Chapter 14

P.18, l. 9: entendi.—Ms. B 3: sceut.—Les mss. B 3, 4, A 7 à 9, 15 à 17 ajoutent: la verité.

P.18, l. 13: logier.—Le ms. B 6 ajoute: environ une grose lieue de Poitiers. Fo540.

P.18, l. 20: combaterons.—Ms. A 29: pourrons combatre.

P.18, l. 20: avantage.—Les mss. A 23 à 29 ajoutent: et prouffit. Fo203.

P.18, l. 20: ceste nuit.—Ms. B 6: très l’eure de midy.

P.18, l. 22: vignes.—Le ms. B 6 ajoute: et fort pais malement, et ne povoit on de nul costé legierement venir à yaulx.

P.18, l. 23: escargaitie.—Mss. A 8, 9: esguetté.—Ms. B 3: guetté. Fo187.

§378. P.18, l. 24: Quant.—Ms. d’Amiens: Quant ce vint le diemenche au matin, li roys Jehans de Franche, qui grant vollenté avoit de combattre lez Englès, fist chanter messe devant lui moult solempnement. Et là estoient si quatre fils, messires Carles, messires Loeys, messires Jehans et messires Phelippes, et li dus d’Orliens ses frères, li dus de Bourbon, li dus d’Athènes, connestablez de Franche, et grant fuison de comtes, de barons et de toute bonne chevalerie. Apriès les messes qui furent dittez en l’ost de Franche, li roys s’arma. Et si s’armèrent touttes gens, etse traissent sus les camps et ordounnèrent leurs batailles. Si en fissent jusquez à quatre parmy celi des marescals.

Endementroes que li connestablez de France entendoit à l’ordounner, li roys Jehans appella quatre de ses chevaliers en qui il avoit moult grant fianche et bons chevaliers as armes durement, monseigneur Ustasse de Ribeumont, monseigneur Joffroy de Chargny, monseigneur Guichart de Biaugeu et monseigneur le Baudrain de le Huesse; et leur dist qu’il chevauçaissent deviers les Englès et avisassent leur aroy et en quel couvenant il se tenoient et de quel costé on les poroit assaillir, pour avoir ent l’avantaige. Chil quatre chevalier se partirent, chacun montés sus fleur de courssier et les bachinès en le teste. Si chevauchièrent si avant qu’il perçurent et congnurent assés clerement lez arrois des Englès, et en apportèrent au roy toutte le verité et coumment il estoient, si comme je vous diray, car li roys les oy vollentiers. Fo104.

P.18, l. 26: messe.—Le ms. B 6 ajoute: il but ung cop. Fo540.

P.18, l. 27: se acumenia.—Ms. B 3: commenia. Fo187.—Mss. A 1 à 6: se escommicha. Fo187 vo.—Mss. A 8, 9: s’escommicha. Fo196 vo.—Mss. A 11 à 14: se escommincha. Fo172.—Mss. A 15 à 17, 30 à 33: se acommicha. Fo181.—Mss. A 18, 19: se escomminga. Fo192 vo.—Mss. A 20 à 22: se acommunia. Fo261 vo.—Mss. A 23 à 29: se acommenia. Fo203.

P.18, l. 28: messe.—Ms. B 6: Et puis montèrent à cheval, tout armé, horsmis leur haumes.

P.19, l. 2: Sallebruce.—Mss. A 8, 9: Sarrebruche.—Mss. A 20 à 22: Sallebruge.

P.19, l. 3: Mont Ventadour.—Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14, 15 à 19, 23 à 29: Ventadour.—Mss. A 30 à 33: Vandour. Fo209.

P.19, l. 4: tenures.—Mss. B 3, A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: terres.

P.20, l. 4 et 5: à.... pennons.—Ms. B 6: où bien avoit mille chevaliers. Fo545.

P.20, l. 7: France.—Ms. B 6: où bien estoient quinze cens chevaliers.

P.20, l. 10: Entrues.—Mss. A 8, 9: Entrementes.

P.20, l. 13 et 14: et monsigneur Guiçart d’Angle.—Les mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33 omettent ces mots.

P.20, l. 18: li quatre.—Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: les trois.

P.20, l. 21: une partie de.—Ms. A 29: tout.

P.20, l. 23: blanc.—Mss. A 7 à 9, 23 à 33: grant blanc. Fo176 vo.

P.21, l. 4: Tout.... volentiers.—Mss. A 1 à 9, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: Tout ce verrons nous voulentiers. Fo188.—Mss. A 20 à 22: Ce verrons nous très voulentiers. Fo262.—Le ms. B 3 ajoute: au plaisir et à l’aide de Dieu. Fo187 vo.

§379. P.21,, l. 5: En ces parolles.—Ms. d’Amiens: Li quattre chevalier dessus noummés dissent enssi au roy qu’il avoient veu lez Englès et pooient y estre environ douze mil hommez: troy mil hommez d’armes, cinq mil archiers et quattre mil bidaus à piet, car tout les avoient vew entrer en leur ordounnanche et mettre en conroy de bataille, et avoient pris le lonch d’une haye et mis les archiers d’un lés et de l’autre. Et n’avoit en toutte celle haye qu’une seulle entrée où quatre hommez d’armes poroient chevauchier de froncq; et estoit ceste entrée trop bien gardée d’archiers et de gens à piet. Apriès se tenoient ou fons de ce chemin les gens d’armes en bon couvenant, deux hayes d’archiers devant yaux, à mannière d’une herce; et estoient tout à piet, lez cevaux derierre yaux. Et ne pooit on aller ne venir à yaux de nul lés, fors par le chemin dont il estoient fortefiiet de le haye, et avoient l’avantaige d’une petite montaingne dessus quoy leurs chevaux et leur aroy estoient. A l’autre lés, sus senestre, avoit ung petit plain, mès il l’avoient fortefiiet de fossés et de leur charroy, et ne leur pooit on porter nul dammaige de ce costet. Adonc s’aresta li roys et demanda as dessus dis chevaliers de quel part il conssilloient à assaillir les Englès. Il regardèrent tout l’un l’autre et ne se volloient mies avanchier de respondre, car il leur sambloit que li roys les cargoit d’une grosse demande. Si se teurent une espasse, mès li roys reprist le parolle et requist à monseigneur Ustasse de Ribeumont que, sans delay, il en desist sen entente. Dont parla messires Ustasses et dist que li Englès estoient en forte place mallement: «Se couvenra des nostres prendre trois cens hommez par election, preux chevaliers, hardis et alosés durement et chacun bien armés et bien montéz sus fleur de courssiers, et chevauchier radement sans yaux ne leurs chevaux espargnier, et de ces trois cens fendre etouvrir et desrompre les archiers d’Engleterre, et puis nos bataillez, qui sont grandez et grosses et bien estoffées de bonnes gens d’armes, sievir vistement et tout à piet, car il y a tant de vignes que cheval ne s’i poroient avoir.»—«C’est li plus grans avantaigez que g’i say, par l’ame de mon père! che respondi li roys de Franche. Messire Ustasse, vous en parlés moult à point et très meurement, et il sera fait si comme vous l’avez dit et deviset, ne jà n’ysterons de vostre ordounnanche.»

Dont furent là esleu et advisé trois cens hommez, chevaliers et escuiers, par advis les plus preux et plus bachelereux de tout l’ost; et les devoient li connestablez de Franche et li doy marescal conduire et gouvrenner. Là ne fu mies misse en oubli fleur de chevalerie, premierement messires Jehans de Cleremont, messires Ernoulz d’Audrehen, messires Ustasses de Ribeumont, messires Jehans de Landas, messires Robiers de Duras, messires Guillaummes, comtes de Douglas, d’Escoce, et messires Archebaus Douglas, ses cousins germains, messires Guichars de Biaugeu, messires Guillaummes de Nyelle, messires Guillaummes de Montagut, d’Auviergne, li sirez de Pons en Poito, li sirez de Partenay, messires Guichars d’Angle, li Archeprestrez, armés sus un courssier couvert des parures le joene comte Pière d’Alençon, le seigneur de Castielvilain, le seigneur de Grantsi, le visconte de Thouars, le Baudrain de le Huesse, monseigneur Grimouton de Cambli, le seigneur d’Espineuse, le Borgne de Rouvroi, messires Rabache de Hangiers, le seigneur de Cramelles, messires Anthonne de Kodun, messires Hues de Barbenchon pour le jonne comte de Blois, le seigneur de Saint Sauflieu, le seigneur de Basentin et pluisseurs autres que je ne puis ou ne say mies tout noummer; mès li nombrez de trois cens fu tous emplis, et se monstrèrent tout pardevant les marescaux. Encorres estoient ordounné avoecq yaux et en celle premierre bataille, une grosse routte de chevaliers d’Allemaingne, où li comtes de Salebruche, li comtes Jehans de Nasço, li comtes de Nido et pluisseurs autres estoient tout armé et bien monté et en très bon couvenant. Si s’aprochièrent des Englès, et entroes s’ordonnèrent les trois autres batailles.

La premierre bataille, apriès ceste dez marescaux, avoit li dus de Normendie, ainnés filx dou roy Jehan; et avoit avoecq lui bien trois mil hommes d’armes, chevaliers et escuiers, et neuf mil hommes d’autrez gens, tous as armes. Et estoient au frain dou jone duc de Normandie, pour lui gouvrenner et conssillier, lisires de Saint Venant et messires Thummas de Vodenay, bourgignon, et s’arme de geullez à trois tourtiaux d’or. Là avoit en celle bataille grant fuison de bonne chevalerie. En le seconde bataille apriès, estoit li dus d’Orliens, frèrez au roy de France, et avoit une grosse routte de gens d’armes, et pooient estre bien quinze mil hommes, uns c’autrez. Apriès, estoit la grosse bataille dou roy de Franche, où il avoit grant fuisson de comtez, de barons et de chevaliers. Et estoit li roys armés lui vingtime d’unes parurez; et portoit sa souverainne bannierre chils bons chevaliers messires Joffroy de Chargny. Fo104.

P.21, l. 7: li quatre.—Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: les trois.

P.21, l. 12 et 13: quèles de vos nouvelles.—Mss. A 8, 9: quelles nouvelles.

P.21, l. 27: qu’il.... bataille.—Mss. A 8, 9: qu’ilz aient que une bataille.

P.22, l. 2: vesti.—Mss. A 8, 9: vestue.

P.23, l. 5: rades.—Mss. A 8, 9: roides.

P.23, l. 10: les.—Ms. A 29: la bataille des.

P.23, l. 12 à 23: Là estoit.... d’Alençon.—Ms. B 6: Là estoit toute la fleur de chevallerie de Franche. Là y eult noble et grande ordonnanche entre les royaulx; car le roy de Franche fist armer luy vintième de toutes ses plainnes armes de Franche, en manière que on ne seut à dire lequel estoit le roy, qui bien ne le congnoisoit. Et pour che que le conte d’Alenchon estoit lors ung jouene filz, li Archeprestres fu armés à cheval couvers pour luy. Fo545.

P.23, l. 13: en ses parures.—Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 30 à 33: en ses paremens.—Mss. A 15 à 17, 20 à 22: de ses paremens. Fo263.

P.23, l. 22 et 23: ens ès armeures.—Ms. B 3: des armeures plaines. Fo188.—Ms. B 4: ens ès armes. Fo174.—Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: des armeures. Fo198.—Mss. A 11 à 14: ès armeures. Fo173.—Mss. A 23 à 33: ès armes. Fo204 vo.

§380. P.23, l. 24: Quant.—Ms. d’Amiens: C’estoit une biauté de veoir bannierrez, pignons, blazons et cez clerrez armurez reflamboiier au soleil. Si estoit li roys de Franche montés sour ung blancq courssier et tenoit ung blancq baston, etchevauchoit de bataille en bataille, et prioit et amonestoit ses gens de bien faire, et leur disoit par tel langage: «Biau seigneur, quant vous estes à Paris, à Rains, à Chartres ou à Laon, vous manechiés les Englès, et vous souhediés le teste armée devant yaux; or y estez vous. Je les vous moustre: si vous voeille souvenir de vos mautalens et moustrer le haynne que vous avés sour yaux, et contrevengier les dammaiges et lez despis qu’il vous ont fès; car je vous proummès que nous lez combaterons, et Dieux nous soit en aye!» Ensi reconfortoit li roys Jehans ses gens; et tout chil qui le veoient et ooient, y entendoient vollentiers.

Si estoit adonc messires Ustasses de Ribeumont, chilz vaillans chevaliers, mout prochains dou roy, et seoit sour ung courssier fort et delivre; et estoit armés de touttez pièces, et entendoit as bataillez ordounner de par le roy. Et ossi à le fois il chevauchoit vers les Englèz, pour veoir et aprendre de leur couvenant, et puis si s’en revenoit deviers le roy. Et li roys li demandoit: «Messire Ustasse, que vous samble il de nostre affaire?» Et li chevaliers l’en respondoit mout joyeusement: «Certes, sire, très bien, au plaisir de Dieu; nous arons hui une belle journée sour nos ennemis.»

Or devés vous savoir, entroes que ces batailles s’ordounoient, tant li Franchois comme li Englèz, et que chacuns entendoit à se besoingne, vinrent deviers le roy de Franche doy cardinal, loist assavoir messires Tallerans, cardinaulx de Pieregort, et messires Nicoles, cardinaulx d’Urgel. Si priièrent moult affectueusement, en nom de pité et d’umelité, au roy Jehan, que il volsist mettre ce jour en souffrance et entendre à aucune belle pais, pour lui et son royaumme [delivrer] de ses ennemis. Li roys de Franche à le priière des cardinaux descendi, mès ce fu à dur et moult longement; car il lez volloit combattre, et li sien en estoient en grant vollenté, si comme il disoient et moustroient.

Quant li cardinal dessus noummet eurent amené le roy de France ad ce que chilz jours estoit mis en souffranche de respit, si s’en vinrent deviers le prinche et li comptèrent ce qu’il avoient impetret à grant meschief, et li priièrent que il volsist entendre et descendre à tretié d’acort, à quel meschief que ce fust, car il estoit en un mout dur parti. Li prinches y entendi vollentiers, car il et ses conssaux se veoient enclos ou fort dou royaumme. Et se doubtèrent de premiers li Englès et li Gascon, que li Franchois ne les tenissent là ainsi que pour assegiéz sans combattre; c’estoitli ordounnanche qu’il resongnoient le plus. Si furent tretiet et proposet par cez cardinaux, qui allèrent ce dimmence de l’un à l’autre, pluisseur tretié d’acort ou de pès, et missent pluiseurs parchons avant; mès nulle n’en peut venir à effet, car li roys de Franche et ses conssaux, qui tenoient les Englès pour assegiéz, ne s’i volloient acorder ne assentir nullement, se li prinches et tout chil qui avoecq lui estoient, ne se rendoient simplement au roy et à se volenté. Laquelle cose li Englès et li Gascon n’ewissent jammais fait; bien offroient au roy de France, si comme jou oy depuis recorder, que li princez ewist rendu tous les prisonniers qu’il avoit pris en ce voiaige, villes et castiaux ossi, et se astenroit de lui armer sept ans contre le royaumme de Franche: ceste offre ne vot mies li roys de France acepter. Fo104 roet vo.

P.23, l. 27 et p. 24, l. 2: on fist.... piés.—Ms. B 6: Le roi de Franche commanda, ou nom de Dieu et de saint Denis, à apparlier, et fist copper à chacun les poulanes de leurs sollers ou des housiauls, et retaillier sa lance à le longeur de cinq piés. Fos545 et 546.

P.24, l. 5: et fu.—Mss. A 8, 9: car elle sembla.

P.24, l. 8: evous.... qui vient.—Mss. A 8, 9: vint.

P.24, l. 11: jointes.—Ms. B 6: en genoulant. Fo542.

P.24, l. 11 et 12: pour si hault homme.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: pour si hault seigneur.—Ms. B 3: pour l’onneur de Dieu. Fo188.—Mss. A 23 à 33: pour Dieu. Fo204 vo.

P.24, l. 12: astenir.—Mss. A 8, 9: abstenir.

P.24, l. 12 et 13: afrener.—Mss. A 20 à 22: reffrener. Fo263.

P.24, l. 30: quoiteusement.—Mss. A 8, 9: hastivement.

P.24, l. 31: prince.—Ms. B 6: qu’il trouva, comme il me fu dit, assés tretable. Fo542.

P.25, l. 6: le poissance.—Ms. B 3: la grande puissance.—Ms. A 29: le povoir de la grant chevalerie.

P.25, l. 14: gens.—Le ms. A 29 ajoute: et tant de noble chevalerie.

P.25, l. 24: fuir.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: ne eschaper.

P.25, l. 27: busiier.—Ms. B 4: busier. Fo174 vo.—Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19: penser.—Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: muser. Fo198 vo.

P.26, l. 11: samis.—Ms. B 3: sandal. Fo188 vo.—Ce mot manque dans A 20 à 33.

P.26, l. 11: cointe.—Mss. A 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: jolis.

P.26, l. 15: grant.—Ms. A 29: prochain.

P.26, l. 17: travilla.—Mss. A 8, 9: travailla.

P.26, l. 19 à 25: mès.... avant.—Ms. B 6: mais onques il n’y peult amolier le cuer du roy de Franche, car nullement il ne volloit oïr parler de pais; car messire Ustasse de Ribemont, qui moult estoit en le grace du roy de Franche, brisoit tous les traitiés, sitost qu’il avoit loisir de parler au roy. Fo543.

P.26, l. 24: pareçons.—Mss. A 8, 9: paroles.

P.27, l. 1: entiers.—Le ms. B 6 ajoute: ne nulz de chieulx qui là estoient. Fo542.

§381. P.27, l. 8: Endementrues.—Ms. d’Amiens: Endementroes que chil doy cardinal alloient de l’un à l’autre, et que souffranche estoit des deux hos, avoit aucuns chevaliers entre les Englès, jonnes et amoureus, qui s’avanchoient de chevauchier avant pour veoir le couvenant des Franchois et le grant plenté des belles gens d’armes qui là estoient.

Dont il avint que messires Jehans Camdos et messires Jehans de Cleremont, marescaux de France, se trouvèrent sur les champs où il chevauchoient de l’un à l’autre. Et portoit chacuns une meysme devise, sus son senestre bras, desus ses parures: c’estoit ouvré de broudure, une bleue damme, en un ray d’un soleil, bien perlée et bien arrée. Quant il se furent trouvé d’avanture, il se coummencièrent à ramprounner.

Et demanda li marescaux de Franche à monseigneur Jehan Camdos depuis quel tierme il avoit porté et enchargiet sa devise. Li chevaliers englès li respondi que de ce n’avoit il que faire de savoir, et que la devise pooit ossi bien estre sienne que à nul autre. Dont li dist messires Jehans de Cleremont: «Camdos, Camdos, che sont bien des ponnées de vos Englès; il sèvent à leur hounneur faire peu de cose de nouviel. La devise est mienne et devant vous l’encargai; et, se demain je le vous voy porter, je le vous calengeray.»—«Sire, ce respondi messires Jehans Cambdos, et à mon pooir je le deffenderay.» Ensi et par yrour se departi li uns de l’autre, sans plus riens faire ne dire. Fos104 voet 105.

P.27, l. 8: Endementrues.—Mss. A 8, 9: Entrementes.

P.27, l. 22: frichement.—Mss. A 8, 9: friquement.

P.27, l. 24: place.—Mss. A 8, 9: plaise.

P.27, l. 28: est.—Mss. A 8, 9: estoit.

P.27, l. 29 et 30: li plus honnourée gent.—Mss. A 8, 9: les plus honnourez gens.

P.27, l. 31 et p. 29, l. 5: Tout.... estat.—Ms. B 6: Et ot le roy conseil sur les camps à ses marisaulx, monseigneur Jehan de Clermont et monseigneur Ernoul d’Audrehen, comment il se mente[n]roient. Sy furent envoié les deus marisaulx par le commandement du roy, et che pour aviser le conduite des Englès ne coument on les pouroit combatre, car le roy de Franche promettoit qu’il les combateroit, et toutes ses gens en estoient en grant desir. Sy chevauchèrent les dis marisaulx sy avant, l’uns à destre, ly aultre à senestre, que il ymaginèrent et avisèrent assés le conduite des Englès.

Ensy qu’il s’en retournoient, par especial le marisal de Clermont s’en retournoit sur ung bay coursier que le roy de France luy avoit donnet à che matin, il encontra en son chemin monseigneur Jehan Camdos. Là eult grandes parolles entre yaulx: je vous diray pour quelle raison. Le marisal de Clermont portoit par devise en sa manche une bleuwe dame, ouvrée de broudure. Et ossy faisoit monseigneur Jehan Camdos qui s’aresta de travers sur les camps, en luy demandant et disant: «Marisaulx, marisaulx, qui vous fait porter ma devise? Se je vous trouvoie en bataille, je le vous calengeroie.»—«Camdos, Camdos, dist messire Jehan de Clermont, et à mon povoir je le deffendroie. Et pour coy, biau sire, ne pui ge ossy bien porter une blewe dame comme vous: je l’ay porté devant vous et porteray.» Lors respondy messire Jehan Camdos et dist: «De par Dieu, Clermont, Clermont, che n’est pas verité, et le vous mousteray, se nous nous combatons. Et se les perchons se font aultrement que nous partons sans combatre, je le vous callengeray et prouveray de mon corps contre le vostre que la devise doit miène iestre mieulx que vostre.» Sur chel estat, par grant felonnie et mautalent, il departirent ly ungs de l’autre, et retourna chacun devers sa partie pour faire relacion de che qu’il avoient trouvé. Fos541 et 542.

P.28, l. 6: felenesces.—Mss. A 8, 9: felonnesses.

P.28, l. 9: blewe.—Mss. A 8, 9: bleue.

P.28, l. 10: ou ray d’un soleil.—Mss. B 3, A 11 à 14: au ray du soleil. Fo189.—Mss. A 8, 9: ou rays de soleil. Fo199.

P.28, l. 10 et 11: sus le senestre brach.—Ces mots manquent dans les mss. A.

P.28, l. 11 et 12: leur deseurain vestement.—Mss. A 1 à 9, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: leurs plus haulx vestemens. Fo190.

P.28, l. 20: Je le vous devee.—Ms. B 3: il n’est pas vray. Fo189.

P.28, l. 20: devée.—Ms. B 4: denie. Fo175.—Mss. A 7 à 9, 11 à 33: nye. Fo178 vo.

P.29, l. 1: des posnées de vos Englès.—Ms. B 3: des façons de vous autres Anglois.—Mss. A 1 à 6, 18, 19: des parolles de vous Anglois.—Mss. A 8, 9: des pompes de vous Anglois. Fo199.—Mss. A 11 à 14: des paroles d’entre vous Anglois. Fo174.—Mss. A 15 à 17: des ponnées d’entre vous Anglois. Fo183 vo.—Mss. A 20 à 22: les pompes d’entre vous Anglois. Fo264 vo.—Mss. A 23 à 29: les paroles de voz Anglois. Fo205 vo.—Mss. A 7, 30 à 33: des parolles de voz Engloys. Fo178 vo.

P.29, l. 2: mès.—Le ms. B 3 ajoute: tout.—Les mss. A 11 à 14 ajoutent: fors.

§382. P.29, l. 6: Vous avés.—Ms. d’Amiens: Et toudis alloient li cardinal de l’un à l’autre, qui riens ne faisoient. Quant ce vint au soir, il se retraissent à Poitiers, et li Englès et li Franchois demorèrent sus lez camps, tous rengiés l’un devant l’autre.

Quant ce vint le lundy au matin, on dist pluisseurs messes en touttes les deux hos, et s’acumenia qui acumeniier se volt. Apriès les messes, chacuns se remist en se bataille et desoubz se bannierre, ensi que le dimenche il avoient esté ordounnet.

Encorres revinrent li doy cardinal et veurent coummenchier à traitier pour brisier celle journée: mès il despleut à aucuns chevaliers de Franche, et leur dissent que, se il aloient ne venoient plus, il leur en mescheroit. Si se retraissent li doy cardinal à Poitiers sour ceste parolle. Fo105.

P.29, l. 11: à cief.—Mss. A 7 à 9: à chief. Fo179.

P.29, l. 11: et fu tout bas vespres.—Mss. A 8, 9: et furent basses vespres.

P.29, l. 12: le cité de.—Ces mots manquent dans A 7 à 9 et B 4.

P.29, l. 12: Poitiers.—Le ms. A 29 ajoute: moult troublé qu’il ne povoit venir au dessus de sa poursuite.

P.29, l. 19: estoient.—Mss. A 8, 9: estoit.

P.29, l. 25: fosser.—Mss. A 8, 9: fossoier.

P.30, l. 1: en.... l’autre.—Mss. A 8, 9: en l’ost de l’un et de l’autre.

P.30, l. 7: s’en ensonnioit.—Ms. B 3: s’en entremettoit. Fo189.

P.30, l. 12: grasce.—Ms. A 29: voie.

P.30, l. 13: impetrer.—Mss. A: trouver.—Le ms. B 3 ajoute: ne trouver.

P.30, l. 22: semblèrent.—Le ms. A 29 ajoute: ce soir.

P.30, l. 24: d’Amposte.—Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19: d’Ampostre.

P.30, l. 29: pour.... apaisenter.—Mss. A 20 à 22: pour ce qu’il les avoit voulu accorder. Fo265 vo.

P.30, l. 29: de apaisenter.—Mss. B, A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19: apaiser, apaisier, appaisier.—Mss. A 8, 9, 15 à 17: et appaiseur. Fo199 vo.

P.30, l. 28 à 32: car.... François.—Ces cinq lignes manquent dans les mss. A 23 à 33.Fo206.

§383. P.31, l. 1: Li ordenance.—Ms. d’Amiens: Vous avés chy dessus oy coumment li troi cens hommes à cheval estoient bien monté et quel cose il devoient faire. D’autre part, je vous ay petit parlet dou couvenant des Englès, fors ensi que li quatre chevalier envoiiet de par le roy de Franche raportèrent: che fu au plus justement, seloncq leur advis, qu’il le peurent aviser ne considerer. Bien est voirs que li Franchois estoient cinq tans de gens que li Englès, mès les gens d’armes englès et gascon estoient toutte gens d’eslite; et ossi estoient en verité li plus des Franchois, et bien se moustrèrent.

Quant li prinches de Gallez et li seigneur d’Engleterre et de Gascoingne virent que combattre les couvenoit, si se comfortèrent li ungs parmy l’autre et ordonnèrent troix bataillez; et avoit en chacune mil hommez d’armez et vint deus cens archiers et quinze cens brigans de piet, que li aucun en armes apellent ribaubailles, car il sieuvent les gens d’armes et se mettent entre lez bataillez; et si tost que on a abatu gens d’armes, il viennent sus yaux [et] les ochient sans pité.

La premierre bataille des Englois avoient li doy marescal, li comtez de Warvich et li comtez de Sufforch. Et là estoient li Gascon, li sires de Labreth, li sires de Pummiers et si frerre, li sires de Montferart, li sires de l’Espare, li sires de Muchident, li sirez de Condon, messires Jehans de Grailli, captal de Beus, messires Ainmeris de Tarse et pluisseur aultre bon chevalier et escuier de Gascoingne et d’Engleterre, et les archiers tous devant yaux à manierre d’une herce.

La seconde bataille avoit li prinches à mil hommes d’armes, vint cinq cens archiers et seize cens brigans; et estoient au frain dou prinche et pour son corps garder, chil doy bon chevalier, messire Jehans Cambdos et messires James d’Audelée. Là estoient en le bataille dou prinche chil bon chevalier, messires Renaux de Gobehen, messire Ricart de Stamfort, li sires de le Ware, messires Edouars, sirez Despenssiers, qui y fu fès chevaliers et leva banière, messires Bietremieux de Bruche, messire Pière d’Audelée, messires Hues et messires Thummas lez Despenssiers, messire Thummas de Grantson, messires Richars de Pontcardon, messires Neel Lorinch, li sires de Felleton et pluisseur autre bon chevalier et escuier. Si estoient très bien ordounnet et mis en bon couvenant, chacun baron et chevalier desoubz se bannierre et se penon, et les archiers devant yaux.

La tierce bataille, qui estoit si comme li arrieregarde, gouvrenoient doy comte d’Engleterre, bon chevalier durement, li comtez de Sallebrin et li comtes d’Askesouforch. Là estoient messire Guillaume Filx Warinne, messires Estievennes de Gousenton, li sires de Braseton, li sires de Multon, messires Bauduins de Fraville, li sires de Basset, li sires de Willebi, li sirez de Bercler, messires Danniel Pasèle, messires Denis de Morbeke et pluisseurs autres bons chevalliers et escuiers, chacuns seigneurs desoubz se bannierre et les archiers devant yaux. Si se comfortoient bellement, seloncq le quantité qu’il estoient, et avoient bien empris que d’iaux combattre tant qu’il poroient durer. Enssi estoient lez bataillez ordounnées, si comme vous avés oy deviser. Fo105.

P.31, l. 5 et 6: entre lez batailles.—Ces mots manquent dans les mss. A 8, 9.

P.31, l. 7: lés.—Mss. A 8, 9: costé.

P.31, l. 8 et 9: trop haute ne trop roste.—Ms. B 3: ne trop basse ne trop haulte. Fo189 vo.

P.31, l. 9: roste.—Mss. A 1 à 9, 11 à 19: roide. Fo190 vo.

P.31, l. 11: couverte.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: toute.

P.31, l. 13: par desous.—Mss. A 8, 9: dessoubz.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: par dessus. Fo190 vo.—Mss. A 18, 19: par ensus. Fo196.

P.31, l. 15: ou fons de ces vignes.—Ms. B 4: desous ces vingnes. Fo175 vo.

P.31, l. 15: et.—Mss. A 1 à 6: en.

P.31, l. 16: à piet.—Mss. A 1 à 9, 11 à 14, 15 à 19, 23 à 33: armé.

P.31, l. 17: se il leur besongnast.—Mss. A 8, 9: se il estoit besoing.

P.31, l. 19: harnas.—Mss. A 8, 9: harnois.

P.31, l. 21: renommer.—Mss. A 8, 9: nommer.

P.31, l. 30: Bercler.—Mss. A 7, 23 à 33: Dercler.

P.32, l. 1: Fil Warin.—Mss. A 2, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: de Warvic.

P.32, l. 2: Maune.—Mss. A 20 à 22: Manny. Fo266.

P.32, l. 3: Brues.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 23 à 29: Brunes.

P.32, l. 3: le signeur de Felleton.—Mss. A 15 à 17: Guillaume Felletonne.—Les mêmes mss. ajoutent: monseigneur Thomas de Pontchardon.

P.32, l. 5: Cousenton.—Mss. A 2, 11 à 14, 18, 19: Constracon.—Mss. A 20 à 22: Coussenton.

P.32, l. 6à8: le signeur de Labreth.... Pumiers.—Mss. A 15 à 17: monseigneur Aymenion de Pommiers et monseigneur Aymeri et monseigneur Helies de Pommiers ses frères. Fo184 vo.

P.32, l. 11: Montchident.—Ms. B 3: Mucidan. Fo189 vo.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 14: Mucident. Fo191.—Mss. A 15 à 17: Mussidant. Fo184 vo.

P.32, l. 12: Condon.—Mss. A 18, 19, 23 à 33: Couson. Fo196.

P.32, l. 12 et 13: Montferrat.—Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14: Montferrant.

P.32, l. 13: Landuras.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: le seigneur de Tannay Boutonne.

P.32, l. 18: Pasele.—Mss. A 2, 18, 19, 23: Passelle.—Ms. A 24: Phaselle.

P.32, l. 22: huit mil hommes.—Ms. B 6: de cinq à six mille archiés et deux mille hommes d’armes. Fo544.

P.32, l. 22: hommes.—Les mss. A 1 à 6, 11 à 14 ajoutent: plus hault de huit mille hommes, gens d’armes, archiers et brigans, uns et autres. Et les François estoient bien de bonnes gens plus de soixante mille combatans, dont il y avoit grant foison de ducs, de contes, de barons et plus de trois mille chevaliers et escuiers, et grant foison d’autres bonnes gens d’armes. Fo191.

P.32, l. 23: cinquante mil.—Mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: soixante mil.

P.32, l. 23: combatans.—Les mss. A 30 à 33 ajoutent: tous comptez. Fo211.

P.32, l. 24: trois mil.—Mss. A 20 à 22: quatre mil. Fo266.

P.32, l. 24: chevaliers.—Ms. B 3: archiers. Fo189 vo.

§384. P.32, l. 25: Quant.—Ms. d’Amiens: Li roys de Franche et ses conssaux, qui à nul acord ne tretiet de pès n’avoient vollut entendre ne descendre, fissent, ou nom de Dieu et de monseigneur saint Denis, aprochier le bataille des marescaux et des Allemans.

Or avint que messires Ustasses d’Aubrecicourt, pour sen corps avanchier, se parti de son conroi et s’adrecha entre lez bataillez contre ung chevalier d’Allemaigne qui s’armoit d’argent à cinq roses de geules, et ferirent chevaux des esperons et se conssuirent de leurs glaives sour leurs targes. Si appelloit on le chevalier alemant messire Lois de Retombes, et estoit des gens le comte Jehan de Nasço. La jouste dez deux chevaliers fu moult belle, car il se portèrent tout doy jus à terre. Messires Ustasse se releva premierement et couri à son glaive, et puis s’en vint sus le chevalier qui estoit relevés; si l’assailli vassaument, et l’ewist à ce coummenchement concquis par armes, quant chil de se bataille se desroutèrent et vinrent sus messire Ustasse, et l’assaillirent vistement et environnèrent de tous lés. Là ne fu nient adonc messires Ustassez secourus dez siens: de quoy il fu pris et fianchiéz prison des Allemans et mis sus un kar.

Dont aprochièrent li marescal et le bataille, et entrèrent tout à cheval dedens le chemin où li grosse haye estoit de deux costéz. Sitost furent là embatu, archier commencièrent à traire à esploit à deux léz de le haie et à bersser chevaux et à enfiller de ces longhez saiettez barbues. Chil cheval, qui tret estoient et qui lesfiers de ces saiettes sentoient, resongnoient et ne volloient avant aller. Et se tournoit li ungs de traviers, li autre de costet, ou il ceoient et trebuchoient desoubz leurs maistres qui ne se pooient relever. Et les gens d’armes englès venoient entre deux et les ocioient ou prendoient à vollenté. Fo105 roet vo.

P.32, l. 25: cilz jones homs.—Ces mots manquent dans les mss. A 1 à 7, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33.Fo191.

P.32, l. 25: Galles.—Le ms. A 29 ajoute: et son conseil.

P.32, l. 27: Pieregorch.—Le ms. A 29 ajoute: qui tant avoit travaillé pour y mettre l’accord.

P.32, l. 27: s’en raloit.—Le ms. A 29 ajoute: à Poictiers.

P.32, l. 28: France.—Le ms. A 29 ajoute: et ses princes et autres moult petit les doutoyent ne admiroient.

P.32, l. 29: amiroit.—Mss. A 8, 9: aimoit.

P.32, l. 29 et p. 33, l. 1: si se.... gens.—Ms. A 29: il chevaucha par toutes ses batailles et à viaire riant et joyeux.

P.33, l. 4: la victoire.—Mss. A 3, 11 à 14: la vertu ne la victoire.

P.33, l. 6: honnouré.—Les mss. A 1 à 7, 11 à 33 ajoutent: gens. Fo191.

P.33, l. 8: des.—Mss. B 3, A 8, 9, 15 à 17: deux. Fo190.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: de.

P.33, l. 8: des biaux frères.—Mss. A 20 à 22: mes deux enfants. Fo266.

P.33, l. 19: James.—Mss. A 8, 9: Jacques.

P.33, l. 22: vaillans.—Ms. B 3: preux. Fo190.

P.33, l. 22: homs.—Mss. B 3, A 1 à 9, 11 à 14, 15 à 22: chevalier.

P.33, l. 22 et 23: durement.—Ms. B 3: merveilleusement.

P.33, l. 29: li mieudres.—Mss. A 8, 9: le mieux.

P.33, l. 30: morroit.—Mss. A 8, 9: demourroit.

P.33, l. 30: Dont.—Mss. A 8, 9: Adonc.

P.34, l. 9: pri.—Le ms. A 29 ajoute: moult.

P.34, l. 9 et 10: en.... servicez.—Mss. A 8, 9: en guerredon des services que je fis onques.

P.34, l. 16: acorda.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: moult. Fo185.—Les mss. A 20 à 22 ajoutent: très. Fo266 vo.

P.34, l. 17 et 18: li mieudres.—Mss. A 8, 9: le meilleur.

P.34, l. 22: garder.—Les mss. A 23 à 33 ajoutent: Cestui messire James estoit saige homme et vaillant chevalier, et par luiavoit esté fait la plus grant partie de l’ordonnance des batailles le jour devant, car moult estoit expert en tel cas. Fo207 vo.

P.35, l. 1: leurs.—Mss. A 8, 9: ses.

P.35, l. 5: batailles.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: aux François.

P.35, l. 8: embraça.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: embrocha. Fo191 vo.—Ms. A 7: embroscha. Fo180.—Mss. A 23 à 29: accola. Fo207 vo.

P.35, l. 9: batailles.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: Adonc.

P.35, l. 10: Loeis.—Mss. A 20 à 22: Denis. Fo267.

P.35, l. 10: Recombes.—Mss. A 23 à 29: Combres. Fo207 vo.—Mss. A 30 à 33: Comcombes. Fo211 vo.

P.35, l. 10 et 11: portoit.—Les mss. B 3, A 1 à 6, 8, 9, 11 à 14, 18 à 33 ajoutent: ung escu. Fo190 vo.

P.35, l, 12: d’ermine.... geulez.—Ms. B 3: semé d’ermines an hamaides de gueules.

P.35, l. 12: d’ermine.—Mss. A 18, 19: d’armenie. Fo197 vo.

P.35, l. 16: consievirent.—Mss. A 8, 9: consuirent.

P.35, l. 24: l’ensonniièrent et.—Ces mots manquent dans A 8, 9.

P.35, l. 25 et 26: et point.... leurs.—Mss. A 20 à 22: car pas n’avoit ayde de ses gens. Fo267.—Mss. A 23 à 33: et point aidié. Fo208.

P.35, l. 26: menés ent.—Mss. A 8, 9: enmenez.

P.35, l. 32: li bataille.—Mss. A 8, 9: li estours.

P.36, l. 4: dedens le.—Mss. A 8, 9: ou.

P.36, l. 7: lés.—Mss. A 8, 9: costez.

P.36, l. 7: berser.—Mss. A 8, 9: verser.

P.36, l. 8: ens.—Mss. A 8, 9: dedens.

P.36, l. 10: ressongnoient.—Mss. A 8, 9: ressoignoient.—Mss. A 23 à 33: redoubtoient. Fo208.

P.36, l. 12: cheoient et trebuchoient.—Mss. A 20 à 22: fondoient. Fo267.

P.36, l. 13: relever.—Ms. B 6: Et là venoient entre yaulx gens ribaus englès, qui se boutoient entre ces archiés et ocioient ces Franchois de leurs coutiaulx, là où il les veoient gesir à mesquief; et en y ot plus de cent et cinquante qui là furent occis. Fo547.

P.36, l. 14 et 15: ne.... prince.—Ms. A 29: Et tellementfut la dicte bataille des marescaux travaillée par le traict, que nullement elle ne peut approcher la bataille du prince.

P.36, l. 19: peurent.—Le ms. A 29 ajoute: aborder, tellement estoyent oppressés à tous lés.

P.36, l. 27: grant temps ensamble.—Ms. A 29: moult vaillamment.—Mss. A 20 à 22: longuement.

P.37, l. 2: abatu.—Le ms. A 29 ajoute: et leurs chevaux estoient fondus.

P.37, l. 4: et.... navrés.—Ces mots manquent dans A 8, 9.

§385. P.37, l. 10: D’autre part.—Ms. d’Amiens: Enssi fu li bataille des marescaux desconfite à grant mescief, et là mors des premiers messires Jehans de Cleremont, et pris messires Ernoulx d’Audrehen, et durement navrés et mors messires Ustasses de Ribeumont, mès il y fist merveilles d’armes de son corps. Chil qui derierre estoient et qui le meschief veoient et qui avant passer ne pooient, reculoient et venoient deviers le bataille dou duc de Normendie, qui estoit grande et espesse; mais tantost fu aclerie, quant il virent et entendirent que li marescal estoient desconfi. Et montèrent à ceval li plus et s’en partirent; car il descendi une routte d’Englès d’une montaingne, en costiant lez bataillez, tout montet à cheval, et grant fuison d’archiers devant yaux, et s’en vinrent ferir sus elle sus le bataille le duc de Normendie. Au voir dire, li archier d’Engleterre portèrent à leurs gens moult grant avantage et trop esbahirent les Franchois, car il traioient si ouniement et si espessement que li Franchois ne savoient auquel lés entendre, qu’il ne fuissent consievi dou tret, et toudis s’avanchoient il et concqueroient terre. Fo105 vo.

P.37, l. 16: voelent.—Mss. A 8, 9: vouldrent.

P.37, l. 17: les.—Le ms. A 29 ajoute: grosses.

P.37, l. 18à22: A painnes.... avant.—Ms. A 29: Si avint en peu d’heure un très grant meschef sur la bataille des mareschaux de France, car ils fondoyent et trebuchoyent l’un sur l’autre, tout à cheval. Et ne pouvoient aler avant ne arrière les plusieurs, tant en y avoit de versés à terre, les uns morts, les autres non. Et maints en y avoit de abbattus qui mouroyent à douleur entre les pieds des chevaulx; et maints en y eut d’estaincts par faute d’ayde.

P.37, l. 25: vers.—Mss. A: sur.

P.37, l. 27: despessie.—Ms. B 4: espessie. Fo177.—Mss.A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: esparsse. Fo192 vo.—Ms. A 7: espesse. Fo181.—Mss. A 8, 9: despessie. Fo201 vo.—Mss. A 20 à 22: despeschée. Fo267 vo.—Ce mot manque dans A 15 à 17.

P.37, l. 27: par derière.—Le ms. A 29 ajoute: et tantost s’ouvrit.

P.38, l. 1: descendirent.—Mss. A 8, 9: descendi.

P.38, l. 5: Normendie.—Le ms. B 6 ajoute: qui estoit à che commenchement larghe par devant et estroite par derière; mais tantost fu estroite par devant et larghe par derière. Fo548.

P.38, l. 9: au quel lés.—Mss. A 8, 9: de quel costé.

P.38, l. 10: consievi.—Mss. A 1 à 6, 18, 19: consuis.—Mss. A 11 à 14, 23 à 33: consuivis. Fo176.—Mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22: attains. Fo201 vo.

P.38, l. 10: et.—Les mss. A 1 à 7, 11 à 22 ajoutent: petit à petit.

§386. P.38, l. 12: Quant.—Ms. d’Amiens: Quant les gens d’armes d’Engletere virent que ceste premierre bataille estoit desconfite, et que la bataille deu duc de Normendie s’ouvroit et branloit, si leur revint force et couraige. Et montèrent errant, tout à cheval, chil qui cevaux avoient. Et quoyque de premiers il se fuissent mis en troix bataillez, il se remissent tantost en une; et puis cevaucièrent avant, en escriantmoulthault et moult cler: «Saint Gorge! Giane!» Fo105 vo.

P.38, l. 13: bataille.—Le ms. A 29 ajoute: des mareschaus.

P.38, l. 14: de Normendie.—Ces mots manquent dans A 1 à 7.

P.38, l. 15: ouvrir.—Le ms. A 29 ajoute: et à monter à cheval et partir.

P.38, l. 22: dist.—Le ms. A 29 ajoute: tout en riant.

P.38, l. 23: un.... honnourable.—Ms. A 29: un mot de haulte honneur et de grande vaillance.—Ces mots manquent dans A 11 à 14.

P.38, l. 23: grant.—Mss. A 20 à 22: très grant. Fo268.

P.38, l. 27: besongne.—Mss. B 3, A 8, 9: bataille.

P.38, l. 27: par vaillance.—Ms. A 29: par la vaillance dont il est.

P.39, l. 1: alons.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: alons.

P.39, l. 6: li enchaus.—Mss. A 8, 9: l’enchas.

P.39, l. 7: bien.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: que.

P.39, l. 11: sus.—Ms. A 29: un peu à.

P.39, l. 12: Duras.—Le ms. A 29 ajoute: neveu du cardinal de Pierregort.

P.39, l. 14: à l’environ.—Ms. A 29: entour lui.

P.39, l. 15 et 16: arciers.—Le ms. B 3 ajoute: et dist.

P.39, l. 15: deux.—Ms. A 29: trois.

P.39, l. 16: à.—Les mss. B 3, A 23 à 33 ajoutent: à.

P.39, l. 27: travellent.—Mss. A 8, 9: travaillent.

P.40, l. 1: d’Amposte.—Le ms. B 6 ajoute: Rogier de Pierregos. Fo553.

P.40, l. 3: aïr.—Mss. A 8, 9: yre.

P.40, l. 6: entendés.—Mss. B 3, A 7: attendez.—Ms. A 29: entendons à avoir le roi de France qui est.

P.40, l. 7: ne soit.—Mss. A 8, 9: n’est.

§387. P.40, l. 11: Ensi que.—Ms. d’Amiens: Et fissent passer leurs bannierres et trouvèrent de première encontre le bataille des Allemans, qui tantost fu desconfite. Là furent pris li comtes de Sallebruge, li comtes de Nido, li conte Jehans de Nasço et pluisseurs autrez chevaliers et escuiers, et rescous messires Ustasses d’Aubrecicourt par monseigneur Jehan de Gistelle, son compaignon, et remis à cheval, liquelx y fist depuis moultdebelles appertisses d’armez.

Quant la bataille dou ducq de Normendie, si comme je vous ai dit, virent aprochier si fortement les batailles dou prinche qui jà avoient desconfi les marescaux et les Alemans et estoient entré en cache, si furent tout esbahy; et entendirent li plus à yaux sauver et à sauver les enfans dou roy, premierement le duc de Normendie, le comte de Poitiers et le comte de Tourainne, qui estoient ad ce jour tout troy moult jonne: si crurent ceux qui les gouvrenoient. Avoecq ces trois seigneurs se partirent seize cens lanches, et prissent le cemin de Cauvegny.

Quant messires Jehans de Landas et messires Thieubaux de Vodenay, qui estoient mestre et menneur dou duc de Normendie avoecq le seigneur de Saint Venant, eurent chevauchiet environ une grosse lieuwe, il prissent congiet au ducq et priièrent au seigneur de Saint Venant que mies ne le volsist laissier, mès mennerà sauveté, et qu’il y acquerroit otant d’onneur en gardant son corps, que ce qu’il retournast; mès li dessus dit volloient retourner et venir devers le roy.

Apriès ces parolles, li doy chevalier dessus noummet retournèrent et encontrèrent le duc d’Orliens et se grosse bataille, toutte sauve et toutte entire, qui estoient parti et venu par derierre le bataile dou roy. Bien est voirs que pluisseurs bons chevaliers et escuiers, quoyque leur seigneur se partesissent, ne se volloient mies partir; mès ewissent plus chier à morir que il leur fust reprochie fuite. Fo105 vo.

P.40, l. 11 à 16: Ensi.... voies.—Ces six lignes manquent dans les mss. A 23 à 33.Fo209.

P.40, l. 14: li plus.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 19: les plusieurs. Fo193.—Mss. A 20 à 22: plusieurs. Fo268 vo.

P.40, l. 16: en voies.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: à eulx sauver.—Mss. A 7 à 9, 18, 19: et eulx sauver. Fo202.—Mss. A 15 à 17, 20 à 22: pour eulx sauver. Fo186 vo.

P.40, l. 19 et 20: Là.... bouteis.—Ms. A 29: Là eut perilleus estour et grant froissis de lances et merveilleux boutis.

P.40, l. 20: bouteis.—Ms. B 3: bruit. Fo191 vo.—Mss. A 20 à 22: abateiz. Fo268 vo.


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