P.40, l. 27: Salebruce.—Mss. A 8, 9: Sarrebruche.
P.41, l. 3: ce.—Mss. A 8, 9: ceste.
P.41, l. 3: tamaint.—Mss. A 8, 9: mains.
P.41, l. 4: merci.—Le ms. A 29 ajoute: dont ce fu grans pitiés.
P.41, l. 8: puigneis.—Ms. B 3: rencontre. Fo191 vo.
P.41, l. 24 et 25: en ce tempore.—Mss. A 8, 9: pour ce temps.
P.41, l. 25: à petit de avis.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22: de petit advis. Fo193.—Ms. A 7: à petit d’avis. Fo181 vo.—Ms. B 3: et moindres d’advis.
P.41, l. 27 et 28: Saintré.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: Sainté.
P.41, l. 30 à 32: Ensi.... entières.—Ms. A 29: Et tantost ceuls qui par raison mieuls combatre se devoient, montèrent à cheval et s’en alèrent avecques le duc, à bien huit cens combatans, tous sains et entiers.
P.41, l. 31 et 32: plus de huit cens lances.—Ms. B 6: plus de deux cens chevaliers. Fo549.
P.42, l. 4: Vodenay.—Mss. B 3, A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: Vaudenay. Fo192.
P.42, l. 4: meneur.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22: gouverneurs.
P.42, l. 14 à 17: Ensi.... dou roy.—Ms. B 6: car ossy il veoient le bataille du duc d’Orliens et le duc d’Orliens meismes qui se partirent et retournèrent les dos. Fo548.
P.42, l. 14: chevalier.—Le ms. A 29 ajoute: pour estre en la bataille du roy.
P.42, l. 17: verités.—Mss. A 8, 9: voir.
P.42, l. 20: que.... reprocie.—Ms. B 3: qu’il leur fust reproché honte ne fuyte. Fo192.—Mss. A 20 à 22: que fuitte leur eust esté en riens reprochée. Fo269 vo.—Mss. A 23 à 29: qu’il leur fust faicte reprouche de s’en estre fuiz. Fo209 vo.
P.42, l. 20: fuite.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: villaine. Fo187.
§388. P.42, l. 21: Vous avés.—Ms. d’Amiens: Vous avés chy dessus en ceste histoire bien oy parler de le bataille de Crechi, et coumment fortunne fu moult mervilleuse pour les Franchois: ossi à le bataille de Poitiers elle fu moult diverse et très fellenesse pour yaux, et auques pareille si comme à Crechi; car li Franchois estoient bien, de droite bonnes gens d’armes contre les Englès, cinq contre ung. Mès, au voir dire, li bataille de Poitiers fu trop mieux combatue et plus longement que celle de Crechi, et plus de biaux fès d’armes et de bellez bacheleriez y avinrent; car li roys Jehans de Franche, comme loyaux chevaliers, preudoms et hardis, ne daigna fuir. Et quant il vit et entendi le desconfiture de ses marescaux, il n’en fu mies pour ce trop effraés, car bien quida le journée par fet d’armes recouvrer; et coumanda que chacuns se mesist à piet et fist passer arreement et ordonneement ses bannierres, dont messires Joffroys de Chargny portoit le souverainne.
Et ensi, par bon couvenant, le grosse bataille dou roy s’en vint assambler as Englès. Là eut grant hustin, fier et cruel, et donnet maint horion de hachez, d’espées et d’autres bastons de guerre. Si assambla li roys et messires Phelippes, ses mainnés filz, à le bataille des marescaux d’Engleterre, le comte de Warvich et le comte de Sufforch, et des Gascons. Là crioient li Franchois leur cri: «Monjoie! Saint Denis!» et li Englès: «Saint Gorge! Giane!»
Si revinrent cil doy chevalier tout à tans, qui laissiet avoient le routte le duc de Normendie, messires Jehans de Landas et messires Thieubaux de Vodenay; si se missent tantost à piet en le bataille dou roy, et se combatirent depuis moult vassaument.
D’autre part, se combatoient li dus d’Athennez, connestables de Franche, messires Robers de Duras, messires Guichars d’Angle, messires Renaux de Pons; et faisoit chacuns de son corps merveillez d’armes.
Ossi, à ung autre lés, se combatoient messires Pières, ducq de Bourbon, messires Guichars de Biaugeu, messires Jaquemes de Bourbon, li evesques de Chaalons, li sires de Base[n]tin et li sires de Castiauvillain.
D’un autre costet, ossi se combatoient li comtes de Ventadour et de Montpensé, li Arceprestres, messires Guillaummes de Montagut, messires Guillaummes de Niielle, messires Joffroix de Saint Digier, li sires d’Englure qui porte lez armes de Sallehadin et crie: «Damas!»
En une autre routte, se combatoient messires Guillaummes, comtes de Douglas, d’Escoce, messires Archebaux, ses cousins, et bien deux cens de leur compaignie, qui y fissent mainte belle appertisse d’armes. Fos105 voet 106.
P.42, l. 21 et p. 43, l. 25: Vous.... Englés.—Ces 36 lignes manquent dans les mss. A 23 à 33.Fo209 vo.
P.42, l. 24: fu.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: très merveilleuse.
P.42, l. 25: felenesse.—Mss. A 7 à 9: felonnesse. Fo182.
P.42, l. 26: bien,.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: de.
P.43, l. 6: eu.—Mss. A 8, 9: esté.
P.43, l. 8: chiés.—Mss. A 8, 9: chiefs.
P.43, l. 9: que.—Mss. A 8, 9: comme.
P.43, l. 15: pour.—Mss. A 8, 9: de.
P.43, l. 16: veist.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: dire.
P.43, l. 26: cruel.—Mss. A 8, 9: crueux.
P.43, l. 26: donnet.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: et receuz.
P.43, l. 32: captal.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: de Buch.
P.44, l. 1: Tarse.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 20 à 22: Taise.—Mss. A 23 à 29: Charse.
P.44, l. 4: en.—Le ms. A 29 ajoute: grant.
P.44, l. 8: leur cri.—Ces mots manquent dans A 8, 9.
P.44, l. 12: laissiet.... route.—Ms. A 29: convoyet avoient monseigneur.—Le ms. B 3 ajoute: assés à temps. Fo192 vo.
P.44, l. 14: en.—Ms. A 29: ou front de.
P.44, l. 18: sus.—Le ms. A 29 ajoute: se combatoit aussi vaillamment.
P.44, l. 22: li sires de Surgières.—Ms. B 3: les seigneurs de Surgières.
P.44, l. 24: Linières.—Mss. A 11 à 14: Lignières.
P.44, l. 25: Rochouwart.—Ms. A 7: Rochouart:. Fo182.—Mss. A 1 à 6: Rochechouart. Fo194 vo.
P.44, l. 27: remoustrée.—Mss. A 8, 9: demonstrée.
P.44, l. 29 et 30: combatoient.—Le ms. A 29 ajoute: moult.
P.44, l. 31: Chastielvillain.—Mss. A 8, 9: Chasteauvillain.
P.45, l. 1: Ventadour.—Mss. A 20 à 22: Montventadour.
P.45, l. 2: Jakemes.—Mss. A 8, 9: Jaques.
P.45, l, 4: Charles.—Mss. A 8, 9: Jaques.
P.45, l. 8: Mercueil.—Ms. A 7: Merkuel.—Mss. A 8, 9, 20 à 22: Marueil.
P.45, l. 9: Calençon.—Mss. A 8, 9: Chalençon.
P.45, l. 11: d’Acier.—Mss. A 8, 9: d’Apchier.
P.45, l. 11: d’Acon.—Mss. A 8, 9: d’Achon.
P.45, l. 12: Melval.—Mss. A 8, 9: Malval.
P.45, l. 12: Moruel.—Mss. A 8, 9: Moreil.
P.45, l. 14: Nielle.—Mss. A 23 à 29: Marle.—Mss. A 20 à 22: Noyelle.
P.45, l. 15: Saint Digier.—Mss. A 18, 19: Saint Ligier.
P.45, l. 15: Kauni.—Mss. A 8, 9: Canny.
P.45, l. 17: Hangès.—Mss. A 8, 9: Hangest.
P.45, l. 19: une espasse assés.—Ms. A 29: un grant temps moult.
P.45, l. 23: Englès.—Le ms. A 29 ajoute: car jamais ils ne l’eussent prins à raençon.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: car pour certain il ne fust jamais venu à raençon. Fo188.
P.45, l. 24: sus le place.—Ces mots manquent dans A 7, fo182 vo.
§389. P.45, l. 25: On ne vous.—Ms. d’Amiens: En la grosse bataille dou roy estoient pluiseur grant seigneur, comte,baron, chevalier et escuier, dont chacuns faisoit son devoir au plus loyaument qu’il pooit. Et vous di que li Englès ne l’eurent mies d’avantaige, car il trouvèrent en pluisseurs lieux durs encontres et bonnes gens d’armes, quoyque li fortune fust pour yaux. Ossi, au voir dire, il estoient très appertes gens d’armes, sage de guerre et bien combatant. Dallés le prinche de Galles estoient chil doy bon chevalier, messires Jehans Camdos et messires James d’Audelée, qui de mener et enssaignier le prinche fissent ce jour bien leur devoir, car il n’y prissent oncques prisounnier ne entendirent au prendre, fors à menner toudis le prinche avant et conssillier leurs gens et yaux amonnester de bien faire. Fo106.
P.46, l. 4: Gascongne.—Ms. B 6: Et vous dy que ly Gascons, qui là estoient grant foison, furent bonnes gens en tout estat. Là furent bon chevalier de leur costé, et grant grace y aquirent, le captaus de Beus, le sire de Muchident, le sire de Caumont, le sire de Labreth, le sire de Rosem, le duc de Pumiers, le sourdic de l’Estrade, le sire de Montfort, le sire Petiton de Courton, messire Perducas de Courton, messire Perducas de [Labreth], messire Aimer de Tarche, le sire de Longoren, le sire de Landuras, messire Seguis de [Batefol]. Et en portèrent chil barons et chevaliers de Gascongne grant confort as Englès et embellirent et coulourèrent leur besongne grandement, car il estoient là ossy fort ou plus que les Englès, excepté des archiés qui portèrent grant damaige as Franchois, ensy qu’il y parut.
Du costé des Englès, fu le mieuldre chevalier, pour la journée, messire Jamez d’Audelée, et puis après messire Jehan Candos, et le tierch messire Renault de Go[b]ehem.
Vray est que l’onneur on le donnoit au prinche de Galles, et che fu raison, car il estoit chief de l’armée, et ung jonnes, et qui fut che jour en tous estas trop grandement confortez et qui toudis chevauchoit avant; ne oncques ne retourna ne recula ne genchy à destre ne à senestre tant que tout furent desconfis.
Là furent bon chevalier, du costé des Englès, messire Biertemieus de Brouhes, messire Richart de Stanfort, le sire de Warc, le sire de Basset, le sire de Willeby, le conte de Warvich, le conte de Sallebrin, le conte de Suforc, le conte d’Askesufforc, le jonne sire Despensier messire Edouart, qui fu là fait chevalier et leva banière, le sire de Maune, messire Estievene de Gonsenthon, messire Thomas de Felleton et messire Guillaume de Felton sesfrères, et pluiseurs aultres; et de Haynau, messire Ustasses d’Aubrechicourt et messire Jehan de Ghistellez.
Et devés savoir que le prinche avoit toute le fleur de chevalerie, tant de Gascongne comme d’Engleterre. Et toudis, tant qu’il vesquy et se fortune dura, il se hourdoit de bonnes gens tant que ses subgés en vallirent mieus et que che fu en son vivant le plus honnouré prinche dou monde. Fos553 à 555.
P.46, l. 5: requerre.—Mss. A 8, 9: requerir.
P.46, l. 13: à monsigneur Jame.—Mss. A 8, 9: de messire Jaques.
P.46, l. 20: viaire.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22: visaige. Fo195.
P.46, l. 23: essannés.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: essaigné.—Mss. A 8, 9: essaingnié. Fo171 vo.—Mss. A 15 à 17: essoingnié. Fo188.—Mss. A 18 à 22: essaignié. Fo200 vo.—Mss. A 23 à 29: foible de sang. Fo210.—Mss. A 30 à 33: ensonnié. Fo213.
P.46, l. 25: foible.—Mss. A 8, 9: foiblement.
P.46, l. 27: au plus.—Mss. A 8, 9: le plus.
P.46, l. 28: rekeudre.—Mss. A 8, 9: recoudre.
P.47, l. 1: persevera.—Le ms. A 29 ajoute: toute.
P.47, l. 3: disoit.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: en oultre.
P.47, l. 5: nostre.—Mss. A 8, 9: vostre.
P.47, l. 9: très bons.—Ms. A 29: moult vaillans.
§390. P.47, l. 10: Ce lundi.—Ms. d’Amiens: Entre les batailles eut pluisseurs caches et pluisseurs belles aventures de fès d’armes. Si se contourna toutte li grosse bataille des Englès et des Gascons, d’archiers et de touttes manierres de gens combatans, sus le bataille dou roy, et lez assaillirent vistement et fierement. Là eut fait maintes appertisses d’armes, mainte prise et mainte rescousse, car chacuns, pour son corps avanchier, tiroit à desconfire le roy, à lui prendre et chiaux qui dallés lui estoient; car on penssoit bien que c’estoient tout noble homme et vaillant si comme c’estoient.
Ung petit enssus de le bataille dou roy, fu mors li dus d’Athènes, connestablez de Franche; et sachiés qu’il ne fu mies ochis seux en son conroy, mès pluisseurs bons chevaliers et escuiers de son hostel et de se delivranche. D’autre part, fu ochis li gentilz dus de Bourbon, et tamaint bon chevalier et escuier dallés lui,messires Guichars de Biaugeu et li sires de Castielvillain; et pris li Arceprestres, et durement navrés; pris li comtes de Waudemont et li comtes de Vendome.
Au dehors de le bataille dou roy, en une routte, se combatoient chil bon chevalier messires Jehans de Landas, messires Thieubaux de Vodenay, messires Guichars d’Angle, qui merveilles y fist d’armes de se main, messires Grimoutons de Cambli, et qui se tinrent une grant espasse en bon couvenant; mès il avoient ossi devant yaux bonne gens d’armes, le comte de Sallebrin, monsigneur Renaut de Gobehen, monsigneur Richart de Stanfort, monseigneur Guillaume de Felleton, monseigneur Bietremieu de Bruech et leur routtez; et ossi des Gascons: le seigneur de Monferrant, monseigneur Jehan et monseigneur Helyes de Pummiers et le captal de Beus. Si furent chil chevalier de Franche durement fort assailli et calengiet as haces et as espées.
Là eut fort bouteis, dure presse, grant enchauch et fort estecheis. Touttesfois, ceste routte des Franchois fu toutte reboutée et ouverte, et les bannières et li pennon des Franchois tous rués par terre, et là mors messires Jehans de Landas, et pris messires Thieubaux de Vodenay et durement navrés; et chilx bons chevaliers ossi, messires Guichars d’Angle, pris et navrés priès c’à mort et tous essannés; mors messires Moutons de Cambli et messires Robiers de Duras. Et puis s’en revinrent Englès et Gascon sus le bataille dou roy de France. Fo106.
P.47, l. 11: assés.... Poitiers.—Ms. B 6: à une grosse lieue de Poitiers. Fo553.
P.47, l. 13: très.—Mss. A 8, 9: moult.
P.47, l. 15: yaus.—Ms. A 29: lui.
P.47, l. 16: li chevalier.—Mss. A 8, 9: les bons chevaliers.
P.47, l. 19: Petit.—Mss. A 8, 9: Pou.
P.47, l. 20: à piet.—Les mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22 ajoutent: jus de leurs chevaulx. Fo195.
P.47, l. 22: occis.—Le ms. A 29 ajoute: assés près dou roi.
P.47, l. 24: assés.... lui.—Ms. A 29: delés lui.
P.47, l. 25: et durement.—Ms. A 29: moult durement.
P.47, l. 26: Vodenay.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: et le seigneur de Pompadour.
P.47, l. 31: Ventadour.—Mss. A 20 à 22: Montventadour. Fo271 vo.
P.47, l. 31: et de Montpensé.—Ces mots manquent dans A 8, 9.
P.48, l. 1: petit.—Les mss. B 3, 4 et A ajoutent: plus.
P.48, l. 1: ensus.—Mss. A 8, 9: dessus.
P.48, l. 4: Melval.—Mss. A 8, 9: Maleval.
P.48, l. 5: Seregnach.—Ms. B 3: Sernhac.—Ms. A 29: Segurach.—Le ms. B 6 mentionne: .... monseigneur Renaus de Pons, .... messire d’Englure, .... messire Robert de Duras. Fos550 et 551.
P.48, l. 6: pris.—Le ms. A 29 ajoute: et de bons escuiers sans nombre.
P.48, l. 9: Grimountons.—Mss. A 11 à 14: Gruneton.—Ms. A 23: Gennenton.
P.48, l. 9: Cambli.—Mss. A 8, 9: Chambli.
P.48, l. 10: le Huese.—Mss. A 8, 9: la Heuse.
P.48, l. 11: desfouchiet.—Ms. B 3: desolez. Fo193.—Mss. A: desroutez.
P.48, l. 11: combatoient.—Le ms. A 29 ajoute: moult vaillamment.
P.48, l. 15: sa.—Mss. A 8, 9: la.—Mss. A 18, 19: leur.
§391. P.48, l. 25: Entre.—Ms. d’Amiens: On ne vous pouroit ne saroit nullement recorder tous les fès d’armes et les mervilleuses aventures qui là advinrent à pluisseurs chevaliers et escuiers. Et toudis chachoient li Englès les fuians. Dont il avint que messires Oudars de Renti, uns bons chevaliers franchois, s’en tournoit arrierre comme desconfis. Si encontra d’aventure ung chevalier englès qui cachiet avoit che jour ses ennemis bien lieuwe et demie. Quant messires Oudars l’eut veu qu’il chevauchoit contre lui, se cognut tantost qu’il estoit englès; si tourna sour lui et l’escria et dist qu’il estoit franchois, et qu’il se voulloit à lui esprouver. Li chevaliers englès n’eult nul talent dou refuser. Là se combatirent il de leurs espées, et puis de daghes assés et longement, sans ce que nulx venist sus yaux, qui les empechast ne contredesist, et tant que messires Oudars de Renti mena tel le chevalier englès que par armes il le concquist, et l’en mena avoecq lui pour son prisonnier.
Encorres, entre les bataillez et ou fort de le cache, avint une ossi belle aventure à ung escuier de Pikardie, de le marce d’Ammiens;car il s’estoit partis de le bataille comme desconfis, pour son corps sauver, et bien montés sus fleur de courssier. Avint que li sires de Bercler, ungs grans bannerès d’Engleterre, qui à ce jour estoit jonnes chevaliers et amoureux, perchupt le dit escuier franchois, bien armet et bien montet, partir des conrois; il se mist en cache apriès lui tous seux, sans compaignie de ses gens, et le poursui par proèche et par bachelerie plus d’unne grant lieuwe, toudis l’espée en se main, et li escrioit à le fois qu’il retournaist, car ce n’estoit mies hounneur à ung homme d’armes d’ensi fuir.
Quant li escuiers franchois, qui cachiet se sentoit, vit qu’il estoit eslongiet de le bataille plus d’unne grant lieuwe, il regarda derrierre lui et vit le seigneur de Bercler qui tous seulx le sieuwoit. Se li sambla bien par ses parures grant seigneur et gentil homme durement; si se reconforta en courraige et tourna le courssier sus frain, et prist sen espée qui roide et forte estoit durement, et le mist desoubs son brac à mannierre de glaive. Et s’en vint, en cel estat, sus le seigneur de Bercler, liquelx ne le daigna ne ne volt oncques refuzer, mès prist sen espée qui estoit de Bourdiaux, bonne et legiere et roide assés, et l’apuigna par le hans, en levant le main, pour jetter en passant à l’escuier, si comme il fist. Li escuier, qui vit l’espée en vollant venir sur lui, se destourna et perdi par celle voie le cop qu’il avoit entesé au chevalier, et fist ossi au chevalier perdre le cop de son espée, car elle coulla en tierre.
Quant li sires de Bercler vit qu’il n’avoit point d’espée et li escuier avoit le sienne, si sailli jus de son courssier et s’en vint tout le pas là où sen espée estoit, mès il n’y peult oncques si tost venir que li escuiers ne le hastast, et jetta sen espée au chevalier qui estoit à terre et le conssuivi haut ens ès cuissieux, tellement que li espée, qui estoit roide et bien acerée et lancée de roit brach et de grant vollenté, entra ens ès cuissieus et percha le premier et le quisse ossi, et s’enconsi en l’autre cuisse bien une puignie. Li sires de Bercler, qui durement fu navrés de ce cop, chey à terre et ne se pot relever.
Adonc descendi li escuiers franchois et vint à l’espée dou chevalier, qui encorres estoit en terre, si le prist et apuigna; et vint sus le chevalier, et li demanda moult courtoisement se il se volloit rendre. Li sires de Bercler li respondi oil, et que voirement se rendoit il son prisounnier, car par bel fet d’armes l’avoit il concquis.Là li fist li escuier fianchier prison et li hosta sen espée hors de ses quisses, et li bendela ses plaies au mieux qu’il peult, et le monta sus son courssier et le mena tout le pas jusques à Castieleraut. Là le fist il remuer et appareillier, et fist tant depuis, par littières et par haghennées, qu’il l’en mena en son hostel en Pikardie; et le garda plus d’un an, ainschois qu’il fuist tous sannés. Si demeura il afollés de le navreure, et, au partir, il paya à l’escuier six mil nobles, si comme je l’oy compter depuis par le seigneur de Bercler en Engleterre, en son castiel meysmes, qui siet sour le rivierre de Saverne, ou chemin de Galles. Et devint li dessus dis escuiers, pour l’onneur et le prouffit qu’il eut de son prisonnier, chevaliers. Fo106.
P.48, l. 27: Oudart.—Ms. B 3: Edouart. Fo193.
P.49, l. 6: se virgonda.—Mss. A 8, 9: se vergoingna.—Mss. A 15 à 17: se hontoia.—Ms. B 3: eut vergoigne. Fo193 vo.
P.49, l. 8: l’espée en fautre.—Mss. A 20 à 22: main à l’espée. Fo271 vo.
P.49, l. 8: en fautre.—Ms. B 3: en sa main.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: ou poing. Fo195 vo,.
P.49, l. 11: assir.—Mss. A 8, 9: asseoir.
P.49, l. 13: consievir.—Mss. A 8, 9: assener.—Ms. A 29: assaillir.
P.49, l. 14: sus.—Ms. B 3: par dessoubz.
P.49, l. 16: sans.—Le ms. A 29 ajoute: soi.
P.49, l. 19: apoia.—Mss. A 8, 9: appuia.—Ms. B 3: presenta.—Le ms. A 29 ajoute: la pointe de.
P.49, l. 20: dist.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: vraiement.
P.49, l. 22: mies.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: adoncques.
P.49, l. 24 et 25: et s’en.... grandement.—Le ms. A 29 ajoute: et remonta sur son cheval, si chevaucha comme prisonniers avecques monseigneur Oudart qui depuis le rançonna à grant somme de deniers.
P.49, l. 28: d’Ellènes.—Mss. B 3, A 20 à 22: d’Alennes.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19: d’Alenes.—Mss. A 15 à 17: d’Allenes. Fo189.—Mss. A 23 à 33: de Hellennes. Fo210 vo.
P.49, l. 29: d’armes.—Les mss. A 7 à 9 ajoutent: et saige et courtoys. Fo183.
P.49, l. 30: assés.—Ms. A 29: moult.
P.50, l. 2: montés.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: sus.
P.50, l. 13 et 14: raconsievir.—Mss. A 8, 9: aconsuir.
P.50, l. 28: espée.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: qui estoit.
P.50, l. 29: le apoigna par les hans.—Ms. B 3: l’empoigna par le hault. Fo193 vo.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19, 23 à 33: l’empoigna par les hans.—Mss. A 15 à 17: l’empoingna par la hante. Fo189.—Mss. A 20 à 22: l’empoingna pour frapper de taille.
P.51, l. 2: consievi au.—Mss. A 8, 9: ataingny.... le.
P.51, l. 7: estoit.—Le ms. A 29 ajoute: pour la prendre.
P.51, l. 10: l’aconsievi.—Mss. A 8, 9: l’ataingny.
P.51, l. 13: et s’encousi.... hans.—Ms. B 3: l’encousit tout parmy les cuisses jusques au hault. Fo194.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 15 à 17: et s’encousi tout parmi les cuisses jusques aux hanches.—Mss. A 18, 19: et l’encousi tout parmi les cuisses jusques aux hanches.—Mss. A 20 à 22: luy encousy tout dedens les cuisses jusques aux hanches.—Mss. A 23 à 33: et le cousit parmy les cuisses jusques aux hans. Fo211.
P.52, l. 9: pas.—Le ms. A 29 ajoute: à grand destresse.
P.52, l. 11: fist.—Le ms. A 29 ajoute: moult bien mettre à point, et bon mestier en eult.
P.52, l. 15: parti.—Le ms. A 29 ajoute: pour retourner en Galles.
P.52, l. 17: revenons.—Mss. A 8, 9: revenrons nous.
§392. P.52, l. 19: Ensi.—Ms. d’Amiens: Ensi aviennent les fortunnes souvent, en armes et en amours, plus euwireuses et plus mervilleuses que on ne les poroit ne oseroit pensser ne souhaidier; il avient souvent en batailles et en rencontres c’on pert bien, par trop follement cachier. Au voir dire, à celle bataille qui fu assés priès de Poitiers, ès camps de Maupertuis, peurent bien advenir pluisseurs belles aventures et grans fès d’armes qui ne vinrent mies tout à congnissance; mès j’en parole et les declare au plus priès que je puis, seloncq ce que j’ay depuis enquis et demandé as bons chevaliers et escuiers qui y furent, d’un lés et de l’autre, et as hiraux ossi qui sont tailliet de telx coses savoir et enquerre. Si comme dessus est dit, che fu une bataille très bien combatue, bien pourssuiwoite et mieux achievée pour les Englès. Et y souffrirent li combatant, d’un lés et de l’autre, moult de painne.
Là y fist li rois Jehans, de sa main, merveilles d’armes, ettenoit une hace dont trop bien se combatoit. Si furent pris assés priès de lui li comtes de Tankarville, li comtes d’Eu, ses cousins germains, messires Jaquemes de Bourbon, comtes de Pontieu, et li comtes de Dammartin; et ochis: li sires d’Englure, li Baudrains de le Huesse, messires Renaux de Pons, li evesques de Chaalons, neveu au cardinaul de Pieregorth. Là se combati vassaument messires Joffroix de Chargny. Et estoit toutte li priesse et li huée sour lui, pour tant qu’il portoit le souverainne bannierre dou roy; et il meysmes avoit sa bannierre devant lui, qui estoit de geulles à trois escuchons d’argent. Tant y sourvinrent autour de lui d’Englès et de Gascons, et si s’efforchièrent que, par forche, il ouvrirent et rompirent le bataille dou roy; et fu si plainne d’Englès et de Gascons qu’il y avoit bien cinq hommez d’armes sour ung gentil homme prisounnier, voirs s’il n’estoit pris en le cache. Et là fu mors et ochis Joffroy de Chargny, et les bannierres de Franche gettées par terre. Et y eut adonc trop grant priesse au roy Jehan, car chacuns li crioit: «Rendés vous, rendés vous.»
Là avoit ung chevalier, de la nation de Saint Omer, que on clammoit monsigneur Denis de Morbecke, et avoit pour son advanchement grant temps servi le roy englès, comment qu’il fuist artisiens; mès, de jonnesse, pour aucunes fourfaitures, il avoit perdu le royaumme de Franche: pour chou s’estoit il très en Engleterre. Si vint si bien à point que il estoit là dallés le roy, où chacun pressoit et tiroit à lui, et li disoit: «Rendés vous, rendés vous.» Li roys, qui se veoit en dur parti et trop efforchiés de ses ennemis, et que sa deffensce ne li valloit riens, demanda: «A qui me renderai je?» Chils messires Denis li respondi en franchois: «A moy, sire, qui sui chevalier et de le nation de vostre royaumme.»—«Et à vous, dubt dire li roys, me reng je.» Lors li bailla son gant de fier; li chevaliers le prist. Là eut grant priesse et grant tirich, car chacun volloit dire: «Je l’ai pris, je l’ai pris.» Et là y avoit ung appert escuier de Gascoingne, que on noummoit Bernart de Trutes, et s’armoit d’or à deux trutes de geulles, qui clammoit grant part. Fo106 vo.
P.52, l. 20: ewireuses.—Mss. A 8, 9: eureuses.
P.52, l. 22: que.—Mss. A 8, 9: comme.
P.52, l. 24: Biauvoir.—Mss. A 15 à 17: Beauvairs. Fo189 vo.
P.52, l. 25: Maupetruis.—Mss. A 23 à 29: Marpertuis. Fo211 vo.—Mss. A 30 à 33: Malpertuiz. Fo213 vo.
P.52, l. 29: mieus achievée.—Mss. A 8, 9: bien chevauchiée.
P.52, l. 31: painne.—Le ms. A 29 ajoute: de peril et de travail.
P.53, l. 1: Jehans.—Le ms. B 6 ajoute: qui estoit grans et fors et hardis chevalier. Fos556 et 557.
P.53, l. 2: trop bien.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: se deffendoit et.
P.53, l. 2: combatoit.—Le ms. B 6 ajoute: Et à che jour demora avecque luy le plus jone de ses filz, messire Phelippe, qui puis fu duc de Bourgongne: dont on le tint à grant vaillanche.
P.53, l. 7: le captal.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: de Beuch.—Le ms. A 29 ajoute: fut pris par un chevalier d’Irlande.
P.53, l. 12: nullui.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: entrer.
P.53, l. 14: porte.—Le ms. A 29 ajoute: de Saint Martin.
P.53, l. 16: cuesir.—Mss. B 3, A 23 à 33: choisir. Fo194.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 22: veoir. Fo196 vo.
P.53, l. 17: un Englès.—Mss. A 11 à 14, 18, 19: les Anglois. Fo179.
P.53, l. 23: Puiane.—Ms. B 3: Puyane, Fo194 vo.—Mss. A 8, 9: Puiaen. Fo173 vo.—Mss. A 23 à 33: Pinanemont. Fo211 vo.
P.53, l. 27: laiiés.—Mss. A 8, 9: laissiés.
P.53, l. 30: combatoit.—Le ms. A 29 ajoute: moult.
P.54, l. 3 et 4: la sienne.—Mss. A 8, 9: sa banière.
P.54, l. 8: entouelliet.—Ms. B 3: environnez.—Mss. A 1 à 6, 8, 9, 11 à 14, 18, 19: entortillez.—Mss. A 15 à 17: entoilliez.—Mss. A 23 à 33: entouilliez.
P.54, l. 11: pris.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: le signeur de Pompadour et.
P.54, l. 13: la.—Le ms. A 29 ajoute: grande.
P.54, l. 18 et 19: rendés vous.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: pour Dieu, que on ne vous occie. Fo190.
P.54, l. 31: fors.—Ms. A 29: puissant de membres.
P.54, l. 32: rendés vous.—Le ms. A 29 ajoute: à moy.
P.55, l. 10 et 11: pour.... puis.—Ms. B 3: pour ce que je n’ose demourer. Fo194 vo.
P.55, l. 11: France.—Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18 à 22 ajoutent: demourer.—Les mss. A 23 à 33 ajoutent: estre.
P.55, l. 15: gant.—Ms. A 29: gantelet.
P.55, l. 16: eut.—Le ms. A 29 ajoute: moult.
P.55, l. 17: tirich.—Mss. B 3, A 8, 9, 23 à 29: tiriz, tiris.—Mss. A 1 à 6, 11 à 19, 30 à 33: tireis. Fo197.
P.55, l. 18: pris.—Le ms. A 29 ajoute: Qui? moy. Qui? moy.
§393. P.55, l. 23: Li princes.—Ms. d’Amiens: Là fu li roys de France, depuis qu’il fu pris, en grant peril et priès ochis par envie; mès li roys, qui sages estoit et qui vit leur estrit, leur dist mout courtoisement: «Seigneur, seigneur, appaisiés vous, car j’ay assés pour chacun de vous faire tout riche: si me menés deviers mon cousin le prinche.» Fos106 voet 107.
P.55, l. 23: durement.—Ms. B 3: merveilleusement. Fo194 vo.
P.55, l. 25: comme uns lyons felz et crueus.—Ms. B 3: comme ung homme felon et cruel.à
P.55, l. 25: felz.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14, 20 à 22: fier. Fo197.—Mss. A 15 à 17: fueil. Fo190 vo.
P.55, l. 25: crueus.—Ms. A 29: orgueilleus.
P.55, l. 26: plaisance.—Ms. B 3: peine et plaisir.
P.55, l. 26: encaucier.—Mss. B 3, A 23 à 29: chasser.—Mss. A 1 à 22, 30 à 33: enchacier, enchassier.
P.55, l. 26: combatre.—Les mss. A 1 à 6, 11 à 14, 18, 19 ajoutent: et à envahir.
P.55, l. 29: laia.—Mss. A 8, 9: laissa.—Le ms. A 29 ajoute: ne eslonga.—Le ms. B 6 ajoute: Et tant fist le dit messire Jehan Candos qu’il eult le grace et le renommée de tous les Englès que par luy estoit faite et fist la besoingne de Poitiers. Fo557.
P.56, l. 3: espars.—Ms. B 3: espanduz.
P.56, l. 6: ralloiier.—Mss. A 8, 9: rejoindre.
P.56, l. 10: ralloiier.—Mss. A 8, 9: recueillir.
P.56, l. 12 et 13: cil.... cambre.—Ms. A 29: pour donner vins et espices au prince et aux autres.
P.56, l. 17: s’ensonnioient.—Mss. A 8, 9: s’embesoingnoient. Fo174.—Mss. A 23 à 29: s’occupoient. Fo212 vo.—Mss. A 18, 19: s’embesoient.
P.56, l. 29: montèrent.—Le ms. A 29 ajoute: hault.
P.57, l. 1: venoient.—Ms. A 29 ajoute: tout le pas.
P.57, l. 2: France.—Le ms. A 29 ajoute: entour ses ennemis.
P.57, l. 3: Englès et Gascon.—Ms. A 29: un nombre d’Englès et de Gascons.
P.57, l. 8: eskiewer.—Mss. A 8, 9: eschever.
P.57, l. 10: et mon fil avoecques mi.—Mss. A 8, 9: et mon filz aussi.
P.57, l. 11: grans.—Le ms. A 29 ajoute: signeur.
P.57, l. 14: soela.—Mss. A 1 à 22, 30 à 33: saoula. Fo197 vo.—Mss. A 23 à 29: apaisa. Fo212 vo.—Ms. B 3: apaisarent. Fo195.
P.57, l. 15: rihote.—Mss. A 8, 9: riote.
P.57, l. 20: qu’es çou.—Mss. A 8, 9: qu’est ce là.
P.57, l. 27: sus.—Ms. B 3: à peine de.
P.57, l. 27 et 28: que.... l’approçast.—Ms. A 29: que tout homme ostast sa main de dessus lui et ne l’atouchast ni aprochast.
P.57, l. 30: ensus.—Mss. A 8, 9: arrière.
P.58, l. 2: dangier.—Le ms. A 29 ajoute: Puis le conduisirent tout en paix devers le prince de Galles qui attendoit à oïr brief certainnes nouvelles de luy.
§394. P.58, l. 6: Si tretost.—Ms. d’Amiens: Lors en fu menés li roys et messires Phelippes, ses mainnés filz, devers le prinche qui n’estoit mies loing de là. Quant li prinches vit le roy de France, si descendi tantost à terre de son cheval et l’onnoura moult, et ne le volt oncques depuis laissier pour les perilz et lez aventurez; car li roys li recorda en quel peril il avoit estet, depuis qu’il s’estoit rendus. Encorres duroit li cache des Englès et des Gascons: si furent ochis en ces caches messires Guillaummes de Niielle, bons chevaliers durement, et messires Guillaummes de Montagu, d’Auviergne, et pluisseur aultre, et tamaint bon chevalier et escuier, pris, qui ne daignièrent fuir. Fo107.
P.58, l. 10: riens.—Mss. A 23 à 29: nulles nouvelles. Fo213.
P.58, l. 14: sui je.—Les mss. A 8, 9 ajoutent: moult.
P.58, l. 17 à 21: jusques.... veoir.—Mss. A 8, 9: cy; et y envoia deux chevaliers, pour faire ce message.
P.58, l. 27: rechut.—Le ms. A 29 ajoute: moult.
P.58, l. 31 et p. 59, l. 1: par certainne sieute.—Ms. B 3: par verité. Fo195 vo.
P.59, l. 1: sieute.—Mss. A 1 à 6, 8 à 33: science. Fo198.
P.59, l. 1: preu.—Le ms. A 29 ajoute: de nostre partie.
P.59, l. 8: tout li nostre.—Mss. A 8, 9: tous les autres.
P.59, l. 11: sivir.—Mss. A 15 à 19: suir. Fo191.
P.59, l. 15: laist.—Mss. A 8, 9: doint.
P.59, l. 19: gramment.—Mss. A 8, 9: guerres.
P.59, l. 25 et 26: et conjoy bellement.—Mss. A 8, 9: comme roy, bien.
P.59, l. 26: sceut.—Mss. A 8, 9: savoit.
P.59, l. 27 et 28: il meismement.—Mss. B 3, A 23 à 29: lui mesmes. Fo195 vo.—Mss. A 1 à 6, 30 à 33: il mesmes. Fo198.—Mss. A 8 à 19: il meismes. Fo174 vo.—Mss. A 20 à 22: lui meismes. Fo275 vo.
§395. P.59, l. 29: Ensi.—Ms. d’Amiens: Ceste grant bataille fu desconfite, enssi comme vous avés oy, qui fu ès camps de Maupetruis, à deux lieuwes de Poitiers, l’an de grasce Nostre Seigneur mil trois cens et cinquante six, le vingtième jour dou mois de septembre, par un lundi; et coummencha à heure de primme, et fu toutte passée à basse nonne.
Environ heure de vespres, Englès et Gascon furent tout repairiet ou dit lieu de leur cache. Et ot chacuns amennet ses prisons, li un deux, li autre trois, li autre quatre. Si se retraist chacuns à se loge, tout joindant où li bataille avoit estet. Si se desarmèrent et fisent desarmer leurs prisounniers, et les honnourèrent tant qu’il peurent, chacuns les siens; car chils qui prendoit prison en bataille de leur partie, li prissons estoit siens, et le pooit quitter ou ranchounner à se vollenté. Si puet chacuns savoir et pensser que tout chil qui furent en ceste fortuneuse bataille avoec le prinche de Galles, furent riche d’ounneur et d’avoir, tant parmy les ranchons des prisons comme parmy le gaaing d’or et d’argent qui là fu trouvés, qu’en vaissellemence, qu’en riche jouiaux, qu’en deniers, mounnoies, que en chevaux, en tentes, en harnas d’armes et en pluisseurs autres coses qui trop long seroient à deviser. Fo107.
P.60, l. 1: Maupetruis.—Mss. A 7 à 9: Maupertuis. Fo185 vo.
P.60, l. 2: le vint unième.—Mss. A: le vingt deuxième.A 2, fo198.—Ms. B 6: le vingtième. Fo559.
P.60, l. 2: le.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: bonne. Fo191 vo.
P.60, l. 3 et 4: mil trois cens cinquante six.—Mss. A 23 à 33: mil trois cens cinquante sept. Fo213 vo.
P.60, l. 4 et 5: environ heure de prime.—Mss. B 3, A 1 à 22, 30 à 33: environ petite prime. Fo195 vo.—Mss. A 23 à 29: à petite prime ou environ. Fo213 vo.
P.60, l. 7: cace.—Le ms. B 6 ajoute: qui dura jusques ens ès portes de Poitiers et jusques au Chastieleraut. Fo560.
P.60, l. 10: tout bas vespres.—Mss. A 8, 9: toutes basses vespres.
P.60, l. 16 à 27: Avoecques.... fisent.—Ms. B 6: Finablement, la journée demoura au prinche de Galles. Et fu le roy pris et son filz et quatorze contes de Franche avecque luy, telz que messire Jaques de Bourbon, conte de Pontieu, le conte d’Estampes, le conte de Vendome et de Genville, le conte de Montventadour, le conte de Sallebruce, le conte de Nide, le conte Jehan de Nasço, le conte de Sansoire, le conte de Danmartin, le conte d’Eu, le conte de Longheville et tant que il en y eult quatorze et plus, de barons et chevaliers sans nombre. Il n’i avoit Englès que il n’eust trois ou quatre prisonniers.
Là furent mors toute la fleur de chevallerie de Franche pour che jour, le duc Pière de Bourbon, le duc d’Athènes, messire Robert de Duras, messire Guichart de Bieaugeu, le sire de Castielvillain, le sire de Pons, messire Joffroy de Cargni, le sire d’Englure, messire Guillaume de Nelle, messire Guillaume de Montagu, messire Jehan de Clermont, messire Jehan de Landas, messire Ustasse de Ribeumont et jusques à trente trois banières; et eut sept à huit cens, que chevaliers, que escuiers, tout homme de pris. Fos557 et 558.
P.60, l. 19 et 20: et y eut.... qu’autres.—Ms. B 3: et y furent tuhez onze mil et sept cens hommes, qu’uns qu’autres. Fo195 vo.—Mss. A 1 à 6, 11 à 14: entre six cens et sept cens et six mil hommes, que uns que autres. Fo198 vo.—Mss. A 8, 9: entre cinq cens et sept cens hommes d’armes et six mil hommes, que uns que autres. Fo175.—Mss. A 15 à 17: entre cinq cens et sept cens chevaliers et cinq ou six mil hommes, que uns que autres. Fo191 vo.—Mss. A 18, 19: entre six mil et six cens et sept cens hommes, que uns que autres. Fo204 vo.—Mss. A 20 à 22: entre huit mil et sept cens hommes, que unsque autres. Fo276.—Mss. A 23 à 29: entre cinq mil et sept cens et six mil hommes, ungz et aultres. Fo213 vo.—Mss. A 30 à 33: entre cinq mil et six mil hommes, ungz et aultres. Fo215 vo.
P.60, l. 21: tout ou en partie repairiet.—Mss. A 8, 9: tous en partie retournez.
P.60, l. 24: qu’il ne fuissent.—Mss. A 8, 9: qu’ilz n’estoient.
P.60, l. 30: recreus.—Mss. A 8, 9: receus.
P.60, l. 32: leurs.—Mss. A 8, 9: les.
P.61, l. 2: joindant.—Mss. A 8, 9: joignant.
P.61, l. 6 à 8: car.... volenté.—Ms. B 3: car ceulx qui povoient prendre prisonniers en bataille estoient siens, et les povoient quitter ou rençonner à leur volenté.—Mss. A 1 à 6, 11 à 22: car ceulx qui prennoient prisonniers en la bataille estoient leurs, et les povoient quitter et raençonner à leur voulenté.
P.61, l. 9: poet.—Mss. A 8, 9: povoit,.
P.61, l. 10: fortuneuse.—Mss. B 3, A 8, 9, 15 à 17: fortunée.
P.61, l. 12: prisons.—Mss. A 8, 9: prisonniers.
P.61, l. 15: pesans.—Le ms. A 29 ajoute: d’or et d’argent et de bons manteaux d’escarlatte et d’autres fins draps, ceintures riches et pesantes, verges d’or et chapeaux de perles.
P.61, l. 16 et 17: bachinès.—Mss. A 23 à 29: heaumes. Fo214.
P.61, l. 18: estoffeement.—Ms. B 3: sumptueusement. Fo196.
P.61, l. 20: yaus.—Les mss. A 15 à 17 ajoutent: mais il en fut tout autrement. Fo191 vo.
§396. P.61, l. 24: Quant.—Ms. d’Amiens: Si vinrent très bien à point as Englès et Gascons les pourveanches que li Franchois avoient là amennées, car les leurs lor estoient fallies. Et n’avoient li Gascon et li Englès goustet de pain, troix jours avoit passet. Pour tant avoient il offert les offrez dessus dittez, car il doubtoient plus que li roys Jehans ne les affammaist, qu’il ne doubtaissent le bataille, car il n’est si dure espée que de fain. Fo107.
P.61, l. 24: James.—Mss. B 3, A 20 à 22: Jaques. Fo196.
P.61, l. 25: le.—Mss. A 8, 9: sa.
P.61, l. 29: Estievene.—Mss. A 8, 9: Estienne.
P.62, l. 2: linage.—Ms. B 3: lignée.
P.62, l. 5: moult.—Mss. A 8, 9: durement.
P.62, l. 15: hardement.—Ms. B 3: hardiesse.—Mss. A 23 à 29: hardiesse et vaillance. Fo214.
P.62, l. 18: me.—Mss. A 8, 9: mon.
P.62, l. 20: messires.—Mss. A 8, 9: monseigneur.
P.62, l. 21: le mes a.—Mss. A 8, 9: les m’a.
P.62, l. 22: aherite.—Mss. A 8, 9: herite.
P.62, l. 25 et 26: il vient.... vaillance.—Ms. B 3: il vient de noble courage et de grant vaillance à messire Jaques de faire ce don.—Mss. A 1 à 6, 20 à 22: il vient à messire James de vaillance de faire tel don. Fo199.—Mss. A 8, 9, 11 à 17, 30 à 33: il vient à monseigneur James de grant vaillance de faire tel don. Fo175 vo.—Mss. A 23 à 29: il vient à messire James à ce don faire de grant vaillance. Fo214 vo.