IX

A peine rentrée à Nohant, George Sand écrit à Sainte-Beuve (13 mars 1835). Elle lui reproche doucement de l'avoir abandonnée durant ces tristes semaines: sans doute l'ennuyait-elle, ou du moins se jugeait-il impuissant à la consoler. Il s'est exagéré la virilité de sa douleur. Maintenant elle est calme. Elle est partie avec la conscience de ne laisser derrière elle aucune amertume justifiée. Elle va travailler pour renaître.

Dans une lettre de la même date, elle gronde son fidèle Boucoiran, de lui mal parler de Musset. Jamais aucun mépris pour lui n'est entré dans son coeur. «Vous me dites qu'il se porte bien et qu'il n'a montré aucun chagrin. C'est tout ce que je désirais savoir... Tout mon désir était de le quitter sans le faire souffrir. S'il en est ainsi, Dieu soit loué151!»

Note 151:(retour)Lettre du 15 mars, publiée par Mme Arvède Barine.

Elle eut alors une crise de foie, puis entra dans l'indifférence.

Alfred de Musset, apaisé par une résolution désormais acceptée de son coeur, se mit au travail avec énergie. Cette année 1835, la plus austère de sa vie, en fut la plus féconde.

La passion, qu'il avait accueillie comme une purification de sa jeunesse dissipée, l'avait transformé en le faisant souffrir. Il était grave: le Musset «d'avant l'Italie» avait fait place au Musset «d'après George Sand». Un poète nouveau allait surgir. Trop faible pour chanter pendant la tourmente, son coeur en s'épurant avait instruit le recueillement de son génie. La mélancolie et la résignation permettaient un libre et pur essor à sa voix.

J'ai vu le temps où ma jeunesseSur mes lèvres était sans cesse,Prête à chanter comme un oiseau;Mais j'ai souffert un dur martyre,Et le moins que j'en pourrais dire,Si je l'essayais sur ma lyreLa briserait comme un roseau.

J'ai vu le temps où ma jeunesseSur mes lèvres était sans cesse,Prête à chanter comme un oiseau;Mais j'ai souffert un dur martyre,Et le moins que j'en pourrais dire,Si je l'essayais sur ma lyreLa briserait comme un roseau.

J'ai vu le temps où ma jeunesse

Sur mes lèvres était sans cesse,

Prête à chanter comme un oiseau;

Mais j'ai souffert un dur martyre,

Et le moins que j'en pourrais dire,

Si je l'essayais sur ma lyre

La briserait comme un roseau.

La Muse a invité le poète à chanter: la plainte lasse et impuissante d'un coeur brisé répond à son appel. C'est laNuit de Mai. L'inspiration l'a dictée presque d'une haleine. Voici l'aube du nouveau génie de Musset. Le poète vient de se ressaisir. Il élève pieusement à ses tristes amours le monument promis,la Confession d'un Enfant du siècle. Il s'écoute, il se rappelle... Tout le douloureux roman de son coeur lui revient, une nuit de décembre, avec le spectre de la Solitude:

...Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître.C'était par une triste nuit.L'aile des vents battait à ma fenêtreJ'étais seul, courbé sur mon lit.J'y regardais une place chérie,Tiède encor d'un baiser brûlant;Et je songeais comme la femme oublie,Et je sentais un lambeau de ma vieQui se déchirait lentement.Je rassemblais des lettres de la veille,Des cheveux, des débris d'amour.Tout ce passé me criait à l'oreilleSes éternels serments d'un jour.Je contemplais ces reliques sacrées,Qui me faisaient trembler la main;Larmes du coeur par le coeur dévorées,Et que les yeux qui les avaient pleuréesNe reconnaîtront plus demain!J'enveloppais dans un morceau de bureCes ruines des jours heureux.Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,C'est une mèche de cheveux.Comme un plongeur dans une mer profonde,Je me perdais dans tant d'oubli.De tous côtés j'y retournais la sonde,Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,Mon pauvre amour enseveli.J'allais poser le sceau de cire noireSur ce fragile et cher trésor,J'allais le rendre, et n'y pouvant pas croire,En pleurant j'en doutais encor.Ah! faible femme, orgueilleuse insensée,Malgré toi, tu t'en souviendras!Pourquoi, grand Dieu! mentir à sa pensée?Pourquoi ces pleurs, cette gorge oppressée,Ces sanglots, si tu n'aimais pas?Oui, tu languis, lu souffres, et tu pleures;Mais ta chimère est entre nous.Eh bien, adieu! Vous compterez les heuresQui me sépareront de vous.Partez, partez, et dans ce coeur de glaceEmportez l'orgueil satisfait.Je sens encor le mien jeune et vivace,Et bien des maux pourront y trouver placeSur le mal que vous m'avez fait.Parlez, parlez! la Nature immortelleN'a pas tout voulu vous donner.Ah! pauvre enfant, qui voulez être belle,Et ne savez pas pardonner!Allez, allez, suivez la destinée;Qui vous perd n'a pas tout perdu.Jetez au vent notre amour consumée;Éternel Dieu! toi que j'ai tant aimée,Si tu pars, pourquoi m'aimes-tu?

...Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître.C'était par une triste nuit.L'aile des vents battait à ma fenêtreJ'étais seul, courbé sur mon lit.J'y regardais une place chérie,Tiède encor d'un baiser brûlant;Et je songeais comme la femme oublie,Et je sentais un lambeau de ma vieQui se déchirait lentement.

...Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître.

C'était par une triste nuit.

L'aile des vents battait à ma fenêtre

J'étais seul, courbé sur mon lit.

J'y regardais une place chérie,

Tiède encor d'un baiser brûlant;

Et je songeais comme la femme oublie,

Et je sentais un lambeau de ma vie

Qui se déchirait lentement.

Je rassemblais des lettres de la veille,Des cheveux, des débris d'amour.Tout ce passé me criait à l'oreilleSes éternels serments d'un jour.Je contemplais ces reliques sacrées,Qui me faisaient trembler la main;Larmes du coeur par le coeur dévorées,Et que les yeux qui les avaient pleuréesNe reconnaîtront plus demain!

Je rassemblais des lettres de la veille,

Des cheveux, des débris d'amour.

Tout ce passé me criait à l'oreille

Ses éternels serments d'un jour.

Je contemplais ces reliques sacrées,

Qui me faisaient trembler la main;

Larmes du coeur par le coeur dévorées,

Et que les yeux qui les avaient pleurées

Ne reconnaîtront plus demain!

J'enveloppais dans un morceau de bureCes ruines des jours heureux.Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,C'est une mèche de cheveux.Comme un plongeur dans une mer profonde,Je me perdais dans tant d'oubli.De tous côtés j'y retournais la sonde,Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,Mon pauvre amour enseveli.

J'enveloppais dans un morceau de bure

Ces ruines des jours heureux.

Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,

C'est une mèche de cheveux.

Comme un plongeur dans une mer profonde,

Je me perdais dans tant d'oubli.

De tous côtés j'y retournais la sonde,

Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,

Mon pauvre amour enseveli.

J'allais poser le sceau de cire noireSur ce fragile et cher trésor,J'allais le rendre, et n'y pouvant pas croire,En pleurant j'en doutais encor.Ah! faible femme, orgueilleuse insensée,Malgré toi, tu t'en souviendras!Pourquoi, grand Dieu! mentir à sa pensée?Pourquoi ces pleurs, cette gorge oppressée,Ces sanglots, si tu n'aimais pas?

J'allais poser le sceau de cire noire

Sur ce fragile et cher trésor,

J'allais le rendre, et n'y pouvant pas croire,

En pleurant j'en doutais encor.

Ah! faible femme, orgueilleuse insensée,

Malgré toi, tu t'en souviendras!

Pourquoi, grand Dieu! mentir à sa pensée?

Pourquoi ces pleurs, cette gorge oppressée,

Ces sanglots, si tu n'aimais pas?

Oui, tu languis, lu souffres, et tu pleures;Mais ta chimère est entre nous.Eh bien, adieu! Vous compterez les heuresQui me sépareront de vous.Partez, partez, et dans ce coeur de glaceEmportez l'orgueil satisfait.Je sens encor le mien jeune et vivace,Et bien des maux pourront y trouver placeSur le mal que vous m'avez fait.

Oui, tu languis, lu souffres, et tu pleures;

Mais ta chimère est entre nous.

Eh bien, adieu! Vous compterez les heures

Qui me sépareront de vous.

Partez, partez, et dans ce coeur de glace

Emportez l'orgueil satisfait.

Je sens encor le mien jeune et vivace,

Et bien des maux pourront y trouver place

Sur le mal que vous m'avez fait.

Parlez, parlez! la Nature immortelleN'a pas tout voulu vous donner.Ah! pauvre enfant, qui voulez être belle,Et ne savez pas pardonner!Allez, allez, suivez la destinée;Qui vous perd n'a pas tout perdu.Jetez au vent notre amour consumée;Éternel Dieu! toi que j'ai tant aimée,Si tu pars, pourquoi m'aimes-tu?

Parlez, parlez! la Nature immortelle

N'a pas tout voulu vous donner.

Ah! pauvre enfant, qui voulez être belle,

Et ne savez pas pardonner!

Allez, allez, suivez la destinée;

Qui vous perd n'a pas tout perdu.

Jetez au vent notre amour consumée;

Éternel Dieu! toi que j'ai tant aimée,

Si tu pars, pourquoi m'aimes-tu?

C'est sur ces plaintes de laNuit de Décembre, la plus pure, la plus humaine de ses inspirations et sa plus fidèle évocation du passé, que Musset dit adieu à cette fatale année 1835.

Pour le monde, il feignit d'abord d'oublier George Sand. A son ami Tattet, qui était à Baden, comme lui l'année précédente, et souffrant comme lui d'une rupture d'amour, il écrivait le 21 juillet:

...Je crois que ce que je puis vous dire de mieux, c'est qu'il y a bientôt huit ou neuf mois, j'étais où vous êtes, aussi triste que vous, logé peut-être dans la chambre où vous êtes, passant la journée à maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Je dessinais de mémoire le portrait de mon infidèle; je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes à la roulette. Je croyais que c'en était fait de moi pour toujours, que je n'en reviendrais jamais. Hélas! hélas! comme j'en suis revenu! Comme les cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le ventre, l'indifférence dans le coeur, par-dessus le marché! Hélas! à mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais que le bon temps, c'est peut-être celui où on est chauve, désolé et pleurant!... Vous en viendrez là, mon ami.

...Je crois que ce que je puis vous dire de mieux, c'est qu'il y a bientôt huit ou neuf mois, j'étais où vous êtes, aussi triste que vous, logé peut-être dans la chambre où vous êtes, passant la journée à maudire le plus beau, le plus bleu ciel du monde et toutes les verdures possibles. Je dessinais de mémoire le portrait de mon infidèle; je vivais d'ennuis, de cigares et de pertes à la roulette. Je croyais que c'en était fait de moi pour toujours, que je n'en reviendrais jamais. Hélas! hélas! comme j'en suis revenu! Comme les cheveux m'ont repoussé sur la tête, le courage dans le ventre, l'indifférence dans le coeur, par-dessus le marché! Hélas! à mon retour, je me portais on ne peut mieux; et si je vous disais que le bon temps, c'est peut-être celui où on est chauve, désolé et pleurant!... Vous en viendrez là, mon ami.

Le 3 août, écrivant encore à son ami, il lui disait: «Si vous voyez Mme Sand, dites-lui que je l'aime de tout mon coeur, que c'est encore la femme la plus femme que j'aie jamais connue...»

En même temps que s'était transformé le poète, l'homme avait bien changé. On se souvient du séduisant pastel tracé par Sainte-Beuve, d'un Musset débutant, offusquant presque le Cénacle par sa belle et bonne grâce, par l'aristocratie aisée de son charme et de son génie.

«C'était le printemps même, tout un printemps de poésie qui éclatait à nos yeux. Il n'avait pas dix-huit ans: le front mâle et fier, la joue en fleur et qui gardait encore les roses de l'enfance, la narine enflée du souffle du désir, il s'avançait, le talon sonnant et l'oeil au ciel, comme assuré de sa conquête et tout plein de l'orgueil de la vie. Nul, au premier aspect, ne donnait mieux l'idée du génie adolescent.»

L'enfant sublime, le bon enfant, l'enfant gâté s'était fait homme, un homme froid, hautain, farouche, amer. Son instinctif besoin de distinction, sa délicatesse innée le poussaient à s'en excuser lui-même. Il trahissait malgré lui sa précoce expérience. Le mensonge de l'amour avait glacé son sourire à jamais.

Après la querelle suscitée par la publication d'Elle et Lui, et sur la foi de racontars parlés ou épistolaires échappés à George Sand et à ses amis depuis la mort du poète, une agaçante légende s'est établie qui nous représente Musset dégradé et perdu, à l'âge même où il publiait ses chefs-d'oeuvre. Fausse et sotte légende que suffiraient à réfuterla Confession, les Nuits, Barberine, le Chandelier, Il ne faut jurer de rien, écrits en 1835 et 1836. On a dit et répété que Musset, dès avant le voyage de Venise, était «atteint d'alcoolisme». L'aimable mot, et qui s'accorde bien avec l'idée que cette période d'incessant travail donne de la lucidité de son génie!... Je tiens de plus d'un témoin de sa vie, de Chenavard entre autres, que seules les dix dernières années du poète furent réellement et gravement troublées. Il ignora l'absinthe, qu'on lui a tant reprochée, jusqu'en 1842. Jeune, il se grisait parfois avec du champagne, ce qui le rendait gai, spirituel, un peu fou, sans qu'il abdiquât jamais la correction parfaite de ses manières. Un goût très vif pour la haute vie lui faisait rechercher les jeunes gens à la mode, et nous devons plus d'une de ses comédies, plus d'un de ses contes, à cet impérieux besoin de satisfaire ses goûts d'aristocrate152. On sait son amitié avec le duc d'Orléans.

Note 152:(retour)Mme la vicomtesse de Janzé (Étude et récits sur Alfred de Musset, p. 58) cite quelques noms de ses amis de prédilection. Avec Alfred Tattet, c'était le marquis A. de Belmont, M. Édouard Bocher, le marquis de Montebello, le prince d'Eckmühl, «qui lui prêtait ses chevaux et même quelquefois son uniforme de lancier», pour se déguiser, le comte d'Alton Shée, le marquis de Hartford, le peintre Eugène Lami, le prince de Belgiojoso. Musset fut un des cinquante fondateurs du petit cercle du Café de Paris, au boulevard de Gand. Mme de Janzé rapporte encore, d'après Eugène Lami, que le poète regrettait de ne pas faire partie du Jockey, où il avait étéblackboulépour ne pas monter à cheval dans le pur style anglais adopté par ce club...

Médiocrement fortuné, il eut à coeur de ne jamais faire de dettes; il n'en laissa pas, quoi qu'on ait dit, et sa famille, qui accepta sa succession, devait la juger bientôt fructueuse.

—Et la prétendue dégradation physique du poète, si prématurée, si pénible?... Encore une légende à réviser.

Sans parler de ses quatre ou cinq liaisons fameuses, il est avéré que le tendre et séduisant Rolla inspira, dans le monde, maints caprices passionnés. On en pourrait citer une quinzaine, et des plus... honorables, jusqu'en 1850.—Toutes ces aventures pesèrent bien peu sur sa vie.

Depuis 1835, il promenait dans ses amours un sombre désenchantement. Si le Musset de George Sand n'était plus Fortunio,—l'ami de Rachel, de la comtesse polonaise, de Louise Colet ne retrouvait pas son amour de Venise. Sa rupture avec Lélia avait flétri en lui la foi et l'espérance.

—Après la plainte de sa lassitude infinie et le chant de son désespoir, après laNuit de Maiet laNuit de Décembre, il se révolte contre sa douleur, en prend à témoin le poète «qui sait aimer», puis se relève à la pensée de l'immortalité. C'est laLettre à Lamartine(février 1836):

Créature d'un jour qui t'agites une heure,De quoi viens-tu te plaindre et qui te fait gémir?..................................................Tes os dans le cercueil vont tomber en poussière;Ta mémoire, ton nom, ta gloire vont périr,Mais non pas ton amour, si ton amour t'est chère:Ton âme est immortelle et va s'en souvenir.

Créature d'un jour qui t'agites une heure,De quoi viens-tu te plaindre et qui te fait gémir?..................................................Tes os dans le cercueil vont tomber en poussière;Ta mémoire, ton nom, ta gloire vont périr,Mais non pas ton amour, si ton amour t'est chère:Ton âme est immortelle et va s'en souvenir.

Créature d'un jour qui t'agites une heure,

De quoi viens-tu te plaindre et qui te fait gémir?

..................................................

Tes os dans le cercueil vont tomber en poussière;

Ta mémoire, ton nom, ta gloire vont périr,

Mais non pas ton amour, si ton amour t'est chère:

Ton âme est immortelle et va s'en souvenir.

Cette austère consolation ne saurait suffire à son coeur. La créature est faite pour aimer, pour être aimée.

C'est laNuit d'Août(1836):

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé;Aime, et tu renaîtras; fais-toi fleur pour éclore.Après avoir souffert il faut souffrir encore;Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé;Aime, et tu renaîtras; fais-toi fleur pour éclore.Après avoir souffert il faut souffrir encore;Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.

Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,

Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé;

Aime, et tu renaîtras; fais-toi fleur pour éclore.

Après avoir souffert il faut souffrir encore;

Il faut aimer sans cesse après avoir aimé.

Mais le souvenir de l'unique aimée veille. Le retour invincible au passé apporte la colère, la haine et le pardon... Il faudrait citer toute laNuit d'Octobre(1837):

...Vous saurez tout, et je vais vous conterLe mal que peut faire une femme;Car c'en est une, ô mes pauvres amis(Hélas! vous le saviez peut-être)!C'est une femme à qui je fus soumis,Comme le serf l'est à son maître.Joug détesté! c'est par là que mon coeurPerdit sa force et sa jeunesse;Et cependant, auprès de ma maîtresse,J'avais entrevu le bonheur.Près du ruisseau, quand nous marchions ensemble,Le soir sur le sable argentin,Quand devant nous le blanc spectre du trembleDe loin nous montrait le chemin;Je vois encore, aux rayons de la lune,Ce beau corps plier dans mes bras...N'en parlons plus...—je ne prévoyais pasOù me conduisait la Fortune.Sans doute alors la colère des dieuxAvait besoin d'une victime;Car elle m'a puni comme d'un crimeD'avoir essayé d'être heureux.Va-t'en, retire-toi, spectre de ma maîtresse!Rentre dans ton tombeau, si tu t'en es levé;Laisse-moi pour toujours oublier ma jeunesse,Et, quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé!Honte à toi qui la premièreM'as appris la trahison,Et d'horreur et de colèreM'as fait perdre la raison!Honte à toi, femme à l'oeil sombre,Dont les funestes amoursOnt enseveli dans l'ombreMon printemps et mes beaux jours!C'est ta voix, c'est ton sourire,C'est ton regard corrupteur,Qui m'ont appris à maudireJusqu'au semblant du bonheur,C'est ta jeunesse et tes charmesQui m'ont fait désespérer,Et si je doute des larmes,C'est que je t'ai vu pleurer.O mon enfant! plains-la, cette belle infidèle,Qui fit couler jadis les larmes de tes yeux;Plains-la! c'est une femme, et Dieu t'a fait, près d'elle,Deviner, en souffrant, le secret des heureux.Sa tâche fut pénible; elle t'aimait peut-être;Mais le destin voulait qu'elle brisât ton coeur.Elle savait la vie et te l'a fait connaître;Une autre a recueilli le fruit de ta douleur.Plains-la! son triste amour a passé comme un songe;Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer.Dans ses larmes, crois-moi, tout n'était pas mensonge,Quand tout l'aurait été, plains-la! tu sais aimer.Je te bannis de ma mémoire,Reste d'un amour insensé,Mystérieuse et sombre histoireQui dormiras dans le passé!Et toi qui, jadis, d'une amiePortas la forme et le doux nom,L'instant suprême où je t'oublieDoit être celui du pardon.Pardonnons-nous;—je romps le charmeQui nous unissait devant Dieu;Avec une dernière larmeReçois un éternel adieu.

...Vous saurez tout, et je vais vous conterLe mal que peut faire une femme;Car c'en est une, ô mes pauvres amis(Hélas! vous le saviez peut-être)!C'est une femme à qui je fus soumis,Comme le serf l'est à son maître.Joug détesté! c'est par là que mon coeurPerdit sa force et sa jeunesse;Et cependant, auprès de ma maîtresse,J'avais entrevu le bonheur.Près du ruisseau, quand nous marchions ensemble,Le soir sur le sable argentin,Quand devant nous le blanc spectre du trembleDe loin nous montrait le chemin;Je vois encore, aux rayons de la lune,Ce beau corps plier dans mes bras...N'en parlons plus...—je ne prévoyais pasOù me conduisait la Fortune.Sans doute alors la colère des dieuxAvait besoin d'une victime;Car elle m'a puni comme d'un crimeD'avoir essayé d'être heureux.

...Vous saurez tout, et je vais vous conter

Le mal que peut faire une femme;

Car c'en est une, ô mes pauvres amis

(Hélas! vous le saviez peut-être)!

C'est une femme à qui je fus soumis,

Comme le serf l'est à son maître.

Joug détesté! c'est par là que mon coeur

Perdit sa force et sa jeunesse;

Et cependant, auprès de ma maîtresse,

J'avais entrevu le bonheur.

Près du ruisseau, quand nous marchions ensemble,

Le soir sur le sable argentin,

Quand devant nous le blanc spectre du tremble

De loin nous montrait le chemin;

Je vois encore, aux rayons de la lune,

Ce beau corps plier dans mes bras...

N'en parlons plus...—je ne prévoyais pas

Où me conduisait la Fortune.

Sans doute alors la colère des dieux

Avait besoin d'une victime;

Car elle m'a puni comme d'un crime

D'avoir essayé d'être heureux.

Va-t'en, retire-toi, spectre de ma maîtresse!Rentre dans ton tombeau, si tu t'en es levé;Laisse-moi pour toujours oublier ma jeunesse,Et, quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé!

Va-t'en, retire-toi, spectre de ma maîtresse!

Rentre dans ton tombeau, si tu t'en es levé;

Laisse-moi pour toujours oublier ma jeunesse,

Et, quand je pense à toi, croire que j'ai rêvé!

Honte à toi qui la premièreM'as appris la trahison,Et d'horreur et de colèreM'as fait perdre la raison!Honte à toi, femme à l'oeil sombre,Dont les funestes amoursOnt enseveli dans l'ombreMon printemps et mes beaux jours!C'est ta voix, c'est ton sourire,C'est ton regard corrupteur,Qui m'ont appris à maudireJusqu'au semblant du bonheur,C'est ta jeunesse et tes charmesQui m'ont fait désespérer,Et si je doute des larmes,C'est que je t'ai vu pleurer.

Honte à toi qui la première

M'as appris la trahison,

Et d'horreur et de colère

M'as fait perdre la raison!

Honte à toi, femme à l'oeil sombre,

Dont les funestes amours

Ont enseveli dans l'ombre

Mon printemps et mes beaux jours!

C'est ta voix, c'est ton sourire,

C'est ton regard corrupteur,

Qui m'ont appris à maudire

Jusqu'au semblant du bonheur,

C'est ta jeunesse et tes charmes

Qui m'ont fait désespérer,

Et si je doute des larmes,

C'est que je t'ai vu pleurer.

O mon enfant! plains-la, cette belle infidèle,Qui fit couler jadis les larmes de tes yeux;Plains-la! c'est une femme, et Dieu t'a fait, près d'elle,Deviner, en souffrant, le secret des heureux.Sa tâche fut pénible; elle t'aimait peut-être;Mais le destin voulait qu'elle brisât ton coeur.Elle savait la vie et te l'a fait connaître;Une autre a recueilli le fruit de ta douleur.Plains-la! son triste amour a passé comme un songe;Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer.Dans ses larmes, crois-moi, tout n'était pas mensonge,Quand tout l'aurait été, plains-la! tu sais aimer.

O mon enfant! plains-la, cette belle infidèle,

Qui fit couler jadis les larmes de tes yeux;

Plains-la! c'est une femme, et Dieu t'a fait, près d'elle,

Deviner, en souffrant, le secret des heureux.

Sa tâche fut pénible; elle t'aimait peut-être;

Mais le destin voulait qu'elle brisât ton coeur.

Elle savait la vie et te l'a fait connaître;

Une autre a recueilli le fruit de ta douleur.

Plains-la! son triste amour a passé comme un songe;

Elle a vu ta blessure et n'a pu la fermer.

Dans ses larmes, crois-moi, tout n'était pas mensonge,

Quand tout l'aurait été, plains-la! tu sais aimer.

Je te bannis de ma mémoire,Reste d'un amour insensé,Mystérieuse et sombre histoireQui dormiras dans le passé!Et toi qui, jadis, d'une amiePortas la forme et le doux nom,L'instant suprême où je t'oublieDoit être celui du pardon.

Je te bannis de ma mémoire,

Reste d'un amour insensé,

Mystérieuse et sombre histoire

Qui dormiras dans le passé!

Et toi qui, jadis, d'une amie

Portas la forme et le doux nom,

L'instant suprême où je t'oublie

Doit être celui du pardon.

Pardonnons-nous;—je romps le charmeQui nous unissait devant Dieu;Avec une dernière larmeReçois un éternel adieu.

Pardonnons-nous;—je romps le charme

Qui nous unissait devant Dieu;

Avec une dernière larme

Reçois un éternel adieu.

George Sand n'avait pas l'âme d'une inconsolable. Sa romanesque sensibilité se canalisait vite en littérature. Une imagination pratique la tempérait, qui lui laissait peu croire aux cris désespérés des poètes, à la sincérité de leur douleur. Navrante est sa première impression desNuits de Maietde Décembre: «Je n'ai pas vu Musset, écrit-elle à Liszt, je ne sais s'il pense à moi, si ce n'est quand il a envie de faire des vers et de gagner cent écus à laRevue des Deux Mondes. Moi je ne pense plus à lui depuis longtemps, et même je vous dirai que je ne pense à personne dans ce sens-là. Je suis plus heureuse comme je suis que je ne l'ai été de ma vie. La vieillesse vient. Le besoin des grandes émotions est satisfait outre mesure153...»

Note 153:(retour)Lettre du 5 mai 1836, citée par S. Rocheblave:Une amitié romanesque: George Sand et Mme d'Agoult,dans laRevue de Parisdu 15 décembre 1894.

Elle comprendra mieux laConfession d'un Enfant du siècle. Le poète lui est plus indulgent, puisqu'il prend pour lui tous les torts. Elle fait part de l'émotion que lui a donnée cette lecture à une nouvelle amie, Mme d'Agoult, qui cache à Genève sa lune de miel avec Liszt:

... Je vous dirai que cetteConfession d'un Enfant du sièclem'a beaucoup émue en effet. Les moindres détails d'une intimité malheureuse y sont si fidèlement rapportés depuis la première heure jusqu'à la dernière, depuis lasoeur de charitéjusqu'àl'orgueilleuse insensée, que je me suis mise à pleurer comme une bête en fermant le livre. Puis, j'ai écrit quelques lignes à l'auteur pour lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup aimé, que je lui avais tout pardonné, et que je ne voulais jamais le revoir. Ces trois choses sont vraies et immuables. Le pardon va chez moi jusqu'à ne jamais concevoir une pensée d'amertume contre le meurtrier de mon amour, mais il n'ira jamais jusqu'à regretter la torture. Je sens toujours pour lui, je vous l'avouerai bien, une profonde tendresse de mère au fond du coeur. Il m'est impossible d'entendre dire du mal de lui sans colère, et c'est pourquoi quelques-uns de mes amis s'imaginent que je ne suis pas bien guérie. Je suis aussi bien guérie cependant de lui que l'empereur Charlemagne du mal de dents. Le souvenir de ses douleurs me remue profondément quand je me retrace ces scènes orageuses. Si je les voyais se renouveler, elles ne me feraient plus le moindre effet. Je n'ai plus la foi. Ne me plaignez donc pas, belle et bonne fille de Dieu. Chacun goûte un bonheur, selon son âme. J'ai longtemps cru que la passion était mon idéal. Je me trompais, ou bien j'ai mal choisi154.

... Je vous dirai que cetteConfession d'un Enfant du sièclem'a beaucoup émue en effet. Les moindres détails d'une intimité malheureuse y sont si fidèlement rapportés depuis la première heure jusqu'à la dernière, depuis lasoeur de charitéjusqu'àl'orgueilleuse insensée, que je me suis mise à pleurer comme une bête en fermant le livre. Puis, j'ai écrit quelques lignes à l'auteur pour lui dire je ne sais quoi: que je l'avais beaucoup aimé, que je lui avais tout pardonné, et que je ne voulais jamais le revoir. Ces trois choses sont vraies et immuables. Le pardon va chez moi jusqu'à ne jamais concevoir une pensée d'amertume contre le meurtrier de mon amour, mais il n'ira jamais jusqu'à regretter la torture. Je sens toujours pour lui, je vous l'avouerai bien, une profonde tendresse de mère au fond du coeur. Il m'est impossible d'entendre dire du mal de lui sans colère, et c'est pourquoi quelques-uns de mes amis s'imaginent que je ne suis pas bien guérie. Je suis aussi bien guérie cependant de lui que l'empereur Charlemagne du mal de dents. Le souvenir de ses douleurs me remue profondément quand je me retrace ces scènes orageuses. Si je les voyais se renouveler, elles ne me feraient plus le moindre effet. Je n'ai plus la foi. Ne me plaignez donc pas, belle et bonne fille de Dieu. Chacun goûte un bonheur, selon son âme. J'ai longtemps cru que la passion était mon idéal. Je me trompais, ou bien j'ai mal choisi154.

Note 154:(retour)Revue de Parisdu 15 décembre 1894, p. 812.

Cette page était sincère. George Sand apparaît à la fois comme une amoureuse romanesque et une amante pessimiste, en cela semblable à Chateaubriand son maître155. Un éternel conflit entre son imagination et son expérience, l'empêchant de s'abîmer dans une passion, lui a gardé son optimisme. Sa liaison avec Musset, si meurtrière à l'âme du poète, si elle lui fut douloureuse entre toutes, la posséda moins cependant que ses liaisons avec Michel de Bourges et Pierre Leroux, en qui elle trouvait les dominateurs dont avait besoin son orgueil. Chopin comme Musset, enfants trop sensibles, devaient s'y briser.

Note 155:(retour)La psychologie de Lélia n'est pas sans rappeler un peu celle de René, avec moins de race toutefois dans la mélancolie. Ne pourrait-on pas appliquer à tous deux cette observation de M. Albalat dans une pénétrante étude surChateaubriand et ses amoureuses: «Ses amours ne furent ni spontanées ni involontaires; il répondit presque toujours aux sentiments qu'on éprouvait pour lui et il eut le tort de ne pouvoir s'en défendre plutôt que celui de les provoquer.» (ALBALAT,le Mal d'écrire, p. 269.)

Mais George Sand, dans son obsession même de la virilité, et son perpétuel besoin de se convaincre d'un tempérament qu'elle n'avait pas, était surtout trop aventureuse,—«curieuse excessive», la qualifiait Dumas fils156,—pour rester insensible au charme, sous les formes de la faiblesse, de la tendresse et de la poésie. Aussi les douleurs de Musset, qu'elle savait sincères, accompagnèrent-elles longtemps, et à ses propres yeux, la légende même de son âme.

Note 156:(retour)Lettre citée par M. Emile Berr,Figarodu 16 décembre 1896:«Mme Sand a de petites mains sans os, moelleuses, ouateuses, presque gélatineuses. C'est donc fatalement une curieuse, excessive, trompée, déçue dans ses incessantes recherches, mais non une passionnée. C'est en vain qu'elle voudrait l'être, elle ne le peut pas; sa nature physique s'y refuse... etc.»

«Mme Sand a de petites mains sans os, moelleuses, ouateuses, presque gélatineuses. C'est donc fatalement une curieuse, excessive, trompée, déçue dans ses incessantes recherches, mais non une passionnée. C'est en vain qu'elle voudrait l'être, elle ne le peut pas; sa nature physique s'y refuse... etc.»

Ils s'écrivirent deux ou trois fois, depuis la rupture, avec un reste d'affection d'abord, puis, les amis aidant, avec aigreur. La réclamation réciproque de leurs lettres, où ils sentaient «avoir laissé une bonne part d'eux-mêmes», perpétua entre eux le malaise des souvenirs, jusqu'à la mort de Musset (1857). Dix-huit mois après, George Sand jugea bon de peindre à sa manière et d'interpréter en sa faveur ce douloureux roman d'amour. Paul de Musset lui répondit, puis d'autres s'en mêlèrent, et la légende était créée157.

Note 157:(retour)OutreElle et Lui, Lui et Elle, Lui, de Mme Louise Colet, et les articles documentaires que nous avons signalés, le roman de George Sand et de Musset a encore suscité deux volumes, oubliés depuis la polémique de 1860:Eux, drame contemporain,par Moi (M. Alexis Doinet), etEux et Elles, histoire d'un scandale, par M. de Lescure. Ajoutons qu'il a été mis au théâtre par un poète marseillais, M. Auguste Marin:Un amour de Musset, un acte en vers, 1879.

Les légendes ne se trompent guère. Ce livre vient de préciser ce qu'on avait pu pressentir des héros de cette aventure. Mère admirable et dangereuse amante, celle que Victor Hugo a appelée «la Grande Femme», Renan «la Harpe éolienne de notre temps», fut en effet mieux qu'une femme, la femme elle-même, dans son panthéisme d'amour et de pensée, sa bonté instinctive, sa fatalité d'élément. Trop généreux, trop faible aussi, pour la dompter ou se défendre d'elle, le poète de l'amour et de la jeunesse ne lui a répondu que par son génie. Or son génie était son coeur, et tous les coeurs ont pleuré sa souffrance.—«Paix et pardon, voilà toute la conclusion, écrivait George Sand à Sainte-Beuve; mais dans l'avenir un rayon de vérité sur cette histoire.» Il n'est d'autre vérité en amour que l'amour même. Musset avait pardonné lui aussi, pardonné en silence: il avait aimé George Sand jusqu'à son dernier jour.

INTRODUCTION. I

I.—GEORGE SAND ET MUSSET EN 1833.

Leurs débuts.—Leur génie.—Leurs caractères.—Première jeunesse de George Sand.

II.—GEORGE SAND ET SES AMIS (janvier-juin 1833).

Sainte-Beuve.—Gustave Planche.—Liaison avec Mérimée.—Le groupe de laRevue des Deux Mondes.

III.—LES PREMIÈRES AMOURS DE GEORGE SAND ET DE MUSSET (juin-décembre 1833).

Relations d'amitié.—Lélia.—Musset et Gustave Planche.—L'intérieur de George Sand.—Le duel de Planche.—La forêt de Fontainebleau.—Départ pour l'Italie.

IV.—LE ROMAN DE VENISE (19 janvier-30 mars 1834).

La descente du Rhône: Stendhal.—A Gènes.—Arrivée à Venise.—A l'hôtel Danieli.—La maladie de Musset.—Le Dr Pagello.—Son journal.—La déclaration de Lélia.—George Sand et Pagello.—Lettre d'amour.—Jalousie de Musset.—Alfred Tattet à Venise.—Le chagrin de Musset.—Son départ.

V.—LA VIE DE GEORGE SAND ET DU Dr PAGELLO A VENISE (avril-août 1834).

Installation de George Sand.—Ses rapports avec M. Dudevant.—Pagello poète.—LesLettres d'un voyageur.—LaCasa Mezzani.—Giulia P...—Robert Pagello.

VI.—LE RETOUR DE MUSSET.—CORRESPONDANCE ENTRE PARIS ET VENISE (avril-août 1834).

Le voyage de Musset.—Antonio.—La lettre de Genève.—Souvenir des Alpes.—Arrivée de Musset à Paris.—Sa détresse physique et morale.—Convalescence d'amour.

VII.—G. SAND, PAGELLO ET MUSSET A PARIS (août-octobre 1834).

Voyage de G. Sand et de Pagello.—Leur arrivée à Paris.—Boucoiran.—Entrevue de G. Sand et de Musset.—Musset à Baden.—Lettres d'amour.—Pagello jaloux.—G. Sand à Nohant.—Retour de Musset.—Vie de Pagello à Paris.—Son départ.

VIII.—LE DRAME D'AMOUR (octobre 1834-mars 1835).

Reprise d'amour.—Impuissance de bonheur.—Nouvelle séparation.—Deuxième séjour à Nohant.—G. Sand revient désespérée.—Son Journal intime.—Delacroix, Liszt, Sainte-Beuve.—Humilité d'amour.—Lassitude de Musset.—Influence d'Alfred Tattet.—Troisième départ pour Nohant.—Deuxième reprise d'amour.—Sainte-Beuve, Boucoiran.—Rupture.

IX.—APRÈS LA RUPTURE.

Résignation et Indifférence.—Les Nuits.—Musset transformé.—Musset dandy.—Ses amis et son monde.—L'intempérance de Musset.—La passion chez G. Sand.—La femme de lettres.—Elle et Lui.—Leur légende.—Conclusion.


Back to IndexNext