Chapter 26

[1]Sarthe, arr. de la Flèche.[2]Le duc de Bourgogne commandait l’armée royale au Mans; ce ne fut que le 13 octobre 1380 que les troupes furent licenciées par le duc d’Anjou, régent, qui retint seulement les hommes d’armes de Clisson, de Jean de Beuil et de Pierre de la Rocherousse (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).[3]Mayenne, arr. de Laval.[4]Mayenne, arr. de Laval.[5]Cossé-le-Vivien, Mayenne, arr. de Château-Gontier. C’est à tort que Kervyn a identifié cette ville avec Changé (arr. de Laval).[6]Dès le mois de septembre, on préparait en Angleterre l’envoi de renforts à l’armée de Buckingham, et Thomas Credy était chargé d’arrêter des navires pour le passage des troupes en Bretagne (Rec. Off., Queen’s Rem., Misc., Navy610/11).[7]La chronologie des évêques de Saint-Pol-de-Léon est assez indécise à cette date, d’autant que les archives du Finistère, comme a bien voulu nous le dire notre confrère, M. J. Lemoine, ne renferment aucun acte ni aucune mention d’évêque de ce diocèse entre 1364 et 1390. A en croire Fr.-Alb. Le Grand (Vie, gestes, mort et miracles des saincts de la Bretaigne..., 1637, p. 484), il s’agirait ici de Pierre Ouvroin, élu évêque en 1370 et mort en 1385, prélat qui «n’estoit pas encore sacré en 1380.» Malheureusement, pour cette partie de sa notice, l’auteur ne paraît pas avoir eu d’autre source que le texte même de Froissart, dans lequel il identifie «l’esleu de Lion» avec Pierre Ouvroin; et, quelque vraisemblable que soit son hypothèse, il ne saurait être cru sans preuves.[8]Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré.[9]Mayenne, arr. de Laval.[10]Ille-et-Vilaine, ch.-l. d’arr.[11]Ce fut seulement après le sacre du roi que les ducs, apprenant la marche de 7,000 Anglais sur Nantes, «ordonnèrent que Chastelmorand et le Barrois, qui avoient quatre cens hommes d’armes en la frontière de Pouencé, près d’Angers, menassent leurs gens dedans Nantes et qu’ils se hastassent avant que les Anglois y parvenissent et qu’ils chevauchassent jour et nuit. Ainsi le firent, et furent à Nantes premiers que les Anglois quelques trois heures» (Chronique du bon duc Loysp. 120). Ils eurent facilement accès à la Tour neuve, commandée par Guillaume Leet, mais n’obtinrent que par force les clefs de la ville, gardées par un chanoine, ami des Anglais, comme beaucoup des habitants. Ils furent bientôt renforcés par Pierre de Beuil et 200 hommes d’armes (Ibid., p. 123).[12]Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo.[13]Saint-Sulpice-la-Forêt, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[14]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[15]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[16]Les désertions commençaient a décimer l’armée anglaise, et un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne l’arrestation d’hommes d’armes revenus de France et de Bretagne avant l’expiration de leur service (Rec. Off., Close Rolls227, m. 27 vº).[17]Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p.CVII, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne; nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. LaChronique du bon duc Loysnous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.[18]Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable auteur de laChroniquede Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement» le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent en ambassade, et laChronique du bon duc Loyss’étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx,la France en Orient, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud,Chr. du bon duc Loys, p.XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 699).[19]UnJeande Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en 1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2867).[20]Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380, un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen, de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris, Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (Arch. nat., X1a1471, fol. 382 vº). Ce conseil décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au plus tôt le jeune Charles VI (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance (Ibid., p. 30 et 32).[21]Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il voulut quitter, dit laChronique des Quatre Valois(p. 290), pour aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».[22]Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau,Preuves de l’hist. de Bretagne, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dès le 21 octobre (Bibl. nat., Briennevol. 259, p. 27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France (Bibl. nat., Clair.vol. 36, nº 2725).[23]Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 44;Grandes Chroniques, t. VI, p. 472;Ordonn., t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang» (Arch. nat., X1a1471, fol. 443; voy. aussiPetit Thalamus, p. 401, laChr. des Quatre Valois, p. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (Arch. nat., JJ 147, fol. 108) et au dehors (Ibid., JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur (Arch. nat., JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (Arch. nat., JJ 118, fol. 93 ve). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 (Ibid., fol. 139).[24]M. Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 158, note 2) cite une quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims assez douteuse.[25]Marne, arr. de Reims.[26]C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y estoient» (Grandes Chroniques, t. VI, p. 472).[27]A la date du 19 novembre 1380, le duc de Berri est nommé lieutenant général du roi en Guyenne, Toulousain, Languedoc, Berri, Poitou et Auvergne, avec faculté de disposer dans ces pays des finances du roi (Bibl. nat., Briennevol. 259, fol. 219-222 vº). Le duc d’Anjou, qui s’était déjà fait attribuer la majeure partie du trésor royal, reçoit en don (25 décembre 1380) les restes des forfaitures des Navarrais (Arch. nat., JJ 121, fol. 120). L’accord définitif pour le gouvernement du royaume eut lieu le 28 janvier 1381: un conseil de régence de douze personnes était nommé; la garde du roi et de Mrde Valois était confiée aux ducs de Bourgogne et de Bourbon; le duc d’Anjou avait la présidence du conseil (Bibl. nat., ms. fr. 6537, fol. 45,orig.).[28]Le comte de Saint-Pol vint à Paris demander grâce au roi, et, soutenu par de puissants amis, entre autres le sire de Couci, obtint la restitution de ses biens (Chronographia regum francorum, p. p. H. Moranvillé, t. III, p. 2). Il ne put, malgré ses efforts, arriver à perdre Bureau de la Rivière, auquel il reprochait sa disgrâce (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 36 et 38).[29]Aisne, arr. de Saint-Quentin.[30]Ici se placent, dans l’édition de Johnes, deux chapitres nouveaux, dont nous reparlerons à propos des §§210et216.[31]Châtillon-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[32]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[33]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[34]Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec ses hommes d’armes, Pierre de Beuil, dont le père, Jean de Beuil, était engagé, le 12 décembre 1380, par le connétable de Clisson pour la guerre de Bretagne (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).[35]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 58 et 60), c’est surtout à l’intervention du sire de Beaumanoir qu’est due la reprise des négociations, commencées du vivant même de Charles V (Grandes Chroniques, t. VI, p. 473).[36]CeCosyngton, qui ne peut être le Guillaume figurant en 1313 dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identifié avecÉtiennede Cosyngton, bien connu déjà, qui, d’après laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 124), fut fait prisonnier dans cette sortie.[37]Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort en 1422.[38]Amauri de Clisson, qui prend part plus tard à l’expédition de Gueldre, figure comme chevalier bachelier, avec deux autres chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1eroctobre 1388. Une quittance à son nom, de 129 francs, porte la date du 27 septembre de la même année (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 789).[39]A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secourspar la Loireà l’armée de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rollsnº 2).[40]Yves de Cholet mourait en 1390 sous les murs de Carthage pendant l’expédition de Barbarie (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 668).[41]Rymer cite au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute identifier celui dont il s’agit ici avec Hugh Tyrrel, capitaine, en 1374, du château d’Auray en Bretagne et garde du château de Carisbrooke dans l’île de Wight en 1377 (Rymer, t. VII, p. 51 et 147).[42]Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du roi d’Angleterre (Rymer, t. VII, p. 488).[43]Les Nantais surprirent l’ennemi et détruisirent la mine qu’il faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille, prisonnier, fut sans doute échangé, car il figure plus loin aux joutes de Vannes. Au dire de laChronique du bon duc Loys, Thierri de Sommaing fut tué dans cette escarmouche (p. 125).[44]Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 62), les Anglais avaient grand’peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à «une maladie de cours de ventre qui fort les acoura» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 127), fut la véritable cause de la levée du siège de Nantes.[45]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[46]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[47]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[48]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[49]Morbihan, arr. de Ploërmel.[50]Morbihan, arr. de Ploërmel.[51]La Trinité-Porhoët, Morbihan, arr. de Ploërmel.[52]Morbihan, arr. de Ploërmel.[53]Saint-Jean-Brevelay, Morbihan, arr. de Ploërmel.[54]Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti auXIIIe, puis auXVIIesiècle pour devenir le palais épiscopal, et servit de préfecture après la révolution; il a été presque complètement démoli en 1866.[55]Château situé à Sarzeau, Morbihan, arr. de Vannes.[56]Morbihan, arr. de Lorient.[57]Quimper, Finistère, ch.-l. de dép.[58]Finistère, ch.-l. d’arr.[59]Les barons bretons n’avaient pas consenti à laisser entrer les Anglais dans les villes; ils ne leur avaient laissé que la campagne et les faubourgs et les avaient obligés à s’approvisionner à prix d’argent auprès des habitants (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 58).[60]Château situé à Locmariaquer, Morbihan, arr. d’Aurai.[61]Aujourd’hui Guéméné-sur-Scorf, Morbihan, arr. de Pontivi.[62]Morbihan, arr. de Ploërmel.[63]Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon.[64]Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc.[65]Les troupes qu’avait rassemblées Olivier de Clisson étaient importantes; à la date du 1eraoût 1380, nous voyons figurer dans une montre passée à Château-Josselin deux chevaliers bannerets, trente-deux chevaliers bacheliers et cent soixante-cinq écuyers (Dom Morice,Mémoires, t. II, col. 254-255).[66]Malgré l’opinion duReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 56), les Anglais ignorèrent si bien les négociations de paix entreprises par les barons bretons, qu’à la date des 21 et 24 décembre 1380, Thomas Credy et Walter Leicester étaient chargés de réunir des navires destinés à transporter des troupes en Bretagne en même temps qu’en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Dès le mois de février 1381, Thomas de Felton s’apprêtait à partir pour la Bretagne avec 900 hommes d’armes et 900 archers, «pro fortificatione Thome, comitis Buk. et exercitus regis...» (Ibid., Issue Rolls303, m. 12). L’insurrection des communes empêcha son départ ainsi que celui de Jean des Roches, de Pierre Veel et de Robert Passelewe, qui, de Dartmouth, devaient aller au-devant de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas., Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et m. 20 vº).[67]Voy. t. IX, p. 272-274 et 278-279.[68]Voy. sur Robert d’Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec son père Philippe, la notice détaillée de M. H. Moranvillé dans leSonge véritable, p. 93-96 (Extrait desMémoires de la Soc. de l’Hist. de Paris, t. XVII).[69]LaChronique du bon duc Loysfait mourir ce «banneret» anglais sous les murs de Nantes. Il est probable qu’elle commet une erreur, car en avril 1399, nous voyons un Guillaume Clynton accompagnant le roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l’acte réglant la succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et 463).[70]Peu de temps auparavant, le 1eroctobre 1380, Lionnel d’Airaines assistait à une revue à Ardres (Bibl. nat., Clair.vol. 5, nº 238).[71]Ce chevalier anglais est sans doute le même queJeanFranc, que laChronique du bon duc Loysfait mourir à tort dans une escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut qu’en 1388 d’une chute de cheval (Froissart, éd. Kervyn, t. XII, p. 251-252).[72]LaChronique du bon duc Loysparle longuement de ces joutes de Vannes, où devaient primitivement figurer quinze hommes d’armes de l’hôtel du duc de Bourbon contre quinze Anglais (p. 127-128) et combattre à outrance. Les champions, réduits à cinq de chaque côté, par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du parti anglais: Wautier Cloppeton, Édouard de Beauchamp, Thomas de Hennefort, Brisselai et Jean de Traro; du parti français: Jean de Châteaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d’Aunai et Tristan de la Jaille.[73]De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait en Bretagne, après avoir fait la campagne d’Auvergne, en 1375, et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des chevaliers partant porter secours à l’évêque de Metz, Pierre de Luxembourg.[74]D’après laChronique du bon duc Loys(p. 131), Éd. de Beauchamp était ivre, ce qui l’empêcha de fournir sa joute. Cet écuyer fit, en 1386, la campagne d’Espagne au service du roi de Castille (Rymer, t. VII, p. 490).[75]Le même sans doute que leGautierClopton de laChronique du bon duc Loys, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIII, p. 10).[76]La joute de Jean de Châteaumorand et de Guillaume de Faringdon eut lieu le lendemain de celle où avait figuré Janekin Cloton.[77]Grâce aussi au duc de Bourgogne, allié par sa femme au duc de Bretagne (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 60).[78]Le traité de paix, par lequel le duc de Bretagne fait sa soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 à Vincennes. Par cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s’engage à lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi de France et particulièrement les Anglais; il paie une indemnité de 200,000 francs (Dom Lobineau,Hist. de Bretagne, t. II, col. 610 et suiv.). Olivier de Clisson ratifie ce traité le 23 février, remettant aux mains du roi son différend avec le duc de Bretagne, qui, le 4 avril, à Guérande, appose son sceau au traité en présence des commissaires royaux: Jean le Fèvre, évêque de Chartres, Arnaud de Corbie, premier président au Parlement, Pierre de Chevreuse, Jean le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (H. Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85). Ce n’est que le 27 septembre, à Paris, que le duc de Bretagne prête hommage au roi (Dom Morice,Hist. de Bretagne, t. I, p. 384). Charles VI n’avait pas attendu cette date pour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne à Saint-Denis, le 2 mars 1381 (Arch. nat., JJ 118, fol. 187).[79]Pour apaiser Buckingham, le duc avait, le 11 avril, fait dresser un acte par lequel ses barons s’engageaient à refuser de combattre les Anglais, si le roi de France voulait y forcer le duc. Buckingham feignit de se contenter de cet acte et partit (Dom Morice,Hist. de Bret., t. I, p. 384).[80]Walsingham (Hist. angl., t. I, p. 444) prétend que le duc de Bretagne donna de l’argent aux Anglais pour obtenir leur départ. L’armée anglaise était alors bien diminuée par les maladies (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 66): de 6,000 hommes qu’elle comptait devant Nantes, elle n’en avait guère plus de 3,000 (Chr. du bon duc Loys, p. 35), et avait perdu tous ses chevaux (Walsingham, t. I, p. 444). Le paiement des gages de Buckingham (9,000 livres) et celui de ses chevaliers est daté de Brest, 30 avril 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº et 50 vº). Le 2 mai, le comte de Buckingham arrive à Falmouth avec 1,069 hommes; le reste de ses gens débarque dans d’autres ports de Cornouailles (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº).[81]A ces noms, il faut ajouter ceux de Guillaume de Windsor, qui part pour Cherbourg le 5 mars, de Guillaume de Faringdon et de Massy de Podyngton, qui s’apprêtent à le rejoindre, le 30 mai (Rec. Off., Early Chancery Rolls325, m. 13 et 2).[82]Après l’exécution de Jean Pruneel et l’appel fait par le comte aux bannis de Flandre (voy. t. IX, p.XCIV-XCV), le 18 juin 1380, les Brugeois avaient arraché à Louis de Male certains privilèges relatifs, entre autres, à la bière et aux vins. Revenu à Lille, le comte s’était hâté de révoquer ces concessions (Arch. du Nord, citées dans Le Glay,Chronique rimée, p. 88, note 1) et avait imposé son alliance aux habitants de Bruges et du Franc (J. Meyer,Ann. flandr., fol. 174). Malgré ces alliés, malgré ses mercenaires anglais (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 110), le comte assistait aux nouveaux succès des Gantois, qui s’étaient emparés de plusieurs villes (Kervyn,Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 191 et 236); il se résolut à la paix, qui fut «criée» au mois de juin 1380. Elle fut bientôt rompue, le 8 août, à l’occasion d’une querelle de tisserands (Meyer, fol. 174), et les hostilités recommencèrent.[83]C’est par erreur que, dans le volume précédent (t. IX, p.LXXXII), ce personnage a été appeléGuillaume. Jean Boele, qui figure à différentes reprises dans les comptes de la ville de Gand, était échevin en février 1381 (J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, 1893, p. 185).[84]Arnould de Clerk (en flamand Arent de Cleerc) est mentionné en 1380 avec Simon Colpaert dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 192) à propos d’une expédition à Dixmude.[85]Un Pierre de Wint paraît en mai 1378 dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 104).[86]Jean de Launoit (Jan vander Elst) appartient à la corporation des marchands en 1376 et 1377 (Rekeningen, p. 24, 35, 83, 97, etc.). Est-ce le même que Jan vander Helst, échevin entre 1377 et 1380 (Ibid., p. 151)? D’après Meyer (fol. 177 rº), c’était un banni.[87]Belgique, prov. de Flandre occidentale.[88]La défaite des Gantois eut lieu le 27 août 1380 (Meyer, fol. 175 rº), au moment où, d’après une rédaction desChroniques de Flandre, ils se disposaient à marcher sur Dixmude (Ist. et chr., t. II, p. 539). C’est peut-être ici qu’il faut placer l’expédition d’Arnould de Clerk, voy. p.XIV, note84.[89]Meyer n’estime qu’à 1,200 le nombre des Gantois morts.[90]Ypres ouvrit ses portes au comte le 28 août, bien qu’une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 257) place cet événement après le 9 septembre.[91]Le comte «fist decoler bien.IIIIC.de ceuls de ladicte ville» (Ist. et chr., t. II, p. 174).[92]Le 29 août 1380.[93]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 174.[94]D’après Meyer (fol. 175), ce fut le 1erseptembre, immédiatement après la prise de Deynse, que commença le siège de Gand, qui devait être long et durer près de dix semaines. Le comte avait avec lui 100,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 193).[95]Ter Boote, plateau situé au nord de Gand, au delà de Longpont (Langerbrugge).[96]Région située au nord de Gand et comprenant les métiers d’Assenede, de Bouchaute, de Hulst et d’Axel.[97]Langerbrugge, au nord de Gand.[98]Ce combat eut lieu à la fin du siège, le 5 novembre 1380. Il fut fort meurtrier; c’est là que mourut Josse de Hallwin (Ist. et chr., t. II, p. 174). Voy. les comptes relatifs à Longpont (Rekeningen, p. 218).[99]Le 6 octobre 1380 (Meyer, fol. 176).[100]Godefroy de la Tour, rentier de Brabant, donne quittance le 15 décembre 1374 de 125 francs d’or, pour terme d’une rente à lui due par le trésor royal (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2859).[101]C’est le jour de la Saint-Denis, 9 octobre, que les Gantois partent pour Termonde, qu’ils prennent le 11 (Meyer, fol. 176 rº).[102]La prise de Grammont par les Gantois eut lieu en novembre 1380; le seigneur d’Enghien y fut fait prisonnier (Ist. et chr., t. II, p. 193). Elle avait été précédée en octobre de l’attaque contre Audenarde, de la prise d’Eenaeme et de la défaite et mort d’Arnould de Clerk, que Froissart, d’accord avec une des rédactions desChroniques de Flandre(t. II, p. 198-199), place en carême 1381; ce dernier combat est daté par Meyer (fol. 176 rº) du 25 octobre. Dix jours après (le 5 novembre) se passait la bataille de Longpont, dont Froissart a parlé plus haut.[103]Avant de retourner à Bruges, le comte signa la paix que demandaient les Gantois; lui-même «tot fessus malis et ære exhaustus, videns plus se damni quam lucri facere» (Meyer, fol. 176 vº), y consentit volontiers. Cette paix, signée «au camp devant Gand» le 11 novembre 1380, jour de la Saint-Martin, prit le nom de paix Martinienne; elle est ignorée de certainesChroniques, qui disent que «demoura la cose ainsy toute la saisonsans pais, sans trieues et sans nul accord» (Ist. et chr., t. II, p. 193; cf. p. 238). Par cette paix, dit Wielant, dans sesAntiquités de Flandres(Dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. IV, p. 307), «le comte pardonne tous meffaictz sans jamais rien pouoir demander;item, que tous ceulx qui sont banniz par ceuls de Gand demoureront banniz et obeyront au ban et que desormais l’on fera justice selonc les coustumes de la ville». De plus, toute personne qui violera cette paix sera punie comme si elle avait violé une réconciliation légale (Van Duyse et de Busscher,Inventaire... des chartes... de Gand, p. 158, et J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, p. 448-450). A cette époque, le comte cherche aussi à s’assurer le concours de l’Angleterre, où il envoie des ambassadeurs, en décembre 1380 (Rec. Off., Early Chanc. Rolls325, m. 20). Le 20 février suivant, Jean Elyot est envoyé à Calais, porteur de lettres pour le comte, les échevins et bourgeois de Bruges, Ypres et Gand (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20).[104]La paix ne dure guère. De nouvelles contestations s’élèvent entre les Gantois et les Brugeois, ces derniers voulant garder ce qui avait été pris par les autres durant les hostilités. Le 24 février 1381, les Gantois renouvellent leur alliance avec Ypres et créent un tribun du peuple, Rasse Mulaert; par une nouvelle loi, ils décident que quiconque fera prisonnier un chevalier recevra deux livres; pour un écuyer le prix ne sera que d’une livre. Au commencement de mai, les Gantois prennent Termonde, Courtrai, Grammont, etc., sans pour cela que le calme règne dans la ville. Pendant une émeute, Simon Rym est tué (Meyer, fol. 176 vº-177 rº).[105]Village près de Gand. La bataille eut lieu le lundi 13 mai 1381, jour de la Saint-Servais. On trouve des comptes se rapportant aux expéditions de Courtrai (voy. la note précédente) et de Nevele dans le livre de M. J. Vuylsteke (Rekeningen, p. 220-223).[106]Jean, bâtard d’Enghien, figure déjà en 1379 au siège d’Audenarde, pendant lequel il fut fait chevalier (Ist. et chr., t. II, p. 230).[107]Kervyn a consacré aux Berlaimont une assez longue notice (t. XX, p. 310-311) où ne figure pas celui dont il est ici question.[108]Sur Gui de Ghistelles, voy. t. IX, p.LXXXIV, note 4.[109]Thierri de Dixmude, chevalier, donne quittance le 1ermars 1376 de ses gages et de ceux de deux chevaliers et neuf écuyers de sa compagnie, au service de Louis de Sancerre. On le retrouve en 1380 figurant dans une revue à Hesdin, le 19 juillet, et à Corbeil, le 1erseptembre; il est sous les ordres du seigneur de Couci (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nos192, 193 et 195). En différend depuis quelque temps déjà avec les bourgeois de Valenciennes, au sujet de la mort de son écuyer tué dans cette ville, il soumet son cas au comte de Blois et au seigneur de Couci à la fin de 1382 (Arch. du Nord, série B, t. I, p. 184). Le 13 septembre 1386, nous le retrouvons au service du duc de Bourgogne, comte de Flandre, dans une montre passée à Thérouanne, où il figure avec huit chevaliers et soixante et un écuyers (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nº 199).[110]Unheervan Leewerghem paraît dans les comptes de la ville de Gand en 1380 (Rekeningen, p. 177).[111]D’après Meyer (fol. 178 rº), Jean de Launoit ne meurt pas à Nevele, mais est banni après le combat.[112]Les Gantois perdirent 6,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 174). Une quinzaine de jours après l’affaire de Nevele, le comte «envoya le baniere des Gantois, qui avoit esté gaingnie, à le comtesse d’Artois, se mere» (Ist. et chr., t. II, p. 199).[113]Le combat de Nevele fut suivi d’une accalmie qui ne se prolongea guère. Le comte de Hainaut s’interposa pour arriver à conclure la paix; mais les Gantois s’y refusaient (Ist. et chr., t. II, p. 243), et le comte exigeait des conditions trop onéreuses (Meyer, fol. 178 rº).[114]Cette attaque des Gantois, qui doit être placée avant le combat de Nevele, eut lieu le 2 mai 1381. Quant aux événements qui suivent, relatifs à Audenarde et à Eenaeme, on a déjà vu qu’ils sont de beaucoup antérieurs. Voy. plus haut, p.XVI, note102.[115]Nous retrouvons plus tard, après la campagne de Flandre de 1383, ceBlanchardde Calonne, chargé par le roi, ainsi que Jacques de Calonne, dit Riflart, «de pranre et recevoir les biens des Flamans et de ceux qui tenoient leur partie et aussi des Urbanistes» (Arch. nat., X1a1472, fol. 62, X2a10, fol. 163 et 11, fol. 49).[116]Belgique, prov. de Flandre orientale.[117]Sur Jean de la Faucille, voy. t. IX, p.LXIV, note 1, et leCartulaire des comtes de Hainaut, t. II, p. 311-331. Il était accusé par Simon Rym d’avoir été la cause de la mort de son oncle. Voy. plus haut, p.XVII, note104.[118]Le Simon Rym qui paraît en 1360 comme caution d’un hôtelier (J. Huyttens,Recherches sur les corporations gantoises, p. 54) est sans doute l’oncle de celui-ci. Voy. la note précédente.[119]Après Nevele, Pierre du Bois et François Ackerman avaient été nommés capitaines de Gand (Ist. et chr., t. II, p. 243). Ce dernier fut même rewaert de Gand du 30 juillet au 6 août 1381 (Rekeningen, p. 202 et 211). Il eut pour successeur Gilles le Foulon jusqu’en janvier 1382.[120]C’est à tort que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172) prétend que Sohier d’Herzeele aida Philippe d’Artevelde seulement à partir du siège d’Audenarde, au courant de 1382.[121]Éléonore d’Aragon.[122]Depuis son avènement au trône de Castille (30 mai 1379), Jean était resté l’allié du roi de France, avec lequel il avait renouvelé les traités conclus par son père. Une première fois, en 1379, il envoie une flotte en aide à Charles V; une seconde fois, en 1380, ses vaisseaux entrent dans la Tamise. La guerre semble cependant suspendue pour quelque temps, et des fiançailles sont même décidées entre Henri, infant de Castille, et Béatrice de Portugal. Mais, tout à coup, le roi Jean, retenu à Salamanque par les obsèques de sa mère, morte le 27 mars 1381, apprend que le roi de Portugal s’apprête à une nouvelle lutte pour laquelle il attend d’Angleterre des troupes commandées par le comte de Cambridge. Jean renouvelle alors à Vincennes, le 22 avril 1381, par ses ambassadeurs Lopez de Ayala et Fernando Alfonso de Algana, les traités antérieurs conclus avec le roi de France (Rymer, t. VII, p. 285). Il décide de s’opposer tout d’abord à l’arrivée des renforts anglais, ce qu’il ne peut cependant faire, malgré la victoire navale que remporte son amiral, Fernao Sanchez de Toar, sur la flotte portugaise commandée par Juan Alfonso Tello, le 17 juillet 1381. Sur terre, les Portugais ne sont pas plus heureux: ils voient leurs villes ruinées par Fernando Osorez et leurs châteaux pris par le roi Jean lui-même, qui manque mourir sous les murs d’Almeida (Lopez de Ayala,Cronicas, t. II, p. 125-153; Duarte Nuñez,Cronicas, t. II, p. 308-317).[123]Pierre de Villaines figure en 1388 comme écuyer dans une montre de son père, le Bègue de Villaines, avant de partir pour l’expédition de Gueldre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 3001); en 1386, il est envoyé par Charles VI au secours du roi de Castille (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 440).[124]Guillaume, seigneur de Naillac, du Blanc et de Châteaubrun, vicomte de Bridiers, conseiller et chambellan du roi et du duc de Berri, surnommé le Preux, paraît comme chevalier en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 80, nº 153), prend part en 1382 à la campagne de Flandre (Chr. du bon duc Loys, p. 170), est créé sénéchal de Saintonge et gouverneur de la Rochelle le 16 avril 1383 (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXIV, p. 201, note 1), et nommé garde du château de Taillebourg en 1385 (Chr. du bon duc Loys, p. 140); le 5 février 1387, il s’engage avec Gauthier de Passac, moyennant 100,000 fr., à mener en Castille 2,000 hommes d’armes contre le duc de Lancastre (Douët d’Arcq,Choix de pièces inédites, t. I, p. 76-78); en mars 1396, il reçoit du duc de Bourgogne, à la maison duquel il appartenait aussi, une livrée pour assister à une réception d’ambassadeurs (E. Petit,Itinéraires, p. 552).[125]Gauthier de Passac, que nous trouvons chevalier bachelier en 1372 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209), assiste, avec le duc de Bourbon, à la prise de Brive-la-Gaillarde en 1374 et de la Roche-Senadoire en 1375 (Chr. du bon duc Loys, p. 58 et 102); il est sénéchal de Limousin en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 83, nº 217) et conseiller du roi en 1381 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209); en 1382, il fait la campagne de Flandre, assiste à la bataille de Rosebecque (Chr. du bon duc Loys, p. 169 et 172), fait partie de l’armée de l’Écluse (p. 185) et part avec Guillaume de Naillac (voy. la note précédente) pour l’Espagne en 1387. Il était chambellan du roi (Bibl. nat., Clair.vol. 84, nº 3) et vivait encore en 1405 (Ibid., nº 6).[126]Bertrand de Terride, fils de Bertrand de Terride, seigneur de Penneville et sénéchal de Bigorre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2809), était chambellan du duc d’Orléans en 1403 et chambellan du roi en 1410 (Bibl. nat., Ibid.).[127]Juan Fernandez d’Andeiro, qui devait jouer un peu plus tard un rôle considérable comme favori de la reine Éléonore, avait été exilé en Angleterre par suite du traité intervenu entre la Castille et le Portugal. Ayant reçu du roi les pouvoirs nécessaires pour traiter avec le Portugal (Rymer, t. VII, p. 253), il était revenu secrètement auprès de Ferdinand, qui s’engageait, le 15 juillet 1380, à payer un prix raisonnable pour trois mois les 1,000 hommes d’armes et les 1,000 archers que lui amènerait le comte de Cambridge; il promettait de plus de marier sa fille Béatrice au fils du comte (Rymer, t. VII, p. 263), qui devait succéder à son beau-père sur le trône de Portugal. Le 14 mai 1381 a lieu à Westminster le renouvellement de l’alliance entre l’Angleterre et le Portugal (Rymer, t. VII, p. 307).[128]En 1346, lors du siège de Calais, Robert de Namur avait reçu du roi d’Angleterre «trois cens livres à l’estrelin, qui valent dix huit cent frans de Franche... Adonc fist hommaige le dit conte au roy d’Engleterre» (Froissart, t. IV, p. 260). Le 12 mai 1376, il reçut du roi, pourhommage, la confirmation d’une pension annuelle de 1,200 florins (Rymer, t. VII, p. 102-103).[129]Le 6 septembre 1380, le duc de Lancastre avait déjà reçu un pouvoir général pour aller en Écosse réformer les attentats aux trêves antérieures (Rymer, t. VII, p. 268). Les attentats avaient été réparés le 1ernovembre, les trêves confirmées le 1erdécembre (Ibid., p. 276 et 278) et le comte de Northumberland avait reçu l’ordre de payer comme réparations au comte de Douglas la somme de 59 livres, qui lui étaient remboursées le 8 février 1381 (Rec. Off., Close Rolls227, m. 21).[130]Simon Burley s’était occupé, depuis le 18 juin 1379, avec Richard de Braybroke, des négociations de ce mariage (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour lequel il fit de nombreux voyages. Nous l’avons vu, à la fin de juillet 1380, revenir d’Allemagne (t. IX, p.CI, note 7) avec les ambassadeurs de Wenceslas et traverser la France; il était accompagné de Robert de Braybroke, plus tard évêque de Londres (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13). Un passage d’un ms. connu de Johnes seul nous apprend que l’envoyé de Wenceslas, qu’il nomme duc de Saxe, se rendait en Angleterre «to observe the State of England and to make inquiries concerning the dower, and how it was to be settled on the Queen» (Chronicles, translated... by Thomas Johnes, 1862, t. I, p. 622-624). Le duc de Tesschen repart bientôt pour l’Allemagne, accompagné, nous dit Froissart, de Pileo de Prata, archevêque de Ravenne; Simon Burley, qui a reçu ses pouvoirs le 26 décembre (Rymer, t. VII, p. 280), part avec lui, emmenant Adam Houghton, évêque de Saint-David. Le 23 janvier 1381, Anne de Bohême nomme les trois plénipotentiaires chargés de négocier son mariage: Przenislas, duc de Tesschen, Conrad Kreyger et Pierre de Wartenberg (Rymer, t. VII, p. 282). L’acte par lequel le roi d’Angleterre s’engage à épouser Anne de Bohême et à verser à Wenceslas la somme de 80,000 florins, payables à Bruges, est signé à Nuremberg le 1erfévrier 1381 (Rymer, t. VII, p. 290). Les plénipotentiaires repartent alors pour aller faire ratifier à Londres (2 mai 1381) (Ibid., p. 294) cet acte, dans lequel intervient le comte de Cambridge. Des pensions viagères sont accordées par le roi d’Angleterre aux ambassadeurs de Wenceslas (Rymer, t. VII, p. 288, etRec. Off., Patent Rolls, nº 311, m. 17); et, vers le milieu de mai 1381, Simon Burley et les envoyés de Wenceslas retournent «versus partes Alemannie ad regem Romanorum» en compagnie de Walter Skirlawe (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour aller chercher la jeune reine, qui doit être conduite à Calais.[131]Fleuve qui, prenant sa source dans le nord du pays de Galles, se jette dans le canal de Bristol.[132]Froissart place à tort Plymouth dans le Berkshire, alors qu’il est dans le Devonshire. De Dartmouth devaient aussi partir un certain nombre de bateaux (Rec. Off., Issue Rolls303, m. 12).[133]Depuis la fin de décembre 1380, grâce aux soins de Thomas Seyville, Walter Leicester, Thomas Credy et Will. Lokyngton, de nombreux bateaux avaient été retenus pour le passage des troupes en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13; 303, m. 1;Early Chanc. Rolls325, m. 16;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Jean Cokefeld, dès le 6 avril 1381, avait été chargé de préparer, à Plymouth et à Dartmouth, les logements de l’armée (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 25;Early Chanc.Rolls 325, m. 12); Robert Crull et Will. Lokyngton étaient préposés au paiement des gages (Ibid., Issue Rolls303, m. 4, etAccounts Queen’s Rem.39/17).[134]Le comte de Cambridge emmenait avec lui, outre 4 chevaliers bannerets et 16 bacheliers, 500 hommes d’armes et 500 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). S’étant endetté pour faire ses préparatifs, il obtenait, le 4 mai, que ses pensions, en cas de décès, fussent payées pendant un an à ses héritiers (Ibid., 303, m. 2); le 10, il chargeait de le représenter, pendant son absence, son frère le duc de Lancastre et le comte Richard d’Arundell (Early Chanc.Rolls 325, m. 7).[135]Matthieu de Gournai commandait à 250 hommes d’armes et à 250 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 1ermars 1381, il recevait son sauf-conduit (Early Chanc.Rolls 325, m. 13); ses compagnons le 4. Le 8 mai, il obtenait la remise d’un procès (Privy Seals470, nº 1770) et, le 9, la confirmation du don de Tortas (Ibid., nº 1794).[136]Thierri, dit le Chanoine de Robersart, était à la tête de 100 hommes d’armes et de 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[137]Il s’agit bien ici de Raimond et non de Jean de Castelnau, comme l’indiquent certains mss., ce personnage étant désigné dans la suite par le titre deseigneurde Castelnau, qui convient seul à Raimond, l’aîné.[138]Guillaume de Beauchamp, dernier fils du comte de Warwick, recevait une pension de 200 marcs les 3 décembre 1380 et 20 février 1381 (Rec. Off., Privy Seals467, nº 1485, et 469, nº 1606); il emmenait en Portugal 250 hommes d’armes et 250 archers (Ibid., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[139]Le syndic de Latrau commandait à 100 hommes d’armes et à 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 4 mai 1381, on lui faisait une avance de 200 livres sur sa solde (Ibid., 303, m. 2); le 18 mai, le roi d’Angleterre lui confirmait une rente de 200 écus à Bordeaux, dont il donnait quittance le 23 (Ibid., Privy Seals470, nº 1794, etClose Rolls, 227, m. 6 vº).[140]Richard Talbot, qui était allé en France en 1359 (Rymer, t. VI, p. 137) et avait accompagné en Italie Lionnel, duc de Clarence, lors de son mariage avec Yolande Visconti (Ibid., p. 587), participe, en 1385, aux expéditions de Portugal et d’Écosse (Ibid., t. VII, p. 454 et 475).[141]Thomas Simond avait avec lui 20 hommes d’armes et 20 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Il fit plus tard, en 1386, partie de l’expédition de Castille (Rymer, t. VII, p. 491).[142]Miles de Windsor, fils de Guillaume de Windsor, devait, en 1386, suivre le duc de Lancastre en Castille (Kervyn, t. XI, p. 455).[143]Peut-être faut-il lire ici, comme plus loin (p.159), Jean de Cavendisch.[144]Aux noms donnés par Froissart, il faut ajouter les suivants: l’évêque de Dax (Jean Guitier), avec 70 hommes d’armes et 70 archers, Thomas Fichet, avec 40 hommes d’armes et 40 archers, et les barons espagnols Fernand Rodrigues et Jean Alphonse, avec 50 hommes d’armes et 50 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24, etEarly Chanc. Rolls325, m. 12).[145]Jean-Fernandez avait avec lui 120 hommes d’armes et 120 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[146]Ce chiffre est tout à fait au-dessous de la réalité et ne doit s’appliquer qu’aux troupes que le comte de Cambridge commandait personnellement. L’expédition comptait 1,500 hommes d’armes et 1,500 archers, réduits, au moment du départ, à 1,379 hommes d’armes et 1,483 archers, sans compter les chefs, 4 chevaliers bannerets et 37 bacheliers (Rec. Off., Accounts Queen’s Rem.39/17).[147]Les nouveaux pouvoirs du duc de Lancastre, pour réformer les attentats commis contre les trêves d’Écosse, datent du 1ermai 1381 (Rymer, t. VII, p. 288). Parmi les chevaliers qu’il emmenait figure Robert Rous, ancien capitaine de Cherbourg, aux gages d’une livre par jour (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2); avec lui étaient aussi l’évêque de Hereford, Jean Gilbert, et maître Jean Waltham (Ibid., Warr. for issues, bundle 5).[148]La cause déterminante de l’insurrection fut la perception de l’impôt personnel, qui, fixé à 4 deniers par personne en 1380 et modifié en 1381, n’avait pas donné ce qu’on espérait. Jean Leg, chargé de la perception, avait exaspéré par ses abus les populations déjà épuisées par les impositions des années précédentes (Knyghton, dansHist. angl. script. ant., t. II, col. 2632-33).[149]Déjà soumis à la justice ecclésiastique à la fin du règne d’Édouard III, Jean Ball, chanoine excommunié, fut poursuivi de nouveau en décembre 1380 par l’archevêque de Cantorbéry (Ordonn. royale, citée par Kervyn, t. IX, p. 561), qui dirigea contre lui un mandement, à la date du 26 avril 1381. Jean Ball était en prison à Maidstone, quand il fut délivré par les bandes de Wat Tyler (Knyghton, col. 2634), sans doute le 11 juin 1381, comme il le prédisait lui-même (Walsingham, t. II, p. 32).[150]Partisan des doctrines de Wiclef, Jean Ball prêchait contre la dîme: personne, selon lui, ne pouvait espérer gagner le ciel s’il était né hors mariage (Walsingham, t. II, 32).[151]Jack Straw, qui était à la tête des insurgés de l’Essex, a été confondu par plusieurs historiens, entre autres par Knyghton (col. 2636), avec Wat Tyler; mais un acte de Rymer (t. VII, p. 311) les distingue positivement.[152]Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine de Wat Tyler, les uns le faisant venir d’Essex, les autres de Kent: en réalité, il y eut, parmi les insurgés, deux personnages de ce nom (voy. Bémont, dansHistoire généralede MM. Lavisse et Rambaud, t. III, p. 388, note 1). Un Wat Tyler est signalé comme«manens in Ketleston, from which we may perhaps infer that he was not a resident in the district» (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 34-35).[153]Jeanne de Kent, princesse de Galles, malgré un premier mariage contracté avec Thomas Holand, avait été forcée, pendant l’absence de son mari, à épouser le comte de Salisbury. Ce second mariage fut déclaré nul par le pape. Veuve de Thomas Holand, en décembre 1381, elle avait été recherchée et épousée par le prince de Galles, père de Richard II.[154]Simond de Sudbury, archevêque de Cantorbéry depuis le mois de mai 1375.[155]C’est à tort que Froissart reproche au roi de ne pas avoir pris de précautions contre l’émeute menaçante. Les mesures prises à cet égard furent même en partie causes de l’échec du comte de Buckingham en Bretagne, car les renforts qu’il attendait durent rester en Angleterre et furent rappelés à Londres dès le commencement des troubles. C’est ainsi que Thomas Felton et autres chevaliers, engagés dès le 1ermars 1381, retournent auprès du roi (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et 20 vº;Issue Rolls, 4 Rich.II, m. 20).[156]Kervyn (t. XXIV, p. 164) estime que Froissart, ici comme ailleurs, désigne ainsi à tort l’abbaye de Saint-Augustin.[157]Walsingham (t. II, p. 464) fait jouer à Jean Newton un certain rôle le jour de la mort de Wat Tyler. Insulté et menacé par le chef des insurgés, il va être frappé, quand s’interpose le maire de Londres, Guillaume Walworth.[158]King’s Lynn, port du Norfolkshire sur la mer du Nord.[159]Port du Norfolkshire sur la mer du Nord.—D’après une note communiquée par notre confrère Petit-Dutaillis, note qu’il a bien voulu extraire pour nous de la thèse manuscrite du regretté André Réville, qu’il doit bientôt publier,sur le soulèvement des paysans d’Angleterre... dans les comtés de Hertford, Suffolk et Norfolk en 1381, la révolte s’étendit plus au nord encore que la ligne de démarcation que lui assigne Froissart. Les positions de la thèse d’André Réville ont été publiées en 1390 (Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1890, pour obtenir le diplôme d’archiviste-paléographe, p. 139-148).

[1]Sarthe, arr. de la Flèche.[2]Le duc de Bourgogne commandait l’armée royale au Mans; ce ne fut que le 13 octobre 1380 que les troupes furent licenciées par le duc d’Anjou, régent, qui retint seulement les hommes d’armes de Clisson, de Jean de Beuil et de Pierre de la Rocherousse (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).[3]Mayenne, arr. de Laval.[4]Mayenne, arr. de Laval.[5]Cossé-le-Vivien, Mayenne, arr. de Château-Gontier. C’est à tort que Kervyn a identifié cette ville avec Changé (arr. de Laval).[6]Dès le mois de septembre, on préparait en Angleterre l’envoi de renforts à l’armée de Buckingham, et Thomas Credy était chargé d’arrêter des navires pour le passage des troupes en Bretagne (Rec. Off., Queen’s Rem., Misc., Navy610/11).[7]La chronologie des évêques de Saint-Pol-de-Léon est assez indécise à cette date, d’autant que les archives du Finistère, comme a bien voulu nous le dire notre confrère, M. J. Lemoine, ne renferment aucun acte ni aucune mention d’évêque de ce diocèse entre 1364 et 1390. A en croire Fr.-Alb. Le Grand (Vie, gestes, mort et miracles des saincts de la Bretaigne..., 1637, p. 484), il s’agirait ici de Pierre Ouvroin, élu évêque en 1370 et mort en 1385, prélat qui «n’estoit pas encore sacré en 1380.» Malheureusement, pour cette partie de sa notice, l’auteur ne paraît pas avoir eu d’autre source que le texte même de Froissart, dans lequel il identifie «l’esleu de Lion» avec Pierre Ouvroin; et, quelque vraisemblable que soit son hypothèse, il ne saurait être cru sans preuves.[8]Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré.[9]Mayenne, arr. de Laval.[10]Ille-et-Vilaine, ch.-l. d’arr.[11]Ce fut seulement après le sacre du roi que les ducs, apprenant la marche de 7,000 Anglais sur Nantes, «ordonnèrent que Chastelmorand et le Barrois, qui avoient quatre cens hommes d’armes en la frontière de Pouencé, près d’Angers, menassent leurs gens dedans Nantes et qu’ils se hastassent avant que les Anglois y parvenissent et qu’ils chevauchassent jour et nuit. Ainsi le firent, et furent à Nantes premiers que les Anglois quelques trois heures» (Chronique du bon duc Loysp. 120). Ils eurent facilement accès à la Tour neuve, commandée par Guillaume Leet, mais n’obtinrent que par force les clefs de la ville, gardées par un chanoine, ami des Anglais, comme beaucoup des habitants. Ils furent bientôt renforcés par Pierre de Beuil et 200 hommes d’armes (Ibid., p. 123).[12]Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo.[13]Saint-Sulpice-la-Forêt, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[14]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[15]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[16]Les désertions commençaient a décimer l’armée anglaise, et un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne l’arrestation d’hommes d’armes revenus de France et de Bretagne avant l’expiration de leur service (Rec. Off., Close Rolls227, m. 27 vº).[17]Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p.CVII, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne; nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. LaChronique du bon duc Loysnous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.[18]Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable auteur de laChroniquede Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement» le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent en ambassade, et laChronique du bon duc Loyss’étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx,la France en Orient, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud,Chr. du bon duc Loys, p.XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 699).[19]UnJeande Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en 1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2867).[20]Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380, un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen, de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris, Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (Arch. nat., X1a1471, fol. 382 vº). Ce conseil décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au plus tôt le jeune Charles VI (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance (Ibid., p. 30 et 32).[21]Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il voulut quitter, dit laChronique des Quatre Valois(p. 290), pour aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».[22]Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau,Preuves de l’hist. de Bretagne, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dès le 21 octobre (Bibl. nat., Briennevol. 259, p. 27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France (Bibl. nat., Clair.vol. 36, nº 2725).[23]Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 44;Grandes Chroniques, t. VI, p. 472;Ordonn., t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang» (Arch. nat., X1a1471, fol. 443; voy. aussiPetit Thalamus, p. 401, laChr. des Quatre Valois, p. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (Arch. nat., JJ 147, fol. 108) et au dehors (Ibid., JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur (Arch. nat., JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (Arch. nat., JJ 118, fol. 93 ve). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 (Ibid., fol. 139).[24]M. Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 158, note 2) cite une quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims assez douteuse.[25]Marne, arr. de Reims.[26]C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y estoient» (Grandes Chroniques, t. VI, p. 472).[27]A la date du 19 novembre 1380, le duc de Berri est nommé lieutenant général du roi en Guyenne, Toulousain, Languedoc, Berri, Poitou et Auvergne, avec faculté de disposer dans ces pays des finances du roi (Bibl. nat., Briennevol. 259, fol. 219-222 vº). Le duc d’Anjou, qui s’était déjà fait attribuer la majeure partie du trésor royal, reçoit en don (25 décembre 1380) les restes des forfaitures des Navarrais (Arch. nat., JJ 121, fol. 120). L’accord définitif pour le gouvernement du royaume eut lieu le 28 janvier 1381: un conseil de régence de douze personnes était nommé; la garde du roi et de Mrde Valois était confiée aux ducs de Bourgogne et de Bourbon; le duc d’Anjou avait la présidence du conseil (Bibl. nat., ms. fr. 6537, fol. 45,orig.).[28]Le comte de Saint-Pol vint à Paris demander grâce au roi, et, soutenu par de puissants amis, entre autres le sire de Couci, obtint la restitution de ses biens (Chronographia regum francorum, p. p. H. Moranvillé, t. III, p. 2). Il ne put, malgré ses efforts, arriver à perdre Bureau de la Rivière, auquel il reprochait sa disgrâce (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 36 et 38).[29]Aisne, arr. de Saint-Quentin.[30]Ici se placent, dans l’édition de Johnes, deux chapitres nouveaux, dont nous reparlerons à propos des §§210et216.[31]Châtillon-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.[32]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[33]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[34]Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec ses hommes d’armes, Pierre de Beuil, dont le père, Jean de Beuil, était engagé, le 12 décembre 1380, par le connétable de Clisson pour la guerre de Bretagne (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).[35]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 58 et 60), c’est surtout à l’intervention du sire de Beaumanoir qu’est due la reprise des négociations, commencées du vivant même de Charles V (Grandes Chroniques, t. VI, p. 473).[36]CeCosyngton, qui ne peut être le Guillaume figurant en 1313 dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identifié avecÉtiennede Cosyngton, bien connu déjà, qui, d’après laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 124), fut fait prisonnier dans cette sortie.[37]Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort en 1422.[38]Amauri de Clisson, qui prend part plus tard à l’expédition de Gueldre, figure comme chevalier bachelier, avec deux autres chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1eroctobre 1388. Une quittance à son nom, de 129 francs, porte la date du 27 septembre de la même année (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 789).[39]A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secourspar la Loireà l’armée de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rollsnº 2).[40]Yves de Cholet mourait en 1390 sous les murs de Carthage pendant l’expédition de Barbarie (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 668).[41]Rymer cite au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute identifier celui dont il s’agit ici avec Hugh Tyrrel, capitaine, en 1374, du château d’Auray en Bretagne et garde du château de Carisbrooke dans l’île de Wight en 1377 (Rymer, t. VII, p. 51 et 147).[42]Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du roi d’Angleterre (Rymer, t. VII, p. 488).[43]Les Nantais surprirent l’ennemi et détruisirent la mine qu’il faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille, prisonnier, fut sans doute échangé, car il figure plus loin aux joutes de Vannes. Au dire de laChronique du bon duc Loys, Thierri de Sommaing fut tué dans cette escarmouche (p. 125).[44]Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 62), les Anglais avaient grand’peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à «une maladie de cours de ventre qui fort les acoura» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 127), fut la véritable cause de la levée du siège de Nantes.[45]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[46]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.[47]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[48]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.[49]Morbihan, arr. de Ploërmel.[50]Morbihan, arr. de Ploërmel.[51]La Trinité-Porhoët, Morbihan, arr. de Ploërmel.[52]Morbihan, arr. de Ploërmel.[53]Saint-Jean-Brevelay, Morbihan, arr. de Ploërmel.[54]Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti auXIIIe, puis auXVIIesiècle pour devenir le palais épiscopal, et servit de préfecture après la révolution; il a été presque complètement démoli en 1866.[55]Château situé à Sarzeau, Morbihan, arr. de Vannes.[56]Morbihan, arr. de Lorient.[57]Quimper, Finistère, ch.-l. de dép.[58]Finistère, ch.-l. d’arr.[59]Les barons bretons n’avaient pas consenti à laisser entrer les Anglais dans les villes; ils ne leur avaient laissé que la campagne et les faubourgs et les avaient obligés à s’approvisionner à prix d’argent auprès des habitants (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 58).[60]Château situé à Locmariaquer, Morbihan, arr. d’Aurai.[61]Aujourd’hui Guéméné-sur-Scorf, Morbihan, arr. de Pontivi.[62]Morbihan, arr. de Ploërmel.[63]Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon.[64]Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc.[65]Les troupes qu’avait rassemblées Olivier de Clisson étaient importantes; à la date du 1eraoût 1380, nous voyons figurer dans une montre passée à Château-Josselin deux chevaliers bannerets, trente-deux chevaliers bacheliers et cent soixante-cinq écuyers (Dom Morice,Mémoires, t. II, col. 254-255).[66]Malgré l’opinion duReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 56), les Anglais ignorèrent si bien les négociations de paix entreprises par les barons bretons, qu’à la date des 21 et 24 décembre 1380, Thomas Credy et Walter Leicester étaient chargés de réunir des navires destinés à transporter des troupes en Bretagne en même temps qu’en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Dès le mois de février 1381, Thomas de Felton s’apprêtait à partir pour la Bretagne avec 900 hommes d’armes et 900 archers, «pro fortificatione Thome, comitis Buk. et exercitus regis...» (Ibid., Issue Rolls303, m. 12). L’insurrection des communes empêcha son départ ainsi que celui de Jean des Roches, de Pierre Veel et de Robert Passelewe, qui, de Dartmouth, devaient aller au-devant de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas., Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et m. 20 vº).[67]Voy. t. IX, p. 272-274 et 278-279.[68]Voy. sur Robert d’Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec son père Philippe, la notice détaillée de M. H. Moranvillé dans leSonge véritable, p. 93-96 (Extrait desMémoires de la Soc. de l’Hist. de Paris, t. XVII).[69]LaChronique du bon duc Loysfait mourir ce «banneret» anglais sous les murs de Nantes. Il est probable qu’elle commet une erreur, car en avril 1399, nous voyons un Guillaume Clynton accompagnant le roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l’acte réglant la succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et 463).[70]Peu de temps auparavant, le 1eroctobre 1380, Lionnel d’Airaines assistait à une revue à Ardres (Bibl. nat., Clair.vol. 5, nº 238).[71]Ce chevalier anglais est sans doute le même queJeanFranc, que laChronique du bon duc Loysfait mourir à tort dans une escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut qu’en 1388 d’une chute de cheval (Froissart, éd. Kervyn, t. XII, p. 251-252).[72]LaChronique du bon duc Loysparle longuement de ces joutes de Vannes, où devaient primitivement figurer quinze hommes d’armes de l’hôtel du duc de Bourbon contre quinze Anglais (p. 127-128) et combattre à outrance. Les champions, réduits à cinq de chaque côté, par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du parti anglais: Wautier Cloppeton, Édouard de Beauchamp, Thomas de Hennefort, Brisselai et Jean de Traro; du parti français: Jean de Châteaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d’Aunai et Tristan de la Jaille.[73]De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait en Bretagne, après avoir fait la campagne d’Auvergne, en 1375, et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des chevaliers partant porter secours à l’évêque de Metz, Pierre de Luxembourg.[74]D’après laChronique du bon duc Loys(p. 131), Éd. de Beauchamp était ivre, ce qui l’empêcha de fournir sa joute. Cet écuyer fit, en 1386, la campagne d’Espagne au service du roi de Castille (Rymer, t. VII, p. 490).[75]Le même sans doute que leGautierClopton de laChronique du bon duc Loys, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIII, p. 10).[76]La joute de Jean de Châteaumorand et de Guillaume de Faringdon eut lieu le lendemain de celle où avait figuré Janekin Cloton.[77]Grâce aussi au duc de Bourgogne, allié par sa femme au duc de Bretagne (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 60).[78]Le traité de paix, par lequel le duc de Bretagne fait sa soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 à Vincennes. Par cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s’engage à lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi de France et particulièrement les Anglais; il paie une indemnité de 200,000 francs (Dom Lobineau,Hist. de Bretagne, t. II, col. 610 et suiv.). Olivier de Clisson ratifie ce traité le 23 février, remettant aux mains du roi son différend avec le duc de Bretagne, qui, le 4 avril, à Guérande, appose son sceau au traité en présence des commissaires royaux: Jean le Fèvre, évêque de Chartres, Arnaud de Corbie, premier président au Parlement, Pierre de Chevreuse, Jean le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (H. Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85). Ce n’est que le 27 septembre, à Paris, que le duc de Bretagne prête hommage au roi (Dom Morice,Hist. de Bretagne, t. I, p. 384). Charles VI n’avait pas attendu cette date pour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne à Saint-Denis, le 2 mars 1381 (Arch. nat., JJ 118, fol. 187).[79]Pour apaiser Buckingham, le duc avait, le 11 avril, fait dresser un acte par lequel ses barons s’engageaient à refuser de combattre les Anglais, si le roi de France voulait y forcer le duc. Buckingham feignit de se contenter de cet acte et partit (Dom Morice,Hist. de Bret., t. I, p. 384).[80]Walsingham (Hist. angl., t. I, p. 444) prétend que le duc de Bretagne donna de l’argent aux Anglais pour obtenir leur départ. L’armée anglaise était alors bien diminuée par les maladies (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 66): de 6,000 hommes qu’elle comptait devant Nantes, elle n’en avait guère plus de 3,000 (Chr. du bon duc Loys, p. 35), et avait perdu tous ses chevaux (Walsingham, t. I, p. 444). Le paiement des gages de Buckingham (9,000 livres) et celui de ses chevaliers est daté de Brest, 30 avril 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº et 50 vº). Le 2 mai, le comte de Buckingham arrive à Falmouth avec 1,069 hommes; le reste de ses gens débarque dans d’autres ports de Cornouailles (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº).[81]A ces noms, il faut ajouter ceux de Guillaume de Windsor, qui part pour Cherbourg le 5 mars, de Guillaume de Faringdon et de Massy de Podyngton, qui s’apprêtent à le rejoindre, le 30 mai (Rec. Off., Early Chancery Rolls325, m. 13 et 2).[82]Après l’exécution de Jean Pruneel et l’appel fait par le comte aux bannis de Flandre (voy. t. IX, p.XCIV-XCV), le 18 juin 1380, les Brugeois avaient arraché à Louis de Male certains privilèges relatifs, entre autres, à la bière et aux vins. Revenu à Lille, le comte s’était hâté de révoquer ces concessions (Arch. du Nord, citées dans Le Glay,Chronique rimée, p. 88, note 1) et avait imposé son alliance aux habitants de Bruges et du Franc (J. Meyer,Ann. flandr., fol. 174). Malgré ces alliés, malgré ses mercenaires anglais (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 110), le comte assistait aux nouveaux succès des Gantois, qui s’étaient emparés de plusieurs villes (Kervyn,Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 191 et 236); il se résolut à la paix, qui fut «criée» au mois de juin 1380. Elle fut bientôt rompue, le 8 août, à l’occasion d’une querelle de tisserands (Meyer, fol. 174), et les hostilités recommencèrent.[83]C’est par erreur que, dans le volume précédent (t. IX, p.LXXXII), ce personnage a été appeléGuillaume. Jean Boele, qui figure à différentes reprises dans les comptes de la ville de Gand, était échevin en février 1381 (J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, 1893, p. 185).[84]Arnould de Clerk (en flamand Arent de Cleerc) est mentionné en 1380 avec Simon Colpaert dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 192) à propos d’une expédition à Dixmude.[85]Un Pierre de Wint paraît en mai 1378 dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 104).[86]Jean de Launoit (Jan vander Elst) appartient à la corporation des marchands en 1376 et 1377 (Rekeningen, p. 24, 35, 83, 97, etc.). Est-ce le même que Jan vander Helst, échevin entre 1377 et 1380 (Ibid., p. 151)? D’après Meyer (fol. 177 rº), c’était un banni.[87]Belgique, prov. de Flandre occidentale.[88]La défaite des Gantois eut lieu le 27 août 1380 (Meyer, fol. 175 rº), au moment où, d’après une rédaction desChroniques de Flandre, ils se disposaient à marcher sur Dixmude (Ist. et chr., t. II, p. 539). C’est peut-être ici qu’il faut placer l’expédition d’Arnould de Clerk, voy. p.XIV, note84.[89]Meyer n’estime qu’à 1,200 le nombre des Gantois morts.[90]Ypres ouvrit ses portes au comte le 28 août, bien qu’une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 257) place cet événement après le 9 septembre.[91]Le comte «fist decoler bien.IIIIC.de ceuls de ladicte ville» (Ist. et chr., t. II, p. 174).[92]Le 29 août 1380.[93]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 174.[94]D’après Meyer (fol. 175), ce fut le 1erseptembre, immédiatement après la prise de Deynse, que commença le siège de Gand, qui devait être long et durer près de dix semaines. Le comte avait avec lui 100,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 193).[95]Ter Boote, plateau situé au nord de Gand, au delà de Longpont (Langerbrugge).[96]Région située au nord de Gand et comprenant les métiers d’Assenede, de Bouchaute, de Hulst et d’Axel.[97]Langerbrugge, au nord de Gand.[98]Ce combat eut lieu à la fin du siège, le 5 novembre 1380. Il fut fort meurtrier; c’est là que mourut Josse de Hallwin (Ist. et chr., t. II, p. 174). Voy. les comptes relatifs à Longpont (Rekeningen, p. 218).[99]Le 6 octobre 1380 (Meyer, fol. 176).[100]Godefroy de la Tour, rentier de Brabant, donne quittance le 15 décembre 1374 de 125 francs d’or, pour terme d’une rente à lui due par le trésor royal (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2859).[101]C’est le jour de la Saint-Denis, 9 octobre, que les Gantois partent pour Termonde, qu’ils prennent le 11 (Meyer, fol. 176 rº).[102]La prise de Grammont par les Gantois eut lieu en novembre 1380; le seigneur d’Enghien y fut fait prisonnier (Ist. et chr., t. II, p. 193). Elle avait été précédée en octobre de l’attaque contre Audenarde, de la prise d’Eenaeme et de la défaite et mort d’Arnould de Clerk, que Froissart, d’accord avec une des rédactions desChroniques de Flandre(t. II, p. 198-199), place en carême 1381; ce dernier combat est daté par Meyer (fol. 176 rº) du 25 octobre. Dix jours après (le 5 novembre) se passait la bataille de Longpont, dont Froissart a parlé plus haut.[103]Avant de retourner à Bruges, le comte signa la paix que demandaient les Gantois; lui-même «tot fessus malis et ære exhaustus, videns plus se damni quam lucri facere» (Meyer, fol. 176 vº), y consentit volontiers. Cette paix, signée «au camp devant Gand» le 11 novembre 1380, jour de la Saint-Martin, prit le nom de paix Martinienne; elle est ignorée de certainesChroniques, qui disent que «demoura la cose ainsy toute la saisonsans pais, sans trieues et sans nul accord» (Ist. et chr., t. II, p. 193; cf. p. 238). Par cette paix, dit Wielant, dans sesAntiquités de Flandres(Dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. IV, p. 307), «le comte pardonne tous meffaictz sans jamais rien pouoir demander;item, que tous ceulx qui sont banniz par ceuls de Gand demoureront banniz et obeyront au ban et que desormais l’on fera justice selonc les coustumes de la ville». De plus, toute personne qui violera cette paix sera punie comme si elle avait violé une réconciliation légale (Van Duyse et de Busscher,Inventaire... des chartes... de Gand, p. 158, et J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, p. 448-450). A cette époque, le comte cherche aussi à s’assurer le concours de l’Angleterre, où il envoie des ambassadeurs, en décembre 1380 (Rec. Off., Early Chanc. Rolls325, m. 20). Le 20 février suivant, Jean Elyot est envoyé à Calais, porteur de lettres pour le comte, les échevins et bourgeois de Bruges, Ypres et Gand (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20).[104]La paix ne dure guère. De nouvelles contestations s’élèvent entre les Gantois et les Brugeois, ces derniers voulant garder ce qui avait été pris par les autres durant les hostilités. Le 24 février 1381, les Gantois renouvellent leur alliance avec Ypres et créent un tribun du peuple, Rasse Mulaert; par une nouvelle loi, ils décident que quiconque fera prisonnier un chevalier recevra deux livres; pour un écuyer le prix ne sera que d’une livre. Au commencement de mai, les Gantois prennent Termonde, Courtrai, Grammont, etc., sans pour cela que le calme règne dans la ville. Pendant une émeute, Simon Rym est tué (Meyer, fol. 176 vº-177 rº).[105]Village près de Gand. La bataille eut lieu le lundi 13 mai 1381, jour de la Saint-Servais. On trouve des comptes se rapportant aux expéditions de Courtrai (voy. la note précédente) et de Nevele dans le livre de M. J. Vuylsteke (Rekeningen, p. 220-223).[106]Jean, bâtard d’Enghien, figure déjà en 1379 au siège d’Audenarde, pendant lequel il fut fait chevalier (Ist. et chr., t. II, p. 230).[107]Kervyn a consacré aux Berlaimont une assez longue notice (t. XX, p. 310-311) où ne figure pas celui dont il est ici question.[108]Sur Gui de Ghistelles, voy. t. IX, p.LXXXIV, note 4.[109]Thierri de Dixmude, chevalier, donne quittance le 1ermars 1376 de ses gages et de ceux de deux chevaliers et neuf écuyers de sa compagnie, au service de Louis de Sancerre. On le retrouve en 1380 figurant dans une revue à Hesdin, le 19 juillet, et à Corbeil, le 1erseptembre; il est sous les ordres du seigneur de Couci (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nos192, 193 et 195). En différend depuis quelque temps déjà avec les bourgeois de Valenciennes, au sujet de la mort de son écuyer tué dans cette ville, il soumet son cas au comte de Blois et au seigneur de Couci à la fin de 1382 (Arch. du Nord, série B, t. I, p. 184). Le 13 septembre 1386, nous le retrouvons au service du duc de Bourgogne, comte de Flandre, dans une montre passée à Thérouanne, où il figure avec huit chevaliers et soixante et un écuyers (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nº 199).[110]Unheervan Leewerghem paraît dans les comptes de la ville de Gand en 1380 (Rekeningen, p. 177).[111]D’après Meyer (fol. 178 rº), Jean de Launoit ne meurt pas à Nevele, mais est banni après le combat.[112]Les Gantois perdirent 6,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 174). Une quinzaine de jours après l’affaire de Nevele, le comte «envoya le baniere des Gantois, qui avoit esté gaingnie, à le comtesse d’Artois, se mere» (Ist. et chr., t. II, p. 199).[113]Le combat de Nevele fut suivi d’une accalmie qui ne se prolongea guère. Le comte de Hainaut s’interposa pour arriver à conclure la paix; mais les Gantois s’y refusaient (Ist. et chr., t. II, p. 243), et le comte exigeait des conditions trop onéreuses (Meyer, fol. 178 rº).[114]Cette attaque des Gantois, qui doit être placée avant le combat de Nevele, eut lieu le 2 mai 1381. Quant aux événements qui suivent, relatifs à Audenarde et à Eenaeme, on a déjà vu qu’ils sont de beaucoup antérieurs. Voy. plus haut, p.XVI, note102.[115]Nous retrouvons plus tard, après la campagne de Flandre de 1383, ceBlanchardde Calonne, chargé par le roi, ainsi que Jacques de Calonne, dit Riflart, «de pranre et recevoir les biens des Flamans et de ceux qui tenoient leur partie et aussi des Urbanistes» (Arch. nat., X1a1472, fol. 62, X2a10, fol. 163 et 11, fol. 49).[116]Belgique, prov. de Flandre orientale.[117]Sur Jean de la Faucille, voy. t. IX, p.LXIV, note 1, et leCartulaire des comtes de Hainaut, t. II, p. 311-331. Il était accusé par Simon Rym d’avoir été la cause de la mort de son oncle. Voy. plus haut, p.XVII, note104.[118]Le Simon Rym qui paraît en 1360 comme caution d’un hôtelier (J. Huyttens,Recherches sur les corporations gantoises, p. 54) est sans doute l’oncle de celui-ci. Voy. la note précédente.[119]Après Nevele, Pierre du Bois et François Ackerman avaient été nommés capitaines de Gand (Ist. et chr., t. II, p. 243). Ce dernier fut même rewaert de Gand du 30 juillet au 6 août 1381 (Rekeningen, p. 202 et 211). Il eut pour successeur Gilles le Foulon jusqu’en janvier 1382.[120]C’est à tort que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172) prétend que Sohier d’Herzeele aida Philippe d’Artevelde seulement à partir du siège d’Audenarde, au courant de 1382.[121]Éléonore d’Aragon.[122]Depuis son avènement au trône de Castille (30 mai 1379), Jean était resté l’allié du roi de France, avec lequel il avait renouvelé les traités conclus par son père. Une première fois, en 1379, il envoie une flotte en aide à Charles V; une seconde fois, en 1380, ses vaisseaux entrent dans la Tamise. La guerre semble cependant suspendue pour quelque temps, et des fiançailles sont même décidées entre Henri, infant de Castille, et Béatrice de Portugal. Mais, tout à coup, le roi Jean, retenu à Salamanque par les obsèques de sa mère, morte le 27 mars 1381, apprend que le roi de Portugal s’apprête à une nouvelle lutte pour laquelle il attend d’Angleterre des troupes commandées par le comte de Cambridge. Jean renouvelle alors à Vincennes, le 22 avril 1381, par ses ambassadeurs Lopez de Ayala et Fernando Alfonso de Algana, les traités antérieurs conclus avec le roi de France (Rymer, t. VII, p. 285). Il décide de s’opposer tout d’abord à l’arrivée des renforts anglais, ce qu’il ne peut cependant faire, malgré la victoire navale que remporte son amiral, Fernao Sanchez de Toar, sur la flotte portugaise commandée par Juan Alfonso Tello, le 17 juillet 1381. Sur terre, les Portugais ne sont pas plus heureux: ils voient leurs villes ruinées par Fernando Osorez et leurs châteaux pris par le roi Jean lui-même, qui manque mourir sous les murs d’Almeida (Lopez de Ayala,Cronicas, t. II, p. 125-153; Duarte Nuñez,Cronicas, t. II, p. 308-317).[123]Pierre de Villaines figure en 1388 comme écuyer dans une montre de son père, le Bègue de Villaines, avant de partir pour l’expédition de Gueldre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 3001); en 1386, il est envoyé par Charles VI au secours du roi de Castille (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 440).[124]Guillaume, seigneur de Naillac, du Blanc et de Châteaubrun, vicomte de Bridiers, conseiller et chambellan du roi et du duc de Berri, surnommé le Preux, paraît comme chevalier en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 80, nº 153), prend part en 1382 à la campagne de Flandre (Chr. du bon duc Loys, p. 170), est créé sénéchal de Saintonge et gouverneur de la Rochelle le 16 avril 1383 (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXIV, p. 201, note 1), et nommé garde du château de Taillebourg en 1385 (Chr. du bon duc Loys, p. 140); le 5 février 1387, il s’engage avec Gauthier de Passac, moyennant 100,000 fr., à mener en Castille 2,000 hommes d’armes contre le duc de Lancastre (Douët d’Arcq,Choix de pièces inédites, t. I, p. 76-78); en mars 1396, il reçoit du duc de Bourgogne, à la maison duquel il appartenait aussi, une livrée pour assister à une réception d’ambassadeurs (E. Petit,Itinéraires, p. 552).[125]Gauthier de Passac, que nous trouvons chevalier bachelier en 1372 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209), assiste, avec le duc de Bourbon, à la prise de Brive-la-Gaillarde en 1374 et de la Roche-Senadoire en 1375 (Chr. du bon duc Loys, p. 58 et 102); il est sénéchal de Limousin en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 83, nº 217) et conseiller du roi en 1381 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209); en 1382, il fait la campagne de Flandre, assiste à la bataille de Rosebecque (Chr. du bon duc Loys, p. 169 et 172), fait partie de l’armée de l’Écluse (p. 185) et part avec Guillaume de Naillac (voy. la note précédente) pour l’Espagne en 1387. Il était chambellan du roi (Bibl. nat., Clair.vol. 84, nº 3) et vivait encore en 1405 (Ibid., nº 6).[126]Bertrand de Terride, fils de Bertrand de Terride, seigneur de Penneville et sénéchal de Bigorre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2809), était chambellan du duc d’Orléans en 1403 et chambellan du roi en 1410 (Bibl. nat., Ibid.).[127]Juan Fernandez d’Andeiro, qui devait jouer un peu plus tard un rôle considérable comme favori de la reine Éléonore, avait été exilé en Angleterre par suite du traité intervenu entre la Castille et le Portugal. Ayant reçu du roi les pouvoirs nécessaires pour traiter avec le Portugal (Rymer, t. VII, p. 253), il était revenu secrètement auprès de Ferdinand, qui s’engageait, le 15 juillet 1380, à payer un prix raisonnable pour trois mois les 1,000 hommes d’armes et les 1,000 archers que lui amènerait le comte de Cambridge; il promettait de plus de marier sa fille Béatrice au fils du comte (Rymer, t. VII, p. 263), qui devait succéder à son beau-père sur le trône de Portugal. Le 14 mai 1381 a lieu à Westminster le renouvellement de l’alliance entre l’Angleterre et le Portugal (Rymer, t. VII, p. 307).[128]En 1346, lors du siège de Calais, Robert de Namur avait reçu du roi d’Angleterre «trois cens livres à l’estrelin, qui valent dix huit cent frans de Franche... Adonc fist hommaige le dit conte au roy d’Engleterre» (Froissart, t. IV, p. 260). Le 12 mai 1376, il reçut du roi, pourhommage, la confirmation d’une pension annuelle de 1,200 florins (Rymer, t. VII, p. 102-103).[129]Le 6 septembre 1380, le duc de Lancastre avait déjà reçu un pouvoir général pour aller en Écosse réformer les attentats aux trêves antérieures (Rymer, t. VII, p. 268). Les attentats avaient été réparés le 1ernovembre, les trêves confirmées le 1erdécembre (Ibid., p. 276 et 278) et le comte de Northumberland avait reçu l’ordre de payer comme réparations au comte de Douglas la somme de 59 livres, qui lui étaient remboursées le 8 février 1381 (Rec. Off., Close Rolls227, m. 21).[130]Simon Burley s’était occupé, depuis le 18 juin 1379, avec Richard de Braybroke, des négociations de ce mariage (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour lequel il fit de nombreux voyages. Nous l’avons vu, à la fin de juillet 1380, revenir d’Allemagne (t. IX, p.CI, note 7) avec les ambassadeurs de Wenceslas et traverser la France; il était accompagné de Robert de Braybroke, plus tard évêque de Londres (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13). Un passage d’un ms. connu de Johnes seul nous apprend que l’envoyé de Wenceslas, qu’il nomme duc de Saxe, se rendait en Angleterre «to observe the State of England and to make inquiries concerning the dower, and how it was to be settled on the Queen» (Chronicles, translated... by Thomas Johnes, 1862, t. I, p. 622-624). Le duc de Tesschen repart bientôt pour l’Allemagne, accompagné, nous dit Froissart, de Pileo de Prata, archevêque de Ravenne; Simon Burley, qui a reçu ses pouvoirs le 26 décembre (Rymer, t. VII, p. 280), part avec lui, emmenant Adam Houghton, évêque de Saint-David. Le 23 janvier 1381, Anne de Bohême nomme les trois plénipotentiaires chargés de négocier son mariage: Przenislas, duc de Tesschen, Conrad Kreyger et Pierre de Wartenberg (Rymer, t. VII, p. 282). L’acte par lequel le roi d’Angleterre s’engage à épouser Anne de Bohême et à verser à Wenceslas la somme de 80,000 florins, payables à Bruges, est signé à Nuremberg le 1erfévrier 1381 (Rymer, t. VII, p. 290). Les plénipotentiaires repartent alors pour aller faire ratifier à Londres (2 mai 1381) (Ibid., p. 294) cet acte, dans lequel intervient le comte de Cambridge. Des pensions viagères sont accordées par le roi d’Angleterre aux ambassadeurs de Wenceslas (Rymer, t. VII, p. 288, etRec. Off., Patent Rolls, nº 311, m. 17); et, vers le milieu de mai 1381, Simon Burley et les envoyés de Wenceslas retournent «versus partes Alemannie ad regem Romanorum» en compagnie de Walter Skirlawe (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour aller chercher la jeune reine, qui doit être conduite à Calais.[131]Fleuve qui, prenant sa source dans le nord du pays de Galles, se jette dans le canal de Bristol.[132]Froissart place à tort Plymouth dans le Berkshire, alors qu’il est dans le Devonshire. De Dartmouth devaient aussi partir un certain nombre de bateaux (Rec. Off., Issue Rolls303, m. 12).[133]Depuis la fin de décembre 1380, grâce aux soins de Thomas Seyville, Walter Leicester, Thomas Credy et Will. Lokyngton, de nombreux bateaux avaient été retenus pour le passage des troupes en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13; 303, m. 1;Early Chanc. Rolls325, m. 16;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Jean Cokefeld, dès le 6 avril 1381, avait été chargé de préparer, à Plymouth et à Dartmouth, les logements de l’armée (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 25;Early Chanc.Rolls 325, m. 12); Robert Crull et Will. Lokyngton étaient préposés au paiement des gages (Ibid., Issue Rolls303, m. 4, etAccounts Queen’s Rem.39/17).[134]Le comte de Cambridge emmenait avec lui, outre 4 chevaliers bannerets et 16 bacheliers, 500 hommes d’armes et 500 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). S’étant endetté pour faire ses préparatifs, il obtenait, le 4 mai, que ses pensions, en cas de décès, fussent payées pendant un an à ses héritiers (Ibid., 303, m. 2); le 10, il chargeait de le représenter, pendant son absence, son frère le duc de Lancastre et le comte Richard d’Arundell (Early Chanc.Rolls 325, m. 7).[135]Matthieu de Gournai commandait à 250 hommes d’armes et à 250 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 1ermars 1381, il recevait son sauf-conduit (Early Chanc.Rolls 325, m. 13); ses compagnons le 4. Le 8 mai, il obtenait la remise d’un procès (Privy Seals470, nº 1770) et, le 9, la confirmation du don de Tortas (Ibid., nº 1794).[136]Thierri, dit le Chanoine de Robersart, était à la tête de 100 hommes d’armes et de 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[137]Il s’agit bien ici de Raimond et non de Jean de Castelnau, comme l’indiquent certains mss., ce personnage étant désigné dans la suite par le titre deseigneurde Castelnau, qui convient seul à Raimond, l’aîné.[138]Guillaume de Beauchamp, dernier fils du comte de Warwick, recevait une pension de 200 marcs les 3 décembre 1380 et 20 février 1381 (Rec. Off., Privy Seals467, nº 1485, et 469, nº 1606); il emmenait en Portugal 250 hommes d’armes et 250 archers (Ibid., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[139]Le syndic de Latrau commandait à 100 hommes d’armes et à 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 4 mai 1381, on lui faisait une avance de 200 livres sur sa solde (Ibid., 303, m. 2); le 18 mai, le roi d’Angleterre lui confirmait une rente de 200 écus à Bordeaux, dont il donnait quittance le 23 (Ibid., Privy Seals470, nº 1794, etClose Rolls, 227, m. 6 vº).[140]Richard Talbot, qui était allé en France en 1359 (Rymer, t. VI, p. 137) et avait accompagné en Italie Lionnel, duc de Clarence, lors de son mariage avec Yolande Visconti (Ibid., p. 587), participe, en 1385, aux expéditions de Portugal et d’Écosse (Ibid., t. VII, p. 454 et 475).[141]Thomas Simond avait avec lui 20 hommes d’armes et 20 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Il fit plus tard, en 1386, partie de l’expédition de Castille (Rymer, t. VII, p. 491).[142]Miles de Windsor, fils de Guillaume de Windsor, devait, en 1386, suivre le duc de Lancastre en Castille (Kervyn, t. XI, p. 455).[143]Peut-être faut-il lire ici, comme plus loin (p.159), Jean de Cavendisch.[144]Aux noms donnés par Froissart, il faut ajouter les suivants: l’évêque de Dax (Jean Guitier), avec 70 hommes d’armes et 70 archers, Thomas Fichet, avec 40 hommes d’armes et 40 archers, et les barons espagnols Fernand Rodrigues et Jean Alphonse, avec 50 hommes d’armes et 50 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24, etEarly Chanc. Rolls325, m. 12).[145]Jean-Fernandez avait avec lui 120 hommes d’armes et 120 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).[146]Ce chiffre est tout à fait au-dessous de la réalité et ne doit s’appliquer qu’aux troupes que le comte de Cambridge commandait personnellement. L’expédition comptait 1,500 hommes d’armes et 1,500 archers, réduits, au moment du départ, à 1,379 hommes d’armes et 1,483 archers, sans compter les chefs, 4 chevaliers bannerets et 37 bacheliers (Rec. Off., Accounts Queen’s Rem.39/17).[147]Les nouveaux pouvoirs du duc de Lancastre, pour réformer les attentats commis contre les trêves d’Écosse, datent du 1ermai 1381 (Rymer, t. VII, p. 288). Parmi les chevaliers qu’il emmenait figure Robert Rous, ancien capitaine de Cherbourg, aux gages d’une livre par jour (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2); avec lui étaient aussi l’évêque de Hereford, Jean Gilbert, et maître Jean Waltham (Ibid., Warr. for issues, bundle 5).[148]La cause déterminante de l’insurrection fut la perception de l’impôt personnel, qui, fixé à 4 deniers par personne en 1380 et modifié en 1381, n’avait pas donné ce qu’on espérait. Jean Leg, chargé de la perception, avait exaspéré par ses abus les populations déjà épuisées par les impositions des années précédentes (Knyghton, dansHist. angl. script. ant., t. II, col. 2632-33).[149]Déjà soumis à la justice ecclésiastique à la fin du règne d’Édouard III, Jean Ball, chanoine excommunié, fut poursuivi de nouveau en décembre 1380 par l’archevêque de Cantorbéry (Ordonn. royale, citée par Kervyn, t. IX, p. 561), qui dirigea contre lui un mandement, à la date du 26 avril 1381. Jean Ball était en prison à Maidstone, quand il fut délivré par les bandes de Wat Tyler (Knyghton, col. 2634), sans doute le 11 juin 1381, comme il le prédisait lui-même (Walsingham, t. II, p. 32).[150]Partisan des doctrines de Wiclef, Jean Ball prêchait contre la dîme: personne, selon lui, ne pouvait espérer gagner le ciel s’il était né hors mariage (Walsingham, t. II, 32).[151]Jack Straw, qui était à la tête des insurgés de l’Essex, a été confondu par plusieurs historiens, entre autres par Knyghton (col. 2636), avec Wat Tyler; mais un acte de Rymer (t. VII, p. 311) les distingue positivement.[152]Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine de Wat Tyler, les uns le faisant venir d’Essex, les autres de Kent: en réalité, il y eut, parmi les insurgés, deux personnages de ce nom (voy. Bémont, dansHistoire généralede MM. Lavisse et Rambaud, t. III, p. 388, note 1). Un Wat Tyler est signalé comme«manens in Ketleston, from which we may perhaps infer that he was not a resident in the district» (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 34-35).[153]Jeanne de Kent, princesse de Galles, malgré un premier mariage contracté avec Thomas Holand, avait été forcée, pendant l’absence de son mari, à épouser le comte de Salisbury. Ce second mariage fut déclaré nul par le pape. Veuve de Thomas Holand, en décembre 1381, elle avait été recherchée et épousée par le prince de Galles, père de Richard II.[154]Simond de Sudbury, archevêque de Cantorbéry depuis le mois de mai 1375.[155]C’est à tort que Froissart reproche au roi de ne pas avoir pris de précautions contre l’émeute menaçante. Les mesures prises à cet égard furent même en partie causes de l’échec du comte de Buckingham en Bretagne, car les renforts qu’il attendait durent rester en Angleterre et furent rappelés à Londres dès le commencement des troubles. C’est ainsi que Thomas Felton et autres chevaliers, engagés dès le 1ermars 1381, retournent auprès du roi (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et 20 vº;Issue Rolls, 4 Rich.II, m. 20).[156]Kervyn (t. XXIV, p. 164) estime que Froissart, ici comme ailleurs, désigne ainsi à tort l’abbaye de Saint-Augustin.[157]Walsingham (t. II, p. 464) fait jouer à Jean Newton un certain rôle le jour de la mort de Wat Tyler. Insulté et menacé par le chef des insurgés, il va être frappé, quand s’interpose le maire de Londres, Guillaume Walworth.[158]King’s Lynn, port du Norfolkshire sur la mer du Nord.[159]Port du Norfolkshire sur la mer du Nord.—D’après une note communiquée par notre confrère Petit-Dutaillis, note qu’il a bien voulu extraire pour nous de la thèse manuscrite du regretté André Réville, qu’il doit bientôt publier,sur le soulèvement des paysans d’Angleterre... dans les comtés de Hertford, Suffolk et Norfolk en 1381, la révolte s’étendit plus au nord encore que la ligne de démarcation que lui assigne Froissart. Les positions de la thèse d’André Réville ont été publiées en 1390 (Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1890, pour obtenir le diplôme d’archiviste-paléographe, p. 139-148).

[1]Sarthe, arr. de la Flèche.

[2]Le duc de Bourgogne commandait l’armée royale au Mans; ce ne fut que le 13 octobre 1380 que les troupes furent licenciées par le duc d’Anjou, régent, qui retint seulement les hommes d’armes de Clisson, de Jean de Beuil et de Pierre de la Rocherousse (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).

[3]Mayenne, arr. de Laval.

[4]Mayenne, arr. de Laval.

[5]Cossé-le-Vivien, Mayenne, arr. de Château-Gontier. C’est à tort que Kervyn a identifié cette ville avec Changé (arr. de Laval).

[6]Dès le mois de septembre, on préparait en Angleterre l’envoi de renforts à l’armée de Buckingham, et Thomas Credy était chargé d’arrêter des navires pour le passage des troupes en Bretagne (Rec. Off., Queen’s Rem., Misc., Navy610/11).

[7]La chronologie des évêques de Saint-Pol-de-Léon est assez indécise à cette date, d’autant que les archives du Finistère, comme a bien voulu nous le dire notre confrère, M. J. Lemoine, ne renferment aucun acte ni aucune mention d’évêque de ce diocèse entre 1364 et 1390. A en croire Fr.-Alb. Le Grand (Vie, gestes, mort et miracles des saincts de la Bretaigne..., 1637, p. 484), il s’agirait ici de Pierre Ouvroin, élu évêque en 1370 et mort en 1385, prélat qui «n’estoit pas encore sacré en 1380.» Malheureusement, pour cette partie de sa notice, l’auteur ne paraît pas avoir eu d’autre source que le texte même de Froissart, dans lequel il identifie «l’esleu de Lion» avec Pierre Ouvroin; et, quelque vraisemblable que soit son hypothèse, il ne saurait être cru sans preuves.

[8]Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré.

[9]Mayenne, arr. de Laval.

[10]Ille-et-Vilaine, ch.-l. d’arr.

[11]Ce fut seulement après le sacre du roi que les ducs, apprenant la marche de 7,000 Anglais sur Nantes, «ordonnèrent que Chastelmorand et le Barrois, qui avoient quatre cens hommes d’armes en la frontière de Pouencé, près d’Angers, menassent leurs gens dedans Nantes et qu’ils se hastassent avant que les Anglois y parvenissent et qu’ils chevauchassent jour et nuit. Ainsi le firent, et furent à Nantes premiers que les Anglois quelques trois heures» (Chronique du bon duc Loysp. 120). Ils eurent facilement accès à la Tour neuve, commandée par Guillaume Leet, mais n’obtinrent que par force les clefs de la ville, gardées par un chanoine, ami des Anglais, comme beaucoup des habitants. Ils furent bientôt renforcés par Pierre de Beuil et 200 hommes d’armes (Ibid., p. 123).

[12]Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo.

[13]Saint-Sulpice-la-Forêt, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[14]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[15]Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[16]Les désertions commençaient a décimer l’armée anglaise, et un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne l’arrestation d’hommes d’armes revenus de France et de Bretagne avant l’expiration de leur service (Rec. Off., Close Rolls227, m. 27 vº).

[17]Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p.CVII, note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne; nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. LaChronique du bon duc Loysnous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387), enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.

[18]Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable auteur de laChroniquede Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement» le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent en ambassade, et laChronique du bon duc Loyss’étend longuement sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient (voy. Delaville Le Roulx,la France en Orient, p. 302, 360, etc.). Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion du couronnement de Charles VI (Chazaud,Chr. du bon duc Loys, p.XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et, en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc de Touraine (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 699).

[19]UnJeande Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en 1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2867).

[20]Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380, un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen, de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris, Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres prélats et barons (Arch. nat., X1a1471, fol. 382 vº). Ce conseil décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au plus tôt le jeune Charles VI (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance (Ibid., p. 30 et 32).

[21]Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il voulut quitter, dit laChronique des Quatre Valois(p. 290), pour aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».

[22]Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau,Preuves de l’hist. de Bretagne, t. II, p. 610); mais il avait prêté serment au roi dès le 21 octobre (Bibl. nat., Briennevol. 259, p. 27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de France (Bibl. nat., Clair.vol. 36, nº 2725).

[23]Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 44;Grandes Chroniques, t. VI, p. 472;Ordonn., t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son sang» (Arch. nat., X1a1471, fol. 443; voy. aussiPetit Thalamus, p. 401, laChr. des Quatre Valois, p. 291). Cette suppression des aides fut suivie à Paris (Arch. nat., JJ 147, fol. 108) et au dehors (Ibid., JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des lettres que Charles V avait données en leur faveur (Arch. nat., JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (Arch. nat., JJ 118, fol. 93 ve). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris en janvier 1381 (Ibid., fol. 139).

[24]M. Terrier de Loray (Jean de Vienne, p. 158, note 2) cite une quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims assez douteuse.

[25]Marne, arr. de Reims.

[26]C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y estoient» (Grandes Chroniques, t. VI, p. 472).

[27]A la date du 19 novembre 1380, le duc de Berri est nommé lieutenant général du roi en Guyenne, Toulousain, Languedoc, Berri, Poitou et Auvergne, avec faculté de disposer dans ces pays des finances du roi (Bibl. nat., Briennevol. 259, fol. 219-222 vº). Le duc d’Anjou, qui s’était déjà fait attribuer la majeure partie du trésor royal, reçoit en don (25 décembre 1380) les restes des forfaitures des Navarrais (Arch. nat., JJ 121, fol. 120). L’accord définitif pour le gouvernement du royaume eut lieu le 28 janvier 1381: un conseil de régence de douze personnes était nommé; la garde du roi et de Mrde Valois était confiée aux ducs de Bourgogne et de Bourbon; le duc d’Anjou avait la présidence du conseil (Bibl. nat., ms. fr. 6537, fol. 45,orig.).

[28]Le comte de Saint-Pol vint à Paris demander grâce au roi, et, soutenu par de puissants amis, entre autres le sire de Couci, obtint la restitution de ses biens (Chronographia regum francorum, p. p. H. Moranvillé, t. III, p. 2). Il ne put, malgré ses efforts, arriver à perdre Bureau de la Rivière, auquel il reprochait sa disgrâce (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 36 et 38).

[29]Aisne, arr. de Saint-Quentin.

[30]Ici se placent, dans l’édition de Johnes, deux chapitres nouveaux, dont nous reparlerons à propos des §§210et216.

[31]Châtillon-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[32]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[33]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[34]Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec ses hommes d’armes, Pierre de Beuil, dont le père, Jean de Beuil, était engagé, le 12 décembre 1380, par le connétable de Clisson pour la guerre de Bretagne (Bibl. nat., Clair.vol. 23, nº 1665).

[35]D’après leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 58 et 60), c’est surtout à l’intervention du sire de Beaumanoir qu’est due la reprise des négociations, commencées du vivant même de Charles V (Grandes Chroniques, t. VI, p. 473).

[36]CeCosyngton, qui ne peut être le Guillaume figurant en 1313 dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identifié avecÉtiennede Cosyngton, bien connu déjà, qui, d’après laChronique du bon duc Loys de Bourbon(p. 124), fut fait prisonnier dans cette sortie.

[37]Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort en 1422.

[38]Amauri de Clisson, qui prend part plus tard à l’expédition de Gueldre, figure comme chevalier bachelier, avec deux autres chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1eroctobre 1388. Une quittance à son nom, de 129 francs, porte la date du 27 septembre de la même année (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 789).

[39]A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secourspar la Loireà l’armée de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rollsnº 2).

[40]Yves de Cholet mourait en 1390 sous les murs de Carthage pendant l’expédition de Barbarie (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 668).

[41]Rymer cite au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute identifier celui dont il s’agit ici avec Hugh Tyrrel, capitaine, en 1374, du château d’Auray en Bretagne et garde du château de Carisbrooke dans l’île de Wight en 1377 (Rymer, t. VII, p. 51 et 147).

[42]Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du roi d’Angleterre (Rymer, t. VII, p. 488).

[43]Les Nantais surprirent l’ennemi et détruisirent la mine qu’il faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille, prisonnier, fut sans doute échangé, car il figure plus loin aux joutes de Vannes. Au dire de laChronique du bon duc Loys, Thierri de Sommaing fut tué dans cette escarmouche (p. 125).

[44]Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 62), les Anglais avaient grand’peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à «une maladie de cours de ventre qui fort les acoura» (Chr. du bon duc Loys de Bourbon, p. 127), fut la véritable cause de la levée du siège de Nantes.

[45]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[46]Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[47]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[48]Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[49]Morbihan, arr. de Ploërmel.

[50]Morbihan, arr. de Ploërmel.

[51]La Trinité-Porhoët, Morbihan, arr. de Ploërmel.

[52]Morbihan, arr. de Ploërmel.

[53]Saint-Jean-Brevelay, Morbihan, arr. de Ploërmel.

[54]Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti auXIIIe, puis auXVIIesiècle pour devenir le palais épiscopal, et servit de préfecture après la révolution; il a été presque complètement démoli en 1866.

[55]Château situé à Sarzeau, Morbihan, arr. de Vannes.

[56]Morbihan, arr. de Lorient.

[57]Quimper, Finistère, ch.-l. de dép.

[58]Finistère, ch.-l. d’arr.

[59]Les barons bretons n’avaient pas consenti à laisser entrer les Anglais dans les villes; ils ne leur avaient laissé que la campagne et les faubourgs et les avaient obligés à s’approvisionner à prix d’argent auprès des habitants (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 58).

[60]Château situé à Locmariaquer, Morbihan, arr. d’Aurai.

[61]Aujourd’hui Guéméné-sur-Scorf, Morbihan, arr. de Pontivi.

[62]Morbihan, arr. de Ploërmel.

[63]Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon.

[64]Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc.

[65]Les troupes qu’avait rassemblées Olivier de Clisson étaient importantes; à la date du 1eraoût 1380, nous voyons figurer dans une montre passée à Château-Josselin deux chevaliers bannerets, trente-deux chevaliers bacheliers et cent soixante-cinq écuyers (Dom Morice,Mémoires, t. II, col. 254-255).

[66]Malgré l’opinion duReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 56), les Anglais ignorèrent si bien les négociations de paix entreprises par les barons bretons, qu’à la date des 21 et 24 décembre 1380, Thomas Credy et Walter Leicester étaient chargés de réunir des navires destinés à transporter des troupes en Bretagne en même temps qu’en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Dès le mois de février 1381, Thomas de Felton s’apprêtait à partir pour la Bretagne avec 900 hommes d’armes et 900 archers, «pro fortificatione Thome, comitis Buk. et exercitus regis...» (Ibid., Issue Rolls303, m. 12). L’insurrection des communes empêcha son départ ainsi que celui de Jean des Roches, de Pierre Veel et de Robert Passelewe, qui, de Dartmouth, devaient aller au-devant de Buckingham (Rec. Off., Lord Treas., Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et m. 20 vº).

[67]Voy. t. IX, p. 272-274 et 278-279.

[68]Voy. sur Robert d’Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec son père Philippe, la notice détaillée de M. H. Moranvillé dans leSonge véritable, p. 93-96 (Extrait desMémoires de la Soc. de l’Hist. de Paris, t. XVII).

[69]LaChronique du bon duc Loysfait mourir ce «banneret» anglais sous les murs de Nantes. Il est probable qu’elle commet une erreur, car en avril 1399, nous voyons un Guillaume Clynton accompagnant le roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l’acte réglant la succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et 463).

[70]Peu de temps auparavant, le 1eroctobre 1380, Lionnel d’Airaines assistait à une revue à Ardres (Bibl. nat., Clair.vol. 5, nº 238).

[71]Ce chevalier anglais est sans doute le même queJeanFranc, que laChronique du bon duc Loysfait mourir à tort dans une escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut qu’en 1388 d’une chute de cheval (Froissart, éd. Kervyn, t. XII, p. 251-252).

[72]LaChronique du bon duc Loysparle longuement de ces joutes de Vannes, où devaient primitivement figurer quinze hommes d’armes de l’hôtel du duc de Bourbon contre quinze Anglais (p. 127-128) et combattre à outrance. Les champions, réduits à cinq de chaque côté, par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du parti anglais: Wautier Cloppeton, Édouard de Beauchamp, Thomas de Hennefort, Brisselai et Jean de Traro; du parti français: Jean de Châteaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d’Aunai et Tristan de la Jaille.

[73]De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait en Bretagne, après avoir fait la campagne d’Auvergne, en 1375, et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des chevaliers partant porter secours à l’évêque de Metz, Pierre de Luxembourg.

[74]D’après laChronique du bon duc Loys(p. 131), Éd. de Beauchamp était ivre, ce qui l’empêcha de fournir sa joute. Cet écuyer fit, en 1386, la campagne d’Espagne au service du roi de Castille (Rymer, t. VII, p. 490).

[75]Le même sans doute que leGautierClopton de laChronique du bon duc Loys, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIII, p. 10).

[76]La joute de Jean de Châteaumorand et de Guillaume de Faringdon eut lieu le lendemain de celle où avait figuré Janekin Cloton.

[77]Grâce aussi au duc de Bourgogne, allié par sa femme au duc de Bretagne (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 60).

[78]Le traité de paix, par lequel le duc de Bretagne fait sa soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 à Vincennes. Par cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s’engage à lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi de France et particulièrement les Anglais; il paie une indemnité de 200,000 francs (Dom Lobineau,Hist. de Bretagne, t. II, col. 610 et suiv.). Olivier de Clisson ratifie ce traité le 23 février, remettant aux mains du roi son différend avec le duc de Bretagne, qui, le 4 avril, à Guérande, appose son sceau au traité en présence des commissaires royaux: Jean le Fèvre, évêque de Chartres, Arnaud de Corbie, premier président au Parlement, Pierre de Chevreuse, Jean le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (H. Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85). Ce n’est que le 27 septembre, à Paris, que le duc de Bretagne prête hommage au roi (Dom Morice,Hist. de Bretagne, t. I, p. 384). Charles VI n’avait pas attendu cette date pour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne à Saint-Denis, le 2 mars 1381 (Arch. nat., JJ 118, fol. 187).

[79]Pour apaiser Buckingham, le duc avait, le 11 avril, fait dresser un acte par lequel ses barons s’engageaient à refuser de combattre les Anglais, si le roi de France voulait y forcer le duc. Buckingham feignit de se contenter de cet acte et partit (Dom Morice,Hist. de Bret., t. I, p. 384).

[80]Walsingham (Hist. angl., t. I, p. 444) prétend que le duc de Bretagne donna de l’argent aux Anglais pour obtenir leur départ. L’armée anglaise était alors bien diminuée par les maladies (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 66): de 6,000 hommes qu’elle comptait devant Nantes, elle n’en avait guère plus de 3,000 (Chr. du bon duc Loys, p. 35), et avait perdu tous ses chevaux (Walsingham, t. I, p. 444). Le paiement des gages de Buckingham (9,000 livres) et celui de ses chevaliers est daté de Brest, 30 avril 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº et 50 vº). Le 2 mai, le comte de Buckingham arrive à Falmouth avec 1,069 hommes; le reste de ses gens débarque dans d’autres ports de Cornouailles (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.4, m. 40 vº).

[81]A ces noms, il faut ajouter ceux de Guillaume de Windsor, qui part pour Cherbourg le 5 mars, de Guillaume de Faringdon et de Massy de Podyngton, qui s’apprêtent à le rejoindre, le 30 mai (Rec. Off., Early Chancery Rolls325, m. 13 et 2).

[82]Après l’exécution de Jean Pruneel et l’appel fait par le comte aux bannis de Flandre (voy. t. IX, p.XCIV-XCV), le 18 juin 1380, les Brugeois avaient arraché à Louis de Male certains privilèges relatifs, entre autres, à la bière et aux vins. Revenu à Lille, le comte s’était hâté de révoquer ces concessions (Arch. du Nord, citées dans Le Glay,Chronique rimée, p. 88, note 1) et avait imposé son alliance aux habitants de Bruges et du Franc (J. Meyer,Ann. flandr., fol. 174). Malgré ces alliés, malgré ses mercenaires anglais (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 110), le comte assistait aux nouveaux succès des Gantois, qui s’étaient emparés de plusieurs villes (Kervyn,Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 191 et 236); il se résolut à la paix, qui fut «criée» au mois de juin 1380. Elle fut bientôt rompue, le 8 août, à l’occasion d’une querelle de tisserands (Meyer, fol. 174), et les hostilités recommencèrent.

[83]C’est par erreur que, dans le volume précédent (t. IX, p.LXXXII), ce personnage a été appeléGuillaume. Jean Boele, qui figure à différentes reprises dans les comptes de la ville de Gand, était échevin en février 1381 (J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, 1893, p. 185).

[84]Arnould de Clerk (en flamand Arent de Cleerc) est mentionné en 1380 avec Simon Colpaert dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 192) à propos d’une expédition à Dixmude.

[85]Un Pierre de Wint paraît en mai 1378 dans les comptes de Gand (Rekeningen, p. 104).

[86]Jean de Launoit (Jan vander Elst) appartient à la corporation des marchands en 1376 et 1377 (Rekeningen, p. 24, 35, 83, 97, etc.). Est-ce le même que Jan vander Helst, échevin entre 1377 et 1380 (Ibid., p. 151)? D’après Meyer (fol. 177 rº), c’était un banni.

[87]Belgique, prov. de Flandre occidentale.

[88]La défaite des Gantois eut lieu le 27 août 1380 (Meyer, fol. 175 rº), au moment où, d’après une rédaction desChroniques de Flandre, ils se disposaient à marcher sur Dixmude (Ist. et chr., t. II, p. 539). C’est peut-être ici qu’il faut placer l’expédition d’Arnould de Clerk, voy. p.XIV, note84.

[89]Meyer n’estime qu’à 1,200 le nombre des Gantois morts.

[90]Ypres ouvrit ses portes au comte le 28 août, bien qu’une rédaction desChroniques de Flandre(Ist. et chr., t. II, p. 257) place cet événement après le 9 septembre.

[91]Le comte «fist decoler bien.IIIIC.de ceuls de ladicte ville» (Ist. et chr., t. II, p. 174).

[92]Le 29 août 1380.

[93]Voy.Ist. et chr., t. II, p. 174.

[94]D’après Meyer (fol. 175), ce fut le 1erseptembre, immédiatement après la prise de Deynse, que commença le siège de Gand, qui devait être long et durer près de dix semaines. Le comte avait avec lui 100,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 193).

[95]Ter Boote, plateau situé au nord de Gand, au delà de Longpont (Langerbrugge).

[96]Région située au nord de Gand et comprenant les métiers d’Assenede, de Bouchaute, de Hulst et d’Axel.

[97]Langerbrugge, au nord de Gand.

[98]Ce combat eut lieu à la fin du siège, le 5 novembre 1380. Il fut fort meurtrier; c’est là que mourut Josse de Hallwin (Ist. et chr., t. II, p. 174). Voy. les comptes relatifs à Longpont (Rekeningen, p. 218).

[99]Le 6 octobre 1380 (Meyer, fol. 176).

[100]Godefroy de la Tour, rentier de Brabant, donne quittance le 15 décembre 1374 de 125 francs d’or, pour terme d’une rente à lui due par le trésor royal (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2859).

[101]C’est le jour de la Saint-Denis, 9 octobre, que les Gantois partent pour Termonde, qu’ils prennent le 11 (Meyer, fol. 176 rº).

[102]La prise de Grammont par les Gantois eut lieu en novembre 1380; le seigneur d’Enghien y fut fait prisonnier (Ist. et chr., t. II, p. 193). Elle avait été précédée en octobre de l’attaque contre Audenarde, de la prise d’Eenaeme et de la défaite et mort d’Arnould de Clerk, que Froissart, d’accord avec une des rédactions desChroniques de Flandre(t. II, p. 198-199), place en carême 1381; ce dernier combat est daté par Meyer (fol. 176 rº) du 25 octobre. Dix jours après (le 5 novembre) se passait la bataille de Longpont, dont Froissart a parlé plus haut.

[103]Avant de retourner à Bruges, le comte signa la paix que demandaient les Gantois; lui-même «tot fessus malis et ære exhaustus, videns plus se damni quam lucri facere» (Meyer, fol. 176 vº), y consentit volontiers. Cette paix, signée «au camp devant Gand» le 11 novembre 1380, jour de la Saint-Martin, prit le nom de paix Martinienne; elle est ignorée de certainesChroniques, qui disent que «demoura la cose ainsy toute la saisonsans pais, sans trieues et sans nul accord» (Ist. et chr., t. II, p. 193; cf. p. 238). Par cette paix, dit Wielant, dans sesAntiquités de Flandres(Dom Smet,Rec. des chr. de Fl., t. IV, p. 307), «le comte pardonne tous meffaictz sans jamais rien pouoir demander;item, que tous ceulx qui sont banniz par ceuls de Gand demoureront banniz et obeyront au ban et que desormais l’on fera justice selonc les coustumes de la ville». De plus, toute personne qui violera cette paix sera punie comme si elle avait violé une réconciliation légale (Van Duyse et de Busscher,Inventaire... des chartes... de Gand, p. 158, et J. Vuylsteke,Rekeningen der Stad Gent, p. 448-450). A cette époque, le comte cherche aussi à s’assurer le concours de l’Angleterre, où il envoie des ambassadeurs, en décembre 1380 (Rec. Off., Early Chanc. Rolls325, m. 20). Le 20 février suivant, Jean Elyot est envoyé à Calais, porteur de lettres pour le comte, les échevins et bourgeois de Bruges, Ypres et Gand (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20).

[104]La paix ne dure guère. De nouvelles contestations s’élèvent entre les Gantois et les Brugeois, ces derniers voulant garder ce qui avait été pris par les autres durant les hostilités. Le 24 février 1381, les Gantois renouvellent leur alliance avec Ypres et créent un tribun du peuple, Rasse Mulaert; par une nouvelle loi, ils décident que quiconque fera prisonnier un chevalier recevra deux livres; pour un écuyer le prix ne sera que d’une livre. Au commencement de mai, les Gantois prennent Termonde, Courtrai, Grammont, etc., sans pour cela que le calme règne dans la ville. Pendant une émeute, Simon Rym est tué (Meyer, fol. 176 vº-177 rº).

[105]Village près de Gand. La bataille eut lieu le lundi 13 mai 1381, jour de la Saint-Servais. On trouve des comptes se rapportant aux expéditions de Courtrai (voy. la note précédente) et de Nevele dans le livre de M. J. Vuylsteke (Rekeningen, p. 220-223).

[106]Jean, bâtard d’Enghien, figure déjà en 1379 au siège d’Audenarde, pendant lequel il fut fait chevalier (Ist. et chr., t. II, p. 230).

[107]Kervyn a consacré aux Berlaimont une assez longue notice (t. XX, p. 310-311) où ne figure pas celui dont il est ici question.

[108]Sur Gui de Ghistelles, voy. t. IX, p.LXXXIV, note 4.

[109]Thierri de Dixmude, chevalier, donne quittance le 1ermars 1376 de ses gages et de ceux de deux chevaliers et neuf écuyers de sa compagnie, au service de Louis de Sancerre. On le retrouve en 1380 figurant dans une revue à Hesdin, le 19 juillet, et à Corbeil, le 1erseptembre; il est sous les ordres du seigneur de Couci (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nos192, 193 et 195). En différend depuis quelque temps déjà avec les bourgeois de Valenciennes, au sujet de la mort de son écuyer tué dans cette ville, il soumet son cas au comte de Blois et au seigneur de Couci à la fin de 1382 (Arch. du Nord, série B, t. I, p. 184). Le 13 septembre 1386, nous le retrouvons au service du duc de Bourgogne, comte de Flandre, dans une montre passée à Thérouanne, où il figure avec huit chevaliers et soixante et un écuyers (Bibl. nat., Clair.vol. 40, nº 199).

[110]Unheervan Leewerghem paraît dans les comptes de la ville de Gand en 1380 (Rekeningen, p. 177).

[111]D’après Meyer (fol. 178 rº), Jean de Launoit ne meurt pas à Nevele, mais est banni après le combat.

[112]Les Gantois perdirent 6,000 hommes (Ist. et chr., t. II, p. 174). Une quinzaine de jours après l’affaire de Nevele, le comte «envoya le baniere des Gantois, qui avoit esté gaingnie, à le comtesse d’Artois, se mere» (Ist. et chr., t. II, p. 199).

[113]Le combat de Nevele fut suivi d’une accalmie qui ne se prolongea guère. Le comte de Hainaut s’interposa pour arriver à conclure la paix; mais les Gantois s’y refusaient (Ist. et chr., t. II, p. 243), et le comte exigeait des conditions trop onéreuses (Meyer, fol. 178 rº).

[114]Cette attaque des Gantois, qui doit être placée avant le combat de Nevele, eut lieu le 2 mai 1381. Quant aux événements qui suivent, relatifs à Audenarde et à Eenaeme, on a déjà vu qu’ils sont de beaucoup antérieurs. Voy. plus haut, p.XVI, note102.

[115]Nous retrouvons plus tard, après la campagne de Flandre de 1383, ceBlanchardde Calonne, chargé par le roi, ainsi que Jacques de Calonne, dit Riflart, «de pranre et recevoir les biens des Flamans et de ceux qui tenoient leur partie et aussi des Urbanistes» (Arch. nat., X1a1472, fol. 62, X2a10, fol. 163 et 11, fol. 49).

[116]Belgique, prov. de Flandre orientale.

[117]Sur Jean de la Faucille, voy. t. IX, p.LXIV, note 1, et leCartulaire des comtes de Hainaut, t. II, p. 311-331. Il était accusé par Simon Rym d’avoir été la cause de la mort de son oncle. Voy. plus haut, p.XVII, note104.

[118]Le Simon Rym qui paraît en 1360 comme caution d’un hôtelier (J. Huyttens,Recherches sur les corporations gantoises, p. 54) est sans doute l’oncle de celui-ci. Voy. la note précédente.

[119]Après Nevele, Pierre du Bois et François Ackerman avaient été nommés capitaines de Gand (Ist. et chr., t. II, p. 243). Ce dernier fut même rewaert de Gand du 30 juillet au 6 août 1381 (Rekeningen, p. 202 et 211). Il eut pour successeur Gilles le Foulon jusqu’en janvier 1382.

[120]C’est à tort que leReligieux de Saint-Denis(t. I, p. 172) prétend que Sohier d’Herzeele aida Philippe d’Artevelde seulement à partir du siège d’Audenarde, au courant de 1382.

[121]Éléonore d’Aragon.

[122]Depuis son avènement au trône de Castille (30 mai 1379), Jean était resté l’allié du roi de France, avec lequel il avait renouvelé les traités conclus par son père. Une première fois, en 1379, il envoie une flotte en aide à Charles V; une seconde fois, en 1380, ses vaisseaux entrent dans la Tamise. La guerre semble cependant suspendue pour quelque temps, et des fiançailles sont même décidées entre Henri, infant de Castille, et Béatrice de Portugal. Mais, tout à coup, le roi Jean, retenu à Salamanque par les obsèques de sa mère, morte le 27 mars 1381, apprend que le roi de Portugal s’apprête à une nouvelle lutte pour laquelle il attend d’Angleterre des troupes commandées par le comte de Cambridge. Jean renouvelle alors à Vincennes, le 22 avril 1381, par ses ambassadeurs Lopez de Ayala et Fernando Alfonso de Algana, les traités antérieurs conclus avec le roi de France (Rymer, t. VII, p. 285). Il décide de s’opposer tout d’abord à l’arrivée des renforts anglais, ce qu’il ne peut cependant faire, malgré la victoire navale que remporte son amiral, Fernao Sanchez de Toar, sur la flotte portugaise commandée par Juan Alfonso Tello, le 17 juillet 1381. Sur terre, les Portugais ne sont pas plus heureux: ils voient leurs villes ruinées par Fernando Osorez et leurs châteaux pris par le roi Jean lui-même, qui manque mourir sous les murs d’Almeida (Lopez de Ayala,Cronicas, t. II, p. 125-153; Duarte Nuñez,Cronicas, t. II, p. 308-317).

[123]Pierre de Villaines figure en 1388 comme écuyer dans une montre de son père, le Bègue de Villaines, avant de partir pour l’expédition de Gueldre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 3001); en 1386, il est envoyé par Charles VI au secours du roi de Castille (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 440).

[124]Guillaume, seigneur de Naillac, du Blanc et de Châteaubrun, vicomte de Bridiers, conseiller et chambellan du roi et du duc de Berri, surnommé le Preux, paraît comme chevalier en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 80, nº 153), prend part en 1382 à la campagne de Flandre (Chr. du bon duc Loys, p. 170), est créé sénéchal de Saintonge et gouverneur de la Rochelle le 16 avril 1383 (Guérin,Arch. hist. du Poitou, t. XXIV, p. 201, note 1), et nommé garde du château de Taillebourg en 1385 (Chr. du bon duc Loys, p. 140); le 5 février 1387, il s’engage avec Gauthier de Passac, moyennant 100,000 fr., à mener en Castille 2,000 hommes d’armes contre le duc de Lancastre (Douët d’Arcq,Choix de pièces inédites, t. I, p. 76-78); en mars 1396, il reçoit du duc de Bourgogne, à la maison duquel il appartenait aussi, une livrée pour assister à une réception d’ambassadeurs (E. Petit,Itinéraires, p. 552).

[125]Gauthier de Passac, que nous trouvons chevalier bachelier en 1372 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209), assiste, avec le duc de Bourbon, à la prise de Brive-la-Gaillarde en 1374 et de la Roche-Senadoire en 1375 (Chr. du bon duc Loys, p. 58 et 102); il est sénéchal de Limousin en 1376 (Bibl. nat., Clair.vol. 83, nº 217) et conseiller du roi en 1381 (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2209); en 1382, il fait la campagne de Flandre, assiste à la bataille de Rosebecque (Chr. du bon duc Loys, p. 169 et 172), fait partie de l’armée de l’Écluse (p. 185) et part avec Guillaume de Naillac (voy. la note précédente) pour l’Espagne en 1387. Il était chambellan du roi (Bibl. nat., Clair.vol. 84, nº 3) et vivait encore en 1405 (Ibid., nº 6).

[126]Bertrand de Terride, fils de Bertrand de Terride, seigneur de Penneville et sénéchal de Bigorre (Bibl. nat., Pièces orig.vol. 2809), était chambellan du duc d’Orléans en 1403 et chambellan du roi en 1410 (Bibl. nat., Ibid.).

[127]Juan Fernandez d’Andeiro, qui devait jouer un peu plus tard un rôle considérable comme favori de la reine Éléonore, avait été exilé en Angleterre par suite du traité intervenu entre la Castille et le Portugal. Ayant reçu du roi les pouvoirs nécessaires pour traiter avec le Portugal (Rymer, t. VII, p. 253), il était revenu secrètement auprès de Ferdinand, qui s’engageait, le 15 juillet 1380, à payer un prix raisonnable pour trois mois les 1,000 hommes d’armes et les 1,000 archers que lui amènerait le comte de Cambridge; il promettait de plus de marier sa fille Béatrice au fils du comte (Rymer, t. VII, p. 263), qui devait succéder à son beau-père sur le trône de Portugal. Le 14 mai 1381 a lieu à Westminster le renouvellement de l’alliance entre l’Angleterre et le Portugal (Rymer, t. VII, p. 307).

[128]En 1346, lors du siège de Calais, Robert de Namur avait reçu du roi d’Angleterre «trois cens livres à l’estrelin, qui valent dix huit cent frans de Franche... Adonc fist hommaige le dit conte au roy d’Engleterre» (Froissart, t. IV, p. 260). Le 12 mai 1376, il reçut du roi, pourhommage, la confirmation d’une pension annuelle de 1,200 florins (Rymer, t. VII, p. 102-103).

[129]Le 6 septembre 1380, le duc de Lancastre avait déjà reçu un pouvoir général pour aller en Écosse réformer les attentats aux trêves antérieures (Rymer, t. VII, p. 268). Les attentats avaient été réparés le 1ernovembre, les trêves confirmées le 1erdécembre (Ibid., p. 276 et 278) et le comte de Northumberland avait reçu l’ordre de payer comme réparations au comte de Douglas la somme de 59 livres, qui lui étaient remboursées le 8 février 1381 (Rec. Off., Close Rolls227, m. 21).

[130]Simon Burley s’était occupé, depuis le 18 juin 1379, avec Richard de Braybroke, des négociations de ce mariage (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour lequel il fit de nombreux voyages. Nous l’avons vu, à la fin de juillet 1380, revenir d’Allemagne (t. IX, p.CI, note 7) avec les ambassadeurs de Wenceslas et traverser la France; il était accompagné de Robert de Braybroke, plus tard évêque de Londres (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13). Un passage d’un ms. connu de Johnes seul nous apprend que l’envoyé de Wenceslas, qu’il nomme duc de Saxe, se rendait en Angleterre «to observe the State of England and to make inquiries concerning the dower, and how it was to be settled on the Queen» (Chronicles, translated... by Thomas Johnes, 1862, t. I, p. 622-624). Le duc de Tesschen repart bientôt pour l’Allemagne, accompagné, nous dit Froissart, de Pileo de Prata, archevêque de Ravenne; Simon Burley, qui a reçu ses pouvoirs le 26 décembre (Rymer, t. VII, p. 280), part avec lui, emmenant Adam Houghton, évêque de Saint-David. Le 23 janvier 1381, Anne de Bohême nomme les trois plénipotentiaires chargés de négocier son mariage: Przenislas, duc de Tesschen, Conrad Kreyger et Pierre de Wartenberg (Rymer, t. VII, p. 282). L’acte par lequel le roi d’Angleterre s’engage à épouser Anne de Bohême et à verser à Wenceslas la somme de 80,000 florins, payables à Bruges, est signé à Nuremberg le 1erfévrier 1381 (Rymer, t. VII, p. 290). Les plénipotentiaires repartent alors pour aller faire ratifier à Londres (2 mai 1381) (Ibid., p. 294) cet acte, dans lequel intervient le comte de Cambridge. Des pensions viagères sont accordées par le roi d’Angleterre aux ambassadeurs de Wenceslas (Rymer, t. VII, p. 288, etRec. Off., Patent Rolls, nº 311, m. 17); et, vers le milieu de mai 1381, Simon Burley et les envoyés de Wenceslas retournent «versus partes Alemannie ad regem Romanorum» en compagnie de Walter Skirlawe (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2), pour aller chercher la jeune reine, qui doit être conduite à Calais.

[131]Fleuve qui, prenant sa source dans le nord du pays de Galles, se jette dans le canal de Bristol.

[132]Froissart place à tort Plymouth dans le Berkshire, alors qu’il est dans le Devonshire. De Dartmouth devaient aussi partir un certain nombre de bateaux (Rec. Off., Issue Rolls303, m. 12).

[133]Depuis la fin de décembre 1380, grâce aux soins de Thomas Seyville, Walter Leicester, Thomas Credy et Will. Lokyngton, de nombreux bateaux avaient été retenus pour le passage des troupes en Portugal (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 13; 303, m. 1;Early Chanc. Rolls325, m. 16;Queen’s Rem., Misc., Nuncii632/12). Jean Cokefeld, dès le 6 avril 1381, avait été chargé de préparer, à Plymouth et à Dartmouth, les logements de l’armée (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 25;Early Chanc.Rolls 325, m. 12); Robert Crull et Will. Lokyngton étaient préposés au paiement des gages (Ibid., Issue Rolls303, m. 4, etAccounts Queen’s Rem.39/17).

[134]Le comte de Cambridge emmenait avec lui, outre 4 chevaliers bannerets et 16 bacheliers, 500 hommes d’armes et 500 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). S’étant endetté pour faire ses préparatifs, il obtenait, le 4 mai, que ses pensions, en cas de décès, fussent payées pendant un an à ses héritiers (Ibid., 303, m. 2); le 10, il chargeait de le représenter, pendant son absence, son frère le duc de Lancastre et le comte Richard d’Arundell (Early Chanc.Rolls 325, m. 7).

[135]Matthieu de Gournai commandait à 250 hommes d’armes et à 250 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 1ermars 1381, il recevait son sauf-conduit (Early Chanc.Rolls 325, m. 13); ses compagnons le 4. Le 8 mai, il obtenait la remise d’un procès (Privy Seals470, nº 1770) et, le 9, la confirmation du don de Tortas (Ibid., nº 1794).

[136]Thierri, dit le Chanoine de Robersart, était à la tête de 100 hommes d’armes et de 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).

[137]Il s’agit bien ici de Raimond et non de Jean de Castelnau, comme l’indiquent certains mss., ce personnage étant désigné dans la suite par le titre deseigneurde Castelnau, qui convient seul à Raimond, l’aîné.

[138]Guillaume de Beauchamp, dernier fils du comte de Warwick, recevait une pension de 200 marcs les 3 décembre 1380 et 20 février 1381 (Rec. Off., Privy Seals467, nº 1485, et 469, nº 1606); il emmenait en Portugal 250 hommes d’armes et 250 archers (Ibid., Issue Rolls302, m. 20 et 24).

[139]Le syndic de Latrau commandait à 100 hommes d’armes et à 100 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Le 4 mai 1381, on lui faisait une avance de 200 livres sur sa solde (Ibid., 303, m. 2); le 18 mai, le roi d’Angleterre lui confirmait une rente de 200 écus à Bordeaux, dont il donnait quittance le 23 (Ibid., Privy Seals470, nº 1794, etClose Rolls, 227, m. 6 vº).

[140]Richard Talbot, qui était allé en France en 1359 (Rymer, t. VI, p. 137) et avait accompagné en Italie Lionnel, duc de Clarence, lors de son mariage avec Yolande Visconti (Ibid., p. 587), participe, en 1385, aux expéditions de Portugal et d’Écosse (Ibid., t. VII, p. 454 et 475).

[141]Thomas Simond avait avec lui 20 hommes d’armes et 20 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24). Il fit plus tard, en 1386, partie de l’expédition de Castille (Rymer, t. VII, p. 491).

[142]Miles de Windsor, fils de Guillaume de Windsor, devait, en 1386, suivre le duc de Lancastre en Castille (Kervyn, t. XI, p. 455).

[143]Peut-être faut-il lire ici, comme plus loin (p.159), Jean de Cavendisch.

[144]Aux noms donnés par Froissart, il faut ajouter les suivants: l’évêque de Dax (Jean Guitier), avec 70 hommes d’armes et 70 archers, Thomas Fichet, avec 40 hommes d’armes et 40 archers, et les barons espagnols Fernand Rodrigues et Jean Alphonse, avec 50 hommes d’armes et 50 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24, etEarly Chanc. Rolls325, m. 12).

[145]Jean-Fernandez avait avec lui 120 hommes d’armes et 120 archers (Rec. Off., Issue Rolls302, m. 20 et 24).

[146]Ce chiffre est tout à fait au-dessous de la réalité et ne doit s’appliquer qu’aux troupes que le comte de Cambridge commandait personnellement. L’expédition comptait 1,500 hommes d’armes et 1,500 archers, réduits, au moment du départ, à 1,379 hommes d’armes et 1,483 archers, sans compter les chefs, 4 chevaliers bannerets et 37 bacheliers (Rec. Off., Accounts Queen’s Rem.39/17).

[147]Les nouveaux pouvoirs du duc de Lancastre, pour réformer les attentats commis contre les trêves d’Écosse, datent du 1ermai 1381 (Rymer, t. VII, p. 288). Parmi les chevaliers qu’il emmenait figure Robert Rous, ancien capitaine de Cherbourg, aux gages d’une livre par jour (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2); avec lui étaient aussi l’évêque de Hereford, Jean Gilbert, et maître Jean Waltham (Ibid., Warr. for issues, bundle 5).

[148]La cause déterminante de l’insurrection fut la perception de l’impôt personnel, qui, fixé à 4 deniers par personne en 1380 et modifié en 1381, n’avait pas donné ce qu’on espérait. Jean Leg, chargé de la perception, avait exaspéré par ses abus les populations déjà épuisées par les impositions des années précédentes (Knyghton, dansHist. angl. script. ant., t. II, col. 2632-33).

[149]Déjà soumis à la justice ecclésiastique à la fin du règne d’Édouard III, Jean Ball, chanoine excommunié, fut poursuivi de nouveau en décembre 1380 par l’archevêque de Cantorbéry (Ordonn. royale, citée par Kervyn, t. IX, p. 561), qui dirigea contre lui un mandement, à la date du 26 avril 1381. Jean Ball était en prison à Maidstone, quand il fut délivré par les bandes de Wat Tyler (Knyghton, col. 2634), sans doute le 11 juin 1381, comme il le prédisait lui-même (Walsingham, t. II, p. 32).

[150]Partisan des doctrines de Wiclef, Jean Ball prêchait contre la dîme: personne, selon lui, ne pouvait espérer gagner le ciel s’il était né hors mariage (Walsingham, t. II, 32).

[151]Jack Straw, qui était à la tête des insurgés de l’Essex, a été confondu par plusieurs historiens, entre autres par Knyghton (col. 2636), avec Wat Tyler; mais un acte de Rymer (t. VII, p. 311) les distingue positivement.

[152]Les historiens ne sont pas d’accord sur l’origine de Wat Tyler, les uns le faisant venir d’Essex, les autres de Kent: en réalité, il y eut, parmi les insurgés, deux personnages de ce nom (voy. Bémont, dansHistoire généralede MM. Lavisse et Rambaud, t. III, p. 388, note 1). Un Wat Tyler est signalé comme«manens in Ketleston, from which we may perhaps infer that he was not a resident in the district» (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 34-35).

[153]Jeanne de Kent, princesse de Galles, malgré un premier mariage contracté avec Thomas Holand, avait été forcée, pendant l’absence de son mari, à épouser le comte de Salisbury. Ce second mariage fut déclaré nul par le pape. Veuve de Thomas Holand, en décembre 1381, elle avait été recherchée et épousée par le prince de Galles, père de Richard II.

[154]Simond de Sudbury, archevêque de Cantorbéry depuis le mois de mai 1375.

[155]C’est à tort que Froissart reproche au roi de ne pas avoir pris de précautions contre l’émeute menaçante. Les mesures prises à cet égard furent même en partie causes de l’échec du comte de Buckingham en Bretagne, car les renforts qu’il attendait durent rester en Angleterre et furent rappelés à Londres dès le commencement des troubles. C’est ainsi que Thomas Felton et autres chevaliers, engagés dès le 1ermars 1381, retournent auprès du roi (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Acc.5, m. 11 rº et 20 vº;Issue Rolls, 4 Rich.II, m. 20).

[156]Kervyn (t. XXIV, p. 164) estime que Froissart, ici comme ailleurs, désigne ainsi à tort l’abbaye de Saint-Augustin.

[157]Walsingham (t. II, p. 464) fait jouer à Jean Newton un certain rôle le jour de la mort de Wat Tyler. Insulté et menacé par le chef des insurgés, il va être frappé, quand s’interpose le maire de Londres, Guillaume Walworth.

[158]King’s Lynn, port du Norfolkshire sur la mer du Nord.

[159]Port du Norfolkshire sur la mer du Nord.—D’après une note communiquée par notre confrère Petit-Dutaillis, note qu’il a bien voulu extraire pour nous de la thèse manuscrite du regretté André Réville, qu’il doit bientôt publier,sur le soulèvement des paysans d’Angleterre... dans les comtés de Hertford, Suffolk et Norfolk en 1381, la révolte s’étendit plus au nord encore que la ligne de démarcation que lui assigne Froissart. Les positions de la thèse d’André Réville ont été publiées en 1390 (Positions des thèses soutenues par les élèves de la promotion de 1890, pour obtenir le diplôme d’archiviste-paléographe, p. 139-148).


Back to IndexNext