BIBLIOGRAPHIE

Si l’on désire mieux connaître Beethoven, on pourra recourir aux ouvrages et documents principaux, dont voici une liste sommaire:

Ludwig Nohl.—Briefe Beethovens. 1865, Stuttgart.

Ludwig Nohl.—Neue Briefe Beethovens.1867, Stuttgart.

Ludwig Ritter von Koechel.—83Original-Briefe L. V. B. an den Erzherzog Rudolph.1865, Vienne.

Alfred Schoene.—Briefe von Beethoven an Marie Graefin Erdoedy, geb. Graefin Niszky und Mag. Brauchle.1866, Leipzig.

Theodor von Frimmel.—Neue Beethoveniana.1886.

Katalog der mit der Beethoven-Feier zu Bonn, an 11-15 mai 1890 verbundenen Ausstellung von Handschriften, Briefen, Bildnissen, Reliquien Ludwig van Beethoven’s.1890, Bonn.

La Mara.—Musikerbriefe aus fünf Jahrhunderten.1892, Leipzig.

Dʳ A.Christian Kalischer.—Neue Beethoven-Briefe.1902, Berlin et Leipzig.

Dʳ A.Chr. Kalischer.—Beethoven’s Sämmtliche Briefe, Kritische Ausgabe mit Erlaüterungen. 1906-1908, 5 vol. Leipzig et Berlin.

DʳFritz Prelinger.—Beethovens Sämmtliche Briefe und Aufzeichnungen.1907, Vienne et Leipzig, 3 vol.

Un choix des lettres de Beethoven a été publié, en traduction française, avec introduction et notes de Jean Chantavoine, 1904, Paris.

Gottfried Fischer.—Manuscrit(intéressant surtout pour l’enfance de Beethoven.—Fischer, mort à Bonn en 1864, était propriétaire de la maison, où vécurent deux générations de la famille Beethoven. Lui et sa sœur Cæcilia connurent intimement Beethoven enfant, et notèrent leurs souvenirs, qui sont précieux, à condition qu’on en use avec quelque critique.)—Le manuscrit est à laBeethovenhausde Bonn.Deiters(voir plus loin) en a publié des extraits.

F.-G.Wegeler und Ferdinand Ries.—Biographische Notizen ueber Ludwig van Beethoven(surtout précieux pour la première moitié de sa vie). 1838, Coblentz. Traduction française 1862 (épuisé). Réimpression par Dʳ Kalischer 1905.

Ludwig Nohl.—Eine stille Liebe zu Beethoven.1857, Berlin. (Publication du journal de Mlle Fanny Giannatasio del Rio, qui connut et aima Beethoven, vers 1816.)

Anton Schindler.—Beethovens Biographie, 1840. Traduction française 1866 (épuisé) (pour la seconde moitié de sa vie).

Anton Schindler.—Beethoven in Paris.1842, Münster.

Gerhard von Breuning.—Aus dem Schwarzspanierhause.1874. (LaSchwarzspanierhausest la maison de Vienne où Beethoven est mort. Elle a été détruite pendant l’hiver de 1903.)

Moscheles.—The life of Beethoven.2 vol. 1841, Londres.

Alexander Wheelock Thayer(traduit de l’anglais en allemand et continué parHermann Deiters, puis parHugo Riemann).—Ludwig van Beethovens Leben.5 volumes, 1908.

Commencé en 1866; interrompu par la mort de l’auteur, en 1897, à Trieste, où il était consul des États-Unis; l’ouvrage s’arrête à l’année 1816.—Deiters entreprit de le terminer; mais il mourut, à son tour, en 1907, avant d’avoir publié le second volume. M. H. Riemann acheva l’œuvre, avec les matériaux laissés par Deiters.—C’est de beaucoup l’œuvre la plus importante sur Beethoven.

Ludwig Nohl.—Beethovens Leben.1864-1877. 4 volumes.

Ludwig Nohl.—Beethoven nach den Schilderungen seiner Zeitgenossen.Stuttgart.

A.-B.Marx.—L. van Beethovens Leben und Schaffen.1863, 2 volumes. 5ᵉ édition, remaniée par G. Behncke, 1902, Berlin.

Victor Wilder.—Beethoven, sa vie et son œuvre.1883.

Mariam Tenger.—Beethovens unsterbliche Geliebte.1890.

La valeur historique de ce livre a été quelquefois contestée. Mariam Tenger a été la confidente des dernières années de Thérèse. Il est vraisemblable que Thérèse, alors âgée, devait involontairement idéaliser ses souvenirs; mais le fond du récit paraît exact.

A.Ehrhard.—Franz Grillparzer.1900.

Theodor von Frimmel.—Ludwig van Beethoven(dans la collection desBerühmte Musiker). 1901. Berlin.

Jean Chantavoine.—Beethoven, 1907.

DʳAlfred Chr.-Kalischer.—Beethoven und seine Zeitgenossen. Beiträge zur Geschichte des Künstlers und Menschen.4 vol. 1910.

Recueil de documents, du plus grand intérêt, sur tout le cercle d’amis et d’amies de Beethoven. Cette mine de renseignements renouvelle en partie la psychologie de Beethoven.

Beethoven.—Œuvres complètes, grande édition critique, Breitkopf und Haertel, Leipzig, 38 volumes.

G.Nottebohm.—Thematisches Verzeichniss der im Druck erschienenen Werke von Ludwig van Beethoven. 1868, Leipzig.

A.-W.Thayer.—Chronologisches Verzeichniss der Werke v. B.1865, Berlin.

G.Nottebohm.—Ein Skizzenbuch von Beethoven.1865.

Nottebohm.—Ein Skizzenbuch von B. aus dem Jahre 1803.1880.

Nottebohm.—Beethovens Studien. 1873.

Nottebohm.—Beethoveniana.—Zweite Beethoveniana.1872-87.

George Grove.—Beethoven and his nine Symphonies.1896, Londres.

J.-G.Prodhomme.—Les symphonies de Beethoven, 1906.

Alfredo Colombani.—Le Nove Sinfonie di Beethoven.1897, Turin.

Ernst von Elterlein.—B. Claviersonaten.5ᵉ édition, 1895.

Willibald Nagel.—B. und seine Klaviersonaten, 2 vol. 1903-1905.

Shedlock.—The pianoforte sonata.1900, Londres.

Ch. Czerny.—Pianoforte-Schule(Quatrième partie, chapitresII,III).

Theodor Helm.—B. Streichquartette, 1885.

H. de Curzon.—Les lieder et airs détachés de B.1906.

Otto Jahn.—Leonore, Klavierauszug mit Text, nach der zweiten Bearbeitung, 1852.

DʳErich Prieger.—Fidelio, Klavierauszug mit Text, nach der ersten Bearbeitung, 1906.

Wilhelm Weber.—B. Missa Solemnis.1897.

Prof.DʳRichard Sternfeld.—Zur Einführungin L.v. B. Missa Solemnis.

Ignaz von Seyfried.—L. V. B. Studien im Generalbass, Kontrapunkt, und in der Kompositions Lehre.1832.

W. de Lenz.—Beethoven et ses trois styles.(Analyses des sonates de piano) (épuisé) 1854.

Oulibicheff.—Beethoven, ses critiques et ses glossateurs, 1857.

Wasielewski.—Beethoven.2 vol. 1886, Berlin.

R. Schumann.—Écrits sur la musique et les musiciens, première série, traduction H. de Curzon, 1894.

Richard Wagner.—Beethoven, 1870, Leipzig.

Vincent d’Indy.—Beethoven, 1911.

L’œuvre musical deFriedrich Wilhelm Rust(1739-1796), de Dessau, récemment retrouvé, grâce aux publications qu’un de ses petits-fils a faites de quelques-unes de ses sonates, est utile à connaître, pour qui veut étudier la formation du génie musical de Beethoven. Le plus jeune fils de Rust, Wilhelm-Carl, vécut à Vienne, de 1807 à 1827, et fut en relations avec Beethoven.Rust, Charles-Philippe-Emmanuel Bach, et les symphonistes de Mannheim ont été les vrais précurseurs de Beethoven.—Voir Hugo Riemann:Beethoven und die Mannheimer(Die Musik, 1907-8).Il y a aussi intérêt à connaître lesliederdeNeefe(1748-1799), déjà tout beethovéniens, et nos musiciens de la Révolution, notamment Cherubini, dont le style, en certaines de ses compositions religieuses et dramatiques, a parfois servi de modèle à Beethoven.

L’œuvre musical deFriedrich Wilhelm Rust(1739-1796), de Dessau, récemment retrouvé, grâce aux publications qu’un de ses petits-fils a faites de quelques-unes de ses sonates, est utile à connaître, pour qui veut étudier la formation du génie musical de Beethoven. Le plus jeune fils de Rust, Wilhelm-Carl, vécut à Vienne, de 1807 à 1827, et fut en relations avec Beethoven.Rust, Charles-Philippe-Emmanuel Bach, et les symphonistes de Mannheim ont été les vrais précurseurs de Beethoven.—Voir Hugo Riemann:Beethoven und die Mannheimer(Die Musik, 1907-8).

Il y a aussi intérêt à connaître lesliederdeNeefe(1748-1799), déjà tout beethovéniens, et nos musiciens de la Révolution, notamment Cherubini, dont le style, en certaines de ses compositions religieuses et dramatiques, a parfois servi de modèle à Beethoven.

1789.—Silhouette de Beethoven à dix-huit ans.[Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans la biographie de Frimmel, page 16.]1791-2.—Miniature de Beethoven, parGerhard von Kugelgen. [Appartient à Georg Henschel, Londres; reproduit dans leMusical Timesdu 15 décembre 92, page 8.]1801.—Dessin de G. Stainhauser, gravé parJohann Neidl. [Reproduit dans Félix Clément:Les Musiciens célèbres, 1878, page 267;—Frimmel, page 28.]1802.—Gravure de Scheffner, d’aprèsStainhauser. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dansdie Musikdu 15 mars 1902, page 1145.]1802.—Miniature de Beethoven, parChristianHornemann. [Appartient à Mme de Breuning, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 31.]1805.—Portrait de Beethoven, parW.-J. Maehler. [Appartient à Robert Heimler, Vienne; reproduit dans leMusical Times, page 7; Frimmel, page 34.]1808.—Dessin de L.-F. Schnorr de Carolsfeld, lithographié parJ. Bauer. [Maison de Beethoven, à Bonn.]1812.—Masque de Beethoven, moulé parFranz Klein.1812.—Buste de Beethoven, parFranz Klein, d’après le masque. [Appartient au fabricant de pianos E. Streicher, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 46;—Musical Times, page 19.]1814.—Dessin de L. Letronne, gravé parBlasius Hoefel. [Le plus beau portrait de Beethoven; la maison de Beethoven, à Bonn, possède l’exemplaire qu’il offrit à Wegeler; reproduit dans Frimmel, page 51;—Musical Times, page 21.]1815.—Dessin de L. Letronne, gravé par Riedel. [Reproduit dansdie Musik, page 1147.]1815.—Deuxième portrait de Beethoven, parMaehler. [Appartient à Ign. von Gleichenstein, Fribourg-en-Brisgau. Reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]1815.—Portrait de Beethoven, parChristian Heckel. [Appartient à J.-F. Heckel, Mannheim; reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]1818.—Gravure d’après le dessin de Beethoven, parAug. von Kloeber. [Reproduit dans leMusical Times, page 25.]—Le dessin original de Klœber est dans la collection du Dʳ Erich Prieger, à Bonn.1819.—Portrait de Beethoven, parFerdinand Schimon. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dansdie Musik, page 1149;—Frimmel, page 63;—Musical Times, page 29.]1819.—Portrait de Beethoven, parK.-Joseph Stieler. [Appartient à Alex. Meyer Cohn, Berlin; reproduit dans Frimmel, page 71.]1821.—Buste de Beethoven, parAnton Dietrich. [Appartient à Léopold Schrœtter de Kristelli;] reproduction dans la maison de Beethoven, à Bonn.1824-6.—Dessins-caricatures de Beethoven se promenant, parJ.-P. Lyser. [Originaux à laGesellschaft der Musikfreunde, Vienne; reproduits dans Frimmel, page 67;—Musical Times, page 15.]1823.—Dessins-caricatures de Beethoven se promenant, parJos. van Boehm. [Reproduits dans Frimmel, page 70.]1823.—Portrait de Beethoven, parWaldmueller. [Appartient à Breitkopf et Hærtel, Leipzig; reproduit dans Frimmel, page 72.]1825-6.—Dessin de Beethoven, parStefan Decker. [Appartient à Georg Decker, Vienne; reproductions à la maison de Beethoven, à Bonn.]1826.—Dessin de B.par A. Dietrich, lithographié parJos. Kriehuber. [Reproduit dans Frimmel, page 73.]1826.—Buste de Beethoven à l’antique, parSchaller. [Appartient à la Société philharmonique de Londres; copie à la maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans Frimmel, page 74, et dans leMusical Times.]1827.—Esquisse de Beethoven sur son lit de mort, parJos. Danhauser. [Appartient à A. Artaria, Vienne; reproduit dans l’Allgemeine Musik-Zeitung, du 19 avril 1901.]1827.—Trois esquisses de Beethoven sur son lit de mort, parTeltscher. [Appartiennent au Dʳ Aug. Heymann; publiées par Frimmel; reproduites dans leCourrier musical, du 15 novembre 1909.]1827.—Masque de Beethoven mort, moulé parDanhauser. [Maison de Beethoven, à Bonn.]De nombreux portraits de Beethoven ont été faits depuis sa mort. L’œuvre la plus remarquable qui lui ait été consacrée est le monument de Max Klinger (Vienne, 1902).

1789.—Silhouette de Beethoven à dix-huit ans.[Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans la biographie de Frimmel, page 16.]

1791-2.—Miniature de Beethoven, parGerhard von Kugelgen. [Appartient à Georg Henschel, Londres; reproduit dans leMusical Timesdu 15 décembre 92, page 8.]

1801.—Dessin de G. Stainhauser, gravé parJohann Neidl. [Reproduit dans Félix Clément:Les Musiciens célèbres, 1878, page 267;—Frimmel, page 28.]

1802.—Gravure de Scheffner, d’aprèsStainhauser. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dansdie Musikdu 15 mars 1902, page 1145.]

1802.—Miniature de Beethoven, parChristianHornemann. [Appartient à Mme de Breuning, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 31.]

1805.—Portrait de Beethoven, parW.-J. Maehler. [Appartient à Robert Heimler, Vienne; reproduit dans leMusical Times, page 7; Frimmel, page 34.]

1808.—Dessin de L.-F. Schnorr de Carolsfeld, lithographié parJ. Bauer. [Maison de Beethoven, à Bonn.]

1812.—Masque de Beethoven, moulé parFranz Klein.

1812.—Buste de Beethoven, parFranz Klein, d’après le masque. [Appartient au fabricant de pianos E. Streicher, à Vienne; reproduit dans Frimmel, page 46;—Musical Times, page 19.]

1814.—Dessin de L. Letronne, gravé parBlasius Hoefel. [Le plus beau portrait de Beethoven; la maison de Beethoven, à Bonn, possède l’exemplaire qu’il offrit à Wegeler; reproduit dans Frimmel, page 51;—Musical Times, page 21.]

1815.—Dessin de L. Letronne, gravé par Riedel. [Reproduit dansdie Musik, page 1147.]

1815.—Deuxième portrait de Beethoven, parMaehler. [Appartient à Ign. von Gleichenstein, Fribourg-en-Brisgau. Reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]

1815.—Portrait de Beethoven, parChristian Heckel. [Appartient à J.-F. Heckel, Mannheim; reproduction à la maison de Beethoven, à Bonn.]

1818.—Gravure d’après le dessin de Beethoven, parAug. von Kloeber. [Reproduit dans leMusical Times, page 25.]—Le dessin original de Klœber est dans la collection du Dʳ Erich Prieger, à Bonn.

1819.—Portrait de Beethoven, parFerdinand Schimon. [Maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dansdie Musik, page 1149;—Frimmel, page 63;—Musical Times, page 29.]

1819.—Portrait de Beethoven, parK.-Joseph Stieler. [Appartient à Alex. Meyer Cohn, Berlin; reproduit dans Frimmel, page 71.]

1821.—Buste de Beethoven, parAnton Dietrich. [Appartient à Léopold Schrœtter de Kristelli;] reproduction dans la maison de Beethoven, à Bonn.

1824-6.—Dessins-caricatures de Beethoven se promenant, parJ.-P. Lyser. [Originaux à laGesellschaft der Musikfreunde, Vienne; reproduits dans Frimmel, page 67;—Musical Times, page 15.]

1823.—Dessins-caricatures de Beethoven se promenant, parJos. van Boehm. [Reproduits dans Frimmel, page 70.]

1823.—Portrait de Beethoven, parWaldmueller. [Appartient à Breitkopf et Hærtel, Leipzig; reproduit dans Frimmel, page 72.]

1825-6.—Dessin de Beethoven, parStefan Decker. [Appartient à Georg Decker, Vienne; reproductions à la maison de Beethoven, à Bonn.]

1826.—Dessin de B.par A. Dietrich, lithographié parJos. Kriehuber. [Reproduit dans Frimmel, page 73.]

1826.—Buste de Beethoven à l’antique, parSchaller. [Appartient à la Société philharmonique de Londres; copie à la maison de Beethoven, à Bonn; reproduit dans Frimmel, page 74, et dans leMusical Times.]

1827.—Esquisse de Beethoven sur son lit de mort, parJos. Danhauser. [Appartient à A. Artaria, Vienne; reproduit dans l’Allgemeine Musik-Zeitung, du 19 avril 1901.]

1827.—Trois esquisses de Beethoven sur son lit de mort, parTeltscher. [Appartiennent au Dʳ Aug. Heymann; publiées par Frimmel; reproduites dans leCourrier musical, du 15 novembre 1909.]

1827.—Masque de Beethoven mort, moulé parDanhauser. [Maison de Beethoven, à Bonn.]

De nombreux portraits de Beethoven ont été faits depuis sa mort. L’œuvre la plus remarquable qui lui ait été consacrée est le monument de Max Klinger (Vienne, 1902).

811-14.—Coulommiers. Imp.Paul BRODARD.—P7-14.

FOOTNOTES:[1]J. Russel (1822).—Charles Czerny, enfant, qui le vit en 1801, avec une barbe de plusieurs jours et une crinière sauvage, vêtu d’un veston et d’un pantalon en poil de chèvre, crut rencontrer Robinson Crusoé.[2]Note du peintre Kloeber, qui fit son portrait vers 1818.[3]«Ses beaux yeux parlants, dit le docteur W.-C. Müller, tantôt gracieux et tendres, tantôt égarés, menaçants et terribles» (1820).[4]Kloeber dit: «d’Ossian». Tous ces détails sont empruntés aux notes d’amis de Beethoven, ou de voyageurs qui le virent,—tels que Czerny, Moscheles, Kloeber, Daniel Amadeus Atterbohm, W.-C. Müller, J. Russel, Julius Benedict, Rochlitz, etc.[5]Le grand-père Ludwig, l’homme le plus remarquable de la famille, celui à qui Beethoven ressemblait le plus, était né à Anvers, et ne s’établit que vers sa vingtième année à Bonn, où il devint maître de chapelle du prince-électeur.—Il ne faut pas oublier ce fait, si l’on veut comprendre l’indépendance fougueuse de la nature de Beethoven, et tant de traits de son caractère qui ne sont pas proprement allemands.[6]Lettre au docteur Schade, à Augsbourg, 15 septembre 1787 (Nohl,Lettres de Beethoven, II).[7]Il disait plus tard (en 1816): «C’est un pauvre homme, celui qui ne sait pas mourir! Quand je n’avais que quinze ans, je le savais déjà.»[8]Nous citons auxtextesquelques-unes de ces lettres.Beethoven trouva aussi un ami et un guide en l’excellent Christian-Gottlob Neefe, son maître, dont la noblesse morale n’eut pas moins d’influence sur lui que la largeur de son intelligence artistique.[9]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).[10]Il y avait déjà fait un court voyage, au printemps de 1787. Il vit alors Mozart, qui semble avoir fait peu attention à lui.Haydn, dont il avait fait la connaissance à Bonn, en décembre 1790, lui donna quelques leçons. Beethoven prit aussi pour maîtres Albrechtsberger et Salieri. Le premier lui enseigna le contrepoint et la fugue; le second lui apprit à écrire pour la voix.[11]Il débutait à peine. Son premier concert à Vienne comme pianiste, eut lieu le 30 mars 1795.[12]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).«Aucun de mes amis ne doit manquer de rien, tant que j’ai quelque chose»,—écrit-il à Ries, vers 1801 (Nohl, XXIV).[13]Dans leTestamentde 1802, Beethoven dit qu’il y a six ans que le mal a commencé,—soit, par conséquent, en 1796.—Remarquons en passant que, dans le catalogue de ses œuvres, l’op. 1 seul (trois trios) est antérieur à 1796. L’op. 2, les trois premières sonates pour piano, paraissent en mars 1796. On peut donc dire que l’œuvre entier de Beethoven est de Beethoven sourd.Voir sur la surdité de Beethoven un article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 15 mai 1905.—L’auteur de l’article croit que le mal eut sa source dans une affection générale héréditaire (peut-être dans la phtisie de la mère). Il diagnostique un catarrhe des trompes d’Eustache, en 1796, qui se transforma, vers 1799, en une otite moyenne aiguë. Mal soignée, elle passa à l’état d’otite catarrhale chronique, avec toutes ses conséquences. La surdité augmenta, sans jamais devenir complète. Beethoven percevait les bruits profonds, mieux que les sons élevés. Dans ses dernières années, il se servait, dit-on, d’une baguette de bois, dont une extrémité était placée dans la boîte de son piano, et l’autre entre ses dents. Il usait de ce moyen pour entendre, quand il composait.(Voir sur la même question: C. G. Kunn:Wiener medizinische Wochenschrift, février-mars 1892;—Wilibald Nagel:Die Musik, mars 1902;—Theodor von Frimmel:Der Merker, juillet 1912.)On a conservé au musée Beethoven de Bonn les instruments acoustiques que fabriqua pour Beethoven, vers 1814, le mécanicien Maelzel.[14]Nohl,Lettres de Beethoven, XIII.[15]Nohl,Lettres de Beethoven, XIV. (Voir lestextes.)[16]A Wegeler, 16 novembre 1801 (Nohl, XVIII).[17]Elle ne craignit pas, dans la suite, d’exploiter l’ancien amour de Beethoven, en faveur de son mari. Beethoven secourut Gallenberg. «Il était mon ennemi: c’était justement la raison pour que je lui fisse tout le bien possible», dit-il à Schindler, dans un de ses cahiers de conversation de 1821. Mais il l’en méprisa davantage. «Arrivée à Vienne, écrit-il en français, elle cherchait moi, pleurant, mais je la méprisais.»[18]6 octobre 1802 (Nohl, XXVI). Voir auxtextes.[19]«Recommandez à vos enfants la vertu; elle seule peut rendre heureux, non l’argent. Je parle par expérience. C’est elle qui m’a soutenu dans ma misère; c’est à elle que je dois, ainsi qu’à mon art, de n’avoir pas terminé ma vie par le suicide.» Et dans une autre lettre, du 2 mai 1810, à Wegeler: «Si je n’avais pas lu quelque part que l’homme ne doit pas se séparer volontairement de la vie, aussi longtemps qu’il peut encore accomplir une bonne action, depuis longtemps je ne serais plus—et sans doute par mon propre fait.»[20]A Wegeler (Nohl, XVIII).[21]La miniature de Hornemann, qui est de 1802, montre Beethoven mis à la mode de l’époque, avec des favoris, les cheveux à la Titus, l’air fatal d’un héros byronien, mais cette tension de volonté napoléonienne, qui ne désarme jamais.[22]On sait que laSymphonie héroïquefut écrite pour et sur Bonaparte, et que le premier manuscrit porte encore le titre:Buonaparte. Sur ces entrefaites, Beethoven apprit le couronnement de Napoléon. Il entra en fureur: «Ce n’est donc qu’un homme ordinaire!» cria-t-il; et dans son indignation, il déchira la dédicace, et écrivit ce titre vengeur et touchant à la fois: «Symphonie héroïque... pour célébrer le souvenir d’un grand Homme.» (Sinfonia eroica... composta per festeggiare il sovvenire di un grand Uomo.) Schindler raconte que dans la suite, il se départit un peu de son mépris pour Napoléon; il ne vit plus en lui qu’un malheureux digne de compassion, un Icare précipité du ciel. Quand il apprit la catastrophe de Sainte-Hélène, en 1821, il dit: «Il y a dix-sept ans que j’ai écrit la musique qui convient à ce triste événement.» Il se plaisait à reconnaître dans laMarche funèbrede sa symphonie un pressentiment de la fin tragique du conquérant.—Il est donc bien probable que laSymphonie héroïque, et surtout son premier morceau, était, dans la pensée de Beethoven, une sorte de portrait de Bonaparte, très différent du modèle, sans doute, mais tel qu’il l’imaginait, et tel qu’il l’eût voulu: le génie de la Révolution. Beethoven reprend d’ailleurs dans le finale de l’Héroïqueune des phrases principales de la partition qu’il avait déjà écrite pour le héros révolutionnaire par excellence, le dieu de la Liberté:Prométhée(1801).[23]Robert de Keudell, ancien ambassadeur d’Allemagne à Rome:Bismarck et sa famille, 1901, traduction française de E.-B. Lang.Robert de Keudell joua cette sonate à Bismarck, sur un mauvais piano, le 30 octobre 1870, à Versailles. Bismarck disait de la dernière phrase de l’œuvre: «Ce sont les luttes et les sanglots de toute une vie.» Il préférait Beethoven à tout autre musicien, et, plus d’une fois, affirma: «Beethoven convient le mieux à mes nerfs.»[24]La maison de Beethoven était sise près des fortifications de Vienne, que Napoléon fit sauter après la prise de la ville. «Quelle vie sauvage, que de ruines autour de moi!—écrit Beethoven aux éditeurs Breitkopf et Haertel, le 26 juin 1809;—rien que tambours, trompettes, misères de toute sorte!»Un portrait de Beethoven, à cette époque, nous a été laissé par un Français qui le vit à Vienne, en 1809: le baron de Trémont, auditeur au Conseil d’État. Il fait une description pittoresque du désordre qui régnait dans l’appartement de Beethoven. Ils causèrent ensemble de philosophie, de religion, de politique, «et surtout de Shakespeare, son idole». Beethoven était assez disposé à suivre Trémont à Paris, où il savait que le Conservatoire exécutait déjà ses symphonies, et où il avait des admirateurs enthousiastes.—(Voir, dans leMercure musicaldu 1ᵉʳ mai 1906,Une visite à Beethoven, par le baron de Trémont; publié par J. Chantavoine.)[25]Ou plus exactement, Thérèse Brunsvik. Beethoven avait fait la connaissance des Brunsvik à Vienne, entre 1796 et 1799. Giulietta Guicciardi était la cousine de Thérèse. Beethoven semble s’être épris aussi, pendant un temps, d’une sœur de Thérèse, Joséphine, qui épousa le comte Deym, puis en secondes noces le baron Stackelberg.—On trouvera les détails les plus vivants sur la famille Brunsvik dans un article de M. André de Hevesy:Beethoven et l’Immortelle Bien-aimée(Revue de Paris, 1ᵉʳ et 15 mars 1910). M. de Hevesy a utilisé, pour cette étude, les Mémoires manuscrits et les papiers de Thérèse, conservés à Mártonvásár, en Hongrie. Tout en montrant l’intimité affectueuse de Beethoven avec les Brunsvik, il remet en question son amour pour Thérèse. Mais ses arguments ne semblent pas convaincants; et je me réserve de les discuter, quelque jour.[26]Mariam Tenger:Beethoven’s unsterbliche Geliebte, Bonn, 1890.[27]C’est l’air admirable qui figure dans l’Album de la femme de J.-S. Bach, Anna Magdalena (1725), sous le titre:Aria di Giovannini. On a discuté son attribution à J.-S. Bach.[28]Nohl,Vie de Beethoven.[29]Beethoven était myope, en effet. Ignaz von Seyfried dit que sa faiblesse de vue avait été causée par la petite vérole, et qu’elle l’obligeait, tout jeune, à porter des lunettes. La myopie devait contribuer au caractère égaré de ses yeux. Ses lettres de 1823-1824 contiennent des plaintes fréquentes au sujet de ses yeux, qui le font souffrir.—Voir les articles de Christian Kalischer:Beethovens Augens und Augenleiden(Die Musik, 15 mars-1ᵉʳ avril 1902).[30]La musique de scène pour l’Egmontde Gœthe fut commencée en 1809.—Beethoven eût voulu écrire aussi la musique deGuillaume Tell; mais on lui préféra Gyrowetz.[31]Conversation avec Schindler.[32]Mais écrite, à ce qu’il semble, à Korompa, chez les Brunsvik.[33]Nohl,Lettres de Beethoven, XV.[34]Ce portrait se trouve encore aujourd’hui dans la maison de Beethoven, à Bonn. Il est reproduit dans laVie de Beethovenpar Frimmel, p. 29, et dans leMusical Timesdu 15 décembre 1892.[35]A Gleichenstein (Nohl,Neue Briefe Beethovens, XXXI).[36]«Le cœur est le levier de tout ce qu’il y a de grand.» (A Giannatasio del Rio.—Nohl, CLXXX.)[37]«Les poésies de Gœthe me rendent heureux», écrit-il à Bettina Brentano, le 19 février 1811.Et ailleurs:«Gœthe et Schiller sont mes poètes préférés, avec Ossian et Homère, que je ne puis malheureusement lire que dans des traductions.» (A Breitkopf et Haertel, 8 août 1809.—Nohl,Neue Briefe, LIII.)Il est à remarquer combien, malgré son éducation négligée, le goût littéraire de Beethoven était sûr. En dehors de Gœthe, dont il a dit qu’il lui semblait «grand, majestueux, toujours enré majeur», et au-dessus de Gœthe, il aimait trois hommes: Homère, Plutarque et Shakespeare. D’Homère, il préférait l’Odyssée. Il lisait continuellement Shakespeare dans la traduction allemande, et l’on sait avec quelle grandeur tragique il a traduit en musiqueCoriolanetla Tempête. Quant à Plutarque, il s’en nourrissait, comme les hommes de la Révolution. Brutus était son héros, ainsi qu’il fut celui de Michel Ange; il avait sa statuette dans sa chambre. Il aimait Platon, et rêvait d’établir sa République dans le monde entier. «Socrate et Jésus ont été mes modèles», a-t-il dit quelque part. (Conversations de 1819-20.)[38]A Bettina von Arnim (Nohl, XCI).—L’authenticité des lettres de Beethoven à Bettina, mise en doute par Schindler, Marx et Deiters, a été défendue par Moritz Carriere, Nohl et Kalischer. Bettina a dû les «embellir» un peu; mais le fond paraît exact.[39]«Beethoven, disait Gœthe à Zelter, est malheureusement une personnalité tout à fait indomptée; il n’a sans doute pas tort de trouver le monde détestable; mais ce n’est pas le moyen de le rendre agréable pour lui et pour les autres. Il faut l’excuser et le plaindre, car il est sourd.»—Il ne fit rien dans la suite contre Beethoven, mais il ne fit rien pour lui: silence complet sur son œuvre, et jusque sur son nom.—Au fond, il admirait, mais redoutait sa musique: elle le troublait; il craignait qu’elle ne lui fît perdre le calme de l’âme, qu’il avait conquis au prix de tant de peines.—Une lettre du jeune Félix Mendelssohn, qui passa par Weimar en 1830, fait pénétrer innocemment dans les profondeurs de cette âme trouble et passionnée (leidenschaftlicher Sturm und Verworrenheit, comme Gœthe disait lui-même), qu’une intelligence puissante maîtrisait.«... D’abord, écrit Mendelssohn, il ne voulait pas entendre parler de Beethoven; mais il lui fallut en passer par là, et écouter le premier morceau de laSymphonie en ut mineur, qui le remua étrangement. Il n’en voulut rien laisser paraître, et se contenta de me dire: «Cela ne touche point, cela ne fait qu’étonner». Au bout d’un certain temps, il reprit: «C’est grandiose, insensé; on dirait que la maison va s’écrouler». Survint le dîner, pendant lequel il demeura tout pensif, jusqu’au moment où, retombant de nouveau sur Beethoven, il se mit à m’interroger, à m’examiner. Je vis bien que l’effet était produit....»(Sur les rapports de Gœthe et de Beethoven, voir divers articles de Frimmel.)[40]Lettre de Gœthe à Zelter, 2 septembre 1812.—Zelter à Gœthe, 14 septembre 1812: «Auch ich bewundere ihn mit Schrecken.» «Moi aussi, je l’admire avec effroi».—Zelter écrit en 1819 à Gœthe: «On dit qu’il est fou».[41]C’est, en tout cas, un sujet auquel Beethoven a pensé: car nous le trouvons dans ses notes, et, particulièrement, dans ses projets d’uneDixième Symphonie.[42]Contemporaine, et peut-être inspiratrice, parfois, de ces œuvres est son intimité très tendre avec la jeune cantatrice berlinoise Amalie Sebald, qu’il connut à Tœplitz, en 1811 et 1812.[43]Bien différent de lui en ceci, Schubert avait écrit en 1807 une œuvre de circonstance, «en l’honneur de Napoléon le Grand», et en dirigea lui-même l’exécution devant l’Empereur.[44]«Je ne vous dis rien de nos monarques et de leurs monarchies», écrit-il à Kauka pendant le Congrès de Vienne. «Pour moi, l’empire de l’esprit est le plus cher de tous: c’est le premier de tous les royaumes temporels et spirituels.» (Mir ist das geistige Reich das Liebste, und der Oberste aller geistlichen und weltlichen Monarchien.)[45]«Vienne, n’est-ce point tout dire?—Toute trace du protestantisme allemand effacée; même l’accent national, perdu, italianisé. L’esprit allemand, les manières et les mœurs allemandes, expliquées par des manuels de provenance italienne et espagnole.... Le pays d’une histoire falsifiée, d’une science falsifiée, d’une religion falsifiée.... Un scepticisme frivole, qui devait ruiner et ensevelir l’amour de la vérité, et de l’honneur, et de l’indépendance!...» (Wagner,Beethoven, 1870.)Grillparzer a écrit que c’était un malheur d’être né Autrichien. Les grands compositeurs allemands de la fin duXIXᵉ siècle, qui ont vécu à Vienne, ont cruellement souffert de l’esprit de cette ville livrée au culte pharisien de Brahms. La vie de Bruckner y fut un long martyre. Hugo Wolf, qui se débattit furieusement, avant de succomber, a exprimé sur Vienne des jugements implacables.[46]Le roi Jérôme avait offert à Beethoven un traitement de six cents ducats d’or, sa vie durant, et une indemnité de voyage de cent cinquante ducats d’argent, contre l’unique engagement de jouer quelquefois devant lui, et de diriger ses concerts de musique de chambre, qui ne devaient être ni longs, ni fréquents. (Nohl, XLIX.) Beethoven fut tout près de partir.[47]LeTancrèdede Rossini suffit à ébranler tout l’édifice de la musique allemande. Bauernfeld, cité par Ehrhard, note dans sonJournalce jugement qui circulait dans les salons de Vienne, en 1816: «Mozart et Beethoven sont de vieux pédants; la bêtise de l’époque précédente les goûtait; c’est seulement depuis Rossini qu’on sait ce que c’est que la mélodie.Fidelioest une ordure; on ne comprend pas qu’on se donne la peine d’aller s’y ennuyer.»Beethoven donna son dernier concert, comme pianiste, en 1814.[48]La même année, Beethoven perdit son frère Carl: «Il tenait beaucoup à la vie, autant que je perdrais volontiers la mienne», écrivait-il à Antonia Brentano.[49]A part sa touchante amitié avec la comtesse Maria von Erdödy, toujours souffrante comme lui, atteinte d’un mal incurable, et qui perdit subitement en 1816 son fils unique. Beethoven lui dédia, en 1809, ses deux trios, op. 70, et en 1815-1817, ses deux grandes sonates pour violoncelle, op. 102.[50]En dehors de la surdité, sa santé empirait de jour en jour. Depuis octobre 1816, il était très malade d’un catarrhe inflammatoire. Pendant l’été de 1817, son médecin lui dit que c’était une maladie de poitrine. Dans l’hiver 1817-1818, il se tourmenta de cette soi-disant phtisie. Puis ce furent des rhumatismes aigus en 1820-1821, une jaunisse en 1821, une conjonctivite en 1823.[51]Remarquer que de cette année date, dans sa musique, un changement de style, inauguré par la sonate op. 101.Les cahiers de conversation de Beethoven, formant plus de 11 000 pages manuscrites, se trouvent réunis aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Berlin.[52]Schindler, qui devint l’intime de Beethoven, depuis 1819, était entré en relations avec lui dès 1814; mais Beethoven avait eu la plus grande peine à lui accorder son amitié; il le traitait d’abord avec une hauteur méprisante.[53]Voir les admirables pages de Wagner sur la surdité de Beethoven. (Beethoven, 1870.)[54]Il aimait les bêtes et avait pitié d’elles. La mère de l’historien von Frimmel racontait qu’elle avait conservé longtemps une haine involontaire pour Beethoven, parce que, quand elle était petite fille, il chassait avec son mouchoir tous les papillons qu’elle voulait prendre.[55]Il se trouvait toujours mal logé. En trente-cinq ans, il changea trente fois d’appartement, à Vienne.[56]Beethoven s’était adressé personnellement à Cherubini, qui était «de ses contemporains celui qu’il estimait le plus». (Nohl,Lettres de Beethoven, CCL.) Cherubini ne répondit pas.[57]«Je ne me venge jamais, écrit-il ailleurs à Mme Streicher. Quand je suis obligé d’agir contre d’autres hommes, je ne fais que le strict nécessaire pour me défendre, ou pour les empêcher de faire le mal.»[58]Nohl, CCCXLIII.[59]Nohl, CCCXIV.[60]Nohl, CCCLXX.[61]Nohl, CCCLXII-LXVII. Une lettre, que vient de retrouver à Berlin M. Kalischer, montre avec quelle passion Beethoven voulait faire de son neveu «un citoyen utile à l’État» (1ᵉʳ février 1819).[62]Schindler, qui le vit alors, dit qu’il devint, subitement, comme un vieillard de soixante-dix ans, brisé, sans force, sans volonté. Il serait mort, si Charles était mort.—Il mourut peu de mois après.[63]Le dilettantisme de notre temps n’a pas manqué de chercher à réhabiliter ce drôle. Cela ne peut surprendre.[64]Lettre de Fischenich à Charlotte Schiller (janvier 1793). L’ode de Schiller avait été écrite en 1785.—Le thème actuel apparaît en 1808, dans laFantaisie pour piano, orchestre et chœur, op. 80, et en 1810, dans leLied, sur des paroles de Gœthe:Kleine Blumen, kleine Blætter.—J’ai vu dans un cahier de notes de 1812, appartenant au Dʳ Erich Prieger, à Bonn, entre les esquisses de laSeptième Symphonieet un projet d’ouverture de Macbeth, un essai d’adaptation des paroles de Schiller au thème qu’il utilisa plus tard dans l’ouverture op. 115 (Namensfeier).—Quelques-uns des motifs instrumentaux de laNeuvième Symphoniese montrent avant 1815. Enfin, le thème définitif de la Joie est noté en 1822, ainsi que tous les autres airs de la Symphonie, sauf letrio, qui vient peu après, puis l’andante moderato, et enfin l’adagio, qui paraît le dernier.Sur le poème de Schiller, et sur la fausse interprétation qu’on en a voulu donner, de notre temps, en substituant au motFreude(Joie) le motFreiheit(Liberté), voir un article de Charles Andler dansPages Libres(8 juillet 1905).[65]Bibliothèque de Berlin.[66]Also ganz so als ständen Worte darunter.(«Tout à fait comme s’il y avait des paroles dessous.»)[67]LaMesse en ré, op. 123.[68]Beethoven, harassé par les tracas domestiques, la misère, les soucis de tout genre, n’écrivit en cinq ans, de 1816 à 1821, que trois œuvres pour piano (op. 101, 102, 106). Ses ennemis le disaient épuisé. Il se remit au travail en 1821.[69]Février 1824. Signèrent: prince C. Lichnowski, comte Maurice Lichnowski, comte Maurice de Fries, comte M. de Dietrichstein, comte F. de Palfy, comte Czernin, Ignace Edler de Mosel, Charles Czerny, abbé Stadler, A. Diabelli, Artaria et C., Steiner et C., A. Streicher, Zmeskall, Kiesewetter, etc.[70]«Mon caractère moral est reconnu publiquement»,—dit fièrement Beethoven à la municipalité de Vienne, le 1ᵉʳ février 1819, pour revendiquer son droit de tutelle sur son neveu. «Même des écrivains distingués, comme Weissenbach, ont jugé qu’il valait la peine de lui consacrer des écrits.»[71]En août 1824, il était hanté de la crainte de mourir brusquement d’une attaque, «comme mon cher grand-père, avec qui j’ai tant de ressemblance», écrit-il, le 16 août 1824, au docteur Bach.Il souffrait beaucoup de l’estomac. Il fut très mal pendant l’hiver de 1824-1825. En mai 1825, il eut des crachements de sang, et des saignements de nez. Le 9 juin 1825, il écrit à son neveu: «Ma faiblesse touche souvent à l’extrême.... L’homme à la faux ne tardera pas à venir.»[72]LaNeuvième Symphoniefut exécutée pour la première fois, en Allemagne, à Francfort, le 1ᵉʳ avril 1825; à Londres, dès le 25 mars 1825; à Paris, au Conservatoire, le 27 mars 1831. Mendelssohn, âgé de dix-sept ans, en donna une audition sur le piano, à la Jaegerhalle de Berlin, le 14 novembre 1826. Wagner, étudiant à Leipzig, la recopia tout entière de sa main; et, dans une lettre du 6 octobre 1830 à l’éditeur Schott, il lui offre une réduction de la symphonie, pour piano à deux mains. On peut dire que laNeuvième Symphoniedécida de la vie de Wagner.[73]«Apollon et les Muses ne voudront pas me livrer déjà à la mort; car je leur dois tant encore! Il faut qu’avant mon départ pour les Champs-Élysées, je laisse après moi ce que l’Esprit m’inspire et me dit d’achever. Il me semble que j’ai à peine écrit quelques notes.» (Aux frères Schott, 17 septembre 1824.—Nohl,Neue Briefe, CCLXXII.)[74]Beethoven écrit à Moscheles, le 18 mars 1827: «Une Symphonie entièrement esquissée est dans mon pupitre, avec une nouvelle ouverture.» Cette esquisse n’a jamais été retrouvée.—On lit seulement dans ses notes:«Adagio cantique.—Chant religieux pour une symphonie dans les anciens modes (Herr Gott dich loben wir.—Alleluja), soit d’une façon indépendante, soit comme introduction à une fugue. Cette symphonie pourrait être caractérisée par l’entrée des voix, soit dans lefinale, soit dès l’adagio. Les violons de l’orchestre, etc., décuplés pour les derniers mouvements. Faire entrer les voix une à une; ou répéter en quelque sorte l’adagio, dans les derniers mouvements. Pour texte de l’adagio, un mythe grec, [ou] un cantique ecclésiastique, dans l’allegro, fête à Bacchus.» (1818)Comme on voit, la conclusion chorale était alors réservée pour laDixièmeet non pour laNeuvième Symphonie.Plus tard, il dit qu’il veut accomplir dans saDixième Symphonie«la réconciliation du monde moderne avec le monde antique, ce que Gœthe avait tenté dans sonSecond Faust».[75]Le sujet est la légende d’un chevalier, qui est amoureux et captif d’une fée, et qui souffre de la nostalgie de la liberté. Il y a des analogies entre le poème et celui deTannhaeuser. Beethoven y travailla de 1823 à 1826. (Voir A. Ehrhard,Franz Grillparzer, 1900.)[76]Beethoven avait, depuis 1808, le dessein d’écrire la musique deFaust. (La première partie duFaustvenait de paraître, sous le titre de Tragédie, en automne 1807.) C’était là son projet le plus cher. («Was mir und der Kunst das Hœchste ist.»)[77]«Le Sud de la France! c’est là! c’est là!» (Südliches Frankreich, dahin! dahin!) (carnet de la bibliothèque de Berlin).—«... Partir d’ici. A cette seule condition, tu pourras de nouveau t’élever dans les hautes régions de ton art.... Une symphonie, puis partir, partir, partir.... L’été, travailler pour le voyage.... Parcourir l’Italie, la Sicile avec quelque autre artiste.» (Id.)[78]En 1819, il faillit être poursuivi par la police, pour avoir dit trop haut «qu’après tout, le Christ n’était qu’un Juif crucifié». Il écrivait alors laMesse en ré. C’est assez dire la liberté de ses inspirations religieuses. (Voir, pour les opinions religieuses de Beethoven, Théodor von Frimmel:Beethoven, 3ᵉ éd. Verlag Harmonie; etBeethoveniana, éd. Georg Müller, vol. II, chap. Blöchinger.)—Non moins libre en politique, Beethoven attaquait hardiment les vices de son gouvernement. Il lui reprochait, entre autres choses: l’organisation de la justice, arbitraire et servile, entravée par une longue procédure;—les vexations policières;—la bureaucratie baroque et inerte, qui tuait toute initiative individuelle et paralysait l’action;—les privilèges d’une aristocratie dégénérée, tenace à s’arroger les plus hautes charges de l’État.—Ses sympathies politiques semblaient être alors pour l’Angleterre.[79]Le suicide de son neveu.[80]Voir surla Dernière maladie et la mort de Beethovenun article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 1ᵉʳ et du 15 avril 1906.—On a des renseignements assez précis par lesCahiers de conversation, où sont inscrites les questions du docteur, et par le récit du docteur lui-même (Dʳ Wawruch), paru, sous le titre de:Aerztlicher Rückblick auf L. V. B. letzte Lebenstagedans laWiener Zeitschriften 1842 (daté du 20 mai 1827).Il y eut deux phases dans la maladie: 1º des accidents pulmonaires, qui semblèrent arrêtés après six jours. «Le septième jour, il se sentit assez bien pour se lever, marcher, lire et écrire»;—2º des troubles digestifs, compliqués de troubles de circulation. «Le huitième jour, je le trouvai défait, le corps tout jaune. Un violent accès de diarrhée, compliquée de vomissements, avait failli le tuer dans la nuit.» A partir de ce moment, l’hydropisie se développa.Cette rechute eut des causes morales, qui sont mal connues. «Une violente colère, une souffrance profonde, causée par l’ingratitude dont il avait souffert, et une injure imméritée, avaient occasionné cette explosion, dit le Dʳ Wawruch. Tremblant et frissonnant, il était courbé par la douleur qui déchirait ses entrailles.»Résumant ces diverses observations, le Dʳ Klotz-Forest diagnostique, après une attaque de congestion pulmonaire, la cirrhose atrophique de Laënnec (maladie de foie), avec ascite, et œdème des membres inférieurs. Il croit que l’usage immodéré des boissons spiritueuses y contribua. C’était déjà l’avis du Dʳ Malfatti: «Sedebat et bibebat».[81]Les Souvenirs du chanteur Ludwig Cramolini, qui viennent d’être publiés, racontent une émouvante visite à Beethoven, pendant sa dernière maladie, où Beethoven se montra d’une sérénité et d’une bonté touchantes. (Voir laFrankfurter Zeitungdu 29 septembre 1907.)[82]Les opérations eurent lieu le 20 décembre, le 8 janvier, le 2 février, et le 27 février.—Le pauvre homme, sur son lit de mort, était rongé par les punaises. (Lettre de Gerhard von Breuning.)[83]Le jeune musicien Anselm Hüttenbrenner.«Dieu soit loué!» écrit Breuning. «Remercions-le d’avoir mis fin à ce long et douloureux martyre.»Tous les manuscrits, livres et meubles de Beethoven furent vendus aux enchères pour 1 575 florins. Le catalogue comprenait 252 numéros de manuscrits et de livres musicaux, qui ne dépassèrent pas la somme de 982 florins 37 kreutzer. LesCahiers de conversationet lesTagebücherfurent vendus 1 florin 20 kreutzer.—Parmi ses livres, Beethoven possédait: Kant,Naturgeschichte und Theorie des Himmels;—Bode,Anleitung zur Kenntnis des gestirnten Himmels;—Thomas von Kempis,Nachfolge Christi.—La censure mit la main sur: Seume,Spaziergang nach Syrakus;—Kotzebue,Ueber den Adel;—Fessler,Ansichten von Religion und Kirchentum.[84]«Je suis heureux toutes les fois que je surmonte quelque chose.» (Lettre à l’Immortelle Aimée.)—«Je voudrais vivre mille fois la vie.... Je ne suis pas fait pour une vie tranquille.» (A Wegeler, 16 novembre 1801.)[85]«Beethoven m’enseigna la science de la nature, et me dirigea dans cette étude comme dans celle de la musique. Ce n’étaient pas les lois de la nature, mais sa puissance élémentaire qui l’enchantait.» (Schindler.)[86]«Oh! si belle est la vie; mais la mienne est pour toujoursempoisonnée» (vergiftet). (Lettre du 2 mai 1810, à Wegeler.)[87]Heiligenstadt est un faubourg de Vienne. Beethoven y était en séjour.[88]Le nom a été oublié sur le manuscrit.N. B.—Les mots en italiques sont soulignés dans le texte.[89]Je voudrais, à propos de cette douloureuse plainte, exprimer une remarque, qui, je crois, n’a jamais été faite.—On sait qu’à la fin du second morceau de laSymphonie pastorale, l’orchestre fait entendre le chant du rossignol, du coucou, et de la caille; et on peut dire d’ailleurs que la Symphonie presque tout entière est tissée de chants et de murmures de la Nature. Les esthéticiens ont beaucoup disserté sur la question de savoir si l’on devait ou non approuver ces essais de musique imitative. Aucun n’a remarqué que Beethoven n’imitait rien, puisqu’il n’entendait rien: il recréait dans son esprit un monde qui était mort pour lui. C’est ce qui rend si touchante cette évocation des oiseaux. Le seul moyen qui lui restât de les entendre, était de les faire chanter en lui.[90]Probablement écrit en 1801.[91]Stephan von Breuning.[92]Zmeskall (?). Il était secrétaire aulique à Vienne, et resta dévoué à Beethoven.[93]Op. 18, numéro 1.[94]Nohl, dans son édition desLettres de Beethoven, a supprimé les mots:und den Schöpfer(et le Créateur).[95]Éléonore.[96]Il m’a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de donner les deux lettres suivantes, qui font connaître ces excellentes gens, les plus fidèles amis de Beethoven. Aux amis, on juge l’homme.[97]On remarquera que les amis de ce temps, même quand ils s’aimaient le mieux, étaient d’une affection moins impatiente que la nôtre. Beethoven répond à Wegelerdix moisaprès sa lettre.[98]Beethoven ne se doutait pas qu’il écrivait alors sa dernière œuvre: le secondfinalede son quatuor op. 130. Il était chez son frère, à Gneixendorf, près de Krems, sur le Danube.[99]Duc de la Châtre.[100]Beethoven, près de manquer d’argent, s’était adressé à la Société philharmonique de Londres, et à Moscheles, alors en Angleterre, pour tâcher d’organiser un concert à son bénéfice. La Société eut la générosité de lui envoyer aussitôt cent livres sterling comme acompte. Il en fut ému jusqu’au fond du cœur. «C’était un spectacle déchirant, dit un ami, de le voir, au reçu de cette lettre, joignant les mains, et sanglotant de joie et de reconnaissance.» Dans l’émotion, la blessure de sa plaie se rouvrit. Il voulut encore dicter une lettre de remerciements aux «nobles Anglais, qui avaient pris part à son triste sort»; il leur promettait une œuvre: sa Dixième Symphonie, une Ouverture, tout ce qu’ils voudraient. «Jamais encore, disait-il, je n’ai entrepris une œuvre avec autant d’amour, que je le ferai pour celle-ci.» Cette lettre est du 18 mars. Le 26 il était mort.[101]En français dans le texte, sauf le dernier mot.[102]«Le jeu de Beethoven, comme pianiste n’était pas correct, et sa manière de doigter était souvent fautive; la qualité du son était négligée. Mais qui pouvait songer à l’instrumentiste? On était absorbé par ses pensées, comme ses mains devaient les exprimer, de quelque manière que ce fût.» (Baron de Trémont, 1809.)[103]Les mots soulignés, avec leur orthographe défectueuse, sont en français dans le texte.Nous avons dit plus haut qu’à cette lettre Cherubini ne répondit jamais.

FOOTNOTES:

[1]J. Russel (1822).—Charles Czerny, enfant, qui le vit en 1801, avec une barbe de plusieurs jours et une crinière sauvage, vêtu d’un veston et d’un pantalon en poil de chèvre, crut rencontrer Robinson Crusoé.

[1]J. Russel (1822).—Charles Czerny, enfant, qui le vit en 1801, avec une barbe de plusieurs jours et une crinière sauvage, vêtu d’un veston et d’un pantalon en poil de chèvre, crut rencontrer Robinson Crusoé.

[2]Note du peintre Kloeber, qui fit son portrait vers 1818.

[2]Note du peintre Kloeber, qui fit son portrait vers 1818.

[3]«Ses beaux yeux parlants, dit le docteur W.-C. Müller, tantôt gracieux et tendres, tantôt égarés, menaçants et terribles» (1820).

[3]«Ses beaux yeux parlants, dit le docteur W.-C. Müller, tantôt gracieux et tendres, tantôt égarés, menaçants et terribles» (1820).

[4]Kloeber dit: «d’Ossian». Tous ces détails sont empruntés aux notes d’amis de Beethoven, ou de voyageurs qui le virent,—tels que Czerny, Moscheles, Kloeber, Daniel Amadeus Atterbohm, W.-C. Müller, J. Russel, Julius Benedict, Rochlitz, etc.

[4]Kloeber dit: «d’Ossian». Tous ces détails sont empruntés aux notes d’amis de Beethoven, ou de voyageurs qui le virent,—tels que Czerny, Moscheles, Kloeber, Daniel Amadeus Atterbohm, W.-C. Müller, J. Russel, Julius Benedict, Rochlitz, etc.

[5]Le grand-père Ludwig, l’homme le plus remarquable de la famille, celui à qui Beethoven ressemblait le plus, était né à Anvers, et ne s’établit que vers sa vingtième année à Bonn, où il devint maître de chapelle du prince-électeur.—Il ne faut pas oublier ce fait, si l’on veut comprendre l’indépendance fougueuse de la nature de Beethoven, et tant de traits de son caractère qui ne sont pas proprement allemands.

[5]Le grand-père Ludwig, l’homme le plus remarquable de la famille, celui à qui Beethoven ressemblait le plus, était né à Anvers, et ne s’établit que vers sa vingtième année à Bonn, où il devint maître de chapelle du prince-électeur.—Il ne faut pas oublier ce fait, si l’on veut comprendre l’indépendance fougueuse de la nature de Beethoven, et tant de traits de son caractère qui ne sont pas proprement allemands.

[6]Lettre au docteur Schade, à Augsbourg, 15 septembre 1787 (Nohl,Lettres de Beethoven, II).

[6]Lettre au docteur Schade, à Augsbourg, 15 septembre 1787 (Nohl,Lettres de Beethoven, II).

[7]Il disait plus tard (en 1816): «C’est un pauvre homme, celui qui ne sait pas mourir! Quand je n’avais que quinze ans, je le savais déjà.»

[7]Il disait plus tard (en 1816): «C’est un pauvre homme, celui qui ne sait pas mourir! Quand je n’avais que quinze ans, je le savais déjà.»

[8]Nous citons auxtextesquelques-unes de ces lettres.Beethoven trouva aussi un ami et un guide en l’excellent Christian-Gottlob Neefe, son maître, dont la noblesse morale n’eut pas moins d’influence sur lui que la largeur de son intelligence artistique.

[8]Nous citons auxtextesquelques-unes de ces lettres.

Beethoven trouva aussi un ami et un guide en l’excellent Christian-Gottlob Neefe, son maître, dont la noblesse morale n’eut pas moins d’influence sur lui que la largeur de son intelligence artistique.

[9]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).

[9]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).

[10]Il y avait déjà fait un court voyage, au printemps de 1787. Il vit alors Mozart, qui semble avoir fait peu attention à lui.Haydn, dont il avait fait la connaissance à Bonn, en décembre 1790, lui donna quelques leçons. Beethoven prit aussi pour maîtres Albrechtsberger et Salieri. Le premier lui enseigna le contrepoint et la fugue; le second lui apprit à écrire pour la voix.

[10]Il y avait déjà fait un court voyage, au printemps de 1787. Il vit alors Mozart, qui semble avoir fait peu attention à lui.

Haydn, dont il avait fait la connaissance à Bonn, en décembre 1790, lui donna quelques leçons. Beethoven prit aussi pour maîtres Albrechtsberger et Salieri. Le premier lui enseigna le contrepoint et la fugue; le second lui apprit à écrire pour la voix.

[11]Il débutait à peine. Son premier concert à Vienne comme pianiste, eut lieu le 30 mars 1795.

[11]Il débutait à peine. Son premier concert à Vienne comme pianiste, eut lieu le 30 mars 1795.

[12]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).«Aucun de mes amis ne doit manquer de rien, tant que j’ai quelque chose»,—écrit-il à Ries, vers 1801 (Nohl, XXIV).

[12]A Wegeler, 29 juin 1801 (Nohl, XIV).

«Aucun de mes amis ne doit manquer de rien, tant que j’ai quelque chose»,—écrit-il à Ries, vers 1801 (Nohl, XXIV).

[13]Dans leTestamentde 1802, Beethoven dit qu’il y a six ans que le mal a commencé,—soit, par conséquent, en 1796.—Remarquons en passant que, dans le catalogue de ses œuvres, l’op. 1 seul (trois trios) est antérieur à 1796. L’op. 2, les trois premières sonates pour piano, paraissent en mars 1796. On peut donc dire que l’œuvre entier de Beethoven est de Beethoven sourd.Voir sur la surdité de Beethoven un article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 15 mai 1905.—L’auteur de l’article croit que le mal eut sa source dans une affection générale héréditaire (peut-être dans la phtisie de la mère). Il diagnostique un catarrhe des trompes d’Eustache, en 1796, qui se transforma, vers 1799, en une otite moyenne aiguë. Mal soignée, elle passa à l’état d’otite catarrhale chronique, avec toutes ses conséquences. La surdité augmenta, sans jamais devenir complète. Beethoven percevait les bruits profonds, mieux que les sons élevés. Dans ses dernières années, il se servait, dit-on, d’une baguette de bois, dont une extrémité était placée dans la boîte de son piano, et l’autre entre ses dents. Il usait de ce moyen pour entendre, quand il composait.(Voir sur la même question: C. G. Kunn:Wiener medizinische Wochenschrift, février-mars 1892;—Wilibald Nagel:Die Musik, mars 1902;—Theodor von Frimmel:Der Merker, juillet 1912.)On a conservé au musée Beethoven de Bonn les instruments acoustiques que fabriqua pour Beethoven, vers 1814, le mécanicien Maelzel.

[13]Dans leTestamentde 1802, Beethoven dit qu’il y a six ans que le mal a commencé,—soit, par conséquent, en 1796.—Remarquons en passant que, dans le catalogue de ses œuvres, l’op. 1 seul (trois trios) est antérieur à 1796. L’op. 2, les trois premières sonates pour piano, paraissent en mars 1796. On peut donc dire que l’œuvre entier de Beethoven est de Beethoven sourd.

Voir sur la surdité de Beethoven un article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 15 mai 1905.—L’auteur de l’article croit que le mal eut sa source dans une affection générale héréditaire (peut-être dans la phtisie de la mère). Il diagnostique un catarrhe des trompes d’Eustache, en 1796, qui se transforma, vers 1799, en une otite moyenne aiguë. Mal soignée, elle passa à l’état d’otite catarrhale chronique, avec toutes ses conséquences. La surdité augmenta, sans jamais devenir complète. Beethoven percevait les bruits profonds, mieux que les sons élevés. Dans ses dernières années, il se servait, dit-on, d’une baguette de bois, dont une extrémité était placée dans la boîte de son piano, et l’autre entre ses dents. Il usait de ce moyen pour entendre, quand il composait.

(Voir sur la même question: C. G. Kunn:Wiener medizinische Wochenschrift, février-mars 1892;—Wilibald Nagel:Die Musik, mars 1902;—Theodor von Frimmel:Der Merker, juillet 1912.)

On a conservé au musée Beethoven de Bonn les instruments acoustiques que fabriqua pour Beethoven, vers 1814, le mécanicien Maelzel.

[14]Nohl,Lettres de Beethoven, XIII.

[14]Nohl,Lettres de Beethoven, XIII.

[15]Nohl,Lettres de Beethoven, XIV. (Voir lestextes.)

[15]Nohl,Lettres de Beethoven, XIV. (Voir lestextes.)

[16]A Wegeler, 16 novembre 1801 (Nohl, XVIII).

[16]A Wegeler, 16 novembre 1801 (Nohl, XVIII).

[17]Elle ne craignit pas, dans la suite, d’exploiter l’ancien amour de Beethoven, en faveur de son mari. Beethoven secourut Gallenberg. «Il était mon ennemi: c’était justement la raison pour que je lui fisse tout le bien possible», dit-il à Schindler, dans un de ses cahiers de conversation de 1821. Mais il l’en méprisa davantage. «Arrivée à Vienne, écrit-il en français, elle cherchait moi, pleurant, mais je la méprisais.»

[17]Elle ne craignit pas, dans la suite, d’exploiter l’ancien amour de Beethoven, en faveur de son mari. Beethoven secourut Gallenberg. «Il était mon ennemi: c’était justement la raison pour que je lui fisse tout le bien possible», dit-il à Schindler, dans un de ses cahiers de conversation de 1821. Mais il l’en méprisa davantage. «Arrivée à Vienne, écrit-il en français, elle cherchait moi, pleurant, mais je la méprisais.»

[18]6 octobre 1802 (Nohl, XXVI). Voir auxtextes.

[18]6 octobre 1802 (Nohl, XXVI). Voir auxtextes.

[19]«Recommandez à vos enfants la vertu; elle seule peut rendre heureux, non l’argent. Je parle par expérience. C’est elle qui m’a soutenu dans ma misère; c’est à elle que je dois, ainsi qu’à mon art, de n’avoir pas terminé ma vie par le suicide.» Et dans une autre lettre, du 2 mai 1810, à Wegeler: «Si je n’avais pas lu quelque part que l’homme ne doit pas se séparer volontairement de la vie, aussi longtemps qu’il peut encore accomplir une bonne action, depuis longtemps je ne serais plus—et sans doute par mon propre fait.»

[19]«Recommandez à vos enfants la vertu; elle seule peut rendre heureux, non l’argent. Je parle par expérience. C’est elle qui m’a soutenu dans ma misère; c’est à elle que je dois, ainsi qu’à mon art, de n’avoir pas terminé ma vie par le suicide.» Et dans une autre lettre, du 2 mai 1810, à Wegeler: «Si je n’avais pas lu quelque part que l’homme ne doit pas se séparer volontairement de la vie, aussi longtemps qu’il peut encore accomplir une bonne action, depuis longtemps je ne serais plus—et sans doute par mon propre fait.»

[20]A Wegeler (Nohl, XVIII).

[20]A Wegeler (Nohl, XVIII).

[21]La miniature de Hornemann, qui est de 1802, montre Beethoven mis à la mode de l’époque, avec des favoris, les cheveux à la Titus, l’air fatal d’un héros byronien, mais cette tension de volonté napoléonienne, qui ne désarme jamais.

[21]La miniature de Hornemann, qui est de 1802, montre Beethoven mis à la mode de l’époque, avec des favoris, les cheveux à la Titus, l’air fatal d’un héros byronien, mais cette tension de volonté napoléonienne, qui ne désarme jamais.

[22]On sait que laSymphonie héroïquefut écrite pour et sur Bonaparte, et que le premier manuscrit porte encore le titre:Buonaparte. Sur ces entrefaites, Beethoven apprit le couronnement de Napoléon. Il entra en fureur: «Ce n’est donc qu’un homme ordinaire!» cria-t-il; et dans son indignation, il déchira la dédicace, et écrivit ce titre vengeur et touchant à la fois: «Symphonie héroïque... pour célébrer le souvenir d’un grand Homme.» (Sinfonia eroica... composta per festeggiare il sovvenire di un grand Uomo.) Schindler raconte que dans la suite, il se départit un peu de son mépris pour Napoléon; il ne vit plus en lui qu’un malheureux digne de compassion, un Icare précipité du ciel. Quand il apprit la catastrophe de Sainte-Hélène, en 1821, il dit: «Il y a dix-sept ans que j’ai écrit la musique qui convient à ce triste événement.» Il se plaisait à reconnaître dans laMarche funèbrede sa symphonie un pressentiment de la fin tragique du conquérant.—Il est donc bien probable que laSymphonie héroïque, et surtout son premier morceau, était, dans la pensée de Beethoven, une sorte de portrait de Bonaparte, très différent du modèle, sans doute, mais tel qu’il l’imaginait, et tel qu’il l’eût voulu: le génie de la Révolution. Beethoven reprend d’ailleurs dans le finale de l’Héroïqueune des phrases principales de la partition qu’il avait déjà écrite pour le héros révolutionnaire par excellence, le dieu de la Liberté:Prométhée(1801).

[22]On sait que laSymphonie héroïquefut écrite pour et sur Bonaparte, et que le premier manuscrit porte encore le titre:Buonaparte. Sur ces entrefaites, Beethoven apprit le couronnement de Napoléon. Il entra en fureur: «Ce n’est donc qu’un homme ordinaire!» cria-t-il; et dans son indignation, il déchira la dédicace, et écrivit ce titre vengeur et touchant à la fois: «Symphonie héroïque... pour célébrer le souvenir d’un grand Homme.» (Sinfonia eroica... composta per festeggiare il sovvenire di un grand Uomo.) Schindler raconte que dans la suite, il se départit un peu de son mépris pour Napoléon; il ne vit plus en lui qu’un malheureux digne de compassion, un Icare précipité du ciel. Quand il apprit la catastrophe de Sainte-Hélène, en 1821, il dit: «Il y a dix-sept ans que j’ai écrit la musique qui convient à ce triste événement.» Il se plaisait à reconnaître dans laMarche funèbrede sa symphonie un pressentiment de la fin tragique du conquérant.—Il est donc bien probable que laSymphonie héroïque, et surtout son premier morceau, était, dans la pensée de Beethoven, une sorte de portrait de Bonaparte, très différent du modèle, sans doute, mais tel qu’il l’imaginait, et tel qu’il l’eût voulu: le génie de la Révolution. Beethoven reprend d’ailleurs dans le finale de l’Héroïqueune des phrases principales de la partition qu’il avait déjà écrite pour le héros révolutionnaire par excellence, le dieu de la Liberté:Prométhée(1801).

[23]Robert de Keudell, ancien ambassadeur d’Allemagne à Rome:Bismarck et sa famille, 1901, traduction française de E.-B. Lang.Robert de Keudell joua cette sonate à Bismarck, sur un mauvais piano, le 30 octobre 1870, à Versailles. Bismarck disait de la dernière phrase de l’œuvre: «Ce sont les luttes et les sanglots de toute une vie.» Il préférait Beethoven à tout autre musicien, et, plus d’une fois, affirma: «Beethoven convient le mieux à mes nerfs.»

[23]Robert de Keudell, ancien ambassadeur d’Allemagne à Rome:Bismarck et sa famille, 1901, traduction française de E.-B. Lang.

Robert de Keudell joua cette sonate à Bismarck, sur un mauvais piano, le 30 octobre 1870, à Versailles. Bismarck disait de la dernière phrase de l’œuvre: «Ce sont les luttes et les sanglots de toute une vie.» Il préférait Beethoven à tout autre musicien, et, plus d’une fois, affirma: «Beethoven convient le mieux à mes nerfs.»

[24]La maison de Beethoven était sise près des fortifications de Vienne, que Napoléon fit sauter après la prise de la ville. «Quelle vie sauvage, que de ruines autour de moi!—écrit Beethoven aux éditeurs Breitkopf et Haertel, le 26 juin 1809;—rien que tambours, trompettes, misères de toute sorte!»Un portrait de Beethoven, à cette époque, nous a été laissé par un Français qui le vit à Vienne, en 1809: le baron de Trémont, auditeur au Conseil d’État. Il fait une description pittoresque du désordre qui régnait dans l’appartement de Beethoven. Ils causèrent ensemble de philosophie, de religion, de politique, «et surtout de Shakespeare, son idole». Beethoven était assez disposé à suivre Trémont à Paris, où il savait que le Conservatoire exécutait déjà ses symphonies, et où il avait des admirateurs enthousiastes.—(Voir, dans leMercure musicaldu 1ᵉʳ mai 1906,Une visite à Beethoven, par le baron de Trémont; publié par J. Chantavoine.)

[24]La maison de Beethoven était sise près des fortifications de Vienne, que Napoléon fit sauter après la prise de la ville. «Quelle vie sauvage, que de ruines autour de moi!—écrit Beethoven aux éditeurs Breitkopf et Haertel, le 26 juin 1809;—rien que tambours, trompettes, misères de toute sorte!»

Un portrait de Beethoven, à cette époque, nous a été laissé par un Français qui le vit à Vienne, en 1809: le baron de Trémont, auditeur au Conseil d’État. Il fait une description pittoresque du désordre qui régnait dans l’appartement de Beethoven. Ils causèrent ensemble de philosophie, de religion, de politique, «et surtout de Shakespeare, son idole». Beethoven était assez disposé à suivre Trémont à Paris, où il savait que le Conservatoire exécutait déjà ses symphonies, et où il avait des admirateurs enthousiastes.—(Voir, dans leMercure musicaldu 1ᵉʳ mai 1906,Une visite à Beethoven, par le baron de Trémont; publié par J. Chantavoine.)

[25]Ou plus exactement, Thérèse Brunsvik. Beethoven avait fait la connaissance des Brunsvik à Vienne, entre 1796 et 1799. Giulietta Guicciardi était la cousine de Thérèse. Beethoven semble s’être épris aussi, pendant un temps, d’une sœur de Thérèse, Joséphine, qui épousa le comte Deym, puis en secondes noces le baron Stackelberg.—On trouvera les détails les plus vivants sur la famille Brunsvik dans un article de M. André de Hevesy:Beethoven et l’Immortelle Bien-aimée(Revue de Paris, 1ᵉʳ et 15 mars 1910). M. de Hevesy a utilisé, pour cette étude, les Mémoires manuscrits et les papiers de Thérèse, conservés à Mártonvásár, en Hongrie. Tout en montrant l’intimité affectueuse de Beethoven avec les Brunsvik, il remet en question son amour pour Thérèse. Mais ses arguments ne semblent pas convaincants; et je me réserve de les discuter, quelque jour.

[25]Ou plus exactement, Thérèse Brunsvik. Beethoven avait fait la connaissance des Brunsvik à Vienne, entre 1796 et 1799. Giulietta Guicciardi était la cousine de Thérèse. Beethoven semble s’être épris aussi, pendant un temps, d’une sœur de Thérèse, Joséphine, qui épousa le comte Deym, puis en secondes noces le baron Stackelberg.—On trouvera les détails les plus vivants sur la famille Brunsvik dans un article de M. André de Hevesy:Beethoven et l’Immortelle Bien-aimée(Revue de Paris, 1ᵉʳ et 15 mars 1910). M. de Hevesy a utilisé, pour cette étude, les Mémoires manuscrits et les papiers de Thérèse, conservés à Mártonvásár, en Hongrie. Tout en montrant l’intimité affectueuse de Beethoven avec les Brunsvik, il remet en question son amour pour Thérèse. Mais ses arguments ne semblent pas convaincants; et je me réserve de les discuter, quelque jour.

[26]Mariam Tenger:Beethoven’s unsterbliche Geliebte, Bonn, 1890.

[26]Mariam Tenger:Beethoven’s unsterbliche Geliebte, Bonn, 1890.

[27]C’est l’air admirable qui figure dans l’Album de la femme de J.-S. Bach, Anna Magdalena (1725), sous le titre:Aria di Giovannini. On a discuté son attribution à J.-S. Bach.

[27]C’est l’air admirable qui figure dans l’Album de la femme de J.-S. Bach, Anna Magdalena (1725), sous le titre:Aria di Giovannini. On a discuté son attribution à J.-S. Bach.

[28]Nohl,Vie de Beethoven.

[28]Nohl,Vie de Beethoven.

[29]Beethoven était myope, en effet. Ignaz von Seyfried dit que sa faiblesse de vue avait été causée par la petite vérole, et qu’elle l’obligeait, tout jeune, à porter des lunettes. La myopie devait contribuer au caractère égaré de ses yeux. Ses lettres de 1823-1824 contiennent des plaintes fréquentes au sujet de ses yeux, qui le font souffrir.—Voir les articles de Christian Kalischer:Beethovens Augens und Augenleiden(Die Musik, 15 mars-1ᵉʳ avril 1902).

[29]Beethoven était myope, en effet. Ignaz von Seyfried dit que sa faiblesse de vue avait été causée par la petite vérole, et qu’elle l’obligeait, tout jeune, à porter des lunettes. La myopie devait contribuer au caractère égaré de ses yeux. Ses lettres de 1823-1824 contiennent des plaintes fréquentes au sujet de ses yeux, qui le font souffrir.—Voir les articles de Christian Kalischer:Beethovens Augens und Augenleiden(Die Musik, 15 mars-1ᵉʳ avril 1902).

[30]La musique de scène pour l’Egmontde Gœthe fut commencée en 1809.—Beethoven eût voulu écrire aussi la musique deGuillaume Tell; mais on lui préféra Gyrowetz.

[30]La musique de scène pour l’Egmontde Gœthe fut commencée en 1809.—Beethoven eût voulu écrire aussi la musique deGuillaume Tell; mais on lui préféra Gyrowetz.

[31]Conversation avec Schindler.

[31]Conversation avec Schindler.

[32]Mais écrite, à ce qu’il semble, à Korompa, chez les Brunsvik.

[32]Mais écrite, à ce qu’il semble, à Korompa, chez les Brunsvik.

[33]Nohl,Lettres de Beethoven, XV.

[33]Nohl,Lettres de Beethoven, XV.

[34]Ce portrait se trouve encore aujourd’hui dans la maison de Beethoven, à Bonn. Il est reproduit dans laVie de Beethovenpar Frimmel, p. 29, et dans leMusical Timesdu 15 décembre 1892.

[34]Ce portrait se trouve encore aujourd’hui dans la maison de Beethoven, à Bonn. Il est reproduit dans laVie de Beethovenpar Frimmel, p. 29, et dans leMusical Timesdu 15 décembre 1892.

[35]A Gleichenstein (Nohl,Neue Briefe Beethovens, XXXI).

[35]A Gleichenstein (Nohl,Neue Briefe Beethovens, XXXI).

[36]«Le cœur est le levier de tout ce qu’il y a de grand.» (A Giannatasio del Rio.—Nohl, CLXXX.)

[36]«Le cœur est le levier de tout ce qu’il y a de grand.» (A Giannatasio del Rio.—Nohl, CLXXX.)

[37]«Les poésies de Gœthe me rendent heureux», écrit-il à Bettina Brentano, le 19 février 1811.Et ailleurs:«Gœthe et Schiller sont mes poètes préférés, avec Ossian et Homère, que je ne puis malheureusement lire que dans des traductions.» (A Breitkopf et Haertel, 8 août 1809.—Nohl,Neue Briefe, LIII.)Il est à remarquer combien, malgré son éducation négligée, le goût littéraire de Beethoven était sûr. En dehors de Gœthe, dont il a dit qu’il lui semblait «grand, majestueux, toujours enré majeur», et au-dessus de Gœthe, il aimait trois hommes: Homère, Plutarque et Shakespeare. D’Homère, il préférait l’Odyssée. Il lisait continuellement Shakespeare dans la traduction allemande, et l’on sait avec quelle grandeur tragique il a traduit en musiqueCoriolanetla Tempête. Quant à Plutarque, il s’en nourrissait, comme les hommes de la Révolution. Brutus était son héros, ainsi qu’il fut celui de Michel Ange; il avait sa statuette dans sa chambre. Il aimait Platon, et rêvait d’établir sa République dans le monde entier. «Socrate et Jésus ont été mes modèles», a-t-il dit quelque part. (Conversations de 1819-20.)

[37]«Les poésies de Gœthe me rendent heureux», écrit-il à Bettina Brentano, le 19 février 1811.

Et ailleurs:

«Gœthe et Schiller sont mes poètes préférés, avec Ossian et Homère, que je ne puis malheureusement lire que dans des traductions.» (A Breitkopf et Haertel, 8 août 1809.—Nohl,Neue Briefe, LIII.)

Il est à remarquer combien, malgré son éducation négligée, le goût littéraire de Beethoven était sûr. En dehors de Gœthe, dont il a dit qu’il lui semblait «grand, majestueux, toujours enré majeur», et au-dessus de Gœthe, il aimait trois hommes: Homère, Plutarque et Shakespeare. D’Homère, il préférait l’Odyssée. Il lisait continuellement Shakespeare dans la traduction allemande, et l’on sait avec quelle grandeur tragique il a traduit en musiqueCoriolanetla Tempête. Quant à Plutarque, il s’en nourrissait, comme les hommes de la Révolution. Brutus était son héros, ainsi qu’il fut celui de Michel Ange; il avait sa statuette dans sa chambre. Il aimait Platon, et rêvait d’établir sa République dans le monde entier. «Socrate et Jésus ont été mes modèles», a-t-il dit quelque part. (Conversations de 1819-20.)

[38]A Bettina von Arnim (Nohl, XCI).—L’authenticité des lettres de Beethoven à Bettina, mise en doute par Schindler, Marx et Deiters, a été défendue par Moritz Carriere, Nohl et Kalischer. Bettina a dû les «embellir» un peu; mais le fond paraît exact.

[38]A Bettina von Arnim (Nohl, XCI).—L’authenticité des lettres de Beethoven à Bettina, mise en doute par Schindler, Marx et Deiters, a été défendue par Moritz Carriere, Nohl et Kalischer. Bettina a dû les «embellir» un peu; mais le fond paraît exact.

[39]«Beethoven, disait Gœthe à Zelter, est malheureusement une personnalité tout à fait indomptée; il n’a sans doute pas tort de trouver le monde détestable; mais ce n’est pas le moyen de le rendre agréable pour lui et pour les autres. Il faut l’excuser et le plaindre, car il est sourd.»—Il ne fit rien dans la suite contre Beethoven, mais il ne fit rien pour lui: silence complet sur son œuvre, et jusque sur son nom.—Au fond, il admirait, mais redoutait sa musique: elle le troublait; il craignait qu’elle ne lui fît perdre le calme de l’âme, qu’il avait conquis au prix de tant de peines.—Une lettre du jeune Félix Mendelssohn, qui passa par Weimar en 1830, fait pénétrer innocemment dans les profondeurs de cette âme trouble et passionnée (leidenschaftlicher Sturm und Verworrenheit, comme Gœthe disait lui-même), qu’une intelligence puissante maîtrisait.«... D’abord, écrit Mendelssohn, il ne voulait pas entendre parler de Beethoven; mais il lui fallut en passer par là, et écouter le premier morceau de laSymphonie en ut mineur, qui le remua étrangement. Il n’en voulut rien laisser paraître, et se contenta de me dire: «Cela ne touche point, cela ne fait qu’étonner». Au bout d’un certain temps, il reprit: «C’est grandiose, insensé; on dirait que la maison va s’écrouler». Survint le dîner, pendant lequel il demeura tout pensif, jusqu’au moment où, retombant de nouveau sur Beethoven, il se mit à m’interroger, à m’examiner. Je vis bien que l’effet était produit....»(Sur les rapports de Gœthe et de Beethoven, voir divers articles de Frimmel.)

[39]«Beethoven, disait Gœthe à Zelter, est malheureusement une personnalité tout à fait indomptée; il n’a sans doute pas tort de trouver le monde détestable; mais ce n’est pas le moyen de le rendre agréable pour lui et pour les autres. Il faut l’excuser et le plaindre, car il est sourd.»—Il ne fit rien dans la suite contre Beethoven, mais il ne fit rien pour lui: silence complet sur son œuvre, et jusque sur son nom.—Au fond, il admirait, mais redoutait sa musique: elle le troublait; il craignait qu’elle ne lui fît perdre le calme de l’âme, qu’il avait conquis au prix de tant de peines.—Une lettre du jeune Félix Mendelssohn, qui passa par Weimar en 1830, fait pénétrer innocemment dans les profondeurs de cette âme trouble et passionnée (leidenschaftlicher Sturm und Verworrenheit, comme Gœthe disait lui-même), qu’une intelligence puissante maîtrisait.

«... D’abord, écrit Mendelssohn, il ne voulait pas entendre parler de Beethoven; mais il lui fallut en passer par là, et écouter le premier morceau de laSymphonie en ut mineur, qui le remua étrangement. Il n’en voulut rien laisser paraître, et se contenta de me dire: «Cela ne touche point, cela ne fait qu’étonner». Au bout d’un certain temps, il reprit: «C’est grandiose, insensé; on dirait que la maison va s’écrouler». Survint le dîner, pendant lequel il demeura tout pensif, jusqu’au moment où, retombant de nouveau sur Beethoven, il se mit à m’interroger, à m’examiner. Je vis bien que l’effet était produit....»

(Sur les rapports de Gœthe et de Beethoven, voir divers articles de Frimmel.)

[40]Lettre de Gœthe à Zelter, 2 septembre 1812.—Zelter à Gœthe, 14 septembre 1812: «Auch ich bewundere ihn mit Schrecken.» «Moi aussi, je l’admire avec effroi».—Zelter écrit en 1819 à Gœthe: «On dit qu’il est fou».

[40]Lettre de Gœthe à Zelter, 2 septembre 1812.—Zelter à Gœthe, 14 septembre 1812: «Auch ich bewundere ihn mit Schrecken.» «Moi aussi, je l’admire avec effroi».—Zelter écrit en 1819 à Gœthe: «On dit qu’il est fou».

[41]C’est, en tout cas, un sujet auquel Beethoven a pensé: car nous le trouvons dans ses notes, et, particulièrement, dans ses projets d’uneDixième Symphonie.

[41]C’est, en tout cas, un sujet auquel Beethoven a pensé: car nous le trouvons dans ses notes, et, particulièrement, dans ses projets d’uneDixième Symphonie.

[42]Contemporaine, et peut-être inspiratrice, parfois, de ces œuvres est son intimité très tendre avec la jeune cantatrice berlinoise Amalie Sebald, qu’il connut à Tœplitz, en 1811 et 1812.

[42]Contemporaine, et peut-être inspiratrice, parfois, de ces œuvres est son intimité très tendre avec la jeune cantatrice berlinoise Amalie Sebald, qu’il connut à Tœplitz, en 1811 et 1812.

[43]Bien différent de lui en ceci, Schubert avait écrit en 1807 une œuvre de circonstance, «en l’honneur de Napoléon le Grand», et en dirigea lui-même l’exécution devant l’Empereur.

[43]Bien différent de lui en ceci, Schubert avait écrit en 1807 une œuvre de circonstance, «en l’honneur de Napoléon le Grand», et en dirigea lui-même l’exécution devant l’Empereur.

[44]«Je ne vous dis rien de nos monarques et de leurs monarchies», écrit-il à Kauka pendant le Congrès de Vienne. «Pour moi, l’empire de l’esprit est le plus cher de tous: c’est le premier de tous les royaumes temporels et spirituels.» (Mir ist das geistige Reich das Liebste, und der Oberste aller geistlichen und weltlichen Monarchien.)

[44]«Je ne vous dis rien de nos monarques et de leurs monarchies», écrit-il à Kauka pendant le Congrès de Vienne. «Pour moi, l’empire de l’esprit est le plus cher de tous: c’est le premier de tous les royaumes temporels et spirituels.» (Mir ist das geistige Reich das Liebste, und der Oberste aller geistlichen und weltlichen Monarchien.)

[45]«Vienne, n’est-ce point tout dire?—Toute trace du protestantisme allemand effacée; même l’accent national, perdu, italianisé. L’esprit allemand, les manières et les mœurs allemandes, expliquées par des manuels de provenance italienne et espagnole.... Le pays d’une histoire falsifiée, d’une science falsifiée, d’une religion falsifiée.... Un scepticisme frivole, qui devait ruiner et ensevelir l’amour de la vérité, et de l’honneur, et de l’indépendance!...» (Wagner,Beethoven, 1870.)Grillparzer a écrit que c’était un malheur d’être né Autrichien. Les grands compositeurs allemands de la fin duXIXᵉ siècle, qui ont vécu à Vienne, ont cruellement souffert de l’esprit de cette ville livrée au culte pharisien de Brahms. La vie de Bruckner y fut un long martyre. Hugo Wolf, qui se débattit furieusement, avant de succomber, a exprimé sur Vienne des jugements implacables.

[45]«Vienne, n’est-ce point tout dire?—Toute trace du protestantisme allemand effacée; même l’accent national, perdu, italianisé. L’esprit allemand, les manières et les mœurs allemandes, expliquées par des manuels de provenance italienne et espagnole.... Le pays d’une histoire falsifiée, d’une science falsifiée, d’une religion falsifiée.... Un scepticisme frivole, qui devait ruiner et ensevelir l’amour de la vérité, et de l’honneur, et de l’indépendance!...» (Wagner,Beethoven, 1870.)

Grillparzer a écrit que c’était un malheur d’être né Autrichien. Les grands compositeurs allemands de la fin duXIXᵉ siècle, qui ont vécu à Vienne, ont cruellement souffert de l’esprit de cette ville livrée au culte pharisien de Brahms. La vie de Bruckner y fut un long martyre. Hugo Wolf, qui se débattit furieusement, avant de succomber, a exprimé sur Vienne des jugements implacables.

[46]Le roi Jérôme avait offert à Beethoven un traitement de six cents ducats d’or, sa vie durant, et une indemnité de voyage de cent cinquante ducats d’argent, contre l’unique engagement de jouer quelquefois devant lui, et de diriger ses concerts de musique de chambre, qui ne devaient être ni longs, ni fréquents. (Nohl, XLIX.) Beethoven fut tout près de partir.

[46]Le roi Jérôme avait offert à Beethoven un traitement de six cents ducats d’or, sa vie durant, et une indemnité de voyage de cent cinquante ducats d’argent, contre l’unique engagement de jouer quelquefois devant lui, et de diriger ses concerts de musique de chambre, qui ne devaient être ni longs, ni fréquents. (Nohl, XLIX.) Beethoven fut tout près de partir.

[47]LeTancrèdede Rossini suffit à ébranler tout l’édifice de la musique allemande. Bauernfeld, cité par Ehrhard, note dans sonJournalce jugement qui circulait dans les salons de Vienne, en 1816: «Mozart et Beethoven sont de vieux pédants; la bêtise de l’époque précédente les goûtait; c’est seulement depuis Rossini qu’on sait ce que c’est que la mélodie.Fidelioest une ordure; on ne comprend pas qu’on se donne la peine d’aller s’y ennuyer.»Beethoven donna son dernier concert, comme pianiste, en 1814.

[47]LeTancrèdede Rossini suffit à ébranler tout l’édifice de la musique allemande. Bauernfeld, cité par Ehrhard, note dans sonJournalce jugement qui circulait dans les salons de Vienne, en 1816: «Mozart et Beethoven sont de vieux pédants; la bêtise de l’époque précédente les goûtait; c’est seulement depuis Rossini qu’on sait ce que c’est que la mélodie.Fidelioest une ordure; on ne comprend pas qu’on se donne la peine d’aller s’y ennuyer.»

Beethoven donna son dernier concert, comme pianiste, en 1814.

[48]La même année, Beethoven perdit son frère Carl: «Il tenait beaucoup à la vie, autant que je perdrais volontiers la mienne», écrivait-il à Antonia Brentano.

[48]La même année, Beethoven perdit son frère Carl: «Il tenait beaucoup à la vie, autant que je perdrais volontiers la mienne», écrivait-il à Antonia Brentano.

[49]A part sa touchante amitié avec la comtesse Maria von Erdödy, toujours souffrante comme lui, atteinte d’un mal incurable, et qui perdit subitement en 1816 son fils unique. Beethoven lui dédia, en 1809, ses deux trios, op. 70, et en 1815-1817, ses deux grandes sonates pour violoncelle, op. 102.

[49]A part sa touchante amitié avec la comtesse Maria von Erdödy, toujours souffrante comme lui, atteinte d’un mal incurable, et qui perdit subitement en 1816 son fils unique. Beethoven lui dédia, en 1809, ses deux trios, op. 70, et en 1815-1817, ses deux grandes sonates pour violoncelle, op. 102.

[50]En dehors de la surdité, sa santé empirait de jour en jour. Depuis octobre 1816, il était très malade d’un catarrhe inflammatoire. Pendant l’été de 1817, son médecin lui dit que c’était une maladie de poitrine. Dans l’hiver 1817-1818, il se tourmenta de cette soi-disant phtisie. Puis ce furent des rhumatismes aigus en 1820-1821, une jaunisse en 1821, une conjonctivite en 1823.

[50]En dehors de la surdité, sa santé empirait de jour en jour. Depuis octobre 1816, il était très malade d’un catarrhe inflammatoire. Pendant l’été de 1817, son médecin lui dit que c’était une maladie de poitrine. Dans l’hiver 1817-1818, il se tourmenta de cette soi-disant phtisie. Puis ce furent des rhumatismes aigus en 1820-1821, une jaunisse en 1821, une conjonctivite en 1823.

[51]Remarquer que de cette année date, dans sa musique, un changement de style, inauguré par la sonate op. 101.Les cahiers de conversation de Beethoven, formant plus de 11 000 pages manuscrites, se trouvent réunis aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Berlin.

[51]Remarquer que de cette année date, dans sa musique, un changement de style, inauguré par la sonate op. 101.

Les cahiers de conversation de Beethoven, formant plus de 11 000 pages manuscrites, se trouvent réunis aujourd’hui à la Bibliothèque royale de Berlin.

[52]Schindler, qui devint l’intime de Beethoven, depuis 1819, était entré en relations avec lui dès 1814; mais Beethoven avait eu la plus grande peine à lui accorder son amitié; il le traitait d’abord avec une hauteur méprisante.

[52]Schindler, qui devint l’intime de Beethoven, depuis 1819, était entré en relations avec lui dès 1814; mais Beethoven avait eu la plus grande peine à lui accorder son amitié; il le traitait d’abord avec une hauteur méprisante.

[53]Voir les admirables pages de Wagner sur la surdité de Beethoven. (Beethoven, 1870.)

[53]Voir les admirables pages de Wagner sur la surdité de Beethoven. (Beethoven, 1870.)

[54]Il aimait les bêtes et avait pitié d’elles. La mère de l’historien von Frimmel racontait qu’elle avait conservé longtemps une haine involontaire pour Beethoven, parce que, quand elle était petite fille, il chassait avec son mouchoir tous les papillons qu’elle voulait prendre.

[54]Il aimait les bêtes et avait pitié d’elles. La mère de l’historien von Frimmel racontait qu’elle avait conservé longtemps une haine involontaire pour Beethoven, parce que, quand elle était petite fille, il chassait avec son mouchoir tous les papillons qu’elle voulait prendre.

[55]Il se trouvait toujours mal logé. En trente-cinq ans, il changea trente fois d’appartement, à Vienne.

[55]Il se trouvait toujours mal logé. En trente-cinq ans, il changea trente fois d’appartement, à Vienne.

[56]Beethoven s’était adressé personnellement à Cherubini, qui était «de ses contemporains celui qu’il estimait le plus». (Nohl,Lettres de Beethoven, CCL.) Cherubini ne répondit pas.

[56]Beethoven s’était adressé personnellement à Cherubini, qui était «de ses contemporains celui qu’il estimait le plus». (Nohl,Lettres de Beethoven, CCL.) Cherubini ne répondit pas.

[57]«Je ne me venge jamais, écrit-il ailleurs à Mme Streicher. Quand je suis obligé d’agir contre d’autres hommes, je ne fais que le strict nécessaire pour me défendre, ou pour les empêcher de faire le mal.»

[57]«Je ne me venge jamais, écrit-il ailleurs à Mme Streicher. Quand je suis obligé d’agir contre d’autres hommes, je ne fais que le strict nécessaire pour me défendre, ou pour les empêcher de faire le mal.»

[58]Nohl, CCCXLIII.

[58]Nohl, CCCXLIII.

[59]Nohl, CCCXIV.

[59]Nohl, CCCXIV.

[60]Nohl, CCCLXX.

[60]Nohl, CCCLXX.

[61]Nohl, CCCLXII-LXVII. Une lettre, que vient de retrouver à Berlin M. Kalischer, montre avec quelle passion Beethoven voulait faire de son neveu «un citoyen utile à l’État» (1ᵉʳ février 1819).

[61]Nohl, CCCLXII-LXVII. Une lettre, que vient de retrouver à Berlin M. Kalischer, montre avec quelle passion Beethoven voulait faire de son neveu «un citoyen utile à l’État» (1ᵉʳ février 1819).

[62]Schindler, qui le vit alors, dit qu’il devint, subitement, comme un vieillard de soixante-dix ans, brisé, sans force, sans volonté. Il serait mort, si Charles était mort.—Il mourut peu de mois après.

[62]Schindler, qui le vit alors, dit qu’il devint, subitement, comme un vieillard de soixante-dix ans, brisé, sans force, sans volonté. Il serait mort, si Charles était mort.—Il mourut peu de mois après.

[63]Le dilettantisme de notre temps n’a pas manqué de chercher à réhabiliter ce drôle. Cela ne peut surprendre.

[63]Le dilettantisme de notre temps n’a pas manqué de chercher à réhabiliter ce drôle. Cela ne peut surprendre.

[64]Lettre de Fischenich à Charlotte Schiller (janvier 1793). L’ode de Schiller avait été écrite en 1785.—Le thème actuel apparaît en 1808, dans laFantaisie pour piano, orchestre et chœur, op. 80, et en 1810, dans leLied, sur des paroles de Gœthe:Kleine Blumen, kleine Blætter.—J’ai vu dans un cahier de notes de 1812, appartenant au Dʳ Erich Prieger, à Bonn, entre les esquisses de laSeptième Symphonieet un projet d’ouverture de Macbeth, un essai d’adaptation des paroles de Schiller au thème qu’il utilisa plus tard dans l’ouverture op. 115 (Namensfeier).—Quelques-uns des motifs instrumentaux de laNeuvième Symphoniese montrent avant 1815. Enfin, le thème définitif de la Joie est noté en 1822, ainsi que tous les autres airs de la Symphonie, sauf letrio, qui vient peu après, puis l’andante moderato, et enfin l’adagio, qui paraît le dernier.Sur le poème de Schiller, et sur la fausse interprétation qu’on en a voulu donner, de notre temps, en substituant au motFreude(Joie) le motFreiheit(Liberté), voir un article de Charles Andler dansPages Libres(8 juillet 1905).

[64]Lettre de Fischenich à Charlotte Schiller (janvier 1793). L’ode de Schiller avait été écrite en 1785.—Le thème actuel apparaît en 1808, dans laFantaisie pour piano, orchestre et chœur, op. 80, et en 1810, dans leLied, sur des paroles de Gœthe:Kleine Blumen, kleine Blætter.—J’ai vu dans un cahier de notes de 1812, appartenant au Dʳ Erich Prieger, à Bonn, entre les esquisses de laSeptième Symphonieet un projet d’ouverture de Macbeth, un essai d’adaptation des paroles de Schiller au thème qu’il utilisa plus tard dans l’ouverture op. 115 (Namensfeier).—Quelques-uns des motifs instrumentaux de laNeuvième Symphoniese montrent avant 1815. Enfin, le thème définitif de la Joie est noté en 1822, ainsi que tous les autres airs de la Symphonie, sauf letrio, qui vient peu après, puis l’andante moderato, et enfin l’adagio, qui paraît le dernier.

Sur le poème de Schiller, et sur la fausse interprétation qu’on en a voulu donner, de notre temps, en substituant au motFreude(Joie) le motFreiheit(Liberté), voir un article de Charles Andler dansPages Libres(8 juillet 1905).

[65]Bibliothèque de Berlin.

[65]Bibliothèque de Berlin.

[66]Also ganz so als ständen Worte darunter.(«Tout à fait comme s’il y avait des paroles dessous.»)

[66]Also ganz so als ständen Worte darunter.(«Tout à fait comme s’il y avait des paroles dessous.»)

[67]LaMesse en ré, op. 123.

[67]LaMesse en ré, op. 123.

[68]Beethoven, harassé par les tracas domestiques, la misère, les soucis de tout genre, n’écrivit en cinq ans, de 1816 à 1821, que trois œuvres pour piano (op. 101, 102, 106). Ses ennemis le disaient épuisé. Il se remit au travail en 1821.

[68]Beethoven, harassé par les tracas domestiques, la misère, les soucis de tout genre, n’écrivit en cinq ans, de 1816 à 1821, que trois œuvres pour piano (op. 101, 102, 106). Ses ennemis le disaient épuisé. Il se remit au travail en 1821.

[69]Février 1824. Signèrent: prince C. Lichnowski, comte Maurice Lichnowski, comte Maurice de Fries, comte M. de Dietrichstein, comte F. de Palfy, comte Czernin, Ignace Edler de Mosel, Charles Czerny, abbé Stadler, A. Diabelli, Artaria et C., Steiner et C., A. Streicher, Zmeskall, Kiesewetter, etc.

[69]Février 1824. Signèrent: prince C. Lichnowski, comte Maurice Lichnowski, comte Maurice de Fries, comte M. de Dietrichstein, comte F. de Palfy, comte Czernin, Ignace Edler de Mosel, Charles Czerny, abbé Stadler, A. Diabelli, Artaria et C., Steiner et C., A. Streicher, Zmeskall, Kiesewetter, etc.

[70]«Mon caractère moral est reconnu publiquement»,—dit fièrement Beethoven à la municipalité de Vienne, le 1ᵉʳ février 1819, pour revendiquer son droit de tutelle sur son neveu. «Même des écrivains distingués, comme Weissenbach, ont jugé qu’il valait la peine de lui consacrer des écrits.»

[70]«Mon caractère moral est reconnu publiquement»,—dit fièrement Beethoven à la municipalité de Vienne, le 1ᵉʳ février 1819, pour revendiquer son droit de tutelle sur son neveu. «Même des écrivains distingués, comme Weissenbach, ont jugé qu’il valait la peine de lui consacrer des écrits.»

[71]En août 1824, il était hanté de la crainte de mourir brusquement d’une attaque, «comme mon cher grand-père, avec qui j’ai tant de ressemblance», écrit-il, le 16 août 1824, au docteur Bach.Il souffrait beaucoup de l’estomac. Il fut très mal pendant l’hiver de 1824-1825. En mai 1825, il eut des crachements de sang, et des saignements de nez. Le 9 juin 1825, il écrit à son neveu: «Ma faiblesse touche souvent à l’extrême.... L’homme à la faux ne tardera pas à venir.»

[71]En août 1824, il était hanté de la crainte de mourir brusquement d’une attaque, «comme mon cher grand-père, avec qui j’ai tant de ressemblance», écrit-il, le 16 août 1824, au docteur Bach.

Il souffrait beaucoup de l’estomac. Il fut très mal pendant l’hiver de 1824-1825. En mai 1825, il eut des crachements de sang, et des saignements de nez. Le 9 juin 1825, il écrit à son neveu: «Ma faiblesse touche souvent à l’extrême.... L’homme à la faux ne tardera pas à venir.»

[72]LaNeuvième Symphoniefut exécutée pour la première fois, en Allemagne, à Francfort, le 1ᵉʳ avril 1825; à Londres, dès le 25 mars 1825; à Paris, au Conservatoire, le 27 mars 1831. Mendelssohn, âgé de dix-sept ans, en donna une audition sur le piano, à la Jaegerhalle de Berlin, le 14 novembre 1826. Wagner, étudiant à Leipzig, la recopia tout entière de sa main; et, dans une lettre du 6 octobre 1830 à l’éditeur Schott, il lui offre une réduction de la symphonie, pour piano à deux mains. On peut dire que laNeuvième Symphoniedécida de la vie de Wagner.

[72]LaNeuvième Symphoniefut exécutée pour la première fois, en Allemagne, à Francfort, le 1ᵉʳ avril 1825; à Londres, dès le 25 mars 1825; à Paris, au Conservatoire, le 27 mars 1831. Mendelssohn, âgé de dix-sept ans, en donna une audition sur le piano, à la Jaegerhalle de Berlin, le 14 novembre 1826. Wagner, étudiant à Leipzig, la recopia tout entière de sa main; et, dans une lettre du 6 octobre 1830 à l’éditeur Schott, il lui offre une réduction de la symphonie, pour piano à deux mains. On peut dire que laNeuvième Symphoniedécida de la vie de Wagner.

[73]«Apollon et les Muses ne voudront pas me livrer déjà à la mort; car je leur dois tant encore! Il faut qu’avant mon départ pour les Champs-Élysées, je laisse après moi ce que l’Esprit m’inspire et me dit d’achever. Il me semble que j’ai à peine écrit quelques notes.» (Aux frères Schott, 17 septembre 1824.—Nohl,Neue Briefe, CCLXXII.)

[73]«Apollon et les Muses ne voudront pas me livrer déjà à la mort; car je leur dois tant encore! Il faut qu’avant mon départ pour les Champs-Élysées, je laisse après moi ce que l’Esprit m’inspire et me dit d’achever. Il me semble que j’ai à peine écrit quelques notes.» (Aux frères Schott, 17 septembre 1824.—Nohl,Neue Briefe, CCLXXII.)

[74]Beethoven écrit à Moscheles, le 18 mars 1827: «Une Symphonie entièrement esquissée est dans mon pupitre, avec une nouvelle ouverture.» Cette esquisse n’a jamais été retrouvée.—On lit seulement dans ses notes:«Adagio cantique.—Chant religieux pour une symphonie dans les anciens modes (Herr Gott dich loben wir.—Alleluja), soit d’une façon indépendante, soit comme introduction à une fugue. Cette symphonie pourrait être caractérisée par l’entrée des voix, soit dans lefinale, soit dès l’adagio. Les violons de l’orchestre, etc., décuplés pour les derniers mouvements. Faire entrer les voix une à une; ou répéter en quelque sorte l’adagio, dans les derniers mouvements. Pour texte de l’adagio, un mythe grec, [ou] un cantique ecclésiastique, dans l’allegro, fête à Bacchus.» (1818)Comme on voit, la conclusion chorale était alors réservée pour laDixièmeet non pour laNeuvième Symphonie.Plus tard, il dit qu’il veut accomplir dans saDixième Symphonie«la réconciliation du monde moderne avec le monde antique, ce que Gœthe avait tenté dans sonSecond Faust».

[74]Beethoven écrit à Moscheles, le 18 mars 1827: «Une Symphonie entièrement esquissée est dans mon pupitre, avec une nouvelle ouverture.» Cette esquisse n’a jamais été retrouvée.—On lit seulement dans ses notes:

«Adagio cantique.—Chant religieux pour une symphonie dans les anciens modes (Herr Gott dich loben wir.—Alleluja), soit d’une façon indépendante, soit comme introduction à une fugue. Cette symphonie pourrait être caractérisée par l’entrée des voix, soit dans lefinale, soit dès l’adagio. Les violons de l’orchestre, etc., décuplés pour les derniers mouvements. Faire entrer les voix une à une; ou répéter en quelque sorte l’adagio, dans les derniers mouvements. Pour texte de l’adagio, un mythe grec, [ou] un cantique ecclésiastique, dans l’allegro, fête à Bacchus.» (1818)

Comme on voit, la conclusion chorale était alors réservée pour laDixièmeet non pour laNeuvième Symphonie.

Plus tard, il dit qu’il veut accomplir dans saDixième Symphonie«la réconciliation du monde moderne avec le monde antique, ce que Gœthe avait tenté dans sonSecond Faust».

[75]Le sujet est la légende d’un chevalier, qui est amoureux et captif d’une fée, et qui souffre de la nostalgie de la liberté. Il y a des analogies entre le poème et celui deTannhaeuser. Beethoven y travailla de 1823 à 1826. (Voir A. Ehrhard,Franz Grillparzer, 1900.)

[75]Le sujet est la légende d’un chevalier, qui est amoureux et captif d’une fée, et qui souffre de la nostalgie de la liberté. Il y a des analogies entre le poème et celui deTannhaeuser. Beethoven y travailla de 1823 à 1826. (Voir A. Ehrhard,Franz Grillparzer, 1900.)

[76]Beethoven avait, depuis 1808, le dessein d’écrire la musique deFaust. (La première partie duFaustvenait de paraître, sous le titre de Tragédie, en automne 1807.) C’était là son projet le plus cher. («Was mir und der Kunst das Hœchste ist.»)

[76]Beethoven avait, depuis 1808, le dessein d’écrire la musique deFaust. (La première partie duFaustvenait de paraître, sous le titre de Tragédie, en automne 1807.) C’était là son projet le plus cher. («Was mir und der Kunst das Hœchste ist.»)

[77]«Le Sud de la France! c’est là! c’est là!» (Südliches Frankreich, dahin! dahin!) (carnet de la bibliothèque de Berlin).—«... Partir d’ici. A cette seule condition, tu pourras de nouveau t’élever dans les hautes régions de ton art.... Une symphonie, puis partir, partir, partir.... L’été, travailler pour le voyage.... Parcourir l’Italie, la Sicile avec quelque autre artiste.» (Id.)

[77]«Le Sud de la France! c’est là! c’est là!» (Südliches Frankreich, dahin! dahin!) (carnet de la bibliothèque de Berlin).—«... Partir d’ici. A cette seule condition, tu pourras de nouveau t’élever dans les hautes régions de ton art.... Une symphonie, puis partir, partir, partir.... L’été, travailler pour le voyage.... Parcourir l’Italie, la Sicile avec quelque autre artiste.» (Id.)

[78]En 1819, il faillit être poursuivi par la police, pour avoir dit trop haut «qu’après tout, le Christ n’était qu’un Juif crucifié». Il écrivait alors laMesse en ré. C’est assez dire la liberté de ses inspirations religieuses. (Voir, pour les opinions religieuses de Beethoven, Théodor von Frimmel:Beethoven, 3ᵉ éd. Verlag Harmonie; etBeethoveniana, éd. Georg Müller, vol. II, chap. Blöchinger.)—Non moins libre en politique, Beethoven attaquait hardiment les vices de son gouvernement. Il lui reprochait, entre autres choses: l’organisation de la justice, arbitraire et servile, entravée par une longue procédure;—les vexations policières;—la bureaucratie baroque et inerte, qui tuait toute initiative individuelle et paralysait l’action;—les privilèges d’une aristocratie dégénérée, tenace à s’arroger les plus hautes charges de l’État.—Ses sympathies politiques semblaient être alors pour l’Angleterre.

[78]En 1819, il faillit être poursuivi par la police, pour avoir dit trop haut «qu’après tout, le Christ n’était qu’un Juif crucifié». Il écrivait alors laMesse en ré. C’est assez dire la liberté de ses inspirations religieuses. (Voir, pour les opinions religieuses de Beethoven, Théodor von Frimmel:Beethoven, 3ᵉ éd. Verlag Harmonie; etBeethoveniana, éd. Georg Müller, vol. II, chap. Blöchinger.)—Non moins libre en politique, Beethoven attaquait hardiment les vices de son gouvernement. Il lui reprochait, entre autres choses: l’organisation de la justice, arbitraire et servile, entravée par une longue procédure;—les vexations policières;—la bureaucratie baroque et inerte, qui tuait toute initiative individuelle et paralysait l’action;—les privilèges d’une aristocratie dégénérée, tenace à s’arroger les plus hautes charges de l’État.—Ses sympathies politiques semblaient être alors pour l’Angleterre.

[79]Le suicide de son neveu.

[79]Le suicide de son neveu.

[80]Voir surla Dernière maladie et la mort de Beethovenun article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 1ᵉʳ et du 15 avril 1906.—On a des renseignements assez précis par lesCahiers de conversation, où sont inscrites les questions du docteur, et par le récit du docteur lui-même (Dʳ Wawruch), paru, sous le titre de:Aerztlicher Rückblick auf L. V. B. letzte Lebenstagedans laWiener Zeitschriften 1842 (daté du 20 mai 1827).Il y eut deux phases dans la maladie: 1º des accidents pulmonaires, qui semblèrent arrêtés après six jours. «Le septième jour, il se sentit assez bien pour se lever, marcher, lire et écrire»;—2º des troubles digestifs, compliqués de troubles de circulation. «Le huitième jour, je le trouvai défait, le corps tout jaune. Un violent accès de diarrhée, compliquée de vomissements, avait failli le tuer dans la nuit.» A partir de ce moment, l’hydropisie se développa.Cette rechute eut des causes morales, qui sont mal connues. «Une violente colère, une souffrance profonde, causée par l’ingratitude dont il avait souffert, et une injure imméritée, avaient occasionné cette explosion, dit le Dʳ Wawruch. Tremblant et frissonnant, il était courbé par la douleur qui déchirait ses entrailles.»Résumant ces diverses observations, le Dʳ Klotz-Forest diagnostique, après une attaque de congestion pulmonaire, la cirrhose atrophique de Laënnec (maladie de foie), avec ascite, et œdème des membres inférieurs. Il croit que l’usage immodéré des boissons spiritueuses y contribua. C’était déjà l’avis du Dʳ Malfatti: «Sedebat et bibebat».

[80]Voir surla Dernière maladie et la mort de Beethovenun article du Dʳ Klotz-Forest, dans laChronique médicaledu 1ᵉʳ et du 15 avril 1906.—On a des renseignements assez précis par lesCahiers de conversation, où sont inscrites les questions du docteur, et par le récit du docteur lui-même (Dʳ Wawruch), paru, sous le titre de:Aerztlicher Rückblick auf L. V. B. letzte Lebenstagedans laWiener Zeitschriften 1842 (daté du 20 mai 1827).

Il y eut deux phases dans la maladie: 1º des accidents pulmonaires, qui semblèrent arrêtés après six jours. «Le septième jour, il se sentit assez bien pour se lever, marcher, lire et écrire»;—2º des troubles digestifs, compliqués de troubles de circulation. «Le huitième jour, je le trouvai défait, le corps tout jaune. Un violent accès de diarrhée, compliquée de vomissements, avait failli le tuer dans la nuit.» A partir de ce moment, l’hydropisie se développa.

Cette rechute eut des causes morales, qui sont mal connues. «Une violente colère, une souffrance profonde, causée par l’ingratitude dont il avait souffert, et une injure imméritée, avaient occasionné cette explosion, dit le Dʳ Wawruch. Tremblant et frissonnant, il était courbé par la douleur qui déchirait ses entrailles.»

Résumant ces diverses observations, le Dʳ Klotz-Forest diagnostique, après une attaque de congestion pulmonaire, la cirrhose atrophique de Laënnec (maladie de foie), avec ascite, et œdème des membres inférieurs. Il croit que l’usage immodéré des boissons spiritueuses y contribua. C’était déjà l’avis du Dʳ Malfatti: «Sedebat et bibebat».

[81]Les Souvenirs du chanteur Ludwig Cramolini, qui viennent d’être publiés, racontent une émouvante visite à Beethoven, pendant sa dernière maladie, où Beethoven se montra d’une sérénité et d’une bonté touchantes. (Voir laFrankfurter Zeitungdu 29 septembre 1907.)

[81]Les Souvenirs du chanteur Ludwig Cramolini, qui viennent d’être publiés, racontent une émouvante visite à Beethoven, pendant sa dernière maladie, où Beethoven se montra d’une sérénité et d’une bonté touchantes. (Voir laFrankfurter Zeitungdu 29 septembre 1907.)

[82]Les opérations eurent lieu le 20 décembre, le 8 janvier, le 2 février, et le 27 février.—Le pauvre homme, sur son lit de mort, était rongé par les punaises. (Lettre de Gerhard von Breuning.)

[82]Les opérations eurent lieu le 20 décembre, le 8 janvier, le 2 février, et le 27 février.—Le pauvre homme, sur son lit de mort, était rongé par les punaises. (Lettre de Gerhard von Breuning.)

[83]Le jeune musicien Anselm Hüttenbrenner.«Dieu soit loué!» écrit Breuning. «Remercions-le d’avoir mis fin à ce long et douloureux martyre.»Tous les manuscrits, livres et meubles de Beethoven furent vendus aux enchères pour 1 575 florins. Le catalogue comprenait 252 numéros de manuscrits et de livres musicaux, qui ne dépassèrent pas la somme de 982 florins 37 kreutzer. LesCahiers de conversationet lesTagebücherfurent vendus 1 florin 20 kreutzer.—Parmi ses livres, Beethoven possédait: Kant,Naturgeschichte und Theorie des Himmels;—Bode,Anleitung zur Kenntnis des gestirnten Himmels;—Thomas von Kempis,Nachfolge Christi.—La censure mit la main sur: Seume,Spaziergang nach Syrakus;—Kotzebue,Ueber den Adel;—Fessler,Ansichten von Religion und Kirchentum.

[83]Le jeune musicien Anselm Hüttenbrenner.

«Dieu soit loué!» écrit Breuning. «Remercions-le d’avoir mis fin à ce long et douloureux martyre.»

Tous les manuscrits, livres et meubles de Beethoven furent vendus aux enchères pour 1 575 florins. Le catalogue comprenait 252 numéros de manuscrits et de livres musicaux, qui ne dépassèrent pas la somme de 982 florins 37 kreutzer. LesCahiers de conversationet lesTagebücherfurent vendus 1 florin 20 kreutzer.—Parmi ses livres, Beethoven possédait: Kant,Naturgeschichte und Theorie des Himmels;—Bode,Anleitung zur Kenntnis des gestirnten Himmels;—Thomas von Kempis,Nachfolge Christi.—La censure mit la main sur: Seume,Spaziergang nach Syrakus;—Kotzebue,Ueber den Adel;—Fessler,Ansichten von Religion und Kirchentum.

[84]«Je suis heureux toutes les fois que je surmonte quelque chose.» (Lettre à l’Immortelle Aimée.)—«Je voudrais vivre mille fois la vie.... Je ne suis pas fait pour une vie tranquille.» (A Wegeler, 16 novembre 1801.)

[84]«Je suis heureux toutes les fois que je surmonte quelque chose.» (Lettre à l’Immortelle Aimée.)—«Je voudrais vivre mille fois la vie.... Je ne suis pas fait pour une vie tranquille.» (A Wegeler, 16 novembre 1801.)

[85]«Beethoven m’enseigna la science de la nature, et me dirigea dans cette étude comme dans celle de la musique. Ce n’étaient pas les lois de la nature, mais sa puissance élémentaire qui l’enchantait.» (Schindler.)

[85]«Beethoven m’enseigna la science de la nature, et me dirigea dans cette étude comme dans celle de la musique. Ce n’étaient pas les lois de la nature, mais sa puissance élémentaire qui l’enchantait.» (Schindler.)

[86]«Oh! si belle est la vie; mais la mienne est pour toujoursempoisonnée» (vergiftet). (Lettre du 2 mai 1810, à Wegeler.)

[86]«Oh! si belle est la vie; mais la mienne est pour toujoursempoisonnée» (vergiftet). (Lettre du 2 mai 1810, à Wegeler.)

[87]Heiligenstadt est un faubourg de Vienne. Beethoven y était en séjour.

[87]Heiligenstadt est un faubourg de Vienne. Beethoven y était en séjour.

[88]Le nom a été oublié sur le manuscrit.N. B.—Les mots en italiques sont soulignés dans le texte.

[88]Le nom a été oublié sur le manuscrit.

N. B.—Les mots en italiques sont soulignés dans le texte.

[89]Je voudrais, à propos de cette douloureuse plainte, exprimer une remarque, qui, je crois, n’a jamais été faite.—On sait qu’à la fin du second morceau de laSymphonie pastorale, l’orchestre fait entendre le chant du rossignol, du coucou, et de la caille; et on peut dire d’ailleurs que la Symphonie presque tout entière est tissée de chants et de murmures de la Nature. Les esthéticiens ont beaucoup disserté sur la question de savoir si l’on devait ou non approuver ces essais de musique imitative. Aucun n’a remarqué que Beethoven n’imitait rien, puisqu’il n’entendait rien: il recréait dans son esprit un monde qui était mort pour lui. C’est ce qui rend si touchante cette évocation des oiseaux. Le seul moyen qui lui restât de les entendre, était de les faire chanter en lui.

[89]Je voudrais, à propos de cette douloureuse plainte, exprimer une remarque, qui, je crois, n’a jamais été faite.—On sait qu’à la fin du second morceau de laSymphonie pastorale, l’orchestre fait entendre le chant du rossignol, du coucou, et de la caille; et on peut dire d’ailleurs que la Symphonie presque tout entière est tissée de chants et de murmures de la Nature. Les esthéticiens ont beaucoup disserté sur la question de savoir si l’on devait ou non approuver ces essais de musique imitative. Aucun n’a remarqué que Beethoven n’imitait rien, puisqu’il n’entendait rien: il recréait dans son esprit un monde qui était mort pour lui. C’est ce qui rend si touchante cette évocation des oiseaux. Le seul moyen qui lui restât de les entendre, était de les faire chanter en lui.

[90]Probablement écrit en 1801.

[90]Probablement écrit en 1801.

[91]Stephan von Breuning.

[91]Stephan von Breuning.

[92]Zmeskall (?). Il était secrétaire aulique à Vienne, et resta dévoué à Beethoven.

[92]Zmeskall (?). Il était secrétaire aulique à Vienne, et resta dévoué à Beethoven.

[93]Op. 18, numéro 1.

[93]Op. 18, numéro 1.

[94]Nohl, dans son édition desLettres de Beethoven, a supprimé les mots:und den Schöpfer(et le Créateur).

[94]Nohl, dans son édition desLettres de Beethoven, a supprimé les mots:und den Schöpfer(et le Créateur).

[95]Éléonore.

[95]Éléonore.

[96]Il m’a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de donner les deux lettres suivantes, qui font connaître ces excellentes gens, les plus fidèles amis de Beethoven. Aux amis, on juge l’homme.

[96]Il m’a semblé qu’il n’était pas sans intérêt de donner les deux lettres suivantes, qui font connaître ces excellentes gens, les plus fidèles amis de Beethoven. Aux amis, on juge l’homme.

[97]On remarquera que les amis de ce temps, même quand ils s’aimaient le mieux, étaient d’une affection moins impatiente que la nôtre. Beethoven répond à Wegelerdix moisaprès sa lettre.

[97]On remarquera que les amis de ce temps, même quand ils s’aimaient le mieux, étaient d’une affection moins impatiente que la nôtre. Beethoven répond à Wegelerdix moisaprès sa lettre.

[98]Beethoven ne se doutait pas qu’il écrivait alors sa dernière œuvre: le secondfinalede son quatuor op. 130. Il était chez son frère, à Gneixendorf, près de Krems, sur le Danube.

[98]Beethoven ne se doutait pas qu’il écrivait alors sa dernière œuvre: le secondfinalede son quatuor op. 130. Il était chez son frère, à Gneixendorf, près de Krems, sur le Danube.

[99]Duc de la Châtre.

[99]Duc de la Châtre.

[100]Beethoven, près de manquer d’argent, s’était adressé à la Société philharmonique de Londres, et à Moscheles, alors en Angleterre, pour tâcher d’organiser un concert à son bénéfice. La Société eut la générosité de lui envoyer aussitôt cent livres sterling comme acompte. Il en fut ému jusqu’au fond du cœur. «C’était un spectacle déchirant, dit un ami, de le voir, au reçu de cette lettre, joignant les mains, et sanglotant de joie et de reconnaissance.» Dans l’émotion, la blessure de sa plaie se rouvrit. Il voulut encore dicter une lettre de remerciements aux «nobles Anglais, qui avaient pris part à son triste sort»; il leur promettait une œuvre: sa Dixième Symphonie, une Ouverture, tout ce qu’ils voudraient. «Jamais encore, disait-il, je n’ai entrepris une œuvre avec autant d’amour, que je le ferai pour celle-ci.» Cette lettre est du 18 mars. Le 26 il était mort.

[100]Beethoven, près de manquer d’argent, s’était adressé à la Société philharmonique de Londres, et à Moscheles, alors en Angleterre, pour tâcher d’organiser un concert à son bénéfice. La Société eut la générosité de lui envoyer aussitôt cent livres sterling comme acompte. Il en fut ému jusqu’au fond du cœur. «C’était un spectacle déchirant, dit un ami, de le voir, au reçu de cette lettre, joignant les mains, et sanglotant de joie et de reconnaissance.» Dans l’émotion, la blessure de sa plaie se rouvrit. Il voulut encore dicter une lettre de remerciements aux «nobles Anglais, qui avaient pris part à son triste sort»; il leur promettait une œuvre: sa Dixième Symphonie, une Ouverture, tout ce qu’ils voudraient. «Jamais encore, disait-il, je n’ai entrepris une œuvre avec autant d’amour, que je le ferai pour celle-ci.» Cette lettre est du 18 mars. Le 26 il était mort.

[101]En français dans le texte, sauf le dernier mot.

[101]En français dans le texte, sauf le dernier mot.

[102]«Le jeu de Beethoven, comme pianiste n’était pas correct, et sa manière de doigter était souvent fautive; la qualité du son était négligée. Mais qui pouvait songer à l’instrumentiste? On était absorbé par ses pensées, comme ses mains devaient les exprimer, de quelque manière que ce fût.» (Baron de Trémont, 1809.)

[102]«Le jeu de Beethoven, comme pianiste n’était pas correct, et sa manière de doigter était souvent fautive; la qualité du son était négligée. Mais qui pouvait songer à l’instrumentiste? On était absorbé par ses pensées, comme ses mains devaient les exprimer, de quelque manière que ce fût.» (Baron de Trémont, 1809.)

[103]Les mots soulignés, avec leur orthographe défectueuse, sont en français dans le texte.Nous avons dit plus haut qu’à cette lettre Cherubini ne répondit jamais.

[103]Les mots soulignés, avec leur orthographe défectueuse, sont en français dans le texte.

Nous avons dit plus haut qu’à cette lettre Cherubini ne répondit jamais.


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