[120]Ce sont des moines de la religion grecque; ils ne mangent jamais de viande; ils ont quatre carêmes, observent plusieurs autres jeunes; il en est qui ne mangent que deux fois en trois jours, d’autres en sept. Pendant les sept semaines de carême ils passent la nuit à pleurer et gémir sur leurs péchés et sur ceux des autres.
[120]Ce sont des moines de la religion grecque; ils ne mangent jamais de viande; ils ont quatre carêmes, observent plusieurs autres jeunes; il en est qui ne mangent que deux fois en trois jours, d’autres en sept. Pendant les sept semaines de carême ils passent la nuit à pleurer et gémir sur leurs péchés et sur ceux des autres.
[121]La palme est de huit pouces trois lignes et demie.
[121]La palme est de huit pouces trois lignes et demie.
[122]L’Honneur Espagnol, dictionnaire historique des hommes illustres en sainteté, en dignités, dans les armes, les sciences et les arts, tous enfants de l’Espagne.
[122]L’Honneur Espagnol, dictionnaire historique des hommes illustres en sainteté, en dignités, dans les armes, les sciences et les arts, tous enfants de l’Espagne.
[123]Dix à douze lieues de France.
[123]Dix à douze lieues de France.
[124]Je mourrai dans mon nid.
[124]Je mourrai dans mon nid.
[125]Le manteau ou mante se porte à l’église; il diffère de la mantille, qui n’est qu’un voile noir ou blanc, à volonté.
[125]Le manteau ou mante se porte à l’église; il diffère de la mantille, qui n’est qu’un voile noir ou blanc, à volonté.
[126]C’est un cacao de la Nouvelle-Espagne; on en fabrique le chocolat du roi.
[126]C’est un cacao de la Nouvelle-Espagne; on en fabrique le chocolat du roi.
[127]Les Didot, les Bodoni, n’ont rien de supérieur à cet ouvrage.
[127]Les Didot, les Bodoni, n’ont rien de supérieur à cet ouvrage.
[128]Le port de Grao n’est pas favorable au commerce: les gros vaisseaux n’y peuvent aborder; de légères barques vont recevoir les marchandises, et des bœufs les traînent sur la plage.
[128]Le port de Grao n’est pas favorable au commerce: les gros vaisseaux n’y peuvent aborder; de légères barques vont recevoir les marchandises, et des bœufs les traînent sur la plage.
[129]Oussiase dit par syncope devostra eccelenza, titre que l’on donne à la noblesse.
[129]Oussiase dit par syncope devostra eccelenza, titre que l’on donne à la noblesse.
[130]Il n’est de pire fruit que celui qui ne mûrit jamais.
[130]Il n’est de pire fruit que celui qui ne mûrit jamais.
[131]On montre à la bibliothèque de Genève le portrait d’un savant qui est resté trois mois la jambe étendue, sans bouger de sa place, pour observer les actions et les mouvements d’une puce qui avait fixé son domicile sur cette jambe.
[131]On montre à la bibliothèque de Genève le portrait d’un savant qui est resté trois mois la jambe étendue, sans bouger de sa place, pour observer les actions et les mouvements d’une puce qui avait fixé son domicile sur cette jambe.
[132]Le fléau du genre humain et la peste des hommes.
[132]Le fléau du genre humain et la peste des hommes.
[133]Ce bibliothécaire avait tous les préjugés de l’orgueil. Mariana est un écrivain prolixe, crédule et partial; Garcilasso de la Vega est ampoulé; il fut d’abord auteur dramatique, ensuite homme du monde et il finit par recevoir la prêtrise: c’est alors qu’il composa l’Histoire du Mexique: l’emphase et l’enflure caractérisent son style; il est extrêmement prévenu pour Fernand Cortès, son héros. Voici pourtant ce que dit l’évêque Las Casas, des crimes et des atrocités des Espagnols conduits par Fernand Cortès: «J’ai vu ces fiers Espagnols remplir les campagnes de fourches patibulaires auxquelles ils attachaient les Indiens treize à treize, en l’honneur des treize apôtres; je les ai vus donner des enfants indiens à dévorer à leurs chiens de chasse, et les nourrir avec des membres d’Indiens.»
[133]Ce bibliothécaire avait tous les préjugés de l’orgueil. Mariana est un écrivain prolixe, crédule et partial; Garcilasso de la Vega est ampoulé; il fut d’abord auteur dramatique, ensuite homme du monde et il finit par recevoir la prêtrise: c’est alors qu’il composa l’Histoire du Mexique: l’emphase et l’enflure caractérisent son style; il est extrêmement prévenu pour Fernand Cortès, son héros. Voici pourtant ce que dit l’évêque Las Casas, des crimes et des atrocités des Espagnols conduits par Fernand Cortès: «J’ai vu ces fiers Espagnols remplir les campagnes de fourches patibulaires auxquelles ils attachaient les Indiens treize à treize, en l’honneur des treize apôtres; je les ai vus donner des enfants indiens à dévorer à leurs chiens de chasse, et les nourrir avec des membres d’Indiens.»
[134]D’autres personnes ne lui donnent que treize volumesin-folio.
[134]D’autres personnes ne lui donnent que treize volumesin-folio.
[135]Ce qui n’est point à toi ne peut t’honorer.
[135]Ce qui n’est point à toi ne peut t’honorer.
[136]Parler de Dieu et agir en homme du monde.
[136]Parler de Dieu et agir en homme du monde.
[137]Laissez faire le métier à celui qui le sait.
[137]Laissez faire le métier à celui qui le sait.
[138]Celui qui a un toit de verre ne doit pas jeter des pierres sur celui de son voisin.
[138]Celui qui a un toit de verre ne doit pas jeter des pierres sur celui de son voisin.
[139]Les belles paroles coûtent peu et rendent beaucoup.
[139]Les belles paroles coûtent peu et rendent beaucoup.
[140]Le corrégidor est un magistrat de police qui exerce un pouvoir très-étendu; il est supérieur à l’alcade, qui n’est que son premier officier.
[140]Le corrégidor est un magistrat de police qui exerce un pouvoir très-étendu; il est supérieur à l’alcade, qui n’est que son premier officier.
[141]On se moque d’un méchant poète et de ses vers; mais lui se réjouit, s’applaudit et s’admire.
[141]On se moque d’un méchant poète et de ses vers; mais lui se réjouit, s’applaudit et s’admire.
[142]La basquine est un japon de soie noire que les femmes d’un certain rang prennent en sortant de chez elles, et quittent en y rentrant.
[142]La basquine est un japon de soie noire que les femmes d’un certain rang prennent en sortant de chez elles, et quittent en y rentrant.
[143]Un mariage inégal de don Louis, fils de Charles III, a amené une révolution et détruit ces unions illicites faites malgré les parents et le bon ordre de la société. Un édit de Charles III défend tout mariage entre des personnes de rangs et de qualités inégales.
[143]Un mariage inégal de don Louis, fils de Charles III, a amené une révolution et détruit ces unions illicites faites malgré les parents et le bon ordre de la société. Un édit de Charles III défend tout mariage entre des personnes de rangs et de qualités inégales.
[144]Saint-Nicolas est révéré à Valence comme le patron des jeunes filles à marier et des jeunes femmes enceintes. Sa fête est célébrée par toutes les jeunes filles qui désirent cesser de l’être: elles lui offrent des corbeilles de fleurs, des gâteaux et des fruits; lui font mille promesses et des vœux sans nombre. Il est vrai que ce grand Saint, archevêque de Myra, mérite les hommages et la reconnaissance des vierges à marier. Un jour il ressuscita l’amant d’une jeune beauté: dans une autre occasion, il donna en songe une dot aux filles d’un pauvre gentilhomme.
[144]Saint-Nicolas est révéré à Valence comme le patron des jeunes filles à marier et des jeunes femmes enceintes. Sa fête est célébrée par toutes les jeunes filles qui désirent cesser de l’être: elles lui offrent des corbeilles de fleurs, des gâteaux et des fruits; lui font mille promesses et des vœux sans nombre. Il est vrai que ce grand Saint, archevêque de Myra, mérite les hommages et la reconnaissance des vierges à marier. Un jour il ressuscita l’amant d’une jeune beauté: dans une autre occasion, il donna en songe une dot aux filles d’un pauvre gentilhomme.
[145]Par le très-doux nom de Jésus.
[145]Par le très-doux nom de Jésus.
[146]Je prie Dieu de conserver votre vie pendant longues années.
[146]Je prie Dieu de conserver votre vie pendant longues années.
[147]Les livres sont le refuge et la consolation des malheureux.
[147]Les livres sont le refuge et la consolation des malheureux.
[148]Les Espagnols ont dans leur maison une petite chapelle où brûle sans cesse une lampe en l’honneur de la Vierge ou du Saint qu’ils ont adopté. Saint-Joseph est un de ceux qui ont le plus de pratiques. On le pare, on le poudre dans les événements heureux, mais on le dépouille, on le maltraite quand le succès ne répond pas à leurs vœux. Les nègres en usent de même avec leurs fétiches.
[148]Les Espagnols ont dans leur maison une petite chapelle où brûle sans cesse une lampe en l’honneur de la Vierge ou du Saint qu’ils ont adopté. Saint-Joseph est un de ceux qui ont le plus de pratiques. On le pare, on le poudre dans les événements heureux, mais on le dépouille, on le maltraite quand le succès ne répond pas à leurs vœux. Les nègres en usent de même avec leurs fétiches.
[149]La vérité comme l’huile s’élève toujours au-dessus.
[149]La vérité comme l’huile s’élève toujours au-dessus.
[150]Un archevêque de Tolède acheta, en 1573, le château et la forêt où ces jeunes filles étaient renfermées, pour y faire élever cent filles, la moitié nobles, la moitié roturières. Elles y entrent à l’âge de sept ans; si elles veulent se marier on donne mille écus aux roturières et deux mille aux filles nobles.
[150]Un archevêque de Tolède acheta, en 1573, le château et la forêt où ces jeunes filles étaient renfermées, pour y faire élever cent filles, la moitié nobles, la moitié roturières. Elles y entrent à l’âge de sept ans; si elles veulent se marier on donne mille écus aux roturières et deux mille aux filles nobles.
[151]Lességuidillassont des odes érotiques qui célèbrent l’amour et la volupté. Parfois aussi elles sont satiriques.
[151]Lességuidillassont des odes érotiques qui célèbrent l’amour et la volupté. Parfois aussi elles sont satiriques.
[152]Il y a dans la Manche un village nomméVall de Penas, qui produit un vin rouge que l’on sert à la table du roi, et qui ne se vend sur les lieux qu’un sou la chopine.
[152]Il y a dans la Manche un village nomméVall de Penas, qui produit un vin rouge que l’on sert à la table du roi, et qui ne se vend sur les lieux qu’un sou la chopine.
[153]Il y a en Angleterre des chemins et des montagnes qui portent le nom deShakespear. Le génie et les grandes vertus attachent leur nom aux lieux qu’ils ont habités.
[153]Il y a en Angleterre des chemins et des montagnes qui portent le nom deShakespear. Le génie et les grandes vertus attachent leur nom aux lieux qu’ils ont habités.
[154]L’arrobe est, selon les uns, de vingt-cinq livres, selon d’autres, de trente-une; d’après cette dernière évaluation, le canton de Malaga produirait deux millions de livres de vin par an.
[154]L’arrobe est, selon les uns, de vingt-cinq livres, selon d’autres, de trente-une; d’après cette dernière évaluation, le canton de Malaga produirait deux millions de livres de vin par an.
[155]Le sujet de l’Araucanaest la guerre des Espagnols contre les peuples du Chili, qui habitaient un pays montueux et agreste, nomméArauco. Cette nation, plus robuste et plus belliqueuse que les autres peuples de l’Amérique, défendit plus long-temps sa liberté, et les Espagnols n’en triomphèrent qu’après plusieurs batailles qui leur coûterent bien du sang. Le brave Alonzo, ceint du double laurier de Mars et d’Apollon, combattait le jour et écrivait la nuit sur de petits morceaux de cuir.Voici le plan du poème.Le poète débute par dire qu’il ne chante ni les dames ni les gentillesses de l’amour, mais la valeur et les prouesses des Espagnols, qui imposèrent le joug sur la tête des Arauciens.Au second chant est le beau discours de Colordo, loué par Voltaire. Ce Cacique le prononce pour étouffer la discorde qui s’élevait entre tous les Caciques, pour avoir le commandement de l’armée. Tous les chants suivants sont des récits de batailles plus historiques que poétiques. Le quatorzième chant fait la description de la bataille de Lépanthe, gagnée sur les Turcs, par Jean d’Autriche, sous Philippe II.Dans les vingt-six et trente-septième chants, le poète se croit transporté dans le jardin du magicien Fiton; et après avoir décrit la beauté de ce jardin, il raconte que ce magicien lui montra tous les pays de la terre, sur un globe dont vingt hommes réunis n’auraient pas embrassé la circonférence. Les champs, les montagnes, les villes, les fleuves, les hommes, les animaux, y paraissaient dans leurs formes naturelles et très-distinctes; tout le globe passa sous ses yeux: il vit l’emplacement inculte et désert où bientôt Philippe II, en commémoration de la bataille de Saint-Quentin, devait élever un superbe palais. Il parle ensuite de toutes les grandes villes d’Espagne. Il rencontre, en sortant de chez le magicien, une femme qui fuyait, troublée, éperdue; il pique son cheval, la poursuit, et renvoie la suite au vingt-huitième chant.Dans ce chant est le long épisode de cette femme, nomméeGlaura. Il décrit sa beauté et ses malheurs. Elle était fille unique d’un Cacique: des nègres, après l’avoir dépouillée, voulaient lui ravir son honneur; elle est délivrée par Cariolan qui tua les nègres et devient son époux. Ensuite ils aperçurent une troupe espagnole; Cariolan cache sa femme dans un bois et va combattre. Glaura se reprochant bientôt sa timidité, quitte son asile, et va chercher son époux qu’elle ne retrouve plus. Enfin, après bien des courses, des dangers, après avoir voulu se tuer, elle revoit l’objet de son amour. Aux vingt-neuvième et trentième chants, les combats recommencent. Au trente-unième, les Indiens viennent attaquer le fort, croyant les Espagnols endormis, et sont repoussés.Aux trente-deuxième et trente-troisième, les Espagnols font un grand carnage des Indiens. Ensuite don Alonzo, retiré dans le camp avec sa troupe, lui parle de Virgile et de Didon, qu’il fait mourir d’une mort plus honorable, pour rétablir sa gloire. Le roi d’Afrique, Jarbas, la demande en mariage; menace, en cas de refus, de ravager le pays et de détruire Carthage. Élise ne voulant pas manquer de foi à son époux, amuse les députés d’Iarrbas, et prépare son bûcher. Le jour de sa mort arrêté, elle prend ses plus riches habits, et du haut d’une estrade, elle harangue ses fidèles sujets, leur fait ses adieux, et leur dit:Je vous laisse libres, et mon époux est satisfait. Après ces mots, elle se poignarde et se jette dans le bûcher allumé. Dans les trois chants qui suivent, nouveaux combats, et les Espagnols s’emparent du pays ennemi.Dans le trente-septième et dernier, don Alonzo dit que les princes ont le droit de faire la guerre, et que Philippe avait celui d’envahir le Portugal.Ce poème, traduit par M. Langlès, membre de l’Institut et conservateur des manuscrits, est encore dans son porte-feuille; il devrait enrichir la littérature française de sa traduction qui, à coup sûr, réussirait, faite par un homme d’esprit et de goût.
[155]Le sujet de l’Araucanaest la guerre des Espagnols contre les peuples du Chili, qui habitaient un pays montueux et agreste, nomméArauco. Cette nation, plus robuste et plus belliqueuse que les autres peuples de l’Amérique, défendit plus long-temps sa liberté, et les Espagnols n’en triomphèrent qu’après plusieurs batailles qui leur coûterent bien du sang. Le brave Alonzo, ceint du double laurier de Mars et d’Apollon, combattait le jour et écrivait la nuit sur de petits morceaux de cuir.
Voici le plan du poème.
Le poète débute par dire qu’il ne chante ni les dames ni les gentillesses de l’amour, mais la valeur et les prouesses des Espagnols, qui imposèrent le joug sur la tête des Arauciens.
Au second chant est le beau discours de Colordo, loué par Voltaire. Ce Cacique le prononce pour étouffer la discorde qui s’élevait entre tous les Caciques, pour avoir le commandement de l’armée. Tous les chants suivants sont des récits de batailles plus historiques que poétiques. Le quatorzième chant fait la description de la bataille de Lépanthe, gagnée sur les Turcs, par Jean d’Autriche, sous Philippe II.
Dans les vingt-six et trente-septième chants, le poète se croit transporté dans le jardin du magicien Fiton; et après avoir décrit la beauté de ce jardin, il raconte que ce magicien lui montra tous les pays de la terre, sur un globe dont vingt hommes réunis n’auraient pas embrassé la circonférence. Les champs, les montagnes, les villes, les fleuves, les hommes, les animaux, y paraissaient dans leurs formes naturelles et très-distinctes; tout le globe passa sous ses yeux: il vit l’emplacement inculte et désert où bientôt Philippe II, en commémoration de la bataille de Saint-Quentin, devait élever un superbe palais. Il parle ensuite de toutes les grandes villes d’Espagne. Il rencontre, en sortant de chez le magicien, une femme qui fuyait, troublée, éperdue; il pique son cheval, la poursuit, et renvoie la suite au vingt-huitième chant.
Dans ce chant est le long épisode de cette femme, nomméeGlaura. Il décrit sa beauté et ses malheurs. Elle était fille unique d’un Cacique: des nègres, après l’avoir dépouillée, voulaient lui ravir son honneur; elle est délivrée par Cariolan qui tua les nègres et devient son époux. Ensuite ils aperçurent une troupe espagnole; Cariolan cache sa femme dans un bois et va combattre. Glaura se reprochant bientôt sa timidité, quitte son asile, et va chercher son époux qu’elle ne retrouve plus. Enfin, après bien des courses, des dangers, après avoir voulu se tuer, elle revoit l’objet de son amour. Aux vingt-neuvième et trentième chants, les combats recommencent. Au trente-unième, les Indiens viennent attaquer le fort, croyant les Espagnols endormis, et sont repoussés.
Aux trente-deuxième et trente-troisième, les Espagnols font un grand carnage des Indiens. Ensuite don Alonzo, retiré dans le camp avec sa troupe, lui parle de Virgile et de Didon, qu’il fait mourir d’une mort plus honorable, pour rétablir sa gloire. Le roi d’Afrique, Jarbas, la demande en mariage; menace, en cas de refus, de ravager le pays et de détruire Carthage. Élise ne voulant pas manquer de foi à son époux, amuse les députés d’Iarrbas, et prépare son bûcher. Le jour de sa mort arrêté, elle prend ses plus riches habits, et du haut d’une estrade, elle harangue ses fidèles sujets, leur fait ses adieux, et leur dit:Je vous laisse libres, et mon époux est satisfait. Après ces mots, elle se poignarde et se jette dans le bûcher allumé. Dans les trois chants qui suivent, nouveaux combats, et les Espagnols s’emparent du pays ennemi.
Dans le trente-septième et dernier, don Alonzo dit que les princes ont le droit de faire la guerre, et que Philippe avait celui d’envahir le Portugal.
Ce poème, traduit par M. Langlès, membre de l’Institut et conservateur des manuscrits, est encore dans son porte-feuille; il devrait enrichir la littérature française de sa traduction qui, à coup sûr, réussirait, faite par un homme d’esprit et de goût.
[156]Que les ignorants s’instruisent et que les savants aiment à se ressouvenir. C’est l’épigraphe modeste de la Harpe dans sonCours de Littérature.
[156]Que les ignorants s’instruisent et que les savants aiment à se ressouvenir. C’est l’épigraphe modeste de la Harpe dans sonCours de Littérature.
[157]Sed me quod facilis tenero sum semper amori,Ipsa Venus campos ducet Elysios.Tibulle.
[157]
Sed me quod facilis tenero sum semper amori,Ipsa Venus campos ducet Elysios.Tibulle.
Sed me quod facilis tenero sum semper amori,Ipsa Venus campos ducet Elysios.Tibulle.
Sed me quod facilis tenero sum semper amori,Ipsa Venus campos ducet Elysios.Tibulle.
Sed me quod facilis tenero sum semper amori,
Ipsa Venus campos ducet Elysios.
Tibulle.
[158]A Rome, dans le petit triomphe appelé l’ovation, le vainqueur, revêtu d’une robe blanche, bordée de pourpre, marchait à pied ou à cheval, au son des flûtes, à la tête de ses troupes; le sénat, les chevaliers, les premiers de l’État le suivaient, et sa marche se terminait au Capitole, où l’on sacrifiait aux Dieux des brebis blanches.
[158]A Rome, dans le petit triomphe appelé l’ovation, le vainqueur, revêtu d’une robe blanche, bordée de pourpre, marchait à pied ou à cheval, au son des flûtes, à la tête de ses troupes; le sénat, les chevaliers, les premiers de l’État le suivaient, et sa marche se terminait au Capitole, où l’on sacrifiait aux Dieux des brebis blanches.
[159]L’épée d’un lâche ne blesse ni ne tue.
[159]L’épée d’un lâche ne blesse ni ne tue.
[160]Quand les dames espagnoles sortent le matin, elles ont leur rosaire à la main ou attaché au bras, parce qu’elles sont censées aller à la messe.
[160]Quand les dames espagnoles sortent le matin, elles ont leur rosaire à la main ou attaché au bras, parce qu’elles sont censées aller à la messe.
[161]C’est Xativa qui a eu le malheur de voir naître dans son sein le pape Alexandre VI, d’horrible mémoire.
[161]C’est Xativa qui a eu le malheur de voir naître dans son sein le pape Alexandre VI, d’horrible mémoire.
[162]Seigneur, lève-toi et juge ta cause. C’est la devise du saint-office.
[162]Seigneur, lève-toi et juge ta cause. C’est la devise du saint-office.
[163]C’est un vers d’Ovide qui signifie, «La face de la nature était la même dans tout le globe.»
[163]C’est un vers d’Ovide qui signifie, «La face de la nature était la même dans tout le globe.»
[164]On prétend que cette quantité d’argent venait d’un embrasement des forêts des Pyrénées; quelque temps avant l’arrivée des Phéniciens, des bergers y avaient mis le feu, et l’incendie se propagea avec une telle violence, qu’il fondit tous les métaux qu’elles renfermaient.
[164]On prétend que cette quantité d’argent venait d’un embrasement des forêts des Pyrénées; quelque temps avant l’arrivée des Phéniciens, des bergers y avaient mis le feu, et l’incendie se propagea avec une telle violence, qu’il fondit tous les métaux qu’elles renfermaient.
[165]C’est on titre qu’en Espagne on donne souvent aux moines.
[165]C’est on titre qu’en Espagne on donne souvent aux moines.
[166]Unincubeest le diable qui prend la figure d’un homme pour séduire les femmes, et unesucubeest le diable changé en diablesse pour pervertir les hommes. L’église a cru long-temps à ces métamorphoses infernales; la Sorbonne affirma la chose en 1318.
[166]Unincubeest le diable qui prend la figure d’un homme pour séduire les femmes, et unesucubeest le diable changé en diablesse pour pervertir les hommes. L’église a cru long-temps à ces métamorphoses infernales; la Sorbonne affirma la chose en 1318.
[167]Ce fait est rapporté par le fameux Pic de la Mirandole.
[167]Ce fait est rapporté par le fameux Pic de la Mirandole.
[168]Don Manuel s’amuse en citant ce trait de la fable, qui dit qu’un certain Melampus, médecin fameux, ayant découvert la vertu purgative de l’ellébore, avait guéri les trois filles de Proetus, roi d’Argos, que Junon avait rendues folles; elles s’imaginaient être changées en vaches.
[168]Don Manuel s’amuse en citant ce trait de la fable, qui dit qu’un certain Melampus, médecin fameux, ayant découvert la vertu purgative de l’ellébore, avait guéri les trois filles de Proetus, roi d’Argos, que Junon avait rendues folles; elles s’imaginaient être changées en vaches.
[169]On l’appelle laMadonna del Pilar, parce qu’elle est posée sur un pilier de marbre: elle est une des plus riches de l’Espagne; on y voit quatre anges d’argent, dont les ailes sont d’or et semées d’étoiles de saphirs; la couronne est d’or massif. Il y a un saint-sacrement immense dont les rayons sont d’or massif et couverts d’émeraudes: le soleil et le calice pèsent 500 livres; on voit, dans le trésor, une infinité de membres de corps humain, d’argent, donnés enex-voto. Le lord Stanhope, après la bataille de Saragosse, entra dans cette ville, visita le trésor et n’y toucha point. Admirons et taisons-nous.
[169]On l’appelle laMadonna del Pilar, parce qu’elle est posée sur un pilier de marbre: elle est une des plus riches de l’Espagne; on y voit quatre anges d’argent, dont les ailes sont d’or et semées d’étoiles de saphirs; la couronne est d’or massif. Il y a un saint-sacrement immense dont les rayons sont d’or massif et couverts d’émeraudes: le soleil et le calice pèsent 500 livres; on voit, dans le trésor, une infinité de membres de corps humain, d’argent, donnés enex-voto. Le lord Stanhope, après la bataille de Saragosse, entra dans cette ville, visita le trésor et n’y toucha point. Admirons et taisons-nous.
[170]Ce prétendu miracle est tiré de l’Histoire Romaine, et don Manuel s’égaye aux dépens des deux dévotes.
[170]Ce prétendu miracle est tiré de l’Histoire Romaine, et don Manuel s’égaye aux dépens des deux dévotes.
[171]Des écrivains ont fait de Vénus Murcie, la déesse de la paresse.
[171]Des écrivains ont fait de Vénus Murcie, la déesse de la paresse.
[172]Les moines punirent par une espèce d’humiliation, ce propos indiscret. La foudre étant tombée quelque temps après à Ségovie, sur le cabinet du roi, crièrent que c’était une vengeance du ciel; et le roi, pour satisfaire les moines et les dévots, suivit une procession à pieds nus, ayant à son col le cordon de Saint François.
[172]Les moines punirent par une espèce d’humiliation, ce propos indiscret. La foudre étant tombée quelque temps après à Ségovie, sur le cabinet du roi, crièrent que c’était une vengeance du ciel; et le roi, pour satisfaire les moines et les dévots, suivit une procession à pieds nus, ayant à son col le cordon de Saint François.
[173]En France, Louis XII abolit le droit d’asile que l’église donnait aux criminels.
[173]En France, Louis XII abolit le droit d’asile que l’église donnait aux criminels.
[174]On conserve dans le trésor du grand-seigneur une dent du prophête Mahomet, et tous les ans, le premier jour du ramazan, le sultan la présente, avec beaucoup de respect, à baiser aux grands de sa cour, après des prières publiques instituées pour cette solennité.On y conserve la robe de ce prophête, et tous les ans, à pareil jour, on la trempe dans l’eau, qui est appeléeeau sacrée de la robe. Les Turcs croient, en buvant de cette eau, devenir incorruptibles. Le sultan en distribue à ses favoris, pour s’en servir aux jours de jeûnes. Vers le soleil couché, ils en mettent une goutte dans un grand vase d’eau, qu’ils boivent, avec cérémonie, à trois diverses reprises.
[174]On conserve dans le trésor du grand-seigneur une dent du prophête Mahomet, et tous les ans, le premier jour du ramazan, le sultan la présente, avec beaucoup de respect, à baiser aux grands de sa cour, après des prières publiques instituées pour cette solennité.
On y conserve la robe de ce prophête, et tous les ans, à pareil jour, on la trempe dans l’eau, qui est appeléeeau sacrée de la robe. Les Turcs croient, en buvant de cette eau, devenir incorruptibles. Le sultan en distribue à ses favoris, pour s’en servir aux jours de jeûnes. Vers le soleil couché, ils en mettent une goutte dans un grand vase d’eau, qu’ils boivent, avec cérémonie, à trois diverses reprises.
[175]Que ma pauvreté me laisse jouir d’une vie oisive!
[175]Que ma pauvreté me laisse jouir d’une vie oisive!
[176]Les morts ouvrent les yeux aux vivants.
[176]Les morts ouvrent les yeux aux vivants.
[177]Il y a une grande discussion au sujet de cette ablution, entre les sectateurs d’Ali et ceux d’Omar. Les premiers prétendent qu’il faut commencer par le coude, et ceux d’Omar, par le bout du doigt. Chez les Chrétiens on a disputé long-temps si les laïques devaient faire lesigne de la croixavec deux ou avec trois doigts.Adhuc sub judice lis est.
[177]Il y a une grande discussion au sujet de cette ablution, entre les sectateurs d’Ali et ceux d’Omar. Les premiers prétendent qu’il faut commencer par le coude, et ceux d’Omar, par le bout du doigt. Chez les Chrétiens on a disputé long-temps si les laïques devaient faire lesigne de la croixavec deux ou avec trois doigts.Adhuc sub judice lis est.
[178]C’est un vers de Virgile: «La nuit se précipite et embrasse la terre de ses ailes noires.»
[178]C’est un vers de Virgile: «La nuit se précipite et embrasse la terre de ses ailes noires.»
[179]Ce compte est exact.
[179]Ce compte est exact.
[180]Et son grand corps étendu remplit tout l’antre.
[180]Et son grand corps étendu remplit tout l’antre.
[181]Peintres de l’école espagnole.
[181]Peintres de l’école espagnole.
[182]Les présides sont des bagnes de galériens établis à Tetuan, à Oran et à l’Amérique méridionale.
[182]Les présides sont des bagnes de galériens établis à Tetuan, à Oran et à l’Amérique méridionale.
[183]Le célèbre M. de Buffon a voulu nous résoudre ce problème et nous prouver qu’au lieu d’une ame les animaux ont un sens intérieur. Mais je doute qu’il s’entende lui-même.
[183]Le célèbre M. de Buffon a voulu nous résoudre ce problème et nous prouver qu’au lieu d’une ame les animaux ont un sens intérieur. Mais je doute qu’il s’entende lui-même.