IX
Comment n'aimerait-on pas les livres? Il en est pour tous les goûts, ainsi qu'un auteur duChansonnier des Grâceslefait chanter à un libraire vaudevillesque (1820):
Venez, lecteurs, chez un libraireDe vous servir toujours jaloux;Vos besoins ainsi que vos goûtsChez moi pourront se satisfaire.J'offre laGrammaireaux auteurs,DesVersà nos jeunes poëtes;L'Esprit des loisaux procureurs,L'Essai sur l'hommeà nos coquettes...Aux plus célèbres gastronomesJe donneRacineetBoileau!La Harpeaux chanteurs de caveau,Les Nuits d'Youngaux astronomes;J'aiDescartespour les joueurs,Voiturepour toutes les belles,Lucrècepour les amateurs,Martialpour les demoiselles.Pour le plaideur et l'adversaireJ'aurail'avocat Patelin;Le malade et le médecinChez moi consulterontMolière:Pour un sexe trop confiantJe garde leBerger fidèle;Et pour le malheureux amantJe réserverai laPucelle.
Venez, lecteurs, chez un libraireDe vous servir toujours jaloux;Vos besoins ainsi que vos goûtsChez moi pourront se satisfaire.J'offre laGrammaireaux auteurs,DesVersà nos jeunes poëtes;L'Esprit des loisaux procureurs,L'Essai sur l'hommeà nos coquettes...
Venez, lecteurs, chez un libraire
De vous servir toujours jaloux;
Vos besoins ainsi que vos goûts
Chez moi pourront se satisfaire.
J'offre laGrammaireaux auteurs,
DesVersà nos jeunes poëtes;
L'Esprit des loisaux procureurs,
L'Essai sur l'hommeà nos coquettes...
Aux plus célèbres gastronomesJe donneRacineetBoileau!La Harpeaux chanteurs de caveau,Les Nuits d'Youngaux astronomes;J'aiDescartespour les joueurs,Voiturepour toutes les belles,Lucrècepour les amateurs,Martialpour les demoiselles.
Aux plus célèbres gastronomes
Je donneRacineetBoileau!
La Harpeaux chanteurs de caveau,
Les Nuits d'Youngaux astronomes;
J'aiDescartespour les joueurs,
Voiturepour toutes les belles,
Lucrècepour les amateurs,
Martialpour les demoiselles.
Pour le plaideur et l'adversaireJ'aurail'avocat Patelin;Le malade et le médecinChez moi consulterontMolière:Pour un sexe trop confiantJe garde leBerger fidèle;Et pour le malheureux amantJe réserverai laPucelle.
Pour le plaideur et l'adversaire
J'aurail'avocat Patelin;
Le malade et le médecin
Chez moi consulterontMolière:
Pour un sexe trop confiant
Je garde leBerger fidèle;
Et pour le malheureux amant
Je réserverai laPucelle.
Armand Gouffé était d'un autre avis lorsqu'il fredonnait:
Un sot avec cent mille francsPeut se passer de livres.
Mais les sots très riches ont généralement juste assez d'esprit pour retrancher et masquer leur sottise derrière l'apparat imposant d'une grande bibliothèque, où les bons livres consacrés par le temps et le jugement universel se partagent les rayons avec les ouvrages à la mode. Car si, comme le dit le proverbe allemand, «l'âne n'est pas savant parce qu'il est chargé de livres», il est des cas où l'amas des livres peut cacher un moment la nature de l'animal.
C'est en pensant aux amateurs de cet acabit que Chamfort a formulé cette maxime: «L'espoir n'est souvent au cœur que ce que la bibliothèque d'un château est à la personne du maître.»
Lilly, le fameux auteur d'Euphues, disait: «Aie ton cabinet plein de livres plutôt que ta bourse pleine d'argent». Le malheur est que remplir l'un a vite fait de vider l'autre, si les sources dont celle-ci s'alimente ne sont pas d'une abondance continue.
L'historien Gibbon allait plus loin lorsqu'il déclarait qu'il n'échangerait pas le goût de la lecture contre tous les trésors de l'Inde. De même Macaulay, qui auraitmieux aimé être un pauvre homme avec des livres qu'un grand roi sans livres.
Bien avant eux, Claudius Clément, dans son traité latin des bibliothèques, tant privées que publiques, émettait, avec des restrictions de sage morale, une idée semblable: «Il y a peu de dépenses, de profusions, je dirais même de prodigalités plus louables que celles qu'on fait pour les livres, lorsqu'en eux on cherche un refuge, la volupté de l'âme, l'honneur, la pureté des mœurs, la doctrine et un renom immortel.»
«L'or, écrivait Pétrarque à son frère Gérard, l'argent, les pierres précieuses, les vêtements de pourpre, les domaines, les tableaux, les chevaux, toutes les autres choses de ce genre offrent un plaisir changeant et de surface: les livres nous réjouissent jusqu'aux moëlles.»
C'est encore Pétrarque qui traçait ce tableau ingénieux et charmant:
«J'ai des amis dont la société m'est extrêmement agréable; ils sont de tous les âges et de tous les pays. Ils se sont distingués dans les conseils et sur les champs de bataille, et ont obtenu de grands honneurs par leur connaissancedes sciences. Il est facile de trouver accès près d'eux; en effet ils sont toujours à mon service, je les admets dans ma société ou les congédie quand il me plaît. Ils ne sont jamais importuns, et ils répondent aussitôt à toutes les questions que je leur pose. Les uns me racontent les événements des siècles passés, les autres me révèlent les secrets de la nature. Il en est qui m'apprennent à vivre, d'autres à mourir. Certains, par leur vivacité, chassent mes soucis et répandent en moi la gaieté: d'autres donnent du courage à mon âme, m'enseignant la science si importante de contenir ses désirs et de ne compter absolument que sur soi. Bref, ils m'ouvrent les différentes avenues de tous les arts et de toutes les sciences, et je peux, sans risque, me fier à eux en toute occasion. En retour de leurs services, ils ne me demandent que de leur fournir une chambre commode dans quelque coin de mon humble demeure, où ils puissent reposer en paix, car ces amis-là trouvent plus de charmes à la tranquillité de la retraite qu'au tumulte de la société.»
Il faut comparer ce morceau au passageoù notre Montaigne, après avoir parlé du commerce des hommes et de l'amour des femmes, dont il dit: «l'un est ennuyeux par sa rareté, l'aultre se flestrit par l'usage», déclare que celui des livres «est bien plus seur et plus à nous; il cède aux premiers les aultres advantages, mais il a pour sa part la constance et facilité de son service... Il me console en la vieillesse et en la solitude; il me descharge du poids d'une oysiveté ennuyeuse et me desfaict à toute heure des compagnies qui me faschent; il esmousse les poinctures de la douleur, si elle n'est du tout extrême et maistresse. Pour me distraire d'une imagination importune, il n'est que de recourir aux livres...
«Le fruict que je tire des livres... j'en jouïs, comme les avaricieux des trésors, pour sçavoir que j'en jouïray quand il me plaira: mon âme se rassasie et contente de ce droit de possession... Il ne se peult dire combien je me repose et séjourne en ceste considération qu'ils sont à mon côté pour me donner du plaisir à mon heure, et à recognoistre combien ils portent de secours à ma vie. C'est lameilleure munition que j'aye trouvé à cest humain voyage; et plainds extrêmement les hommes d'entendement qui l'ont à dire.»
Sur ce thème, les variations sont infinies et rivalisent d'éclat et d'ampleur.
Le roi d'Egypte Osymandias, dont la mémoire inspira à Shelley un sonnet si beau, avait inscrit au-dessus de sa «librairie»:
Pharmacie de l'âme.
«Une chambre sans livres est un corps sans âme», disait Cicéron.
«La poussière des bibliothèques est une poussière féconde», renchérit Werdet.
«Les livres ont toujours été la passion des honnêtes gens», affirme Ménage.
Sir John Herschel était sûrement de ces honnêtes gens dont parle le bel esprit érudit duXVIIesiècle, car il fait cette déclaration, que Gibbon eût signée:
«Si j'avais à demander un goût qui pût me conserver ferme au milieu des circonstances les plus diverses et être pour moi une source de bonheur et degaieté à travers la vie et un bouclier contre ses maux, quelque adverses que pussent être les circonstances et de quelques rigueurs que le monde pût m'accabler, je demanderais le goût de la lecture.»
«Autant vaut tuer un homme que détruire un bon livre», s'écrie Milton; et ailleurs, en un latin superbe que je renonce à traduire:
Et totum rapiunt me, mea vita, libri.
«Pourquoi, demandait Louis XIV au maréchal de Vivonne, passez-vous autant de temps avec vos livres?—Sire, c'est pour qu'ils donnent à mon esprit le coloris, la fraîcheur et la vie que donnent à mes joues les excellentes perdrix de Votre Majesté.»
Voilà une aimable réponse de commensal et de courtisan. Mais combien d'enthousiastes se sentiraient choqués de cet épicuréisme flatteur et léger! Ce n'est pas le poète anglais John Florio, qui écrivait au commencement du même siècle, dont on eût pu attendre une explication aussi souriante et dégagée. Ille prend plutôt au tragique, quand il s'écrie:
«Quels pauvres souvenirs sont statues, tombes et autres monuments que les hommes érigent aux princes, et qui restent en des lieux fermés où quelques-uns à peine les voient, en comparaison des livres, qui aux yeux du monde entier montrent comment ces princes vécurent, tandis que les autres monuments montrent où ils gisent!»
C'est à dessein, je le répète, que j'accumule les citations d'auteurs étrangers. Non seulement, elles ont moins de chances d'être connues, mais elles possèdent je ne sais quelle saveur d'exotisme qu'on ne peut demander à nos écrivains nationaux.
Ecoutons Isaac Barrow exposer sagement la leçon de son expérience:
«Celui qui aime les livres ne manque jamais d'un ami fidèle, d'un conseiller salutaire, d'un gai compagnon, d'un soutien efficace. En étudiant, en pensant, en lisant, l'on peut innocemment se distraire et agréablement se récréer dans toutes les saisons comme dans toutes les fortunes.»
Jeremy Collier, pensant de même, ne s'exprime guère autrement:
«Les livres sont un guide dans la jeunesse et une récréation dans le grand âge. Ils nous soutiennent dans la solitude et nous empêchent d'être à charge à nous-mêmes. Ils nous aident à oublier les ennuis qui nous viennent des hommes et des choses; ils calment nos soucis et nos passions; ils endorment nos déceptions. Quand nous sommes las des vivants, nous pouvons nous tourner vers les morts: ils n'ont dans leur commerce, ni maussaderie, ni orgueil, ni arrière-pensée.»
Parmi les joies que donnent les livres, celle de les rechercher, de les pourchasser chez les libraires et les bouquinistes, n'est pas la moindre. On a écrit des centaines de chroniques, des études, des traités et des livres sur ce sujet spécial.La Physiologie des quais de Paris, de M. Octave Uzanne, est connue de tous ceux qui s'intéressent aux bouquins. On se rappelle moins un brillant article de Théodore de Banville, qui parut jadis dans un supplément littéraire duFigaro;aussi me saura-t-on gré d'en citer ce joli passage:
«Sur le quai Voltaire, il y aurait de quoi regarder et s'amuser pendant toute une vie; mais sans tourner, comme dit Hésiode, autour du chêne et du rocher, je veux nommer tout de suite ce qui est le véritable sujet, l'attrait vertigineux, le charme invincible: c'est le Livre ou, pour parler plus exactement, leBouquin. Il y a sur le quai de nombreuses boutiques, dont les marchands, véritables bibliophiles, collectionnent, achètent dans les ventes, et offrent aux consommateurs de beaux livres à des prix assez honnêtes. Mais ce n'est pas là ce que veut l'amateur, le fureteur, le découvreur de trésors mal connus. Ce qu'il veut, c'est trouver pour des sous, pour rien, dans les boîtes posées sur le parapet, des livres, des bouquins qui ont—ou qui auront—un grand prix, ignoré du marchand.
«Et à ce sujet, un duel, qui n'a pas eu de commencement et n'aura pas de fin, recommence et se continue sans cesse entre le marchand et l'amateur. Le libraire, qui, naturellement, veut vendre cher sa marchandise, se hâte de retirerdes boîtes et de porter dans la boutique tout livre soupçonné d'avoir une valeur; mais par une force étrange et surnaturelle, le Livre s'arrange toujours pour revenir, on ne sait pas comment ou par quels artifices, dans les boîtes du parapet. Car lui aussi a ses opinions; il veut être acheté par l'amateur, avec des sous, et surtout et avant tout, par amour!»
C'est ainsi que M. Jean Rameau, poète et bibliophile, raconte qu'il a trouvé, en cette année 1901, dans une boîte des quais, à vingt-cinq centimes, quatre volumes, dont le dos élégamment fleuri portait un écusson avec la devise:Boutez en avant. C'était un abrégé duFaramondde la Calprenède, et les quatre volumes avaient appartenu à la Du Barry, dont leBoutez en avantest suffisamment caractéristique. Que fit le poète, lorsqu'il se fut renseigné auprès du baron de Claye, qui n'hésite point sur ces questions? Il alla dès sept heures du matin se poster devant l'étalage, avala le brouillard de la Seine, s'en imprégna et y développa des «rhumatismes atroces» jusqu'à onze heures du matin,—car le bouquiniste, ami du nonchaloir, nevint pas plus tôt,—prit les volumes et «bouta une pièce d'un franc» en disant: «Vous allez me laisser ça pour quinze sous, hein?»—«Va pour quinze sous!» fit le bouquiniste bonhomme! Et le poète s'enfuit avec son butin, et aussi, par surcroît, «avec un petit frisson de gloire».
Puisque nous sommes sur le quai Voltaire, ne le quittons pas sans le regarder à travers la lunette d'un poète dont le nom, Gabriel Marc, n'éveille pas de retentissants échos, mais qui, depuis 1875, année où il publiait sesSonnets parisiens, a dû parfois éprouver l'émotion—amère et douce—exprimée en trait final dans le gracieux tableau qu'il intitule:En bouquinant.
Le quai Voltaire est un véritable muséeEn plein soleil. Partout, pour charmer les regards,Armes, bronzes, vitraux, estampes, objets d'art,Et notre flânerie est sans cesse amusée.Avec leur reliure ancienne et presque usée,Voici les manuscrits sauvés par le hasard;Puis les livres: Montaigne, Hugo, Chénier, Ponsard,Ou la petite toile au Salon refusée.Le ciel bleuâtre et clair noircit à l'horizon.Le pêcheur à la ligne a jeté l'hameçon;Et la Seine se ride aux souffles de la brise.Ou la petite toile au Salon refusée.On bouquine. On revoit, sous la poudre des temps,Tous les chers oubliés; et parfois, ô surprise!Le volume de vers que l'on fit à vingt ans.
Le quai Voltaire est un véritable muséeEn plein soleil. Partout, pour charmer les regards,Armes, bronzes, vitraux, estampes, objets d'art,Et notre flânerie est sans cesse amusée.
Le quai Voltaire est un véritable musée
En plein soleil. Partout, pour charmer les regards,
Armes, bronzes, vitraux, estampes, objets d'art,
Et notre flânerie est sans cesse amusée.
Avec leur reliure ancienne et presque usée,Voici les manuscrits sauvés par le hasard;Puis les livres: Montaigne, Hugo, Chénier, Ponsard,Ou la petite toile au Salon refusée.
Avec leur reliure ancienne et presque usée,
Voici les manuscrits sauvés par le hasard;
Puis les livres: Montaigne, Hugo, Chénier, Ponsard,
Ou la petite toile au Salon refusée.
Le ciel bleuâtre et clair noircit à l'horizon.Le pêcheur à la ligne a jeté l'hameçon;Et la Seine se ride aux souffles de la brise.Ou la petite toile au Salon refusée.
Le ciel bleuâtre et clair noircit à l'horizon.
Le pêcheur à la ligne a jeté l'hameçon;
Et la Seine se ride aux souffles de la brise.
Ou la petite toile au Salon refusée.
On bouquine. On revoit, sous la poudre des temps,Tous les chers oubliés; et parfois, ô surprise!Le volume de vers que l'on fit à vingt ans.
On bouquine. On revoit, sous la poudre des temps,
Tous les chers oubliés; et parfois, ô surprise!
Le volume de vers que l'on fit à vingt ans.
Un autre contemporain, Mr. J. Rogers Rees, qui a écrit tout un livre sur les plaisirs du bouquineur (the Pleasures of a Bookworm), trouve dans le commerce des livres une source de fraternité et de solidarité humaines. «Un grand amour pour les livres, dit-il, a en soi, dans tous les temps, le pouvoir d'élargir le cœur et de le remplir de facultés sympathiques plus larges et véritablement éducatrices.»
Un poète américain, Mr. C. Alex. Nelson, termine une pièce à laquelle il donne ce titre français:Les Livres, par une prière naïve, dont les deux derniers vers sont aussi en français dans le texte:
Les amoureux du livre, tous d'un cœur reconnaissant,toujours exhalèrent une prière unique:Que le bon Dieu préserve les livreset sauve la Société!
Les amoureux du livre, tous d'un cœur reconnaissant,toujours exhalèrent une prière unique:Que le bon Dieu préserve les livreset sauve la Société!
Les amoureux du livre, tous d'un cœur reconnaissant,
toujours exhalèrent une prière unique:
Que le bon Dieu préserve les livres
et sauve la Société!
Le vieux Chaucer ne le prenait pas de si haut: doucement et poétiquement il avouait que l'attrait des livres était moins puissant sur son cœur que l'attrait de la nature.
Je voudrais pouvoir mettre dans mon essai de traduction un peu du charme poétique qui, comme un parfum très ancien, mais persistant et d'autant plus suave, se dégage de ces vers dans le texte original.
Quant à moi, bien que je ne sache que peu de chose,à lire dans les livres je me délecte,et j'y donne ma foi et ma pleine croyance,et dans mon cœur j'en garde le respectsi sincèrement qu'il n'y a point de plaisirqui puisse me faire quitter mes livres,si ce n'est, quelques rares fois, le jour saint,sauf aussi, sûrement, lorsque, le mois de maivenu, j'entends les oiseaux chanter,et que les fleurs commencent à surgir,—alors adieu mon livre et ma dévotion!
Comment encore conserver en mon français sans rimes et péniblement rythmé l'harmonie légère et gracieuse, pourtant si nette et précise, de ce délicieux couplet d'une vieille chanson populaire, que tout Anglais sait par cœur:
Oh! un livre et, dans l'ombre un coin,soit à la maison, soit dehors,les vertes feuilles chuchotant sur ma tête,ou les cris de la rue autour de moi;là où je puisse lire tout à mon aiseaussi bien du neuf que du vieux!Car un brave et bon livre à parcourirvaut pour moi mieux que de l'or!
Mais il faut s'arrêter dans l'éloge. Je ne saurais mieux conclure, sur ce sujet entraînant, qu'en prenant à mon compte et en offrant aux autres ces lignes d'un homme qui fut, en son temps, le «prince de la critique» et dont le nom même commence à être oublié. Nous pouvons tous, amis, amoureux, dévots ou maniaques du livre, nous écrier avec Jules Janin:
«O mes livres! mes économies et mes amours! une fête à mon foyer, un repos à l'ombre du vieil arbre, mes compagnons de voyage!... et puis, quand tout sera fini pour moi, les témoins de ma vie et de mon labeur!»