§ 100. Quant li rois de France vei que, par nullevoie ne pourkas qu'il [sceust[324]] faire ne moustrer, ilne poroit ratraire les Flamens ne oster de leur oppinion,si commanda à chiaus qu'il tenoit en garnison,de Tournay, de Lille, de Douay et des chastiaus voisins,que il fesissent guerre as Flamens, et courussenten leur pays et sans deport. Dont il avint quemessires Mahieus de Roie, qui pour le temps se tenoit5dedens Tournay, et messires Mahieus de Trie,mareschaus de France, avoech monsigneur Godemardou Fay et pluiseur aultre, misent une chevaucie susde mille armeures de fier, tous bien montés, et troiscens arbalestriers, tant de Tournay, de Lille que de10Douay, et se partirent de le cité de Tournay un soirapriès souper, et chevaucièrent tant que sus le pointdou jour il vinrent devant Courtrai, et accueillièrent,devant soleil levant, toute le proie de là environ.Et coururent li coureur jusques as portes, et occirent15et mehagnièrent aucuns hommes qu'il trouvèrentens ès fourbours, et puis s'en retournèrent arrièresans damage. Et prisent ces gens d'armes leur tourdeviers le rivière dou Lis et devers le Warneston, enaccueillant et en menant devant yaus toute le proie20qu'il trouvèrent et encontrèrent; et ramenèrent cejour en le cité de Tournay plus de dix mille blanchesbestes, et bien otant que pors, que bues, quevaches, dont il eurent grant pourfit et grant butin.Et en fu la ditte cités bien pourveue et rafreschie un25grant temps et largement avitaillie.Ces nouvelles, qui ne furent mies trop plaisanspour les Flamens, s'espandirent parmi Flandres. Sien fu durement li pays esmeus et tourblés. Et en30vinrent les complaintes à Jakemon d'Artevelle qui setenoit à Gand. Pour quoi li dis d'Artevelles fu durementcourouciés, et dist et jura que ceste fourfaitureseroit amendée ou pays de Tournesis. Si fist sonmandement par tout, et commanda parmi les bonnesvilles de Flandres que tout vuidassent et fuissent,à un certain jour qu'il y assigna, avoecques lui, devantle cité de Tournay; et escrisi au conte de Sallebrin5et au conte de Sufforch, qui se tenoient engarnison en le ville de Ippre, qu'il se traissent decelle part. Et encores pour mieus moustrer que labesongne estoit sienne et qu'elle li touchoit, il separti de Gand moult estoffeement, et s'en vint entre10le ville d'Audenarde et de Tournay, sus un certainpas que on dist au Pont de Fier; et se loga là, attendansles dessus dis contes d'Engleterre et ossichiaus dou Franch de Bruges.
§ 100. Quant li rois de France vei que, par nullevoie ne pourkas qu'il [sceust[324]] faire ne moustrer, ilne poroit ratraire les Flamens ne oster de leur oppinion,si commanda à chiaus qu'il tenoit en garnison,de Tournay, de Lille, de Douay et des chastiaus voisins,que il fesissent guerre as Flamens, et courussenten leur pays et sans deport. Dont il avint quemessires Mahieus de Roie, qui pour le temps se tenoit5dedens Tournay, et messires Mahieus de Trie,mareschaus de France, avoech monsigneur Godemardou Fay et pluiseur aultre, misent une chevaucie susde mille armeures de fier, tous bien montés, et troiscens arbalestriers, tant de Tournay, de Lille que de10Douay, et se partirent de le cité de Tournay un soirapriès souper, et chevaucièrent tant que sus le pointdou jour il vinrent devant Courtrai, et accueillièrent,devant soleil levant, toute le proie de là environ.Et coururent li coureur jusques as portes, et occirent15et mehagnièrent aucuns hommes qu'il trouvèrentens ès fourbours, et puis s'en retournèrent arrièresans damage. Et prisent ces gens d'armes leur tourdeviers le rivière dou Lis et devers le Warneston, enaccueillant et en menant devant yaus toute le proie20qu'il trouvèrent et encontrèrent; et ramenèrent cejour en le cité de Tournay plus de dix mille blanchesbestes, et bien otant que pors, que bues, quevaches, dont il eurent grant pourfit et grant butin.Et en fu la ditte cités bien pourveue et rafreschie un25grant temps et largement avitaillie.
§ 100. Quant li rois de France vei que, par nulle
voie ne pourkas qu'il [sceust[324]] faire ne moustrer, il
ne poroit ratraire les Flamens ne oster de leur oppinion,
si commanda à chiaus qu'il tenoit en garnison,
de Tournay, de Lille, de Douay et des chastiaus voisins,
que il fesissent guerre as Flamens, et courussent
en leur pays et sans deport. Dont il avint que
messires Mahieus de Roie, qui pour le temps se tenoit5
dedens Tournay, et messires Mahieus de Trie,
mareschaus de France, avoech monsigneur Godemar
dou Fay et pluiseur aultre, misent une chevaucie sus
de mille armeures de fier, tous bien montés, et trois
cens arbalestriers, tant de Tournay, de Lille que de10
Douay, et se partirent de le cité de Tournay un soir
apriès souper, et chevaucièrent tant que sus le point
dou jour il vinrent devant Courtrai, et accueillièrent,
devant soleil levant, toute le proie de là environ.
Et coururent li coureur jusques as portes, et occirent15
et mehagnièrent aucuns hommes qu'il trouvèrent
ens ès fourbours, et puis s'en retournèrent arrière
sans damage. Et prisent ces gens d'armes leur tour
deviers le rivière dou Lis et devers le Warneston, en
accueillant et en menant devant yaus toute le proie20
qu'il trouvèrent et encontrèrent; et ramenèrent ce
jour en le cité de Tournay plus de dix mille blanches
bestes, et bien otant que pors, que bues, que
vaches, dont il eurent grant pourfit et grant butin.
Et en fu la ditte cités bien pourveue et rafreschie un25
grant temps et largement avitaillie.
Ces nouvelles, qui ne furent mies trop plaisanspour les Flamens, s'espandirent parmi Flandres. Sien fu durement li pays esmeus et tourblés. Et en30vinrent les complaintes à Jakemon d'Artevelle qui setenoit à Gand. Pour quoi li dis d'Artevelles fu durementcourouciés, et dist et jura que ceste fourfaitureseroit amendée ou pays de Tournesis. Si fist sonmandement par tout, et commanda parmi les bonnesvilles de Flandres que tout vuidassent et fuissent,à un certain jour qu'il y assigna, avoecques lui, devantle cité de Tournay; et escrisi au conte de Sallebrin5et au conte de Sufforch, qui se tenoient engarnison en le ville de Ippre, qu'il se traissent decelle part. Et encores pour mieus moustrer que labesongne estoit sienne et qu'elle li touchoit, il separti de Gand moult estoffeement, et s'en vint entre10le ville d'Audenarde et de Tournay, sus un certainpas que on dist au Pont de Fier; et se loga là, attendansles dessus dis contes d'Engleterre et ossichiaus dou Franch de Bruges.
Ces nouvelles, qui ne furent mies trop plaisans
pour les Flamens, s'espandirent parmi Flandres. Si
en fu durement li pays esmeus et tourblés. Et en30
vinrent les complaintes à Jakemon d'Artevelle qui se
tenoit à Gand. Pour quoi li dis d'Artevelles fu durement
courouciés, et dist et jura que ceste fourfaiture
seroit amendée ou pays de Tournesis. Si fist son
mandement par tout, et commanda parmi les bonnes
villes de Flandres que tout vuidassent et fuissent,
à un certain jour qu'il y assigna, avoecques lui, devant
le cité de Tournay; et escrisi au conte de Sallebrin5
et au conte de Sufforch, qui se tenoient en
garnison en le ville de Ippre, qu'il se traissent de
celle part. Et encores pour mieus moustrer que la
besongne estoit sienne et qu'elle li touchoit, il se
parti de Gand moult estoffeement, et s'en vint entre10
le ville d'Audenarde et de Tournay, sus un certain
pas que on dist au Pont de Fier; et se loga là, attendans
les dessus dis contes d'Engleterre et ossi
chiaus dou Franch de Bruges.