2 janvier.Louise, recevrai-je une réponse à ma lettre d’hier? J’en doute, hélas! Vous n’avez peut-être pas même lu ce que je vous ai écrit! et cette seconde lettre, Louise, aura-t-elle le même sort que la première? Méchante, si vous saviez comme je suis triste loin de vous! Ma Louise, un mot, de grâce: je ne puis vivre ainsi; ce sont trop de tourmens à la fois. Que faites-vous tout le jour? d’où vient que je ne vous aperçois plus nulle part, pas même à la fenêtre? Mais, Louise,qu’ai-je donc toujours à me plaindre? Ne vous ai-je pas vue hier? ne vous ai-je pas parlé? n’est-ce donc pas là du bonheur? Non, Louise: le bonheur, c’est de vous voir sans cesse, de vous parler sans cesse; de ne pas vous quitter; d’être avec vous au travail, aux repas, aux heures du sommeil, à toutes les heures, Louise!... Oh, dites-moi, Louise: n’est-ce que de l’amour ce que je ressens pour vous? De l’amour, je ne sais; c’est de la fièvre, du délire! J’erre toute la nuit et tout le jour sous vos fenêtres... A midi!... quand sonnera-t-elle donc, cette heure où je dois vous voir! Oh, Louise, les heures s’écoulent bien vite pour vous! Que vous importe? mais, moi, il me semble que chaque heure dure une éternité.A midi, Louise! Malheureux! si elle ne me recevait pas! si ce n’est pas elle qui vient m’ouvrir! Je vous en supplie, Louise, ne me causez pas ce chagrin, j’en mourrais sur place.Adieu, adieu. Celui qui ne vit, ne respire que par vous et dans vous.P. S.Notre sort est entre vos mains, Louise. L’obstacle à nos désirs, peut-être vous en doutiez-vous, c’était votre peu de fortune. Un moyen se présente qui lèvera toute difficulté. Ce moyen, je n’ose vous le faire savoir sans être sûr de votre cœur. Répondez-moi donc que vous m’aimez. Abandonnez-vous à moi.... Notre amour ne connaîtra plus d’empêchement... Il faut avouer pourtantque mon père a quelquefois de singulières idées....Louise, quand donc serai-je assez aimé de vous pour ne pas craindre de vous apprendre quelles conditions mon père met à notre bonheur?
2 janvier.
Louise, recevrai-je une réponse à ma lettre d’hier? J’en doute, hélas! Vous n’avez peut-être pas même lu ce que je vous ai écrit! et cette seconde lettre, Louise, aura-t-elle le même sort que la première? Méchante, si vous saviez comme je suis triste loin de vous! Ma Louise, un mot, de grâce: je ne puis vivre ainsi; ce sont trop de tourmens à la fois. Que faites-vous tout le jour? d’où vient que je ne vous aperçois plus nulle part, pas même à la fenêtre? Mais, Louise,qu’ai-je donc toujours à me plaindre? Ne vous ai-je pas vue hier? ne vous ai-je pas parlé? n’est-ce donc pas là du bonheur? Non, Louise: le bonheur, c’est de vous voir sans cesse, de vous parler sans cesse; de ne pas vous quitter; d’être avec vous au travail, aux repas, aux heures du sommeil, à toutes les heures, Louise!... Oh, dites-moi, Louise: n’est-ce que de l’amour ce que je ressens pour vous? De l’amour, je ne sais; c’est de la fièvre, du délire! J’erre toute la nuit et tout le jour sous vos fenêtres... A midi!... quand sonnera-t-elle donc, cette heure où je dois vous voir! Oh, Louise, les heures s’écoulent bien vite pour vous! Que vous importe? mais, moi, il me semble que chaque heure dure une éternité.A midi, Louise! Malheureux! si elle ne me recevait pas! si ce n’est pas elle qui vient m’ouvrir! Je vous en supplie, Louise, ne me causez pas ce chagrin, j’en mourrais sur place.
Adieu, adieu. Celui qui ne vit, ne respire que par vous et dans vous.
P. S.Notre sort est entre vos mains, Louise. L’obstacle à nos désirs, peut-être vous en doutiez-vous, c’était votre peu de fortune. Un moyen se présente qui lèvera toute difficulté. Ce moyen, je n’ose vous le faire savoir sans être sûr de votre cœur. Répondez-moi donc que vous m’aimez. Abandonnez-vous à moi.... Notre amour ne connaîtra plus d’empêchement... Il faut avouer pourtantque mon père a quelquefois de singulières idées....
Louise, quand donc serai-je assez aimé de vous pour ne pas craindre de vous apprendre quelles conditions mon père met à notre bonheur?
Louise ne se dissimulait pas combien il est mal à une jeune fille de recevoir des lettres à l’insu de sa mère; mais elle se faisait une excuse de la nécessité. Voici son raisonnement: Si ce n’est pas moi qui prends les lettres de Gustave, elles tomberont entre les mains de mademoiselle Agathe ou de maman: je serai perdue. Pour éviter des reproches et peut-être pis,il faut donc que je reçoive moi-même tout ce qu’il lui plaira de m’écrire.
Sous prétexte du froid, elle avait décidé sa mère à rester constamment dans la chambre, près du feu; et pour n’éveiller aucun soupçon, Louise plusieurs fois dans le jour, à des heures différentes, s’empressait d’aller ouvrir la porte, lorsque quelqu’un y venait sonner.
Souvent aussi elle laissait mademoiselle Agathe ou sa mère s’acquitter de cette besogne, soit qu’elle les y invitât elle-même en souriant, soit que, par son peu d’empressement à quitter sa chaise, elle leur fit comprendre que cette charge devait être partagée entre elles trois.
Selon Louise, sa mère, en la voyant courir à la porte ou rester en place, indifféremment, à quelque heure de la journée que ce fût, ne pouvait s’apercevoir que c’était toujours elle qui allait ouvrir, à midi sonnant.
Cependant madame Drouart n’était pas tout-à-fait sans défiance. Louise, d’autre part, craignit d’avoir excité les soupçons de sa mère.
Dans la matinée du 3, vers les neuf heures, quelqu’un tourna le bouton de la porte. Louise se levait.
—Restez, ma fille, dit madame Drouart avec un geste de mauvaise humeur; je vais répondre moi-même.
Louise tremblait pour sa lettre de midi. Il est temps, pensa-t-elle, que Gustave cesse de m’écrire: nous serions surpris d’un jour à l’autre. Si j’ai le bonheur de le voir encore une fois, je l’avertirai.... Je lui dirai de ne plus m’apporter de lettres... J’aime mieux lui parler, lui donner un rendez-vous.... Maman sort le 6; eh bien, le 6 il s’expliquera; nous nous verrons le 6: car lui écrire, c’est ce que je ne ferai jamais; et pourtant il faut bien qu’il connaisse mes raisons et que moi je connaisse les siennes!...
A midi moins quelques minutes, Louise entendit un coup de sonnette, et elle se précipita vers la porte d’entrée. Gustave lui tendit une lettre dont elle ne se saisit pas tout de suite,tant elle était effrayée.—Le 6, toute la journée, attendez-moi au coin de la rue Saint-Denis, lui dit-elle à voix basse et à la hâte. Le 6, entendez-vous?... Ne m’écrivez plus!
Puis elle referma bien vite la porte sur Gustave, qui lui jeta son billet, en fuyant.
Louise se baissait pour ramasser la lettre de Gustave, quand une main plus empressée que la sienne s’en saisit.
Pas un mot ne fut échangé entre la fille et la mère. Madame Drouart rentra dans la chambre où sans doute elle lut le billet de Gustave. Louise n’osa de long-temps sortir du cabinet.
Enfin elle revint près de sa mère. Madame Drouart lui dit d’un ton ferme: Ma fille, avant quatre jours vous aurez quitté Paris. En attendant, je vous ordonne de ne rien faire qui me déplaise. Si mon autorité est impuissante; si vous avez méconnu tout, l’amour de votre mère, la voix de votre père lui-même, il est des lois en France, des lois que je n’invoquerai pas en vain, et qui protégeront ma vieillesse contre la honte d’une fille qui se déshonore.
En achevant ces mots, madame Drouart sortit de la chambre et s’enferma dans son cabinet. Là, seule avec ces tristes pensées, elle s’abandonna à toute sa douleur, demandant mille fois à Dieu de l’éclairer dansla conduite qu’elle devait tenir. Elle avait menacé Louise de l’autorité des lois, sachant bien qu’il n’est, en aucun pays du monde, des lois qui protégent les mères contre le déshonneur de leurs filles; et ces lois existassent-elles, qui donc lui donnerait la force d’appeler leur châtiment à son secours? Non. Le seul espoir qui lui reste est tout entier dans les conseils du général Darvin. Il l’aidera de son expérience, de son amitié. C’est le protecteur, l’appui de leur famille. Il sauvera la femme et la fille du capitaine Drouart!...
Dans cette pensée, où elle se console, la malheureuse veuve a puisé quelque courage.
Mais tandis que sa mère reprendun peu de tranquillité, Louise, abattue, se livre aux plus sinistres pressentimens. Elle a quelquefois entendu dire à ses amies de pension qu’il est, au haut de la rue Saint-Jacques, une maison tenue par les religieuses de Saint-Michel. C’est là que les pères et mères font enfermer les filles coupables. On leur coupe les cheveux, on les revêt d’une robe grossière; on les séquestre du monde. Là elles prient, pleurent et travaillent quatorze heures par jour. De grands murs sombres s’élèvent de toutes parts: c’est moins un pensionnat qu’une prison. Louise s’en épouvante.—Oh! se dit-elle, j’aurais été si heureuse avec Gustave! Il m’aime tant, lui! S’il ne m’aimait pas, que deviendrais-je? Mais je leverrai le 6: il me dira ce qu’il faut faire; c’est mon seul ami, maintenant! Pourvu que ma mère ne m’enferme pas avant que je ne l’aie vu! Mais encore trois jours! Mon Dieu! le 6 ne viendra-t-il jamais?
Enfin, le 6 arriva. Sur les quatre heures environ, madame Drouart, après avoir dit qu’elle serait de retour à six heures au plus tard, pour dîner, sortit, en recommandant très-expressément à mademoiselle Agathe de ne pas quitter sa fille. Mademoiselle Agathe répondit que madame pouvait être tranquille, que ses ordres seraient exécutés de point en point.
Cette réponse de la femme de ménageôtait à Louise toute chance d’aller à son rendez-vous; elle en conçut un violent dépit.
Mais sitôt que mademoiselle Agathe fut seule avec Louise: Si mademoiselle ne veut rien dire à sa maman, dit-elle, je descendrai à la loge; nous avons aujourd’hui un grand dîner...
—Certainement, mademoiselle Agathe, répondit Louise contenant à peine sa joie, certainement, que vous pouvez descendre.
—Mais mademoiselle n’en dira rien à sa maman?
—Rien du tout, mademoiselle Agathe, je vous assure.
—C’est aujourd’huiles Rois, voyez-vous? et mon papa veut que nous les tirions en famille.
—Il n’y a rien de plus simple que cela, mademoiselle Agathe.
—Je vais vous dire: vous savez bien ce jeune homme qui est venu l’autre jour, et qui a donné vingt francs pour les informations que...
—Oui, oui, je me rappelle; eh bien?
—Eh bien! c’est avec le reste de ces vingt francs-là que nous nous régalons aujourd’hui; je n’en ai pas voulu parler à madame, parce que cela n’aurait peut-être pas fait plaisir à madame... au lieu qu’à mademoiselle, ça lui est bien égal que nous tirionsles Rois avec l’argent de ce jeune monsieur...
—Mon Dieu! oui, mademoiselle Agathe. Allez, amusez-vous: la maison n’est pas si gaie!
—Mademoiselle a bien raison; madame est toujours d’une humeur...
—Enfin, que voulez-vous?... Descendez chez votre père, mademoiselle Agathe, restez-y tout le temps qu’il vous plaira; si l’on ne s’amuse pas à notre âge... Tenez, je vais sortir avec vous. Il y a si long-temps que je n’ai pris l’air!..
—Mais vous n’irez pas loin, mademoiselle?
—Ici en face.
—Vous serez rentrée avant que votre maman ne revienne?
—Et vous aussi, mademoiselle Agathe?
—Oh! pour cela, certainement, mademoiselle; il ne me faut que le temps de mettre le couvert et de dîner.
—Et moi le temps d’aller jusqu’au bout de la rue et d’en revenir.
Mademoiselle Agathe descendit les marches de l’escalier quatre à quatre et en chantant.
Louise mit son beau bonnet de dentelle, se couvrit les épaules d’un petit schall de mérinos brun; après quoi elleregarda tout autour d’elle comme pour s’assurer si sa mère ne la voyait pas...
Tout à coup elle se surprit à manquer de courage; elle s’avança craintive jusqu’à la porte; puis elle revint; puis elle s’assit honteuse, effrayée, dans un coin de la chambre.
Tout le temps de sa conversation avec mademoiselle Agathe, Louise avait bien senti en elle quelque chose d’extraordinaire, d’irrésistible, qui la poussait au mal. Sa voix faiblissait à chaque phrase. Ce n’était pas là son ton, son humeur habituelle. Cependant elle croyait pouvoir, jusqu’à la fin, lutter contre sa conscience. Mais à cette heure, près du but, elle recule; elle tremble à l’idée de trompersa mère, de lui désobéir; elle rougit de honte au souvenir des paroles qu’elle a dites à mademoiselle Agathe. La voilà donc devenue, en quelque sorte, la complice d’une servante! Elle ne peut comprendre comment cela est arrivé. Ce qu’elle comprend encore moins, c’est d’avoir médité, exécuté presque le dessein de voir Gustave, malgré la défense qui lui en a été faite.
Pourtant Gustave ne l’attend-il pas? Que dira-t-il s’il ne la voit pas venir? Ne pourra-t-il pas croire qu’elle l’oublie? Et demain, demain, à midi, il voudra lui parler; il lui apportera une lettre..; et si cette lettre tombe encore entre les mains de sa mère!
Cette dernière considération l’entraîne: elle se lève.
Mais en passant par le cabinet de madame Drouart, le premier objet qui frappe les regards de Louise, c’est le vieux fauteuil de sa mère... elle s’arrête; elle revoit, par la pensée, sa mère assise dans ce fauteuil; il lui semble qu’une voix bien connue va lui dire:
—«Où allez-vous, ma fille?»
Elle hésite; ses jambes se refusent à la conduire. On dirait qu’elle a peur, car elle revient précipitamment dans la chambre, et elle s’écrie, en ôtant bien vite son schall et son bonnet:
—Oh! non, non, je n’irai pas!
Louise tirait un des boutons de la commode où elle a coutume de serrer ses vêtemens, lorsqu’un léger bruit se fait entendre à la porte d’entrée. On sonne.
Combien alors Louise se félicite de n’être pas allée à son rendez-vous! C’est peut-être sa mère? Mais est-il possible qu’elle soit déjà de retour? Lui serait-il donc arrivé quelque accident en chemin?
Louise se hâte d’ouvrir.
C’est Gustave! Il est entré.
—Louise, vous êtes seule; j’ai vusortir votre mère. Je vous attends depuis ce matin... j’ai mille choses...
—Sortez! sortez! M. Gustave, s’écrie Louise épouvantée. Si l’on vous trouvait ici... mon Dieu!.. Malheureuse!.. M. Gustave, au nom du ciel, si vous m’aimez...
—Louise, il faut que je vous parle absolument. Des affaires de la plus haute importance...
—Sortez! sortez! je vous en conjure!
—Vous m’aviez promis un rendez-vous...
—J’y vais, je vous suis... Mais sortez, par pitié pour moi... Si maman rentrait... Oh! mon Dieu!..M. Gustave, je vais vous rejoindre... mais sortez! sortez!
—Vous allez venir?
—Tout de suite; mais ne me perdez pas en restant une seconde de plus ici... Vous me tuez, M. Gustave, vous me tuez!
—Je puis compter sur votre parole? Songez que je vous attends depuis ce matin...
—Oui, oui, j’y vais, j’y vais... Mais sortez donc, mon Dieu, sortez!
Gustave se décida enfin à quitter la place. Louise le suivit bientôt en s’encourageant tout bas par cette réflexion:puisqu’il le faut, j’aime encore mieux lui parler dans la rue que chez nous: je cours moins de risques.
Madame Drouart attendit long-temps le général Darvin. On ne savait au juste à quelle heure il rentrerait; toutefois ce ne pouvait être plus tard que sept heures; il en était cinq. Mais rester là deux heures encore n’était pas chose possible. Madame Drouart pensait à l’impatience, à l’inquiétudepeut-être de sa fille. Elle préféra ne voir le général que le lendemain.
Arrivée dans sa rue, elle leva les yeux aux fenêtres de sa petite chambre, et elle n’y vit aucune lumière.
En mettant le pied dans la maison, elle entendit de grands éclats de joie sortir de la loge du portier. Elle pencha la tête, et aperçut mademoiselle Agathe dînant en famille.
—Je donnerai demain congé à cette fille, se dit-elle; ce n’est pas ainsi qu’on doit se conduire.
En montant l’escalier sombre, une sorte de crainte vague la prit.
Parvenue, à grand’peine, jusqu’à la porte de son troisième étage, elle tourna le bouton pour entrer. La porte résista: elle était fermée à clef.
Elle sonna; elle sonna deux fois; elle sonna long-temps et fort. Rien!
Elle prêtait l’oreille, personne ne bougeait dans la chambre.
Sa tête s’enflamma; elle se mit à crier. Aucune voix ne répondit à la sienne.
Après tout, se dit-elle, il est possible que Louise soit endormie.
Elle descendit l’escalier à tâtons, péniblement, toujours près de rouler d’étage en étage.
Elle arriva dans la cour, ouvrit la porte de la loge: tout le monde chantait, buvait, était ivre, sauf mademoiselle Agathe pourtant.
Sans oser dire un mot sur sa fille, madame Drouart demanda la clef de sa chambre.
Mademoiselle Agathe prit la clef qui pendait à un clou, se saisit d’une chandelle, et, précédant madame Drouart, elle monta.
Madame Drouart suivait chancelante de fatigue et d’émotion.
Les trois étages montés, la porte ouverte, mademoiselle Agathe remit la chandelle entre les mains de madameDrouart, à qui elle dit: Madame serait-elle assez bonne pour me permettre d’aller finir mon dîner? Nous n’avons pas encore tiré les Rois.
—Allez, lui dit madame Drouart.
En avançant de son cabinet dans la chambre, il lui sembla que tout était seul et vide.
Ses yeux cherchaient de tous côtés: elle n’aperçut rien.
La chandelle lui tomba des mains; elle se baissa pour la ramasser; elle regretta qu’elle ne se fût pas éteinte.
—Louise! dit-elle à voix base.
Louise!
Elle répéta: Louise! d’une voix si faible qu’on eût dit que sa voix même lui faisait peur à entendre.
Un tiroir était tout grand ouvert, elle y regarda: le schall de Louise et son bonnet de dentelle n’y étaient plus.
Elle déplia un mouchoir qui lui parut dur au toucher: de ce mouchoir s’échappèrent deux lettres:
Elles étaient signéesGustave.
Dans un des coins de ce tiroir, elle aperçut une troisième lettre: c’était la lettre de son mari à sa fille:Pour Louise.
Cette lettre, Louise ne devait jamais la quitter!
Elle l’avait laissée là avant de sortir.
Madame Drouart tomba les deux genoux par terre, et murmura: Louise, ma fille, mon mari, mon Dieu!
Le lendemain matin mademoiselle Agathe la trouva étendue raide au milieu de la chambre.
FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.