Les Assassins.

Les Assassins.EntreAntioche et la ville de Tripoli, à l’orient de Tortose, il y a une plaine, dont l’étendue est de six milles de largeur, et de douze milles de longueur. Elle est terminée par des groupes de petites montagnes. Ces montagnes étaient habitées autrefois par un peuple qui se donnait le nom d’Arsacides, prétendant être descendus du fameux Arsace, fondateur de l’empire des Parthes, àpres la mort d’Alexandre. Ce peuple sorti, vers le septième siècle, des confins de Perse, vers Babylone vint former un petit état dans un coin de la Phénicie.—Ils s’y batirent des forteresses sur des rochers inaccessibles, d’où ils se rendaient redoutables à tous leurs voisins. Leurs brigandages et leurs assassinats leur firent donner le nom deBuveurs de Sang, qu’on changea bientôt en celui d’Assassin, à cause de leur arme favorite, le poignard, qu’on appelle en PersanHassisan. Les Assassins élisaient eux-mêmes leur chef; il se nommaitle Vieux de la Montagne, nom fameux dans les histoires de ce temps-là. Il portait ce nom, soit parceque le choix qu’on en faisait tombait toujours sur un des plus anciens de la nation, soit parcequ’il habitait un chateau nomméAlmeet, ouAlameet, situé sur une haute montagne inattaquable.Nos vieux historiens ont mal entendu l’Arabe:Scheiksignifie le plusvieux,senior; mais il signifie aussiSeigneur. Il n’est pas vrai que les Assassins choissient pour Prince le plus ancien de la nation, il fallait donc traduire leSeigneurde laMontagne. Son empire sur ses sujets était si absolu, que fallait il commettre les actions les plus noires, ils étaient toujours prêts à les exécuter au premier signal qu’on leur faisait, et au péril de leur propre vie. On les accuse de l’assassinat de Louis de Bavière, en 1231, et d’avoir osé attenter à la vie de Saint Louis. Il parait étonnant qu’une si monstreuse tribu ait pu se maintenir pendant près de quatre cents ans: ce ne fut qu’en 1257 que les Tartares, sous leur roi Allan, ou Haloan, pour délivrer leur pays de si dangereux voisins entreprirent de massacrer leur chef et de les détruire; ce qu’ils exécutèrent.

Les Assassins.EntreAntioche et la ville de Tripoli, à l’orient de Tortose, il y a une plaine, dont l’étendue est de six milles de largeur, et de douze milles de longueur. Elle est terminée par des groupes de petites montagnes. Ces montagnes étaient habitées autrefois par un peuple qui se donnait le nom d’Arsacides, prétendant être descendus du fameux Arsace, fondateur de l’empire des Parthes, àpres la mort d’Alexandre. Ce peuple sorti, vers le septième siècle, des confins de Perse, vers Babylone vint former un petit état dans un coin de la Phénicie.—Ils s’y batirent des forteresses sur des rochers inaccessibles, d’où ils se rendaient redoutables à tous leurs voisins. Leurs brigandages et leurs assassinats leur firent donner le nom deBuveurs de Sang, qu’on changea bientôt en celui d’Assassin, à cause de leur arme favorite, le poignard, qu’on appelle en PersanHassisan. Les Assassins élisaient eux-mêmes leur chef; il se nommaitle Vieux de la Montagne, nom fameux dans les histoires de ce temps-là. Il portait ce nom, soit parceque le choix qu’on en faisait tombait toujours sur un des plus anciens de la nation, soit parcequ’il habitait un chateau nomméAlmeet, ouAlameet, situé sur une haute montagne inattaquable.Nos vieux historiens ont mal entendu l’Arabe:Scheiksignifie le plusvieux,senior; mais il signifie aussiSeigneur. Il n’est pas vrai que les Assassins choissient pour Prince le plus ancien de la nation, il fallait donc traduire leSeigneurde laMontagne. Son empire sur ses sujets était si absolu, que fallait il commettre les actions les plus noires, ils étaient toujours prêts à les exécuter au premier signal qu’on leur faisait, et au péril de leur propre vie. On les accuse de l’assassinat de Louis de Bavière, en 1231, et d’avoir osé attenter à la vie de Saint Louis. Il parait étonnant qu’une si monstreuse tribu ait pu se maintenir pendant près de quatre cents ans: ce ne fut qu’en 1257 que les Tartares, sous leur roi Allan, ou Haloan, pour délivrer leur pays de si dangereux voisins entreprirent de massacrer leur chef et de les détruire; ce qu’ils exécutèrent.

EntreAntioche et la ville de Tripoli, à l’orient de Tortose, il y a une plaine, dont l’étendue est de six milles de largeur, et de douze milles de longueur. Elle est terminée par des groupes de petites montagnes. Ces montagnes étaient habitées autrefois par un peuple qui se donnait le nom d’Arsacides, prétendant être descendus du fameux Arsace, fondateur de l’empire des Parthes, àpres la mort d’Alexandre. Ce peuple sorti, vers le septième siècle, des confins de Perse, vers Babylone vint former un petit état dans un coin de la Phénicie.—Ils s’y batirent des forteresses sur des rochers inaccessibles, d’où ils se rendaient redoutables à tous leurs voisins. Leurs brigandages et leurs assassinats leur firent donner le nom deBuveurs de Sang, qu’on changea bientôt en celui d’Assassin, à cause de leur arme favorite, le poignard, qu’on appelle en PersanHassisan. Les Assassins élisaient eux-mêmes leur chef; il se nommaitle Vieux de la Montagne, nom fameux dans les histoires de ce temps-là. Il portait ce nom, soit parceque le choix qu’on en faisait tombait toujours sur un des plus anciens de la nation, soit parcequ’il habitait un chateau nomméAlmeet, ouAlameet, situé sur une haute montagne inattaquable.Nos vieux historiens ont mal entendu l’Arabe:Scheiksignifie le plusvieux,senior; mais il signifie aussiSeigneur. Il n’est pas vrai que les Assassins choissient pour Prince le plus ancien de la nation, il fallait donc traduire leSeigneurde laMontagne. Son empire sur ses sujets était si absolu, que fallait il commettre les actions les plus noires, ils étaient toujours prêts à les exécuter au premier signal qu’on leur faisait, et au péril de leur propre vie. On les accuse de l’assassinat de Louis de Bavière, en 1231, et d’avoir osé attenter à la vie de Saint Louis. Il parait étonnant qu’une si monstreuse tribu ait pu se maintenir pendant près de quatre cents ans: ce ne fut qu’en 1257 que les Tartares, sous leur roi Allan, ou Haloan, pour délivrer leur pays de si dangereux voisins entreprirent de massacrer leur chef et de les détruire; ce qu’ils exécutèrent.


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