NOTES

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M. Naquet semble s'être ému de ces remarques. Quelques semaines après la publication de ce portrait dans leFigaro, paraissait un nouveau et remarquable ouvrage de l'ancien sénateur,La Loi du Divorce, où il consacre, à me répondre, une grande partie de la préface. En lisant ces pages subtiles, il ne m'a pas paru que nous fussions en si grand désaccord que M. Naquet le paraît croire. Sa plaidoirie ingénieuse fait l'éloge de la versatilité et démontre à la fois qu'il fut personnellement immuable. L'éminent homme d'État s'acquitte de cette tâche avec son intelligence et sa gaîté habituelles. C'est ainsi que, dans le but d'accorder son attitude de 1889 avec les principes sur lesquels il régla sa vie, il déclare que «son» boulangisme n'était pas celui de la majorité. «Enpleine période boulangiste, dit-il, le 16 janvier 1890, je publiais dans laPressel'article le plus internationaliste peut-être de tous ceux que j'aie jamais écrits.» En pleine période boulangiste, le 16 janvier 1890!...

Au reste, à l'encontre des politiciens ordinaires, qui s'appliquent à établir leur sincérité vis-à-vis des autres, M. Naquet s'attache d'abord à être sincère à l'égard de soi-même. Et c'est déjà une jolie coquetterie de philosophe.

Ce portrait fut tracé avant l'époque où le président Quesnay de Beaurepaire s'engagea dans la polémique militante. Curieux de vérité morale plutôt que de passion politique, je préfère laisser la figure dans le cadre que lui faisaient les événements de 1893.

Le temps est un logicien.

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