Chapter 5

Commençons par ce qui s'est passé cette année. Nous avons vescu dans une grande paix, Dieu mercy, entre nous, avec nos gens, et avec tous nos françois. Je suis grandement édifié de tous nos Pères. Le P. Brebeuf[III.]est un homme choisy de Dieu pour ces pays; je l'ay laissé en ma place six mois durant, neuf jours moins, que j'ay hiverné avec les sauvages: tout a procédé toujours en paix. Le [124] Daniel[IV.]et le P. Davost[V.]sont paisibles. Ils ont bien estudié à la langue huronne; j'ay tenu la main qu'ils ne fussent point divertis de cet exercice que ie croy estre de tres grande importance. Le P. Masse[VI.]que je nomme quelquefois en riant, le PèreUtile, est bien cognu de V. R. Il a eu soin des choses domestiques et du bestial que nous avons, en quoy il a très-bien38réussy. Le Père De Nouë,[XI.]qui est d'un bon cœur, a eu soin de nos ouvriers, les conduisant dans leur travail tout à fait difficile en ces commencemens. Notre Frère Gilbert[XII.]s'est [de] fait mieux porté cet hyver que l'autre; aussi n'a-t-il pas été si rigoureux. Je l'ay mis dans sa liberté de retourner à cette année; il a mieux aimé rester. Nous verrons comme il réussira avec nostre Frère Liégeois[XIII.]lequel à mon [125] advis, fera très-bien. Je suis le plus imparfait de tous et le plus impatient. J'ay passé l'hyver avec les Sauvages, comme je viens de dire. La faim nous a pensé tuer; mais Dieu est si présent dans ces difficultés, que ce temps de famine m'a semblé un temps d'abondance; n'estoit que je crains d'excéder, je raconterais à V. R. les sentiments que Dieu donne en ce temps-là. J'avoue que je sentois parfois la faim, et que souvent ces paroles me venoient en la bouche:Panem nostrum quotidianum da nobis hodie; mais jamais je ne songe les avoir prononcées sans adjouster cette conditionsi ita placitum est ante te. Je disois par fois ces autres de saint Xavier d'un assez bon cœur:Domine, ne me his eripias malis, nisi ad majora pro tuo nomine reserves.J'estois consolé jusques dans mon sommeil; mais laissons cecy, car Dieu agissoit pour lors. Voicy ce que je suis: sitost que nous fusmes secourus des créatures, je devins malade de corps et d'âme, Dieu me faisant voir ce qu'il est et ce que je suis. J'estois impatient, dégousté, cherchant la retraite40en notre petite maison. Je taschois bien d'arrêter cet estat de misere; mais, comme mes passions sont toute viciées, je choppois à tous coups, ne rapportant rien de ce voyage que mes deffaults. J'ai couché dans la Relation les causes pour lesquelles je suis revenu peu sçavant en leur langue; c'est asses de ce point. Pour [126] ce qui touche nos hommes, ils entendent tous les matins la sainte Messe devant leur travail; le soir ils viennent tous à la chapelle, où on fait les prières que j'envoye à V. R. Nous chantons vespres les festes et les dimanches, et on leur fait quasi tous les dimanches une exhortation. Outre cecy, on presche à Kébec; on y chante aussy les vespres, parfois la grande Messe. Voilà sommairement nos occupations de cette année passée; la Relation en parle plus amplement.

Commençons par ce qui s'est passé cette année. Nous avons vescu dans une grande paix, Dieu mercy, entre nous, avec nos gens, et avec tous nos françois. Je suis grandement édifié de tous nos Pères. Le P. Brebeuf[III.]est un homme choisy de Dieu pour ces pays; je l'ay laissé en ma place six mois durant, neuf jours moins, que j'ay hiverné avec les sauvages: tout a procédé toujours en paix. Le [124] Daniel[IV.]et le P. Davost[V.]sont paisibles. Ils ont bien estudié à la langue huronne; j'ay tenu la main qu'ils ne fussent point divertis de cet exercice que ie croy estre de tres grande importance. Le P. Masse[VI.]que je nomme quelquefois en riant, le PèreUtile, est bien cognu de V. R. Il a eu soin des choses domestiques et du bestial que nous avons, en quoy il a très-bien38réussy. Le Père De Nouë,[XI.]qui est d'un bon cœur, a eu soin de nos ouvriers, les conduisant dans leur travail tout à fait difficile en ces commencemens. Notre Frère Gilbert[XII.]s'est [de] fait mieux porté cet hyver que l'autre; aussi n'a-t-il pas été si rigoureux. Je l'ay mis dans sa liberté de retourner à cette année; il a mieux aimé rester. Nous verrons comme il réussira avec nostre Frère Liégeois[XIII.]lequel à mon [125] advis, fera très-bien. Je suis le plus imparfait de tous et le plus impatient. J'ay passé l'hyver avec les Sauvages, comme je viens de dire. La faim nous a pensé tuer; mais Dieu est si présent dans ces difficultés, que ce temps de famine m'a semblé un temps d'abondance; n'estoit que je crains d'excéder, je raconterais à V. R. les sentiments que Dieu donne en ce temps-là. J'avoue que je sentois parfois la faim, et que souvent ces paroles me venoient en la bouche:Panem nostrum quotidianum da nobis hodie; mais jamais je ne songe les avoir prononcées sans adjouster cette conditionsi ita placitum est ante te. Je disois par fois ces autres de saint Xavier d'un assez bon cœur:Domine, ne me his eripias malis, nisi ad majora pro tuo nomine reserves.J'estois consolé jusques dans mon sommeil; mais laissons cecy, car Dieu agissoit pour lors. Voicy ce que je suis: sitost que nous fusmes secourus des créatures, je devins malade de corps et d'âme, Dieu me faisant voir ce qu'il est et ce que je suis. J'estois impatient, dégousté, cherchant la retraite40en notre petite maison. Je taschois bien d'arrêter cet estat de misere; mais, comme mes passions sont toute viciées, je choppois à tous coups, ne rapportant rien de ce voyage que mes deffaults. J'ai couché dans la Relation les causes pour lesquelles je suis revenu peu sçavant en leur langue; c'est asses de ce point. Pour [126] ce qui touche nos hommes, ils entendent tous les matins la sainte Messe devant leur travail; le soir ils viennent tous à la chapelle, où on fait les prières que j'envoye à V. R. Nous chantons vespres les festes et les dimanches, et on leur fait quasi tous les dimanches une exhortation. Outre cecy, on presche à Kébec; on y chante aussy les vespres, parfois la grande Messe. Voilà sommairement nos occupations de cette année passée; la Relation en parle plus amplement.

Let us begin with what has occurred this year. We have lived in great peace, thank God, among ourselves, with our working people, and with all the french. I have been greatly pleased with all our Fathers. Father Brebeuf[VII.]is a man chosen of God for these lands; I left him in my place for six months, with the exception of nine days, while I passed the winter with the savages. Everything went on peacefully during that time. [124] Father Daniel[VIII.]and Father Davost[IX.]are quiet men. They have studied the Huron language thoroughly, and I have taken care that they should not be diverted from this work, which I believe to be of very great importance. Father Masse,[X.]whom I sometimes playfully call FatherUseful, is well known to Your Reverence. He has had the care of the domestic affairsand of our cattle, in which he has succeeded very well. Father de Nouë,[XIV.]who has a good heart, has had the care of our laborers, directing them in their work, which is very difficult in these beginnings. Our Brother Gilbert[XV.]has felt better this winter than the last, as it has not been so severe. I gave him liberty to return this year, but he preferred to remain. We shall see how he will succeed with our Brother Liégeois[XVI.]who, in my [125] opinion, will do very well. I am the most imperfect of all and the most impatient. I have passed the winter with the Savages, as I have just said. Famine almost killed us; but God is so present in these difficulties, that this time of famine seemed to me a time of abundance; were it not that I am afraid of wearying you, I would recount to Your Reverence the sentiments with which God inspired me at that time. I confess that I sometimes experienced hunger, and that often these words came to my lips:Panem nostrum quotidianum da nobis hodie; but I think I never pronounced them without adding this condition:si ita placitum est ante te. I also occasionally repeated these words of saint Xavier with a very good heart:Domine, ne me his eripias malis, nisi ad majora pro tuo nomine reserves. I was consoled even in my sleep; but let us leave this, for God was acting then. This is what I am: as soon as we were assisted by creatures, I became sick in body and in soul, God causing me to see what he is and what I am. Iwas impatient, disgusted, seeking a retreat in our little house. I tried to put an end to this condition of misery; but, as my passions are altogether depraved, I stumbled at every step, bringing back nothing from this journey except my faults. I have set down in my Relation the reasons why I returned, knowing little about their language; enough upon this subject. As [126] to what concerns our men: every morning they hear holy Mass before their work, and in the evening all come to chapel, where the prayers which I send to Your Reverence are recited. We sing vespers on feast days and sundays, and almost every sunday an exhortation is made to them. Besides, there is preaching at Kébec, where they also sing vespers, and occasionally a high Mass. This is the outline of our occupations during this last year; the Relation speaks thereof more fully.

Let us begin with what has occurred this year. We have lived in great peace, thank God, among ourselves, with our working people, and with all the french. I have been greatly pleased with all our Fathers. Father Brebeuf[VII.]is a man chosen of God for these lands; I left him in my place for six months, with the exception of nine days, while I passed the winter with the savages. Everything went on peacefully during that time. [124] Father Daniel[VIII.]and Father Davost[IX.]are quiet men. They have studied the Huron language thoroughly, and I have taken care that they should not be diverted from this work, which I believe to be of very great importance. Father Masse,[X.]whom I sometimes playfully call FatherUseful, is well known to Your Reverence. He has had the care of the domestic affairsand of our cattle, in which he has succeeded very well. Father de Nouë,[XIV.]who has a good heart, has had the care of our laborers, directing them in their work, which is very difficult in these beginnings. Our Brother Gilbert[XV.]has felt better this winter than the last, as it has not been so severe. I gave him liberty to return this year, but he preferred to remain. We shall see how he will succeed with our Brother Liégeois[XVI.]who, in my [125] opinion, will do very well. I am the most imperfect of all and the most impatient. I have passed the winter with the Savages, as I have just said. Famine almost killed us; but God is so present in these difficulties, that this time of famine seemed to me a time of abundance; were it not that I am afraid of wearying you, I would recount to Your Reverence the sentiments with which God inspired me at that time. I confess that I sometimes experienced hunger, and that often these words came to my lips:Panem nostrum quotidianum da nobis hodie; but I think I never pronounced them without adding this condition:si ita placitum est ante te. I also occasionally repeated these words of saint Xavier with a very good heart:Domine, ne me his eripias malis, nisi ad majora pro tuo nomine reserves. I was consoled even in my sleep; but let us leave this, for God was acting then. This is what I am: as soon as we were assisted by creatures, I became sick in body and in soul, God causing me to see what he is and what I am. Iwas impatient, disgusted, seeking a retreat in our little house. I tried to put an end to this condition of misery; but, as my passions are altogether depraved, I stumbled at every step, bringing back nothing from this journey except my faults. I have set down in my Relation the reasons why I returned, knowing little about their language; enough upon this subject. As [126] to what concerns our men: every morning they hear holy Mass before their work, and in the evening all come to chapel, where the prayers which I send to Your Reverence are recited. We sing vespers on feast days and sundays, and almost every sunday an exhortation is made to them. Besides, there is preaching at Kébec, where they also sing vespers, and occasionally a high Mass. This is the outline of our occupations during this last year; the Relation speaks thereof more fully.

Pour l'année que nous allons commencer au départ des vaisseaux, voicy comme nous serons distribués et ce que nous ferons.

Pour l'année que nous allons commencer au départ des vaisseaux, voicy comme nous serons distribués et ce que nous ferons.

For the year which we are about to begin at the departure of the ships, this is the way in which we shall be distributed and what we shall do:

For the year which we are about to begin at the departure of the ships, this is the way in which we shall be distributed and what we shall do:

Le P. Brebeuf, le P. Daniel et le P. Davost, avec trois braves jeunes hommes et deux petits garçons, seront aux Hurons. Enfin nostre Seigneur leur a ouvert la porte. M. Duplessis[XVII.]y a grandement contribué, disons M. de Lauson, qui luy avait sans doute recommandé ce point, dont il s'est très-bien acquitté, comme V. R. verra par la lettre que le P. Brebeuf m'a envoyée du chemin des Hurons. Je croy qu'ils sont maintenant bien près du lieu où ils prétendent aller. Ce coup est un coup du ciel; nous espérons une grande moisson de ces pays. Le P. [127] Brebeuf42et le P. Daniel se jetèrent dans les dangers de bien souffrir; car ils s'en allèrent sans bagages ny sans la monnoie nécessaire pour vivre. Dieu y a pourvu, car M. Duplessis a tenu la main que tout passast. Voilà pour les Hurons.

Le P. Brebeuf, le P. Daniel et le P. Davost, avec trois braves jeunes hommes et deux petits garçons, seront aux Hurons. Enfin nostre Seigneur leur a ouvert la porte. M. Duplessis[XVII.]y a grandement contribué, disons M. de Lauson, qui luy avait sans doute recommandé ce point, dont il s'est très-bien acquitté, comme V. R. verra par la lettre que le P. Brebeuf m'a envoyée du chemin des Hurons. Je croy qu'ils sont maintenant bien près du lieu où ils prétendent aller. Ce coup est un coup du ciel; nous espérons une grande moisson de ces pays. Le P. [127] Brebeuf42et le P. Daniel se jetèrent dans les dangers de bien souffrir; car ils s'en allèrent sans bagages ny sans la monnoie nécessaire pour vivre. Dieu y a pourvu, car M. Duplessis a tenu la main que tout passast. Voilà pour les Hurons.

Father Brebeuf, Father Daniel, and Father Davost, with three brave young men and two little boys, will be among the Hurons. At last our Lord has opened to them the door. M. Duplessis[XVIII.]has aided greatly in this; let us say M. de Lauson, who has without doubt recommended this affair to him, of which he has acquitted himself very well, as Your Reverence will see by the letter which Father Brebeuf has sent me on his way to the Hurons. I believe that they must now be quite near the place where they intend to go. This stroke is a stroke from heaven; we shallhope for a great harvest from this country. Father [127] Brebeuf and Father Daniel exposed themselves to great suffering; for they went away without baggage, or without the money necessary to live. God has provided therefor, as M. Duplessis has taken care that all should go well. So much for the Hurons.

Father Brebeuf, Father Daniel, and Father Davost, with three brave young men and two little boys, will be among the Hurons. At last our Lord has opened to them the door. M. Duplessis[XVIII.]has aided greatly in this; let us say M. de Lauson, who has without doubt recommended this affair to him, of which he has acquitted himself very well, as Your Reverence will see by the letter which Father Brebeuf has sent me on his way to the Hurons. I believe that they must now be quite near the place where they intend to go. This stroke is a stroke from heaven; we shallhope for a great harvest from this country. Father [127] Brebeuf and Father Daniel exposed themselves to great suffering; for they went away without baggage, or without the money necessary to live. God has provided therefor, as M. Duplessis has taken care that all should go well. So much for the Hurons.

Nous demeurerons aux Trois-Rivières, le P. Buteux[XIX.]et moy. Ce lieu est sur le grand fleuve, 30 lieues plus haut que Kébec, sur le chemin des Hurons; on le nomme les Trois-Rivières pour ce qu'une certaine rivière qui vient des terres se dégorge dans le grand fleuve par trois embouchures. Nos François commencent là cette année une habitation; il y fault deux de nos Pères. J'ay esté fort longtemps en balance qui y pourroit aller. Le P. Brebeuf et le P. de Nouë estoient d'advis que je demeurasse à Kébec; mais j'ay recognu que le P. Lalemant[XX.]appréhendoit cette nouvelle demeure, y croyant qu'il n'en reviendroit pas si on l'y envoyoit, s'offrant néanmoins de bon cœur à faire ce qu'on voudroit. Il est vray qu'il y meurt ordinairement quelques personnes en ces commencemens; mais la mort n'est pas toujours un grand mal.

Nous demeurerons aux Trois-Rivières, le P. Buteux[XIX.]et moy. Ce lieu est sur le grand fleuve, 30 lieues plus haut que Kébec, sur le chemin des Hurons; on le nomme les Trois-Rivières pour ce qu'une certaine rivière qui vient des terres se dégorge dans le grand fleuve par trois embouchures. Nos François commencent là cette année une habitation; il y fault deux de nos Pères. J'ay esté fort longtemps en balance qui y pourroit aller. Le P. Brebeuf et le P. de Nouë estoient d'advis que je demeurasse à Kébec; mais j'ay recognu que le P. Lalemant[XX.]appréhendoit cette nouvelle demeure, y croyant qu'il n'en reviendroit pas si on l'y envoyoit, s'offrant néanmoins de bon cœur à faire ce qu'on voudroit. Il est vray qu'il y meurt ordinairement quelques personnes en ces commencemens; mais la mort n'est pas toujours un grand mal.

We shall live at Three Rivers, Father Buteux[XXI.]and I. This place is upon the great river, 30 leagues farther up than Kébec, upon the way to the Hurons; it is called Three Rivers, because a certain river which flows through the land empties into the great river by three mouths. Our French people are this year beginning a settlement there, and two of our Fathers must be there.4I have been doubtful for a long time as to who should go. Father Brebeuf and Father de Nouë thought that I should remain at Kébec; but I perceived that Father Lalemant[XXII.]was apprehensive of this new abode, believing that he would never return if he were sent there, offering himself freely, however, to do what should be desired. It is true that some persons generally die in these beginnings, but death is not always a great evil.

We shall live at Three Rivers, Father Buteux[XXI.]and I. This place is upon the great river, 30 leagues farther up than Kébec, upon the way to the Hurons; it is called Three Rivers, because a certain river which flows through the land empties into the great river by three mouths. Our French people are this year beginning a settlement there, and two of our Fathers must be there.4I have been doubtful for a long time as to who should go. Father Brebeuf and Father de Nouë thought that I should remain at Kébec; but I perceived that Father Lalemant[XXII.]was apprehensive of this new abode, believing that he would never return if he were sent there, offering himself freely, however, to do what should be desired. It is true that some persons generally die in these beginnings, but death is not always a great evil.

Après avoir recommandé l'affaire à nostre Seigneur, [128] je me suis résolu d'y aller moy-mesme pour les raison suivantes:

Après avoir recommandé l'affaire à nostre Seigneur, [128] je me suis résolu d'y aller moy-mesme pour les raison suivantes:

After having commended this affair to our Lord, [128] I resolved to go there myself, for the following reasons:

After having commended this affair to our Lord, [128] I resolved to go there myself, for the following reasons:

1º J'ay creu que je ne faisois rien contre le dessein de V. R. quittant la maison pour sept ou huit mois; car je peux retourner au printemps, je ne sçay néanmoins si je reviendray devant la venuë des vaisseaux;44de plus, je laisse entre les mains d'une personne qui fera mieux que moy cent fois,quis ego sum? un atome à comparaison de luy. Je doutois de son estomac pour les prédications de Kébec; mais l'auditoire est petit, et il ne trouve aucun inconvénient en cela;

1º J'ay creu que je ne faisois rien contre le dessein de V. R. quittant la maison pour sept ou huit mois; car je peux retourner au printemps, je ne sçay néanmoins si je reviendray devant la venuë des vaisseaux;44de plus, je laisse entre les mains d'une personne qui fera mieux que moy cent fois,quis ego sum? un atome à comparaison de luy. Je doutois de son estomac pour les prédications de Kébec; mais l'auditoire est petit, et il ne trouve aucun inconvénient en cela;

1st. I believed that I was doing nothing contrary to the designs of Your Reverence in leaving the house for seven or eight months, for I can return in the spring; however, I do not know whether I shall come back before the coming of the ships. Moreover,I leave it in the hands of a person who will do a hundred times better than I, forquis ego sum?an atom in comparison with him. I had some doubts in regard to the strength of his voice for preaching at Kébec; but the audience room is small, and he does not find any inconvenience therein.

1st. I believed that I was doing nothing contrary to the designs of Your Reverence in leaving the house for seven or eight months, for I can return in the spring; however, I do not know whether I shall come back before the coming of the ships. Moreover,I leave it in the hands of a person who will do a hundred times better than I, forquis ego sum?an atom in comparison with him. I had some doubts in regard to the strength of his voice for preaching at Kébec; but the audience room is small, and he does not find any inconvenience therein.

2º J'ay creu que notre Seigneur aurait pour agréable que je donnasse ce contentement au Père, de ne point quitter Kébec, où nous sommes desjà un petit accommodés, et que s'il y a du danger, que je le dois prendre pour moy;

2º J'ay creu que notre Seigneur aurait pour agréable que je donnasse ce contentement au Père, de ne point quitter Kébec, où nous sommes desjà un petit accommodés, et que s'il y a du danger, que je le dois prendre pour moy;

2nd. I thought that it would be more agreeable to our Lord that I should give the Father this satisfaction, that he need not leave Kébec, where we are rather comfortably situated; and that, if there be any danger, I ought to take it upon myself.

2nd. I thought that it would be more agreeable to our Lord that I should give the Father this satisfaction, that he need not leave Kébec, where we are rather comfortably situated; and that, if there be any danger, I ought to take it upon myself.

3º Le fils de Dieu mourant en croix nous a déterminés à la croix, il ne la faut donc pas fuir quand elle se presente; c'est ma plus forte raison, on souffre il est vray dans une nouvelle habitation, notamment précipitée comme celle-là. Je ne sçay comme sera faite la maison; estre pesle-mesle avec des artisans, boire, manger, dormir avec eux; ils ne sçauroient faire là aucune provision de quoy que ce soit; tout cela ne m'estonne point; les cabannes des sauvages que j'ay habitées cet hiver [129] sont bien pires. Le P. Buteux me resjouit: car il prend cela de bon cœur; je le voy fort resolu à la croix. V. R. a raison de dire que c'est l'esprit qu'il faut avoir. Nous estudierons là la langue, quoy qu'avec moins de commodité qu'à Kébec, à cause du logement, où il y aura un plus grand tintamarre que dans les cabanes des sauvages; car nos français avec lesquels nous serons tous ensemble, ne sont pas si paisibles et si patiens que ces barbares. De plus je voulois prendre cet hiver un sauvage avec moy à Kébec pour m'instruire, puis que je commence à les pouvoir interroger: cela ne se pourra pas faire aux Trois-Rivières, mais il n'importe, je feray ce que je pourray.

3º Le fils de Dieu mourant en croix nous a déterminés à la croix, il ne la faut donc pas fuir quand elle se presente; c'est ma plus forte raison, on souffre il est vray dans une nouvelle habitation, notamment précipitée comme celle-là. Je ne sçay comme sera faite la maison; estre pesle-mesle avec des artisans, boire, manger, dormir avec eux; ils ne sçauroient faire là aucune provision de quoy que ce soit; tout cela ne m'estonne point; les cabannes des sauvages que j'ay habitées cet hiver [129] sont bien pires. Le P. Buteux me resjouit: car il prend cela de bon cœur; je le voy fort resolu à la croix. V. R. a raison de dire que c'est l'esprit qu'il faut avoir. Nous estudierons là la langue, quoy qu'avec moins de commodité qu'à Kébec, à cause du logement, où il y aura un plus grand tintamarre que dans les cabanes des sauvages; car nos français avec lesquels nous serons tous ensemble, ne sont pas si paisibles et si patiens que ces barbares. De plus je voulois prendre cet hiver un sauvage avec moy à Kébec pour m'instruire, puis que je commence à les pouvoir interroger: cela ne se pourra pas faire aux Trois-Rivières, mais il n'importe, je feray ce que je pourray.

3rd. The son of God, dying upon the cross, has obligated us to bear the cross, so we should not flee from it when it presents itself; this is my strongest reason, for in truth there is suffering in a new settlement, especially in one established so hurriedly as that one. I do not know how the house will be arranged; we shall be mixed up with workingmen, drinking, eating, and sleeping with them; they cannot make other provision for us of any kind whatever. All this does not appall me, for the cabins of the savages, in which I lived this winter, [129] are much worse. Father Buteux pleases me greatly, for he takes this cheerfully; I see him strongly determined to bear the cross. Your Reverence is right in saying that this is the kind of spirit that we should have. We shall study the language there, although less advantageously than at Kébec, on account of the lodging, in which there will be a greater hubbub than in the cabins of the savages; for our french people, with whom we shall be in company, are not so calm and patient as these barbarians. Furthermore, I had intended this winter to keep a savage with me at Kébec to instruct me, since I am beginning to beable to question them; this cannot be done at Three Rivers; but it is of no importance, I shall do what I can.

3rd. The son of God, dying upon the cross, has obligated us to bear the cross, so we should not flee from it when it presents itself; this is my strongest reason, for in truth there is suffering in a new settlement, especially in one established so hurriedly as that one. I do not know how the house will be arranged; we shall be mixed up with workingmen, drinking, eating, and sleeping with them; they cannot make other provision for us of any kind whatever. All this does not appall me, for the cabins of the savages, in which I lived this winter, [129] are much worse. Father Buteux pleases me greatly, for he takes this cheerfully; I see him strongly determined to bear the cross. Your Reverence is right in saying that this is the kind of spirit that we should have. We shall study the language there, although less advantageously than at Kébec, on account of the lodging, in which there will be a greater hubbub than in the cabins of the savages; for our french people, with whom we shall be in company, are not so calm and patient as these barbarians. Furthermore, I had intended this winter to keep a savage with me at Kébec to instruct me, since I am beginning to beable to question them; this cannot be done at Three Rivers; but it is of no importance, I shall do what I can.

46Resteront à Kébec le P. Lallemant, le P. Masse, le P. de Nouë et nos deux Frères avec tous nos hommes. La douceur et la vertu du P. Lallemant tiendra tout en paix, et fera réussir le travail de nos gens. Envoyer le P. de Nouë et le P. Brebeuf aux Trois-Rivières, je ne voyois point d'apparence, 1º pour ce que le P. de Nouë gouverne ici nos hommes; 2º le Pere Buteux eust perdu une année, il n'auroit rien fait du tout en la langue; 3ºSatis calidus est, licet alioquin optimus, P. de Nouë; il falloit donc que le P. Lallemant ou moy y allassions: j'ay pris le sort pour moy, croyant laisser la maison en plus grande paix que si je fusse demeuré, [130] je croy que V. R. approuvera mon procedé; du moins j'ay pensé suivre en cecy le mouvement de Dieu: qu'il soit loué pour un jamais! Voilà ce que nous ferons cette année. C'est une grande occupation que de bien souffrir, Dieu nous en fasse la grace! Parlons maintenant de nos serviteurs domestiques.

46Resteront à Kébec le P. Lallemant, le P. Masse, le P. de Nouë et nos deux Frères avec tous nos hommes. La douceur et la vertu du P. Lallemant tiendra tout en paix, et fera réussir le travail de nos gens. Envoyer le P. de Nouë et le P. Brebeuf aux Trois-Rivières, je ne voyois point d'apparence, 1º pour ce que le P. de Nouë gouverne ici nos hommes; 2º le Pere Buteux eust perdu une année, il n'auroit rien fait du tout en la langue; 3ºSatis calidus est, licet alioquin optimus, P. de Nouë; il falloit donc que le P. Lallemant ou moy y allassions: j'ay pris le sort pour moy, croyant laisser la maison en plus grande paix que si je fusse demeuré, [130] je croy que V. R. approuvera mon procedé; du moins j'ay pensé suivre en cecy le mouvement de Dieu: qu'il soit loué pour un jamais! Voilà ce que nous ferons cette année. C'est une grande occupation que de bien souffrir, Dieu nous en fasse la grace! Parlons maintenant de nos serviteurs domestiques.

There will remain at Kébec, Father Lallemant, Father Masse, Father de Nouë, and our two Brothers, with all our men.6The gentleness and virtue of Father Lallemant will hold all in peace, and will cause the work of our people to prosper. I did not think it feasible to send Father de Nouë and Father Brebeuf to Three Rivers,—1st, because Father de Nouë looks after our men here; 2nd, Father Buteux would have lost a year, he would have done nothing at all in the language; 3rd,Satis calidus est, licet alioquin optimus, P. de Nouë; so Father Lallemant or I myself had to go. I have chosen this lot for myself, believing that I should leave the house in greater peace than if I remained, [130] and I believe that Your Reverence will approve my action; at least I thought I was following in this an impulse from God; may he be forever praised! So that is what we shall do this year. It is a great occupation, to suffer nobly; may God give us grace for it! Let us speak now of our household servants.

There will remain at Kébec, Father Lallemant, Father Masse, Father de Nouë, and our two Brothers, with all our men.6The gentleness and virtue of Father Lallemant will hold all in peace, and will cause the work of our people to prosper. I did not think it feasible to send Father de Nouë and Father Brebeuf to Three Rivers,—1st, because Father de Nouë looks after our men here; 2nd, Father Buteux would have lost a year, he would have done nothing at all in the language; 3rd,Satis calidus est, licet alioquin optimus, P. de Nouë; so Father Lallemant or I myself had to go. I have chosen this lot for myself, believing that I should leave the house in greater peace than if I remained, [130] and I believe that Your Reverence will approve my action; at least I thought I was following in this an impulse from God; may he be forever praised! So that is what we shall do this year. It is a great occupation, to suffer nobly; may God give us grace for it! Let us speak now of our household servants.

J'ay dit que nous avions esté en paix de tous costés. Les murmures qui arrivent par fois et les escapades ne doivent pas estre mis dans les grands désordres, quand on se releve aussy tost qu'on est tombé, et quand la chute n'est pas grande. Quelques-uns de nos hommes ont quelque fois témoigné quelque impatience; mais nous avons subject de benir Dieu, car rien ne s'est passé de notable. Voici les causes de leurs mécontentemens.

J'ay dit que nous avions esté en paix de tous costés. Les murmures qui arrivent par fois et les escapades ne doivent pas estre mis dans les grands désordres, quand on se releve aussy tost qu'on est tombé, et quand la chute n'est pas grande. Quelques-uns de nos hommes ont quelque fois témoigné quelque impatience; mais nous avons subject de benir Dieu, car rien ne s'est passé de notable. Voici les causes de leurs mécontentemens.

I have said that we lived peacefully on all sides. The murmurs and escapades which occasionally happen should not be placed in the list of great disorders, when one rises as soon as he has fallen, and when the fall is not great. A number of our men have occasionally shown some impatience; but we have reason to bless God, for nothing of importance has happened. Here are the causes for their discontent.

I have said that we lived peacefully on all sides. The murmurs and escapades which occasionally happen should not be placed in the list of great disorders, when one rises as soon as he has fallen, and when the fall is not great. A number of our men have occasionally shown some impatience; but we have reason to bless God, for nothing of importance has happened. Here are the causes for their discontent.

1º C'est le naturel des artisans de se plaindre et de gronder.

1º C'est le naturel des artisans de se plaindre et de gronder.

1st. It is the nature of working people to complain and to grumble.

1st. It is the nature of working people to complain and to grumble.

2º La diversité des gages les fait murmurer: un charpentier, un briquettier et autres, gagneront beaucoup plus que les manœuvres, et cependant ils ne travaillent48pas tant, je veux dire qu'ils n'ont pas tant de peine que les autres, à raison qu'ils font leur mestier, et les autres font des choses fort difficiles:inde querimoniæ. Ils ne considèrent pas qu'un maistre masson a moins de peine qu'un manœuvre, quoy qu'il gagne davantage.

2º La diversité des gages les fait murmurer: un charpentier, un briquettier et autres, gagneront beaucoup plus que les manœuvres, et cependant ils ne travaillent48pas tant, je veux dire qu'ils n'ont pas tant de peine que les autres, à raison qu'ils font leur mestier, et les autres font des choses fort difficiles:inde querimoniæ. Ils ne considèrent pas qu'un maistre masson a moins de peine qu'un manœuvre, quoy qu'il gagne davantage.

2nd. The difference in wages makes them complain: A carpenter, a brickmaker, and others will earn more than the laborers, and yet they do not work so much; I mean that it is not so hard for them as for the others, because they are following their professions, and the others are doing more laborious things:inde querimoniæ. They do not consider that a master-mason may exert himself less than a laborer, although he earns more.

2nd. The difference in wages makes them complain: A carpenter, a brickmaker, and others will earn more than the laborers, and yet they do not work so much; I mean that it is not so hard for them as for the others, because they are following their professions, and the others are doing more laborious things:inde querimoniæ. They do not consider that a master-mason may exert himself less than a laborer, although he earns more.

[131] 3º La plus part ne font point leurs mestiers, sinon pour un peu de temps; un cousturier, un cordonnier, un jardinier et les autres se trouvent estonnés, quand il faut traisner du bois sur la neige; en outre ils se plaignent qu'ils oublieront leur art.

[131] 3º La plus part ne font point leurs mestiers, sinon pour un peu de temps; un cousturier, un cordonnier, un jardinier et les autres se trouvent estonnés, quand il faut traisner du bois sur la neige; en outre ils se plaignent qu'ils oublieront leur art.

[131] 3rd. The greater part do not follow their trades, except for a short time; a tailor, a shoemaker, a gardener, and others, are amazed when required to drag some wood over the snow; besides, they complain that they will forget their trades.

[131] 3rd. The greater part do not follow their trades, except for a short time; a tailor, a shoemaker, a gardener, and others, are amazed when required to drag some wood over the snow; besides, they complain that they will forget their trades.

4º Il faut confesser que les travaux sont grands en ces commencemens: les hommes sont les chevaux et les bœufs; ils apportent ou traisnent les bois, les arbres, la pierre; ils labourent la terre; ils la hercent. Les mouches de l'esté, les neiges de l'hyver et mille autres incomodités sont importunes: des jeunes gens qui travailloient à l'ombre dans la France, trouvent icy un grand changement. Je m'estonne que la peine qu'ils ont, en des choses qu'ils n'ont jamais faites, ne les fait crier plus hault qu'ils ne crient.

4º Il faut confesser que les travaux sont grands en ces commencemens: les hommes sont les chevaux et les bœufs; ils apportent ou traisnent les bois, les arbres, la pierre; ils labourent la terre; ils la hercent. Les mouches de l'esté, les neiges de l'hyver et mille autres incomodités sont importunes: des jeunes gens qui travailloient à l'ombre dans la France, trouvent icy un grand changement. Je m'estonne que la peine qu'ils ont, en des choses qu'ils n'ont jamais faites, ne les fait crier plus hault qu'ils ne crient.

4th. It must be confessed that the work is great in these beginnings; the men are the horses and oxen; they carry or drag wood, trees, or stones; they till the soil, they harrow it. The insects in summer, the snows in winter, and a thousand other inconveniences, are very troublesome. The youth who in France worked in the shade find here a great difference. I am astonished that the hardships they have to undergo, in doing things they have never done before, do not cause them to make a greater outcry than they do.

4th. It must be confessed that the work is great in these beginnings; the men are the horses and oxen; they carry or drag wood, trees, or stones; they till the soil, they harrow it. The insects in summer, the snows in winter, and a thousand other inconveniences, are very troublesome. The youth who in France worked in the shade find here a great difference. I am astonished that the hardships they have to undergo, in doing things they have never done before, do not cause them to make a greater outcry than they do.

5º Ils sont tous logés dans une mesme chambre, et, comme ils n'ont pas tous leurs passions bien domptées et qu'ils sont d'humeurs bien différentes, ils ont des subjects de discord sans subject.

5º Ils sont tous logés dans une mesme chambre, et, comme ils n'ont pas tous leurs passions bien domptées et qu'ils sont d'humeurs bien différentes, ils ont des subjects de discord sans subject.

5th. They all lodge in one room; and, as they have not all learned to control their passions, and are of dispositions altogether different, they have occasions for causeless quarrels.

5th. They all lodge in one room; and, as they have not all learned to control their passions, and are of dispositions altogether different, they have occasions for causeless quarrels.

6º Comme il faut que nous passions par leurs mains, ne les pouvant renvoyer quand ils manquent, et comme ils voyent qu'un baston n'est pas bien servi en notre main pour les chastier, ils font plus aisément des renchères, qu'ils ne feroient avec des séculiers qui les presseroient fort et ferme.

6º Comme il faut que nous passions par leurs mains, ne les pouvant renvoyer quand ils manquent, et comme ils voyent qu'un baston n'est pas bien servi en notre main pour les chastier, ils font plus aisément des renchères, qu'ils ne feroient avec des séculiers qui les presseroient fort et ferme.

6th. As we are more or less dependent upon them, not being able to send them back when they fail to do right, and as they see that a stick for the purpose of chastising them is of little use in our hands, they are much more arrogant than they would be withlaymen, who would urge them with severity and firmness.

6th. As we are more or less dependent upon them, not being able to send them back when they fail to do right, and as they see that a stick for the purpose of chastising them is of little use in our hands, they are much more arrogant than they would be withlaymen, who would urge them with severity and firmness.

Que V. R. pèse toutes ces raisons, s'il luy plaict, [132] et elle nous aidera à benir Dieu; car avec tout50cela nous n'avons pas laissé de passer l'année paisiblement, tançant quelques uns, en punissant quelques autres, quoyque très rarement, dissimulant fort souvent,Deus sit in æternum benedictus!et, comme ce n'est pas assés que la paix soit chez nous, mais il la faut très-profonde, s'il y a moyen, j'estime qu'il serait bon de faire ce que je vay dire.

Que V. R. pèse toutes ces raisons, s'il luy plaict, [132] et elle nous aidera à benir Dieu; car avec tout50cela nous n'avons pas laissé de passer l'année paisiblement, tançant quelques uns, en punissant quelques autres, quoyque très rarement, dissimulant fort souvent,Deus sit in æternum benedictus!et, comme ce n'est pas assés que la paix soit chez nous, mais il la faut très-profonde, s'il y a moyen, j'estime qu'il serait bon de faire ce que je vay dire.

Your Reverence will weigh all these reasons, if you please, [132] and will aid us in praising God; for notwithstanding all this, we have not failed to pass the year peaceably, reprimanding some, punishing others, though rarely—very often pretending not to see;Deus sit in æternum benedictus!and, as it is not enough that peace should dwell among us, but that it should be firmly established, if it be possible, I deem it best to do what I am about to say.

Your Reverence will weigh all these reasons, if you please, [132] and will aid us in praising God; for notwithstanding all this, we have not failed to pass the year peaceably, reprimanding some, punishing others, though rarely—very often pretending not to see;Deus sit in æternum benedictus!and, as it is not enough that peace should dwell among us, but that it should be firmly established, if it be possible, I deem it best to do what I am about to say.

Il ne faudroit icy que des hommes de bon travail: voila pour quoy il seroit bon que nous eussions trois braves Frères pour les menus offices de la maison, pour la cuisine, la boulangerie, la cordonnerie, la cousturierie, le jardin, la sacristie, les lessives, la serrurerie, le soin du bestial, du laitage, du beurre, etc. On diviseroit tous ces offices entre ces trois bons Frères, et ainsy on seroit délivré de donner des gages à des ouvriers qu'on occupe en ces offices, et qui se plaignent quand on les occupe en d'autres choses. Tous nos hommes seroient dans les grosses besognes, et par consequent je supplie V. R. de nous envoyer deux bons Frères. Nostre Frère Liegeois, qui commence fort bien, sera le troisième. Pour notre Frère Gilbert peut-estre le renvoira-t-on: sinon il travaillera à la menuiserie tout doucement, car il est desjà bien cassé et gêné d'une rupture. Voicy les Frères sur lesquels j'arresterois ma pensée, si V. R. le trouvoit bon: nostre [133] Frère Claude Frémont et notre Frère le serrurier, qu'elle nous promet par ses lettres d'envoyer l'an prochain. Je ne cognois ni luy ni l'autre; on me dit qu'ils sont tous deux paisibles et de bon travail. Si cela est, V. R. nous les donnera, s'il luy plaist. On en pourroit bien envoyer un aux Hurons ou aux Trois-Rivières, selon le cours des affaires.

Il ne faudroit icy que des hommes de bon travail: voila pour quoy il seroit bon que nous eussions trois braves Frères pour les menus offices de la maison, pour la cuisine, la boulangerie, la cordonnerie, la cousturierie, le jardin, la sacristie, les lessives, la serrurerie, le soin du bestial, du laitage, du beurre, etc. On diviseroit tous ces offices entre ces trois bons Frères, et ainsy on seroit délivré de donner des gages à des ouvriers qu'on occupe en ces offices, et qui se plaignent quand on les occupe en d'autres choses. Tous nos hommes seroient dans les grosses besognes, et par consequent je supplie V. R. de nous envoyer deux bons Frères. Nostre Frère Liegeois, qui commence fort bien, sera le troisième. Pour notre Frère Gilbert peut-estre le renvoira-t-on: sinon il travaillera à la menuiserie tout doucement, car il est desjà bien cassé et gêné d'une rupture. Voicy les Frères sur lesquels j'arresterois ma pensée, si V. R. le trouvoit bon: nostre [133] Frère Claude Frémont et notre Frère le serrurier, qu'elle nous promet par ses lettres d'envoyer l'an prochain. Je ne cognois ni luy ni l'autre; on me dit qu'ils sont tous deux paisibles et de bon travail. Si cela est, V. R. nous les donnera, s'il luy plaist. On en pourroit bien envoyer un aux Hurons ou aux Trois-Rivières, selon le cours des affaires.

Only good workmen are needed here; hence it would be well for us to have three capable Brothers, to perform the minor duties of the house,—cooking, baking, making shoes, making clothes, looking after the garden, the sacristy, washing, tinkering, caring for the cattle, the milk, butter, etc. All these duties would be divided among these three good Brothers, and thus we would be relieved of giving wages to workmen who are occupied with these duties, and who complain when they are given other things to do. All our men should be engrossed with the heavy tasks, and consequently I beg Your Reverence to send us two good Brothers. Our Brother Liegeois, who is beginning very well, will be the third. As to our Brother Gilbert, perhaps he will be sent back; if not, he will work slowly at carpentry, for he is already broken down and hindered by a rupture. The following are the Brothers upon whom my choice would fall, if it please Your Reverence; our [133] Brother Claude Frémont and our Brother the locksmith, whom you promised in your letters to send us next year. I do not know either of them, but I am told that they are both peaceable and good workmen.If this be true, Your Reverence will send them to us, if you please. One of them could be easily sent to the Hurons or to Three Rivers, according to the course of events.

Only good workmen are needed here; hence it would be well for us to have three capable Brothers, to perform the minor duties of the house,—cooking, baking, making shoes, making clothes, looking after the garden, the sacristy, washing, tinkering, caring for the cattle, the milk, butter, etc. All these duties would be divided among these three good Brothers, and thus we would be relieved of giving wages to workmen who are occupied with these duties, and who complain when they are given other things to do. All our men should be engrossed with the heavy tasks, and consequently I beg Your Reverence to send us two good Brothers. Our Brother Liegeois, who is beginning very well, will be the third. As to our Brother Gilbert, perhaps he will be sent back; if not, he will work slowly at carpentry, for he is already broken down and hindered by a rupture. The following are the Brothers upon whom my choice would fall, if it please Your Reverence; our [133] Brother Claude Frémont and our Brother the locksmith, whom you promised in your letters to send us next year. I do not know either of them, but I am told that they are both peaceable and good workmen.If this be true, Your Reverence will send them to us, if you please. One of them could be easily sent to the Hurons or to Three Rivers, according to the course of events.

52Avec ces bons Frères, il nous faut avoir icy pour le moins dix hommes de bon travail pour les bastiments et pour la terre et pour faucher, pour tout en un mot. Qui en pourroit encore davantage, seroit le meilleur: ceux cy travaillant tous dans les grosses besoignes, ne se plaindront pas de ceux qui font les menus offices. Nous avons desjà quatre de ces hommes: reste pour six à envoyer, et nous renvoirons l'an qui vient tous ceux que nous avons, excepté ces quatre. Voilà quel doit estre l'estat de la maison pour l'an qui vient quant au travail, si V. R. le trouve bon: dix bons ouvriers et trois ou quatre de nos Frères, sçavoir est, Nostre Frère Liegeois, N. Frère Claude Frémont, N. Frère le serrurier, dont je ne scay pas le nom, et nostre Frère Gilbert, s'il demeure. Pour les six ouvriers que nous demandons, voicy leurs mestiers: deux charpentiers forts, dont l'un pour le moins entende à dresser un bastiment, en un mot qu'il sçache bien son mestier; un menuisier, et trois hommes [134] de travail qui puissent estre appliqués à déserter la terre, à tirer la scie de long (il n'est pas necessaire qu'ils sçachent ce mestier, mais qu'ils ayent la volonté et les forces pour le faire), à faucher, à aider les charpentiers, masson, briquetier, auprès du bestial, à tout ce qu'on voudra; il faut des hommes forts pour cela et de bonne volonté. Si on ne peut avoir deux charpentiers, qu'il en passe un bon pour le moins, et en la place de l'autre, un homme de travail, comme je le viens de descrire. Je parleray encore de cecy ailleurs, afin que si un vaisseau manquoit, l'autre porte de nos nouvelles. Il est bien aisé de dépeindre bon ouvrier, mais bien difficile de le trouver. Je feray voir ailleurs54à V. R. la necessité que nous avons de ces dix hommes.

52Avec ces bons Frères, il nous faut avoir icy pour le moins dix hommes de bon travail pour les bastiments et pour la terre et pour faucher, pour tout en un mot. Qui en pourroit encore davantage, seroit le meilleur: ceux cy travaillant tous dans les grosses besoignes, ne se plaindront pas de ceux qui font les menus offices. Nous avons desjà quatre de ces hommes: reste pour six à envoyer, et nous renvoirons l'an qui vient tous ceux que nous avons, excepté ces quatre. Voilà quel doit estre l'estat de la maison pour l'an qui vient quant au travail, si V. R. le trouve bon: dix bons ouvriers et trois ou quatre de nos Frères, sçavoir est, Nostre Frère Liegeois, N. Frère Claude Frémont, N. Frère le serrurier, dont je ne scay pas le nom, et nostre Frère Gilbert, s'il demeure. Pour les six ouvriers que nous demandons, voicy leurs mestiers: deux charpentiers forts, dont l'un pour le moins entende à dresser un bastiment, en un mot qu'il sçache bien son mestier; un menuisier, et trois hommes [134] de travail qui puissent estre appliqués à déserter la terre, à tirer la scie de long (il n'est pas necessaire qu'ils sçachent ce mestier, mais qu'ils ayent la volonté et les forces pour le faire), à faucher, à aider les charpentiers, masson, briquetier, auprès du bestial, à tout ce qu'on voudra; il faut des hommes forts pour cela et de bonne volonté. Si on ne peut avoir deux charpentiers, qu'il en passe un bon pour le moins, et en la place de l'autre, un homme de travail, comme je le viens de descrire. Je parleray encore de cecy ailleurs, afin que si un vaisseau manquoit, l'autre porte de nos nouvelles. Il est bien aisé de dépeindre bon ouvrier, mais bien difficile de le trouver. Je feray voir ailleurs54à V. R. la necessité que nous avons de ces dix hommes.

With these good Brothers, we should have here at least ten men capable of building, cultivating, and reaping,—in a word, of doing everything. Whoever could do still more, would be the best; these who are altogether occupied with the heavy work, will not complain of those who perform the minor duties. We have already four of these men, so there remain six to be sent; and we shall send back next year all those we have, except these four. The following ought to be the arrangement of the household for the coming year in regard to work, if it so please Your Reverence: ten good workmen and three or four of our Brothers; namely, Our Brother Liegeois, Our Brother Claude Frémont, Our Brother the locksmith, whose name I do not know, and our Brother Gilbert, if he remain. In regard to the six workmen for whom we ask, the following will be their trades: two strong carpenters, at least one of them understanding how to erect a building,—in a word, let him understand his trade; a joiner, and three workmen [134] who can be employed in clearing the land, in using the pit saw (they need not know this trade, but must have only willingness and strength to do it), in reaping, in helping the carpenters, the mason, the brickmaker, in watching the cattle, in doing everything that is required of them; for this, strong men are needed, and those who are willing. If we cannot have two carpenters, let one good one, at least, come over; and, instead of the other, such a workman as I have just described. I shall speakagain of this matter elsewhere, to the end that, if one of our ships fail to arrive, the other will bear our letters. It is very easy to describe a good workman, but quite difficult to find one. I shall explain to Your Reverence elsewhere our need of having these ten men.

With these good Brothers, we should have here at least ten men capable of building, cultivating, and reaping,—in a word, of doing everything. Whoever could do still more, would be the best; these who are altogether occupied with the heavy work, will not complain of those who perform the minor duties. We have already four of these men, so there remain six to be sent; and we shall send back next year all those we have, except these four. The following ought to be the arrangement of the household for the coming year in regard to work, if it so please Your Reverence: ten good workmen and three or four of our Brothers; namely, Our Brother Liegeois, Our Brother Claude Frémont, Our Brother the locksmith, whose name I do not know, and our Brother Gilbert, if he remain. In regard to the six workmen for whom we ask, the following will be their trades: two strong carpenters, at least one of them understanding how to erect a building,—in a word, let him understand his trade; a joiner, and three workmen [134] who can be employed in clearing the land, in using the pit saw (they need not know this trade, but must have only willingness and strength to do it), in reaping, in helping the carpenters, the mason, the brickmaker, in watching the cattle, in doing everything that is required of them; for this, strong men are needed, and those who are willing. If we cannot have two carpenters, let one good one, at least, come over; and, instead of the other, such a workman as I have just described. I shall speakagain of this matter elsewhere, to the end that, if one of our ships fail to arrive, the other will bear our letters. It is very easy to describe a good workman, but quite difficult to find one. I shall explain to Your Reverence elsewhere our need of having these ten men.

Pour les quatre qui désirent ou désiroient entrer en notre Compagnie, je lui diray qu'Ambroise, qui a si bien contenté à Orléans et ailleurs, et mesme qui a rendu icy de bons services, s'en vouloit aller cette année. Il est d'un bon naturel et bon ouvrier. S'il contente, nous prierons V. R. de le recevoir l'an qui vient, si non il n'obtiendra aucune lettre de recommandation. Pour Louys, il fait merveille dans son mestier; quand on l'applique à autre chose, il est mescontent: les grosses besognes qui sont icy le decouragent aussy bien que Robert Hache. Ils sont tous deux bons enfants, mais ils n'ont pas assés de [135] courage et peut estre de force pour les travaux de Canada. Ils demandoient quasi de s'en retourner cette année; mais la crainte de n'estre pas reçeus les a arrestés. Nous verrons comme ils feront doresnavant; ils ont bonne volonté.

Pour les quatre qui désirent ou désiroient entrer en notre Compagnie, je lui diray qu'Ambroise, qui a si bien contenté à Orléans et ailleurs, et mesme qui a rendu icy de bons services, s'en vouloit aller cette année. Il est d'un bon naturel et bon ouvrier. S'il contente, nous prierons V. R. de le recevoir l'an qui vient, si non il n'obtiendra aucune lettre de recommandation. Pour Louys, il fait merveille dans son mestier; quand on l'applique à autre chose, il est mescontent: les grosses besognes qui sont icy le decouragent aussy bien que Robert Hache. Ils sont tous deux bons enfants, mais ils n'ont pas assés de [135] courage et peut estre de force pour les travaux de Canada. Ils demandoient quasi de s'en retourner cette année; mais la crainte de n'estre pas reçeus les a arrestés. Nous verrons comme ils feront doresnavant; ils ont bonne volonté.

As to the four who desire or were desiring to enter our Society, I will tell you that Ambroise, who gave such satisfaction at Orleans and elsewhere, and who even here rendered some good services, wished to go away this year. He has a good disposition and is an excellent workman. If he gives satisfaction, we will beg Your Reverence to receive him next year; if not, he will not secure any letter of recommendation. As for Louys, he does wonders in his trade; but when he is given something else to do, he is discontented. The rough and heavy work to be done here discourages him, as well as Robert Hache. They are both good boys, but they have not enough [135] courage, and perhaps not enough strength, for the work in Canada. They almost asked to return this year, but the fear of not being received stopped them. We will see how they do from now on; they show great willingness.

As to the four who desire or were desiring to enter our Society, I will tell you that Ambroise, who gave such satisfaction at Orleans and elsewhere, and who even here rendered some good services, wished to go away this year. He has a good disposition and is an excellent workman. If he gives satisfaction, we will beg Your Reverence to receive him next year; if not, he will not secure any letter of recommendation. As for Louys, he does wonders in his trade; but when he is given something else to do, he is discontented. The rough and heavy work to be done here discourages him, as well as Robert Hache. They are both good boys, but they have not enough [135] courage, and perhaps not enough strength, for the work in Canada. They almost asked to return this year, but the fear of not being received stopped them. We will see how they do from now on; they show great willingness.

Quant à Jacques Junier, il est constant dans le bien. J'aimerois mieux en verité dix hommes comme lui, que dix autres. Il y a longtemps qu'il demeure sur le païs; je luy ay dit de la part de V. R. qu'il seroit reçu repassant en France. Deux choses empescheront qu'il n'y retourne cette année: la première, il a grande difficulté de se mettre sur mer, s'y trouvant fort mal; la seconde, à peine la maison se peut-elle passer de luy, tant il nous est nécessaire en toutes façons. C'est un jeune homme que ne dit mot, mais qui fait beaucoup. Comme je représentois au P. Lallemant que V. R. nous le renvoiroit au plus tost, il m'a dit: «La difficulté qu'a nostre R. P. Provincial de luy laisser faire icy son noviciat provient d'une56croyance qu'il a que cela ne soit pas bien trouvé à Rome ou bien de quelques uns de nos Pères; car sans cela, il aime tant la mission, qu'il le laisseroit icy, estant notamment informé de la douceur de ce bon garçon, auquel il ne manque que l'habit pour estre religieux, et s'il fait dans la religion comme il fait au monde, on sera content de luy. J'escriray [136] donc, m'a-t-il dit, à Rome, afin qu'on nous accorde cette faveur, qui nous est importante pour le bien de la maison; informés-en N. R. P. Provincial.» C'est ce que je fay par la présente. S'il faut enfin qu'il passe, il passera. Dieu est le maistre de tout. Je supplie V. R. me pardonner s'il luy semble que je parle avec moins de respect dans mes lettres; je ne veux rien absoluement, mon R. P., que ce que vous jugés devant Dieu. Je parle selon que je croy la nécessité, ce me semble.

Quant à Jacques Junier, il est constant dans le bien. J'aimerois mieux en verité dix hommes comme lui, que dix autres. Il y a longtemps qu'il demeure sur le païs; je luy ay dit de la part de V. R. qu'il seroit reçu repassant en France. Deux choses empescheront qu'il n'y retourne cette année: la première, il a grande difficulté de se mettre sur mer, s'y trouvant fort mal; la seconde, à peine la maison se peut-elle passer de luy, tant il nous est nécessaire en toutes façons. C'est un jeune homme que ne dit mot, mais qui fait beaucoup. Comme je représentois au P. Lallemant que V. R. nous le renvoiroit au plus tost, il m'a dit: «La difficulté qu'a nostre R. P. Provincial de luy laisser faire icy son noviciat provient d'une56croyance qu'il a que cela ne soit pas bien trouvé à Rome ou bien de quelques uns de nos Pères; car sans cela, il aime tant la mission, qu'il le laisseroit icy, estant notamment informé de la douceur de ce bon garçon, auquel il ne manque que l'habit pour estre religieux, et s'il fait dans la religion comme il fait au monde, on sera content de luy. J'escriray [136] donc, m'a-t-il dit, à Rome, afin qu'on nous accorde cette faveur, qui nous est importante pour le bien de la maison; informés-en N. R. P. Provincial.» C'est ce que je fay par la présente. S'il faut enfin qu'il passe, il passera. Dieu est le maistre de tout. Je supplie V. R. me pardonner s'il luy semble que je parle avec moins de respect dans mes lettres; je ne veux rien absoluement, mon R. P., que ce que vous jugés devant Dieu. Je parle selon que je croy la nécessité, ce me semble.

As to Jacques Junier, he perseveres in doing right. In truth I would prefer ten men like him to ten others. He has now been a long time in the country; and I have told him, on the part of Your Reverence, that he would be received when he went back to France. Two things prevent his returning this year: the first is that it is exceedingly disagreeable for him to make a sea voyage, as he becomes very sick; the second, that the house can scarcely get along without him, he is so necessary to us in every way. He is ayoung man who says nothing, but does much. As I was representing to Father Lallemant that Your Reverence would send him back to us as soon as possible, he said to me: "The difficulty which our Reverend Father Provincial will have, in allowing him to make his novitiate here, arises from his belief that it would not be approved at Rome, nor indeed among some of our Fathers; were it not for this, he loves our mission so much that he would leave him here, especially if he were informed of the amiability of this good boy, who needs only the gown to be a religious; and, if he conducts himself in religion as he does in the world, they will be satisfied with him. I shall write [136] now to Rome," said he, "to the end that they may grant us this favor, which is important for the good of our house; inform Our Reverend Father Provincial of this." I am doing so through this letter. If he must return, he will return. God is the master of all. I beg Your Reverence to pardon me if I seem to speak with a lack of respect in my letters; I wish absolutely nothing, my Reverend Father, except what you deem best before God. I speak as I believe it needful, as it seems to me.

As to Jacques Junier, he perseveres in doing right. In truth I would prefer ten men like him to ten others. He has now been a long time in the country; and I have told him, on the part of Your Reverence, that he would be received when he went back to France. Two things prevent his returning this year: the first is that it is exceedingly disagreeable for him to make a sea voyage, as he becomes very sick; the second, that the house can scarcely get along without him, he is so necessary to us in every way. He is ayoung man who says nothing, but does much. As I was representing to Father Lallemant that Your Reverence would send him back to us as soon as possible, he said to me: "The difficulty which our Reverend Father Provincial will have, in allowing him to make his novitiate here, arises from his belief that it would not be approved at Rome, nor indeed among some of our Fathers; were it not for this, he loves our mission so much that he would leave him here, especially if he were informed of the amiability of this good boy, who needs only the gown to be a religious; and, if he conducts himself in religion as he does in the world, they will be satisfied with him. I shall write [136] now to Rome," said he, "to the end that they may grant us this favor, which is important for the good of our house; inform Our Reverend Father Provincial of this." I am doing so through this letter. If he must return, he will return. God is the master of all. I beg Your Reverence to pardon me if I seem to speak with a lack of respect in my letters; I wish absolutely nothing, my Reverend Father, except what you deem best before God. I speak as I believe it needful, as it seems to me.

Parlons des Pères dont cette mission auroit besoin.

Parlons des Pères dont cette mission auroit besoin.

Let us speak of the Fathers whom this mission needs.

Let us speak of the Fathers whom this mission needs.

Il en faudroit deux aux Hurons; s'ils font la paix avec les Iroquois, comme elle se traite à ce qu'on dit, il en faudroit bien davantage; car il faudroit entrer dans tous les peuples stables. Si ces nations viennent à recevoir la foy, elle crieront à la faim, et on ne leur pourra donner à manger, faute des personnes qui sçachent les langues. De plus les Frères qui seroient parmi les Hiroquois, travailleroient à entretenir la paix entre eux et les Hurons; néanmoins sur l'incertitude de cette paix, nous ne demandons que deux Pères pour les Hurons. Il faut un supérieur aux Trois-Rivières, et deux Pères pour demeurer à Kebec, proche de nos françois: voilà cinq prestres et deux Frères; voyons la nécessité qu'il y a d'avoir tant de monde.

Il en faudroit deux aux Hurons; s'ils font la paix avec les Iroquois, comme elle se traite à ce qu'on dit, il en faudroit bien davantage; car il faudroit entrer dans tous les peuples stables. Si ces nations viennent à recevoir la foy, elle crieront à la faim, et on ne leur pourra donner à manger, faute des personnes qui sçachent les langues. De plus les Frères qui seroient parmi les Hiroquois, travailleroient à entretenir la paix entre eux et les Hurons; néanmoins sur l'incertitude de cette paix, nous ne demandons que deux Pères pour les Hurons. Il faut un supérieur aux Trois-Rivières, et deux Pères pour demeurer à Kebec, proche de nos françois: voilà cinq prestres et deux Frères; voyons la nécessité qu'il y a d'avoir tant de monde.

Two are needed among the Hurons: if they make peace with the Iroquois, for I am told that it is being negotiated, a number more will be needed, as we must enter all the stationary tribes. If these people receive the faith, they will cry with hunger, and there will be no one to feed them, for lack of persons who know the languages. Moreover, the Brothers who should be among the Hiroquois would exert themselves to preserve the peace between them andthe Hurons; nevertheless, on account of the uncertainty of this peace, we ask for only two Fathers to go to the Hurons. There must be a superior at Three Rivers, and two Fathers must remain at Kébec, near our french people; so this makes five priests and two Brothers. Let us see what need there is of having so many men.

Two are needed among the Hurons: if they make peace with the Iroquois, for I am told that it is being negotiated, a number more will be needed, as we must enter all the stationary tribes. If these people receive the faith, they will cry with hunger, and there will be no one to feed them, for lack of persons who know the languages. Moreover, the Brothers who should be among the Hiroquois would exert themselves to preserve the peace between them andthe Hurons; nevertheless, on account of the uncertainty of this peace, we ask for only two Fathers to go to the Hurons. There must be a superior at Three Rivers, and two Fathers must remain at Kébec, near our french people; so this makes five priests and two Brothers. Let us see what need there is of having so many men.

58Pour les deux Pères qu'on envoira aux Hurons, [137] ils pourroient estre envoiés de là à la nation Neutre, ou parmy les Hiroquois, ou en quelque autre nation, ou bien estre retenus dans les Hurons mesmes, qui sont au nombre de trente mille âmes, en fort peu de païs. Pour Kébec, je demande deux Pères; si le P. Lallemant est supérieur, il demeurera avec les PP. Masse et de Nouë, et avec nos gens pour faire réussir la maison; les deux Pères seront au fort, où on parle de leur bastir une maisonnette ou une chambre; ils prescheront, entendront les confessions, administreront les sacrements, diront la sainte messe à nos françois: bref ils feront l'office de pasteur, et apprendront la langue des sauvages, les allans voir quand ils cabaneront proche d'eux. Ils auront un garçon, qui leur apportera toutes les semaines leurs vivres de nostre maison esloignée du fort d'une bonne demie lieue.

58Pour les deux Pères qu'on envoira aux Hurons, [137] ils pourroient estre envoiés de là à la nation Neutre, ou parmy les Hiroquois, ou en quelque autre nation, ou bien estre retenus dans les Hurons mesmes, qui sont au nombre de trente mille âmes, en fort peu de païs. Pour Kébec, je demande deux Pères; si le P. Lallemant est supérieur, il demeurera avec les PP. Masse et de Nouë, et avec nos gens pour faire réussir la maison; les deux Pères seront au fort, où on parle de leur bastir une maisonnette ou une chambre; ils prescheront, entendront les confessions, administreront les sacrements, diront la sainte messe à nos françois: bref ils feront l'office de pasteur, et apprendront la langue des sauvages, les allans voir quand ils cabaneront proche d'eux. Ils auront un garçon, qui leur apportera toutes les semaines leurs vivres de nostre maison esloignée du fort d'une bonne demie lieue.

As for the two Fathers who will be sent to the Hurons, [137] they could be sent from there to the Neutral tribe, or among the Hiroquois, or to some other tribe; or even be kept among the Hurons, who number thirty thousand souls in a very small extent of country. For Kébec, I ask two Fathers; if Father Lallemant is superior, he will remain with Fathers Masse and de Nouë, and with our people, to ensure the success of the house; the two Fathers will be at the fort, where they talk of building them a little house or a room; they will preach, will hear confessions, will administer the sacraments, and will say holy mass for our french people; in short, they will perform the office of pastors, and will learn the language of the savages, going to visit them when they encamp around the place. They will have a boy, who will every week bring them their food from our house, distant from the fort a good half league.

As for the two Fathers who will be sent to the Hurons, [137] they could be sent from there to the Neutral tribe, or among the Hiroquois, or to some other tribe; or even be kept among the Hurons, who number thirty thousand souls in a very small extent of country. For Kébec, I ask two Fathers; if Father Lallemant is superior, he will remain with Fathers Masse and de Nouë, and with our people, to ensure the success of the house; the two Fathers will be at the fort, where they talk of building them a little house or a room; they will preach, will hear confessions, will administer the sacraments, and will say holy mass for our french people; in short, they will perform the office of pastors, and will learn the language of the savages, going to visit them when they encamp around the place. They will have a boy, who will every week bring them their food from our house, distant from the fort a good half league.

Je demande un supérieur aux Trois-Rivières, pour ce que ce n'est pas trop de tenir là trois Pères, afin qu'il y en ait toujours deux libres pour les sauvages. Que si V. R. n'en veut envoyer que deux, le P. Buteux à qui j'aprendray cette année ce que je pourray de la langue, demeurera avec lui à Kébec ou aux Trois-Rivières, et moy avec l'autre; mais à mon advis ce n'est pas trop de trois pour les Trois-Rivières: l'un sera pour nos françois, les deux autres pour les sauvages, voir mesme il se pourra [138] faire qu'on en envoira l'un d'eux aux Hurons avec les deux qu'il y faut faire passer. Je me doute bien que le Pere Brebeuf en pourra demander plus de deux; si bien que si V. R. nous peut donner cinq Peres et deux Frères, ce ne sera pas trop. Je me souviens de ce60que je lui ay autrefois entendu à dire, «ad pauca attendens facile enunciat; j'ay bien le monde qu'il fault, mais je ne dy pas où on trouvera de quoy le nourrir.» A cela je n'ay point de répartie. Je me restreins le plus qu'il m'est possible; car pour le bien de cette mission, il faudroit bien plus de monde que nous n'en demandons.

Je demande un supérieur aux Trois-Rivières, pour ce que ce n'est pas trop de tenir là trois Pères, afin qu'il y en ait toujours deux libres pour les sauvages. Que si V. R. n'en veut envoyer que deux, le P. Buteux à qui j'aprendray cette année ce que je pourray de la langue, demeurera avec lui à Kébec ou aux Trois-Rivières, et moy avec l'autre; mais à mon advis ce n'est pas trop de trois pour les Trois-Rivières: l'un sera pour nos françois, les deux autres pour les sauvages, voir mesme il se pourra [138] faire qu'on en envoira l'un d'eux aux Hurons avec les deux qu'il y faut faire passer. Je me doute bien que le Pere Brebeuf en pourra demander plus de deux; si bien que si V. R. nous peut donner cinq Peres et deux Frères, ce ne sera pas trop. Je me souviens de ce60que je lui ay autrefois entendu à dire, «ad pauca attendens facile enunciat; j'ay bien le monde qu'il fault, mais je ne dy pas où on trouvera de quoy le nourrir.» A cela je n'ay point de répartie. Je me restreins le plus qu'il m'est possible; car pour le bien de cette mission, il faudroit bien plus de monde que nous n'en demandons.

I ask a superior for Three Rivers, for it is not too much to keep three Fathers there, so that there may be always two free for the savages. But if Your Reverence wishes to send only two, Father Buteux, to whom I shall this year teach what I know of the language, will remain with the one at Kébec, or at Three Rivers, and I with the other; but it seems to me three are not too many for Three Rivers; one will be for our french people, the two others for the savages; indeed, it may [138] happen that one of themwill be sent to the Hurons, with the two who must go up there. I am inclined to think that Father Brebeuf may ask more than two; so that, if Your Reverence can send us five Fathers and two Brothers, it will not be too many. I often call to mind what I once heard him say, "ad pauca attendens facile enunciat; I have indeed as many people as I need, but I do not say where the food will be found to nourish them." To that I have no answer. I am restricting myself as much as I can; because, for the good of this mission, it would be well to have more people than we are asking.

I ask a superior for Three Rivers, for it is not too much to keep three Fathers there, so that there may be always two free for the savages. But if Your Reverence wishes to send only two, Father Buteux, to whom I shall this year teach what I know of the language, will remain with the one at Kébec, or at Three Rivers, and I with the other; but it seems to me three are not too many for Three Rivers; one will be for our french people, the two others for the savages; indeed, it may [138] happen that one of themwill be sent to the Hurons, with the two who must go up there. I am inclined to think that Father Brebeuf may ask more than two; so that, if Your Reverence can send us five Fathers and two Brothers, it will not be too many. I often call to mind what I once heard him say, "ad pauca attendens facile enunciat; I have indeed as many people as I need, but I do not say where the food will be found to nourish them." To that I have no answer. I am restricting myself as much as I can; because, for the good of this mission, it would be well to have more people than we are asking.

J'ay icy deux humbles supplications à faire à V. R. Je les fay au nom de Jésus Christ de toute l'estendue de mon cœur: mon R. P., je conjure V. R. de me décharger. Je dy quelquefois aux petites croix qui me viennent: «Et encor celle là, et tant que vous voudrés, ô mon Dieu.» Mais à celles que le P. Lallemant m'a apporté dans les lettres de V. R. qui me continuoient en charge je l'ay dy plus de trois fois, mais avec une rétraction de cœur qui ne pouvoit boire ce calice. En vérité, mon R. Père, je n'ay pas les talens, ny les qualités, ny la douceur requise pour estre supérieur; de plus, je le dy et il est vray, c'est un grand détourbier pour l'estude de la langue; je dy un très grand détourbier, diray-je mesme que cecy, cette année, nuit au salut peut-être [139] de quelques sauvages. J'apprend que les Sauvages qui sont aux Trois-Rivières sont tous malades et meurent en grand nombre. Le P. Brebeuf mesme qui a passé par là, m'escrit qu'il seroit à propos que j'y allasse: je suis dans les écritures, je n'ay rien ou peu de choses prestes, les vaisseaux seront bien tost prests, à faire voile; je seray surpris de mes lettres et informations, que j'envoie à V. R. touchant nos besoins; je me dépêche tant que je peux. Si je n'estois point Superieur, je serois délivré de tout cela; il y a longtemps que je serois là hault. Je me dispose62pour y aller tout à fait jusques au printemps ou jusques à la venue des vaisseaux. Je n'ay pas l'esprit capable de tant de choses: le soin de nos gens, tant de sortes de petits travaux qu'il y a, bref tout s'addresse au Supérieur, et cela le divertit infiniment, notamment à Kebec, où nous sommes bon nombre de personnes. Adjoutés les sermons, confessions, visites: je veux croire que tout cela empescheroit peu le P. Lallemant de l'estude de la langue; pour moy, je le dy devant Dieu, cela m'en détourne grandement. Depuis le mois d'avril, auquel je retournay d'avec les sauvages, je n'ay pas regardé un seul mot de leur langue. Le P. Lallemant, qui n'est pas si assidu à l'estude, a voulu, au commencement de sa venue, prendre un petit garde au travail de nos hommes. Enfin il s'en [140] est défait, me confessant ingénuement, ce qu'il n'avoit pas voulu croire, qu'il estoit impossible d'estudier avec ce soin. On donne un temps tout libre à ceux qui estudient dans nos classes; ils ont de braves maistres; ils ont de bons livres; ils sont logés commodément: et moy qui suis sans livres, sans maistres, mal logé, pourray-je bien estudier avec un soin qui m'occupe quasi tout entier bien souvent? V. R. considerera cecy devant Dieu, s'il luy plaist; je ne veux que sa plus grande gloire. Il est vray que je me bas contre mon ombre; le temps parle pour moy: il y a plus de trois ans (ou il y aura à la venue des vaisseaux) que je suis en charge; le Père Lallemant estant ce qu'il est, et demeurant à Kebec, contentera infiniement. Je remercie desjà par avance V. R. de ce qu'elle m'accordera cette requeste. Voicy la seconde.

J'ay icy deux humbles supplications à faire à V. R. Je les fay au nom de Jésus Christ de toute l'estendue de mon cœur: mon R. P., je conjure V. R. de me décharger. Je dy quelquefois aux petites croix qui me viennent: «Et encor celle là, et tant que vous voudrés, ô mon Dieu.» Mais à celles que le P. Lallemant m'a apporté dans les lettres de V. R. qui me continuoient en charge je l'ay dy plus de trois fois, mais avec une rétraction de cœur qui ne pouvoit boire ce calice. En vérité, mon R. Père, je n'ay pas les talens, ny les qualités, ny la douceur requise pour estre supérieur; de plus, je le dy et il est vray, c'est un grand détourbier pour l'estude de la langue; je dy un très grand détourbier, diray-je mesme que cecy, cette année, nuit au salut peut-être [139] de quelques sauvages. J'apprend que les Sauvages qui sont aux Trois-Rivières sont tous malades et meurent en grand nombre. Le P. Brebeuf mesme qui a passé par là, m'escrit qu'il seroit à propos que j'y allasse: je suis dans les écritures, je n'ay rien ou peu de choses prestes, les vaisseaux seront bien tost prests, à faire voile; je seray surpris de mes lettres et informations, que j'envoie à V. R. touchant nos besoins; je me dépêche tant que je peux. Si je n'estois point Superieur, je serois délivré de tout cela; il y a longtemps que je serois là hault. Je me dispose62pour y aller tout à fait jusques au printemps ou jusques à la venue des vaisseaux. Je n'ay pas l'esprit capable de tant de choses: le soin de nos gens, tant de sortes de petits travaux qu'il y a, bref tout s'addresse au Supérieur, et cela le divertit infiniment, notamment à Kebec, où nous sommes bon nombre de personnes. Adjoutés les sermons, confessions, visites: je veux croire que tout cela empescheroit peu le P. Lallemant de l'estude de la langue; pour moy, je le dy devant Dieu, cela m'en détourne grandement. Depuis le mois d'avril, auquel je retournay d'avec les sauvages, je n'ay pas regardé un seul mot de leur langue. Le P. Lallemant, qui n'est pas si assidu à l'estude, a voulu, au commencement de sa venue, prendre un petit garde au travail de nos hommes. Enfin il s'en [140] est défait, me confessant ingénuement, ce qu'il n'avoit pas voulu croire, qu'il estoit impossible d'estudier avec ce soin. On donne un temps tout libre à ceux qui estudient dans nos classes; ils ont de braves maistres; ils ont de bons livres; ils sont logés commodément: et moy qui suis sans livres, sans maistres, mal logé, pourray-je bien estudier avec un soin qui m'occupe quasi tout entier bien souvent? V. R. considerera cecy devant Dieu, s'il luy plaist; je ne veux que sa plus grande gloire. Il est vray que je me bas contre mon ombre; le temps parle pour moy: il y a plus de trois ans (ou il y aura à la venue des vaisseaux) que je suis en charge; le Père Lallemant estant ce qu'il est, et demeurant à Kebec, contentera infiniement. Je remercie desjà par avance V. R. de ce qu'elle m'accordera cette requeste. Voicy la seconde.


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