—J'ay ouy raconter que la principale occasion qui anima plus la reyne d'Hongrie à allumer ses beaux feux vers la Picardie et autres parts de France, ce fut à l'appétit de quelques insolents bavards et causeurs, qui parloient ordinairement de ses amours, et chantoient tout haut et par-tout an:Au Barbanson et la reyne d'Hongrie, chanson grossiere pourtant, et sentant à pleine gorge son avanturier ou villageois.
—Caton ne peut jamais aimer César, depuis qu'estant au sénat qu'on délibéroit contre Catilina et sa conjuration, et qu'on en soupçonnoit César estant au conseil, fut apporté audit César, en cachette, un petit billet, ou, pour mieux dire, un poulet, que Servilia, sœur de Caton, lui envoyoit, qui portoit assignation ou rendez-vous pour coucher ensemble. Caton, ne s'en doutant point,ainsi de la consente dudit César avec Catilina, cria tout haut que le sénat luy fist commandement d'exhiber ce dont estoit question. César, à ce contraint, le monstra, où l'honneur de sa sœur se trouva fort escandalisé et divulgué. Je vous laisse à penser donc si Caton, quelque bonne mine qu'il fist d'haïr César à cause de la république, s'il le put jamais aimer, veu ce trait scandaleux. Ce n'estoit pas pourtant la faute de César, car il falloit nécessairement qu'il manifestast ce brevet; autrement il lui alloit de la vie. Et croy que Servilia ne luy en voulut point de mal autrement pour cela: comme de fait ne laissèrent à continuer leurs amours, desquelles vint Brutus, qu'on disoit César en estre pere; mais il luy rendit mal pour l'avoir mis au monde. Or les dames, pour s'abandonner aux grands, courent beaucoup de fortune; et si elles en en tirent des faveurs, des grandeurs et des moyens, elles les acheptent bien. J'ay ouy conter d'une dame belle, honneste et de bonne maison, mais non de si grande comme d'un grand seigneur qui en estoit très-fort amoureux; et l'ayant trouvée un jour en sa chambre, seule avec ses femmes, assise sur son lit, après quelques propos et devis tenus d'amour, ce seigneur vint à l'embrasser, et par douce force la coucha sur son lict; puis, venant au grand assaut, et elle l'endurant avec une petite et civile opiniastreté, elle luy dit: «C'est un grand cas que vous autres grands seigneurs ne vous pouvez engarder d'user de vos autoritez et libertez à l'endroit de nous autres inférieures. Au moins, si le silence vous estoit commun comme la liberté de parler, vous seriés par trop désirables et pardonnables. Je vous prie donc, monsieur, tenir secret cecy que vous faites, et garder mon honneur.» Ce sont les propos coustumiers dont usent les dames inférieures à leurs supérieurs: «Hà! monsieur, disent-elles, advisez au moins à mon honneur!» D'autres disent: «Ah! monsieur, si vous dites cecy, je suis perdue; gardez, pour Dieu, mon honneur.» D'autres disent: «Monsieur, mais que vous n'en sonniez mot, et mon honneur soit sauvé, je ne m'en soucie point.» Comme voulant arguer par-là qu'on en peut faire tant qu'on voudra en cachette, et mais que le monde n'en sçache rien, elles ne pensent point estre deshonorées. Les plus grandes et superbes dames disent à leurs galands inférieurs: «Donnez-vous bien de garde d'en dire un mot, tant seul soit-il; autrement il vous va de la vie; je vous feray jetter en sac dans l'eau, ou je vous feray couper les jarretz;» et autres tels et semblablespropos prononcent-elles: si bien qu'il n'y a dame, de quelque qualité qui soit, qui veuille estre scandalisée ny pourmenée tant soit peu par le palais de la bouche des hommes. Si en a-t-il aucunes qui sont si mal-advisées, ou forcenées, ou transportées d'amour, que, sans que les hommes les accusent, d'elles-mesmes se descrient, comme fut, il n'y a pas long-temps, une très-belle et honneste dame, de bonne part, de laquelle un grand seigneur en estant devenu fort amoureux, et puis après en joüissant, et luy ayant donné un très-beau et riche bracelet, où luy et elle estoient très-bien pourtraits, elle fut si maladvisée de le porter ordinairement sur son bras tout nud par-dessus le coude; mais un jour son mary, estant couché avec elle, par cas il le trouva et le visita, et là-dessus trouva sujet de s'en défaire par la violence de la mort. Quelle maladvisée femme!
—J'ay congneu d'autres fois un très-grand prince souverain, lequel, ayant gardé une maistresse des plus belles de la Cour l'espace de trois ans, au bout desquels il luy fallut faire un voyage pour quelque conqueste, avant qu'y aller vint tout à coup très-amoureux d'une très-belle et honneste princesse s'il en fut oncques: et pour luy monstrer qu'il avait quitté son ancienne maistresse pour elle, et la vouloit du tout honorer et servir sans plus se soucier de la mémoire de l'autre, il luy donna avant partir toutes les faveurs, joyaux, bagues, portraits, bracelets et toutes gentillesses que l'ancienne lui avait données, dont aucunes estant veues et apperceues d'elle, elle en cuida crever de despit, non pourtant sans le taire; mais en se scandalisant fut contente de scandaliser l'autre. Je croy que, si cette princesse ne fust morte par après, le prince, au retour de son voyage, l'eust espousée.
—J'ay connu un autre prince, mais non si grand, lequel durant ses premières nopces et sa viduïté vint à aimer une fort belle et honneste damoiselle de par le monde, à qui il fit, durant leurs amours et soulas, de fort beaux présents de carcans, de bagues, de pierreries et force autres belles hardes, dont entr'autres il y avoit un fort beau et riche miroir où estait sa peinture. Or le prince vint à espouser une fort belle et très-honneste princesse de par le monde, qui lui fit perdre le goust de sa première maistresse, encore qu'elles ne se deussent rien l'une à l'autre de la beauté. Cette princesse sollicita et persuada tant M. son mary, qu'il envoya demander à sa première maistresse tout ce qu'il luy avoit jamais donné de plus exquis et de plus beau. Cette dame en eut un grandcrévecœur, mais pourtant elle avoit le cœur si grand et si haut, encore qu'elle ne fust point princesse, mais pourtant d'une des meilleures maisons de France, qu'elle lui renvoya le tout du plus beau et du plus exquis, où estoit un beau miroir avec la peinture dudit prince; mais avant, pour le mieux décorer, elle prit une plume et de l'encre, et luy ficha dedans de grandes cornes au beau mitan du front; et délivrant le tout au gentilhomme, luy dit: «Tenez, mon amy, portez cela à vostre maistre, et que je luy envoye tout ainsi qu'il me le donna, et que je ne luy en ay rien osté ni adjouté, si ce n'est que de luy-mesme il y ait adjousté quelque chose du depuis; et dites à cette belle princesse sa femme qui l'a tant sollicité à me demander ce qu'il m'a donné, que si un seigneur de par le monde (le nommant par son nom comme je sçay) en eust fait de mesme à sa mère, et lui eust répété et osté ce qu'il luy avoit donné pour coucher souvent avec elle, par don d'amourette et joüissance, qu'elle seroit aussi pauvre d'affiquets et pierreries que damoiselle de la Cour; et que sa teste, qui en est si fort chargée aux dépens d'un tel seigneur et du devant de sa mère, que maintenant elle seroit tous les matins par les jardins à cueillir des fleurs pour s'en accommoder, au lieu de ces pierreries: or, qu'elle en fasse des pastez et des chevilles, je les luy quitte.» Qui a connu cette damoiselle la jugerait telle pour avoir fait ce coup, et ainsi elle-mesme me l'a-t-elle dit, et qui estoit très-libre en paroles: mais pourtant elle s'en cuida trouver mal, tant du mary que de la femme, pour se sentir ainsi descriée; à quoy on lui donna blasme, disant que c'estoit sa faute, pour avoir ainsi dépité et désespéré cette pauvre dame, qui avoit très-bien gagné tels présents par la sueur de son corps. Cette damoiselle, pour être l'une des belles et agréables de son temps, nonobstant l'abandon qu'elle avoit fait de son corps à ce prince, ne laissa à trouver party d'un très-riche homme, mais non semblable de maison, si bien que, venant un jour à se reprocher l'un à l'autre les honneurs qu'ils s'estoient fait de s'estre entre-mariez, elle qui estoit d'un si grand lieu, de l'avoir espousé, il luy fit response: «Et moi, j'ay fait plus pour vous que vous n'avez fait pour moy; car je me suis deshonnoré pour vous remettre vostre honneur.» Voulant inférer par-là que, puis qu'elle l'avoit perdu estant fille, le luy avoit remis l'ayant prise pour femme.
—J'ay ouy conter, et le tiens de bon lieu, que, lorsque le roy François premier eut laissé madame de Chasteau-Briand, sa maistressefort favorite, pour prendre madame d'Estampes, estant fille appellée Helly, que madame la Régente avoit prise avec elle pour l'une de ses filles, et la produisit au roy François à son retour d'Espagne à Bordeaux, laquelle il prit pour sa maistresse, et laissa ladite mademoiselle de Chasteau-Briand, ainsi qu'un cloud chasse l'autre; madame d'Estampes pria le Roy de retirer de ladite madame de Chasteau-Briand tous les plus beaux joyaux qu'il luy avoit donnez, non pour le prix et la valeur, car pour lors les perles et pierreries n'avoient la vogue qu'elles ont eu depuis, mais pour l'amour des belles devises qui estoient mises, engravées et empreintes, lesquelles la Reyne de Navarre, sa sœur, avoit faites et composées; car elle en estoit très-bonne maistresse. Le roy François lui accorda sa priere, et lui promit qu'il le feroit; ce qu'il fit: et, pour ce, ayant envoyé un gentilhomme vers elle pour les luy demander, elle fit de la malade sur le coup, et remit le gentilhomme dans trois jours à venir, et qu'il auroit ce qu'il demandoit. Cependant, de despit, elle envoya quérir un orfèvre, et luy fit fondre tous ses joyaux, sans avoir respect ni acception des belles devises qui y estoient engravées: et après, le gentilhomme tourné, elle luy donna tous les joyaux convertis et contournez en lingots d'or. «Allez, dit-elle, portez cela au Roy, et dites luy que, puis qu'il luy a pleu me révoquer ce qu'il m'avoit donné si libéralement, que je luy rends et renvoye en lingots d'or. Pour quant aux devises, je les ay si bien empreintes et colloquées en ma pensée, et les y tiens si cheres, que je n'ay peu permettre que personne en disposast, en joüist et en eust de plaisir, que moy-mesme.» Quand le Roy eut receu le tout, et lingots et propos de cette dame, il ne dit autre chose, si-non: «Retournez-luy le tout; ce que j'en faisois, ce n'estoit pour la valeur (car je luy eusse rendu deux fois plus), mais pour l'amour des devises; et puis qu'elle les a fait ainsi perdre, je ne veux point de l'or, et le luy renvoye: elle a monstré en cela plus de courage et générosité que n'eusse pensé pouvoir provenir d'une femme.» Un cœur de femme généreuse dépité, et ainsi desdaigné, fait de grandes choses.
—Ces princes qui font ces révocations de présents, ne font pas comme fit une fois madame de Nevers, de la maison de Bourbon, fille de M. de Montpensier, qui a esté en son temps une très-sage, très-vertueuse et belle princesse, et pour telle tenue en France et en Espagne, où elle avoit esté nourrie quelque temps avec la reyneElisabeth de France, estant sa coupiere, luy donnant à boire, d'autant que la reyne estoit servie de ses dames et filles, et chacunes avoit son estat, comme nous autres gentilshommes à l'entour de nos roys. Cette princesse fut mariée avec le comte d'Eu, fils aisné de M. de Nevers, elle digne de luy, et luy très-digne d'elle, car c'estoit un des beaux et agréables princes de son temps, et pour ce il fut aimé et recherché des belles et honnestes de la Cour, et entr'autres d'une qui estoit telle, et avec ce très-excorte et habile. Advint qu'il prit un jour à sa femme une bague dans son doigt fort belle, d'un diamant de quinze cents à deux mille escus, que la reyne d'Espagne luy avoit donnée à son départ. Ce prince, voyant que sa maistresse la luy loüoit fort et monstroit envie de la vouloir, luy, qui estoit très-magnanime et libéral, la luy donna librement, luy faisant accroire qu'il l'avoit gagnée à la paulme: elle ne la refusa point, et la prit fort privément, et, pour l'amour de luy, la portoit toujours au doigt; si bien que madame de Nevers (à qui monsieur son mary avoit fait accroire qu'il l'avoit perdue à la paulme, ou bien qu'elle demeuroit en gage) vint à voir la bague entre les mains de cette damoiselle, qu'elle sçavoit bien estre la maistresse de son mary. Elle fut si sage et si fort commandante à soy, que changeant seulement de couleur, et rongeant tout doucement son despit, sans faire autre semblant, tourna la teste de l'austre côté, et jamais n'en sonna mot à son mary ni à sa maistresse. En quoy elle fut fort à louer, pour ne contrefaire de l'accariastre, et se courroucer, et escandaliser la damoiselle, comme plusieurs autres que je sçay qui en eussent donné plaisir à la compagnie, et occasion d'en causer et en mesdire. Voilà comment la modestie en telles choses y est fort nécessaire et très-bonne, et aussi qu'il y a là de l'heur et du malheur aussi-bien qu'ailleurs; car telles dames y a-t-il qui ne sçauroient marcher ni broncher le moins du monde sur leur honneur, et en taster seulement du petit bout du doigt, que les voilà aussitost descriées, divulguées et pasquinées par-tout. D'autres y a-t-il, qui à pleines voiles voguent dans la mer et douces eaux de Vénus, et à corps nuds et estendus y nagent à nages estendues, et y folastrent leurs corps, et voyagent vers Cypre au temple de Vénus et ses jardins, et si délectent comme il leur plaist: au diable si l'on parle d'elles, ny plus ny moins que si jamais ne fussent esté nées. Ainsi la fortune favorise les unes et défavorise les autres en mesdisance; comme j'en ay veu plusieurs en mon temps, et y en a encore.
—Du temps du roy Charles IX fut fait un pasquin à Fontainebleau, fort vilain et escandaleux, où il n'espargnoit les princesses et les plus grandes dames, ny autres. Que si l'on en eust sceu au vray l'auteur, il s'en fust trouvé très-mal. A Blois aussi, lorsque le mariage de la reyne de Navarre fut accordé avec le roy son mary, il s'en fit un autre, aussi fort escandaleux, contre une très-grande dame, dont on n'en peut sçavoir l'auteur; mais bien y eut-il de braves et vaillants gentilshommes qui y estoient compris, qui bravèrent fort et donnèrent force démentis en l'air. Tant d'autres se sont faits qu'on ne voyoit autre chose, ni de ce regne, ni de celuy du roy Henry troisiesme; dont entr'autres en fut fait un fort escandaleux en forme d'une chanson, et sur le chant d'une courante qui se dansoit pour lors à la Cour, et pour ce se chanta entre les pages et laquais en basse et haute note. Du temps du roy Henry III fut bien pis fait; car un gentilhomme, que j'ay ouy nommer et connu, fit un jour présent à sa maistresse d'un livre de peintures où il y avoit trente-deux dames grandes et moyennes de la Cour, peintes au naturel, couchées et se joüans avec leurs serviteurs peints de mesme et au naïf. Telles y avoit-il qui avoient deux ou trois serviteurs, telle plus, telle moins: et ces trente-deux dames représentoient plus de sept-vingts figures de celles de l'Aretin, toutes diverses. Les personnages estoient si bien représentez et au naturel, qu'il semblent qu'ils parlassent et le fissent; les unes déshabillées et nues, les autres vestues avec mesmes robes, coëffures, parements et habillements qu'elles portoient et qu'on les voyoit quelquefois. Les hommes tout de mesme. Bref, ce livre fut si curieusement peint et fait, qu'il n'y avoit rien que dire: aussi avoit-il cousté huit à neuf cents escus, et estoit tout enluminé. Cette dame le presta et monstra un jour à une autre sienne compagne et grande amie, laquelle estoit fort aimée et fort familière d'une grande dame qui estoit dans le livre, et des plus avant et au plus haut degré; ainsi que bien luy appartenoit, luy en fit cas. Elle, qui estoit curieuse du tout, voulut voir avec une grande dame sa cousine, qu'elle aymoit fort, laquelle l'avoit conviée au festin de cette veuë, et qui estoit aussi de la peinture comme d'autres. La visite en fut faite curieusement et avec grande peine, de feuillet à feuillet, sans en passer un à la légère: si-bien qu'elles y consumèrent deux bonnes heures de l'après disnée. Elles, au lieu de s'en estomaquer et de s'en fascher, ce fut à elles à en rire, et de les admirer et de les fixement considérer, et se ravir tellementen leurs sens sensuels et lubriques, qu'elles s'entremirent à s'entre-baiser à la colombine, et à s'entre-embrasser et passer plus outre, car elles avoient entre elles deux accoutumé ce jeu très-bien. Ces deux dames furent plus hardies et vaillantes et constantes qu'une qu'on m'a dit, qui, voyant un jour ce mesme livre avec deux autres de ses amyes, elle fut si ravie et entra en telle extase d'amour et d'ardent désir à l'imitation de ces lascives peintures, qu'elle ne peut voir qu'au quatriesme feuillet, et au cinquiesme elle tomba esvanouüie. Voilà un terrible évanoüissement! bien contraire à celuy d'Octavia, sœur de César Auguste, laquelle, oyant un jour réciter à Virgile les trois vers qu'il avoit faits de son fils Marcellus mort dont elle luy en donna trois mille escus pour les trois seulement, s'esvanoüit incontinent. Que c'est que d'amour, et d'une autre sorte!
—J'ay ouy conter, et lors j'estois à la Cour, qu'un grand prince de par le monde, vieux et fort âgé, et qui, depuis sa femme perdue, s'estoit fort continemment porté en veufvage, comme sa grande profession de sainteté le portoit, il voulut revoler en secondes nopces avec une très-belle, vertueuse et jeune princesse. Et, d'autant que depuis dix ans qu'il avoit esté veuf n'avoit touché à femme, et craignant d'en avoir oublié l'usage (comme si c'estoit un art qui s'oublie) et de recevoir un affront la première nuict de ses nopces, et ne faire rien qui vallust, pour ce il se voulut essayer, et par argent fit gagner une belle jeune fille, pucelle comme la femme qu'il devoit espouser: encore dit-on qu'il la fit choisir qu'elle ressemblast un peu des traicts du visage de sa femme future. La fortune fut si bonne pour luy, qu'il monstra n'avoir point oublié encore ses vieilles leçons, et son essay luy fut si heureux que, hardi et joyeux, il alla à l'assault du fort de sa femme, dont il en rapporta bonne victoire et réputation. Cet essay fut plus heureux que celuy d'un gentilhomme que j'ay ouy nommer, lequel estant fort jeune et nigault, pourtant son père le voulut marier. Il voulut premierement faire l'essay, pour sçavoir s'il seroit gentil compagnon avec sa femme; et pour ce, quelques mois avant, il recouvra quelque fille de joye belle, qu'il faisoit venir toutes les après-dinées dans la garesne de son père, car c'estoit en esté, et là il s'esbaudissoit et se rigoloit, sous la fraischeur des arbres verds et d'une fontaine, avec sa damoiselle qu'il faisoit rage: de façon qu'il ne craignoit nul homme pour faire cette diantrerie à sa femme. Mais le pis fut que, la soir des nopces, venant à joindresa femme, il ne peut rien faire. Qui fut esbahy; ce fut luy, et maugréer sa maudite pièce traistresse, qui luy avoit failly feu, ensemble le lieu où il estoit; puis, prenant courage, il dit à sa femme: «Mamye, je ne sçay que veut dire cecy, car tous les jours j'ay fait rage à la garesne de mon père;» et luy compta ses vaillances. «Dormons, et j'en suis d'avis, demain après disner je vous y meneray, et vous verrez autre jeu.» Ce qu'il fit, et sa femme s'en trouva bien; dont depuis à la Cour courut le proverbe: «Si je vous tenois à la garesne à mon pere, vous verriez ce que je sçaurois faire.» Pensez que le dieu des jardins, messer Priapus, les faunes et les satyres paillards, qui président aux bois, assistent-là aux bons compagnons, et leur favorisent leurs faits et exécutions. Tous essais pourtant ne sont pas pareils, ny ne portent pas coup tousjours, car, pour l'amour, j'y en ay veu et ouy dire plusieurs bons champions s'estre faillis à recorder leurs leçons et recoller leurs tesmoins quand ils venoient à la grande escole. Car les uns ou sont trop ardents et froids, ainsi que telles humeurs de glace et de chaud les y surprennent tout à coup; les autres ou sont perdus en extases d'un si souverain bien entre leurs bras; autres viennent appréhensifs; les autres tout à trac viennent flacqs, qu'ils ne sçauroient qu'en dire la cause; autres tout de vray ont l'esguillette noüée. Bref, il y a tant d'inconvénients inopinés qui là-dessus arrivent à l'improviste, que, si je les voulois raconter, je n'aurois fait de longtemps. Je m'en rapporte à plusieurs gens mariés et autres adventuriers d'amour, qui en sçauroient plus dire cent fois que moy. Tels essais sont bons pour les hommes, mais non pour les femmes; ainsi que j'ay ouy conter d'une mère et dame de qualite, laquelle, tenant une fille très-chère qu'elle avoit, et unique, l'ayant compromise à un honneste gentilhomme en mariage, avant que de l'y faire entrer, et craignant qu'elle ne peust souffrir ce premier et dur effort, à quoy on disoit le gentilhomme estre très-rude et fort proportionné, elle la fit essayer premièrement par un jeune page qu'elle avoit, assez grandet, une douzaine de fois, disant qu'il n'y avoit que la première ouverture fascheuse à faire, et que, se faisant un peu douce et petite au commencement, qu'elle endureroit la grande plus aisément; comme il advint, et qu'il y peut avoir de l'apparence. Cet essay est encore bien plus honneste et moins scandaleux qu'un qui me fut dit une fois en Italie, d'un pere qui avoit mariéson fils, qui estoit encore un jeune sot, avec une fort belle fille, à laquelle, tant fat qu'il estoit, il n'avoit rien peu faire ny la premiere ny la seconde nuit de ses nopces; et, comme il eut demandé et au fils et à la nore comme ils se trouvoient en mariage, et s'ils avoient triomphé, ils respondirent l'un et l'autre «Niente.—A quoi a-t-il tenu?» demanda à son fils. Il respondit tout follement qu'il ne sçavoit comment il falloit faire. Sur quoi il prit son fils par une main et la nore par une autre, et les mena tous deux en une chambre, et leur dit: «Or je vous veux donc monstrer comme il faut faire.» Et fit coucher sa nore sur un bout du lit, et lui fit bien eslargir les jambes; et puis dit à son fils: «Or voy comment je fais;» et dit à sa nore: «Ne bougez; non importe, il n'y a point de mal.» Et en mettant son membre bien arboré dedans, dit: «Advise bien comme je fais, et comme je dis:Dentro fuero, dentro fuero;» et répliqua souvent ces deux mots en s'advançant dedans et reculant, non pourtant tout dehors. Et ainsi, après ces fréquentes agitations et paroles,dentroetfuero, quand ce vint à la consommation, il se mit à dire brusquement et viste:Dentro, dentro, dentro, dentro, jusqu'à ce qu'il eust fait. Au diable le mot defuero. Et par ainsi, pensant faire du magister, il fut tout à plat adultère de sa nore, laquelle, ou qu'elle fist de la niaise, ou, pour mieux dire, de la fine, s'en trouva très-bien pour ce coup, voire pour d'autres que luy donna le fils et le pere et tout, possible pour luy mieux apprendre sa leçon, laquelle il ne luy voulut pas apprendre à demy ni à moitié, mais à perfection. Aussi toute leçon ne vaut rien autrement. J'ay ouy dire et conter à plusieurs amants adventuriers et bien fortunez, qu'ils ont veu plusieurs dames demeurées ainsi esvanouyes et pasmées estans dans ces doux alteres de plaisir; mais assez aisément pourtant retournoient à soy-mesmes: que plusieurs, quand elles sont là, elles s'escrient: «Hélas! je me meurs!» Je croy que cette mort leur est très-douce. Il y en a d'autres qui contournent les yeux en la teste pour telle délectation, comme si elles devoient mourir de la grande mort, et se laissant aller comme du tout immobiles et insensibles. D'autres ay-je ouy dire qui roidissent et tendent si violemment leurs nerfs, arteres et membres, qu'ils engendrent la goutecrampe; comme d'une autre que j'ay ouy dire, qui estoit si sujette qu'elle n'y pouvoit remédier.
D'autres font peter leurs os, comme si on leur rehabilloit de quelque rompure. J'ay ouy parler d'une, à propos de ses evanoüissements, qu'ainsi que son amoureux la manioit dessus un coffre, que, quand ce fut à la douce fin, elle se pasma de telle façon qu'elle se laissa tomber derrière le coffre à jambes ribaudaines, et s'engagea tellement entre le coffre et la tapisserie de la muraille, qu'ainsi qu'elle s'efforçoit à s'en dégager et que son amy lui aidoit, entra quelque compagnie qui la surprit faisant ainsi l'arbre fourchu, qui eut le loisir de voir un peu de ce qu'elle portoit, qui estoit tout très-beau pourtant; et fut à elle à couvrir le fait, en disant qu'un tel l'avoit poussée en se jouant ainsi derrière le coffre, et dire par beau semblant que jamais ne l'aymeroit. Cette dame courut bien plus grande fortune qu'une que j'ay ouy dire, laquelle, ainsi que son amy la tenoit embrassée et investie sur le bord de son lit, quand ce vint sur la douce fin qu'il eut achevé, et que par trop il s'estendoit, il avoit par cas des escarpins neufs qui avoient la semelle glissante, et s'appuyant sur des quarreaux plombez dont la chambre estoit pavée, qui sont fort sujets à faire glisser, il vint à se couler et glisser si bien sans se pouvoir arrester, que du pourpoint qu'il avoit, tout recouvert de clinquant, il en escorcha de telle façon le ventre, la motte, le cas et les cuisses de sa maistresse, que vous eussiez dit que les griffes d'un chat y avoient passé; ce qui cuisait si fort la dame qu'elle en fit un grand cri et ne s'en put engarder; mais le meilleur fut que la dame, parce que c'estoit en esté et faisoit grand chaud, s'estoit mise en appareil un peu plus lubrique que les autres fois, car elle n'avoit que sa chemise bien blanche et un manteau de satin blanc dessus, et les calleçons à part; si bien que le gentilhomme, après avoir fait sa glissade, fit précisément l'arrest du nez, de la bouche et du menton, sur le cas de sa maistresse, qui venoit fraischement d'estre barbouillé de son bouillon, que par deux fois desja il luy avoit versé dedans, et emply si fort qu'il en estoit sorty et regorgé la moitié sur les bords, dont par ainsi se barbouilla et nez, et bouche, et moustache, que vous eussiez dit qu'il venoit de frais de savoner sa barbe; dont la dame, oubliant son mal et son esgratigneure, s'en mit si fort à rire qu'elle luy dit: «Vous estes un beau fils, car vous avez bien lavé et nestoyé vostre barbe, d'autre chose pourtant que de savon de Naples.» La dame en fit le conte à une sienne compagne, et le gentilhomme à un sien compagnon. Voilà comment on l'a sçeu, pour avoir esté redit à d'autres; car le conte estoit bon et propre à faire rire. Etne faut point douter que ces dames, quand elles sont à part, parmy leurs amies plus privées, qu'elles ne s'en fassent des contes aussi bons que nous autres et ne s'entredisent leurs amours et leurs tours les plus secrets, et puis en rient à pleine bouche, et se mocquent de leurs galands, quand ils font quelque faute ou quelque action de risée et mocquerie. Et si font bien mieux; car elles se dérobent les unes les autres leurs serviteurs, non tant quelquefois pour l'amour, mais pour en tirer d'eux tous les secrets, menées et folies qu'ils ont faites avec elles; et en font leur profit, soit pour en attiser davantage leurs feux, soit pour vengeance, soit pour s'entre-faire la guerre les unes aux autres en leurs privez devis, quand elles sont ensemble. Un pareil livre de figures à ce précédent que je viens de dire, fut fait à Rome du temps du pape Sixte dernier mort, ainsi que j'ai dit ailleurs. Or c'est assez sur ce sujet parlé. Je voudrois volontiers de bon cœur que plusieurs langues de notre France se fussent corrigées de ces mal-dires, et se comportassent comme celles d'Espagne; lesquelles, sur la vie, n'oseroient toucher tant soit peu l'honneur des dames de grandeur et réputation; voire les honorent-ils de telle façon, que, si on les rencontre en quelque lieu que ce soit, et que l'on crie tant soit peulugar a las damas[117]tout le monde s'incline et leur porte-t-on tout honneur et révérence; et devant elles toutes insolences sont défendues sur la vie.
—Quand l'Impératrice, femme de l'empereur Charles, fit son entrée à Tolède, j'ay ouy dire que le marquis de Villane, l'un des grands seigneurs d'Espagne, pour avoir menacé un argusil qui l'avoit pressé de marcher et de s'advancer, il cuida estre en grande peine, parce que cette menace se fit en la présence de la dite Impératrice; et si ce fust esté en celle de l'Empereur n'en fust esté si grand bruit.
—Le duc de Féria estant en Flandre, et les reynes Eléonor et Marie marchans par pays, et leurs dames et filles après, et luy estant près de sa maistresse, et venant à prendre question contre un autre cavalier espagnol, tous deux cuidèrent perdre leurs vies, plus pour avoir fait tel scandale devant les Reynes et impératrices, que pour tout autre sujet. De mesmes don Carlos d'Avalos à Madrid, ainsi que la reyne Isabelle de France marchoit par la ville, s'il ne se fust soudain jetté dans une église qui sert là de refuge aux pauvres malheureux, il fust aussi-tosteste exécuté à la mort; et luy fallut eschapper desguisé et s'enfuyr d'Espagne, dont il en a esté toute sa vie banny et confiné en la plus misérable isle de toute l'Italie, qui est Lipary.
—Les boufons mesmes, qui ont tout privilege de parler, s'ils touchent les dames, en patissent; ainsi qu'il en arriva une fois à un qui s'appeloit Legat, que j'ai congneu. Un jour nostre reyne Elisabeth de France, en devisant et parlant des demeures de Madrid et Valladolid, combien elles étoient plaisantes et delectables, elle dit que de bon cœur elle voudroit que ces deux places fussent si proches qu'elle en pust toucher l'une d'un pied, et l'autre de l'autre; et ce disoit en eslargissant fort les jambes. Le dit boufon, qui ouyt cela, dit: «Et moy je voudrois être au beau mitan,con un carrajo de bourrico, para encargar y plantar la raya.» Il en fut bien foüetté à la cuisine; dont pourtant il n'avoit tort de faire ce souhait, car cette Reyne estoit l'une des belles, agréables et honnestes qui fust jamais en Espagne, et valoit bien estre désirée de cette façon, non pas de luy, mais de plus honnestes gens que luy cent mille fois. Je pense que ces messieurs les mesdisants et causeurs des dames voudroient bien avoir et joüir du privilege de liberté qu'ont les vendangeurs de la campagne de Naples au temps des vendanges, auxquels il est permis, tant qu'ils vendangent, de dire tous les mots, pouilles et injures à tous les passants qui vont et viennent sur les chemins; si-bien que vous les verriez crier, hurler après eux, et les arauder sans en espargner aucuns, et grands et moyens, et petits, de quelque estat qu'ils soyent; et, qui est le plaisir, n'en espargnent aussy les dames, princesses et grandes qu'elles soyent; si-bien que de mon temps j'ay ouy dire et vu que plusieurs d'entre elles, pour en avoir le plaisir, se donnoient des affaires et alloient exprès aux champs, et passoient par les chemins pour les ouyr gazouiller et entendre d'eux mille sallauderies et paroles lubriques qu'ils leur disoient et débagouloient, leur faisant la guerre de leurs paillardises et lubricitez, qu'elles exerçoient envers leurs maris et serviteurs, jusques à leur reprocher leurs amours et habitations avec leurs cochers, pages, laquais et estafiers qui les conduisoient; et, qui plus est, leur demandoient librement la courtoisie de leur compagnie, et qu'ils les assailleroient et traiteroient bien mieux que tous les autres; et ce disoient en franchissant naïvement et naturellement les mots sans autrement les déguiser. Elles en estoient quittes pour en rire leur saoul et enpasser leur temps, et leur en faire rendre response à leurs gens qui les accompagnoient, ainsi qu'il est permis d'en rendre le change. Les vendanges faites, ils se font treves de tels mots jusques à l'autre année, autrement en seroient recherchés et bien punis. On m'a dit que cette coustume dure encore, que beaucoup de gens en France voudroient bien qu'elle fust observée en quelque saison de l'année, pour avoir le plaisir de leurs mesdisances en toute seureté, qu'ils aiment tant. Or, pour faire fin, les dames doivent estre respectées par tout le monde, leurs amours et leurs faveurs tenues secrettes. C'est pourquoy l'Aretin disoit que, quand on estoit à ce point, les langues, que les amants et amantes s'entredonnent les uns aux autres, n'estoient desdiées tant pour se délecter, ny pour le plaisir qu'on y prenoit, que pour s'entrelier de langues ensemble et s'entrefaire le signal que l'on tienne caché le secret de leurs escoles, mesmes qu'aucuns lubriques et paillards maris imprudents se trouvent si libres et desbordez en paroles, que, ne se contentant des paillardises et lascivetez qu'ils commettent avec leurs femmes, les déclarent et publient à leurs compagnons et en font leurs contes; si bien que j'ay cogneu aucunes femmes en hayr leurs maris de mal mortel, et se retirer bien souvent des plaisirs qu'elles leur donnoient, pour ce sujet, ne voulant estre scandalisées, encore que ce fust un fait de femme à mary. M. du Bellay, le poëte, en ses tombeaux latins qu'il a composez, qui sont très-beaux, en a fait un d'un chien, qui me semble qu'il est digne estre mis ici, car il est fait à notre matiere, qui dit ainsi.
C'est-à-dire:
Par mon japper, j'ay chassé les larrons, et, pour me tenir muet, j'ay accule les amants: ainsi j'ay pleu à mon maistre, ainsi j'ai pleu à ma maistresse.
Par mon japper, j'ay chassé les larrons, et, pour me tenir muet, j'ay accule les amants: ainsi j'ay pleu à mon maistre, ainsi j'ai pleu à ma maistresse.
Si donc on doit aimer les animaux pour estre secrets, que doit-on faire des hommes pour se taire? Et s'il faut prendre advis pour ce sujet d'une courtisanne qui a esté des plus fameuses du temps passé, et de grande clergesse en son mestier qui estoit Lamïa, faire le peut-on; qui disoit de quoy une femme se contentoit leplus de son amant, c'estoit quand il estoit discret en propos et secret en ce qu'il faisoit; et surtout qu'elle hayssoit un vanteur qui se vantoit de ce qu'il ne faisoit pas et n'accomplissoit ce qu'il promettoit. Ce dernier s'entend en deux choses. De plus, disoit que la femme, bien qu'elle fist, ne vouloit jamais estre appelée putain n'y pour telle divulguée. Aussi dit-on d'elle que jamais elle ne se mocqua d'homme, ny homme oncques se mocqua d'elle ny mesdit. Telle dame savante en amour en peut bien donner leçon aux autres.
Or, c'est assez parlé de ce sujet; un autre mieux disant que moy l'eust pu mieux agrandir et embellir, c'est pourquoy je luy en quitte les armes et la plume.
NOTES:[1]A la fin de son Discours XLI,Des Capitaines étrangers, il promet de même cettecomparaison, augmentée du vieux Biron et du comte Maurice; mais elle manque.[2]Dans cet ouvrage, l'auteur qualifie telle dame debelle et honneste, dont pourtant il parle comme d'une fieffée p.....; mais lorsqu'il ajoute, comme il fait quelquefoisvertueuseàbelle et honneste, il insinue par là que la dame étoit sage et ne faisoi point parler d'elle.[3]Le fameux Bussi d'Amboise, Louis de Clermont, massacré le 19 août 1579, à un rendez-vous que lui avoit donné la comtesse de Monsoreau par le commandement de son mari. (De Thou. liv. LXVIII.)[4]René de Villequier, qui tua Françoise de La Marck, sa première femme.[5]LisezMelitene; c'est comme les anciens appeloient cette ville, dont le nom moderne dansMoreriestMeletin, en latinMalatia, dans l'Arménie, sur l'Euphrate.[6]Ou plutôtThomyris.[7]Sixte V[8]Le cardinal de Lorraine, du Perron et autres, avoient été représentés de même avec Catherine de Médicis, Marie Stuart et la duchesse de Guise, dans deux tableaux dont il est parlé dans laLégende du cardinal de Lorraine, folio 24, et dans leRéveille-matin des Français, pages 11 et 123. Voyez ci-dessous, à la fin du VIIelivre, la description d'un pareil livre de figures, et les mauvais effets qu'il produisit.[9]Bernardin Turisan, qui avoit pour enseigne la devise des Manuces, ses parents.[10]Ce livre, intituléla Somme des péchés et le remède d'iceux, imprimé à Lyon, chez Charles Pesnot, dès 1584, in-4^o, et diverses autres fois depuis, est de la composition de Jean Benedicti, cordelier de Bretagne, qui ne l'a pas moins rempli d'ordures et de saletés, que le jésuite Sanchez en a rempli son traitéde Matrimonio; et ce qu'il y a de fort singulier, c'est qu'un ouvrage si impur n'en est pas moins dédié à la sainte Vierge. Comme on voit, Brantôme et ses semblables savoient très-bien en faire leur profit, et y découvrir de nouveaux ragoûts de lubricité.[11]Ou Bonvisi.[12]Annius Verus: c'étoit le grand-père de cet empereur.[13]Antonomasie.[14]Voyez Ménage,Dict. étym., au motMascaret[15]Baudet ou Barbette, comme dit Mézeray.[16]C'est-à-dire,morte la bête, morte la rage ou le venin.[17]Dans ce proverbe, la furette est prise pour l'hermine, qui, dit-on, aime mieux se laisser prendre que de se salir.[18]Brantôme veut peut-être parler ici de Marguerite de France, sœur de Henri II, qui avait cet âge-là lorsqu'elle épousa le duc de Savoie.[19]C'est-à-dire: «Monsieur mon frère, présentement que vous êtes marié avec ma sœur et que vous en jouissez seul, il faut que vous sachiez qu'étant fille, tel et tel en ont joui. Ne vous inquiétez point du passé, parce que c'est peu de chose; mais gardez-vous de l'avenir, parce qu'il vous touche de bien plus près.»[20]Baptista Fulgosius, dont lesFactorum et Dictorum memorabilium libri IXont été imprimés diverses fois. Ce fait particulier se trouve dans le chapitre 3 du IXelivre.[21]C'est-à-dire: «Que la vache, qui a longtemps été attachée, court plus que celle qui a toujours en pleine liberté.»[22]François de Lorraine, duc de Guise, tué par Poltrot. Voy. Rem. sur le motAdultérin, page 547 duCath. d'Esp., édit. de 1699.[23]Cela pourroit bien regarder Henri de Lorraine, duc de Guise, tué à Blois.[24]Ceci pourroit encore mieux regarder Marguerite de Valois, le roi de Navarre, le duc d'Anjou et la Saint-Barthélemy.[25]C'est-à-dire, fait folie de son corps, comme on parle, parce qu'on va en pèlerinage à l'église de ce saint pour être guéri de la folie.[26]C'est-à-dire, sinon chastement, du moins finement.[27]C'est-a-dire, sous les couvertes, ou en cachette.[28]Accortement.[29]C'est-à-dire: Le peril passé, l'on se moque du saint.[30]Joachim du Bellay, dans saContre-Repentie, f. 444, A. de ses Œuvres, 1576.Mere d'amour, suivant mes premiers vœux,Dessous tes loix remettre je me veux,Dont je voudrois n'estre jamais sortie;Et me repens de m'estre repentie.[31]Ces sortes de cadenas étoient déjà en usage à Venise.[32]Guerdon, galardon, qui dardonne, premio, ricompensa, dit leFranciosini.[33]On a appelé Guillot le Songeur tout homme songeard, du chevalier Juillan le Pensif, l'un des personnages de l'Amadis.[34]Ou n'a point ce discours ou chapitre.[35]C'est-à-dire: pour délivrer une âme chrétienne de l'enfer.[36]A qui on demandoit.[37]C'est-à-dire: l'amour ne se surmonte que par le dédain.[38]Cette femme ressemble assez à cette Godarde de Blois, huguenote, pendu pour adultère en 1563.[39]C'est-à-dire: Eh! fais-lui charité par pitié.[40]On accusa la comtesse de Senizon de l'avoir fait évader, et on lui en fit une affaire.[41]Proverbe qui marque le peu de liaison qu'il y a entre les dons de la nature et les qualités de l'âme.[42]De l'italiendispositare; c'est-à-dire qu'on dispose et trouve à se défaire des pierreries comme des meilleures denrées.[43]Tout cela est renversé et estropié. Il faut:Si tibi simplicitas uxoria deditus uni:Est animus. . . . . . . .. . . . . . . . . . . .Nil unquam invitâ donabis conjuge: vendesHac obstante nihil; nihil, hæc si nolet, emetur.JUVENAL. Sat. VI, 205 et 6, 211 et 12.C'est-à-dire: «Si vous vous attachez uniquement à votre femme....., vous ne pourrez rien donner, ni vendre, ni acheter, à moins qu'elle n'y consente.»[44]Le Vediscours suivant.[45]Bardot, synonyme d'âne. Ici,passer par bardot, se dit des vieilles qui son réduites à laisser passer pourbardotl'amant qui les caresse.[46]Escharse.[47]Qui perd une putain gagne beaucoup.[48]Il est à croire qu'il multiplie leurs feux.[49]O trop dure loi de l'honneur, pourquoi nous interdis-tu ce à quoi nous excite la nature? Elle nous accorde aussi abondamment que libéralement, ainsi qu'a tous les animaux, l'usage de l'amour. Mais l'homme, trompeur et perfide, ne connaissant que trop bien la vigueur de nos reins, a établi cette loi pleine d'erreur pour cacher ainsi la faiblesse des siens.[50]Là où il n'y a point d'homme, on commet pourtant l'adultère.[51]C'est-à-dire: me baisait et me faisait pâmer de plaisir.Alentir, dans Nicot, se dit de la douleur, ou des forces qui diminuent ou se ralentissent.[52]Par corruption pourgaude mihi.[53]Mehun on Meun.[54]Voyez.[55]Voyez Bayle,Dict. crit., au motBuridan. Villon, dans sa ballade desDames des temps jadis:Semblablement où est la reine,Qui commanda que BuridanFust jeté en un sac en Seine?[56]La Vieille Courtisanne, fol. 449. B. desOEuvres poét. de Joach. du Bellay, édit. de 1597:De la vertu je sçavois deviser,Et je sçavois tellement eguiser,Que rien qu'honneur ne sortoit de ma bouche;Sage au parler et folastre à la couche.[57]Elles s'abandonnent comme chiennes, et sont muettes de la bouche comme pierres.[58]Se retirer à la barque.[59]Pardonnez-moi, madame; je ne veux point jaser, mais seulement agir et puis me retirer à la barque.[60]LeDivorce satyriqueattribue cette invention à la reine Marguerite, pour rendre le roi de Navarre, son mari, plus amoureux d'elle et plus lascif.[61]Ils sont pris d'un vieux livre français intitulé:De la louange et beauté des Dames. François Corniger les a mis en dix-huit vers latins. Vincentio Calmeta les a aussi mis en vers italiens, qui commencent parDolce Flaminia.[62]C'est-à-dire, était un peu brunette.[63]En françois, Charles de Bouvelles. On a de lui plusieurs ouvrages.[64]C'est un in-4^o imprimé à Paris, chez Ascensius, le 3 des nones de décembre 1511.[65]Ah! ne me touchez pas.[66]Les ladres, les ladresses.[67]C'est-à-dire: Madame, je vous baise les pieds et les mains.[68]C'est-à-dire: Monsieur, la station du milieu est bien meilleure.[69]On en a dit autant de Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV, à cela pres qu'à ceux de ses pages à qui ses charmes donnaient de la tentation elle donnait quelques louis pour pouvoir se satisfaire ailleurs.[70]Le Voyage du Prince.[71]Plus magnifique que les fêtes de Bains.[72]Roman de Boccace traduit par Adrien Sevin.[73]Le titre deRoi des Romainsn'est proprement qu'une station pour parvenir à la dignité d'Empereur.[74]Discours I.[75]Confidentes.[76]Ahanoit: se fatiguait. De l'espagnolafanar, qui répond à notreahaner.[77]Sublin: fin, rusé.[78]Discours I.[79]L'honneur de la citadelle est sauvé.[80]Caunus.[81]C'est-à-dire: D'une mule qui fait hin, et d'une fille qui parle latin, délivre nous, Seigneur.[82]Alberic de Rosate, au motMatrimoniumde sonDictionnaire, rapporte un exemple tout pareil.Barbatiasdit même quelque chose de plus, qu'un garçon de sept ans engrossa sa nourrice.[83]La reine-mèreCatherine de Médicis. L'auteur la nomme dans son discours desDames illustres, où il fait le même conte.[84]Apparemmentcontrition.[85]Servie.[86]Alteres.[87]D'Enghien.[88]André de Soleillas, évêque deRiezen Provence, en 1576. Il avait une maitresse qui contrefaisoit la bigote, mais dont l'hypocrisie ne trompa pas le roi Henri IV. Ce prince reprochoit plaisamment à cette dame ses amours, en lui disant qu'elle ne se plaisait qu'aujeûne et à l'oraison.[89]Fringuer, dans Oudin, c'est icifar l'atto venero. Cette veufve, non contente d'avoir triomphé de trois maris, vouloit encore combattre sur cette même couche, déjà jonchée des lauriers qu'elle avoit remportés de ses victoires passées.[90]Henri II, qui préféroit à la reine sa femme, qui étoit jeune, la duchesse de Valentinois déjà vieille, et qui avait été la maîtresse du roi son père.[91]Je n'ai point connu la vieille.[92]Environ l'an 400 de l'ère chrétienne, saint Jérôme vit les funérailles de la femme, et c'est lui qui rapporte le fait en question.Epist. XCI ad Ageruchiam, de Monogamid.[93]Thesmophoria.[94]Dépêchez-vous donc, car ils vont me venir chercher pour me faire religieuse, et m'emmener au couvent.[95]Ce fut à elle que Henri IV dit au bal, qu'elle avoit employé le verd et le sec pour divertir la compagnie. Il lui fit cette raillerie, dit Le Laboureur, parce que cette femme n'épargnoit la réputation d'aucune dame.[96]Suivant Rabelais, on appellepoultreune jument non encore saillie. Ainsi Bussy parloit incongrument.[97]On ne parle point, madame est en compagnie.[98]Que d'une vieille poule on fait un meilleur bouillon que d'une autre.[99]La Mothe.[100]De haute apparence.[101]Decubinus, diminutif decubus, comme qui diroità quatre pointesou bosses.[102]Il n'importe pas que la cloche ait quelque défaut, pourvu que son battant soit bon.[103]Pour voiler la chose.[104]Forbany.[105]Le duc d'Anjou, depuis Henri III.[106]Qu'avez-vous fait?[107]Rien.[108]Ah! poltron, sans cœur! vous n'avez rien fait! Que maudite soit votre poltronnerie.[109]Le père des soldats.[110]La mère.[111]Louis XI passe généralement, non-seulement pour avoir raconté beaucoup de contes, avec tout ce qu'il y avoit de jeunes seigneurs à la Cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, où il s'étoit réfugié étant Dauphin, mais même pour avoir pris soin de faire recueillir et de publier ensuite, dans le même ordre où nous l'avons, le recueil intitulé:Cent Nouvelles nouvelles, lequel en soy contient cent chapitres ou histoires, composées ou récitées par nouvelles gens depuis naguères; et cela se trouve confirmé par ces mots de l'ancienne préface ou avertissement, qui paroît avoir été fait de son temps: «Et notez que par toutes lesNouvellesoù il est ditpar monseigneur, il est entendu monseigneur le Dauphin, lequel depuis a succédé à la couronne et est le roy Loüis XI; car il estoit lors ès pays du duc de Bourgogne.» Mais comme il est bien certain que ce prince ne se retira en Brabant qu'à la fin de l'année 1456, et ne rentra en France qu'en août 1461, il est absolument impossible que ce recueil ait paru en France vers 1455, comme on le débite inconsidérément dans la préface de ses nouvelles éditions. On en a deux anciennes: l'une de Paris, en 1486, in-folio; l'autre encore de Paris, chez la veuve de Johan Trepere, sans date, aussi in-folio; et deux nouvelles, accompagnées de mauvaises figures, et imprimées à Cologne, chez Pierre Gaillard, en 1701 et 1736, en deux volumes in-8.[112]Le péché de luxure.[113]Ce conte, que Brantôme dit tenir des anciens de la Cour, est pris presque mot pour mot de J. Bouchet, dans sesAnnales d'Aquitaine, édit. de 1644, pag. 473, au nom des trois dames près, qui est apparemment ce qu'il veut dire qu'il tenoit de bon lieu.[114]Françoise de Rohan, dame de La Garnache, si nous en croyons Bayle,Dict. crit., pag. 1317 de la deuxième édition. Mais je doute que lui-même en fût bien persuadé, puisque, dans la citation de ce passage de Brantôme, il n'a jugé à propos de marquer que par des points certaines paroles qui ne conviennent nullement à la dame de La Garnache; savoir, que d'abord on disoit que cette dame ne s'étoit laissé engrosse qu'en nom de mariage, et qu'après on sut le contraire.[115]Danse d'Allemagne; les Allemands appellent ce branleFackeldantz.[116]On n'a point ce chapitre ou discours.[117]Honneur aux dames.
NOTES:
[1]A la fin de son Discours XLI,Des Capitaines étrangers, il promet de même cettecomparaison, augmentée du vieux Biron et du comte Maurice; mais elle manque.
[1]A la fin de son Discours XLI,Des Capitaines étrangers, il promet de même cettecomparaison, augmentée du vieux Biron et du comte Maurice; mais elle manque.
[2]Dans cet ouvrage, l'auteur qualifie telle dame debelle et honneste, dont pourtant il parle comme d'une fieffée p.....; mais lorsqu'il ajoute, comme il fait quelquefoisvertueuseàbelle et honneste, il insinue par là que la dame étoit sage et ne faisoi point parler d'elle.
[2]Dans cet ouvrage, l'auteur qualifie telle dame debelle et honneste, dont pourtant il parle comme d'une fieffée p.....; mais lorsqu'il ajoute, comme il fait quelquefoisvertueuseàbelle et honneste, il insinue par là que la dame étoit sage et ne faisoi point parler d'elle.
[3]Le fameux Bussi d'Amboise, Louis de Clermont, massacré le 19 août 1579, à un rendez-vous que lui avoit donné la comtesse de Monsoreau par le commandement de son mari. (De Thou. liv. LXVIII.)
[3]Le fameux Bussi d'Amboise, Louis de Clermont, massacré le 19 août 1579, à un rendez-vous que lui avoit donné la comtesse de Monsoreau par le commandement de son mari. (De Thou. liv. LXVIII.)
[4]René de Villequier, qui tua Françoise de La Marck, sa première femme.
[4]René de Villequier, qui tua Françoise de La Marck, sa première femme.
[5]LisezMelitene; c'est comme les anciens appeloient cette ville, dont le nom moderne dansMoreriestMeletin, en latinMalatia, dans l'Arménie, sur l'Euphrate.
[5]LisezMelitene; c'est comme les anciens appeloient cette ville, dont le nom moderne dansMoreriestMeletin, en latinMalatia, dans l'Arménie, sur l'Euphrate.
[6]Ou plutôtThomyris.
[6]Ou plutôtThomyris.
[7]Sixte V
[7]Sixte V
[8]Le cardinal de Lorraine, du Perron et autres, avoient été représentés de même avec Catherine de Médicis, Marie Stuart et la duchesse de Guise, dans deux tableaux dont il est parlé dans laLégende du cardinal de Lorraine, folio 24, et dans leRéveille-matin des Français, pages 11 et 123. Voyez ci-dessous, à la fin du VIIelivre, la description d'un pareil livre de figures, et les mauvais effets qu'il produisit.
[8]Le cardinal de Lorraine, du Perron et autres, avoient été représentés de même avec Catherine de Médicis, Marie Stuart et la duchesse de Guise, dans deux tableaux dont il est parlé dans laLégende du cardinal de Lorraine, folio 24, et dans leRéveille-matin des Français, pages 11 et 123. Voyez ci-dessous, à la fin du VIIelivre, la description d'un pareil livre de figures, et les mauvais effets qu'il produisit.
[9]Bernardin Turisan, qui avoit pour enseigne la devise des Manuces, ses parents.
[9]Bernardin Turisan, qui avoit pour enseigne la devise des Manuces, ses parents.
[10]Ce livre, intituléla Somme des péchés et le remède d'iceux, imprimé à Lyon, chez Charles Pesnot, dès 1584, in-4^o, et diverses autres fois depuis, est de la composition de Jean Benedicti, cordelier de Bretagne, qui ne l'a pas moins rempli d'ordures et de saletés, que le jésuite Sanchez en a rempli son traitéde Matrimonio; et ce qu'il y a de fort singulier, c'est qu'un ouvrage si impur n'en est pas moins dédié à la sainte Vierge. Comme on voit, Brantôme et ses semblables savoient très-bien en faire leur profit, et y découvrir de nouveaux ragoûts de lubricité.
[10]Ce livre, intituléla Somme des péchés et le remède d'iceux, imprimé à Lyon, chez Charles Pesnot, dès 1584, in-4^o, et diverses autres fois depuis, est de la composition de Jean Benedicti, cordelier de Bretagne, qui ne l'a pas moins rempli d'ordures et de saletés, que le jésuite Sanchez en a rempli son traitéde Matrimonio; et ce qu'il y a de fort singulier, c'est qu'un ouvrage si impur n'en est pas moins dédié à la sainte Vierge. Comme on voit, Brantôme et ses semblables savoient très-bien en faire leur profit, et y découvrir de nouveaux ragoûts de lubricité.
[11]Ou Bonvisi.
[11]Ou Bonvisi.
[12]Annius Verus: c'étoit le grand-père de cet empereur.
[12]Annius Verus: c'étoit le grand-père de cet empereur.
[13]Antonomasie.
[13]Antonomasie.
[14]Voyez Ménage,Dict. étym., au motMascaret
[14]Voyez Ménage,Dict. étym., au motMascaret
[15]Baudet ou Barbette, comme dit Mézeray.
[15]Baudet ou Barbette, comme dit Mézeray.
[16]C'est-à-dire,morte la bête, morte la rage ou le venin.
[16]C'est-à-dire,morte la bête, morte la rage ou le venin.
[17]Dans ce proverbe, la furette est prise pour l'hermine, qui, dit-on, aime mieux se laisser prendre que de se salir.
[17]Dans ce proverbe, la furette est prise pour l'hermine, qui, dit-on, aime mieux se laisser prendre que de se salir.
[18]Brantôme veut peut-être parler ici de Marguerite de France, sœur de Henri II, qui avait cet âge-là lorsqu'elle épousa le duc de Savoie.
[18]Brantôme veut peut-être parler ici de Marguerite de France, sœur de Henri II, qui avait cet âge-là lorsqu'elle épousa le duc de Savoie.
[19]C'est-à-dire: «Monsieur mon frère, présentement que vous êtes marié avec ma sœur et que vous en jouissez seul, il faut que vous sachiez qu'étant fille, tel et tel en ont joui. Ne vous inquiétez point du passé, parce que c'est peu de chose; mais gardez-vous de l'avenir, parce qu'il vous touche de bien plus près.»
[19]C'est-à-dire: «Monsieur mon frère, présentement que vous êtes marié avec ma sœur et que vous en jouissez seul, il faut que vous sachiez qu'étant fille, tel et tel en ont joui. Ne vous inquiétez point du passé, parce que c'est peu de chose; mais gardez-vous de l'avenir, parce qu'il vous touche de bien plus près.»
[20]Baptista Fulgosius, dont lesFactorum et Dictorum memorabilium libri IXont été imprimés diverses fois. Ce fait particulier se trouve dans le chapitre 3 du IXelivre.
[20]Baptista Fulgosius, dont lesFactorum et Dictorum memorabilium libri IXont été imprimés diverses fois. Ce fait particulier se trouve dans le chapitre 3 du IXelivre.
[21]C'est-à-dire: «Que la vache, qui a longtemps été attachée, court plus que celle qui a toujours en pleine liberté.»
[21]C'est-à-dire: «Que la vache, qui a longtemps été attachée, court plus que celle qui a toujours en pleine liberté.»
[22]François de Lorraine, duc de Guise, tué par Poltrot. Voy. Rem. sur le motAdultérin, page 547 duCath. d'Esp., édit. de 1699.
[22]François de Lorraine, duc de Guise, tué par Poltrot. Voy. Rem. sur le motAdultérin, page 547 duCath. d'Esp., édit. de 1699.
[23]Cela pourroit bien regarder Henri de Lorraine, duc de Guise, tué à Blois.
[23]Cela pourroit bien regarder Henri de Lorraine, duc de Guise, tué à Blois.
[24]Ceci pourroit encore mieux regarder Marguerite de Valois, le roi de Navarre, le duc d'Anjou et la Saint-Barthélemy.
[24]Ceci pourroit encore mieux regarder Marguerite de Valois, le roi de Navarre, le duc d'Anjou et la Saint-Barthélemy.
[25]C'est-à-dire, fait folie de son corps, comme on parle, parce qu'on va en pèlerinage à l'église de ce saint pour être guéri de la folie.
[25]C'est-à-dire, fait folie de son corps, comme on parle, parce qu'on va en pèlerinage à l'église de ce saint pour être guéri de la folie.
[26]C'est-à-dire, sinon chastement, du moins finement.
[26]C'est-à-dire, sinon chastement, du moins finement.
[27]C'est-a-dire, sous les couvertes, ou en cachette.
[27]C'est-a-dire, sous les couvertes, ou en cachette.
[28]Accortement.
[28]Accortement.
[29]C'est-à-dire: Le peril passé, l'on se moque du saint.
[29]C'est-à-dire: Le peril passé, l'on se moque du saint.
[30]Joachim du Bellay, dans saContre-Repentie, f. 444, A. de ses Œuvres, 1576.Mere d'amour, suivant mes premiers vœux,Dessous tes loix remettre je me veux,Dont je voudrois n'estre jamais sortie;Et me repens de m'estre repentie.
[30]Joachim du Bellay, dans saContre-Repentie, f. 444, A. de ses Œuvres, 1576.
[31]Ces sortes de cadenas étoient déjà en usage à Venise.
[31]Ces sortes de cadenas étoient déjà en usage à Venise.
[32]Guerdon, galardon, qui dardonne, premio, ricompensa, dit leFranciosini.
[32]Guerdon, galardon, qui dardonne, premio, ricompensa, dit leFranciosini.
[33]On a appelé Guillot le Songeur tout homme songeard, du chevalier Juillan le Pensif, l'un des personnages de l'Amadis.
[33]On a appelé Guillot le Songeur tout homme songeard, du chevalier Juillan le Pensif, l'un des personnages de l'Amadis.
[34]Ou n'a point ce discours ou chapitre.
[34]Ou n'a point ce discours ou chapitre.
[35]C'est-à-dire: pour délivrer une âme chrétienne de l'enfer.
[35]C'est-à-dire: pour délivrer une âme chrétienne de l'enfer.
[36]A qui on demandoit.
[36]A qui on demandoit.
[37]C'est-à-dire: l'amour ne se surmonte que par le dédain.
[37]C'est-à-dire: l'amour ne se surmonte que par le dédain.
[38]Cette femme ressemble assez à cette Godarde de Blois, huguenote, pendu pour adultère en 1563.
[38]Cette femme ressemble assez à cette Godarde de Blois, huguenote, pendu pour adultère en 1563.
[39]C'est-à-dire: Eh! fais-lui charité par pitié.
[39]C'est-à-dire: Eh! fais-lui charité par pitié.
[40]On accusa la comtesse de Senizon de l'avoir fait évader, et on lui en fit une affaire.
[40]On accusa la comtesse de Senizon de l'avoir fait évader, et on lui en fit une affaire.
[41]Proverbe qui marque le peu de liaison qu'il y a entre les dons de la nature et les qualités de l'âme.
[41]Proverbe qui marque le peu de liaison qu'il y a entre les dons de la nature et les qualités de l'âme.
[42]De l'italiendispositare; c'est-à-dire qu'on dispose et trouve à se défaire des pierreries comme des meilleures denrées.
[42]De l'italiendispositare; c'est-à-dire qu'on dispose et trouve à se défaire des pierreries comme des meilleures denrées.
[43]Tout cela est renversé et estropié. Il faut:Si tibi simplicitas uxoria deditus uni:Est animus. . . . . . . .. . . . . . . . . . . .Nil unquam invitâ donabis conjuge: vendesHac obstante nihil; nihil, hæc si nolet, emetur.JUVENAL. Sat. VI, 205 et 6, 211 et 12.C'est-à-dire: «Si vous vous attachez uniquement à votre femme....., vous ne pourrez rien donner, ni vendre, ni acheter, à moins qu'elle n'y consente.»
[43]Tout cela est renversé et estropié. Il faut:
C'est-à-dire: «Si vous vous attachez uniquement à votre femme....., vous ne pourrez rien donner, ni vendre, ni acheter, à moins qu'elle n'y consente.»
[44]Le Vediscours suivant.
[44]Le Vediscours suivant.
[45]Bardot, synonyme d'âne. Ici,passer par bardot, se dit des vieilles qui son réduites à laisser passer pourbardotl'amant qui les caresse.
[45]Bardot, synonyme d'âne. Ici,passer par bardot, se dit des vieilles qui son réduites à laisser passer pourbardotl'amant qui les caresse.
[46]Escharse.
[46]Escharse.
[47]Qui perd une putain gagne beaucoup.
[47]Qui perd une putain gagne beaucoup.
[48]Il est à croire qu'il multiplie leurs feux.
[48]Il est à croire qu'il multiplie leurs feux.
[49]O trop dure loi de l'honneur, pourquoi nous interdis-tu ce à quoi nous excite la nature? Elle nous accorde aussi abondamment que libéralement, ainsi qu'a tous les animaux, l'usage de l'amour. Mais l'homme, trompeur et perfide, ne connaissant que trop bien la vigueur de nos reins, a établi cette loi pleine d'erreur pour cacher ainsi la faiblesse des siens.
[49]O trop dure loi de l'honneur, pourquoi nous interdis-tu ce à quoi nous excite la nature? Elle nous accorde aussi abondamment que libéralement, ainsi qu'a tous les animaux, l'usage de l'amour. Mais l'homme, trompeur et perfide, ne connaissant que trop bien la vigueur de nos reins, a établi cette loi pleine d'erreur pour cacher ainsi la faiblesse des siens.
[50]Là où il n'y a point d'homme, on commet pourtant l'adultère.
[50]Là où il n'y a point d'homme, on commet pourtant l'adultère.
[51]C'est-à-dire: me baisait et me faisait pâmer de plaisir.Alentir, dans Nicot, se dit de la douleur, ou des forces qui diminuent ou se ralentissent.
[51]C'est-à-dire: me baisait et me faisait pâmer de plaisir.Alentir, dans Nicot, se dit de la douleur, ou des forces qui diminuent ou se ralentissent.
[52]Par corruption pourgaude mihi.
[52]Par corruption pourgaude mihi.
[53]Mehun on Meun.
[53]Mehun on Meun.
[54]Voyez.
[54]Voyez.
[55]Voyez Bayle,Dict. crit., au motBuridan. Villon, dans sa ballade desDames des temps jadis:Semblablement où est la reine,Qui commanda que BuridanFust jeté en un sac en Seine?
[55]Voyez Bayle,Dict. crit., au motBuridan. Villon, dans sa ballade desDames des temps jadis:
[56]La Vieille Courtisanne, fol. 449. B. desOEuvres poét. de Joach. du Bellay, édit. de 1597:De la vertu je sçavois deviser,Et je sçavois tellement eguiser,Que rien qu'honneur ne sortoit de ma bouche;Sage au parler et folastre à la couche.
[56]La Vieille Courtisanne, fol. 449. B. desOEuvres poét. de Joach. du Bellay, édit. de 1597:
[57]Elles s'abandonnent comme chiennes, et sont muettes de la bouche comme pierres.
[57]Elles s'abandonnent comme chiennes, et sont muettes de la bouche comme pierres.
[58]Se retirer à la barque.
[58]Se retirer à la barque.
[59]Pardonnez-moi, madame; je ne veux point jaser, mais seulement agir et puis me retirer à la barque.
[59]Pardonnez-moi, madame; je ne veux point jaser, mais seulement agir et puis me retirer à la barque.
[60]LeDivorce satyriqueattribue cette invention à la reine Marguerite, pour rendre le roi de Navarre, son mari, plus amoureux d'elle et plus lascif.
[60]LeDivorce satyriqueattribue cette invention à la reine Marguerite, pour rendre le roi de Navarre, son mari, plus amoureux d'elle et plus lascif.
[61]Ils sont pris d'un vieux livre français intitulé:De la louange et beauté des Dames. François Corniger les a mis en dix-huit vers latins. Vincentio Calmeta les a aussi mis en vers italiens, qui commencent parDolce Flaminia.
[61]Ils sont pris d'un vieux livre français intitulé:De la louange et beauté des Dames. François Corniger les a mis en dix-huit vers latins. Vincentio Calmeta les a aussi mis en vers italiens, qui commencent parDolce Flaminia.
[62]C'est-à-dire, était un peu brunette.
[62]C'est-à-dire, était un peu brunette.
[63]En françois, Charles de Bouvelles. On a de lui plusieurs ouvrages.
[63]En françois, Charles de Bouvelles. On a de lui plusieurs ouvrages.
[64]C'est un in-4^o imprimé à Paris, chez Ascensius, le 3 des nones de décembre 1511.
[64]C'est un in-4^o imprimé à Paris, chez Ascensius, le 3 des nones de décembre 1511.
[65]Ah! ne me touchez pas.
[65]Ah! ne me touchez pas.
[66]Les ladres, les ladresses.
[66]Les ladres, les ladresses.
[67]C'est-à-dire: Madame, je vous baise les pieds et les mains.
[67]C'est-à-dire: Madame, je vous baise les pieds et les mains.
[68]C'est-à-dire: Monsieur, la station du milieu est bien meilleure.
[68]C'est-à-dire: Monsieur, la station du milieu est bien meilleure.
[69]On en a dit autant de Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV, à cela pres qu'à ceux de ses pages à qui ses charmes donnaient de la tentation elle donnait quelques louis pour pouvoir se satisfaire ailleurs.
[69]On en a dit autant de Mademoiselle, cousine germaine de Louis XIV, à cela pres qu'à ceux de ses pages à qui ses charmes donnaient de la tentation elle donnait quelques louis pour pouvoir se satisfaire ailleurs.
[70]Le Voyage du Prince.
[70]Le Voyage du Prince.
[71]Plus magnifique que les fêtes de Bains.
[71]Plus magnifique que les fêtes de Bains.
[72]Roman de Boccace traduit par Adrien Sevin.
[72]Roman de Boccace traduit par Adrien Sevin.
[73]Le titre deRoi des Romainsn'est proprement qu'une station pour parvenir à la dignité d'Empereur.
[73]Le titre deRoi des Romainsn'est proprement qu'une station pour parvenir à la dignité d'Empereur.
[74]Discours I.
[74]Discours I.
[75]Confidentes.
[75]Confidentes.
[76]Ahanoit: se fatiguait. De l'espagnolafanar, qui répond à notreahaner.
[76]Ahanoit: se fatiguait. De l'espagnolafanar, qui répond à notreahaner.
[77]Sublin: fin, rusé.
[77]Sublin: fin, rusé.
[78]Discours I.
[78]Discours I.
[79]L'honneur de la citadelle est sauvé.
[79]L'honneur de la citadelle est sauvé.
[80]Caunus.
[80]Caunus.
[81]C'est-à-dire: D'une mule qui fait hin, et d'une fille qui parle latin, délivre nous, Seigneur.
[81]C'est-à-dire: D'une mule qui fait hin, et d'une fille qui parle latin, délivre nous, Seigneur.
[82]Alberic de Rosate, au motMatrimoniumde sonDictionnaire, rapporte un exemple tout pareil.Barbatiasdit même quelque chose de plus, qu'un garçon de sept ans engrossa sa nourrice.
[82]Alberic de Rosate, au motMatrimoniumde sonDictionnaire, rapporte un exemple tout pareil.Barbatiasdit même quelque chose de plus, qu'un garçon de sept ans engrossa sa nourrice.
[83]La reine-mèreCatherine de Médicis. L'auteur la nomme dans son discours desDames illustres, où il fait le même conte.
[83]La reine-mèreCatherine de Médicis. L'auteur la nomme dans son discours desDames illustres, où il fait le même conte.
[84]Apparemmentcontrition.
[84]Apparemmentcontrition.
[85]Servie.
[85]Servie.
[86]Alteres.
[86]Alteres.
[87]D'Enghien.
[87]D'Enghien.
[88]André de Soleillas, évêque deRiezen Provence, en 1576. Il avait une maitresse qui contrefaisoit la bigote, mais dont l'hypocrisie ne trompa pas le roi Henri IV. Ce prince reprochoit plaisamment à cette dame ses amours, en lui disant qu'elle ne se plaisait qu'aujeûne et à l'oraison.
[88]André de Soleillas, évêque deRiezen Provence, en 1576. Il avait une maitresse qui contrefaisoit la bigote, mais dont l'hypocrisie ne trompa pas le roi Henri IV. Ce prince reprochoit plaisamment à cette dame ses amours, en lui disant qu'elle ne se plaisait qu'aujeûne et à l'oraison.
[89]Fringuer, dans Oudin, c'est icifar l'atto venero. Cette veufve, non contente d'avoir triomphé de trois maris, vouloit encore combattre sur cette même couche, déjà jonchée des lauriers qu'elle avoit remportés de ses victoires passées.
[89]Fringuer, dans Oudin, c'est icifar l'atto venero. Cette veufve, non contente d'avoir triomphé de trois maris, vouloit encore combattre sur cette même couche, déjà jonchée des lauriers qu'elle avoit remportés de ses victoires passées.
[90]Henri II, qui préféroit à la reine sa femme, qui étoit jeune, la duchesse de Valentinois déjà vieille, et qui avait été la maîtresse du roi son père.
[90]Henri II, qui préféroit à la reine sa femme, qui étoit jeune, la duchesse de Valentinois déjà vieille, et qui avait été la maîtresse du roi son père.
[91]Je n'ai point connu la vieille.
[91]Je n'ai point connu la vieille.
[92]Environ l'an 400 de l'ère chrétienne, saint Jérôme vit les funérailles de la femme, et c'est lui qui rapporte le fait en question.Epist. XCI ad Ageruchiam, de Monogamid.
[92]Environ l'an 400 de l'ère chrétienne, saint Jérôme vit les funérailles de la femme, et c'est lui qui rapporte le fait en question.Epist. XCI ad Ageruchiam, de Monogamid.
[93]Thesmophoria.
[93]Thesmophoria.
[94]Dépêchez-vous donc, car ils vont me venir chercher pour me faire religieuse, et m'emmener au couvent.
[94]Dépêchez-vous donc, car ils vont me venir chercher pour me faire religieuse, et m'emmener au couvent.
[95]Ce fut à elle que Henri IV dit au bal, qu'elle avoit employé le verd et le sec pour divertir la compagnie. Il lui fit cette raillerie, dit Le Laboureur, parce que cette femme n'épargnoit la réputation d'aucune dame.
[95]Ce fut à elle que Henri IV dit au bal, qu'elle avoit employé le verd et le sec pour divertir la compagnie. Il lui fit cette raillerie, dit Le Laboureur, parce que cette femme n'épargnoit la réputation d'aucune dame.
[96]Suivant Rabelais, on appellepoultreune jument non encore saillie. Ainsi Bussy parloit incongrument.
[96]Suivant Rabelais, on appellepoultreune jument non encore saillie. Ainsi Bussy parloit incongrument.
[97]On ne parle point, madame est en compagnie.
[97]On ne parle point, madame est en compagnie.
[98]Que d'une vieille poule on fait un meilleur bouillon que d'une autre.
[98]Que d'une vieille poule on fait un meilleur bouillon que d'une autre.
[99]La Mothe.
[99]La Mothe.
[100]De haute apparence.
[100]De haute apparence.
[101]Decubinus, diminutif decubus, comme qui diroità quatre pointesou bosses.
[101]Decubinus, diminutif decubus, comme qui diroità quatre pointesou bosses.
[102]Il n'importe pas que la cloche ait quelque défaut, pourvu que son battant soit bon.
[102]Il n'importe pas que la cloche ait quelque défaut, pourvu que son battant soit bon.
[103]Pour voiler la chose.
[103]Pour voiler la chose.
[104]Forbany.
[104]Forbany.
[105]Le duc d'Anjou, depuis Henri III.
[105]Le duc d'Anjou, depuis Henri III.
[106]Qu'avez-vous fait?
[106]Qu'avez-vous fait?
[107]Rien.
[107]Rien.
[108]Ah! poltron, sans cœur! vous n'avez rien fait! Que maudite soit votre poltronnerie.
[108]Ah! poltron, sans cœur! vous n'avez rien fait! Que maudite soit votre poltronnerie.
[109]Le père des soldats.
[109]Le père des soldats.
[110]La mère.
[110]La mère.
[111]Louis XI passe généralement, non-seulement pour avoir raconté beaucoup de contes, avec tout ce qu'il y avoit de jeunes seigneurs à la Cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, où il s'étoit réfugié étant Dauphin, mais même pour avoir pris soin de faire recueillir et de publier ensuite, dans le même ordre où nous l'avons, le recueil intitulé:Cent Nouvelles nouvelles, lequel en soy contient cent chapitres ou histoires, composées ou récitées par nouvelles gens depuis naguères; et cela se trouve confirmé par ces mots de l'ancienne préface ou avertissement, qui paroît avoir été fait de son temps: «Et notez que par toutes lesNouvellesoù il est ditpar monseigneur, il est entendu monseigneur le Dauphin, lequel depuis a succédé à la couronne et est le roy Loüis XI; car il estoit lors ès pays du duc de Bourgogne.» Mais comme il est bien certain que ce prince ne se retira en Brabant qu'à la fin de l'année 1456, et ne rentra en France qu'en août 1461, il est absolument impossible que ce recueil ait paru en France vers 1455, comme on le débite inconsidérément dans la préface de ses nouvelles éditions. On en a deux anciennes: l'une de Paris, en 1486, in-folio; l'autre encore de Paris, chez la veuve de Johan Trepere, sans date, aussi in-folio; et deux nouvelles, accompagnées de mauvaises figures, et imprimées à Cologne, chez Pierre Gaillard, en 1701 et 1736, en deux volumes in-8.
[111]Louis XI passe généralement, non-seulement pour avoir raconté beaucoup de contes, avec tout ce qu'il y avoit de jeunes seigneurs à la Cour de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, où il s'étoit réfugié étant Dauphin, mais même pour avoir pris soin de faire recueillir et de publier ensuite, dans le même ordre où nous l'avons, le recueil intitulé:Cent Nouvelles nouvelles, lequel en soy contient cent chapitres ou histoires, composées ou récitées par nouvelles gens depuis naguères; et cela se trouve confirmé par ces mots de l'ancienne préface ou avertissement, qui paroît avoir été fait de son temps: «Et notez que par toutes lesNouvellesoù il est ditpar monseigneur, il est entendu monseigneur le Dauphin, lequel depuis a succédé à la couronne et est le roy Loüis XI; car il estoit lors ès pays du duc de Bourgogne.» Mais comme il est bien certain que ce prince ne se retira en Brabant qu'à la fin de l'année 1456, et ne rentra en France qu'en août 1461, il est absolument impossible que ce recueil ait paru en France vers 1455, comme on le débite inconsidérément dans la préface de ses nouvelles éditions. On en a deux anciennes: l'une de Paris, en 1486, in-folio; l'autre encore de Paris, chez la veuve de Johan Trepere, sans date, aussi in-folio; et deux nouvelles, accompagnées de mauvaises figures, et imprimées à Cologne, chez Pierre Gaillard, en 1701 et 1736, en deux volumes in-8.
[112]Le péché de luxure.
[112]Le péché de luxure.
[113]Ce conte, que Brantôme dit tenir des anciens de la Cour, est pris presque mot pour mot de J. Bouchet, dans sesAnnales d'Aquitaine, édit. de 1644, pag. 473, au nom des trois dames près, qui est apparemment ce qu'il veut dire qu'il tenoit de bon lieu.
[113]Ce conte, que Brantôme dit tenir des anciens de la Cour, est pris presque mot pour mot de J. Bouchet, dans sesAnnales d'Aquitaine, édit. de 1644, pag. 473, au nom des trois dames près, qui est apparemment ce qu'il veut dire qu'il tenoit de bon lieu.
[114]Françoise de Rohan, dame de La Garnache, si nous en croyons Bayle,Dict. crit., pag. 1317 de la deuxième édition. Mais je doute que lui-même en fût bien persuadé, puisque, dans la citation de ce passage de Brantôme, il n'a jugé à propos de marquer que par des points certaines paroles qui ne conviennent nullement à la dame de La Garnache; savoir, que d'abord on disoit que cette dame ne s'étoit laissé engrosse qu'en nom de mariage, et qu'après on sut le contraire.
[114]Françoise de Rohan, dame de La Garnache, si nous en croyons Bayle,Dict. crit., pag. 1317 de la deuxième édition. Mais je doute que lui-même en fût bien persuadé, puisque, dans la citation de ce passage de Brantôme, il n'a jugé à propos de marquer que par des points certaines paroles qui ne conviennent nullement à la dame de La Garnache; savoir, que d'abord on disoit que cette dame ne s'étoit laissé engrosse qu'en nom de mariage, et qu'après on sut le contraire.
[115]Danse d'Allemagne; les Allemands appellent ce branleFackeldantz.
[115]Danse d'Allemagne; les Allemands appellent ce branleFackeldantz.
[116]On n'a point ce chapitre ou discours.
[116]On n'a point ce chapitre ou discours.
[117]Honneur aux dames.
[117]Honneur aux dames.