Chapter 18

Sy se party le roy d’Engleterre de Calais en moult grant arroy et avoit adonc avecques luy deus de ses enfans, monseigneur Lois et monseigneur Jehan, et le duc de Lenclastre son cousin, le duc de Norhantone et de Herfort, le conte d’Arondel, le conte de Pennebourcq, le conte de Kenfort et le plus grant partie des contes et des chevaliers qu’il avoit, quant il cuida ariver en Normendie sus le povoir du roy de Navare. Et estoit connestable de toute son armée le conte de la Marche, et marescal le sire de Noefville et messire Jehan de Bieaucamp.

Sy vint le roy englès ce prumier jour entour Fiènes; et y eult ung très grant assault au castiel, mais riens n’y fourfirent, car il estoit bien garny de bonnes gens d’armes qui bien le tinrent et deffendirent tant qu’il n’y perdirent riens. Adonc s’en partirent les Englès en celle entente que pour venir devant le chité d’Arras et le assegier, se le roy n’ot aultre[s] nouvelles. Sy chevauchèrent l’endemain devers Saint Pol en Ternois, et coururent les coureurs des Englès environ Monstreul, mais point ne passèrent la rivière. Et s’en vint le roy englès à tout son ost logier à Blangy de lès Heddin, et là se tint tout cois sans aler plus avant, car il entendy que le roy de Franche estoit [à] Amiens et faisoit là sen asamblée de gens d’armes. Fos478 à 480.

P.140, l. 5: Pikardie.—Le ms. B 3 ajoute: en la conté de Boulonnois. Fº 169.—Les mss. B 4, 5 ajoutent: en le conté de Boulongne. Fº 157.

P.140, l. 9: y assist.—Ms. B 3: assigna.

P.140, l. 15: especial.—Le ms. B 3 ajoute: devers.—Le ms. B 4 ajoute: à.

P.140, l. 24: du Maine.—Ms. B 5: d’Auvergne. Fº 364.

P.140, l. 32: Poitiers.—Ms. B 3: Ponthieu.—Ms. B 4: Pontiu.

P.141, l. 5: tanisons.—Mss. B 3, 5: ennuy.—Ms. B 4: merveilles.

P.141, l. 7: les.—Mss. B 3, 4: ses.

P.141, l. 8: trente mil.—Le ms. B 3 ajoute: hommes.

P.141, l. 14: avoient.—Ms. B 3: avoit.

P.141, l. 21 et 22: entrues.—Ms. B 3: cependent.

§348. P.141, l. 31: faisoient.—Ms. B 3 ajoute: grande. Fº 169.

P.142, l. 3: resongnoient.—Ms. B 3: ensonnyoient. Fº 169, vº.

P.142, l. 5: vasselage.—Ms. B 3: vaillance.

P.142, l. 7: sept.—Ms. B 5: huit. Fº 364 vº.

P.142, l. 7: des.—Ms. B 3: devant les.

P.142, l. 14: Lancastre.—Ms. B 6: Sy s’avisa ou prumier il feroit son enprise et s’en descouvry à son serouge qui sa seur il avoit, le conte de le Mare, et à ung sien cousin, monseur Archebault Douglas, vaillant homme; et leur dist qu’il avoit aviset d’esquieller et de prendre par fait d’armes, tout en une nuit, le bonne chité de Bervich et le castiel de Rosebourcq qui jadis fu de leur yretaige. Chil deus chevaliers et messire Robiert de Versy avecques yaulx sy s’acordèrent. Et deult le dit messire Guillaumes Douglas et messire Archebaus son cousin avecques leur route venir à Bervich, et le conte de la Mare et messire Robert de Versy allèrent à Rosebourcq en celle meismes nuit. Et sy s’ordonnèrent si bien leur besoigne et sy couvertement que il vinrent de jour en leur embusque. Et le dit messire Guillaumes et son cousin messire Archebaut se boutèrent en ung bosquet assés près de le cité de Bervich, sans che qu’il fuissent de nuluy aperceut et là se tinrent jusques à bien avant en la nuit; et pooient [estre] environ trois cens hommes de guerre. Sy se partirent de leur embusque environ minuit et vinrent tout coiement jusques à Bervich. Et envo[ièrent] devant trois de leurs varlès pour sçavoir se chil de Bervich faisoient point de gait sur les murs; il raportèrent à leur mestres que nanil. Adonc s’avanchèrent il et vinrent sur les fosséset avoient eschelles cordées. Sy passèrent oultre les fossés, en portant leurs eschelles, au plus foible lieu et où il n’i avoit point d’iaue. Et jettèrent leurs eschelles et montèrent contremont, et entrèrent en la ville environ deux cens. Et vinrent tout coiement à la porte que cil de la cité ne s’en perchurent riens jusques à tant que de haches et de cuignies il busquèrent au flaiel pour le coper. Aulcuns gens qui estoient en leurs lis se esvillèrent pour le busquement. Sy se levèrent et vinrent à leur fenestre et se commenchèrent à estourmir; mais anchois qu’il fussent levés et armet ne asamblé, le porte fut ouverte par forche, et tout les Escochois entrèrent dedens la ville. Et decopoient tous cheulx qui encontre eulx venoient à main armée. Et fyrent tant qu’il furent maistre de la cité et que les bourgois se rendirent à yaulx, saulve leurs vies et leurs biens; mais il ne porent avoir le castiel qui est assés près, car le gait oy la noize. Sy esvilla le castelain et les compaignons qui gardoient ledit chastiel; et jamais de forche les Escochois ne l’euissent eut.

Or vous dirons de leurs aultres compaignons qui devoient Rochebourch esceller. Il ne demora mie en leur defaulte qu’il ne fesissent leur aproches saigement; mais il fallirent, car le gait du dit chastiel villoit et s’apoioit à crestieaulx qu’il les virent sus les murs du dit chastiel. Sy entendy le bruit des Escochois murmurer ensamble; sy coury moult tost esvillier le chastelain et les compaignons de laiens et se pourveirent de leur fait et vinrent as garites. Quant les Escochoiz les virent, il retournèrent arière tout esbahy, et virent bien qu’il avoient fally à leur emprinse. Sy se retirèrent devers Bervich et trouvèrent messire Guillame Douglas et leur compaignie qui tenoient la cité comme le leur. Si en furent tous joieulx; sy prirent consail ensamble qu’il asegeroient le dit chastiel. Sy l’asegèrent de tous costés, car à l’un des lés il marchist à le ville. Ches nouvelles vinrent en Engleterre que les Escochois avoient reprins Bervich. Sy en furent les Englès moult courouchiés, mais amender ne le peurent tant que à celle fois. Fos481 à 484.

P.142, l. 18: siet.—Ms. B 3: est assis.

P.142, l. 24: cremeur.—Ms. B 3: crainte.

P.142, l. 27: Bervich.—Le ms. B 5 ajoute: qui siet sur la dicte rivière. Fº 364 vº.

P.142, l. 28: assenèrent.—Ms. B 3: essaièrent.

P.142, l. 32: quoique.—Ms. B 3: et qui.

P.143, l. 7: puisqu’il.—Ms. B 3: puisque les Anglois.

P.143, l. 8: mancevi.—Ms. B 3: advertiz.—Ms. B 4: manchevi. Fº 157 vº.

P.143, l. 9: Escos.—Le ms. B 3 ajoute: dont toute la marce estoit en doubtance, et point n’y avoit gens au pais pour faire un siège ne resister aux Escos.—Le ms. B 4 ajoute: de quoi toute le marche estoit en grant doubtance, et point n’y avoit gens ou pais pour faire siège ne resister as Escos. Fº 157 vº.

P.143, l. 10: Bervich.—Ms. B 3: Vervich. Fº 169 vº.

P.143, l. 12: Grastoch.—Ms. B 3: Grascop.—Ms. B 4: Grascok. Fº 157 vº.

P.143, l. 13: gouvernance.—Mss. B 3 et 4: gouvernement.

P.143, l. 17: Guillaumes Douglas.—Ms. B 3: Jehan de Douglas.—Ms. B 4: Guillaumes de Douglas.

P.143, l. 17: menères.—Ms. B 3: conducteur.—Ce mot manque dans le ms. B 4.

§349. P.143, l. 22: Tant ala.—Ms. d’Amiens: A l’endemain chevauça li roys d’Engleterre et vint logier à Blangi, à deus lieuwez de Hedin, et point ne passa adonc oultre, et dist qu’il atenderoit là le roy de Franche.

Li roys de Franche estoit avaléz à Pieronne en Vermendois, et avoit fait ung si grant mandement partout que merveilles seroit au deviser, et s’en vint en le chité d’Arras, et touttes mannierres de gens le sieuvoient, et avoit bien soissante mil hommes. Là estoit dallés lui messires Jehans de Haynnau o grant routte de gens d’armes, et ouvroit li dis roys de France en partie par son consseil.

Or avint que messires Bouchicaus, ungs chevaliers de Poito, qui pour le tamps estoit prison au roy d’Engleterre, et l’avoit li dis roys recreu sus sa foi le tierme de huit mois, si s’en revenoit messires Bouchicaus deviers le roy d’Engleterre pour li remettre en se prison, enssi que couvens portoit, et vint ung soir à Blangi, là où li roys englès estoit logiés. Quant li roys le vi, se li demanda tout en hault: «Et dont revient Bouchicaux?»—«En nom Dieu, dist il, sire, de France et de deviers le roi de Franche.»—«Et que dist ly roys de France? ce dist li roys d’Engleterre; me venra il point combattre?»—«En non Dieu, sire, dist il, de cela ne sai je riens, ne je ne sui mies de son consseil si avant.»

Adonc musa li roys d’Engleterre ung petit et puis dist: «Messire Bouchicau, je poroie avoir de vous deus mil ou trois mil florins, se je volloie; mès je lez vous quitteray, se vous volléz aller deviers mon adverssaire, vostre roy, et lui dire de par my que je l’atens droit chy, et l’ai attendu et attenderay encorrez trois jours, se il voelt traire avant pour combattre, et de ce me venrés vous faire le responsce.»—«Saint Jorge! sire, dist messires Boucicaus, vous me offrés grant courtoisie, et je le voeil faire et di grant merchis.» Chilx soirs passa; l’endemain au matin, il monta à cheval et vint à Arras, et là trouva le roy de Franche; se fist son message bien et à point.

Li roys de Franche respondi et dist: «Messire Bouchicaux, puisque en couvent avés de raller par delà, vous dirés à nostre adverssaire que nous nos partirons, quant bon nous samblera, et non pas par se ordonnance.» Fº 100.

P.143, l. 21: ensiewant.—Ms. B 6: Or revenons au roy d’Engleterre, qui estoit à Blangy delés Heddin. Entreus que le roy englès estoit à Blangy, coururent ses marisaulx ens ou pais de Ternois et d’Artois et vinrent à Saint Pol. Et y eult ung jour moult grant assault; mais chil qui dedens estoient le gardèrent bien et vaillanment et tant que les Englès ne firent point de damaige. Fº 484.

P.143, l. 23: Blangis.—Ms. B 3: Blangy. Fº 169 vº.

P.143, l. 30: entrues que.—Ms. B 3: cependent que.

P.143, l. 30: vint.—Ms. B 6 ajoute: sur ung soir. Fº 484.

P.143, l. 31: bons.—Ms. B 3: vaillant.

P.144, l. 2: de le.—Ms. B 3: dès la. Fº 170.

P.144, l. 3: et.—Le ms. B 3 ajoute: y.

P.144, l. 6: restre.—Ms. B 3: revenir.

P.144, l. 7 à 20: Cilz.... logiés.—Ce passage manque dans le ms. B 5, fº 365.

P.144, l. 10 et 11: tout.... langage.—Ms. B 3: tant par son beau et doulx langaige.

P.144, l. 11: apparilliet.—Ms. B 3: plaisant que par ses autres prouesses.

P.144, l. 14: grant cière.—Ms. B 3: bonne chière.

P.144, l. 15: estoit.—Le ms. B 3 ajoute: en la grace du roy et son.

P.144, l. 21: se trest.—Ms. B 3: se tira.

P.144, l. 22: devant.—Ms. B 3: dedens.

P.144, l. 23: luite de deux Bretons.—Ms. B 5: luitier deux Bretons. Fº 365.

P.144, l. 24: l’enclina.—Ms. B 3: se enclina.

P.144, l. 26: Jehan.—Le ms. B 3 ajoute: de France.

P.145, l. 3: temprement.—Ms. B 3: en brief.

P.145, l. 4 à 13: Li rois... vous.—Ce passage manque dans le ms. B 5.

P.145, l. 5: cou.—Ms. B 3: ce.—Ms. B 4: chou. Fº 158.

P.145, l. 16 et 17: deus ou trois mil florins.—Ms. B 6: trois ou quatre mille escus. Fº 485.

P.145, l. 22: combatre.—Ms. B 6: et se response vous me lairés savoir par ung hirault des nostres, que je vous cergeray à vostre departement. Fos485 et 486.

P.145, l. 22: message.—Le ms. B 3 ajoute: bien à point, vous me ferez service, et je vous quicteray vostre prison.

P.145, l. 24: resjoïs.—Ms. B 3: esjoy.

P.145, l. 30: yaus.—Ms. B 3: luy.

P.145, l. 31: mesnie.—Ms. B 3: compaignie.

P.145, l. 32: retour.—Ms. B 6: ung hirault o luy que on apelloit Faucon. Fº 486.

P.146, l. 9: leviers.—Ms. B 3: louyer. Fº 170.—Ms. B 4: leuiers. Fº 158 vº.—Ms. B 5: louier. Fº 365.

P.146, l. 12: avés.—Le ms. B 3 ajoute: premier.

P.146, l. 14: ennemis.—Ms. B 6: la response du roy fu telle par Faucon le hirault, qui le aporta arrière, que c’estoit bien l’intencion du roy de Franche que de aller devers ses ennemis et plus avant, mais que ses gens fussent tout venus qu’il avoit mandet. Fº 486.

§350. P.146, l. 15: Ensi demora.—Ms. d’Amiens: Sus cel estat se parti messires Bouchicaus, et vint arrière à Blangi et recorda au roy d’Engleterre le responsce que vous avés oy.

Quant li roys entendi ce, si eult sur ce avis, et dounna à monseigneur Bouchicau congiet et le quita de sa foy et puis se desloga dedens un jour apriès et retourna vers Saint Omer. Et entrèrent ses gens en le comté de Fauckenberghe; si le ardirent moult villainnement. Et enssi que li Englès chevauchoient, messires Hernoulx d’Audrehen, marescaux de Franche, à deux cens armurez de fier, les costioit et leur porta plusseurs dammaiges.

Quant li roys de Franche sceut par monsigneur Bouchicau que li roys d’Engleterre estoit deslogiés et qu’il s’en ralloit vers Callais, si se departi adonc à grant esploit de le chité d’Arras, et chevaucha viers Saint Omer et vint gesir à Tieruane. Et li roys d’Engleterre ce jour vint à Eske sus le rivierre, et là se loga. Et l’endemain li roys de Franche le poursui. Et li roys d’Engleterre s’en rentra dedens Callais. Fº 100 vº.

P.146, l. 15: cel.—Ms. B 4: tel. Fº 158 vº.

P.146, l. 23: lui retraire.—Ms. B 3: se retirer. Fº 170.

P.146, l. 27: Leueline.—Ms. B 3: Laueline. Fº 170 vº.—Ms. B 4: Leveline. Fº 158 vº.—Ms. B 5: Liveline. Fº 365.

P.146, l. 27: devers.—Ms. B 3: à.

P.146, l. 28: Faukemberghe.—Ms. B 6: Sy tost que le roy de Franche sceut que le roy Englès estoit deslogiet et qu’il se tiroit et retraioit arière, il se party de la ville d’Amiens et s’en vint à Aras et fist commandement que toutes manières de gens à cheval et à piet le sievissent. Et envoia devant son connestable, messire Jaques de Bourbon, en le chité de Terouane, à tout trois cens lanches, pour le garder contre les Englès, se nul assault y fasoient. Le roy Englès et son host, yauls party de Heddin et de là environ, chevauchèrent et passèrent assés priès de Terouane, mais point n’y assallirent, car il entendirent que elle estoit garnie de bonnes gens d’armes. Se passèrent les Englès oultre et vinrent logier droit à Alekine et sus celle rivière qui keurt desous le castiel de Maunier et qui vient à Arques. Et messire Ernoul d’Audrehem, marisal de Franche, à tout cinq cens compaignons bien montés, les poursievy et se logea celle nuit moult près d’ieaulx sus le mont de Herfault, et tant qu’il veoient bien l’un l’autre. Et l’endemain se desloga le roy et passa desous le mont de Herfault et s’en vint devers Fauquemberghe, qui estoit une bonne ville et grose et où on faisoit grant draperie. Sy fu la dite ville prinse des Englès, car il n’y avoit point de deffense, et fu toute pillie et robée et à leur departement toute arse. Et le roy de Franche s’en vint che mesme jour à Terouane, et tout son ost, et avoit bien cent mille hommes, que uns, que aultres. L’endemain, se party le roy englès de Fauquemberghe et passa à Licques et desoubz Ardre, et fist tant qu’il rentra en Calais. Fos487 et 488.

P.147, l. 2: o primes se desloga il.—Ms. B 3: et qu’il se deslogeoit. Fº 170 vº.

P.147, l. 3: sur.—Ms. B 3: contre.—Ms. B 4: sur. Fº 158 vº.

P.147, l. 7: Tierenois.—Mss. B 3 à 5: Tiernois.

P.147, l. 8: Tieruane.—Ms. B 3: Therouanne.—Ms. B 4: Tierewane.

P.147, l. 8 et 9: estoient... Faukemberge.—Ms. B 5: avoient passé Fauquenbergue. Fº 365.

P.147, l. 11: Liques.—Mss. B 3 et 5: Lisques.—Ms. B 4: Licques.

P.147, l. 14: costiiet.—Ms. B 3: coustoié.

P.147, l. 15: dessouchier.—Ms. B 4: deffouchier. Fº 158 vº.—Ms. B 3: bouger pour poursuir les Anglois.

P.147, l. 19: en le kewe.—Ms. B 3: à la queue.—Ms. B 4: à la keue.

P.147, l. 19: le bastide.—Ms. B 3: la bastille.

P.147, l. 20: chapitains.—Ms. B 6: Che prope jour, vint le roy de Franche à Fauquenberghe et là se loga sur la rivière, et cuidoit que les Englès fussent là environ, et les avoit tout le jour poursievy à l’avis des fumières qu’il faisoient.

Or advint que, entreulx que le roy de Franche et les seigneurs estoient là logiet, ung grant remous et moult felle s’entreprist entre les gens de monseigneur Jehan de Haynau et le commun de Tournay. Et fu la chose bien ordonée de mal aler, car il furent rengiés ly uns devant l’autre. Et y eult pluiseurs de chiaulx de Tournay ochis et blechiés, dont il estoient moult ayret. Et encores euissent il rechut plus grant damaige, se ly rois n’y eust envoiet et mis deffense sur yaulx et yaulx appaisiet, car grans foisons de bons chevaliers et escuiers se tournoient et tiroient devers monseigneur Jehan de Haynau à l’encontre de cheaulx de Tournay. Sy fu la chose ensy departie: qui plus y eult mis plus y eult perdu. Chil de Tournay plouroient leur damaige: che fu le reconfort qu’il en eurent.

Assés tost après ceste advenue, vint le marescaus de Franche, messire Ernoul d’Audrehem devers le roy, et ly dist que les Englès estoient entrés à Calais. Quant le roy de Franche entendy che, sy eult consail de luy retraire à Saint Omer et se party à tout son ost et s’en vint en sa bonne ville de Saint Omer et là se tint. Et demanda conseil à monseigneur Jehan de Haynau, en quy il avoit fiance, coment il poroit perseverer à son honneur de ceste armée; il luy dist: «Sire, se vous envoierés quatrechevaliers à Calais devers le roy d’Engleterre, et luy manderés que vous l’avés poursievy au plus hastivement que vous avés peult depuis les nouvelles que vous eustes de messire Bouchicault et qu’il vide hors de Calais, et vous luy baillerés plache là où il le voldra prendre et eslire, et là le combaterés.»

A che consail le roy entendy vollentiers. Et furent les quatre chevaliers nommés et ordonnés qui yroient ce messaige faire; et furent messires Ernoul d’Audrehem, messire Guichart de Biaugeu, messire Bouchicault et le sire de Saint Venant. Et cheulx y alèrent et ung hirault avecques eulx jusques à Calais pour parler au roy d’Engleterre. Quant il furent venus assés près de Calais, il envoièrent leur hirau dedens la ville dire et senefier au roy englès que là estoient quatre chevaliers franchois pour parler au roy d’Engleterre de par le roy de Franche, mais que il eussent sauconduit. Le roy respondy au hirault qu’il n’avoient que faire de entrer en la ville de Calais; mais il envoiroit de son consail pour parler à y aulx et sçavoir quelle chose il volloient dire. Sy i envoia son cousin le duc Henry de Lenclastre et messire Gautier de Mauny et deux aultres chevaliers. Sy chevauchèrent tant que il vinrent là où les quatre chevaliers de Franche les atendoient. Sy les saluèrent courtoisement et leur demandèrent qu’il leur plaisoit. Messire Ernoul d’Audrehem prist le parolle et dist qu’il estoient là envoiet de par le roy de Franche pour requerre au roy d’Engleterre qu’il volsist yssir hors de Calais et venir en ung biel camp, car il se volroit combattre à luy. Le duc de Lancastre respondy que ly roy Jehan avoit eut assés tamps et losir de venir jusques à yauls, s’il volsist, car il avoit sejourné au pais de l’Artois bien onze jours, où le roy son seigneur l’avoit atendut et luy avoit mandé bataille «par vous monseigneur Bouchicault qui chy estes presens. Sy vous respondons de par le roy nostre seigneur qu’il n’est pas consilliés de faire che que vous ly requerés, car jà le moitié de ses gens en sont rallet leur voie, et ly aultres sont moult travilliet. Se ly venroit mal à point de combatre au plaisir et à l’aise du roy de Franche et à tous les bons poins.» Là endroit furent pluiseurs raisons dites entre yauls, dont je m’en tais, car riens n’en fut accordé. Sy se partirent atant les chevaliers de Franche et vinrent à Saint Omer raporter au roy de Franche leur response, et ly chevaliers d’Engleterre s’en ralèrent à Calais. Fos488 à 492.

P.147, l. 26: li Englès estoit.—Ms. B 3: les Anglois estoient.—Ms. B 4: ly Englès estoient.

P.148, l. 3: royaus.—Ms. B 3: roialle.

P.148, l. 5: chevaucie.—Ms. B 3: chevauchée.

P.148, l. 13: pièce de terre.—Ms. B 3: terre.

P.148, l. 20: Arde.—Ms. B 3: Ardre. Fº 171 vº.

P.148, l. 23 et 24: havene.—Ms. B 3: havre.

P.148, l. 24 et 25: Bervich.—Ms. B 3: Vervich. Fº 172.

P.148, l. 26: Rosebourch.—Le ms. B 3 ajoute: et fally.

P.148, l. 27: pensieus.—Mss. B 3, 5: pensif.

P.148, l. 28: Grastoch.—Ms. B 3: Grastop.—Ms. B 4: Grascok. Fº 159.—Ms. B 6: Grisep. Fº 492.

P.149, l. 3: eussent... songniet.—Mss. B 3, 4: eussent esté bien soigneux. Fº 172.

P.149, l. 3: songniet.—Ms. B 6: Adonc se mirent les seigneurs d’Engleterre entre le roy et le chevalier, et dirent: «Monseigneur, il sera bien amendé.» Lors soupa le roy moult petit et fist là venir tout son consail après souper en sa chambre. Sy fu dit et ordonné que, à heure de minuit, quant la marée venroit, que il entraissent tous en leurs batieaulx et s’en yroient en Engleterre; et ne dormiroit jamais en une ville que une nuit, sy seroit venu devant Bervich. Ensi fu il segnefiet et criet parmy la ville de Calais. Et fu tout toursé, et les chevaulx mis en ès batieaulx devant minuit, et à chelle heure le roy entra en son batiel et toute[s] ses gens; et furent l’endemain, à heure de prime, à Douvres. Sy dessendirent et mirent tout leur baghes hors, et puis montèrent à cheval, et prirent le chemin de Londres. Et fist commandement le roy par toute son ost que nulz ne presist aultre chemin que chely d’Escoche. Fº 493.

P.149, l. 6: tel.—Ms. B 3: tellement. Fº 172.—Ms. B 4: atourné telle paix.

P.149, l. 7: sist.—Ms. B 3, 4: fut. Fº 172.

§351. P.149, l. 16: Quant messires.—Ms. d’Amiens: Et li roys de Franche vint logier sus le mont de Sangate, et envoya à Callais monseigneur Ernoul d’Audrehen parler au roy d’Engleterre pour atraire hors; mès il s’escuza et dist que il n’en feroit pour celle saison plus. Enssi se desrompi ceste chevauchie, et retourna li roys Jehans en Franche. Fº 100 vº.

P.149, l. 17 et 18: l’enclinèrent.—Ms. B 3: s’aclinèrent. Fº 172.

P.149, l. 18: bien.... point.—Ms. B 3: bien honnestement.

P.149, l. 27: la bataille.—Ms. B 3: batailler.

P.149, l. 31: finable.—Ms. B 3: finale.

P.150, l. 11: en sès.—Mss. B 3 et 4: en ses.

P.150, l. 13 et 14: le bastide d’Arde.—Ms. B 5: la ville d’Ardre.

P.150, l. 21: Valenchiènes.—Ms. B 6: delés le boin conte Guillaume de Haynau son frère: Dieu leur faiche pardon! Car le gentil chevalier resgna moult vaillamment et fu en son vivant moult amés de ses amis et redoubtés de ses ennemis. Sy s’en rala son hirtaige, tout che qu’il en tenoit, as enfans monseigneur le conte Loys de Blois, qui furent filz de se fille, et qui adonc estoient moult jouene: Loys, Jehan et Guis. Chil resgnèrent moult honnourablement et moult loyaument, si comme vous orés recorder chy avant en ceste matère. Fº 494.

P.150, l. 25:—Guis.—Le ms. B 5 ajoute: de Blois. Fº 365 vº.

§352. P.151, l. 1: à cent.—Ms. B 3: avec cent. Fº 172 vº.

P.151, l. 13: emprise.—Ms. B 3: entreprinse.

P.151, l. 18: Gautiers.—Ms. B 6: avecques luy soixante compaignons bien montés et bien armés. Fº 495.

P.151, l. 19: Bervich.—Ms. B 6: et se bouta ou chastel qui se tenoit Englès et qui siet delés la cité. Et adonc messire Thomas Kol estoit chastelain. Quant le sire de Mauny fut venu jusques à là, il avisa et ymagina comment le plus tost il pouroit faire ouvraige qui apparust pour constraindre cheaulx de Bervich. Il avoit avec luy sept mineurs de l’esvesquiet de Liège, car toudis les menoit il vollentiers avoecq luy, puis qu’il pensoit à faire siège ne assault à une fortresse. Si les appella et leur dist: «Regardés entre vous se par mine nous porimes entrer en ceste cité.» Il respondirent: «Sire, oil.»—«Or vous aparliés et vous esploitiés, adonc dist le sire de Mauny. Mettés vos hostieus en euvre, car se nous poons entrer par mine, je vous feray tous riches.»

Adonc se ordonnèrent et commenchèrent à miner à l’endroit de une grose tour qui estoit sur les murs et respondant à lecité et servoit à l’encontre du dit castiel. Et commenchèrent à fouir mouvant en l’enprise du chastiel. Il n’eurent gaire minet ne alé avant quant il trouvèrent bieau[x] degrés bien assis et bien machonnés et une croute, toute vautée à manière de ung chelier, qui s’en aloit vers le cité de Bervich par desous les murs.

Advint, entreuz que ces mineurs minoient, chil de la cité s’en perchurent bien. Et bien savoient ly aucuns anchiens hommes que là en che contour il devoit avoir crouste et chelier qui aloit de la ville ou castiel. Sy se doubtèrent et esmaièrent durement qu’il ne fussent par là pris, et le remoustrèrent à aulcuns chevaliers d’Escoche qui là estoient pour garder la cité; et leur dirent qu’il s’avisaissent, car il estoient en grande volenté que de yaus rendre à monseigneur Gautié de Mauny, et anchois que le roy englès y peuist venir ne qu’il fust pris par forche.

Quant les Escochois qui là estoient entendirent che langaige et perchurent le coraige des bourgois de Bervich, sy se doubtèrent que mauls ne leur en venist. Si se consillèrent et avisèrent entre yaulz sur che, et toursèrent tout che qu’il pourent et qui leur estoit, et se partirent ung jour et rentrèrent en leur pais. Et à l’endemain, ung traitiet se fist entre cheaus de Bervich et monseigneur Gautié de Mauny qu’il se rendroient, sauve leurs corps et leurs biens. Et les devoit le sire de Mauny parmy tant apaisier au roy d’Engleterre, ensy qu’il fist; car le roy i entra le second jour après à grant joie. Fos495 à 497.

P.151, l. 29: Asneton.—Ms. B 3: Anreton. Fº 172 vº.—Ms. B. 4: Ameton. Fº 159 vº.

P.151, l. 32: sente.—Ms. B 3: sache.

P.152, l. 15: perilz.—Ms. B 3: dangiers.

P.152, l. 16 et 17: toursèrent.—Ms. B 3: troussèrent.

P.152, l. 19: vaghe.—Ms. B 3: vuide.—Ms. B 4: vage.

P.152, l. 28: vasselage.—Ms. B 3: vaillance.

P.152, l. 29: menestraudies.—Ms. B 3: menestriers.—Ms. B 4: menestreux. Fº 159 vº.

§353. P.153, l. 11: Aindebourch.—Ms. B 3: Andebourg. Fº 173.

P.153, l. 12: tèle.—Ms. B 3: tellement.

P.153, l. 13: estant.—Ms. B 3: estat.

P.153, l. 16: aforains.—Ms. B 3: forains.

P.153, l. 23 et 24: Haindebourch.—Ms. B 6: la souveraine ville d’Escoche. Fº 498.

P.153, l. 23 à 26: en approçant.... fourer.—Ms. B 5: et en approchant Haindebourc, couroient les fourriers, mais ilz ne trouvoient neant. Fº 366.

P.153, l. 26: fourer.—Ms. B 3: fourrager.

P.153, l. 29: li rois.—Ms. B 6: en le souveraine abeye dehors la ville, et le plus grant partie de ses gens en la ville, car elle n’estoit point frummée. Mais il y a ung chastel, qui siet au desoubz sur une roche haulte et belle, et est très bien fruméz; et adonc y avoit dedens de bons chevaliers et escuiers pour le garder. Fº 498.

P.154, l. 3: nostre.—Ms. B 5: vostre.

P.154, l. 8: il.—Ms. B 5: le roy d’Escoce.

P.154, l. 10: en remunerant les.—Ms. B 3: pour remuneration des.

P.154, l. 16 et 17: uns.... offisces.—Ms. B 3: une belle office.

P.154, l. 21: nostre.—Ms. B 5: vostre.

§354. P.155, l. 2 et 3: pourveances.—Ms. B 6: et se navire, qui le devoit sieuvir par mer, mais point ne vinrent, car ilz eurent vent toudis sy contraire qu’il ne porent oncques à celle fois aprochier Escoche. Quant le roy englès vit che que ses pourveanches ne venoient pas, ne le grant engien dont il devoit assallir Handebourch et les aultres fortresses, sy eut consail qu’il retourneroit en ardant le plat pais d’Escoche. Fº 499.

P.155, l. 3 à 13: dont... vivre.—Ce passage manque dans le ms. B 5, fº 366 vº.

P.155, l. 10: ens ès gragnes.—Ms. B 3: dedens les granges. Fº 173 vº.—Ms. B 4: ens ès granges. Fº 160.

P.155, l. 15: le Hombre.—Ms. B 3: le avre.

P.155, l. 22 et p. 156, l. 19: Entrues... Dalquest.—Cet alinéa est résumé en une phrase dans le ms. B 5.

P.155, l. 29: le.—Ms. B 3: au.

P.155, l. 32: plus especiaulz.—Ms. B 3: principale.

P.156, l. 4: retournoit... fois.—Ms. B 3: repairoit aucunes fois.

P.156, l. 12: respirer.—Mss. B 3 et 4: respiter.

P.156, l. 17: fois.—Ms. B 6: Et le fist le roy reconduirejusques à Dalquest par deux de ses chevaliers, le seigneur de Montbray et le seigneur de Noefville: et fu commandé au deslogier que nulz, sur le hart, ne boutast le fu ne aultrement à le ville de Haindebourch. Fº 499 et 500.

P.156, l. 27: Arcebaus.—Mss. B 3 et 5: Archambault. Fº 173 vº.

P.156, l. 29: Asneton.—Mss. B 4, 5: Assueton. Fº 160 vº.

§355. P.157, l. 24: malaisiu.—Ms. B 3: malaisé. Fº 173 vº.—Ms. B 4: malaisieu. Fº 160 vº.

P.157, l. 30: froit.—Ms. B 6: ensy que il fait en yvier envers le Noel. Fº 500.

P.158, l. 7: soutilleté.—Ms. B 3: subtilité. Fº 174.—Ms. B 4: soustilleté. Fº 161.

P.158, l. 9: aise.—Ms. B 3: aiseement.

P.158, l. 10: Tuydon.—Ms. B 3: Tuyde.—Ms. B 5: Tuydein. Fº 366 vº.

P.158, l. 14: se fin.—Ms. B 3: la fin.—Ms. B 4: le fin.

P.158, l. 16: Li contes Douglas.—Ms. B 6: messire Guillaumez Duglas, maris à le contesse dessus dite, qui se faisoit chief de tous les Escochois et estoit moult vaillant et saiges. Fº 500.

P.158, l. 21: rués.—Ms. B 3: boutez.

P.158, l. 22: arroi.—Ms. B 6: Alors fu le duc de Lanclastre très bon chevalier, et bien le couvenoit, et y fist de la main mainte apertise d’armes. Fº 501.

P.158, l. 24: ce.—Ms. B 3: ceste.

P.159, l. 2: menèrent.—Ms. B 6: jusques à quinze bons prisonniers, dont il eurent des chevaliers de Brabant, et les aultres furent Englèz; et s’en retournèrent en la forest et entre les montaignes, de coy il faisoient leur fortresse. Fº 502.

P.159, l. 5: esvanui.—Ms. B 3: esvanoys.

P.159, l. 7: Baudresen.—Ms. B 3: Andrehen.—Ms. B 4: Baudresem. Fº 161.

P.159, l. 9: six.—Ms. B 3: unze. Fº 174.

§356. P.159, l. 11: Depuis.—Ms. d’Amiens: Et envoya (le roi Jean) une partie de ses gens d’armes avoecq son connestable, messire Jaqueme de Bourbon, devers le Langhe d’ock; car li prinches de Galles y estoit entrés à tout grant fuisson de gens d’armes de Gascoingne et d’Engleterre: de laquelle cevaucie nousparlerons maintenant, car elle fu moult honnerable et de grant emprise.

Li prinches de Galles, en celle saison, estoit yssus de Bourdiaus à deus mil lanches, Englès et Gascons, et quatre mil archiers et grant fuisson de gens de piet. Et vint passer le Garonne à Bregerach, et fist tant que, sus le conduit dou seigneur de Labreth, qui là estoit parsonelment, dou seigneur de Pumiers, dou seigneur de Muchident, dou seigneur de Lespare, dou seigneur de Courton, dou seigneur de Cendren, dou seigneur de Rosem et de cesti de Landuras et dou captal de Beus, il entra en France et vint passer au Port Sainte Marie dallés Toulouse, et entra ou pays toulousain. Fº 100 vº.

P.159, l. 11: avenue.—Ms. B 3: aventure. Fº 174.

P.159, l. 21: grant et estoffet.—Ms. B 3: grandement estoffé.

P.160, l. 15: de Labreth.—Ms. B 3: d’Albret. Fº 174 vº.

P.160, l. 17: Aymemon.—Ms. B 3: Aymond.

P.160, l. 18: Tarste.—Ms. B 6: Tharse. Fº 503.

P.160, l. 18: Aymeri de Tarste.—Ms. B 3: Aymon de Castre.

P.160, l. 18 et 19: Mucident.—Ms. B 6: le sire de Condon, messire Jehan de Caumont. Fº 503.

P.160, l. 19 et 20: Longheren.—Ms. B 3: Lengoiren.

P.160, l. 20: Rosem.—Ms. B 3: Rosan.

P.160, l. 21 et 22: Geronde.—Ms. B 4: Gironde. Fº 161 vº.

P.160, l. 21: Bernadet de Labreth.—Ms. B 3: Bernardet d’Albret.

P.160, l. 22: Beus.—Ms. B 3: Buch.

P.161, l. 3: hostoiier.—Ms. B 4: hostier. Fº 161 vº.—Ms. B 3: passer. Fº 174 vº.

§357. P.161, l. 4: A ce conseil.—Ms. d’Amiens: Et passèrent (le prince de Galles et les Anglais) assés priès de le bonne chité de Thoulouse, et y vinrent si marescal escarmuchier, et boutèrent le feu ens ès fourbours. Et puis passèrent oultre, et s’en vinrent logier à Montgisart, une bonne ville et grosse, mais elle n’estoit adonc point fremmée: si fu de ces Englès arsse, courue et robée. Et de là il vinrent à Avignoulet, qui estoit fremmée de murs de terre. Si se missent li homme dededens à deffensce; mès chil archier, qui traioient si roit et si dur, ne les laissoient aprochier à garittes. Si fu la ditte ville de Avignoulet, prise, concquise et toutte arse, et y eut grant occision d’ommez et de femmez. Fº 100 vº.

P.161, l. 7: lances.—Ms. B 6: et deux mille bidauls à piet parmy les Bernès et trois mille archiés. Fº 503.

P.161, l. 8: Bernès.—Mss. B 3, 4: Bornès. Fº 174 vº.—Ms. B 5: Biernois. Fº 367.

P.161, l. 13: gué.—Ms. B 6: et puis entrèrent en che biau plain et cras pais de Toulouse. Fº 503.

P.161, l. 24 et 25: n’estoit.... Paris.—Ms. B 3: n’estoit pas grandement murée ne que Paris. Fº 174 vº.

P.161, l. 29: feus.—Ms. B 6: car point n’y avoit de frumeté. Et fist tantost lettres escripre et messaigiers monter pour senifier l’estat des Englès à monseigneur Jaques de Bourbon, connestable de Franche, qui se tenoit à Limoge et là faisoit son asamblée de gens d’armes pour aler contre les Englès et deffendre le pais. Mais anchois qu’il y peuist parvenir, ly Englès et les Gascon eulrent villainement escardé le bon pais de Toulonsein, le senescaudie de Carquasonne, le terre de Limous et le visconté de Nerbonne, sy comme vous orés chy après. Fos503 et 504.

P.162, l. 22: usé.—Ms. B 3: rusez. Fº 175.—Ms. B 5: maniers. Fº 367.

P.162, l. 26: d’Ermignach.—Le ms. B 3 ajoute: pour doubte.

P.163, l. 2: Charcassonne.—Ms. B 4: Carcasone. Fº 162.

P.163, l. 7: recuevre.—Ms. B 4: recouvre.

P.163, l. 7: d’estrain.—Ms. B 3: de paille.

P.163, l. 8: à grant dur.—Ms. B 3: à grant peine.

P.163, l. 12: prendable.—Ms. B 3: prenable.

P.163, l. 16: veurent.—Ms. B 6: et estoit le marisal de l’ost le conte de Wervich et messire Jehan de Caumont de Gascongne, car les Gascons les conduisoient qui congnisoient le pais. Fº 505.

P.163, l. 18: pour le feu.—Ms. B 3: pour paour du feu.

P.163, l. 24: Avignonlet.—Mss. B 3, 5, 6: Avignolet.

P.163, l. 27: un terne.—Ms. B 3: une petite montaigne.

P.163, l. 29 et 30: à segur.—Mss. B 3, 4: asseur.

P.164, l. 3: Noef Chastiel d’Auri.—Ms. B 3: Chastel Neuf d’Arry. Fº 175 vº.

§358. P.164, l. 4: Tant esploitièrent.—Ms. d’Amiens: Tant chevaucièrent li Englès et li Gascon, ardant et essillant tout le pays, et concquerant villes et castiaux, qu’il vinrent jusques à le cité de Charcasonne. Fº 100 vº.

P.164, l. 30: seans.—Ms. B 3: assise. Fº 175 vº.—Ms. B 4: saians. Fº 162.

P.165, l. 3: cras.—Ms. B 3: gras.

P.165, l. 9: kieutes.—Ms. B 4: keutes.—Ms. B 3: coitis.

P.165, l. 17: Carcassonne.—Ms. B 6 ajoute: qui est chief de tout le pais. Fº 505.

§359. P.165, l. 18: La ville.—Ms. d’Amiens: La ville de Carcasonne siet sus une rivierre que on appelle Aude, et est une moult grosse ville et grande, et estoit adonc. Au dessus de la ville, oultre le rivière, sus une montaigne imprendable, sciet la chité qui est forte et bien fremmée. Et là avoient les gens de Carcasonne retrait le plus grant partie de leurs femmes et enfans; et estoient tout rengiet au devant des Englès et avoient tendu kainnes au loing des rues.

Quant li princhez et ses gens furent là venu, et il eurent consideré l’estat de ces hommes qui moustroient samblant de yaux deffendre, se missent piet à terre et ordonnèrent leurs archiers et fissent passer devant. Chil archier coummenchièrent à traire de grant mannierre sus ces gens qui là estoient mal armé. Si tost que il sentirent ces saiettez, il resongnièrent et coummenchièrent à perdre terre et à laissier leurs kainnes.

Là fu messires Ustasses d’Aubrecicourt bons chevaliers, car il sailli oultre deus ou trois de ces kainnes et les concquist à l’espée sus yaulx. Que vous feroie je loing parlement? Ces kainnez furent concquises, et cil qui les gardoient, cachiet en voies. Et y eut bien deus mil de ces bons hommes mors et ochis sus le place.

Enssi fu la ville de Carcassonne prise, courue et robée; et à l’endemain, au departement dou prince, elle fu si netement arse, que oncquez n’y demoura ostel ne maison. Fº 101.

P.165, l. 18: siet.—Ms. B 3: est assise. Fº 175 vº.

P.165, l. 19: Aude.—Ms. B 5: Oude. Fº 367 vº.

P.165, l. 19: au plain.—Ms. B 3: en plain.

P.165, l. 20: de.—Ms. B 3: devers.

P.165, l. 21: rocier.—Ms. B 6: outre le rivière, à deux trait[s] d’un arc, siet la chité de Carcasonne, qui est une des forte[s]chité[s] du monde, car elle est asise hault si comme le mont de Lan, et tout sur une roche, bien frumée de pière, de grès, de tours, de murs, de portes.... Dedens le chité estoit adonc le senescal, ung moult vaillant chevalier, et avoit avecques luy grant foison de bonnes gens d’armes. Et quoyque la ville de Carcasonne fuist grande et remplie de bourgois et de bidauls du pays, li riche et ly saiges hommes avoient leurs femmes et leurs enfans et leurs corps meismes enfrumés en la cité. Et tout chil qui ensy firent furent saige. Fº 506.

P.165, l. 23: ne fait mies.—Ms. B 3: est forte. Fº 173 vº.

P.165, l. 26: celi.—Ms. B 4: ce. Fº 162 vº.

P.165, l. 27: chainnes.—Le ms. B 3 ajoute: de fer.

P.165, l. 30: à segur.—Ms. B 4: asseur.

P.166, l. 1: pavais.—Ms. B 3: pavois. Fº 176.

P.166, l. 19 et 20: d’Aubrecicourt.—Ms. B 4: d’Aubregicourt. Fº 162 vº.

P.166, l. 20: chevaliers.—Ms. B 5: jeune baceler. Fº 368.

P.166, l. 21: ables.—Ms. B 3: abile. Fº 176.

P.166, l. 23: le glave.—Ms. B 4: la glave. Fº 162 vº.

P.166, l. 24 et 25: reculer.—Ms. B 4: requellier.

P.166, l. 25: ennemis.—Ms. B 6: Assés tost après se lancha oultre ung aultre chevalier de Haynau, messire Jehan de Ghistelle, vaillant chevalier durement de grant vollenté. Et adonc compaignons ensamble chil doy chevaliers assallirent ces bidaulx fierement et y firent mervelles d’armes, car il estoient jouene et amoureus et moult hardis. Fos508 et 509.

P.166, l. 31: saiettes.—Ms. B 3: flèches. Fº 176.

P.167, l. 6: à garant.—Ms. B 5: garantir.

P.167, l. 18: trouvèrent.—Ms. B 6 ajoute: par l’espasse de trois jours. Fº 508.

P.167, l. 18: nuis.—Ms. B 3: moys. Fº 176.

§360. P.167, l. 26: Ceste cités.—Ms. d’Amiens: Si chevaucièrent li Englès le chemin de Nerbonne, et vinrent par deviers une ville que on appelle Tèbres. Si se logièrent li Englès de haulte heure sus celle rivierre de Tèbres, et robèrent et ardirent toutte le ville et le pays d’environ. Et puis chevauchièrent viers le ville de Cabestan, qui siet à deus lieuwez de Nerbonne.

Quant chil de Besiers et de Monpelier entendirent que li princhezde Gallez cevauçoit si efforciement et approchoit leurs mettes, et avoit pris en son venant tant de villez et de castiaux, si furent grandement effraé, et envoiièrent le plus grant partie de leurs biens en Avignon à sauf garant et ou castel de Aigemorte et de Biauquaire.

Tant esploitièrent li Englèz qu’il vinrent devant Kabestain, une ville durement rice et où on fait tout le sel que on aleuwe en celui pays; si l’environnèrent et se appareillièrent pour le assaillir. Quant chil de le ville virent venu le prinche et ses gens devant leur ville, si furent moult esbahy et doubtèrent tout à perdre, corps et avoir. Si se avisèrent sagement et demandèrent trieuwez au prince, et que il pewissent parler au seigneur de Labreth. Li prinches leur acorda. Adonc se traist li sirez de Labreth avant, et demanda qu’il volloient dire. Il dissent que c’estoient povres gens et mal usé de gueriier, et que li prinches ewist pité d’iaux, parmy tant que ce voiaige il lez volsist respiter, et il li donroient vingt mil florins. Li sires de Labreth dist et respondi qu’il en parleroit vollentiers au prince. Si en parla, et en pria pour tant que il l’avoient demandé par fianche. Li prinches eult consseil que il lez prenderoit et leur donroit trieuwez pour celle saison, parmi vingt mil florins que il devoient envoiier, où que li princhez fust, dedens quatre jours, et de ce delivrèrent il bons hostaiges.

Apriès ce fait et ordonné, li princes et ses gens se departirent de Kabestain et prissent le chemin de Nerbonne, et ne veurent adonc aller plus avant en aprochant Montpelier, car on leur dist que li connestablez de Franche y estoit, qui faisoit là ung grant amas de gens d’armes, et ossi li comtez d’Ermignach d’autre part à Toulouse. Fº 101.

P.167, l. 27: Carsaude.—Ms. B 4: Charsaude. Fº 163.

P.167, l. 30: maçonnement.—Ms. B 3: maçonnerie.

P.168, l. 6: et le.—Mss. B 4, 5: de le.

P.168, l. 10: bastions.—Mss. B 3, 4: biens.

P.168, l. 18: aise.—Le ms. B 3 ajoute: quant ilz vouloient. Fº 176 vº.

P.168, l. 23: à non ardoir.—Ms. B 3: affin qu’ilz ne fussent ars ne assailliz.

P.168, l. 26: route.—Ms. B 3: compaignie.

P.169, l. 4: bruis.—Ms. B 3: brouys. Fº 176 vº.—Ms. B 4: brulés. Fº 163.

P.169, l. 7: à segur.—Ms. B 3: asseurés.—Ms. B 4: asseur.


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