[1]Lechapitre IVcomprend les feuillets 60 à 74.—Écrit les 1eret 2 décembre 1835.
[1]Lechapitre IVcomprend les feuillets 60 à 74.—Écrit les 1eret 2 décembre 1835.
[2]...les circonstances de la mort d'une personne si chère.—En surcharge: «Je remplirais des volumes si j'entreprenais de décrire tous les souvenirs enchanteurs des choses que j'ai vues ou avec ma mère, ou de son temps.» Ni le premier texte, ni celui-ci, ne conviennent absolument. Nous conservons la première leçon de Stendhal, qui n'a pas été rayée par lui, et qui correspond mieux au contexte.—Henriette Gagnon, mère de Stendhal, mourut le 23 novembre 1790.
[2]...les circonstances de la mort d'une personne si chère.—En surcharge: «Je remplirais des volumes si j'entreprenais de décrire tous les souvenirs enchanteurs des choses que j'ai vues ou avec ma mère, ou de son temps.» Ni le premier texte, ni celui-ci, ne conviennent absolument. Nous conservons la première leçon de Stendhal, qui n'a pas été rayée par lui, et qui correspond mieux au contexte.—Henriette Gagnon, mère de Stendhal, mourut le 23 novembre 1790.
[3]...jusqu'à l'an1349.—Une partie de la date est en blanc.—Le Dauphiné fut cédé au roi de France Philippe VI par le dauphin Humbert II.
[3]...jusqu'à l'an1349.—Une partie de la date est en blanc.—Le Dauphiné fut cédé au roi de France Philippe VI par le dauphin Humbert II.
[4]...pendant seize ans ...—Egalement en blanc.—Louis XI gouverna le Dauphiné depuis 1440 jusqu'à sa retraite auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en août 1456.
[4]...pendant seize ans ...—Egalement en blanc.—Louis XI gouverna le Dauphiné depuis 1440 jusqu'à sa retraite auprès de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, en août 1456.
[5]...marqué de petite vérole ...—Variante: «Creusé.»
[5]...marqué de petite vérole ...—Variante: «Creusé.»
[6]...etannonçant le génie.—Dans la marge du fol. 68, on lit: «Écrit de nuit, le 1erdéc. 35.» De fait, l'écriture de ce passage est particulièrement mauvaise.
[6]...etannonçant le génie.—Dans la marge du fol. 68, on lit: «Écrit de nuit, le 1erdéc. 35.» De fait, l'écriture de ce passage est particulièrement mauvaise.
[7]...peut-être l'opiniâtreté serait un signe.—Variante: «Peut-être l'opiniâtreté est-elle un signe.»
[7]...peut-être l'opiniâtreté serait un signe.—Variante: «Peut-être l'opiniâtreté est-elle un signe.»
[8]...en laine noire ...—Variante: «Noir.»
[8]...en laine noire ...—Variante: «Noir.»
[9]—Ce ... de droit avait ...—Un mot illisible. La lecture des autres mots est incertaine.
[9]—Ce ... de droit avait ...—Un mot illisible. La lecture des autres mots est incertaine.
[10]...Mllede Vaulserre et comte de ...—Mot illisible. Ce titre de comte nous est totalement inconnu dans l'une comme dans l'autre des familles de Brenier et de Vaulserre.
[10]...Mllede Vaulserre et comte de ...—Mot illisible. Ce titre de comte nous est totalement inconnu dans l'une comme dans l'autre des familles de Brenier et de Vaulserre.
[11]Depuis elle s'était faite chanoinesse.—Angélique-Françoise-Marie-Louise-Elisabeth-Gabrielle de Vaulserre, née le 4 mars 1754, épousa, le 10 juillet 1780, Jean-Antoine de Brenier. Elle mourut le 11 février 1812.
[11]Depuis elle s'était faite chanoinesse.—Angélique-Françoise-Marie-Louise-Elisabeth-Gabrielle de Vaulserre, née le 4 mars 1754, épousa, le 10 juillet 1780, Jean-Antoine de Brenier. Elle mourut le 11 février 1812.
[12]Tous les parents et amis se réunirent dans le cabinet de mon père.—En haut du fol. 70 on lit la date: «2 décembre 1835.»Presque toute la page est occupée par un plan intitulé: «Corps de logis où je fus placé avec mon précepteur, M. l'abbé Raillane.» Stendhal y indique, dans le cabinet de son père, la place de celui-ci, «dans un fauteuil» (1), et celles de M. Picot (3) et de Romain Gagnon (4).]
[12]Tous les parents et amis se réunirent dans le cabinet de mon père.—En haut du fol. 70 on lit la date: «2 décembre 1835.»
Presque toute la page est occupée par un plan intitulé: «Corps de logis où je fus placé avec mon précepteur, M. l'abbé Raillane.» Stendhal y indique, dans le cabinet de son père, la place de celui-ci, «dans un fauteuil» (1), et celles de M. Picot (3) et de Romain Gagnon (4).]
[13]...j'étais entre les genoux de mon père en1.—Les numéros correspondent au plan ci-dessus: M. Beyle et Henri sont placés près de la cheminée, MM. Picot et Romain Gagnon contre le mur opposé.
[13]...j'étais entre les genoux de mon père en1.—Les numéros correspondent au plan ci-dessus: M. Beyle et Henri sont placés près de la cheminée, MM. Picot et Romain Gagnon contre le mur opposé.
[14]...dit d'un air indifférent M. Picot ...—Les mots: «d'un air indifférent» sont en interligne, entre les mots «cérémonies, dit M.» et: achoqua fort; ce fut.»
[14]...dit d'un air indifférent M. Picot ...—Les mots: «d'un air indifférent» sont en interligne, entre les mots «cérémonies, dit M.» et: achoqua fort; ce fut.»
[15]...la cathédrale qui est attenante.—En marge est un plan grossier de l'église Saint-Hugues et de la cathédrale. Le même plan, plus précis, se trouve reproduit en face du fol. 73 (verso du fol. 72).
[15]...la cathédrale qui est attenante.—En marge est un plan grossier de l'église Saint-Hugues et de la cathédrale. Le même plan, plus précis, se trouve reproduit en face du fol. 73 (verso du fol. 72).
[16]...cimetière, qui était dans un bastion près de la rue des Mûriers ...—Voir l'emplacement du cimetière sur notre plan de Grenoble en 1793.—Le cimetière de la rue des Mûriers a été désaffecté en l'an VIII.
[16]...cimetière, qui était dans un bastion près de la rue des Mûriers ...—Voir l'emplacement du cimetière sur notre plan de Grenoble en 1793.—Le cimetière de la rue des Mûriers a été désaffecté en l'an VIII.
A l'époque où nous[2]occupions le premier étage sur la place Grenette, avant 1790 ou plus exactement jusqu'au milieu de 1789, mon oncle, jeune avocat, avait un joli petit appartement au second, au coin de la place Grenette et de la Grande-rue[3]. Il riait avec moi, et me permettait de le voir dépouiller ses beaux habits et prendre sa robe de chambre, le soir, à neuf heures, avant souper. C'était un moment délicieux pour moi, et je redescendais tout joyeux au premier étage en portant devant lui le flambeau d'argent. Mon aristocrate famille se serait crue déshonorée si le flambeau n'avait pas été d'argent. Il est vrai qu'il ne portait pas la noble bougie, l'usage était alors de se servir de chandelle.Mais cette chandelle, on la faisait venir avec grand soin et en caisse des environs de Briançon; on voulait qu'elle fût faite avec du suif de chèvre, on écrivait pour cela en temps utile à un ami qu'on avait dans ces montagnes. Je me vois encore assistant au déballement de la chandelle et mangeant du lait avec du pain dans l'écuelle d'argent; le frottement de la cuiller contre le fond de l'écuelle mouillé de lait me frappait comme singulier. C'étaient presque des relations d'hôteàhôte, comme on les voit dans Homère, que celles qu'on avait avec cet ami de Briançon, suite naturelle de la défiance et de la barbarie générales[4].
Mon oncle, jeune, brillant, léger, passait pour l'homme le plus aimable de la ville, au point que, bien des années après, madame Delaunay, voulant justifier sa vertu, laquelle pourtant avait fait tant de faux-pas: «Pourtant, disait-elle, je n'ai jamais cédé à M. Gagnon fils.»
Mon oncle, dis-je, se moquait fort de la gravité de son père, lequel, le rencontrant dans le monde avec de riches habits qu'il n'avait pas payés, était fort étonné. «Je m'éclipsais au plus vite», ajoutait mon oncle qui me racontait ce cas.
Un soir, malgré tout le monde (mais quels étaient donc les opposants avant 1790?), il me mena au spectacle. On jouaitLe Cid.
«Mais cet enfant est fou», dit mon excellent grand-père à mon retour, son amour pour les lettresl'avait empêché de s'opposer bien sérieusement à ma course[5]au spectacle. Je vis donc jouerLe Cid, mais, ce me semble, en habits de satin bleu de ciel avec des souliers de satin blanc.
En disant les Stances, ou ailleurs, en maniant une épée avec trop de feu, le Cid se blessa à l'œil droit.
«Un peu plus, dit-on autour de moi, il se crevait l'œil.» J'étais aux premières loges, la seconde à droite[6].
Une autre fois, mon oncle eut la complaisance de me mener àla Caravane du Caire.(Je le gênais dans ses évolutions autour, auprès des dames. Je m'en apercevais fort bien[7].) Les chameaux me firent absolument perdre la tête, L'Infante de Zamora, où un poltron, ou bien un cuisinier, chantait une ariette, portant un casque avec un rat pour cimier, me charma jusqu'au délire. C'était pour moi le vrai comique.
Je me disais, fort obscurément sans doute, et pas aussi nettement que je l'écris ici: «Tous les moments de la vie de mon oncle sont aussi délicieux que ceux dont je partage le plaisir au spectacle. La plus belle chose du monde est donc d'être un homme aimable, comme mon oncle. » Il n'entrait pas dans ma tête de cinq ans que mon oncle ne fût pas aussi heureux que moi en voyant défiler les chameaux dela Caravane.
Mais j'allai trop loin: au lieu d'être galant, jedevins passionné auprès des femmes que j'aimais, presque indifférent et surtout sans vanité pour les autres, de là le manque de succès et lefiasco.Peut-être aucun homme de la Cour de l'Empereur n'a eu moins de femmes que moi, que l'on croyait l'amant de la femme du premier ministre.
Le spectacle, le son d'une belle cloche grave (comme à l'église de...[8], au-dessus de Rolle, en mai 1800, allant au Saint-Bernard) sont et furent toujours d'un effet profond sur mon cœur. La messe même, à laquelle je croyais si peu, m'inspirait de la gravité. Bien jeune encore, et certainement avant dix ans et le billet de l'abbé Gardon, je croyais queGodméprisait ces jongleurs. (Après quarante-deux ans de réflexions, j'en suis encore la mystification, trop utile à ceux qui la pratiquent pour ne pas trouver toujours des continuateurs. Histoire de la médaille, que raconta avant-hier Umbert Guitri, décembre 1835.)
J'ai le souvenir le plus net et le plus clair de la perruque ronde et poudrée de mon grand-père, elle avait trois rangs de boucles. Il ne portait jamais de chapeau.
Ce costume avait contribué, ce me semble, à le faire connaître et respecter du peuple, duquel il ne prenait jamais d'argent pour ses soins comme médecin.
Il était le médecin et l'ami de la plupart des maisons nobles. M. de Chaléon, dont je me rappelleencore le son desclercs[9]sonnés à Saint-Louis lors de sa mort; M. de Lacoste, qui eut une apoplexie dans les Terres-Froides, à La Frette; M. de Langon, d'une haute noblesse, disaient les sots; M. de Ravix, qui avait la gale et jetait son manteau à terre sur le plancher, dans la chambre de mon grand-père, qui me gronda avec une mesure parfaite parce que, après avoir parlé de cette circonstance, j'articulai le nom de[10]M. de Ravix; M. et Mmedes Adrets, Mmede Vaulserre, leur fille, dans le salon de laquelle jevis le mondepour la première fois. Sa sœur, Mmede M......., me semblait bien jolie et passait pour fort galante[11].
Il était et avait été depuis vingt-cinq ans, à l'époque où je l'ai connu, le promoteur de toutes les entreprises utiles et que, vu l'époque d'enfance politique de ces temps reculés (1760), on pourrait appeler libérales. On lui doit la Bibliothèque[12]. Ce ne fut pas une petite affaire. Il fallut d'abord l'acheter, puis la placer, puis doter le bibliothécaire.
Il protégeait, d'abord contre leurs parents, puis plus efficacement, tous les jeunes gens qui montraient l'amour de l'étude. Il citait aux parents récalcitrants l'exemple de Vaucanson.
Quand mon grand-père revint de Montpellier à Grenoble (docteur en médecine), il avait une fort belle chevelure, mais l'opinion publique de 1760 lui déclara impérieusement que s'il ne prenait pasperruque personne n'aurait confiance en lui. Une vieille cousine Didier, qui le fit héritier avec ma tante Elisabeth et mourut vers 1788, avait été de cet avis. Cette bonne cousine me faisait manger du pain jaune (avec du safran) quand j'allais la voir le jour de Saint-Laurent. Elle demeurait dans la rue auprès de l'église de Saint-Laurent. Dans la même rue mon ancienne bonne Françoise, que toujours j'adorai, avait une boutique d'épicerie, elle avait quitté ma mère pour se marier. Elle fut remplacée par la belle Geneviève, sa sœur, auprès de laquelle mon père, dit-on, était galant.
La chambre de mon grand-père, au premier étage sur la Grenette, était peinte en gros vert et mon père me disait dès ce temps-là:
«Le grand-papa, qui a tant d'esprit, n'a pas de bon goût pour les arts.»
Le caractère timide des Français fait qu'ils emploient rarement les couleurs franches: vert, rouge, bleu, jaune vif; ils préfèrent les nuances indécises. A cela près, je ne vois pas ce qu'il y avait à blâmer dans le choix de mon grand-père. Sa chambre était en plein midi, il lisait énormément, il voulait ménager ses yeux, desquels il se plaignait quelquefois.
Mais le lecteur, s'il s'en trouve jamais pour ces fadaises[13], verra sans peine que tous mespourquoi, toutes mes explications, peuvent être très fautives. Je n'ai que des images fort nettes, toutes mes explicationsme viennent en écrivant ceci, quarante-cinq ans après les événements[14].
Mon excellent grand-père, qui dans le fait fut mon véritable père et mon ami intime jusqu'à mon parti pris, vers 1796, de me tirer de Grenoble par les mathématiques, racontait souvent une chose merveilleuse.
Ma mère m'ayant fait porter dans sa chambre (verte), le jour où j'avais un an, 23 janvier 1784[15], me tenait debout près de la fenêtre; mon grand-père, placé vers le lit, m'appelait, je me déterminai à marcher et arrivai jusqu'à lui.
Alors je parlais un peu et pour saluer je disaishateus.Mon oncle plaisantait sa sœur Henriette (ma mère) sur ma laideur. Il paraît que j'avais une tête énorme, sans cheveux, et que je ressemblais au Père Brulard[16], un moine adroit, bon vivant et à grande influence sur son couvent, mon oncle ou grand-oncle, mort avant moi.
J'étais fort entreprenant, de là deux accidents racontés avec terreur et regret par mon grand-père: vers le rocher de la Porte-de-France je piquai avec un morceau de fagot appointé, taillé en pointe avec un couteau, un mulet qui eut l'impudence de me camper ses deux fers dans la poitrine, il me renversa. «Un peu plus, il était mort», disait mon grand-père[17].
Je me figure l'événement, mais probablement cen'est pas un souvenir direct, ce n'est que le souvenir de l'image que je me formai de la chose, fort anciennement et à l'époque des premiers récits qu'on m'en fit.
Le second événement tragique fut qu'entre ma mère et mon grand-père je me cassai deux dents de devant en tombant sur le coin d'une chaise. Mon bon grand-père ne revenait pas de son étonnement: «Entre sa mère et moi!» répétait-il, comme pour déplorer la force de la fatalité.
Le grand trait, à mes yeux, de l'appartement au premier étage, c'est que j'entendais le bruissement de la barre de fer à l'aide de laquelle on pompait, ce gémissement prolongé et point aigre me plaisait fort.
Le bon sens dauphinois se révolta à peu près contre la Cour. Je me souviens fort bien du départ de mon grand-père pour les Etats de Romans, il était alors patriote fort considéré, mais des plus modérés; on peut se figurer Fontenelle tribun du peuple.
Le jour du départ, il faisait un froid à pierre fendre (ce fut (à vérifier) le grand hiver de 1789 à 1790[18], il y avait un pied de neige sur la place Grenette).
Dans la cheminée de la chambre de mon grand-père, il y avait un feu énorme. La chambre était remplie d'amis qui venaient voir monter en voiture.Le plus célèbre avocat consultant de la ville, l'oracle en matière de droit, belle place dans une ville de Parlement, M. Barthélemy d'Orbane, ami intime de la famille, était en O et moi en H[19], devant le feu pétillant. J'étais le héros du moment, car je suis convaincu que mon grand-père ne regrettait que moi à Grenoble et n'aimait que moi.
Dans cette position, M. Barthélemy d'Orbane m'apprit à faire des grimaces. Je le vois encore et moi aussi. C'est un art dans lequel je fis les plus rapides progrès, je riais moi-même des mines que je faisais pour faire rire les autres. Ce fut en vain qu'on s'opposa bientôt au goût croissant des grimaces, il dure encore, je ris souvent des mines que je fais quand je suis seul.
Dans la rue un fat passe avec une mine affectée (M. Lysimaque[20], par exemple, ou M. le comte ..., amant de MmeDel Monte), j'imite sa mine et je ris. Mon instinct est plutôt d'imiter les mouvements ou plutôt les positions affectées de la figure (face) que ceux du corps. Au Conseil d'Etat, j'imitais sans le vouloir et d'une façon fort dangereuse l'air d'importance du fameux comte Regnault de Saint-Jean-d'Angely, placé à trois pas de moi, particulièrement quand, pour mieux écouter le colérique abbé Louis, placé de l'autre côté de la salle vis-à-vis de lui, il abaissait les cols démesurément longs de sa chemise[21]. Cet instinct ou cet art que je dois à M. d'Orbane m'a fait beaucoup d'ennemis. Actuellement,le sage di Fiore me reproche l'ironie cachée, ou plutôt mal cachée, et apparente malgré moi dans le coin droit de la bouche.
A Romans, il ne manqua que cinq voix à mon grand-père pour être député. «J'y serais mort», répétait-il souvent en se félicitant d'avoir refusé les voix de plusieurs bourgeois de campagne qui avaient confiance en lui et venaient le consulter le matin chez lui. Sa prudence à la Fontenelle l'empêchait d'avoir une ambition sérieuse, il aimait beaucoup cependant à faire un discours devant une assemblée choisie, par exemple à la Bibliothèque[22]. Je m'y vois encore, l'écoutant dans la première salle remplie de monde, et immense à mes yeux. Mais pourquoi ce monde? à quelle occasion? C'est ce que l'image ne me dit pas. Elle n'est qu'image.
Mon grand-père nous racontait souvent qu'à Romans son encre, placée sur la cheminée bien chauffée, gelait au bout de sa plume. Il ne fut pas nommé, mais fit nommer un député ou deux dont j'ai oublié les noms, mais lui n'oubliait pas le service qu'il leur avait rendu et les suivait des yeux dans l'assemblée, où il blâmait leur énergie.
J'aimais beaucoup M. d'Orbane ainsi que le gros chanoine son frère, j'allais les voir place des Tilleuls ou sous la voûte qui de la place Notre-Dame conduisait à celle des Tilleuls, à deux pas de Notre-Dame, où le chanoine chantait. Mon père ou mongrand-père envoyait à l'avocat célèbre des dindons gras à l'occasion de Noël[23].
J'aimais aussi beaucoup le Père Ducros, cordelier défroqué (du couvent situé entre le Jardin-de-Ville et l'hôtel de Franquières lequel, à mon souvenir, me semble style de la Renaissance).
J'aimais encore l'aimable abbé Chélan, curé de Risset près Claix, petit homme maigre, tout nerfs, tout feu, pétillant d'esprit, déjà d'un certain âge, qui me paraissait vieux, mais n'avait peut-être que quarante ou quarante-cinq ans et dont les discussions à table m'amusaient infiniment. Il ne manquait pas de venir dîner chez mon grand-père quand il venait à Grenoble, et le dîner était bien plus gai qu'à l'ordinaire.
Un jour, à souper, il parlait depuis trois-quarts d'heure en tenant à la main une cuillerée de fraises[24]. Enfin il porta la cuiller à la bouche.
«L'abbé, vous ne direz pas votre messe demain, dit mon grand-père.
—Pardonnez-moi, je la dirai demain, mais non pas aujourd'hui, car il est minuit passé.» Ce dialogue fit ma joie pendant un mois, cela me paraissait pétillant d'esprit. Tel est l'esprit pour un peuple ou pour un homme jeune, l'émotion est en eux;—voir les réponses d'esprit admirées par Boccace ou Vasari.
Mon grand-père, en ces temps heureux, prenait la religion fort gaiement, et ces Messieurs étaientde son avis; il ne devint triste et un peu religieux qu'après la mort de ma mère (en 1790), et encore, je pense, par l'espoir incertain de la retrouver—revoir—dans l'autre monde, comme M. de Broglie[25]qui dit en parlant de son aimable fille, morte à treize ans:
«Il me semble que ma fille est en Amérique.»
Je crois que M. l'abbé Chélan dînait à la maison[26]lors de lajournée des tuiles.Ce jour-là, je vis couler le premier sang répandu par la Révolution française. C'était un malheureux ouvrier chapelier (S), blessé à mort par un coup de baïonnette (S') au bas du dos.
On quitta [la] table au milieu du dîner (T). J'étais en H et le curé Chélan en C.
Je chercherai la date dans quelque chronologie. L'image est on ne peut plus nette chez moi, il y a peut-être de cela quarante-trois ans[27].
Un M. de Clermont-Tonnerre, commandant en Dauphiné et qui occupait l'hôtel du Gouvernement, maison isolée donnant sur le rempart (avec une vue superbe sur les coteaux d'Eybens, une vue tranquille et belle, digne de Claude Lorrain) et une entrée par une belle cour rue Neuve, près de la rue des Mûriers, voulut, ce me semble, dissiper un rassemblement; il avait deux régiments, contre lesquels le peuple se défendit avec les tuiles qu'iljetait du liant des maisons, de là le nom:Journée des tuiles[28].
Un des sous-officiers de ces régiments était Bernadotte, actuel roi de Suède, une âme aussi noble que celle de Murat, roi de Naples, mais bien autrement adroit. Lefèvre, perruquier et ami de mon père, nous a souvent raconté qu'il avait sauvé la vie au général Bernadotte (comme il disait en 1804), vivement pressé au fond d'une allée. Lefèvre était un bel homme fort brave, et le maréchal Bernadotte lui avait envoyé un cadeau.
Mais tout ceci est de l'histoire, à la vérité racontée par des témoins oculaires, mais que je n'ai pas vue. Je ne veux dire à l'avenir, en Russie et ailleurs, que ce quej'ai vu.
Mes parents ayant quitté le dîner avant la fin et moi étant seul à la fenêtre de la salle-à-manger, ou plutôt à la fenêtre d'une chambre donnant sur la Grande-rue, je vis une vieille femme qui, tenant à la main ses vieux souliers, criait de toutes ses forces: «Je merévorte! Je merévorte!»
Elle allait de la place Grenette à la Grande-rue. Je la vis en R[29]. Le ridicule de cette révolte me frappa beaucoup. Une vieille femme contre un régiment me frappa beaucoup. Le soir même, mon grand-père me raconta la mort de Pyrrhus.
Je pensais encore à la vieille femme quand je fus distrait[30]par un spectacle tragique en O. Un ouvrier chapelier, blessé dans le dos d'un coup debaïonnette, à ce qu'on dit, marchait avec beaucoup de peine, soutenu par deux hommes sur les épaules desquels il avait les bras passés. Il était sans habit, sa chemise et son pantalon de nankin ou blanc étaient remplis de sang, je le vois encore, la blessure d'où le sang sortait abondamment était au bas du dos, à peu près vis-à-vis le nombril.
On le faisait marcher avec peine pour gagner sa chambre, située au sixième étage de la maison Périer[31], et en y arrivant il mourut.
Mes parents me grondaient et m'éloignaient de la fenêtre de la chambre de mon grand-père pour que je ne visse pas ce spectacle d'horreur, mais j'y revenais toujours. Cette fenêtre appartenait à un premier étage fort bas.
Je revis ce malheureux à tous les étages de l'escalier de la maison Périer, escalier éclairé par de grandes fenêtres donnant sur la place.
Ce souvenir, comme il est naturel, est le plus net qui me soit resté de ces temps-là.
Au contraire, je retrouve à grand'peine quelques vestiges du souvenir d'un feu de joie au Fontanil (route de Grenoble à Voreppe) où l'on venait de brûlerLamoignon.Je regrettai beaucoup la vue d'une grande figure de paille habillée, le fait est que mes parents,pensant bienet fort contrariés de tout ce qui s'écartait del'ordre(l'ordre règne dans Varsovie, dit M. le général Sébastiani vers 1632), ne voulaient pas que je fusse frappé de ces preuvesde la colère ou de la force du peuple. Moi, déjà à cet âge, j'étais de l'opinion contraire; on peut-être mon opinion à l'âge de huit ans est-elle cachée par celle, bien décidée, que j'eus à dix ans.
Une fois, MM. Barthélemy d'Orbane, le chanoine Barthélemy, M. l'abbé Rey, M. Bouvier, tout le monde, parlait chez mon grand-père de la prochaine arrivée de M. le maréchal de Vaux.
«Il vient faire ici une entrée de ballet», dit mon grand-père; ce mot que je ne compris pas me donna beaucoup à penser. Que pouvait-il y avoir de commun, me disais-je, entre un vieux maréchal et un balai?
Il mourut[32], le son majestueux des cloches m'émut profondément. On me mena voir la chapelle ardente (ce me semble, dans l'hôtel du Commandement, vers la rue des Mûriers, souvenir presque effacé); le spectacle de cette tombe noire et éclairée en plein jour par une quantité de cierges, les fenêtres étant fermées, me frappa. C'était l'idée de la mort paraissant pour la première fois. J'étais mené par Lambert, domestique (valet de chambre) de mon grand-père et mon intime ami. C'était un jeune et bel homme très dégourdi.
Un de ses amis à lui vint lui dire: «La fille du Maréchal n'est qu'une avare, ce qu'elle donne de drap noir aux tambours pour couvrir leur caisse ne suffit pas pour faire une culotte. Les tambours se plaignent beaucoup, l'usage est de donner ce qu'ilfaut pour faire une culotte. » De retour à la maison, je trouvai que mes parents parlaient aussi de l'avarice de cette fille du maréchal.
Le lendemain fut un jour de bataille pour moi. J'obtins avec grande difficulté, ce me semble, que Lambert me mènerait voir passer le convoi. Il y avait une foule énorme. Je me vois au point H[33], entre la grande route et l'eau, près le four à chaux, à deux cents pas en-deçà et à l'orient de la Porte-de-France.
Le son des tambours voilés par le petit coupon de drap noir non suffisant pour faire une culotte m'émut beaucoup. Mais voici bien une autre affaire: je me trouvais au point H, à l'extrême gauche d'un bataillon du régiment d'Austrasie, je crois, habit blanc et parements noirs, L est Lambert me donnant la main à moi, H. J'étais à six pouces du dernier soldat du régiment, S.
Il me dit tout-à-coup:
«Eloignez-vous un peu, afin qu'entirantje ne vous fasse pas mal.»
On allait donc tirer! et tant de soldats! ils portaient l'arme renversée.
Je mourais de peur; je lorgnais de loin la voiture noire qui s'avançait lentement par le pont de pierre[34], tirée par six ou huit chevaux. J'attendais en frémissant la décharge. Enfin, l'officier fit un cri, immédiatement suivi de la décharge de feu. Je fus soulagé d'un grand poids. A ce moment, la foule seprécipitait vers la voiture drapée que je vis avec beaucoup de plaisir, il me semble qu'il y avait des cierges.
On fit une seconde, peut-être une troisième décharge, hors de la Porte-de-France, mais j'étais aguerri[35].
Il me semble que je me souviens aussi un peu du départ pour Vizille (Etats de la province, tenus au château de Vizille, bâti par le connétable de Lesdiguières). Mon grand-père adorait les antiquités et me fit concevoir une idée sublime de ce château par la façon dont il en parlait. J'étais sur le point de concevoir de la vénération pour la noblesse, mais bientôt MM. de Saint-Ferréol et de Sinard, mes camarades, me guérirent.
On portait des matelas attachés derrière les chaises de poste (à deux roues).
Le jeune Mounier, comme disait mon grand-père, vint à la maison. C'est par l'effet d'une séparation violente que sa fille et moi n'avons pas conçu par la suite une passion violente l'un pour l'autre, dernière heure que je passai sous une porte cochère, rue Montmartre, vers le boulevard, pendant une averse, en 1803 ou 1804, lorsque M. Mounier alla remplir les fonctions de préfet à Rennes[36]. (Mes lettres à son fils Edouard, lettre de Victorine, à moi adressée. Le bon est qu'Edouard croit, ce me semble, que je suis allé à Rennes.)
Le petit portrait raide et mal peint que l'on voit dans une chambre attenant à la bibliothèque publique de Grenoble, et qui représente M. Mounier en habit de préfet, si je ne me trompe, est ressemblant[37]. Figure de fermeté, mais tête étroite. Son fils, que j'ai beaucoup connu en 1803 et en Russie en 1812 (Viasma sur Tripes)[38], est un plat, adroit et fin matois, vrai type de Dauphinois ainsi que le ministre Casimir Périer, mais ce dernier a trouvé plus Dauphinois que lui. Edouard Mounier en a l'accent traînant, quoique élevé à Weimar, il est pair de France et baron, et juge bravement à la Cour de Paris (1835, décembre). Le lecteur me croira-t-il si j'ose ajouter que je ne voudrais pas être à la place de MM. Félix Faure et Mounier, pairs de France et jadis de mes amis?
Mon grand-père, ami tendre et zélé de tous les jeunes gens qui aimaient à travailler, prêtait des livres à M. Mounier, et le soutenait contre le blâme de son père. Quelquefois, en passant dans la Grande-rue, il entrait dans la boutique de celui-ci et lui parlait de son fils. Le vieux marchand de drap, qui avait beaucoup d'enfants et ne songeait qu'à l'utile, voyait avec un chagrin mortel ce fils perdre son temps à lire.
Le fort de M. Mounier fils était le caractère, mais les lumières ne répondaient pas à la fermeté. Mon grand-père nous racontait en riant, quelques annéesaprès, que madame Borel, qui devait être la belle-mère de M. Mounier, étant venue acheter du drap, M. Mounier, commis de son père, déploya la pièce, fit manier le drap, et ajouta:
«Ce drap se vend vingt-sept livres l'aune.
—Hé bien! monsieur, je vous en donnerai vingt-cinq», dit madame Borel.
Sur quoi M. Mounier replia la pièce de drap, et la reporta[39]froidement dans sa case.
«Mais, monsieur! monsieur! dit MmeBorel étonnée, j'irai bien jusqu'à vingt-cinq livres dix sous.
—Madame, un honnête homme n'a que son mot.»
La bourgeoise fut fort scandalisée.
Ce même amour du travail chez les jeunes gens, qui rendrait mon grand-père si coupable aujourd'hui, lui faisait protéger le jeune Barnave[40].
Barnave était notre voisin de campagne, lui à Saint-Robert, nous à Saint-Vincent (route de Grenoble à Voreppe et Lyon). Séraphie le détestait et bientôt après applaudit à sa mort et au peu de bien qui restait à ses sœurs, dont l'une s'appelait, ce me semble, madame Saint-Germain. A chaque fois que nous passions à Saint-Robert: «Ah! voilà la maison de Barnave», disait Séraphie, et elle le traitait en dévote piquée. Mon grand-père, très bien venu des nobles, était l'oracle de la bourgeoisie, et je pense que la mère de l'immortel Barnave, qui le voyaitavec peine négliger les procès pour Mably et Montesquieu, était calmée par mon grand-père. Dans ces temps-là, notre compatriote Mably passait pour quelque chose, et deux ans après on donna son nom à la rue des Clercs[41].
[1]Lechapitre Vne fait pas partie des trois volumes de la bibliothèque municipale de Grenoble cotés R 299. Il forme les feuillets 39 à 68 (numérotés en outre par Stendhal de 1 à 29) d'un cahier côté R 300, n° 1. Stendhal a écrit dans la marge du fol. 39: «A dicter et mettre à sa place page 75. Relier ce manuscrit à la fin du second.» Il indique encore, en marge du fol. 40: «Petits souvenirs.A placer à son rang vers 1791. Copier à gauche à son rang.» Enfin, un feuillet intercalaire porte: «Petits souvenirs, à placerafter the recit of my mother death: Barthélémy d'Orbane. Départ pour Romans, grande neige. Départ pour Vizille. Haine de Séraphie pour les demoiselles Barnave. Décrire lacampagne(maison de campagne) ... (un mot illisible) nous passons à Saint-Robert.»D'autre part, Stendhal a écrit au verso du fol. 74 (ms. R 299, t. I): «A mon égard la plus noire méchanceté succède à la bonté et à la gaieté.CHAPITRE 4bis: SOMMAIREVoici les souvenirs qui après 23 X 2 ans me restent des jours heureux passés du temps de ma mère: Salons. Soupers. Le Père Chérubin Beyle. L'abbé Chélan.Je me révorte!Départ pour Romans. Barthélémy d'Orbane. M. Barthélemy m'apprend les grimaces.»—En haut du fol. 39 (ms. R 300), on lit la date suivante: «17-22 décembre 1835, Omar.» On lit également au verso du fol. 38: «18 déc. 1835, de 2 à 4 h. 1/2, 14 pages. Je suis si absorbé par les souvenirs qui se dévoilent à mes yeux que je puis à peine former mes lettres.»
[1]Lechapitre Vne fait pas partie des trois volumes de la bibliothèque municipale de Grenoble cotés R 299. Il forme les feuillets 39 à 68 (numérotés en outre par Stendhal de 1 à 29) d'un cahier côté R 300, n° 1. Stendhal a écrit dans la marge du fol. 39: «A dicter et mettre à sa place page 75. Relier ce manuscrit à la fin du second.» Il indique encore, en marge du fol. 40: «Petits souvenirs.A placer à son rang vers 1791. Copier à gauche à son rang.» Enfin, un feuillet intercalaire porte: «Petits souvenirs, à placerafter the recit of my mother death: Barthélémy d'Orbane. Départ pour Romans, grande neige. Départ pour Vizille. Haine de Séraphie pour les demoiselles Barnave. Décrire lacampagne(maison de campagne) ... (un mot illisible) nous passons à Saint-Robert.»
D'autre part, Stendhal a écrit au verso du fol. 74 (ms. R 299, t. I): «A mon égard la plus noire méchanceté succède à la bonté et à la gaieté.
CHAPITRE 4bis: SOMMAIRE
Voici les souvenirs qui après 23 X 2 ans me restent des jours heureux passés du temps de ma mère: Salons. Soupers. Le Père Chérubin Beyle. L'abbé Chélan.Je me révorte!Départ pour Romans. Barthélémy d'Orbane. M. Barthélemy m'apprend les grimaces.»
—En haut du fol. 39 (ms. R 300), on lit la date suivante: «17-22 décembre 1835, Omar.» On lit également au verso du fol. 38: «18 déc. 1835, de 2 à 4 h. 1/2, 14 pages. Je suis si absorbé par les souvenirs qui se dévoilent à mes yeux que je puis à peine former mes lettres.»
[2]A l'époque où nous occupions le premier étage ...—Variante: «Quand nous occupions ...»
[2]A l'époque où nous occupions le premier étage ...—Variante: «Quand nous occupions ...»
[3]...au coin de la place Grenette et de la Grande-rue.—17 déc. 1835. Je souffre du froid, collé contre la cheminée. La cuisse gauche est gelée. (Note de Stendhal.)
[3]...au coin de la place Grenette et de la Grande-rue.—17 déc. 1835. Je souffre du froid, collé contre la cheminée. La cuisse gauche est gelée. (Note de Stendhal.)
[4]...suite naturelle de la défiance et de la barbarie générales.—Style. Ordre des idées. Préparer l'attention par quelques mots en parlant: 1° de Lambert;—2° sur mon oncle, dans les premiers chapitres. 17 déc. 35. (Note de Stendhal.)—Autre note de Stendhal: «Style. Rapport des mots aux idées: directeur à l'Académie, artiste, Saint-Marc-Girardin, chevalierof Konig von Janfoutre, Débats.»
[4]...suite naturelle de la défiance et de la barbarie générales.—Style. Ordre des idées. Préparer l'attention par quelques mots en parlant: 1° de Lambert;—2° sur mon oncle, dans les premiers chapitres. 17 déc. 35. (Note de Stendhal.)—Autre note de Stendhal: «Style. Rapport des mots aux idées: directeur à l'Académie, artiste, Saint-Marc-Girardin, chevalierof Konig von Janfoutre, Débats.»
[5]...de s'opposer bien sérieusement à ma course au spectacle.—Il y a un blanc dans le manuscrit entre «course» et «auspectacle».
[5]...de s'opposer bien sérieusement à ma course au spectacle.—Il y a un blanc dans le manuscrit entre «course» et «auspectacle».
[6]J'étais aux premières loges, la seconde à droite.—Ici Stendhal a dessiné un plan de la salle du Théâtre, avec cette légende: «Infâme salle de spectacle de Grenoble, laquelle m'inspirait la vénération la plus tendre. J'en aimais même la mauvaise odeur. Vers 1794, 95 et 96, cet amour alla jusqu'à la fureur, du temps de MlleKably.»—En face, plan de la partie de la ville où est situé le théâtre, jusqu'à «la Bastille, fortifiée de 1826 à 1836 par le général Haxo (infatigable hâbleur)».
[6]J'étais aux premières loges, la seconde à droite.—Ici Stendhal a dessiné un plan de la salle du Théâtre, avec cette légende: «Infâme salle de spectacle de Grenoble, laquelle m'inspirait la vénération la plus tendre. J'en aimais même la mauvaise odeur. Vers 1794, 95 et 96, cet amour alla jusqu'à la fureur, du temps de MlleKably.»—En face, plan de la partie de la ville où est situé le théâtre, jusqu'à «la Bastille, fortifiée de 1826 à 1836 par le général Haxo (infatigable hâbleur)».
[7]Je m'en apercevais fort bien.—Variante: «De quoi je m'apercevais.»
[7]Je m'en apercevais fort bien.—Variante: «De quoi je m'apercevais.»
[8]...comme à l'église de ...—Le nom a été laissé en blanc.
[8]...comme à l'église de ...—Le nom a été laissé en blanc.
[9]...je me rappelle encore le son desclercs ...—Ce mot est surmonté d'une croix. Ce signe revient plusieurs fois dans le manuscrit, à des passages incomplets ou obscurs. Il indique sans doute les endroits que Stendhal se proposait de corriger ultérieurement.
[9]...je me rappelle encore le son desclercs ...—Ce mot est surmonté d'une croix. Ce signe revient plusieurs fois dans le manuscrit, à des passages incomplets ou obscurs. Il indique sans doute les endroits que Stendhal se proposait de corriger ultérieurement.
[10]...j'articulai le nom de M. de Ravix ...—Variante: «Je nommai.»
[10]...j'articulai le nom de M. de Ravix ...—Variante: «Je nommai.»