NOTAALLA PARTITA A SCACCHI

NOTAALLA PARTITA A SCACCHI

Chi volesse conoscere l'originale della leggenda da cui fu tolto il soggetto dellaPartita a Scacchi, eccolo quale si trova nelDictionnaire raisonné du Mobilier Français de l'Époque carlovingienne à la Renaissance, parViollet-Le-Duc. Paris, 1871. Tome deuxième, pages 464-466.

Huon de Bordeaux se déguise en valet de ménestrel pour s'introduire dans le château de l'amiral Yvarins. Celui-ci, voyant un si beau page au service d'un coureur de châteaux, se doute de quelque tour: “— Eh!„, lui dit-il en l'examinant. “c'est grand “dommage que tu serves un ménestrel, il te con viendrait mieux, ce me semble, de garder un château: tu as quelque projet caché! D'où viens-tu, et quel métier sais-tu faire? — Sire, répond Huon, je sais beaucoup de métiers, et je vous les dirai s'il vous plaît. — Soit, répond l'amiral, je suis prêt à t'écouter; mais garde-toi de te vanter de choses que tu ne saurais faire, car je te mettrai à l'épreuve. — Sire, je sais muer un épervier; je sais chasser le cerf ou le sanglier; quand je l'ai pris, je sais corner la prise; et mettre les chiens sur lavoie. Je sais servir à table; je sais jouer aux tables et aux échecs de façon à battre qui que ce soit. — Bon, réplique l'amiral, là je t'arrête, et au jeu d'échecs je vais t'éprouver. — Laissez-moi achever, sire, puis vous me mettrez à l'épreuve sur tel point qui vous conviendra. — Continue donc, tu parles bien. — Sire, je sais encore endosser un haubert, porter l'écu au cou et la lance, diriger un cheval, et vaincre à la joute qui voudra se présenter. Je sais encore entrer dans les chambres des dames et m'en faire aimer. — Voilà bien des métiers; je m'en tiens aux échecs. J'ai une fille, la plus belle qu'on puisse voir, et qui sait fort bien jouer aux échecs, car je n'ai jamais vu un gentilhomme la mater. A toi revient, par Mahomet, de jouer avec elle; si elle te fait mat, tu auras le cou coupé. Mais, écoute:

“Que se tu pues me fille au ju mater“Dedens ma cambre ferai .i. lit parer“Aveuc ma fille tote nuit vous girés,“De li ferés toutes vos volentés,“Et le matin, quant il ert ajornés,“De mon avoir .c. libres averés,“Dont porés faire totes vos volentés„.

“Que se tu pues me fille au ju mater“Dedens ma cambre ferai .i. lit parer“Aveuc ma fille tote nuit vous girés,“De li ferés toutes vos volentés,“Et le matin, quant il ert ajornés,“De mon avoir .c. libres averés,“Dont porés faire totes vos volentés„.

“Que se tu pues me fille au ju mater

“Dedens ma cambre ferai .i. lit parer

“Aveuc ma fille tote nuit vous girés,

“De li ferés toutes vos volentés,

“Et le matin, quant il ert ajornés,

“De mon avoir .c. libres averés,

“Dont porés faire totes vos volentés„.

“— Il en sera, répond Huon, comme vous voudrez„.

L'amiral s'en va raconter cela à sa fille.

“— Mon père est fol, assurément, se dit la damoiselle; par le respect que je lui dois, plutôt que de voir périr un si beau garçon, par lui je me laisserai mater„.

On apporte un riche tapis au milieu de la salle. “— Vous m'avez bien compris? dit l'amiral. Il convient che vous jouiiez avec ce varlet: si vous le battez au jeu, il aura la tête tranchée aussitôt; si c'est vous qui êtes matée,

“De vous doit faire tote sa volenté„.

“De vous doit faire tote sa volenté„.

“De vous doit faire tote sa volenté„.

“— Puisque vous le voulez ainsi, réplique la damoiselle, je le dois vouloir, que cela me convienne ou non„.

“Puis dist en bas, coiement, à celé:“—Par Mahommet, il le fait boin amer“Por son gent cors et sa grande beauté;“Vauroie ja ke li gus fust finé.“ . . . . . . . . . . . . .

“Puis dist en bas, coiement, à celé:“—Par Mahommet, il le fait boin amer“Por son gent cors et sa grande beauté;“Vauroie ja ke li gus fust finé.“ . . . . . . . . . . . . .

“Puis dist en bas, coiement, à celé:

“—Par Mahommet, il le fait boin amer

“Por son gent cors et sa grande beauté;

“Vauroie ja ke li gus fust finé.

“ . . . . . . . . . . . . .

L'amiral recommande à tous ses barons de ne souffler mot.

“—Li jus est grans, nus ne s'en doit meller.“ . . . . . . . . . . . . .“Adont ont fait l'eskerier aporter,“Qui estoit d'or et d'argent painturé:“Li esckiec furent de fin or esmeré.“—Dame, dist Huez, quel ju volés juer?“Volés as trais, u vous volés as dés?“—Or soit as trais, dist la dame al vis cler„.

“—Li jus est grans, nus ne s'en doit meller.“ . . . . . . . . . . . . .“Adont ont fait l'eskerier aporter,“Qui estoit d'or et d'argent painturé:“Li esckiec furent de fin or esmeré.“—Dame, dist Huez, quel ju volés juer?“Volés as trais, u vous volés as dés?“—Or soit as trais, dist la dame al vis cler„.

“—Li jus est grans, nus ne s'en doit meller.

“ . . . . . . . . . . . . .

“Adont ont fait l'eskerier aporter,

“Qui estoit d'or et d'argent painturé:

“Li esckiec furent de fin or esmeré.

“—Dame, dist Huez, quel ju volés juer?

“Volés as trais, u vous volés as dés?

“—Or soit as trais, dist la dame al vis cler„.

La partie s'engage, et le bachelier est bien près de la perdre, car il regarde plus souvent la damoiselle que l'échiquier, et celle-ci s'en aperçoit:

“—Vasal, dist ele, dites, à coi pensés?“Près ne s'en faut que vous n'estes matés.“Ja maintenant arés le cief coé!„.

“—Vasal, dist ele, dites, à coi pensés?“Près ne s'en faut que vous n'estes matés.“Ja maintenant arés le cief coé!„.

“—Vasal, dist ele, dites, à coi pensés?

“Près ne s'en faut que vous n'estes matés.

“Ja maintenant arés le cief coé!„.

— “Attendez un peu, dit Huon, le jeu n'est pas fini. Ne sera-ce-pas

“....grans hontes et moult très grans vieutés“quant en mes bras toute nue gerrés,“Qui sui sergans du povre menestrel.„

“....grans hontes et moult très grans vieutés“quant en mes bras toute nue gerrés,“Qui sui sergans du povre menestrel.„

“....grans hontes et moult très grans vieutés

“quant en mes bras toute nue gerrés,

“Qui sui sergans du povre menestrel.„

Las barons de rire, et la damoiselle à son tour de regarder Huon et de ne plus faire attention à son jeu; si bien

“Qu'ele perdi son ju à mesgarder„.

“Qu'ele perdi son ju à mesgarder„.

“Qu'ele perdi son ju à mesgarder„.

“— Maintenant, dit Huon à l'amiral, vous voyez si je sais jouer; encore un peu, et votre fille est sûrement matée. — Maudite soit l'heure où je vous ai engendrée, ma fille! dit le père furieux. Vous avez battu à ce jeu tant de hauts barons, et vous vous laissez mater par ce garçon! — Calmez-vous, répond Huon, les choses pourront en rester là, et votre fille se retirer en sa chambre; pour moi, j'irai servir mon ménestrel. — Si vous agissez ainsi, je vous donnerai cent marcs d'argent. — Soit!„, répond le bachelier. Mais la damoiselle s'en retourne le coeur plein de dépit: “— Si jeusse su cela, se dit-elle, je t'aurais bien maté„.

Le conte est un peu leste; mais il s'agit de paiens, et l'on voit que Huon se comporte en gentilhomme. Tout est bien qui finit bien„[1].


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