NOTA

Luigi Capuana

Mineo, 20 gennaio 1884.

NOTA

Mi piace riportare qui alcuni brani d'un articolo del Parville, dalDébatsdell'8 maggio, non che la maggior parte d'un altro articolo del Conte di Villiers de L'Isle-Adam comparso nelFigarodel 10 maggio di quest'anno.

Lo scritto del Parville si occupa dei fenomeni del sonnambulismo provocato.

«Magnétisme, hypnotisme, illusions hier, réalités aujourd'hui. Certes, il a fallu du temps, beaucoup de temps, avant que l'on se décide à étudier de près ces faits étranges, mais on peut affirmer que maintenant les physiologistes les plus éminents considèrent comme hors de conteste les principaux phénomènesde l'hypnotisme et du magnétisme animal. Le système nerveux peut être influencé par des causes extérieures encore mal définies, au point de modifier complètement l'individu au moral et au physique, de le transformer en automate et de substituer par diverses suggestions à sa volonté une volonté étrangère. Les expériences tentées en Allemagne et en France dans ces dernières années ne laissent plus aucun doute à cet égard[83]. M. Liégeois, professeur de droit à la Faculté de Nancy, vient d'attirer de nouveau l'attention sur ces faits dans un Mémoire intéressant, en insistant surtout sur les conséquences qu'ils présentent pour la médecine legale et sur les applications qu'on pourrait en tirer au point de vue du droit civil et du droit criminel. La thèse de M. Liégeois est neuve et hardie; elle peut être soutenue avec de grandes apparences de vérité.M. Liégeois a voulu d'abord se rendre compte par lui-même de la réalité des phénomènes hypnotiques, et bien voir jusqu'à quelle limite extrême on pouvait pousser l'influence de l'homme sur son semblable. Avec le concours de son collègue, M. leprofesseur Bernheim, il a hypnotisé un certain nombre de personnes absolument saines de corps et d'esprit. Il est arrivé aux mêmes conclusions que ses devanciers. L'hypnotisé devient un automate inconscient; mais, ce qui est bien plus singulier, c'est qu'il conserve pendant des jours, des semaines, des traces de cet automatisme au point que les suggestions antérieures persistent longtems peuvent l'exciter à accomplir des actes indépendans de sa volonté. L'opérateur peut inspirer à son sujet l'idée d'actes criminels qui, au réveil, seront accomplis fatalement, de point en point, à plusieurs jours, à plusieurs mois d'intervalle même, affirme M. Liégeois. Ainsi, certains sujets sont allés, au jour et à l'heure fixés par M. Liégeois, s'accuser au bureau de police ou chez le procureur de la république de crimes imaginaires, avec tous les détails et dans les termes même qu'il leur avait dicté la veille ou l'avant-veille. D'autres ont exécuté ou cru exécuter des actes effroyables. Une jeune fille, entre autres, a assassine sa mère en tirant sur elle avec le plus grand sang-froid un coup de pistolet à bout portant. Inutile de dire que l'arme n'était pas chargée. D'autres ont reconnu des engagemens qu'ils n'avaient jamais pris et signé des effets en bonne et due forme pour s'acquitterde dettes qu'ils n'avaient jamais contractées. D'autres enfin chez lesquels on avait provoqué certaines hallucinations ont affirmé sur la conscience qu'ils avaient la certitude absolue d'avoir vu, entendu, touché tout ce qui leur avait été suggéré! Ces expériences bien conduites dans une direction donnée ne sont pas sans présenter de gravite. M. Liégeois en conclut naturellement qu'en ce qui concerne la justice civile la suggestion peut intervenir dans un grand nombre d'actes importans pour les fausser ou les entraver, qu'elle peut intervenir aussi en ce qui concerne la justice criminelle dans des actes dont les hypnotisés eux-mêmes sont victimes, ou dans des actes qu'ils accomplissent irrésistiblement, ou enfin dans des actes imaginaires dont on leur a fait admettre la réalité. Les magistrats auraient donc à tenir compte, à l'occasion, de ces suggestions et à découvrir, derrière celui qui a perpétré l'acte, le véritable coupable, c'est-à-dire l'auteur de la suggestion. Le rôle du médecin légiste aurait à prendre de ce chef une nouvelle et considérable importance. Strictement, les idées de M. Liégeois sont justes, et d'autant plus justes à notre sens que nous ne croyons pas que la suggestion soit un phénomène exclusivement réservé au somnambulisme; nousavons des raisons de pensar que c'est un phénomène plus commun qu'on ne le croit; il est exagéré chez l'hypnotisé, alors il apparaît dans toute son évidence, mais pour être moins accentué chez certains sujets il ne s'ensuit pas qu'il n'existe pas plus ou moins. Des causes inconscientes agissent sans cesse sur nous et modifient notre personnalité. Ne dit-on pas souvent que telle ou telle personne exerce un certain ascendant sur ses semblables? Ne sait-on pas que l'influence bonne ou mauvaise de tel ou tel individu retentit sur les autres? Que de phénomènes suggestifs jouent leur rôle sans que nous nous en rendions un compte exact! Le milieu exerce son action; on n'est plus le lendemain ce que l'on était la veille; l'entourage a marqué son empreinte. La pensée d'autrui retentit sur celle du voisin; le souvenir inconscient change les idées, les actes même, et le déterminisme par résultante de souvenirs et de combinaisons psychiques pourrait bien ne pas être un vain mot. Au fond, le magistrat, aujourd'hui comme avant la thèse de M. Liégeois, n'en reste pas moin toujours devant la solution du même problème: découvrir le véritable coupable. Seulement l'horizon s'est agrandi et les méthodesd'investigation pourront devenir plus précises et plus certaines[84].Ce qu'il importe avant tout de bien montrer, c'est qu'en vérité la suggestion est un phénomène commun, facile à produire, et qui ne saurait échapper à l'attention des observateurs. Les exemples abondent: MM. Liégeois et Bernheim en ont donné d'excellens, obtenus pour les besoins de leur thèse; il n'est pas superflu d'en citer d'autres qui n'ont pas été recueillis avec une idée préconçue.Il y a déjà plus de vingt ans que, loin de tout milieu civilisé, nous provoquions par suggestion les actes les plus bizarres chez des Mosquitos hypnotisés; ils imitaient à distance tous nos mouvemens;véritables automates dont nous tirions à volonté les ficelles. Mais il s'agissait sur tout là de suggestions d'ordre physique. Les suggestions d'ordre psychique sont bien plus extraordinaires. M. Charles Richet qui a très finement étudié ces questions en a recueilli lui-même de nombreux exemples dans un livre remarquable, et d'ailleurs remarqué avec raison:L'Homme et l'Intelligence[85]. Nous n'insisterons pas sur les phénomènes de suggestion les plus connus, mai nous emprunterons à M. Ch. Richet quelques cas bien singuliers où la personnalité disparait complètement...........En tout cas, il semble résulter manifestement de tout ce qui précède que tout sujet hypnotique est susceptible sous certaines influences de perdre son libre arbitre et d'obéir à des volontés étrangères, à des impulsions extérieures. C'est une conclusion capitale, mais qui se déduit nécessairement de faits observés.Dans les exemples que nous avons signalés, les ordres qui provoquent plus tard les impulsions sont donnés oralement, de façon à impressionner par lavoie ordinaire les centres nerveux. On s'est demandé si un sujet magnétique exécuterait de même un ordrepenséet nonexprimé. Les magnétiseurs n'hésitent pas à répondre par l'affirmative. Nous ne croyons pas qu'aucune expérience réellement nette permette aujourd'hui de trancher la question d'une façon aussi péremptoire; mais qui oserait d'un autre coté affirmer aujourd'hui que le fait est impossible? Il importe peu au point de vue légal que la suggestion s'opère mentalement ou par ordre communiqué, puisque le sujet réveillé oublie et l'ordre et celui qui le lui a donné; mais quelles conséquences pour la psychologie! Laissons la question ouverte; nous ne sommes pas aujourd'hui encore en état d'y répondre avec certitude.Ces études ne sont, à vrai dire, qu'à leur début; c'est encore l'inconnu pour le physiologiste; le système nerveux nous promet encore bien des surprises; la plupart des phénomènes hypnotiques sont inexplicables dans l'état actuel de la science. Citons encore un exemple trés curieux. Le docteur Tagnet, de Bordeaux, soigne en ce moment une jeune malade qu'il endort, comme le fait d'ailleurs M. Dumontpallier, par une simple pression sur une vertébre du cou. Ce sujet est bien surprenant. Ses sensatteignent un degré de finesse incomparable; elle perçoit des impressions qui nous échappent; elle possède une vue qui tiens du merveilleux. On place devant elle un carton, une feuille de papier, et derrière elle, à une certaine distance, des objets quelconques. Elle voit ces objets réfléchis sur le carton comme sur une glace, ou du moins elle le dit, mais en tout cas elle énumère un à un les objets que l'on fait passer derrière son dos. Elle peut même lire ainsi des phrases imprimées qu'elle déchiffre a rebours beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire d'une ligne imprimée réfléchie par un miroir. On découpe une feuille de carton en petits morceaux; on lui présente un de ces petits morceaux en lui suggérant l'idée que sur l'un d'eux se trouve le portrait de sa mère; elle trouve le portrait excellent et témoigne de sa joie. On fait une marque invisible sur ce petit carton et on le mêle avec les autres; quelque temps après, on lui remet entre les mains tous les petits morceaux épars; en moins d'une seconde, elle retrouve le carton à la marque invisible et exprime de nouveau le plaisir qu'elle éprouve à contempler le portrait de sa mère. Et ainsi chaque carré de carton se transforme en portraits de famille, et jamais elle ne se trompe quandelle les regarde; toujours, sans erreur elle retrouve sur chaque carré l'image qu'on lui a dit y être peinte. La suggestion persiste, fixée comme une photographie sur les carrés de carton.L'odorat du sujet de M. Tagnet est tout aussi remarquable; elle flaire littéralement les objets qu'on lui met entre les mains; et, sur l'invitation du premier venu, elle les remet, sans jamais se tromper, à leur véritable propriétaire. Expliquera qui pourra, en ce moment, cette acuité singulière des sens.Encore un peu, et si l'on se laissait entraîner sur cette pente par la fascination de l'extraordinaire, on finirait bientôt par trouver tout naturels certains faits qui sont pour nous incompréhensibles et qui tiennent du merveilleux, notamment, par exemple, les expériences stupéfiantes que répète, en ce moment, dans quelques salons privilégiés, l'Anglais Stuart Cumberland. Si les expériences de M. Cumberland étaient d'ordre magnétique, ne suffirait-il pas d'admettre pour expliquer sa faculté de devin, qu'il est lui-même hypnotique et influencé par suggestion mentale? Il irait où on lui commande d'aller par la pensée. Véritable automate, il obéirait simplement aux suggestions que l'on provoquerait chez lui. Beaucoup d'hypnotiques en état de veille sont dans ce cas,mais obéissent, il est vrai, à des ordresexprimés. On en voit qui trouvent très bien les objets cachés, comme s'ils étaient guidé par un flair particulier, comme la somnambule de Bordeaux. Mais arrêtons nous, sous peine d'amener à la fin une confusion regrettable entre des faits bien acquis et des vues purement hypothétiques, qui ne reposent aujourd'hui sur aucune base solide.Le doute est la règle recommandée avec raison en face de l'inconnu. Il faut douter jusqu'à l'évidence; mais, d'autre part, ne refusons pas de voir, d'examiner et d'étudier les phénomènes dont la clef nous échappe. Est-ce que nous nous connaissons nous-même? Est-ce que nous savons bien jusqu'à quel degré d'étonnante impressionnabilité peuvent parvenir nos sens? Savons-nous même quels sont nos sens? Il suffit chez un très grand nombre de personnes de l'approche d'un aimant pour provoquer des sensations. Qui eût osé affirmer avant les expériences modernes que nous étions sensibles à l'aimant? Nous aurons à revenir prochainement à cet égard sur d'intéressantes expériences de M. Julian Ochorowicz. Souvent, il suffit de placer le doigt entre les branches d'un petit aimant en fer à cheval pour éprouver des sensations de chaleur, des picotemens, destremblemens, de la paralysie, etc. Les personnes sensibles à l'aimant seraient toutes des hypnotiques. Si le fait se vérifiait, la médecine legale aurait dans la pierre d'aimant un instrument d'investigation bien commode et qui «ne violerait certes pas la liberté morale des accusés.»On voit combien nous avons à travailler encore avant d'y voir un peu clair autour de nous. Quant à présent, nous sommes bien obligés de rester sur le seuil de ce monde mystérieux, qui ne nous ouvrira ses portes toutes grandes que lorsque les progrès de la science nous auront enfin dévoilé les secrets de la physiologie du système nerveux.»Henri de Parville.

«Magnétisme, hypnotisme, illusions hier, réalités aujourd'hui. Certes, il a fallu du temps, beaucoup de temps, avant que l'on se décide à étudier de près ces faits étranges, mais on peut affirmer que maintenant les physiologistes les plus éminents considèrent comme hors de conteste les principaux phénomènesde l'hypnotisme et du magnétisme animal. Le système nerveux peut être influencé par des causes extérieures encore mal définies, au point de modifier complètement l'individu au moral et au physique, de le transformer en automate et de substituer par diverses suggestions à sa volonté une volonté étrangère. Les expériences tentées en Allemagne et en France dans ces dernières années ne laissent plus aucun doute à cet égard[83]. M. Liégeois, professeur de droit à la Faculté de Nancy, vient d'attirer de nouveau l'attention sur ces faits dans un Mémoire intéressant, en insistant surtout sur les conséquences qu'ils présentent pour la médecine legale et sur les applications qu'on pourrait en tirer au point de vue du droit civil et du droit criminel. La thèse de M. Liégeois est neuve et hardie; elle peut être soutenue avec de grandes apparences de vérité.

M. Liégeois a voulu d'abord se rendre compte par lui-même de la réalité des phénomènes hypnotiques, et bien voir jusqu'à quelle limite extrême on pouvait pousser l'influence de l'homme sur son semblable. Avec le concours de son collègue, M. leprofesseur Bernheim, il a hypnotisé un certain nombre de personnes absolument saines de corps et d'esprit. Il est arrivé aux mêmes conclusions que ses devanciers. L'hypnotisé devient un automate inconscient; mais, ce qui est bien plus singulier, c'est qu'il conserve pendant des jours, des semaines, des traces de cet automatisme au point que les suggestions antérieures persistent longtems peuvent l'exciter à accomplir des actes indépendans de sa volonté. L'opérateur peut inspirer à son sujet l'idée d'actes criminels qui, au réveil, seront accomplis fatalement, de point en point, à plusieurs jours, à plusieurs mois d'intervalle même, affirme M. Liégeois. Ainsi, certains sujets sont allés, au jour et à l'heure fixés par M. Liégeois, s'accuser au bureau de police ou chez le procureur de la république de crimes imaginaires, avec tous les détails et dans les termes même qu'il leur avait dicté la veille ou l'avant-veille. D'autres ont exécuté ou cru exécuter des actes effroyables. Une jeune fille, entre autres, a assassine sa mère en tirant sur elle avec le plus grand sang-froid un coup de pistolet à bout portant. Inutile de dire que l'arme n'était pas chargée. D'autres ont reconnu des engagemens qu'ils n'avaient jamais pris et signé des effets en bonne et due forme pour s'acquitterde dettes qu'ils n'avaient jamais contractées. D'autres enfin chez lesquels on avait provoqué certaines hallucinations ont affirmé sur la conscience qu'ils avaient la certitude absolue d'avoir vu, entendu, touché tout ce qui leur avait été suggéré! Ces expériences bien conduites dans une direction donnée ne sont pas sans présenter de gravite. M. Liégeois en conclut naturellement qu'en ce qui concerne la justice civile la suggestion peut intervenir dans un grand nombre d'actes importans pour les fausser ou les entraver, qu'elle peut intervenir aussi en ce qui concerne la justice criminelle dans des actes dont les hypnotisés eux-mêmes sont victimes, ou dans des actes qu'ils accomplissent irrésistiblement, ou enfin dans des actes imaginaires dont on leur a fait admettre la réalité. Les magistrats auraient donc à tenir compte, à l'occasion, de ces suggestions et à découvrir, derrière celui qui a perpétré l'acte, le véritable coupable, c'est-à-dire l'auteur de la suggestion. Le rôle du médecin légiste aurait à prendre de ce chef une nouvelle et considérable importance. Strictement, les idées de M. Liégeois sont justes, et d'autant plus justes à notre sens que nous ne croyons pas que la suggestion soit un phénomène exclusivement réservé au somnambulisme; nousavons des raisons de pensar que c'est un phénomène plus commun qu'on ne le croit; il est exagéré chez l'hypnotisé, alors il apparaît dans toute son évidence, mais pour être moins accentué chez certains sujets il ne s'ensuit pas qu'il n'existe pas plus ou moins. Des causes inconscientes agissent sans cesse sur nous et modifient notre personnalité. Ne dit-on pas souvent que telle ou telle personne exerce un certain ascendant sur ses semblables? Ne sait-on pas que l'influence bonne ou mauvaise de tel ou tel individu retentit sur les autres? Que de phénomènes suggestifs jouent leur rôle sans que nous nous en rendions un compte exact! Le milieu exerce son action; on n'est plus le lendemain ce que l'on était la veille; l'entourage a marqué son empreinte. La pensée d'autrui retentit sur celle du voisin; le souvenir inconscient change les idées, les actes même, et le déterminisme par résultante de souvenirs et de combinaisons psychiques pourrait bien ne pas être un vain mot. Au fond, le magistrat, aujourd'hui comme avant la thèse de M. Liégeois, n'en reste pas moin toujours devant la solution du même problème: découvrir le véritable coupable. Seulement l'horizon s'est agrandi et les méthodesd'investigation pourront devenir plus précises et plus certaines[84].

Ce qu'il importe avant tout de bien montrer, c'est qu'en vérité la suggestion est un phénomène commun, facile à produire, et qui ne saurait échapper à l'attention des observateurs. Les exemples abondent: MM. Liégeois et Bernheim en ont donné d'excellens, obtenus pour les besoins de leur thèse; il n'est pas superflu d'en citer d'autres qui n'ont pas été recueillis avec une idée préconçue.

Il y a déjà plus de vingt ans que, loin de tout milieu civilisé, nous provoquions par suggestion les actes les plus bizarres chez des Mosquitos hypnotisés; ils imitaient à distance tous nos mouvemens;véritables automates dont nous tirions à volonté les ficelles. Mais il s'agissait sur tout là de suggestions d'ordre physique. Les suggestions d'ordre psychique sont bien plus extraordinaires. M. Charles Richet qui a très finement étudié ces questions en a recueilli lui-même de nombreux exemples dans un livre remarquable, et d'ailleurs remarqué avec raison:L'Homme et l'Intelligence[85]. Nous n'insisterons pas sur les phénomènes de suggestion les plus connus, mai nous emprunterons à M. Ch. Richet quelques cas bien singuliers où la personnalité disparait complètement...........

En tout cas, il semble résulter manifestement de tout ce qui précède que tout sujet hypnotique est susceptible sous certaines influences de perdre son libre arbitre et d'obéir à des volontés étrangères, à des impulsions extérieures. C'est une conclusion capitale, mais qui se déduit nécessairement de faits observés.

Dans les exemples que nous avons signalés, les ordres qui provoquent plus tard les impulsions sont donnés oralement, de façon à impressionner par lavoie ordinaire les centres nerveux. On s'est demandé si un sujet magnétique exécuterait de même un ordrepenséet nonexprimé. Les magnétiseurs n'hésitent pas à répondre par l'affirmative. Nous ne croyons pas qu'aucune expérience réellement nette permette aujourd'hui de trancher la question d'une façon aussi péremptoire; mais qui oserait d'un autre coté affirmer aujourd'hui que le fait est impossible? Il importe peu au point de vue légal que la suggestion s'opère mentalement ou par ordre communiqué, puisque le sujet réveillé oublie et l'ordre et celui qui le lui a donné; mais quelles conséquences pour la psychologie! Laissons la question ouverte; nous ne sommes pas aujourd'hui encore en état d'y répondre avec certitude.

Ces études ne sont, à vrai dire, qu'à leur début; c'est encore l'inconnu pour le physiologiste; le système nerveux nous promet encore bien des surprises; la plupart des phénomènes hypnotiques sont inexplicables dans l'état actuel de la science. Citons encore un exemple trés curieux. Le docteur Tagnet, de Bordeaux, soigne en ce moment une jeune malade qu'il endort, comme le fait d'ailleurs M. Dumontpallier, par une simple pression sur une vertébre du cou. Ce sujet est bien surprenant. Ses sensatteignent un degré de finesse incomparable; elle perçoit des impressions qui nous échappent; elle possède une vue qui tiens du merveilleux. On place devant elle un carton, une feuille de papier, et derrière elle, à une certaine distance, des objets quelconques. Elle voit ces objets réfléchis sur le carton comme sur une glace, ou du moins elle le dit, mais en tout cas elle énumère un à un les objets que l'on fait passer derrière son dos. Elle peut même lire ainsi des phrases imprimées qu'elle déchiffre a rebours beaucoup mieux que nous ne pourrions le faire d'une ligne imprimée réfléchie par un miroir. On découpe une feuille de carton en petits morceaux; on lui présente un de ces petits morceaux en lui suggérant l'idée que sur l'un d'eux se trouve le portrait de sa mère; elle trouve le portrait excellent et témoigne de sa joie. On fait une marque invisible sur ce petit carton et on le mêle avec les autres; quelque temps après, on lui remet entre les mains tous les petits morceaux épars; en moins d'une seconde, elle retrouve le carton à la marque invisible et exprime de nouveau le plaisir qu'elle éprouve à contempler le portrait de sa mère. Et ainsi chaque carré de carton se transforme en portraits de famille, et jamais elle ne se trompe quandelle les regarde; toujours, sans erreur elle retrouve sur chaque carré l'image qu'on lui a dit y être peinte. La suggestion persiste, fixée comme une photographie sur les carrés de carton.

L'odorat du sujet de M. Tagnet est tout aussi remarquable; elle flaire littéralement les objets qu'on lui met entre les mains; et, sur l'invitation du premier venu, elle les remet, sans jamais se tromper, à leur véritable propriétaire. Expliquera qui pourra, en ce moment, cette acuité singulière des sens.

Encore un peu, et si l'on se laissait entraîner sur cette pente par la fascination de l'extraordinaire, on finirait bientôt par trouver tout naturels certains faits qui sont pour nous incompréhensibles et qui tiennent du merveilleux, notamment, par exemple, les expériences stupéfiantes que répète, en ce moment, dans quelques salons privilégiés, l'Anglais Stuart Cumberland. Si les expériences de M. Cumberland étaient d'ordre magnétique, ne suffirait-il pas d'admettre pour expliquer sa faculté de devin, qu'il est lui-même hypnotique et influencé par suggestion mentale? Il irait où on lui commande d'aller par la pensée. Véritable automate, il obéirait simplement aux suggestions que l'on provoquerait chez lui. Beaucoup d'hypnotiques en état de veille sont dans ce cas,mais obéissent, il est vrai, à des ordresexprimés. On en voit qui trouvent très bien les objets cachés, comme s'ils étaient guidé par un flair particulier, comme la somnambule de Bordeaux. Mais arrêtons nous, sous peine d'amener à la fin une confusion regrettable entre des faits bien acquis et des vues purement hypothétiques, qui ne reposent aujourd'hui sur aucune base solide.

Le doute est la règle recommandée avec raison en face de l'inconnu. Il faut douter jusqu'à l'évidence; mais, d'autre part, ne refusons pas de voir, d'examiner et d'étudier les phénomènes dont la clef nous échappe. Est-ce que nous nous connaissons nous-même? Est-ce que nous savons bien jusqu'à quel degré d'étonnante impressionnabilité peuvent parvenir nos sens? Savons-nous même quels sont nos sens? Il suffit chez un très grand nombre de personnes de l'approche d'un aimant pour provoquer des sensations. Qui eût osé affirmer avant les expériences modernes que nous étions sensibles à l'aimant? Nous aurons à revenir prochainement à cet égard sur d'intéressantes expériences de M. Julian Ochorowicz. Souvent, il suffit de placer le doigt entre les branches d'un petit aimant en fer à cheval pour éprouver des sensations de chaleur, des picotemens, destremblemens, de la paralysie, etc. Les personnes sensibles à l'aimant seraient toutes des hypnotiques. Si le fait se vérifiait, la médecine legale aurait dans la pierre d'aimant un instrument d'investigation bien commode et qui «ne violerait certes pas la liberté morale des accusés.»

On voit combien nous avons à travailler encore avant d'y voir un peu clair autour de nous. Quant à présent, nous sommes bien obligés de rester sur le seuil de ce monde mystérieux, qui ne nous ouvrira ses portes toutes grandes que lorsque les progrès de la science nous auront enfin dévoilé les secrets de la physiologie du système nerveux.»

Henri de Parville.

Il Conte de Villiers de L'Isle-Adam, annunziando la prossima pubblicazione del nuovo libro del Crookes, ne dà le conclusioni traendole dai frammenti pubblicati nelQuarterly Journal of Science, nell'Athenoeume nellaQuarterly Review:

«La prochaine apparition du livre de William Crookes,La Force psychique, produira, certes, une durable sensation de stupeur dans les deux mondes.Des les premières lignes de ces volumineux sommaires, on sent qu'il s'agit d'observations d'un caractère tout à fait insolite et que la Science de l'Homme se hasarde ici, pour la première fois, sur un terrain tellement fantastique et inattendu, que le lecteur, stupéfait, se demande s'il rêve! Mais, comme les expériences que relatent ces lignes sont justifiées par différentes sanctions du Comité de Recherches des Sciences dialectiques de Londres, dont il est difficile de récuser la compétence hors ligne, la sûreté d'examen et la rigueur positiviste, l'attention du lecteur est bien vite fascinée.Pour la parfaite intelligence de ce dont il est question, le mieux est, pensons nous, de citer l'étonnant exorde de William Crookes lui-même, au début de... ce nouvel incident de l'Humanité.***— «Voici que, depuis plusieurs années, une sorte de doctrine se répand chez nous, — en Europe et ailleurs, — augmentant, chaque jour, le nombrede ses adeptes et comptant, parmi ses prosélytes, des hommes de haute raison et d'un savoir éprouvé. Cette doctrine s'autorise de faits complètement en désaccord avec diverses lois avérées de la Nature: et ces faits sont attestés, cependant, par des témoignages à ce point considérables que l'on a cru pouvoir, officiellement, nous en saisir. — La Chambre des représentants, à Washington, a reçu des pétitions à ce sujet, revêtues de plus devingt millesignatures. A Hertford, des enfants, — de très jeunes filles même, ont failli payer de leur existence (les demoiselles Fox, par exemple, âgées de douze et de quatorze ans) des phénomènes que tout un district attribuait à leur présence. — Et Angleterre, jusque dans Londres, la fréquence de ces prétendus «événements occultes» a fini par troubler, par effrayer les esprits d'une partie de la population: — l'on se croirait au Moyen-Age, en écoutant ces rumeurs.«J'estime qu'il est du devoir des hommes de science, qui ont appris à travailler d'une manière exacte, d'examinertousles phénomènes qui attirent l'attention publique, afin, soit d'en confirmer la vérité, soit d'expliquer, si faire se peut, l'illusion des honnêtes gens en dévoilant la supercherie des charlatans, des imposteurs.Or, un grand nombre de personnes, d'un sens commun cependant notoire, avons-nous dit, — nous parlent, par exemple «d'influences mystérieuses sous l'énergie desquelles de lourds objets d'ameublement se meuvent, soudain, d'une pièce à une autre, sans l'intervention de l'homme».A ceci nous répondons:— Le savant a construit des Instruments qui divisent un pouce en un million de parties. Nous demandons que ce «influences» fassent mouvoir, seulement d'unseuldegré, l'indicateur de ces instruments, dans nos laboratoires.On nous parle de «corps solides, pesant cinquante, cent livres, — de personnes vivantes même, s'élevant dans les airs sans le secours d'aucune force connue».A ceci nous répondons:,— Alors, que ce pouvoir, quel qu'il soit, qui, nous dit-on, serait guidé par une intelligence, et qui élève, jusqu'aux plafonds de vos appartements, des corps lourds, animés ou inanimés, fasse pencher seulement l'un des plateaux de cette petite balance qui, sous son globe de cristal, est sensible à un poids si minime qu'il en faudrait dix mille comme lui pour faire un gramme!On nous parle de «fleurs mouillées de fraîche rosée, de fruits, et même d'êtres vivants apportés au travers des murailles»,A ceci nous répondons:— Qu'on introduise donc un milligramme d'arsenic à travers les parois d'un tube de verre dans lequel de l'eau pure est hermétiquement scellée par nous!On nous parie de «coups frappés qui se produisent jusqu'à ébranler les murs dans les différentes parties d'une chambre où deux personnes sont tranquillement assises devant une table; — de maisons secouées jusqu'à en être endommagées par un pouvoir extra-humain»; — et l'on ajoute que «des plumes ou des crayons tracenttout seulsdes lignes présentant un sens; — que des ressemblances de défunts apparaissent.»A ceci nous répondons:— Que ces coups se produisent seulement sur la membrane tendue d'un phonautographe!... Que ce pendule, en sa gaine de verre, soit seulement mis en vibration!... Que cette plume, que je tiens, rature seulement, sur ce bureau, l'un seul des mots que je viens d'écrire!... Quant aux «apparitions» nous avons des instruments qui mesurent l'éclair:qu'une seule d'entre elles passe pendant la durée d'un 120ede seconde seulement devant la lentille de l'un de ces instruments!Enfin l'on nous parle de «manifestations d'une puissance équivalente à des milliers de kilogrammes, et qui se produisent sans cause connue.»— Eh bien! l'homme de science, qui croi fermement à la conservation de la force, demande que ces manifestations se répètent dans son laboratoire, où il pourra les peser, les mesurer, et les soumettre à des essais catégoriques. Et, pour conclure, quelle que soit l'estime où l'on puisse tenir les témoins de faits provoqués, nous dit-on, par laseuleprésence d'individus «exceptionnels» appelésmédiums, quelque intègres, charmants, chevaleresques que soient ou puissent être cesmediumseux-mêmes; nous ne pensons pas que cela doive, rigoureusement, amener qui que ce soit à une somme de confiance pour accepter ainsi, sans analyse ni contrôle méthodiques, la réalité de phénomènes qui commencent par démentir les notions les plus élémentaires de la Science moderne, entre autres celle de l'universelle et invariable loi de la gravitation.Voilà, certes, le langage d'un homme sérieux — et, ce défi jeté, la cause semblait jugée.***A quelques mois de ce verdict, le Comité de Recherches des Sciences, à Londres, fut mis en émoi par une note brève émanant de William Crookes, qui, sans commentaires, le convoquait au contrôle «d'expériencesmédianimiquesdignes d'attention». Il se trouvait que, presque en ce même temps (hiver de 1870), des praticiens, délégués, en quelque sorte, par toutes les nationalités de l'Europe, entrecroisaient, dans les revues des sciences, les affirmations les plus étranges; déclarant que leurs essais particuliers sur la réalité du fluidemédianimiqueamenaient chaque jour des résultats «inattendus». Dans la longue liste de ces savants, figurent, on doit le constater, des noms d'une certaine importance. La Faculté de Pétersbourg, par exemple, est représentée par l'un de ses plus éminents professeurs de chimie, M. Boutlerow; — l'Académie des sciences expérimentales de Genève, par le professeur Thury; — les Etats-Unis, par le docteur Robert Hare, professeur de chimie à l'Université de Pensylvanie, etc., etc.: l'espace nous manque pour citer les soixante ou soixantecinqnoms, aussi recommandables mentionnés dans ces rapports.Etonnés de pareilles notifications, qui leur parvenaient, coup sur coup, de tous les points du monde scientifique, plusieurs physiciens allemands, des spécialistes de tous pays se rendirent à Londres, où des hommes tels que lord Lindsay et le lord comte de Dunraven, des mathématiciens tels que le capitaine C. Wynne, et une commission de membres de la Société Royale étaient venus s'adjoindre à William Crookes pour des observations quotidiennes. — Deux ou trois «sujets humains» doués, — paraissait-il, — de manière à intéresser la Science, continuèrent de se prêter, dans les laboratoires anglais, et dans celui même de l'illustre docteur, à des expérimentations.Il résulterait des attestations signées de l'érudite assistance que, non seulement les phénomènes réclamés au préalable se seraient tous produits — (ceci en plein jour et dans des conditions d'évidence toutes spéciales), — mais que d'autres faits, plus singuliers encore, — des incidents capables de déconcerter le positivisme le plus rassis, — se seraient imposés, tout à coup, au grave étonnement de l'assemblée; — qu'enfin «d'incohérentes manifestations revêtuesd'une sorte de caractère macabre», auraient troublé la régularité compassée de ces examens.Les sujets oumédiumsétaient, cependant, liés à terre, tenus aux quatre membres à une grande distance des objets impressionnés. Entre eux et ces objets s'interposaient les membres de la commission du contrôle. A l'état libre, ils étaient prévenus que toute communicationphysique, due à n'importe quelle fraude subtile, serait instantanément châtiée d'une très violente secousse électrique, des réseaux d'induction enveloppant les appareils placés sur des isolateurs. Pour le surplus, deux des premiers prestidigitateurs illusionnistes de Londres surveillaient de près chaque expérience.C'est dans de telles condictions qu'on a vu les aiguilles des dynamomètres de précision, à secrets contrariés (connus des seuls expérimentateurs), varier sous des pressions équivalentes à des centaines de livres, pendant que sur les murs, sur les instruments du laboratoire etjusque sur les mainsdes doctes assistants, des heurts semblables «à ceux d'un doigt replié frappant impatiemment à une porte» étaient entendus ou ressentis.A l'issue de presque toutes les séances, les médiums demeuraient étendus sur le parquet, dans unétat de prostration cataleptique présentant, médicalement, toutes les apparences de la mort.Parmi ces médiums-naturels étaient des enfants de sept et huit ans, s'élevant à des hauteurs de plusieurs mètres et flottant, presque endormis, dans l'espace, pendant plusieurs minutes. «Ce phénomène, affirme le docteur Crookes, M. Home l'a exécuté, aussi, plus decent foisdevant nous, rénovant ainsi le prétendu sortilège de Simon le magicien dans l'amphithéâtre de Rome.»D'après un grand nombre de professeurs émérites, — entre autres ceux dont nous avons cité les noms, — au témoignage de plusieurs délégués éminents d'universités ou d'académies, et des différents membres de la Société Royale ainsi que du Comité de Recherches des Sciences, appuyés de l'attestation de William Crookes, les principaux phénomènes reconnus comme désormais avérés seraient, — (non compris leurs subdivisions):1. L'altération du poids d'un corps quelconque, obtenue à distance; 2. d'inexplicables visions de météores, traversant les laboratoires, avec des allées et venues — sortes de lumières ovoïdes, radieuses, inconnues,inimitables, — bondissant et rebondissant d'objets en objets; 3. des déplacements continuels d'instrumentsscientifiques, de meubles lourds ou légers, se mouvant comme sous l'action d'une force occulte; 4. de véritables «apparitions» de formes étranges, de «regards», de mains lumineuses d'une ténuité inconcevable et cependant tangible — au point de supporter, dans l'air, un thermomètre en liège du poids de quatre grammes, lequel demeurait, sous leur pression, d'un niveau absolument insensible, — ces mains offraient l'aspect tantôt vivant, tantôt cadavérique: et si rapide que fût l'éclair dont on essayât d'en répercuter la vision sur l'objectif, aucune plaque photographique n'a été impressionnée, enaucunefaçon, de leur présence. Et ces mains, pourtant! saisissaient des fleurs sur une table et allaient, à travers l'espace, les offrir à des spectateurs; puis, tout à coup, venaient nous «serrer les mains avec toute la cordialité d'un vieil ami»; 5. des mises en jeu d'instruments de musique placés, positivement, dans des conditions où toute communication était impossible etdangereusepour le médium; 6. des doigts fluides lumineux, relevant une plume sur une table et traçant des lignes d'écritures différentes où plusieurs ont affirmé reconnaître celles de personnes défuntes (quelque uns, même, en ont fourni la preuve). — Tout ceci, de jour et de nuit.« — J'ai vu, devant témoins (affirme expressément le Dr. William Crookes), l'une de ces nébuleuses mains claires prendre une fleur à longue tige, nouvellement cueillie, et la faire passer lentement à travers la fente imperceptible d'une planche de chêne massive, sans qu'il fût possible d'apercevoir ensuite, sur cette fleur, soit à l'œil nu, soit au microscope,une trace quelconque d érosion sur la tige ou sur les feuilles, lesquelles étaient dix ou douze fois plus larges que la fente de cette planche. — Plusieurs membres de la Société Royale et moi nous avons vu, ensemble, l'ombre d'une forme humainesecouer des rideaux pendant plus de deux minutes, puis disparaître en s'atténuant. — Cent fois nous avons vu des flambeaux et des lampes, placées sur des meubles, s'élever avec eux, se pencher, sans tomber, tenant leurs flammes droites et horizontales selon le degré d'inclinaison de ces objets dans l'air. Quant aux célèbres «tables tournantes», nous avons voulu, par surcroît, vérifier le fait dans des conditions de difficulté spéciales et que la rare puissance de nos médiums pouvait, seule, surmonter. — Le Comité de Recherches des Sciences dialectiques de Londres et les professeurs étrangers s'étant donc assemblés pour un essai concluant à ce sujet, quatrede ces médiums sont venus se placer à genoux sur des chaises dont les dossiers seuls touchaient la table — (une lourde et vaste table). — Ils croisèrent leurs mains sur ces dossiers et rien de leurs personnes n'était en contact direct avec la table. De plus, certaines mesures minutieuses, de nous seuls connues, avaient été prises pour avérer l'authenticité absolue du phénomène. En quelques instants, nous vîmes l'énorme table s'enlever de terre, se pencher, frapper le parquet, monter, stupéfiante, au-dessus de nous, flotter, se livrer dans l'espace à des évolutions diverses, puis redescendre lentement à sa place. Le Comité et l'assistance ont donc attesté comme «concluante» cette expérience... qui, d'ailleurs, ne pouvait plus nous étonner.»Il va sans dire que nous pourrions relever un grand nombre d'autres faits énigmatiques, attestés des plus sérieusement. Mais nous ne saurions prendre la responsabilité de telles citations; nous ne voulons et ne devons mentionner, en un mot que les observations dûment contrôlées et reconnues par la Science commeincontestables. Lorsque nous ne traduisons pas, nous résumons, aussi exactement que possible, sans opinion ni commentaires.Voici maintenant les conclusions du Dr. William Crookes lui-même à ce sujet:— La foule, toujours avide du «surnaturel», nous demande: «Croyez-vous ou ne croyez-vous pas?» Nous répondons: Nous sommes chimistes, nous sommes physiciens; notre fonction n'est pas de «croire ou de ne pas croire» mais de constater, d'une façon positive, si tel ou tel phénomène est ou n'est pas imaginaire. Cela fait, le reste ne nous regarde plus. Or, quant à la réalité de ceux-ci, nous nous prononçons pour l'affirmative, au moins provisoirement, puisqu'à la parfaite consternation de nos sens et notre entendement, l'évidence nous y contraint.«Rien n'est trop merveilleux pour être vrai, a dit Faraday, si cela est conforme aux lois de la Nature. Mais il faudrait connaîtretoutesles lois de la Nature, (et rien qu'avec celles que nous ignorons on pourrait créer l'Univers), pour déterminer si tel phénomène leur est ou non conforme. Or il se trouve qu'ici, comme en électricité, par exemple, l'expérience, l'observation sont les seules pierres de touche de cette conformité.«Qu'on veuille donc bien se souvenir que nous ne risquons ni hypothèses, ni théories,quelles qu'elles soient. Nous attestons, simplement, certains faitset ne pouvons avoir qu'un seul but, conforme à celui de toute notre longue carrière, la Vérité. Les Comités d'examen, les hommes éminents, les praticiens de toute nation qui se sont adjoints au sévère contrôle de nos expériences ont conclu avec moi: Nous ne vous disons pas, encore une fois, que cela estvraisemblable; nous vous disons que cela EST!«Au lieu de nier, de douter ou de croire au hasard, ce qui est tout un, — et de s'imaginer que nous sommes capables d'avoir perdu notre temps à contrôler des tours d'escamoteurs (comme si cette niaiserie était possible) donnez-vous plutôt la peine d'examiner, d'abord, comme notre incrédulité primitive s'est, au moins soumise à le faire!... Montrez-nous, par une critique sévère, ce qu'il faut regarder comme des erreurs dans nos examens; spécifiez-les et suggérez ensuite, si vous le pouvez, des moyens d'essais plus concluants. Imaginez des ensembles de difficultés plus insurmontables et plus subtiles que celles où nous avons placé les médiums à leur insu! Mais ne venez pas, à la hâte, traiter nos sens de témoins menteurs ou aisément abusés, ni taxer nos esprits d'une démence (qu'entre parenthèses nous aurions seuls qualité pour constater dans les vôtres), parce que les faits témoignent contre vosidées préconçues,comme, autrefois, le furent les nôtres. Il est difficile d'être plussceptiques ou plus positifs que nousen matière d'examen expérimental: si vous vous faites une supériorité de votre ignorance ou de votre savoir d'amateurs, à quoi l'Homme devra-t-il s'en tenir? Nous soutenons que tout masque de suffisance ou de bonhomie disparaît de la face humaine devant certains phénomènes effectués par des médiumsréelsen nos laboratoires et que les plus railleurs deviennent, alors, pareils à ces malins villageois qui, dans les fêtes foraines, après s'être bien moqués, en clignant de l'œil, d'un appareil de Rhümkorff, par exemple, changent instantanément de visage dès qu'ils en ont seulement effleuré les fils. — Pour le surplus, rejeter, â l'étourdie, les témoignages d'hommes à qui l'on en a déféré pour contrôler un fait et en connaître, revient à ne tenir compte d'aucun témoignage humainquel qu'il soit, car il n'est point de faits dans l'Histoire sacrée ou profane ni dans les annales de la Science qui s'appuient sur des preuves plus permanentes et plus imposantes que celles qui nous ont, je ne dirai pas convaincus, mais confondus. Osez donc, alors, venir justifier de la supériorité de vos sens etde votre scepticisme sur les nôtres et que ces oiseuses controverses finissent!Donc:1. Les résultats de nos longues et patientes investigations paraissent établir, sans conteste, l'existence d'une nouvelle force liée à l'organisme humain et que l'on peut appelerForce psychique.2. Tout homme serait plus ou moins doué de cette force secrète, d'une intensité variable, pouvant être développée, et, par suite, agir, soit à volonté, soit pendant son sommeil, soit contre son gré, soit à son insu,sans le secours d'aucuns mouvements ni de communications physiques, sur des êtres ou des objets quelconques, plus ou moins éloignés.»COMTE DE VILLIERS DE L'ISLE ADAM.

«La prochaine apparition du livre de William Crookes,La Force psychique, produira, certes, une durable sensation de stupeur dans les deux mondes.

Des les premières lignes de ces volumineux sommaires, on sent qu'il s'agit d'observations d'un caractère tout à fait insolite et que la Science de l'Homme se hasarde ici, pour la première fois, sur un terrain tellement fantastique et inattendu, que le lecteur, stupéfait, se demande s'il rêve! Mais, comme les expériences que relatent ces lignes sont justifiées par différentes sanctions du Comité de Recherches des Sciences dialectiques de Londres, dont il est difficile de récuser la compétence hors ligne, la sûreté d'examen et la rigueur positiviste, l'attention du lecteur est bien vite fascinée.

Pour la parfaite intelligence de ce dont il est question, le mieux est, pensons nous, de citer l'étonnant exorde de William Crookes lui-même, au début de... ce nouvel incident de l'Humanité.

***

— «Voici que, depuis plusieurs années, une sorte de doctrine se répand chez nous, — en Europe et ailleurs, — augmentant, chaque jour, le nombrede ses adeptes et comptant, parmi ses prosélytes, des hommes de haute raison et d'un savoir éprouvé. Cette doctrine s'autorise de faits complètement en désaccord avec diverses lois avérées de la Nature: et ces faits sont attestés, cependant, par des témoignages à ce point considérables que l'on a cru pouvoir, officiellement, nous en saisir. — La Chambre des représentants, à Washington, a reçu des pétitions à ce sujet, revêtues de plus devingt millesignatures. A Hertford, des enfants, — de très jeunes filles même, ont failli payer de leur existence (les demoiselles Fox, par exemple, âgées de douze et de quatorze ans) des phénomènes que tout un district attribuait à leur présence. — Et Angleterre, jusque dans Londres, la fréquence de ces prétendus «événements occultes» a fini par troubler, par effrayer les esprits d'une partie de la population: — l'on se croirait au Moyen-Age, en écoutant ces rumeurs.

«J'estime qu'il est du devoir des hommes de science, qui ont appris à travailler d'une manière exacte, d'examinertousles phénomènes qui attirent l'attention publique, afin, soit d'en confirmer la vérité, soit d'expliquer, si faire se peut, l'illusion des honnêtes gens en dévoilant la supercherie des charlatans, des imposteurs.

Or, un grand nombre de personnes, d'un sens commun cependant notoire, avons-nous dit, — nous parlent, par exemple «d'influences mystérieuses sous l'énergie desquelles de lourds objets d'ameublement se meuvent, soudain, d'une pièce à une autre, sans l'intervention de l'homme».

A ceci nous répondons:

— Le savant a construit des Instruments qui divisent un pouce en un million de parties. Nous demandons que ce «influences» fassent mouvoir, seulement d'unseuldegré, l'indicateur de ces instruments, dans nos laboratoires.

On nous parle de «corps solides, pesant cinquante, cent livres, — de personnes vivantes même, s'élevant dans les airs sans le secours d'aucune force connue».

A ceci nous répondons:,

— Alors, que ce pouvoir, quel qu'il soit, qui, nous dit-on, serait guidé par une intelligence, et qui élève, jusqu'aux plafonds de vos appartements, des corps lourds, animés ou inanimés, fasse pencher seulement l'un des plateaux de cette petite balance qui, sous son globe de cristal, est sensible à un poids si minime qu'il en faudrait dix mille comme lui pour faire un gramme!

On nous parle de «fleurs mouillées de fraîche rosée, de fruits, et même d'êtres vivants apportés au travers des murailles»,

A ceci nous répondons:

— Qu'on introduise donc un milligramme d'arsenic à travers les parois d'un tube de verre dans lequel de l'eau pure est hermétiquement scellée par nous!

On nous parie de «coups frappés qui se produisent jusqu'à ébranler les murs dans les différentes parties d'une chambre où deux personnes sont tranquillement assises devant une table; — de maisons secouées jusqu'à en être endommagées par un pouvoir extra-humain»; — et l'on ajoute que «des plumes ou des crayons tracenttout seulsdes lignes présentant un sens; — que des ressemblances de défunts apparaissent.»

A ceci nous répondons:

— Que ces coups se produisent seulement sur la membrane tendue d'un phonautographe!... Que ce pendule, en sa gaine de verre, soit seulement mis en vibration!... Que cette plume, que je tiens, rature seulement, sur ce bureau, l'un seul des mots que je viens d'écrire!... Quant aux «apparitions» nous avons des instruments qui mesurent l'éclair:qu'une seule d'entre elles passe pendant la durée d'un 120ede seconde seulement devant la lentille de l'un de ces instruments!

Enfin l'on nous parle de «manifestations d'une puissance équivalente à des milliers de kilogrammes, et qui se produisent sans cause connue.»

— Eh bien! l'homme de science, qui croi fermement à la conservation de la force, demande que ces manifestations se répètent dans son laboratoire, où il pourra les peser, les mesurer, et les soumettre à des essais catégoriques. Et, pour conclure, quelle que soit l'estime où l'on puisse tenir les témoins de faits provoqués, nous dit-on, par laseuleprésence d'individus «exceptionnels» appelésmédiums, quelque intègres, charmants, chevaleresques que soient ou puissent être cesmediumseux-mêmes; nous ne pensons pas que cela doive, rigoureusement, amener qui que ce soit à une somme de confiance pour accepter ainsi, sans analyse ni contrôle méthodiques, la réalité de phénomènes qui commencent par démentir les notions les plus élémentaires de la Science moderne, entre autres celle de l'universelle et invariable loi de la gravitation.

Voilà, certes, le langage d'un homme sérieux — et, ce défi jeté, la cause semblait jugée.

***

A quelques mois de ce verdict, le Comité de Recherches des Sciences, à Londres, fut mis en émoi par une note brève émanant de William Crookes, qui, sans commentaires, le convoquait au contrôle «d'expériencesmédianimiquesdignes d'attention». Il se trouvait que, presque en ce même temps (hiver de 1870), des praticiens, délégués, en quelque sorte, par toutes les nationalités de l'Europe, entrecroisaient, dans les revues des sciences, les affirmations les plus étranges; déclarant que leurs essais particuliers sur la réalité du fluidemédianimiqueamenaient chaque jour des résultats «inattendus». Dans la longue liste de ces savants, figurent, on doit le constater, des noms d'une certaine importance. La Faculté de Pétersbourg, par exemple, est représentée par l'un de ses plus éminents professeurs de chimie, M. Boutlerow; — l'Académie des sciences expérimentales de Genève, par le professeur Thury; — les Etats-Unis, par le docteur Robert Hare, professeur de chimie à l'Université de Pensylvanie, etc., etc.: l'espace nous manque pour citer les soixante ou soixantecinqnoms, aussi recommandables mentionnés dans ces rapports.

Etonnés de pareilles notifications, qui leur parvenaient, coup sur coup, de tous les points du monde scientifique, plusieurs physiciens allemands, des spécialistes de tous pays se rendirent à Londres, où des hommes tels que lord Lindsay et le lord comte de Dunraven, des mathématiciens tels que le capitaine C. Wynne, et une commission de membres de la Société Royale étaient venus s'adjoindre à William Crookes pour des observations quotidiennes. — Deux ou trois «sujets humains» doués, — paraissait-il, — de manière à intéresser la Science, continuèrent de se prêter, dans les laboratoires anglais, et dans celui même de l'illustre docteur, à des expérimentations.

Il résulterait des attestations signées de l'érudite assistance que, non seulement les phénomènes réclamés au préalable se seraient tous produits — (ceci en plein jour et dans des conditions d'évidence toutes spéciales), — mais que d'autres faits, plus singuliers encore, — des incidents capables de déconcerter le positivisme le plus rassis, — se seraient imposés, tout à coup, au grave étonnement de l'assemblée; — qu'enfin «d'incohérentes manifestations revêtuesd'une sorte de caractère macabre», auraient troublé la régularité compassée de ces examens.

Les sujets oumédiumsétaient, cependant, liés à terre, tenus aux quatre membres à une grande distance des objets impressionnés. Entre eux et ces objets s'interposaient les membres de la commission du contrôle. A l'état libre, ils étaient prévenus que toute communicationphysique, due à n'importe quelle fraude subtile, serait instantanément châtiée d'une très violente secousse électrique, des réseaux d'induction enveloppant les appareils placés sur des isolateurs. Pour le surplus, deux des premiers prestidigitateurs illusionnistes de Londres surveillaient de près chaque expérience.

C'est dans de telles condictions qu'on a vu les aiguilles des dynamomètres de précision, à secrets contrariés (connus des seuls expérimentateurs), varier sous des pressions équivalentes à des centaines de livres, pendant que sur les murs, sur les instruments du laboratoire etjusque sur les mainsdes doctes assistants, des heurts semblables «à ceux d'un doigt replié frappant impatiemment à une porte» étaient entendus ou ressentis.

A l'issue de presque toutes les séances, les médiums demeuraient étendus sur le parquet, dans unétat de prostration cataleptique présentant, médicalement, toutes les apparences de la mort.

Parmi ces médiums-naturels étaient des enfants de sept et huit ans, s'élevant à des hauteurs de plusieurs mètres et flottant, presque endormis, dans l'espace, pendant plusieurs minutes. «Ce phénomène, affirme le docteur Crookes, M. Home l'a exécuté, aussi, plus decent foisdevant nous, rénovant ainsi le prétendu sortilège de Simon le magicien dans l'amphithéâtre de Rome.»

D'après un grand nombre de professeurs émérites, — entre autres ceux dont nous avons cité les noms, — au témoignage de plusieurs délégués éminents d'universités ou d'académies, et des différents membres de la Société Royale ainsi que du Comité de Recherches des Sciences, appuyés de l'attestation de William Crookes, les principaux phénomènes reconnus comme désormais avérés seraient, — (non compris leurs subdivisions):

1. L'altération du poids d'un corps quelconque, obtenue à distance; 2. d'inexplicables visions de météores, traversant les laboratoires, avec des allées et venues — sortes de lumières ovoïdes, radieuses, inconnues,inimitables, — bondissant et rebondissant d'objets en objets; 3. des déplacements continuels d'instrumentsscientifiques, de meubles lourds ou légers, se mouvant comme sous l'action d'une force occulte; 4. de véritables «apparitions» de formes étranges, de «regards», de mains lumineuses d'une ténuité inconcevable et cependant tangible — au point de supporter, dans l'air, un thermomètre en liège du poids de quatre grammes, lequel demeurait, sous leur pression, d'un niveau absolument insensible, — ces mains offraient l'aspect tantôt vivant, tantôt cadavérique: et si rapide que fût l'éclair dont on essayât d'en répercuter la vision sur l'objectif, aucune plaque photographique n'a été impressionnée, enaucunefaçon, de leur présence. Et ces mains, pourtant! saisissaient des fleurs sur une table et allaient, à travers l'espace, les offrir à des spectateurs; puis, tout à coup, venaient nous «serrer les mains avec toute la cordialité d'un vieil ami»; 5. des mises en jeu d'instruments de musique placés, positivement, dans des conditions où toute communication était impossible etdangereusepour le médium; 6. des doigts fluides lumineux, relevant une plume sur une table et traçant des lignes d'écritures différentes où plusieurs ont affirmé reconnaître celles de personnes défuntes (quelque uns, même, en ont fourni la preuve). — Tout ceci, de jour et de nuit.

« — J'ai vu, devant témoins (affirme expressément le Dr. William Crookes), l'une de ces nébuleuses mains claires prendre une fleur à longue tige, nouvellement cueillie, et la faire passer lentement à travers la fente imperceptible d'une planche de chêne massive, sans qu'il fût possible d'apercevoir ensuite, sur cette fleur, soit à l'œil nu, soit au microscope,une trace quelconque d érosion sur la tige ou sur les feuilles, lesquelles étaient dix ou douze fois plus larges que la fente de cette planche. — Plusieurs membres de la Société Royale et moi nous avons vu, ensemble, l'ombre d'une forme humainesecouer des rideaux pendant plus de deux minutes, puis disparaître en s'atténuant. — Cent fois nous avons vu des flambeaux et des lampes, placées sur des meubles, s'élever avec eux, se pencher, sans tomber, tenant leurs flammes droites et horizontales selon le degré d'inclinaison de ces objets dans l'air. Quant aux célèbres «tables tournantes», nous avons voulu, par surcroît, vérifier le fait dans des conditions de difficulté spéciales et que la rare puissance de nos médiums pouvait, seule, surmonter. — Le Comité de Recherches des Sciences dialectiques de Londres et les professeurs étrangers s'étant donc assemblés pour un essai concluant à ce sujet, quatrede ces médiums sont venus se placer à genoux sur des chaises dont les dossiers seuls touchaient la table — (une lourde et vaste table). — Ils croisèrent leurs mains sur ces dossiers et rien de leurs personnes n'était en contact direct avec la table. De plus, certaines mesures minutieuses, de nous seuls connues, avaient été prises pour avérer l'authenticité absolue du phénomène. En quelques instants, nous vîmes l'énorme table s'enlever de terre, se pencher, frapper le parquet, monter, stupéfiante, au-dessus de nous, flotter, se livrer dans l'espace à des évolutions diverses, puis redescendre lentement à sa place. Le Comité et l'assistance ont donc attesté comme «concluante» cette expérience... qui, d'ailleurs, ne pouvait plus nous étonner.»

Il va sans dire que nous pourrions relever un grand nombre d'autres faits énigmatiques, attestés des plus sérieusement. Mais nous ne saurions prendre la responsabilité de telles citations; nous ne voulons et ne devons mentionner, en un mot que les observations dûment contrôlées et reconnues par la Science commeincontestables. Lorsque nous ne traduisons pas, nous résumons, aussi exactement que possible, sans opinion ni commentaires.

Voici maintenant les conclusions du Dr. William Crookes lui-même à ce sujet:

— La foule, toujours avide du «surnaturel», nous demande: «Croyez-vous ou ne croyez-vous pas?» Nous répondons: Nous sommes chimistes, nous sommes physiciens; notre fonction n'est pas de «croire ou de ne pas croire» mais de constater, d'une façon positive, si tel ou tel phénomène est ou n'est pas imaginaire. Cela fait, le reste ne nous regarde plus. Or, quant à la réalité de ceux-ci, nous nous prononçons pour l'affirmative, au moins provisoirement, puisqu'à la parfaite consternation de nos sens et notre entendement, l'évidence nous y contraint.

«Rien n'est trop merveilleux pour être vrai, a dit Faraday, si cela est conforme aux lois de la Nature. Mais il faudrait connaîtretoutesles lois de la Nature, (et rien qu'avec celles que nous ignorons on pourrait créer l'Univers), pour déterminer si tel phénomène leur est ou non conforme. Or il se trouve qu'ici, comme en électricité, par exemple, l'expérience, l'observation sont les seules pierres de touche de cette conformité.

«Qu'on veuille donc bien se souvenir que nous ne risquons ni hypothèses, ni théories,quelles qu'elles soient. Nous attestons, simplement, certains faitset ne pouvons avoir qu'un seul but, conforme à celui de toute notre longue carrière, la Vérité. Les Comités d'examen, les hommes éminents, les praticiens de toute nation qui se sont adjoints au sévère contrôle de nos expériences ont conclu avec moi: Nous ne vous disons pas, encore une fois, que cela estvraisemblable; nous vous disons que cela EST!

«Au lieu de nier, de douter ou de croire au hasard, ce qui est tout un, — et de s'imaginer que nous sommes capables d'avoir perdu notre temps à contrôler des tours d'escamoteurs (comme si cette niaiserie était possible) donnez-vous plutôt la peine d'examiner, d'abord, comme notre incrédulité primitive s'est, au moins soumise à le faire!... Montrez-nous, par une critique sévère, ce qu'il faut regarder comme des erreurs dans nos examens; spécifiez-les et suggérez ensuite, si vous le pouvez, des moyens d'essais plus concluants. Imaginez des ensembles de difficultés plus insurmontables et plus subtiles que celles où nous avons placé les médiums à leur insu! Mais ne venez pas, à la hâte, traiter nos sens de témoins menteurs ou aisément abusés, ni taxer nos esprits d'une démence (qu'entre parenthèses nous aurions seuls qualité pour constater dans les vôtres), parce que les faits témoignent contre vosidées préconçues,comme, autrefois, le furent les nôtres. Il est difficile d'être plussceptiques ou plus positifs que nousen matière d'examen expérimental: si vous vous faites une supériorité de votre ignorance ou de votre savoir d'amateurs, à quoi l'Homme devra-t-il s'en tenir? Nous soutenons que tout masque de suffisance ou de bonhomie disparaît de la face humaine devant certains phénomènes effectués par des médiumsréelsen nos laboratoires et que les plus railleurs deviennent, alors, pareils à ces malins villageois qui, dans les fêtes foraines, après s'être bien moqués, en clignant de l'œil, d'un appareil de Rhümkorff, par exemple, changent instantanément de visage dès qu'ils en ont seulement effleuré les fils. — Pour le surplus, rejeter, â l'étourdie, les témoignages d'hommes à qui l'on en a déféré pour contrôler un fait et en connaître, revient à ne tenir compte d'aucun témoignage humainquel qu'il soit, car il n'est point de faits dans l'Histoire sacrée ou profane ni dans les annales de la Science qui s'appuient sur des preuves plus permanentes et plus imposantes que celles qui nous ont, je ne dirai pas convaincus, mais confondus. Osez donc, alors, venir justifier de la supériorité de vos sens etde votre scepticisme sur les nôtres et que ces oiseuses controverses finissent!

Donc:

1. Les résultats de nos longues et patientes investigations paraissent établir, sans conteste, l'existence d'une nouvelle force liée à l'organisme humain et que l'on peut appelerForce psychique.

2. Tout homme serait plus ou moins doué de cette force secrète, d'une intensité variable, pouvant être développée, et, par suite, agir, soit à volonté, soit pendant son sommeil, soit contre son gré, soit à son insu,sans le secours d'aucuns mouvements ni de communications physiques, sur des êtres ou des objets quelconques, plus ou moins éloignés.»

COMTE DE VILLIERS DE L'ISLE ADAM.

NOTE:1.Dal Heidenhain, dal Grützner, dal Rumpf, dal Charcot, dal Richet, dal Baumler, dal Regnard, dal Maggiorani, dal Tamburini, dal Seppilli e da parecchi altri eminenti medici e fisiologi.2.W. Crookes, membre de la societé Royale de Londres,Recherchessur les phénoménes du spiritualisme. Paris, pag. 137.3.VediLe sonnambulisme provoquénel suo volume l'Homme et l'intelligence. Paris, Ateau 1884, pag. 248-49.4.Richet, op. cit. pag. 221.5.Der sogennante thierische Magnetismus. Leipzig, 1880.6.Richet, op. cit. pag. 223.7.Du Sommeil magnétique dans l'hystèrie. Strasbourg 1868.8.Metto in nota quelle parole o frasi che, per amor di chiarezza e per comodo del lettore, mi son permesso, qua e là, di cambiare nel testo. Qui, per esempio, il testo diceva:pittoresche.9.fuga.10.dal suo seno.11.in dubbio.12.allargasi.13.messa del tutto in chiaro.14.in circoli e circoli.15.fa distinguere.16.al.17.lungo.18.da poltroneria.19.guastelle(sicilianismo).20.teneva.21.alla sveglia.22.soggetto.23.insegnava(sicilianismo).24.operavano.25.abitabile.26.sue occulte camminate.27.sue.28.era il tempo del suo inferno.29.era.30.mila.31.libera.32.fabbricavano.33.doversi da tutti.34.facendo quattro espressioni con parole.35.quegli.36.se era in loro abilità.37.al.38.tutto si allestì.39.esparso per il basso suolo.40.il miserando fine.41.in gran combinazioni.42.inghiottiva.43.magnetizzati.44.suo.45.Basta! Basta!46.mirare.47.Diede registro alle acque.48.— La visione consolava il mio spirto esule in terra ove la perduta gente che attorniavalo grandemente contristavalo.49.— Coloro che vivono nei bassi lochi e popolati, aspirano aria divolgata da vili parole — Od ancora: costumando fra il popolo altro non reca allo spirto se non idee di materia.O voi che avete monti, ivi recate; troverete aria pura di virtù e sì copiosa che entro le cellette penetreravvi e avrete isolazione.50.— Come coloro che al tempio vanno a mirar l'arte.51.— Abeto è segno d'eternitade. Chi abbraccia un più o meno grande abeto, abbraccia uno spazio d'eternitade. Overo sia abbraccia quello che li spetta se poca o magna è la fede e di conseguenza la eternità.Confronta per primo il tertro mio e lo bosco abetaio aTempio di Fede.52.— Ambiva a farsi una dimora solinga in quell'albero di fede.53.— Non desiava che il posto ch'egli occuperebbe fusse maggiore dello suo volume. O vero sia che il romito ambisca a se solo e nè a cella grande o bastone o sandali.54.— Una corrente eguale di sentimenti. (Non tacciatemi ve ne prego di spaventeria).55.— Gli uomini che credonsi liberi e vaganti sono chiusi e meglio guardati che pecora in ovile.56.— Il caput accennava disima desiavan nel dentro.57.E che eran le fiammelle se non virtù convenenti; le quali virtù scorgea sendo la notte vegna.58.— Così coloro i quali vanno allo tempio e a seconda dell'intensità dei prieghi ricogliono o non ricogliono.59.Io vi avverto che nello concetto mio materiale di scrittura aveo disposto che i rai si partivano dall'abeto maggiore dal centro, lo quale sendo luminoso io confronto a stella, la quale fulgidissima nello mezzo andava spegnendosi in cerchio.60.Stella erami presentata come religione del mondo che in sui diversi stadii più o meno vampava d'amore.61.— Volendo rappresentare che coloro i quali escono dalla Stella precipitano per lo pendio inevitabilmente, e vanno a celiarsi in ovile ove per gli schiamazzi perdono lo frutto.Coloro che restano in stella chiamerò eremiti.62.Coloro che in visione mia scendeano lo pendio, cadeano in ovile e temei, ma per non esser cosa reale, riflettei tal cosa ch'io ivo alla mia cella.63.Rappresentava lo palagio di Povertà; li alati che custodivanlo: umiltà e rassegnazione in Dio, li quali sono di proprietà della Povertà.64.Significava tale movimento che allo palagio di povertà, chiamavami in nelle sue belle stanze.65.Dacchè lo povero si è per lo uomo; magnifico abbiglio porta allo cospetto di Iddio.66.Aliquando alla soglia donna presentossi, accorsero li angeli, e gittatisi in terra quale palafreno la presono e via la portonno. Lo che rappresenta umiltà e rassegnazione conducono povertà a Dio.67.In nella prima parte di visione mia si rappresentò trionfo della Povertà, la quale habendo io ammirata come bellezza e non altro, se ne andò. Si significò nella seconda umiltà terrena la quale tale apparendo agli uomini, tale debbe essere amata e ricognosciuta. Ed ecco che a significarmelo lo debole essere comparve, lo quale sembrommi lucente, tale essendo alla vista di Iddio chi di povertà si fa amante, a scuotermi e attirarmi e mostrarmi che sola lei dovea essere mia sposa.Allo matrimonio assistei, dello quale essendomene mostrato desideroso, mi fu spartito.Or voi intendete, o miei, come cotale visione si era a rappresentarmi la vanità dello mondo e la gloria della umiltà e povertà; lo che essendomi persuaso a cagione di Ella visione, il feci.68.Ella era la mia donna che mi aiutava e consigliava come povertà mi disse: La quale (donna) discoversi portava cilicio. Amanti miei siate ancora amanti della Povertà, la quale fu mia e vedovella ho lasciata.69.Rappresentorno in mente mia di visione cotesto pantano e coteste anime, lo malo passo ove caggiono costoro li quali mal vivono e sprezzano lo buono, lo quale veggendo beato bieco guardano e sputano fuoco.O miseri loro!70.— Rappresentavano coloro che a se inflissero pene ma niuno aiutarono.71.Questi e gli altri puntini, dove il senso s'interrompe, indicano le parole illeggibili del manoscritto. La scrittura, a lapis, è grossa, affrettata, intramezzata da serpeggiamenti di linee, da parole rimaste a mezzo e poi riprese; vi si scorge con evidenza il continuo agitarsi del braccio e la natura automatica del movimento.72.Il fulmine colpisce e non è visto.73.Paris, librairie J. B. Baillière et fils, 1883.74.Il Giunta si provò a fare, col mio consenso, quello che a me non riusciva. Ma il suo lavoro, pubblicato in un fascicolo del Giornale Napoletano, col titoloUn Ritratto, inciampò nello stesso scoglio ov'ero più volte inciampato io: l'allucinazione non vi era resa con evidenza; ed era l'importante, l'essenziale.75.L'homme et l'intelligence, pag. 235.76.Ivi, pag. 237.77.La signora Cesira Siciliani-Pozzolini.78.Jacobusha risposto alle osservazioni del Carducci e del D'Ancona, nella seduta del 5 febbraio di quest'anno (mediumGordigiani). Questo piccolo documento non è meno curioso degli altri.Domanda.Scrivesti tu mai in vita prose italiane o soltanto trattati in latino?Jacobus.La era lingua più prossima. Solo alle femine si dicea in volgare. Se memoria servemi, in volgare dissi io pure, ma ciò anzi (innanzi) la conversione. O beato Iddio!Domanda.Ma perchè la lingua delle tue visioni non è quella precisa del tuo tempo?Jacobus.Ciò può avvenire, madonna e messeri; e dacchè premevi lingua, premevi ragione di ciò? Or io per voi son di ritorno ver terra. Quatuor seculi si erano dacchè la lasciai. Posciachè belli seculi di virtute furno quello che mi seguì e l'altro di poi; onde non sdegnai approssimarmi, ed imparai ancora, e non poco in terrene cose m'ammaestrorno le pecore di allora (i codici manoscritti in carta pecora). Onde, miei dolcissimi, non vi sia strano e indocile spirto se tale io parlo favella e la mia smenticai.79.Anno XXX, n. 46.80.Veggasi lo scritto del Parville nella nota in fine di questo volume.81.Principes generaux de Psychologie physiologique, trad. par A. Penjon. Paris, Germer Baillière, 1876, pag. 164.82.Leggasi nella Nota in fondo a questo volume lo scritto del Conte de Villiers de l'Isle-Adam intorno alla nuova opera del Crookes.83.VoirnosCauseries scientifiques, tomes XIX et XXI. Expériences de la Salpétrière et de la Pitié, expériences de M. Heidenham de Leipzig.84.M. Liégeois pose, en concluant son Mémoire, la question de savoir si la justice, connaissant l'influence sur certains temperamens des pratiques hypnotiques, a le droit d'y recourir, afin d'obtenir des aveux ou des éclaircissemens refusés par les accusés lorsqu'ils sont dans leur état normal. Il répond nettement que le magistrat ne saurait se permettre un pareil acte attentatoire à tous les droits de la défense et violant la liberté morale de l'accuse. La question n'est plus de notre domaine; mais le médecin aura toujours le devoir de rechercher si le sujet est impressionnable au point de subir une volontè étrangère. Le champ d'observation et de contrôle sera par cela même considérablement élargi.85.L'Homme et l'Intelligence; fragmens de physiologie et de psychologie, par Charles Richet, agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, Alcan, éditeur.

1.Dal Heidenhain, dal Grützner, dal Rumpf, dal Charcot, dal Richet, dal Baumler, dal Regnard, dal Maggiorani, dal Tamburini, dal Seppilli e da parecchi altri eminenti medici e fisiologi.

1.Dal Heidenhain, dal Grützner, dal Rumpf, dal Charcot, dal Richet, dal Baumler, dal Regnard, dal Maggiorani, dal Tamburini, dal Seppilli e da parecchi altri eminenti medici e fisiologi.

2.W. Crookes, membre de la societé Royale de Londres,Recherchessur les phénoménes du spiritualisme. Paris, pag. 137.

2.W. Crookes, membre de la societé Royale de Londres,Recherchessur les phénoménes du spiritualisme. Paris, pag. 137.

3.VediLe sonnambulisme provoquénel suo volume l'Homme et l'intelligence. Paris, Ateau 1884, pag. 248-49.

3.VediLe sonnambulisme provoquénel suo volume l'Homme et l'intelligence. Paris, Ateau 1884, pag. 248-49.

4.Richet, op. cit. pag. 221.

4.Richet, op. cit. pag. 221.

5.Der sogennante thierische Magnetismus. Leipzig, 1880.

5.Der sogennante thierische Magnetismus. Leipzig, 1880.

6.Richet, op. cit. pag. 223.

6.Richet, op. cit. pag. 223.

7.Du Sommeil magnétique dans l'hystèrie. Strasbourg 1868.

7.Du Sommeil magnétique dans l'hystèrie. Strasbourg 1868.

8.Metto in nota quelle parole o frasi che, per amor di chiarezza e per comodo del lettore, mi son permesso, qua e là, di cambiare nel testo. Qui, per esempio, il testo diceva:pittoresche.

8.Metto in nota quelle parole o frasi che, per amor di chiarezza e per comodo del lettore, mi son permesso, qua e là, di cambiare nel testo. Qui, per esempio, il testo diceva:pittoresche.

9.fuga.

9.fuga.

10.dal suo seno.

10.dal suo seno.

11.in dubbio.

11.in dubbio.

12.allargasi.

12.allargasi.

13.messa del tutto in chiaro.

13.messa del tutto in chiaro.

14.in circoli e circoli.

14.in circoli e circoli.

15.fa distinguere.

15.fa distinguere.

16.al.

16.al.

17.lungo.

17.lungo.

18.da poltroneria.

18.da poltroneria.

19.guastelle(sicilianismo).

19.guastelle(sicilianismo).

20.teneva.

20.teneva.

21.alla sveglia.

21.alla sveglia.

22.soggetto.

22.soggetto.

23.insegnava(sicilianismo).

23.insegnava(sicilianismo).

24.operavano.

24.operavano.

25.abitabile.

25.abitabile.

26.sue occulte camminate.

26.sue occulte camminate.

27.sue.

27.sue.

28.era il tempo del suo inferno.

28.era il tempo del suo inferno.

29.era.

29.era.

30.mila.

30.mila.

31.libera.

31.libera.

32.fabbricavano.

32.fabbricavano.

33.doversi da tutti.

33.doversi da tutti.

34.facendo quattro espressioni con parole.

34.facendo quattro espressioni con parole.

35.quegli.

35.quegli.

36.se era in loro abilità.

36.se era in loro abilità.

37.al.

37.al.

38.tutto si allestì.

38.tutto si allestì.

39.esparso per il basso suolo.

39.esparso per il basso suolo.

40.il miserando fine.

40.il miserando fine.

41.in gran combinazioni.

41.in gran combinazioni.

42.inghiottiva.

42.inghiottiva.

43.magnetizzati.

43.magnetizzati.

44.suo.

44.suo.

45.Basta! Basta!

45.Basta! Basta!

46.mirare.

46.mirare.

47.Diede registro alle acque.

47.Diede registro alle acque.

48.— La visione consolava il mio spirto esule in terra ove la perduta gente che attorniavalo grandemente contristavalo.

48.— La visione consolava il mio spirto esule in terra ove la perduta gente che attorniavalo grandemente contristavalo.

49.— Coloro che vivono nei bassi lochi e popolati, aspirano aria divolgata da vili parole — Od ancora: costumando fra il popolo altro non reca allo spirto se non idee di materia.O voi che avete monti, ivi recate; troverete aria pura di virtù e sì copiosa che entro le cellette penetreravvi e avrete isolazione.

49.— Coloro che vivono nei bassi lochi e popolati, aspirano aria divolgata da vili parole — Od ancora: costumando fra il popolo altro non reca allo spirto se non idee di materia.

O voi che avete monti, ivi recate; troverete aria pura di virtù e sì copiosa che entro le cellette penetreravvi e avrete isolazione.

50.— Come coloro che al tempio vanno a mirar l'arte.

50.— Come coloro che al tempio vanno a mirar l'arte.

51.— Abeto è segno d'eternitade. Chi abbraccia un più o meno grande abeto, abbraccia uno spazio d'eternitade. Overo sia abbraccia quello che li spetta se poca o magna è la fede e di conseguenza la eternità.Confronta per primo il tertro mio e lo bosco abetaio aTempio di Fede.

51.— Abeto è segno d'eternitade. Chi abbraccia un più o meno grande abeto, abbraccia uno spazio d'eternitade. Overo sia abbraccia quello che li spetta se poca o magna è la fede e di conseguenza la eternità.

Confronta per primo il tertro mio e lo bosco abetaio aTempio di Fede.

52.— Ambiva a farsi una dimora solinga in quell'albero di fede.

52.— Ambiva a farsi una dimora solinga in quell'albero di fede.

53.— Non desiava che il posto ch'egli occuperebbe fusse maggiore dello suo volume. O vero sia che il romito ambisca a se solo e nè a cella grande o bastone o sandali.

53.— Non desiava che il posto ch'egli occuperebbe fusse maggiore dello suo volume. O vero sia che il romito ambisca a se solo e nè a cella grande o bastone o sandali.

54.— Una corrente eguale di sentimenti. (Non tacciatemi ve ne prego di spaventeria).

54.— Una corrente eguale di sentimenti. (Non tacciatemi ve ne prego di spaventeria).

55.— Gli uomini che credonsi liberi e vaganti sono chiusi e meglio guardati che pecora in ovile.

55.— Gli uomini che credonsi liberi e vaganti sono chiusi e meglio guardati che pecora in ovile.

56.— Il caput accennava disima desiavan nel dentro.

56.— Il caput accennava disima desiavan nel dentro.

57.E che eran le fiammelle se non virtù convenenti; le quali virtù scorgea sendo la notte vegna.

57.E che eran le fiammelle se non virtù convenenti; le quali virtù scorgea sendo la notte vegna.

58.— Così coloro i quali vanno allo tempio e a seconda dell'intensità dei prieghi ricogliono o non ricogliono.

58.— Così coloro i quali vanno allo tempio e a seconda dell'intensità dei prieghi ricogliono o non ricogliono.

59.Io vi avverto che nello concetto mio materiale di scrittura aveo disposto che i rai si partivano dall'abeto maggiore dal centro, lo quale sendo luminoso io confronto a stella, la quale fulgidissima nello mezzo andava spegnendosi in cerchio.

59.Io vi avverto che nello concetto mio materiale di scrittura aveo disposto che i rai si partivano dall'abeto maggiore dal centro, lo quale sendo luminoso io confronto a stella, la quale fulgidissima nello mezzo andava spegnendosi in cerchio.

60.Stella erami presentata come religione del mondo che in sui diversi stadii più o meno vampava d'amore.

60.Stella erami presentata come religione del mondo che in sui diversi stadii più o meno vampava d'amore.

61.— Volendo rappresentare che coloro i quali escono dalla Stella precipitano per lo pendio inevitabilmente, e vanno a celiarsi in ovile ove per gli schiamazzi perdono lo frutto.Coloro che restano in stella chiamerò eremiti.

61.— Volendo rappresentare che coloro i quali escono dalla Stella precipitano per lo pendio inevitabilmente, e vanno a celiarsi in ovile ove per gli schiamazzi perdono lo frutto.

Coloro che restano in stella chiamerò eremiti.

62.Coloro che in visione mia scendeano lo pendio, cadeano in ovile e temei, ma per non esser cosa reale, riflettei tal cosa ch'io ivo alla mia cella.

62.Coloro che in visione mia scendeano lo pendio, cadeano in ovile e temei, ma per non esser cosa reale, riflettei tal cosa ch'io ivo alla mia cella.

63.Rappresentava lo palagio di Povertà; li alati che custodivanlo: umiltà e rassegnazione in Dio, li quali sono di proprietà della Povertà.

63.Rappresentava lo palagio di Povertà; li alati che custodivanlo: umiltà e rassegnazione in Dio, li quali sono di proprietà della Povertà.

64.Significava tale movimento che allo palagio di povertà, chiamavami in nelle sue belle stanze.

64.Significava tale movimento che allo palagio di povertà, chiamavami in nelle sue belle stanze.

65.Dacchè lo povero si è per lo uomo; magnifico abbiglio porta allo cospetto di Iddio.

65.Dacchè lo povero si è per lo uomo; magnifico abbiglio porta allo cospetto di Iddio.

66.Aliquando alla soglia donna presentossi, accorsero li angeli, e gittatisi in terra quale palafreno la presono e via la portonno. Lo che rappresenta umiltà e rassegnazione conducono povertà a Dio.

66.Aliquando alla soglia donna presentossi, accorsero li angeli, e gittatisi in terra quale palafreno la presono e via la portonno. Lo che rappresenta umiltà e rassegnazione conducono povertà a Dio.

67.In nella prima parte di visione mia si rappresentò trionfo della Povertà, la quale habendo io ammirata come bellezza e non altro, se ne andò. Si significò nella seconda umiltà terrena la quale tale apparendo agli uomini, tale debbe essere amata e ricognosciuta. Ed ecco che a significarmelo lo debole essere comparve, lo quale sembrommi lucente, tale essendo alla vista di Iddio chi di povertà si fa amante, a scuotermi e attirarmi e mostrarmi che sola lei dovea essere mia sposa.Allo matrimonio assistei, dello quale essendomene mostrato desideroso, mi fu spartito.Or voi intendete, o miei, come cotale visione si era a rappresentarmi la vanità dello mondo e la gloria della umiltà e povertà; lo che essendomi persuaso a cagione di Ella visione, il feci.

67.In nella prima parte di visione mia si rappresentò trionfo della Povertà, la quale habendo io ammirata come bellezza e non altro, se ne andò. Si significò nella seconda umiltà terrena la quale tale apparendo agli uomini, tale debbe essere amata e ricognosciuta. Ed ecco che a significarmelo lo debole essere comparve, lo quale sembrommi lucente, tale essendo alla vista di Iddio chi di povertà si fa amante, a scuotermi e attirarmi e mostrarmi che sola lei dovea essere mia sposa.

Allo matrimonio assistei, dello quale essendomene mostrato desideroso, mi fu spartito.

Or voi intendete, o miei, come cotale visione si era a rappresentarmi la vanità dello mondo e la gloria della umiltà e povertà; lo che essendomi persuaso a cagione di Ella visione, il feci.

68.Ella era la mia donna che mi aiutava e consigliava come povertà mi disse: La quale (donna) discoversi portava cilicio. Amanti miei siate ancora amanti della Povertà, la quale fu mia e vedovella ho lasciata.

68.Ella era la mia donna che mi aiutava e consigliava come povertà mi disse: La quale (donna) discoversi portava cilicio. Amanti miei siate ancora amanti della Povertà, la quale fu mia e vedovella ho lasciata.

69.Rappresentorno in mente mia di visione cotesto pantano e coteste anime, lo malo passo ove caggiono costoro li quali mal vivono e sprezzano lo buono, lo quale veggendo beato bieco guardano e sputano fuoco.O miseri loro!

69.Rappresentorno in mente mia di visione cotesto pantano e coteste anime, lo malo passo ove caggiono costoro li quali mal vivono e sprezzano lo buono, lo quale veggendo beato bieco guardano e sputano fuoco.

O miseri loro!

70.— Rappresentavano coloro che a se inflissero pene ma niuno aiutarono.

70.— Rappresentavano coloro che a se inflissero pene ma niuno aiutarono.

71.Questi e gli altri puntini, dove il senso s'interrompe, indicano le parole illeggibili del manoscritto. La scrittura, a lapis, è grossa, affrettata, intramezzata da serpeggiamenti di linee, da parole rimaste a mezzo e poi riprese; vi si scorge con evidenza il continuo agitarsi del braccio e la natura automatica del movimento.

71.Questi e gli altri puntini, dove il senso s'interrompe, indicano le parole illeggibili del manoscritto. La scrittura, a lapis, è grossa, affrettata, intramezzata da serpeggiamenti di linee, da parole rimaste a mezzo e poi riprese; vi si scorge con evidenza il continuo agitarsi del braccio e la natura automatica del movimento.

72.Il fulmine colpisce e non è visto.

72.Il fulmine colpisce e non è visto.

73.Paris, librairie J. B. Baillière et fils, 1883.

73.Paris, librairie J. B. Baillière et fils, 1883.

74.Il Giunta si provò a fare, col mio consenso, quello che a me non riusciva. Ma il suo lavoro, pubblicato in un fascicolo del Giornale Napoletano, col titoloUn Ritratto, inciampò nello stesso scoglio ov'ero più volte inciampato io: l'allucinazione non vi era resa con evidenza; ed era l'importante, l'essenziale.

74.Il Giunta si provò a fare, col mio consenso, quello che a me non riusciva. Ma il suo lavoro, pubblicato in un fascicolo del Giornale Napoletano, col titoloUn Ritratto, inciampò nello stesso scoglio ov'ero più volte inciampato io: l'allucinazione non vi era resa con evidenza; ed era l'importante, l'essenziale.

75.L'homme et l'intelligence, pag. 235.

75.L'homme et l'intelligence, pag. 235.

76.Ivi, pag. 237.

76.Ivi, pag. 237.

77.La signora Cesira Siciliani-Pozzolini.

77.La signora Cesira Siciliani-Pozzolini.

78.Jacobusha risposto alle osservazioni del Carducci e del D'Ancona, nella seduta del 5 febbraio di quest'anno (mediumGordigiani). Questo piccolo documento non è meno curioso degli altri.Domanda.Scrivesti tu mai in vita prose italiane o soltanto trattati in latino?Jacobus.La era lingua più prossima. Solo alle femine si dicea in volgare. Se memoria servemi, in volgare dissi io pure, ma ciò anzi (innanzi) la conversione. O beato Iddio!Domanda.Ma perchè la lingua delle tue visioni non è quella precisa del tuo tempo?Jacobus.Ciò può avvenire, madonna e messeri; e dacchè premevi lingua, premevi ragione di ciò? Or io per voi son di ritorno ver terra. Quatuor seculi si erano dacchè la lasciai. Posciachè belli seculi di virtute furno quello che mi seguì e l'altro di poi; onde non sdegnai approssimarmi, ed imparai ancora, e non poco in terrene cose m'ammaestrorno le pecore di allora (i codici manoscritti in carta pecora). Onde, miei dolcissimi, non vi sia strano e indocile spirto se tale io parlo favella e la mia smenticai.

78.Jacobusha risposto alle osservazioni del Carducci e del D'Ancona, nella seduta del 5 febbraio di quest'anno (mediumGordigiani). Questo piccolo documento non è meno curioso degli altri.

Domanda.Scrivesti tu mai in vita prose italiane o soltanto trattati in latino?

Jacobus.La era lingua più prossima. Solo alle femine si dicea in volgare. Se memoria servemi, in volgare dissi io pure, ma ciò anzi (innanzi) la conversione. O beato Iddio!

Domanda.Ma perchè la lingua delle tue visioni non è quella precisa del tuo tempo?

Jacobus.Ciò può avvenire, madonna e messeri; e dacchè premevi lingua, premevi ragione di ciò? Or io per voi son di ritorno ver terra. Quatuor seculi si erano dacchè la lasciai. Posciachè belli seculi di virtute furno quello che mi seguì e l'altro di poi; onde non sdegnai approssimarmi, ed imparai ancora, e non poco in terrene cose m'ammaestrorno le pecore di allora (i codici manoscritti in carta pecora). Onde, miei dolcissimi, non vi sia strano e indocile spirto se tale io parlo favella e la mia smenticai.

79.Anno XXX, n. 46.

79.Anno XXX, n. 46.

80.Veggasi lo scritto del Parville nella nota in fine di questo volume.

80.Veggasi lo scritto del Parville nella nota in fine di questo volume.

81.Principes generaux de Psychologie physiologique, trad. par A. Penjon. Paris, Germer Baillière, 1876, pag. 164.

81.Principes generaux de Psychologie physiologique, trad. par A. Penjon. Paris, Germer Baillière, 1876, pag. 164.

82.Leggasi nella Nota in fondo a questo volume lo scritto del Conte de Villiers de l'Isle-Adam intorno alla nuova opera del Crookes.

82.Leggasi nella Nota in fondo a questo volume lo scritto del Conte de Villiers de l'Isle-Adam intorno alla nuova opera del Crookes.

83.VoirnosCauseries scientifiques, tomes XIX et XXI. Expériences de la Salpétrière et de la Pitié, expériences de M. Heidenham de Leipzig.

83.VoirnosCauseries scientifiques, tomes XIX et XXI. Expériences de la Salpétrière et de la Pitié, expériences de M. Heidenham de Leipzig.

84.M. Liégeois pose, en concluant son Mémoire, la question de savoir si la justice, connaissant l'influence sur certains temperamens des pratiques hypnotiques, a le droit d'y recourir, afin d'obtenir des aveux ou des éclaircissemens refusés par les accusés lorsqu'ils sont dans leur état normal. Il répond nettement que le magistrat ne saurait se permettre un pareil acte attentatoire à tous les droits de la défense et violant la liberté morale de l'accuse. La question n'est plus de notre domaine; mais le médecin aura toujours le devoir de rechercher si le sujet est impressionnable au point de subir une volontè étrangère. Le champ d'observation et de contrôle sera par cela même considérablement élargi.

84.M. Liégeois pose, en concluant son Mémoire, la question de savoir si la justice, connaissant l'influence sur certains temperamens des pratiques hypnotiques, a le droit d'y recourir, afin d'obtenir des aveux ou des éclaircissemens refusés par les accusés lorsqu'ils sont dans leur état normal. Il répond nettement que le magistrat ne saurait se permettre un pareil acte attentatoire à tous les droits de la défense et violant la liberté morale de l'accuse. La question n'est plus de notre domaine; mais le médecin aura toujours le devoir de rechercher si le sujet est impressionnable au point de subir une volontè étrangère. Le champ d'observation et de contrôle sera par cela même considérablement élargi.

85.L'Homme et l'Intelligence; fragmens de physiologie et de psychologie, par Charles Richet, agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, Alcan, éditeur.

85.L'Homme et l'Intelligence; fragmens de physiologie et de psychologie, par Charles Richet, agrégé de la Faculté de Médecine de Paris, Alcan, éditeur.


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