Näheres weiß die Redaktion über diesen Mann nichts zu berichten, als daß er längere Zeit hindurch Mitglied der französischen Schauspielergesellschaft in Berlin gewesen und von Tieck auf jede Weise ausgezeichnet worden ist. In wie fern seine Bedeutung auf der Bühne solche Gunst verdiente, darüber mögen Alle Zeugniß ablegen, die sich an seinen Darstellungen ergötzten. Daß er aber auch als Mensch Achtung einflößen mußte, bekunden diese Briefe. Und wer irgend Gelegenheit fand, die geistige Ausbildung namhafter französischer Akteurs, besonders ihr Verhältniß zu deutscher Literatur und Poesie zu ergründen, der wird den Werth eines Mannes erkennen und schätzen, welcher sichsoüber Ludwig Tieck’s „Hexensabbat“ ausspricht!!
Näheres weiß die Redaktion über diesen Mann nichts zu berichten, als daß er längere Zeit hindurch Mitglied der französischen Schauspielergesellschaft in Berlin gewesen und von Tieck auf jede Weise ausgezeichnet worden ist. In wie fern seine Bedeutung auf der Bühne solche Gunst verdiente, darüber mögen Alle Zeugniß ablegen, die sich an seinen Darstellungen ergötzten. Daß er aber auch als Mensch Achtung einflößen mußte, bekunden diese Briefe. Und wer irgend Gelegenheit fand, die geistige Ausbildung namhafter französischer Akteurs, besonders ihr Verhältniß zu deutscher Literatur und Poesie zu ergründen, der wird den Werth eines Mannes erkennen und schätzen, welcher sichsoüber Ludwig Tieck’s „Hexensabbat“ ausspricht!!
Dresde11. août 1840.
Monsieur,
J’ai l’honneur de vous renvoyer leSabbatque vous avez bien voulu me prêter. Hélas! forcé de partir ce soir,c’est un pied, déjà dans ma chaise-de-poste, et au grand galop de mes yeux fatigués, mais toujours avides que j’ai pu parcourir ce tableau vivant et parlant du XV siècle. Oui, c’est bien là notre France du Nord; c’est bien là la vieille Flandre. Ce sont les superstitions, la foi et les moeurs du moyen-âge; avec ses habitudes, son langage et ses vieux haut-de-chausses. On croit voir; on croit entendre!
Walter Scott a peint les traditions, les usages, les lois antiques de l’Angleterre, et surtout de l’Ecosse; Victor Hugo, dans Notre-Dame-de Paris celles de l’ancienne Lutèce; tous deux ont écrit de leur patrie, dans leur patrie; Vous, Monsieur, vous avez écrit sur un pays qui n’est pas le vôtre; mais réalisant la maxime: „que l’Univers entier est la patrie du Génie,“ vous avez dépeint de vieilles moeurs étrangères, mortes depuis longtems, comme si elles posaient vivantes et agissantes devant vous; et vous surpassez souvent ces hommes de génie, par la simplicité du style, la franchise des narrations; et Vos inventions deviennent des vérités!
Oui, et ce n’est ici que l’expression franche et sincère de ma pensée et de mes sentimens, l’original était si vrai, si simple et si vigoureux, à la fois; que malgré lelavagedes épreuves, et lesdangers de la traduction, les couleurs sont restées brillantes, les nuances vives et les teintes chaudes!
Combien je regrette de ne pouvoir savourer, à mon aise, tout se que font et disent tous ces personnages que vous savez nous rendre si intéressants! J’éspère y revenir.
Veuillez agréer l’hommage de ma gratitude et de ma bien vive et sincère admiration.
Votre très humble ettrès-dévoué serviteur,Ad. St. Aubin.
Votre très humble ettrès-dévoué serviteur,
Ad. St. Aubin.
P. S. C. Quant au projet théâtral...... j’attendrai que vous daigniez me faire connaître s’il y a possibilité de le mettre à exécution, et si je dois me rendre à Dresde pour cela. Je sais qu’ une solution prompte et positive doit être difficile à obtenir dans une affaire de cette importance; cependant ce serait le cas de profiter de la crise dans laquelle je me trouve placé. Si j’avais quelque garantie je romprais mon contrat; je le pourrais peut-être, en ce moment. Le pourrais-je plus tard?.... je vais attendre.
Behren Strasse 57 à Berlin.
Berlin, 24. Août 1840.
Monsieur,
Mr. de Villers qui a bien voulu se charger de s’informer auprès de vous, des dispositions premières de Monsieur de Lüttichau, m’écrit, en ce moment, que „le projet obtiendrait l’assentiment de Mr. le Comte, si la base et les conditions en étaient différentes.“
J’écris aujourd’ hui même à Mr. de Lüttichau; et je le prie de me faire connaître bientôt les diverses modifications, et les conditions auxquelles, il lui conviendrait d’avoir à Dresde, un bon théâtre-français.
Je suis si désireux dequitter le triste séjour de Berlin, ainsi que mon gracieux Directeur; que je ferai tous mes efforts pour concilier mon désir à cet égard, avec les charges très-onereuses, mais inexorables, d’une troupe à l’etranger.
Si, d’aprés la communication de Monsieur de Lüttichau, j’entrevois une possibilité d’éxécution; je partirai, de suite, pour Dresde; afin d’arriver plus promptement, et plus sûrement au but. Vous seul pouvez y conduire. C’est à vous seul que Dresde devra son théâtre-français; s’il y alieu ainsi donc, et pour Dieu! prenez-moi par la main, et ne me quittez pas.
Je voudrais finir cette lettre sans vous parler de ma vive gratitude pour toutes vos bontés; mais elle est trop sincère, et trop sentie, pour la passer sous silence.
Bien que Mr. de Villers ne me donne aucun détail spécial dans sa lettre; je crois cependant y démêler, que les bonnes dispositions de Mr. de Lüttichau auraient pour base:trois mois seulementde service français. Hélas! Ce serait alors une chose impossible; car, que m’offrirait-il d’indemnité pour trois mois, et comment employer les neuf autres? C’était déjà trop des quatre mois que je m’étais réservés.Privilèges, permissions, recettes, tout est éventuel dans les villes voisines. Lamoitiéde la recette est souvent peu de chose; et les permissions de jouer peuvent même manquer complétement. Je veux bien courir la chance de ne pas gagner; mais non celle de tout perdre. A ce propos, je joins ici une note detaillée du personnel et des frais indispensables d’une troupe à l’Etranger. Elle vous fixera su la dépense approximative, et vous donnera la mesure du possible et de l’impossible. Ce dernier mot me chagrinerait beaucoup, mais enfin, Dieu et Tieck aidants, j’éspère encore et j’attends!
Veuillez agréer, et ma haute considération, et es sentiments empressés et affectueux.
Ad. St. Aubin,Behren StrasseBerlin.
Ad. St. Aubin,
Behren StrasseBerlin.
Berlin, den 6. 8bre 1842.
Monsieur,
L’année dernière je m’étais rendu à Potsdam pour avoir l’honneur de vous y faire ma visite. Malheureusement vous étiez malade, vous ne receviez point; et, plus tard, vousaviez quitté cette résidence. J’apprends maintenant que vous y êtes revenu; et comme il n’est jamais trop tard pour acquitter la dette de la reconnaissance, mon coeur cède au besoin qu’il éprouve depuis longtemps, de vous remercier, avec éffusion, de toutes les choses bienveillantes que mon faible talent a inspirées à votre indulgence. Vos suffrages sont si glorieux, ils honorent, et ils élèvent tellement celui qui en est l’objet, que le bienheureux artiste les inscrit au premier rang de ses plus beaux succès, et de ses plus chers souvenirs!
Je dis: souvenirs, Monsieur; et ce mot est l’expression de ma pensée intime; car bientôt, je pense, je quitterai Berlin: j’abandonnerai cette belle et tranquille capitale, pour laquelle j’avais renoncé aux succès de Paris, à son fracas, à sa vie dévorante. Oui, bien que la durée de mon contrat soit encore d’environ trois années, j’en sollicite en ce moment la résiliation. Je l’obtiendrai facilement puisque depuis deux ans, depuis la cessation forcée du procès qui m’avait été intenté, on n’a pas cessé de me pousser à cette pénible résolution par les passe-droits, et les vexations de toute espèce. On cherche à m’effacer, on veut m’annihiler en me forçant à jouer sans-cesse des rôles nuls et mauvais; et en écartant, sous divers prétextes, les pièces, qui m’offriraient des rôles profonds, ou brillants. On saisit, on fait naître même toutes les occasions possibles pour me blesser et m’abreuver de dégoûts. Je n’y puis plus tenir. Ma santé, déjà mauvaise au printemps dernier, s’est gravement altérée par ces piqûres de tous les instants. C’est au point que les médecins me conseillent sérieusement un séjour de quelques mois en Italie. Mais renoncer à mon contrat dont les appointements font vivre nos familles! C’est là un parti cruel, désastreux!.. Qu’il faut prendre pourtant; car ma patience, si longtemps à l’épreuve, est àbout. Je cède; je me retire. — Mais pardon, je ne voulais vous parler que de la reconnaissance de l’artiste, et je m’apperçois que je vous entretiens de ses chagrins. Hélas! le coeur le l’homme est fait ainsi, ses joies, ou ses douleurs le débordent toujours.
Adieu, Monsieur. Agréez, je vous prie, le voeux que je forme pour votre chère et précieuse santé. C’est aussi là, sans-doute, votre ardent et unique souhait. Que pourriez-vous ambitionner de plus? N’avez-vous pas la bienveillance d’un Roi qui honore tout ce qui est noble, et grand; qui recherche et récompense le Génie. C’est tout simple. Il s’y connaît; il est, dit-on, de la famille.
Adieu, Monsieur. Adieu encore, car je ne sais si quelques mois du doux ciel d’Italie me rendront la santé. J’ignore si je pourrai jamais revenir à Berlin! Je garderais donc le regret que j’emporte: celui de n’avoir pû me montrer à un juge têl que vous, dans un de ces grands rôles, un de ces caractères vigoureusement tracés que j’aime tant; et qu’il ne m’a pas été possible de jouer.
Je suis, avec une très-haute, et très-affectueuse considération,
Monsieur,Votre très-humble, etdévoué serviteur,Ad. Saint-Aubin.
Monsieur,
Votre très-humble, etdévoué serviteur,
Ad. Saint-Aubin.