Si nous parlons de ces prelatzQui sont sicomme de dieu legatzOve la clergie appartienant,Ils sont devenuz advocatzDu Pecché pour plaider le casEncontre l’Alme; et oultre tant,Si nous des Rois soions parlant,Ils vont le pueple ensi pilant,Qe tous s’en pleignont halt et bas;Et si nous parlons plus avant49218430Du gent du loy et du marchant,Je voi peril en toutz estatz.Je croy bien ferm quela franchiseDe luy q’est chief du sainte egliseSoubz dieu, s’il se governe a droit,Sur tous les autres est assisse;Mais ore est changé celle assisse,Car ce q’umilités estoitOre est orguil, et puis l’en voit,493Ce que largesce estre souloit18440Ore est tourné du covoitise;Si chasteté a ore y soit,Ne say si l’en parler en doit,494Car je me tais de celle enprise.Ce que je pense escrire yciN’est pas parmoy, ainz est ensiDu toutecristiene gentMurmur, compleinte, vois et cry;Que tous diont je ne desdi,Q’au court de Rome ore est regentSimon del orr et de l’argent,18451Siquela cause al indigentSerra pour nul clamour oÿ:Qui d’orr n’y porte le present,Justice ne luy ert present,Du charité ne la mercy.Le fils de dieu voloit venirPour eslargir et amollirLa loy; mais cils du maintenantLa me font plus estroit tenir:18460Dont vuil les causes enquerir,Si leur vois deux pointz demandant;Ou ce q’ils m’en vont defendantEstoit en soi pecché devant,Car lor le doi bien eschuïr;Ou si ce noun, di lors avantPour quoy me vont establissantPecché de leur novel atir.Ne puet descendre en ma resounQ’ils du propre imposicioun18470Font establir novel pecché;Ce q’en nul livre nous lison,Qe le fils dieu de sa leçounPar l’evangile en son decréFist establir: car charitéN’est que peril multepliéNous soit, parquelle addiciounSoions plus serf; car rechatéNous ad dieus, dont en libertéVoet bien quenousplus franc soion.495Du loy papal est estably18481Qe tu ne serras point maryA ta cousine, et d’autres casPlusours queje ne dirrai cy;Et diont quepour faire ensiMortielement tu peccheras:Lors vuil quetu demanderasSi tu pourl’orr queleur dorrasAu court porras trover mercy:Certainement quesi ferras,18490La bource que tu porterasFerra le pape ton amy.Mais si ce soit ensi mortiel,Comme ils le diont, lors au tielPourquoy vuillont devant la meinDispenser? Car ly dieus du ciel,Qui plus du pape est droituriel;Ne puet ce faire, ainz sui certeinQe je congé priasse en veinA dieu pour freindre l’endemein18500Sa loy et son precept, le quielFist establir; mais ly romein,Si j’eie d’orr ma bource plein,M’ert plus curtois et naturiel.‘Comme l’oisellour plustent ses reetz,Plus tost en serront attrapez496Les oiseals, et parcas semblableComme plus eions parnoz decretzDiversez pecchés imposez,Plus tost en serretz vous coupable,497Et nous d’assetz plus seignourable:Car tieus pecchés sont rechatable18512En nostre Court, si vous paietz;Dont nous volons quenostre tableSoit des mangiers, et nostre estableDes grantz chivalx plus efforciez.‘Qant nostre sire estoit menéSus au montaigne et ly malfiéDu siecle luy moustra l’onour,Je lis q’il l’ad tout refusé:18520Mais nous pour dire veritéL’avons resçu, siqueseignourSoions en terre le maiour;Car n’est Roy, Prince ne contourQui nous ne baiseront le pié,Et dorront largement de lourPour s’aqueinter de nostre amour,Dont plus soiont de nous privé.‘Q’il ne se duist soliciterPour sa vesture ou son manger18530Dieus a saint Piere commanda,Ne qu’il deux cotes duist porter:Mais nous ne volons pas garderLe dieu precept solonc cela;Car pres ne loigns n’y averaDelice que prest ne serraEt en cuisine et en celer,Et nostre corps se vestiraDes robes dont om percheraPlus quene portont deux somer.18540‘Ensi tienons les cliefs es meins,Dont nous serrons l’argent au meinzEt les florins, mais rerementQant desserrons les coffres pleinsPour la poverte a noz procheinsAider; ainçois tout proprementVolons avoir du toute gent,Mais de noz biens n’est qui reprent,Car noz tresors serront si seintz,Qe nul ert digne a nostre argent18550Toucher. Vei la comme noblementNous susmes chief des tous humeins!f. 103‘Les cliefs saint Piere ot en baillieDu ciel, et nous la tresorieDu siecle, qui nous est meynal:El temps saint Piere, si voir die,Cil usurer du LumbardieNe fist eschange a court papal,N’a lors Requeste emperialNe le brocage au Cardinal18560Donneront voix a la clergie;N’a lors le pape en son hostalPour nul bargain espiritalRetint Simon en compaignie.‘Mais nous q’avons la guerre enpris,Parquoy volons monter en pris,Falt que nous eions retenuSimon, siqueparson avisSoient noz tresors eslargiz;Et ce nous fait main estendu18570Dire a Simon le bienvenu,Car il nous rent bien no saluDe ses florins, qant vient toutdis:Droitz est, puisq’il ad despendu,Qe l’eveschié luy soit rendu,Car nous l’avons ensi promis.‘O sainte croix, comme celle porteGrant vertu, dont d’enfern la porteFist nostre sire debriser!Encore n’est la vertu morte18580En nostre Court, ainz est plus forte,498Les huiss des chambres fait percer:Car qant la croix y vient hurter,Tantost acurront cil huissier,Et tout ensi comme celle enhorteLa font jusques a nous mener,Voir as curtines voet entrer,Dont nostre cuer se reconforte.‘Unques le corps du sainte HeleineSerchant la croix tant ne se peine,18590Qe nous ovesquenostre CourtAssetz n’y mettons plus du peineChascune jour de la semeigne,Voir la dymenche l’en labourt,Del croix sercher: chascuns se tourt,Et pour ce no message courtPartout le siecle au tiel enseigne,Et s’il la trove, l’en l’onourt;Mais cil q’ove vuide main retourtN’ad pas de nous sa grace pleine.18600‘Rende a Cesar ce q’est a luy;Ce q’est a dieu, a dieu tout si:Mais nous et l’un et l’autre avoirVolons, car d’un et d’autre auciPortons l’estat en terre yci.De dieu avons le plain pooir,Par quoy la part de son avoirVolons nous mesmes recevoirTout proprement, siquenullyEn partira, si ce n’est voir,49918610Qe nous porrons aparcevoirQ’au double nous ert remery.‘Ensi faisons le dieu proufit,Qe riens laissons grant ne petitDe l’orr que nous porrons attraire;Car ly prelat nous sont soubgit,Si sont ly moigne ove lourhabit,Q’ils n’osent dire le contraireDu chose que nous volons faire,Neis ly curet et ly viscaire:18620Leur falt donner sanz contreditDel orr, dont ils nous pourront plaire,Ou autrement leur saintuaireDu no sentence ert entredit.‘Mais du Cesar presentement,Portons le representementCar nous du Rome la CitéOre avons l’enheritement;Pour ce volons de toute gentTribut avoir par dueté.18630Voir ly Judieu en son degré,Neis la puteine acoustummée,Ne serront quit du paiement:Ce que Cesar ot obliéEn son temps, ore avons trové,Les vices qui vont a l’argent.‘Je truis primer qant CostentinDonnoit du Rome au pape en finPossessioun de la terrestre,Ly Rois du gloire celestin18640Amont en l’air de son divinPar une voix q’estoit celestreFaisoit crier, si dist quel’estreDu sainte eglise ove tout le prestreNe serront mais si bon cristin,Comme ainz estoiont leur ancestre,Pour le venim qui devoit crestreDe ce q’ils ont le bien terrin.‘Le fils de dieu, qant il fesoitSon testament, sa peas lessoit18650Au bon saint Piere, qu’il ama,Siqu’il ne se contourberoitDu siecle; et l’autre en tiel endroitLa resçut et molt bien garda,Qe puis apres long temps dura:Mais ore est changé tout cela;Le pape claime de son droitL’onour du siecle, et pour celaLa dieu pes s’est alé pieça,Q’au jour present nuls ne la voit.18660‘Saint Piere ne se volt movoirPar guerre, ainz fist son estovoirDes bonnes almes retenir;Mais nous ne volons peas avoir,Ainz les richesces et l’avoirDu siecle pensons acuillir.Piere ot coronne du martir,Et nous du rubie et saphirEn orr assiss. Lors di me voir,La quelle part valt meulx tenir:18670N’est pas la mort bonne a souffrir,Tant comme phisique puet valoir.‘Saint Piere jammais a nul jourRetint devers luy soldeourOu d’armes ou du brigantaille;Car ne volt estre conquerrourPour resembler a l’EmperourDe ses conquestes en Ytaille.Ainz en priere sa batailleFaisoit, pour l’alme de l’ouaille18680Defendre, ensi comme bon pastour,Contre malfé; mais d’autre entailleOre est quenostre espeie taille,Du siecle pour avoir l’onour.‘Ly fils de dieu, ce dist l’istoire,Ne vint querir sa propre gloire,Ainz queist la gloire de son pierePourmettre hors du purgatoireAdam: mais nostre consistoireSe change tout d’une autre chere;18690La terre quiert, q’il tient plus chere500D’Adam, dont arme sa banere,Et trait le siecle en s’adjutoire,Lessant les almes a derere:501Qe chalt si l’en occie et fiere,Mais quenous eions la victoire?‘En nostre Court est bien parléComment la cristienetéSe trouble en guerre et en distance;Et nous avons sovent esté18700Requis quepeas et unitéFeissemusd’Engleterre et France.Mais quen’en donnons l’entendanceTrois causes en font destourbance:502L’une est petite charité;Car l’autri grief n’est pas grevanceA nous, ainz en toute habondanceVolons tenir le papal sée:‘Une autre cause est ensement,Ne susmes pas indifferent,18710Ainz susmes part a la partie,Parquoy quenostre arbitrementNe se puet faire ovelement:La tierce cause est bien oïe,Qe guerre avons en Romanie,Dont falt quenostre seignourieDu siecle soit primerementDes propres guerres establie:Ces causes ne noussuffront mieDe faire peas a l’autre gent.18720‘Et d’autre part faisons quesage,Q’a nous et puis a no messageLa guerre asses plus quela peesFerra venir grant avantageDe l’orr; car lor pernons brocageDe l’un Roy et de l’autre apres.Chascuns nous quiert avoir plus pres,503Mais nous nousenclinons adesAu Roy qui plus del orr engage,Dont no tresor ait son encress:18730Par quoy l’acord volons jammes,Tant come trovons si bon paiage.‘Dieus a saint Piere commandoitQ’il noun du mestre ne querroitNe reverence entre la gent:Je truis auci partiel endroit,Qant saint Jehan enclin estoitL’angre adourer, cil le defent;Si dist qu’il son enclinementA soul dieu q’est omnipotent,18740Et noun a autre le ferroit:Mais nostre Court dist autrement,Ne voet tenir l’essamplementDont l’angel dieus nousessamploit.f. 104‘De l’evangile a mon avisNe faisons point le droit devis;Car nous ne gardons tant ne quantL’umilité de dieu le filz;De dieu le piere ainçois le prisTollons, car soul au toutpuissant,18750“Sanctus,” les angres vont chantant;Mais nousvolons du maintenantAvoir l’onour sur nous assis,Et noun du saint partout avantPorter, mais tout le remenantDu sainteté nous est faillis.‘Combien quePiere estoit grant sire,Ja ne vist om du plom ne cireQu’il envoiast sa bulle close;Ne ja n’orretz chanter ne lire18760Q’il fist ses cardinals eslirePar ses chapeals, qui sont come roseVermaile au point quant se desclose.Ainz tout orguil y fuist forclose,Ne gule alors rester ne quireDe sa delice ascune choseSavoit, mais ore l’en supposeNo court est autre, pour voir dire.‘Voir est en terre a son decessQe nostre sire donna pes,18770Mais contre ce nous combatons;Des pecchés faisoit il reless,Mais nous, qui susmes d’ire engress,Pour poy de cause escomengons;Il souffrit mort et passions,Et nous encontre ce tuons;Il se tint de poverte pres,Et nous la poverte esloignons;Il gaigna poeple, et nousperdons,Ensi n’acorderons jammes.18780‘L’estat du pape en sa natureNe porra faire forsfaitureEn tant comme pape, ainz Innocent,Qui tient l’estat papal en cure,Cil puet mesfaire d’aventure.Mais nous, qui susmes chief du gent,Q’en terre avons nul pier regent,Volons pour l’orr et pourl’argentPiler trestoute creature;Car n’est qui pour repaiement18790Nous poet mener en juggement,Et c’est ce quenous plus assure.’Q’est ce quel’en dist AntecristVendra? Sainte escripture distQe d’Antecrist le noun amonte,Qui le contraire fait du Crist.Quoy quidetz vous, si tiel venistEncore? Oÿl, par droite acompteOrguil humilité surmonte,Dont chascun autre vice monte18800Que nostre sire en terre haïst;Siq’au present la foy desmonteEn nostre court, car nuls tient conteTenir la loy qu’il establist.Sicomme ly scribe et pharisée,Qui jadis s’estoiont montéDu Moÿsen sur la chaiere,U la loy dieu ont sermonéAs autres, mais en leur degréLour faitz furont tout loign derere;Ensi vait ore en no matiere18811Au jour present, car de saint PiereOm monte et prent la digneté,Le dyademe et la chymere,Mais ja n’en font plus quechymereAu remenant la dueté.Qant monstre naist du quelquegendre,Des mals procheins du dois entendre,C’est la prenosticacioun;Mais ore qui voet garde prendre,18820Verra comment Orguil engendreD’Envie en fornicaciounLe monstre de dampnacioun;Dont vient celle hesitacioun,Q’en un soul corps om poet comprendreDeux chiefs pardemonstracioun,Et par diverse naciounL’un chief sur l’autre volt ascendre.A Rome c’est ore avenuDu monstre q’est trop mal venu18830Au bonne gent; car sainte egliseN’ad q’un soul chief pardevant dieu,Mais ore ad deux trestout parcru;Dont la bealté de sa franchiseSe disfigure et est malmise.Si dieus n’en face la juise,Au fin quel’un chief soit tollu,Le corps, q’en porte la reprise,504Ensi porra parnulle guiseLong temps estier en sa vertu.18840Ore dirra de l’estat des Cardinals au Court de Rome solonc ce quel’en vait parlant au temps d’ore.Ce dist qui sapience enfile,Du bonne mere bonne file,Et parcontraire il est auci:Mais c’est tout voir, qant chief s’avile,La part des membres serra vile.Au Court de Rome il est ensiDu chief, vous savetz bien le qui,Maisqueles membres dont vous diSont Cardinal de nostre vile,Des queux le meindre est tant cheri,Qu’il quide valoir soul par luy18851Le Roy du France et de Cezile.Mais pour ce q’ils ont entenduQue povre orguil est defendu,Ils se richont par toute voie;Si ont en aide retenuSimon, a qui sont molt tenu,Car il leur donne et leur envoie,Il leur consaille et lourconvoie;Tous autres passeront en voie,18860S’ils n’y soient par luy resçu;Simon partout ferra la voie,Nuls y vendra s’il n’ad monoie,Mais lors serra le bien venu.Le pape as Cardinals dorraCertain paraun, mais ce serraSicomme d’enfant qant il ad painSanz compernage; car celaQue pape donne ne plerra,S’ils n’eiont autre chose ou main:18870Et ce serra du privé gaign,Que danz Simon de son bargainEn nostre Court leur portera;Mais ce n’ert pas un quoy solain,Car ja sanz selle le polainNe berbis sanz toison verra.Soit comme poet estre en dieu prier,MaisqueSimon poet espierLes dignetés ove la vuidance,Les quelles il falt applier18880As Cardinals, mais supplierEstoet ainçois la bienvuillanceDu pape, et sur celle aquointanceSimon ferra la pourvoiance,Sicomme partient a son mestier.Vei cy comme nostre court s’avance;Par tout quiert avoir la pitance,Mais nulle part puet saouler.Par leur decretz ont establizQe cil qui porte les proufitz,18890Auci les charges doit avoir:A ce compellont leur soubgitz,Mais ils sont mesmes enfranchizNounpas du droit ainz du pooir;Car ils sont prest a rescevoirLes benefices et l’avoirDu sainte eglise en tous paiis,Mais ja ne vuillont removoirLe pié de faire leur devoirPour nous garder les espiritz.18900Qui savera juer d’ambes meins,Si l’une falt, de l’autre au meinzPorra juer; et tielementDu gaign les Cardinals romeinsDe l’une ou l’autre part certeinsSerront; car ou l’avancementA soy quieront, ou autrementSimon leur dorra largementPourceaux qui sont venus loignteins:Car l’aqueintance a temps present18910Se fait pardoun et parpresentEn nostre Court de les foreins.Mais pour ce q’ils trovont escritQ’om ne doit curer du petit,Petite chose n’appeticeLa faim de leur grant appetit,Ainz falt q’il soit du grant profitCe dont quieront le benefice:Auci Simon n’est pas si nyceDu poy donner en son office18920As tiels seignours qui l’espiritDu Simonie et d’avaricePortont enclos, parquoy justiceSe tient au peine en leur habit.Jadis Naman el terre hebreuGrace et pardoun receust de dieu,Dont fuist du lepre nettoiez;Mais Gyesi trop fuist deçu,Qant il del orr estoit vencu,Dont les grantz douns ot acceptez,Par quoy sur soy fuist retournez18931Ly mals dont l’autre fuist sanez,Mais ore au paine en ascun lieuf. 105Si la vengance ont remembrezDe Gyesi, ainz des tous leezLes douns sont donnez et resçu.N’ont pas mys en oubliviounEn l’evangile la leçounDe les disciples de Jhesu,Qant ils firont contencioun18940Qui serroit mestres et qui noun;Ainz ont ce fait bien retenu,Dont trop y ad debat commu.Comme Lucifer semblable a dieuVolt estre, ensi dissenciounEst ore au court de Rome accru:Ne falt forsquel’espeie aguEt le consail de danz Simon.Du nostre sire truis lisantComment fist prendre un jofne enfantPouressampler les orguillous18951De ses disciples; eaux voiantLe fist venu, ensi disant:‘Quiconquesoit parentre vousQui sanz orguil et sanz corousNe soit du cuer humble et pitous,Comme est cist enfes maintenant,En ciel ne serra glorious.’Dont vuil demander entre nousSi nostre fait soit acordant.18960Om puet respondre et dire nay,Quiconquevoet prover l’essay,Voiant les Cardinals au Court;De leur pompe et de leur arrayComme plus recorde plusm’esmay,Chascuns y quiert quel’en l’onourt,Et pour l’onour chascuns labourt,Car s’il est riche, son pris sourt:D’umilité parler n’y say,Chascuns vers la richesce acourt18970Et du poverte l’en tient court:Tous scievont bien quej’en dy vray.505O comme bien fuist humilitéParentre la fraternitéQui sont du nostre foy regent!Car leur estat et leur degréDe les disciples dameldéeEnporte representement.Grant bien et grant mal ensementNous porront faire celle gent18980Qui sont si pres du papal sée;Car chascuns de leur reule prentDe bon ou mal governementPar toute cristieneté.Dieus ses disciples au precherNounpas pour lucre seculer,Ainz pour divine gaignerie,Trestout au pié sanz chivacherPar tout le monde fist aler:Mais nous alons en legacie18990Ove grantz chivals et compaignie,Et le subsidie du clergiePour nostre orguil plus demenerVolons avoir du no maistrie;La bulle q’est du RomanieLeur fra somonce de paier.Simon Magus en halt vola,Dont puis au fin il s’affola,Qant sur la roche jus chaÿ.Malvoisement il essampla19000Les cardinals, q’ore essample aChascuns en nostre court d’ensiVoler en halt: si ont saisiDeux eles, dont les pennes viDu veine gloire; et sur celaLe vent d’orguil fort y feri,Qe jusq’as nues les raviSi halt que charité passa.Mais qant ils sont en halt alez,Soudainement sont avalez19010Dessur la Roche au covoitise,U le corage ont tout quassezDe l’orr, dont il y ad assetz;Parquoy perdont la dieu franchise,Siq’ils n’ont membre quesuffiseA labourer solonc l’assisseDe l’evangile en les decretz:Dont m’est avis trop est malmise,Par ce quevole, sainte eglise,Meulx valt estier dessur ses piés.19020Sovent avient quefils du piereLa mort desire, au fin q’il pierePlus pres d’avoir l’enheritance:506Au verité si m’en refiere,Des Cardinals en la manierePlusours desiront la vuidanceDu sié papal, par esperanceQue Simon de sa pourvoianceLeur fra monter en la chaiere,Parquoy la vie est en balance19030Du pape, s’il sa garde panceLaist du triacle estre au derere.Qant le frument pert sa racineEs champs, lors falt quesoit gastineLa terre, et si porte en avantL’urtie et la poignante espine;Et ensi vait la disciplineEn nostre court de maintenant;Car qant ly jugge sont truant,Lors y vienont trestout suiant19040La court ove toute sa covine,Et ly notaire et ly plaidant,Et puis trestout le remenant,Sicomme pulsin fait la geline.Trestous ceaux de la court au meinz,Sur queux ly papes tient ses meins,Quieront du siecle rescevoirL’onour; voir et les capelleins,Ja soient ils des vices pleins,Encore quieront ils avoir19050Le noun d’onour pour plusvaloirAu siecle; dont en nounchaloirLe ciel ove qanquey est dedeinzLaissont, q’assetz ont bell manoir,Qant presde luy porront manoirQ’est pape et chief des tous humeins.Ore dirra de l’estat des Evesqes, solonc ce quel’en vait parlant au temps q’ore est.Sicomme l’en dist communement,Ensi dis et noun autrement;Car ce n’est pas de mon savoirD’escrire ou dire ascunement19060De les Evesques au present:Mais ce q’om dist, ne say si voir,Dirrai; et ce me fait doloirQe l’en puet tant aparcevoirDe leur errour, que folementDes almes font leur estovoir,Des ceaux qui sont soubz lourpooirEt des leur propres ensement.Evesque, partes faitz primerTon poeple duissetz essampler19070Des tes bons oeveres pardevant;Et puis le duissetz enfourmerDe ta clergie et ton precher,Pour exciter le bienfaisant;Car si tu soiez contemplantEt laiss perir le poeple errant,Tu fais defalte en ton mestier;Et si tu soiez bien prechant,Qant tes bienfaitz ne sont parant,Ja n’en porras fructefier.19080Evesque, lise cest escrit:Par son prophete dieus t’ad ditEt commandé d’obedience,Par halte vois quesanz respitTu dois crier a ton soubgit,Qu’il se redresce au penitence;Car s’il piert parta necligence,Dieus chargera ta conscience,Comme toy q’es son provost eslitPour acompter en sa presence:19090C’est grant vergoigne a ta science,Si ton acompte est inparfit.Evesque, om dist, et je le croy,Comment les poverez gens pourpoyDe leur errour tu fais despire,Et les grantz mals et le desroyDe ces seignours tu laisses coy,Qe tu n’en oses faire ou dire:Tu es paisible vers le sire,Et vers le serf tu es plain d’ire,19100L’un est exempt de toute loy,Et l’autre souffre le martire:N’est pas en ce, qui bien remire,Ovel le juggement de toy.Prelatz, tu as condiciounNoun du pastour, ainz du multoun,Qant vois les seignours du paiisD’avoltre et fornicacioun507Peccher sanz ta correccioun.Du philosophre enten les ditz:19110‘Prelatz qui n’ad les mals reprisTant valt comme si les ait cherisDu fole persuacioun.’Du loy civile truis escris,‘Cil fait les mals au droit devisQui des mals donne occasioun.’Les fils Hely, q’estoit provoireEl temple dieu, ce dist l’istoire,L’offrende ove tout le sacrefise,En vestir, en manger et boire19120Contre les loys de leur pretoire,Guasteront sanz avoir reprise508
Si nous parlons de ces prelatzQui sont sicomme de dieu legatzOve la clergie appartienant,Ils sont devenuz advocatzDu Pecché pour plaider le casEncontre l’Alme; et oultre tant,Si nous des Rois soions parlant,Ils vont le pueple ensi pilant,Qe tous s’en pleignont halt et bas;Et si nous parlons plus avant49218430Du gent du loy et du marchant,Je voi peril en toutz estatz.Je croy bien ferm quela franchiseDe luy q’est chief du sainte egliseSoubz dieu, s’il se governe a droit,Sur tous les autres est assisse;Mais ore est changé celle assisse,Car ce q’umilités estoitOre est orguil, et puis l’en voit,493Ce que largesce estre souloit18440Ore est tourné du covoitise;Si chasteté a ore y soit,Ne say si l’en parler en doit,494Car je me tais de celle enprise.Ce que je pense escrire yciN’est pas parmoy, ainz est ensiDu toutecristiene gentMurmur, compleinte, vois et cry;Que tous diont je ne desdi,Q’au court de Rome ore est regentSimon del orr et de l’argent,18451Siquela cause al indigentSerra pour nul clamour oÿ:Qui d’orr n’y porte le present,Justice ne luy ert present,Du charité ne la mercy.Le fils de dieu voloit venirPour eslargir et amollirLa loy; mais cils du maintenantLa me font plus estroit tenir:18460Dont vuil les causes enquerir,Si leur vois deux pointz demandant;Ou ce q’ils m’en vont defendantEstoit en soi pecché devant,Car lor le doi bien eschuïr;Ou si ce noun, di lors avantPour quoy me vont establissantPecché de leur novel atir.Ne puet descendre en ma resounQ’ils du propre imposicioun18470Font establir novel pecché;Ce q’en nul livre nous lison,Qe le fils dieu de sa leçounPar l’evangile en son decréFist establir: car charitéN’est que peril multepliéNous soit, parquelle addiciounSoions plus serf; car rechatéNous ad dieus, dont en libertéVoet bien quenousplus franc soion.495Du loy papal est estably18481Qe tu ne serras point maryA ta cousine, et d’autres casPlusours queje ne dirrai cy;Et diont quepour faire ensiMortielement tu peccheras:Lors vuil quetu demanderasSi tu pourl’orr queleur dorrasAu court porras trover mercy:Certainement quesi ferras,18490La bource que tu porterasFerra le pape ton amy.Mais si ce soit ensi mortiel,Comme ils le diont, lors au tielPourquoy vuillont devant la meinDispenser? Car ly dieus du ciel,Qui plus du pape est droituriel;Ne puet ce faire, ainz sui certeinQe je congé priasse en veinA dieu pour freindre l’endemein18500Sa loy et son precept, le quielFist establir; mais ly romein,Si j’eie d’orr ma bource plein,M’ert plus curtois et naturiel.‘Comme l’oisellour plustent ses reetz,Plus tost en serront attrapez496Les oiseals, et parcas semblableComme plus eions parnoz decretzDiversez pecchés imposez,Plus tost en serretz vous coupable,497Et nous d’assetz plus seignourable:Car tieus pecchés sont rechatable18512En nostre Court, si vous paietz;Dont nous volons quenostre tableSoit des mangiers, et nostre estableDes grantz chivalx plus efforciez.‘Qant nostre sire estoit menéSus au montaigne et ly malfiéDu siecle luy moustra l’onour,Je lis q’il l’ad tout refusé:18520Mais nous pour dire veritéL’avons resçu, siqueseignourSoions en terre le maiour;Car n’est Roy, Prince ne contourQui nous ne baiseront le pié,Et dorront largement de lourPour s’aqueinter de nostre amour,Dont plus soiont de nous privé.‘Q’il ne se duist soliciterPour sa vesture ou son manger18530Dieus a saint Piere commanda,Ne qu’il deux cotes duist porter:Mais nous ne volons pas garderLe dieu precept solonc cela;Car pres ne loigns n’y averaDelice que prest ne serraEt en cuisine et en celer,Et nostre corps se vestiraDes robes dont om percheraPlus quene portont deux somer.18540‘Ensi tienons les cliefs es meins,Dont nous serrons l’argent au meinzEt les florins, mais rerementQant desserrons les coffres pleinsPour la poverte a noz procheinsAider; ainçois tout proprementVolons avoir du toute gent,Mais de noz biens n’est qui reprent,Car noz tresors serront si seintz,Qe nul ert digne a nostre argent18550Toucher. Vei la comme noblementNous susmes chief des tous humeins!f. 103‘Les cliefs saint Piere ot en baillieDu ciel, et nous la tresorieDu siecle, qui nous est meynal:El temps saint Piere, si voir die,Cil usurer du LumbardieNe fist eschange a court papal,N’a lors Requeste emperialNe le brocage au Cardinal18560Donneront voix a la clergie;N’a lors le pape en son hostalPour nul bargain espiritalRetint Simon en compaignie.‘Mais nous q’avons la guerre enpris,Parquoy volons monter en pris,Falt que nous eions retenuSimon, siqueparson avisSoient noz tresors eslargiz;Et ce nous fait main estendu18570Dire a Simon le bienvenu,Car il nous rent bien no saluDe ses florins, qant vient toutdis:Droitz est, puisq’il ad despendu,Qe l’eveschié luy soit rendu,Car nous l’avons ensi promis.‘O sainte croix, comme celle porteGrant vertu, dont d’enfern la porteFist nostre sire debriser!Encore n’est la vertu morte18580En nostre Court, ainz est plus forte,498Les huiss des chambres fait percer:Car qant la croix y vient hurter,Tantost acurront cil huissier,Et tout ensi comme celle enhorteLa font jusques a nous mener,Voir as curtines voet entrer,Dont nostre cuer se reconforte.‘Unques le corps du sainte HeleineSerchant la croix tant ne se peine,18590Qe nous ovesquenostre CourtAssetz n’y mettons plus du peineChascune jour de la semeigne,Voir la dymenche l’en labourt,Del croix sercher: chascuns se tourt,Et pour ce no message courtPartout le siecle au tiel enseigne,Et s’il la trove, l’en l’onourt;Mais cil q’ove vuide main retourtN’ad pas de nous sa grace pleine.18600‘Rende a Cesar ce q’est a luy;Ce q’est a dieu, a dieu tout si:Mais nous et l’un et l’autre avoirVolons, car d’un et d’autre auciPortons l’estat en terre yci.De dieu avons le plain pooir,Par quoy la part de son avoirVolons nous mesmes recevoirTout proprement, siquenullyEn partira, si ce n’est voir,49918610Qe nous porrons aparcevoirQ’au double nous ert remery.‘Ensi faisons le dieu proufit,Qe riens laissons grant ne petitDe l’orr que nous porrons attraire;Car ly prelat nous sont soubgit,Si sont ly moigne ove lourhabit,Q’ils n’osent dire le contraireDu chose que nous volons faire,Neis ly curet et ly viscaire:18620Leur falt donner sanz contreditDel orr, dont ils nous pourront plaire,Ou autrement leur saintuaireDu no sentence ert entredit.‘Mais du Cesar presentement,Portons le representementCar nous du Rome la CitéOre avons l’enheritement;Pour ce volons de toute gentTribut avoir par dueté.18630Voir ly Judieu en son degré,Neis la puteine acoustummée,Ne serront quit du paiement:Ce que Cesar ot obliéEn son temps, ore avons trové,Les vices qui vont a l’argent.‘Je truis primer qant CostentinDonnoit du Rome au pape en finPossessioun de la terrestre,Ly Rois du gloire celestin18640Amont en l’air de son divinPar une voix q’estoit celestreFaisoit crier, si dist quel’estreDu sainte eglise ove tout le prestreNe serront mais si bon cristin,Comme ainz estoiont leur ancestre,Pour le venim qui devoit crestreDe ce q’ils ont le bien terrin.‘Le fils de dieu, qant il fesoitSon testament, sa peas lessoit18650Au bon saint Piere, qu’il ama,Siqu’il ne se contourberoitDu siecle; et l’autre en tiel endroitLa resçut et molt bien garda,Qe puis apres long temps dura:Mais ore est changé tout cela;Le pape claime de son droitL’onour du siecle, et pour celaLa dieu pes s’est alé pieça,Q’au jour present nuls ne la voit.18660‘Saint Piere ne se volt movoirPar guerre, ainz fist son estovoirDes bonnes almes retenir;Mais nous ne volons peas avoir,Ainz les richesces et l’avoirDu siecle pensons acuillir.Piere ot coronne du martir,Et nous du rubie et saphirEn orr assiss. Lors di me voir,La quelle part valt meulx tenir:18670N’est pas la mort bonne a souffrir,Tant comme phisique puet valoir.‘Saint Piere jammais a nul jourRetint devers luy soldeourOu d’armes ou du brigantaille;Car ne volt estre conquerrourPour resembler a l’EmperourDe ses conquestes en Ytaille.Ainz en priere sa batailleFaisoit, pour l’alme de l’ouaille18680Defendre, ensi comme bon pastour,Contre malfé; mais d’autre entailleOre est quenostre espeie taille,Du siecle pour avoir l’onour.‘Ly fils de dieu, ce dist l’istoire,Ne vint querir sa propre gloire,Ainz queist la gloire de son pierePourmettre hors du purgatoireAdam: mais nostre consistoireSe change tout d’une autre chere;18690La terre quiert, q’il tient plus chere500D’Adam, dont arme sa banere,Et trait le siecle en s’adjutoire,Lessant les almes a derere:501Qe chalt si l’en occie et fiere,Mais quenous eions la victoire?‘En nostre Court est bien parléComment la cristienetéSe trouble en guerre et en distance;Et nous avons sovent esté18700Requis quepeas et unitéFeissemusd’Engleterre et France.Mais quen’en donnons l’entendanceTrois causes en font destourbance:502L’une est petite charité;Car l’autri grief n’est pas grevanceA nous, ainz en toute habondanceVolons tenir le papal sée:‘Une autre cause est ensement,Ne susmes pas indifferent,18710Ainz susmes part a la partie,Parquoy quenostre arbitrementNe se puet faire ovelement:La tierce cause est bien oïe,Qe guerre avons en Romanie,Dont falt quenostre seignourieDu siecle soit primerementDes propres guerres establie:Ces causes ne noussuffront mieDe faire peas a l’autre gent.18720‘Et d’autre part faisons quesage,Q’a nous et puis a no messageLa guerre asses plus quela peesFerra venir grant avantageDe l’orr; car lor pernons brocageDe l’un Roy et de l’autre apres.Chascuns nous quiert avoir plus pres,503Mais nous nousenclinons adesAu Roy qui plus del orr engage,Dont no tresor ait son encress:18730Par quoy l’acord volons jammes,Tant come trovons si bon paiage.‘Dieus a saint Piere commandoitQ’il noun du mestre ne querroitNe reverence entre la gent:Je truis auci partiel endroit,Qant saint Jehan enclin estoitL’angre adourer, cil le defent;Si dist qu’il son enclinementA soul dieu q’est omnipotent,18740Et noun a autre le ferroit:Mais nostre Court dist autrement,Ne voet tenir l’essamplementDont l’angel dieus nousessamploit.f. 104‘De l’evangile a mon avisNe faisons point le droit devis;Car nous ne gardons tant ne quantL’umilité de dieu le filz;De dieu le piere ainçois le prisTollons, car soul au toutpuissant,18750“Sanctus,” les angres vont chantant;Mais nousvolons du maintenantAvoir l’onour sur nous assis,Et noun du saint partout avantPorter, mais tout le remenantDu sainteté nous est faillis.‘Combien quePiere estoit grant sire,Ja ne vist om du plom ne cireQu’il envoiast sa bulle close;Ne ja n’orretz chanter ne lire18760Q’il fist ses cardinals eslirePar ses chapeals, qui sont come roseVermaile au point quant se desclose.Ainz tout orguil y fuist forclose,Ne gule alors rester ne quireDe sa delice ascune choseSavoit, mais ore l’en supposeNo court est autre, pour voir dire.‘Voir est en terre a son decessQe nostre sire donna pes,18770Mais contre ce nous combatons;Des pecchés faisoit il reless,Mais nous, qui susmes d’ire engress,Pour poy de cause escomengons;Il souffrit mort et passions,Et nous encontre ce tuons;Il se tint de poverte pres,Et nous la poverte esloignons;Il gaigna poeple, et nousperdons,Ensi n’acorderons jammes.18780‘L’estat du pape en sa natureNe porra faire forsfaitureEn tant comme pape, ainz Innocent,Qui tient l’estat papal en cure,Cil puet mesfaire d’aventure.Mais nous, qui susmes chief du gent,Q’en terre avons nul pier regent,Volons pour l’orr et pourl’argentPiler trestoute creature;Car n’est qui pour repaiement18790Nous poet mener en juggement,Et c’est ce quenous plus assure.’Q’est ce quel’en dist AntecristVendra? Sainte escripture distQe d’Antecrist le noun amonte,Qui le contraire fait du Crist.Quoy quidetz vous, si tiel venistEncore? Oÿl, par droite acompteOrguil humilité surmonte,Dont chascun autre vice monte18800Que nostre sire en terre haïst;Siq’au present la foy desmonteEn nostre court, car nuls tient conteTenir la loy qu’il establist.Sicomme ly scribe et pharisée,Qui jadis s’estoiont montéDu Moÿsen sur la chaiere,U la loy dieu ont sermonéAs autres, mais en leur degréLour faitz furont tout loign derere;Ensi vait ore en no matiere18811Au jour present, car de saint PiereOm monte et prent la digneté,Le dyademe et la chymere,Mais ja n’en font plus quechymereAu remenant la dueté.Qant monstre naist du quelquegendre,Des mals procheins du dois entendre,C’est la prenosticacioun;Mais ore qui voet garde prendre,18820Verra comment Orguil engendreD’Envie en fornicaciounLe monstre de dampnacioun;Dont vient celle hesitacioun,Q’en un soul corps om poet comprendreDeux chiefs pardemonstracioun,Et par diverse naciounL’un chief sur l’autre volt ascendre.A Rome c’est ore avenuDu monstre q’est trop mal venu18830Au bonne gent; car sainte egliseN’ad q’un soul chief pardevant dieu,Mais ore ad deux trestout parcru;Dont la bealté de sa franchiseSe disfigure et est malmise.Si dieus n’en face la juise,Au fin quel’un chief soit tollu,Le corps, q’en porte la reprise,504Ensi porra parnulle guiseLong temps estier en sa vertu.18840Ore dirra de l’estat des Cardinals au Court de Rome solonc ce quel’en vait parlant au temps d’ore.Ce dist qui sapience enfile,Du bonne mere bonne file,Et parcontraire il est auci:Mais c’est tout voir, qant chief s’avile,La part des membres serra vile.Au Court de Rome il est ensiDu chief, vous savetz bien le qui,Maisqueles membres dont vous diSont Cardinal de nostre vile,Des queux le meindre est tant cheri,Qu’il quide valoir soul par luy18851Le Roy du France et de Cezile.Mais pour ce q’ils ont entenduQue povre orguil est defendu,Ils se richont par toute voie;Si ont en aide retenuSimon, a qui sont molt tenu,Car il leur donne et leur envoie,Il leur consaille et lourconvoie;Tous autres passeront en voie,18860S’ils n’y soient par luy resçu;Simon partout ferra la voie,Nuls y vendra s’il n’ad monoie,Mais lors serra le bien venu.Le pape as Cardinals dorraCertain paraun, mais ce serraSicomme d’enfant qant il ad painSanz compernage; car celaQue pape donne ne plerra,S’ils n’eiont autre chose ou main:18870Et ce serra du privé gaign,Que danz Simon de son bargainEn nostre Court leur portera;Mais ce n’ert pas un quoy solain,Car ja sanz selle le polainNe berbis sanz toison verra.Soit comme poet estre en dieu prier,MaisqueSimon poet espierLes dignetés ove la vuidance,Les quelles il falt applier18880As Cardinals, mais supplierEstoet ainçois la bienvuillanceDu pape, et sur celle aquointanceSimon ferra la pourvoiance,Sicomme partient a son mestier.Vei cy comme nostre court s’avance;Par tout quiert avoir la pitance,Mais nulle part puet saouler.Par leur decretz ont establizQe cil qui porte les proufitz,18890Auci les charges doit avoir:A ce compellont leur soubgitz,Mais ils sont mesmes enfranchizNounpas du droit ainz du pooir;Car ils sont prest a rescevoirLes benefices et l’avoirDu sainte eglise en tous paiis,Mais ja ne vuillont removoirLe pié de faire leur devoirPour nous garder les espiritz.18900Qui savera juer d’ambes meins,Si l’une falt, de l’autre au meinzPorra juer; et tielementDu gaign les Cardinals romeinsDe l’une ou l’autre part certeinsSerront; car ou l’avancementA soy quieront, ou autrementSimon leur dorra largementPourceaux qui sont venus loignteins:Car l’aqueintance a temps present18910Se fait pardoun et parpresentEn nostre Court de les foreins.Mais pour ce q’ils trovont escritQ’om ne doit curer du petit,Petite chose n’appeticeLa faim de leur grant appetit,Ainz falt q’il soit du grant profitCe dont quieront le benefice:Auci Simon n’est pas si nyceDu poy donner en son office18920As tiels seignours qui l’espiritDu Simonie et d’avaricePortont enclos, parquoy justiceSe tient au peine en leur habit.Jadis Naman el terre hebreuGrace et pardoun receust de dieu,Dont fuist du lepre nettoiez;Mais Gyesi trop fuist deçu,Qant il del orr estoit vencu,Dont les grantz douns ot acceptez,Par quoy sur soy fuist retournez18931Ly mals dont l’autre fuist sanez,Mais ore au paine en ascun lieuf. 105Si la vengance ont remembrezDe Gyesi, ainz des tous leezLes douns sont donnez et resçu.N’ont pas mys en oubliviounEn l’evangile la leçounDe les disciples de Jhesu,Qant ils firont contencioun18940Qui serroit mestres et qui noun;Ainz ont ce fait bien retenu,Dont trop y ad debat commu.Comme Lucifer semblable a dieuVolt estre, ensi dissenciounEst ore au court de Rome accru:Ne falt forsquel’espeie aguEt le consail de danz Simon.Du nostre sire truis lisantComment fist prendre un jofne enfantPouressampler les orguillous18951De ses disciples; eaux voiantLe fist venu, ensi disant:‘Quiconquesoit parentre vousQui sanz orguil et sanz corousNe soit du cuer humble et pitous,Comme est cist enfes maintenant,En ciel ne serra glorious.’Dont vuil demander entre nousSi nostre fait soit acordant.18960Om puet respondre et dire nay,Quiconquevoet prover l’essay,Voiant les Cardinals au Court;De leur pompe et de leur arrayComme plus recorde plusm’esmay,Chascuns y quiert quel’en l’onourt,Et pour l’onour chascuns labourt,Car s’il est riche, son pris sourt:D’umilité parler n’y say,Chascuns vers la richesce acourt18970Et du poverte l’en tient court:Tous scievont bien quej’en dy vray.505O comme bien fuist humilitéParentre la fraternitéQui sont du nostre foy regent!Car leur estat et leur degréDe les disciples dameldéeEnporte representement.Grant bien et grant mal ensementNous porront faire celle gent18980Qui sont si pres du papal sée;Car chascuns de leur reule prentDe bon ou mal governementPar toute cristieneté.Dieus ses disciples au precherNounpas pour lucre seculer,Ainz pour divine gaignerie,Trestout au pié sanz chivacherPar tout le monde fist aler:Mais nous alons en legacie18990Ove grantz chivals et compaignie,Et le subsidie du clergiePour nostre orguil plus demenerVolons avoir du no maistrie;La bulle q’est du RomanieLeur fra somonce de paier.Simon Magus en halt vola,Dont puis au fin il s’affola,Qant sur la roche jus chaÿ.Malvoisement il essampla19000Les cardinals, q’ore essample aChascuns en nostre court d’ensiVoler en halt: si ont saisiDeux eles, dont les pennes viDu veine gloire; et sur celaLe vent d’orguil fort y feri,Qe jusq’as nues les raviSi halt que charité passa.Mais qant ils sont en halt alez,Soudainement sont avalez19010Dessur la Roche au covoitise,U le corage ont tout quassezDe l’orr, dont il y ad assetz;Parquoy perdont la dieu franchise,Siq’ils n’ont membre quesuffiseA labourer solonc l’assisseDe l’evangile en les decretz:Dont m’est avis trop est malmise,Par ce quevole, sainte eglise,Meulx valt estier dessur ses piés.19020Sovent avient quefils du piereLa mort desire, au fin q’il pierePlus pres d’avoir l’enheritance:506Au verité si m’en refiere,Des Cardinals en la manierePlusours desiront la vuidanceDu sié papal, par esperanceQue Simon de sa pourvoianceLeur fra monter en la chaiere,Parquoy la vie est en balance19030Du pape, s’il sa garde panceLaist du triacle estre au derere.Qant le frument pert sa racineEs champs, lors falt quesoit gastineLa terre, et si porte en avantL’urtie et la poignante espine;Et ensi vait la disciplineEn nostre court de maintenant;Car qant ly jugge sont truant,Lors y vienont trestout suiant19040La court ove toute sa covine,Et ly notaire et ly plaidant,Et puis trestout le remenant,Sicomme pulsin fait la geline.Trestous ceaux de la court au meinz,Sur queux ly papes tient ses meins,Quieront du siecle rescevoirL’onour; voir et les capelleins,Ja soient ils des vices pleins,Encore quieront ils avoir19050Le noun d’onour pour plusvaloirAu siecle; dont en nounchaloirLe ciel ove qanquey est dedeinzLaissont, q’assetz ont bell manoir,Qant presde luy porront manoirQ’est pape et chief des tous humeins.Ore dirra de l’estat des Evesqes, solonc ce quel’en vait parlant au temps q’ore est.Sicomme l’en dist communement,Ensi dis et noun autrement;Car ce n’est pas de mon savoirD’escrire ou dire ascunement19060De les Evesques au present:Mais ce q’om dist, ne say si voir,Dirrai; et ce me fait doloirQe l’en puet tant aparcevoirDe leur errour, que folementDes almes font leur estovoir,Des ceaux qui sont soubz lourpooirEt des leur propres ensement.Evesque, partes faitz primerTon poeple duissetz essampler19070Des tes bons oeveres pardevant;Et puis le duissetz enfourmerDe ta clergie et ton precher,Pour exciter le bienfaisant;Car si tu soiez contemplantEt laiss perir le poeple errant,Tu fais defalte en ton mestier;Et si tu soiez bien prechant,Qant tes bienfaitz ne sont parant,Ja n’en porras fructefier.19080Evesque, lise cest escrit:Par son prophete dieus t’ad ditEt commandé d’obedience,Par halte vois quesanz respitTu dois crier a ton soubgit,Qu’il se redresce au penitence;Car s’il piert parta necligence,Dieus chargera ta conscience,Comme toy q’es son provost eslitPour acompter en sa presence:19090C’est grant vergoigne a ta science,Si ton acompte est inparfit.Evesque, om dist, et je le croy,Comment les poverez gens pourpoyDe leur errour tu fais despire,Et les grantz mals et le desroyDe ces seignours tu laisses coy,Qe tu n’en oses faire ou dire:Tu es paisible vers le sire,Et vers le serf tu es plain d’ire,19100L’un est exempt de toute loy,Et l’autre souffre le martire:N’est pas en ce, qui bien remire,Ovel le juggement de toy.Prelatz, tu as condiciounNoun du pastour, ainz du multoun,Qant vois les seignours du paiisD’avoltre et fornicacioun507Peccher sanz ta correccioun.Du philosophre enten les ditz:19110‘Prelatz qui n’ad les mals reprisTant valt comme si les ait cherisDu fole persuacioun.’Du loy civile truis escris,‘Cil fait les mals au droit devisQui des mals donne occasioun.’Les fils Hely, q’estoit provoireEl temple dieu, ce dist l’istoire,L’offrende ove tout le sacrefise,En vestir, en manger et boire19120Contre les loys de leur pretoire,Guasteront sanz avoir reprise508
Si nous parlons de ces prelatzQui sont sicomme de dieu legatzOve la clergie appartienant,Ils sont devenuz advocatzDu Pecché pour plaider le casEncontre l’Alme; et oultre tant,Si nous des Rois soions parlant,Ils vont le pueple ensi pilant,Qe tous s’en pleignont halt et bas;Et si nous parlons plus avant49218430Du gent du loy et du marchant,Je voi peril en toutz estatz.Je croy bien ferm quela franchiseDe luy q’est chief du sainte egliseSoubz dieu, s’il se governe a droit,Sur tous les autres est assisse;Mais ore est changé celle assisse,Car ce q’umilités estoitOre est orguil, et puis l’en voit,493Ce que largesce estre souloit18440Ore est tourné du covoitise;Si chasteté a ore y soit,Ne say si l’en parler en doit,494Car je me tais de celle enprise.Ce que je pense escrire yciN’est pas parmoy, ainz est ensiDu toutecristiene gentMurmur, compleinte, vois et cry;Que tous diont je ne desdi,Q’au court de Rome ore est regentSimon del orr et de l’argent,18451Siquela cause al indigentSerra pour nul clamour oÿ:Qui d’orr n’y porte le present,Justice ne luy ert present,Du charité ne la mercy.Le fils de dieu voloit venirPour eslargir et amollirLa loy; mais cils du maintenantLa me font plus estroit tenir:18460Dont vuil les causes enquerir,Si leur vois deux pointz demandant;Ou ce q’ils m’en vont defendantEstoit en soi pecché devant,Car lor le doi bien eschuïr;Ou si ce noun, di lors avantPour quoy me vont establissantPecché de leur novel atir.Ne puet descendre en ma resounQ’ils du propre imposicioun18470Font establir novel pecché;Ce q’en nul livre nous lison,Qe le fils dieu de sa leçounPar l’evangile en son decréFist establir: car charitéN’est que peril multepliéNous soit, parquelle addiciounSoions plus serf; car rechatéNous ad dieus, dont en libertéVoet bien quenousplus franc soion.495Du loy papal est estably18481Qe tu ne serras point maryA ta cousine, et d’autres casPlusours queje ne dirrai cy;Et diont quepour faire ensiMortielement tu peccheras:Lors vuil quetu demanderasSi tu pourl’orr queleur dorrasAu court porras trover mercy:Certainement quesi ferras,18490La bource que tu porterasFerra le pape ton amy.Mais si ce soit ensi mortiel,Comme ils le diont, lors au tielPourquoy vuillont devant la meinDispenser? Car ly dieus du ciel,Qui plus du pape est droituriel;Ne puet ce faire, ainz sui certeinQe je congé priasse en veinA dieu pour freindre l’endemein18500Sa loy et son precept, le quielFist establir; mais ly romein,Si j’eie d’orr ma bource plein,M’ert plus curtois et naturiel.‘Comme l’oisellour plustent ses reetz,Plus tost en serront attrapez496Les oiseals, et parcas semblableComme plus eions parnoz decretzDiversez pecchés imposez,Plus tost en serretz vous coupable,497Et nous d’assetz plus seignourable:Car tieus pecchés sont rechatable18512En nostre Court, si vous paietz;Dont nous volons quenostre tableSoit des mangiers, et nostre estableDes grantz chivalx plus efforciez.‘Qant nostre sire estoit menéSus au montaigne et ly malfiéDu siecle luy moustra l’onour,Je lis q’il l’ad tout refusé:18520Mais nous pour dire veritéL’avons resçu, siqueseignourSoions en terre le maiour;Car n’est Roy, Prince ne contourQui nous ne baiseront le pié,Et dorront largement de lourPour s’aqueinter de nostre amour,Dont plus soiont de nous privé.‘Q’il ne se duist soliciterPour sa vesture ou son manger18530Dieus a saint Piere commanda,Ne qu’il deux cotes duist porter:Mais nous ne volons pas garderLe dieu precept solonc cela;Car pres ne loigns n’y averaDelice que prest ne serraEt en cuisine et en celer,Et nostre corps se vestiraDes robes dont om percheraPlus quene portont deux somer.18540‘Ensi tienons les cliefs es meins,Dont nous serrons l’argent au meinzEt les florins, mais rerementQant desserrons les coffres pleinsPour la poverte a noz procheinsAider; ainçois tout proprementVolons avoir du toute gent,Mais de noz biens n’est qui reprent,Car noz tresors serront si seintz,Qe nul ert digne a nostre argent18550Toucher. Vei la comme noblementNous susmes chief des tous humeins!f. 103‘Les cliefs saint Piere ot en baillieDu ciel, et nous la tresorieDu siecle, qui nous est meynal:El temps saint Piere, si voir die,Cil usurer du LumbardieNe fist eschange a court papal,N’a lors Requeste emperialNe le brocage au Cardinal18560Donneront voix a la clergie;N’a lors le pape en son hostalPour nul bargain espiritalRetint Simon en compaignie.‘Mais nous q’avons la guerre enpris,Parquoy volons monter en pris,Falt que nous eions retenuSimon, siqueparson avisSoient noz tresors eslargiz;Et ce nous fait main estendu18570Dire a Simon le bienvenu,Car il nous rent bien no saluDe ses florins, qant vient toutdis:Droitz est, puisq’il ad despendu,Qe l’eveschié luy soit rendu,Car nous l’avons ensi promis.‘O sainte croix, comme celle porteGrant vertu, dont d’enfern la porteFist nostre sire debriser!Encore n’est la vertu morte18580En nostre Court, ainz est plus forte,498Les huiss des chambres fait percer:Car qant la croix y vient hurter,Tantost acurront cil huissier,Et tout ensi comme celle enhorteLa font jusques a nous mener,Voir as curtines voet entrer,Dont nostre cuer se reconforte.‘Unques le corps du sainte HeleineSerchant la croix tant ne se peine,18590Qe nous ovesquenostre CourtAssetz n’y mettons plus du peineChascune jour de la semeigne,Voir la dymenche l’en labourt,Del croix sercher: chascuns se tourt,Et pour ce no message courtPartout le siecle au tiel enseigne,Et s’il la trove, l’en l’onourt;Mais cil q’ove vuide main retourtN’ad pas de nous sa grace pleine.18600‘Rende a Cesar ce q’est a luy;Ce q’est a dieu, a dieu tout si:Mais nous et l’un et l’autre avoirVolons, car d’un et d’autre auciPortons l’estat en terre yci.De dieu avons le plain pooir,Par quoy la part de son avoirVolons nous mesmes recevoirTout proprement, siquenullyEn partira, si ce n’est voir,49918610Qe nous porrons aparcevoirQ’au double nous ert remery.‘Ensi faisons le dieu proufit,Qe riens laissons grant ne petitDe l’orr que nous porrons attraire;Car ly prelat nous sont soubgit,Si sont ly moigne ove lourhabit,Q’ils n’osent dire le contraireDu chose que nous volons faire,Neis ly curet et ly viscaire:18620Leur falt donner sanz contreditDel orr, dont ils nous pourront plaire,Ou autrement leur saintuaireDu no sentence ert entredit.‘Mais du Cesar presentement,Portons le representementCar nous du Rome la CitéOre avons l’enheritement;Pour ce volons de toute gentTribut avoir par dueté.18630Voir ly Judieu en son degré,Neis la puteine acoustummée,Ne serront quit du paiement:Ce que Cesar ot obliéEn son temps, ore avons trové,Les vices qui vont a l’argent.‘Je truis primer qant CostentinDonnoit du Rome au pape en finPossessioun de la terrestre,Ly Rois du gloire celestin18640Amont en l’air de son divinPar une voix q’estoit celestreFaisoit crier, si dist quel’estreDu sainte eglise ove tout le prestreNe serront mais si bon cristin,Comme ainz estoiont leur ancestre,Pour le venim qui devoit crestreDe ce q’ils ont le bien terrin.‘Le fils de dieu, qant il fesoitSon testament, sa peas lessoit18650Au bon saint Piere, qu’il ama,Siqu’il ne se contourberoitDu siecle; et l’autre en tiel endroitLa resçut et molt bien garda,Qe puis apres long temps dura:Mais ore est changé tout cela;Le pape claime de son droitL’onour du siecle, et pour celaLa dieu pes s’est alé pieça,Q’au jour present nuls ne la voit.18660‘Saint Piere ne se volt movoirPar guerre, ainz fist son estovoirDes bonnes almes retenir;Mais nous ne volons peas avoir,Ainz les richesces et l’avoirDu siecle pensons acuillir.Piere ot coronne du martir,Et nous du rubie et saphirEn orr assiss. Lors di me voir,La quelle part valt meulx tenir:18670N’est pas la mort bonne a souffrir,Tant comme phisique puet valoir.‘Saint Piere jammais a nul jourRetint devers luy soldeourOu d’armes ou du brigantaille;Car ne volt estre conquerrourPour resembler a l’EmperourDe ses conquestes en Ytaille.Ainz en priere sa batailleFaisoit, pour l’alme de l’ouaille18680Defendre, ensi comme bon pastour,Contre malfé; mais d’autre entailleOre est quenostre espeie taille,Du siecle pour avoir l’onour.‘Ly fils de dieu, ce dist l’istoire,Ne vint querir sa propre gloire,Ainz queist la gloire de son pierePourmettre hors du purgatoireAdam: mais nostre consistoireSe change tout d’une autre chere;18690La terre quiert, q’il tient plus chere500D’Adam, dont arme sa banere,Et trait le siecle en s’adjutoire,Lessant les almes a derere:501Qe chalt si l’en occie et fiere,Mais quenous eions la victoire?‘En nostre Court est bien parléComment la cristienetéSe trouble en guerre et en distance;Et nous avons sovent esté18700Requis quepeas et unitéFeissemusd’Engleterre et France.Mais quen’en donnons l’entendanceTrois causes en font destourbance:502L’une est petite charité;Car l’autri grief n’est pas grevanceA nous, ainz en toute habondanceVolons tenir le papal sée:‘Une autre cause est ensement,Ne susmes pas indifferent,18710Ainz susmes part a la partie,Parquoy quenostre arbitrementNe se puet faire ovelement:La tierce cause est bien oïe,Qe guerre avons en Romanie,Dont falt quenostre seignourieDu siecle soit primerementDes propres guerres establie:Ces causes ne noussuffront mieDe faire peas a l’autre gent.18720‘Et d’autre part faisons quesage,Q’a nous et puis a no messageLa guerre asses plus quela peesFerra venir grant avantageDe l’orr; car lor pernons brocageDe l’un Roy et de l’autre apres.Chascuns nous quiert avoir plus pres,503Mais nous nousenclinons adesAu Roy qui plus del orr engage,Dont no tresor ait son encress:18730Par quoy l’acord volons jammes,Tant come trovons si bon paiage.‘Dieus a saint Piere commandoitQ’il noun du mestre ne querroitNe reverence entre la gent:Je truis auci partiel endroit,Qant saint Jehan enclin estoitL’angre adourer, cil le defent;Si dist qu’il son enclinementA soul dieu q’est omnipotent,18740Et noun a autre le ferroit:Mais nostre Court dist autrement,Ne voet tenir l’essamplementDont l’angel dieus nousessamploit.f. 104‘De l’evangile a mon avisNe faisons point le droit devis;Car nous ne gardons tant ne quantL’umilité de dieu le filz;De dieu le piere ainçois le prisTollons, car soul au toutpuissant,18750“Sanctus,” les angres vont chantant;Mais nousvolons du maintenantAvoir l’onour sur nous assis,Et noun du saint partout avantPorter, mais tout le remenantDu sainteté nous est faillis.‘Combien quePiere estoit grant sire,Ja ne vist om du plom ne cireQu’il envoiast sa bulle close;Ne ja n’orretz chanter ne lire18760Q’il fist ses cardinals eslirePar ses chapeals, qui sont come roseVermaile au point quant se desclose.Ainz tout orguil y fuist forclose,Ne gule alors rester ne quireDe sa delice ascune choseSavoit, mais ore l’en supposeNo court est autre, pour voir dire.‘Voir est en terre a son decessQe nostre sire donna pes,18770Mais contre ce nous combatons;Des pecchés faisoit il reless,Mais nous, qui susmes d’ire engress,Pour poy de cause escomengons;Il souffrit mort et passions,Et nous encontre ce tuons;Il se tint de poverte pres,Et nous la poverte esloignons;Il gaigna poeple, et nousperdons,Ensi n’acorderons jammes.18780‘L’estat du pape en sa natureNe porra faire forsfaitureEn tant comme pape, ainz Innocent,Qui tient l’estat papal en cure,Cil puet mesfaire d’aventure.Mais nous, qui susmes chief du gent,Q’en terre avons nul pier regent,Volons pour l’orr et pourl’argentPiler trestoute creature;Car n’est qui pour repaiement18790Nous poet mener en juggement,Et c’est ce quenous plus assure.’Q’est ce quel’en dist AntecristVendra? Sainte escripture distQe d’Antecrist le noun amonte,Qui le contraire fait du Crist.Quoy quidetz vous, si tiel venistEncore? Oÿl, par droite acompteOrguil humilité surmonte,Dont chascun autre vice monte18800Que nostre sire en terre haïst;Siq’au present la foy desmonteEn nostre court, car nuls tient conteTenir la loy qu’il establist.Sicomme ly scribe et pharisée,Qui jadis s’estoiont montéDu Moÿsen sur la chaiere,U la loy dieu ont sermonéAs autres, mais en leur degréLour faitz furont tout loign derere;Ensi vait ore en no matiere18811Au jour present, car de saint PiereOm monte et prent la digneté,Le dyademe et la chymere,Mais ja n’en font plus quechymereAu remenant la dueté.Qant monstre naist du quelquegendre,Des mals procheins du dois entendre,C’est la prenosticacioun;Mais ore qui voet garde prendre,18820Verra comment Orguil engendreD’Envie en fornicaciounLe monstre de dampnacioun;Dont vient celle hesitacioun,Q’en un soul corps om poet comprendreDeux chiefs pardemonstracioun,Et par diverse naciounL’un chief sur l’autre volt ascendre.A Rome c’est ore avenuDu monstre q’est trop mal venu18830Au bonne gent; car sainte egliseN’ad q’un soul chief pardevant dieu,Mais ore ad deux trestout parcru;Dont la bealté de sa franchiseSe disfigure et est malmise.Si dieus n’en face la juise,Au fin quel’un chief soit tollu,Le corps, q’en porte la reprise,504Ensi porra parnulle guiseLong temps estier en sa vertu.18840Ore dirra de l’estat des Cardinals au Court de Rome solonc ce quel’en vait parlant au temps d’ore.Ce dist qui sapience enfile,Du bonne mere bonne file,Et parcontraire il est auci:Mais c’est tout voir, qant chief s’avile,La part des membres serra vile.Au Court de Rome il est ensiDu chief, vous savetz bien le qui,Maisqueles membres dont vous diSont Cardinal de nostre vile,Des queux le meindre est tant cheri,Qu’il quide valoir soul par luy18851Le Roy du France et de Cezile.Mais pour ce q’ils ont entenduQue povre orguil est defendu,Ils se richont par toute voie;Si ont en aide retenuSimon, a qui sont molt tenu,Car il leur donne et leur envoie,Il leur consaille et lourconvoie;Tous autres passeront en voie,18860S’ils n’y soient par luy resçu;Simon partout ferra la voie,Nuls y vendra s’il n’ad monoie,Mais lors serra le bien venu.Le pape as Cardinals dorraCertain paraun, mais ce serraSicomme d’enfant qant il ad painSanz compernage; car celaQue pape donne ne plerra,S’ils n’eiont autre chose ou main:18870Et ce serra du privé gaign,Que danz Simon de son bargainEn nostre Court leur portera;Mais ce n’ert pas un quoy solain,Car ja sanz selle le polainNe berbis sanz toison verra.Soit comme poet estre en dieu prier,MaisqueSimon poet espierLes dignetés ove la vuidance,Les quelles il falt applier18880As Cardinals, mais supplierEstoet ainçois la bienvuillanceDu pape, et sur celle aquointanceSimon ferra la pourvoiance,Sicomme partient a son mestier.Vei cy comme nostre court s’avance;Par tout quiert avoir la pitance,Mais nulle part puet saouler.Par leur decretz ont establizQe cil qui porte les proufitz,18890Auci les charges doit avoir:A ce compellont leur soubgitz,Mais ils sont mesmes enfranchizNounpas du droit ainz du pooir;Car ils sont prest a rescevoirLes benefices et l’avoirDu sainte eglise en tous paiis,Mais ja ne vuillont removoirLe pié de faire leur devoirPour nous garder les espiritz.18900Qui savera juer d’ambes meins,Si l’une falt, de l’autre au meinzPorra juer; et tielementDu gaign les Cardinals romeinsDe l’une ou l’autre part certeinsSerront; car ou l’avancementA soy quieront, ou autrementSimon leur dorra largementPourceaux qui sont venus loignteins:Car l’aqueintance a temps present18910Se fait pardoun et parpresentEn nostre Court de les foreins.Mais pour ce q’ils trovont escritQ’om ne doit curer du petit,Petite chose n’appeticeLa faim de leur grant appetit,Ainz falt q’il soit du grant profitCe dont quieront le benefice:Auci Simon n’est pas si nyceDu poy donner en son office18920As tiels seignours qui l’espiritDu Simonie et d’avaricePortont enclos, parquoy justiceSe tient au peine en leur habit.Jadis Naman el terre hebreuGrace et pardoun receust de dieu,Dont fuist du lepre nettoiez;Mais Gyesi trop fuist deçu,Qant il del orr estoit vencu,Dont les grantz douns ot acceptez,Par quoy sur soy fuist retournez18931Ly mals dont l’autre fuist sanez,Mais ore au paine en ascun lieuf. 105Si la vengance ont remembrezDe Gyesi, ainz des tous leezLes douns sont donnez et resçu.N’ont pas mys en oubliviounEn l’evangile la leçounDe les disciples de Jhesu,Qant ils firont contencioun18940Qui serroit mestres et qui noun;Ainz ont ce fait bien retenu,Dont trop y ad debat commu.Comme Lucifer semblable a dieuVolt estre, ensi dissenciounEst ore au court de Rome accru:Ne falt forsquel’espeie aguEt le consail de danz Simon.Du nostre sire truis lisantComment fist prendre un jofne enfantPouressampler les orguillous18951De ses disciples; eaux voiantLe fist venu, ensi disant:‘Quiconquesoit parentre vousQui sanz orguil et sanz corousNe soit du cuer humble et pitous,Comme est cist enfes maintenant,En ciel ne serra glorious.’Dont vuil demander entre nousSi nostre fait soit acordant.18960Om puet respondre et dire nay,Quiconquevoet prover l’essay,Voiant les Cardinals au Court;De leur pompe et de leur arrayComme plus recorde plusm’esmay,Chascuns y quiert quel’en l’onourt,Et pour l’onour chascuns labourt,Car s’il est riche, son pris sourt:D’umilité parler n’y say,Chascuns vers la richesce acourt18970Et du poverte l’en tient court:Tous scievont bien quej’en dy vray.505O comme bien fuist humilitéParentre la fraternitéQui sont du nostre foy regent!Car leur estat et leur degréDe les disciples dameldéeEnporte representement.Grant bien et grant mal ensementNous porront faire celle gent18980Qui sont si pres du papal sée;Car chascuns de leur reule prentDe bon ou mal governementPar toute cristieneté.Dieus ses disciples au precherNounpas pour lucre seculer,Ainz pour divine gaignerie,Trestout au pié sanz chivacherPar tout le monde fist aler:Mais nous alons en legacie18990Ove grantz chivals et compaignie,Et le subsidie du clergiePour nostre orguil plus demenerVolons avoir du no maistrie;La bulle q’est du RomanieLeur fra somonce de paier.Simon Magus en halt vola,Dont puis au fin il s’affola,Qant sur la roche jus chaÿ.Malvoisement il essampla19000Les cardinals, q’ore essample aChascuns en nostre court d’ensiVoler en halt: si ont saisiDeux eles, dont les pennes viDu veine gloire; et sur celaLe vent d’orguil fort y feri,Qe jusq’as nues les raviSi halt que charité passa.Mais qant ils sont en halt alez,Soudainement sont avalez19010Dessur la Roche au covoitise,U le corage ont tout quassezDe l’orr, dont il y ad assetz;Parquoy perdont la dieu franchise,Siq’ils n’ont membre quesuffiseA labourer solonc l’assisseDe l’evangile en les decretz:Dont m’est avis trop est malmise,Par ce quevole, sainte eglise,Meulx valt estier dessur ses piés.19020Sovent avient quefils du piereLa mort desire, au fin q’il pierePlus pres d’avoir l’enheritance:506Au verité si m’en refiere,Des Cardinals en la manierePlusours desiront la vuidanceDu sié papal, par esperanceQue Simon de sa pourvoianceLeur fra monter en la chaiere,Parquoy la vie est en balance19030Du pape, s’il sa garde panceLaist du triacle estre au derere.Qant le frument pert sa racineEs champs, lors falt quesoit gastineLa terre, et si porte en avantL’urtie et la poignante espine;Et ensi vait la disciplineEn nostre court de maintenant;Car qant ly jugge sont truant,Lors y vienont trestout suiant19040La court ove toute sa covine,Et ly notaire et ly plaidant,Et puis trestout le remenant,Sicomme pulsin fait la geline.Trestous ceaux de la court au meinz,Sur queux ly papes tient ses meins,Quieront du siecle rescevoirL’onour; voir et les capelleins,Ja soient ils des vices pleins,Encore quieront ils avoir19050Le noun d’onour pour plusvaloirAu siecle; dont en nounchaloirLe ciel ove qanquey est dedeinzLaissont, q’assetz ont bell manoir,Qant presde luy porront manoirQ’est pape et chief des tous humeins.Ore dirra de l’estat des Evesqes, solonc ce quel’en vait parlant au temps q’ore est.Sicomme l’en dist communement,Ensi dis et noun autrement;Car ce n’est pas de mon savoirD’escrire ou dire ascunement19060De les Evesques au present:Mais ce q’om dist, ne say si voir,Dirrai; et ce me fait doloirQe l’en puet tant aparcevoirDe leur errour, que folementDes almes font leur estovoir,Des ceaux qui sont soubz lourpooirEt des leur propres ensement.Evesque, partes faitz primerTon poeple duissetz essampler19070Des tes bons oeveres pardevant;Et puis le duissetz enfourmerDe ta clergie et ton precher,Pour exciter le bienfaisant;Car si tu soiez contemplantEt laiss perir le poeple errant,Tu fais defalte en ton mestier;Et si tu soiez bien prechant,Qant tes bienfaitz ne sont parant,Ja n’en porras fructefier.19080Evesque, lise cest escrit:Par son prophete dieus t’ad ditEt commandé d’obedience,Par halte vois quesanz respitTu dois crier a ton soubgit,Qu’il se redresce au penitence;Car s’il piert parta necligence,Dieus chargera ta conscience,Comme toy q’es son provost eslitPour acompter en sa presence:19090C’est grant vergoigne a ta science,Si ton acompte est inparfit.Evesque, om dist, et je le croy,Comment les poverez gens pourpoyDe leur errour tu fais despire,Et les grantz mals et le desroyDe ces seignours tu laisses coy,Qe tu n’en oses faire ou dire:Tu es paisible vers le sire,Et vers le serf tu es plain d’ire,19100L’un est exempt de toute loy,Et l’autre souffre le martire:N’est pas en ce, qui bien remire,Ovel le juggement de toy.Prelatz, tu as condiciounNoun du pastour, ainz du multoun,Qant vois les seignours du paiisD’avoltre et fornicacioun507Peccher sanz ta correccioun.Du philosophre enten les ditz:19110‘Prelatz qui n’ad les mals reprisTant valt comme si les ait cherisDu fole persuacioun.’Du loy civile truis escris,‘Cil fait les mals au droit devisQui des mals donne occasioun.’Les fils Hely, q’estoit provoireEl temple dieu, ce dist l’istoire,L’offrende ove tout le sacrefise,En vestir, en manger et boire19120Contre les loys de leur pretoire,Guasteront sanz avoir reprise508
Si nous parlons de ces prelatz
Qui sont sicomme de dieu legatz
Ove la clergie appartienant,
Ils sont devenuz advocatz
Du Pecché pour plaider le cas
Encontre l’Alme; et oultre tant,
Si nous des Rois soions parlant,
Ils vont le pueple ensi pilant,
Qe tous s’en pleignont halt et bas;
Et si nous parlons plus avant49218430
Du gent du loy et du marchant,
Je voi peril en toutz estatz.
Je croy bien ferm quela franchise
De luy q’est chief du sainte eglise
Soubz dieu, s’il se governe a droit,
Sur tous les autres est assisse;
Mais ore est changé celle assisse,
Car ce q’umilités estoit
Ore est orguil, et puis l’en voit,493
Ce que largesce estre souloit18440
Ore est tourné du covoitise;
Si chasteté a ore y soit,
Ne say si l’en parler en doit,494
Car je me tais de celle enprise.
Ce que je pense escrire yci
N’est pas parmoy, ainz est ensi
Du toutecristiene gent
Murmur, compleinte, vois et cry;
Que tous diont je ne desdi,
Q’au court de Rome ore est regent
Simon del orr et de l’argent,18451
Siquela cause al indigent
Serra pour nul clamour oÿ:
Qui d’orr n’y porte le present,
Justice ne luy ert present,
Du charité ne la mercy.
Le fils de dieu voloit venir
Pour eslargir et amollir
La loy; mais cils du maintenant
La me font plus estroit tenir:18460
Dont vuil les causes enquerir,
Si leur vois deux pointz demandant;
Ou ce q’ils m’en vont defendant
Estoit en soi pecché devant,
Car lor le doi bien eschuïr;
Ou si ce noun, di lors avant
Pour quoy me vont establissant
Pecché de leur novel atir.
Ne puet descendre en ma resoun
Q’ils du propre imposicioun18470
Font establir novel pecché;
Ce q’en nul livre nous lison,
Qe le fils dieu de sa leçoun
Par l’evangile en son decré
Fist establir: car charité
N’est que peril multeplié
Nous soit, parquelle addicioun
Soions plus serf; car rechaté
Nous ad dieus, dont en liberté
Voet bien quenousplus franc soion.495
Du loy papal est estably18481
Qe tu ne serras point mary
A ta cousine, et d’autres cas
Plusours queje ne dirrai cy;
Et diont quepour faire ensi
Mortielement tu peccheras:
Lors vuil quetu demanderas
Si tu pourl’orr queleur dorras
Au court porras trover mercy:
Certainement quesi ferras,18490
La bource que tu porteras
Ferra le pape ton amy.
Mais si ce soit ensi mortiel,
Comme ils le diont, lors au tiel
Pourquoy vuillont devant la mein
Dispenser? Car ly dieus du ciel,
Qui plus du pape est droituriel;
Ne puet ce faire, ainz sui certein
Qe je congé priasse en vein
A dieu pour freindre l’endemein18500
Sa loy et son precept, le quiel
Fist establir; mais ly romein,
Si j’eie d’orr ma bource plein,
M’ert plus curtois et naturiel.
‘Comme l’oisellour plustent ses reetz,
Plus tost en serront attrapez496
Les oiseals, et parcas semblable
Comme plus eions parnoz decretz
Diversez pecchés imposez,
Plus tost en serretz vous coupable,497
Et nous d’assetz plus seignourable:
Car tieus pecchés sont rechatable18512
En nostre Court, si vous paietz;
Dont nous volons quenostre table
Soit des mangiers, et nostre estable
Des grantz chivalx plus efforciez.
‘Qant nostre sire estoit mené
Sus au montaigne et ly malfié
Du siecle luy moustra l’onour,
Je lis q’il l’ad tout refusé:18520
Mais nous pour dire verité
L’avons resçu, siqueseignour
Soions en terre le maiour;
Car n’est Roy, Prince ne contour
Qui nous ne baiseront le pié,
Et dorront largement de lour
Pour s’aqueinter de nostre amour,
Dont plus soiont de nous privé.
‘Q’il ne se duist soliciter
Pour sa vesture ou son manger18530
Dieus a saint Piere commanda,
Ne qu’il deux cotes duist porter:
Mais nous ne volons pas garder
Le dieu precept solonc cela;
Car pres ne loigns n’y avera
Delice que prest ne serra
Et en cuisine et en celer,
Et nostre corps se vestira
Des robes dont om perchera
Plus quene portont deux somer.18540
‘Ensi tienons les cliefs es meins,
Dont nous serrons l’argent au meinz
Et les florins, mais rerement
Qant desserrons les coffres pleins
Pour la poverte a noz procheins
Aider; ainçois tout proprement
Volons avoir du toute gent,
Mais de noz biens n’est qui reprent,
Car noz tresors serront si seintz,
Qe nul ert digne a nostre argent18550
Toucher. Vei la comme noblement
Nous susmes chief des tous humeins!
f. 103
‘Les cliefs saint Piere ot en baillie
Du ciel, et nous la tresorie
Du siecle, qui nous est meynal:
El temps saint Piere, si voir die,
Cil usurer du Lumbardie
Ne fist eschange a court papal,
N’a lors Requeste emperial
Ne le brocage au Cardinal18560
Donneront voix a la clergie;
N’a lors le pape en son hostal
Pour nul bargain espirital
Retint Simon en compaignie.
‘Mais nous q’avons la guerre enpris,
Parquoy volons monter en pris,
Falt que nous eions retenu
Simon, siqueparson avis
Soient noz tresors eslargiz;
Et ce nous fait main estendu18570
Dire a Simon le bienvenu,
Car il nous rent bien no salu
De ses florins, qant vient toutdis:
Droitz est, puisq’il ad despendu,
Qe l’eveschié luy soit rendu,
Car nous l’avons ensi promis.
‘O sainte croix, comme celle porte
Grant vertu, dont d’enfern la porte
Fist nostre sire debriser!
Encore n’est la vertu morte18580
En nostre Court, ainz est plus forte,498
Les huiss des chambres fait percer:
Car qant la croix y vient hurter,
Tantost acurront cil huissier,
Et tout ensi comme celle enhorte
La font jusques a nous mener,
Voir as curtines voet entrer,
Dont nostre cuer se reconforte.
‘Unques le corps du sainte Heleine
Serchant la croix tant ne se peine,18590
Qe nous ovesquenostre Court
Assetz n’y mettons plus du peine
Chascune jour de la semeigne,
Voir la dymenche l’en labourt,
Del croix sercher: chascuns se tourt,
Et pour ce no message court
Partout le siecle au tiel enseigne,
Et s’il la trove, l’en l’onourt;
Mais cil q’ove vuide main retourt
N’ad pas de nous sa grace pleine.18600
‘Rende a Cesar ce q’est a luy;
Ce q’est a dieu, a dieu tout si:
Mais nous et l’un et l’autre avoir
Volons, car d’un et d’autre auci
Portons l’estat en terre yci.
De dieu avons le plain pooir,
Par quoy la part de son avoir
Volons nous mesmes recevoir
Tout proprement, siquenully
En partira, si ce n’est voir,49918610
Qe nous porrons aparcevoir
Q’au double nous ert remery.
‘Ensi faisons le dieu proufit,
Qe riens laissons grant ne petit
De l’orr que nous porrons attraire;
Car ly prelat nous sont soubgit,
Si sont ly moigne ove lourhabit,
Q’ils n’osent dire le contraire
Du chose que nous volons faire,
Neis ly curet et ly viscaire:18620
Leur falt donner sanz contredit
Del orr, dont ils nous pourront plaire,
Ou autrement leur saintuaire
Du no sentence ert entredit.
‘Mais du Cesar presentement,
Portons le representement
Car nous du Rome la Cité
Ore avons l’enheritement;
Pour ce volons de toute gent
Tribut avoir par dueté.18630
Voir ly Judieu en son degré,
Neis la puteine acoustummée,
Ne serront quit du paiement:
Ce que Cesar ot oblié
En son temps, ore avons trové,
Les vices qui vont a l’argent.
‘Je truis primer qant Costentin
Donnoit du Rome au pape en fin
Possessioun de la terrestre,
Ly Rois du gloire celestin18640
Amont en l’air de son divin
Par une voix q’estoit celestre
Faisoit crier, si dist quel’estre
Du sainte eglise ove tout le prestre
Ne serront mais si bon cristin,
Comme ainz estoiont leur ancestre,
Pour le venim qui devoit crestre
De ce q’ils ont le bien terrin.
‘Le fils de dieu, qant il fesoit
Son testament, sa peas lessoit18650
Au bon saint Piere, qu’il ama,
Siqu’il ne se contourberoit
Du siecle; et l’autre en tiel endroit
La resçut et molt bien garda,
Qe puis apres long temps dura:
Mais ore est changé tout cela;
Le pape claime de son droit
L’onour du siecle, et pour cela
La dieu pes s’est alé pieça,
Q’au jour present nuls ne la voit.18660
‘Saint Piere ne se volt movoir
Par guerre, ainz fist son estovoir
Des bonnes almes retenir;
Mais nous ne volons peas avoir,
Ainz les richesces et l’avoir
Du siecle pensons acuillir.
Piere ot coronne du martir,
Et nous du rubie et saphir
En orr assiss. Lors di me voir,
La quelle part valt meulx tenir:18670
N’est pas la mort bonne a souffrir,
Tant comme phisique puet valoir.
‘Saint Piere jammais a nul jour
Retint devers luy soldeour
Ou d’armes ou du brigantaille;
Car ne volt estre conquerrour
Pour resembler a l’Emperour
De ses conquestes en Ytaille.
Ainz en priere sa bataille
Faisoit, pour l’alme de l’ouaille18680
Defendre, ensi comme bon pastour,
Contre malfé; mais d’autre entaille
Ore est quenostre espeie taille,
Du siecle pour avoir l’onour.
‘Ly fils de dieu, ce dist l’istoire,
Ne vint querir sa propre gloire,
Ainz queist la gloire de son piere
Pourmettre hors du purgatoire
Adam: mais nostre consistoire
Se change tout d’une autre chere;18690
La terre quiert, q’il tient plus chere500
D’Adam, dont arme sa banere,
Et trait le siecle en s’adjutoire,
Lessant les almes a derere:501
Qe chalt si l’en occie et fiere,
Mais quenous eions la victoire?
‘En nostre Court est bien parlé
Comment la cristieneté
Se trouble en guerre et en distance;
Et nous avons sovent esté18700
Requis quepeas et unité
Feissemusd’Engleterre et France.
Mais quen’en donnons l’entendance
Trois causes en font destourbance:502
L’une est petite charité;
Car l’autri grief n’est pas grevance
A nous, ainz en toute habondance
Volons tenir le papal sée:
‘Une autre cause est ensement,
Ne susmes pas indifferent,18710
Ainz susmes part a la partie,
Parquoy quenostre arbitrement
Ne se puet faire ovelement:
La tierce cause est bien oïe,
Qe guerre avons en Romanie,
Dont falt quenostre seignourie
Du siecle soit primerement
Des propres guerres establie:
Ces causes ne noussuffront mie
De faire peas a l’autre gent.18720
‘Et d’autre part faisons quesage,
Q’a nous et puis a no message
La guerre asses plus quela pees
Ferra venir grant avantage
De l’orr; car lor pernons brocage
De l’un Roy et de l’autre apres.
Chascuns nous quiert avoir plus pres,503
Mais nous nousenclinons ades
Au Roy qui plus del orr engage,
Dont no tresor ait son encress:18730
Par quoy l’acord volons jammes,
Tant come trovons si bon paiage.
‘Dieus a saint Piere commandoit
Q’il noun du mestre ne querroit
Ne reverence entre la gent:
Je truis auci partiel endroit,
Qant saint Jehan enclin estoit
L’angre adourer, cil le defent;
Si dist qu’il son enclinement
A soul dieu q’est omnipotent,18740
Et noun a autre le ferroit:
Mais nostre Court dist autrement,
Ne voet tenir l’essamplement
Dont l’angel dieus nousessamploit.
f. 104
‘De l’evangile a mon avis
Ne faisons point le droit devis;
Car nous ne gardons tant ne quant
L’umilité de dieu le filz;
De dieu le piere ainçois le pris
Tollons, car soul au toutpuissant,18750
“Sanctus,” les angres vont chantant;
Mais nousvolons du maintenant
Avoir l’onour sur nous assis,
Et noun du saint partout avant
Porter, mais tout le remenant
Du sainteté nous est faillis.
‘Combien quePiere estoit grant sire,
Ja ne vist om du plom ne cire
Qu’il envoiast sa bulle close;
Ne ja n’orretz chanter ne lire18760
Q’il fist ses cardinals eslire
Par ses chapeals, qui sont come rose
Vermaile au point quant se desclose.
Ainz tout orguil y fuist forclose,
Ne gule alors rester ne quire
De sa delice ascune chose
Savoit, mais ore l’en suppose
No court est autre, pour voir dire.
‘Voir est en terre a son decess
Qe nostre sire donna pes,18770
Mais contre ce nous combatons;
Des pecchés faisoit il reless,
Mais nous, qui susmes d’ire engress,
Pour poy de cause escomengons;
Il souffrit mort et passions,
Et nous encontre ce tuons;
Il se tint de poverte pres,
Et nous la poverte esloignons;
Il gaigna poeple, et nousperdons,
Ensi n’acorderons jammes.18780
‘L’estat du pape en sa nature
Ne porra faire forsfaiture
En tant comme pape, ainz Innocent,
Qui tient l’estat papal en cure,
Cil puet mesfaire d’aventure.
Mais nous, qui susmes chief du gent,
Q’en terre avons nul pier regent,
Volons pour l’orr et pourl’argent
Piler trestoute creature;
Car n’est qui pour repaiement18790
Nous poet mener en juggement,
Et c’est ce quenous plus assure.’
Q’est ce quel’en dist Antecrist
Vendra? Sainte escripture dist
Qe d’Antecrist le noun amonte,
Qui le contraire fait du Crist.
Quoy quidetz vous, si tiel venist
Encore? Oÿl, par droite acompte
Orguil humilité surmonte,
Dont chascun autre vice monte18800
Que nostre sire en terre haïst;
Siq’au present la foy desmonte
En nostre court, car nuls tient conte
Tenir la loy qu’il establist.
Sicomme ly scribe et pharisée,
Qui jadis s’estoiont monté
Du Moÿsen sur la chaiere,
U la loy dieu ont sermoné
As autres, mais en leur degré
Lour faitz furont tout loign derere;
Ensi vait ore en no matiere18811
Au jour present, car de saint Piere
Om monte et prent la digneté,
Le dyademe et la chymere,
Mais ja n’en font plus quechymere
Au remenant la dueté.
Qant monstre naist du quelquegendre,
Des mals procheins du dois entendre,
C’est la prenosticacioun;
Mais ore qui voet garde prendre,18820
Verra comment Orguil engendre
D’Envie en fornicacioun
Le monstre de dampnacioun;
Dont vient celle hesitacioun,
Q’en un soul corps om poet comprendre
Deux chiefs pardemonstracioun,
Et par diverse nacioun
L’un chief sur l’autre volt ascendre.
A Rome c’est ore avenu
Du monstre q’est trop mal venu18830
Au bonne gent; car sainte eglise
N’ad q’un soul chief pardevant dieu,
Mais ore ad deux trestout parcru;
Dont la bealté de sa franchise
Se disfigure et est malmise.
Si dieus n’en face la juise,
Au fin quel’un chief soit tollu,
Le corps, q’en porte la reprise,504
Ensi porra parnulle guise
Long temps estier en sa vertu.18840
Ore dirra de l’estat des Cardinals au Court de Rome solonc ce quel’en vait parlant au temps d’ore.
Ore dirra de l’estat des Cardinals au Court de Rome solonc ce quel’en vait parlant au temps d’ore.
Ce dist qui sapience enfile,
Du bonne mere bonne file,
Et parcontraire il est auci:
Mais c’est tout voir, qant chief s’avile,
La part des membres serra vile.
Au Court de Rome il est ensi
Du chief, vous savetz bien le qui,
Maisqueles membres dont vous di
Sont Cardinal de nostre vile,
Des queux le meindre est tant cheri,
Qu’il quide valoir soul par luy18851
Le Roy du France et de Cezile.
Mais pour ce q’ils ont entendu
Que povre orguil est defendu,
Ils se richont par toute voie;
Si ont en aide retenu
Simon, a qui sont molt tenu,
Car il leur donne et leur envoie,
Il leur consaille et lourconvoie;
Tous autres passeront en voie,18860
S’ils n’y soient par luy resçu;
Simon partout ferra la voie,
Nuls y vendra s’il n’ad monoie,
Mais lors serra le bien venu.
Le pape as Cardinals dorra
Certain paraun, mais ce serra
Sicomme d’enfant qant il ad pain
Sanz compernage; car cela
Que pape donne ne plerra,
S’ils n’eiont autre chose ou main:18870
Et ce serra du privé gaign,
Que danz Simon de son bargain
En nostre Court leur portera;
Mais ce n’ert pas un quoy solain,
Car ja sanz selle le polain
Ne berbis sanz toison verra.
Soit comme poet estre en dieu prier,
MaisqueSimon poet espier
Les dignetés ove la vuidance,
Les quelles il falt applier18880
As Cardinals, mais supplier
Estoet ainçois la bienvuillance
Du pape, et sur celle aquointance
Simon ferra la pourvoiance,
Sicomme partient a son mestier.
Vei cy comme nostre court s’avance;
Par tout quiert avoir la pitance,
Mais nulle part puet saouler.
Par leur decretz ont establiz
Qe cil qui porte les proufitz,18890
Auci les charges doit avoir:
A ce compellont leur soubgitz,
Mais ils sont mesmes enfranchiz
Nounpas du droit ainz du pooir;
Car ils sont prest a rescevoir
Les benefices et l’avoir
Du sainte eglise en tous paiis,
Mais ja ne vuillont removoir
Le pié de faire leur devoir
Pour nous garder les espiritz.18900
Qui savera juer d’ambes meins,
Si l’une falt, de l’autre au meinz
Porra juer; et tielement
Du gaign les Cardinals romeins
De l’une ou l’autre part certeins
Serront; car ou l’avancement
A soy quieront, ou autrement
Simon leur dorra largement
Pourceaux qui sont venus loignteins:
Car l’aqueintance a temps present18910
Se fait pardoun et parpresent
En nostre Court de les foreins.
Mais pour ce q’ils trovont escrit
Q’om ne doit curer du petit,
Petite chose n’appetice
La faim de leur grant appetit,
Ainz falt q’il soit du grant profit
Ce dont quieront le benefice:
Auci Simon n’est pas si nyce
Du poy donner en son office18920
As tiels seignours qui l’espirit
Du Simonie et d’avarice
Portont enclos, parquoy justice
Se tient au peine en leur habit.
Jadis Naman el terre hebreu
Grace et pardoun receust de dieu,
Dont fuist du lepre nettoiez;
Mais Gyesi trop fuist deçu,
Qant il del orr estoit vencu,
Dont les grantz douns ot acceptez,
Par quoy sur soy fuist retournez18931
Ly mals dont l’autre fuist sanez,
Mais ore au paine en ascun lieu
f. 105
Si la vengance ont remembrez
De Gyesi, ainz des tous leez
Les douns sont donnez et resçu.
N’ont pas mys en oublivioun
En l’evangile la leçoun
De les disciples de Jhesu,
Qant ils firont contencioun18940
Qui serroit mestres et qui noun;
Ainz ont ce fait bien retenu,
Dont trop y ad debat commu.
Comme Lucifer semblable a dieu
Volt estre, ensi dissencioun
Est ore au court de Rome accru:
Ne falt forsquel’espeie agu
Et le consail de danz Simon.
Du nostre sire truis lisant
Comment fist prendre un jofne enfant
Pouressampler les orguillous18951
De ses disciples; eaux voiant
Le fist venu, ensi disant:
‘Quiconquesoit parentre vous
Qui sanz orguil et sanz corous
Ne soit du cuer humble et pitous,
Comme est cist enfes maintenant,
En ciel ne serra glorious.’
Dont vuil demander entre nous
Si nostre fait soit acordant.18960
Om puet respondre et dire nay,
Quiconquevoet prover l’essay,
Voiant les Cardinals au Court;
De leur pompe et de leur array
Comme plus recorde plusm’esmay,
Chascuns y quiert quel’en l’onourt,
Et pour l’onour chascuns labourt,
Car s’il est riche, son pris sourt:
D’umilité parler n’y say,
Chascuns vers la richesce acourt18970
Et du poverte l’en tient court:
Tous scievont bien quej’en dy vray.505
O comme bien fuist humilité
Parentre la fraternité
Qui sont du nostre foy regent!
Car leur estat et leur degré
De les disciples dameldée
Enporte representement.
Grant bien et grant mal ensement
Nous porront faire celle gent18980
Qui sont si pres du papal sée;
Car chascuns de leur reule prent
De bon ou mal governement
Par toute cristieneté.
Dieus ses disciples au precher
Nounpas pour lucre seculer,
Ainz pour divine gaignerie,
Trestout au pié sanz chivacher
Par tout le monde fist aler:
Mais nous alons en legacie18990
Ove grantz chivals et compaignie,
Et le subsidie du clergie
Pour nostre orguil plus demener
Volons avoir du no maistrie;
La bulle q’est du Romanie
Leur fra somonce de paier.
Simon Magus en halt vola,
Dont puis au fin il s’affola,
Qant sur la roche jus chaÿ.
Malvoisement il essampla19000
Les cardinals, q’ore essample a
Chascuns en nostre court d’ensi
Voler en halt: si ont saisi
Deux eles, dont les pennes vi
Du veine gloire; et sur cela
Le vent d’orguil fort y feri,
Qe jusq’as nues les ravi
Si halt que charité passa.
Mais qant ils sont en halt alez,
Soudainement sont avalez19010
Dessur la Roche au covoitise,
U le corage ont tout quassez
De l’orr, dont il y ad assetz;
Parquoy perdont la dieu franchise,
Siq’ils n’ont membre quesuffise
A labourer solonc l’assisse
De l’evangile en les decretz:
Dont m’est avis trop est malmise,
Par ce quevole, sainte eglise,
Meulx valt estier dessur ses piés.19020
Sovent avient quefils du piere
La mort desire, au fin q’il piere
Plus pres d’avoir l’enheritance:506
Au verité si m’en refiere,
Des Cardinals en la maniere
Plusours desiront la vuidance
Du sié papal, par esperance
Que Simon de sa pourvoiance
Leur fra monter en la chaiere,
Parquoy la vie est en balance19030
Du pape, s’il sa garde pance
Laist du triacle estre au derere.
Qant le frument pert sa racine
Es champs, lors falt quesoit gastine
La terre, et si porte en avant
L’urtie et la poignante espine;
Et ensi vait la discipline
En nostre court de maintenant;
Car qant ly jugge sont truant,
Lors y vienont trestout suiant19040
La court ove toute sa covine,
Et ly notaire et ly plaidant,
Et puis trestout le remenant,
Sicomme pulsin fait la geline.
Trestous ceaux de la court au meinz,
Sur queux ly papes tient ses meins,
Quieront du siecle rescevoir
L’onour; voir et les capelleins,
Ja soient ils des vices pleins,
Encore quieront ils avoir19050
Le noun d’onour pour plusvaloir
Au siecle; dont en nounchaloir
Le ciel ove qanquey est dedeinz
Laissont, q’assetz ont bell manoir,
Qant presde luy porront manoir
Q’est pape et chief des tous humeins.
Ore dirra de l’estat des Evesqes, solonc ce quel’en vait parlant au temps q’ore est.
Ore dirra de l’estat des Evesqes, solonc ce quel’en vait parlant au temps q’ore est.
Sicomme l’en dist communement,
Ensi dis et noun autrement;
Car ce n’est pas de mon savoir
D’escrire ou dire ascunement19060
De les Evesques au present:
Mais ce q’om dist, ne say si voir,
Dirrai; et ce me fait doloir
Qe l’en puet tant aparcevoir
De leur errour, que folement
Des almes font leur estovoir,
Des ceaux qui sont soubz lourpooir
Et des leur propres ensement.
Evesque, partes faitz primer
Ton poeple duissetz essampler19070
Des tes bons oeveres pardevant;
Et puis le duissetz enfourmer
De ta clergie et ton precher,
Pour exciter le bienfaisant;
Car si tu soiez contemplant
Et laiss perir le poeple errant,
Tu fais defalte en ton mestier;
Et si tu soiez bien prechant,
Qant tes bienfaitz ne sont parant,
Ja n’en porras fructefier.19080
Evesque, lise cest escrit:
Par son prophete dieus t’ad dit
Et commandé d’obedience,
Par halte vois quesanz respit
Tu dois crier a ton soubgit,
Qu’il se redresce au penitence;
Car s’il piert parta necligence,
Dieus chargera ta conscience,
Comme toy q’es son provost eslit
Pour acompter en sa presence:19090
C’est grant vergoigne a ta science,
Si ton acompte est inparfit.
Evesque, om dist, et je le croy,
Comment les poverez gens pourpoy
De leur errour tu fais despire,
Et les grantz mals et le desroy
De ces seignours tu laisses coy,
Qe tu n’en oses faire ou dire:
Tu es paisible vers le sire,
Et vers le serf tu es plain d’ire,19100
L’un est exempt de toute loy,
Et l’autre souffre le martire:
N’est pas en ce, qui bien remire,
Ovel le juggement de toy.
Prelatz, tu as condicioun
Noun du pastour, ainz du multoun,
Qant vois les seignours du paiis
D’avoltre et fornicacioun507
Peccher sanz ta correccioun.
Du philosophre enten les ditz:19110
‘Prelatz qui n’ad les mals repris
Tant valt comme si les ait cheris
Du fole persuacioun.’
Du loy civile truis escris,
‘Cil fait les mals au droit devis
Qui des mals donne occasioun.’
Les fils Hely, q’estoit provoire
El temple dieu, ce dist l’istoire,
L’offrende ove tout le sacrefise,
En vestir, en manger et boire19120
Contre les loys de leur pretoire,
Guasteront sanz avoir reprise508