Chapter 24

Mais Bertran du Guesclin se fu ès bois boutez,A tamps n’y pot venir qui n’i pot estre entrez.[56]Le bourg, la cité et le château d’Évreux avaient été conquis par le roi Jean au commencement de juin 1356. Voy. t. IV de cette édition, Sommaire, p.LXVIII, note 246.[57]Nous ignorons si ce fut la ruse de guerre, prêtée par Froissart à Guillaume de Gauville, qui remit les Navarrais en possession du château d’Évreux, mais la date que notre chroniqueur assigne à cet événement est certainement fausse. En février 1358 (n. st.), Évreux appartenait encore au régent, qui délivrait des lettres de rémission à Guillaume de la Goderie, demeurant à Évreux, dont le valet avait acheté pour les garnisons anglaises des forteresses voisines de cette ville «anneaux et chapeaux de bièvre et les plumes....» JJ89, no83.—On lit, d’un autre côté, dans lesGrandes Chroniques(t. VI, p. 108), qu’au mois de mai 1358 Jean de Meudon,châtelain d’Évreux pour le roi de France, mit le feu à la ville d’Évreux, ce dont le roi de Navarre fut très-irrité. Le château d’Évreux avait été livré par trahison aux Navarrais avant le mois de septembre 1358, date de deux donations faites par le régent à Guillaume de Tronchevillier, chevalier, et Robinet Boulart, écuyer, des biens confisqués de Pierre du Bosc-Renoult et de Guillaume Houvet, écuyers, complicesde la trahison du chastel d’Evreux à nos ennemis en ceste presente année(JJ87, nos78 et 79). Froissart raconte que Guillaume de Gauville, pour apprivoiser encore plus sûrement le châtelain, lui parla d’une descente en Angleterre que devaient faire les Danois alliés de la France. Il y eut en effet, en 1358 et 1359, des négociations actives avec Valdemar III, roi de Danemark, qui aboutirent à un projet de descente des Danois en Angleterre pour la délivrance du roi Jean, dont le texte a été publié par M. Germain (Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, t. IV, p. 409 à 434). Voy. aussi le rapport de M. Delisle,Revue des Sociétés savantes, année 1866, 4esérie, iv, 33.[58]Le travail du baron de Zurlauben sur ce chef de compagnies (Hist. de l’Académie des Inscriptions, t. XXV, p. 153 à 168) n’est qu’un essai fort incomplet. Le savant baron répète, après Baluze, qu’Arnaud apparaît pour la première fois dans l’histoire à la bataille de Poitiers, tandis que nous avons plusieurs actes, antérieurs à cette date, qui le mentionnent: le premier, de février 1354 (n. st.), où le roi Jean assigne 200 livres de rente à Arnaud de Cervole, écuyer, en récompense de la part qu’il a prise au recouvrement des châteaux de Montravel, de Sainte-Foy près Bergerac (auj. Sainte-Foy-des-Vignes, hameau de Gineste, Dordogne, arr. Bergerac, c. Laforce), du Fleix (Dordogne, arr. Bergerac, c. Laforce), de Guitres (Gironde, arr. Libourne), et donne en outre au dit écuyer son château de Châteauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac), JJ82, no93;—l’autre, du 27 août de la même année, où le roi de France accorde des lettres de rémission à Arnaud de Cervole, écuyer, qui, avec l’aide de Pierre de Cervole, chevalier, et de neuf autres complices, avait occupé après l’assassinat du connétable Charles d’Espagne les châteaux de Cognac, de Jarnac et de Merpins en Saintonge et avait fait mettre à mort vingt-sept de ses soudoyers en garnison dans lesdits châteaux, qui avaient volé blés, vins et draps aux habitants de Saint-Laurent (Saint-Laurent-de-Cognac, Charente, arr. et c. Cognac). JJ82, no613.[59]Au moyen âge, il arriva parfois qu’un archiprêtré fut inféodé, au temporel, à un laïque. Dom Vaissete dit (Hist. du Languedoc, t. IV, p. 292) qu’Arnaud possédait l’archiprêtré deVezzins; mais où était situé cet archiprêtré? C’est ce que personne n’a encore établi jusqu’à ce jour. On lit dans Rymer (vol. III, p. 350) que les rois de France et d’Angleterre, en concluant à Bordeaux la trêve du 23 mars 1357, établirent l’un des quatre gardiens de cette trêve dans la vicomté de Limoges et en Berry, pour la partie du roi de France, «Mgr Arnaud de Servole,archiprestre deVelines.» Vélines (Dordogne, arr. Bergerac) donnait en effet jadis son nom à l’un des archiprêtrés du diocèse de Périgueux. Voy. leDictionnaire topographique de la Dordogne, par le vicomte de Gourgues, Paris, 1873, in-4o, p. 335.[60]On lit dans la seconde vie d’Innocent VI: «Mense julio (1357) miles quidam gasco, dictus Archipresbyter, collecta societate, intravit Provinciam, et plurima damna fecit et strages; propter quæ, tota curia romana stupefacta, papa, data pecunia, pro qua se Provinciales obligaverunt, ipsum abire fecit, et transitum per Avinionem concessit. Sed interim papa stipendiarios multos tenuit, civitatemque muris et portis ac fossatis munivit; ad quæ omnes clerici in curia romana degentes contribuere cogebantur.» (Bal.,Vitæ pap. Aven., t. I, p. 350). On sait que les fortifications dont il est question dans ces dernières lignes subsistent encore. Cf. Léon Ménard,Hist. de Nismes, t. II, p. 182, etPreuves, p. 201.[61]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 215 et 216. Froissart reproduit ici à peu près littéralement le texte du chanoine de Liége. Le roi de Navarre, détenu au château d’Arleux, recouvra la liberté le mercredi 8 novembre 1357, grâce aux menées de Robert le Coq, qui avait fait demander à plusieurs reprises sa délivrance par les États, et à la complicité de Jean de Picquigny, gouverneur d’Artois, qui l’arracha par surprise de sa prison. La mise en liberté de Charles le Mauvais est certainement la faute la plus grave, nous dirions presque le plus grand crime qu’on puisse reprocher à Robert le Coq et à Étienne Marcel; car c’est le roi de Navarre qui, à peine délivré, fit occuper entre le 13 et le 25 décembre 1357, les environs de Paris par les compagnies anglo-navarraises cantonnées jusque-là sur les confins de la Bretagne et de la Normandie (Gr. Chron., t. VI, p. 71 à 73). Ces brigands étaient si bien aux ordres du roi de Navarre qu’on s’adressait à ce dernier plutôt qu’au dauphin pour obtenir des sauf-conduits, quand on voulait voyager de Paris à un point quelconque du royaume. Nous avons un de ces sauf-conduits accordé à deux chevaliers et daté de Paris le 12 mars 1358 (n. st.).Ibid., p. 96 et 97.[62]Le 25 décembre 1358, Griffith ouGriffonde Galles quitta Montebourg en basse Normandie, où il avait longtemps tenu garnison, et vint occuper la forteresse de Becoiseau en Brie (auj. château de Mortcerf, Seine-et-Marne, arr. Coulommiers, c. Rozoy-en-Brie). JJ90, no57.[63]St-Arnoult-en-Yveline, Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, c. Dourdan.[64]Eure-et-Loir, arr. Chartres, c. Maintenon.[65]Eure-et-Loir, arr. Châteaudun. Bonneval et le pays chartrain furent ravagés dès le mois de janvier 1357 par Philippe de Navarre qui fit une chevauchée de ce côté à la tête de huit cents hommes.Gr. Chron., t. VI, p. 52.[66]Cloyes-sur-le-Loir, Eure-et-Loir, arr. Châteaudun.[67]Les ennemis d’entre Paris et Chartres s’emparèrent d’Étampes, le mardi 16 janvier 1358, le jour même où se célébrait à Paris le mariage de Louis, comte d’Étampes, avec Jeanne d’Eu, veuve de Gautier duc d’Athènes tué à Poitiers, sœur du connétable Raoul d’Eu décapité à l’hôtel de Nesle (Gr. Chron., t. VI, p. 81). Dans les premiers mois de 1360, le comte d’Étampes emprunta 1000 moutons d’or à Guillaume Marcel, changeur à Paris, «pour la raençon du pais d’Estampes à paier aux Anglois», à raison de 400 moutons d’intérêt pour six semaines; il donna en gage son chapeau d’or du prix de 200 moutons. JJ91, no399.[68]Auj. Arpajon, Seine-et-Oise, arr. Corbeil. Le lundi 12 mars 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 95), la ville de Châtres (Arpajon) fut occupée et pillée par la garnison anglo-navarraise d’Épernon dont l’Anglais James Pipes était capitaine. James Pipes prenait le titre de lieutenant du roi de Navarre (Ibid., p. 108 et 109).[69]Seine-et-Oise, arr. Corbeil, c. Arpajon. C’est à Montlhéry que les Anglo-navarrais de la garnison d’Épernon emmenèrent les prisonniers faits le lundi 12 mars 1358 au sac de Châtres (Arpajon).Gr. Chron., t. VI, p. 95.[70]Seine-et-Marne, arr. Fontainebleau, c. la Chapelle-la-Reine.[71]Seine-et-Oise, arr. Étampes.[72]Seine-et-Marne, arr. Fontainebleau. Ce fut le 15 avril 1358 que les ennemis, qui étaient à Épernon, prirent et pillèrent Château-Landon. JJ90, nos272, 421 et 422.[73]Louis de Beaumont était capitaine pour le roi de France de la ville de Montargis en août 1358. JJ86, no238.[74]Yèvre-le-Châtel, Loiret, arr. et c. Pithiviers.[75]Robert de Knolles ou Knolles avait fait ses premières armes en Bretagne dans la guerre de Montfort contre Charles de Blois. Dès avant le 10 juillet 1355, le roi d’Angleterre avait donné à ce partisan le château du Fougeray (le Grand-Fougeray, Ille-et-Vilaine, arr. Redon). Voy. Rymer, vol. III, p. 307, 312, 480, 485.—Jean le Bel dit (t. II, p. 216), qu’il était de basse extraction, Allemand d’origine et «parmentier de draps» avant de se faire brigand et soudoyer à pied; il fut promu chevalier au sac d’Auxerre le dimanche 10 mars 1359.CHAPITRE LXXX.[76]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.XCIXàCII, p. 216 à 229.[77]Quoi qu’en dise Froissart, qui reproduit ici littéralement le texte de Jean le Bel, l’homme qui gouvernait alors la France n’était pas Marcel, mais bien Robert le Coq, évêque de Laon, l’âme damnée de Charles le Mauvais, dont ce prélat avait fait réclamer la délivrance par les États généraux, dès leur première session, en octobre 1356. Exilé dans son évêché par le dauphin qu’il trahissait, vers le 15 août 1357 (Gr. Chron., t. VI, p. 60), l’évêque de Laon était parvenu à rentrer en grâce dans les premiers jours d’octobre, et il fit réunir de nouveau à Paris les États le mardi 7 novembre (Ibid., p. 61 et 62). Le lendemain, le roi de Navarre était arraché par surprise de sa prison d’Arleux; et bientôt l’on forçait le dauphin à délivrer à l’ennemi mortel de son père et du royaume un sauf-conduit pour venir à Paris. L’âme de toute cette intrigue avait été Robert le Coq, qui avait pris pour instruments Jean de Picquigny et Étienne Marcel. Les Grandes Chroniques de France, écrites pour cette époque sous l’inspiration de Charles V, le disent expressément: «Et lors au conseil du dit monseigneur le duc estoitprincipal et souverain maistrele dit evesque de Laon, qui les choses dessus dites avoit toutes preparées et faites...» Cf.Ibid., p. 66. Vers la Chandeleur (2 février) 1358, Robert le Coq avait essayé de profiter de sa haute position dans les conseils du dauphin, au moment même où il trahissait le plus ce jeune prince au profit du roi de Navarre, pour obtenir le chapeau de cardinal; et le duc de Normandie avait député à Avignon un clerc nommé Jean d’Aubeviller, dit Toussaint, né à Montdidier, compatriote et l’un des serviteurs de l’évêque de Laon, pour négocier cette affaire auprès de la cour pontificale. JJ90, no17.[78]Le prévôt des marchands fit prendre à ses partisans des chaperons mi-partis de rouge et depers(bleu), qui étaient les couleurs de la commune de Paris, dans la première semaine de janvier 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 73). A l’instigation de Robert le Coq, originaire de Montdidier, et de Jean de Picquigny, les bourgeois d’Amiens, de Laon et de quelques autres villes, qui prirent parti pour les Parisiens, endossèrent aussi des chaperons à ces couleurs. La livrée du roi de Navarre était de drap vert etcamelin(couleur de chameau, gris-roux); celle du prévôt, de drap vermeil et azur. JJ86, no266, fo89.[79]Robert de Clermont et le Baudrain de la Heuse, tous les deux maréchaux de Normandie, avaient livré en novembre 1356 le combat où périt Godefroi de Harcourt. Robert avait été nommé gardien des trêves en Normandie le 23 mars 1357 (Rymer, vol. III, p. 349, 350). Le 20 août 1357, le dauphin établit Robert de Clermont son capitaine ès bailliages de Caen et de Cotentin; le 11 septembre suivant, Robert était au Pont-Audemer avec le Baudrain de la Heuse (la Roque,Hist. de la maison de Harcourt, t. IV, p. 1882), et il prit part au siége de Honfleur sous le gouvernement de Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault (Anselme, t. VI, p. 54 et 55). Le 24 janvier 1358, Robert de Clermont avait arraché de l’église Saint-Merry, où il s’était réfugié, Perrin Marc, meurtrier de Jean Baillet trésorier du duc de Normandie (Gr. Chron., t. VI, p. 82).—Jean de Conflans, maréchal de Champagne, avait quitté le parti des États généraux après avoir été un de leurs commissaires élus. Depuis le mois de septembre 1357 jusqu’au 22 février 1358, jour où il fut massacré, Jean de Conflans figure parmi les principaux conseillers du dauphin (JJ86, no42; JJ87, nos34, 35).[80]La substitution de Regnault d’Acy à Simon de Bucy est une heureuse correction apportée au texte primitif par les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22, qui contiennent l’interpolation relative au rôle de Pépin des Essarts dans la révolution du 31 juillet 1358 (cf. p. 97, 314). Regnault d’Acy, qui avait passé le détroit avec maître Étienne de Paris et Jean de Champeaux à la fin d’août 1357 (Rymer, vol. III, p. 368), était sans doute un de ceux qui rapportèrent d’Angleterre, le 27 janvier 1358, les bases d’un traité de paix projeté entre Jean et Édouard.[81]Arleux ou Arleux-du-Nord, Nord, arr. Douai. Froissart a reproduit une erreur de Jean le Bel (Chron., t. II, p. 217) en plaçant la délivrance du roi de Navarre après l’assassinat des maréchaux. Le roi de Navarre sortit de sa prison d’Arleux dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 novembre 1357 (Gr. Chron., t. VI, p. 63; JJ86, no331; JJ89, no289), tandis que Regnault d’Acy et les maréchaux de Champagne et de Normandie furent massacrés trois mois plus tard, le jeudi 22 février 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 86 à 88; JJ86, no203).[82]Le roi de Navarre avait eu soin de se préparer un auditoire favorable en arrachant à la faiblesse du dauphin, le 9 et le 15 décembre 1357, la mise en liberté de tous les criminels détenus tant au Châtelet que dans les autres prisons de Paris, y compris celles de l’abbé de Saint-Germain des Prés. JJ89, nos254 et 288; Secousse,Preuves, p. 64, 65, 68 à 70.[83]Froissart s’est trompé (p. 99) en plaçant la Jacquerie peu après la délivrance du roi de Navarre, qui, comme nous venons de le voir, sortit de prison dans la nuit du 8 au 9 novembre 1357, tandis que la Jacquerie éclata six mois plus tard, le lundi après la Pentecôte, 21 mai 1358, selon les Grandes Chroniques de France et la Chronique de Jean le Bel (t. II, p. 219 à 223); Froissart a emprunté à ce dernier chroniqueur presque tout ce qu’il dit de la Jacquerie. V. notreHistoire de la Jacquerie, Paris, 1859, 1 vol. in-8.[84]Guillaume Cale, roi des Jacques, n’était pas de Clermont, mais de Mello (Oise, arr. Senlis, c. Creil).[85]Cet engagement, qui est décrit fort au long dans une chronique que nous avons publiée (Chronique des quatre premiers Valois, Paris, 1862, in-8, p. 73 à 75), se livra dès la fin de mai si, comme l’affirme la chronique déjà citée (p. 76), et celle de Jean de Venette (éd. de Geraud, t. II, p. 265 et 267), il est antérieur à l’attaque de Senlis par les nobles qui eut lieu «le jour de la beneisçon derrain passée» (dimanche, fête de la Trinité, 27 mai 1358). JJ86, no421.[86]Le dauphin, qui prit le titre de régent le mercredi 14 mars 1358, quitta Paris deux mois avant le commencement de la Jacquerie; le dernier acte daté de cette ville que nous connaissions, est du 21 mars (JJ86, no8). Le 25 (Gr. Chron., t. VI, p. 99) et le 28 mars (JJ86, no58), il était à Senlis.[87]Il est probable, quoique les chroniqueurs du temps n’en aient rien dit, que le régent et le roi de Navarre eurent ensemble un rendez-vous en vue d’une entente commune pour combattre les Jacques, car nous avons découvert trois actes émanés du régent en personne et datés deClermont en Beauvaisis, en mai1358 (JJ86, nos44, 528 et 529).[88]V. sur ces travaux de fortification ce que dit Jean de Venette, éd. de Geraud, t. II, p. 257, 258.[89]L’attaque du Marché de Meaux eut lieu le samedi 9 juin (JJ86, nos211, 274;Gr. Chron., t. VI, p. 113 à 115), le jour même où le régent, qui avait quitté Meaux au commencement de ce mois, arriva a Sens (Gr. Chron., t. VI, p. 112; JJ86, nos264, 463), après avoir passé le 7 à Montereau-Faut-Yonne (JJ86, no128). Les Parisiens étaient commandés par Pierre Gilles, épicier à Paris en la grande rue Saint-Denis, mais originaire de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault, arr. Montpellier, c. Aniane): «un trahidor que avia nom Peyre Gili, de San Guilhem del Desert, que era de la part del dich rey de Navarra, devia aver los bens dels marchans de Montpellier e dels autres de Lengua d’Oc».Le petit thalamus de Montpellier, 1840, in-4o, p. 353.[90]Gaston, III du nom, comte de Foix, vicomte de Béarn, surnomméPhœbus, succéda à Gaston II, son père, en 1343, et mourut en octobre 1391. Anselme, t. III, p. 349.[91]Jean de Grailly, III du nom, captal de Buch, fils de Jean de Grailly, II du nom, et de Blanche de Foix, cousin germain, par sa mère, de Gaston Phœbus (Anselme, t. III, p. 370). Le comte de Foix et le captal étaient tous les deux attachés au parti de l’Angleterre (Rymer, vol. III, p. 278, 305). Le captal s’était distingué à Poitiers; mais la trêve conclue à Bordeaux le 23 mars 1357, avait fait aux partisans ou alliés de l’Angleterre des loisirs que le comte et le captal employaient, selon la mode du temps, à guerroyer contre les païens de la Prusse.[92]Le régent, après avoir séjourné à Sens du samedi 9 au vendredi 15 juin, quitta cette ville dans la journée du 15 pour aller à Provins, d’où il se rendit à Château-Thierry, à la Ferté-Milon, à Gandelu (Aisne, arr. Château-Thierry, c. Neuilly-Saint-Front) et aux environs de Meaux, pour faire la chasse aux Jacques et les anéantir (JJ86, no146;Gr. Chron., t. VI, p. 117, 119). Il était en marche pour venir assiéger Paris et datait un acteen nostre ost de Chelles(Seine-et-Marne, arr. Meaux, c. Lagny) le 23 juin (JJ86, nos139, 140;Gr. Chron., t. VI, p. 119); il arriva au pont de Charenton le jeudi 28 juin (JJ90, no436), et son armée, forte de trente mille chevaux, était campée le lendemain 29 entre ce pont et le bois de Vincennes (Gr. Chron., p. 119;Mém. de la Sorbonne, 1869, p. 237).[93]Le roi de Navarre vint à Paris et fut élu capitaine de cette ville le vendredi 15 juin (Gr. Chron., t. VI, p. 115 et 116).[94]Le roi de Navarre, qui était parti de Paris le vendredi 22 juin pour faire une tentative contre Senlis (Gr. Chron., p. 118; JJ86, no460), s’établit à Saint-Denis au retour de cette expédition dans les derniers jours de juin (Gr. Chron., p. 119, 120).[95]Par l’entremise de la reine Jeanne d’Évreux, veuve de Charles IV, dit le Bel, roi de France et de Navarre, dont elle avait été la troisième femme et tante de Charles le Mauvais, des conférences se tinrent pour la paix, l’une le dimanche 8 juillet, près de Saint-Antoine; l’autre fut entamée le samedi 14 du même mois et terminée par un accord le jeudi 19, sur un pont de bateaux que le régent avait fait construire entre les Carrières près Charenton où il était logé et Vitry (Gr. Chron., t. VI, p. 120 à 127;Mém. de la Sorbonne, 1869, p. 237 à 239). Marcel, à qui cet accord enlevait sa dernière espérance, adressa alors aux communes de Picardie et de Flandre la fameuse lettre en date du 11 juillet, que M. Kervyn de Lettenhove a publiée le premier d’après l’original conservé aux Archives d’Ypres. Voy. l’édition des Chroniques de Froissart publiée sous les auspices de l’Académie de Belgique, t. VI, p. 466 à 472.[96]Cette rixe eut lieu le samedi 21 juillet. Voy.Gr. Chron., t. VI, p. 128 et 129.[97]Marcel fit mettre en liberté ces prisonniers le vendredi 27 juillet, et cette mesure acheva de le ruiner dans l’esprit des Parisiens.Ibid., p. 131.[98]Cette expédition se fit dans l’après-midi du dimanche 22 juillet, le lendemain du massacre des gens d’armes anglo-navarrais; le roi de Navarre y prit part bien à contre-cœur: il conduisait avec Marcel la colonne qui sortit par la porte Saint-Denis, et fit semblant d’opérer du côté de Montmartre.[99]«Par un raffinement de perfidie, dit M. Perrens (Étienne Marcel, 1860, p. 299), on affectait de nommer ces mercenaires Anglais.»—Et plus loin (p. 300): «L’idée vint aux ennemis du prévôt d’appeler Anglais des hommes d’armes qui ne l’étaient pas.» Cette assertion est démentie, non-seulement par les chroniques contemporaines, mais encore ce qui est plus grave, par plusieurs actes du temps. Il est certain que des gens d’armes, Anglais de nation, comme leurs noms l’attestent, tenaient garnison à Creil et à Saint-Cloud dès le mois de juillet 1358. Par acte donné à Paris le 1erseptembre 1358, Charles régent accorda des lettres de rémission à Jean de Lens, chirurgien clerc, qui, ayant tué à Saint-Denis un soudoyer navarrais nommé Jacquemin Vincent, aurait été mis à mort si un écuyer anglais de la garnison de Saint-Cloud, nommé Charues Sefelc, que Jean de Lens avait en cure, n’avait demandé au roi de Navarre le dit chirurgien pour en faire sa volonté, et ne l’avait emmené avec lui à Saint-Cloud, «et là trouva nostre amé et feal chevalier et mareschal Rigaut de Fontaines, qui prison estoit d’un des Anglois qui au dit lieu estoient en garnison, et lequel encharga secretement au dit cirurgien à venir par devers nous pour nous venir dire certaines nouvelles du couvine de noz ennemiz, lequel y vint et nous trouva à Meaulz, où nous estions....» JJ86, no389.—Vers le 13 juillet 1358, Guillaume Chipay, Henry Houst et Jean Travers, tous Anglais de la garnison de Creil, occupèrent Poissy et prirent d’assaut la forteresse d’Argenteuil. JJ90, no351.[100]La seconde rédaction, représentée par le manuscrit d’Amiens (p. 334), ne nomme que Jean Maillart, qui est aussi seul cité par Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 229). Les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22 (p. 337, 338) substituent Pepin des Essarts et Jean de Charny comme chefs du parti du régent à Jean et à Simon Maillart, tout en faisant jouer un rôle très-notable à Jean Maillart dans le mouvement populaire qui amena la chute et la mort de Marcel. Dans un mémoire lu le 28 avril 1778, en séance publique de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Dacier s’était efforcé de prouver que la gloire de la révolution du 31 juillet 1358 est due, non à Jean Maillart, mais aux deux chevaliers Pepin des Essarts et Jean de Charny (Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. XLIII, p. 563). M. Lacabane entreprit, en 1840, de réfuter Dacier (Bibl. de l’École des Chartes, t. I, p. 79 à 98). La conclusion de son très-savant travail est qu’à Jean Maillart et au peuple de Paris revient la principale part dans la révolution du 31 juillet 1358, et que Pepin des Essarts n’y a joué qu’un rôle secondaire (p. 97). M. Lacabane a tout à fait raison contre Dacier en ce qui concerne Jean de Charny; mais nous croyons que Pepin des Essarts, comme chef du parti jusque-là plus ou moins occulte du régent, et Jean Maillart, en se ralliant à ce parti avec éclat et en y entraînant ses amis après avoir été l’un des principaux adhérents de Marcel, jouèrent l’un et l’autre un rôle bien distinct, mais également marquant, également actif dans la révolution du 31 juillet 1358. Sur cette question, aucun témoignage ne saurait égaler l’autorité des Grandes Chroniques de France écrites sous l’inspiration de Charles V lui-même; or, les Grandes Chroniques (t. VI, p. 132) reconnaissent l’initiative distincte de Jean Maillart et de Pepin des Essarts, et placent ces deux personnages sur la même ligne. Ainsi fait le régent au lendemain même de la révolution du 31 juillet, lorsqu’il accorde des lettres de rémission en août 1358 à Hennequin le Flamand (JJ76, no196), à Nicolas le Flamand (JJ86, no209), «presentmessire Pepin des Essars, Jehan Maillartet plusieurs autres,» à Pierre de Lagny (JJ86, no206), «pour contemplacion de nos amez et feaulx chevalier et conseilliermessire Pepin des Essars et Jehan Maillart», lorsqu’il avait donné avant le 28 février 1359 (n. st.) les maisons de Robin du Castel sises à Paris «à messire Jehan de la Rivière, àmessire Pepin des Essars, chevaliers,nos chambellans, et à Martin des Essars, escuier de cuisine du roy» (JJ90, no49), lorsqu’il donne en août 1358 tous les biens confisqués de Guillaume Lefèvre à son amé et féal Jacquet des Essars, son huissier d’armes, «pour contemplacion de nostre amé et fealmessire Pepin des Essars, chevalier». JJ86, no197. Que devient en présence de ces textes l’assertion suivante (p. 91) de M. Lacabane: «Si la part que Pepin des Essars prit à cette révolution était aussi grande que le prétend M. Dacier,n’en eût-il pas été récompensé par le régent, et ne trouverions-nous pas encore aujourd’hui dans le Trésor des Chartes ou dans les autres collections du temps quelque pièce émanée de ce prince et qui nous ferait connaître les motifs et la nature même de cette récompense?Or, toutes mes recherches à ce sujet ont été infructueuses, et je puis presque affirmer qu’aucun témoignage de ce genre n’a jamais existéNI POUR LUIni surtout pour le chevalier Jean de Charny....»—Que dire à plus forte raison de ces phrases de M. Kervyn de Lettenhove: «Où retrouver messire Pepin des Essarts, si ce n’est dans Philippe des Essarts? Le prénom de Pepin était-il une abréviation de celui de Philippe? N’y a-t-il ici qu’un sobriquet que sa petite taille aurait expliqué? Froissart parle ailleurs de messire Pepin de Werre. Ne s’appelait-il pas aussi Philippe?»Œuvres de Froissart, Chroniques, Introduction, IIeet IIIeparties (1873), p. 95.[101]Froissart attribue la révolution du 31 juillet àl’inspiration divine(p. 115, 334, 337); le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 131), «à Dieu qui tout voit, qui vouloit la dite ville sauver.» Dans ce dernier ouvrage, dont le témoignage a une importance exceptionnelle, comme aussi dans une lettre confidentielle du régent au comte de Savoie, dont il sera question plus loin, on ne dit ou on ne laisse entendre nulle part que cette révolution eût été concertée à l’avance entre le régent et Jean Maillart et Pepin des Essarts qui s’en firent les chefs. Quelques jours seulement avant le 31 juillet, le duc de Normandie traitait encore Jean Maillart comme un rebelle et confisquait ses biens qu’il donnait au comte de Porcien (JJ86, no151). Si, comme on l’a prétendu, cet acte n’était qu’une fiction, si la révolution qui renversa Marcel avait été concertée entre ses chefs et le régent, n’est-il pas évident que celui-ci aurait dû se tenir le plus près possible du théâtre des événements pour en profiter? Eh bien! le duc de Normandie fit tout le contraire. Dès le vendredi 20 juillet, il leva son camp du pont de Charenton pour aller au Val-la-Comtesse; et le lendemain de la mort de Marcel, c’est-à-dire le mercredi 1eraoût, il n’était pas au pont de Charenton, comme Froissart le dit par erreur, mais à Meaux d’où il a daté plusieurs actes (JJ86, no192; JJ90, no107). Dans la lettre qu’il adressa le vendredi 31 août 1358 à Amé VI, comte de Savoie, son beau-frère (Amé, surnomméle Vert, avait épousé en août 1355 Bonne de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, duchesse de Normandie), dans cette lettre, dis-je, publiée pour la première fois par M. Combes (Mémoires lus à la Sorbonne par divers savants, année 1869, p. 236 à 242), le régent affirme aussi qu’il était à Meaux le jour où s’accomplit la révolution qui renversa Marcel: «Et tantost après la dite delivrance (des gens d’armes anglais mis en prison par les bourgeois de Paris),nous estans toujours à Meaulx, fu traictié entre le dit roy (de Navarre), le dit prevost des marchans et autres traitres que, le mardi au soir dernier jour de juillet dernier passé (31 juillet), icelli roy et les dis Anglois entreroient en la dite ville par nuit.... Et, ces choses faites, le dit peuple et nos bons amis et subgiés de Parisenvoièrent par devers nousa Meaulx». Le régent ne fit son entrée à Paris que le jeudi 2 août (JJ86, no431;Gr. Chron., t. VI., p. 134). V.Bibliothèque de l’École des Chartes, t. XVIII (1856-1857), p. 415 à 426; t. XXI (1859-1860), p. 73 à 92, 241 à 282;Revue critique, nodu 2 août 1873, p. 82 à 87.CHAPITRE LXXXI[102]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 229 à 233, 236 à 243.[103]Marcel avait été tué le mardi 31 juillet. Dès le lendemain mercredi 1eraoût, le roi de Navarre concluait avec les Anglais un traité d’alliance, rapporté par erreur dans Rymer (vol. III, p. 228) au 1eraoût 1351, mais auquel Secousse a restitué le premier avec beaucoup de sagacité sa véritable date (Hist. de Charles le Mauvais, p. 318, note 1). Ce traité, qui était de la part du roi d’Angleterre une violation aussi déloyale que flagrante de la trêve de Bordeaux, reconnaissait les droits d’Édouard III sur le royaume de France en même temps qu’il assurait au roi de Navarre le comté de Champagne et de Brie. Il y avait une réserve relative au duché de Normandie, au comté de Guines et au bailliage d’Amiens; les deux rois devaient décider de la possession de ces provinces à leur première entrevue. Les plénipotentiaires du roi de Navarre qui signèrent ce traité étaient Martin Henriquez, Jean et Robert de Picquigny, Pierre de Saquainville, Jean de Fricamps et Jean Ramirez. Les négociations préparatoires d’un acte aussi important purent-elles avoir lieu sans qu’il en transpirât quelque chose dans Paris, et n’eurent-elles pas une certaine influence sur la révolution du 31 juillet? Quoi qu’il en soit, le contenu du traité du 1eraoût montre le but où le roi de Navarre voulait entraîner la France et permet de juger en parfaite connaissance de cause la politique dont Marcel se faisait l’instrument. Pour prouver que ce traité est bien daté, non du 1eraoût 1351, comme Rymer l’a imprimé par une faute de lecture, mais du 1eraoût 1358, il suffit de citer la phrase suivante: «Et ceuls qui à present tienent places ès parties de Normandie et d’ailleurs, les tendront et garderont jusques à tant que les deux seigneurs aient ordené et acordé,except les pons et places dePoissyet deSaint Clouet de toutes autres forteresces et places qui ont esté prinses et occupéesdepuis que le dit roy de Navarre manda les genz d’Engleterre derreiner a venir devers lui....» Le 1eraoût 1351, le roi de Navarre était dans les bonnes grâces du roi Jean qui lui avait fait épouser sa fille et l’avait institué son lieutenant général dans le Languedoc; de plus, les Anglais n’étaient ni à Poissy ni à Saint-Cloud, tandis qu’ils occupaient au contraire ces forteresses, comme on l’a vu plus haut (p.XXXII, note 2), le 1eraoût 1358.[104]Le château de Melun fut occupé par trois cents hommes d’armes navarrais le samedi 4 août 1358, le lendemain du défi porté par le roi de Navarre au régent; les Navarrais s’emparèrent le lendemain du quartier de la ville situé sur la rive gauche de la Seine, du côté du Gâtinais comprenant les paroisses de Saint-Ambroise et de Saint-Étienne; le quartier situé sur la rive droite, du côté de la Brie, où se trouve la paroisse de Saint-Aspais, resta seul français. JJ86, nos219, 505, 458, 469, 257, 461, 407, 475, 478, 479, 486.[105]Le roi de Navarre était à Mantes le 9 août 1358, jour où il envoya à Paris une lettre close adressée à maître Jean Danet, chanoine de la Sainte-Chapelle (JJ86, no595). Le samedi 11 août, il attaqua l’église fortifiée de Notre-Dame de Pontoise défendue par un bourgeois nommé Pierre Boyvin, capitaine de la garnison (JJ86, no228). Voyez sur l’occupation de Mantes par les Navarrais: JJ87, no346; JJ90, nos224, 432.[106]Seine-et-Oise, arr. Versailles. En octobre 1358, Charles régent accorda des lettres de rémission aux habitants d’Ableiges (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Santeuil (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Sagy (ibid.), deCourtemanche(Courdimanche, Seine-et-Oise, arr. et c. Pontoise), de Puiseux (ibid.), de Villeneuve-Saint-Martin (auj. hameau d’Ableiges), de Courcelles (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Cergy (Seine-et-Oise, arr. et c. Pontoise), de Montgeroult (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), et de Boissy (Boissy-l’Aillerie, arr. et c. Pontoise), en la prévôté de Pontoise, qui s’étaient rançonnés aux Navarrais de Meulan. JJ86, nos484 et 485.—JJ90, no161.[107]Seine-Inférieure, arr. Dieppe. Le comté d’Eu appartenait à Jean d’Artois, du chef de sa femme Isabelle de Melun, comtesse de Dreux. JJ90, no153.[108]Saint-Valery-sur-Somme, Somme, arr. Abbeville, sur la rive gauche et près de l’embouchure de la Somme. Saint-Valery-sur-Somme fut pris peu avant le mois d’octobre 1358, date de lettres de rémission accordées par le régent aux maire et échevins d’Abbeville qui avaient mis à mort sans jugement régulier un bourgeois de leur ville nommé Godin le Canoine, accusé d’avoir voulu livrer par trahison, moyennant 3000 écus d’or du coin du roi Jean, Abbeville aux ennemis. «.... Cum nuper, dumNOVISSIMEdicti domini genitoris ac nostri inimici ad partes Picardie accessissent, ac villam et castrum Sancti Wallerici, a dicta villa Abbatisville per quatuor leucas duntaxat distantia, accepissent....» JJ86, no473; JJ90, no386.[109]Oise, arr. Senlis, sur la rive gauche de l’Oise. Creil était occupé dès le mois de juillet 1358 par les Anglo-navarrais. Nous avons recueilli quinze pièces inédites sur l’occupation de Creil. JJ86, no481; JJ90, nos214, 127, 184, 201, 82, 385, 388, 407; JJ105, no362; JJ108, no17; JJ112, no155; JJ106, no203.—C’est pour résister aux Anglo-navarrais de Creil que les habitants de Longueil-Sainte-Marie (Oise, arr. Compiègne, c. Estrées-Saint-Denis) et des environs de Compiègne s’organisèrent sous la direction d’un simple paysan qui fut le véritable héros de ces tristes guerres. Jean de Venette a raconté en quelques pages inspirées les exploits de ce paysan (éd. de Geraud, t. II, p. 288 à 293) qu’il appelleGuillelmus de Alaudis, ce que Geraud (Ibid., p.XLII) et à son exemple tous nos historiens ont traduit parGuillaume l’Alouetteouaux Alouettes. Nous avons eu la bonne fortune de découvrir un document authentique qui restitue à cet obscur héros la forme exacte de son nom, en même temps qu’il confirme l’éloquent récit de Jean de Venette. Le capitaine de Longueil, celui qui le premier arma avec succès les paysans pour la défense du sol envahi s’appelait Guillaume l’Aloue. Voici, en effet, ce qu’on lit dans des lettres de rémission accordées par Charles V en avril 1376 à Henri Stadieu de Wagicourt (auj. hameau d’Allonne, Oise, arr. et c. Beauvais): «.... Comme jà piecà au temps des grans guerres, descors et discensions qui estoient ou pais de Beauvoisin et environ, le dit suppliantse feust mis pour nous servir soubz le gouvernement deGuillaumel’Aloe,faisant guerre à l’aide des bonnes genz du pais aus ennemis estanz ou dit pais, pour l’onneur et prouffit de nous lors regent le royaume; ausquelx ennemis par lui et les siens fu porté très grant dommaige en plusieurs lieux, tant à Longueil Sainte Mariecomme ailleurs....» JJ108, no350, fo197.[110]Oise, arr. Clermont, c. Breteuil, un peu au sud-ouest de Montdidier. JJ90, nos400, 617; JJ105, nos226, 541; JJ114, no87.[111]La forteresse de Mauconseil était située dans les environs de Noyon (Oise, arr. Compiègne). JJ90, nos137, 159; JJ115, no250.[112]Gilles de Lorris, promu à l’évêché de Noyon en février 1352, mort le 27 novembre 1388 (Gallia Christiana, t. IX, col. 1017), était fils de Robert de Lorris favori du roi Jean; il avait fait fortifier Noyon en juin 1358 (JJ88, no87).[113]Ourscamps-le-Petit, auj. château de la commune de Larbroye, Oise, arr. Compiègne, c. Noyon.[114]Oise, arr. Compiègne, c. Noyon.[115]Gilles de Lorris, qui avait été acheté par le roi d’Angleterre, s’engagea, par lettres datées de Boulogne le 22 octobre 1360 (Rymer, vol. III, p. 512), à payer à Édouard pour sa rançon 9000 écus d’or du coin du roi Jean, 50 marcs d’argent de Paris ouvrés et un bon coursier du prix de 100 moutons d’or. Jean, comte de Tancarville, vicomte de Melun, chambellan de France et de Normandie, et Robert de Lorris, seigneur d’Ermenonville, chevalier, se portèrent caution pour ledit évêque du payement de cette somme. Toutefois nous voyons, par un accord conclu à Noyon en mai 1360 entre l’évêque et son chapitre au sujet d’une grange sise à Ercheux (Somme, arr. Montdidier, c. Roye) près la résidence épiscopale dont le chapitre réclamait la restauration aux frais de l’évêque, que Gilles de Lorris avait été déjà mis en liberté à cette date. «Et nos episcopus dicebamus et proponebamus destructionem et granorum levationem factas fuissetempore quo nos detinebamur prisonarius in carceribus inimicorum....» JJ88, no118.[116]Froissart commet une erreur (p. 125, 344), en rapportant, d’après Jean le Bel (t. II, p. 251), la défaite de Mauconseil au mardi après la Notre-Dame mi-août, qui, ajoute Froissart, fut un samedi. En 1358, la Notre-Dame ou l’Assomption ne tomba pas un samedi, mais un mercredi. L’affaire de Mauconseil eut lieu, non le mardi 21 août, mais le jeudi 23 août 1358.Gr. Chron., t. VI, p. 138.—JJ86, no376; JJ97, no358; JJ90, no46.[117]Abbaye d’hommes de l’ordre de Cîteaux au diocèse de Noyon. Le nom de cette abbaye est resté à la commune de Chiry-Ourscamps (Oise, arr. Compiègne, c. Ribecourt) où l’on en voit encore les ruines.[118]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons. Cette forteresse, située aux environs de Soissons, un peu à l’est de cette ville, commandait le cours moyen de l’Aisne; elle fut occupée par les Anglo-navarrais de septembre 1358 à la fin de 1359. Nous avons recueilli huit pièces inédites relatives à cette occupation. JJ90, nos111, 130, 165, 166, 174, 275, 296, 484.[119]Le 24 août 1358, le régent avait établi son très-cher et très-amé cousin Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol, lieutenant du roi ès parties de Picardie et de Beauvaisis (JJ90, no46).[120]Ce coup de main de Jean de Picquigny contre Amiens fut tenté le dimanche 16 septembre 1358. Nous avons recueilli vingt pièces, la plupart inédites, relatives aux acteurs et aux incidents de cette affaire. JJ90, nos99, 66, 46, 169, 167, 498, 81; JJ86, nos604bis, 620; JJ90, nos44, 92; JJ86, no602; JJ90, nos53, 87; JJ86, no610; JJ90, nos113, 168, 170, 394, 403, 541. Cf.Gr. Chron., t. VI, p. 140.[121]Abbaye d’hommes de l’ordre de Cîteaux au diocèse d’Amiens (auj. couvent et château de la commune de Crouy, Somme, arr. Amiens, c. Picquigny). Cet abbé, dont le nom ne figure pas sur la liste des abbés du Gard donnée par leGallia Christiana(t. X, col. 1332) serait-il le même que «maistre Guillaume le Mareschal, justicié pour ses demerites» dont une maison sise à Amiens en la rue de Coquerel fut confisquée et donnée par le régent à Jean Maniart le 3 mars 1359? JJ90, no87.[122]Le complot de Laon, ourdi sans doute à l’instigation de Robert le Coq, alors réfugié auprès du roi de Navarre, dut coincider avec la tentative de Jean de Picquigny contre Amiens, car une des pièces qui se rapporte à ce complot est datée du mois d’octobre 1358 (JJ86, no446). Les chefs du complot étaient Colard dit Boine, autrement de Coulgis (hameau de Marchais, Aisne, arr. Château-Thierry, c. Condé-en-Brie), clerc marié, qui avait été l’un des commissaires généraux élus par les États en 1357 (JJ86, no446), Robert de Lusaut (JJ86, no559), Guillaume, dit Mauvinet, clerc tonsuré (JJ90, no212), un chanoine de Laon nommé Oudart du Lointel (JJ90, no475). Ils furent exécutés, et la tête de Colard de Coulgis était encore suspendue au bout d’une lance au-dessus d’une des portes de Laon en février 1359 (JJ90, no14). Toutefois, le régent accorda des lettres de rémission à Gobert de Coulgis, bachelier ès lois, fils de Colard (JJ90, no35) et à maître Raoul d’Ailly, familier de Robert le Coq qui l’avait fait nommer conseiller du roi et maître en la Chambre des Comptes à Paris, lequel Raoul avait été mis en prison par le sire de Coucy au château de Saint-Gobain (JJ86, no514).[123]Le château de Clermont fut pris le lundi 18 novembre 1359 par le captal de Buch, cousin et ami du roi de Navarre, à la faveur ou au moins pendant la durée d’un sauf-conduit que le régent, à la prière de Charles le Mauvais, avait accordé au dit captal (Gr. Chron., t. VI, p. 164, 165).[124]En 1374 «Bernard de la Salle, à grant compagnie d’Anglois, estoit logié à Chalomo» en Bourgogne (Chalmoux, Saône-et-Loire, arr. Charolles, c. Bourbon-Lancy) JJ112, no263.[125]Robert Knolles s’empara de Châteauneuf-sur-Loire (Loiret, arr. Orléans, sur la rive droite de la Loire) en octobre 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 142; JJ90, nos48, 389). Knolles chevaucha ensuite en Puisaye, où il occupa Malicorne (Yonne, arr. Joigny, c. Charny). On peut voir au sujet de l’occupation de cette dernière forteresse JJ90, nos51, 155, 566; JJ107, no169.[126]Auxerre, entouré de tous les côtés dès la fin de 1358 de forteresses occupées par les Anglais, telles que Ligny-le-Châtel à l’est, la Motte Joceran et Malicorne à l’ouest, Regennes, la Motte de Champlost, Champlay et Aix-en-Othe au nord, Auxerre, dis-je, fut pris et saccagé le dimanche 10 mars 1359 par Robert Knolles, qui avait concentré à Regennes (auj. commune d’Appoigny, à deux lieues au nord d’Auxerre) toutes les garnisons anglaises des environs pour opérer ce coup de main. Les vainqueurs n’évacuèrent la ville que le mardi 30 avril suivant, moyennant une rançon de 40 000 moutons et de 40 000 perles du prix de 10 000 moutons et à condition qu’on leur engagerait les joyaux de l’église Saint-Germain-d’Auxerre jusqu’au parfait payement de la dite rançon. Le 10 avril 1370, Robert Knolles, sire de Derval et de Rougé,par remords de conscience et en considération du pape Urbain V, fit remise aux habitants d’Auxerre des 40 000 florins d’or au mouton qu’il avait levés jadispour le rachat du feu, du glaive et du pillage de la dite ville, cité et faubourgs d’Auxerre(Mém. pour l’Histoire d’Auxerre, éd. Quantin et Challe, t. IV, p. 194).[127]Le château de Beaufort était situé sur le territoire de la commune actuelle de Montmorency (Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Chavanges). La seigneurie de Beaufort avait passé en 1269 dans la maison de Lancastre par suite du mariage de Blanche d’Artois, veuve de Henri le Gros, dernier comte de Champagne, avec Edmond de Lancastre, frère d’Édouard Ier, roi d’Angleterre. Après que le Montmorency de l’Ile-de-France eut été érigé en duché d’Enghien au profit du prince de Condé et en souvenir de l’Enghien du Hainaut (Belgique, prov. Hainaut, à 31 kil. de Mons), Charles-François-Frédéric de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, qui avait acheté la terre de Beaufort, devenue un duché en 1597, du duc de Vendôme et de Beaufort, arrière-petit-fils de Gabrielle d’Estrées, fit ériger cette terre en duché-pairie sous le nom de Beaufort-Montmorency en mai 1688 et octobre 1689. C’est ainsi que le nom de Montmorency est seul resté dans l’usage moderne pour désigner le Beaufort du moyen âge (Arch. nat., t. 144, no4;Musée des Archives, 1867, p. 535, 536).[128]Marne, arr. Reims, c. Ville-en-Tardenois. Le château de Rosnay, qui commandait la route de Soissons à Reims, était déjà occupé par les Anglo-navarrais le 11 novembre 1358 lorsque le régent nomma Jean de Fismes capitaine de la tour et de la ville de Fismes (Marne, arr. Reims). Cette forteresse était redevenue française avant le mois de mars 1360. JJ90, no484.[129]Marne, arr. et c. Sainte-Menehould.[130]Sainte-Menehould (auj. chef-lieu d’arr. de la Marne), sur l’Aisne, commandait le cours supérieur de cette rivière. Dès la fin de 1356, Cibuef de Chaponnières avait voulu livrer cette forteresse aux Anglais (JJ84, no627). Jean de Rueil, gardien du château pour le roi de France (JJ91, no226), fit abattre un four situé rue de Lanche ès faubourgs de Sainte-Menehould et appartenant aux religieux bénédictins de Moiremont (Marne, arr. et c. Sainte-Menehould), dans la crainte que les ennemis ne vinssent l’occuper. JJ90, no553.[131]Eustache tirait son nom de la seigneurie d’Auberchicourt, aujourd’hui chef-lieu de canton du dép. du Nord, situé sur la rivière d’Escaillon, dans l’arr. et à 12 kil. de Douai.[132]JJ92, no255.[133]Pont-sur-Seine ou Pont-le-Roi (Aube, arr. et c. Nogent-sur-Seine), un peu à l’est de Nogent-sur-Seine près du confluent de la Seine et de l’Aube. Il est fait mention de l’occupation de Pont-sur-Seine par les Anglais dans un arrêt du 23 décembre 1359 (Arch. nat., sect. jud., X2a6, fo438). Jean de Segur, qui est mentionné dans plusieurs actes comme capitaine de Pont-sur-Seine (JJ90, nos521-630; JJ112, no253), occupa sans doute cette forteresse en mai 1359 après l’évacuation de Saint-Valery.[134]Marne, arr. et c. Épernay. JJ97, no189.[135]Marne, arr. Épernay, c. Montmort. Les Anglo-navarrais occupaient aussi la forteresse du parc de Lachy (Marne, arr. Épernay, c. Sézanne). JJ89, no479; JJ107, no104.[136]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Fère-en-Tardenois, au sud-est de Soissons. Cette forteresse fut occupée depuis la fin de 1358; les ennemis l’avaient évacuée avant le mois de mars 1360. Nous avons recueili six pièces inédites relatives à cette occupation (JJ90, nos208, 215, 216, 220, 221, 484).[137]Marne, arr. Épernay, c. Dormans. La forteresse de Troissy, située sur la rive gauche de la Marne, commandait la route de Château-Thierry à Épernay. Nous pouvons signaler cinq pièces inédites relatives à l’occupation de Troissy par les Anglo-navarrais depuis la fin de 1359 jusqu’au commencement de 1360. JJ90, nos286, 435; JJ97, no189; JJ107, no104; JJ109, no243.[138]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Méry-sur-Seine. Le seigneur de Plancy tenait alors garnison dans un autre de ses châteaux nommé Praslin (Aube, arr. Bar-sur-Seine, c. Chaource). JJ90, no530.[139]Haute-Marne, arr. Langres, c. Prauthoy. Le dimanche 28 juillet 1353, Jean de Chauffourt (Haute-Marne, arr. Langres, c. Montigny-le-Roi), chevalier, et Thibaud son frère envahirent et pillèrent Langres aux cris de: «Guyenne! Guyenne! Angleterre! Ville gagnée!» JJ82, no216.—Vers 1359, Guillaume de Poitiers, évêque de Langres, fit décapiter plusieurs de ses vassaux «pour ce qu’il avoient traictié avec Guillempot, capitaine d’une route de genz d’armes de compaignie, de lui bailler et faire avoir le chastel de Montsaujon qui est de l’evesque de Langres.» JJ114, no194.[140]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons. Voy. plus haut, p.XXXIX,note 118. Pont-Arcy (Aisne, arr. Soissons, c. Vailly) et Courlandon (Marne, arr. Reims, c. Fismes) étaient aussi à la même époque au pouvoir des ennemis. JJ90, no484; JJ97, no581.[141]Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel-sur-Aisne. Froissart a emprunté ce récit à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 238). Voyez sur l’occupation de Roucy JJ88, no112.[142]Aisne, arr. Laon, c. Marle.[143]Aisne, arr. Laon.[144]Aisne, arr. Laon, c. Anizy-le-Château.[145]D’après Froissart, dont le récit a été adopté par tous les historiens (Secousse,Hist. de Charles le Mauvais, p. 361 à 367; Anselme, t. VI, p. 166; Sismondi, t. X, p. 546 et 547; H. Martin, t. V (1839), p. 573; Garnier,Bibl. de l’École des Chartes, t. XIII, p. 32 et 33), Robert, sire de Fiennes, connétable de France et le comte de Saint-Pol auraient tenu siége devant Saint-Valery depuis le mois d’août 1358 jusqu’au carême (mars-avril) 1359. Ce siége de sept mois n’est qu’une fable qui ne résiste pas à l’examen des actes du temps. Saint-Valery ne devait pas être investi par les Français dès le mois d’août 1358, puisque, vers le 25 décembre de cette année, on faisait à Abbeville une garde très-sévère «... pour garder le pas de la revière de Sommeau lés devers Saint Valery....» JJ90, no213.—Quant à la présence du connétable de France à ce siége, les actes établissent que Robert, sire de Fiennes, dit Moreau, était à Paris en août (JJ86, no334), en octobre (JJ87, no99), à Crécy-en-Brie en novembre (JJ231, no14), à Paris le 6 décembre (JJ90, no171; JJ86, no587), à Saint-Quentin le 22 décembre (JJ89, no436) 1358; à Tournay où il réprima une émeute le 4 janvier (JJ88, nos57, 92), à Arras le 27 février (JJ90, no393), enfin à Saint-Omer le 15 mars (JJ90, no417) 1359. D’ailleurs, c’est seulement le 6 décembre 1358 que le sire de Fiennes avait été nommé lieutenant du roi et du régent en Picardie, Vermandois et Beauvaisis (JJ90, no171).—Quant à Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol, nommé le 24 août 1358 lieutenant du roi et du régent ès parties de Picardie et de Beauvaisis (JJ90, no46), il était à Amiens le 21 septembre (JJ90, no99), le 2 octobre (JJ90, no66), le 3 octobre (JJ90, no46), le 10 novembre (JJ90, no169), à Arras le 23 novembre (JJ90, no167), enfin à Saint-Pol le 28 décembre (JJ90, no498) 1358.—Nous avons découvert trois actes, émanés de Robert, sire de Fiennes, connétable de France, lieutenant du roi et du régent ès parties de Picardie, de Vermandois et de Beauvaisis, datés «en l’ostdevant Saint-Valery» le 1er(JJ88, no110), le 10 (JJ90, no179) et le 17 (JJ90, no311) avril 1359. Un autre acte du sire de Fiennes est daté de Ham en Vermandois le 29 avril 1359 (JJ90, no120). Du rapprochement de tous ces faits on peut conclure avec certitude que Saint-Valery fut assiégé par les Français et évacué par les Anglo-navarrais entre le 15 mars et le 29 avril 1359.[146]Somme, arr. Abbeville, c. Ailly-le-Haut-Clocher, sur la rive droite de la Somme, entre Abbeville et Amiens. Avant de tenir garnison à Creil, Jean de Picquigny s’était emparé du château de Long et l’avait occupé quelque temps. En mai 1360, Charles régent accorda des lettres de rémission à Thomas du Pont de Remi, curé de Rivières au diocèse d’Amiens (auj. hameau de Longpré-Les-Corps-Saints, Somme, arr. Abbeville, c. Hallencourt), qui avait servi Jean de Picquigny comme chapelain de l’hôpital de Long. JJ90, no554.[147]Auj. hameau de 76 hab. de la commune du Haucourt, Aisne, arr. Saint-Quentin, c. le Catelet, un peu au nord de Saint-Quentin.[148]Auj. hameau de 643 hab. de la commune de Pontru, Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Vermand, à la source de l’Omignon, affluent de la rive droite de la Somme et un peu à l’ouest de Fonsomme où cette dernière rivière prend sa source.[149]Bohain-en-Vermandois, Aisne, arr. Saint-Quentin.[150]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons.[151]Auj. Notre-Dame-de-Liesse, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne, un peu au nord-est de Laon.Lience, du latinLientia, est l’ancienne et bonne forme de ce nom de lieu;Liessen’est qu’une corruption amenée par une certaine similitude deLienceavecliesse(lætitia, joie) et consacrée à la longue par la piété plus fervente que soucieuse de l’étymologie des nombreux pèlerins qui depuis le quinzième siècle ont fréquenté ce célèbre sanctuaire. La formeLeesse,Liesse, apparaît pour la première fois dans un texte de 1411. Matton,Dictionnaire topographique de l’Aisne, Paris, 1871, in-4o, p. 151.[152]Froissart dit (p. 144, 147) que Robert Knolles faisait partie de cette expédition; c’est une erreur que notre chroniqueur a corrigée dans le manuscrit d’Amiens ou seconde rédaction. La chevauchée de Philippe de Navarre en Picardie et en Vermandois eut lieu dans la seconde quinzaine d’avril; or, Robert Knolles, qui, comme nous l’avons vu, avait pris Auxerre le dimanche 10 mars 1359, resta dans sa nouvelle conquête tout le mois d’avril suivant (Gr. Chron., t. VI, p. 150) et ne quitta l’Auxerrois pour retourner à Châteauneuf-sur-Loire que le dernier jour d’avril ou dans les deux premiers jours de mai (Ibid., p. 151).[153]Aisne, arr. Laon. Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 238, 239), que suit ici Froissart, dit que Sissonne fut pris peu après Pâques (21 avril) 1359. Par acte daté du Louvre en octobre 1359, Charles, régent, accorda des lettres de rémission aux habitantsde la paroisse de Pourvais et du secours, c’est assavoir Pourvais(Prouvais, Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel) etPourviser(Proviseux-et-Plesnoy, Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel), qui s’étaient rançonnés à 6 tonneaux d’avoine et à 4 ânées de bled aux ennemis des forteresses de Sissonne et de Roucy. JJ90, no316.[154]Jean le Bel, à qui Froissart emprunte ces détails, ajoute: «Encores y estoit il (Robert II, comte de Roucy),quant cil escript fut fait, l’an LIX ou moys de may.»Chroniques, t. II, p. 239.—D’après la chronique inédite de Jean de Noyal (Aisne, arr. Vervins, c. Guise), abbé de Saint-Vincent de Laon (Bibl. nat., dép. des mss., fonds français, no10 138, fo170 vo), ce combat fut livré entreSevigny(auj. Sevigny-Waleppe, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien, au nord-est de Roucy) etla Val le Roy(abbaye marquée sur la carte de Cassini entre Sevigny-Waleppe au nord et Saint-Quentin-le-Petit au sud).[155]Le mariage fut célébré à Wingham, dans le comté de Kent, le 29 septembre 1360.[156]Froissart dit (p. 160 et 161) que le duc de Normandie ne vint pas en personne au siége de Melun, et il ajoute que les deux capitaines du château pour le roi de Navarre étaient James Pipes et Jean Carbonnel. Ces deux erreurs ont été corrigées dans les manuscrits A 8, 9, 15 à 17, qui contiennent l’interpolation relative à Pepin des Essarts (p. 370). La présence du régent au siége de Melun est attestée par un grand nombre d’actes, datés de cette ville, qui contiennent la formule:par monseigneur le regent, actes rendus le 19 juin (JJ90, no187), le 23 juin (JJ90, no199), le 26 juin (JJ87, no351),en nostre host de Melunau mois de juillet (JJ90, no374), le 26 juillet (JJ90, no219) 1359. D’un autre côté, Martin Henriquez et le Bascon de Mareuil sont mentionnés comme capitaines de Melun pour le roi de Navarre dans des lettres de rémission accordées par le régent en décembre 1358 au capitaine et aux habitants de la Ferté-Alais (Seine-et-Oise, arr. Étampes), qui s’étaient rançonnés aux Navarrais de Melun moyennant 500 deniers d’or au mouton, 50 queues de vin et 50 queues d’avoine, d’orge ou de froment (JJ86, no505). Le siége de Melun, qui dura depuis le 18 juin jusqu’au mercredi 31 juillet 1359, nécessita un grand déploiement d’artillerie. Dès le 17 juin, l’Hermite de Bachevilier, capitaine de Saint-Maur et de la Queue-en-Brie, donnait quittance à Jean de Lyons de 20 000 carreaux, de 10 000 viretons, de 18 falots, de 600 tourteaux et dedeux grans canons garniz de poudre et de charbon et de plommées(Bibl. nat., Titres scellés, vol. IX, fo483;Bibl. de l’École des Chartes, t. VI, p. 52). Du Guesclin était au siége de Melun (JJ87, nos349, 350), où il se retrouva en face du Bascon de Mareuil, qui lui avait donné une si chaude alerte en attaquant de nuit Pontorson le 17 février 1358 (JJ87, no90). C’est alors aussi que la dame d’Andrezel refusa de sauter par-dessus un bâton malgré l’invitation de son mari.Ménagier de Paris, éd. Pichon, t. I, p. 148 à 153.[157]Ce traité de paix fut conclu, non à Vernon, comme le dit Froissart par erreur (p. 162, 371), mais à Pontoise le mercredi 21 août 1358.Grandes Chroniques, t. VI, p. 155 à 160; Secousse,Preuves, p. 154 à 159.[158]Froissart commet une erreur en appelant ce capitaine Thomas d’Agworth (p. 163, 371); c’est Thomas de Holland, qui avait été nommé capitaine de Saint-Sauveur dès le 10 octobre 1358, et qui remplit ces fonctions jusqu’à la donation de cette seigneurie faite par Édouard à Jean Chandos entre le 8 mai et le 24 octobre 1360. Delisle,Hist. de Saint-Sauveur, p. 112, 113.

Mais Bertran du Guesclin se fu ès bois boutez,A tamps n’y pot venir qui n’i pot estre entrez.

Mais Bertran du Guesclin se fu ès bois boutez,

A tamps n’y pot venir qui n’i pot estre entrez.

[56]Le bourg, la cité et le château d’Évreux avaient été conquis par le roi Jean au commencement de juin 1356. Voy. t. IV de cette édition, Sommaire, p.LXVIII, note 246.

[57]Nous ignorons si ce fut la ruse de guerre, prêtée par Froissart à Guillaume de Gauville, qui remit les Navarrais en possession du château d’Évreux, mais la date que notre chroniqueur assigne à cet événement est certainement fausse. En février 1358 (n. st.), Évreux appartenait encore au régent, qui délivrait des lettres de rémission à Guillaume de la Goderie, demeurant à Évreux, dont le valet avait acheté pour les garnisons anglaises des forteresses voisines de cette ville «anneaux et chapeaux de bièvre et les plumes....» JJ89, no83.—On lit, d’un autre côté, dans lesGrandes Chroniques(t. VI, p. 108), qu’au mois de mai 1358 Jean de Meudon,châtelain d’Évreux pour le roi de France, mit le feu à la ville d’Évreux, ce dont le roi de Navarre fut très-irrité. Le château d’Évreux avait été livré par trahison aux Navarrais avant le mois de septembre 1358, date de deux donations faites par le régent à Guillaume de Tronchevillier, chevalier, et Robinet Boulart, écuyer, des biens confisqués de Pierre du Bosc-Renoult et de Guillaume Houvet, écuyers, complicesde la trahison du chastel d’Evreux à nos ennemis en ceste presente année(JJ87, nos78 et 79). Froissart raconte que Guillaume de Gauville, pour apprivoiser encore plus sûrement le châtelain, lui parla d’une descente en Angleterre que devaient faire les Danois alliés de la France. Il y eut en effet, en 1358 et 1359, des négociations actives avec Valdemar III, roi de Danemark, qui aboutirent à un projet de descente des Danois en Angleterre pour la délivrance du roi Jean, dont le texte a été publié par M. Germain (Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, t. IV, p. 409 à 434). Voy. aussi le rapport de M. Delisle,Revue des Sociétés savantes, année 1866, 4esérie, iv, 33.

[58]Le travail du baron de Zurlauben sur ce chef de compagnies (Hist. de l’Académie des Inscriptions, t. XXV, p. 153 à 168) n’est qu’un essai fort incomplet. Le savant baron répète, après Baluze, qu’Arnaud apparaît pour la première fois dans l’histoire à la bataille de Poitiers, tandis que nous avons plusieurs actes, antérieurs à cette date, qui le mentionnent: le premier, de février 1354 (n. st.), où le roi Jean assigne 200 livres de rente à Arnaud de Cervole, écuyer, en récompense de la part qu’il a prise au recouvrement des châteaux de Montravel, de Sainte-Foy près Bergerac (auj. Sainte-Foy-des-Vignes, hameau de Gineste, Dordogne, arr. Bergerac, c. Laforce), du Fleix (Dordogne, arr. Bergerac, c. Laforce), de Guitres (Gironde, arr. Libourne), et donne en outre au dit écuyer son château de Châteauneuf-sur-Charente (Charente, arr. Cognac), JJ82, no93;—l’autre, du 27 août de la même année, où le roi de France accorde des lettres de rémission à Arnaud de Cervole, écuyer, qui, avec l’aide de Pierre de Cervole, chevalier, et de neuf autres complices, avait occupé après l’assassinat du connétable Charles d’Espagne les châteaux de Cognac, de Jarnac et de Merpins en Saintonge et avait fait mettre à mort vingt-sept de ses soudoyers en garnison dans lesdits châteaux, qui avaient volé blés, vins et draps aux habitants de Saint-Laurent (Saint-Laurent-de-Cognac, Charente, arr. et c. Cognac). JJ82, no613.

[59]Au moyen âge, il arriva parfois qu’un archiprêtré fut inféodé, au temporel, à un laïque. Dom Vaissete dit (Hist. du Languedoc, t. IV, p. 292) qu’Arnaud possédait l’archiprêtré deVezzins; mais où était situé cet archiprêtré? C’est ce que personne n’a encore établi jusqu’à ce jour. On lit dans Rymer (vol. III, p. 350) que les rois de France et d’Angleterre, en concluant à Bordeaux la trêve du 23 mars 1357, établirent l’un des quatre gardiens de cette trêve dans la vicomté de Limoges et en Berry, pour la partie du roi de France, «Mgr Arnaud de Servole,archiprestre deVelines.» Vélines (Dordogne, arr. Bergerac) donnait en effet jadis son nom à l’un des archiprêtrés du diocèse de Périgueux. Voy. leDictionnaire topographique de la Dordogne, par le vicomte de Gourgues, Paris, 1873, in-4o, p. 335.

[60]On lit dans la seconde vie d’Innocent VI: «Mense julio (1357) miles quidam gasco, dictus Archipresbyter, collecta societate, intravit Provinciam, et plurima damna fecit et strages; propter quæ, tota curia romana stupefacta, papa, data pecunia, pro qua se Provinciales obligaverunt, ipsum abire fecit, et transitum per Avinionem concessit. Sed interim papa stipendiarios multos tenuit, civitatemque muris et portis ac fossatis munivit; ad quæ omnes clerici in curia romana degentes contribuere cogebantur.» (Bal.,Vitæ pap. Aven., t. I, p. 350). On sait que les fortifications dont il est question dans ces dernières lignes subsistent encore. Cf. Léon Ménard,Hist. de Nismes, t. II, p. 182, etPreuves, p. 201.

[61]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 215 et 216. Froissart reproduit ici à peu près littéralement le texte du chanoine de Liége. Le roi de Navarre, détenu au château d’Arleux, recouvra la liberté le mercredi 8 novembre 1357, grâce aux menées de Robert le Coq, qui avait fait demander à plusieurs reprises sa délivrance par les États, et à la complicité de Jean de Picquigny, gouverneur d’Artois, qui l’arracha par surprise de sa prison. La mise en liberté de Charles le Mauvais est certainement la faute la plus grave, nous dirions presque le plus grand crime qu’on puisse reprocher à Robert le Coq et à Étienne Marcel; car c’est le roi de Navarre qui, à peine délivré, fit occuper entre le 13 et le 25 décembre 1357, les environs de Paris par les compagnies anglo-navarraises cantonnées jusque-là sur les confins de la Bretagne et de la Normandie (Gr. Chron., t. VI, p. 71 à 73). Ces brigands étaient si bien aux ordres du roi de Navarre qu’on s’adressait à ce dernier plutôt qu’au dauphin pour obtenir des sauf-conduits, quand on voulait voyager de Paris à un point quelconque du royaume. Nous avons un de ces sauf-conduits accordé à deux chevaliers et daté de Paris le 12 mars 1358 (n. st.).Ibid., p. 96 et 97.

[62]Le 25 décembre 1358, Griffith ouGriffonde Galles quitta Montebourg en basse Normandie, où il avait longtemps tenu garnison, et vint occuper la forteresse de Becoiseau en Brie (auj. château de Mortcerf, Seine-et-Marne, arr. Coulommiers, c. Rozoy-en-Brie). JJ90, no57.

[63]St-Arnoult-en-Yveline, Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, c. Dourdan.

[64]Eure-et-Loir, arr. Chartres, c. Maintenon.

[65]Eure-et-Loir, arr. Châteaudun. Bonneval et le pays chartrain furent ravagés dès le mois de janvier 1357 par Philippe de Navarre qui fit une chevauchée de ce côté à la tête de huit cents hommes.Gr. Chron., t. VI, p. 52.

[66]Cloyes-sur-le-Loir, Eure-et-Loir, arr. Châteaudun.

[67]Les ennemis d’entre Paris et Chartres s’emparèrent d’Étampes, le mardi 16 janvier 1358, le jour même où se célébrait à Paris le mariage de Louis, comte d’Étampes, avec Jeanne d’Eu, veuve de Gautier duc d’Athènes tué à Poitiers, sœur du connétable Raoul d’Eu décapité à l’hôtel de Nesle (Gr. Chron., t. VI, p. 81). Dans les premiers mois de 1360, le comte d’Étampes emprunta 1000 moutons d’or à Guillaume Marcel, changeur à Paris, «pour la raençon du pais d’Estampes à paier aux Anglois», à raison de 400 moutons d’intérêt pour six semaines; il donna en gage son chapeau d’or du prix de 200 moutons. JJ91, no399.

[68]Auj. Arpajon, Seine-et-Oise, arr. Corbeil. Le lundi 12 mars 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 95), la ville de Châtres (Arpajon) fut occupée et pillée par la garnison anglo-navarraise d’Épernon dont l’Anglais James Pipes était capitaine. James Pipes prenait le titre de lieutenant du roi de Navarre (Ibid., p. 108 et 109).

[69]Seine-et-Oise, arr. Corbeil, c. Arpajon. C’est à Montlhéry que les Anglo-navarrais de la garnison d’Épernon emmenèrent les prisonniers faits le lundi 12 mars 1358 au sac de Châtres (Arpajon).Gr. Chron., t. VI, p. 95.

[70]Seine-et-Marne, arr. Fontainebleau, c. la Chapelle-la-Reine.

[71]Seine-et-Oise, arr. Étampes.

[72]Seine-et-Marne, arr. Fontainebleau. Ce fut le 15 avril 1358 que les ennemis, qui étaient à Épernon, prirent et pillèrent Château-Landon. JJ90, nos272, 421 et 422.

[73]Louis de Beaumont était capitaine pour le roi de France de la ville de Montargis en août 1358. JJ86, no238.

[74]Yèvre-le-Châtel, Loiret, arr. et c. Pithiviers.

[75]Robert de Knolles ou Knolles avait fait ses premières armes en Bretagne dans la guerre de Montfort contre Charles de Blois. Dès avant le 10 juillet 1355, le roi d’Angleterre avait donné à ce partisan le château du Fougeray (le Grand-Fougeray, Ille-et-Vilaine, arr. Redon). Voy. Rymer, vol. III, p. 307, 312, 480, 485.—Jean le Bel dit (t. II, p. 216), qu’il était de basse extraction, Allemand d’origine et «parmentier de draps» avant de se faire brigand et soudoyer à pied; il fut promu chevalier au sac d’Auxerre le dimanche 10 mars 1359.

[76]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.XCIXàCII, p. 216 à 229.

[77]Quoi qu’en dise Froissart, qui reproduit ici littéralement le texte de Jean le Bel, l’homme qui gouvernait alors la France n’était pas Marcel, mais bien Robert le Coq, évêque de Laon, l’âme damnée de Charles le Mauvais, dont ce prélat avait fait réclamer la délivrance par les États généraux, dès leur première session, en octobre 1356. Exilé dans son évêché par le dauphin qu’il trahissait, vers le 15 août 1357 (Gr. Chron., t. VI, p. 60), l’évêque de Laon était parvenu à rentrer en grâce dans les premiers jours d’octobre, et il fit réunir de nouveau à Paris les États le mardi 7 novembre (Ibid., p. 61 et 62). Le lendemain, le roi de Navarre était arraché par surprise de sa prison d’Arleux; et bientôt l’on forçait le dauphin à délivrer à l’ennemi mortel de son père et du royaume un sauf-conduit pour venir à Paris. L’âme de toute cette intrigue avait été Robert le Coq, qui avait pris pour instruments Jean de Picquigny et Étienne Marcel. Les Grandes Chroniques de France, écrites pour cette époque sous l’inspiration de Charles V, le disent expressément: «Et lors au conseil du dit monseigneur le duc estoitprincipal et souverain maistrele dit evesque de Laon, qui les choses dessus dites avoit toutes preparées et faites...» Cf.Ibid., p. 66. Vers la Chandeleur (2 février) 1358, Robert le Coq avait essayé de profiter de sa haute position dans les conseils du dauphin, au moment même où il trahissait le plus ce jeune prince au profit du roi de Navarre, pour obtenir le chapeau de cardinal; et le duc de Normandie avait député à Avignon un clerc nommé Jean d’Aubeviller, dit Toussaint, né à Montdidier, compatriote et l’un des serviteurs de l’évêque de Laon, pour négocier cette affaire auprès de la cour pontificale. JJ90, no17.

[78]Le prévôt des marchands fit prendre à ses partisans des chaperons mi-partis de rouge et depers(bleu), qui étaient les couleurs de la commune de Paris, dans la première semaine de janvier 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 73). A l’instigation de Robert le Coq, originaire de Montdidier, et de Jean de Picquigny, les bourgeois d’Amiens, de Laon et de quelques autres villes, qui prirent parti pour les Parisiens, endossèrent aussi des chaperons à ces couleurs. La livrée du roi de Navarre était de drap vert etcamelin(couleur de chameau, gris-roux); celle du prévôt, de drap vermeil et azur. JJ86, no266, fo89.

[79]Robert de Clermont et le Baudrain de la Heuse, tous les deux maréchaux de Normandie, avaient livré en novembre 1356 le combat où périt Godefroi de Harcourt. Robert avait été nommé gardien des trêves en Normandie le 23 mars 1357 (Rymer, vol. III, p. 349, 350). Le 20 août 1357, le dauphin établit Robert de Clermont son capitaine ès bailliages de Caen et de Cotentin; le 11 septembre suivant, Robert était au Pont-Audemer avec le Baudrain de la Heuse (la Roque,Hist. de la maison de Harcourt, t. IV, p. 1882), et il prit part au siége de Honfleur sous le gouvernement de Louis de Harcourt, vicomte de Châtellerault (Anselme, t. VI, p. 54 et 55). Le 24 janvier 1358, Robert de Clermont avait arraché de l’église Saint-Merry, où il s’était réfugié, Perrin Marc, meurtrier de Jean Baillet trésorier du duc de Normandie (Gr. Chron., t. VI, p. 82).—Jean de Conflans, maréchal de Champagne, avait quitté le parti des États généraux après avoir été un de leurs commissaires élus. Depuis le mois de septembre 1357 jusqu’au 22 février 1358, jour où il fut massacré, Jean de Conflans figure parmi les principaux conseillers du dauphin (JJ86, no42; JJ87, nos34, 35).

[80]La substitution de Regnault d’Acy à Simon de Bucy est une heureuse correction apportée au texte primitif par les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22, qui contiennent l’interpolation relative au rôle de Pépin des Essarts dans la révolution du 31 juillet 1358 (cf. p. 97, 314). Regnault d’Acy, qui avait passé le détroit avec maître Étienne de Paris et Jean de Champeaux à la fin d’août 1357 (Rymer, vol. III, p. 368), était sans doute un de ceux qui rapportèrent d’Angleterre, le 27 janvier 1358, les bases d’un traité de paix projeté entre Jean et Édouard.

[81]Arleux ou Arleux-du-Nord, Nord, arr. Douai. Froissart a reproduit une erreur de Jean le Bel (Chron., t. II, p. 217) en plaçant la délivrance du roi de Navarre après l’assassinat des maréchaux. Le roi de Navarre sortit de sa prison d’Arleux dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 novembre 1357 (Gr. Chron., t. VI, p. 63; JJ86, no331; JJ89, no289), tandis que Regnault d’Acy et les maréchaux de Champagne et de Normandie furent massacrés trois mois plus tard, le jeudi 22 février 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 86 à 88; JJ86, no203).

[82]Le roi de Navarre avait eu soin de se préparer un auditoire favorable en arrachant à la faiblesse du dauphin, le 9 et le 15 décembre 1357, la mise en liberté de tous les criminels détenus tant au Châtelet que dans les autres prisons de Paris, y compris celles de l’abbé de Saint-Germain des Prés. JJ89, nos254 et 288; Secousse,Preuves, p. 64, 65, 68 à 70.

[83]Froissart s’est trompé (p. 99) en plaçant la Jacquerie peu après la délivrance du roi de Navarre, qui, comme nous venons de le voir, sortit de prison dans la nuit du 8 au 9 novembre 1357, tandis que la Jacquerie éclata six mois plus tard, le lundi après la Pentecôte, 21 mai 1358, selon les Grandes Chroniques de France et la Chronique de Jean le Bel (t. II, p. 219 à 223); Froissart a emprunté à ce dernier chroniqueur presque tout ce qu’il dit de la Jacquerie. V. notreHistoire de la Jacquerie, Paris, 1859, 1 vol. in-8.

[84]Guillaume Cale, roi des Jacques, n’était pas de Clermont, mais de Mello (Oise, arr. Senlis, c. Creil).

[85]Cet engagement, qui est décrit fort au long dans une chronique que nous avons publiée (Chronique des quatre premiers Valois, Paris, 1862, in-8, p. 73 à 75), se livra dès la fin de mai si, comme l’affirme la chronique déjà citée (p. 76), et celle de Jean de Venette (éd. de Geraud, t. II, p. 265 et 267), il est antérieur à l’attaque de Senlis par les nobles qui eut lieu «le jour de la beneisçon derrain passée» (dimanche, fête de la Trinité, 27 mai 1358). JJ86, no421.

[86]Le dauphin, qui prit le titre de régent le mercredi 14 mars 1358, quitta Paris deux mois avant le commencement de la Jacquerie; le dernier acte daté de cette ville que nous connaissions, est du 21 mars (JJ86, no8). Le 25 (Gr. Chron., t. VI, p. 99) et le 28 mars (JJ86, no58), il était à Senlis.

[87]Il est probable, quoique les chroniqueurs du temps n’en aient rien dit, que le régent et le roi de Navarre eurent ensemble un rendez-vous en vue d’une entente commune pour combattre les Jacques, car nous avons découvert trois actes émanés du régent en personne et datés deClermont en Beauvaisis, en mai1358 (JJ86, nos44, 528 et 529).

[88]V. sur ces travaux de fortification ce que dit Jean de Venette, éd. de Geraud, t. II, p. 257, 258.

[89]L’attaque du Marché de Meaux eut lieu le samedi 9 juin (JJ86, nos211, 274;Gr. Chron., t. VI, p. 113 à 115), le jour même où le régent, qui avait quitté Meaux au commencement de ce mois, arriva a Sens (Gr. Chron., t. VI, p. 112; JJ86, nos264, 463), après avoir passé le 7 à Montereau-Faut-Yonne (JJ86, no128). Les Parisiens étaient commandés par Pierre Gilles, épicier à Paris en la grande rue Saint-Denis, mais originaire de Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault, arr. Montpellier, c. Aniane): «un trahidor que avia nom Peyre Gili, de San Guilhem del Desert, que era de la part del dich rey de Navarra, devia aver los bens dels marchans de Montpellier e dels autres de Lengua d’Oc».Le petit thalamus de Montpellier, 1840, in-4o, p. 353.

[90]Gaston, III du nom, comte de Foix, vicomte de Béarn, surnomméPhœbus, succéda à Gaston II, son père, en 1343, et mourut en octobre 1391. Anselme, t. III, p. 349.

[91]Jean de Grailly, III du nom, captal de Buch, fils de Jean de Grailly, II du nom, et de Blanche de Foix, cousin germain, par sa mère, de Gaston Phœbus (Anselme, t. III, p. 370). Le comte de Foix et le captal étaient tous les deux attachés au parti de l’Angleterre (Rymer, vol. III, p. 278, 305). Le captal s’était distingué à Poitiers; mais la trêve conclue à Bordeaux le 23 mars 1357, avait fait aux partisans ou alliés de l’Angleterre des loisirs que le comte et le captal employaient, selon la mode du temps, à guerroyer contre les païens de la Prusse.

[92]Le régent, après avoir séjourné à Sens du samedi 9 au vendredi 15 juin, quitta cette ville dans la journée du 15 pour aller à Provins, d’où il se rendit à Château-Thierry, à la Ferté-Milon, à Gandelu (Aisne, arr. Château-Thierry, c. Neuilly-Saint-Front) et aux environs de Meaux, pour faire la chasse aux Jacques et les anéantir (JJ86, no146;Gr. Chron., t. VI, p. 117, 119). Il était en marche pour venir assiéger Paris et datait un acteen nostre ost de Chelles(Seine-et-Marne, arr. Meaux, c. Lagny) le 23 juin (JJ86, nos139, 140;Gr. Chron., t. VI, p. 119); il arriva au pont de Charenton le jeudi 28 juin (JJ90, no436), et son armée, forte de trente mille chevaux, était campée le lendemain 29 entre ce pont et le bois de Vincennes (Gr. Chron., p. 119;Mém. de la Sorbonne, 1869, p. 237).

[93]Le roi de Navarre vint à Paris et fut élu capitaine de cette ville le vendredi 15 juin (Gr. Chron., t. VI, p. 115 et 116).

[94]Le roi de Navarre, qui était parti de Paris le vendredi 22 juin pour faire une tentative contre Senlis (Gr. Chron., p. 118; JJ86, no460), s’établit à Saint-Denis au retour de cette expédition dans les derniers jours de juin (Gr. Chron., p. 119, 120).

[95]Par l’entremise de la reine Jeanne d’Évreux, veuve de Charles IV, dit le Bel, roi de France et de Navarre, dont elle avait été la troisième femme et tante de Charles le Mauvais, des conférences se tinrent pour la paix, l’une le dimanche 8 juillet, près de Saint-Antoine; l’autre fut entamée le samedi 14 du même mois et terminée par un accord le jeudi 19, sur un pont de bateaux que le régent avait fait construire entre les Carrières près Charenton où il était logé et Vitry (Gr. Chron., t. VI, p. 120 à 127;Mém. de la Sorbonne, 1869, p. 237 à 239). Marcel, à qui cet accord enlevait sa dernière espérance, adressa alors aux communes de Picardie et de Flandre la fameuse lettre en date du 11 juillet, que M. Kervyn de Lettenhove a publiée le premier d’après l’original conservé aux Archives d’Ypres. Voy. l’édition des Chroniques de Froissart publiée sous les auspices de l’Académie de Belgique, t. VI, p. 466 à 472.

[96]Cette rixe eut lieu le samedi 21 juillet. Voy.Gr. Chron., t. VI, p. 128 et 129.

[97]Marcel fit mettre en liberté ces prisonniers le vendredi 27 juillet, et cette mesure acheva de le ruiner dans l’esprit des Parisiens.Ibid., p. 131.

[98]Cette expédition se fit dans l’après-midi du dimanche 22 juillet, le lendemain du massacre des gens d’armes anglo-navarrais; le roi de Navarre y prit part bien à contre-cœur: il conduisait avec Marcel la colonne qui sortit par la porte Saint-Denis, et fit semblant d’opérer du côté de Montmartre.

[99]«Par un raffinement de perfidie, dit M. Perrens (Étienne Marcel, 1860, p. 299), on affectait de nommer ces mercenaires Anglais.»—Et plus loin (p. 300): «L’idée vint aux ennemis du prévôt d’appeler Anglais des hommes d’armes qui ne l’étaient pas.» Cette assertion est démentie, non-seulement par les chroniques contemporaines, mais encore ce qui est plus grave, par plusieurs actes du temps. Il est certain que des gens d’armes, Anglais de nation, comme leurs noms l’attestent, tenaient garnison à Creil et à Saint-Cloud dès le mois de juillet 1358. Par acte donné à Paris le 1erseptembre 1358, Charles régent accorda des lettres de rémission à Jean de Lens, chirurgien clerc, qui, ayant tué à Saint-Denis un soudoyer navarrais nommé Jacquemin Vincent, aurait été mis à mort si un écuyer anglais de la garnison de Saint-Cloud, nommé Charues Sefelc, que Jean de Lens avait en cure, n’avait demandé au roi de Navarre le dit chirurgien pour en faire sa volonté, et ne l’avait emmené avec lui à Saint-Cloud, «et là trouva nostre amé et feal chevalier et mareschal Rigaut de Fontaines, qui prison estoit d’un des Anglois qui au dit lieu estoient en garnison, et lequel encharga secretement au dit cirurgien à venir par devers nous pour nous venir dire certaines nouvelles du couvine de noz ennemiz, lequel y vint et nous trouva à Meaulz, où nous estions....» JJ86, no389.—Vers le 13 juillet 1358, Guillaume Chipay, Henry Houst et Jean Travers, tous Anglais de la garnison de Creil, occupèrent Poissy et prirent d’assaut la forteresse d’Argenteuil. JJ90, no351.

[100]La seconde rédaction, représentée par le manuscrit d’Amiens (p. 334), ne nomme que Jean Maillart, qui est aussi seul cité par Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 229). Les mss. A 8, 9, 15 à 17, 20 à 22 (p. 337, 338) substituent Pepin des Essarts et Jean de Charny comme chefs du parti du régent à Jean et à Simon Maillart, tout en faisant jouer un rôle très-notable à Jean Maillart dans le mouvement populaire qui amena la chute et la mort de Marcel. Dans un mémoire lu le 28 avril 1778, en séance publique de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Dacier s’était efforcé de prouver que la gloire de la révolution du 31 juillet 1358 est due, non à Jean Maillart, mais aux deux chevaliers Pepin des Essarts et Jean de Charny (Mém. de l’Académie des Inscriptions, t. XLIII, p. 563). M. Lacabane entreprit, en 1840, de réfuter Dacier (Bibl. de l’École des Chartes, t. I, p. 79 à 98). La conclusion de son très-savant travail est qu’à Jean Maillart et au peuple de Paris revient la principale part dans la révolution du 31 juillet 1358, et que Pepin des Essarts n’y a joué qu’un rôle secondaire (p. 97). M. Lacabane a tout à fait raison contre Dacier en ce qui concerne Jean de Charny; mais nous croyons que Pepin des Essarts, comme chef du parti jusque-là plus ou moins occulte du régent, et Jean Maillart, en se ralliant à ce parti avec éclat et en y entraînant ses amis après avoir été l’un des principaux adhérents de Marcel, jouèrent l’un et l’autre un rôle bien distinct, mais également marquant, également actif dans la révolution du 31 juillet 1358. Sur cette question, aucun témoignage ne saurait égaler l’autorité des Grandes Chroniques de France écrites sous l’inspiration de Charles V lui-même; or, les Grandes Chroniques (t. VI, p. 132) reconnaissent l’initiative distincte de Jean Maillart et de Pepin des Essarts, et placent ces deux personnages sur la même ligne. Ainsi fait le régent au lendemain même de la révolution du 31 juillet, lorsqu’il accorde des lettres de rémission en août 1358 à Hennequin le Flamand (JJ76, no196), à Nicolas le Flamand (JJ86, no209), «presentmessire Pepin des Essars, Jehan Maillartet plusieurs autres,» à Pierre de Lagny (JJ86, no206), «pour contemplacion de nos amez et feaulx chevalier et conseilliermessire Pepin des Essars et Jehan Maillart», lorsqu’il avait donné avant le 28 février 1359 (n. st.) les maisons de Robin du Castel sises à Paris «à messire Jehan de la Rivière, àmessire Pepin des Essars, chevaliers,nos chambellans, et à Martin des Essars, escuier de cuisine du roy» (JJ90, no49), lorsqu’il donne en août 1358 tous les biens confisqués de Guillaume Lefèvre à son amé et féal Jacquet des Essars, son huissier d’armes, «pour contemplacion de nostre amé et fealmessire Pepin des Essars, chevalier». JJ86, no197. Que devient en présence de ces textes l’assertion suivante (p. 91) de M. Lacabane: «Si la part que Pepin des Essars prit à cette révolution était aussi grande que le prétend M. Dacier,n’en eût-il pas été récompensé par le régent, et ne trouverions-nous pas encore aujourd’hui dans le Trésor des Chartes ou dans les autres collections du temps quelque pièce émanée de ce prince et qui nous ferait connaître les motifs et la nature même de cette récompense?Or, toutes mes recherches à ce sujet ont été infructueuses, et je puis presque affirmer qu’aucun témoignage de ce genre n’a jamais existéNI POUR LUIni surtout pour le chevalier Jean de Charny....»—Que dire à plus forte raison de ces phrases de M. Kervyn de Lettenhove: «Où retrouver messire Pepin des Essarts, si ce n’est dans Philippe des Essarts? Le prénom de Pepin était-il une abréviation de celui de Philippe? N’y a-t-il ici qu’un sobriquet que sa petite taille aurait expliqué? Froissart parle ailleurs de messire Pepin de Werre. Ne s’appelait-il pas aussi Philippe?»Œuvres de Froissart, Chroniques, Introduction, IIeet IIIeparties (1873), p. 95.

[101]Froissart attribue la révolution du 31 juillet àl’inspiration divine(p. 115, 334, 337); le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 131), «à Dieu qui tout voit, qui vouloit la dite ville sauver.» Dans ce dernier ouvrage, dont le témoignage a une importance exceptionnelle, comme aussi dans une lettre confidentielle du régent au comte de Savoie, dont il sera question plus loin, on ne dit ou on ne laisse entendre nulle part que cette révolution eût été concertée à l’avance entre le régent et Jean Maillart et Pepin des Essarts qui s’en firent les chefs. Quelques jours seulement avant le 31 juillet, le duc de Normandie traitait encore Jean Maillart comme un rebelle et confisquait ses biens qu’il donnait au comte de Porcien (JJ86, no151). Si, comme on l’a prétendu, cet acte n’était qu’une fiction, si la révolution qui renversa Marcel avait été concertée entre ses chefs et le régent, n’est-il pas évident que celui-ci aurait dû se tenir le plus près possible du théâtre des événements pour en profiter? Eh bien! le duc de Normandie fit tout le contraire. Dès le vendredi 20 juillet, il leva son camp du pont de Charenton pour aller au Val-la-Comtesse; et le lendemain de la mort de Marcel, c’est-à-dire le mercredi 1eraoût, il n’était pas au pont de Charenton, comme Froissart le dit par erreur, mais à Meaux d’où il a daté plusieurs actes (JJ86, no192; JJ90, no107). Dans la lettre qu’il adressa le vendredi 31 août 1358 à Amé VI, comte de Savoie, son beau-frère (Amé, surnomméle Vert, avait épousé en août 1355 Bonne de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, duchesse de Normandie), dans cette lettre, dis-je, publiée pour la première fois par M. Combes (Mémoires lus à la Sorbonne par divers savants, année 1869, p. 236 à 242), le régent affirme aussi qu’il était à Meaux le jour où s’accomplit la révolution qui renversa Marcel: «Et tantost après la dite delivrance (des gens d’armes anglais mis en prison par les bourgeois de Paris),nous estans toujours à Meaulx, fu traictié entre le dit roy (de Navarre), le dit prevost des marchans et autres traitres que, le mardi au soir dernier jour de juillet dernier passé (31 juillet), icelli roy et les dis Anglois entreroient en la dite ville par nuit.... Et, ces choses faites, le dit peuple et nos bons amis et subgiés de Parisenvoièrent par devers nousa Meaulx». Le régent ne fit son entrée à Paris que le jeudi 2 août (JJ86, no431;Gr. Chron., t. VI., p. 134). V.Bibliothèque de l’École des Chartes, t. XVIII (1856-1857), p. 415 à 426; t. XXI (1859-1860), p. 73 à 92, 241 à 282;Revue critique, nodu 2 août 1873, p. 82 à 87.

[102]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 229 à 233, 236 à 243.

[103]Marcel avait été tué le mardi 31 juillet. Dès le lendemain mercredi 1eraoût, le roi de Navarre concluait avec les Anglais un traité d’alliance, rapporté par erreur dans Rymer (vol. III, p. 228) au 1eraoût 1351, mais auquel Secousse a restitué le premier avec beaucoup de sagacité sa véritable date (Hist. de Charles le Mauvais, p. 318, note 1). Ce traité, qui était de la part du roi d’Angleterre une violation aussi déloyale que flagrante de la trêve de Bordeaux, reconnaissait les droits d’Édouard III sur le royaume de France en même temps qu’il assurait au roi de Navarre le comté de Champagne et de Brie. Il y avait une réserve relative au duché de Normandie, au comté de Guines et au bailliage d’Amiens; les deux rois devaient décider de la possession de ces provinces à leur première entrevue. Les plénipotentiaires du roi de Navarre qui signèrent ce traité étaient Martin Henriquez, Jean et Robert de Picquigny, Pierre de Saquainville, Jean de Fricamps et Jean Ramirez. Les négociations préparatoires d’un acte aussi important purent-elles avoir lieu sans qu’il en transpirât quelque chose dans Paris, et n’eurent-elles pas une certaine influence sur la révolution du 31 juillet? Quoi qu’il en soit, le contenu du traité du 1eraoût montre le but où le roi de Navarre voulait entraîner la France et permet de juger en parfaite connaissance de cause la politique dont Marcel se faisait l’instrument. Pour prouver que ce traité est bien daté, non du 1eraoût 1351, comme Rymer l’a imprimé par une faute de lecture, mais du 1eraoût 1358, il suffit de citer la phrase suivante: «Et ceuls qui à present tienent places ès parties de Normandie et d’ailleurs, les tendront et garderont jusques à tant que les deux seigneurs aient ordené et acordé,except les pons et places dePoissyet deSaint Clouet de toutes autres forteresces et places qui ont esté prinses et occupéesdepuis que le dit roy de Navarre manda les genz d’Engleterre derreiner a venir devers lui....» Le 1eraoût 1351, le roi de Navarre était dans les bonnes grâces du roi Jean qui lui avait fait épouser sa fille et l’avait institué son lieutenant général dans le Languedoc; de plus, les Anglais n’étaient ni à Poissy ni à Saint-Cloud, tandis qu’ils occupaient au contraire ces forteresses, comme on l’a vu plus haut (p.XXXII, note 2), le 1eraoût 1358.

[104]Le château de Melun fut occupé par trois cents hommes d’armes navarrais le samedi 4 août 1358, le lendemain du défi porté par le roi de Navarre au régent; les Navarrais s’emparèrent le lendemain du quartier de la ville situé sur la rive gauche de la Seine, du côté du Gâtinais comprenant les paroisses de Saint-Ambroise et de Saint-Étienne; le quartier situé sur la rive droite, du côté de la Brie, où se trouve la paroisse de Saint-Aspais, resta seul français. JJ86, nos219, 505, 458, 469, 257, 461, 407, 475, 478, 479, 486.

[105]Le roi de Navarre était à Mantes le 9 août 1358, jour où il envoya à Paris une lettre close adressée à maître Jean Danet, chanoine de la Sainte-Chapelle (JJ86, no595). Le samedi 11 août, il attaqua l’église fortifiée de Notre-Dame de Pontoise défendue par un bourgeois nommé Pierre Boyvin, capitaine de la garnison (JJ86, no228). Voyez sur l’occupation de Mantes par les Navarrais: JJ87, no346; JJ90, nos224, 432.

[106]Seine-et-Oise, arr. Versailles. En octobre 1358, Charles régent accorda des lettres de rémission aux habitants d’Ableiges (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Santeuil (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Sagy (ibid.), deCourtemanche(Courdimanche, Seine-et-Oise, arr. et c. Pontoise), de Puiseux (ibid.), de Villeneuve-Saint-Martin (auj. hameau d’Ableiges), de Courcelles (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), de Cergy (Seine-et-Oise, arr. et c. Pontoise), de Montgeroult (Seine-et-Oise, arr. Pontoise, c. Marines), et de Boissy (Boissy-l’Aillerie, arr. et c. Pontoise), en la prévôté de Pontoise, qui s’étaient rançonnés aux Navarrais de Meulan. JJ86, nos484 et 485.—JJ90, no161.

[107]Seine-Inférieure, arr. Dieppe. Le comté d’Eu appartenait à Jean d’Artois, du chef de sa femme Isabelle de Melun, comtesse de Dreux. JJ90, no153.

[108]Saint-Valery-sur-Somme, Somme, arr. Abbeville, sur la rive gauche et près de l’embouchure de la Somme. Saint-Valery-sur-Somme fut pris peu avant le mois d’octobre 1358, date de lettres de rémission accordées par le régent aux maire et échevins d’Abbeville qui avaient mis à mort sans jugement régulier un bourgeois de leur ville nommé Godin le Canoine, accusé d’avoir voulu livrer par trahison, moyennant 3000 écus d’or du coin du roi Jean, Abbeville aux ennemis. «.... Cum nuper, dumNOVISSIMEdicti domini genitoris ac nostri inimici ad partes Picardie accessissent, ac villam et castrum Sancti Wallerici, a dicta villa Abbatisville per quatuor leucas duntaxat distantia, accepissent....» JJ86, no473; JJ90, no386.

[109]Oise, arr. Senlis, sur la rive gauche de l’Oise. Creil était occupé dès le mois de juillet 1358 par les Anglo-navarrais. Nous avons recueilli quinze pièces inédites sur l’occupation de Creil. JJ86, no481; JJ90, nos214, 127, 184, 201, 82, 385, 388, 407; JJ105, no362; JJ108, no17; JJ112, no155; JJ106, no203.—C’est pour résister aux Anglo-navarrais de Creil que les habitants de Longueil-Sainte-Marie (Oise, arr. Compiègne, c. Estrées-Saint-Denis) et des environs de Compiègne s’organisèrent sous la direction d’un simple paysan qui fut le véritable héros de ces tristes guerres. Jean de Venette a raconté en quelques pages inspirées les exploits de ce paysan (éd. de Geraud, t. II, p. 288 à 293) qu’il appelleGuillelmus de Alaudis, ce que Geraud (Ibid., p.XLII) et à son exemple tous nos historiens ont traduit parGuillaume l’Alouetteouaux Alouettes. Nous avons eu la bonne fortune de découvrir un document authentique qui restitue à cet obscur héros la forme exacte de son nom, en même temps qu’il confirme l’éloquent récit de Jean de Venette. Le capitaine de Longueil, celui qui le premier arma avec succès les paysans pour la défense du sol envahi s’appelait Guillaume l’Aloue. Voici, en effet, ce qu’on lit dans des lettres de rémission accordées par Charles V en avril 1376 à Henri Stadieu de Wagicourt (auj. hameau d’Allonne, Oise, arr. et c. Beauvais): «.... Comme jà piecà au temps des grans guerres, descors et discensions qui estoient ou pais de Beauvoisin et environ, le dit suppliantse feust mis pour nous servir soubz le gouvernement deGuillaumel’Aloe,faisant guerre à l’aide des bonnes genz du pais aus ennemis estanz ou dit pais, pour l’onneur et prouffit de nous lors regent le royaume; ausquelx ennemis par lui et les siens fu porté très grant dommaige en plusieurs lieux, tant à Longueil Sainte Mariecomme ailleurs....» JJ108, no350, fo197.

[110]Oise, arr. Clermont, c. Breteuil, un peu au sud-ouest de Montdidier. JJ90, nos400, 617; JJ105, nos226, 541; JJ114, no87.

[111]La forteresse de Mauconseil était située dans les environs de Noyon (Oise, arr. Compiègne). JJ90, nos137, 159; JJ115, no250.

[112]Gilles de Lorris, promu à l’évêché de Noyon en février 1352, mort le 27 novembre 1388 (Gallia Christiana, t. IX, col. 1017), était fils de Robert de Lorris favori du roi Jean; il avait fait fortifier Noyon en juin 1358 (JJ88, no87).

[113]Ourscamps-le-Petit, auj. château de la commune de Larbroye, Oise, arr. Compiègne, c. Noyon.

[114]Oise, arr. Compiègne, c. Noyon.

[115]Gilles de Lorris, qui avait été acheté par le roi d’Angleterre, s’engagea, par lettres datées de Boulogne le 22 octobre 1360 (Rymer, vol. III, p. 512), à payer à Édouard pour sa rançon 9000 écus d’or du coin du roi Jean, 50 marcs d’argent de Paris ouvrés et un bon coursier du prix de 100 moutons d’or. Jean, comte de Tancarville, vicomte de Melun, chambellan de France et de Normandie, et Robert de Lorris, seigneur d’Ermenonville, chevalier, se portèrent caution pour ledit évêque du payement de cette somme. Toutefois nous voyons, par un accord conclu à Noyon en mai 1360 entre l’évêque et son chapitre au sujet d’une grange sise à Ercheux (Somme, arr. Montdidier, c. Roye) près la résidence épiscopale dont le chapitre réclamait la restauration aux frais de l’évêque, que Gilles de Lorris avait été déjà mis en liberté à cette date. «Et nos episcopus dicebamus et proponebamus destructionem et granorum levationem factas fuissetempore quo nos detinebamur prisonarius in carceribus inimicorum....» JJ88, no118.

[116]Froissart commet une erreur (p. 125, 344), en rapportant, d’après Jean le Bel (t. II, p. 251), la défaite de Mauconseil au mardi après la Notre-Dame mi-août, qui, ajoute Froissart, fut un samedi. En 1358, la Notre-Dame ou l’Assomption ne tomba pas un samedi, mais un mercredi. L’affaire de Mauconseil eut lieu, non le mardi 21 août, mais le jeudi 23 août 1358.Gr. Chron., t. VI, p. 138.—JJ86, no376; JJ97, no358; JJ90, no46.

[117]Abbaye d’hommes de l’ordre de Cîteaux au diocèse de Noyon. Le nom de cette abbaye est resté à la commune de Chiry-Ourscamps (Oise, arr. Compiègne, c. Ribecourt) où l’on en voit encore les ruines.

[118]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons. Cette forteresse, située aux environs de Soissons, un peu à l’est de cette ville, commandait le cours moyen de l’Aisne; elle fut occupée par les Anglo-navarrais de septembre 1358 à la fin de 1359. Nous avons recueilli huit pièces inédites relatives à cette occupation. JJ90, nos111, 130, 165, 166, 174, 275, 296, 484.

[119]Le 24 août 1358, le régent avait établi son très-cher et très-amé cousin Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol, lieutenant du roi ès parties de Picardie et de Beauvaisis (JJ90, no46).

[120]Ce coup de main de Jean de Picquigny contre Amiens fut tenté le dimanche 16 septembre 1358. Nous avons recueilli vingt pièces, la plupart inédites, relatives aux acteurs et aux incidents de cette affaire. JJ90, nos99, 66, 46, 169, 167, 498, 81; JJ86, nos604bis, 620; JJ90, nos44, 92; JJ86, no602; JJ90, nos53, 87; JJ86, no610; JJ90, nos113, 168, 170, 394, 403, 541. Cf.Gr. Chron., t. VI, p. 140.

[121]Abbaye d’hommes de l’ordre de Cîteaux au diocèse d’Amiens (auj. couvent et château de la commune de Crouy, Somme, arr. Amiens, c. Picquigny). Cet abbé, dont le nom ne figure pas sur la liste des abbés du Gard donnée par leGallia Christiana(t. X, col. 1332) serait-il le même que «maistre Guillaume le Mareschal, justicié pour ses demerites» dont une maison sise à Amiens en la rue de Coquerel fut confisquée et donnée par le régent à Jean Maniart le 3 mars 1359? JJ90, no87.

[122]Le complot de Laon, ourdi sans doute à l’instigation de Robert le Coq, alors réfugié auprès du roi de Navarre, dut coincider avec la tentative de Jean de Picquigny contre Amiens, car une des pièces qui se rapporte à ce complot est datée du mois d’octobre 1358 (JJ86, no446). Les chefs du complot étaient Colard dit Boine, autrement de Coulgis (hameau de Marchais, Aisne, arr. Château-Thierry, c. Condé-en-Brie), clerc marié, qui avait été l’un des commissaires généraux élus par les États en 1357 (JJ86, no446), Robert de Lusaut (JJ86, no559), Guillaume, dit Mauvinet, clerc tonsuré (JJ90, no212), un chanoine de Laon nommé Oudart du Lointel (JJ90, no475). Ils furent exécutés, et la tête de Colard de Coulgis était encore suspendue au bout d’une lance au-dessus d’une des portes de Laon en février 1359 (JJ90, no14). Toutefois, le régent accorda des lettres de rémission à Gobert de Coulgis, bachelier ès lois, fils de Colard (JJ90, no35) et à maître Raoul d’Ailly, familier de Robert le Coq qui l’avait fait nommer conseiller du roi et maître en la Chambre des Comptes à Paris, lequel Raoul avait été mis en prison par le sire de Coucy au château de Saint-Gobain (JJ86, no514).

[123]Le château de Clermont fut pris le lundi 18 novembre 1359 par le captal de Buch, cousin et ami du roi de Navarre, à la faveur ou au moins pendant la durée d’un sauf-conduit que le régent, à la prière de Charles le Mauvais, avait accordé au dit captal (Gr. Chron., t. VI, p. 164, 165).

[124]En 1374 «Bernard de la Salle, à grant compagnie d’Anglois, estoit logié à Chalomo» en Bourgogne (Chalmoux, Saône-et-Loire, arr. Charolles, c. Bourbon-Lancy) JJ112, no263.

[125]Robert Knolles s’empara de Châteauneuf-sur-Loire (Loiret, arr. Orléans, sur la rive droite de la Loire) en octobre 1358 (Gr. Chron., t. VI, p. 142; JJ90, nos48, 389). Knolles chevaucha ensuite en Puisaye, où il occupa Malicorne (Yonne, arr. Joigny, c. Charny). On peut voir au sujet de l’occupation de cette dernière forteresse JJ90, nos51, 155, 566; JJ107, no169.

[126]Auxerre, entouré de tous les côtés dès la fin de 1358 de forteresses occupées par les Anglais, telles que Ligny-le-Châtel à l’est, la Motte Joceran et Malicorne à l’ouest, Regennes, la Motte de Champlost, Champlay et Aix-en-Othe au nord, Auxerre, dis-je, fut pris et saccagé le dimanche 10 mars 1359 par Robert Knolles, qui avait concentré à Regennes (auj. commune d’Appoigny, à deux lieues au nord d’Auxerre) toutes les garnisons anglaises des environs pour opérer ce coup de main. Les vainqueurs n’évacuèrent la ville que le mardi 30 avril suivant, moyennant une rançon de 40 000 moutons et de 40 000 perles du prix de 10 000 moutons et à condition qu’on leur engagerait les joyaux de l’église Saint-Germain-d’Auxerre jusqu’au parfait payement de la dite rançon. Le 10 avril 1370, Robert Knolles, sire de Derval et de Rougé,par remords de conscience et en considération du pape Urbain V, fit remise aux habitants d’Auxerre des 40 000 florins d’or au mouton qu’il avait levés jadispour le rachat du feu, du glaive et du pillage de la dite ville, cité et faubourgs d’Auxerre(Mém. pour l’Histoire d’Auxerre, éd. Quantin et Challe, t. IV, p. 194).

[127]Le château de Beaufort était situé sur le territoire de la commune actuelle de Montmorency (Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Chavanges). La seigneurie de Beaufort avait passé en 1269 dans la maison de Lancastre par suite du mariage de Blanche d’Artois, veuve de Henri le Gros, dernier comte de Champagne, avec Edmond de Lancastre, frère d’Édouard Ier, roi d’Angleterre. Après que le Montmorency de l’Ile-de-France eut été érigé en duché d’Enghien au profit du prince de Condé et en souvenir de l’Enghien du Hainaut (Belgique, prov. Hainaut, à 31 kil. de Mons), Charles-François-Frédéric de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, qui avait acheté la terre de Beaufort, devenue un duché en 1597, du duc de Vendôme et de Beaufort, arrière-petit-fils de Gabrielle d’Estrées, fit ériger cette terre en duché-pairie sous le nom de Beaufort-Montmorency en mai 1688 et octobre 1689. C’est ainsi que le nom de Montmorency est seul resté dans l’usage moderne pour désigner le Beaufort du moyen âge (Arch. nat., t. 144, no4;Musée des Archives, 1867, p. 535, 536).

[128]Marne, arr. Reims, c. Ville-en-Tardenois. Le château de Rosnay, qui commandait la route de Soissons à Reims, était déjà occupé par les Anglo-navarrais le 11 novembre 1358 lorsque le régent nomma Jean de Fismes capitaine de la tour et de la ville de Fismes (Marne, arr. Reims). Cette forteresse était redevenue française avant le mois de mars 1360. JJ90, no484.

[129]Marne, arr. et c. Sainte-Menehould.

[130]Sainte-Menehould (auj. chef-lieu d’arr. de la Marne), sur l’Aisne, commandait le cours supérieur de cette rivière. Dès la fin de 1356, Cibuef de Chaponnières avait voulu livrer cette forteresse aux Anglais (JJ84, no627). Jean de Rueil, gardien du château pour le roi de France (JJ91, no226), fit abattre un four situé rue de Lanche ès faubourgs de Sainte-Menehould et appartenant aux religieux bénédictins de Moiremont (Marne, arr. et c. Sainte-Menehould), dans la crainte que les ennemis ne vinssent l’occuper. JJ90, no553.

[131]Eustache tirait son nom de la seigneurie d’Auberchicourt, aujourd’hui chef-lieu de canton du dép. du Nord, situé sur la rivière d’Escaillon, dans l’arr. et à 12 kil. de Douai.

[132]JJ92, no255.

[133]Pont-sur-Seine ou Pont-le-Roi (Aube, arr. et c. Nogent-sur-Seine), un peu à l’est de Nogent-sur-Seine près du confluent de la Seine et de l’Aube. Il est fait mention de l’occupation de Pont-sur-Seine par les Anglais dans un arrêt du 23 décembre 1359 (Arch. nat., sect. jud., X2a6, fo438). Jean de Segur, qui est mentionné dans plusieurs actes comme capitaine de Pont-sur-Seine (JJ90, nos521-630; JJ112, no253), occupa sans doute cette forteresse en mai 1359 après l’évacuation de Saint-Valery.

[134]Marne, arr. et c. Épernay. JJ97, no189.

[135]Marne, arr. Épernay, c. Montmort. Les Anglo-navarrais occupaient aussi la forteresse du parc de Lachy (Marne, arr. Épernay, c. Sézanne). JJ89, no479; JJ107, no104.

[136]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Fère-en-Tardenois, au sud-est de Soissons. Cette forteresse fut occupée depuis la fin de 1358; les ennemis l’avaient évacuée avant le mois de mars 1360. Nous avons recueili six pièces inédites relatives à cette occupation (JJ90, nos208, 215, 216, 220, 221, 484).

[137]Marne, arr. Épernay, c. Dormans. La forteresse de Troissy, située sur la rive gauche de la Marne, commandait la route de Château-Thierry à Épernay. Nous pouvons signaler cinq pièces inédites relatives à l’occupation de Troissy par les Anglo-navarrais depuis la fin de 1359 jusqu’au commencement de 1360. JJ90, nos286, 435; JJ97, no189; JJ107, no104; JJ109, no243.

[138]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Méry-sur-Seine. Le seigneur de Plancy tenait alors garnison dans un autre de ses châteaux nommé Praslin (Aube, arr. Bar-sur-Seine, c. Chaource). JJ90, no530.

[139]Haute-Marne, arr. Langres, c. Prauthoy. Le dimanche 28 juillet 1353, Jean de Chauffourt (Haute-Marne, arr. Langres, c. Montigny-le-Roi), chevalier, et Thibaud son frère envahirent et pillèrent Langres aux cris de: «Guyenne! Guyenne! Angleterre! Ville gagnée!» JJ82, no216.—Vers 1359, Guillaume de Poitiers, évêque de Langres, fit décapiter plusieurs de ses vassaux «pour ce qu’il avoient traictié avec Guillempot, capitaine d’une route de genz d’armes de compaignie, de lui bailler et faire avoir le chastel de Montsaujon qui est de l’evesque de Langres.» JJ114, no194.

[140]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons. Voy. plus haut, p.XXXIX,note 118. Pont-Arcy (Aisne, arr. Soissons, c. Vailly) et Courlandon (Marne, arr. Reims, c. Fismes) étaient aussi à la même époque au pouvoir des ennemis. JJ90, no484; JJ97, no581.

[141]Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel-sur-Aisne. Froissart a emprunté ce récit à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 238). Voyez sur l’occupation de Roucy JJ88, no112.

[142]Aisne, arr. Laon, c. Marle.

[143]Aisne, arr. Laon.

[144]Aisne, arr. Laon, c. Anizy-le-Château.

[145]D’après Froissart, dont le récit a été adopté par tous les historiens (Secousse,Hist. de Charles le Mauvais, p. 361 à 367; Anselme, t. VI, p. 166; Sismondi, t. X, p. 546 et 547; H. Martin, t. V (1839), p. 573; Garnier,Bibl. de l’École des Chartes, t. XIII, p. 32 et 33), Robert, sire de Fiennes, connétable de France et le comte de Saint-Pol auraient tenu siége devant Saint-Valery depuis le mois d’août 1358 jusqu’au carême (mars-avril) 1359. Ce siége de sept mois n’est qu’une fable qui ne résiste pas à l’examen des actes du temps. Saint-Valery ne devait pas être investi par les Français dès le mois d’août 1358, puisque, vers le 25 décembre de cette année, on faisait à Abbeville une garde très-sévère «... pour garder le pas de la revière de Sommeau lés devers Saint Valery....» JJ90, no213.—Quant à la présence du connétable de France à ce siége, les actes établissent que Robert, sire de Fiennes, dit Moreau, était à Paris en août (JJ86, no334), en octobre (JJ87, no99), à Crécy-en-Brie en novembre (JJ231, no14), à Paris le 6 décembre (JJ90, no171; JJ86, no587), à Saint-Quentin le 22 décembre (JJ89, no436) 1358; à Tournay où il réprima une émeute le 4 janvier (JJ88, nos57, 92), à Arras le 27 février (JJ90, no393), enfin à Saint-Omer le 15 mars (JJ90, no417) 1359. D’ailleurs, c’est seulement le 6 décembre 1358 que le sire de Fiennes avait été nommé lieutenant du roi et du régent en Picardie, Vermandois et Beauvaisis (JJ90, no171).—Quant à Gui de Châtillon, comte de Saint-Pol, nommé le 24 août 1358 lieutenant du roi et du régent ès parties de Picardie et de Beauvaisis (JJ90, no46), il était à Amiens le 21 septembre (JJ90, no99), le 2 octobre (JJ90, no66), le 3 octobre (JJ90, no46), le 10 novembre (JJ90, no169), à Arras le 23 novembre (JJ90, no167), enfin à Saint-Pol le 28 décembre (JJ90, no498) 1358.—Nous avons découvert trois actes, émanés de Robert, sire de Fiennes, connétable de France, lieutenant du roi et du régent ès parties de Picardie, de Vermandois et de Beauvaisis, datés «en l’ostdevant Saint-Valery» le 1er(JJ88, no110), le 10 (JJ90, no179) et le 17 (JJ90, no311) avril 1359. Un autre acte du sire de Fiennes est daté de Ham en Vermandois le 29 avril 1359 (JJ90, no120). Du rapprochement de tous ces faits on peut conclure avec certitude que Saint-Valery fut assiégé par les Français et évacué par les Anglo-navarrais entre le 15 mars et le 29 avril 1359.

[146]Somme, arr. Abbeville, c. Ailly-le-Haut-Clocher, sur la rive droite de la Somme, entre Abbeville et Amiens. Avant de tenir garnison à Creil, Jean de Picquigny s’était emparé du château de Long et l’avait occupé quelque temps. En mai 1360, Charles régent accorda des lettres de rémission à Thomas du Pont de Remi, curé de Rivières au diocèse d’Amiens (auj. hameau de Longpré-Les-Corps-Saints, Somme, arr. Abbeville, c. Hallencourt), qui avait servi Jean de Picquigny comme chapelain de l’hôpital de Long. JJ90, no554.

[147]Auj. hameau de 76 hab. de la commune du Haucourt, Aisne, arr. Saint-Quentin, c. le Catelet, un peu au nord de Saint-Quentin.

[148]Auj. hameau de 643 hab. de la commune de Pontru, Aisne, arr. Saint-Quentin, c. Vermand, à la source de l’Omignon, affluent de la rive droite de la Somme et un peu à l’ouest de Fonsomme où cette dernière rivière prend sa source.

[149]Bohain-en-Vermandois, Aisne, arr. Saint-Quentin.

[150]Vailly-sur-Aisne, Aisne, arr. Soissons.

[151]Auj. Notre-Dame-de-Liesse, Aisne, arr. Laon, c. Sissonne, un peu au nord-est de Laon.Lience, du latinLientia, est l’ancienne et bonne forme de ce nom de lieu;Liessen’est qu’une corruption amenée par une certaine similitude deLienceavecliesse(lætitia, joie) et consacrée à la longue par la piété plus fervente que soucieuse de l’étymologie des nombreux pèlerins qui depuis le quinzième siècle ont fréquenté ce célèbre sanctuaire. La formeLeesse,Liesse, apparaît pour la première fois dans un texte de 1411. Matton,Dictionnaire topographique de l’Aisne, Paris, 1871, in-4o, p. 151.

[152]Froissart dit (p. 144, 147) que Robert Knolles faisait partie de cette expédition; c’est une erreur que notre chroniqueur a corrigée dans le manuscrit d’Amiens ou seconde rédaction. La chevauchée de Philippe de Navarre en Picardie et en Vermandois eut lieu dans la seconde quinzaine d’avril; or, Robert Knolles, qui, comme nous l’avons vu, avait pris Auxerre le dimanche 10 mars 1359, resta dans sa nouvelle conquête tout le mois d’avril suivant (Gr. Chron., t. VI, p. 150) et ne quitta l’Auxerrois pour retourner à Châteauneuf-sur-Loire que le dernier jour d’avril ou dans les deux premiers jours de mai (Ibid., p. 151).

[153]Aisne, arr. Laon. Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 238, 239), que suit ici Froissart, dit que Sissonne fut pris peu après Pâques (21 avril) 1359. Par acte daté du Louvre en octobre 1359, Charles, régent, accorda des lettres de rémission aux habitantsde la paroisse de Pourvais et du secours, c’est assavoir Pourvais(Prouvais, Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel) etPourviser(Proviseux-et-Plesnoy, Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel), qui s’étaient rançonnés à 6 tonneaux d’avoine et à 4 ânées de bled aux ennemis des forteresses de Sissonne et de Roucy. JJ90, no316.

[154]Jean le Bel, à qui Froissart emprunte ces détails, ajoute: «Encores y estoit il (Robert II, comte de Roucy),quant cil escript fut fait, l’an LIX ou moys de may.»Chroniques, t. II, p. 239.—D’après la chronique inédite de Jean de Noyal (Aisne, arr. Vervins, c. Guise), abbé de Saint-Vincent de Laon (Bibl. nat., dép. des mss., fonds français, no10 138, fo170 vo), ce combat fut livré entreSevigny(auj. Sevigny-Waleppe, Ardennes, arr. Rethel, c. Château-Porcien, au nord-est de Roucy) etla Val le Roy(abbaye marquée sur la carte de Cassini entre Sevigny-Waleppe au nord et Saint-Quentin-le-Petit au sud).

[155]Le mariage fut célébré à Wingham, dans le comté de Kent, le 29 septembre 1360.

[156]Froissart dit (p. 160 et 161) que le duc de Normandie ne vint pas en personne au siége de Melun, et il ajoute que les deux capitaines du château pour le roi de Navarre étaient James Pipes et Jean Carbonnel. Ces deux erreurs ont été corrigées dans les manuscrits A 8, 9, 15 à 17, qui contiennent l’interpolation relative à Pepin des Essarts (p. 370). La présence du régent au siége de Melun est attestée par un grand nombre d’actes, datés de cette ville, qui contiennent la formule:par monseigneur le regent, actes rendus le 19 juin (JJ90, no187), le 23 juin (JJ90, no199), le 26 juin (JJ87, no351),en nostre host de Melunau mois de juillet (JJ90, no374), le 26 juillet (JJ90, no219) 1359. D’un autre côté, Martin Henriquez et le Bascon de Mareuil sont mentionnés comme capitaines de Melun pour le roi de Navarre dans des lettres de rémission accordées par le régent en décembre 1358 au capitaine et aux habitants de la Ferté-Alais (Seine-et-Oise, arr. Étampes), qui s’étaient rançonnés aux Navarrais de Melun moyennant 500 deniers d’or au mouton, 50 queues de vin et 50 queues d’avoine, d’orge ou de froment (JJ86, no505). Le siége de Melun, qui dura depuis le 18 juin jusqu’au mercredi 31 juillet 1359, nécessita un grand déploiement d’artillerie. Dès le 17 juin, l’Hermite de Bachevilier, capitaine de Saint-Maur et de la Queue-en-Brie, donnait quittance à Jean de Lyons de 20 000 carreaux, de 10 000 viretons, de 18 falots, de 600 tourteaux et dedeux grans canons garniz de poudre et de charbon et de plommées(Bibl. nat., Titres scellés, vol. IX, fo483;Bibl. de l’École des Chartes, t. VI, p. 52). Du Guesclin était au siége de Melun (JJ87, nos349, 350), où il se retrouva en face du Bascon de Mareuil, qui lui avait donné une si chaude alerte en attaquant de nuit Pontorson le 17 février 1358 (JJ87, no90). C’est alors aussi que la dame d’Andrezel refusa de sauter par-dessus un bâton malgré l’invitation de son mari.Ménagier de Paris, éd. Pichon, t. I, p. 148 à 153.

[157]Ce traité de paix fut conclu, non à Vernon, comme le dit Froissart par erreur (p. 162, 371), mais à Pontoise le mercredi 21 août 1358.Grandes Chroniques, t. VI, p. 155 à 160; Secousse,Preuves, p. 154 à 159.

[158]Froissart commet une erreur en appelant ce capitaine Thomas d’Agworth (p. 163, 371); c’est Thomas de Holland, qui avait été nommé capitaine de Saint-Sauveur dès le 10 octobre 1358, et qui remplit ces fonctions jusqu’à la donation de cette seigneurie faite par Édouard à Jean Chandos entre le 8 mai et le 24 octobre 1360. Delisle,Hist. de Saint-Sauveur, p. 112, 113.


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