot et du baron d'Holbach, qu'il avait sans doute déjà connus lors de son premier voyage en France. Dans une des lettres de Diderot à Mlle Voland, à la date du 15 mai 1759, on lit le passage suivant où se trouve une allusion difficile à expliquer:

«Nous partîmes hier à huit heures pour Marly; nous y arrivâmes à dix heures et demie; nous ordonnâmes un grand dîner, et nous nous répandîmes dans les jardins.... Je portais tout à travers les objets des pas errants et une âme mélancolique. Les autres nous devançaient à grands pas, et nous les suivions lentement, le baron de Gleichen et moi. Je me trouvais bien à côté de cet homme; c'est que nous éprouvions au dedans de nous un sentiment commun et secret. C'est une chose incroyable comme les âmes sensibles s'entendent presque sans parler. Un mot échappé, une distraction, une réflexion vague et décousue, un regret éloigné, une expression détournée, le son de la voix, la démarche, le regard, l'attention, le silence, tout les décèle l'une à l'autre. Nous nous parlions peu; nous sentions beaucoup; nous souffrions tous deux; mais il était plus à plaindre que moi. Je tournais de temps en temps mes yeux vers la ville; les siens étaient souvent attachés à la terre; il y cherchait un objet qui n'est plus.... Le baron de Gleichen a beaucoup voyagé; ce fut lui qui fit les frais du retour.....»

[2]Le président Ogier, alors envoyé de France à Copenhague.

[3]Le baron de Bernstorff avait été fait comte par le roi de Danemark le 14 décembre 1767.

[4]Denkwurdigkeiten des Barons Carl Heinrich von Gleichen.Leipsig. Druck von J. B. Hirschfeld. 1847. (P. 234, in-8.)]

[5]Né en 1729, mort le 20 décembre 1765.

[6]M. de Vergennes mourut en 1787.

[7]Jean-Paul-Timoléon de Cossé-Brissac, né en 1698, devint maréchal de France en 1768 et mourut en 1784.

[8]Il avait été attaché à la cour de la margrave de Bayreuth, où j'avais fait sa connaissance.

[9]Sa digne veuve, encore vivante, a souvent été en peine de son avenir; mais il la tranquillisa chaque fois, en l'assurant que la Providence ne l'abandonnerait jamais. Cette prédiction a été merveilleusement accomplie; on dirait que la bénédiction de cet excellent mortel repose encore sur sa famille, qui forme un ensemble digne d'amour et de respect. Montaigne, en parlant du dernier jour de la vie, dit: «C'est le maître jour, c'est le jour juge de tous les autres.»—«C'est le jour, dit un ancien, qui doit juger de toutes nos années passées.» Personne n'a mieux que Lavater soutenu l'épreuve de cette pierre de touche. Lavater mourant et exhalant son âme en prières, a prouvé que sa doctrine émanait de son cœur, et a mis par là le cachet, le plus sublime sur la vie la plus pure.

[10]Mort évêque de Ratisbonne.

[11]On peut rapprocher ceci du procès-verbal de M. de la Condamine, dans laCorrespondance littéraire, philosophique et critiquedu baron Grimm, depuis 1753 jusqu'en 1789. Il paraît qu'il n'a pas jugé à propos de se vanter de ce qui lui est arrivé.

[12]Cette anecdote a été contée par le baron de Thugut lui-même, à une personne d'un nom illustre qui vivait encore en 1846, et qui avait eu des rapports intimes avec ce ministre. (Note de l'éditeur allemand.)

FIN.

9972.—Impr. gén. de Ch. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.


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