[160]Ce chevalier, que Walsingham nommeGuillaumede Morlee, fut envoyé avec Jean Brewes à Londres, par les insurgés de Norfolk, pour demander au roi les lettres d’affranchissement (t. II, p. 6). En 1405, il fait partie d’une expédition contre la France (Rymer, t. VIII, p. 403); en 1406, il intervient dans l’acte par lequel le roi règle sa succession (Ibid., p. 463).[161]Ce personnage figure aussi dans Walsingham (t. II, p. 5) parmi les chevaliers «qui eos sequi compulsi sunt,» à côté de Jean Brewes et Robert de Salle. Le fait ne semble pas prouvé pour ce dernier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 31).[162]Froissart a évidemment confondu ici Brentford sur la Tamise avec Dartford sur la Darent, où la tradition place la première explosion de colère des paysans à propos des vexations des collecteurs de lapoll-tax. Pour aller de Rochester à Blackheath, on passe en effet par Dartford et non par Brentford.[163]Ce nom est porté aujourd’hui par une petite localité des environs de Greenwich, dont le parc est encore borné de bruyères au sud et au sud-est.[164]Le prénom du maire de Londres étaitGuillaumeet non pas Jean, comme en témoignent les documents officiels duRecord Office(Patent Rolls311, nos4 vº et 5) et un procès-verbal desGuildhall Records(Letter BookH, fol. 133).[165]Éléonore de Bohun, fille du comte de Hereford et Northampton, avait épousé Buckingham en 1374.[166]A son retour de Bretagne, le comte de Buckingham avait appris le mariage de son neveu Henri de Lancastre avec sa belle-sœur, Marie de Bohun, qu’il espérait voir entrer en religion, pour être maître de toute la fortune revenant à sa femme. Il en fut fort mécontent «and never after loved the ducke of Lancaster as he had hitherto done». C’est ainsi que Johnes s’exprime dans un passage qu’il est seul à reproduire (t. I, p. 623-624). Dans ce passage, Froissart donne aux deux sœurs, filles du comte de Northampton, les noms fautifs de Blanche et d’Isabelle, au lieu d’Éléonore et de Marie.[167]Thomas d’Erskine, que nous voyons en 1357 prisonnier des Anglais (Rymer, t. VI, p. 35), intervient au traité de la rançon du roi David, le 3 octobre 1357 (Ibid., p. 48). Il va en Angleterre en 1366 et 1367 (Ibid., p. 534 et 576) avec 12 chevaliers et a un duel retentissant avec Jean de Douglas en 1367 (Ibid., p. 582, 583); en 1369, il se rend en France et en Angleterre (Ibid., p. 614) et intervient aux trêves qui sont signées pour quatorze ans (Ibid., p. 632). Nous le retrouvons ici négociant de nouvelles trêves, de même qu’en 1384 et 1390 (Rymer, t. VII, p. 434 et 683).[168]Cette ancienne résidence royale a donné son nom à un quartier du Londres actuel.[169]La prison de Marshalsea, qui est démolie aujourd’hui, était située dans le quartier de Southwark, près de l’emplacement où fut bâtie auXVIesiècle l’église actuelle de Saint-George. Elle existait encore en 1826; Dickens y a placé le lieu d’action de son romanLittle Dorrit.[170]Les insurgés entrèrent du côté d’Aldgate et de Southwark (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[171]L’hôtel de Savoie, construit au milieu duXIIIesiècle, sous le règne de Henri III, par Pierre de Savoie, oncle de la reine, était bientôt devenu la propriété de la maison de Lancastre. Longtemps après l’incendie de 1381 (1505-1511), on bâtit sur son emplacement la Savoy-Chapel, restaurée en 1864.[172]Ce quartier de Londres possède encore la crypte de l’église Saint-John. D’après Walsingham (t. I, p. 457) l’incendie dura sept jours.[173]Cette haine du peuple anglais pour les étrangers, et surtout pour les Flamands, a été tout particulièrement signalée par A. Réville (Positions... de la promotion de 1890, p. 144, 145 et 146). Les Flamands, massacrés le vendredi 14et non le jeudi, étaient au nombre de 40 (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[174]Impliqué en 1376, en même temps que Latymer, dans une affaire de concussion, Richard Lyons, après avoir vainement essayé de se faire bienvenir du prince de Galles en lui envoyant un baril plein d’or, avait été condamné à la prison perpétuelle, en la Tour de Londres, «pur certaines mesprisons par lui faitz dont il est convict» (Rymer, t. VII, p. 113-114), puis gracié (Knyghton, col. 2636; cf. aussi un passage d’une chronique anonyme publié par Kervyn, t. VIII, p. 469). C’est sans doute en suivant Latymer en France, lors de l’expédition de Buckingham (1380-1381), qu’il avait eu pour valet un Wat Tyler. Richard Lyons fut décapité le jour suivant, vendredi 14. Son château d’Overhall avait été détruit par les insurgés de Suffolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 10).[175]En aval de la Tour de Londres; le nom est resté aux Saint Katherine’s Docks.[176]Ce nom, donné alors à une grande plaine, a été conservé à une rue située à l’extrémité est de Londres.[177]Walsingham dit que le roi avait permis aux insurgés d’entrer dans la Tour (t. I, p. 458).[178]Robert de Hales, trésorier du roi, dont le palais de Hybery, situé à deux lieues de Londres, fut détruit complètement (Knyghton, col. 2636).[179]Ce frère mineur se nommait Guillaume Appelton (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[180]Jean Leg, chargé, en 1380, de lever l’impôt de lapoll-tax, était, en 1370, sergent d’armes du roi; il avait dû, à cette époque, s’occuper de rassembler des bateaux pour l’expédition de Robert Knolles en France (Rymer, t. VI, p. 659). En 1373, on lui avait confié la garde des deux fils de Charles de Blois (Ibid., t. VII, p. 26).[181]A ces noms, il faut ajouter un certain Richard Somenour, qui, avec les autres, fut décapité sur le Tower hill, où avaient lieu les exécutions pour crime de haute trahison (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[182]La Tour royale, où était la Garde-robe de la reine, était située sur la rive gauche de la Tamise, non loin du pont actuel des Blackfriars.[183]Le procès-verbal desGuildhall Records, qui semble ici incomplet intentionnellement (il ne parle pas des chartes octroyées par le roi à Mile-End), reste muet aussi sur les outrages faits à la reine mère, qui se serait rendue de la Tour à la Garde-robe non pas en bateau, mais en suivant le roi en char.[184]Ces lettres, dont la teneur est donnée par Walsingham (t. I, p. 467), sont datées du 15 juin: non seulement elles affranchissent les serfs, mais encore leur pardonnent tous leurs crimes et délits.[185]Sous le prétexte de discuter les termes des chartes d’affranchissement (Walsingham, t. I, p. 463).[186]D’après A. Réville, c’est le 17 juin que la bande deGeoffreyListere, «recrutée dans la région de Holt et de North Walsham,» marcha sur Norwich (Positions de thèses..., p. 145). Au dire de Walsingham (t. II, p. 5), le nombre des chevaliers entraînés par les insurgés fut considérable en Norfolk.[187]GeoffroyListere, un teinturier de Norwich, qui «apud North Walsham et nomen et potestatem regiam exercebat» (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 310), était réellement de Felmingham (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 27).[188]C’est en refusant de suivre les insurgés que Robert Sall fut tué (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 305). Frappé tout d’abord par Henry Rise, il fut achevé par Adam Blak, William Broom, etc. (Communication de M. Petit-Dutaillis, d’après les papiers d’André Réville). Les rôles municipaux de Norwich consultés par A. Réville ne disent nullement que Robert Sall fûtcapitainede la ville. Fait chevalier par Édouard III, Robert Sall représentait au Parlement le comté de Norfolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 29).[189]La principale prison de Londres porte encore aujourd’hui ce nom.[190]Il ne reste aujourd’hui du prieuré de Saint-Barthélemi que l’église, bien modifiée auXVIesiècle.[191]Sur la place de Smithfield se donnaient autrefois les tournois et se tenait la foire de Saint-Barthélemi; on y faisait aussi les exécutions capitales.[192]Ce Thomas Baker n’est autre sans doute que Roger Bacon, lieutenant de G. Listere, qui «déchire la charte des privilèges de Yarmouth, vide la prison, massacre trois prisonniers, pille les collecteurs des coutumes royales» (A. Réville,Positions des thèses... de 1890, p. 145). Ce Bacon était chevalier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 26).[193]Ce jeune écuyer du roi ne peut sans doute pas être le même que le Jean Standisch, qui était chargé, en 1346, de conduire à la Tour de Londres un prisonnier écossais (Rymer, t. V, p. 534), d’autant que son vrai prénom estRaoulet nonJean(voy. la note suivante).[194]Les noms ne sont pas les mêmes dans le procès-verbal, où il est dit que le roi «dictum majorem et dominum Nicholaum Brembre et dominum Johannem Phelipot, pridem majores dictæ civitatis, dominum Robertum Launde ordine militari suis propriis manibus decoravit» (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133). On lit dans Knyghton (col. 2637): «Tunc rex dicto Johanni de Walworth et Radulpho de Standiche vicem rependens, ipsos cum aliis.IIII.burgensibus de civitate militari cingulo sublimavit, scilicet dominos Johannem Philipote, Nicholaum de Brembre, et Johannem Lande, Nicholaum Twyford.»[195]Nous voyons Nicolas Brembre prêter de l’argent au roi «in magnis et urgentibus necessitatibus,» probablement en 1381 (Rymer, t. VII, p. 459); il est membre du conseil du roi en 1388 (Ibid., p. 566).[196]Dans la compagnie du roi se trouvait encore un jeune chevalier de Hainaut, compagnon de Robert de Namur, Henri de Sansselles, que Johnes cite dans une addition à notre texte (t. I, p. 663, en note). Froissart l’a nommé plus haut p.103.[197]Le roi, qui avait, le jour même du 15 juin, ajourné le Parlement (Rymer, t. VII, p. 311), donne la garde de la cité de Londres à Guill. Walworth, le maire, Robert Knolles, Jean Philipot, Nicolas Brembre et Robert Launde (Rec. Off., Patent Rolls311, m. 5), auxquels il adjoint, le 20 juin, Robert Bealknapp et Guillaume Cheyne (Ibid., m. 4 vº). A cette date, de nombreuses arrestations sont faites à Londres et ordre est donné à Robert d’Asheton, capitaine de Douvres et garde des Cinq-Ports, à Jean de Clynton, à Thomas Trivet et à Ét. de Valence de s’armer contre les rebelles (Ibid.).[198]Arrêté, non pas à Londres, le 15 juin, mais plus tard à Coventry, Jean Ball fut jugé à Saint-Albans, vers le 15 juillet, par Robert Tresilian et condamné à être écartelé, puis pendu; son corps, coupé en quatre morceaux, fut exposé en différents quartiers de la ville (Walsingham, t. II, p. 34; Knyghton, col. 2644). Il avait avoué qu’il avait été poussé à la rébellion par des personnes «of the highest rank and power» (Johnes, t. I, p. 664, en note).[199]Jack Straw fut pris à Londres: amené devant le maire, il fit sa confession, où il indiqua que son projet était de supprimer le roi, les nobles et les ordres religieux, sauf les frères mendiants, et de s’emparer du pouvoir en nommant un roi à la tête de chaque comté (Walsingham, t. I, p. 9-10;Chr. a monacho Sancti Albani, p. 308-310). Il fut décapité.[200]Wat Tyler avait été tué à Smithfield, par Guillaume Walworth, le 15 juin.[201]C’est le 18 juin 1381 que la nouvelle trêve fut signée entre le duc de Lancastre et Jean, comte de Carrick, fils aîné du roi; elle devait prendre fin le jour de la Purification (2 février 1383), et fut proclamée le 10 février 1382 (Rymer, t. VII, p. 312 et 344).[202]En 1373, Matthieu Redman intervenait au traité d’alliance entre l’Angleterre et le Portugal, et, en 1375, négociait une trêve en Bretagne (Rymer, t. VII, p. 19 et 78).[203]D’après Knyghton (col. 2641), qui est très sensiblement partial en sa faveur, le duc de Lancastre reçut du duc de Northumberland un envoyé par lequel il lui fit dire qu’il ne pouvait le recevoir dans le château deBamborough, avant de savoir si le roi était bien disposé pour lui. Le duc de Northumberland avait du reste été chargé de la garde des frontières d’Écosse, au sujet desquelles Thomas Seyvill lui était envoyé en juillet 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Une addition de Johnes (t. I, p. 664, en note) montre que cette interdiction était spéciale au duc de Lancastre, compromis par les révélations de Jean Ball et de ses complices.[204]Les châteaux du duc à Leicester et à Tutbury avaient été saccagés; sa femme, la duchesse Constance, fuyant l’émeute, s’était vu refuser l’entrée de son château de Pontefract et avait été contrainte de se réfugier à Knaresborough. Knyghton prétend (col. 2642) qu’ému par tous ces désastres, où il voyait un châtiment de Dieu, le duc aurait à ce moment fait vœu de renoncer à sa vie de désordre et d’éloigner sa maîtresse Catherine de Swinford. Il l’épousait néanmoins en 1396, deux ans après la mort de la duchesse Constance.[205]Froissart parle à peine de la révolte de Saint-Albans, où la lutte fut vive entre les rebelles commandés par William Grindecob et l’abbé Thomas de la Mare (Walsingham, t. I, p. 467-479). Roger Bacon, qui fut un des chefs de l’insurrection en Norfolk, fut jugé et emprisonné à la Tour de Londres; finalement, il fut amnistié à l’occasion du mariage du roi (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 39).[206]Fait prisonnier par l’évêque de Norwich, Henri Spencer, qui s’était mis à la tête des chevaliers de son comté, Lister fut pendu (Walsingham, t. II, p. 8) avec douze complices (Johnes, t. I, p. 664, en note).[207]Dans cette armée figurait Thomas Trivet «et certains hommes d’armes et archiers chivalchant en sa compaignie» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 2;Warr. for issues, bundle 5).[208]Village du comté de Kent.[209]Village du comté de Cambridge.[210]Aussitôt l’émeute apaisée à Londres, le roi était parti pour le Kent, sous prétexte d’un pèlerinage à Cantorbéry, accompagné des comtes de Salisbury, de Suffolk et de Devonshire. Il passe par Rochester où, après enquête faite par J. Newton, de nombreux rebelles sont exécutés; de même à Ospringe et à Cantorbéry (Johnes, t. II, p. 667-668). Le roi se rend alors en Essex, d’où, en date du 23 juin et jours suivants, il envoie à tous les comtés d’Angleterre une proclamation déclarant que les rebelles n’ont point agi par son ordre, comme ils veulent le faire croire, et doivent être poursuivis partout où on les trouvera (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 39 vº); des commissaires sont nommés pour chaque comté; le duc de Lancastre est un de ceux du comté d’York; le comte de Buckingham un de ceux du comté d’Essex. De Waltham-Abbey, le roi va à Havering-at-Bower, où de nombreux ordres d’arrestations sont donnés (Ibid., m. 33 vº) à partir du 28 juin; le 2 juillet, de Chelmsford, il révoque ses lettres d’affranchissement (Rymer, t. VII, p. 317) et continue ses enquêtes (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 33 vº). Revenu à Londres pour quelques jours, le 8 juillet, il s’occupe d’organiser la résistance contre les rebelles dans les différents comtés (Issue Rolls 303, m. 9). Le 15, il est à Saint-Albans, où il ordonne plusieurs enquêtes (Patent Rolls 312, m. 29 vº), et assiste au supplice de Jean Ball; le 16, il convoque, pour le lundi 16 septembre, le Parlement (Close Rolls 228, m. 40 vº;Issue Rolls 303, m. 10), que, plus tard, il proroge aux premiers jours de novembre (Close Rolls 228, m. 39 vº;Issue Rolls 303, m. 14); le 20, étant toujours à Saint-Albans, il reçoit, avant de se rendre à son château de Berkhampstead, le serment de fidélité des gens du Hertford (Walsingham, t. II, p. 39). Il s’occupe enfin, d’accord avec les évêques de Norwich et d’Ely et le comte de Suffolk, des enquêtes et des poursuites à faire dans le Norfolk et le Suffolk (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 11;Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2).[211]Dès le commencement de l’insurrection, le roi avait envoyé au duc de Lancastre Jean Orewell, porteur d’une «quadam billa facta per communes qui insurrexerunt contra pacem» (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Se sentant soupçonné de pactiser avec les rebelles (Johnes, t. I, p. 664, en note), ou tout au moins avec les barons écossais, qui lui avaient offert des troupes pour marcher contre les révoltés (Walsingham, t. II, p. 42), le duc écrit au roi pour lui expliquer sa «migrationem in Scotiam.» Richard, sur les conseils du comte de Warwick (Johnes, t. I, p. 668), invite à revenir son oncle, qu’il déclare lui être toujours resté fidèle, contrairement aux bruits qui ont couru (3 juillet 1381.—Rymer, t. VII, p. 318), lui donne un sauf-conduit (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 35) et, à la date du 5 juillet, ordonne au duc de Northumberland de lui faire escorte (Rymer, t. VII, p. 319).[212]D’après la rédaction de Johnes (t. II, p. 668), c’est à Newcastle que le duc de Lancastre rencontra le comte de Northumberland, avec lequel il se réconcilia. D’York, en passant par Rothingham et Leicester, le duc arriva à Reading, où il trouva le roi (Knyghton, col. 2641).[213]Froissart revient ici avec des détails complémentaires sur la mort de Guichard d’Angle, dont il a déjà parlé (t. IX, p. 236; voy. la note 2 de la p.XCVIII).[214]Capitale du comté de Berks.[215]Jean de Pembroke, que nous retrouvons en 1386, dans Froissart (Kervyn, t. XXII, p. 341-342), chargé de la défense d’Orwellet de Sandwich, mourut très jeune encore en 1386, à Woodstock, mortellement blessé dans un tournoi.[216]Il s’agit ici non pas de RobertBrembre, mais de RobertLaunde, qui figure plus haut (p.XXXIV, note 197), et que Knyghton nomme à tortJeanLaunde.[217]Nicolas Twiford, orfèvre de Londres, est chargé, en 1370, d’un essai d’or (Rymer, t. VI, p. 611); en 1389, il était maire de Londres et un des collecteurs du roi en cette ville (Ibid., VII, p. 634 et 646).[218]Adam Fraunceys, marchand de Londres, fut chargé de l’essai de l’or de la rançon du roi Jean, en janvier 1361 (Rymer, t. VI, p. 307); le 22 juin 1372, il est un de ceux qui prêtent de l’argent à la reine Marguerite d’Écosse (Ibid., p. 727). En 1405, mentionné comme chevalier, il est collecteur pour le Middlesex (Ibid., t. VIII, p. 413); il devint plus tard maire de Londres (Ibid., t. XI, p. 29).[219]D’après Walsingham (t. II, p. 44-45), le duc et le comte comparurent devant le roi à Berkhampstead. Le comte fut d’abord arrêté, puis relâché sous caution des comtes de Warwick et de Suffolk, à condition de se présenter devant le Parlement au commencement de novembre. Le duc de Lancastre, craignant un mauvais accueil à Londres, différa toujours sa comparution, et, l’affaire n’aboutissant pas, le roi força les deux adversaires à se réconcilier.[220]Le 18 août 1381, le roi avait donné pouvoir au duc de Lancastre pour faire les enquêtes sur l’insurrection (Rymer, t. VII, p. 323;Rec. Off., Pat. Rolls 312, m. 26 vº). La répression continua. Le 20, on arrêta un drapier de Londres, Stephen Hull, accusé d’avoir participé à l’incendie de l’hôtel de Savoie (Rec. Off., Close Rolls 228, m. 40); le 30, le roi demande le rôle des sentences prononcées dans les divers comtés contre les insurgés (Ibid.); le 14 septembre, on instruit le procès des gens d’Essex accusés d’avoir pillé et brûlé les domaines de la reine mère (Id., Pat. Rolls 312, m. 23 vº). Enfin, le Parlement s’ouvre à la Toussaint (Rotuli Parliamentorum, t. III, p. 98). Les lettres d’affranchissement sont révoquées et une amnistie, à laquelle de nombreuses exceptions sont faites, est accordée aux communes rebelles, en échange d’une taxe sur les «leynes, peaulx, lanutz et quirs,» votée difficilement pour cinq ans par le Parlement (Id., p. 103) dans les commencements de 1382. A cette date, on peut considérer l’insurrection comme finie.[221]Le comte de Cambridge n’arriva à Plymouth qu’après le 12 mai 1381, date où fut faite la montre des troupes partant pour le Portugal (Rymer, t. VII, p. 305). D. Nuñez (t. I, p. 319) dit qu’il arriva à Lisbonne le 19 juillet 1381; nous avons cependant un état de solde daté du 2 août, où il est parlé du départ prochain des Anglais (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 12). Les bateaux qui emportaient les 3,000 hommes de l’expédition étaient au nombre de quarante et provenaient: sept de Bristol, quatre de Plymouth, un de Lynn, onze de Dartmouth, deux de Bayonne, treize de Lisbonne et deux d’Oporto, comptant en plus près de 1,200 marins (Rec. Off., Accounts, Queen’s Rem.39/17).[222]Béatrice de Portugal (voy. la note suivante).[223]Édouardet nonJean, comme le nomme Froissart, n’eut jamais pour femme que Philippine de Mohun. Ses fiançailles, décidées depuis longtemps avec Béatrice de Portugal (voy. plus haut, p.XXII, note127), furent rompues en 1383 (voy. p.LVIII, note320) par le mariage de cette princesse avec le roi Jean de Castille.[224]Le comte de Cambridge fut logé à San Domingo. Les Anglais n’ayant pas amené de chevaux avec eux, le roi Ferdinand s’occupa de leur en procurer et fit don au comte de Cambridge de douze chevaux, et à la comtesse de douze mules richement garnies (D. Nuñez, t. II, p. 319-320).[225]L’église actuelle de Sainte-Catherine, bâtie sur la colline de même nom, domine le côté ouest du port.[226]Nous nous sommes arrêté dans ce paragraphe à la fin de la l. 12 de la p.152.[227]Ce n’est que plus tard, le 24 janvier 1382, d’après Meyer (fol. 180 rº), que Philippe d’Artevelde fut nommérewaertde Gand, après le meurtre de Gilles le Foulon. C’est à cette date que nous trouvons la mention de sommes touchées par Philippe d’Artevelde (Rekeningen, p. 278 et 310).[228]Ce doyen des tisserands, accusé de trahison, se nommait Liévin Walrave (Meyer, fol. 179 rº).[229]Marguerite, comtesse de Flandre, fille du roi Philippe le Long, avait toujours exercé sur son fils une influence utile à la France. Elle ne mourut que l’année suivante, en 1382. Son corps fut transféré à Saint-Denis le 9 mai 1382 (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 158); les obsèques, auxquelles le roi Charles VI assista, eurent lieu le 18 mai (Chronographia, t. III, p. 36). Les diverses chroniques ne parlent que plus tard de la présence d’Artésiens dans l’armée du comte.[230]Ce nouveau siège de Gand commença dans les premiers jours de juillet 1381 et le sac de Grammont, qui le précède, doit sans doute être daté du 30 juin, dimanche suivant la Saint-Jean (Ist. et chr., t. II, p. 245). D’après certaines chroniques le siège ne dura guère que trois semaines; d’après d’autres, le comte le leva vers le 1eroctobre.[231]La date de la mort de Gauthier d’Enghien, qui varie suivant les chroniques, est fixée vraisemblablement par Meyer au jeudi 18 juillet 1381.[232]Gauthier d’Enghien fut enterré, non pas à Enghien, mais dans une chartreuse près de Bruges, en octobre 1381. Il fut payé pour ses obsèques à «sire François, l’aumônier et capellain Monseigneur,» la somme de 60 livres (Arch. du Nord, pièce citée par Le Glay,Chr. rimée, p. 102).[233]Voy. une généalogie de la maison de Lalaing dans lesPièces originalesde laBibl. nat., vol. 1622.[234]La levée du siège de Gand fut pour les habitants de cette ville le commencement d’une période de troubles et d’anarchie. Pour bien accentuer leur séparation complète du reste de la Flandre, les Gantois se déclarèrent urbanistes et nommèrent un évêque de cette opinion (voy. plus loin, p.LXXII;Ist. et chr., t. II, p. 175); et, sous la conduite de Gilles le Foulon, ils se livrèrent au pillage de la campagne environnante; mais, harcelés sans cesse par les garnisons voisines, ravitaillés imparfaitement par leurs amis de Hollande et du Liégeois, pressés par le duc Aubert de faire la paix, ils s’y seraient résolus dès septembre 1381, si les exigences du comte, qui ne cherchait qu’à différer, n’avaient pas été si grandes (Meyer, fol. 179 vº). Après de nouvelles hostilités et malgré les résistances du parti révolutionnaire, les conférences de Haerlebeke eurent lieu du 30 septembre au 2 octobre et du 5 au 7 octobre 1381 (Rekeningen, p. 272-273). Elles avaient été précédées d’autres conférences tenues à Oedelem, près de Bruges, le 8 juin, et du 13 au 20 août (Ibid., p. 186 et 271).[235]Les représentants du comte aux conférences de Haerlebeke furent messire de la Gruthuse, Josse de Halewin, messire Jean de Halewin, maître Pierre de la Zeppe, le receveur et Gilles le Souton, «envoyés par deux fois ou mois d’octobre l’anIIIIxxet Ià Haerlebeke pour tenir journée contre chiaus de Gand.» Les frais de cette ambassade montèrent à 142 livres, 13 sous, d’après un compte des archives de Lille, cité par Le Glay (Chr. rimée, p. 102).[236]Gilbert de Grutere n’assista qu’aux dernières conférences, du 5 au 7 octobre (Rekeningen, p. 272).[237]D’après leMemorie Boekde Gand, cité par Kervyn (t. IX, p. 566), un mouvement populaire se produisit le 26 janvier 1382. Simon Bette, premier échevin de la Keure, ne périt que le jeudi 30.[238]Maître de la ville, Philippe d’Artevelde édicte de nouvelles lois et fait nommer quatre tribuns: Pierre du Bois, Jacques le Riche, doyen des tisserands, Jean de Heyst et Rasse Vande Voorde (Meyer, fol. 180 vº). Voy. Kervyn, t. IX, p. 566-567.[239]Ce paragraphe ne commence dans ce chapitre qu’à la ligne 13 de la page 152.[240]La suppression des aides accordée à Paris le 15 novembre 1380 (voy. plus haut, p. v, note23) avait été accueillie avec joie. La fin du règne de Charles V fut en effet marquée par une augmentation sensible des impôts, dont on souffrit vivement: «Dyablement y ait part,» disait en parlant du feu roi un homme du peuple, «quant il a vescu si longuement, car il nous feust mieulx, s’il feust mort passé a.X. ans!» (Arch. nat., JJ 136, fol. 13 vº). «Maudite soit l’heure que il fu onques nez ne sacrez!» disait un autre (Ibid., JJ 144, fol. 169 vº). Aussi, quand le 4 mars 1381 «ont esté mandé à Paris les gens des trois estas de la Languedouyl et a esté assemblée à Paris pour avoir ayde pour le fait de la guerre» (Ibid., X1a1471, fol. 443), les États refusèrent l’aide. De même à Compiègne et à Senlis. Le roi dut se contenter d’une taille accordée à Paris et dans le diocèse de Sens et de subsides du clergé obtenus par le pape en septembre 1381. Après un accord fait avec le prévôt des marchands et les bourgeois de Paris en janvier, il est décidé qu’au 1ermars prochain un impôt sera perçu sur le vin et sur le sel et 8 deniers (12, d’après d’autres chroniques) par livre de toute marchandise (Chronographia, t. III, p. 3-8). L’ordonnance est publiée au mois de janvier à huis-clos au Châtelet; on afferme les impôts, et le dernier jour de février on a recours à une ruse pour l’annoncer au peuple (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 134).[241]Les détails donnés par Froissart sur la révolte des Maillotins sont assez confus et incomplets; ils doivent être rectifiés et complétés par d’autres chroniques, principalement par laChronographia regum francorum, p. p. M. H. Moranvillé. Lorsque, le 1ermars 1382, la révolte éclata au sujet du recouvrement de l’impôt, la cour, forcée de fuir à la hâte, se réfugia non pas à Meaux, mais à Vincennes (Œuvres d’Eustache Deschamps, t. III, p. 139), où était le roi, qui n’alla à Meaux qu’en avril, après la répression de l’émeute de Rouen (Petit,Séjours de Charles VI, p. 13).[242]Le peuple s’empare à l’hôtel de ville de douze mille maillets de plomb, que Hugues Aubriot avait autrefois fait faire en prévision d’une guerre (Chronographia, t. III, p. 23); les insurgés, au nombre de 4,000, se rassemblent sur la place de Grève.[243]L’émeute avait des partisans, même parmi les sergents du guet: l’un d’eux, Jean Évrart, «fut un des principaulx rompeurs et briseurs de noz prisons du Chastellet» (Arch. nat., JJ 138, p. 123).[244]Les Maillotins tuent plusieurs gens de justice (Chronographia, t. III, p. 23-24), portent le pillage «à Montmartre, à Sainte Katherine, à Saint Éloy et en l’ostel» du duc d’Anjou (Arch. nat., JJ 136, fol. 1 vº). Le peuple profite du désordre pour tuer et piller de nouveau. Les Juifs ne sont pas épargnés à Paris (Ibid., JJ 122, fol. 55, et JJ 136, fol. 114), non plus qu’à Mantes (Ibid., JJ 122, fol. 96 vº) «et en aucunes autres villes» (Ibid., JJ 136, fol. 113): on les tue, on les robe «de toutes leurs chevances tant d’or, d’argent, de joyaux et autres meubles, comme de leurs lettres et obligations en quoy leurs debteurs estoient tenuz à eux» (Ibid.).[245]Bourguignon d’origine, Hugues Aubriot intervient en 1360 (Froissart, t. V, p.LXVII, note 2) avec six autres bourgeois au traité par lequel le roi d’Angleterre s’engage à respecter la Bourgogne, moyennant une somme garantie par les dits bourgeois. Bailli de Dijon en 1362 (Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85, note 2), il l’est encore en 1366 (Petit,Itinéraires, p. 469). Charles V le fait alors venir auprès de lui. Prévôt de Paris en 1367, il embellit et assainit la ville, mais indispose contre lui les clercs de l’Université par ses règlements de police. Il est créé chevalier par le roi et devient maître des comptes en 1378 (Arch. nat., P 2295, fol. 529). Aux obsèques de Charles V, il entre en lutte ouverte avec l’Université (Chr. des Quatre Valois, p. 288); accusé d’hérésie, de liaison avec des Juives et d’autres crimes encore (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 102-104), il est arrêté, obligé de désavouer ses erreurs (Chronographia, t. III, p. 5) le 17 mai 1381 et condamné à la prison perpétuelle. Délivré le 1ermars 1382 par les Maillotins, qui veulent en faire leur chef, il s’enfuit d’abord en Bourgogne, puis à Sommières en Languedoc, où le pape lui assigne résidence (voy. la notice de Le Roux de Lincy,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XXIII, p. 173-213, etIst. et chr. de Flandre, t. II, p. 255-256). D’après lesGrandes Chroniques(t. VI, p. 475), il «demoura toujours prevost de Paris» jusqu’à sa condamnation. Une quittance (Bibl. nat., Clair.vol. 7, nº 139) en date du 9 novembre 1375 nous apprend quels étaient les gages d’Aubriot, qui, pour le terme de la Toussaint, reçoit 150 livres, 2 sols et 7 deniers.[246]L’intervention d’Enguerran de Couci eut lieu deux fois: d’abord le 1ermars 1382, et plus tard au mois d’avril, après la répression de l’émeute de Rouen. Froissart supprime tous les faits qui se sont passés entre ces deux dates. Le 1ermars 1382, à la première nouvelle de la révolte, le roi envoie le duc de Bourgogne et le sire de Couci pour apaiser le peuple. Sur le refus du roi de supprimer les impôts, les troubles continuent: on ouvre les prisons du Châtelet, dont on incendie les papiers, de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain. L’émeute dure jusqu’au 4 mars. Après des pourparlers assez longs, le roi finit par obtenir des bourgeois, terrorisés par le peuple et les troupes menaçantes du duc d’Anjou, la punition des coupables. Dans la nuit du 10 au 11, on arrête un grand nombre de Maillotins qui, du 12 au 15, sont décollés ou pendus, à l’indignation croissante des Parisiens. La paix semble rétablie, sans que le roi ait obtenu de subsides: il part pour Rouen (Chronographia, t. III, p. 24-30).[247]Après son départ de Rouen, le roi s’arrête à Compiègne, où il convoque vers le milieu d’avril (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 148) les trois États de la province de Reims, qui ne lui accordent pas entièrement ce qu’il désire (Chronographia, t. III, p. 32). Il demande alors aux Parisiens sur quelle aide il peut compter de leur part. Le sire de Couci part de Meaux, où est le roi (20 avril), pour chercher une réponse. Paris offre 12,000 francs pour les besoins personnels du roi. Le 18 mai, une conférence a lieu à Saint-Denis entre les représentants du roi, à la tête desquels se trouve le président au Parlement Arnaud de Corbie, et ceux de la ville, dirigés par l’avocat Jean Desmarès. Moyennant une amnistie générale remontant au 1ermars et la renonciation à toute aide, la ville accorde au roi une taille de 80,000 francs (leReligieux de Saint-Denisdit 100,000), dont 12,000 pour le roi et 8,000 pour les réparations de la ville; les 60,000 autres, destinés à la solde des gens de guerre, doivent rester entre les mains d’un receveur spécial (Chronographia, t. III, p. 36-37). «Et par ce furent pour lors paix et accort entre le roi et eulx» (Chr. des Quatre Valois, p. 302). Le roi, mécontent de cette solution, ne fit son entrée à Paris que le 1erjuin et se hâta d’aller ensuite à Maubuisson (p. 303).[248]L’émeute de Rouen précéda celle de Paris et commença le lundi 24 février, jour de la Saint-Mathias, «pour ce que le roy et son conseil revoudrent avoir toutes les aides comme devant» (Chronique de Pierre Cochon, p. 163), et dura trois jours, pendant lesquels il y eut «infractions de prisons, maisons rompues, murtres, larrecins, monopoles, conspiracions, assemblées, sons de cloches, portes fermées, pors d’armes, crimes de lese majesté, infractions de sauvegarde, sacrileges et infractions d’eglises et lieux saints, et autres maulx et inconveniens» (Arch. nat., JJ 122, fol. 56 vº). Les Rouennais, ayant à leur tête un drapier du nom de Jean le Cras (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 130), obtiennent par la force du chapitre de Notre-Dame et des religieux de Saint-Ouen le renoncement à leurs droits (Ibid., p. 164-165;Chr. des Quatre Valois, p. 298), puis envoient demander au roi des lettres de rémission. Le roi part de Vincennes le 17 mars et séjourne à Pont-de-l’Arche du 23 au 27 (Petit,Séjours de Ch. VI, p. 13). Avant de faire une entrée triomphale à Rouen, il fait mettre à mort les plus compromis des émeutiers et déposer toutes les armes au château, puis, proclamant son pardon, il entre dans la ville le samedi 29, veille des Rameaux, et y reste jusqu’au 6 avril, jour de Pâques. Le maire de la ville est suspendu et sa mairie mise entre les mains du bailli de Rouen (Chr. de Pierre Cochon, p. 166). «Le roy estant à Rouen, fut par les barons et prelas et bourgois de Normendie acordée l’imposicion eu cas que les autres provinces du royaume de France l’acorderoient» (Chr. des Quatre Valois, p. 301).[249]Les hésitations du duc d’Anjou furent grandes avant de se décider à aller en Italie. Malgré la prise d’Arezzo par Charles de la Paix, que le pape Urbain avait reconnu roi de Sicile, malgré les appels de la reine Jeanne (4 juin 1381), qui lui promettait de le faire couronner roi dès son arrivée en Italie (Bibl. nat., coll. Dupuy 845, 2epartie, fol. 26), malgré l’entrée à Rome (8 juin) de Charles, qui se fait couronner par Urbain et s’empare de Naples (16 juillet), le duc attend toujours, «illam guerram arripere trepidans» (Chronographia, t. III, p. 15 et 20). Dans un conseil du roi tenu à Créci les 26-28 juillet (Journal de Jean le Fèvre, p. p. H. Moranvillé, t. I, p. 8), il avait été alloué au duc 60,000 francs sur les aides; le roi lui donnait de plus 50,000 francs en pièces d’argenterie, «subsides auxquels il convient de joindre 32,000 francs que Louis s’était appropriés à la mort de son frère» (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 14-15). Décidé pour le moment à envoyer des secours pécuniaires à la reine Jeanne (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 9-10), il apprend le 25 septembre qu’assiégée dans Castel Nuovo, elle s’est rendue à Charles de la Paix après la défaite de son mari, Othon de Brunswick; tout le pays, devenu urbaniste, s’est soumis au nouveau roi (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 11-12). Le duc semble renoncer à ses projets définitivement; mais, à la fin d’octobre, il cherche à se renseigner auprès du pape sur les dispositions des Provençaux à son égard; enfin, le 8 janvier 1383, il s’engage à risquer l’entreprise malgré tout et envoie à Avignon son chancelier Jean le Fèvre (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 11-14).[250]Avant de partir pour l’Italie, le duc d’Anjou avait essayé, mais en vain, de contracter une alliance avec les Bolonais, les Florentins et les Génois. Ses ambassadeurs avaient été plus heureux avec les Visconti de Milan. Un projet de mariage avait été ébauché entre Louis, fils aîné du duc d’Anjou, et une des filles de Bernabo. Ce dernier s’engageait à payer pendant six mois la solde de 2,000 lances, commandées par un de ses fils. Même réussite auprès d’Amédée, comte de Savoie, auquel le duc abandonnait sur son futur royaume le Piémont et quelques villes. Le comte, en échange, suivait le duc en Italie avec 1,200 lances (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 29-35).[251]La majeure partie des troupes recrutées par le duc d’Anjou se composait des «gens d’armes de Bertram du Guesclin, qui encore se tenoyent ensemble» (Ist. et ch. de Flandre, t. II, p. 173).[252]Les fiançailles d’Édouard, et non deJean, fils du comte de Cambridge, avec la princesse Béatrice, furent solennellement célébrées. Couchés dans le même lit,suivant la coutume anglaise, ils furent bénis par l’évêque de Lisbonne et reçurent le serment de fidélité des nobles de Portugal (D. Nuñez,Cronicas, t. II, p. 321).[253]Les troupes anglaises se livrèrent à Lisbonne à des excès et à des désordres sans nombre; se conduisant en hommes qui viendraient, non pas défendre le pays, mais le ruiner, ils pillaient les villes et violaient les femmes (F. Lopes, dans laCollecâo de libros ineditosde José Correa de Serra, t. IV, p. 413). Le roi de Portugal chercha alors à les éloigner; il aurait voulu les voir s’établir sur les rives de la Guadiana, à la frontière même; mais ils restèrent à Villa Viçosa, où ils continuèrent à exaspérer les populations, qui ne pouvaient se venger d’eux qu’en cachette (D. Nuñez, t. II, p. 323-324).[254]Portugal, prov. d’Alentejo.[255]Portugal, prov. d’Alentejo, près de la frontière d’Espagne.[256]Après la prise d’Almeida, le roi de Castille était venu à Coca. Le 9 décembre 1381, il est à Madrigal; le 31 à Avila (Ayala, t. II, p. 155).[257]Les chevaliers qui accompagnent le Chanoine de Robersart ont déjà été énumérés plus haut, p.XXIV-XXV. Froissart ajoute seulement ici les noms de Raymonnet de Marsan et de Jean Soustrée, que Johnes appelle Sounder. Ce chevalier, que les historiens désignent simplement comme un bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448; D. Nuñez, t. II, p. 319), devait être un bâtard de Thomas de Holand (cf. Kervyn, t. XI, p. 389, et t. XII, p. 96). Ce n’est donc que par extension qu’il pouvait être considéré comme frère bâtard du roi, ce dernier ayant pour mère Jeanne de Kent, qui avait précédemment épousé Thomas de Holand.—C’est par erreur que Froissart donne ici le prénom d’AdamàThomasSimond.[258]Higuera-la-Real, bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.[259]Ces deux frères ne figurent pas dans les chroniques espagnoles et portugaises.[260]Un FroissartleMeulier est cité dans un document de 1517 comme ancien propriétaire d’un pré (Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, t. III, p. 626).[261]D’après Froissart, ce fut à Matthieu de Gournai, connétable de l’armée, et à Guillaume deWindsor, maréchal de l’armée, que se rendit ce château. Il faut évidemment lireBeauchampau lieu deWindsor, Guillaume de Beauchamp étant alors maréchal de l’armée (voy. p.XXIV), et Guillaume de Windsor se trouvant à cette époque en Angleterre (cf. plus loin, p.L, note273).[262]Jerez de los Caballeros, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.[263]Don Fernando Osorès, d’après F. Lopes.[264]Ville forte d’Espagne, prov. de Badajoz.[265]Bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.[266]Durant cet hiver, nous trouvons la mention de l’envoi en Angleterre de deux messagers, Guillaume Bettenham, écuyer de Guillaume de Beauchamp, et Alph. Seyns, espagnol, «ad prosequendum versus dominum regem et consilium suum quedam negocia tangencia moram dicti Willelmi et aliorum militum de comitiva sua in guerra regis ibidem» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14;Warr. for issues, bundle 5). Ils reviennent en Portugal avec des lettres pour le comte de Cambridge. Vers le milieu de l’année 1382, une autre ambassade, où figure le chancelier de Portugal, se rend auprès du duc de Lancastre (Ibid., Issue Rolls 305, m. 14).[267]Froissart nomme plus loin (p.198-199) quelques-uns des chevaliers qui accompagnèrent Olivier du Guesclin en Castille.—En automne 1381, le roi de Castille avait reçu la visite de Charles de Navarre, autorisé par le roi de France (Arch. nat., PP 109, p. 522) à se rendre en Castille et en Navarre avec tous ses gens. En passant par Montpellier (24 à 27 octobre), Charles avait reçu de nouveau du duc de Berri la seigneurie de la terre de Montpellier (Petit Thalamus, p. 402-403).[268]Les gages de Simon Burley pour ses voyages en Flandre et en Bohême sont ordonnancés à la date du 28 février 1382 (Rec. Off., Warr. for issues, bundle 5).[269]Froissart donne à tort au roi des Romains le nom deCharles, au lieu deWenceslas.[270]A côté du duc de Teschen et de ses deux compagnons Conrad de Kreyg et Pierre de Vaterbery, qui devaient remporter l’argent octroyé à Wenceslas à l’occasion du mariage (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12), il faut citer Here Poto, chevalier banneret de Bohême, qui accompagna la reine en Angleterre (Ibid. 305, m. 14).[271]Wenceslas de Bohême et Jeanne de Brabant, sa femme.[272]L’un de ces messagers, Jean de Rotselaer, appartient à une famille bien connue de Brabant.[273]Parmi les chevaliers qui vinrent à Calais au-devant de la reine était Guillaume de Windsor, auquel l’ordre avait été donné de se préparer à cette mission dès le 20 septembre 1381 (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 15).[274]Les ambassadeurs anglais chargés de recevoir à Calais la reine Anne étaient Jean de Montaigu, Simon Burley et Jean de Holland, frère du roi (Rymer, t. VII, p. 236). Ils étaient porteurs d’une certaine somme, empruntée à Nicolas Brembre et destinée «à diverses chivalers, esquiers et autres officiers venantz en la compaignie de Anne, la soere du roy des Romayns et de Boeme, nostre compaigne future, de son paiistant queà Calais et retournantz d’illueques à leur paiis susditz» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12 et 15;Warr. for issues, bundle 5).[275]La reine emmenait avec elle en Angleterre 55 chevaux de selle et de trait, qui nécessitèrent pour leur passage l’affrètement de trois bateaux de Dunkerque (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 8).[276]Anne fut reçue à Douvres par le «connétable» du château, Robert d’Asheton, qui s’occupait déjà depuis quelque temps des préparatifs de cette réception (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14 et 15;Ibid. 305, m. 6). L’arrivée de la reine en Angleterre fut accompagnée d’un tremblement de terre, dont on ne manqua pas de tirer présage (Walsingham, t. II, p. 46).[277]Arrivée à Londres, la reine demande, le 13 décembre 1381, une amnistie générale, qui est accordée aux rebelles des communes (Rymer, t. VII, p. 337). Convocation est envoyée «diversis episcopis, prelatis et certis magnatibus de essendo apud Westm. in diebus maritagii et coronacionis domine regine» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 16).[278]Walsingham (t. II, p. 47) ne précise pas la date des noces royales qui furent faites, dit-il, après l’Épiphanie de 1382. Ce fut l’archevêque de Cantorbéry qui célébra le mariage et couronna la reine.[279]Cette princesse épousa en 1386 Jean, roi de Portugal.[280]Froissart fait sans doute ici allusion à la convocation des Trois États, qui eut lieu à Compiègne vers le milieu d’avril 1381, où «aucuns des bonnes villes», à l’exception de Reims, Châlons, Laon, Soissons et Tournai (Chronographia, t. III, p. 32), «acorderent l’imposicion» (Chr. des Quatre Valois, p. 301); voy. plus haut, p.XLV, note247.[281]Depuis le 1erjuin (voy. plus haut, p.XLV, note247) jusqu’à sa rentrée définitive à Paris, avant la campagne de Flandre, le roi séjourna principalement à Melun (11 au 28 juin), à Compiègne (8 à 11 juillet), à Senlis (13 et 15), à Maubuisson, à Soissons; il était le 22 août à Meaux (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14). Le 23, il allait coucher au Louvre et, s’apprêtant à continuer en Guyenne la guerre contre les Anglais, présentait son frère Louis de Valois comme son lieutenant (Chronographia, t. III, p. 38-39; cf.Chr. des Quatre Valois, p. 305).[282]Quand éclata l’émeute des Maillotins, le duc d’Anjou était déjà, depuis près d’une semaine, à Avignon, où il était arrivé le 22 février, ce qui rend assez invraisemblable l’assertion de Froissart relative à l’octroi des subsides par les Parisiens. Le fait n’est du reste pas mentionné par d’autres chroniqueurs.[283]Gard, arr. d’Uzès, sur un bras du Rhône.[284]Le duc d’Anjou arrive à Avignon le 22 février 1382 (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 21). Avant son départ, il avait dû renoncer à son titre de régent. Le roi fut «dispensé à age royal au jour de Toussains» 1382, sous la garde des ducs de Bourgogne et de Bourbon (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 209).[285]Aussitôt son arrivée à Avignon, le duc chercha à gagner les Provençaux (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 21-23), auxquels il confirma à diverses reprises les dons faits par la reine Jeanne. Le pape l’aida dans ces négociations, et le 20 mai, en grand consistoire, donna officiellement le royaume de Naples à la reine Jeanne et au duc d’Anjou, auquel il remit la bannière papale (Petit Thalamus, p. 405).[286]Le duc partit sans plus s’occuper de la rébellion d’Aix, laissant au duc de Berri, qui était en Provence depuis la Noël et auquel il avait donné la principauté de Morée et celle de Tarente (Journal de Jean le Fèvre, t.1, p. 34 et 41), le soin d’apaiser cette révolte.[287]C’est du 15 au 19 février, à son passage à Lyon, que le duc d’Anjou avait définitivement conclu son traité avec le comte de Savoie (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 34).[288]Fourni d’argent par le roi de France et le pape (Valois,loc. cit., t. II, p. 24-29), après avoir passé quelques jours (du 31 mai au 6 juin) à Pont-sur-Sorgues, auprès de la duchesse, à laquelle il laisse pleins pouvoirs (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 43), le duc s’arrête du 7 au 13 à Carpentras et part décidément pour l’Italie le 13 juin 1382 (Ibid., p. 3 et 44). Il est le 14 à Sault et pénètre en Dauphiné, passe par Gap et Briançon et entre en Italie par le col du Mont-Genèvre (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 38).[289]M. Valois (loc. cit., p. 38) a montré que le duc d’Anjou n’est point allé en Savoie; c’est aux environs de Rivoli (le 23 juin) qu’il opère sa jonction avec les troupes du comte de Savoie. Il est le 25 à Turin.[290]Après s’être attardé en Piémont, le duc entre seulement le 18 juillet en Lombardie (Valois,loc. cit., p. 39-40).[291]Le duc ne passe pas à Milan, mais à Broni; il reçoit la visite des seigneurs de Milan, qui le ravitaillent. Le mariage de la princesse Louise et du fils du duc est décidé. Bernabo fait une avance de 40,000 florins sur la dot, somme qu’il s’engage à payer chaque année jusqu’à la fin de la guerre (Valois,loc. cit., p. 40-41).[292]Le duc ne pouvait traverser la Toscane, contrairement à ce que dit Froissart, ayant lui-même promis de prendre un autre chemin. En quittant la Lombardie, il traverse les pays de Plaisance et de Parme, et parvient le 5 août à Panzano, sur le territoire de Bologne. A partir de ce moment, les hostilités commencent aux environs de Forli; le seigneur de Ravenne seul est partisan du pape Clément. Arrivé à Ancône, le duc se décide à passer les Apennins et à marcher sur Rome. Il s’arrête à Leonessa, à vingt-cinq lieues du Vatican (Valois,loc. cit., p. 40-47).[293]Ce ne furent point les routiers de Hawkwood (ils ne s’avancèrent sur Rome que plus tard, vers le 22 octobre), mais les conseils de ses compagnons, qui décidèrent le duc d’Anjou à s’emparer du royaume de Naples, avant de songer à détrôner le pape Urbain (P. Durrieu,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XLI, p. 167-168; Valois,loc. cit., p. 36).[294]Pierre de Genève, frère du pape d’Avignon.[295]Le 17 septembre, le duc est à Aquila, dans l’Abruzze, où il est reçu avec les honneurs souverains. Il reprend sa marche en avant et le 6 octobre pénètre sur les terres de l’abbaye du Mont-Cassin; le 14, à Maddaloni, l’armée angevine est à six lieues et demie de Naples (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 49, 52-53).[296]La reine Jeanne était morte très probablement le 27 juillet 1382. Cette date, nouvellement proposée par M. Jarry (Bibl. de l’Éc. des chartes, t. LV, p. 236), semble concorder avec celle du service solennel que Charles de la Paix fit célébrer le 31 juillet pour le repos de son âme (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 51).
[160]Ce chevalier, que Walsingham nommeGuillaumede Morlee, fut envoyé avec Jean Brewes à Londres, par les insurgés de Norfolk, pour demander au roi les lettres d’affranchissement (t. II, p. 6). En 1405, il fait partie d’une expédition contre la France (Rymer, t. VIII, p. 403); en 1406, il intervient dans l’acte par lequel le roi règle sa succession (Ibid., p. 463).[161]Ce personnage figure aussi dans Walsingham (t. II, p. 5) parmi les chevaliers «qui eos sequi compulsi sunt,» à côté de Jean Brewes et Robert de Salle. Le fait ne semble pas prouvé pour ce dernier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 31).[162]Froissart a évidemment confondu ici Brentford sur la Tamise avec Dartford sur la Darent, où la tradition place la première explosion de colère des paysans à propos des vexations des collecteurs de lapoll-tax. Pour aller de Rochester à Blackheath, on passe en effet par Dartford et non par Brentford.[163]Ce nom est porté aujourd’hui par une petite localité des environs de Greenwich, dont le parc est encore borné de bruyères au sud et au sud-est.[164]Le prénom du maire de Londres étaitGuillaumeet non pas Jean, comme en témoignent les documents officiels duRecord Office(Patent Rolls311, nos4 vº et 5) et un procès-verbal desGuildhall Records(Letter BookH, fol. 133).[165]Éléonore de Bohun, fille du comte de Hereford et Northampton, avait épousé Buckingham en 1374.[166]A son retour de Bretagne, le comte de Buckingham avait appris le mariage de son neveu Henri de Lancastre avec sa belle-sœur, Marie de Bohun, qu’il espérait voir entrer en religion, pour être maître de toute la fortune revenant à sa femme. Il en fut fort mécontent «and never after loved the ducke of Lancaster as he had hitherto done». C’est ainsi que Johnes s’exprime dans un passage qu’il est seul à reproduire (t. I, p. 623-624). Dans ce passage, Froissart donne aux deux sœurs, filles du comte de Northampton, les noms fautifs de Blanche et d’Isabelle, au lieu d’Éléonore et de Marie.[167]Thomas d’Erskine, que nous voyons en 1357 prisonnier des Anglais (Rymer, t. VI, p. 35), intervient au traité de la rançon du roi David, le 3 octobre 1357 (Ibid., p. 48). Il va en Angleterre en 1366 et 1367 (Ibid., p. 534 et 576) avec 12 chevaliers et a un duel retentissant avec Jean de Douglas en 1367 (Ibid., p. 582, 583); en 1369, il se rend en France et en Angleterre (Ibid., p. 614) et intervient aux trêves qui sont signées pour quatorze ans (Ibid., p. 632). Nous le retrouvons ici négociant de nouvelles trêves, de même qu’en 1384 et 1390 (Rymer, t. VII, p. 434 et 683).[168]Cette ancienne résidence royale a donné son nom à un quartier du Londres actuel.[169]La prison de Marshalsea, qui est démolie aujourd’hui, était située dans le quartier de Southwark, près de l’emplacement où fut bâtie auXVIesiècle l’église actuelle de Saint-George. Elle existait encore en 1826; Dickens y a placé le lieu d’action de son romanLittle Dorrit.[170]Les insurgés entrèrent du côté d’Aldgate et de Southwark (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[171]L’hôtel de Savoie, construit au milieu duXIIIesiècle, sous le règne de Henri III, par Pierre de Savoie, oncle de la reine, était bientôt devenu la propriété de la maison de Lancastre. Longtemps après l’incendie de 1381 (1505-1511), on bâtit sur son emplacement la Savoy-Chapel, restaurée en 1864.[172]Ce quartier de Londres possède encore la crypte de l’église Saint-John. D’après Walsingham (t. I, p. 457) l’incendie dura sept jours.[173]Cette haine du peuple anglais pour les étrangers, et surtout pour les Flamands, a été tout particulièrement signalée par A. Réville (Positions... de la promotion de 1890, p. 144, 145 et 146). Les Flamands, massacrés le vendredi 14et non le jeudi, étaient au nombre de 40 (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[174]Impliqué en 1376, en même temps que Latymer, dans une affaire de concussion, Richard Lyons, après avoir vainement essayé de se faire bienvenir du prince de Galles en lui envoyant un baril plein d’or, avait été condamné à la prison perpétuelle, en la Tour de Londres, «pur certaines mesprisons par lui faitz dont il est convict» (Rymer, t. VII, p. 113-114), puis gracié (Knyghton, col. 2636; cf. aussi un passage d’une chronique anonyme publié par Kervyn, t. VIII, p. 469). C’est sans doute en suivant Latymer en France, lors de l’expédition de Buckingham (1380-1381), qu’il avait eu pour valet un Wat Tyler. Richard Lyons fut décapité le jour suivant, vendredi 14. Son château d’Overhall avait été détruit par les insurgés de Suffolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 10).[175]En aval de la Tour de Londres; le nom est resté aux Saint Katherine’s Docks.[176]Ce nom, donné alors à une grande plaine, a été conservé à une rue située à l’extrémité est de Londres.[177]Walsingham dit que le roi avait permis aux insurgés d’entrer dans la Tour (t. I, p. 458).[178]Robert de Hales, trésorier du roi, dont le palais de Hybery, situé à deux lieues de Londres, fut détruit complètement (Knyghton, col. 2636).[179]Ce frère mineur se nommait Guillaume Appelton (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[180]Jean Leg, chargé, en 1380, de lever l’impôt de lapoll-tax, était, en 1370, sergent d’armes du roi; il avait dû, à cette époque, s’occuper de rassembler des bateaux pour l’expédition de Robert Knolles en France (Rymer, t. VI, p. 659). En 1373, on lui avait confié la garde des deux fils de Charles de Blois (Ibid., t. VII, p. 26).[181]A ces noms, il faut ajouter un certain Richard Somenour, qui, avec les autres, fut décapité sur le Tower hill, où avaient lieu les exécutions pour crime de haute trahison (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).[182]La Tour royale, où était la Garde-robe de la reine, était située sur la rive gauche de la Tamise, non loin du pont actuel des Blackfriars.[183]Le procès-verbal desGuildhall Records, qui semble ici incomplet intentionnellement (il ne parle pas des chartes octroyées par le roi à Mile-End), reste muet aussi sur les outrages faits à la reine mère, qui se serait rendue de la Tour à la Garde-robe non pas en bateau, mais en suivant le roi en char.[184]Ces lettres, dont la teneur est donnée par Walsingham (t. I, p. 467), sont datées du 15 juin: non seulement elles affranchissent les serfs, mais encore leur pardonnent tous leurs crimes et délits.[185]Sous le prétexte de discuter les termes des chartes d’affranchissement (Walsingham, t. I, p. 463).[186]D’après A. Réville, c’est le 17 juin que la bande deGeoffreyListere, «recrutée dans la région de Holt et de North Walsham,» marcha sur Norwich (Positions de thèses..., p. 145). Au dire de Walsingham (t. II, p. 5), le nombre des chevaliers entraînés par les insurgés fut considérable en Norfolk.[187]GeoffroyListere, un teinturier de Norwich, qui «apud North Walsham et nomen et potestatem regiam exercebat» (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 310), était réellement de Felmingham (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 27).[188]C’est en refusant de suivre les insurgés que Robert Sall fut tué (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 305). Frappé tout d’abord par Henry Rise, il fut achevé par Adam Blak, William Broom, etc. (Communication de M. Petit-Dutaillis, d’après les papiers d’André Réville). Les rôles municipaux de Norwich consultés par A. Réville ne disent nullement que Robert Sall fûtcapitainede la ville. Fait chevalier par Édouard III, Robert Sall représentait au Parlement le comté de Norfolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 29).[189]La principale prison de Londres porte encore aujourd’hui ce nom.[190]Il ne reste aujourd’hui du prieuré de Saint-Barthélemi que l’église, bien modifiée auXVIesiècle.[191]Sur la place de Smithfield se donnaient autrefois les tournois et se tenait la foire de Saint-Barthélemi; on y faisait aussi les exécutions capitales.[192]Ce Thomas Baker n’est autre sans doute que Roger Bacon, lieutenant de G. Listere, qui «déchire la charte des privilèges de Yarmouth, vide la prison, massacre trois prisonniers, pille les collecteurs des coutumes royales» (A. Réville,Positions des thèses... de 1890, p. 145). Ce Bacon était chevalier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 26).[193]Ce jeune écuyer du roi ne peut sans doute pas être le même que le Jean Standisch, qui était chargé, en 1346, de conduire à la Tour de Londres un prisonnier écossais (Rymer, t. V, p. 534), d’autant que son vrai prénom estRaoulet nonJean(voy. la note suivante).[194]Les noms ne sont pas les mêmes dans le procès-verbal, où il est dit que le roi «dictum majorem et dominum Nicholaum Brembre et dominum Johannem Phelipot, pridem majores dictæ civitatis, dominum Robertum Launde ordine militari suis propriis manibus decoravit» (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133). On lit dans Knyghton (col. 2637): «Tunc rex dicto Johanni de Walworth et Radulpho de Standiche vicem rependens, ipsos cum aliis.IIII.burgensibus de civitate militari cingulo sublimavit, scilicet dominos Johannem Philipote, Nicholaum de Brembre, et Johannem Lande, Nicholaum Twyford.»[195]Nous voyons Nicolas Brembre prêter de l’argent au roi «in magnis et urgentibus necessitatibus,» probablement en 1381 (Rymer, t. VII, p. 459); il est membre du conseil du roi en 1388 (Ibid., p. 566).[196]Dans la compagnie du roi se trouvait encore un jeune chevalier de Hainaut, compagnon de Robert de Namur, Henri de Sansselles, que Johnes cite dans une addition à notre texte (t. I, p. 663, en note). Froissart l’a nommé plus haut p.103.[197]Le roi, qui avait, le jour même du 15 juin, ajourné le Parlement (Rymer, t. VII, p. 311), donne la garde de la cité de Londres à Guill. Walworth, le maire, Robert Knolles, Jean Philipot, Nicolas Brembre et Robert Launde (Rec. Off., Patent Rolls311, m. 5), auxquels il adjoint, le 20 juin, Robert Bealknapp et Guillaume Cheyne (Ibid., m. 4 vº). A cette date, de nombreuses arrestations sont faites à Londres et ordre est donné à Robert d’Asheton, capitaine de Douvres et garde des Cinq-Ports, à Jean de Clynton, à Thomas Trivet et à Ét. de Valence de s’armer contre les rebelles (Ibid.).[198]Arrêté, non pas à Londres, le 15 juin, mais plus tard à Coventry, Jean Ball fut jugé à Saint-Albans, vers le 15 juillet, par Robert Tresilian et condamné à être écartelé, puis pendu; son corps, coupé en quatre morceaux, fut exposé en différents quartiers de la ville (Walsingham, t. II, p. 34; Knyghton, col. 2644). Il avait avoué qu’il avait été poussé à la rébellion par des personnes «of the highest rank and power» (Johnes, t. I, p. 664, en note).[199]Jack Straw fut pris à Londres: amené devant le maire, il fit sa confession, où il indiqua que son projet était de supprimer le roi, les nobles et les ordres religieux, sauf les frères mendiants, et de s’emparer du pouvoir en nommant un roi à la tête de chaque comté (Walsingham, t. I, p. 9-10;Chr. a monacho Sancti Albani, p. 308-310). Il fut décapité.[200]Wat Tyler avait été tué à Smithfield, par Guillaume Walworth, le 15 juin.[201]C’est le 18 juin 1381 que la nouvelle trêve fut signée entre le duc de Lancastre et Jean, comte de Carrick, fils aîné du roi; elle devait prendre fin le jour de la Purification (2 février 1383), et fut proclamée le 10 février 1382 (Rymer, t. VII, p. 312 et 344).[202]En 1373, Matthieu Redman intervenait au traité d’alliance entre l’Angleterre et le Portugal, et, en 1375, négociait une trêve en Bretagne (Rymer, t. VII, p. 19 et 78).[203]D’après Knyghton (col. 2641), qui est très sensiblement partial en sa faveur, le duc de Lancastre reçut du duc de Northumberland un envoyé par lequel il lui fit dire qu’il ne pouvait le recevoir dans le château deBamborough, avant de savoir si le roi était bien disposé pour lui. Le duc de Northumberland avait du reste été chargé de la garde des frontières d’Écosse, au sujet desquelles Thomas Seyvill lui était envoyé en juillet 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Une addition de Johnes (t. I, p. 664, en note) montre que cette interdiction était spéciale au duc de Lancastre, compromis par les révélations de Jean Ball et de ses complices.[204]Les châteaux du duc à Leicester et à Tutbury avaient été saccagés; sa femme, la duchesse Constance, fuyant l’émeute, s’était vu refuser l’entrée de son château de Pontefract et avait été contrainte de se réfugier à Knaresborough. Knyghton prétend (col. 2642) qu’ému par tous ces désastres, où il voyait un châtiment de Dieu, le duc aurait à ce moment fait vœu de renoncer à sa vie de désordre et d’éloigner sa maîtresse Catherine de Swinford. Il l’épousait néanmoins en 1396, deux ans après la mort de la duchesse Constance.[205]Froissart parle à peine de la révolte de Saint-Albans, où la lutte fut vive entre les rebelles commandés par William Grindecob et l’abbé Thomas de la Mare (Walsingham, t. I, p. 467-479). Roger Bacon, qui fut un des chefs de l’insurrection en Norfolk, fut jugé et emprisonné à la Tour de Londres; finalement, il fut amnistié à l’occasion du mariage du roi (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 39).[206]Fait prisonnier par l’évêque de Norwich, Henri Spencer, qui s’était mis à la tête des chevaliers de son comté, Lister fut pendu (Walsingham, t. II, p. 8) avec douze complices (Johnes, t. I, p. 664, en note).[207]Dans cette armée figurait Thomas Trivet «et certains hommes d’armes et archiers chivalchant en sa compaignie» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 2;Warr. for issues, bundle 5).[208]Village du comté de Kent.[209]Village du comté de Cambridge.[210]Aussitôt l’émeute apaisée à Londres, le roi était parti pour le Kent, sous prétexte d’un pèlerinage à Cantorbéry, accompagné des comtes de Salisbury, de Suffolk et de Devonshire. Il passe par Rochester où, après enquête faite par J. Newton, de nombreux rebelles sont exécutés; de même à Ospringe et à Cantorbéry (Johnes, t. II, p. 667-668). Le roi se rend alors en Essex, d’où, en date du 23 juin et jours suivants, il envoie à tous les comtés d’Angleterre une proclamation déclarant que les rebelles n’ont point agi par son ordre, comme ils veulent le faire croire, et doivent être poursuivis partout où on les trouvera (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 39 vº); des commissaires sont nommés pour chaque comté; le duc de Lancastre est un de ceux du comté d’York; le comte de Buckingham un de ceux du comté d’Essex. De Waltham-Abbey, le roi va à Havering-at-Bower, où de nombreux ordres d’arrestations sont donnés (Ibid., m. 33 vº) à partir du 28 juin; le 2 juillet, de Chelmsford, il révoque ses lettres d’affranchissement (Rymer, t. VII, p. 317) et continue ses enquêtes (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 33 vº). Revenu à Londres pour quelques jours, le 8 juillet, il s’occupe d’organiser la résistance contre les rebelles dans les différents comtés (Issue Rolls 303, m. 9). Le 15, il est à Saint-Albans, où il ordonne plusieurs enquêtes (Patent Rolls 312, m. 29 vº), et assiste au supplice de Jean Ball; le 16, il convoque, pour le lundi 16 septembre, le Parlement (Close Rolls 228, m. 40 vº;Issue Rolls 303, m. 10), que, plus tard, il proroge aux premiers jours de novembre (Close Rolls 228, m. 39 vº;Issue Rolls 303, m. 14); le 20, étant toujours à Saint-Albans, il reçoit, avant de se rendre à son château de Berkhampstead, le serment de fidélité des gens du Hertford (Walsingham, t. II, p. 39). Il s’occupe enfin, d’accord avec les évêques de Norwich et d’Ely et le comte de Suffolk, des enquêtes et des poursuites à faire dans le Norfolk et le Suffolk (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 11;Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2).[211]Dès le commencement de l’insurrection, le roi avait envoyé au duc de Lancastre Jean Orewell, porteur d’une «quadam billa facta per communes qui insurrexerunt contra pacem» (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Se sentant soupçonné de pactiser avec les rebelles (Johnes, t. I, p. 664, en note), ou tout au moins avec les barons écossais, qui lui avaient offert des troupes pour marcher contre les révoltés (Walsingham, t. II, p. 42), le duc écrit au roi pour lui expliquer sa «migrationem in Scotiam.» Richard, sur les conseils du comte de Warwick (Johnes, t. I, p. 668), invite à revenir son oncle, qu’il déclare lui être toujours resté fidèle, contrairement aux bruits qui ont couru (3 juillet 1381.—Rymer, t. VII, p. 318), lui donne un sauf-conduit (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 35) et, à la date du 5 juillet, ordonne au duc de Northumberland de lui faire escorte (Rymer, t. VII, p. 319).[212]D’après la rédaction de Johnes (t. II, p. 668), c’est à Newcastle que le duc de Lancastre rencontra le comte de Northumberland, avec lequel il se réconcilia. D’York, en passant par Rothingham et Leicester, le duc arriva à Reading, où il trouva le roi (Knyghton, col. 2641).[213]Froissart revient ici avec des détails complémentaires sur la mort de Guichard d’Angle, dont il a déjà parlé (t. IX, p. 236; voy. la note 2 de la p.XCVIII).[214]Capitale du comté de Berks.[215]Jean de Pembroke, que nous retrouvons en 1386, dans Froissart (Kervyn, t. XXII, p. 341-342), chargé de la défense d’Orwellet de Sandwich, mourut très jeune encore en 1386, à Woodstock, mortellement blessé dans un tournoi.[216]Il s’agit ici non pas de RobertBrembre, mais de RobertLaunde, qui figure plus haut (p.XXXIV, note 197), et que Knyghton nomme à tortJeanLaunde.[217]Nicolas Twiford, orfèvre de Londres, est chargé, en 1370, d’un essai d’or (Rymer, t. VI, p. 611); en 1389, il était maire de Londres et un des collecteurs du roi en cette ville (Ibid., VII, p. 634 et 646).[218]Adam Fraunceys, marchand de Londres, fut chargé de l’essai de l’or de la rançon du roi Jean, en janvier 1361 (Rymer, t. VI, p. 307); le 22 juin 1372, il est un de ceux qui prêtent de l’argent à la reine Marguerite d’Écosse (Ibid., p. 727). En 1405, mentionné comme chevalier, il est collecteur pour le Middlesex (Ibid., t. VIII, p. 413); il devint plus tard maire de Londres (Ibid., t. XI, p. 29).[219]D’après Walsingham (t. II, p. 44-45), le duc et le comte comparurent devant le roi à Berkhampstead. Le comte fut d’abord arrêté, puis relâché sous caution des comtes de Warwick et de Suffolk, à condition de se présenter devant le Parlement au commencement de novembre. Le duc de Lancastre, craignant un mauvais accueil à Londres, différa toujours sa comparution, et, l’affaire n’aboutissant pas, le roi força les deux adversaires à se réconcilier.[220]Le 18 août 1381, le roi avait donné pouvoir au duc de Lancastre pour faire les enquêtes sur l’insurrection (Rymer, t. VII, p. 323;Rec. Off., Pat. Rolls 312, m. 26 vº). La répression continua. Le 20, on arrêta un drapier de Londres, Stephen Hull, accusé d’avoir participé à l’incendie de l’hôtel de Savoie (Rec. Off., Close Rolls 228, m. 40); le 30, le roi demande le rôle des sentences prononcées dans les divers comtés contre les insurgés (Ibid.); le 14 septembre, on instruit le procès des gens d’Essex accusés d’avoir pillé et brûlé les domaines de la reine mère (Id., Pat. Rolls 312, m. 23 vº). Enfin, le Parlement s’ouvre à la Toussaint (Rotuli Parliamentorum, t. III, p. 98). Les lettres d’affranchissement sont révoquées et une amnistie, à laquelle de nombreuses exceptions sont faites, est accordée aux communes rebelles, en échange d’une taxe sur les «leynes, peaulx, lanutz et quirs,» votée difficilement pour cinq ans par le Parlement (Id., p. 103) dans les commencements de 1382. A cette date, on peut considérer l’insurrection comme finie.[221]Le comte de Cambridge n’arriva à Plymouth qu’après le 12 mai 1381, date où fut faite la montre des troupes partant pour le Portugal (Rymer, t. VII, p. 305). D. Nuñez (t. I, p. 319) dit qu’il arriva à Lisbonne le 19 juillet 1381; nous avons cependant un état de solde daté du 2 août, où il est parlé du départ prochain des Anglais (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 12). Les bateaux qui emportaient les 3,000 hommes de l’expédition étaient au nombre de quarante et provenaient: sept de Bristol, quatre de Plymouth, un de Lynn, onze de Dartmouth, deux de Bayonne, treize de Lisbonne et deux d’Oporto, comptant en plus près de 1,200 marins (Rec. Off., Accounts, Queen’s Rem.39/17).[222]Béatrice de Portugal (voy. la note suivante).[223]Édouardet nonJean, comme le nomme Froissart, n’eut jamais pour femme que Philippine de Mohun. Ses fiançailles, décidées depuis longtemps avec Béatrice de Portugal (voy. plus haut, p.XXII, note127), furent rompues en 1383 (voy. p.LVIII, note320) par le mariage de cette princesse avec le roi Jean de Castille.[224]Le comte de Cambridge fut logé à San Domingo. Les Anglais n’ayant pas amené de chevaux avec eux, le roi Ferdinand s’occupa de leur en procurer et fit don au comte de Cambridge de douze chevaux, et à la comtesse de douze mules richement garnies (D. Nuñez, t. II, p. 319-320).[225]L’église actuelle de Sainte-Catherine, bâtie sur la colline de même nom, domine le côté ouest du port.[226]Nous nous sommes arrêté dans ce paragraphe à la fin de la l. 12 de la p.152.[227]Ce n’est que plus tard, le 24 janvier 1382, d’après Meyer (fol. 180 rº), que Philippe d’Artevelde fut nommérewaertde Gand, après le meurtre de Gilles le Foulon. C’est à cette date que nous trouvons la mention de sommes touchées par Philippe d’Artevelde (Rekeningen, p. 278 et 310).[228]Ce doyen des tisserands, accusé de trahison, se nommait Liévin Walrave (Meyer, fol. 179 rº).[229]Marguerite, comtesse de Flandre, fille du roi Philippe le Long, avait toujours exercé sur son fils une influence utile à la France. Elle ne mourut que l’année suivante, en 1382. Son corps fut transféré à Saint-Denis le 9 mai 1382 (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 158); les obsèques, auxquelles le roi Charles VI assista, eurent lieu le 18 mai (Chronographia, t. III, p. 36). Les diverses chroniques ne parlent que plus tard de la présence d’Artésiens dans l’armée du comte.[230]Ce nouveau siège de Gand commença dans les premiers jours de juillet 1381 et le sac de Grammont, qui le précède, doit sans doute être daté du 30 juin, dimanche suivant la Saint-Jean (Ist. et chr., t. II, p. 245). D’après certaines chroniques le siège ne dura guère que trois semaines; d’après d’autres, le comte le leva vers le 1eroctobre.[231]La date de la mort de Gauthier d’Enghien, qui varie suivant les chroniques, est fixée vraisemblablement par Meyer au jeudi 18 juillet 1381.[232]Gauthier d’Enghien fut enterré, non pas à Enghien, mais dans une chartreuse près de Bruges, en octobre 1381. Il fut payé pour ses obsèques à «sire François, l’aumônier et capellain Monseigneur,» la somme de 60 livres (Arch. du Nord, pièce citée par Le Glay,Chr. rimée, p. 102).[233]Voy. une généalogie de la maison de Lalaing dans lesPièces originalesde laBibl. nat., vol. 1622.[234]La levée du siège de Gand fut pour les habitants de cette ville le commencement d’une période de troubles et d’anarchie. Pour bien accentuer leur séparation complète du reste de la Flandre, les Gantois se déclarèrent urbanistes et nommèrent un évêque de cette opinion (voy. plus loin, p.LXXII;Ist. et chr., t. II, p. 175); et, sous la conduite de Gilles le Foulon, ils se livrèrent au pillage de la campagne environnante; mais, harcelés sans cesse par les garnisons voisines, ravitaillés imparfaitement par leurs amis de Hollande et du Liégeois, pressés par le duc Aubert de faire la paix, ils s’y seraient résolus dès septembre 1381, si les exigences du comte, qui ne cherchait qu’à différer, n’avaient pas été si grandes (Meyer, fol. 179 vº). Après de nouvelles hostilités et malgré les résistances du parti révolutionnaire, les conférences de Haerlebeke eurent lieu du 30 septembre au 2 octobre et du 5 au 7 octobre 1381 (Rekeningen, p. 272-273). Elles avaient été précédées d’autres conférences tenues à Oedelem, près de Bruges, le 8 juin, et du 13 au 20 août (Ibid., p. 186 et 271).[235]Les représentants du comte aux conférences de Haerlebeke furent messire de la Gruthuse, Josse de Halewin, messire Jean de Halewin, maître Pierre de la Zeppe, le receveur et Gilles le Souton, «envoyés par deux fois ou mois d’octobre l’anIIIIxxet Ià Haerlebeke pour tenir journée contre chiaus de Gand.» Les frais de cette ambassade montèrent à 142 livres, 13 sous, d’après un compte des archives de Lille, cité par Le Glay (Chr. rimée, p. 102).[236]Gilbert de Grutere n’assista qu’aux dernières conférences, du 5 au 7 octobre (Rekeningen, p. 272).[237]D’après leMemorie Boekde Gand, cité par Kervyn (t. IX, p. 566), un mouvement populaire se produisit le 26 janvier 1382. Simon Bette, premier échevin de la Keure, ne périt que le jeudi 30.[238]Maître de la ville, Philippe d’Artevelde édicte de nouvelles lois et fait nommer quatre tribuns: Pierre du Bois, Jacques le Riche, doyen des tisserands, Jean de Heyst et Rasse Vande Voorde (Meyer, fol. 180 vº). Voy. Kervyn, t. IX, p. 566-567.[239]Ce paragraphe ne commence dans ce chapitre qu’à la ligne 13 de la page 152.[240]La suppression des aides accordée à Paris le 15 novembre 1380 (voy. plus haut, p. v, note23) avait été accueillie avec joie. La fin du règne de Charles V fut en effet marquée par une augmentation sensible des impôts, dont on souffrit vivement: «Dyablement y ait part,» disait en parlant du feu roi un homme du peuple, «quant il a vescu si longuement, car il nous feust mieulx, s’il feust mort passé a.X. ans!» (Arch. nat., JJ 136, fol. 13 vº). «Maudite soit l’heure que il fu onques nez ne sacrez!» disait un autre (Ibid., JJ 144, fol. 169 vº). Aussi, quand le 4 mars 1381 «ont esté mandé à Paris les gens des trois estas de la Languedouyl et a esté assemblée à Paris pour avoir ayde pour le fait de la guerre» (Ibid., X1a1471, fol. 443), les États refusèrent l’aide. De même à Compiègne et à Senlis. Le roi dut se contenter d’une taille accordée à Paris et dans le diocèse de Sens et de subsides du clergé obtenus par le pape en septembre 1381. Après un accord fait avec le prévôt des marchands et les bourgeois de Paris en janvier, il est décidé qu’au 1ermars prochain un impôt sera perçu sur le vin et sur le sel et 8 deniers (12, d’après d’autres chroniques) par livre de toute marchandise (Chronographia, t. III, p. 3-8). L’ordonnance est publiée au mois de janvier à huis-clos au Châtelet; on afferme les impôts, et le dernier jour de février on a recours à une ruse pour l’annoncer au peuple (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 134).[241]Les détails donnés par Froissart sur la révolte des Maillotins sont assez confus et incomplets; ils doivent être rectifiés et complétés par d’autres chroniques, principalement par laChronographia regum francorum, p. p. M. H. Moranvillé. Lorsque, le 1ermars 1382, la révolte éclata au sujet du recouvrement de l’impôt, la cour, forcée de fuir à la hâte, se réfugia non pas à Meaux, mais à Vincennes (Œuvres d’Eustache Deschamps, t. III, p. 139), où était le roi, qui n’alla à Meaux qu’en avril, après la répression de l’émeute de Rouen (Petit,Séjours de Charles VI, p. 13).[242]Le peuple s’empare à l’hôtel de ville de douze mille maillets de plomb, que Hugues Aubriot avait autrefois fait faire en prévision d’une guerre (Chronographia, t. III, p. 23); les insurgés, au nombre de 4,000, se rassemblent sur la place de Grève.[243]L’émeute avait des partisans, même parmi les sergents du guet: l’un d’eux, Jean Évrart, «fut un des principaulx rompeurs et briseurs de noz prisons du Chastellet» (Arch. nat., JJ 138, p. 123).[244]Les Maillotins tuent plusieurs gens de justice (Chronographia, t. III, p. 23-24), portent le pillage «à Montmartre, à Sainte Katherine, à Saint Éloy et en l’ostel» du duc d’Anjou (Arch. nat., JJ 136, fol. 1 vº). Le peuple profite du désordre pour tuer et piller de nouveau. Les Juifs ne sont pas épargnés à Paris (Ibid., JJ 122, fol. 55, et JJ 136, fol. 114), non plus qu’à Mantes (Ibid., JJ 122, fol. 96 vº) «et en aucunes autres villes» (Ibid., JJ 136, fol. 113): on les tue, on les robe «de toutes leurs chevances tant d’or, d’argent, de joyaux et autres meubles, comme de leurs lettres et obligations en quoy leurs debteurs estoient tenuz à eux» (Ibid.).[245]Bourguignon d’origine, Hugues Aubriot intervient en 1360 (Froissart, t. V, p.LXVII, note 2) avec six autres bourgeois au traité par lequel le roi d’Angleterre s’engage à respecter la Bourgogne, moyennant une somme garantie par les dits bourgeois. Bailli de Dijon en 1362 (Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85, note 2), il l’est encore en 1366 (Petit,Itinéraires, p. 469). Charles V le fait alors venir auprès de lui. Prévôt de Paris en 1367, il embellit et assainit la ville, mais indispose contre lui les clercs de l’Université par ses règlements de police. Il est créé chevalier par le roi et devient maître des comptes en 1378 (Arch. nat., P 2295, fol. 529). Aux obsèques de Charles V, il entre en lutte ouverte avec l’Université (Chr. des Quatre Valois, p. 288); accusé d’hérésie, de liaison avec des Juives et d’autres crimes encore (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 102-104), il est arrêté, obligé de désavouer ses erreurs (Chronographia, t. III, p. 5) le 17 mai 1381 et condamné à la prison perpétuelle. Délivré le 1ermars 1382 par les Maillotins, qui veulent en faire leur chef, il s’enfuit d’abord en Bourgogne, puis à Sommières en Languedoc, où le pape lui assigne résidence (voy. la notice de Le Roux de Lincy,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XXIII, p. 173-213, etIst. et chr. de Flandre, t. II, p. 255-256). D’après lesGrandes Chroniques(t. VI, p. 475), il «demoura toujours prevost de Paris» jusqu’à sa condamnation. Une quittance (Bibl. nat., Clair.vol. 7, nº 139) en date du 9 novembre 1375 nous apprend quels étaient les gages d’Aubriot, qui, pour le terme de la Toussaint, reçoit 150 livres, 2 sols et 7 deniers.[246]L’intervention d’Enguerran de Couci eut lieu deux fois: d’abord le 1ermars 1382, et plus tard au mois d’avril, après la répression de l’émeute de Rouen. Froissart supprime tous les faits qui se sont passés entre ces deux dates. Le 1ermars 1382, à la première nouvelle de la révolte, le roi envoie le duc de Bourgogne et le sire de Couci pour apaiser le peuple. Sur le refus du roi de supprimer les impôts, les troubles continuent: on ouvre les prisons du Châtelet, dont on incendie les papiers, de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain. L’émeute dure jusqu’au 4 mars. Après des pourparlers assez longs, le roi finit par obtenir des bourgeois, terrorisés par le peuple et les troupes menaçantes du duc d’Anjou, la punition des coupables. Dans la nuit du 10 au 11, on arrête un grand nombre de Maillotins qui, du 12 au 15, sont décollés ou pendus, à l’indignation croissante des Parisiens. La paix semble rétablie, sans que le roi ait obtenu de subsides: il part pour Rouen (Chronographia, t. III, p. 24-30).[247]Après son départ de Rouen, le roi s’arrête à Compiègne, où il convoque vers le milieu d’avril (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 148) les trois États de la province de Reims, qui ne lui accordent pas entièrement ce qu’il désire (Chronographia, t. III, p. 32). Il demande alors aux Parisiens sur quelle aide il peut compter de leur part. Le sire de Couci part de Meaux, où est le roi (20 avril), pour chercher une réponse. Paris offre 12,000 francs pour les besoins personnels du roi. Le 18 mai, une conférence a lieu à Saint-Denis entre les représentants du roi, à la tête desquels se trouve le président au Parlement Arnaud de Corbie, et ceux de la ville, dirigés par l’avocat Jean Desmarès. Moyennant une amnistie générale remontant au 1ermars et la renonciation à toute aide, la ville accorde au roi une taille de 80,000 francs (leReligieux de Saint-Denisdit 100,000), dont 12,000 pour le roi et 8,000 pour les réparations de la ville; les 60,000 autres, destinés à la solde des gens de guerre, doivent rester entre les mains d’un receveur spécial (Chronographia, t. III, p. 36-37). «Et par ce furent pour lors paix et accort entre le roi et eulx» (Chr. des Quatre Valois, p. 302). Le roi, mécontent de cette solution, ne fit son entrée à Paris que le 1erjuin et se hâta d’aller ensuite à Maubuisson (p. 303).[248]L’émeute de Rouen précéda celle de Paris et commença le lundi 24 février, jour de la Saint-Mathias, «pour ce que le roy et son conseil revoudrent avoir toutes les aides comme devant» (Chronique de Pierre Cochon, p. 163), et dura trois jours, pendant lesquels il y eut «infractions de prisons, maisons rompues, murtres, larrecins, monopoles, conspiracions, assemblées, sons de cloches, portes fermées, pors d’armes, crimes de lese majesté, infractions de sauvegarde, sacrileges et infractions d’eglises et lieux saints, et autres maulx et inconveniens» (Arch. nat., JJ 122, fol. 56 vº). Les Rouennais, ayant à leur tête un drapier du nom de Jean le Cras (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 130), obtiennent par la force du chapitre de Notre-Dame et des religieux de Saint-Ouen le renoncement à leurs droits (Ibid., p. 164-165;Chr. des Quatre Valois, p. 298), puis envoient demander au roi des lettres de rémission. Le roi part de Vincennes le 17 mars et séjourne à Pont-de-l’Arche du 23 au 27 (Petit,Séjours de Ch. VI, p. 13). Avant de faire une entrée triomphale à Rouen, il fait mettre à mort les plus compromis des émeutiers et déposer toutes les armes au château, puis, proclamant son pardon, il entre dans la ville le samedi 29, veille des Rameaux, et y reste jusqu’au 6 avril, jour de Pâques. Le maire de la ville est suspendu et sa mairie mise entre les mains du bailli de Rouen (Chr. de Pierre Cochon, p. 166). «Le roy estant à Rouen, fut par les barons et prelas et bourgois de Normendie acordée l’imposicion eu cas que les autres provinces du royaume de France l’acorderoient» (Chr. des Quatre Valois, p. 301).[249]Les hésitations du duc d’Anjou furent grandes avant de se décider à aller en Italie. Malgré la prise d’Arezzo par Charles de la Paix, que le pape Urbain avait reconnu roi de Sicile, malgré les appels de la reine Jeanne (4 juin 1381), qui lui promettait de le faire couronner roi dès son arrivée en Italie (Bibl. nat., coll. Dupuy 845, 2epartie, fol. 26), malgré l’entrée à Rome (8 juin) de Charles, qui se fait couronner par Urbain et s’empare de Naples (16 juillet), le duc attend toujours, «illam guerram arripere trepidans» (Chronographia, t. III, p. 15 et 20). Dans un conseil du roi tenu à Créci les 26-28 juillet (Journal de Jean le Fèvre, p. p. H. Moranvillé, t. I, p. 8), il avait été alloué au duc 60,000 francs sur les aides; le roi lui donnait de plus 50,000 francs en pièces d’argenterie, «subsides auxquels il convient de joindre 32,000 francs que Louis s’était appropriés à la mort de son frère» (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 14-15). Décidé pour le moment à envoyer des secours pécuniaires à la reine Jeanne (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 9-10), il apprend le 25 septembre qu’assiégée dans Castel Nuovo, elle s’est rendue à Charles de la Paix après la défaite de son mari, Othon de Brunswick; tout le pays, devenu urbaniste, s’est soumis au nouveau roi (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 11-12). Le duc semble renoncer à ses projets définitivement; mais, à la fin d’octobre, il cherche à se renseigner auprès du pape sur les dispositions des Provençaux à son égard; enfin, le 8 janvier 1383, il s’engage à risquer l’entreprise malgré tout et envoie à Avignon son chancelier Jean le Fèvre (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 11-14).[250]Avant de partir pour l’Italie, le duc d’Anjou avait essayé, mais en vain, de contracter une alliance avec les Bolonais, les Florentins et les Génois. Ses ambassadeurs avaient été plus heureux avec les Visconti de Milan. Un projet de mariage avait été ébauché entre Louis, fils aîné du duc d’Anjou, et une des filles de Bernabo. Ce dernier s’engageait à payer pendant six mois la solde de 2,000 lances, commandées par un de ses fils. Même réussite auprès d’Amédée, comte de Savoie, auquel le duc abandonnait sur son futur royaume le Piémont et quelques villes. Le comte, en échange, suivait le duc en Italie avec 1,200 lances (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 29-35).[251]La majeure partie des troupes recrutées par le duc d’Anjou se composait des «gens d’armes de Bertram du Guesclin, qui encore se tenoyent ensemble» (Ist. et ch. de Flandre, t. II, p. 173).[252]Les fiançailles d’Édouard, et non deJean, fils du comte de Cambridge, avec la princesse Béatrice, furent solennellement célébrées. Couchés dans le même lit,suivant la coutume anglaise, ils furent bénis par l’évêque de Lisbonne et reçurent le serment de fidélité des nobles de Portugal (D. Nuñez,Cronicas, t. II, p. 321).[253]Les troupes anglaises se livrèrent à Lisbonne à des excès et à des désordres sans nombre; se conduisant en hommes qui viendraient, non pas défendre le pays, mais le ruiner, ils pillaient les villes et violaient les femmes (F. Lopes, dans laCollecâo de libros ineditosde José Correa de Serra, t. IV, p. 413). Le roi de Portugal chercha alors à les éloigner; il aurait voulu les voir s’établir sur les rives de la Guadiana, à la frontière même; mais ils restèrent à Villa Viçosa, où ils continuèrent à exaspérer les populations, qui ne pouvaient se venger d’eux qu’en cachette (D. Nuñez, t. II, p. 323-324).[254]Portugal, prov. d’Alentejo.[255]Portugal, prov. d’Alentejo, près de la frontière d’Espagne.[256]Après la prise d’Almeida, le roi de Castille était venu à Coca. Le 9 décembre 1381, il est à Madrigal; le 31 à Avila (Ayala, t. II, p. 155).[257]Les chevaliers qui accompagnent le Chanoine de Robersart ont déjà été énumérés plus haut, p.XXIV-XXV. Froissart ajoute seulement ici les noms de Raymonnet de Marsan et de Jean Soustrée, que Johnes appelle Sounder. Ce chevalier, que les historiens désignent simplement comme un bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448; D. Nuñez, t. II, p. 319), devait être un bâtard de Thomas de Holand (cf. Kervyn, t. XI, p. 389, et t. XII, p. 96). Ce n’est donc que par extension qu’il pouvait être considéré comme frère bâtard du roi, ce dernier ayant pour mère Jeanne de Kent, qui avait précédemment épousé Thomas de Holand.—C’est par erreur que Froissart donne ici le prénom d’AdamàThomasSimond.[258]Higuera-la-Real, bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.[259]Ces deux frères ne figurent pas dans les chroniques espagnoles et portugaises.[260]Un FroissartleMeulier est cité dans un document de 1517 comme ancien propriétaire d’un pré (Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, t. III, p. 626).[261]D’après Froissart, ce fut à Matthieu de Gournai, connétable de l’armée, et à Guillaume deWindsor, maréchal de l’armée, que se rendit ce château. Il faut évidemment lireBeauchampau lieu deWindsor, Guillaume de Beauchamp étant alors maréchal de l’armée (voy. p.XXIV), et Guillaume de Windsor se trouvant à cette époque en Angleterre (cf. plus loin, p.L, note273).[262]Jerez de los Caballeros, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.[263]Don Fernando Osorès, d’après F. Lopes.[264]Ville forte d’Espagne, prov. de Badajoz.[265]Bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.[266]Durant cet hiver, nous trouvons la mention de l’envoi en Angleterre de deux messagers, Guillaume Bettenham, écuyer de Guillaume de Beauchamp, et Alph. Seyns, espagnol, «ad prosequendum versus dominum regem et consilium suum quedam negocia tangencia moram dicti Willelmi et aliorum militum de comitiva sua in guerra regis ibidem» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14;Warr. for issues, bundle 5). Ils reviennent en Portugal avec des lettres pour le comte de Cambridge. Vers le milieu de l’année 1382, une autre ambassade, où figure le chancelier de Portugal, se rend auprès du duc de Lancastre (Ibid., Issue Rolls 305, m. 14).[267]Froissart nomme plus loin (p.198-199) quelques-uns des chevaliers qui accompagnèrent Olivier du Guesclin en Castille.—En automne 1381, le roi de Castille avait reçu la visite de Charles de Navarre, autorisé par le roi de France (Arch. nat., PP 109, p. 522) à se rendre en Castille et en Navarre avec tous ses gens. En passant par Montpellier (24 à 27 octobre), Charles avait reçu de nouveau du duc de Berri la seigneurie de la terre de Montpellier (Petit Thalamus, p. 402-403).[268]Les gages de Simon Burley pour ses voyages en Flandre et en Bohême sont ordonnancés à la date du 28 février 1382 (Rec. Off., Warr. for issues, bundle 5).[269]Froissart donne à tort au roi des Romains le nom deCharles, au lieu deWenceslas.[270]A côté du duc de Teschen et de ses deux compagnons Conrad de Kreyg et Pierre de Vaterbery, qui devaient remporter l’argent octroyé à Wenceslas à l’occasion du mariage (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12), il faut citer Here Poto, chevalier banneret de Bohême, qui accompagna la reine en Angleterre (Ibid. 305, m. 14).[271]Wenceslas de Bohême et Jeanne de Brabant, sa femme.[272]L’un de ces messagers, Jean de Rotselaer, appartient à une famille bien connue de Brabant.[273]Parmi les chevaliers qui vinrent à Calais au-devant de la reine était Guillaume de Windsor, auquel l’ordre avait été donné de se préparer à cette mission dès le 20 septembre 1381 (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 15).[274]Les ambassadeurs anglais chargés de recevoir à Calais la reine Anne étaient Jean de Montaigu, Simon Burley et Jean de Holland, frère du roi (Rymer, t. VII, p. 236). Ils étaient porteurs d’une certaine somme, empruntée à Nicolas Brembre et destinée «à diverses chivalers, esquiers et autres officiers venantz en la compaignie de Anne, la soere du roy des Romayns et de Boeme, nostre compaigne future, de son paiistant queà Calais et retournantz d’illueques à leur paiis susditz» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12 et 15;Warr. for issues, bundle 5).[275]La reine emmenait avec elle en Angleterre 55 chevaux de selle et de trait, qui nécessitèrent pour leur passage l’affrètement de trois bateaux de Dunkerque (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 8).[276]Anne fut reçue à Douvres par le «connétable» du château, Robert d’Asheton, qui s’occupait déjà depuis quelque temps des préparatifs de cette réception (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14 et 15;Ibid. 305, m. 6). L’arrivée de la reine en Angleterre fut accompagnée d’un tremblement de terre, dont on ne manqua pas de tirer présage (Walsingham, t. II, p. 46).[277]Arrivée à Londres, la reine demande, le 13 décembre 1381, une amnistie générale, qui est accordée aux rebelles des communes (Rymer, t. VII, p. 337). Convocation est envoyée «diversis episcopis, prelatis et certis magnatibus de essendo apud Westm. in diebus maritagii et coronacionis domine regine» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 16).[278]Walsingham (t. II, p. 47) ne précise pas la date des noces royales qui furent faites, dit-il, après l’Épiphanie de 1382. Ce fut l’archevêque de Cantorbéry qui célébra le mariage et couronna la reine.[279]Cette princesse épousa en 1386 Jean, roi de Portugal.[280]Froissart fait sans doute ici allusion à la convocation des Trois États, qui eut lieu à Compiègne vers le milieu d’avril 1381, où «aucuns des bonnes villes», à l’exception de Reims, Châlons, Laon, Soissons et Tournai (Chronographia, t. III, p. 32), «acorderent l’imposicion» (Chr. des Quatre Valois, p. 301); voy. plus haut, p.XLV, note247.[281]Depuis le 1erjuin (voy. plus haut, p.XLV, note247) jusqu’à sa rentrée définitive à Paris, avant la campagne de Flandre, le roi séjourna principalement à Melun (11 au 28 juin), à Compiègne (8 à 11 juillet), à Senlis (13 et 15), à Maubuisson, à Soissons; il était le 22 août à Meaux (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14). Le 23, il allait coucher au Louvre et, s’apprêtant à continuer en Guyenne la guerre contre les Anglais, présentait son frère Louis de Valois comme son lieutenant (Chronographia, t. III, p. 38-39; cf.Chr. des Quatre Valois, p. 305).[282]Quand éclata l’émeute des Maillotins, le duc d’Anjou était déjà, depuis près d’une semaine, à Avignon, où il était arrivé le 22 février, ce qui rend assez invraisemblable l’assertion de Froissart relative à l’octroi des subsides par les Parisiens. Le fait n’est du reste pas mentionné par d’autres chroniqueurs.[283]Gard, arr. d’Uzès, sur un bras du Rhône.[284]Le duc d’Anjou arrive à Avignon le 22 février 1382 (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 21). Avant son départ, il avait dû renoncer à son titre de régent. Le roi fut «dispensé à age royal au jour de Toussains» 1382, sous la garde des ducs de Bourgogne et de Bourbon (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 209).[285]Aussitôt son arrivée à Avignon, le duc chercha à gagner les Provençaux (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 21-23), auxquels il confirma à diverses reprises les dons faits par la reine Jeanne. Le pape l’aida dans ces négociations, et le 20 mai, en grand consistoire, donna officiellement le royaume de Naples à la reine Jeanne et au duc d’Anjou, auquel il remit la bannière papale (Petit Thalamus, p. 405).[286]Le duc partit sans plus s’occuper de la rébellion d’Aix, laissant au duc de Berri, qui était en Provence depuis la Noël et auquel il avait donné la principauté de Morée et celle de Tarente (Journal de Jean le Fèvre, t.1, p. 34 et 41), le soin d’apaiser cette révolte.[287]C’est du 15 au 19 février, à son passage à Lyon, que le duc d’Anjou avait définitivement conclu son traité avec le comte de Savoie (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 34).[288]Fourni d’argent par le roi de France et le pape (Valois,loc. cit., t. II, p. 24-29), après avoir passé quelques jours (du 31 mai au 6 juin) à Pont-sur-Sorgues, auprès de la duchesse, à laquelle il laisse pleins pouvoirs (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 43), le duc s’arrête du 7 au 13 à Carpentras et part décidément pour l’Italie le 13 juin 1382 (Ibid., p. 3 et 44). Il est le 14 à Sault et pénètre en Dauphiné, passe par Gap et Briançon et entre en Italie par le col du Mont-Genèvre (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 38).[289]M. Valois (loc. cit., p. 38) a montré que le duc d’Anjou n’est point allé en Savoie; c’est aux environs de Rivoli (le 23 juin) qu’il opère sa jonction avec les troupes du comte de Savoie. Il est le 25 à Turin.[290]Après s’être attardé en Piémont, le duc entre seulement le 18 juillet en Lombardie (Valois,loc. cit., p. 39-40).[291]Le duc ne passe pas à Milan, mais à Broni; il reçoit la visite des seigneurs de Milan, qui le ravitaillent. Le mariage de la princesse Louise et du fils du duc est décidé. Bernabo fait une avance de 40,000 florins sur la dot, somme qu’il s’engage à payer chaque année jusqu’à la fin de la guerre (Valois,loc. cit., p. 40-41).[292]Le duc ne pouvait traverser la Toscane, contrairement à ce que dit Froissart, ayant lui-même promis de prendre un autre chemin. En quittant la Lombardie, il traverse les pays de Plaisance et de Parme, et parvient le 5 août à Panzano, sur le territoire de Bologne. A partir de ce moment, les hostilités commencent aux environs de Forli; le seigneur de Ravenne seul est partisan du pape Clément. Arrivé à Ancône, le duc se décide à passer les Apennins et à marcher sur Rome. Il s’arrête à Leonessa, à vingt-cinq lieues du Vatican (Valois,loc. cit., p. 40-47).[293]Ce ne furent point les routiers de Hawkwood (ils ne s’avancèrent sur Rome que plus tard, vers le 22 octobre), mais les conseils de ses compagnons, qui décidèrent le duc d’Anjou à s’emparer du royaume de Naples, avant de songer à détrôner le pape Urbain (P. Durrieu,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XLI, p. 167-168; Valois,loc. cit., p. 36).[294]Pierre de Genève, frère du pape d’Avignon.[295]Le 17 septembre, le duc est à Aquila, dans l’Abruzze, où il est reçu avec les honneurs souverains. Il reprend sa marche en avant et le 6 octobre pénètre sur les terres de l’abbaye du Mont-Cassin; le 14, à Maddaloni, l’armée angevine est à six lieues et demie de Naples (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 49, 52-53).[296]La reine Jeanne était morte très probablement le 27 juillet 1382. Cette date, nouvellement proposée par M. Jarry (Bibl. de l’Éc. des chartes, t. LV, p. 236), semble concorder avec celle du service solennel que Charles de la Paix fit célébrer le 31 juillet pour le repos de son âme (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 51).
[160]Ce chevalier, que Walsingham nommeGuillaumede Morlee, fut envoyé avec Jean Brewes à Londres, par les insurgés de Norfolk, pour demander au roi les lettres d’affranchissement (t. II, p. 6). En 1405, il fait partie d’une expédition contre la France (Rymer, t. VIII, p. 403); en 1406, il intervient dans l’acte par lequel le roi règle sa succession (Ibid., p. 463).
[161]Ce personnage figure aussi dans Walsingham (t. II, p. 5) parmi les chevaliers «qui eos sequi compulsi sunt,» à côté de Jean Brewes et Robert de Salle. Le fait ne semble pas prouvé pour ce dernier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 31).
[162]Froissart a évidemment confondu ici Brentford sur la Tamise avec Dartford sur la Darent, où la tradition place la première explosion de colère des paysans à propos des vexations des collecteurs de lapoll-tax. Pour aller de Rochester à Blackheath, on passe en effet par Dartford et non par Brentford.
[163]Ce nom est porté aujourd’hui par une petite localité des environs de Greenwich, dont le parc est encore borné de bruyères au sud et au sud-est.
[164]Le prénom du maire de Londres étaitGuillaumeet non pas Jean, comme en témoignent les documents officiels duRecord Office(Patent Rolls311, nos4 vº et 5) et un procès-verbal desGuildhall Records(Letter BookH, fol. 133).
[165]Éléonore de Bohun, fille du comte de Hereford et Northampton, avait épousé Buckingham en 1374.
[166]A son retour de Bretagne, le comte de Buckingham avait appris le mariage de son neveu Henri de Lancastre avec sa belle-sœur, Marie de Bohun, qu’il espérait voir entrer en religion, pour être maître de toute la fortune revenant à sa femme. Il en fut fort mécontent «and never after loved the ducke of Lancaster as he had hitherto done». C’est ainsi que Johnes s’exprime dans un passage qu’il est seul à reproduire (t. I, p. 623-624). Dans ce passage, Froissart donne aux deux sœurs, filles du comte de Northampton, les noms fautifs de Blanche et d’Isabelle, au lieu d’Éléonore et de Marie.
[167]Thomas d’Erskine, que nous voyons en 1357 prisonnier des Anglais (Rymer, t. VI, p. 35), intervient au traité de la rançon du roi David, le 3 octobre 1357 (Ibid., p. 48). Il va en Angleterre en 1366 et 1367 (Ibid., p. 534 et 576) avec 12 chevaliers et a un duel retentissant avec Jean de Douglas en 1367 (Ibid., p. 582, 583); en 1369, il se rend en France et en Angleterre (Ibid., p. 614) et intervient aux trêves qui sont signées pour quatorze ans (Ibid., p. 632). Nous le retrouvons ici négociant de nouvelles trêves, de même qu’en 1384 et 1390 (Rymer, t. VII, p. 434 et 683).
[168]Cette ancienne résidence royale a donné son nom à un quartier du Londres actuel.
[169]La prison de Marshalsea, qui est démolie aujourd’hui, était située dans le quartier de Southwark, près de l’emplacement où fut bâtie auXVIesiècle l’église actuelle de Saint-George. Elle existait encore en 1826; Dickens y a placé le lieu d’action de son romanLittle Dorrit.
[170]Les insurgés entrèrent du côté d’Aldgate et de Southwark (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).
[171]L’hôtel de Savoie, construit au milieu duXIIIesiècle, sous le règne de Henri III, par Pierre de Savoie, oncle de la reine, était bientôt devenu la propriété de la maison de Lancastre. Longtemps après l’incendie de 1381 (1505-1511), on bâtit sur son emplacement la Savoy-Chapel, restaurée en 1864.
[172]Ce quartier de Londres possède encore la crypte de l’église Saint-John. D’après Walsingham (t. I, p. 457) l’incendie dura sept jours.
[173]Cette haine du peuple anglais pour les étrangers, et surtout pour les Flamands, a été tout particulièrement signalée par A. Réville (Positions... de la promotion de 1890, p. 144, 145 et 146). Les Flamands, massacrés le vendredi 14et non le jeudi, étaient au nombre de 40 (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).
[174]Impliqué en 1376, en même temps que Latymer, dans une affaire de concussion, Richard Lyons, après avoir vainement essayé de se faire bienvenir du prince de Galles en lui envoyant un baril plein d’or, avait été condamné à la prison perpétuelle, en la Tour de Londres, «pur certaines mesprisons par lui faitz dont il est convict» (Rymer, t. VII, p. 113-114), puis gracié (Knyghton, col. 2636; cf. aussi un passage d’une chronique anonyme publié par Kervyn, t. VIII, p. 469). C’est sans doute en suivant Latymer en France, lors de l’expédition de Buckingham (1380-1381), qu’il avait eu pour valet un Wat Tyler. Richard Lyons fut décapité le jour suivant, vendredi 14. Son château d’Overhall avait été détruit par les insurgés de Suffolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 10).
[175]En aval de la Tour de Londres; le nom est resté aux Saint Katherine’s Docks.
[176]Ce nom, donné alors à une grande plaine, a été conservé à une rue située à l’extrémité est de Londres.
[177]Walsingham dit que le roi avait permis aux insurgés d’entrer dans la Tour (t. I, p. 458).
[178]Robert de Hales, trésorier du roi, dont le palais de Hybery, situé à deux lieues de Londres, fut détruit complètement (Knyghton, col. 2636).
[179]Ce frère mineur se nommait Guillaume Appelton (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).
[180]Jean Leg, chargé, en 1380, de lever l’impôt de lapoll-tax, était, en 1370, sergent d’armes du roi; il avait dû, à cette époque, s’occuper de rassembler des bateaux pour l’expédition de Robert Knolles en France (Rymer, t. VI, p. 659). En 1373, on lui avait confié la garde des deux fils de Charles de Blois (Ibid., t. VII, p. 26).
[181]A ces noms, il faut ajouter un certain Richard Somenour, qui, avec les autres, fut décapité sur le Tower hill, où avaient lieu les exécutions pour crime de haute trahison (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133).
[182]La Tour royale, où était la Garde-robe de la reine, était située sur la rive gauche de la Tamise, non loin du pont actuel des Blackfriars.
[183]Le procès-verbal desGuildhall Records, qui semble ici incomplet intentionnellement (il ne parle pas des chartes octroyées par le roi à Mile-End), reste muet aussi sur les outrages faits à la reine mère, qui se serait rendue de la Tour à la Garde-robe non pas en bateau, mais en suivant le roi en char.
[184]Ces lettres, dont la teneur est donnée par Walsingham (t. I, p. 467), sont datées du 15 juin: non seulement elles affranchissent les serfs, mais encore leur pardonnent tous leurs crimes et délits.
[185]Sous le prétexte de discuter les termes des chartes d’affranchissement (Walsingham, t. I, p. 463).
[186]D’après A. Réville, c’est le 17 juin que la bande deGeoffreyListere, «recrutée dans la région de Holt et de North Walsham,» marcha sur Norwich (Positions de thèses..., p. 145). Au dire de Walsingham (t. II, p. 5), le nombre des chevaliers entraînés par les insurgés fut considérable en Norfolk.
[187]GeoffroyListere, un teinturier de Norwich, qui «apud North Walsham et nomen et potestatem regiam exercebat» (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 310), était réellement de Felmingham (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 27).
[188]C’est en refusant de suivre les insurgés que Robert Sall fut tué (Chr. a monacho Sancti Albani, p. 305). Frappé tout d’abord par Henry Rise, il fut achevé par Adam Blak, William Broom, etc. (Communication de M. Petit-Dutaillis, d’après les papiers d’André Réville). Les rôles municipaux de Norwich consultés par A. Réville ne disent nullement que Robert Sall fûtcapitainede la ville. Fait chevalier par Édouard III, Robert Sall représentait au Parlement le comté de Norfolk (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 29).
[189]La principale prison de Londres porte encore aujourd’hui ce nom.
[190]Il ne reste aujourd’hui du prieuré de Saint-Barthélemi que l’église, bien modifiée auXVIesiècle.
[191]Sur la place de Smithfield se donnaient autrefois les tournois et se tenait la foire de Saint-Barthélemi; on y faisait aussi les exécutions capitales.
[192]Ce Thomas Baker n’est autre sans doute que Roger Bacon, lieutenant de G. Listere, qui «déchire la charte des privilèges de Yarmouth, vide la prison, massacre trois prisonniers, pille les collecteurs des coutumes royales» (A. Réville,Positions des thèses... de 1890, p. 145). Ce Bacon était chevalier (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 26).
[193]Ce jeune écuyer du roi ne peut sans doute pas être le même que le Jean Standisch, qui était chargé, en 1346, de conduire à la Tour de Londres un prisonnier écossais (Rymer, t. V, p. 534), d’autant que son vrai prénom estRaoulet nonJean(voy. la note suivante).
[194]Les noms ne sont pas les mêmes dans le procès-verbal, où il est dit que le roi «dictum majorem et dominum Nicholaum Brembre et dominum Johannem Phelipot, pridem majores dictæ civitatis, dominum Robertum Launde ordine militari suis propriis manibus decoravit» (Guildhall Records, Letter BookH, fol. 133). On lit dans Knyghton (col. 2637): «Tunc rex dicto Johanni de Walworth et Radulpho de Standiche vicem rependens, ipsos cum aliis.IIII.burgensibus de civitate militari cingulo sublimavit, scilicet dominos Johannem Philipote, Nicholaum de Brembre, et Johannem Lande, Nicholaum Twyford.»
[195]Nous voyons Nicolas Brembre prêter de l’argent au roi «in magnis et urgentibus necessitatibus,» probablement en 1381 (Rymer, t. VII, p. 459); il est membre du conseil du roi en 1388 (Ibid., p. 566).
[196]Dans la compagnie du roi se trouvait encore un jeune chevalier de Hainaut, compagnon de Robert de Namur, Henri de Sansselles, que Johnes cite dans une addition à notre texte (t. I, p. 663, en note). Froissart l’a nommé plus haut p.103.
[197]Le roi, qui avait, le jour même du 15 juin, ajourné le Parlement (Rymer, t. VII, p. 311), donne la garde de la cité de Londres à Guill. Walworth, le maire, Robert Knolles, Jean Philipot, Nicolas Brembre et Robert Launde (Rec. Off., Patent Rolls311, m. 5), auxquels il adjoint, le 20 juin, Robert Bealknapp et Guillaume Cheyne (Ibid., m. 4 vº). A cette date, de nombreuses arrestations sont faites à Londres et ordre est donné à Robert d’Asheton, capitaine de Douvres et garde des Cinq-Ports, à Jean de Clynton, à Thomas Trivet et à Ét. de Valence de s’armer contre les rebelles (Ibid.).
[198]Arrêté, non pas à Londres, le 15 juin, mais plus tard à Coventry, Jean Ball fut jugé à Saint-Albans, vers le 15 juillet, par Robert Tresilian et condamné à être écartelé, puis pendu; son corps, coupé en quatre morceaux, fut exposé en différents quartiers de la ville (Walsingham, t. II, p. 34; Knyghton, col. 2644). Il avait avoué qu’il avait été poussé à la rébellion par des personnes «of the highest rank and power» (Johnes, t. I, p. 664, en note).
[199]Jack Straw fut pris à Londres: amené devant le maire, il fit sa confession, où il indiqua que son projet était de supprimer le roi, les nobles et les ordres religieux, sauf les frères mendiants, et de s’emparer du pouvoir en nommant un roi à la tête de chaque comté (Walsingham, t. I, p. 9-10;Chr. a monacho Sancti Albani, p. 308-310). Il fut décapité.
[200]Wat Tyler avait été tué à Smithfield, par Guillaume Walworth, le 15 juin.
[201]C’est le 18 juin 1381 que la nouvelle trêve fut signée entre le duc de Lancastre et Jean, comte de Carrick, fils aîné du roi; elle devait prendre fin le jour de la Purification (2 février 1383), et fut proclamée le 10 février 1382 (Rymer, t. VII, p. 312 et 344).
[202]En 1373, Matthieu Redman intervenait au traité d’alliance entre l’Angleterre et le Portugal, et, en 1375, négociait une trêve en Bretagne (Rymer, t. VII, p. 19 et 78).
[203]D’après Knyghton (col. 2641), qui est très sensiblement partial en sa faveur, le duc de Lancastre reçut du duc de Northumberland un envoyé par lequel il lui fit dire qu’il ne pouvait le recevoir dans le château deBamborough, avant de savoir si le roi était bien disposé pour lui. Le duc de Northumberland avait du reste été chargé de la garde des frontières d’Écosse, au sujet desquelles Thomas Seyvill lui était envoyé en juillet 1381 (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Une addition de Johnes (t. I, p. 664, en note) montre que cette interdiction était spéciale au duc de Lancastre, compromis par les révélations de Jean Ball et de ses complices.
[204]Les châteaux du duc à Leicester et à Tutbury avaient été saccagés; sa femme, la duchesse Constance, fuyant l’émeute, s’était vu refuser l’entrée de son château de Pontefract et avait été contrainte de se réfugier à Knaresborough. Knyghton prétend (col. 2642) qu’ému par tous ces désastres, où il voyait un châtiment de Dieu, le duc aurait à ce moment fait vœu de renoncer à sa vie de désordre et d’éloigner sa maîtresse Catherine de Swinford. Il l’épousait néanmoins en 1396, deux ans après la mort de la duchesse Constance.
[205]Froissart parle à peine de la révolte de Saint-Albans, où la lutte fut vive entre les rebelles commandés par William Grindecob et l’abbé Thomas de la Mare (Walsingham, t. I, p. 467-479). Roger Bacon, qui fut un des chefs de l’insurrection en Norfolk, fut jugé et emprisonné à la Tour de Londres; finalement, il fut amnistié à l’occasion du mariage du roi (Powell,The Rising in East Anglia in 1381, p. 39).
[206]Fait prisonnier par l’évêque de Norwich, Henri Spencer, qui s’était mis à la tête des chevaliers de son comté, Lister fut pendu (Walsingham, t. II, p. 8) avec douze complices (Johnes, t. I, p. 664, en note).
[207]Dans cette armée figurait Thomas Trivet «et certains hommes d’armes et archiers chivalchant en sa compaignie» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 2;Warr. for issues, bundle 5).
[208]Village du comté de Kent.
[209]Village du comté de Cambridge.
[210]Aussitôt l’émeute apaisée à Londres, le roi était parti pour le Kent, sous prétexte d’un pèlerinage à Cantorbéry, accompagné des comtes de Salisbury, de Suffolk et de Devonshire. Il passe par Rochester où, après enquête faite par J. Newton, de nombreux rebelles sont exécutés; de même à Ospringe et à Cantorbéry (Johnes, t. II, p. 667-668). Le roi se rend alors en Essex, d’où, en date du 23 juin et jours suivants, il envoie à tous les comtés d’Angleterre une proclamation déclarant que les rebelles n’ont point agi par son ordre, comme ils veulent le faire croire, et doivent être poursuivis partout où on les trouvera (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 39 vº); des commissaires sont nommés pour chaque comté; le duc de Lancastre est un de ceux du comté d’York; le comte de Buckingham un de ceux du comté d’Essex. De Waltham-Abbey, le roi va à Havering-at-Bower, où de nombreux ordres d’arrestations sont donnés (Ibid., m. 33 vº) à partir du 28 juin; le 2 juillet, de Chelmsford, il révoque ses lettres d’affranchissement (Rymer, t. VII, p. 317) et continue ses enquêtes (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 33 vº). Revenu à Londres pour quelques jours, le 8 juillet, il s’occupe d’organiser la résistance contre les rebelles dans les différents comtés (Issue Rolls 303, m. 9). Le 15, il est à Saint-Albans, où il ordonne plusieurs enquêtes (Patent Rolls 312, m. 29 vº), et assiste au supplice de Jean Ball; le 16, il convoque, pour le lundi 16 septembre, le Parlement (Close Rolls 228, m. 40 vº;Issue Rolls 303, m. 10), que, plus tard, il proroge aux premiers jours de novembre (Close Rolls 228, m. 39 vº;Issue Rolls 303, m. 14); le 20, étant toujours à Saint-Albans, il reçoit, avant de se rendre à son château de Berkhampstead, le serment de fidélité des gens du Hertford (Walsingham, t. II, p. 39). Il s’occupe enfin, d’accord avec les évêques de Norwich et d’Ely et le comte de Suffolk, des enquêtes et des poursuites à faire dans le Norfolk et le Suffolk (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 11;Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2).
[211]Dès le commencement de l’insurrection, le roi avait envoyé au duc de Lancastre Jean Orewell, porteur d’une «quadam billa facta per communes qui insurrexerunt contra pacem» (Rec. Off., Lord Treas. Rem., For. Rolls, nº 2). Se sentant soupçonné de pactiser avec les rebelles (Johnes, t. I, p. 664, en note), ou tout au moins avec les barons écossais, qui lui avaient offert des troupes pour marcher contre les révoltés (Walsingham, t. II, p. 42), le duc écrit au roi pour lui expliquer sa «migrationem in Scotiam.» Richard, sur les conseils du comte de Warwick (Johnes, t. I, p. 668), invite à revenir son oncle, qu’il déclare lui être toujours resté fidèle, contrairement aux bruits qui ont couru (3 juillet 1381.—Rymer, t. VII, p. 318), lui donne un sauf-conduit (Rec. Off., Patent Rolls 312, m. 35) et, à la date du 5 juillet, ordonne au duc de Northumberland de lui faire escorte (Rymer, t. VII, p. 319).
[212]D’après la rédaction de Johnes (t. II, p. 668), c’est à Newcastle que le duc de Lancastre rencontra le comte de Northumberland, avec lequel il se réconcilia. D’York, en passant par Rothingham et Leicester, le duc arriva à Reading, où il trouva le roi (Knyghton, col. 2641).
[213]Froissart revient ici avec des détails complémentaires sur la mort de Guichard d’Angle, dont il a déjà parlé (t. IX, p. 236; voy. la note 2 de la p.XCVIII).
[214]Capitale du comté de Berks.
[215]Jean de Pembroke, que nous retrouvons en 1386, dans Froissart (Kervyn, t. XXII, p. 341-342), chargé de la défense d’Orwellet de Sandwich, mourut très jeune encore en 1386, à Woodstock, mortellement blessé dans un tournoi.
[216]Il s’agit ici non pas de RobertBrembre, mais de RobertLaunde, qui figure plus haut (p.XXXIV, note 197), et que Knyghton nomme à tortJeanLaunde.
[217]Nicolas Twiford, orfèvre de Londres, est chargé, en 1370, d’un essai d’or (Rymer, t. VI, p. 611); en 1389, il était maire de Londres et un des collecteurs du roi en cette ville (Ibid., VII, p. 634 et 646).
[218]Adam Fraunceys, marchand de Londres, fut chargé de l’essai de l’or de la rançon du roi Jean, en janvier 1361 (Rymer, t. VI, p. 307); le 22 juin 1372, il est un de ceux qui prêtent de l’argent à la reine Marguerite d’Écosse (Ibid., p. 727). En 1405, mentionné comme chevalier, il est collecteur pour le Middlesex (Ibid., t. VIII, p. 413); il devint plus tard maire de Londres (Ibid., t. XI, p. 29).
[219]D’après Walsingham (t. II, p. 44-45), le duc et le comte comparurent devant le roi à Berkhampstead. Le comte fut d’abord arrêté, puis relâché sous caution des comtes de Warwick et de Suffolk, à condition de se présenter devant le Parlement au commencement de novembre. Le duc de Lancastre, craignant un mauvais accueil à Londres, différa toujours sa comparution, et, l’affaire n’aboutissant pas, le roi força les deux adversaires à se réconcilier.
[220]Le 18 août 1381, le roi avait donné pouvoir au duc de Lancastre pour faire les enquêtes sur l’insurrection (Rymer, t. VII, p. 323;Rec. Off., Pat. Rolls 312, m. 26 vº). La répression continua. Le 20, on arrêta un drapier de Londres, Stephen Hull, accusé d’avoir participé à l’incendie de l’hôtel de Savoie (Rec. Off., Close Rolls 228, m. 40); le 30, le roi demande le rôle des sentences prononcées dans les divers comtés contre les insurgés (Ibid.); le 14 septembre, on instruit le procès des gens d’Essex accusés d’avoir pillé et brûlé les domaines de la reine mère (Id., Pat. Rolls 312, m. 23 vº). Enfin, le Parlement s’ouvre à la Toussaint (Rotuli Parliamentorum, t. III, p. 98). Les lettres d’affranchissement sont révoquées et une amnistie, à laquelle de nombreuses exceptions sont faites, est accordée aux communes rebelles, en échange d’une taxe sur les «leynes, peaulx, lanutz et quirs,» votée difficilement pour cinq ans par le Parlement (Id., p. 103) dans les commencements de 1382. A cette date, on peut considérer l’insurrection comme finie.
[221]Le comte de Cambridge n’arriva à Plymouth qu’après le 12 mai 1381, date où fut faite la montre des troupes partant pour le Portugal (Rymer, t. VII, p. 305). D. Nuñez (t. I, p. 319) dit qu’il arriva à Lisbonne le 19 juillet 1381; nous avons cependant un état de solde daté du 2 août, où il est parlé du départ prochain des Anglais (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 12). Les bateaux qui emportaient les 3,000 hommes de l’expédition étaient au nombre de quarante et provenaient: sept de Bristol, quatre de Plymouth, un de Lynn, onze de Dartmouth, deux de Bayonne, treize de Lisbonne et deux d’Oporto, comptant en plus près de 1,200 marins (Rec. Off., Accounts, Queen’s Rem.39/17).
[222]Béatrice de Portugal (voy. la note suivante).
[223]Édouardet nonJean, comme le nomme Froissart, n’eut jamais pour femme que Philippine de Mohun. Ses fiançailles, décidées depuis longtemps avec Béatrice de Portugal (voy. plus haut, p.XXII, note127), furent rompues en 1383 (voy. p.LVIII, note320) par le mariage de cette princesse avec le roi Jean de Castille.
[224]Le comte de Cambridge fut logé à San Domingo. Les Anglais n’ayant pas amené de chevaux avec eux, le roi Ferdinand s’occupa de leur en procurer et fit don au comte de Cambridge de douze chevaux, et à la comtesse de douze mules richement garnies (D. Nuñez, t. II, p. 319-320).
[225]L’église actuelle de Sainte-Catherine, bâtie sur la colline de même nom, domine le côté ouest du port.
[226]Nous nous sommes arrêté dans ce paragraphe à la fin de la l. 12 de la p.152.
[227]Ce n’est que plus tard, le 24 janvier 1382, d’après Meyer (fol. 180 rº), que Philippe d’Artevelde fut nommérewaertde Gand, après le meurtre de Gilles le Foulon. C’est à cette date que nous trouvons la mention de sommes touchées par Philippe d’Artevelde (Rekeningen, p. 278 et 310).
[228]Ce doyen des tisserands, accusé de trahison, se nommait Liévin Walrave (Meyer, fol. 179 rº).
[229]Marguerite, comtesse de Flandre, fille du roi Philippe le Long, avait toujours exercé sur son fils une influence utile à la France. Elle ne mourut que l’année suivante, en 1382. Son corps fut transféré à Saint-Denis le 9 mai 1382 (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 158); les obsèques, auxquelles le roi Charles VI assista, eurent lieu le 18 mai (Chronographia, t. III, p. 36). Les diverses chroniques ne parlent que plus tard de la présence d’Artésiens dans l’armée du comte.
[230]Ce nouveau siège de Gand commença dans les premiers jours de juillet 1381 et le sac de Grammont, qui le précède, doit sans doute être daté du 30 juin, dimanche suivant la Saint-Jean (Ist. et chr., t. II, p. 245). D’après certaines chroniques le siège ne dura guère que trois semaines; d’après d’autres, le comte le leva vers le 1eroctobre.
[231]La date de la mort de Gauthier d’Enghien, qui varie suivant les chroniques, est fixée vraisemblablement par Meyer au jeudi 18 juillet 1381.
[232]Gauthier d’Enghien fut enterré, non pas à Enghien, mais dans une chartreuse près de Bruges, en octobre 1381. Il fut payé pour ses obsèques à «sire François, l’aumônier et capellain Monseigneur,» la somme de 60 livres (Arch. du Nord, pièce citée par Le Glay,Chr. rimée, p. 102).
[233]Voy. une généalogie de la maison de Lalaing dans lesPièces originalesde laBibl. nat., vol. 1622.
[234]La levée du siège de Gand fut pour les habitants de cette ville le commencement d’une période de troubles et d’anarchie. Pour bien accentuer leur séparation complète du reste de la Flandre, les Gantois se déclarèrent urbanistes et nommèrent un évêque de cette opinion (voy. plus loin, p.LXXII;Ist. et chr., t. II, p. 175); et, sous la conduite de Gilles le Foulon, ils se livrèrent au pillage de la campagne environnante; mais, harcelés sans cesse par les garnisons voisines, ravitaillés imparfaitement par leurs amis de Hollande et du Liégeois, pressés par le duc Aubert de faire la paix, ils s’y seraient résolus dès septembre 1381, si les exigences du comte, qui ne cherchait qu’à différer, n’avaient pas été si grandes (Meyer, fol. 179 vº). Après de nouvelles hostilités et malgré les résistances du parti révolutionnaire, les conférences de Haerlebeke eurent lieu du 30 septembre au 2 octobre et du 5 au 7 octobre 1381 (Rekeningen, p. 272-273). Elles avaient été précédées d’autres conférences tenues à Oedelem, près de Bruges, le 8 juin, et du 13 au 20 août (Ibid., p. 186 et 271).
[235]Les représentants du comte aux conférences de Haerlebeke furent messire de la Gruthuse, Josse de Halewin, messire Jean de Halewin, maître Pierre de la Zeppe, le receveur et Gilles le Souton, «envoyés par deux fois ou mois d’octobre l’anIIIIxxet Ià Haerlebeke pour tenir journée contre chiaus de Gand.» Les frais de cette ambassade montèrent à 142 livres, 13 sous, d’après un compte des archives de Lille, cité par Le Glay (Chr. rimée, p. 102).
[236]Gilbert de Grutere n’assista qu’aux dernières conférences, du 5 au 7 octobre (Rekeningen, p. 272).
[237]D’après leMemorie Boekde Gand, cité par Kervyn (t. IX, p. 566), un mouvement populaire se produisit le 26 janvier 1382. Simon Bette, premier échevin de la Keure, ne périt que le jeudi 30.
[238]Maître de la ville, Philippe d’Artevelde édicte de nouvelles lois et fait nommer quatre tribuns: Pierre du Bois, Jacques le Riche, doyen des tisserands, Jean de Heyst et Rasse Vande Voorde (Meyer, fol. 180 vº). Voy. Kervyn, t. IX, p. 566-567.
[239]Ce paragraphe ne commence dans ce chapitre qu’à la ligne 13 de la page 152.
[240]La suppression des aides accordée à Paris le 15 novembre 1380 (voy. plus haut, p. v, note23) avait été accueillie avec joie. La fin du règne de Charles V fut en effet marquée par une augmentation sensible des impôts, dont on souffrit vivement: «Dyablement y ait part,» disait en parlant du feu roi un homme du peuple, «quant il a vescu si longuement, car il nous feust mieulx, s’il feust mort passé a.X. ans!» (Arch. nat., JJ 136, fol. 13 vº). «Maudite soit l’heure que il fu onques nez ne sacrez!» disait un autre (Ibid., JJ 144, fol. 169 vº). Aussi, quand le 4 mars 1381 «ont esté mandé à Paris les gens des trois estas de la Languedouyl et a esté assemblée à Paris pour avoir ayde pour le fait de la guerre» (Ibid., X1a1471, fol. 443), les États refusèrent l’aide. De même à Compiègne et à Senlis. Le roi dut se contenter d’une taille accordée à Paris et dans le diocèse de Sens et de subsides du clergé obtenus par le pape en septembre 1381. Après un accord fait avec le prévôt des marchands et les bourgeois de Paris en janvier, il est décidé qu’au 1ermars prochain un impôt sera perçu sur le vin et sur le sel et 8 deniers (12, d’après d’autres chroniques) par livre de toute marchandise (Chronographia, t. III, p. 3-8). L’ordonnance est publiée au mois de janvier à huis-clos au Châtelet; on afferme les impôts, et le dernier jour de février on a recours à une ruse pour l’annoncer au peuple (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 134).
[241]Les détails donnés par Froissart sur la révolte des Maillotins sont assez confus et incomplets; ils doivent être rectifiés et complétés par d’autres chroniques, principalement par laChronographia regum francorum, p. p. M. H. Moranvillé. Lorsque, le 1ermars 1382, la révolte éclata au sujet du recouvrement de l’impôt, la cour, forcée de fuir à la hâte, se réfugia non pas à Meaux, mais à Vincennes (Œuvres d’Eustache Deschamps, t. III, p. 139), où était le roi, qui n’alla à Meaux qu’en avril, après la répression de l’émeute de Rouen (Petit,Séjours de Charles VI, p. 13).
[242]Le peuple s’empare à l’hôtel de ville de douze mille maillets de plomb, que Hugues Aubriot avait autrefois fait faire en prévision d’une guerre (Chronographia, t. III, p. 23); les insurgés, au nombre de 4,000, se rassemblent sur la place de Grève.
[243]L’émeute avait des partisans, même parmi les sergents du guet: l’un d’eux, Jean Évrart, «fut un des principaulx rompeurs et briseurs de noz prisons du Chastellet» (Arch. nat., JJ 138, p. 123).
[244]Les Maillotins tuent plusieurs gens de justice (Chronographia, t. III, p. 23-24), portent le pillage «à Montmartre, à Sainte Katherine, à Saint Éloy et en l’ostel» du duc d’Anjou (Arch. nat., JJ 136, fol. 1 vº). Le peuple profite du désordre pour tuer et piller de nouveau. Les Juifs ne sont pas épargnés à Paris (Ibid., JJ 122, fol. 55, et JJ 136, fol. 114), non plus qu’à Mantes (Ibid., JJ 122, fol. 96 vº) «et en aucunes autres villes» (Ibid., JJ 136, fol. 113): on les tue, on les robe «de toutes leurs chevances tant d’or, d’argent, de joyaux et autres meubles, comme de leurs lettres et obligations en quoy leurs debteurs estoient tenuz à eux» (Ibid.).
[245]Bourguignon d’origine, Hugues Aubriot intervient en 1360 (Froissart, t. V, p.LXVII, note 2) avec six autres bourgeois au traité par lequel le roi d’Angleterre s’engage à respecter la Bourgogne, moyennant une somme garantie par les dits bourgeois. Bailli de Dijon en 1362 (Moranvillé,Étude sur Jean le Mercier, p. 85, note 2), il l’est encore en 1366 (Petit,Itinéraires, p. 469). Charles V le fait alors venir auprès de lui. Prévôt de Paris en 1367, il embellit et assainit la ville, mais indispose contre lui les clercs de l’Université par ses règlements de police. Il est créé chevalier par le roi et devient maître des comptes en 1378 (Arch. nat., P 2295, fol. 529). Aux obsèques de Charles V, il entre en lutte ouverte avec l’Université (Chr. des Quatre Valois, p. 288); accusé d’hérésie, de liaison avec des Juives et d’autres crimes encore (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 102-104), il est arrêté, obligé de désavouer ses erreurs (Chronographia, t. III, p. 5) le 17 mai 1381 et condamné à la prison perpétuelle. Délivré le 1ermars 1382 par les Maillotins, qui veulent en faire leur chef, il s’enfuit d’abord en Bourgogne, puis à Sommières en Languedoc, où le pape lui assigne résidence (voy. la notice de Le Roux de Lincy,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XXIII, p. 173-213, etIst. et chr. de Flandre, t. II, p. 255-256). D’après lesGrandes Chroniques(t. VI, p. 475), il «demoura toujours prevost de Paris» jusqu’à sa condamnation. Une quittance (Bibl. nat., Clair.vol. 7, nº 139) en date du 9 novembre 1375 nous apprend quels étaient les gages d’Aubriot, qui, pour le terme de la Toussaint, reçoit 150 livres, 2 sols et 7 deniers.
[246]L’intervention d’Enguerran de Couci eut lieu deux fois: d’abord le 1ermars 1382, et plus tard au mois d’avril, après la répression de l’émeute de Rouen. Froissart supprime tous les faits qui se sont passés entre ces deux dates. Le 1ermars 1382, à la première nouvelle de la révolte, le roi envoie le duc de Bourgogne et le sire de Couci pour apaiser le peuple. Sur le refus du roi de supprimer les impôts, les troubles continuent: on ouvre les prisons du Châtelet, dont on incendie les papiers, de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain. L’émeute dure jusqu’au 4 mars. Après des pourparlers assez longs, le roi finit par obtenir des bourgeois, terrorisés par le peuple et les troupes menaçantes du duc d’Anjou, la punition des coupables. Dans la nuit du 10 au 11, on arrête un grand nombre de Maillotins qui, du 12 au 15, sont décollés ou pendus, à l’indignation croissante des Parisiens. La paix semble rétablie, sans que le roi ait obtenu de subsides: il part pour Rouen (Chronographia, t. III, p. 24-30).
[247]Après son départ de Rouen, le roi s’arrête à Compiègne, où il convoque vers le milieu d’avril (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 148) les trois États de la province de Reims, qui ne lui accordent pas entièrement ce qu’il désire (Chronographia, t. III, p. 32). Il demande alors aux Parisiens sur quelle aide il peut compter de leur part. Le sire de Couci part de Meaux, où est le roi (20 avril), pour chercher une réponse. Paris offre 12,000 francs pour les besoins personnels du roi. Le 18 mai, une conférence a lieu à Saint-Denis entre les représentants du roi, à la tête desquels se trouve le président au Parlement Arnaud de Corbie, et ceux de la ville, dirigés par l’avocat Jean Desmarès. Moyennant une amnistie générale remontant au 1ermars et la renonciation à toute aide, la ville accorde au roi une taille de 80,000 francs (leReligieux de Saint-Denisdit 100,000), dont 12,000 pour le roi et 8,000 pour les réparations de la ville; les 60,000 autres, destinés à la solde des gens de guerre, doivent rester entre les mains d’un receveur spécial (Chronographia, t. III, p. 36-37). «Et par ce furent pour lors paix et accort entre le roi et eulx» (Chr. des Quatre Valois, p. 302). Le roi, mécontent de cette solution, ne fit son entrée à Paris que le 1erjuin et se hâta d’aller ensuite à Maubuisson (p. 303).
[248]L’émeute de Rouen précéda celle de Paris et commença le lundi 24 février, jour de la Saint-Mathias, «pour ce que le roy et son conseil revoudrent avoir toutes les aides comme devant» (Chronique de Pierre Cochon, p. 163), et dura trois jours, pendant lesquels il y eut «infractions de prisons, maisons rompues, murtres, larrecins, monopoles, conspiracions, assemblées, sons de cloches, portes fermées, pors d’armes, crimes de lese majesté, infractions de sauvegarde, sacrileges et infractions d’eglises et lieux saints, et autres maulx et inconveniens» (Arch. nat., JJ 122, fol. 56 vº). Les Rouennais, ayant à leur tête un drapier du nom de Jean le Cras (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 130), obtiennent par la force du chapitre de Notre-Dame et des religieux de Saint-Ouen le renoncement à leurs droits (Ibid., p. 164-165;Chr. des Quatre Valois, p. 298), puis envoient demander au roi des lettres de rémission. Le roi part de Vincennes le 17 mars et séjourne à Pont-de-l’Arche du 23 au 27 (Petit,Séjours de Ch. VI, p. 13). Avant de faire une entrée triomphale à Rouen, il fait mettre à mort les plus compromis des émeutiers et déposer toutes les armes au château, puis, proclamant son pardon, il entre dans la ville le samedi 29, veille des Rameaux, et y reste jusqu’au 6 avril, jour de Pâques. Le maire de la ville est suspendu et sa mairie mise entre les mains du bailli de Rouen (Chr. de Pierre Cochon, p. 166). «Le roy estant à Rouen, fut par les barons et prelas et bourgois de Normendie acordée l’imposicion eu cas que les autres provinces du royaume de France l’acorderoient» (Chr. des Quatre Valois, p. 301).
[249]Les hésitations du duc d’Anjou furent grandes avant de se décider à aller en Italie. Malgré la prise d’Arezzo par Charles de la Paix, que le pape Urbain avait reconnu roi de Sicile, malgré les appels de la reine Jeanne (4 juin 1381), qui lui promettait de le faire couronner roi dès son arrivée en Italie (Bibl. nat., coll. Dupuy 845, 2epartie, fol. 26), malgré l’entrée à Rome (8 juin) de Charles, qui se fait couronner par Urbain et s’empare de Naples (16 juillet), le duc attend toujours, «illam guerram arripere trepidans» (Chronographia, t. III, p. 15 et 20). Dans un conseil du roi tenu à Créci les 26-28 juillet (Journal de Jean le Fèvre, p. p. H. Moranvillé, t. I, p. 8), il avait été alloué au duc 60,000 francs sur les aides; le roi lui donnait de plus 50,000 francs en pièces d’argenterie, «subsides auxquels il convient de joindre 32,000 francs que Louis s’était appropriés à la mort de son frère» (Valois,La France et le grand schisme d’Occident, t. II, p. 14-15). Décidé pour le moment à envoyer des secours pécuniaires à la reine Jeanne (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 9-10), il apprend le 25 septembre qu’assiégée dans Castel Nuovo, elle s’est rendue à Charles de la Paix après la défaite de son mari, Othon de Brunswick; tout le pays, devenu urbaniste, s’est soumis au nouveau roi (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 11-12). Le duc semble renoncer à ses projets définitivement; mais, à la fin d’octobre, il cherche à se renseigner auprès du pape sur les dispositions des Provençaux à son égard; enfin, le 8 janvier 1383, il s’engage à risquer l’entreprise malgré tout et envoie à Avignon son chancelier Jean le Fèvre (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 11-14).
[250]Avant de partir pour l’Italie, le duc d’Anjou avait essayé, mais en vain, de contracter une alliance avec les Bolonais, les Florentins et les Génois. Ses ambassadeurs avaient été plus heureux avec les Visconti de Milan. Un projet de mariage avait été ébauché entre Louis, fils aîné du duc d’Anjou, et une des filles de Bernabo. Ce dernier s’engageait à payer pendant six mois la solde de 2,000 lances, commandées par un de ses fils. Même réussite auprès d’Amédée, comte de Savoie, auquel le duc abandonnait sur son futur royaume le Piémont et quelques villes. Le comte, en échange, suivait le duc en Italie avec 1,200 lances (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 29-35).
[251]La majeure partie des troupes recrutées par le duc d’Anjou se composait des «gens d’armes de Bertram du Guesclin, qui encore se tenoyent ensemble» (Ist. et ch. de Flandre, t. II, p. 173).
[252]Les fiançailles d’Édouard, et non deJean, fils du comte de Cambridge, avec la princesse Béatrice, furent solennellement célébrées. Couchés dans le même lit,suivant la coutume anglaise, ils furent bénis par l’évêque de Lisbonne et reçurent le serment de fidélité des nobles de Portugal (D. Nuñez,Cronicas, t. II, p. 321).
[253]Les troupes anglaises se livrèrent à Lisbonne à des excès et à des désordres sans nombre; se conduisant en hommes qui viendraient, non pas défendre le pays, mais le ruiner, ils pillaient les villes et violaient les femmes (F. Lopes, dans laCollecâo de libros ineditosde José Correa de Serra, t. IV, p. 413). Le roi de Portugal chercha alors à les éloigner; il aurait voulu les voir s’établir sur les rives de la Guadiana, à la frontière même; mais ils restèrent à Villa Viçosa, où ils continuèrent à exaspérer les populations, qui ne pouvaient se venger d’eux qu’en cachette (D. Nuñez, t. II, p. 323-324).
[254]Portugal, prov. d’Alentejo.
[255]Portugal, prov. d’Alentejo, près de la frontière d’Espagne.
[256]Après la prise d’Almeida, le roi de Castille était venu à Coca. Le 9 décembre 1381, il est à Madrigal; le 31 à Avila (Ayala, t. II, p. 155).
[257]Les chevaliers qui accompagnent le Chanoine de Robersart ont déjà été énumérés plus haut, p.XXIV-XXV. Froissart ajoute seulement ici les noms de Raymonnet de Marsan et de Jean Soustrée, que Johnes appelle Sounder. Ce chevalier, que les historiens désignent simplement comme un bâtard d’Angleterre (F. Lopes, t. IV, p. 448; D. Nuñez, t. II, p. 319), devait être un bâtard de Thomas de Holand (cf. Kervyn, t. XI, p. 389, et t. XII, p. 96). Ce n’est donc que par extension qu’il pouvait être considéré comme frère bâtard du roi, ce dernier ayant pour mère Jeanne de Kent, qui avait précédemment épousé Thomas de Holand.—C’est par erreur que Froissart donne ici le prénom d’AdamàThomasSimond.
[258]Higuera-la-Real, bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.
[259]Ces deux frères ne figurent pas dans les chroniques espagnoles et portugaises.
[260]Un FroissartleMeulier est cité dans un document de 1517 comme ancien propriétaire d’un pré (Monuments pour servir à l’histoire des provinces de Namur, de Hainaut et de Luxembourg, t. III, p. 626).
[261]D’après Froissart, ce fut à Matthieu de Gournai, connétable de l’armée, et à Guillaume deWindsor, maréchal de l’armée, que se rendit ce château. Il faut évidemment lireBeauchampau lieu deWindsor, Guillaume de Beauchamp étant alors maréchal de l’armée (voy. p.XXIV), et Guillaume de Windsor se trouvant à cette époque en Angleterre (cf. plus loin, p.L, note273).
[262]Jerez de los Caballeros, ville d’Espagne, prov. de Badajoz.
[263]Don Fernando Osorès, d’après F. Lopes.
[264]Ville forte d’Espagne, prov. de Badajoz.
[265]Bourg d’Espagne, prov. de Badajoz.
[266]Durant cet hiver, nous trouvons la mention de l’envoi en Angleterre de deux messagers, Guillaume Bettenham, écuyer de Guillaume de Beauchamp, et Alph. Seyns, espagnol, «ad prosequendum versus dominum regem et consilium suum quedam negocia tangencia moram dicti Willelmi et aliorum militum de comitiva sua in guerra regis ibidem» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14;Warr. for issues, bundle 5). Ils reviennent en Portugal avec des lettres pour le comte de Cambridge. Vers le milieu de l’année 1382, une autre ambassade, où figure le chancelier de Portugal, se rend auprès du duc de Lancastre (Ibid., Issue Rolls 305, m. 14).
[267]Froissart nomme plus loin (p.198-199) quelques-uns des chevaliers qui accompagnèrent Olivier du Guesclin en Castille.—En automne 1381, le roi de Castille avait reçu la visite de Charles de Navarre, autorisé par le roi de France (Arch. nat., PP 109, p. 522) à se rendre en Castille et en Navarre avec tous ses gens. En passant par Montpellier (24 à 27 octobre), Charles avait reçu de nouveau du duc de Berri la seigneurie de la terre de Montpellier (Petit Thalamus, p. 402-403).
[268]Les gages de Simon Burley pour ses voyages en Flandre et en Bohême sont ordonnancés à la date du 28 février 1382 (Rec. Off., Warr. for issues, bundle 5).
[269]Froissart donne à tort au roi des Romains le nom deCharles, au lieu deWenceslas.
[270]A côté du duc de Teschen et de ses deux compagnons Conrad de Kreyg et Pierre de Vaterbery, qui devaient remporter l’argent octroyé à Wenceslas à l’occasion du mariage (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12), il faut citer Here Poto, chevalier banneret de Bohême, qui accompagna la reine en Angleterre (Ibid. 305, m. 14).
[271]Wenceslas de Bohême et Jeanne de Brabant, sa femme.
[272]L’un de ces messagers, Jean de Rotselaer, appartient à une famille bien connue de Brabant.
[273]Parmi les chevaliers qui vinrent à Calais au-devant de la reine était Guillaume de Windsor, auquel l’ordre avait été donné de se préparer à cette mission dès le 20 septembre 1381 (Rec. Off., Issue Rolls 303, m. 15).
[274]Les ambassadeurs anglais chargés de recevoir à Calais la reine Anne étaient Jean de Montaigu, Simon Burley et Jean de Holland, frère du roi (Rymer, t. VII, p. 236). Ils étaient porteurs d’une certaine somme, empruntée à Nicolas Brembre et destinée «à diverses chivalers, esquiers et autres officiers venantz en la compaignie de Anne, la soere du roy des Romayns et de Boeme, nostre compaigne future, de son paiistant queà Calais et retournantz d’illueques à leur paiis susditz» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 12 et 15;Warr. for issues, bundle 5).
[275]La reine emmenait avec elle en Angleterre 55 chevaux de selle et de trait, qui nécessitèrent pour leur passage l’affrètement de trois bateaux de Dunkerque (Rec. Off., Issue Rolls 305, m. 8).
[276]Anne fut reçue à Douvres par le «connétable» du château, Robert d’Asheton, qui s’occupait déjà depuis quelque temps des préparatifs de cette réception (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 14 et 15;Ibid. 305, m. 6). L’arrivée de la reine en Angleterre fut accompagnée d’un tremblement de terre, dont on ne manqua pas de tirer présage (Walsingham, t. II, p. 46).
[277]Arrivée à Londres, la reine demande, le 13 décembre 1381, une amnistie générale, qui est accordée aux rebelles des communes (Rymer, t. VII, p. 337). Convocation est envoyée «diversis episcopis, prelatis et certis magnatibus de essendo apud Westm. in diebus maritagii et coronacionis domine regine» (Rec. Off., Issue Rolls 304, m. 16).
[278]Walsingham (t. II, p. 47) ne précise pas la date des noces royales qui furent faites, dit-il, après l’Épiphanie de 1382. Ce fut l’archevêque de Cantorbéry qui célébra le mariage et couronna la reine.
[279]Cette princesse épousa en 1386 Jean, roi de Portugal.
[280]Froissart fait sans doute ici allusion à la convocation des Trois États, qui eut lieu à Compiègne vers le milieu d’avril 1381, où «aucuns des bonnes villes», à l’exception de Reims, Châlons, Laon, Soissons et Tournai (Chronographia, t. III, p. 32), «acorderent l’imposicion» (Chr. des Quatre Valois, p. 301); voy. plus haut, p.XLV, note247.
[281]Depuis le 1erjuin (voy. plus haut, p.XLV, note247) jusqu’à sa rentrée définitive à Paris, avant la campagne de Flandre, le roi séjourna principalement à Melun (11 au 28 juin), à Compiègne (8 à 11 juillet), à Senlis (13 et 15), à Maubuisson, à Soissons; il était le 22 août à Meaux (Petit,Séjours de Charles VI, p. 14). Le 23, il allait coucher au Louvre et, s’apprêtant à continuer en Guyenne la guerre contre les Anglais, présentait son frère Louis de Valois comme son lieutenant (Chronographia, t. III, p. 38-39; cf.Chr. des Quatre Valois, p. 305).
[282]Quand éclata l’émeute des Maillotins, le duc d’Anjou était déjà, depuis près d’une semaine, à Avignon, où il était arrivé le 22 février, ce qui rend assez invraisemblable l’assertion de Froissart relative à l’octroi des subsides par les Parisiens. Le fait n’est du reste pas mentionné par d’autres chroniqueurs.
[283]Gard, arr. d’Uzès, sur un bras du Rhône.
[284]Le duc d’Anjou arrive à Avignon le 22 février 1382 (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 21). Avant son départ, il avait dû renoncer à son titre de régent. Le roi fut «dispensé à age royal au jour de Toussains» 1382, sous la garde des ducs de Bourgogne et de Bourbon (Ist. et chr. de Flandre, t. II, p. 209).
[285]Aussitôt son arrivée à Avignon, le duc chercha à gagner les Provençaux (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 21-23), auxquels il confirma à diverses reprises les dons faits par la reine Jeanne. Le pape l’aida dans ces négociations, et le 20 mai, en grand consistoire, donna officiellement le royaume de Naples à la reine Jeanne et au duc d’Anjou, auquel il remit la bannière papale (Petit Thalamus, p. 405).
[286]Le duc partit sans plus s’occuper de la rébellion d’Aix, laissant au duc de Berri, qui était en Provence depuis la Noël et auquel il avait donné la principauté de Morée et celle de Tarente (Journal de Jean le Fèvre, t.1, p. 34 et 41), le soin d’apaiser cette révolte.
[287]C’est du 15 au 19 février, à son passage à Lyon, que le duc d’Anjou avait définitivement conclu son traité avec le comte de Savoie (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 34).
[288]Fourni d’argent par le roi de France et le pape (Valois,loc. cit., t. II, p. 24-29), après avoir passé quelques jours (du 31 mai au 6 juin) à Pont-sur-Sorgues, auprès de la duchesse, à laquelle il laisse pleins pouvoirs (Journal de Jean le Fèvre, t. I, p. 43), le duc s’arrête du 7 au 13 à Carpentras et part décidément pour l’Italie le 13 juin 1382 (Ibid., p. 3 et 44). Il est le 14 à Sault et pénètre en Dauphiné, passe par Gap et Briançon et entre en Italie par le col du Mont-Genèvre (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 38).
[289]M. Valois (loc. cit., p. 38) a montré que le duc d’Anjou n’est point allé en Savoie; c’est aux environs de Rivoli (le 23 juin) qu’il opère sa jonction avec les troupes du comte de Savoie. Il est le 25 à Turin.
[290]Après s’être attardé en Piémont, le duc entre seulement le 18 juillet en Lombardie (Valois,loc. cit., p. 39-40).
[291]Le duc ne passe pas à Milan, mais à Broni; il reçoit la visite des seigneurs de Milan, qui le ravitaillent. Le mariage de la princesse Louise et du fils du duc est décidé. Bernabo fait une avance de 40,000 florins sur la dot, somme qu’il s’engage à payer chaque année jusqu’à la fin de la guerre (Valois,loc. cit., p. 40-41).
[292]Le duc ne pouvait traverser la Toscane, contrairement à ce que dit Froissart, ayant lui-même promis de prendre un autre chemin. En quittant la Lombardie, il traverse les pays de Plaisance et de Parme, et parvient le 5 août à Panzano, sur le territoire de Bologne. A partir de ce moment, les hostilités commencent aux environs de Forli; le seigneur de Ravenne seul est partisan du pape Clément. Arrivé à Ancône, le duc se décide à passer les Apennins et à marcher sur Rome. Il s’arrête à Leonessa, à vingt-cinq lieues du Vatican (Valois,loc. cit., p. 40-47).
[293]Ce ne furent point les routiers de Hawkwood (ils ne s’avancèrent sur Rome que plus tard, vers le 22 octobre), mais les conseils de ses compagnons, qui décidèrent le duc d’Anjou à s’emparer du royaume de Naples, avant de songer à détrôner le pape Urbain (P. Durrieu,Bibl. de l’Éc. des chartes, t. XLI, p. 167-168; Valois,loc. cit., p. 36).
[294]Pierre de Genève, frère du pape d’Avignon.
[295]Le 17 septembre, le duc est à Aquila, dans l’Abruzze, où il est reçu avec les honneurs souverains. Il reprend sa marche en avant et le 6 octobre pénètre sur les terres de l’abbaye du Mont-Cassin; le 14, à Maddaloni, l’armée angevine est à six lieues et demie de Naples (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 49, 52-53).
[296]La reine Jeanne était morte très probablement le 27 juillet 1382. Cette date, nouvellement proposée par M. Jarry (Bibl. de l’Éc. des chartes, t. LV, p. 236), semble concorder avec celle du service solennel que Charles de la Paix fit célébrer le 31 juillet pour le repos de son âme (Valois,La France et le grand schisme, t. II, p. 51).