[159]Le mariage de Jean, VI du nom, comte de Harcourt, auquel Froissart (p. 63) donne à tort le prénom deGuillaume, avec Catherine de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, duchesse de Normandie, fut célébré au Louvre le lundi 14 octobre 1359.Grandes Chroniques, t. VI, p. 164.CHAPITRE LXXXII[160]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 239 à 246.[161]Cette trêve, conclue le 23 mars 1357, prorogée pour deux ans à partir du jour de Pâques (9 avril) suivant, expira sans doute à Pâques 21 avril 1359. Rymer, vol. III, p. 348 à 351.[162]Henri II de Poitiers (1354-25 août 1370).[163]Marne, arr., et c. Sainte-Menehould. Jean le Bel, dont la Chronique est la source où Froissart a puisé ces détails, dit que le château de Hans fut pris vers la Saint-Jean (24 juin) 1359, et que le capitaine nommé Jacques Senak offrit 16 000 écus pour sa rançon.Chron., t. II, p. 240.[164]La veille de la fête Saint-Jean-Baptiste tomba, en 1359, le dimanche 23 juin. Jean le Bel donne une date moins précise; il dit seulement que la défaite d’Eustache eut lieu dans la même semaine que la prise de Hans (Ibid., p. 240, 241). On trouve des détails fort curieux sur le combat de Nogent-sur-Seine dans une donation, en date du 13 juin 1363, d’une maison sise à Laon, à François d’Aunoy, huissier du Parlement (JJ92, no255, fo76 vo). A la suite de cette affaire, Robert, sire de Fiennes, connétable de France, qui était au siége de Melun, se rendit à Troyes, où il accorda, le 11 juillet 1359, des lettres de rémission à Pierre de la Capelle, maire de Hesdin (JJ90, no328).[165]Pont-sur-Seine ou Pont-le-Roi, Aube, arr. et c. Nogent-sur-Seine.[166]Torcy-le-Grand, Aube, arr. et c. Arcis-sur-Aube.[167]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Fère-en-Tardenois.[168]Méry-sur-Seine, Aube, arr. Arcis-sur-Aube.[169]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Méry-sur-Seine.[170]Jean de Segur n’était pas capitaine de Nogent, comme Froissart le dit par erreur (p. 174), mais de Pont-sur-Seine. JJ90, nos521, 630.[171]Aube, arr. Bar-sur-Seine, c. Mussy-sur-Seine.[172]Jean de Picquigny mourut en mai ou juin 1359, carà la fin d’avrilil prenait part à la chevauchée de Philippe de Navarre à travers la Picardie et le Vermandois; d’un autre côté, il est mentionné comme mort dans des lettres de rémission datées de Melun et accordées enjuillet1359 par le régent à messire Henri le Vasseur, curé de Fluy (Somme, arr. Amiens, c. Molliens-Vidame). JJ90, no214.—Froissart dit (p. 175) que Jean de Picquigny trépassa au château de la Hérelle; mais on voit par des lettres de rémission octroyées en mai 1360 a Thomas du Pont de Remi, curé de Rivières, qui avait séjourné avec le dit Jean à Long, puis à Creil, que ce seigneur mourut à Évreux «.... et depuis alla avec le dit chevalierà Évreux où il demoura en sa compaignie jusques à tant que il trespassa....» JJ90, no554.[173]Froissart a emprunté cette légende, comme celle de la mort de Jean de Picquigny, à Jean le Bel. Cf.Chron., t. II, p. 241, 242.[174]Le château de Mauconseil fut racheté et rasé par les bourgeois de Noyon, dans les premiers mois de 1359. Cf.Cont. de G. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 283.[175]Froissart répète ici (p. 177) l’erreur qu’il avait déjà commise plus haut, en disant que Jean de Segur était capitaine de Nogent-sur-Seine: il commet une seconde erreur en rapportant à l’année 1359 le massacre de ce chef de Compagnies, qui eut lieu le samedi 4 avril 1360. Par acte daté de Paris en avril 1360, Charles régent accorda des lettres de rémission à ses amés les bourgeois et habitants de Troyes en Champagne «.... Comme, le samedi veille de la Resurrection Nostre Seigneur derrain passée (samedi 4 avril 1360), Jehan de Segure, nagaires capitaine de Pons sur Saine, ennemi et malveillant du royaume, de la couronne de France, de monseigneur et de nous, feust alez, emprès la ditte ville de Troies et eust fait assavoir à nostre amé et feal conseillier l’evesque de Troies (Henri de Poitiers), capitaine de la ditte ville de par monseigneur et nous, que il avoit grant volenté de parler à lui et de estre et devenir bon François et de lui exposer et dire plusieurs choses honorables et proufitables pour monseigneur, nous et le dit pais; lequel capitaine envoya le maistre de son hostel querir aus champs le dit Segure et l’amena en son hostel où il disnoit, senz le faire assavoir au conseil de la ville ne aus diz habitanz, ne la cause pour quoy il estoit venuz. Lequel Jehan de Segure parla au dit capitaine moult longuement après disner et s’offry à estre bon François, si comme on dit, et fu veu publiquement au dit hostel. Et si tost comme il fu venu à la cognoissance du menu commun de la ditte ville, tant ceulx qui estoient venuz du plat pays comme autres, qui bien le cognoissoient et que il avoit desers, il furent moult esmeuz. Et ceulx qui avoient la garde des portes pour la journée les firent fermer par telle manière que le dit capitaine, quant il senty l’effroy, ne le pot mettre hors de la ditte ville, mais escouvint qu’il le ramenast en son hostel, où il le cuida sauver pour ce qu’il estoit là venuz à sa seurté et à son sauf conduit. Et illeuc s’asembla si grant multitude de genz armez que la ditte maison fu environnée de toutes pars. Et crioient touz à haute voys les paroles qui s’ensuivent ou semblables: «Où est li lerres, traitres du roy nostre sire et de monseigneur le regent, qui a le pays ars et gasté, ravies noz fames et filles et ycelles violées et a tant de peuple mis à mort que ce est senz nombre? Il convient qu’il muire; et vous mesmes morrez, se vous ne nous le rendez.» Après lesquelles paroles, pour ce que le dit capitaine ne leur vouloit rendre, il rompirent les huis du dit hostel et entrèrent dedens. Finablement, le dit Jehan de Segure, cuidant eschiver les perilz de la mort, sailly par une fenestre dehors enmy la voye, et illeuc fu tantost tuez et mis à mort par le dit commun. Et aussi fu mis à mort en l’ostel du dit capitaine, l’un des varlez du dit Segure, qui estoit portier de la ditte forteresse de Pons, si comme on dit, et avoit touz jours esté anglois et traitres de la couronne de France et nez de la ville d’Evreux. Et un autre varlet du dit Segure fu pris par ceulx qui faisoient la garde et depuis par nostre justice executez pour ses demerites....» JJ90, no521. On voit par d’autres lettres de rémission, en date du 10 juillet 1360, que Jean Bonnet, de Troyes, Étienne et Thibaud de Mesnil-Lettre frères, écuyers, avaient été les principaux chefs de ce mouvement populaire (JJ90, no630). A la requête de l’évêque de Troyes, le régent nomma des commissaires pour juger les coupables; on imposa des amendes à ceux qui pouvaient les payer; les autres furent condamnés au dernier supplice. JJ89, nos413, 414.[176]M. Lecointre-Dupont a retrouvé chez un parcheminier de Poitiers et publié le projet complet de ce traité, daté de Londres, le 24 mars 1359; ce projet assurait au roi d’Angleterre la possession de la Normandie, de la Touraine, du Maine, de l’Anjou, du Ponthieu et de Boulogne, la suzeraineté de la Bretagne, sans compter une rançon de quatre millions d’écus d’or, c’est-à-dire un million de plus que ne portera le traité de Brétigny. (Revue anglo-française, t. I, p. 388 à 405.)[177]Jean le Bel, qui a fourni à Froissart ce récit de la reprise de Roucy par les Français (Chron., t. II, p. 242, 243), dit que Frank Hennequin était «un povre garchon d’Alemaigne». On trouvera des détails curieux sur l’occupation de Roucy par les Compagnies dans JJ88, no112. D’après la chronique de Jean de Noyal, abbé de Saint-Vincent de Laon (Bibl. nat., dép. des mss., fonds français, no10138, fo170), Frank Hennequin était capitaine de Sissonne.[178]Maison forte située sur le territoire de Villeseneux, Marne, arr. Châlons-sur-Marne, c. Vertus, et encore marquée sur la carte de Cassini (communication de M. Auguste Longnon).[179]Ardennes, arr. Vouziers.[180]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Neuilly-Saint-Front.[181]Ardennes, arr. et c. Sedan.[182]Le Chesne, Ardennes, arr. Vouziers.[183]Meuse, arr. Bar-le-Duc, c. Montiers-sur-Saulx.[184]Aisne, arr. Laon.[185]Marne, arr. Châlons-sur-Marne.[186]Une charte du mois d’août 1359 mentionne les exactions de Brocard de Fénétrange et de ses gens d’armes à Vassy. Par acte daté de Paris en août 1359, en présence du seigneur de Hangest, Charles régent transporta dans le ressort de la prévôté de Bar-sur-Aube les religieux, abbé et couvent de Montiérender (Haute-Marne, arr. Vassy) au bailliage de Chaumont, auparavant placés dans le ressort des prévôtés de Vassy, de Rosnay et de Chaumont «verumptamen ad presens villa de Ronneyo(Rosnay-l’Hôpital, Aube, arr. Bar-sur-Aube, c. Brienne),per inimicos destructa, penitus inhabitabilis est effecta.Villa vero de Waiseyo(Vassy)tradita est Brocardo de Fenestrangiis, militi, cujus gentes, pretextu dicte tradicionis, nedum superioratum vel ressortum et gardiam predictas, verum eciam juridicionem domanariam dictorum religiosorum usurpare et exercere et omnes redditus eorumdem religiosorum percipere et levare nituntur et de facto usurpant et levant, ipsosque religiosos et eorum subditos taliter oppresserunt et predati fuerunt eorum bona quod dicti religiosi dictum suum monasterium, et eorum subditi terram suam, terrore mortis reliquerunt, dampna et oppressiones hujus modi sustinere nequentes, ut dicunt....» JJ90, no229.[187]Robert Knolles quitta Auxerre le dernier jour d’avril 1359 pour retourner à Châteauneuf-sur-Loire; le jeudi 2 mai il prit Châtillon-sur-Loing (Gr. Chron., t. VI, p. 151). La chevauchée du célèbre partisan en Auvergne doit sans doute être placée après son retour à Château-neuf-sur-Loire; les Anglais avaient déjà fait invasion dans cette province à la date du 29 juin (Ménard,Hist. de Nismes, t. II,Preuves, p. 190). Nous voyons, par un mandement de Jean, comte de Poitiers et de Mâcon, au bailli d’Auvergne, en date du 20 novembre 1359, que les habitants de Riom dépensèrent 736 écus d’or et mirent sur pied 30 hommes d’armes «.... en ceste presente année, quant les ennemis du royaume furent entrésdans le pais d’Auvergne,... chusques à tant que les dis ennemis vuydarent le dit pais....» Bibl. nat., dép. des mss., Quittances, t. XI, no894.CHAPITRE LXXXIII[188]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.CIVàCVIII, p. 245 à 268.[189]La trêve conclue à Bordeaux le 23 mars 1357 entre les rois de France et d’Angleterre avait pris fin en avril 1359, et toutes les négociations entamées en vue de rétablir la paix étaient restées sans résultat. Aussi, dès le 4 août 1359, Édouard III, par divers mandements adressés de Westminster dans les divers comtés et vicomtés de son royaume, donnait l’ordre de réunir à Sandwich avant la fête de l’Assomption (15 août 1359) 910 archers à cheval choisis en vue de son prochain passage en France (Rymer, vol. III, p. 440 et 441); le 12 août, il lançait une déclaration de guerre à son adversaire de France sous forme de lettre adressée à l’archevêque de Canterbury, primat d’Angleterre, pour lui demander des prières: de rege super tractatibus pro pace deluso inaniter, de guerra resumpta et de orando (Rymer, vol. III, p. 442). Ce fut cette rupture des négociations avec l’Angleterre qui détermina surtout le régent à traiter avec le roi de Navarre et à signer le 21 août 1359 la paix de Pontoise.[190]Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Vimy. Abbaye de l’ordre de Saint-Augustin au diocèse d’Arras, à 9 kil. au nord de cette ville; il reste de cette abbaye, bâtie sur une colline escarpée de 120 mètres, deux tours à six étages qui dominent tout le pays environnant.[191]Le 18 octobre 1359, il y eut une panique à Amiens, où l’on disait que le duc de Lancastre n’était qu’à trois ou quatre lieues de cette ville, dont le régent avait confié la garde à Raoul de Renneval et au sire de Campremy. Par acte daté de Paris en janvier 1360 (n. st.), Charles, régent, accorda des lettres de rémission à ses bien amés Fremin Andeluye, son écuyer d’écurie, Jacques Andeluie, frère de Fremin, son panetier, Fremin Guinaut, Raoul de Fricamps, Guy Pin, Colart du Bosquel, Colart le Rat, Fremin de Prousel, Andrieu du Buscoy et à plusieurs autres, ses bons et loyaux sujets de sa bonne ville d’Amiens, qui avaient mis à mort Pierre Rousseaux soupçonné de trahison «comme nagaires, ou jour Saint Luc (vendredi 18 octobre 1359) darrain passé, eust esté ordené en la ditte ville par le maieur et eschevins d’icelle que aucune personne bourgoise, forain ne habitant, n’issist hors ne autres n’y entrast,pour cause de ce que le duc de Lancastre et noz ennemis estoient à trois ou quatre lieues près de la ditte ville sur la rivière de Somme; et avecques ce estoit rapporté et mandé de plusieurs nobles, tant par messire Raoul de Rainneval comme par le seigneur de Campremy, que les dessus diz ennemis avoient intencion d’aler assaillir la ditte ville....» JJ90, no405.[192]Somme, arr. Péronne.[193]Le régent rend hommage à la belle résistance des habitants de Bray-sur-Somme dans deux chartes que nous sommes heureux de signaler et qui sont de véritables titres de gloire pour cette localité. Par acte daté de Paris en janvier 1360 (n. st.), Charles régent autorise ses bien amés les habitants de Bray sur Somme à convertir leur marais en terregaignableethavableou en prés: «comme après ce que le roy d’Engleterre, le prince de Gales et le duc de Lencloistre furent descendus derrain ou royaume à grant quantité de gens, ennemis de nostre dit seigneur, de nous et du dit royaume, pour ycelui grever et dommagier, en eulx traiant ès parties de Picardie, il feust venu à la cognoissance des diz maire, eschevins et communauté que le dit duc de Lencloistre et grant partie de genz du dit roi d’Engleterre en sa compaignie se ordonoient et entendoient à traire vers la ditte ville de Bray et ou pais d’environ. Et pour ce, au plus tost qu’il peurent, se mistrent en arroy et en ordenance et retindrent grant quantité de genz d’armes, arbalestriers et archiers, à leurs gaiges et despenz, pour garder et deffendre la ditte ville et pour resister de tout leur povoir contre la puissance des diz ennemis.Lequel duc de Lencloistre et ceulx de sa compaignie, venus devant la ditte ville, firent et donnèrent à ycelle et à ceulx qui dedens estoient plusieurs grans griefs et crueulx assaux et envaissemens par plusieurs journées et intervalles. Lesquels maire, eschevins et communauté, à l’aide de Dieu et des dittes gens d’armes, arbalestriers et archiers, obvièrent et resistèrent aus diz ennemis par tele manière que il s’en departirent et alèrent.Et fu la ditte ville et les bonnes gens qui y estoient garantis pour lors d’estre perilliés, exilliés et gastés par les diz ennemis; mais toutevoies, pour cause des diz assauz et envaissemenz, nonobstant la deffense et resistence des dittes gens d’armes et des diz supplians, yceulx supplians ont esté grandement domagiez en leurs biens par les diz ennemis, tant en la forteresce de leur ville, en leurs molins qui ont estés ars et gastés, comme autrement.» (JJ90, no438). Par d’autres lettres de même date que les précédentes, Charles régent amortit en faveur de ses amés les habitants de Bray-sur-Somme 40 livres parisis de rente annuelle et perpétuelle qui doivent être affectées à la fondation d’une chapelle en l’honneur de Dieu, de sa benoite mère et du glorieux confesseur Mgr saint Nicolas, en exécution d’un vœu fait par les dits habitants, lorsque leur ville fut dernièrement assiégée par les Anglais. JJ90, no439.[194]Cerisy-Gailly, Somme, arr. Péronne, c. Bray-sur-Somme.[195]Abbaye d’hommes de l’ordre de Prémontré au diocèse de Boulogne. L’abbaye de Licques, dont une partie de l’église et des bâtiments modernes subsiste encore, était située sur le territoire de la commune de ce nom (Pas-de-Calais, arr. Boulogne, c. Guines), à la lisière d’une forêt, à 12 kil. au sud de Guines et à 25 kil. à l’est de Boulogne.[196]Édouard III ne s’embarqua pas à Dover, mais à Sandwich (petit port du comté de Kent, un peu au nord de Dover et à l’est de Canterbury) où il était dès le 14 octobre et où il resta jusqu’au 28 de ce mois. Rymer, vol. III, p. 451 à 453.[197]Édouard III débarqua à Calais le mercredi 30 octobre; et comme ce mois a 31 jours, la date donnée par Froissart est parfaitement exacte.Ibid., p. 453.[198]Pas-de-Calais, arr. Arras.[199]Beaumetz-lez-Cambrai, Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Bertincourt.[200]Pierre IV d’André promu en 1347, mort le 13 septembre 1368.[201]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Cambrai. L’emplacement qu’occupait cette abbaye est aujourd’hui compris, en partie du moins, dans le territoire de la commune d’Oisy (Aisne, arr. Vervins, c. Wassigny). Cette abbaye était placée juste au point d’intersection des routes du Nouvion au Cateau et à Cambrai et de Guise à Landrecies, au Quesnoy et à Valenciennes.[202]Baudouin de Lens, sire d’Annequin (Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Cambrin), institué en 1358 maître des arbalétriers, après la mort de Robert, sire de Houdetot, mena en 1359 cent hommes d’armes en Picardie où il fut établi capitaine du château de Presles avec neuf écuyers (Anselme, t. VIII, p. 28). Le 15 février 1360 (n. st.), Simon de Baigneux, vicomte de Rouen, donna quittance à Jean le Villain de 30 écus d’or pour la dépense de Baudouin d’Annequin, chevalier, maître des arbalétriers, qui était allé par l’ordre du régent abattre la forteresse de Saint-Germain-sous-Cailly (Seine-Inférieure, arr. Rouen, c. Clères). Bibl. nat., dép. des mss., Quittances, t. XI, no921.[203]Édouard III arriva devant Reims le mercredi 4 décembre 1359. Varin,Archives administratives de la ville de Reims, t. III, note 1, d’après lesMémoiresde Rogier, fo109.[204]Les Anglais levèrent le siége de Reims le dimanche 11 janvier à minuit. V.Grandes Chroniques, édit. in-12, t. VI, p. 167;Mémoiresde Rogier, fo109 vo.[205]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Reims, située sur le territoire de la commune de Verzy, Marne, arr. Reims, à 16 kil. au sud-est de cette ville, sur la montagne de Reims, au-dessus de la plaine de Vesle.[206]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Reims, qui a donné son nom à la commune de Saint-Thierry, Marne, arr. Reims, c. Bourgogne, à 8 kil. au nord de Reims. D’après les Grandes Chroniques, le prince de Galles était logé à Villedomange (Marne, arr. Reims, c. Ville-en-Tardenois), à 9 kil. au sud-ouest de Reims; c’étaient les comtes de Richmond et de Northampton qui étaient campés à Saint-Thierry. Le duc de Lancastre était établi à Brimont (Marne, arr. Reims, c. Bourgogne), à 10 kil. au nord de Reims. Enfin le maréchal d’Angleterre et Jean de Beauchamp étaient à Betheny (Marne, arr. et c. Reims), à 4 kil. au nord-est de Reims.Grandes Chroniques, t. VI, p. 166 etMémoiresde Rogier, fo109 vo.[207]Varin a publié, d’après une pièce conservée aux archives municipales de Reims, la belle lettre adressée par le régent le 26 décembre 1359 aux Rémois, pour les engager à repousser vigoureusement les Anglais qui «se sont venuz logier plus près de la ditte ville qu’il n’ont esté et sont maintenant tous environ ycelle», et leur annoncer qu’il envoie une seconde fois à leur secours le connétable Robert de Fiennes qui était allé une première fois jusqu’à Troyes d’où le régent l’avait rappelé «pour aucunes grans besoignes touchans très grandement l’oneur et l’estat de monseigneur, de nous et du royaume.»Arch. adm. de Reims, t. III, p. 156 à 159.[208]Jean III de Craon, promu en décembre 1355, mort le 26 mars 1373.[209]Ce n’est pas Jean de Châtillon, comte de Porcien (voy. Anselme,Hist. généal., t. VI, p. 111), c’est Gaucher de Châtillon qui était capitaine de Reims dès le mois de mars 1359 (JJ90, no85); il occupait encore ce poste pendant le siége de cette ville par les Anglais, et son principal auxiliaire était Gaucher de Lor, comme le prouve la curieuse pièce suivante qui paraît avoir échappé aux recherches de Varin. Par acte daté de Paris en mars 1360 (n. st.) et sur le rapport de ses amés et féaux messire Gaucher de Châtillon, capitaine de la ville de Reims, de messire Gaucher de Lor et des échevins et élus sur le gouvernement de la dite ville, Charles régent accorda des lettres de rémission à Roger et Jean de Bourich, père et fils, ainsi qu’à Pierre de Bantuel, leur cousin, habitants de Reims, qui, à la suite d’une querelle au jeu de dés, avaient blessé mortellement un habitant de Reims nommé Jean de Saint-Gobain «comme les diz père et filz aient bien et loyaument servi nostre dit seigneur, nous et la ditte ville en la compaignie du dit capitaine ou de ses genz et de noz bons subgiez de Reins,tant en la prise et aux assaus des chasteaulx de Marueil, de Sissonne et de Roucy ès quiex lieux noz ennemis estoient logiez dont eulx ont esté deboutez et mis hors par force, comme en venant pardevers nous, de par les diz capitaines, eschevins et autres habitants de la ditte ville, en message par plusieurs fois, ou temps que les ennemis estoient à siège devant ycelle, paravant et depuis, pour nous certefier de l’estat des diz ville et ennemis: durant lequel siège les diz capitaine et habitanz ne pouvoient trouver personne convenable qui vousist entrepenre à venir devers nous adoncques, si comme eulx nous ont escript et affermé par leurs dittes lettres closes....» JJ90, no495.[210]Auj. hameau de la commune de Bouconville, Aisne, arr. Laon, c. Craonne.[211]Nord, arr. Avesnes, c. Trélon. Le nom de cette seigneurie est écritEnnore(p. 212, l. 16).[212]Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel.[213]Ardennes, arr. et c. Mézières.[214]Ardennes, arr. et c. Sedan.[215]Ardennes, arr. Sedan.[216]Ardennes, arr. Vouziers.[217]Marne, arr. Sainte-Menehould, c. Ville-sur-Tourbe. Knyghton fixe la prise de Cernay-en-Dormois au mardi 31 décembre 1359.[218]Auger de Montaut, sire de Mussidan, était châtelain de Blaye le 5 avril 1356.Archives de la Gironde, t. XII, p. 12 à 14.[219]Froissart se trompe lorsqu’il affirme que la guerre ouverte se ralluma en décembre 1359 entre le régent et le roi de Navarre, et lorsqu’il ajoute que Charles le Mauvais envoya un défi au duc de Normandie. Ce qui est vrai, c’est que le roi de Navarre qui, depuis la paix conclue à Pontoise le 21 août précédent, avait rendu plusieurs fois visite au régent, qui avait assisté notamment au mariage de Jean, comte de Harcourt, et de Catherine de Bourbon, célébré à Paris le lundi 14 octobre, n’en fit pas moins une guerre couverte au duc de Normandie à partir du mois de novembre. Le premier acte de cette guerre couverte fut la prise par escalade du château de Clermont en Beauvaisis, opérée le lundi 18 novembre par Jean de Grailly, captal de Buch, partisan dévoué du roi de Navarre aussi bien que du roi d’Angleterre. Le second fait, plus grave encore que le premier, qui amena, non, comme le dit Froissart, une déclaration de guerre, mais la rupture de toutes relations personnelles et courtoises entre les deux princes, ce fut la découverte d’un complot tramé au mois de décembre par un certain nombre de bourgeois de Paris, dont Martin Pisdoe était le chef, pour renverser le régent (JJ90, nos20 à 32). Martin Pisdoe fut exécuté le lundi 30 décembre (JJ90, no369). La déposition de Jean le Chavenacier est accablante pour le roi de Navarre. «Jehan, avait dit Martin, ces choses se pourront bien faire,car nous aurons de nostre alience plusieurs des genz de monseigneur de Navarre.» JJ90, no382. Le régent, qui avait bien assez à faire de repousser l’invasion d’Édouard, remit à une époque plus favorable la vengeance de ses griefs contre Charles le Mauvais.[220]Cet écuyer, que Froissart appelleWautre Obstrate, est nomméGautier Straeldans des lettres de rémission que Charles V lui octroya à Paris en octobre 1368 (JJ99, no416; Secousse,Preuves, p. 295 et 296). Les gens d’armes de la garnison de Rolleboise sont qualifiésAnglaisdans un acte daté du mois d’août 1364. JJ96, no258, fo86.[221]Seine-et-Oise, arr. Mantes, c. Bonnières. Le château ou plutôt la tour de Rolleboise, dont les murs, d’après Jean de Venette, avaient plus de neuf pieds d’épaisseur, située entre Mantes et Bonnières sur une hauteur qui domine la Seine, fut occupée par Gautier Strael depuis la fin de 1359 jusques vers Pâques (13 avril) 1365. Après l’avoir occupée au nom du roi d’Angleterre jusqu’à la conclusion du traité de Bretigny, et plus tard au nom du roi de Navarre, tant que ce dernier fut en guerre avec la France, mais en réalité pour son propre compte, Gautier consentit à l’évacuer en avril 1365 moyennant le payement d’une somme considérable, et Charles V la fit aussitôt démolir de fond en comble par les paysans des environs. Jean de Venette dit qu’il n’avait pas vu sans un certain sentiment de terreur les imposants débris de cette tour qui jonchaient la terre.Chron. du contin. de G. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 357 et 358.[222]G. de Jauche, sire de Gommegnies (Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy).[223]Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. D’après Froissart (p. 220 et 409), l’escarmouche de Herbigny eut lieu vers le 25 décembre 1359.[224]Mathieu II du nom, seigneur de Roye et de Germigny, mentionné pour la première fois sur les rôles des guerres en 1343, otage en Angleterre pour la rançon du roi Jean de 1360 à 1374, mort en 1380 et enterré dans l’église de l’abbaye de Longpont (Aisne, arr. Soissons, c. Villers-Cotterets). Anselme, t. VIII, p. 9.[225]LeRosoy en Triérachede Froissart ne peut s’appliquer qu’à Rozay, aujourd’hui hameau de la commune de Barzy, Aisne, arr. Vervins, c. le Nouvion.[226]Mathieu de Roye, II du nom, dit le Flament, seigneur du Plessis-de-Roye (Oise, arr. Compiègne, c. Lassigny), cousin de Mathieu seigneur de Roye, maître des arbalétriers de France de 1347 à 1349, mort en janvier 1381 et enterré comme son cousin à l’abbaye de Longpont. Anselme, t. VIII, p. 6.[227]Aisne, arr. Laon.[228]Enguerrand VII du nom, sire de Coucy, comte de Soissons et de Marle, seigneur de la Fère, d’Oisy et de Ham, était alors sous la tutelle de sa mère Catherine d’Autriche. Anselme, VIII, p. 542 et 545.[229]Marne, arr. Reims, c. Bourgogne, à quatre lieues au nord-ouest de Reims, à la limite des départements de l’Aisne et de la Marne. Suivant Knyghton, le siége de Cormicy commença le 20 décembre 1359 et dura jusqu’au jour de l’Épiphanie (mardi 6 janvier 1360), que la place fut emportée. Par acte daté de Paris en mars 1365 (n. st.), Charles V accorda des lettres de rémission à Ludet Guerry deCormissy, accusé d’avoir volé un muid de sel. «.... environ la Purification Nostre Dame l’an LIX (dimanche 2 février 1360), après ce que le roy d’Angleterre se fu parti de environ Reins et que ses gens eurent pris le chastel et ville de Cormisy, pillé et emporté les biens qui estoient en ycelle ville....» JJ98, no186, fo56 vo.[230]Le siége de Reims, commencé le 4 décembre 1359, levé le 11 janvier 1360, avait duré trente-neuf jours ou cinq semaines et demie environ.[231]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, au nord-ouest de Troyes.[232]Yonne, arr. Auxerre, sur la route de Troyes à Auxerre, au confluent de l’Armançon et de l’Armance, au nord-ouest de Tonnerre. Les Anglais prirent certainement la ville de Saint-Florentin, quoi qu’en dise Froissart, puisque Charles V, confirmant en mai 1376 la donation d’une motte vague faite en janvier 1359 aux habitants de cette ville, pour y reconstruire leur église paroissiale, dit que les lettres de cette donation «furent perdues et arsesà la prinse de nostre ditte villequi fu arse et destruicte par noz ennemis (JJ109, no11, fo10 vo).» Si quelque chose résista, ce fut le château, grâce aux travaux de fortification exécutés avec tant de prévoyance par le régent et un désintéressement si patriotique par les habitants pendant le cours de l’année 1359. Le régent accorda à Paris en janvier 1359 (n. st.) des lettres de rémission aux habitants de Saint-Florentin qui, «pour ce que la clausure de la ditte ville de Saint-Florentin, laquelle les habitanz d’icelle ont empris de cloure de foussez et de paleiz, n’est pas encore parfaite» ont obtenu, moyennant 89 florins d’or au mouton et plus, trêves jusqu’à Pâques 1359 de nos ennemis: «Comme noz ennemis aientnagairespris et tiennent cinq forteresses environ noz chastel et ville de Saint Florentin en Champaigne, c’est assavoir laMoute de Chamlost(Champlost, Yonne, arr. Joigny, c. Brienon), qui est en une lieue;Laigni le Chastel(Ligny-le-Châtel, Yonne, arr. Auxerre), qui est à deux lieues;Regennes(auj. hameau de la commune d’Appoigny, Yonne, arr. et c. Auxerre, près de la rive gauche de l’Yonne),Chanlay(Champlay, Yonne, arr. et c. Joigny), etAys en Otte(Aix-en-Othe, Aube, arr. Troyes), qui sont chascun à cinq lieues près de la ditte ville de Saint Florentin, et courent, pillent, gastent et raençonnent chascun jour tout le pais.» JJ86, no553, fo201.—Nous voyons, par une autre charte, aussi datée de Paris en janvier 1359 (n. st.), que le capitaine du château de Saint-Florentin avait fait abattre l’église paroissiale, le prieuré, l’Hôtel-Dieu et la maladrerie, situés dans les faubourgs, ainsi que l’église de Mgr saint Florentin, sise en dedans des fortifications devant le château, afin que les ennemis ne s’y pussent loger et tenir. JJ86, no554.[233]Yonne, arr. Auxerre, c. Ligny-le-Châtel. Autrefois siége d’une abbaye, l’une des quatre filles de Cîteaux, fondée en 1114 et placée sous la garde des comtes de Tonnerre. Ce curieux épisode du passage des Anglais à Pontigny n’est fourni que par trois manuscrits, cotés A 15 à 17 dans notre classement (v. p. 414 et 415), et n’a été relevé que dans notre édition. Seulement, l’auteur de cette intercalation se trompe en plaçant l’abbaye de Pontigny sur l’Armançon; ce beau monastère était situé sur la rive gauche du Serain ou plutôt duSenin, ainsi qu’on a appelé jusqu’à la fin du dernier siècle cet affluent de la rive droite de l’Yonne. En quittant Saint-Florentin, le gros de l’armée anglaise suivit la vallée du Serain et remonta le cours de cette rivière, puisque Froissart mentionne plus loin le passage d’Édouard à Noyers et à Guillon; la mention d’une halte des Anglais à l’abbaye de Pontigny, donnée par les trois manuscrits cités plus haut, n’a donc rien que de très-vraisemblable.[234]Froissart a dit plus haut que ce même Baudouin d’Annequin, capitaine de Saint-Quentin, avait été fait prisonnier par Barthélemi de Burghersh, à la fin de novembre 1359; il est douteux qu’il eût déjà recouvré sa liberté et fût capitaine du château de Tonnerre à la fin de janvier ou en février 1360. D’après un titre qu’a connu le père Anselme, Baudouin fut envoyé au mois de janvier 1361 (n. st.) en Anjou, Poitou et Saintonge pour traiter de la délivrance d’un nomméBarthelemy Bronas(sans doute Barthélemi Burghersh, dont le nom est souvent écritBruwes), chevalier anglais (Anselme, t. VIII, p. 28). Froissart n’aurait-il pas pris le change, lorsqu’il a raconté que Baudouin d’Annequin fut pris près de Saint-Quentin par Barthélemi Burghersh? Ne serait-ce pas, au contraire, Baudouin qui aurait fait prisonnier Barthélemi?[235]Robert, sire de Fiennes, connétable de France, était à Auxerre le 1erdécembre 1359, jour où il conclut une convention avec Jean de Delton et Danquin de Hatton, capitaines anglais de Regennes et de la Motte de Champlay, pour l’évacuation de ces forteresses et leur rasement moyennant le payement de 26 000 florins d’or ou moutons (Rymer, vol. III, p. 461 et 462). Le roi d’Angleterre, qui venait de recommencer les hostilités contre la France et qui assiégeait Reims, lorsque la nouvelle de cette convention dut lui parvenir, refusa sans doute de la ratifier, car nous voyons par un de ses mandements, adressé de Calais le 26 octobre 1360 à Nicol de Tamworth, que ce chevalier anglais était encore à cette date capitaine de Regennes où il détenait Jacques Wyn (Ibid., p. 545). Deux jours après, le 28 octobre, Édouard donnait l’ordre d’évacuer Regennes et la Motte de Champlay (Ibid., p. 546). Enfin, le 12 avril 1364, à la requête de Jean de Dalton et de Danquin de Hatton, le roi anglais visa etexemplifiala convention du 1erdécembre 1359 (Ibid., p. 729 et 730). Jean, sire de Hangest, dit Rabache, est mentionné comme capitaine d’Auxerre en 1360 dans des lettres de rémission octroyées le 14 juin 1364 à Jean, sire de Maligny (JJ96, no359, fo128 vo). Vers la Chandeleur (2 février) 1360, on faisait le guet et l’arrièreguet auxeschifflesdes remparts d’Auxerre (JJ90, no502). Par acte daté de Paris en décembre 1360, Jean, roi de France, restitua au comte d’Auxerre la ville de ce nom «comme, par la deffaute et coulpe des bourgoiz et habitanz de la ville d’Auceurre, la ditte ville ait esté nagaires perdue et destruitte par Robert Canole et ses complices, ennemis de nostre dit royaume, pour ce que les diz bourgoiz et habitanz, qui par leurs grans avarices, orgueil et malvais gouvernement, vouldrent de euls garder la ditte ville, boutèrent et mistrent hors d’icelle partie de plusieurs gentiz hommes qui par avant longue pièce estoient venuz en la ditte ville en la compaignie de feu Guillaume de Chalon, filz de nostre très chier et féal cousin et conseillier le conte d’Aucerre (Jean de Chalon, III du nom) bouteillier de France, pour la ditte ville et tout le pais garder et deffendre et resister aus diz ennemis de tout leurs povoirs; et pour ce que, après ce que la ditte ville fu ainsi perdue, nostre cousin le sire de Fiennes, connestable de France, entra en ycelle, la garda et empara de rechiez, le dit connestable et plusieurs autres dient la ditte ville et ses appartenances estre à nous acquise, nous ait fait supplier le dit conte, comme il ait touz jours amé et servi loyalment et continuelment nous et nos predecesseurs roys de France, et ait esté longuement prisonnier en Engleterre où il a moult fraié et despendu du sien à cause de sa ditte prise et li convient encore pour très grant et excessive raençon....» JJ89, no429.[236]Noyers ou Noyers-sur-Serein, Yonne, arr. Tonnerre.[237]Froissart veut sans doute parler ici de Jean de Noyers, comte de Joigny, qui avait en effet été fait prisonnier à la bataille de Poitiers (Rymer, vol. III, p. 539). Après la mort de Miles VI du nom, seigneur de Noyers et de Vendeuvre arrivée en septembre 1350, le comte de Joigny, fils aîné, et Eudes de Grancey, gendre de Miles VI, s’étaient emparés de la seigneurie de Noyers au mépris des droits de Miles VIII du nom, sire de Noyers et de Montcornet, petit-fils de Miles VI, qui obtint arrêt contre ses oncles en 1364. Anselme, t. VI, p. 652.[238]Yonne, arr. Avallon, c. Guillon, sur le Serain, au sud de Noyers.[239]Yonne, arr. Avallon, sur le Serain, au sud de Montréal.[240]Noyers, Montréal et Guillon sont situés sur une rivière nommée aujourd’hui par corruptionSerain. La forme latine de ce nom était au neuvième siècleSedena, au douzième siècleSainaetSeduna; la forme française a étéSeneinouCeninjusqu’à ces derniers temps.Selletteest une mauvaise forme où Froissart a peut-être été induit, parce qu’une rivière du Hainaut porte ce nom.[241]Flavigny-sur-Ozerain, Côte-d’Or, arr. Semur, à l’est de Guillon.[242]Ce traité dont le texte est dans Rymer (vol. III, p. 473 et 474), fut donné à Guillon en Bourgogne sous le grand sceau du roi d’Angleterre le 10 mars 1360 (n. st.). Édouard s’engageait à rendre Flavigny et à tenir la Bourgogne en paix pendant trois ans moyennant le payement de deux cent mille deniers d’or au mouton payables, 50 000 comptant, 50 000 le 22 juin, 50 000 le 25 décembre 1360, 50 000 enfin le 28 mars 1361. Les évêques de Chalon et d’Autun, quatorze abbés, les cités et bonnes villes de Chalon, d’Autun, de Dijon, de Beaune, de Semur, de Montbar et de Châtillon-sur-Seine, quinze nobles et sept bourgeois de Bourgogne se portaient garants du payement de cette somme. L’un de ces sept bourgeois, encore obscur en 1360, allait bientôt devenir l’un des plus grands personnages du quatorzième siècle: c’était Hugues Aubriot, le futur prévôt de Paris du roi Charles V. Quatre jours seulement après la conclusion de ce traité, le 14 mars, un certain nombre de seigneurs picards et normands, conduits par Jean de Neuville, faisaient une descente en Angleterre où ils prenaient, saccageaient et brûlaient Winchelsea (JJ105, no535;Contin. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 298, 299; ms. no4987, fo77 vo. Voyez surtout le t. XI des Quittances conservées au dép. des mss. de la Bibl. nat. et classées chronologiquement; elles nous donnent tous les détails d’armement relatifs à cette expédition préparée au clos des galées de Rouen et à Leure par le Baudrain de la Heuse, amiral de France (no916) et Étienne du Moustier, capitaine de Leure).[243]Le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 168) dit qu’Édouard passa l’Yonne à Coulanges (Yonne, arr. Auxerre). Coulanges est en effet en aval de Clamecy.[244]Yonne, arr. Avallon. Froissart paraît croire que Vezelay est sur l’Yonne, tandis qu’il est sur la Cure, affluent de la rive droite de l’Yonne.Kon dessous Vosselay(p. 227, 418) est peut-être une mauvaise leçon pour Coulanges sous Vezelay.[245]Seine, arr. et c. Sceaux.[246]Meuse, arr. Montmédy.[247]Ardennes, arr. Vouziers. LeChesne Pouilleuxde Froissart est devenu dans la terminologie administrative leChesne Populeux.[248]Aisne, arr. Laon, c. Sissonne.[249]Aisne, arr. Laon, c. Marle.[250]Ardennes, arr. Vouziers. La forteresse d’Attigny, située sur l’Aisne, commandait le cours moyen de cette rivière dont une autre forteresse, également occupée par Eustache, celle d’Autry (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) commandait le cours supérieur. Eustache d’Auberchicourt faisait la guerre de partisan comme on exercerait la plus lucrative des industries. Ainsi, le 19 mai 1360, Louis de Male délivra commission pour imposer sur les habitants du comté de Rethel la somme de 25 000 deniers d’or qu’ils avaient promis de donner à Eustache d’Auberchicourt pour retirer de ses mains les forteresses de Manre (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) et d’Attigny (Arch. dép. du Nord, 1erreg. des Chartes, fo174 vo). Un mois plus tard, le 16 juin 1360, par contrat passé devant Pierre et Thomassin de Cusy, notaires jurés à Sainte-Menehould, noble homme messire Eustache d’Auberchicourt, chevalier, vendit à haut et puissant prince monseigneur Robert, duc de Bar, marquis du Pont, moyennant 7 000 florins d’or au mouton et 1000 florins par-dessus le marché, qui devaient être remis à messire Courageux de Mauny et à messire Gui de Nevill, chevaliers, la forteresse d’Autry «laquelle li avoit esté donnée par haut et puissant prince son très chier seigneur le roy d’Angleterre, comme terre acquise et conquestée par armes....» Cet acte de vente stipule que tous les approvisionnements entassés à Autry seront livrés au duc de Bar. «Et aussi seront et doient estre au dit monseigneur le duc toutes les finances et raençons que les villes et li pais ont fait par devers le dit monseigneur Eustace et ses genz, qui sont deues et à avenir, tant de vivres comme de deniers; et li baillera et li a le dit messire Eustace promis à baillier touz les papiers, lettres et seurtés qu’il a et puet avoir sur les dittes raençons....» Le régent ratifia cette vente à Compiègne en juillet 1360 (JJ88, no11). Un paladin aussi pratique qu’Eustache d’Auberchicourt était un fort beau parti. Aussi, le voyons-nous cette même année 1360, le 29 septembre, épouser à Wingham, dans le comté de Kent, la propre nièce de la reine d’Angleterre, Elisabeth de Juliers, veuve du comte de Kent. Coxe,The Life of Black Prince, notes, p. 367.[251]Bagnols-sur-Cèze, Gard, arr. Uzès.[252]Les premières prophéties de Jean de la Roche Taillade, qui avait étudié cinq ans à l’université de Toulouse et appartenait à l’ordre des Frères Mineurs de la province d’Aquitaine et de la maison de Rodez, sont datées de la prison du pape Clément VI, ditedu Soudan, à Avignon, au mois de novembre 1349 (Bibl. nat., fonds latin, no3598). D’autres ouvrages de cet illuminé, qui s’occupait aussi de médecine et d’alchimie, sont conservés à la même bibliothèque, fonds latin, sous les nos7151, 7167, 7371, 11200 et 11202. M. Kervyn de Lettenhove, dans une savante note de son édition des Chroniques de Froissart (t. VI, p. 493 à 495), indique un certain nombre de manuscrits des ouvrages de Jean de la Roche Taillade conservés à Bruges, à Cambridge, à Oxford, à Mayence, à Rome et à Bâle.[253]Seine-et-Oise, arr. Corbeil, c. Arpajon, au sud de Bourg-la-Reine. D’après les Grandes Chroniques de France (t. VI, p. 169), Édouard vint loger en l’hôtel de Chanteloup (auj. château de la commune de Saint-Germain-lés-Arpajon), entre Montlhéry et Châtres (Arpajon), le mardi 31 mars; il était encore à Chanteloup le lundi 6 avril, jour où il confia à Jean Chandos la garde de son château de la Fretty et de la Tour Saint-Christophe en Normandie (Rymer, vol. III, p. 480). Des négociations, qui furent entamées le vendredi saint 3 avril à la maladrerie de Longjumeau, restèrent sans résultat. Le mardi 7 avril, Édouard s’approcha plus près de Paris et vint loger à Châtillon près Montrouge, tandis que les autres corps de son armée s’établissaient à Issy, à Vanves, à Vaugirard, à Gentilly et à Cachan. Si l’on veut savoir comment le régent et par suite le rédacteur des Grandes Chroniques a pu être si bien renseigné jour par jour sur les mouvements de l’armée ennemie, on n’a qu’à lire la pièce suivante où l’on reconnaît l’esprit pratique et nullement chevaleresque du futur Charles V. Par acte daté de Paris le 13 avril 1360, Charles régent accorda des lettres de naturalisation et de bourgeoisie parisienne à son amé Jean Cope, originaire d’Angleterre, «et de nouvel,pour le temps que le roy d’Angleterre a esté près de nostre bonne ville de Paris, le dit Jehan, qui bien savoit et scet parler le langaige d’Angleterre, ait exposé et mis en avanture son corps, sa vie et sa chevance pour nous faire certains services qu’il nous a faiz au grant proufit de monseigneur, de nous et du royaume, pour lesquiex nous nous reputons et devons reputer pour grandement tenuz à lui; nous, pour les causes dessus dittes et plusieurs autres qui à ce nous ont meu et doivent mouvoir, voulans au dit Jehan Cope, comme à celui qui bien l’a desservi, faire grace especial qui soit à lui et aus siens honnorable et prouffitable, si que les autres de sa nativité et d’autres nacions estranges, qui sauront la ditte grace à lui faite, doient, à l’exemple de lui, eulx efforcier de eulx loyaument porter envers monseigneur et nous....» JJ90, no510.[254]L’armée anglaise était campée entre Arpajon (Châtres) et Montlhéry. Arpajon fut alors le théâtre d’un des faits les plus atroces de cette épouvantable guerre. Jean de Venette dit (Contin. de G. de Nangis, éd. de Geraud, t. II, p. 304 à 306) qu’un noble, capitaine de l’église de ce village, y fit mettre le feu et y brûla environ neuf cents personnes, parce que les paysans des environs, réfugiés dans cette église convertie en forteresse, se voyant abandonnés par la garnison chargée de les garder, et ne pouvant tenir plus longtemps, menaçaient de se rendre aux Anglais. Des lettres de rémission, que Geraud n’a pas connues, nous font connaître le nom de ce capitaine, qui est qualifié écuyer et qui s’appelait Philippe de Villebon. La conduite de ce capitaine fut d’autant plus infâme que les malheureux habitants d’Arpajon avaient résisté pendant plus d’une semaine à tous les assauts des Anglais. «.... Et quia postquam idem rex et ejus gentes steterantper septem diesante fortalicium predictum, illud hostiliter et viriliter invadendo....» Elle fut d’autant plus lâche que Philippe, avant de mettre le feu à l’église, avait séparé son sort de celui des habitants confiés à sa garde et avait mis sa personne et celle de ses compagnons en sûreté dans des guérites. «.... Dum ipse Philippus et nonnulli alii socii sui secum erant superius in dicto fortalicioad garitas....» Pendant que tous ces pauvres paysans périssaient dans les flammes allumées par Philippe de Villebon et où les Anglais repoussaient ceux qui essayaient d’y échapper, leur capitaine se tenait «subtus votas seu columpnas turris dicti monasterii....», et il ne sortit de sa cachette que vers minuit, non sans avoir tué un de ses hommes qui se trouva sur son passage et qu’il avait pris pour un Anglais. Le régent n’en accorda pas moins à Philippe de Villebon des lettres de rémission, d’où nous avons tiré ces détails qui confirment le récit de Jean de Venette, lettres que le roi Jean renouvela et confirma en février 1361 (n. st.). JJ89, no458, fo203.—Les habitants de Boissy-sous-Saint-Yon en la châtellenie de Montlhéry (Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, c. Dourdan) et de Toury en Beauce (Eure-et-Loir, arr. Chartres, c. Janville) soutinrent aussi des siéges contre les envahisseurs dans leurs églises transformées en forteresses. JJ90, no637.[255]Mss. B 4, 3, fo169 vo.—Ms. B 1, t. II, fo70 (lacune).[256]Ms. B 3, fo183 vo.—Ms. B 1, t. II, fo70 voet ms. B 4: «en Humainne.»Mauvaise leçon.[257]Mss. B 4, 3, fo170 vo.—Ms. B 1, t. II, fo71 vo(lacune).[258]Mss. B 4, 3, fo172.—Ms. B 1, t. II, fo73 vo(lacune).[259]Mss. B 4, 3, fo172.—Ms. B 1, t. II (lacune).[260]Mss. B 4, 3, fo172 vo.—Ms. B 1, t. II, fo74: «samedi.»Mauvaise leçon.[261]Mss. B 4, 3, fo173.—Ms. B 1, t. II, fo74 vo(lacune).[262]Ms. B 4, fo173.—Ms. B 1, t. II. fo75 (lacune).[263]Mss. B 4, 3, fo173.—Ms. B 1, t. II, fo75 (lacune).[264]Mss. B 4, 3, fo173 vo.—Ms. B 1, t. II, fo75 vo(lacune).[265]Ms. B 4, fo173 vo: «ferons».—Ms. B 3, fo187 vo: «ferons nous volentiers, au plaisir et o l’aide de Dieu».—Ms. B 1, t. II, fo76: «verons.»[266]Mss. B 4, 3, fo174.—Ms. B 1, t. II, fo76 (lacune).[267]Ms. B (lacune).[268]Mss. B 3, 4, fo189.—Ms. B 1, t. II, fo76 (lacune).[269]Mss. B 4, 3, fo176.—Ms. B 1, t. II, fo79 (lacune).[270]Mss. B 4, 3, fo176.—Ms. B 1, t. II, fo79 vo(lacune).[271]Mss. B 4, 3, fo176 vo.—Ms. B 1, t. II, fo80 vo(lacune).[272]Mss. B 4, 3, fo177.—Ms. B 1, t. II, fo81 (lacune).[273]Mss. B: «espessie.»Mauvaise leçon.[274]Mss. B 4, 3, fo179 vo.—Ms. B 1, t. II, fo84 vo(lacune).[275]Ms. B 4, fo180.—Ms.B 3, fo194: «cil».—Ms. B 1, t. II, fo85 vo(lacune).[276]Ms. B 4, fo180 et B 3.—Ms. B 1, t. II, fo86 (lacune).[277]Mss. B 4, fo180 voet B 3, fo194: «choisir».[278]Mss. B 4, fo181 et B 3, fo194 vo: «Qui estes vous?»[279]Mss. B 4, 3, fo181.—Ms. B 1, t. II, fo87 vo(lacune).[280]Mss. B 4, 3, fo182.—Ms. B 1, t. II, fo88 vo(lacune).[281]Mss. B 4, 3, fo182.—Ms. B 1, t. II, fo89 (lacune).[282]Mss. B 4, 3, fo183.—Ms. B 1, t. II, fo90 (lacune).[283]Mss. B 4, 3, fo183.—Ms. B 1, t. II, fo90 vo(lacune).[284]Ms. B 4, fo183 vo.—Ms. B 1, t. II, fo91 (lacune).[285]Ms. B 4, fo184.—Ms. B 3, fo198: «la Normendie.»[286]Mss. B 4, 3, fo185.—Ms. B 1, t. II, fo93: «quatre.»Mauvaise leçon.[287]Ms. B 4, fo185.—Ms. B 3, fo198 vo: «ses gens qui n’estoient pas grant nombre.»—Ms. B 1, t. II, fo93 (lacune).[288]Mss. B 1 et 4: «d’Evreuses.»—Ms. B 3 (lacune).[289]Ms. B 4, fo185 vo.—Mss. B 1, t. II, fo94 et B 3, fo199 (lacune).[290]Mss. B 4, 3, fo185 vo.—Ms. B 1, t. II, fo94 (lacune).[291]Mss. B 4, 3, fo186.—Ms. B 1, t. II, fo94 vo(lacune).[292]Mss. B 4, 3, fo186 vo.—Ms. B 1, t. II, fo95 vo(lacune).[293]Ms. B 3, fo200 vo.—Mss. B 1, t. II, fo96 et B 4, fo187: «Clocestre.»Mauvaise leçon.[294]Mss. B 4, 3, fo187.—Ms. B 1, t. II, fo96 (lacune).[295]Ms. B 4, fo187 vo.—Ms. B 3, fo201: «alors».—Ms. B 1, t. II, fo97 (lacune).[296]Mss. B 4, 3, fo188.—Ms. B 1, t. II, fo97 vo(lacune).[297]Mss. B 1 à 4 (lacune).[298]Mss. B 1 à 4: «feroit.»[299]Mss. B 4, 3, fo188.—Ms. B 1, t. II, fo98 (lacune).[300]Mss. B 4, 3, fo188 vo.—Ms. B 1, t. II, fo98 (lacune).[301]Ms. B 4, fo188 vo.—Mss. B 1, t. II, fo98 et B 3 (lacune).
[159]Le mariage de Jean, VI du nom, comte de Harcourt, auquel Froissart (p. 63) donne à tort le prénom deGuillaume, avec Catherine de Bourbon, sœur de Jeanne de Bourbon, duchesse de Normandie, fut célébré au Louvre le lundi 14 octobre 1359.Grandes Chroniques, t. VI, p. 164.
[160]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, p. 239 à 246.
[161]Cette trêve, conclue le 23 mars 1357, prorogée pour deux ans à partir du jour de Pâques (9 avril) suivant, expira sans doute à Pâques 21 avril 1359. Rymer, vol. III, p. 348 à 351.
[162]Henri II de Poitiers (1354-25 août 1370).
[163]Marne, arr., et c. Sainte-Menehould. Jean le Bel, dont la Chronique est la source où Froissart a puisé ces détails, dit que le château de Hans fut pris vers la Saint-Jean (24 juin) 1359, et que le capitaine nommé Jacques Senak offrit 16 000 écus pour sa rançon.Chron., t. II, p. 240.
[164]La veille de la fête Saint-Jean-Baptiste tomba, en 1359, le dimanche 23 juin. Jean le Bel donne une date moins précise; il dit seulement que la défaite d’Eustache eut lieu dans la même semaine que la prise de Hans (Ibid., p. 240, 241). On trouve des détails fort curieux sur le combat de Nogent-sur-Seine dans une donation, en date du 13 juin 1363, d’une maison sise à Laon, à François d’Aunoy, huissier du Parlement (JJ92, no255, fo76 vo). A la suite de cette affaire, Robert, sire de Fiennes, connétable de France, qui était au siége de Melun, se rendit à Troyes, où il accorda, le 11 juillet 1359, des lettres de rémission à Pierre de la Capelle, maire de Hesdin (JJ90, no328).
[165]Pont-sur-Seine ou Pont-le-Roi, Aube, arr. et c. Nogent-sur-Seine.
[166]Torcy-le-Grand, Aube, arr. et c. Arcis-sur-Aube.
[167]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Fère-en-Tardenois.
[168]Méry-sur-Seine, Aube, arr. Arcis-sur-Aube.
[169]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, c. Méry-sur-Seine.
[170]Jean de Segur n’était pas capitaine de Nogent, comme Froissart le dit par erreur (p. 174), mais de Pont-sur-Seine. JJ90, nos521, 630.
[171]Aube, arr. Bar-sur-Seine, c. Mussy-sur-Seine.
[172]Jean de Picquigny mourut en mai ou juin 1359, carà la fin d’avrilil prenait part à la chevauchée de Philippe de Navarre à travers la Picardie et le Vermandois; d’un autre côté, il est mentionné comme mort dans des lettres de rémission datées de Melun et accordées enjuillet1359 par le régent à messire Henri le Vasseur, curé de Fluy (Somme, arr. Amiens, c. Molliens-Vidame). JJ90, no214.—Froissart dit (p. 175) que Jean de Picquigny trépassa au château de la Hérelle; mais on voit par des lettres de rémission octroyées en mai 1360 a Thomas du Pont de Remi, curé de Rivières, qui avait séjourné avec le dit Jean à Long, puis à Creil, que ce seigneur mourut à Évreux «.... et depuis alla avec le dit chevalierà Évreux où il demoura en sa compaignie jusques à tant que il trespassa....» JJ90, no554.
[173]Froissart a emprunté cette légende, comme celle de la mort de Jean de Picquigny, à Jean le Bel. Cf.Chron., t. II, p. 241, 242.
[174]Le château de Mauconseil fut racheté et rasé par les bourgeois de Noyon, dans les premiers mois de 1359. Cf.Cont. de G. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 283.
[175]Froissart répète ici (p. 177) l’erreur qu’il avait déjà commise plus haut, en disant que Jean de Segur était capitaine de Nogent-sur-Seine: il commet une seconde erreur en rapportant à l’année 1359 le massacre de ce chef de Compagnies, qui eut lieu le samedi 4 avril 1360. Par acte daté de Paris en avril 1360, Charles régent accorda des lettres de rémission à ses amés les bourgeois et habitants de Troyes en Champagne «.... Comme, le samedi veille de la Resurrection Nostre Seigneur derrain passée (samedi 4 avril 1360), Jehan de Segure, nagaires capitaine de Pons sur Saine, ennemi et malveillant du royaume, de la couronne de France, de monseigneur et de nous, feust alez, emprès la ditte ville de Troies et eust fait assavoir à nostre amé et feal conseillier l’evesque de Troies (Henri de Poitiers), capitaine de la ditte ville de par monseigneur et nous, que il avoit grant volenté de parler à lui et de estre et devenir bon François et de lui exposer et dire plusieurs choses honorables et proufitables pour monseigneur, nous et le dit pais; lequel capitaine envoya le maistre de son hostel querir aus champs le dit Segure et l’amena en son hostel où il disnoit, senz le faire assavoir au conseil de la ville ne aus diz habitanz, ne la cause pour quoy il estoit venuz. Lequel Jehan de Segure parla au dit capitaine moult longuement après disner et s’offry à estre bon François, si comme on dit, et fu veu publiquement au dit hostel. Et si tost comme il fu venu à la cognoissance du menu commun de la ditte ville, tant ceulx qui estoient venuz du plat pays comme autres, qui bien le cognoissoient et que il avoit desers, il furent moult esmeuz. Et ceulx qui avoient la garde des portes pour la journée les firent fermer par telle manière que le dit capitaine, quant il senty l’effroy, ne le pot mettre hors de la ditte ville, mais escouvint qu’il le ramenast en son hostel, où il le cuida sauver pour ce qu’il estoit là venuz à sa seurté et à son sauf conduit. Et illeuc s’asembla si grant multitude de genz armez que la ditte maison fu environnée de toutes pars. Et crioient touz à haute voys les paroles qui s’ensuivent ou semblables: «Où est li lerres, traitres du roy nostre sire et de monseigneur le regent, qui a le pays ars et gasté, ravies noz fames et filles et ycelles violées et a tant de peuple mis à mort que ce est senz nombre? Il convient qu’il muire; et vous mesmes morrez, se vous ne nous le rendez.» Après lesquelles paroles, pour ce que le dit capitaine ne leur vouloit rendre, il rompirent les huis du dit hostel et entrèrent dedens. Finablement, le dit Jehan de Segure, cuidant eschiver les perilz de la mort, sailly par une fenestre dehors enmy la voye, et illeuc fu tantost tuez et mis à mort par le dit commun. Et aussi fu mis à mort en l’ostel du dit capitaine, l’un des varlez du dit Segure, qui estoit portier de la ditte forteresse de Pons, si comme on dit, et avoit touz jours esté anglois et traitres de la couronne de France et nez de la ville d’Evreux. Et un autre varlet du dit Segure fu pris par ceulx qui faisoient la garde et depuis par nostre justice executez pour ses demerites....» JJ90, no521. On voit par d’autres lettres de rémission, en date du 10 juillet 1360, que Jean Bonnet, de Troyes, Étienne et Thibaud de Mesnil-Lettre frères, écuyers, avaient été les principaux chefs de ce mouvement populaire (JJ90, no630). A la requête de l’évêque de Troyes, le régent nomma des commissaires pour juger les coupables; on imposa des amendes à ceux qui pouvaient les payer; les autres furent condamnés au dernier supplice. JJ89, nos413, 414.
[176]M. Lecointre-Dupont a retrouvé chez un parcheminier de Poitiers et publié le projet complet de ce traité, daté de Londres, le 24 mars 1359; ce projet assurait au roi d’Angleterre la possession de la Normandie, de la Touraine, du Maine, de l’Anjou, du Ponthieu et de Boulogne, la suzeraineté de la Bretagne, sans compter une rançon de quatre millions d’écus d’or, c’est-à-dire un million de plus que ne portera le traité de Brétigny. (Revue anglo-française, t. I, p. 388 à 405.)
[177]Jean le Bel, qui a fourni à Froissart ce récit de la reprise de Roucy par les Français (Chron., t. II, p. 242, 243), dit que Frank Hennequin était «un povre garchon d’Alemaigne». On trouvera des détails curieux sur l’occupation de Roucy par les Compagnies dans JJ88, no112. D’après la chronique de Jean de Noyal, abbé de Saint-Vincent de Laon (Bibl. nat., dép. des mss., fonds français, no10138, fo170), Frank Hennequin était capitaine de Sissonne.
[178]Maison forte située sur le territoire de Villeseneux, Marne, arr. Châlons-sur-Marne, c. Vertus, et encore marquée sur la carte de Cassini (communication de M. Auguste Longnon).
[179]Ardennes, arr. Vouziers.
[180]Aisne, arr. Château-Thierry, c. Neuilly-Saint-Front.
[181]Ardennes, arr. et c. Sedan.
[182]Le Chesne, Ardennes, arr. Vouziers.
[183]Meuse, arr. Bar-le-Duc, c. Montiers-sur-Saulx.
[184]Aisne, arr. Laon.
[185]Marne, arr. Châlons-sur-Marne.
[186]Une charte du mois d’août 1359 mentionne les exactions de Brocard de Fénétrange et de ses gens d’armes à Vassy. Par acte daté de Paris en août 1359, en présence du seigneur de Hangest, Charles régent transporta dans le ressort de la prévôté de Bar-sur-Aube les religieux, abbé et couvent de Montiérender (Haute-Marne, arr. Vassy) au bailliage de Chaumont, auparavant placés dans le ressort des prévôtés de Vassy, de Rosnay et de Chaumont «verumptamen ad presens villa de Ronneyo(Rosnay-l’Hôpital, Aube, arr. Bar-sur-Aube, c. Brienne),per inimicos destructa, penitus inhabitabilis est effecta.Villa vero de Waiseyo(Vassy)tradita est Brocardo de Fenestrangiis, militi, cujus gentes, pretextu dicte tradicionis, nedum superioratum vel ressortum et gardiam predictas, verum eciam juridicionem domanariam dictorum religiosorum usurpare et exercere et omnes redditus eorumdem religiosorum percipere et levare nituntur et de facto usurpant et levant, ipsosque religiosos et eorum subditos taliter oppresserunt et predati fuerunt eorum bona quod dicti religiosi dictum suum monasterium, et eorum subditi terram suam, terrore mortis reliquerunt, dampna et oppressiones hujus modi sustinere nequentes, ut dicunt....» JJ90, no229.
[187]Robert Knolles quitta Auxerre le dernier jour d’avril 1359 pour retourner à Châteauneuf-sur-Loire; le jeudi 2 mai il prit Châtillon-sur-Loing (Gr. Chron., t. VI, p. 151). La chevauchée du célèbre partisan en Auvergne doit sans doute être placée après son retour à Château-neuf-sur-Loire; les Anglais avaient déjà fait invasion dans cette province à la date du 29 juin (Ménard,Hist. de Nismes, t. II,Preuves, p. 190). Nous voyons, par un mandement de Jean, comte de Poitiers et de Mâcon, au bailli d’Auvergne, en date du 20 novembre 1359, que les habitants de Riom dépensèrent 736 écus d’or et mirent sur pied 30 hommes d’armes «.... en ceste presente année, quant les ennemis du royaume furent entrésdans le pais d’Auvergne,... chusques à tant que les dis ennemis vuydarent le dit pais....» Bibl. nat., dép. des mss., Quittances, t. XI, no894.
[188]Cf. Jean le Bel,Chroniques, t. II, chap.CIVàCVIII, p. 245 à 268.
[189]La trêve conclue à Bordeaux le 23 mars 1357 entre les rois de France et d’Angleterre avait pris fin en avril 1359, et toutes les négociations entamées en vue de rétablir la paix étaient restées sans résultat. Aussi, dès le 4 août 1359, Édouard III, par divers mandements adressés de Westminster dans les divers comtés et vicomtés de son royaume, donnait l’ordre de réunir à Sandwich avant la fête de l’Assomption (15 août 1359) 910 archers à cheval choisis en vue de son prochain passage en France (Rymer, vol. III, p. 440 et 441); le 12 août, il lançait une déclaration de guerre à son adversaire de France sous forme de lettre adressée à l’archevêque de Canterbury, primat d’Angleterre, pour lui demander des prières: de rege super tractatibus pro pace deluso inaniter, de guerra resumpta et de orando (Rymer, vol. III, p. 442). Ce fut cette rupture des négociations avec l’Angleterre qui détermina surtout le régent à traiter avec le roi de Navarre et à signer le 21 août 1359 la paix de Pontoise.
[190]Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Vimy. Abbaye de l’ordre de Saint-Augustin au diocèse d’Arras, à 9 kil. au nord de cette ville; il reste de cette abbaye, bâtie sur une colline escarpée de 120 mètres, deux tours à six étages qui dominent tout le pays environnant.
[191]Le 18 octobre 1359, il y eut une panique à Amiens, où l’on disait que le duc de Lancastre n’était qu’à trois ou quatre lieues de cette ville, dont le régent avait confié la garde à Raoul de Renneval et au sire de Campremy. Par acte daté de Paris en janvier 1360 (n. st.), Charles, régent, accorda des lettres de rémission à ses bien amés Fremin Andeluye, son écuyer d’écurie, Jacques Andeluie, frère de Fremin, son panetier, Fremin Guinaut, Raoul de Fricamps, Guy Pin, Colart du Bosquel, Colart le Rat, Fremin de Prousel, Andrieu du Buscoy et à plusieurs autres, ses bons et loyaux sujets de sa bonne ville d’Amiens, qui avaient mis à mort Pierre Rousseaux soupçonné de trahison «comme nagaires, ou jour Saint Luc (vendredi 18 octobre 1359) darrain passé, eust esté ordené en la ditte ville par le maieur et eschevins d’icelle que aucune personne bourgoise, forain ne habitant, n’issist hors ne autres n’y entrast,pour cause de ce que le duc de Lancastre et noz ennemis estoient à trois ou quatre lieues près de la ditte ville sur la rivière de Somme; et avecques ce estoit rapporté et mandé de plusieurs nobles, tant par messire Raoul de Rainneval comme par le seigneur de Campremy, que les dessus diz ennemis avoient intencion d’aler assaillir la ditte ville....» JJ90, no405.
[192]Somme, arr. Péronne.
[193]Le régent rend hommage à la belle résistance des habitants de Bray-sur-Somme dans deux chartes que nous sommes heureux de signaler et qui sont de véritables titres de gloire pour cette localité. Par acte daté de Paris en janvier 1360 (n. st.), Charles régent autorise ses bien amés les habitants de Bray sur Somme à convertir leur marais en terregaignableethavableou en prés: «comme après ce que le roy d’Engleterre, le prince de Gales et le duc de Lencloistre furent descendus derrain ou royaume à grant quantité de gens, ennemis de nostre dit seigneur, de nous et du dit royaume, pour ycelui grever et dommagier, en eulx traiant ès parties de Picardie, il feust venu à la cognoissance des diz maire, eschevins et communauté que le dit duc de Lencloistre et grant partie de genz du dit roi d’Engleterre en sa compaignie se ordonoient et entendoient à traire vers la ditte ville de Bray et ou pais d’environ. Et pour ce, au plus tost qu’il peurent, se mistrent en arroy et en ordenance et retindrent grant quantité de genz d’armes, arbalestriers et archiers, à leurs gaiges et despenz, pour garder et deffendre la ditte ville et pour resister de tout leur povoir contre la puissance des diz ennemis.Lequel duc de Lencloistre et ceulx de sa compaignie, venus devant la ditte ville, firent et donnèrent à ycelle et à ceulx qui dedens estoient plusieurs grans griefs et crueulx assaux et envaissemens par plusieurs journées et intervalles. Lesquels maire, eschevins et communauté, à l’aide de Dieu et des dittes gens d’armes, arbalestriers et archiers, obvièrent et resistèrent aus diz ennemis par tele manière que il s’en departirent et alèrent.Et fu la ditte ville et les bonnes gens qui y estoient garantis pour lors d’estre perilliés, exilliés et gastés par les diz ennemis; mais toutevoies, pour cause des diz assauz et envaissemenz, nonobstant la deffense et resistence des dittes gens d’armes et des diz supplians, yceulx supplians ont esté grandement domagiez en leurs biens par les diz ennemis, tant en la forteresce de leur ville, en leurs molins qui ont estés ars et gastés, comme autrement.» (JJ90, no438). Par d’autres lettres de même date que les précédentes, Charles régent amortit en faveur de ses amés les habitants de Bray-sur-Somme 40 livres parisis de rente annuelle et perpétuelle qui doivent être affectées à la fondation d’une chapelle en l’honneur de Dieu, de sa benoite mère et du glorieux confesseur Mgr saint Nicolas, en exécution d’un vœu fait par les dits habitants, lorsque leur ville fut dernièrement assiégée par les Anglais. JJ90, no439.
[194]Cerisy-Gailly, Somme, arr. Péronne, c. Bray-sur-Somme.
[195]Abbaye d’hommes de l’ordre de Prémontré au diocèse de Boulogne. L’abbaye de Licques, dont une partie de l’église et des bâtiments modernes subsiste encore, était située sur le territoire de la commune de ce nom (Pas-de-Calais, arr. Boulogne, c. Guines), à la lisière d’une forêt, à 12 kil. au sud de Guines et à 25 kil. à l’est de Boulogne.
[196]Édouard III ne s’embarqua pas à Dover, mais à Sandwich (petit port du comté de Kent, un peu au nord de Dover et à l’est de Canterbury) où il était dès le 14 octobre et où il resta jusqu’au 28 de ce mois. Rymer, vol. III, p. 451 à 453.
[197]Édouard III débarqua à Calais le mercredi 30 octobre; et comme ce mois a 31 jours, la date donnée par Froissart est parfaitement exacte.Ibid., p. 453.
[198]Pas-de-Calais, arr. Arras.
[199]Beaumetz-lez-Cambrai, Pas-de-Calais, arr. Arras, c. Bertincourt.
[200]Pierre IV d’André promu en 1347, mort le 13 septembre 1368.
[201]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Cambrai. L’emplacement qu’occupait cette abbaye est aujourd’hui compris, en partie du moins, dans le territoire de la commune d’Oisy (Aisne, arr. Vervins, c. Wassigny). Cette abbaye était placée juste au point d’intersection des routes du Nouvion au Cateau et à Cambrai et de Guise à Landrecies, au Quesnoy et à Valenciennes.
[202]Baudouin de Lens, sire d’Annequin (Pas-de-Calais, arr. Béthune, c. Cambrin), institué en 1358 maître des arbalétriers, après la mort de Robert, sire de Houdetot, mena en 1359 cent hommes d’armes en Picardie où il fut établi capitaine du château de Presles avec neuf écuyers (Anselme, t. VIII, p. 28). Le 15 février 1360 (n. st.), Simon de Baigneux, vicomte de Rouen, donna quittance à Jean le Villain de 30 écus d’or pour la dépense de Baudouin d’Annequin, chevalier, maître des arbalétriers, qui était allé par l’ordre du régent abattre la forteresse de Saint-Germain-sous-Cailly (Seine-Inférieure, arr. Rouen, c. Clères). Bibl. nat., dép. des mss., Quittances, t. XI, no921.
[203]Édouard III arriva devant Reims le mercredi 4 décembre 1359. Varin,Archives administratives de la ville de Reims, t. III, note 1, d’après lesMémoiresde Rogier, fo109.
[204]Les Anglais levèrent le siége de Reims le dimanche 11 janvier à minuit. V.Grandes Chroniques, édit. in-12, t. VI, p. 167;Mémoiresde Rogier, fo109 vo.
[205]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Reims, située sur le territoire de la commune de Verzy, Marne, arr. Reims, à 16 kil. au sud-est de cette ville, sur la montagne de Reims, au-dessus de la plaine de Vesle.
[206]Abbaye de Bénédictins au diocèse de Reims, qui a donné son nom à la commune de Saint-Thierry, Marne, arr. Reims, c. Bourgogne, à 8 kil. au nord de Reims. D’après les Grandes Chroniques, le prince de Galles était logé à Villedomange (Marne, arr. Reims, c. Ville-en-Tardenois), à 9 kil. au sud-ouest de Reims; c’étaient les comtes de Richmond et de Northampton qui étaient campés à Saint-Thierry. Le duc de Lancastre était établi à Brimont (Marne, arr. Reims, c. Bourgogne), à 10 kil. au nord de Reims. Enfin le maréchal d’Angleterre et Jean de Beauchamp étaient à Betheny (Marne, arr. et c. Reims), à 4 kil. au nord-est de Reims.Grandes Chroniques, t. VI, p. 166 etMémoiresde Rogier, fo109 vo.
[207]Varin a publié, d’après une pièce conservée aux archives municipales de Reims, la belle lettre adressée par le régent le 26 décembre 1359 aux Rémois, pour les engager à repousser vigoureusement les Anglais qui «se sont venuz logier plus près de la ditte ville qu’il n’ont esté et sont maintenant tous environ ycelle», et leur annoncer qu’il envoie une seconde fois à leur secours le connétable Robert de Fiennes qui était allé une première fois jusqu’à Troyes d’où le régent l’avait rappelé «pour aucunes grans besoignes touchans très grandement l’oneur et l’estat de monseigneur, de nous et du royaume.»Arch. adm. de Reims, t. III, p. 156 à 159.
[208]Jean III de Craon, promu en décembre 1355, mort le 26 mars 1373.
[209]Ce n’est pas Jean de Châtillon, comte de Porcien (voy. Anselme,Hist. généal., t. VI, p. 111), c’est Gaucher de Châtillon qui était capitaine de Reims dès le mois de mars 1359 (JJ90, no85); il occupait encore ce poste pendant le siége de cette ville par les Anglais, et son principal auxiliaire était Gaucher de Lor, comme le prouve la curieuse pièce suivante qui paraît avoir échappé aux recherches de Varin. Par acte daté de Paris en mars 1360 (n. st.) et sur le rapport de ses amés et féaux messire Gaucher de Châtillon, capitaine de la ville de Reims, de messire Gaucher de Lor et des échevins et élus sur le gouvernement de la dite ville, Charles régent accorda des lettres de rémission à Roger et Jean de Bourich, père et fils, ainsi qu’à Pierre de Bantuel, leur cousin, habitants de Reims, qui, à la suite d’une querelle au jeu de dés, avaient blessé mortellement un habitant de Reims nommé Jean de Saint-Gobain «comme les diz père et filz aient bien et loyaument servi nostre dit seigneur, nous et la ditte ville en la compaignie du dit capitaine ou de ses genz et de noz bons subgiez de Reins,tant en la prise et aux assaus des chasteaulx de Marueil, de Sissonne et de Roucy ès quiex lieux noz ennemis estoient logiez dont eulx ont esté deboutez et mis hors par force, comme en venant pardevers nous, de par les diz capitaines, eschevins et autres habitants de la ditte ville, en message par plusieurs fois, ou temps que les ennemis estoient à siège devant ycelle, paravant et depuis, pour nous certefier de l’estat des diz ville et ennemis: durant lequel siège les diz capitaine et habitanz ne pouvoient trouver personne convenable qui vousist entrepenre à venir devers nous adoncques, si comme eulx nous ont escript et affermé par leurs dittes lettres closes....» JJ90, no495.
[210]Auj. hameau de la commune de Bouconville, Aisne, arr. Laon, c. Craonne.
[211]Nord, arr. Avesnes, c. Trélon. Le nom de cette seigneurie est écritEnnore(p. 212, l. 16).
[212]Aisne, arr. Laon, c. Neufchâtel.
[213]Ardennes, arr. et c. Mézières.
[214]Ardennes, arr. et c. Sedan.
[215]Ardennes, arr. Sedan.
[216]Ardennes, arr. Vouziers.
[217]Marne, arr. Sainte-Menehould, c. Ville-sur-Tourbe. Knyghton fixe la prise de Cernay-en-Dormois au mardi 31 décembre 1359.
[218]Auger de Montaut, sire de Mussidan, était châtelain de Blaye le 5 avril 1356.Archives de la Gironde, t. XII, p. 12 à 14.
[219]Froissart se trompe lorsqu’il affirme que la guerre ouverte se ralluma en décembre 1359 entre le régent et le roi de Navarre, et lorsqu’il ajoute que Charles le Mauvais envoya un défi au duc de Normandie. Ce qui est vrai, c’est que le roi de Navarre qui, depuis la paix conclue à Pontoise le 21 août précédent, avait rendu plusieurs fois visite au régent, qui avait assisté notamment au mariage de Jean, comte de Harcourt, et de Catherine de Bourbon, célébré à Paris le lundi 14 octobre, n’en fit pas moins une guerre couverte au duc de Normandie à partir du mois de novembre. Le premier acte de cette guerre couverte fut la prise par escalade du château de Clermont en Beauvaisis, opérée le lundi 18 novembre par Jean de Grailly, captal de Buch, partisan dévoué du roi de Navarre aussi bien que du roi d’Angleterre. Le second fait, plus grave encore que le premier, qui amena, non, comme le dit Froissart, une déclaration de guerre, mais la rupture de toutes relations personnelles et courtoises entre les deux princes, ce fut la découverte d’un complot tramé au mois de décembre par un certain nombre de bourgeois de Paris, dont Martin Pisdoe était le chef, pour renverser le régent (JJ90, nos20 à 32). Martin Pisdoe fut exécuté le lundi 30 décembre (JJ90, no369). La déposition de Jean le Chavenacier est accablante pour le roi de Navarre. «Jehan, avait dit Martin, ces choses se pourront bien faire,car nous aurons de nostre alience plusieurs des genz de monseigneur de Navarre.» JJ90, no382. Le régent, qui avait bien assez à faire de repousser l’invasion d’Édouard, remit à une époque plus favorable la vengeance de ses griefs contre Charles le Mauvais.
[220]Cet écuyer, que Froissart appelleWautre Obstrate, est nomméGautier Straeldans des lettres de rémission que Charles V lui octroya à Paris en octobre 1368 (JJ99, no416; Secousse,Preuves, p. 295 et 296). Les gens d’armes de la garnison de Rolleboise sont qualifiésAnglaisdans un acte daté du mois d’août 1364. JJ96, no258, fo86.
[221]Seine-et-Oise, arr. Mantes, c. Bonnières. Le château ou plutôt la tour de Rolleboise, dont les murs, d’après Jean de Venette, avaient plus de neuf pieds d’épaisseur, située entre Mantes et Bonnières sur une hauteur qui domine la Seine, fut occupée par Gautier Strael depuis la fin de 1359 jusques vers Pâques (13 avril) 1365. Après l’avoir occupée au nom du roi d’Angleterre jusqu’à la conclusion du traité de Bretigny, et plus tard au nom du roi de Navarre, tant que ce dernier fut en guerre avec la France, mais en réalité pour son propre compte, Gautier consentit à l’évacuer en avril 1365 moyennant le payement d’une somme considérable, et Charles V la fit aussitôt démolir de fond en comble par les paysans des environs. Jean de Venette dit qu’il n’avait pas vu sans un certain sentiment de terreur les imposants débris de cette tour qui jonchaient la terre.Chron. du contin. de G. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 357 et 358.
[222]G. de Jauche, sire de Gommegnies (Nord, arr. Avesnes, c. le Quesnoy).
[223]Ardennes, arr. Rethel, c. Novion-Porcien. D’après Froissart (p. 220 et 409), l’escarmouche de Herbigny eut lieu vers le 25 décembre 1359.
[224]Mathieu II du nom, seigneur de Roye et de Germigny, mentionné pour la première fois sur les rôles des guerres en 1343, otage en Angleterre pour la rançon du roi Jean de 1360 à 1374, mort en 1380 et enterré dans l’église de l’abbaye de Longpont (Aisne, arr. Soissons, c. Villers-Cotterets). Anselme, t. VIII, p. 9.
[225]LeRosoy en Triérachede Froissart ne peut s’appliquer qu’à Rozay, aujourd’hui hameau de la commune de Barzy, Aisne, arr. Vervins, c. le Nouvion.
[226]Mathieu de Roye, II du nom, dit le Flament, seigneur du Plessis-de-Roye (Oise, arr. Compiègne, c. Lassigny), cousin de Mathieu seigneur de Roye, maître des arbalétriers de France de 1347 à 1349, mort en janvier 1381 et enterré comme son cousin à l’abbaye de Longpont. Anselme, t. VIII, p. 6.
[227]Aisne, arr. Laon.
[228]Enguerrand VII du nom, sire de Coucy, comte de Soissons et de Marle, seigneur de la Fère, d’Oisy et de Ham, était alors sous la tutelle de sa mère Catherine d’Autriche. Anselme, VIII, p. 542 et 545.
[229]Marne, arr. Reims, c. Bourgogne, à quatre lieues au nord-ouest de Reims, à la limite des départements de l’Aisne et de la Marne. Suivant Knyghton, le siége de Cormicy commença le 20 décembre 1359 et dura jusqu’au jour de l’Épiphanie (mardi 6 janvier 1360), que la place fut emportée. Par acte daté de Paris en mars 1365 (n. st.), Charles V accorda des lettres de rémission à Ludet Guerry deCormissy, accusé d’avoir volé un muid de sel. «.... environ la Purification Nostre Dame l’an LIX (dimanche 2 février 1360), après ce que le roy d’Angleterre se fu parti de environ Reins et que ses gens eurent pris le chastel et ville de Cormisy, pillé et emporté les biens qui estoient en ycelle ville....» JJ98, no186, fo56 vo.
[230]Le siége de Reims, commencé le 4 décembre 1359, levé le 11 janvier 1360, avait duré trente-neuf jours ou cinq semaines et demie environ.
[231]Aube, arr. Arcis-sur-Aube, au nord-ouest de Troyes.
[232]Yonne, arr. Auxerre, sur la route de Troyes à Auxerre, au confluent de l’Armançon et de l’Armance, au nord-ouest de Tonnerre. Les Anglais prirent certainement la ville de Saint-Florentin, quoi qu’en dise Froissart, puisque Charles V, confirmant en mai 1376 la donation d’une motte vague faite en janvier 1359 aux habitants de cette ville, pour y reconstruire leur église paroissiale, dit que les lettres de cette donation «furent perdues et arsesà la prinse de nostre ditte villequi fu arse et destruicte par noz ennemis (JJ109, no11, fo10 vo).» Si quelque chose résista, ce fut le château, grâce aux travaux de fortification exécutés avec tant de prévoyance par le régent et un désintéressement si patriotique par les habitants pendant le cours de l’année 1359. Le régent accorda à Paris en janvier 1359 (n. st.) des lettres de rémission aux habitants de Saint-Florentin qui, «pour ce que la clausure de la ditte ville de Saint-Florentin, laquelle les habitanz d’icelle ont empris de cloure de foussez et de paleiz, n’est pas encore parfaite» ont obtenu, moyennant 89 florins d’or au mouton et plus, trêves jusqu’à Pâques 1359 de nos ennemis: «Comme noz ennemis aientnagairespris et tiennent cinq forteresses environ noz chastel et ville de Saint Florentin en Champaigne, c’est assavoir laMoute de Chamlost(Champlost, Yonne, arr. Joigny, c. Brienon), qui est en une lieue;Laigni le Chastel(Ligny-le-Châtel, Yonne, arr. Auxerre), qui est à deux lieues;Regennes(auj. hameau de la commune d’Appoigny, Yonne, arr. et c. Auxerre, près de la rive gauche de l’Yonne),Chanlay(Champlay, Yonne, arr. et c. Joigny), etAys en Otte(Aix-en-Othe, Aube, arr. Troyes), qui sont chascun à cinq lieues près de la ditte ville de Saint Florentin, et courent, pillent, gastent et raençonnent chascun jour tout le pais.» JJ86, no553, fo201.—Nous voyons, par une autre charte, aussi datée de Paris en janvier 1359 (n. st.), que le capitaine du château de Saint-Florentin avait fait abattre l’église paroissiale, le prieuré, l’Hôtel-Dieu et la maladrerie, situés dans les faubourgs, ainsi que l’église de Mgr saint Florentin, sise en dedans des fortifications devant le château, afin que les ennemis ne s’y pussent loger et tenir. JJ86, no554.
[233]Yonne, arr. Auxerre, c. Ligny-le-Châtel. Autrefois siége d’une abbaye, l’une des quatre filles de Cîteaux, fondée en 1114 et placée sous la garde des comtes de Tonnerre. Ce curieux épisode du passage des Anglais à Pontigny n’est fourni que par trois manuscrits, cotés A 15 à 17 dans notre classement (v. p. 414 et 415), et n’a été relevé que dans notre édition. Seulement, l’auteur de cette intercalation se trompe en plaçant l’abbaye de Pontigny sur l’Armançon; ce beau monastère était situé sur la rive gauche du Serain ou plutôt duSenin, ainsi qu’on a appelé jusqu’à la fin du dernier siècle cet affluent de la rive droite de l’Yonne. En quittant Saint-Florentin, le gros de l’armée anglaise suivit la vallée du Serain et remonta le cours de cette rivière, puisque Froissart mentionne plus loin le passage d’Édouard à Noyers et à Guillon; la mention d’une halte des Anglais à l’abbaye de Pontigny, donnée par les trois manuscrits cités plus haut, n’a donc rien que de très-vraisemblable.
[234]Froissart a dit plus haut que ce même Baudouin d’Annequin, capitaine de Saint-Quentin, avait été fait prisonnier par Barthélemi de Burghersh, à la fin de novembre 1359; il est douteux qu’il eût déjà recouvré sa liberté et fût capitaine du château de Tonnerre à la fin de janvier ou en février 1360. D’après un titre qu’a connu le père Anselme, Baudouin fut envoyé au mois de janvier 1361 (n. st.) en Anjou, Poitou et Saintonge pour traiter de la délivrance d’un nomméBarthelemy Bronas(sans doute Barthélemi Burghersh, dont le nom est souvent écritBruwes), chevalier anglais (Anselme, t. VIII, p. 28). Froissart n’aurait-il pas pris le change, lorsqu’il a raconté que Baudouin d’Annequin fut pris près de Saint-Quentin par Barthélemi Burghersh? Ne serait-ce pas, au contraire, Baudouin qui aurait fait prisonnier Barthélemi?
[235]Robert, sire de Fiennes, connétable de France, était à Auxerre le 1erdécembre 1359, jour où il conclut une convention avec Jean de Delton et Danquin de Hatton, capitaines anglais de Regennes et de la Motte de Champlay, pour l’évacuation de ces forteresses et leur rasement moyennant le payement de 26 000 florins d’or ou moutons (Rymer, vol. III, p. 461 et 462). Le roi d’Angleterre, qui venait de recommencer les hostilités contre la France et qui assiégeait Reims, lorsque la nouvelle de cette convention dut lui parvenir, refusa sans doute de la ratifier, car nous voyons par un de ses mandements, adressé de Calais le 26 octobre 1360 à Nicol de Tamworth, que ce chevalier anglais était encore à cette date capitaine de Regennes où il détenait Jacques Wyn (Ibid., p. 545). Deux jours après, le 28 octobre, Édouard donnait l’ordre d’évacuer Regennes et la Motte de Champlay (Ibid., p. 546). Enfin, le 12 avril 1364, à la requête de Jean de Dalton et de Danquin de Hatton, le roi anglais visa etexemplifiala convention du 1erdécembre 1359 (Ibid., p. 729 et 730). Jean, sire de Hangest, dit Rabache, est mentionné comme capitaine d’Auxerre en 1360 dans des lettres de rémission octroyées le 14 juin 1364 à Jean, sire de Maligny (JJ96, no359, fo128 vo). Vers la Chandeleur (2 février) 1360, on faisait le guet et l’arrièreguet auxeschifflesdes remparts d’Auxerre (JJ90, no502). Par acte daté de Paris en décembre 1360, Jean, roi de France, restitua au comte d’Auxerre la ville de ce nom «comme, par la deffaute et coulpe des bourgoiz et habitanz de la ville d’Auceurre, la ditte ville ait esté nagaires perdue et destruitte par Robert Canole et ses complices, ennemis de nostre dit royaume, pour ce que les diz bourgoiz et habitanz, qui par leurs grans avarices, orgueil et malvais gouvernement, vouldrent de euls garder la ditte ville, boutèrent et mistrent hors d’icelle partie de plusieurs gentiz hommes qui par avant longue pièce estoient venuz en la ditte ville en la compaignie de feu Guillaume de Chalon, filz de nostre très chier et féal cousin et conseillier le conte d’Aucerre (Jean de Chalon, III du nom) bouteillier de France, pour la ditte ville et tout le pais garder et deffendre et resister aus diz ennemis de tout leurs povoirs; et pour ce que, après ce que la ditte ville fu ainsi perdue, nostre cousin le sire de Fiennes, connestable de France, entra en ycelle, la garda et empara de rechiez, le dit connestable et plusieurs autres dient la ditte ville et ses appartenances estre à nous acquise, nous ait fait supplier le dit conte, comme il ait touz jours amé et servi loyalment et continuelment nous et nos predecesseurs roys de France, et ait esté longuement prisonnier en Engleterre où il a moult fraié et despendu du sien à cause de sa ditte prise et li convient encore pour très grant et excessive raençon....» JJ89, no429.
[236]Noyers ou Noyers-sur-Serein, Yonne, arr. Tonnerre.
[237]Froissart veut sans doute parler ici de Jean de Noyers, comte de Joigny, qui avait en effet été fait prisonnier à la bataille de Poitiers (Rymer, vol. III, p. 539). Après la mort de Miles VI du nom, seigneur de Noyers et de Vendeuvre arrivée en septembre 1350, le comte de Joigny, fils aîné, et Eudes de Grancey, gendre de Miles VI, s’étaient emparés de la seigneurie de Noyers au mépris des droits de Miles VIII du nom, sire de Noyers et de Montcornet, petit-fils de Miles VI, qui obtint arrêt contre ses oncles en 1364. Anselme, t. VI, p. 652.
[238]Yonne, arr. Avallon, c. Guillon, sur le Serain, au sud de Noyers.
[239]Yonne, arr. Avallon, sur le Serain, au sud de Montréal.
[240]Noyers, Montréal et Guillon sont situés sur une rivière nommée aujourd’hui par corruptionSerain. La forme latine de ce nom était au neuvième siècleSedena, au douzième siècleSainaetSeduna; la forme française a étéSeneinouCeninjusqu’à ces derniers temps.Selletteest une mauvaise forme où Froissart a peut-être été induit, parce qu’une rivière du Hainaut porte ce nom.
[241]Flavigny-sur-Ozerain, Côte-d’Or, arr. Semur, à l’est de Guillon.
[242]Ce traité dont le texte est dans Rymer (vol. III, p. 473 et 474), fut donné à Guillon en Bourgogne sous le grand sceau du roi d’Angleterre le 10 mars 1360 (n. st.). Édouard s’engageait à rendre Flavigny et à tenir la Bourgogne en paix pendant trois ans moyennant le payement de deux cent mille deniers d’or au mouton payables, 50 000 comptant, 50 000 le 22 juin, 50 000 le 25 décembre 1360, 50 000 enfin le 28 mars 1361. Les évêques de Chalon et d’Autun, quatorze abbés, les cités et bonnes villes de Chalon, d’Autun, de Dijon, de Beaune, de Semur, de Montbar et de Châtillon-sur-Seine, quinze nobles et sept bourgeois de Bourgogne se portaient garants du payement de cette somme. L’un de ces sept bourgeois, encore obscur en 1360, allait bientôt devenir l’un des plus grands personnages du quatorzième siècle: c’était Hugues Aubriot, le futur prévôt de Paris du roi Charles V. Quatre jours seulement après la conclusion de ce traité, le 14 mars, un certain nombre de seigneurs picards et normands, conduits par Jean de Neuville, faisaient une descente en Angleterre où ils prenaient, saccageaient et brûlaient Winchelsea (JJ105, no535;Contin. de Nangis, éd. Geraud, t. II, p. 298, 299; ms. no4987, fo77 vo. Voyez surtout le t. XI des Quittances conservées au dép. des mss. de la Bibl. nat. et classées chronologiquement; elles nous donnent tous les détails d’armement relatifs à cette expédition préparée au clos des galées de Rouen et à Leure par le Baudrain de la Heuse, amiral de France (no916) et Étienne du Moustier, capitaine de Leure).
[243]Le rédacteur des Grandes Chroniques (t. VI, p. 168) dit qu’Édouard passa l’Yonne à Coulanges (Yonne, arr. Auxerre). Coulanges est en effet en aval de Clamecy.
[244]Yonne, arr. Avallon. Froissart paraît croire que Vezelay est sur l’Yonne, tandis qu’il est sur la Cure, affluent de la rive droite de l’Yonne.Kon dessous Vosselay(p. 227, 418) est peut-être une mauvaise leçon pour Coulanges sous Vezelay.
[245]Seine, arr. et c. Sceaux.
[246]Meuse, arr. Montmédy.
[247]Ardennes, arr. Vouziers. LeChesne Pouilleuxde Froissart est devenu dans la terminologie administrative leChesne Populeux.
[248]Aisne, arr. Laon, c. Sissonne.
[249]Aisne, arr. Laon, c. Marle.
[250]Ardennes, arr. Vouziers. La forteresse d’Attigny, située sur l’Aisne, commandait le cours moyen de cette rivière dont une autre forteresse, également occupée par Eustache, celle d’Autry (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) commandait le cours supérieur. Eustache d’Auberchicourt faisait la guerre de partisan comme on exercerait la plus lucrative des industries. Ainsi, le 19 mai 1360, Louis de Male délivra commission pour imposer sur les habitants du comté de Rethel la somme de 25 000 deniers d’or qu’ils avaient promis de donner à Eustache d’Auberchicourt pour retirer de ses mains les forteresses de Manre (Ardennes, arr. Vouziers, c. Monthois) et d’Attigny (Arch. dép. du Nord, 1erreg. des Chartes, fo174 vo). Un mois plus tard, le 16 juin 1360, par contrat passé devant Pierre et Thomassin de Cusy, notaires jurés à Sainte-Menehould, noble homme messire Eustache d’Auberchicourt, chevalier, vendit à haut et puissant prince monseigneur Robert, duc de Bar, marquis du Pont, moyennant 7 000 florins d’or au mouton et 1000 florins par-dessus le marché, qui devaient être remis à messire Courageux de Mauny et à messire Gui de Nevill, chevaliers, la forteresse d’Autry «laquelle li avoit esté donnée par haut et puissant prince son très chier seigneur le roy d’Angleterre, comme terre acquise et conquestée par armes....» Cet acte de vente stipule que tous les approvisionnements entassés à Autry seront livrés au duc de Bar. «Et aussi seront et doient estre au dit monseigneur le duc toutes les finances et raençons que les villes et li pais ont fait par devers le dit monseigneur Eustace et ses genz, qui sont deues et à avenir, tant de vivres comme de deniers; et li baillera et li a le dit messire Eustace promis à baillier touz les papiers, lettres et seurtés qu’il a et puet avoir sur les dittes raençons....» Le régent ratifia cette vente à Compiègne en juillet 1360 (JJ88, no11). Un paladin aussi pratique qu’Eustache d’Auberchicourt était un fort beau parti. Aussi, le voyons-nous cette même année 1360, le 29 septembre, épouser à Wingham, dans le comté de Kent, la propre nièce de la reine d’Angleterre, Elisabeth de Juliers, veuve du comte de Kent. Coxe,The Life of Black Prince, notes, p. 367.
[251]Bagnols-sur-Cèze, Gard, arr. Uzès.
[252]Les premières prophéties de Jean de la Roche Taillade, qui avait étudié cinq ans à l’université de Toulouse et appartenait à l’ordre des Frères Mineurs de la province d’Aquitaine et de la maison de Rodez, sont datées de la prison du pape Clément VI, ditedu Soudan, à Avignon, au mois de novembre 1349 (Bibl. nat., fonds latin, no3598). D’autres ouvrages de cet illuminé, qui s’occupait aussi de médecine et d’alchimie, sont conservés à la même bibliothèque, fonds latin, sous les nos7151, 7167, 7371, 11200 et 11202. M. Kervyn de Lettenhove, dans une savante note de son édition des Chroniques de Froissart (t. VI, p. 493 à 495), indique un certain nombre de manuscrits des ouvrages de Jean de la Roche Taillade conservés à Bruges, à Cambridge, à Oxford, à Mayence, à Rome et à Bâle.
[253]Seine-et-Oise, arr. Corbeil, c. Arpajon, au sud de Bourg-la-Reine. D’après les Grandes Chroniques de France (t. VI, p. 169), Édouard vint loger en l’hôtel de Chanteloup (auj. château de la commune de Saint-Germain-lés-Arpajon), entre Montlhéry et Châtres (Arpajon), le mardi 31 mars; il était encore à Chanteloup le lundi 6 avril, jour où il confia à Jean Chandos la garde de son château de la Fretty et de la Tour Saint-Christophe en Normandie (Rymer, vol. III, p. 480). Des négociations, qui furent entamées le vendredi saint 3 avril à la maladrerie de Longjumeau, restèrent sans résultat. Le mardi 7 avril, Édouard s’approcha plus près de Paris et vint loger à Châtillon près Montrouge, tandis que les autres corps de son armée s’établissaient à Issy, à Vanves, à Vaugirard, à Gentilly et à Cachan. Si l’on veut savoir comment le régent et par suite le rédacteur des Grandes Chroniques a pu être si bien renseigné jour par jour sur les mouvements de l’armée ennemie, on n’a qu’à lire la pièce suivante où l’on reconnaît l’esprit pratique et nullement chevaleresque du futur Charles V. Par acte daté de Paris le 13 avril 1360, Charles régent accorda des lettres de naturalisation et de bourgeoisie parisienne à son amé Jean Cope, originaire d’Angleterre, «et de nouvel,pour le temps que le roy d’Angleterre a esté près de nostre bonne ville de Paris, le dit Jehan, qui bien savoit et scet parler le langaige d’Angleterre, ait exposé et mis en avanture son corps, sa vie et sa chevance pour nous faire certains services qu’il nous a faiz au grant proufit de monseigneur, de nous et du royaume, pour lesquiex nous nous reputons et devons reputer pour grandement tenuz à lui; nous, pour les causes dessus dittes et plusieurs autres qui à ce nous ont meu et doivent mouvoir, voulans au dit Jehan Cope, comme à celui qui bien l’a desservi, faire grace especial qui soit à lui et aus siens honnorable et prouffitable, si que les autres de sa nativité et d’autres nacions estranges, qui sauront la ditte grace à lui faite, doient, à l’exemple de lui, eulx efforcier de eulx loyaument porter envers monseigneur et nous....» JJ90, no510.
[254]L’armée anglaise était campée entre Arpajon (Châtres) et Montlhéry. Arpajon fut alors le théâtre d’un des faits les plus atroces de cette épouvantable guerre. Jean de Venette dit (Contin. de G. de Nangis, éd. de Geraud, t. II, p. 304 à 306) qu’un noble, capitaine de l’église de ce village, y fit mettre le feu et y brûla environ neuf cents personnes, parce que les paysans des environs, réfugiés dans cette église convertie en forteresse, se voyant abandonnés par la garnison chargée de les garder, et ne pouvant tenir plus longtemps, menaçaient de se rendre aux Anglais. Des lettres de rémission, que Geraud n’a pas connues, nous font connaître le nom de ce capitaine, qui est qualifié écuyer et qui s’appelait Philippe de Villebon. La conduite de ce capitaine fut d’autant plus infâme que les malheureux habitants d’Arpajon avaient résisté pendant plus d’une semaine à tous les assauts des Anglais. «.... Et quia postquam idem rex et ejus gentes steterantper septem diesante fortalicium predictum, illud hostiliter et viriliter invadendo....» Elle fut d’autant plus lâche que Philippe, avant de mettre le feu à l’église, avait séparé son sort de celui des habitants confiés à sa garde et avait mis sa personne et celle de ses compagnons en sûreté dans des guérites. «.... Dum ipse Philippus et nonnulli alii socii sui secum erant superius in dicto fortalicioad garitas....» Pendant que tous ces pauvres paysans périssaient dans les flammes allumées par Philippe de Villebon et où les Anglais repoussaient ceux qui essayaient d’y échapper, leur capitaine se tenait «subtus votas seu columpnas turris dicti monasterii....», et il ne sortit de sa cachette que vers minuit, non sans avoir tué un de ses hommes qui se trouva sur son passage et qu’il avait pris pour un Anglais. Le régent n’en accorda pas moins à Philippe de Villebon des lettres de rémission, d’où nous avons tiré ces détails qui confirment le récit de Jean de Venette, lettres que le roi Jean renouvela et confirma en février 1361 (n. st.). JJ89, no458, fo203.—Les habitants de Boissy-sous-Saint-Yon en la châtellenie de Montlhéry (Seine-et-Oise, arr. Rambouillet, c. Dourdan) et de Toury en Beauce (Eure-et-Loir, arr. Chartres, c. Janville) soutinrent aussi des siéges contre les envahisseurs dans leurs églises transformées en forteresses. JJ90, no637.
[255]Mss. B 4, 3, fo169 vo.—Ms. B 1, t. II, fo70 (lacune).
[256]Ms. B 3, fo183 vo.—Ms. B 1, t. II, fo70 voet ms. B 4: «en Humainne.»Mauvaise leçon.
[257]Mss. B 4, 3, fo170 vo.—Ms. B 1, t. II, fo71 vo(lacune).
[258]Mss. B 4, 3, fo172.—Ms. B 1, t. II, fo73 vo(lacune).
[259]Mss. B 4, 3, fo172.—Ms. B 1, t. II (lacune).
[260]Mss. B 4, 3, fo172 vo.—Ms. B 1, t. II, fo74: «samedi.»Mauvaise leçon.
[261]Mss. B 4, 3, fo173.—Ms. B 1, t. II, fo74 vo(lacune).
[262]Ms. B 4, fo173.—Ms. B 1, t. II. fo75 (lacune).
[263]Mss. B 4, 3, fo173.—Ms. B 1, t. II, fo75 (lacune).
[264]Mss. B 4, 3, fo173 vo.—Ms. B 1, t. II, fo75 vo(lacune).
[265]Ms. B 4, fo173 vo: «ferons».—Ms. B 3, fo187 vo: «ferons nous volentiers, au plaisir et o l’aide de Dieu».—Ms. B 1, t. II, fo76: «verons.»
[266]Mss. B 4, 3, fo174.—Ms. B 1, t. II, fo76 (lacune).
[267]Ms. B (lacune).
[268]Mss. B 3, 4, fo189.—Ms. B 1, t. II, fo76 (lacune).
[269]Mss. B 4, 3, fo176.—Ms. B 1, t. II, fo79 (lacune).
[270]Mss. B 4, 3, fo176.—Ms. B 1, t. II, fo79 vo(lacune).
[271]Mss. B 4, 3, fo176 vo.—Ms. B 1, t. II, fo80 vo(lacune).
[272]Mss. B 4, 3, fo177.—Ms. B 1, t. II, fo81 (lacune).
[273]Mss. B: «espessie.»Mauvaise leçon.
[274]Mss. B 4, 3, fo179 vo.—Ms. B 1, t. II, fo84 vo(lacune).
[275]Ms. B 4, fo180.—Ms.B 3, fo194: «cil».—Ms. B 1, t. II, fo85 vo(lacune).
[276]Ms. B 4, fo180 et B 3.—Ms. B 1, t. II, fo86 (lacune).
[277]Mss. B 4, fo180 voet B 3, fo194: «choisir».
[278]Mss. B 4, fo181 et B 3, fo194 vo: «Qui estes vous?»
[279]Mss. B 4, 3, fo181.—Ms. B 1, t. II, fo87 vo(lacune).
[280]Mss. B 4, 3, fo182.—Ms. B 1, t. II, fo88 vo(lacune).
[281]Mss. B 4, 3, fo182.—Ms. B 1, t. II, fo89 (lacune).
[282]Mss. B 4, 3, fo183.—Ms. B 1, t. II, fo90 (lacune).
[283]Mss. B 4, 3, fo183.—Ms. B 1, t. II, fo90 vo(lacune).
[284]Ms. B 4, fo183 vo.—Ms. B 1, t. II, fo91 (lacune).
[285]Ms. B 4, fo184.—Ms. B 3, fo198: «la Normendie.»
[286]Mss. B 4, 3, fo185.—Ms. B 1, t. II, fo93: «quatre.»Mauvaise leçon.
[287]Ms. B 4, fo185.—Ms. B 3, fo198 vo: «ses gens qui n’estoient pas grant nombre.»—Ms. B 1, t. II, fo93 (lacune).
[288]Mss. B 1 et 4: «d’Evreuses.»—Ms. B 3 (lacune).
[289]Ms. B 4, fo185 vo.—Mss. B 1, t. II, fo94 et B 3, fo199 (lacune).
[290]Mss. B 4, 3, fo185 vo.—Ms. B 1, t. II, fo94 (lacune).
[291]Mss. B 4, 3, fo186.—Ms. B 1, t. II, fo94 vo(lacune).
[292]Mss. B 4, 3, fo186 vo.—Ms. B 1, t. II, fo95 vo(lacune).
[293]Ms. B 3, fo200 vo.—Mss. B 1, t. II, fo96 et B 4, fo187: «Clocestre.»Mauvaise leçon.
[294]Mss. B 4, 3, fo187.—Ms. B 1, t. II, fo96 (lacune).
[295]Ms. B 4, fo187 vo.—Ms. B 3, fo201: «alors».—Ms. B 1, t. II, fo97 (lacune).
[296]Mss. B 4, 3, fo188.—Ms. B 1, t. II, fo97 vo(lacune).
[297]Mss. B 1 à 4 (lacune).
[298]Mss. B 1 à 4: «feroit.»
[299]Mss. B 4, 3, fo188.—Ms. B 1, t. II, fo98 (lacune).
[300]Mss. B 4, 3, fo188 vo.—Ms. B 1, t. II, fo98 (lacune).
[301]Ms. B 4, fo188 vo.—Mss. B 1, t. II, fo98 et B 3 (lacune).