APPENDIX II.[92]

APPENDIX II.[92]

The following verses are by Vielé-Griffin, from page 28 of a volume of his Poems:—

1.Sait-tu l’oubliD’un vain doux rêve,Oiseau moqueurDe la forêt?Le jour pâlit,La nuit se lève,Et dans mon cœurL’ombre a pleuré;2.O chante-moiTa folle gamme,Car j’ai dormiCe jour durant;Le lâche emoiOù fut mon âmeSanglote ennuiLe jour mourant...3.Sais-tu le chantDe sa paroleEt de sa voix,Toi qui redisDans le couchantTon air frivoleComme autrefoisSous les midis?4.O chante alorsLa mélodieDe son amour,Mon fol espoir,Parmi les orsEt l’incendieDu vain doux jourQui meurt ce soir.Francis Vielé-Griffin.

1.Sait-tu l’oubliD’un vain doux rêve,Oiseau moqueurDe la forêt?Le jour pâlit,La nuit se lève,Et dans mon cœurL’ombre a pleuré;2.O chante-moiTa folle gamme,Car j’ai dormiCe jour durant;Le lâche emoiOù fut mon âmeSanglote ennuiLe jour mourant...3.Sais-tu le chantDe sa paroleEt de sa voix,Toi qui redisDans le couchantTon air frivoleComme autrefoisSous les midis?4.O chante alorsLa mélodieDe son amour,Mon fol espoir,Parmi les orsEt l’incendieDu vain doux jourQui meurt ce soir.Francis Vielé-Griffin.

1.

1.

Sait-tu l’oubliD’un vain doux rêve,Oiseau moqueurDe la forêt?Le jour pâlit,La nuit se lève,Et dans mon cœurL’ombre a pleuré;

Sait-tu l’oubli

D’un vain doux rêve,

Oiseau moqueur

De la forêt?

Le jour pâlit,

La nuit se lève,

Et dans mon cœur

L’ombre a pleuré;

2.

2.

O chante-moiTa folle gamme,Car j’ai dormiCe jour durant;Le lâche emoiOù fut mon âmeSanglote ennuiLe jour mourant...

O chante-moi

Ta folle gamme,

Car j’ai dormi

Ce jour durant;

Le lâche emoi

Où fut mon âme

Sanglote ennui

Le jour mourant...

3.

3.

Sais-tu le chantDe sa paroleEt de sa voix,Toi qui redisDans le couchantTon air frivoleComme autrefoisSous les midis?

Sais-tu le chant

De sa parole

Et de sa voix,

Toi qui redis

Dans le couchant

Ton air frivole

Comme autrefois

Sous les midis?

4.

4.

O chante alorsLa mélodieDe son amour,Mon fol espoir,Parmi les orsEt l’incendieDu vain doux jourQui meurt ce soir.

O chante alors

La mélodie

De son amour,

Mon fol espoir,

Parmi les ors

Et l’incendie

Du vain doux jour

Qui meurt ce soir.

Francis Vielé-Griffin.

Francis Vielé-Griffin.

BLUE BIRD.

1.Canst thou forget,In dreams so vain,Oh, mocking birdOf forest deep?The day doth set,Night comes again,My heart has heardThe shadows weep;2.Thy tones let flowIn maddening scale,For I have sleptThe livelong day;Emotions lowIn me now wail,My soul they’ve kept:Light dies away ...3.That music sweet,Ah, do you knowHer voice and speech?Your airs so lightYou who repeatIn sunset’s glow,As you sang, each,At noonday’s height.4.Of my desire,My hope so bold,Her love—up, sing,Sing ’neath this light,This flaming fire,And all the goldThe eve doth bringEre comes the night.

1.Canst thou forget,In dreams so vain,Oh, mocking birdOf forest deep?The day doth set,Night comes again,My heart has heardThe shadows weep;2.Thy tones let flowIn maddening scale,For I have sleptThe livelong day;Emotions lowIn me now wail,My soul they’ve kept:Light dies away ...3.That music sweet,Ah, do you knowHer voice and speech?Your airs so lightYou who repeatIn sunset’s glow,As you sang, each,At noonday’s height.4.Of my desire,My hope so bold,Her love—up, sing,Sing ’neath this light,This flaming fire,And all the goldThe eve doth bringEre comes the night.

1.

1.

Canst thou forget,In dreams so vain,Oh, mocking birdOf forest deep?The day doth set,Night comes again,My heart has heardThe shadows weep;

Canst thou forget,

In dreams so vain,

Oh, mocking bird

Of forest deep?

The day doth set,

Night comes again,

My heart has heard

The shadows weep;

2.

2.

Thy tones let flowIn maddening scale,For I have sleptThe livelong day;Emotions lowIn me now wail,My soul they’ve kept:Light dies away ...

Thy tones let flow

In maddening scale,

For I have slept

The livelong day;

Emotions low

In me now wail,

My soul they’ve kept:

Light dies away ...

3.

3.

That music sweet,Ah, do you knowHer voice and speech?Your airs so lightYou who repeatIn sunset’s glow,As you sang, each,At noonday’s height.

That music sweet,

Ah, do you know

Her voice and speech?

Your airs so light

You who repeat

In sunset’s glow,

As you sang, each,

At noonday’s height.

4.

4.

Of my desire,My hope so bold,Her love—up, sing,Sing ’neath this light,This flaming fire,And all the goldThe eve doth bringEre comes the night.

Of my desire,

My hope so bold,

Her love—up, sing,

Sing ’neath this light,

This flaming fire,

And all the gold

The eve doth bring

Ere comes the night.

And here are some verses by the esteemed young poet Verhaeren, which I also take from page 28 of his Works:—

Lointainement, et si étrangement pareils,De grands masques d’argent que la brume recule,Vaguent, au jour tombant, autour des vieux soleils.Les doux lointaines!—et comme, au fond du crépuscule,Ils nous fixent le cœur, immensément le cœur,Avec les yeuxdéfunts de leurvisage d’âme.C’est toujours du silence, à moins, dans la pâleurDu soir, un jet de feu soudain, un cri de flamme,Un départ de lumière inattendu vers Dieu.On se laisse charmer et troubler de mystère,Et l’on dirait des morts qui taisent un adieuTrop mystique, pour être écouté par la terre!Sont-ils le souvenir matériel et clairDes éphèbes chrétiens couchés aux catacombesParmi les lys? Sont-ils leur regard et leur chair?Ou seul, ce qui survit de merveilleux aux tombesDe ceux qui sont partis, vers leurs rêves, un soir,Conquérir la folie à l’assaut des nuées?Lointainement, combien nous les sentons vouloirUn peu d’amour pour leurs œuvres destituées,Pour leur errance et leur tristesse aux horizons.Toujours! aux horizons du cœur et des pensées,Alors que les vieux soirs éclatent en blasonsSoudains, pour les gloires noires et angoissées.Émile Verhaeren,Poèmes.

Lointainement, et si étrangement pareils,De grands masques d’argent que la brume recule,Vaguent, au jour tombant, autour des vieux soleils.Les doux lointaines!—et comme, au fond du crépuscule,Ils nous fixent le cœur, immensément le cœur,Avec les yeuxdéfunts de leurvisage d’âme.C’est toujours du silence, à moins, dans la pâleurDu soir, un jet de feu soudain, un cri de flamme,Un départ de lumière inattendu vers Dieu.On se laisse charmer et troubler de mystère,Et l’on dirait des morts qui taisent un adieuTrop mystique, pour être écouté par la terre!Sont-ils le souvenir matériel et clairDes éphèbes chrétiens couchés aux catacombesParmi les lys? Sont-ils leur regard et leur chair?Ou seul, ce qui survit de merveilleux aux tombesDe ceux qui sont partis, vers leurs rêves, un soir,Conquérir la folie à l’assaut des nuées?Lointainement, combien nous les sentons vouloirUn peu d’amour pour leurs œuvres destituées,Pour leur errance et leur tristesse aux horizons.Toujours! aux horizons du cœur et des pensées,Alors que les vieux soirs éclatent en blasonsSoudains, pour les gloires noires et angoissées.Émile Verhaeren,Poèmes.

Lointainement, et si étrangement pareils,De grands masques d’argent que la brume recule,Vaguent, au jour tombant, autour des vieux soleils.

Lointainement, et si étrangement pareils,

De grands masques d’argent que la brume recule,

Vaguent, au jour tombant, autour des vieux soleils.

Les doux lointaines!—et comme, au fond du crépuscule,Ils nous fixent le cœur, immensément le cœur,Avec les yeuxdéfunts de leurvisage d’âme.

Les doux lointaines!—et comme, au fond du crépuscule,

Ils nous fixent le cœur, immensément le cœur,

Avec les yeuxdéfunts de leurvisage d’âme.

C’est toujours du silence, à moins, dans la pâleurDu soir, un jet de feu soudain, un cri de flamme,Un départ de lumière inattendu vers Dieu.

C’est toujours du silence, à moins, dans la pâleur

Du soir, un jet de feu soudain, un cri de flamme,

Un départ de lumière inattendu vers Dieu.

On se laisse charmer et troubler de mystère,Et l’on dirait des morts qui taisent un adieuTrop mystique, pour être écouté par la terre!

On se laisse charmer et troubler de mystère,

Et l’on dirait des morts qui taisent un adieu

Trop mystique, pour être écouté par la terre!

Sont-ils le souvenir matériel et clairDes éphèbes chrétiens couchés aux catacombesParmi les lys? Sont-ils leur regard et leur chair?

Sont-ils le souvenir matériel et clair

Des éphèbes chrétiens couchés aux catacombes

Parmi les lys? Sont-ils leur regard et leur chair?

Ou seul, ce qui survit de merveilleux aux tombesDe ceux qui sont partis, vers leurs rêves, un soir,Conquérir la folie à l’assaut des nuées?

Ou seul, ce qui survit de merveilleux aux tombes

De ceux qui sont partis, vers leurs rêves, un soir,

Conquérir la folie à l’assaut des nuées?

Lointainement, combien nous les sentons vouloirUn peu d’amour pour leurs œuvres destituées,Pour leur errance et leur tristesse aux horizons.

Lointainement, combien nous les sentons vouloir

Un peu d’amour pour leurs œuvres destituées,

Pour leur errance et leur tristesse aux horizons.

Toujours! aux horizons du cœur et des pensées,Alors que les vieux soirs éclatent en blasonsSoudains, pour les gloires noires et angoissées.

Toujours! aux horizons du cœur et des pensées,

Alors que les vieux soirs éclatent en blasons

Soudains, pour les gloires noires et angoissées.

Émile Verhaeren,Poèmes.

Émile Verhaeren,

Poèmes.

Large masks of silver, by mists drawn away,So strangely alike, yet so far apart,Float round the old suns when faileth the day.They transfix our heart, so immensely our heart,Those distances mild, in the twilight deep,Looking out of dead faces with their spirit eyes.All around is now silence, except when there leapIn the pallor of evening, with fiery cries,Some fountains of flame that God-ward do fly.Mysterious trouble and charms us enfold.You might think that the dead spoke a silent good-bye,Oh! too mystical far on earth to be told!Are they the memories, material and bright,Of the Christian youths that in catacombs sleep’Mid the lilies? Are they their flesh or their sight?Or the marvel alone that survives, in the deep,Of those that, one night, returned to their dreamOf conquering folly by assaulting the skies?For their destitute works—we feel it seems,For a little love their longing criesFrom horizons far—for their errings and pain.In horizons ever of heart and thought,While the evenings old in bright blaze waneSuddenly, for black glories anguish fraught.

Large masks of silver, by mists drawn away,So strangely alike, yet so far apart,Float round the old suns when faileth the day.They transfix our heart, so immensely our heart,Those distances mild, in the twilight deep,Looking out of dead faces with their spirit eyes.All around is now silence, except when there leapIn the pallor of evening, with fiery cries,Some fountains of flame that God-ward do fly.Mysterious trouble and charms us enfold.You might think that the dead spoke a silent good-bye,Oh! too mystical far on earth to be told!Are they the memories, material and bright,Of the Christian youths that in catacombs sleep’Mid the lilies? Are they their flesh or their sight?Or the marvel alone that survives, in the deep,Of those that, one night, returned to their dreamOf conquering folly by assaulting the skies?For their destitute works—we feel it seems,For a little love their longing criesFrom horizons far—for their errings and pain.In horizons ever of heart and thought,While the evenings old in bright blaze waneSuddenly, for black glories anguish fraught.

Large masks of silver, by mists drawn away,So strangely alike, yet so far apart,Float round the old suns when faileth the day.

Large masks of silver, by mists drawn away,

So strangely alike, yet so far apart,

Float round the old suns when faileth the day.

They transfix our heart, so immensely our heart,Those distances mild, in the twilight deep,Looking out of dead faces with their spirit eyes.

They transfix our heart, so immensely our heart,

Those distances mild, in the twilight deep,

Looking out of dead faces with their spirit eyes.

All around is now silence, except when there leapIn the pallor of evening, with fiery cries,Some fountains of flame that God-ward do fly.

All around is now silence, except when there leap

In the pallor of evening, with fiery cries,

Some fountains of flame that God-ward do fly.

Mysterious trouble and charms us enfold.You might think that the dead spoke a silent good-bye,Oh! too mystical far on earth to be told!

Mysterious trouble and charms us enfold.

You might think that the dead spoke a silent good-bye,

Oh! too mystical far on earth to be told!

Are they the memories, material and bright,Of the Christian youths that in catacombs sleep’Mid the lilies? Are they their flesh or their sight?

Are they the memories, material and bright,

Of the Christian youths that in catacombs sleep

’Mid the lilies? Are they their flesh or their sight?

Or the marvel alone that survives, in the deep,Of those that, one night, returned to their dreamOf conquering folly by assaulting the skies?

Or the marvel alone that survives, in the deep,

Of those that, one night, returned to their dream

Of conquering folly by assaulting the skies?

For their destitute works—we feel it seems,For a little love their longing criesFrom horizons far—for their errings and pain.

For their destitute works—we feel it seems,

For a little love their longing cries

From horizons far—for their errings and pain.

In horizons ever of heart and thought,While the evenings old in bright blaze waneSuddenly, for black glories anguish fraught.

In horizons ever of heart and thought,

While the evenings old in bright blaze wane

Suddenly, for black glories anguish fraught.

And the following is a poem by Moréas, evidently an admirer of Greek beauty. It is from page 28 of a volume of his Poems:—

Enone, j’avais cru qu’en aimant ta beautéOù l’âme avec le corps trouvent leur unité,J’allais, m’affermissant et le cœur et l’esprit,Monter jusqu’à cela qui jamais ne périt,N’ayant été crée, qui n’est froideur ou feu,Qui n’est beau quelque part et laid en autre lieu;Et me flattais encor’ d’une belle harmonieQue j’eusse composé du meilleur et du pire,Ainsi que le chanteur qui chérit Polimnie,En accordant le grave avec l’aigu, retireUn son bien élevé sur les nerfs de sa lyre.Mais mon courage, hélas! se pâmant comme mort,M’enseigna que le trait qui m’avait fait amantNe fut pas de cet arc que courbe sans effortLa Vénus qui naquit du mâle seulement,Mais que j’avais souffert cette Vénus dernière,Qui a le cœur couard, né d’une faible mère.Et pourtant, ce mauvais garçon, chasseur habile,Qui charge son carquois de sagette subtile,Qui secoue en riant sa torche, pour un jour,Qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs,C’est sur un teint charmant qu’il essuie les pleurs,Et c’est encore un Dieu, Enone, cet Amour.Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont partis,Et je vois les rayons du soleil amortis.Enone, ma douleur, harmonieux visage,Superbe humilité, doux honnête langage,Hier me remirant dans cet étang glacéQui au bout du jardin se couvre de feuillage,Sur ma face je vis que les jours ont passé.Jean Moréas.

Enone, j’avais cru qu’en aimant ta beautéOù l’âme avec le corps trouvent leur unité,J’allais, m’affermissant et le cœur et l’esprit,Monter jusqu’à cela qui jamais ne périt,N’ayant été crée, qui n’est froideur ou feu,Qui n’est beau quelque part et laid en autre lieu;Et me flattais encor’ d’une belle harmonieQue j’eusse composé du meilleur et du pire,Ainsi que le chanteur qui chérit Polimnie,En accordant le grave avec l’aigu, retireUn son bien élevé sur les nerfs de sa lyre.Mais mon courage, hélas! se pâmant comme mort,M’enseigna que le trait qui m’avait fait amantNe fut pas de cet arc que courbe sans effortLa Vénus qui naquit du mâle seulement,Mais que j’avais souffert cette Vénus dernière,Qui a le cœur couard, né d’une faible mère.Et pourtant, ce mauvais garçon, chasseur habile,Qui charge son carquois de sagette subtile,Qui secoue en riant sa torche, pour un jour,Qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs,C’est sur un teint charmant qu’il essuie les pleurs,Et c’est encore un Dieu, Enone, cet Amour.Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont partis,Et je vois les rayons du soleil amortis.Enone, ma douleur, harmonieux visage,Superbe humilité, doux honnête langage,Hier me remirant dans cet étang glacéQui au bout du jardin se couvre de feuillage,Sur ma face je vis que les jours ont passé.Jean Moréas.

Enone, j’avais cru qu’en aimant ta beautéOù l’âme avec le corps trouvent leur unité,J’allais, m’affermissant et le cœur et l’esprit,Monter jusqu’à cela qui jamais ne périt,N’ayant été crée, qui n’est froideur ou feu,Qui n’est beau quelque part et laid en autre lieu;Et me flattais encor’ d’une belle harmonieQue j’eusse composé du meilleur et du pire,Ainsi que le chanteur qui chérit Polimnie,En accordant le grave avec l’aigu, retireUn son bien élevé sur les nerfs de sa lyre.Mais mon courage, hélas! se pâmant comme mort,M’enseigna que le trait qui m’avait fait amantNe fut pas de cet arc que courbe sans effortLa Vénus qui naquit du mâle seulement,Mais que j’avais souffert cette Vénus dernière,Qui a le cœur couard, né d’une faible mère.Et pourtant, ce mauvais garçon, chasseur habile,Qui charge son carquois de sagette subtile,Qui secoue en riant sa torche, pour un jour,Qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs,C’est sur un teint charmant qu’il essuie les pleurs,Et c’est encore un Dieu, Enone, cet Amour.Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont partis,Et je vois les rayons du soleil amortis.Enone, ma douleur, harmonieux visage,Superbe humilité, doux honnête langage,Hier me remirant dans cet étang glacéQui au bout du jardin se couvre de feuillage,Sur ma face je vis que les jours ont passé.

Enone, j’avais cru qu’en aimant ta beauté

Où l’âme avec le corps trouvent leur unité,

J’allais, m’affermissant et le cœur et l’esprit,

Monter jusqu’à cela qui jamais ne périt,

N’ayant été crée, qui n’est froideur ou feu,

Qui n’est beau quelque part et laid en autre lieu;

Et me flattais encor’ d’une belle harmonie

Que j’eusse composé du meilleur et du pire,

Ainsi que le chanteur qui chérit Polimnie,

En accordant le grave avec l’aigu, retire

Un son bien élevé sur les nerfs de sa lyre.

Mais mon courage, hélas! se pâmant comme mort,

M’enseigna que le trait qui m’avait fait amant

Ne fut pas de cet arc que courbe sans effort

La Vénus qui naquit du mâle seulement,

Mais que j’avais souffert cette Vénus dernière,

Qui a le cœur couard, né d’une faible mère.

Et pourtant, ce mauvais garçon, chasseur habile,

Qui charge son carquois de sagette subtile,

Qui secoue en riant sa torche, pour un jour,

Qui ne pose jamais que sur de tendres fleurs,

C’est sur un teint charmant qu’il essuie les pleurs,

Et c’est encore un Dieu, Enone, cet Amour.

Mais, laisse, les oiseaux du printemps sont partis,

Et je vois les rayons du soleil amortis.

Enone, ma douleur, harmonieux visage,

Superbe humilité, doux honnête langage,

Hier me remirant dans cet étang glacé

Qui au bout du jardin se couvre de feuillage,

Sur ma face je vis que les jours ont passé.

Jean Moréas.

Jean Moréas.

Enone, in loving thy beauty, I thought,Where the soul and the body to union are brought,That mounting by steadying my heart and my mind,In that which can’t perish, myself I should find.For it ne’er was created, is not ugly and fair;Is not coldness in one part, while on fire it is there.Yes, I flattered myself that a harmony fineI’d succeed to compose of the worst and the best,Like the bard who adores Polyhymnia divine,And mingling sounds different from the nerves of his lyre,From the grave and the smart draws melodies higher.But, alas! my courage, so faint and nigh spent,The dart that has struck me proves without failNot to be from that bow which is easily bentBy the Venus that’s born alone of the male.No, ’twas that other Venus that caused me to smart,Born of frail mother with cowardly heart.And yet that naughty lad, that little hunter bold,Who laughs and shakes his flowery torch just for a day,Who never rests but upon tender flowers and gay,On sweetest skin who dries the tears his eyes that fill,Yet oh, Enone mine, a God’s that Cupid still.Let it pass; for the birds of the Spring are away,And dying I see the sun’s lingering ray.Enone, my sorrow, oh, harmonious face,Humility grand, words of virtue and grace,I looked yestere’en in the pond frozen fast,Strewn with leaves at the end of the garden’s fair space,And I read in my face that those days are now past.

Enone, in loving thy beauty, I thought,Where the soul and the body to union are brought,That mounting by steadying my heart and my mind,In that which can’t perish, myself I should find.For it ne’er was created, is not ugly and fair;Is not coldness in one part, while on fire it is there.Yes, I flattered myself that a harmony fineI’d succeed to compose of the worst and the best,Like the bard who adores Polyhymnia divine,And mingling sounds different from the nerves of his lyre,From the grave and the smart draws melodies higher.But, alas! my courage, so faint and nigh spent,The dart that has struck me proves without failNot to be from that bow which is easily bentBy the Venus that’s born alone of the male.No, ’twas that other Venus that caused me to smart,Born of frail mother with cowardly heart.And yet that naughty lad, that little hunter bold,Who laughs and shakes his flowery torch just for a day,Who never rests but upon tender flowers and gay,On sweetest skin who dries the tears his eyes that fill,Yet oh, Enone mine, a God’s that Cupid still.Let it pass; for the birds of the Spring are away,And dying I see the sun’s lingering ray.Enone, my sorrow, oh, harmonious face,Humility grand, words of virtue and grace,I looked yestere’en in the pond frozen fast,Strewn with leaves at the end of the garden’s fair space,And I read in my face that those days are now past.

Enone, in loving thy beauty, I thought,Where the soul and the body to union are brought,That mounting by steadying my heart and my mind,In that which can’t perish, myself I should find.For it ne’er was created, is not ugly and fair;Is not coldness in one part, while on fire it is there.Yes, I flattered myself that a harmony fineI’d succeed to compose of the worst and the best,Like the bard who adores Polyhymnia divine,And mingling sounds different from the nerves of his lyre,From the grave and the smart draws melodies higher.But, alas! my courage, so faint and nigh spent,The dart that has struck me proves without failNot to be from that bow which is easily bentBy the Venus that’s born alone of the male.No, ’twas that other Venus that caused me to smart,Born of frail mother with cowardly heart.And yet that naughty lad, that little hunter bold,Who laughs and shakes his flowery torch just for a day,Who never rests but upon tender flowers and gay,On sweetest skin who dries the tears his eyes that fill,Yet oh, Enone mine, a God’s that Cupid still.Let it pass; for the birds of the Spring are away,And dying I see the sun’s lingering ray.Enone, my sorrow, oh, harmonious face,Humility grand, words of virtue and grace,I looked yestere’en in the pond frozen fast,Strewn with leaves at the end of the garden’s fair space,And I read in my face that those days are now past.

Enone, in loving thy beauty, I thought,

Where the soul and the body to union are brought,

That mounting by steadying my heart and my mind,

In that which can’t perish, myself I should find.

For it ne’er was created, is not ugly and fair;

Is not coldness in one part, while on fire it is there.

Yes, I flattered myself that a harmony fine

I’d succeed to compose of the worst and the best,

Like the bard who adores Polyhymnia divine,

And mingling sounds different from the nerves of his lyre,

From the grave and the smart draws melodies higher.

But, alas! my courage, so faint and nigh spent,

The dart that has struck me proves without fail

Not to be from that bow which is easily bent

By the Venus that’s born alone of the male.

No, ’twas that other Venus that caused me to smart,

Born of frail mother with cowardly heart.

And yet that naughty lad, that little hunter bold,

Who laughs and shakes his flowery torch just for a day,

Who never rests but upon tender flowers and gay,

On sweetest skin who dries the tears his eyes that fill,

Yet oh, Enone mine, a God’s that Cupid still.

Let it pass; for the birds of the Spring are away,

And dying I see the sun’s lingering ray.

Enone, my sorrow, oh, harmonious face,

Humility grand, words of virtue and grace,

I looked yestere’en in the pond frozen fast,

Strewn with leaves at the end of the garden’s fair space,

And I read in my face that those days are now past.

And this is also from page 28 of a thick book, full of similar Poems, by M. Montesquiou.

Des formes, des formes, des formesBlanche, bleue, et rose, et d’orDescendront du haut des ormesSur l’enfant qui se rendort.Des formes!Des plumes, des plumes, des plumesPour composer un doux nid.Midi sonne: les enclumesCessent; la rumeur finit ...Des plumes!Des roses, des roses, des rosesPour embaumer son sommeil,Vos pétales sont morosesPrès du sourire vermeil.O roses!Des ailes, des ailes, des ailesPour bourdonner à son front.Abeilles et demoiselles,Des rythmes qui berceront.Des ailes!Des branches, des branches, des branchesPour tresser un pavillon,Par où des clartés moins franchesDescendront sur l’oisillon.Des branches!Des songes, des songes, des songesDans ses pensers entr’ ouvertsGlissez un peu de mensongesA voir le vie au traversDes songes!Des fées, des fées, des fées,Pour filer leurs écheveauxDes mirages, de boufféesDans tous ces petits cerveaux.Des fées.Des anges, des anges, des angesPour emporter dans l’étherLes petits enfants étrangesQui ne veulent pas rester ...Nos anges!Comte Robert de Montesquiou-Fezensac,Les Hortensias Bleus.

Des formes, des formes, des formesBlanche, bleue, et rose, et d’orDescendront du haut des ormesSur l’enfant qui se rendort.Des formes!Des plumes, des plumes, des plumesPour composer un doux nid.Midi sonne: les enclumesCessent; la rumeur finit ...Des plumes!Des roses, des roses, des rosesPour embaumer son sommeil,Vos pétales sont morosesPrès du sourire vermeil.O roses!Des ailes, des ailes, des ailesPour bourdonner à son front.Abeilles et demoiselles,Des rythmes qui berceront.Des ailes!Des branches, des branches, des branchesPour tresser un pavillon,Par où des clartés moins franchesDescendront sur l’oisillon.Des branches!Des songes, des songes, des songesDans ses pensers entr’ ouvertsGlissez un peu de mensongesA voir le vie au traversDes songes!Des fées, des fées, des fées,Pour filer leurs écheveauxDes mirages, de boufféesDans tous ces petits cerveaux.Des fées.Des anges, des anges, des angesPour emporter dans l’étherLes petits enfants étrangesQui ne veulent pas rester ...Nos anges!Comte Robert de Montesquiou-Fezensac,Les Hortensias Bleus.

Des formes, des formes, des formesBlanche, bleue, et rose, et d’orDescendront du haut des ormesSur l’enfant qui se rendort.Des formes!

Des formes, des formes, des formes

Blanche, bleue, et rose, et d’or

Descendront du haut des ormes

Sur l’enfant qui se rendort.

Des formes!

Des plumes, des plumes, des plumesPour composer un doux nid.Midi sonne: les enclumesCessent; la rumeur finit ...Des plumes!

Des plumes, des plumes, des plumes

Pour composer un doux nid.

Midi sonne: les enclumes

Cessent; la rumeur finit ...

Des plumes!

Des roses, des roses, des rosesPour embaumer son sommeil,Vos pétales sont morosesPrès du sourire vermeil.O roses!

Des roses, des roses, des roses

Pour embaumer son sommeil,

Vos pétales sont moroses

Près du sourire vermeil.

O roses!

Des ailes, des ailes, des ailesPour bourdonner à son front.Abeilles et demoiselles,Des rythmes qui berceront.Des ailes!

Des ailes, des ailes, des ailes

Pour bourdonner à son front.

Abeilles et demoiselles,

Des rythmes qui berceront.

Des ailes!

Des branches, des branches, des branchesPour tresser un pavillon,Par où des clartés moins franchesDescendront sur l’oisillon.Des branches!

Des branches, des branches, des branches

Pour tresser un pavillon,

Par où des clartés moins franches

Descendront sur l’oisillon.

Des branches!

Des songes, des songes, des songesDans ses pensers entr’ ouvertsGlissez un peu de mensongesA voir le vie au traversDes songes!

Des songes, des songes, des songes

Dans ses pensers entr’ ouverts

Glissez un peu de mensonges

A voir le vie au travers

Des songes!

Des fées, des fées, des fées,Pour filer leurs écheveauxDes mirages, de boufféesDans tous ces petits cerveaux.Des fées.

Des fées, des fées, des fées,

Pour filer leurs écheveaux

Des mirages, de bouffées

Dans tous ces petits cerveaux.

Des fées.

Des anges, des anges, des angesPour emporter dans l’étherLes petits enfants étrangesQui ne veulent pas rester ...Nos anges!

Des anges, des anges, des anges

Pour emporter dans l’éther

Les petits enfants étranges

Qui ne veulent pas rester ...

Nos anges!

Comte Robert de Montesquiou-Fezensac,Les Hortensias Bleus.

Comte Robert de Montesquiou-Fezensac,

Les Hortensias Bleus.

Oh forms, oh forms, oh formsWhite, blue, and gold, and redDescending from the elm trees,On sleeping baby’s head.Oh forms!Oh feathers, feathers, feathersTo make a cosy nest.Twelve striking: stops the clamour;The anvils are at rest ...Oh feathers!Oh roses, roses, rosesTo scent his sleep awhile,Pale are your fragrant petalsBeside his ruby smile.Oh roses!Oh wings, oh wings, oh wingsOf bees and dragon-flies,To hum around his forehead,And lull him with your sighs.Oh wings!Branches, branches, branchesA shady bower to twine,Through which, oh daylight, familyDescend on birdie mine.Branches!Oh dreams, oh dreams, oh dreamsInto his opening mind,Let in a little falsehoodWith sights of life behind.Dreams!Oh fairies, fairies, fairies,To twine and twist their threadsWith puffs of phantom visionsInto these little heads.Fairies!Angels, angels, angelsTo the ether far away,Those children strange to carryThat here don’t wish to stay ...Our angels!

Oh forms, oh forms, oh formsWhite, blue, and gold, and redDescending from the elm trees,On sleeping baby’s head.Oh forms!Oh feathers, feathers, feathersTo make a cosy nest.Twelve striking: stops the clamour;The anvils are at rest ...Oh feathers!Oh roses, roses, rosesTo scent his sleep awhile,Pale are your fragrant petalsBeside his ruby smile.Oh roses!Oh wings, oh wings, oh wingsOf bees and dragon-flies,To hum around his forehead,And lull him with your sighs.Oh wings!Branches, branches, branchesA shady bower to twine,Through which, oh daylight, familyDescend on birdie mine.Branches!Oh dreams, oh dreams, oh dreamsInto his opening mind,Let in a little falsehoodWith sights of life behind.Dreams!Oh fairies, fairies, fairies,To twine and twist their threadsWith puffs of phantom visionsInto these little heads.Fairies!Angels, angels, angelsTo the ether far away,Those children strange to carryThat here don’t wish to stay ...Our angels!

Oh forms, oh forms, oh formsWhite, blue, and gold, and redDescending from the elm trees,On sleeping baby’s head.Oh forms!

Oh forms, oh forms, oh forms

White, blue, and gold, and red

Descending from the elm trees,

On sleeping baby’s head.

Oh forms!

Oh feathers, feathers, feathersTo make a cosy nest.Twelve striking: stops the clamour;The anvils are at rest ...Oh feathers!

Oh feathers, feathers, feathers

To make a cosy nest.

Twelve striking: stops the clamour;

The anvils are at rest ...

Oh feathers!

Oh roses, roses, rosesTo scent his sleep awhile,Pale are your fragrant petalsBeside his ruby smile.Oh roses!

Oh roses, roses, roses

To scent his sleep awhile,

Pale are your fragrant petals

Beside his ruby smile.

Oh roses!

Oh wings, oh wings, oh wingsOf bees and dragon-flies,To hum around his forehead,And lull him with your sighs.Oh wings!

Oh wings, oh wings, oh wings

Of bees and dragon-flies,

To hum around his forehead,

And lull him with your sighs.

Oh wings!

Branches, branches, branchesA shady bower to twine,Through which, oh daylight, familyDescend on birdie mine.Branches!

Branches, branches, branches

A shady bower to twine,

Through which, oh daylight, family

Descend on birdie mine.

Branches!

Oh dreams, oh dreams, oh dreamsInto his opening mind,Let in a little falsehoodWith sights of life behind.Dreams!

Oh dreams, oh dreams, oh dreams

Into his opening mind,

Let in a little falsehood

With sights of life behind.

Dreams!

Oh fairies, fairies, fairies,To twine and twist their threadsWith puffs of phantom visionsInto these little heads.Fairies!

Oh fairies, fairies, fairies,

To twine and twist their threads

With puffs of phantom visions

Into these little heads.

Fairies!

Angels, angels, angelsTo the ether far away,Those children strange to carryThat here don’t wish to stay ...Our angels!

Angels, angels, angels

To the ether far away,

Those children strange to carry

That here don’t wish to stay ...

Our angels!


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